Le Pyrrhonisme, ou l’autre théorie de la relativité

Merveilleuses et merveilleux

Cet article est juste un hommage à la grandeur et la splendeur du monde, son infinie variété. Les sagesses sont aussi très nombreuses. J’ai découvert récemment une d’entre elles, celle que l’on nomme « le pyrrhonisme » ou « le scepticisme », qui raisonne profondément en moi, car je n’ai jamais rien pris réellement au sérieux tout en prenant toujours tout au sérieux… Je n’ai jamais incité personne à suivre ce que je dis, mais au contraire à trouver par lui-même sa voie de sagesse… si on peut dire… Non seulement le monde est grand, mais notre coeur et notre âme le sont aussi, toutes proportions gardées bien sûr…

Je ne suis donc pas du tout un spécialiste du pyrrhonisme, et pas non plus un philosophe… La seule compétence que je revendique est celle sur les petits-maîtres, thème que je suis le seul à étudier… Il est bon d’aller loin sur un sujet, quel qu’il soit, ce qui donne certaines compétences. Mais cela ne signifie pas que je ne peux pas parler d’autres choses…

Lorsque je lis des écrits sur la sagesse, j’ai l’impression d’être comme une personne qui écoute ce que l’on dit d’un délicieux gâteau, sans jamais l’avoir goûté. Quand je compose sur le sujet, c’est encore pire, car alors il me semble que je suis un faussaire, une personne qui écrit au sujet de ce qu’elle a lu du gâteau… C’est un peu une imposture… Cependant, au sujet du pyrrhonisme, il y a quelque chose de fondamentalement simple qui raisonne profondément en moi.

« De rien de ce qui sera dit nous n’assurons qu’il est complètement comme nous le disons, mais pour chaque chose, nous faisons en ‘enquêteur’ un rapport conformément à ce qui nous apparaît sur le moment. » Passage du premier chapitre de : Esquisses pyrrhoniennes de Sextus Empiricus (voir plus loin). J’ai ici pris la traduction de Pierre Pellegrin (Éditions deu Seuil, 1997), mais ai changé « historien » en « ‘enquêteur’ », terme qui me semble plus adapté à l’emploi dans le texte original de ἱστορικός (historikós).

UNE VÉRITÉ TOUTE PERSONNELLE. Comme le dit l’adage : « Chacun voit midi à sa porte ! » Chaque personne est le mètre-étalon de sa vie, ondulant entre ce qu’elle crée et ce qu’elle imite, ce qui dépend de soi et ce qui n’en dépend pas, etc. Personnellement, j’ai du mal à voir ce qui est de l’ordre de ma projection, d’une projection extérieure à moi et de l’ordre de la vérité. Où est donc la vérité, quand nous sommes tous différents ? Ce que nous pouvons appréhender n’est-il pas très limité, et dépendant de nos sens et de notre esprit ? Du reste, qu’est-ce que nous pouvons concevoir en dehors de ce dernier ? Il est juge ! Même suspendre le jugement est un acte de l’esprit.

PYRRHON. Suspendre le jugement (épochè) est ce que l’on dit que font les pyrrhonistes, aussi appelés « sceptiques ». Je trouve leur philosophie remarquable. J’ai découvert récemment, il y a quelques mois de cela, le philosophe Pyrrhon (IV – III e siècle av. J.-C.) dans Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres (tome II, éd. GF-Flammarion) de Diogène Laërce (IIIe siècle). J’apprécie beaucoup ce qu’a fait Diogène Laërce dans cet ouvrage, car il y a passé en revue la vie et les doctrines des philosophes qui l’ont précédé. Je trouve que c’est passionnant… La vie de Pyrrhon est celle qui m’a le plus intéressé. Comme Socrate, il n’a rien écrit… mais sa vie elle-même est un récit philosophique. Il a voyagé, notamment en Inde, accompagnant Anaxarque dont il était l’élève et qui suivait Alexandre le Grand. Il a côtoyé les gymnosophistes indiens. Sa philosophie est au-delà même de la philosophie. On pourrait penser qu’elle ressemble à un renoncement, mais bien au contraire… Elle apporte une grande paix. C’est comme si elle libérait l’esprit de lui-même, de ses limites ! Elle me rappelle certaines philosophies orientales, comme le dzogchen, qui elles aussi suspendent le jugement (épochè) et conduisent à l’ataraxie (exemption de trouble) pour reprendre des termes grecs que l’on emploie pour le pyrrhonisme. En Asie, on parlerait davantage de nirvana ou de grande complétude. Je trouve que tous ces mots ont tout de même quelque chose de dur, disant une vérité atteignable seulement par de grands esprits, alors qu’il me semble que chacun y a foncièrement accès.

Quand on lit Diogène Laërce, on s’aperçoit que chez Pyrrhon, cette ataraxie le conduisait à une sorte d’insensibilité (apatheia) plus importante que chez les êtres ordinaires, comme s’il ne voyait dans la réalité qu’une sorte de mirage, sans consistance. Cette impression de ‘rêve’ est, il me semble, importante pour ‘saisir’ l’insaisissable, pour trouver la paix et jouir de la vie sans craindre la souffrance et la mort plus que nécessaire.

SEXTUS EMPIRICUS. Pour en savoir davantage sur le scepticisme, on peut lire Esquisses pyrrhoniennes de Sextus Empiricus (IIe siècle). Ce dernier est un des rares philosophes sceptiques à avoir écrit sur cette philosophie. Il était aussi médecin. Le scepticisme semble avoir été très présent chez certains médecins méthodistes, dont la pratique est basée sur l’observation apparente. Lorsqu’on lit cet ouvrage, bien sûr, certaines affirmations scientifiques de l’époque et démonstrations nous paraissent absurdes aujourd’hui ou inadéquates à notre vie contemporaine… mais le fond est là.

Dans ce qui suit, mon discours va sembler quelque peu négatif, car j’emploie beaucoup de termes négatifs. Mais cela est comme pour montrer l’aspect positif et revenir à cet équilibre des contraires, ce yin-yang pyrrhoniste, cette reconnaissance d’une force égale, d’une isosthénie (isostheneia) qui libère du jugement et apporte la paix.

N’EST PAS CONFUS. Le scepticisme n’a rien à voir avec le fait d’être sceptique, c’est-à-dire être confus et entretenir la confusion. Au contraire, selon moi, le pyrrhoniste ne prend comme base que la réalité telle qu’elle lui apparaît. Il ne juge pas, mais il ne dira pas que le rouge est bleu si le rouge lui apparaît rouge. Pour vivre il doit boire, manger, etc. Ces faits, il ne les établit pas en dogmes… simplement comme des réalités relatives aux conditions : celles d’un être humain, mais pas comme des principes fondamentaux. J’aime beaucoup cette expression : « L’exception confirme la règle ». Une règle, sans exception, est en quelque sorte morte… un peu comme notre société basée sur le numérique, qui nous fait croire en l’infaillibilité des modèles mathématiques. La science se confronte à ses propres limites et ne peut plus avancer sereinement lorsqu’elle s’enferme dans des concepts, des dogmes. Elle perd alors la notion très simple de la réalité. Cette dernière devient un concept. Elle la recrée et refuse toute autre vue. Elle se met des œillères et suit une ornière qui l’enferme dans une sorte de fascisme intellectuel, niant toutes les autres vues. En médecine cela est catastrophique car, si suivre le plus loin possible un raisonnement scientifique, médical en occurrence, apporte beaucoup de bien, lancer un anathème sur tous les autres raisonnements est le résultat de beaucoup plus de mal. Les sciences environnementales contemporaines ont ceci de plus qu’elles ne font pas avancer une science en dehors de tout son environnement, de l’harmonie générale et de l’infinité qui la constitue. Remettre toujours en question l’acquis devient un outil. L’objectif n’est pas d’arriver à un but, pour employer un haïku de ma sauce, mais d’être dans le chemin. C’est là que se fait la libération : dans le moment présent. Sinon, il s’agit, encore une fois, d’une sorte de fascisme intellectuel, même si, je le répète, aller loin dans un domaine permet de faire de grandes avancées.

N’AFFIRME RIEN. On peut tout autant affirmer une chose et son contraire. Alors pourquoi affirmer ? Mais pourquoi aussi vouloir aller au-delà de soi ? L’expérience seule compte, si elle ne s’affirme pas en dogme, en vérité ultime. Il ne s’agit que d’une expérience individuelle… ou collective… qu’importe… Ce n’est qu’une expérience. Une personne qui se croit malade est véritablement malade… mais pas de la maladie qu’elle croit. Un pyrrhoniste ne croit pas ; il est en dehors de toutes croyances. Ces dernières peuvent être des aides pour certains, apporter du réconfort, mais ne restent que des croyances.

SANS DOUTE. Il ne s’agit pas non plus d’être dans le doute. Le doute n’est qu’un affect. On ne congèle, ne concrétionne, ne cristallise rien. Le pyrrhoniste ne détermine pas de manière intrinsèque ce qui est bon et ce qui est mauvais ; il ne fuit ni ne recherche rien fébrilement, baignant ainsi naturellement dans la tranquillité. Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il ne va pas éviter de se blesser, et qu’il ne va pas avoir mal s’il se blesse. Cependant, cela ne voudra pas dire pour lui que cette blessure est intrinsèquement mauvaise, qu’elle est l’expression de ce qui est mauvais en soi.

SANS JUGEMENT DÉFINITIF. Suspendre le jugement ne consiste bien sûr pas à juger, mais pas non plus à ne pas juger…

SANS DOGME. Le scepticisme n’est ni négatif, ni positif. Il ne remet pas en question, il ne critique pas. Il ne s’arroge pas non plus le fait de ne pas remettre en question ou critiquer. Il le fait quand c’est nécessaire… ou du moins quand il le fait. Il n’a pas de règles… pas de dogmes à suivre.

SANS CROYANCE. Le Pyrrhonisme élargit la vision, mais ne la rend pas ultime… loin s’en faut. En étendant le point de vue, il permet d’être naturellement plus intelligent. Ainsi, une personne vivant dans une grotte, sans jamais avoir vu l’extérieur, aura une vision beaucoup plus restreinte de la réalité, même si les deux personnes sont absolument identiques. Mais cette affirmation elle aussi est fausse, car l’expérience de la grotte apporte quelque chose que l’expérience du grand air n’a pas. Là aussi on ne peut juger. Être pyrrhoniste, c’est un peu comme laisser sur le chemin de lourds bagages inutiles, qui sont toutes nos ‘croyances’.

LA PHILOSOPHIE Lorsque Pythagore (VIe – Ve siècles av. J.-C.) crée les mots de « philosophie » et « philosophe », il est dans une démarche que l’on peut qualifier de sceptique. Il considère lui-même et ses disciples comme des amoureux de la sagesse, ce que signifie le terme de « philosophes », et non pas comme des sages.

Une manière de ne pas s’enfermer dans des dogmes tout en pratiquant l’exercice de la sagesse, c’est d’avancer dans ce savoir en même temps que dans la compassion, par exemple en lisant des textes sur la sagesse et en parallèle d’autres sur la vertu, afin de ne s’enfermer ni dans une fausse sagesse, ni dans une fausse vertu, mais l’une et l’autre servant continuellement de balancier. Pour la vertu, on peut lire par exemple le Commentaire sur Les Vers d’Or des Pythagoriciens, par Hiéroclès (Ve siècle). Celui-ci était pythagoricien et néoplatonicien. Personnellement, je trouve ces commentaires d’une grande beauté.

HISTOIRES TIBÉTAINES. Les Tibétains possèdent de très nombreuses histoires relatant cette expérience de la sagesse. En voici une : Un maître, religieux très instruit et imbu de sa personne, n’avait que quelques disciples, alors que tout près de son monastère, une personne, n’étant pas religieuse et ne sachant pas même lire, rassemblait une assemblée très nombreuse. Un jour, pris de colère, le premier décida d’aller confondre le second en public. Il lui demanda sur quoi il méditait. L’autre lui répondit qu’il ne méditait pas. Alors le premier de répliquer en ricanant que c’était une honte, qu’il ne méditait même pas ! « Mais quand donc suis-je distrait ? » s’enquit le second. Si la plupart de ces narrations tibétaines sont des témoignages, certaines appartiennent à la mythologie, comme celle-ci : Un maître avait deux disciples principaux. Un jour, il donna son dernier enseignement, qui pourrait se résumer, très maladroitement de ma part, car je ne me rappelle plus les termes exacts, ayant entendu cette histoire il y a de nombreuses années : « Faites ce que vous voulez ! » Le premier compris ce qu’avait dit son maître, alors que le second cru le faire et se mit à éliminer tout ce qui lui déplaisait. Il tua et devint monstrueux, faisant tellement peur que de plus en plus de monde se ralliait à lui. Sa grandeur devint tellement monstrueuse que des dieux commencèrent à s’en émouvoir, et rappelèrent le maître et son premier disciple du ‘nirvana’ où ils se trouvaient pour résoudre le trouble qu’ils avaient causé. Ils se firent alors tout petit, rentrèrent dans le monstre et devinrent plus grand que lui en le faisant exploser. Il paraît que c’est de là que viendrait la tradition tibétaine de la représentation de ‘divinités’ courroucées monstrueuses. Évidemment, l’important ici ce sont les derniers mots du ‘maître’.

Merveilleuses et merveilleux

Images ci-dessus : « Le Goût nouveau » « Lith[ographie] de Lemercier », signée « Deveria » pour Achille Devéria (1800 – 1857) et datant des années 1830, époque de la mode des manches « gigot », et de la coiffure « à la girafe ».

 

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Très belle & bonne année 2021 !

Pour commencer cette nouvelle année, voici quelques maximes que j'ai composées. Cela m'a fait du bien de les écrire... pourquoi cela n'en ferait-il pas à d'autres de les lire !

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365 aphorismes

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Axiomes

Contrairement à ce que beaucoup semblent croire, peut-être du fait du nivellement mondial de notre société, à chaque problème il n’y a pas une seule solution, mais plusieurs. Je m’en suis rendu compte en m’intéressant aux plantes sauvages : Pour une maladie, il existe de nombreuses médications naturelles très efficaces. Quand tout le monde fait pareil, c’est que l’on est dans une dictature.

Le mimétisme n’est pas une vilaine chose, car il est une manière de vivre en communauté, mais il doit se partager à parts égales avec l’invention (la créativité). C’est le principe de la mode : ces deux éléments font la mode. Cette base double est présente partout, car elle est l’équilibre : la force doit être accompagnée de la justice, la droiture de la bienveillance (mansuétude, tolérance…), etc. Sinon patatras !

Si les autres peuvent être de bons conseils, le choix doit rester personnel… libre… Imposer ses propres vues aux autres est une ineptie.

Ce qui fait évoluer ou dégrade une société, ce ne sont pas tant les règles que les gens qui les font et les acceptent. Une personne de qualité est un individu qui, selon l’adage grec, cherche avant tout à se connaître soi-même, à mesurer ses limites, à les dépasser là aussi avec mesure, et qui par ce savoir trouve sa liberté.

Il n’y a que dans les dictatures que tout le monde fait pareil et affiche son accord ! Nous sommes tous différents et toujours changeants… La découverte des nouveaux mondes nous avait montré cette richesse, et a donné l’humanisme… mais cela s’est transformé en ‘inhumanisme’ et uniformisation…

Merveilleuses et merveilleux

L’époque que l’on vit est vraiment une horreur, avec des vilains qui s’affichent comme des diables dans un tableau d’enfer. Les exemples sont innombrables, comme la journaliste de cet article du Figaro d’hier, où le professeur Perronne est présenté comme : 
– « dans le viseur des autorités sanitaires », image plutôt violente (viseur de carabine ?), sans doute venant de l'AFP car reprise par d'autres journaux  ;
– un « médecin controversé », comme si les médecins écoutés par le Gouvernement ne l’étaient pas aussi ;

– « l’autorité morale des complotistes », accusation des très bas de cerveau, digne d’une cour de maternelle, à laquelle on n'a rien à rétorquer si ce n'est « Areu areu »  ;
– n’ayant « plus l’honneur de ses pairs », ce qui est faux, de très nombreux médecins le soutenant ainsi que des syndicats médicaux (comme le Syndicat National des Médecins Hospitaliers : SNMH-FO et le syndicat SNPHARE, voir ici et ici) ;
– un médecin « de toutes les polémiques », alors qu’il essaie simplement de dire la vérité et d’aider.
L’article poursuit en parlant d’un communiqué « pour le moins clair » où pourtant on n’indique aucune accusation si ce n’est d’avoir « tenu des propos considérés comme indignes », ce qui est très flou.
– Etc.

Dans Libération il est écrit qu'il a émis des « propos injurieux », l'accusant sans jugement ; Europe 1 parle aussi de personnage « controversé » et « complotiste », de même que La Voix du Nord  ; dans L'Express il est présenté comme un complotiste et un menteur, toujours dans ce fameux « viseur » de ceux qui se croient détenteurs de la vérité ultime et toute-puissante, et que l'on retrouve chez LCI avec « controversé » et « complotiste »  ; etc.

Contrairement à ceux qui en veulent au professeur Perronne, celui-ci n'a jamais rien imposé à personne. Il est resté scientifique, probe et honnête, et un médecin ayant pour seul but d'aider les malades et ses compatriotes humains. A aucun moment il ne s'est écarté du serment d'Hippocrate.

Il serait temps que les gens se réveillent. Si les choses ne deviennent pas évidentes pour eux, c'est qu'ils sont presque incurables, et leurs masques ne les protégeront pas de cette maladie-là qui fait bien plus de mal que le covid, et depuis bien plus longtemps !

Certaines personnes sont compliquées. Elles n’ont aucune notion des choses simples, et donc de la vérité. Elles ont leur esprit encombré… une véritable poubelle, et ne connaissent pas l’intelligence qu’elles croient être le résultat d’imbroglios, manipulations et autres, alors que c’est tout le contraire. L’intelligence c’est d’abord d’aller à l’essentiel, c’est-à-dire libérer l’esprit de ses nœuds afin de voir clairement la vérité et donc l’immensité, son infinie richesse. Un homme honnête est un esprit libre, ne suivant aucun dogme, s’appuyant seulement sur là où il est, sur la vérité sur laquelle il se tient. Il ne peut faire autrement. Il en retire une immense joie. Les gens compliqués, eux, s’enferment dans leurs névroses. Les personnes libres et ‘vraies’ deviennent des ennemis pour eux. Ils cherchent à confiner dans leurs perversions tous les autres, même par la manière forte, afin de se soulager eux-mêmes… d’une certaine manière se persuader de leur intelligence en utilisant la force, la corruption, la confusion… Évidemment, leur réalité est une réalité… et d’une certaine manière tout évolue sous le soleil, du plus petit insecte à la plus haute montagne ! Mais de même; tout ne se mélange pas et ne s’assemble pas… même par la force. Nous sommes donc tous égaux sous le soleil, mais aussi différents et avons cette liberté de l’être ; alors ne cherchons pas à enfermer les autres en nous, mais cultivons la fraternité en aidant ceux qui souhaitent être aidés. « Liberté, égalité et fraternité » est la devise de la République française. Aucun de ces trois éléments ne doit être retranché.

Pour finir cet article, je souhaite revenir sur ce que j’ai dit dans le précédent sur les solutions permettant de sortir de l’impasse de notre civilisation : arrêt du nucléaire, réduire les investissements de 40 %, réduire la population de 50 %, réduire la pollution de 50 %, réduire l'exploitation des matières premières de 75 % et réduire la production alimentaire de 20 %. Certains rétorquent que cela est impossible. Pourtant, on arrive à faire faire aux populations n’importe quoi, comme ces derniers mois avec les limitations des déplacements, les confinements, les couvre-feu, les masques obligatoires en ville, à l’école, au travail… sans parler des autres restrictions de libertés qui s’amoncellent tous les jours. Et puis cet argument est juste sale : C’est comme si une personne vivait dans la saleté en affirmant que c’est impossible de nettoyer ! Nous devons nettoyer notre monde qui est devenu une véritable poubelle et nos esprits aussi ! La propreté n’est pas une obligation, elle est une nécessité !

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République fantôme : Quand la folie gouverne !

Qui tacet consentire videtur (qui se tait acquiesce)

En ce moment, lorsque je sors dans la rue et que je vois tous les gens avec un masque, cela m’attriste énormément… presque à avoir envie de pleurer. Selon moi, les obliger à porter un masque dehors est de la maltraitance. Personnellement, je n’en porte pas à l’extérieur, mais en garde un en poche au cas où je croise des policiers. Quand je vais dans les boutiques, je suis obligé d’en avoir un si je veux rentrer… et comme je ne cherche pas le conflit, ni à mettre le personnel en difficulté, j’en porte un dans les magasins mais sur lequel j’ai écrit en gros « TYRANNIE ». Il y a des moyens pacifiques et ‘légers’ de ne pas suivre ou critiquer des directives que l’on trouve liberticides et folles. Il suffit de réfléchir un peu… Je suis étonné de voir que je suis souvent le seul dans la rue et dans les boutiques à revendiquer cette simple liberté.

Nous sommes dans un système complètement déshumanisé, régit par des pratiques apparentées au sado-masochisme, utilisant ses rites de soumission, de domination, de ligotage, d’humiliation, de discipline, etc. C’est vraiment l’horreur.

Les obligations et les interdictions gouvernementales, auxquelles s'ajoutent les informations tronquées ou mensongères des médias soit-disant sérieux, que l’on subit depuis le mois de mars 2020, sont véritablement de la maltraitance. Les trois quarts des annonces, que le Gouvernement et l’État font, sont des mesures répressives, et pour le reste consistent à dire que l’on donnera l’argent des autres et de parler du vaccin. Aucune vision, si ce n’est celle de désastres annoncés et créés non pas par le virus mais par eux ! La répression est devenue l'unique voie politique de nos gouvernants.

Au sujet des vaccins, s’il vous plaît, n’incitez pas les jeunes à se faire vacciner. Là aussi, il s’agit de maltraitance, comme de leur faire porter un masque, car ils ne risquent absolument rien du coronavirus, mais sans doute davantage d’un vaccin, car des soins non appropriés ou non nécessaires sont toujours nocifs et peuvent même être dangereux ! Ce virus n’est pas beaucoup plus dangereux qu’une grosse grippe. Il ne l’a jamais été depuis le début, bien que sans doute pas d’origine naturelle (voir cette vidéo) et pas unique (mutant). S’il a fait autant de morts (pour 90 % au-dessus de 65 ans), c’est à cause justement des mesures répressives, comme les interdictions de prescrire certains médicaments, les empêchements d’exercer librement la médecine, la vision mono-centrée et marchande de la médecine mondialisée, les interdictions multiples (comme celles de s'aérer, pouvoir se promener dans la nature...), la situation catastrophique de notre système de santé et de notre démocratie en général, un comptage très douteux, la bêtise voire la folie ambiantes, etc.

Et puis il y a des choses bien plus graves, qui s'accumulent tous les jours, comme le nucléaire, les millions de morts dans le monde à cause de la pollution, la surpopulation, la disparition des environnements naturels et d'espèces, les pollutions multiples (comme celle des plastiques), etc. Nous connaissons la situation depuis longtemps (voir cette vidéo de l'océanographe Jacques Piccard en 1972), et les solutions : arrêt du nucléaire, réduire les investissements de 40 %, réduire la population de 50%, réduire la pollution de 50%, réduire l'exploitation des matières premières de 75% et réduire la production alimentaire de 20%. Pourtant nous allons toujours vers l'opposé.

Ce qui se passe en ce moment est très grave. L’aspect positif, c’est que l’on voit clairement comment tout cela fonctionne, quels sont les rouages derrière : depuis les plus grands égoïsmes (au niveau mondial) jusqu’aux petits égoïsmes individuels. Un autre point positif est que cela permet de distinguer dans ce marasme quelques personnes ayant de l’intelligence et du cœur, ainsi que de l’honneur.

Ces privations de liberté et obligations délétères vont bien au-delà des mesures prises pour l’épidémie. Un exemple : Ne possédant pas de téléphone portable, je ne peux plus accéder à certaines fonctionnalités de mon compte en banque sur internet, cela depuis la mise en place d’une directive européenne d’« authentification forte ». C’est une manière déguisée d’imposer l’usage du téléphone portable, alors que l’on sait que celui-ci dégrade énormément nos relations sociales, pollue le ciel avec ses milliers de satellites, nous rend stupides et conditionnés… sans compter le problème sanitaire des ondes électromagnétiques.

De nouveaux exemples de privations de liberté et obligations nuisibles s’accumulent de jour en jour.

Je n’en dis pas plus, car m’énerver me fait mal à la tête. Cela fait depuis au moins mes 12 ans que je contemple cette misère… et à force cela me crispe ;-) Heureusement que j’ai les petits-maîtres, la nature et la philosophie (l’amour de la sagesse) pour : m’alléger avec les premiers, nourrir mon corps, mon coeur et mon âme avec la seconde et mon esprit avec la troisième !

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Entre parenthèses

Ce blog va être mis entre parenthèses pendant un certain temps, afin que je me consacre davantage à ma collection et à mes livres, et un peu moins à Internet. Vous pourrez suivre mes nouvelles éditions papiers sur https//www.lamesure.fr.

Je me rends compte qu’un monde géré par Internet, c’est plutôt l’horreur. De plus, Internet, comme les autres médias et même la société en générale, sont entièrement verrouillés. Pour ce qui est d'Internet, je m'en suis vraiment rendu compte avec mon blog. Il faut que je trouve d’autres moyens de communication… moins technologiques… Un joli défi en perspective !

J'en profite pour rafraîchir mes contacts : Ceux qui souhaitent rester informés de mes nouvelles créations, doivent me l'indiquer à richardlemenn@hotmail.fr.

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Notre part divine : un modèle de civilité

Merveilleuses et merveilleux

Avons-nous une part divine en nous ? Plusieurs philosophies et religions l’affirment. Ce genre de spéculation peut sembler étrange, surtout à notre époque matérialiste, mais elle permet de mettre en avant la recherche de ce que l’on a de mieux en nous et d’aller dans ce sens… ce qui est, selon moi, un b.a.-ba de l’élégance.

Nous avons la possibilité de nous diriger vers le meilleur. La civilité et l’élégance peuvent nous y aider, si on n’en use pas pour un objectif autre, car ce ne sont que des outils, le résultat dépendant entièrement de celui qui s’en sert.

Selon certaines traditions, la personnalité peut se diviser en trois éléments : le corps, l’esprit et l'âme, ou bien le corps et l'âme, cette dernière étant composée de l'esprit et de ce que d’aucuns appellent « le corps subtil » ou « le char de l’âme ». Alors que le corps est la partie corruptible de l’être, l’âme et l’esprit participeraient du divin. Les mouvements du corps et ceux de l’esprit créeraient des empreintes dans l’âme, lui donneraient une forme… évanescente certes, mais réelle.

Concrètement, il est certain que nous avons un corps. Celui-ci évolue non seulement dans le mouvement, mais il est éphémère. L’esprit est aussi dans le mouvement, mais ne semble pas sujet à la même temporalité. En tout cas, il ne peut être appréhendé directement par les sens, bien que ceux-ci fassent le relai. Pourtant, il possède une sorte de forme, non seulement provenant de nos pensées qui s’élaborent en fonction de nos sens et donc de notre corps et de notre environnement, mais aussi un corps plus subtil, d’essence supérieure mais façonné par les multiples expériences.

Dans ce que je viens d’écrire, la direction prise est celle du corps vers l’esprit, et de ce dernier vers l’âme et son caractère divin. Faisons maintenant le chemin dans l’autre sens : de la divinité à l’âme, puis à l’esprit pour en arriver au corps. Voilà la voie qui devrait être celle de la civilité et de l’élégance. Ces dernières ne devraient pas être les résultats de théories et préceptes, mais les manifestations de ce que nous avons de meilleur en nous, selon notre mesure bien sûr. Il n’y a alors pas de problème d’adaptation, chaque chose se mettant naturellement à sa place, et se distinguant parfaitement, permettant la distinction, qui est discernement.

Vue de cette manière, il n’y a pas de règles, seulement de s’abandonner à notre richesse intérieure : la reconnaître. Joli mot que celui de « reconnaissance », signifiant le fait de reconnaître et aussi la gratitude ! L’élégance et la civilité ne sont donc pas des fins en soi ; elles sont simplement des genres d’attente, une suspension dans le temps… un sourire aimable… amoureux même… le terme « amour » impliquant une joie, un bien-être.

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Minets des années 1950 – 1980

Pour commencer voici quelques minets connus :
 
La belle minette : Brigitte Bardot, ici accompagnée du beau Jean Marais
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La minet type : Alain Delon
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Sylvie Vartan : la minette garçonne
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Le minet sarcastique : Jacques Dutronc
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Claude François : le minet blondin
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On compte d'autres sortes de minets, comme le minet intellectuel, le minet yéyé, le minet homosexuel (à la mode chez des jeunes de la fin des années 1980), le minet playboy, le minet dolce vita, le minet jerk, etc.
 
Le minet intellectuel, ici en couverture d'une revue de mai 1968.
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Dans Les Mouvements de mode expliqués aux parents (Éditions Robert Laffont, 1984), les auteurs (Hector Obalk, Alexandre Pasche et Alain Soral) occupent tout un chapitre au minet. Ils en distinguent diverses sortes, dont la plupart sont présentées ci-dessous. Il s’agit de photographies de la réédition de 1985, dans la collection Le Livre de poche, 1985.

 

La « Minette pop » (photographie de gauche)

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Un « Couple minet-pop anglophile »

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« Le Minet-minet »

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Le « Minet-funky »

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« La Minette-chic »

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« Le Minet des campagnes »

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Le minet-disco est mis dans la catégorie minet-pop

Merveilleuses et merveilleux

Au début du long métrage Saturday Night Fever, le minet John Travolta fauche le persil dans les rues de Brooklyn, ainsi que la jeune femme en robe saumon.

 

 

Ici le personnage de John Travolta est celui d’un ouvrier. Une personne me disait que dans les années 1971 – 1974, dans son école, il y avait des minets « de milieu très populaire et dans des classes dites “techniques” ou “de transition” qui formaient des travailleurs manuels… » Il s’agit là de minets que l’on peut dire plus « prolétaires », très éloignés de ceux des Champs-Élysées à Paris présentés sur ce site. Je sais, je me répète, mais on croit souvent que le petit-maître est toujours né avec une cuillère en argent ou en or dans la bouche, ce qui est tout à fait faux. Dans la petite-maîtrise, on trouve de toutes les origines. En affirmant un style, le petit maître se démarque de l’emprise parentale en rentrant progressivement dans plus d’indépendance. Non seulement cela lui donne de l’autonomie, mais lui permet aussi de sortir de son milieu… de se grandir. Pour revenir à ces jeunes minets de « classes dites “techniques” ou “de transition”… », ils avaient des « chaussures à semelle épaisse, cheveux ondoyants et pantalons de tergal si moulants qu’ils n’avaient pas de poches, obligeant à ranger dans les chaussettes le peigne et le paquet de cigarettes… » « Filles et garçons portaient des pantalons marrons ou noirs, en tergal, à pattes d’éléphant, des pulls moulants à côtes en polyamide dits « italiens » (qui venaient bien d’Italie) et des blousons en skaï avec des côtes les resserrant à la taille, voire en peluche longue de couleur vive pour les filles. Les chaussures à semelle épaisse étaient généralement en griffine, un simili-cuir très bon marché, vendues chez Eram. Pour la coiffure, il faut penser à Daniel Guichard pour les garçons, et à Sylvie Vartan pour les filles. Pour la musique, c’était C. Jérôme, Claude François, Sylvie Vartan, Stone et Charden. »

Depuis le Moyen Âge au moins, on retrouve de ces minauderies, de ces jolies mines, de ces mignons et mignonnes aux allures minaudières, minaudant avec leur joli minois et des manières qui minent, mine de rien, les grises mines ! On leur donne des noms liés à leur agréable minois : mignons, mignonnes, mignards, mignaudes, mignots, mignotes, minaudiers, minaudières, midinettes, minets, minettes… et autres belles et beaux, merveilleuses et merveilleux de toutes sortes.

Évidemment, les minets du XXe siècle restent éloignés de ceux qui parcourent les rues du Moyen-Âge au XVIIIe siècle. On peut même dire que le feu de la petite-maîtrise n’est plus qu’à l’état de minuscules étincelles à partir de la Révolution de 1789. Aujourd’hui, il me semble inexistant, et je ne le vois plus que dans mes écrits…

Pour conclure cet article, ceux qui me suivent savent que je développe une philosophie à travers la petite-maîtrise. Ne voulant pas m’encombrer des déplaisants, j’ai placé les petits-maîtres fauchant le persil devant la caverne de Platon. Du coup, je me retrouve très seul ;-) Cette philosophie est très simple : Comme le dit Aristote dans son Art poétique, la première chose que fait l’être humain, avant même de naître, est de bouger. Le mouvement est à la base de toutes vies. Étudier et chercher les meilleurs rythmes, comme le font les poètes de l’Antiquité, est important. Le mouvement étant partagé par tous, je ne pense pas que l’on doive dramatiquement écarter la ‘haute’ ‘musique’ classique de la ‘basse’ populaire. D’après moi, le lieu où s’exprime le plus démocratiquement le mouvement est la rue. Chacun fait avec ses moyens. L’important est l’énergie qu’on utilise, l’objectif que l’on se donne, la volonté… Nous sommes tous égaux mais tous différents. Il n’y a pas de règles précises, si ce ne sont celles qui nous permettent de vivre en liberté, sans entraver celle d’autrui. Au moment où j’écris ces lignes, dans les rues de Paris les gens portent un masque de façon obligatoire. C’est vraiment une grande tristesse pour moi de voir toutes ces personnes uniformément bâillonnées par une dictature mondiale, et la souffrance qui découle de tout cela. Ce que je fais est un peu ce que Gilles Deleuze appelle de la « pop’philosophie », c’est-à-dire une philosophie qui, à la manière des Septiques de l’Antiquité, ne s’encombre pas de théories, de dogmes, de savoirs péremptoires ; car la vérité ne se cache nulle part ; elle ne se cache jamais. Elle est partout présente, et donc en chacun. Il y a assurément quelque chose d'autre au-delà du mouvement et de son corollaire : l'inanimé (le sans-mouvement). Mais cela, l'être humain ne peut l'appréhender, car l'appréhension est mouvement, ici mouvement de l'esprit. Par contre, la création est sans fin, et finalement, tout est possible ! Cette philosophie de la petite-maîtrise et de l'élégance n'ai pas une invention de ma part. Elle a toujours été présente en tous ceux cherchant les meilleurs rythmes... à leur mesure... qui est alors excellente !

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Le bœuf à la mode merveilleuse (suite).

Boeuf à la mode merveilleuse et incroyable

Cet article fait suite à celui intitulé Drôles de pistolets XIV : Le bœuf à la mode merveilleuse et incroyable, afin de présenter une autre gravure de caricature de merveilleux en « bœuf à la mode ». Ici, l’animal est affublé à la fois  d’attributs de merveilleuses et d’incroyables : le casque jockey, le chapeau ‘invisible’, les grandes boucles d’oreille, la haute cravate, le châle, les bandes nouées à l’antique, les chaussures sans talon et pointues et le peigne dans les cheveux (qui retient ici la queue de l’animal).

Boeuf à la mode merveilleuse et incroyable

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Réflexions du et sur le costume et la coutume

Dernièrement, je lisais la Vie de Pyrrhon par Diogène Laërce (IIIe siècle), dans la traduction de Robert Genaille (Paris : GF – Flammarion, 1965). Pyrrhon (vers 365 – vers 275 av. J.-C.) est un philosophe de la secte dite « Sceptique ». Il aurait écrit un livre intitulé Images, dans lequel il dit que « L’apparence est reine partout où elle se présente. » Avant on lit que ce philosophe « n’est jamais sorti de l’habitude », et après qu’il « suit ce qui apparaît » et « que nous choisissons souvent selon la coutume ou repoussons pour la même raison. Notre observation, dès lors, est aussi simple affaire de coutume. »

La coutume est un mode, une façon… une mode aussi. Rejeter complètement cette dernière est impossible, si ce n’est en devenant un gymnosophiste, vivant nu, ou quelque autre anachorète ou ermite… Et encore… s’ils peuvent éviter la mode, il ne me semble pas qu’il soit possible d'éviter de suivre des modes (au masculin), le corps lui-même imposant ses habitudes, son mode, sa coutume. D'une certaine manière, le corps est un costume : le costume de l'âme.

Comme déjà dit dans d’autres articles, le terme même de « costume » vient de « coutume ». Le costume est donc une affaire de coutume, de manière, de mode. Même celui qui se démarque de la mode, par exemple en la créant, le fait à partir d’une base culturelle, qu’il réfléchit finalement même en voulant s’y opposer.

« RÉFLÉCHIR », voilà un autre des très jolis mots appartenant à la langue française. Il signifie simultanément le reflet et la pensée. Cette dernière n’est-elle pas la réflexion de ce que les miroirs de notre âme et de notre entourage nous renvoient, des habitudes, le miroitement de la réalité, sa représentation ? Notre environnement crée des images dans notre esprit qui lui-même agit sur ce qu’il appréhende et se reflète en lui. Il en résulte un habitus (une hexis en grec) : une intégration et connaissance profonde participante de l’entourage. Il s’agit d’un jeu de miroirs qui scintillent en chacun. Ils brillent dans le déploiement du présent, qui se goûte par tous les sens, qui sont la manifestation concrète de cette danse brillante. Celle-ci s’exprime de différentes manières, comme à travers l’hexis corporelle, le jeu avec les codes nouveaux, la création, etc.

POLIR : Le tout, la base, peut être comparé à un diamant brut continuellement taillé en de multiples facettes, qui reflètent tels de petits miroirs, se subdivisant à l’infini dans l’appréhension polie du monde dans tous les sens du terme : polissage de la gemme et du miroir, apportant lustre et éclat, et politesse. Ce polissage s’opère en particulier par la culture que l’on intègre, son savoir, par la coutume et bien sûr par la mode. Il clarifie, montre et offre une ouverture dans le champ des possibles. Le diamant ne reflète pas grand-chose avant d’être taillé et poli. Durant l’Antiquité et jusqu’au Moyen Âge inclus, le miroir non plus ne renvoie rien s’il n’est pas régulièrement poncé ; et les exemples modernes (depuis le XVIe siècle) de ces objets sont aussi de surface unie et luisante.

La mode a donc cette utilité de polir, de permettre à travers la taille de cette réalité brute de révéler une facette de sa préciosité. Le tailleur d’habits fait la même chose pour le corps, en manifestant la beauté de celui-ci à travers la coupe. L’élégant fait pareil par l’agencement des parties qui constituent sa parure dans son ensemble, ses manières, etc. De cette façon on comprend mieux pourquoi, dans la mode française, le bon goût et la politesse sont si importants. Ce sont des outils d’appréhension de la beauté et du plaisir de cette base.

DISTINGUER : Il ne s’agit pas de pensée mais d’une intuition. Ce savoir, qui n’est pas qu’une histoire de classes ou de connaissances mais aussi de sensibilité et de finesse, est un des socles du bon goût. Par lui, on voit les choses avec distinction, ne les confond pas, ne mélange pas ce qui n’est pas fait pour l’être. C’est particulier à chacun. Nous avons tous des points de confort différents, la mode étant là pour harmoniser cette richesse incommensurable. Un des aspects de l’élégance française est la juste mesure entre la simplicité de ton et la sophistication, la connaissance de ces extrêmes qui n’en sont pas, le discernement : agir à bon escient… une pratique de gourmet de la vie. Les Romains appellent cela neglegentia diligens : une sorte de point de raccord entre l’abandon et la concentration (voir mon ouvrage sur Les Petits-maîtres du style, de l’Antiquité au XIe siècle).

Au royaume des apparences, la réflexion est à la base de la mode. Pourtant cette dernière apparaît au commun légère et futile, sans réflexion. Au contraire, dans le sens dont j’en parle, elle ne se base pas sur des termes qui sont, comme leur nom l’indique, finis. Son langage est celui de l’impermanence, du renouvellement constant, de la réverbération d’un soleil infini en formes et couleurs multiples, un arc-en-ciel tangible constitué des réalités présentes. La mode est impalpable, évanescente parce qu’elle ne place pas de frontière entre la réflexion de la pensée et celle de la représentation. Elle est entière, toute entière dans la réalité des sens, la sensibilité… ce que l’on appelle autrefois le sentiment.

Dans l’histoire de la mode et de l’élégance françaises, les intellectuels et les artistes sont toujours courtisés, tous deux s’intéressant à la réflexion. Réfléchir ne consiste pas ici à être dans ses pensées, mais au contraire pleinement dans l’instant présent et le réfléchir le plus entièrement que cela est possible, à comprendre l’agencement harmonieux et d’en déceler ses secrets, qui ne le sont que parce que les yeux sont fermés, entrouverts ou que le regard n’est pas assez vaste. Il s’agit de s’ouvrir. Ce regard est intérieur : C’est la réflexion dans le cœur qui voit, distingue.

PROPRETÉ : Plus le miroir est propre et grand, plus il perçoit et donne à percevoir. D’où l’importance de la propreté dans la mode et de l'ouverture d'esprit. Bien sûr, il ne s'agit pas d'une propreté maniaque. Je suis la définition ancienne du terme, qui comprend tous les soins : de l'âme, du corps, des habits, de la nourriture, du logement... aussi bien d'hygiène, que de netteté, d'harmonie, de sagesse, etc.

Le miroir permet de guider plus justement dans la MESURE, dans la mesure où chacun peut s’y reconnaître et s’apprécier dans cette communauté, ou bien s’y voir trop distinctement et en avoir peur, d’où parfois de l’ostracisme envers certains gandins. Il peut susciter de la peur chez soi et chez l’autre. On n’apprécie pas de voir refléter ses propres défauts, surtout quand c’est l’autre qui semble (ce n’est qu’une illusion) le faire. Cette ouverture peut créer quelques problèmes. Par sa réflexion, les autres peuvent voir en l’élégant leurs imperfections et les rejeter sur lui en le blâmant et l’accusant de maux dont il est éloigné. Chez les esprits sains, celle-ci a une incidence toute autre. Elle apporte l’ouverture, la grandeur, la joie, la lumière, le plaisir, l’intelligence, la communion, la découverte, la sagesse… C’est une méditation, une attention, non pas une introspection, mais un ‘laisser jaillir’ la nature du miroir et du monde qui s’y reflète. Le miroir permet de distinguer : de la distinction. Il n’y a pas d’effort, mais un déploiement qui révèle selon la mesure de l'être.

Illustration du début de l'article : Gravure, frontispice de Dithyrambe sur l’immortalité de l’âme par Jacques Delille, Paris, Giguet et Michaud, 1809.

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Costumes féminins de la fin de 1786 et de 1787. Seconde partie : Davantage d’ampleur décontractée et de simplicité dans le costume, et abandon progressif du corset.

Cet article suit le précédent celui intitulé : Costumes féminins de la fin de 1786 et de 1787. Première partie : La mode de sortir dehors en chemise et bonnet de nuit, et en redingote d’homme ! J’y présente aussi des gravures de la revue Magasin des modes nouvelles, françaises et anglaises de 1786 – 1787.

Certains éléments de la tenue des merveilleuses et des incroyables du Directoire (1795 – 1799) sont déjà en vogue avant 1795. C'est le cas pour la mode des cheveux courts chez les hommes, et chez les femmes l'abandon du corset et une certaine recherche de simplicité. Évidemment, pour nous cela ne ressemble pas vraiment à des ‘tenues simples’. Pourtant cela l’est, comparé à ce qui précède : les immenses robes à panier, les multiples ornements des tenues, le corset… Tout ceci est progressivement abandonné. Chez les hommes, c’est encore plus prégnant, avec notamment la fin de la mode de l’habit à la française… Cela sera peut-être le sujet d’un autre article. Pour le moment, voici quelques merveilleuses (ce substantif est déjà en usage bien avant le Directoire) d’avant la Révolution de 1789.

Merveilleuses et merveilleuxLa gravure de gauche est du 10 décembre 1786. Elle représente une dame « couverte d’une pelisse, & portant un manchon ». La pelisse est un manteau doublé ou garni de fourrure, et le manchon tient les mains au chaud. Elle est décrite avec : « une robe à l’Anglaise, de satin violet tout uni, &, sous cette robe, un jupon de satin blanc. Sur le col, un fichu de gaze tout uni, attaché par-devant avec un nœud de ruban blanc. Elle porte une pelisse de satin bleu, doublée d’une peau de renard noirâtre, garnie sur les bords de larges bandes de pareille peau, & retenue sur le devant avec un nœud de ruban blanc. Ses mains, couvertes de gants blancs, & ceintes de bracelets, garnis de médaillons, ornés de chiffres [sortes de blasons en lettres initiales entrecroisées] ou de portraits, & entourés de diamants, sont enfermées dans un manchon de peau de renard noirâtre, orné dans le milieu d’une queue de renard blanc, & de quatre taches blanches très-larges, & surmonté d’un nœud de ruban violet. Elle est coiffée d’un bonnet monté à la Paysanne de Cour, fait de gaze découpée à petits dessins, & garni d’un fichu de même gaze, dont les bouts tombent en barbes par-derrière. Ce bonnet est entouré d’un ruban violet satiné, bordé en chenilles, couleur queue de renard, qui forme deux nœuds, un par-derrière & un par-devant. Ses cheveux sont frisés en tapet, & laissent échapper, de chaque côté, quatre grosses boucles, qui tombent sur deux rangs inclinés. Par-derrière, ils sont relevés en chignon pendant très-bas. Ses souliers sont de satin violet, falbassés d’un ruban blanc. » Réflexion personnelle d’un végétalien : Pauvres renards !

Merveilleuses et merveilleuxÀ droite, le personnage appartient à la seconde planche de toujours la même revue, mais datée du 20 février 1787. La gravure est signée de Duhamel d’après Desrais. Cette jeune femme porte un habit de bal masqué, avec un domino de taffetas : « Ceux que l’on porte le plus cette année, sont de couleur queue de serin [une sorte de jaune]. Les années précédentes, on les portait noirs, puces [une sorte de gris foncé], ou d’autres couleurs sombres ; cette année, on les porte de couleurs éclatantes, ou de couleurs tendres, roses, lilas, gris de lin, violettes, queue de serin, coquelicot, blanches, &c. Les années précédentes, on les portait unis ; cette année on les porte garnis de gazes, de rubans & de guirlandes de fleurs artificielles. Il n’y a que les masques qui se mettent sur la figure, qui n’ont pas varié. La Femme représentée dans cette Planche, porte un Domino de taffetas couleur queue de serin, garni, sur sa capote & sur les devants, d’une guirlande de roses artificielles, & en bas, d’un falbalas de gaze blanche, & de deux guirlandes de roses artificielles. Son Domino est attaché par deux gros nœuds de rubans roses. Elle est frisée tout en petites boucles détachées sur la tête. Deux grosses boucles, de chaque côté, lui flottent sur le sein. Par-derrière, ses cheveux sont relevés en chignon plat, tombant très-bas. À ses oreilles, pendent des boucles d’or à la Plaquette. Ses mains sont couvertes de gants de peau blanche. De la droite, elle tient son masque noir luisant, ayant une longue barbe de taffetas rose. Ses souliers sont de satin rose, falbalassés d’un ruban de satin blanc. »

La gravure ci-dessous est de la même revue et de la même date. Elle suit la précédente. Sa description est succincte : « Robes en chemises (de taffetas puce ou vert), liées d’une ceinture autour du corps, & d’un ruban sur chaque bras ; chapeaux de paille, garnis de fleurs artificielles, ou chapeaux garnis de gazes & de rubans au Diadème ; boucles d’oreilles d’or à la Plaquette ; fichus-chemises […] »

Merveilleuses et merveilleux

Nous avons là les robes en chemise évoquées dans le précédent article. Ce qui est surtout étonnant, est le fait que le corset soit ici remplacé par une simple ceinture, ou par rien pour le personnage de droite. On remarque que la ceinture de la jeune femme de gauche est nouée assez haut, presque sous la poitrine. Sous les merveilleuses du Directoire, celle-ci est juste dessous la poitrine.

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Costumes féminins de la fin de 1786 et de 1787. Première partie : La mode de sortir en redingote d’homme et en chemise et bonnet de nuit  !

Merveilleuses et merveilleux

Je possède quelques gravures de mode de la seconde année (20 novembre 1786 au 10 novembre 1787) de la revue Magasin des modes nouvelles, françaises et anglaises. En voici quelques-unes présentées dans deux articles, celui-ci étant le premier.

Si, en 1786 – 1787, la mode se simplifie et annonce celle des merveilleuses du Directoire (1795 – 1799), elle n’en reste pas moins très originale. À l’époque, chez les femmes, il est en vogue de porter une redingote d’homme, de même que de sortir le jour en bonnet de nuit et la chemise de dessous au-dessus (robe en chemise) ! C’est un peu comme si aujourd’hui la mode était de se promener en pyjama, voire en chemise de nuit ! En effet, depuis le Moyen Âge inclus, la chemise est un vêtement de dessous féminin et masculin, celui qui est le plus près de la peau, qui la touche. Elle est dans le prolongement de la première tunique de l’Antiquité. Lors de son apparition, la robe en chemise étonne donc forcément. On en trouvera des exemples dans l’article intitulé Élisabeth Louise Vigée Le Brun : la première rétrospective française de cette femme artiste ! et cet autre : Hommage à Madame Vigée Le Brun.

Merveilleuses et merveilleuxLe personnage, ci-dessus et à gauche, provient de la première estampe du premier cahier, du 20 novembre 1786, de cette « seconde année ». Voici la manière dont cette jeune dame est décrite :

« En récapitulant tous les Cahiers où nous avons représenté des femmes vêtues de redingotes d’hommes, il sera aisé de voir quelles ont été en peu de temps les variations de la Mode. Voici encore une redingote qui prouve que sa marche ne s’est point ralentie. C’était le pas le plus difficile à franchir que celui-ci, & elle l’a franchi ; c’était la forme la plus brillante & la plus agréable à prendre, & elle s’en est emparée.

La Femme représentée dans la PLANCHE Ire, porte une redingote de drap [tissu de laine] vert foncé, brodée en or sur le devant, aux poches de côté, coupées en long, & aux parements ; Sous cette redingote, un jupon de satin rose glacé ; Sur le col, un ample fichu de gaze, en chemise, à deux collets ; À ses pieds, des souliers roses, falbalassés d’un ruban vert, Sur sa tête, un chapeau de paille, doublé d’un taffetas ou d’un satin queue de serin [sorte de jaune tendre], à raies noires, dont la calotte très-bouffante est de crêpe rose, à petites raies noires, & qui est ceint d’un large ruban vert pâle, liseré de blanc, relevant le chapeau sur le côté droit, le tenant incliné sur le côté gauche, & formant sur ce côté un gros nœud, dont les bouts viennent retomber très-bas par-derrière. Ses cheveux sont frisés en tapet jusqu’au milieu, & en grosses boucles depuis le milieu jusqu’à la fin. Par-derrière, ils sont relevés en chignon plat. Deux grosses boucles tombent en flottant sur le sein de cette femme, qui est appuyée sur un socle, & qui tient un livre à la main. »

Certaines des gravures de la revue Magasin des modes nouvelles, françaises et anglaises, sont copiées à l’époque. Dans Répertoire de la gravure de mode française des origines à 1815 (Paris : Promodis, 1988), Raymond Gaudriault écrit que des images de cette revue parisienne sont imitées et éditées à Liège : « mais la copie ne paraît concerner que les cahiers de la première année (nov. 1786 – à nov. 1787). » L’image est identique, avec les mêmes mentions, exceptées les signatures, qui sont omises, et « L’image est assez souvent inversée ». Il faut ajouter que la qualité de la gravure est moins bonne.

Merveilleuses et merveilleux

On retrouve ces caractéristiques dans l’image ci-dessus, qui est une de ces copies duMerveilleuses et merveilleux XVIIIe siècles de Liège. L’image est identique, mais les personnages inversés, le graveur ayant sans doute utilisé un calque. L’exécution est un peu moins fine, ce qui est toujours plus évident au niveau des visages, qui non pas la même grâce du minois. Il s’agit d’une copie de la planche III du Magasin des modes… du 30 décembre 1786. L’auteur y évoque la mode du bonnet de nuit et de la robe en chemise !

« Nous avons dit dans le second Cahier de cette seconde Année, que les femmes ne sortaient guère le matin qu’en bonnets de nuit, lorsqu’elles n’étaient point parées ; nous devons ajouter ici que beaucoup mettent une chapeau-bonnette par-dessus les bonnets de nuit. De cette manière, celles-ci se donnent un air de demi-parure qui sauve ce trop grand négligé que présentent à l’oeil les simples bonnets de nuit, qui ne seraient jamais supportables sans la mode. Comment cette mode a-t-elle pu prendre ? Nous nous creusons la tête pour l’imaginer, & nous n’y réussissons pas. Il nous est même impossible de le concevoir, lorsque nous pensons qu’il y a si peu de femmes qui aient un air séduisant en bonnet de nuit. Tout ce que nous pouvons trouver, c’est que les femmes ont consenti de renoncer à plaire pendant tMerveilleuses et merveilleuxelle partie du jour. Pouvons-nous avouer cette belle invention, sans craindre qu’on ne nous reproche de prononcer que blasphème contre le goût des Dames ?

La Femme vêtue d’une robe de satin violet [à droite au-dessus], porte sur un bonnet de nuit un chapeau bonnette de gaze, à raies violettes & raies blanches, ceint d’un large ruban vert pomme, à raies blanches, formant un gros nœud sur le côté gauche [ici à droite]. Elle porte un fichu à trois rangs, attaché sur le devant avec une épingle en or ; des boucles d’oreilles d’or à la Plaquette. Ses cheveux sont roulés sous son bonnet de nuit, & laissent échapper, de chaque côté, deux grosses boucles qui lui tombent sur le sein ; par-derrière ils sont relevés en chignon plat.

La Femme [image de gauche] vêtue d’une robe en chemise de taffetas des Indes ouatées, porte un chapeau-feutre noir, bordé d’un plumet blanc, à pointes roses détachées, ceint, jusqu’au-dessus de la calotte, de larges rubans, à raies blanches & à dessins violets. Ces rubans se passent dans une longue & large boucle d’acier, & y forment un gros nœud sur le côté droit. De dessus ce nœud, s’élèvent trois grosses plumes, verte, violette, & verte & rose, & une aigrette de plumes de coq couleur de feu. Sur le col, un ample fichu, attaché avec une épingle d’or, à large tête en croissant. Aux oreilles des boucles d’or à la Plaquette. Elle est frisée tout en tapet, d’où se détachent, de chaque côté, trois grosses boucles, dont deux lui tombent sur le sein. Par-derrière, ses cheveux sont relevés en chignon plat. »

Merveilleuses et merveilleuxLa gravure de droite est une autre copie du XVIIIe siècle, de Liège. Le personnage est ici aussi inversé, et l’estampe n’est pas signée. Elle reproduit la planche I du Magasin des modes… du 10 février 1787. On est frappé par la relative simplicité de la tenue, par rapport à ce qui se fait avant, et de son peu d’ornementation, tout ceci annonçant les merveilleuses.

La personne représentée est « vêtue d’un caraco de satin vert pomme, coupé vers le milieu de la taille ; comme l’étaient, il y a deux ans, les habits d’homme, de manière à laisser voir le bas de la pièce d’estomac, ou du gilet fait de satin blanc. Six rosettes blanches de ruban-satin garnissent les devants du caraco. Les manches de ce caraco sont de gaze blanche, plissée, laissant apercevoir un transparent rose. Au bout sont des manchettes de gaze blanche découpées, à deux rangs. La Femme est aussi vêtue d’un jupon de satin rose, garni d’un très-long falbalas de gaze blanche, orné d’une guirlande de roses artificielles. Elle est coiffée tout en cheveux [sans chapeau ou bonnet…], à petites boucles détachées, n’ayant sur la tête qu’un bouquet de roses artificielles, tombant sur la droite, qu’un nœud de ruban-satin gros vert, & qu’une aigrette de plumes de coq noires, à pointes couleur de feu. Deux grosses boucles, de chaque côté, lui tombent sur le sein. Ses cheveux, par-derrière, sont liés en très-gros catogan, à boucle renversée. […] Qu’on ne craigne pas d’être trop peu paré avec cette simple coiffure. Une jeune personne que nous adorons, a paru, il y a quelques jours, dans cet accoutrement ; elle nous a paru superbe. Sur son col, un fichu-jabot d’homme, & à deux collets. Cette nouvelle forme de fichu, qui découvre un peu le sein des femmes, remplace, & fait disparaître les fichus-chemises, qui ont duré si longtemps. À ses pieds, des souliers de satin vert pomme, falbalassés d’un ruban-satin blanc. »

Pour conclure cet article, et afin de faire le lien avec le précédent, voici deux miniatures représentant une femme des années 1780 en buste.

La première, ci-dessous, est une peinture, peut-être sur ivoire ou autre support naturel, qui me semble d’époque (vers 1787), même s’il est difficile de l’affirmer. Le cadre ne l’est pas et la plaquette est collée sur un support récent. Cette jeune femme a les cheveux coiffés en échelles de boucles, poudrés et surmontés d’un bonnet embelli d’une couronne végétale. Un nœud jaune tendre est posé sur sa poitrine décolletée avec un collet qui semble de mousseline. Sa robe est d’un rouge orangé. Le costume est donc assez simple, mais raffiné.

Merveilleuses et merveilleux
Sur l’autre miniature, ci-dessous, avec et sans cadre, la jeune femme est de profil. Son costume est encore plus simple et de vers 1786 – 1790, avec une chevelure (perruque ?) poudrée et frisée en tapet, à laquelle est ajoutée une sorte de catogan en cheveux, ce qui se fait beaucoup alors. Son chapeau est agrémenté de trois plumes d’autruche. Elle porte un ample fichu de gaze et ce qui est peut-être une robe en chemise ou un manteau là aussi très ample.
Merveilleuses et merveilleux
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Miniatures d’incroyables

Je présente dans cet article deux miniatures peintes sur ivoire avec des merveilleuses et des incroyables. Elles semblent être d’époque Premier Empire ou du premier tiers du XIXe siècle, mais je n’en suis pas sûr. Si vous avez une idée, n’hésitez pas à me la communiquer.

Merveilleuses et merveilleux
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Sur la première est peinte une attraction de rue avec une dame faisant un tour de cartes. À côté d’elle se tient un enfant et un homme habillé à la manière du XVIIIe siècle (tricorne, culotte, etc.). Les spectateurs sont une grisette avec un panier rempli, un incroyable accompagné d’une invisible et un autre incroyable, ce dernier avec un haut bicorne, une lunette, un bâton, un mouchoir sortant de sa poche, etc. Un chien urine dessus.

Merveilleuses et merveilleux
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Sur la seconde, un couple de merveilleux salue un incroyable se faisant cirer ses chaussures. Ce dernier utilise une petite longue vue. Le chien aboie en direction du cireur au-dessus duquel une pancarte indique « Ficelle dit Brutus [?] les Chiens et-va-en-ville ». Un peigne et une paire de ciseaux sont aussi dessinés sur ce panneau, ce qui laisse à penser qu’il fait en plus office de coiffeur. Son nom romain est à la mode des incroyables.

Le violet du vêtement du personnage de gauche de la seconde miniature, dont même les chaussures sont de cette couleur, est étrange, et laisse à penser que ces petits objets d’art sont peut-être plus récents que du début du XIXe siècle. On retrouve cette couleur d’habits surtout dans les années 1890. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’objets précieux, peints avec délicatesse. Mis à part l’incroyable ci-avant cité, tous les personnages ont les caractéristiques de la mode du Directoire au début du Premier Empire (fin XVIIIe – début XIXe siècles).

La signature n’est sans doute pas de Pierre-Thomas Leclerc (vers 1740 – après 1799), qui dessine de nombreuses planches de la Galerie des Modes et Costumes Français. D’autres artistes s’appelant ainsi officient dans le premier tiers du XIXe siècle. J’ai retrouvé un graveur nommé Leclerc, un Auguste-Toussaint Leclerc (1788 – 18…), et une miniaturiste, se nommant Mlle A. Leclerc et active en 1820. On retrouve une signature semblable, mais sans le « c » à la fin du nom (qui à l’époque s’écrit souvent indifféremment « Leclerc » ou « Lecler »), dans une gravure de merveilleux du début du XIXe siècle : « C’est inconcevable, tu n’es pas reconnaissable » (voir ici).

Merveilleuses et merveilleux
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Le nouvel empire fascisant de la folie

Depuis le début du coronavirus, j’ai mis dans ce blog des liens temporaires sur cette crise créée de toutes pièces, car le thème de mon blog n’est pas vraiment politique… Mais ici, je déroge à sa charte.

À Paris, depuis ce lundi, en pleine canicule, le masque est devenu obligatoire dans certaines rues ! Et il l’est déjà depuis plusieurs jours dans les boutiques et autres lieux ‘clos’.

– Forcer à respirer son propre air à 37°, alors qu’il fait extrêmement chaud, est tout simplement irresponsable.

Dire que le masque sauve des vies est faux.

– Ces mesures arrivent alors que le nombre de morts du coronavirus en France n’a jamais été aussi faible (voir ici).

– Obliger les gens à respirer (pendant des heures pour ceux qui travaillent) leur propre air, à peine renouvelé et peu oxygéné, est bien sûr préjudiciable à la santé physique et mentale.

– Surtout que cela se fait sans discrimination, envers des personnes en bonne santé qui ne risquent pas grand-chose du coronavirus, celui-ci touchant mortellement pour 90 % les personnes de plus de 65 ans (voir ici), et pour le reste, avant tout celles déjà très fragilisées (diabète, maladie pulmonaire, coeur…). Il n’y a même aucune surmortalité en dessous de 50 ans (voir ici).

– L’obligation du port du masque est une atteinte à l’intégrité physique de l’individu. L’article 16-3 du Code civil (« Chapitre II : Du respect du corps humain ») stipule : « Il ne peut être porté atteinte à l'intégrité du corps humain qu'en cas de nécessité médicale pour la personne ou à titre exceptionnel dans l’intérêt thérapeutique d’autrui. Le consentement de l’intéressé doit être recueilli préalablement hors le cas où son état rend nécessaire une intervention thérapeutique à laquelle il n’est pas à même de consentir ». Obliger les gens à porter un masque sans leur consentement est donc en opposition avec la loi française. Et même si cela ne l'était pas, il y a atteinte à l’intégrité physique et privation de liberté et pour certains (comme pour moi) sans consentement.

– La dangerosité du coronavirus s’apparente à celle de la grippe saisonnière qui fait jusqu’à 650 000 morts par an dans le monde (voir ici) ; et si le nombre de morts est plus important pour le covid-19 c'est qu'il n'existe pas de vaccin comme pour la grippe saisonnière et que l'on a interdit ou sciemment déprécié certaines médications efficaces contre ce virus. Il ne bat pas le nombre de morts de la pollution, qui en France est en moyenne de 48 000 morts par an (voir ici) et dans le monde entre 7 et 9 millions de morts chaque année (voir ici, ici et ici), et cela depuis des années, sans qu’aucunes mesures, aussi radicales que les mesures liberticides entreprises pour le coronavirus n’aient été prises… au contraire, on pollue toujours davantage. Pour un pas en avant, à chaque fois on en fait dix en arrière, tout en montrant l'objectif, mais en allant à l'opposé, à reculons.

– La mortalité du covid-19 est liée à la pollution (voir ici). Comme pour la grippe saisonnière, ce virus ne fait que s’ajouter à la fragilisation, qui est la conséquence de la vie moderne, notamment par la pollution.

– L’ambiance créée autour des personnes en fin de vie, est parfaitement inhumaine. Dans les derniers moments, ne pas pouvoir voir les gens qu’on aime ou seulement de loin et avec des masques, et être noyé dans une atmosphère digne de Tchernobyl, apocalyptique, est franchement très dur, non ?

– L’organisation de la santé en France est très mauvaise. Pourquoi n’existe-t-il pas par exemple des hôpitaux ou services créés pour les maladies infectieuses, ceci afin d’offrir le meilleur environnement aux malades et au personnel, au lieu de noyer tout le monde dans la même soupe ?

– La question se pose de la volonté de guérir de cette médecine dirigée mondialement par l’argent et l’esprit commercial, en France aussi (T2A…). Cette médecine préfère des maladies qui durent, voire chroniques, car engrangeant davantage d’argent. On l’a vu pour le SIDA, dont aucun remède pour le guérir entièrement n'a été mis sur le marché, mais seulement des solutions coûteuses pour le patient qui arrêtent la maladie mais ne la suppriment pas. Du reste, tous les laboratoires, notamment français, qui avançaient ‘trop vite’ vers le remède contre la maladie ont été systématiquement malmenés voire menacés.

– Aujourd’hui, même plusieurs médecins qui ont poussé au confinement, disent que celui-ci n’était pas une bonne idée. Au début, la surmortalité a été relativement faible et a commencé avec le confinement (voir ici).

– Avec cet épisode, la médecine mondialisée a montré ses limites, et son autoritarisme. Son sentiment de supériorité est mis à mal, et surtout son efficacité !

– Pourquoi empêcher les autres médecines de s’exprimer ? Pendant le confinement, depuis Paris il était impossible d’aller dans la nature pour cueillir des plantes médicinales et respirer un air plus pur. Pour chaque problème, il n’y a pas une solution mais plusieurs, ce que la médecine officielle refuse d’envisager. Par exemple, pour une maladie, il n’existe pas une seule plante pour la guérir, mais plusieurs, parfois des dizaines ! De même, il n’y a pas une seule manière de se prévenir du coronavirus, mais de nombreuses, et même de le guérir sans aucun doute, même si aucun dialogue sérieux n’est ouvert sur le sujet par les médias officiels (subventionnés).

– En France, pays qui est pourtant celui de la thèse et de l’antithèse, tout dialogue a été systématiquement évité, et une seule thèse propagée, d’une manière que l’on peut appeler « fasciste », falsifiant même parfois la réalité, soit en évitant de la dire, soit en divulguant des fausses informations, comme ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici ou ici.

– Le choix des politiques, des médecins et des médias en vue a été de dramatiser, noyant la population sous des informations aux titres effrayants, des informations parfois fausses. Dire la vérité est toujours nécessaire, et affoler n’a jamais rien résolu, de même que faire peur n’est pas un moyen de guérison. Au contraire, la panique produit d’autres pathologies, de même que le confinement et le port du masque obligatoires bien sûr qui sont de véritables problèmes hygiéniques. Mais qui se soucie véritablement de l’hygiène aujourd’hui ? Dans mon quartier, la plupart des nouveaux restaurants se spécialisent dans les hambourgeois comme disent les Québécois (hamburger en anglais) ; chaque être humain en ville est à l’origine d’une quantité hebdomadaire impressionnante de déchets de toutes sortes, en particulier de plastiques ; on pollue, bétonne, goudronne ; on remplit l’air d’ondes électromagnétiques, de nanoparticules, de produits chimiques, jusqu’à notre ciel devenu une véritable poubelle à satellites. Quand je vais me promener dans la forêt en région parisienne, il m’arrive de ne croiser personne pendant une heure ou deux. Tant mieux pour les animaux sauvages qui sont ainsi moins dérangés, mais cela montre à quel point la nature est très éloignée de l’univers de beaucoup de citadins, qui vivent dans une atmosphère vraiment très polluée, et plébiscitent même cette pollution avec leur téléphone portable accroché à leur main, leur voiture à pétrole, etc.

– Au lieu de dépenser l’argent à donner les moyens à la médecine et à la santé publique et surtout les organiser intelligemment, on a préféré ruiner l’économie (voir ici). Cette volonté de ses dirigeants de ruiner la France  est affligeante. On a ruiné l’économie et la santé des concitoyens avec le confinement ; on a continué de le faire avec le masque obligatoire dans les lieux 'fermés', et dès que les choses se remettent en place, on y ajoute de nouvelles mesures liberticides comme le port du masque obligatoire dans les rues qui reprenaient une vie normale. C'est de la politique au jour le jour, destructrice et liberticide. Même la médecine officielle est devenue liberticide.

– Le ‘combat’ contre le covid-19, est dans le prolongement de celui que l’homme a engagé depuis longtemps contre la nature. Il accepte celle-ci seulement si elle est encadrée, et se parque dans le béton, le bitume, l’acier, le plastique et des rêves dématérialisés. On javellise et désinfecte à outrance par peur du naturel. Pourtant, notre corps lui-même est rempli de ces choses que l’on honnit : de l’urine, des excréments, des bactéries innombrables sans lesquelles il ne pourrait vivre, et une infinité d’autres organismes vivants. Nous ne pouvons vivre sans la nature, et l’infinité des êtres qui la constituent. Ce n’est pas en désinfectant le monde entier que l’on en fera un paradis… tout au contraire…

– Une grande partie des êtres humains, en tout cas celle que l’on entend et voit le plus, semble avoir perdu son sens commun. On combat un virus relativement anodin, comme s’il s’agissait de la peste, ou de la grippe espagnole qui a fait en 1918 – 1919 des millions de morts dans le monde.

– Il est vraiment triste de voir à quel point une grande partie de la population se comporte comme des moutons, voire des collabos.

– Le coranavirus nous montre ce que peut être une hystérie collective, au niveau mondial, et permet d’imaginer ce qu’elle pourrait être face à un danger beaucoup plus grand. Il s’agit d’une véritable vague dans laquelle presque tout un chacun est emporté. Plus on se débat, plus on s’y noie.

– Tout le monde a été et est sauvagement parqué, dans le confinement, des pratiques obligatoires comme le port du masque, les EHPAD, les hôpitaux, écoles et autres services publics désorganisés, etc. Aujourd’hui, dans des villes comme Paris, les policiers patrouillent pour obliger les gens à mettre un masque dans certaines rues… On dirait que l’on a mis une muselière aux gens. On les traite comme des chiens, et beaucoup en redemandent, dans une société complètement déshumanisée, où le monde entier est devenu une immense foire sado-maso, un hôpital à l’échelle planétaire avec ses rites de soumission, de domination, de ligotage, d’humiliation, de discipline, etc., en faisant en sorte qu’on le veuille et en redemande, avec pour principal outil la peur ! Du pur sado-masochisme : l’enfer ! Un enfer que l’on donne en pâture aux jeunes, en leur montrant comme avenir, et aux personnes âgées qui le vivent entourées d’une déshumanisation extrême, ainsi qu’aux autres que l’on prive de toute dignité humaine, même de respirer.

– Cet épisode est exemplaire aussi car, pour la première fois peut-être, on s’appuie ouvertement sur la manière d’agir d’une dictature (la République populaire de Chine) pour en faire une façon de fonctionner mondiale, qui consiste tout bonnement en la suppression des libertés.

– Pour une maladie ne touchant dramatiquement qu’une tranche spécifique de la population on en a profité pour supprimer les libertés de tous.

– Pendant ce temps, on ne fait rien contre le nucléaire, le bétonnage de la France, la surpopulation, la pollution, etc. Au contraire, on les encourage. Par exemple, Mme le maire de Paris, qui impose le masque, est pour la création du Grand Paris !

– Le confinement et le port du masque obligatoires nous montrent que l’on peut entreprendre des mesures contre la pollution et les autres vrais problèmes de la société… mais là on nous fait pourtant croire que rien n’est vraiment possible.

– Un pays, comme la Suède, qui n’a ni confiné, ni obligé le port du masque, non seulement n’a pas plus de morts par habitant que d’autres pays (voir ici) mais s’en sort beaucoup mieux économiquement (voir ici).

– Et comme d’habitude, ceux qui ne sont pas d’accord avec la politique actuelle sont considérés comme des extrémistes, comme ici ou des adeptes des théories du complot, comme ici. De nos jours, les médias officiels véhiculent largement de la désinformation (des informations fausses ou manipulées). En dévoilant ces ficelles, l'épisode du coronavirus est en cela exemplaire.

– Si la situation est grave, ce n’est pas à cause du coronavirus, mais des dirigeants actuels, et de la mentalité de collabo d’une grande frange de la population mondiale qui veut continuer dans la même direction.

– Des solutions existent pour arrêter la folie mondialisée et fascisante actuelle. La première, d’où tout découle, et qui était la première revendication des écologistes (le mouvement écologiste étant né sur cette revendication), est l’arrêt du nucléaire, quelle que soit sa forme. Si on arrive à faire cela, les autres mesures raisonnables en découleront naturellement.

– Il faut aussi aider les citoyens à trouver leur indépendance et leur liberté, non pas faire le contraire. Nous sommes dans ce que Gille Deleuze appelait de manière visionnaire, en 1995, une « société de contrôle » (voir ici et ici). Aujourd’hui, le coronavirus nous montre que nous sommes en plein dedans !

– Est-ce que les ondes électromagnétiques nous rendent moins intelligents, voire fous ? C’est possible. Ce qui est sûr, c’est que suivre aveuglément, sans réfléchir, est un acte d’égoïsme. Agir de manière irraisonnée, voire de manière hystérique, en suivant systématiquement les puissants sans réfléchir, est de l'égoïsme.

– Arrêtons de nous diriger vers toujours plus de déshumanisation, de détruire, polluer, en suivant nos pulsions, nos émotions. Réfléchissons, ouvrons-les-yeux… tout simplement.

Cette crise qui, je le répète, est créée de toutes pièces, n'est pas l'expression d'une conspiration planétaire, mais de multiples petits et grands égoïsmes qui font que cette planète devient invivable.

Le docteur Jean-François Toussaint l'a dit lui-même, ce lundi 10 août 2020 (entretien visible ici). : « […] On reste sur les croyances du 12 mars. Donc on est dans un monde qui est de plus en plus un monde de croyances, de moins en moins scientifique, qui est de plus en plus irrationnel. […] Si la peur est un système de défense, entretenir la peur n’est pas légitime pour agir de façon adaptée. […] Ce sont sur les décès que l’on voit et que l’on comprend l’importance d’une pandémie. […] Nous n’avons absolument aucun élément scientifiquement démontré sur l’utilité par exemple des masques en extérieur en fin de phase pandémique […] Actuellement le danger n’est plus présent et on continue à instaurer une peur irraisonnée. […] Dans un comité qui n’est pas un conseil scientifique mais un comité politico-sanitaire on doit changer les règles qui s’appliquent pour la représentation des populations qui vont être également impactées par les effets secondaires des décisions qui ont été prises. […] Ces effets secondaires, cette deuxième mi-temps que l’on va avoir […] elle sera essentiellement sociale, économique et sanitaire. […] Plus de 60 000 enfants dans le monde sont déjà décédés des causes du confinement général, d’un confinement aveugle […] Au niveau des politiques, les arguments n’y sont pas. […] qui est le bouc-émissaire actuellement : la jeunesse […] C’est un suicide collectif généré par le Conseil scientifique d’effondrer une économie dont les jeunes vont payer le prix le plus important dans les années qui viennent. »

Ici le médecin-chercheur Philippe Parola, ne défend pas le masque obligatoire en extérieur et insiste sur le fait qu'il faut rasséréner, surtout qu'en ce moment les données sur le coronavirus en France et en Europe sont rassurantes.

D’autres médecins et chercheurs sont contre le port du masque en extérieur, ainsi que des journalistes, etc. Voir ces articles :
- Obliger au port du masque alors que l’épidémie disparaît est “une aberration scientifique et médicale” selon le Dr Pascal Sacré
- Le masque en plein air est-il vraiment utile ?
- Port du masque : le libre choix de chacun doit être respecté !
- Non au port du masque obligatoire !
- Non au port du masque obligatoire en Belgique !
- Pétition : Non au port obligatoire du masque en France

- Pétition : Non au port obligatoire du masque – Oui à la responsabilité de chacun

 

Toutes les illustrations de cet article sont des créations personnelles faites à partir d’images libres de droits, sauf pour celle des moutons ci-dessous, réalisée à partir d’un dessin célèbre de François Kresz (voir ici). Cela me permet de faire le lien avec les petits-maîtres, les babas en faisant parfois partie, et beaucoup de minets étant devenus babas dans les années 1968 – 1975.

 
ADDENDA
 
Ci-dessous, article du 17 août 2020. Nous sommes en pleine folie fascisante.

Certaines plantes pourraient avoir des effets contre le Covid-19, mais très peu d'essais officiels ont été entrepris jusqu’à présent, la médecine ‘officielle’ étant enfermée dans ses croyances en la toute puissance de la médecine de Pasteur, qui a eu bien sûr son efficacité et qui a fait avancer la médecine, mais qui aujourd’hui ne peut être vue de la même manière, étant donné que l’on est dans un monde que l’on pasteurise entièrement : où l’on tue la vie.

Ci-dessous un article de l’Inserm sur l’armoise annuelle (Artemisia annua L.). Cet article, que l’on peut lire en cliquant sur l’image, se termine ainsi : « La plante ouvre donc des pistes de recherche intéressantes, mais en l’absence de données robustes ou d’études à plus long terme avec des doses contrôlées d’extraits d’Artemisia annua, elle ne constitue pas pour le moment un traitement contre le Covid-19. Des essais cliniques très rigoureux, menés de manière pluridisciplinaire avec une méthodologie solide sont donc plus que jamais nécessaires pour arriver à une conclusion dans cet épineux débat. » D’autres articles ont été écrits sur ce sujet , comme ici et ici. Bien sûr, l’Académie de médecine française déconseille cette plante (voir ici), qui n’a pourtant aucun effet secondaire sauf, d'après eux, d'atténuer, à hautes doses, les effets de cette plante contre le paludisme.

Les médecins et les politiques alarmistes se basent sur les nombres de cas de personnes contaminées, et non pas sur les cas graves et les décès. C’est ainsi que l’augmentation de ces derniers a commencé avec le confinement. Et alors que dernièrement le nombre de cas augmentait et en même temps les hospitalisations baissaient et les décès disparaissaient (les chiffres des décès toutes pathologies confondues étant même plus bas qu’en 2019 et 2018 comme le montrent ici les chiffres au 20 juillet en Île-de-France), et que nous allions gentiment vers une immunité collective, le choix a été fait d’imposer massivement le masque, et cela dès le début de la canicule.

Il faut ajouter que porter un masque dans la rue ne sert à rien, notamment parce qu'on le touche. Son port devient donc une obligation sans fondement, un abus de pouvoir !

Voici ce que le 31 mars 2020 le philosophe Michaël Fœssel disait déjà dans un entretien intitulé « Michaël Fœssel : “Les politiques ont la tentation de faire de la crise un champ d’expérimentation autoritaire” » (cliquer sur l'image ci-dessous pour accéder à cet entretien, ou ici) : |« […] regardons avec quelle aisance et quelle satisfaction les leaders des démocraties se voient eux-mêmes en chefs de guerre et manifestent leur goût du contrôle des populations, prévient le philosophe Michaël Fœssel. […] Maintenant, si le caractère dramatique de la situation et la peur qu’elle suscite doivent signifier – comme on en perçoit déjà les signes – qu’on va prendre des mesures sécuritaires et biosécuritaires renforcées, si l’on se met à nous vanter le modèle chinois comme supérieur à celui des démocraties, si cette période de quarantaine sert à mettre en place des outils de surveillance numérique, de zonage et de contrôle des populations dont l’usage se pérennise, l’après sera peut-être même pire que le pendant. Nous voilà ramenés à une problématique philosophique assez classique : est-ce que l’exceptionnel doit devenir normatif ? Comme nous vivons une crise de nature virologique, elle ouvre de surcroît une ère du soupçon. L’autre ne représente-t-il pour moi qu’une menace ? Universalisées, de telles suspicions empêchent de faire monde. Jusqu’où va-t-on aller ? Enverra-t-on des drones surveiller les rues, comme dans les mégapoles chinoises ? […] Les mesures adoptées par la France […] demeurent scandaleuses. Quelle que soit leur nécessité circonstancielle, elles sont inadmissibles en regard de ce qu’est un État de droit. Cela mérite d’être rappelé, car il existe une tentation de faire de la crise un champ d’expérimentation. […] Du reste, la manière dont l’exécutif a qualifié d’emblée cette lutte contre une maladie de « guerre », avec tous les aspects juridiques que cela recouvre, montre qu’en fait, aussi inédit et irreprésentable soit l’événement, il intervient dans un contexte où son interprétation dominante risque d’être de type autoritaire. […] À la suite de leurs prédécesseurs, ils [Emmanuel Macron et Édouard Philippe] n’ont pas seulement une rhétorique, mais aussi une pratique de type autoritaire. On pouvait déjà avoir des doutes sur l’expression de « guerre contre le terrorisme » ; cette fois-ci, il y a lieu d’être encore plus prudent. La logique épidémiologique veut que le virus soit invisible, mais qu’il prenne place dans des corps qui sont, eux, très visibles. On ne confine pas le virus, on confine des corps, parce que ces corps sont supposés porteurs du virus. Je ne critique pas cette stratégie comme telle ; je relève simplement qu’elle consiste à faire comme si nous étions tous malades, et donc potentiellement contagieux. Nous voici donc sur une crête. Nous admettons provisoirement que l’État postule que nous sommes tous des menaces, pour nous-mêmes et pour les autres. Mais soyons vigilants à ne pas laisser s’installer cet a priori de la suspicion au-delà de la crise sanitaire. La médecine est une lutte pour la vie. Contrairement à la guerre, elle n’appuie pas ses victoires sur la mort. […] Le confinement est même une création de nouvelles frontières aux bornes de l’intime. […] De même qu’il y aura des morts du Covid-19, il y aura des morts du confinement. […] »

Autres articles, etc. :

Covid-19 : Des philosophes recadrent la panique générée par le virus.

Un couple de soignants nous explique leur vision du port du masque.

- Les masques, et après ? Lire et relire « La société du risque » d’Ulrich Beck.

Tous ces gens bâillonnés, ne vous font-ils penser à rien ? On bâillonne dans les écoles, les entreprises ; on ne peut plus acheter de la nourriture sans être bâillonné… En même temps, de plus en plus de gens travaillent pour de moins en moins d’argent, souvent même gratuitement (stages, internet…) ou pour des rémunérations de misère, comme c’est souvent le cas avec Internet et toutes les chaînes de restauration, les groupes de grande distribution, etc., alors que certaines de ces sociétés 'valent' des centaines de milliards et que les banques les plus puissantes font des bénéfices qui se chiffrent en dizaines de milliards de dollars, euros… chaque année, certaines banques centrales ‘jouant’ avec les dettes et des billions (mille milliards), donc qui ‘jouent’ avec un système de soumission. On vend les données des individus… On manipule largement. On surveille à outrance, et peut pister une personne jusqu’à savoir ce qu’elle fait chez elle, et bien sûr au-dehors. On utilise la peur, la force et les privations de liberté. Tout cela n’est-ce pas tout simplement de l’ESCLAVAGE MODERNE ?

Qui tacet consentire videtur.
Qui ne dit rien consent.

Les professionnels de santé qui savent que nous sommes dans une folie sanitaire, et qui ne disent rien, collaborent à cette aberration !

On voit comment Internet et les médias en général, réussissent à ne faire passer qu’un seul discours, le reste étant systématiquement mis de côté ou ridiculisé. Sur un fait, une seule opinion est véhiculée, et les contradicteurs sont largement marginalisés, voire le plus souvent occultés. Par exemple sur Google, si on fait des recherches de sites sérieux contre le port du masque obligatoire, on ne trouve quasiment rien, ou le contraire et des choses farfelues. C’est la pensée unique !

En bas de cet article, on peut visionner une vidéo très intéressant du Dr Laurent Toubiana, datant du 22 août 2020, où celui-ci dit par exemple « L’épidémie est terminée, les cas que l’on voit sont des cas asymptomatiques, c’est-à-dire des cas détectés parce que nous avons à notre disposition un système de détection des gens porteurs d’un virus, mais ces gens ne sont pas malades. Nous sommes face à une épidémie sans malades ! […] Je n’ai pas d’opinion. Je suis un scientifique qui tente de rassurer une population. Nous n’avons pas une épidémie infectieuse ; nous avons une épidémie d’angoisse, si vous voulez, et la population est à genoux à cause de cela, l’économie aussi. Que des gens viennent nous culpabiliser parce que l’on dit autre chose qu’eux, cela est insupportable, surtout en politique. […] Il y a plus [davantage] de cas porteurs du covine, d’accord… Y a-t-il plus de malades ? Y-a-t-il plus de morts ? Non ! J’aimerais revenir sur un point qui commence à me choquer énormément, personnellement : À plusieurs reprises des personnes ont voulu m’intimider pour me dire : Non, vous ne devez pas parler. C’est tout à votre honneur de me laisser parler, et je vous en remercie. C’est l’honneur aussi de la France d’avoir une multiplicité de points de vue. Qu’on [ne] vienne [pas] me dire que j’apporte de la confusion, alors qu’il y a eu pendant six mois une confusion totale, des atermoiements dans tous les sens. Tout le monde s’est trompé. C’est insupportable d’entendre ça. Je vous remercie encore. Personnellement, ce que j’ai écrit au début de la crise reste toujours valable. Il faudra répondre à cette question : Pourquoi les gens qui se trompent tout le temps on continue à les entendre ; ils ne sont pas discrédités ; alors que ceux qui ont donné les bons chiffres, eux, on les critique. Je prends beaucoup de risques en faisant cela, parce que je n’ai rien à gagner. Je cherche simplement à donner des informations positives : Je suis chercheur, je n’ai pas d’opinion, je donne juste ce que je vois, et ce que je vois est incohérent avec ce qui est mis en place, c’est tout. […] L’exemple typique d’un pays qui n’a pas suivi le confinement, c’est la Suède. Aujourd’hui, on ne parle plus du tout de la Suède. Savez-vous pourquoi ? Simplement parce que la Suède a eu la même courbe épidémique que tous les autres pays. C’est à dire que globalement, confinement ou pas confinement, on a les mêmes résultats. […] »

Un titre d'article amusant :

Ici une vidéo, du 2 juillet 2020, du professeur Perronne qui dit notamment : « […] On a démantelé toutes les structures qui étaient capables de gérer l’urgence sanitaire, pour des raisons d’économie, soi-disant de séparation des pouvoirs et des experts […] Le ministre, et j’en veux beaucoup au ministre de la Santé, aurait dû vérifier, avant de s’appuyer sur ces experts, que ce soit le Conseil scientifique, que ce soit le Conseil de la Santé publique, où beaucoup ont des conflits d’intérêt majeurs avec des laboratoires […] ils auraient dû vérifier et les exclure de ces commissions. » Il donne ensuite des exemples surprenants, montrant que l’on aurait pu éviter des milliers de morts en France avec l’hydroxyde chloroquine ! Il poursuit : « […] 99 % des médecins sont remarquables en France ; mais il y a une petite élite, qui travaille main dans la main avec l’industrie, qui sont des leaders d’opinion, qui ont manipulé un peu tout le monde. C’est cela que je dénonce ! Je ne peux pas accepter que l’on joue avec la santé des Français ! »

Cet épisode de crise orchestrée est très révélateur. Il dévoile : - la soumission des décideurs qui nous gouvernent (dans les deux assemblées, il y a eu le même discours chez tous les élus) et des médias, en France et dans le monde, - la manipulation dont les citoyens sont quotidiennement les sujets, - et la puissance d’un pouvoir mondialisé centré sur le profit, semble-t-il, car franchement là toute cette folie ne profitera à personne, si ce n'est à ceux qui n'avaient pas encore compris...

- Covid-19, ingénierie sociale, manipulations… Le point avec Lucien Cerise.

- Dictature sanitaire à deux vitesses. Les supporteurs du PSG se regroupent sans contrôle à Paris, 27 verbalisations à Quimper... et plusieurs manifestants contre le port du masque à Paris ont été verbalisés ! Porter un masque = se taire ! Pas de choix ! C'est cela le fascisme !

- Éric St-Germain explique le masque aux néophytes.

- Covid 19 : Le Docteur Jean-Michel CRABBÉ adresse une seconde lettre au Conseil de l’Ordre .

- Pr. Perronne - "Un grand délire instrumentalisé par Big Pharma".

- La généticienne Alexandra Henrion Caude vous dit tout. Dans cet entretien datant du 31 juillet ou du 1er août, Alexandra Henrion-Caude, directrice de recherche en génétique, donne un compte-rendu très clair de la situation sur les connaissances sur ce coronavirus, ainsi que sur la situation sanitaire actuelle et aussi sur la situation vaccinale ! Toute la vidéo est très intéressante, mais en voici quelques extraits : « […] Je ne comprends pas pourquoi personne n’en a parlé non plus, que finalement les décès dans la grande majorité [sont des personnes âgées] […] Dans la raréfaction de soins qu’ils [les personnes âgées] ont reçus, notamment au niveau affectif, et on sait combien l’affectif est important pour les défenses immunitaires, […] Vous parliez du système immunitaire, et c’est à mon avis un point absolument central de cet ‘crise’ covid. C’est quoi d’être en bonne santé, c’est d’avoir la capacité de faire face à, à peu près, tous virus et bactéries pathogènes. Nous avons le système de défense qui nous a été donné pour le[s] combattre. Ce système immunitaire est un capital-santé qui nous est propre et qui s’entretient, en faisant du sport, en évitant d’être confiné pendant deux mois, en ayant une bonne aération, une bonne oxygénation, c’est-à-dire en évitant de mettre des masques. En ayant une bonne alimentation, c’est-à-dire en ayant la liberté d’acheter tout ce dont on a besoin, là il le faut et avoir la diversité alimentaire qu’il nous faut. […] Une autre chose qui diminue fortement le système immunitaire : le stress. […] Il ne faut pas faire l’erreur de croire que nous somme encore [aujourd’hui] dans une épidémie. […] Il y a des scientifiques qui disent qu’il va y avoir une deuxième vague. J’aimerais bien les confronter sur un plateau, parce qu’une deuxième vague qui suit une première vague d’une épidémie qui a la forme d’une cloche, et qui fait une deuxième cloche dans la foulée, personnellement, je n’en ai pas rencontrée, j’ai cherché, mais je n’en connais pas ! […] Il peut y avoir une deuxième courbe mais bien moins importante […] Lorsque l’on fait un vaccin, il faut le faire sur un organisme sain, en bonne santé. De la même façon, quand vous êtes vacciné, il est important que vous ne rencontriez pas un autre virus dans la foulée, parce que vous avez ce même phénomène qui peut survenir. […] Lorsque l’on regarde ces études, on doit au minimum discuter sans plus attendre de l’indication qu’il y a à vacciner notre population âgée cette année […] parce que sinon on a une chance, d’après ces études, d’augmenter une fois et demie à deux fois la possibilité d’avoir certaines affections respiratoires […] on doit en discuter […] le vaccin contre le coronavirus même, c’est une aberration de développer un vaccin sans connaître aucun des effets secondaires potentiels […] il y en a toujours […] Vacciner quelqu’un qui a eu le covid sans le savoir, c’est à nouveau le mettre en danger pour les mêmes questions d’interférences virales notamment […] Le cours de la bourse d’un laboratoire qui s’appelle Moderna est en train d’exploser, et là c’est très très grave, car c’est un vaccin dont le mécanisme repose sur un flux d’informations qui ne peuvent pas ne pas avoir des effets généraux […] aussi bien sur vos gènes (votre ADN) que vos protéines (les fameux acteurs de tout ce que nous sommes) [...] C'est obligatoire, ces techniques de vaccinations vont avoir des répercussions sur ce que vous êtes. [...] »

Ce que dit ce professeur sur les conséquences des vaccins m’a fait poser cette question : Est-ce que les vaccinations contre la grippe saisonnière ont favorisé certaines infections graves lors de l’épidémie du coronavirus ? On sait que dans les EHPAD on vaccine massivement, et que les personnes âgées et fragiles sont les premières cibles de ces vaccinations contre la grippe saisonnière.

Tous ces exemples nous montrent combien il est important de ne pas laisser notre société dans les mains uniquement du privé et du profit : que la démocratie et les services publics doivent reprendre leurs droits. Un service médical au pouvoir presque uniquement du privé aboutit à des aberrations. Au moins 50 % du système français devrait être entièrement public, de même pour la recherche, afin que l’indépendance, l’intelligence (dont l’altruisme) et la démocratie règnent, et non pas le profit, la peur et l’égoïsme.

- Coronavirus: un délire collectif ?. Je ne sais pas ce que vaut ce site sur la mondialisation, mais l'article est intéressant. Personnellement, je pense qu’il faut ‘sortir’ de la mondialisation. Je regarde avant tout ce qui se passe dans ma rue… les gens tous masqués, l’obligation de se masquer, mes privations de libertés… et réagis par rapport à cela seulement. Je ne veux pas changer le monde : c’est un peu la même chose que de vouloir dominer le monde. J'essaie de changer mes mauvaises habitudes, et de ne pas me laisser dominer ou exploiter… enfin pas trop… Je cherche la collaboration, l’échange, l’amitié, pas l’exploitation de moi ou des autres. C’est parce que l’État, le Gouvernement, la mairie de Paris et consorts ont tous les yeux rivés sur le monde, qu’ils ont imité la folie fasciste actuelle… et même ils en ont rajouté. Je ne veux pas imiter les gens qui ont un pied ici et un pied là-bas, et qui consomment et consument le monde. J’ai les deux pieds là où je marche et ma tête aussi… enfin tout quoi !

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En Belgique : « Une soixantaine de personnalités académiques et de la société civile demandent urgemment de nouveaux groupes de travail pour proposer des mesures scientifiquement prouvées efficaces, proportionnées, sans effets collatéraux néfastes et dans le respect de la démocratie. » Voir ici.

L'obscurantisme que l'on nous sert aujourd'hui est hallucinant, et tellement gros que cela m'étonne de voir tout ce monde porter le masque dans les rues... même sous la contrainte.

Dans les médias officiels, la désinformation fuse. Les fausses, sciemment manipulées ou occultées informations coulent à flot. Un exemple est celles concernant les effets de l’hydrochloroquine. Sur ce sujet, la confusion est constamment entretenue. Le dernier exemple concerne la plainte de la Société de pathologie infectieuse devant l’Ordre des médecins contre le professeur Raoult. Certains médias ont fait en sorte de faire croire que c’était l’Ordre des médecins, lui-même, qui portait plainte, comme dans le titre de cet article : Plainte contre le professeur Raoult : que lui reproche d'Ordre des médecins ? ou cet autre titre : Didier Raoult visé par une plainte de l’Ordre des médecins.

Dans Changeons de voie, Les leçons du coronavirus, Edgar Morin et Sabah Abouessalam soulignent : - la désinformation autour de cette épidémie, - les relations d’intérêts de certains professionnels médicaux avec l’industrie pharmaceutique et les lobbies et de puissants intérêts personnels ou financiers en jeu, - l’hyper-spécialisation au détriment d’une médecine systémique, - la suprématie des spécialistes sur les généralistes, avec des médecins généralistes privés du droit de prescrire certains remèdes, - la compartimentation des savoirs (tout produit n'étant pas élaboré par l’industrie pharmaceutique étant dédaigné), - mandarinats, - etc.

- Des tests pour nous éclairer … ou nous aveugler, par le docteur Eric Menat, 4 août.

- Collectif de médecins : Covid-19 laissons les médecins prescrire.

- Port du masque et pathologies cutanées.

- « Covid-19: nous ne voulons plus être gouvernés par la peur » : la tribune de chercheurs et de médecins.

- Professeur Luc Montagnier - "on est dans un monde de fous, un monde de fous".

Pour conclure : Dans des perspectives de profits marchands et politiques ou par lâcheté ou par bêtise, on a ruiné l'économie, soumis la population, caché, manipulé ou occulté la réalité, entretenu continuellement une peur non justifiée, déshumanisé la médecine et les rapports sociaux et largement augmenté la mortalité en interdisant et discréditant certains remèdes. Ce qui s'est passé est très grave.

Un grand merci aux professionnels de santé qui se sont exprimés avec objectivité et honnêteté, comme :  Jean-François Toussaint, Philippe Parola, Laurent Toubiana, Christian Perronne, Alexandra Herion Caude, Luc Montagnier...

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Mondains et séculiers

Merveilleuses et merveilleux

Dans le domaine des élégants, on compte de nombreuses nuances : un camaïeu très fin, depuis les petits-maîtres jusqu’au kaloskagathos ou plus encore… en passant par beaucoup de nuances. Certains se caractérisent particulièrement par la beauté de leur âme ou la finesse de leur esprit. J’en donne de nombreux exemples dans le livre sur Les Petits du style depuis l’Antiquité jusqu’au XIe siècle. C’est ainsi que l’on peut inclure dans cette liste des philosophes et même des religieux, de même que des gens particulièrement civils, comme le politès chrèstos, le vir bonus ou l’honnête homme, ou charitables comme le vir misericors, et bien d’autres ‘genres’ comme, la summas matrona, la personne de qualité, le bel sir, le preux (preudomme), etc.

La société de l’Ancien Régime se classe en trois ordres : le clergé, la noblesse et le tiers état, chacun portant des habits spécifiques avec de nombreuses tonalités. Pour le clergé, les habits ne suivent que très peu la mode, ou pas du tout (voir cet article), mais sont différents selon les congrégations, offices, etc. La noblesse la suit ainsi que des règles de bienséance. Dans le tiers états, presque chaque métier possède son genre d’habit, mais certaines personnes observent davantage la mode, comme les bourgeois, de même que pour le reste du tiers-état en dehors du travail, notamment lors des dimanches et jours de fêtes. À cela s’ajoutent les particularités régionales…

Sous l’Ancien Régime, la diversité est donc beaucoup plus présente, alors que de nos jours la mondialisation fait porter à peu près les mêmes vêtements à tous les habitants de la terre. Depuis quelques années, la mode est même à la non différenciation des sexes. C’est l’air du temps : le mouvement de l'époque, autrefois on dit « le branle », on parle de « mode qui court » et « être dans le mouvement » est déjà d'actualité !

Image : Gravure italienne, datée de 1789, de Luigi Cunego (1757 Vérone – 1823 Rome) d’après une œuvre du peintre espagnol José de Ribera (1591 Xàtiva –1652 Naples). Elle représente une scène du début du XVIIe siècle (1618 ou 1619), avec le capucin italien Laurent de Brindisi (1559 – 1619) lors de sa visite, à Lisbonne, à Philippe III (1578 – 1621) roi d’Espagne, de Naples, de Sicile et du Portugal. Le contraste est grand entre les habits de la cour et ceux des ecclésiastiques, même si certains de ces derniers sont coquets, comme c’est le cas pour ceux que l’on appelle aux XVIIe et XVIIIe siècles en France des « abbés coquets » ou des « abbés de Pouponville ». Comme on le constate sur cette gravure, en 1618 c’est encore la mode des chapeaux ronds masculins hauts-de-forme, des cheveux blonds vénitiens, des fines moustaches travaillées au fer à friser, des grandes fraises, des pourpoints ressemblant à une armure, des houppelandes, des manches cousues à crevés, des passements, des vertugadins, des hauts-de-chausses bouffants, des patins, etc. On est au début du règne de Louis XIII (qui règne de 1610 à 1643).

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Le bon air

Merveilleuses et merveilleux

Un art de l’élégance peut être appelé celui de l’enveloppement. Il est hérité de l’Antiquité et de l’usage des habits drapés, et occupe une grande importance dans la manière française. Ce qu’on enveloppe ici, c’est le bon air, l’air sain, un zéphyr de plaisir, une brise bienfaisante mêlée d’une lumière pétillante, faisant frisonner de bien-être et dans laquelle l’âme se pâme, se source, jouit pleinement du moment. C’est un art du drapé, de l’étoffe aussi, douce, belle, propre, et de la propreté bien sûr, non seulement de l’habit, mais du corps et de l’esprit surtout. Il s’agit d’un talent du mouvement, à la manière d’une nage dans un lac d’ambroisie ou d’une danse parmi les étoiles des neuf sphères célestes, mais simplement ici et maintenant dans l’air du temps qui se déploie toujours changeant et pourtant distillant des instants d’éternité. L’air est impalpable, mais porte avec lui miasmes ou douces voluptés. De même le fait l’air de l’âme, produit des mouvements de l’esprit. L’esprit lui aussi bat, comme le coeur ; il respire. Autrefois, être du bel air consiste non seulement à être dans le vent, comme on dit déjà, mais aussi d’avoir de l’esprit, de la finesse. Il s’agit d’une capacité à distiller autour de soi un air sain, un confort crépitant doucement de joie, une atmosphère belle et bonne, un climat non pollué, non entravé.

Dans la mode française, certains merveilleux et élégants connaissent ce ton du bel air. Ils savent non seulement le reconnaître, le sentir, l’apprécier, mais aussi le garder, l’envelopper dans le mouvement : le doux froissement de leurs étoffes, la finesse de leurs dentelles, l’odeur exquise de la propreté, les ondulations chaloupées de leurs bijoux, boucles de cheveux, passements, etc.

À bon air entendu…

Ci-dessus à gauche, détail du frontispice de la première partie d’Histoire d’Hypolite, comte de Duglas de la baronne d’Aulnoy (1651 – 1705) dans une édition de 1699.

Dans les années 1780 les merveilleuses semblent emmitouflées dans des draps (tissus de laine) blancs, des voiles, des dentelles, de grands chapeaux et autres poufs, des cheveux aux multiples boucles, des robes en chemise, etc., comme dans la première figure ci-dessus. De ces coiffes sort une multitude de rubans, voiles, dentelles, tissus variés, plumes, parfois fleurs et autres, comme dans l'exemple ci-dessous qui est un « Bonnet en Gueule de loup ».

Merveilleuses et merveilleux

Ci-dessous, le diadème possède des voiles, rubans et fleurs. Les cheveux sont coiffés avec diverses sortes de boucles.

Merveilleuses et merveilleux

Avant les années 1830, la mode féminine est à nouveau aux grands chapeaux garnis de plumes, voiles et rubans les traversant. Ci-dessous, l’estampe est de 1828, et la merveilleuse porte aussi une longue écharpe.

Merveilleuses et merveilleux

Ci-dessous : Gravure du début du XVIIIe siècle. À cette époque, les hommes ont souvent davantage de rubans et autres passements que les femmes. La perruque est immense et bouclée, tombant jusqu’au bas du dos. La cravate est de dentelle. On remarque aussi les galons, rubans, gros boutons, dentelles, tissus satinés (damas…), etc. Celui de droite a une écharpe nouée autour de la taille, ce qui est alors à la mode.

Merveilleuses et merveilleux

Ci-dessous : Autres exemples de la même époque que précédemment, mais d’une fille et d’une femme de qualité, « en habit d’automne » et « en habit d’hiver ».

Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux

Ci-dessous : Illustrations d’une édition du XVIIIe siècle d’Abdeker ou l’Art de conserver la beauté, tome I. Décontraction et beauté obligent...

Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux

Pour finir cet article et faire le lien avec le précédent, ci-dessous une chromolithographie avec un élégant, de la fin du XIXe siècle ou du début du XXe, portant un long manteau, genre gâteuse, que les gommeux apprécient. Il s’agit d’une publicité du grand magasin parisien de vêtements : « Maison de la Belle Jardinière ». La légende indique : « Je l’ai choisie ample, large, parce que j’ai horreur de la gêne dans l’existence. »

Merveilleuses et merveilleux

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Chansonniers de gommeux excentriques : Armand Ben, Émile Carré et Laurent Manet

Gommeux
Laurent Manet n'écrit pas des chansons pour gommeux comme le titre de cet article l'indique... C'est une blague. Il compose plutôt pour des punks des années 1980. Mais, à ma demande, il propose à la vente sur son site une figurine de gommeux particulièrement remarquable. On peut l'acheter ici. Elle fait 22,5 cm de hauteur. Elle est en résine et a été entièrement réalisée par Laurent, qui l’a imaginée, sculptée et peinte. Il s’agit d’une petite série artisanale… un vrai objet de collection que vous ne trouverez nulle-part ailleurs.
 

En mettant en lumière le côté rock'n'roll de ce gandin fin de siècle, successeur du petit crevé, et ancêtre du zazou, il réussit ici à faire le lien entre les petits-maîtres français et les mouvements plus récents dont la plupart sont anglo-saxons. Pour cela, il faut savoir qu'est-ce que la petite-maîtrise, en saisir l'âme... et Laurent est dedans... Pour lui, pas question de rater le train, comme le gommeux un peu dégommé que je présente ensuite...

Dans cette figurine, on retrouve toutes les caractéristiques du gommeux dit « excentrique » de la fin du XIXe siècle. Il met à la mode la cravate moderne, alors très large, et le pantalon à pattes d’éléphant, qui existe donc déjà avant les hippies ! Son chapeau est de style haut de forme, pas très haut, et avec un rebord fin, le plus souvent remontant sur les côtés, au-dessus des oreilles. Il est souvent blondin, frisé et pommadé, avec une raie bien droite dessinée au milieu du crâne. Il porte des vêtements colorés, n’hésitant pas à faire usage de tissus rayés et à carreaux ! Son habit est très ajusté, voire étriqué, à certains endroits, et très ample à d’autres : gilet à coeur et veste très serrée sur la poitrine mais manches très larges, de même que le col et la chemise à grand col aussi. Les chaussures sont parfois pointues. Il porte un monocle (lorgnon), une canne fine avec un pommeau rond et plat, et une montre attachée à une chaîne assez imposante au niveau du bassin. Quand le gommeux n’a pas une grosse cravate, il la remplace par une cravate plus ancienne nouée genre papillon. En période froide, il s’affuble d’un long pardessus (une gâteuse), elle aussi souvent à carreaux et colorée, par exemple verte. Il fréquente le boulevard, les caf’conc, comme l’Alcazar (photographie ci-dessous) ou Les Ambassadeurs. Il a ses auteurs nouveaux, ses paroliers comme Émile Carré et Armand Ben, ce dernier étant aussi un chanteur, comme Libert qui lui se contente de chanter, ses compositeurs comme Tac-Coen, etc.

Gommeux

Pendant des siècles et jusqu’à Charles Trenet, les chansonniers français produisent une quantité phénoménale de nouvelles chansons qui, jusqu’à l’arrivée du tourne-disque, sont chantées dans les bals, les cafés chantants (XVIIIe siècle), les cafés-concerts (XIXe), et que des chanteurs de rue propagent sur les places, dans les rues et dans les cours d’immeubles. Au XIXe siècle, et jusqu’au milieu du XXe, ils vendent en même temps les partitions de ces nouveautés que les gens peuvent ensuite jouer chez eux, et dans des fêtes. Beaucoup de ces partitions ont une première page de couverture illustrant le sujet ou présentant le chanteur dans son rôle. On est dans une ambiance très différente d’aujourd’hui et des concerts avec leur sono. L’atmosphère est alors plus humaine, plus festive aussi.

ÉMILE CARRÉ (1829 – 1892) écrit les paroles de nombreuses « chansonnettes » qui mettent en scène des gommeux, chantées et présentées par Libert, comme L’amant d’Amanda, Je demeure au Vésinet, Les fameux gommeux, J’ai dépouillé ma famille, etc.

LIBERT (? – 1896) est un chanteur de caf’conc, spécialisé dans le rôle de gommeux, et qui collabore aussi avec ARMAND BEN (? – 1882), un autre parolier ayant à son actif beaucoup de chansons sur ce sujet, comme : J’ai raté l’train, Canada ou le gommeux noir, J’vais à Chatou, Anastase Duvigneau, Un’deux trois ! Marquez l’pas…, Pardon Madame, Ce que l’on dit de moi, etc. Armand Ben est non seulement l’auteur et le compositeur de nombreuses chansons, il en interprète aussi. Avec Libert, et sans doute même avant lui, il met à la mode le gommeux excentrique. Ils ne sont pas les seuls, mais les plus connus. D’un autre côté, les femmes font de même, comme je le montre dans l’article intitulé La gommeuse et le gommeux, ceux du caf'conc, le dégommé, la gommeuse excentrique et la gommeuse épileptique.

TAC-COEN (Pierre Joseph Auguste Taccoen : 1844 – 1892) est le musicien de ce genre, avec Le Calicot de la gomme, J’ai raté l’train, Canada ou le gommeux noir, J’vais à Chatou, Anastase Duvigneau, Ce que l’on dit de moi, C’est Gontran, Le gommeux des gommeux, Po…Paul, Un’deux trois ! Marquez l’pas…, etc.

On trouvera plusieurs de ces partitions ici et ici.

Gommeux

Ci-dessus : Partition de J’ai raté l’train « chansonnette Créée par A. BEN à l’Alcazar » avec des paroles d’Armand Ben et René d’Herville et une musique de Tac-Coen. Le dessin est signé d’Émile Butscha (1847 – 1887).

Photographies ci-dessous : Première page de la partition de Je demeure au Vésinet « Chansonnette Créée par Libert Aux Ambassadeurs ». Les paroles sont d’Émile Carré et la musique de L. A. Dubost. Les Ambassadeurs est un café-concert du XIXe siècle, situé sur les Champs-Élysées à Paris. Le dessin est signé d’Edward Ancourt (1841 ?).

Gommeux

Les paroles sont intéressantes, car décrivant un gommeux :

« 1er COUPLET. Je suis un charmant garçon. L’oeil hardi, la jambe leste, Frétillant comme un poisson Et joyeux comme un pinson. Je fus riche et maintenant Ma fortune est très modeste, Mais un physique avenant Ça vaut de l’argent sonnant.

Parlé Timoléon, pour vous servir ! 28 ans aux asperges, pas de corset ; descendant du côté des fâmes du célèbre Brimborion des oiseaux, professeur de vélocipède en chambre à la cour de François 1er. Mon adresse voilà, voilà.

Je demeure au Vézizi, Je demeure au zinetnet. Tout le monde me connaît, me connaît, Je demeure au Vésinet Tout le monde me connaît, me connaît, Je demeure au Vésinet.

2 Je ne vais pas sans lorgnon Bien qu’ayant la vue très bonne, Ça me gêne, pensez-donc ! Mais on sait que c’est bon ton. Et des ongles aux cheveux, Ma sémillante personne Est un assemblage heureux Poétique et vaporeux

Parlé Ça n’est pas pour me donner des gants de peau de chien. Mais à pied ou à cheval, en canot ou en voiture, j’ai un chic et un cachet qui m’ont valu les sourires les plus flatteurs des dames du meilleur monde. Ce à quoi j’ai toujours eu l’intelligence de répondre en jouant de la prunelle :

Je demeure au Vézizi &

3 Toujours frisé, pommadé, Au milieu ma raie est faite ; Une raie sur le côté, À présent c’est mal porté. Et le pantalon flottant Qui complète ma toilette, Par le bas s’élargissant Simule un pied d’éléphant.

Parlé Le dernier mot de l’élégance et du bon goût, quoi ! avec ça un chapeau aux bords imperceptibles, la chaussure en pointe, le gilet en coeur et quand la saison le permet le gracieux ulsters [long pardessus anglais] ou autrement dit la gâteuse [longue et ample redingote rappelant la capote portée par les gâteux dans les hôpitaux], qui laisse si loin derrière elle tout ce que les mousquetaires de Louis XV ont pu rêver de plus riche et de mieux fait. Ah ! Vous pouvez m’examiner allez ! (après une pirouette et le dos tourné) vous ne me verrez pas rougir, et puisqu’alors

Je demeure au Vézizi &

4 Les patins font mon bonheur, Surtout s’ils sont à roulettes, Je m’en sers à mon honneur, On m’en croirait l’inventeur. À la gymnastique, au bain, Je défierais des athlètes, Et le sexe féminin En tous lieux me tend sa main –

Parlé Ainsi dernièrement, dans les salons de Madame de St. Didier, j’étais auprès d’une demoiselle avariée… à marier, devant laquelle un vieux monsieur s’extasiait avec l’admiration du crapaud quand il contemple la girafe – Ses yeux semblaient lui dire : Ah ! Que vous êtes belle ! Plus je vous regarde, eh bien… plus je vous vois – mais elle, elle n’avait des yeux que pour moi. Je lui dis : pardon, mademoiselle – mais quel est donc ce vieillard âgé qui se permet de vous regarder quand je suis là ? Elle me répond : C’est un ami de Madame de St. Didier qui demeure à la Glacière – À la Glacière ? Et il ose encore ! Ah ! Le malheureux ! Et vous ? – Moi, Mademoiselle, je ne demeure pas à la Glacière…

Je demeure au Vézizi &

5 On croit que je m’y trouvais, Quand je parle des premières De l’Opéra, du Français, Où je n’assiste jamais – Pour l’audace et le bagout De ma trempe on n’en voit guère ; Je me faufile partout Et j’y parle un peu de tout.

Parlé Mon Dieu oui courses, théâtres, procès, bourse, littérature, tous les sujets de conversation me sont familiers, bien que je ne sache absolument rien – Ainsi dernièrement, mon ami le Vicomte de Laillenbote me dit : dites donc cher ? Venez-vous au théâtre miniature ? j’ai mes entrées dans les coulisses et je me fais fort de vous présenter aux actrices – Heureux mortel ! qui vous vaut cette faveur ? Taisez-vous donc, me dit-il, c’est moi qui entretiens l’ingénue – allons laissez-vous emmener – J’en grillais d’envie mais malheureusement je ne pouvais pas découcher sans manquer d’égards à mon concierge – Désolé ! Que je lui fais, mais je ne peux pas, pensez donc !

Je demeure au Vézizi &

6 Un grand tailleur, un matin, Me dit : voulez-vous, jeune homme Etre mis comme un gandin Sans que ça vous coûte rien ? Je réponds : certainement ! Il m’habille, et voilà comme Je suis, depuis plus d’un an, Un mannequin ambulant –

Parlé Seulement, je suis tenu de venir à Paris tous les jours et de me promener à pied sur le boulevard des Italiens à l’heure de l’absinthe, puis de m’installer à une table quelconque et de lier conversation avec la fine fleur des Crevés du Cercle de la haute gomme, et si l’un d’eux me fait l’honneur de me donner sa carte, je lui glisse en échange celle de mon tailleur – Comment ! Vous vous appelez Petermann et vous demeurez rue Grammont ? Mais vous badinez cher Baron ! – Moi ? Ah ! Je vous demande pardon, c’est mon tailleur dont je viens de vous donner l’adresse, par inadvertance assurément. Mais à propos je vous recommande, tenez, voyez sa coupe ! Quant à moi –

Je demeure au Vézizi & »

Ci-dessus et ci-dessous : Première page de la partition Un p'tit Pied grand comm'ça, « Chantée au Concert des Ambassadeurs Par Mr Libert ». Les paroles sont de Villemer-Delormel et la musique de Paul Courtois.

Gommeux

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Perruques féminines et cheveux courts au début du XIXe siècle

Merveilleuses perruques

Si à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, la mode féminine comme la masculine sont aux cheveux courts, cela n’empêche pas de continuer à utiliser des perruques, qui se résument parfois à quelques faux cheveux accrochés aux chapeaux. Beaucoup de femmes, comme des hommes portant la perruque, se rasent les cheveux, d'où la nécessité de ces ajouts à certains couvre-chefs féminins et la continuité de l'usage de perruques, même lorsque la mode est aux cheveux courts.

Ci-dessus et ci-dessous : gravure de 1804, provenant sans doute d’une revue allemande, copiant le Journal des dames et des modes et présentant des perruques ainsi que des coiffes. Toutes ces dernières, sauf une, comprennent quelques cheveux.

Merveilleuses coiffes

Ci-dessous : Gravure d’époque, sans doute de la même revue allemande ci-dessus. Elle est datée de 1804 et signée « Neubauer fec[it] »

Merveilleuses cheveux
Merveilleuses et merveilleux

Les deux gravures ci-dessus, sont très probablement des copies allemandes, d’époque, de la revue française Journal des dames et des modes. J’écrirai un article sur les copies de gravures de mode françaises au XVIIIe siècle et au début du XIXe. À des époques où le droit d’auteur n’existe pas encore, cela est très fréquent, pour les livres notamment, sans doute depuis les débuts de l'imprimerie. Depuis l'Antiquité, la copie est aussi considérée comme un moyen de dupliquer et conserver la mémoire des originaux. Lors de mes études, j'ai fait un DEA sur les iconographies de la Comédie nouvelle antique (ainsi qu'un doctorat non sanctionné), et j'ai été étonné de constater combien des mêmes modèles sont reproduits à l'identique le long des siècles. Même certains manuscrits médiévaux ont des illustrations parfois identiques aux éditions antiques qu'ils copient.

Ci-dessous : Détail d’une gravure du Journal des dames et des modes, de 1807.

Merveilleuses coiffes

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L’aérienne Caroline Wuïet

Merveilleuses et merveilleux

Caroline Wuïet  (1768 – 1834) est une merveilleuse connue en son temps, mais vite oubliée. Enfant surdouée, protégée par la reine Marie-Antoine, elle émigre pendant la Révolution, et revient à Paris en 1797. Elle y devient une merveilleuse goûtant avec ravissement aux libertés offertes par son époque. Elle fréquente les incroyables et les merveilleuses qu’elle appelle aussi des « aériens », et les lieux où on les retrouve. Elle-même est une merveilleuse s’inscrivant comme une des premières féministes, publiant et lançant des revues, parfois politiques, affichant sa liberté et n’hésitant pas à s’habiller en homme si cela lui chante.

Dans Revue de Paris (année 1841, tome quatrième) un article lui est consacré. Il est intitulé : « Mémoires d’un bourgeois de Paris. Premier épisode. Une femme célèbre. » Dans celui-ci, l’auteur  commence par décrire l’estampe que je présente ici, avant de parler de celle qui y est gravée et qu’il connaît pour l’avoir fréquentée : « Parmi d’antiques gravures exposées à la porte d’un marchand, je venais d’en apercevoir une, sans intérêt pour le plus grand nombre, mais qui me rappelait, à moi, toute une époque : c’était un portrait allégorique gravé par Evangelisty et représentant une femme demi-nue. L’Amour, armé de son carquois, la retenait au moyen d’une guirlande de roses, tandis qu’elle faisait effort pour lui échapper en montrant au loin le temple de la Gloire. Au-dessous étaient gravés ces mots : “Mlle Caroline Wuïet, pensionnaire de la reine et membre décoré de l’Académie des Arcades.” J’avais connu l’original de ce portrait, et le souvenir que j’en conservais était encore plein d’émotion. Cette femme, aujourd’hui oubliée, avait excité l’admiration de mes contemporains ! À trois époques elle s’était montrée dans trois rôles distincts et les plus brillants qu’il fût alors donné à une femme de jouer. Ainsi on l’avait vue tour à tour enfant célèbre, protégée par Marie-Antoinette ; lionne du Directoire, mêlée à toutes les libertés de cette régence républicaine ; et enfin femme d’un colonel, partageant la fortune de guerre de l’empire. »

« C’était surtout à Tivoli, aux jardins d’Idalie, à Mousseaux, à Bellevue et à Frascati que se réunissait cette foule de déesses demi-nues, que les merveilleux du temps appelaient les médailles de Caracalla. Ce fut dans ce dernier endroit que je retrouvai Caroline Wuïet. […] une main se posa sur mon épaule. Je me retournai ; un jeune homme se tenait derrière moi, en souriant d’un air de connaissance. Je poussai une exclamation, d’abord de doute, puis de surprise : c’était Caroline Wuïet elle-même. – Vous ! m’écriai-je, ainsi vêtue ? – Que trouvez-vous à reprendre dans mon costume ? Dit-elle gaiement ; n’est-ce point celui de nos plus élégants aériens ? Voyez plutôt : le collet froncé, les manches de Gilles, la taille en guêpe et les culottes à la Hambourg. Mais il faudrait me voir à cheval, mon cher ; Brissi lui-même en est dans le ravissement. Il n’est pas un seul de nos incroyables qui sache porter les jambes plus en dehors, les bras plus en arrière et le menton plus en avant. » Dans la suite de ce dialogue, Caroline Wuïet utilise plusieurs fois les noms de « aérien » et « aérienne » et décrit quelques incroyables et merveilleuses d’alors, dont voici un exemple : « Il est coiffé à l’ourang-outang, ses pantalons sont brodés, ses gilets bordés, ses cravates empesées, son habit carré ! Ses yeux grassaient, son nez clignote, sa bouche minaude. Il joue, il monte à cheval, il danse, il fait des dettes, les foyers lui servent de boudoirs, les boudoirs de cabinets de toilette ; bref, les femmes en raffolent. »

J’ai acheté cette gravure, il y a quelques années de cela, à Paris, près de Stalingrad, dans un vide-grenier situé sur un quai du bassin de la Villette. Cette estampe est tachée, mais importante. Quand je me la suis procurée, je ne connaissais pas le personnage, mais l’ai choisie surtout pour son caractère harmonisant des thèmes qui me sont chers, comme l’antiquité, la nature, l’amour et le courant précieux. Comme dit plus haut, la légende indique : « MLLE CAROLINE WUÏET Pensionnaire de la Reine, et Membre décoré de l’Académie des Arcades ». Pour les signatures nous avons : « Composé par Muncian d’après le portrait de Mr de Romany » (sans doute François Antoine Romany : vers 1756 – 1839) et « Gravé par Vangelisty », graveur de la fin du XVIIIe siècle et du début XIXe. L’Académie des Arcades, ou plutôt des Arcadiens, est une société littéraire fondée à Rome, en 1690, par Christine de Suède. Chaque membre y prend le nom d’un berger ou d’une bergère d’Arcadie, comme Mme Duplessy qui est agréée en qualité de pastourelle, sous le vocable de Bérénice et reçoit à titre d’apanage, la province d'Argolide. Pour l’anecdote, on retrouve ma photographie de la gravure, avec toutes ses taches, en vente sans ma permission sur ce site. On comprendra pourquoi, depuis quelques années, j’inscris sur chacune de mes images publiées sur Internet l’adresse de mon site, et que je ne présente plus les photographies en une bonne définition. Quand je le fais, des gens s’en servent sans indiquer la source. J’en ai même retrouvées dans un livre, sans mention non plus de l’origine. Wikipédia met ou a mis dans le domaine public, et de manière internationale (d'abord le Wikipédia en anglais), une grande quantité de mes images en bonne définition, et cela souvent sans indiquer non plus l'origine, comme celle-ci. Finalement, dans la page de Wikipedia décrivant l'image, c'est moi-même qui ai ajouté un lien vers la page de mon site où avait été éditée la photographie, et espère qu'il ne sera pas enlevé. Mes photographies, je les retrouve en faisant des recherches sur des thèmes... Il est aisé de reconnaître une gravure ancienne, car chacune a ses défauts dus à l'impression, au coloriage, au papier et au temps. J'ai contacté Wikipédia sur cette dernière image, qui m'a répondu qu'ils suivaient la loi américaine stipulant que s'agissant d'une photographie d'une oeuvre non modifiée, ni le fait que le document d'origine m'appartient et que je l'ai acheté, ni le fait que la photographie a été réalisée par mes soins méritent selon eux l'indication de l'origine du site d'où elle a été extraite. Voici la réponse en anglais qui m'a été faite : « Dear Richard Le Menn, Thank you for contacting us in regards to this matter. However, it is our position that this does not actually qualify as a copyright violation. Photographs or reproductions of public domain works that are not transformative in nature are not subject to copyright protection. I refer you to the decision in the case Bridgeman Art Library Ltd. v. Corel Corp., 25 F.Supp.2d 421 (SDNY 1999), which can be consulted online at . Specifically, the court opines that under US copyright statutes, "[...] there 'appear to be at least two situations in which a photograph should be denied copyright for lack of originality,' one of which is directly relevant here: 'where a photograph of a photograph or other printed matter is made that amounts to nothing more than slavish copying.' The authors thus conclude that a slavish photographic copy of a painting would lack originality, although they suggest the possibility that protection in such a case might be claimed as a 'reproduction of a work of art.' But they immediately go on to point out that this suggestion is at odds with the Second Circuit's en banc decision in L. Batlin & Son, Inc. v. Snyder." (int. cit. omitted). While there is a further discussion that composition, angles or lighting might contribute sufficient originality to provide for copyright protection, there is no question here that the image is, and is intended to be, a faithful reproduction of the original. I would recommend that you seek legal counsel from an attorney specialized in intellectual property law if you have further questions on the matter. Yours sincerely, Jonatan Glad ». Si l’on suit cette argumentation, chacun peut donc publier à sa discrétion les photographies qu’il a faites d’oeuvres anciennes se trouvant par exemple dans les musées du monde ou chez des collectionneurs, et toutes les photographies qu’il trouve d’objets et oeuvres d’art anciens, si les photographies se contentent de les reproduire. Cela me semble douteux de pouvoir le faire sans les autorisations. Et puis cela soulève de nombreuses questions. En quoi la loi américaine serait-elle applicable pour des photographies prises sur des sites d’un autre pays ? L’appartenance de l’oeuvre ancienne photographiée n’a-t-elle aucune valeur ? Pour ma part, j’ai acheté chacune d’entre elles et dépense de l’argent pour leur conservation… Avec l’image, souvent on se sert de la description qu’elle contient, qui est aussi le fruit d’un travail. Ce travail n’a-t-il aucune valeur ? Au-delà de la loi, le fait de ne pas indiquer d’où vient la photographie, où elle a été trouvée, n’est-ce pas tout simplement inconvenant ? Loin d’enrichir internet, cela l’appauvrit, car si le travail et l’appartenance ne sont pas pris en compte, pourquoi ceux qui possèdent les originaux feraient-ils l’effort de continuer de transmettre ?

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La mesure du sur-mesure

J’ai récemment relu Shambhala La voie sacrée du guerrier (Éditions du Seuil, 1990, traduit de l’américain par Richard Gravel, titre original : Shambhala – The Sacred Path of the Warrior, Shambhala Publications Inc., 1984) de Chögyam Trungpa (1939 – 1987). Je ne sais pas ce que vaut ce lama (rimpoché) tibétain, car il est difficile de reconnaître l'honnêteté, mais il y donne des préceptes d’élégances très pertinents. L’art du guerrier, dont il est question ici, est étranger à toute violence. Il est celui de la maîtrise et de la connaissance de soi, du courage d’avancer en pleine lumière. Cette énergie est en elle-même élégance.

Dans un passage de cet ouvrage, il est évoqué l’importance de porter des habits bien ajustés. Voici cette partie :

« Parfois, quand nous portons des vêtements à notre taille, nous nous sentons un peu à l’étroit. Quand nous nous mettons en grande toilette, il se peut que nous soyons incommodés par le fait de porter un complet et une cravate, ou bien d’enfiler une jupe ou une robe trop justes. L’idée […] est de ne pas tomber dans le piège de la désinvolture. Le serrement que nous éprouvons de temps en temps au niveau du cou, de l’entrejambe ou de la ceinture sont, en règle générale, bon signe : il nous indique que les vêtements nous vont bien, mais que notre névrose n’est pas bien à l’aise dans ceux-ci. L’approche moderne est souvent libre et désinvolte, ce qui explique l’attrait des vêtements en fibres synthétiques. La tenue de ville nous donne une sensation de raideur et nous sommes tentés d’enlever cravate, veston ou chaussures afin de pouvoir nous laisser aller, mettre les pieds sur la table et agir librement, avec l’espoir qu’en même temps notre esprit se mettra lui aussi à agir librement. Au contraire : voilà qu’il se met à baver, il suinte et laisse s’échapper toutes sortes de détritus. Cette forme de détente ne nous offre aucune liberté réelle. […] Notre façon de nous habiller peut réellement invoquer un sentiment d’élévation et de grâce. » Pour ceux qui veulent en savoir davantage sur Chögyam Trungpa, voir l’addendum en fin d’article.

Sans parfaite mesure, il ne peut y avoir de détente véritable, de même que sans détente véritable il ne peut y avoir de parfaite mesure, car l’un ne peut s’apprécier sans l’autre. L’expression latine neglegentia diligens exprime cela : Diligens c’est l’attention, le soin, et neglegentia le laisser-aller. Avant de poursuivre, je dois dire que si, dans la suite de cet article, je continue d’employer d’autres citations latines et grecques, c’est parce que les vérités qui y sont dites sont sans âge, au-delà des époques car éprouvées par le temps.

On est dans l’harmonie des contraires, le yin et le yang. Dans l’Ancien Régime, on allie souvent une tenue cousue et très ajustée, presque comme une armure, à des éléments ‘lâches’, comme un manteau drapé, un châle, une écharpe, des rubans, une perruque aux longs cheveux bouclés, etc. C’est le cas particulièrement au XVIIe siècle. L’art des contraires est aussi important que celui des concordances, des congruences comme on dit dans l’Ancien Régime, ou de la gamme, comme disent les sapeurs.

Harmoniser consiste d’abord dans le choix, puis dans la mesure, de manières pratique et esthétique, et enfin dans l’ordonnance. Pour un habit, on commence par choisir les éléments le composant, notamment le ou les tissus. Ensuite on prend les mesures afin que le vêtement soit ajusté pour ne pas entraver outre-mesure et être agréable à regarder. On combine enfin chaque élément de l’apparence pour que l’ensemble soit accordé. Le « coordonné » est un terme emprunté à la mode. Il désigne cet assemblage cohérent. C’est un art qui nécessite une inclination esthétique et certaines connaissances. Il fait peut-être plus que le costume lui-même. Une personne portant des vêtements de peu de valeur peut se donner un véritable style et être appelé « petit-maître » ou « élégant » par sa simple intelligence du coordonné.

Si les supports en jeu sont multiples, chaque mode suit aussi son ordre nouveau basé sur ses rythmes. Ces derniers forment une trame reconnaissable. Il y a un art, une musique, une littérature, une philosophie, une attitude… propres à chaque mouvement. Cette ordonnance lie les différentes manifestations qui la composent. Elle se retrouve de même dans la personne qui suit cette mode et pense, parle, agit, bouge, danse, s’habille… selon. Cette unité de ton est une des bases de l’élégance, cette dernière et la mode étant encore une fois en étroits rapports quand elles ne sont pas confondues. L’élégant est comme un peintre, un cinéaste, un décorateur… un artiste qui place chaque chose avec goût, dans son âme, sur lui et chez lui. L’ordonnance est la marque du soin, de l’aptitude à manifester la mesure et l’harmonie. C’est un art que de connaître comment composer un bouquet de fleurs, de savoir où le placer, de créer des harmonies, un dialogue entre les objets, d’exprimer la beauté à travers toutes choses, depuis les plus petits détails jusqu’aux plus grands projets. L’agencement est créateur de beauté et de joie. Prenons une saveur, pour la percevoir pleinement on prépare ce qui précède et ce qui la suit, avec le temps nécessaire entre chacun des éléments. On cherche de cette manière à la prolonger, et plus que cela : à placer chaque chose à sa meilleure place afin de former un chapelet de délices. L’ordonnance amène de la clarté, une ossature sur laquelle l’élégant ou le gandin peut broder en toute spontanéité. Il a ainsi une trame grâce à laquelle son art peut s’exprimer d’autant plus librement et avec d’autant plus d’audace qu’il est harmonieux grâce à celle-ci. La préparation est importante pour tout. Un discours dispensé avec méthode est bien plus agréable que sans. On n’est pas obligé de suivre cette ordonnance, si en fonction du moment il semble que cela ne soit pas nécessaire ou préjudiciable à l’expression. Mais la spontanéité n’est souvent possible que si derrière il y a de la préparation, ou du moins un support. Là aussi on retrouve l’idée de neglentia diligens ! La mode a cette fonction de proposer une base nouvelle à partir de laquelle on compose avec d’autant plus de liberté qu’elle est naissante… toute neuve.

Chaque mode a donc sa trame. L’équilibre est primordial. Sans lui, on ne peut se tenir debout. S’il est physiquement indispensable, il l’est tout autant mentalement, ainsi que dans tous les aspects de la vie de tous les jours. Une personne peut se vanter d’avoir certaines grandes vertus d’élégance, s’il lui manque la stabilité, une certaine solidité, il ressemblera à un sot. Cela n’est pas le fruit de la seule volonté. Le mouvement peut amener au déséquilibre. L’équilibre n’existe pas non plus sans le mouvement. Il y a une balance à prendre. Il s’agit d’une sorte de danse comprenant une connaissance ou intuition des rythmes. L’élégance ne se force pas, car cela conduit à toutes les bassesses. Une personne pauvre cherchant à paraître riche, une autre vieille se faisant accroire jeune, une autre parlant intelligemment au milieu de sots… tout cela conduit ou au ridicule ou à l’abomination. Mieux vaut donner l’impression d’inélégance que de se forcer à l’être. Cela doit venir naturellement, être en situation. Chaque chose doit être à sa place. Si une personne fait mieux quelque chose que soi, on s’efface pour mieux jouir de ses qualités. Il est toujours préférable d’éclairer la beauté que la laideur, et d’accepter qu’une chose soit meilleure qu’une autre pour que la plénitude s’installe. L’équilibre ne s’obtient pas par la force, il est la force. Il est aussi à la source de l’égalité entre les êtres, de la justice. Si nous sommes tous égaux, nous sommes aussi tous différents. L’équilibre permet de lier ces deux états. La tenue et le maintien sont des corollaires de celui-ci.

Cette mesure n’est pas un repli sur soi. Au contraire, elle est distinction, dans la mesure où elle distingue tout. Elle est donc toujours dans l’à-propos : μέτρα φυλάσσεσθαι, καιρός δ'ἐπὶ πᾶσιν ἄριστος. « Observe la mesure : l’à-propos est en tout la qualité suprême. » Elle est vigilante (Hoc age. « Sois à ce que tu fais. »), en étant constamment ouverte, notamment à la fantaisie et à la démesure aussi. D’une certaine manière, rien ne lui est étranger. Lorsqu’elle joue avec la démesure, elle ne le fait jamais avec sérieux, toujours avec délectation, et ne se laisse jamais emporter par elle. Ne quid nimis. Μηδὲν ἄγαν en grec. « Rien de trop ». Et puis Abusus non tollit usum. « L’abus n’exclut pas l’usage ». L’élégance est à la fois en elle-même et hors d’elle-même, actrice et spectatrice. Cette complétude fait sa jouissance, sa volupté contentée.

Surtout, la bonne mesure est de se connaître soi-même, d’avoir conscience de nos limites et possibilités, de ce qui constitue notre personne et notre environnement. Gnỗthi seautón, Γνῶθι σεαυτόν, Nosce te ipsum en latin. « Connais-toi toi-même. »

Avec l’époque moderne, la mesure change. On passe du calcul harmonieux de l’anatomie, avec le canon antique où l’habit a surtout pour fonction de protéger et mettre en valeur le corps, à celle du vêtement qui façonne ce dernier et lui donne une nouvelle silhouette, tout en étant plus utilitaire. Si, dans les deux cas la mesure est présente, les rapports au corps et au costume sont quelque peu différents. Pourrions-nous imaginer aujourd’hui des Jeux olympiques où les athlètes seraient nus ? Avec la modernité, la mesure est technologique. La confection même des vêtements devient très ‘technique’ et de moins en moins un art du drapé ou du pli.

Avec cet important changement qui marque la modernité, on observe beaucoup d’autres bouleversements dans l’histoire de la mode… Presque à chaque génération, les usages se modifient, souvent emportés par une donnée neuve. Il suffit qu’un élément nouveau apparaisse, ou qu’une transformation se produise, pour que cela conduise à un changement d’équilibre. Par exemple, la notion de commodité dans le vêtement s’accroît en même temps que les voyages à longue distance se développent, que les moyens de transport se modernisent et que les distinctions sociales se démocratisent. Ces modifications en entraînent d’autres afin de conserver l’équilibre. L’être humain a besoin d’harmonie. C’est là où la mode intervient.

Si le mot « mode » vient du latin modus qui a aussi la définition de « mesure », le terme romain a une origine grecque, μέδω (médo), qui signifie contenir dans la juste mesure, régler, protéger, prendre soin de, s’occuper de, se préoccuper de… Il est toujours question de mesure, mais aussi de protection et de réflexion. La mode est réflexion, soin et mesure. Cette dernière apporte l’ordonnance, la beauté dans les proportions et les rythmes. Elle est une source de distinction : de connaissance. L’élégant la recherche tout particulièrement afin d’approcher la perfection, l’excellence. Elle donne du maintien.

La mesure est fondée sur les rythmes. Elle a un rapport étroit avec la musique, et est à la base de toutes les bonnes choses : la musique, la cuisine, l’amour, la spiritualité, l’étude, le jeu, la conversation, etc. Elle rend bon. Elle accorde des éléments antagonistes, qui semblent ne pas être faits pour se mélanger. Pour être appréciée, celle-ci doit prendre tout en compte ; en premier lieu celui qui la goûte. L’un préfère la musique classique, un autre une moins sophistiquée, etc. Tout est question de mesure. De celle-ci naît l’harmonie, et de son manque la maladie. Elle est une protection. En médecine on pourrait dire que tout est médicament, tout est maladie, seule compte la mesure. Paracelse (1493 – 1541) écrit : « Tout est poison et rien n'est sans poison ; seule la dose fait que quelque chose n’est pas un poison » (citation originale en allemand : Alle Dinge sind Gift, und nichts ist ohne Gift; allein die Dosis machts, daß ein Ding kein Gift sei.).

De la mesure naissent l’harmonie et le plaisir, la joie et le contentement… toutes les qualités. Elle fait apprécier les rythmes de la vie. Elle consiste en une association heureuse d’éléments divers. Avoir ‘l’œil’, ‘l’oreille’, ‘du goût’, ‘le sens’ (commun…), etc., c’est posséder cette science, de manière innée ou par la pratique. Elle peut être aussi bien intuitive que recherchée. Reprenons comme exemple la musique, on l’apprécie tout autant de manière spontanée, sans connaître les fondements de ce plaisir, qu’à partir de connaissances plus ou moins approfondies dans cette matière. La mesure se goûte et s’apprend. Dans le domaine des vêtements, c’est une évidence, comme pour tout ce qui concerne les arts décoratifs : harmonies de tons, de couleurs, de formes, de matières… peuvent être ajustées spontanément, mais les connaissances des spécialistes ou des amateurs aident. L’harmonie c’est l’union et l’accord, deux notions ayant un rapport étroit avec la paix et le bien-être. La concorde est une expression de la beauté. Si l’harmonie est aux fondements de l’élégance et de l’élégant, la paix l’est donc aussi. Elle peut être un simple rapport de convenance offrant satisfaction et agrément. On dit d’une personne, d’une voix, d’un instrument, qu’ils sont harmonieux. Il est question de l’harmonie dans mes écrits consacrés à la grâce et aux Grâces qui la symbolisent depuis des siècles. C’est une musique, une danse agréable. La mode, comme l’élégance sont une interprétation musicale.

La mesure permet d’être dans la note juste, dans le bon ton, d’être alerte, réfléchi, équilibré, accort… D’une certaine manière, l’élégance et la mode sont une prière et une méditation. Ce dernier mot aurait la même origine que celui de « mode » : le radical indo-européen commun med-. On peut atteindre la grâce par elle et en elle… sans jamais qu’il y ait un rejet, une coupure entre soi et le monde, un reniement de qui ou de quoi que ce soit. La fusion est totale.

Comme l’écrit Jean de La Bruyère (1645 – 1696) dans Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle (1688) : « tout se règle par la mode ». J’ajouterais : « même la démesure ! » Oui la mode est aussi démesure. C’est en particulier vrai pour le costume à partir du dernier quart du Moyen Âge, jusqu’à la fin du Second Empire pour les femmes, et jusqu’au Premier Empire pour les hommes (voir mon article sur Le grand renoncement). Pour le Moyen Âge, poulaines (chaussures aux bouts exagérément pointus), chaperons (capuches) à la ‘queue’ de plus de deux mètres, manches tombantes en forme d’ailes d’oiseaux, habits mi-parti (avec des côtés de différents motifs, couleurs, tissus, tailles, grandeurs…), cols hauts, chapeaux de toutes les formes et grandeurs, jaques (pourpoints) rembourrés… sont quelques-uns des habits portés par les hommes aux XIVe et XVe siècles, avec pour les femmes des robes à longue traîne, de très hautes ou larges coiffures en forme de cornes, de cônes, etc. Le XVIe siècle en rajoute dans les rembourrages, et prend en largeur, en particulier dans les robes féminines qui, jusqu’à la fin du XIXe siècle se retrouvent régulièrement affublées d’éléments leur donnant toutes sortes d’ampleurs. Ajoutons les hautes perruques des hommes de la fin du XVIIe siècle ou les incroyables chapeaux du Premier Empire, pour donner quelques-unes des démesures vestimentaires. La mode est aussi démesurée dans d’autres matières, comme la langue avec les précieuses, la danse avec le cancan, etc.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la démesure n’est pas l’apanage des classes les plus riches, elle l’est aussi des plus pauvres. Pour ces dernières, elle leur permet de s’affirmer. C’est le cas notamment à travers certains costumes traditionnels, dont il est question par exemple ici. Dans l’histoire du costume, on rencontre une multitude d’exemples, de jeunes ou minorités souhaitant se signaler en usant de ce procédé. C’est le cas, dans les années 1930 – 1940 aux États-Unis, des zoot suiters d’origine hispanique, reprenant l’habit nord-américain en l’exagérant : créant ainsi un véritable genre ayant une élégance indéniable. En France, les zazous font de même pendant la seconde guerre mondiale, en pleine période de restrictions. Toujours aux États-Unis, aux débuts du rap, en particulier dans le quartier de Harlem semble-t-il, des jeunes portent des habits ayant des tailles largement au-dessus de leurs mensurations. Cette mode s’internationalise et perdure encore aujourd’hui. Dans les années soixante-dix, des ‘afro-américains’, particulièrement ceux écoutant de la soul, au contraire, ont des tenues étriquées, très colorées, avec des pantalons à pattes-d’éléphant, qui les font ressembler à des silhouettes du maniérisme italien du XVIe siècle… toutes proportions gardées… il va de soi. Dans les années 1970 – 1980, les Anglais sont les maîtres des extravagances, avec des mouvements comme le punk ou le gothique, dont on ne peut pas dire qu’ils soient d’origine ‘bourgeoise’. Même les modes vestimentaires françaises de l’Ancien Régime les plus exubérantes ne naissent pas toutes dans les classes aristocratiques… au contraire … le surenchérissement permettant de se manifester au-dessus de sa condition. C’est tellement vrai, que de nombreuses règles sont édictées, afin d’interdire ou réduire les velléités de grandeurs de certaines et de certains : longueurs des poulaines, des traînes… largeur des robes à panier… hauteurs de certains chapeaux et coiffes, etc.

La démesure nécessite cependant toujours un rééquilibrage afin de donner à ces nouvelles tournures une harmonie d’ensemble. Quand un élément de l’habit s’agrandit, d’autres le font en même temps, ou au contraire se rétrécissent, etc. Des règles s’établissent ainsi, parfois inconscientes, parfois définies… « Tout se règle par la mode ! »

Addendum : Ci-après, un film en anglais sur Chögyam Trungpa, dans lequel on y voit notamment Allen Ginsberg (1926 – 1997), un des créateurs de la Beat Generation et inspirateur du mouvement hippie, lui demander ce qu’il pense du rock’n’roll. De toute évidence, il n’en pensait pas grand-chose ; pourtant il était aussi vraiment dans ce mouvement, notamment en plein dans la vogue hippie. Son originalité a été par exemple de faire habiller ces hippies en costume sur-mesure ! Il y a de nombreuses années de cela, j’ai lu le livre biographique de Chögyam Trungpa. Un moment de cette histoire m’a particulièrement intéressé, lorsqu’il raconte comment il a complètement changé sa manière de vivre après un accident en voiture dans un magasin de farces et attrapes. Il s’agit d’une vraie anecdote ! À partir de ce moment, très violent (il est resté en partie paralysé pendant un certain temps), il a complètement laissé de côté les doctrines figées pour être dans l’authenticité pure, sans faux-semblants.

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Tisser ses habits

Merveilleuses et merveilleux

Ci-dessus : « Les heures paisibles de la veillée » dans un « intérieur breton ». Carte postale ancienne, avec une jeune femme actionnant un rouet afin de filer et deux autres cousant ou faisant de la broderie. La veillée est le moment, après la tombée de la nuit, généralement en hiver, où on se réunit autour d’un foyer afin de prendre du bon temps. Souvent, on se retrouve entre voisins afin de discuter, jouer de la musique, danser, raconter des contes aux enfants, faire de menus travaux, etc.

Jusqu’au XIXe siècle, dans les campagnes particulièrement, on tisse et confectionne la plupart des habits dans le foyer familial. Parfois, on produit soi-même la laine, le lin, le chanvre ou d'autres matières premières à partir desquelles on fait du fil à tisser. On utilise même l'ortie. La soie, quant à elle, est uniquement cultivée à grande échelle et beaucoup plus récemment (à partir du XIIIe siècle et surtout du XVIe). Le coton est tissé en France depuis encore moins longtemps et uniquement importé.

C’est surtout pendant les veillées et aux saisons froides que, dans les foyers, on passe du temps à carder, filer, tricoter, tisser, coudre, broder, faire de la dentelle (et autres passements), confectionner des habits, etc.

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, les photographies représentant des femmes en costume traditionnel les montrent souvent accompagnées d’un fuseau et d’un rouet. Ce sont des activités domestiques parmi les plus importantes, et cela depuis la plus haute Antiquité.

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Ci-dessus : « Alsacienne au rouet ». Carte postale ancienne (1936).

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Ci-dessus : Photographie d’une Berrichonne filant. Devant elle se trouve un rouet, et derrière la filasse, qui donne le fil, enroulée autour d’une quenouille. Le rouet se retrouve dans la plupart des foyers, jusqu’au XIXe siècle, en particulier à la campagne. Il permet de confectionner le fil. Il est un emblème d’autonomie. Cette carte postale date de 1918. Elle est oblitérée de l’année 1924 et de la série Les Chansons de Jean Rameau illustrées : « Le Rouet / Pour avoir de boune chemise / Si vous v’lez in conseil d amis / Arrivez brav’ gens que j’vous dise / Allez qu’ri vout’ toil’ dans l’ Berry / Pasqu’e y a encor’ que l’ rouet / Pour fair’ d’ la toil’ de ménage / On voit d’ partout dans nos villages / Filer les gent’s filles de l’endret. ».

La possibilité d’être autonome est primordiale. Si comme le dit l’adage : « on n’arrête pas le progrès », il est nécessaire de pouvoir toujours revenir à la simplicité. Il ne peut y avoir de sophistication sans ce savoir simple et premier. Je pense même que de nos jours, toutes les écoles de mode vestimentaire devraient installer leurs locaux de cours pour les premières années dans une ferme, au milieu de prés ou paissent des moutons, et de champs où poussent le lin et le chanvre, dans lesquelles on apprend à filer, tisser, tricoter, broder, faire de la dentelle, teindre avec des matières naturelles, enfin tous les rudiments qui donnent à chacun le savoir-faire-soi-même, avant même d’apprendre l’histoire de la mode, l’industrialisation et la commercialisation de celle-ci.

Aujourd’hui, nous sommes presque exclusivement habillés par le prêt-à-porter, et presque plus personne ne tisse ses propres habits. Dans l’histoire mondiale assez récente, on a pourtant un exemple d’être humain incitant les autres à le faire afin qu’ils soient autonomes : en Inde le Mahatma Gandhi (1869 – 1948). Il promeut l’utilisation de vêtements tissés à la maison (khadi). Il donne l’exemple en portant ses productions, et beaucoup de gens le suivent dans son pays. Le rouet est même alors incorporé au drapeau du parti du Congrès indien. Aujourd’hui, le drapeau indien ne conserve que la roue de celui-ci.

Ci-dessous : À gauche drapeau du Congrès de l’Inde de 1931 à 1947, et à droite drapeau indien actuel.

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