C’était mieux avant !

Cette assiette, d’une série sur la crinoline de Bordeaux (Johnston et Vieillard), datée entre 1845 et 1865, est particulièrement intéressante pour son sujet. Une vieille femme s’adresse à une jeune en crinoline en lui disant : « De mon temps tout était mieux qu’à présent. »

On pourrait se dire qu’il s’agit de l’éternelle rengaine confrontant l’ancienne génération à la nouvelle, les classiques et les modernes… Cependant cette image se place à une époque charnière pour la mode, au temps du commencement de ce que l’on appelle aujourd’hui « la haute couture » et « les grands couturiers ». Elle correspond aussi aux débuts de la mécanisation avec la machine à coudre, du prêt-à-porter et à l’expansion des grands magasins.

Une idée répandue, même chez les professionnels de la mode, est que c’est à ce moment que celle-ci se déploie véritablement. Si le prêt à porter et la mécanisation s’installent, la mode existe bien avant, et est beaucoup plus intéressante et même démocratique alors, car dans les mains de tous, au lieu de le devenir seulement dans celles de quelques grandes multinationales comme aujourd’hui. Lorsque cette vieille dame affirme, durant la Seconde République, que c’était mieux avant, ce n’est pas si caricatural que cela.

Je ne suis pas contre la modernité… au contraire… mais pas n’importe-laquelle. Il y a quelques mois de cela, en marchant dans Paris, j’ai vu l'affiche ci-dessous de la Une du Point (3 novembre 2016, n° 2304), avec ce titre : « Non ce n’était pas mieux avant ». Cela serait « L'enquête la plus subversive du moment ». Comme quoi !

Pourtant cela ressemble selon moi à du révisionnisme. On crée une fausse polémique avec ceux qui cherchent de belles choses et de bons exemples dans le passé, pour faire accepter ce qu'il y a de pire dans le présent et verrouiller le futur.

Voici quelques exemples qui montrent qu’il y avait beaucoup de choses mieux avant :

- Il n’y avait pas le nucléaire, épée de Damoclès sur la tête du monde;

- Il n’y avait pas les ‘continents’ de plastique (voir ici et ici) ;

- Les nanotechnologies n’existaient pas ;

- Parfois je me dis c’est que si une personne sautait du XVIIIe siècle dans le Paris d’aujourd’hui, la première chose qu’elle remarquerait c’est l’odeur de pollution ;

- De nos jours il y a une perte du goût au niveau de tous les sens ;

- On ne vivait pas sous une domination planétaire ;

- Il y avait moins de béton, de goudron, d'immeubles HLM ; les paysages n'étaient pas défigurés comme la plupart aujourd'hui en Île-de-France ; les méga-métropoles n'existaient pas ; les espèces animales et végétales étaient plus nombreuses et diversifiées ; la terre était plus respectée ;

- On ne consommait pas toutes les ressources planétaires et même plus ;

- Il n’y avait pas des tonnes de déchets dans l’espace ;

- La diversité existait alors… on ne vivait pas sous une même domination culturelle mondiale ;

- Etc. Etc.

Cela fait des dizaines d’années qu’en France on nous assène cette propagande : le nucléaire c’est bon, le diesel c’est bon, l’Union européenne c’est bon, les USA c’est la liberté, la religion ce ne sont que de gentils gens, les OGM c'est bon, et patati et patata... Et ce sont ces gens, le plus souvent payés par des multinationales ultra-riches, qui se disent « subversifs » !

« L’humanité est plus riche »… Tout dépend ce qu’on entend par « riche » !! En tout cas les écarts entre les plus riches et les plus pauvres se sont creusés.

« Plus libre et tolérante »… Dites-le à tous les intégristes qui s’affichent en France, aux politiques qui encensent des dictatures (République populaire de Chine, Arabie Saoudite…)... Même la France ou les États-Unis sont très loin d’être de véritables démocraties. Quant à l’Union européenne, elle s’est faite en dehors de toute démocratie. Est-il question de la liberté d'être manipulés par les médias, surveillés par des moyens de plus en plus sophistiqués pas seulement pour des raisons sécuritaires mais aussi commerciales (réseaux sociaux...), etc. ? Il est même question que le Gouvernement puisse puiser nos impôts directement dans notre compte-en-banque sans que l'on puisse s'y opposer !

« Mieux nourrie »… Par des multinationales qui font manger des ‘aliments’ remplis d’horreurs.

« Mieux éduquée »… Par la sous-culture.

« Moins violente »… Car les guerres aujourd’hui sont faussement dites 'chirurgicales'… depuis la première guerre en Irak… Et les dizaines de millions de morts de ces trente dernières années qu’on nous cache dans ces guerres ?

Etc. Etc.

Paris est devenue une véritable poubelle, comme la terre dans son ensemble. Et contrairement à autrefois où certaines zones étaient épargnées par les épidémies ou autres catastrophes, aujourd’hui c’est le globe en entier qui est pris en otage par ces êtres humains qui défendent l’indéfendable.

Voir les commentaires

Démocratie culturelle

La démocratie est le pouvoir donné aux citoyens. Cela ne peut fonctionner que si la majorité n’est pas corrompue, et que ceux-ci souhaitent le bien commun avant le leur. Si ce n’est pas le cas, ce gouvernement mène à la tyrannie, c’est-à-dire à une prise de pouvoir personnelle ou de quelques-uns, qui se justifie d’autant mieux que le peuple est relâché et dissolu. Déjà Platon l’écrit dans son ouvrage intitulé ultérieurement La République. Ces pouvoirs totalitaires peuvent tout d’abord s’affirmer en tant que supérieurs, d’une supériorité morale, intellectuelle, spirituelle ou autre, comme le font les religions, certaines organisations, etc. Cet état de fait n’est pas nouveau. Quand la base est corrompue, ces puissances ont d’autant plus de facilité à émerger et se maintenir… Elles s'appuient même sur cela, comme aujourd’hui. Quel est le gouvernement idéal ? C’est le gouvernement sur soi-même : Être maître de soi, libre et responsable. Cette appréhension de la liberté et de la responsabilité individuelles passe par l’éducation et la culture.

Les institutions culturelles ont donc un rôle majeur à jouer. Pour cela, elles doivent être libres, c’est-à-dire en dehors de contraintes idéologiques, d’argent ou autres. L’excellence doit être leur objectif et la démocratie leur socle. Aujourd’hui, cela est loin d’être le cas.

Prenons l’exemple des musées. Ceux-ci sont en partie dirigés par des conservateurs, qui ne sont pas supposés être des imbéciles, mais au contraire des gens pointus dans leur domaine, passionnés et, comme leur nom l’indique, préoccupés par la conservation du patrimoine culturel. On pourrait croire que ces instances fonctionnent donc merveilleusement. Seulement voilà, la démocratie y étant inexistante, ce n’est pas le cas.

Le Musée du Louvre est en cela aujourd’hui exemplaire. Toutes les grandes décisions le concernant sont prises par seulement quelques dirigeants et surtout par des pouvoirs qui lui sont extérieurs, comme les gouvernements. C’est ainsi qu’on été prises des résolutions aberrantes comme la création du Louvre Abu Dhabi, l’externalisation des réserves du Louvre à Pétaouchnok (en l’occurrence à Liévin), la création d’un grand centre commercial en son sein, le saccage de ses bâtiments, etc.

Quand je dis que les bâtiments du Louvre ont été saccagés, c’est à peu près le cas pour la plupart des musées et bibliothèques installés dans des édifices anciens ‘modernisés’ (on dit généralement ‘rénovés’ pour faire passer la pilule), ce qui consiste souvent en un massacre… Il arrive même, et les exemples sont nombreux, qu’on ne laisse subsister que les façades. Il peut sembler étrange que des conservateurs et autres personnes en charge de notre patrimoine laissent ainsi détruire ce patrimoine. La démocratie culturelle étant inexistante, ils ne semblent pas avoir leur mot à dire. Le problème est peut-être aussi dans la formation de ces personnels. Sont-ils choisis pour leur excellence, leur liberté et leur responsabilité ? Je le répète, ce qui fait la démocratie, ce sont les gens avant les structures.

Certains diront que la démocratie est une utopie, que la majorité des êtres humains n'a pas cette volonté virile d'être libre et responsable. Dans ce cas, il n'y aurait pas d'autre choix que d'instituer une aristocratie dirigeante, comme le suggère Platon. Celle-ci se caractériserait alors par ses résultats, apportant la paix, la liberté, la solidarité, la sécurité, l'égalité, etc. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Voir les commentaires

Concours Mondial des Fleuristes

Alors que Paris vient de recevoir l’attribution des Jeux olympiques 2024, qui espérons-le ne creuseront pas le déficit de cette ville (les Jeux olympiques c'est tout de même mieux que de regarder courir les millionnaires en culotte courte du Mondial de football et ses orgies d'argent), il est une compétition beaucoup plus modeste dans l’âme et ravissante dans son expression, celle du Concours Mondial des Fleuristes ! Elle a eu lieu les 24 et 25 septembre derniers.

Elle comprenait sept épreuves mettant en scène la dextérité et le goût des fleuristes en compétition.

Grand amoureux des fleurs sauvages, j’aurais aimé qu’elles fussent davantage mises en valeur. Plus que jamais, il est important de mettre en avant les espèces poussant près de nous, de ce jardin naturel qu’est la nature.

J’espère aussi que l’année prochaine cette rencontre se déroulera dans un lieu plus naturel que le Centre international des congrès de Tours, cette ville des bords de Loire,  surnommée « Jardin de France » depuis le XVème siècle,  étant dans une région particulièrement jolie et possédant sans doute de merveilleux jardins.

Photographie © Benjamin Dubuis, Concours mondial des fleuristes.

Voir les commentaires

Le deux-centième anniversaire des Beaux Arts de Paris, ou Comment préparer son déménagement.

Cette année, les Beaux-Arts de Paris ont deux-cents ans. Le lieu est lui-même beaucoup plus ancien. Pour l’occasion, il aurait été déclaré « Musée de France ». Son directeur actuel veut l’ouvrir au public, et en faire en partie un musée.

Cet endroit est dans un état déplorable et mérite d’être restauré. Son directeur souhaite la « valorisation de ses bâtiments », de les « restaurer » et « moderniser ». Mon expérience m’a montré ce qu’à Paris on appelle valoriser, restaurer et moderniser des monuments anciens. Généralement cela signifie destructions, bétonnage, des aménagements dans l’esprit du temps (faire circuler…)... en deux mots ce que j’appelle de l’« architecture RER ».

Comme le dit ce communiqué : Les Beaux-Arts de Paris ont été « au centre de la vie intellectuelle et artistique parisienne » : « ici, depuis 200 ans, bat le cœur de la Cité, de ses mouvements et débats artistiques, culturels, intellectuels et politiques. » Ouvrir cet endroit au public ne me semble pas du tout aller dans ce sens. Créer un « espace muséal » en son sein, n’est-ce-pas modifier sa destination ? Paris a-t-il besoin d’un nouveau musée ? Surtout là, en face du Louvre !

Les Beaux-Arts sont un lieu d'apprentissage et de création. Il ne doit pas devenir un énième Disneyland culturel. L’aménager pour l’extérieur, c'est un peu comme ouvrir la Sorbonne aux touristes. Cela dévitalisera l’endroit. Déjà que le centre de Paris l'est de plus en plus (voir ici). Mis à part la ‘modernisation’, cela implique aussi une surveillance accrue, un service d’ordre systématique qui ne correspond pas à la mentalité des Beaux-Arts... Et puis je ne vois pas du tout ce que cela va apporter à ses étudiants à qui cet établissement était entièrement dédié jusqu’à présent. N’oublions pas que son véritable nom est École nationale supérieure des beaux-arts. C’est une école ! Pas un musée !

Comment vont se passer les restaurations ? Lorsque j’ai visité l’amphithéâtre restauré des Beaux-arts, la première chose qui m’a frappé c’est son aspect neuf. Je cherchais l’âme du lieu sans la trouver. Même le parquet n’avait aucune trace de pas, comme s’il était totalement refait, ce qui est peut-être le cas.

Franchement, créer un « espace muséal » au sein des Beaux-Arts, cela ne fait réagir personne ? S’ils ont besoin d’être aménagés, cela devrait être pour ses étudiants qui y sont ‘parqués’ parfois dans des conditions déplorables.

On est très loin de l’esprit de La Childebert (voir le livre sur Les Petits-maîtres de la mode) ou de mai 1968, pour lequel l’actuel directeur aime à rappeler la contribution des Beaux-Arts. En touchant aux Beaux-Arts, c’est à tout à un quartier que l’on touche, à son âme. Veut-on vraiment que cet endroit devienne un nouveau piège à touristes ?

Comme me le faisait remarquer un ami : « On peut se demander si tout cela ne cache pas en fait un projet de déménagement de l'école », un sujet qui est, selon lui, évoqué déjà depuis de nombreuses années. Vous pouvez imaginer le barouf que cela créerait dans les 6e et 7e arrondissements de Paris, qui sont imprégnés depuis des siècles par l’art et qui vivent en particulier au rythme de celui-ci et de ses galeries d’art contemporain et de ses antiquaires. Le faire serait mettre à mort définitivement le centre de la capitale qui perd progressivement toutes ses institutions : l’Hôtel-Dieu, le Palais de Justice, la Monnaie…

Si le tourisme véhicule de l'argent, il n'apporte aucune autre richesse... Et il y en a beaucoup de différentes. Un tourisme effréné génère plus de misère qu'autre chose. Et puis où irait cet argent ? Le Louvre, qui voit chaque jour des milliers de visiteurs parcourir ses galeries, en avait-il besoin pour en demander aux Émirats ? Si on enlève l’intelligence, la vie, l’art en mouvement, il ne reste plus que la mort et la désolation. L’argent n’est pas une fin en soi, c’est un outil. Est-ce ce genre de mentalité que les Beaux-Arts de Paris doivent véhiculer, une mentalité que depuis des siècles et jusqu'à Mai 68 ses étudiants appelaient « bourgeoise » ? Je le répète, pourrait-on songer que la Sorbonne s’ouvre aux touristes ? Alors pourquoi les Beaux-Arts ?

Faire de Paris, en particulier son centre, un Disneyland culturel, va accentuer son dépérissement. Je viens de lire un article de La Gazette des communes sur le déclin des centres villes (voir ici). Malgré ce qu’en dit celui-ci, les grandes villes sont aussi très touchées, même si cela ne se voit pas car les petits et ‘moyens’ commerces ont été remplacés par des enseignes internationales… jusqu’aux cafés et restaurants. Certaines communes ont décidé d’agir en interdisant ces grandes enseignes dans le centre ville, ce qui est loin d’être le cas à Paris, où même le Louvre en est rempli. Une association d’élus réclame : « que l’État montre l’exemple en arrêtant la délocalisation des administrations dans des zones périphériques. » Envisager le centre de Paris, et même toute la ville intra-muros, comme un piège à touristes, en affaiblissant, délocalisant ou supprimant ses institutions et administrations, notamment culturelles, ne fait qu’annoncer le déclin de la capitale française, et non pas sa renaissance.

Déjà qu’aujourd’hui il faut mettre entre parenthèses le terme « Beaux », bientôt ce sera tous les « Beaux-Arts » qui le seront.

Photographies ci-dessous de plâtres de statues anciennes se trouvant dans les sous-sols des Beaux-Arts.

Diverses photographies ci-dessous des Beaux-Arts. J'ai pris récemment toutes les photographies de cet article.

Voir les commentaires

Paris sous l'eau ?

Cela fait longtemps que l'on nous dit qu'une importante inondation est à attendre dans la capitale. Cependant on bâtit toujours plus profondément dans le sol et parfois à côté de la Seine. On construit sous des bâtiments très anciens plusieurs étages en sous-sol. Presque sous tous les musées et bibliothèques parisiens, même ceux logés dans des monuments les plus prestigieux, on a creusé pour y mettre des salles et le plus souvent leurs réserves. D'autres lieux anciens privés à Paris ne reposent aujourd'hui que sur du béton, comme l'Hôtel Crillon, du XVIIIe siècle, auquel on ajoute toujours plus d'étages en sous-sol pour y mettre des garages, piscines et autres.

Deux endroits sont exemplaires en ce sens, et ont tous deux eu des problèmes d’inondations ces dernières semaines : Le Louvre et la BNF rue de Richelieu.

Dans les années 1980-1990 (ce n'est pas si vieux que cela) le Louvre a été entièrement éventré, de même qu'une partie du jardin des Tuileries, pour y installer des garages, boutiques, réserves, salles d'exposition, et autres joyeusetés (salles de projection, de conférence, d’événement, etc.), tout cela à côté de la Seine ! Dernièrement, ce musée a été touché par des inondations. J'en ai parlé dans cet article. Ce qui me fait réagir aujourd'hui, c'est la lecture de celui de La Tribune de l'Art, qui nous explique qu'on ne nous dit pas tout. Cela n'est pas étonnant, la démocratie a déserté les instances culturelles publiques et est inexistantes dans les privées.

On apprend aussi dans cet article, qu'après l’inondation causée par une climatisation à la Bibliothèque nationale de France (voir ici), rue de Richelieu, cette même année, une autre a eu lieu dernièrement, à cause de la pluie, touchant notamment une centaine de manuscrits médiévaux. C'est grave non ? L'article sur ce sujet (voir ici) n'est visible entièrement que pour les abonnés de La Tribune de l'Art... Mais il faut bien vivre... Moi je survis à peine avec mon blog sans rien gagner du tout. Mais pour en revenir à la BNF rue de Richelieu : Elle se trouve à quelques centaines de mètres de la Seine, et malgré cela on a encore creusé récemment dans ses sous-sols ou modernisé ceux-ci pour y mettre de prestigieuses réserves... à plusieurs mètres en dessous du niveau du fleuve (il doit y avoir quatre étages en sous-sol) ! La mairie de Paris ne considère cependant pas qu'elle soit en zone inondable comme on le constate sur le plan des zones inondables à Paris visible ici. Acceptons-en l'augure.

Ce qui est remarquable, et que l'article de M. Didier Rykner soulève, c'est l'omerta qui règne dans beaucoup d'institutions culturelles publiques françaises, dont son site donne régulièrement des exemples. Alors que ce que j'appelle l’architecture RER prône la transparence, et que pour cela on détruit des bâtiments anciens remarquables pour dégager l'espace, faire rentrer la lumière, permettre la circulation... la désinformation et l'obscurantisme régentent. Non seulement la démocratie disparaît dans ces instances, mais aussi l'information et même la concertation, comme pour les réserves du Louvre installées à Liévin sans que la plupart des conservateurs soient d'accord et même sans les avoir consultés.

Photographie, de la grande crue de la Seine de janvier 1910, provenant de la collection personnelle de Claude Shoshany et numérisée par ses soins. Domaine public : https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4144550

Voir les commentaires

Patrimoine culturel ? Architectures RER encore et encore… Désaffection du patrimoine public au profit du privé encore et encore...

Je viens de recevoir le message électronique ci-dessus, concernant le prochain Salon international du patrimoine culturel. La photographie dit tout. Le « 57 Métal » est un bâtiment d'architecture industrielle d’un constructeur automobile français, édifié dans les années 1980 à Boulogne-Billancourt. Voilà ce que depuis quelques dizaines d’années nous réserve l’architecture française.

Cette volonté d’introduire l’architecture récente, celle que j’appelle « l’architecture RER », dans le domaine du patrimoine, était déjà présente dans le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine, devenue loi en juin 2016 : dans son titre II intitulé « Dispositions relatives au patrimoine culturel et à la promotion de l’architecture ».

Ce Salon international du patrimoine culturel est organisé par Ateliers d’Art de France qui est un « syndicat professionnel des métiers d’art ». Je rappelle que « Le patrimoine culturel se définit comme l'ensemble des biens, matériels ou immatériels, ayant une importance artistique et/ou historique certaine. » On est censé être dans l’art et dans l’histoire. Ce n'est pas vraiment le cas avec cette manifestation qui ne traite que d'artisanat d'art, malgré son titre général de « Salon international du patrimoine culturel ».

Les mécènes sont :

- La Fondation pour les monuments historiques, qui fait partie de la Fondation de France, un organisme privé créé en 1969 sur le modèle américain ;

- Sites & Cités remarquables de France, une association loi de 1901 ;

- La Fondation du Patrimoine, un organisme privé, dont je parle dans ces articles : Fondation du patrimoine : Le patrimoine de villes entières ‘offert’ à une fondation privée et Les jeudis du mécénat, ou comment le service public culturel organise son retrait, ou cet autre article concernant un stupéfiant décret du 3 novembre 2016 (Décret n°2016-1487) « relatif à l'affectation à la Fondation du patrimoine d'une fraction du produit des successions appréhendées par l’État à titre de déshérence ». Pour information et afin de mettre à jour le premier article, après avoir présidé cette fondation pendant douze ans, Charles de Croisset a été remplacé en avril 2017 par Guillaume Poitrinal, un spéculateur immobilier et un financier qui a commencé sa carrière chez Morgan Stanley, une banque américaine. Il est notamment le fondateur du fonds Icamap, un fonds d'investissement destiné à favoriser la croissance des sociétés foncières (sociétés commerciales créant, gérant et exploitant des portefeuilles immobiliers) de petites et moyennes tailles en Europe. Jusqu’en 2013, il était le président du directoire d'Unibail Rodamco, le premier groupe coté de l'immobilier commercial en Europe.

Dans le message, rien provenant du Ministère de la Culture français, qui ne fait que se désengager progressivement de toutes ses responsabilités, au profit d’organismes privés.

Voilà ce qu’est déjà notre présent, et ce que nous réserve notre futur.

Voir les commentaires

Environnements naturels

Les articles sur la perte de notre environnement naturel sont de plus en plus nombreux et correspondent à la réalité sur le terrain. Dans ce blog, j'ai écrit plusieurs articles sur mes promenades dans les forêts d’Île-de-France. J'ai aussi plusieurs fois exprimé la tristesse, voire l'horreur, que suscite en moi l'expansion toujours grandissante du béton et du goudron. Pour les personnes qui s'intéressent à l'architecture, on la lit dans les paysages d'année en année, en particulier à partir des années 1970 jusqu'à aujourd'hui.

J'en parle après la lecture de cet article : Quelles sont les intentions du gouvernement pour agir contre les causes du déclin de la vie sauvage ? Dans ma dernière promenade, j'ai pu constater qu'à côté de la gare d'où je suis parti, qui se trouve près de la Seine, il y avait de nombreux espaces naturels et des terrains vagues où grouillaient des espèces végétales diverses ; en à peine deux ans tout cela a été détruit par la construction d'immeubles 'modernes'. Et lors de ma promenade, j'ai pu me rendre compte qu'après le bétonnage et le goudronnage, la dernière touche était donnée par des ouvriers municipaux enlevant méticuleusement les dernières petites herbes sauvages encore présentes dans les recoins.

Ce ne sont pas les lois pour la biodiversité qui empêcheront réellement cela. C'est mieux que rien, mais vraiment pas grand chose. Des 'mesures d'annonce' comme on dit. La situation est catastrophique. Lors de ma dernière promenade, alors que j'étais en plein milieu d'une forêt de plus de trois mille hectares, j'entendais des sirènes. J'en ai compté onze différentes s’étalonnant sur toute ma promenade dans cette forêt, sans compter les bruits d'avion, etc.

Dans un autre article, j'ai dernièrement lu que les espaces agricoles ont continué de rétrécir ces derniers mois. Déjà que l'agriculture industrielle a immensément appauvri la biodiversité ainsi que les sols et pollué l'eau, même les espaces de terre se réduisent. Je n'ai pas retrouvé cet article, mais en voici d'autres : L’urbanisation avale la surface agricole d’un département tous les 6 ans, Chaque seconde, 26m² de terres agricoles disparaissent en France.

Ci-dessus à gauche, photographie de fleurs de la plante appelée « pulmonaire », qui est bonne pour les poumons.

Ci-dessous, photographie d'un chevreuil que j'ai prise au mois de mai de cette année dans une forêt d’Île-de-France.

Voir les commentaires

Les papiers peints et autres panoramiques de la Maison Züber au Château de Preisch

Autrefois, on était beaucoup plus délicat avec les murs des pièces des maisons. On ne se contentait pas, comme souvent aujourd’hui, de les badigeonner d’une peinture monochrome.

Depuis la haute Antiquité, on les couvrait de peintures murales ; pratique qui s’est poursuivie pendant tout le Moyen Âge. On les parfumait même ! À partir du XVe siècle et jusqu’à la fin du XVIIIe, la mode était davantage aux grandes tapisseries murales. Au siècle des Lumières, le papier peint était aussi très en vogue, et cela encore jusqu’aux années 1970. Aujourd’hui c’est différent, et je ne vais pas approfondir la question… Car, si je vous dis tout cela, c’est pour annoncer une visite, ce dimanche 3 septembre, de papiers peints de la Maison Züber, au Château de Preisch qui conserve plusieurs pièces recouvertes de tels exemples, dont certaines seront ouvertes spécialement pour l’occasion. Plus d’informations disponibles ici.

Voir aussi cet article, dans lequel j'omets de dire que le papier peint existait en Extrême Orient, bien avant d'arriver en Europe.

Voir les commentaires

La peinture française des XVIIe et XVIIIe siècles en partie bannie du Louvre

Je voulais écrire un article dans ce blog, sur les peintures françaises du XVIIe siècle de paysages aux lumineuses teintes et celles du XVIIIe siècle de natures mortes, se trouvant au Louvre. Chaque fois que je vois un beau lever ou coucher de soleil dans la nature, je pense à un tableau de Claude Gellée dit « le Lorrain » (1600 - 1682). Et des moments simples de la vie coutumière me rappellent parfois des peintures mortes, comme celles de Jean-Baptiste Chardin (1699 - 1779), d'où se dégagent une goûteuse paix et une profonde et saine méditation. Ces deux artistes connus en cachent beaucoup d'autres de leur époque, admirables dans ces compositions.

Je me rappelais avoir été émerveillé par des exemples exposés au Louvre. J'y suis donc allé dernièrement afin de revivre ces moments de grâce. Me renseignant à l'accueil du musée sur l'emplacement de cette section, j'appris que toute celle-ci était amputée, suite à l'eau s'étant déversée sur Les Saisons de Nicolas Poussin (1594 - 1665). J'appris aussi que la plupart des tableaux français des XVIIe et XVIIIe siècles sur mon sujet avaient été enlevés, cela jusque sans doute la fin de l'année, et que seuls ceux de Poussin avaient été déplacés. Je pensais donc que le dégât des eaux avait été important, mais appris sur place qu'en fait, ces tableaux avaient été placés en réserve à cause d'une invasion d'insectes.

Cette mauvaise nouvelle m'a laissé quelque peu dubitatif. Pourquoi maintenir ainsi amputée toute une section de l'histoire de la peinture française sans songer à la remplacer par d'autres tableaux ? Comment cela se passera-t-il quand les réserves du musée seront déménagées à Liévin  ? À chaque problème de ce type, les œuvres seront-elles envoyées là-bas ?

Les murs laissés vides m'ont rappelé combien le Louvre avait été défiguré depuis les années 1980. Sur le dernier étage, où se trouve cette section, jusqu'aux étages en dessous, il ne reste presque plus rien du palais originel. On est en plein dans ce que j'appelle « de l'architecture RER », avec ses escaliers roulant, ses ascenseurs, toilettes et autres commodités, et ses murs sans âme. Je me suis aussi demandé pourquoi on a creusé frénétiquement en dessous de ce musée pour y installer des salles, garages, boutiques... alors qu'on sait que tout cela est en zone inondable. Du reste il en est de même pour la Bibliothèque nationale rue de Richelieu, dont les bâtiments anciens sont en train d'être ravagés par ces soit-disant restaurations, et dont plusieurs étages de conservation sont en sous-sol.

Alors que je cherchais l'inspiration et la paix de l'esprit dans la couleur et la dextérité de chefs-d’œuvre de la peinture française des XVIIe et XVIIIe siècles, je me suis mis à nouveau à broyer du noir et à maugréer dans cet article. L'inspiration est une chose très importante. Pour qu'elle surgisse, elle a besoin d'un environnement qui la suscite un minimum. Et dans notre environnement pollué à tous les niveaux, ce n'est pas évident d'entrevoir la Muse !

Sur l'administration du Louvre voir aussi cet article, celui-ci ou celui-ci, parmi d'autres dans ce blog.

Photographies ci-dessous :

Si, si... on est bien au palais du Louvre, dans une partie ancienne !

Couloir communiquant vers les peintures.

Non, non, ce n'est pas cela que l'on nomme « un parquet à la française ».

Franchement, en quoi cela ressemble-t-il à un palais ancien ?

Là on est à l'étage en-dessous, car pour accéder à l'endroit il faut désormais faire un détour.

J'y suis !

Je me barre !

Voir les commentaires

Mouvements culturels

Je vais me promener régulièrement en forêt d’Île-de-France. Dans la voiture du RER, souvent je me retrouve l’un des rares et même parfois le seul à ne pas avoir une origine d’Afrique noire. Dans certains endroits de banlieue, j’ai constaté ce changement presque d’une année sur l’autre.

Il m’est aussi coutumier de voir dans le compartiment une ou plusieurs femmes voilées. Dans les années 1980, à Paris, il n’y en avait aucune… ou j’en apercevais peut-être une tous les deux mois. Aujourd’hui, dès que je sors de chez moi j’en rencontre énormément.

Un autre phénomène culturel impressionnant, c’est la place qu’a pris l’anglais dans les publicités et la vie courante. Tout le temps des mots anglais sont utilisés à la place de mots français qui existent. Il n’est pas rare, dans les rues de Paris, que des gens m’accostent directement en anglais, sans une amorce en français… pas un « bonjour » ou un « excusez-moi »… comme si la France était un pays conquis… ce qui est peut-être le cas…

Il s’agit là véritablement de phénomènes culturels contemporains. Je suis particulièrement sensible à tout cela, car depuis près de quinze ans je ne sors presque plus de l'Île-de-France, dégoûté des mouvements de foules absolument absurdes et déraisonnables, la plupart faisant de toute la planète leur terrain de consommation.

Prendre le RER est pour moi un exercice de grande solitude, surtout que l’organisation y est de plus en plus calamiteuse, et que si on regarde par la fenêtre on voit de nombreuses nouvelles constructions, toutes se ressemblant, dont certaines se prétendent ‘écoresponsables’, déployant leur béton et goudron, comme une épidémie… sans compter les bidonvilles qui se répandent toujours plus. Dans les années 1980, il n’y en avait plus du tout, l’épisode de l’abbé Pierre de l’hiver 1954 ayant permis de prendre conscience de la nécessité de leur éradication.

Un autre phénomène culturel… ou plutôt social important, est la place du téléphone mobile dans la vie courante. Pour ma part cela fait de nombreuses années que je n’en utilise pas. Quand j’en avais un, il y a de cela plus de huit ans, je ne m’en servais de toutes les façons presque jamais. Dans la rue, partout des gens parlent à leur téléphone, dans toutes les langues et pianotent sur des instruments dominés par l'industrie 'américaine' (des multinationales) répandant son nivellement et sa domination…

Comment la culture française peut-elle se maintenir, alors que s’ajoutent à ces mouvements culturels une horreur intellectuelle et une offense à la raison chaque jour grandissantes ?

Au sujet de la photographie : Savez-vous qu’en Amérique du Nord, Amérindiens et Français vivaient en harmonie, avant que les Anglais veuillent prendre la place ? Ils partageaient leurs connaissances, faisaient du commerce ensemble, et beaucoup de Français devinrent Amérindiens, prenant leurs coutumes, se mariant en leur sein, etc. Ces deux peuples s’unirent même contre l’invasion des armées anglaises. Par exemple, il y eut au XVIIIe siècle une alliance franco-indienne centrée sur les Grands Lacs et l’Illinois, un lieu immense et d’une grande beauté (on donna même le nom « Acadie », Arcadie, à une autre de ces régions découvertes par les Français), qui rassembla les Sioux, Potawatomis, Abénaquis, Menominees, Ottawa, Winnebagos, Hurons-Peton, Mississaugas, Illinois… Et oui, il est possible de s’aimer : de partager !

Voir les commentaires

Pourquoi, plus que jamais, est-il important de prendre soin de la culture ?

Nous faisons avec ce qu’on nous a légué. Ceux qui nous suivront, feront avec ce qu’on leur a laissé. C’est pour cela que prendre soin de ce que la culture de ce pays nous a transmis de meilleur est important. D’autant plus, qu’à notre époque que couvre un impérialisme mondial dominé par la dématérialisation, l’anglais comme langue générale et une poignée de religions, même les cultures importantes comme la française sont très malmenées. Comme on le sait aussi, lorsque les empires s’effondrent, ils éclatent en de multiples petits morceaux. Alors que les institutions françaises garantes des libertés sont progressivement démantelées et le visage de ce pays changé de fond en comble, il est important de garder des bastions de culture, comme l’ont fait d’autres cultures auparavant, elles aussi envahies… Ne serait-ce que pour remettre aux générations futures quelque chose ayant une valeur véritable. Après... ce qu'elles en feront sera une autre histoire...

Voir les commentaires

Architectures RER suite

Voici un article de La Tribune de l'Art très intéressant, à classer dans le dossier 'Architectures RER', avec un nouvel exemple du service public détruisant petit à petit son patrimoine, cette fois à Perpignan. Il est insensé que des gens supposés conserver, défendre et transmettre le patrimoine le détruisent ainsi. Et les exemples sont multiples en ce début de XXIe siècle finalement très barbare.

Photographies ci-dessous : AVANT - APRÈS (photographies Didier Rykner).


Voir les commentaires

Dior du rêve au cauchemar

De plus en plus d’expositions temporaires de musées publics dédiés à l’histoire de la mode ressemblent à des réclames pour des maisons de couture actuelles. En voici quelques exemples parmi d’autres ces dernières années (du coup moi aussi j'en parle !?!!) : Balenciaga (avril – octobre 2012 et mars – juillet 2017 au Musée Galliera à Paris, avril – septembre 2015 au Musée de la dentelle et de la mode de Calais et de mars à juillet 2017 au Musée Bourdelle à Paris), Lanvin (mars à août 2017 au Musée Galliera), Azzedine Alaïa (septembre 2013 – janvier 2014 au Musée Galliera), Iris van Herpen (juin 2013 – avril 2014 au Musée de la dentelle et de la mode), Carven (janvier – juin 2002 au Musée Galliera), Givenchy (juin – décembre 2017 au Musée de la dentelle et de la mode), Jean-Paul Gaultier (avril – août 2015 au Grand-palais de Paris). Le Musée Galliera fait même la promotion du groupe de presse américain Condé Nast dans une exposition de mars – mai 2014 ! Ce musée, qui est un de ceux sur lesquels la Mairie de Paris a le plus investi pécuniairement ces dernières années, se fait le spécialiste de ce genre. En tout cas ce n'est pas moi que l'on pourrait soupçonner de recevoir des valises de billets de banque !!

Certaines de ces expositions font le tour du monde !

La maison Dior fait aussi discrètement sa publicité dans des musées publics, en ce moment et jusqu’au 1er octobre 2017 au Musée international de la parfumerie de Grasse et du 5 juillet 2017 au 7 janvier 2018 aux Arts Décoratifs de Paris. Je ne voulais pas parler de tout cela, car j’en ai franchement marre de me faire écho de ce fatras. Cependant, j’ai reçu deux messages de la maison Dior, l’un sur son exposition aux Arts déco : Christian Dior, couturier du rêve, et un autre qui finalement me fait réagir (cliquer ici), où là c'est plutôt le cauchemar non ? La mode vestimentaire française vit sur son patrimoine et son prestige tout en les détruisant... mais jusqu'à quand ??

C’est bien que ces entreprises marchent. Et puis je n’ai pas à dire ce qui est bien ou pas en ce qui concerne la mode vestimentaire. Ce qui me gêne, c’est que des musées publics de la mode oublient trop souvent ce qu’est véritablement la mode et son histoire, et qu’ils aident les entreprises qui en ont le moins besoin. La mode est une chose bien plus complexe et riche que le prêt-à-porter peut nous le laisser croire. Je dis « prêt-à-porter » car la haute-couture n’existe plus. Les maisons dites de « haute couture » font du prêt-à-porter, et sont souvent de véritables sociétés faîtières internationales, regroupant des participations dans diverses sociétés, comme la maison Dior qui comprend des entreprises de parfums (du temps même de Christian Dior), cosmétiques, bijoux, maroquinerie, vins, spiritueux, etc. Quant à LVMH, qui aurait acheté dernièrement cette 'maison' pour 6,5 milliards d'euros, c'est une multinationale.

PS : Je viens d'apprendre que le directeur du Musée Galliera vient de rejoindre le privé, devenant directeur artistique d'une entreprise française internationale de chaussures de luxe. On comprend mieux ses ambitions et pourquoi ce musée, ces dernières années, a été la vitrine des fabricants de 'haute-couture', et n'a proposé presque que des expositions sur la mode vestimentaire du XXe siècle, laissant de côté tous les siècles précédents, pourtant beaucoup plus productifs et créatifs.

Depuis 2002, sur 28 expositions organisées par le musée Galliera seulement 6 ont présenté des costumes d'avant la fin du XIXe siècle (voir ici), et toutes ne parlent presque qu'exclusivement de costumes, alors que la mode c'est aussi bien d'autres choses (musiques, manières, moeurs, danses nouvelles, etc.). Voici les expositions organisées par ce musée ces quinze dernières années :
- Costumes espagnols entre ombre et lumière (XVIIIe - XXe)
- Dalida, une garde-robe de la ville à la scène
- Balenciaga, l'oeuvre au noir
- Anatomie d'une collection (couvrant du XVIIIe s. à nos jours avec un hommage rendu à Sonia Rykiel).
- La Mode retrouvée (sur la comtesse Greffulhe : 1860 - 1952)
- Jeanne Lanvin
- Fashion Mix
- Les Années 50
- Papier glacé (Condé Nast de 1918 à nos jours)
- Roman d'une garde-robe (début XXe)
- Alaïa
- 1931, face-dos-profil
- Paris Haute Couture
- Mannequin - le corps de la mode
- Cristóbal Balenciaga, collectionneur de modes
- Comme des Garçons White Drama
- Le XVIIIe au goût du jour
- Madame Grès, la couture à l'œuvre
- Sous l'Empire des crinolines (1852 - 1870)
- Les Années Folles 1919 - 1929
- Gallierock
- Showtime, le défilé de mode
- Modes en Miroir, la France et la Hollande au temps des Lumières (XVIIIe siècle)
- Sylvie Vartan, Revue de mode
- Ouverture pour inventaire (du XVIIIe siècle à nos jours)
- Marlène Dietrich, création d'un mythe
- Henry Clarke, photographe de mode
- Madame Carven, Grand Couturier

Faut-il rappeler que la mode existe depuis la plus haute Antiquité, et que le terme même a, depuis son origine romaine, à peu près la même définition qu'aujourd'hui ? La mode ne naît pas, comme l'ont dit certains conservateurs contemporains de musées, avec la haute-couture et le prêt-à-porter, à la fin du XIXe siècle. Au contraire, ceux-ci marquent la fin du sur-mesure pour tous et des fabrications 'maison', et donc d'une création bien plus démocratique car dans les mains de tous. Ils sont aussi les témoins de la fin des fabrications françaises au profit d'une industrialisation internationale de la mode vestimentaire. De nos jours, les vêtements dits 'fabriqués en France' n'ont souvent que l'étiquette qui l'est véritablement ! Dans la mode, comme pour le reste, nous sommes en France dans le façadisme.

Voir les commentaires

Nouvelle exposition au Musée international de la chaussure

Depuis le 10 juin et jusqu’au 7 janvier 2018, le Musée international de la chaussure de Romans-sur-Isère, dans le département de la Drôme, propose l’exposition À vos pieds, qui « emmène pas à pas [le visiteur] à la découverte de paires issues de tous les continents, du XVIe au XXIe siècle »…

Photographies ci-dessous de gauche à droite : Chopine du XVIe siècle, chaussure mandchoue et escarpin du XXe siècle. Photographies provenant du site du musée. Les échelles ne sont pas respectées. Même en étant à nos pieds, les chaussures peuvent faire prendre de la hauteur !

 

 

Voir les commentaires

Le service public communiquant de mécènes privés.

Ce qui était impensable autrefois est aujourd'hui de plus en plus courant. Le service public se fait toujours davantage le communiquant de mécènes privés. Par exemple je reçois des messages de la mairie de Paris sur des événements qu'elle organise avec telle ou telle firme, faisant au passage sa publicité.

Photographie ci-dessous : J'ai ajouté au montage que j'ai fait pour cet article des publicités !

Voir les commentaires

Le Musée des Tissus de Lyon.

D’après cet article, il est écrit que la Région Auvergne-Rhône-Alpes proposerait des solutions pour éviter la fermeture du Musée des Tissus de Lyon. Espérons que la ‘solution’ de la dispersion de ses collections ne sera pas choisie, ce qui serait évidemment l’affaiblir et à terme le condamner. L’absurde Musée des Confluences lorgne sur ce patrimoine, l’un des plus importants et précieux au monde sur l’histoire des costumes qui, amputé, ne le serait plus bien sûr.

 

Voir les commentaires

Papiers peints du futur

Depuis le 1er avril 2017 et jusqu’au 31 décembre 2018, le Musée du Papier peint de  Rixheim met en scène les Papiers peints du futur, dans une exposition où l’on découvre des exemples intéressants, comme le « métapapier » (photographie de gauche) qui est un prototype développé par le Centre technique du papier, de Grenoble :

« Ce papier peint sert de protection contre les champs électriques à basse fréquence et électromagnétiques à haute fréquence (radios, radars, lignes à haute tension, appareils électriques et électroniques dans les habitats voisins). Il est non métallique, non ferromagnétique et doit être relié à la terre pour des raisons de sécurité et pour une meilleure efficacité.

Le Métapapier développé par des chercheurs de l’Institut polytechnique Grenoble INP et du Centre Technique du Papier à Grenoble est un matériau cellulosique qui filtre les fréquences micro-ondes de façon sélective. Il est constitué de motifs en étoile imprimés avec une encre conductrice contenant des particules d'argent qui peuvent filtrer trois fréquences GSM et WiFi (téléphone et réseau local sans fil). Il peut donc créer des zones de tranquillité électromagnétique dans une salle de spectacle, un hôpital ou une chambre à coucher.

Les ondes électromagnétiques hors du domaine WiFi se propagent de façon normale, ce produit n’empêche donc pas l’accès à tous les services sans fils habituels (radio FM, télévision, téléphones fixes DECT, systèmes d’alarme, commandes de volets, interrupteurs). Seul le service WiFi est réfléchi par le papier à plus de 99,999 %. L’intérêt est triple : la sécurité informatique (il empêche le piratage des données sensibles) ; la réduction du niveau d’exposition à son propre WiFi puisque les ondes ne sortent plus par les murs mais restent confinées à l’intérieur de la maison ; enfin une meilleure qualité du signal, puisqu’il n’y a plus d’interférence avec les réseaux WiFi des voisins.

Ce produit n’a pas besoin d’être connecté à la terre. Il se pose comme du papier peint, sur un mur ou sur le sol, et peut être recouvert sans altérer ses fonctionnalités. »

Ce papier peint est présenté dans la première section de l’exposition sur les papiers peints techniques, avec d’autres bloquant les ondes électromagnétiques, absorbant les sons ou anti-humidité, etc. Il y a même un revêtement mural « parasismique » !

La seconde section est consacrée aux papiers peints enrichis, la troisième à l’innovation technique au service des arts appliqués et la quatrième aux artisans d’art avec  l’Atelier Poulaillon, la Maison Milliet (photographie de droite) ou l’Atelier d’Offard  qui « perpétue le savoir-faire des papiers peints à la planche des grandes manufactures des 18e et 19e siècles. »

Voilà une exposition intéressante avec un futur à la fois innovant, protecteur contre les pollutions diverses et préservant des savoir-faire anciens.

Voir les commentaires

Le pouvoir des fleurs : Pierre Joseph Redouté (1759-1840).

PROLONGATION JUSQU'AU 29 OCTOBRE 2017

Les fleurs sont quotidiennement présentes dans notre vie, pas seulement au printemps où elles sont particulièrement nombreuses dans la nature et jusque dans les villes, mais toute l’année, en particulier à travers les inspirations qu’elles ont suscitées et continuent de le faire dans les arts décoratifs. L’exposition Le pouvoir des fleurs : Pierre Joseph Redouté (1759-1840) nous en donne des exemples de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe.

Du 26 avril au 1er octobre 2017 le Musée de la Vie Romantique à Paris propose, en partenariat avec le Museum national d’Histoire naturelle, la première rétrospective en France dédiée à Pierre-Joseph Redouté, un peintre célèbre pour ses représentations de fleurs, dont on peut contempler un portrait par Louis Léopold Boilly ici.

Protégé par la reine Marie-Antoinette puis par l’impératrice Joséphine de Beauharnais, il fut très célèbre de son temps et l’ai resté jusqu’à aujourd’hui. Comme les fleurs sauvages qui sont incroyablement résistantes aux vicissitudes, il a traversé une époque troublée sans grand problème. Dessinateur et peintre du Cabinet de Marie-Antoinette, il devint dessinateur de l'Académie des sciences, puis peintre de fleurs de l'impératrice Marie-Joséphine, professeur de l'impératrice Marie-Louise et professeur au Muséum national d'histoire naturelle.

Il s’inscrit dans une longue lignée d’artistes français qui depuis l’Antiquité se font une spécialité de ces représentations, et parlent à travers elles. Elles ont une symbolique, et leur assemblage est un discours qui peut se lire à plusieurs niveaux. Ce langage pictural est particulièrement  présent dans la peinture du XVIIe siècle, à une époque où le français est lui aussi mis en forme dans une recherche d’excellence.

Pierre-Joseph Redouté est quant à lui dans l’époque des Lumières férue de sciences, de découvertes et de vérité. Ses œuvres ont cette rigueur scientifique cherchant à rendre au plus près la vérité. Elles témoignent de même des découvertes de nouvelles espèces provenant du monde entier et des croisements réalisés par des techniques toujours plus élaborées donnant de nouvelles espèces de roses ou d’autres fleurs.

C’est un peintre aussi installé dans la mouvance romantique et son apologie de la nature. Le présenter au Musée de la Vie Romantique est donc tout à fait approprié.

Il y a beaucoup de grâce, de finesse et de technicité dans ses portraits de fleurs. Si certains l’ont surnommé « le Raphaël des fleurs », je préfère voir en lui un très grand portraitiste… de fleurs !

Le thème et cette rétrospective auraient pu être beaucoup mieux fouillés et présentés plus intelligemment. On ne se rend finalement pas vraiment compte de toute la poésie et les savoirs scientifiques et artistiques que la nature a inspiré depuis toujours à l'homme, et comment M. Redouté s'inscrit en cela. On ne fait qu'effleurer l'esprit des Lumières, sa finesse. C'est dommage car le thème est particulièrement d'actualité dans notre époque qui ne retient de la science que l'asservissement et la destruction de la nature, c'est-à-dire de l'être humain. Mais les oeuvres sont belles, nombreuses et valent le détour. Le visiteur n'étant pas vraiment guidé, c'est donc à lui de trouver le chemin qui le conduira, en les contemplant, de ses yeux vers son âme et son coeur, à travers les canaux de la vie dont les fleurs sont chacune un épanouissement.

Cette exposition occupe les deux ateliers d’artiste du musée, avec 250 peintures, aquarelles, objets d’art et vélins originaux. Afin de ne pas abîmer les œuvres les plus fragiles (qui constituent la grande majorité et qui sont sur papier, vélin, soie, etc.), celles-ci seront régulièrement changées. Si la plupart des œuvres sont de l’artiste, on en trouve d’autres de ses contemporains, en particulier dans la seconde partie où il est montré la place des fleurs dans les arts décoratifs de l’époque : céramique, orfèvrerie, édition, papier peint, broderie, tissage, etc.

Le musée a souhaité ajouté de la vie contemporaine à cette exposition en présentant dans sa cour, son jardin et sa collection permanente des ouvrages d’artisans contemporains. Le fleuriste Pierre Banchereau (maison Debeaulieu) s’associe lui aussi à cet événement en embellissant ce musée de bouquets de fleurs fraîches. Sa boutique se trouve tout près au 30 rue Henry Monnier, dans ce quartier de la ‘Nouvelle Athènes’ qui conserve encore de nombreux bâtiments du XIXe siècle.

Photographie ci-dessous : Œuvres de Pierre-Joseph Redouté. Je n’en présente pas beaucoup ici car je n’ai pas réussi mes photographies trop jaunes et floues.

Photographie ci-dessous : Miniature dont l’une est de M. Redouté.

Photographie ci-dessous : Les Fleurs emblématiques ou leur Histoire, leur Symbole, leur Langage & & & par Mme Leneveux, début XIXe.

Photographies ci-dessous : Flore caressée par Zéphyr par le baron François Pascal Simon Gérard (1770 – 1837), datant de 1802. C’est une prouesse d’avoir su retranscrire en image la douce caresse du vent.

Photographies ci-dessous : Deux peintures avec un enfant dans la nature. Il s’agit de garçons. Pendant tout l’Ancien régime on habillait les enfants mâles comme des filles lors de leur petite enfance.

Photographies ci-dessous : Madame Bernard-Léon par Henri-François Riesener (1767 – 1828).

Photographies ci-dessous : Divers objets des arts décoratifs représentant des fleurs.

Photographies ci-dessous : Le musée est lui-même un peu bucolique et très romantique avec son arbre à l’entrée, sa cour et son petit jardin.

Photographies ci-dessous : Dans la collection permanente on trouve de nombreux objets d’arts et œuvres des XVIIIe et XIXe siècles où les fleurs sont présentes. Parmi les objets ayant appartenu à la famille de Georges Sand il y a par exemple cette miniature (à gauche) du XVIIIe siècle de Marie-Aurore de Saxe en bergère. La peinture de droite (détail) est aussi du XVIIIe siècle.

Photographie ci-dessous : L’un des plus célèbres portraits de la femme écrivain, présent au musée,  la représente avec des fleurs fraîches dans les cheveux. Voir ici pour une meilleure photographie.

Voir les commentaires

Le château de Rouville

En allant me promener près de Malesherbes j’ai découvert ce château du XVe siècle édifié sur les ruines d’une forteresse du IXe siècle et sans doute sur des vestiges plus anciens, plusieurs témoignages du néolithique ayant été découverts dans le parc. Cette bâtisse a été remaniée au milieu du XIXe siècle dans un style néogothique. L’intérieur doit sans aucun doute être aménagé dans ce style, le château appartenant à la même famille depuis cette date. Il est entouré d’une chapelle des XIIIe et XVe siècles qui appartenait à l'ancienne commune de Rouville, de dépendances, d’une glacière, d’un pigeonnier, d’une grotte, etc. La ferme attenante, ancienne elle aussi, appartient à une autre famille.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 > >>
Merveilleuses & merveilleux