Philosophie de l’élégance XVIII : Principes de liberté et de politesse

Merveilleuses et merveilleux

C’est impressionnant toutes les libertés qui nous sont confisquées progressivement, et l’apathie de la majorité des Français sur le sujet. Nous ne sommes ni en démocratie ni dans un pays libre. Beaucoup des habitants de l’Hexagone ne méritent même pas le nom de « Français » qui veut dire « franc », « libre », car ils sont pervers et veules. Nous sommes dans un véritable totalitarisme larvé (ce que le sociologue Michel Maffesoli appelle un « totalitarisme mou »), d’autant plus impressionnant qu’il utilise la technologie à des fins liberticides. Il est certain qu’aujourd’hui des policiers (voire des agents privés) peuvent vous identifier dans la rue avec leur téléphone portable et la reconnaissance faciale. Cela est évident parce que ceux qui gèrent par la force doivent utiliser toujours les nouveautés, selon une avancée paranoïaque qui donne ses limites aujourd'hui déjà présentées dès la seconde guerre mondiale avec le nucléaire. Et c’est cette peur de la perte du pouvoir qui crée cette [in]humanité malade et liberticide. Cette société s’est fondée depuis l’Antiquité sur l’esclavage. Le mondialisme lui a permis de faire semblant de l’abandonner, en coupant le monde en deux, avec les pays riches et les plus pauvres. Maintenant le monde est devenu tellement petit, que l’on crée une nouvelle forme d’esclavage, une troisième que l'on pourrait appeler de « l’esclavage doux », une servitude plus ou moins volontaire comme dirait de La Boétie (1530 – 1563, voir ici), à travers une dictature technologique mondialisée qui divise entre un monde constitué au plus des trois-quarts de néo-esclaves et des autres qui les dirigent. Pourtant ces derniers sont et seront eux aussi confrontés à ces technologies qu’ils mettent en place et aux pollutions qu’ils contribuent à générer. Travailler aujourd’hui consiste trop souvent à être un néo-esclave, alors qu’il n’y a pas si longtemps on disait que cela apportait la liberté. Depuis quelques années, les professions libérales le sont de moins en moins (dernièrement la médecine en donne un exemple), et quasiment aucun métier est libre aujourd’hui… alors que dire des gens !

Je répète souvent cette phrase de Pierre-Joseph Proudhon (1809 – 1865) : « L’anarchie c’est l’ordre sans le pouvoir ». Nous avons besoin d’ordre pour le bien vivre ensemble, mais personne doit prendre le pouvoir sur quiconque. De la même manière un enfant a besoin de ses parents pour vivre, mais ces derniers ne doivent pas faire usage de cette ‘dépendance’ de leur progéniture pour en faire leur jouet et projeter sur elle toute leur misère. Dans la devise de la République française, c’est ce que l’on appelle « l’égalité » et « la fraternité ». L’ordre apporte de l’harmonie afin que le concert de notre société soit le meilleur possible, le plus divin, réjouissant… Nous élisons des chefs d’orchestre pour qu’ils gèrent le plus excellemment possible cet orchestre. Ils ne doivent pas prendre le pouvoir et s’en tenir aux prérogatives qui leur ont été données afin que chacun puisse jouir de sa liberté, et décider par lui-même pour ce qui concerne son individualité. Il faut bien séparer ce qui est du domaine d’un bien être collectif et d’un bien être individuel. Chacun est son propre maître, et peut faire ce qu’il veut si ce n’est forcer l’autre à faire ce qu’il ne veut pas. Tout collectif doit donc accepter les gens marginaux si ceux-ci n’entravent pas cette liberté collective dans laquelle a été établie la confiance du groupe, et réciproquement.

Notre société s’est archaïquement fondée derrière l’idée du sacrifice : sacrifices humain, animal et rituel aux époques anciennes, jusqu’à l’ère chrétienne qui a perpétué cela avec ses martyres et l’eucharistie qui rejoue un rituel d’anthropophagie où on se nourrit du corps et du sang du Christ, symbolisés par les éléments les plus fondamentaux de la société, fabriqués : le pain et le vin. Dans l’aristocratie même cette notion était très présente, les aristocrates étant des gens de guerre n'hésitant pas à exposer leur vie. Cette idée de sacrifice est restée dans la société française toute entière jusqu’à nos jours, et beaucoup considèrent que ceux qu’ils élisent doivent aller au sacrifice. Du coup ce sont surtout les méchants, les stupides, les voleurs et les menteurs qui s’y collent. Nous devons sortir de cette idée de sacrifice et chérir les gens compétents que nous mettons en avant pour gérer l’ordre commun le mieux possible dans les domaines où ils excellent. Mais nous ne devons jamais sacrifier pour cela notre liberté. Nous ne devons suivre personne, simplement accepter ce qui est juste, la justice étant l’ordre. Comme l’écrit Michel de Montaigne (1533 – 1592) : « […] qui suit un autre, il ne suit rien, il ne trouve rien, voire il ne cherche rien. Non sumus sub rege ; sibi quisque se vindicet [« Nous n’avons pas de roi ; que chacun dispose librement de soi-même. » Sénèque]. » Michel de Montaigne ajoute : « […] nous le [l’être humain] rendons servile et couard, pour ne lui laisser la liberté de rien faire de soi. ». Une société qui rend servile et couarde sa population est triste et décadente. Montaigne cite encore Sénèque : Paucus servitus plures servitutem tenent. Peu d’hommes sont enchaînés à la servitude ; un grand nombre s’y enchaînent. La plupart des philosophes ont réfléchi sur la société et la vie idéales. Certains ont même rédigé des lois pour leur Cité. Ils se sont impliqués dans ce domaine, se sachant les meilleurs en cela, comme un virtuose apporte sa dextérité à la beauté d’un orchestre. Pour ma part, je pense que le nombre des lois détermine l’état d’une société. Une accumulation est un signe de la corruption de cette société où ses individus ne savent pas se diriger eux-mêmes. On crée des lois lorsque les citoyens sont incapables de vivre ensemble individuellement. Le nombre de loi est le miroir du nombre de gens corrompus et imbéciles qui constituent cette société. Je ne parle pas ici bien sûr de ce qui est du domaine de la simple technicité.

La liberté est un signe de l’élégance, de même que l’ordre : l’ordre harmonique. La liberté et l’ordre, ce dernier pouvant aussi être appelé « goût », font l’élégance. Dans la mode on évoque l’invention et l’imitation. On imite ce qui nous semble bon, et invente le bon qu’il nous manque… Chaque individu et chaque collectivité vivant constamment dans le mouvement, cette inventivité et cette inspiration se doivent constamment d'être présentes et remises au ‘goût du jour’.

La liberté n'a pas de limites, et c'est dommage que certains, au nom de la liberté, lui en donnent par leur folie ou leur méchanceté.

La politesse même devrait être l'expression de la liberté. La politesse française n’est pas hypocrite, cauteleuse ou servile, mais franche et émancipée : Elle est honnête. Considérer que chacun doit être poli avec tout le monde, même vis-à-vis de fielleux, de fourbes ou de méchants, cela n’est pas de la politesse mais de la lâcheté et laisse rentrer la barbarie. Il ne s’agit pas de se confronter à eux, mais de les éviter, ou si on ne le peut au moins de ne pas se courber servilement. L’honnêteté est essentielle à la politesse, sinon cette dernière ne sert trop souvent qu’à cacher la laideur.

L’honnêteté en politesse permet de savourer véritablement cette dernière. Elle n’est pas un assujettissement, un enchaînement à une morale et des dogmes figés, mais l’expression d’une harmonie profonde… pas de façade. Ce qui est figé est mort. Réapprenons à être Français : francs, libres et courtois.

Comme le disait le philosophe Ariston de Chios (né au IVe siècle av. J.-C.) : « Le souverain bien consiste à vivre en se tenant à égale distance du vice et de la vertu ».

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20 ans en 2020

CE LUNDI DEUX ARTICLES !

Avoir 20 ans en 2020 ou 2021 c’est l’horreur. Confinements, couvre-feu, masques, vaccinations obligatoires… non seulement on détruit la vie sociale en général, mais on essaie de voler les jeunes : leur présent, leur avenir et même leur passé (en gommant la terre même qu'ils foulent tous les jours). On cherche à leur dérober la saveur : la réminiscence savoureuse de ce qui fait le goût dans tous les sens du terme. Il s’agit véritablement de maltraitance, et il est très triste (d'une tristesse sans nom) de voir les enfants, même les petits, masqués dans les écoles, jusque dans la cour de récréation, avec des enseignants qui leur inculquent la distanciation, la peur, le mépris de soi, etc. Nous sommes dans une décadence si profonde que même des religions moyenâgeuses y sont à l'aise pour prêcher. La relève de l'horreur est assurée ! L’obscurantisme leur est présenté comme la valeur émancipatrice, l’avilissement comme une norme et la liberté comme d’une importance négligeable voire comme un danger pour la vie en commun. Pourtant, pour la plupart les adolescents ne semblent pas réagir. Il faut dire qu'il y a une véritable répression larvée à leur égard. On l'a vu dès qu'ils ont commencé à protester avec les gilets jaunes, avec un grand nombre d'interpellations, gardes à vue, etc. Ce samedi, en revenant d'une promenade en vélib au bois de Vincennes, j'ai trouvé une centaine de jeunes Antillais tout à fait pacifiques mais protestant contre le passe sanitaire et qui ne pouvaient pas même se rassembler, les CRS les en empêchant, ceux-ci étant deux fois plus nombreux et bien sûr armés. C'était franchement effrayant de voir ces CRS avec leur arsenal, plus nombreux que les manifestants et empêchant toute convergence, même de trois personnes. Evidemment, si vous protestez on vous embarque. Du coup la plupart des adolescents et des jeunes adultes se soumettent et portent le masque dans la rue, sous le menton, sans même penser que ce bout de tissu castrateur est le symbole de leur asservissement, l’insigne de quelques gens nauséabonds qui imposent leur bassesse à la face du monde, sans parler des autres tout aussi puants qui attendent leur tour. Tous les jours on étale comme exemples des menteurs, des fourbes, des méchants, des manipulateurs… et les adolescents et les enfants voient autour d'eux leurs aînés collaborant avec une bassesse d'une servilité inimaginable. A contrario, ce que chacun devrait avoir à leur proposer est d'essayer de rester soi-même libre, humain et sain...

 
 

Dans la première vidéo ci-dessus, l’un des protagonistes dit cette phrase que je trouve très jolie : « L’éthique est l’esthétique de l’esprit. » La beauté de l’esprit s’entretient comme celle du corps. Personnellement je placerais la raison au-dessus de l’éthique (de la morale) et la sagesse au-dessus de la raison dans l’ordre de beauté. Entretenir l’esprit consiste aussi à lui apporter des nourritures : Parmi les principales je mets le merveilleux et l’espoir. La première fait pétiller et la seconde ouvre le champ des possibles, même si l’esprit est par essence libre et infini. D’autres de ses qualités permettent de contempler sa beauté. Ce qui peut paraître laid en lui ne sont, il me semble, que des reflets des sens qui font croire que l’on a ou veut une chose alors que tout est là.

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Modes de 1790 à 1855

Modes de 1790 à 1855

1792

Concernant mes collections, je me suis fait pour règle de me procurer uniquement des documents d’époque du temps même des sujets dont il est question. Il est rare que ceux qui sont postérieurs m’intéressent. Parfois, rarement, je fais des exceptions, notamment quand la qualité est au rendez-vous ou pour certains thèmes, comme celui de la représentation des incroyables et des merveilleuses après 1800, comme dans ces anciens articles :
– Représentations d’incroyables et de merveilleuses aux XIXe et début XXe siècles ;
– Les muscadins pirates nouveaux romantiques incroyables et merveilleux ;
– Miniatures d’incroyables.

J’ai fait une autre exception avec le petit livre allemand présenté ici et datant de 1939. Il couvre la mode vestimentaire européenne de 1790 à 1855. Je trouve que non seulement les illustrations sont fidèles mais surtout qu’elles sont fines et dévoilent un sens artistique délicat de leur auteur. Je les publie toutes ici, car elles permettent de se faire une idée de l’évolution des modes en Europe pendant la période couverte, et notamment en France (la plupart des images sont des copies de documents d’époque publiés à Paris). Cet ouvrage est intitulé Buntes Modebüchlein aus der Empire und Biendermeierzeit Geleitwort von E. von Gichart (Verlag F. Bruckmann, München). Il est à noter que l’on peut se le procurer sur Internet pour moins de 5 € ou 10 € (plus les frais de port), comme ici. Il s’agit d’un gentil et délicat cadeau à faire pour ces fêtes, mais seulement à des passionnés de l'histoire de la mode française, car les documents anciens sont souvent abîmés et tachés, et pas faits pour ceux qui n'apprécient que ce qui est nouveau et neuf. À ce sujet je dois dire que je suis contre la tendance actuelle à vouloir rénover et rendre neuf l'ancien. Si restaurer et arrêter les dommages du temps est important pour conserver au mieux des objets d'art, des bâtiments anciens et d'autres témoignages du passé, vouloir leur redonner une seconde jeunesse me semble être une erreur, de même que de chercher à les moderniser ou à les actualiser comme pour les édifices du passé. Quant au prix de ce livre... Le prix des choses est très relatif. Mieux vaut se fier à nos goûts que toujours suivre la multitude.

Modes de 1790 à 1855

1791 – 1790

Modes de 1790 à 1855

1791 – 1800

Modes de 1790 à 1855

1794 – 1796

Modes de 1790 à 1855

1801 – 1802

Modes de 1790 à 1855

1812 – 1812

Modes de 1790 à 1855

1813 – 1815

Modes de 1790 à 1855

1814 – 1816

Modes de 1790 à 1855

1816 – 1819

Modes de 1790 à 1855

1822 – 1826

Modes de 1790 à 1855

1830 – 1831

Modes de 1790 à 1855

1832 – 1831

Modes de 1790 à 1855

1834 – 1835

Modes de 1790 à 1855

1840 – 1837

Modes de 1790 à 1855

1845 – 1844

Modes de 1790 à 1855

1850 – 1855

Modes de 1790 à 1855

À partir du XVIe siècle, la mode vestimentaire féminine occidentale se gonfle et se dégonfle régulièrement, avec tout d’abord le vertugadin, abandonné au XVIIe pour une silhouette plus droite, alors qu’au XVIIIe elle s’arrondit largement avec les robes volantes et à paniers. À la fin du XVIIIe siècle elle se simplifie énormément, avant de se regonfler progressivement comme on le voit ici, avec les manches gigot, les multiples jupons, jusqu’aux robes à crinoline du milieu du XIXe. Puis elle se dégonfle à nouveau… en repoussant le volume graduellement vers l'arrière avec la tournure… avant d'être complètement aplatie sans jamais se regonfler depuis.

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La beauté ou Καλος

Les Petits-maîtres du style

Mon second volume sur les petits-maîtres (Les Petits-maîtres du style : de l’Antiquité au XIIe siècle) n’a pas eu de succès. Sans doute a-t-il été écrit sans grand talent, mais les thèmes qu’il touche sont importants pour envisager ce que peut être l’excellence, l’élégance et la beauté. Ce sont des références sur des siècles voire des millénaires, qui ont été mises à l’épreuve de la durée. Cette vérité ne s’est jamais flétrie à travers le temps, car elle est basique, élémentaire à l’échelle humaine. Elle n’est pas éternelle, car l’espèce humaine ne l’est pas et parce que la beauté n’a pas de limites, qu’elle n’est pas figée et qu’elle est multiple.

Cet article, je l’écris venant d’apprendre qu’une exposition, ayant pour sujet la beauté (kallos, καλλός en grec, terme qui vient du grec ancien καλός) dans la Grèce antique est organisée en ce moment au Musée d’Art cycladique d’Athènes, en lisant cet article de La Gazette Drouot.

Je ne sais pas grand-chose de cette exposition, si ce n’est qu’elle rassemble plus de trois cents œuvres et objets d’art antiques, mais ce que je sais c’est que la beauté est un thème tout à fait d’actualité.

 
Ci-dessous un entretien de France Culture avec Ioannis Fappas, commissaire de l'exposition, que l'on peut aussi écouter ici.
 

 

Je trouve très intéressante l’idée évoquée dans cet entretien de se faire beau pour la divinité. On retrouve ceci dans la culture occidentale jusqu’à récemment : On se fait beau pour aller à la messe et autres cérémonies religieuses. Le divin est beauté, émerveillement et fête, une expression du bonheur : son reflet terrestre à travers l’harmonie humaine, mais aussi celle de la nature, des corps, des âmes, du mouvement… Cette recherche de la beauté, son expression et sa glorification sont à l’origine des plus belles oeuvres d’art, cérémonies, symphonies… et s’expriment de même dans des choses très simples, quotidiennes…

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Élégantes de vers 1787

Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Le portrait ci-dessus est une peinture assez grande. Je pense que le support est du parchemin. Le rouge de la bouche semble avoir un peu bavé, ce qui arrive quand on peint sur du parchemin (peut-être est-ce une retouche du XIXe ou XXe ?!?), mais le reste est fin.
Ci-dessous : Gravures de livres de 1787 et 1785. On remarque les coiffures et les robes à paniers avec leurs falbalas et autres affiquets (rubans, fleurs, dentelles, bijoux...).
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux

Ici l'exemple d'une Allemande, ici de Russes et ici d'une Anglaise de la même époque (années 1770 - 80), et d'autres exemples de Françaises ici, ici et ici.

Je profite de cet article pour apporter une information, un peu décalée, sur l'ouverture à Saint-Cloud (région parisienne) d'un Musée du Grand-Siècle (XVIIe siècle français). Cela fait plus d'une année que je ne me suis pas rendu dans un musée, rechignant au masque et ne me faisant pas vacciner. Mais dès que la France sera à nouveau libérée (oui on en est là... en pleine Occupation) j'irai voir, surtout que le parc de Saint-Cloud est grand et joli, qu'il contient le Musée historique du Domaine national de Saint-Cloud, qu'adosser à ce parc se savoure le merveilleux Musée de la Céramique situé à Sèvres et offrant toute l'histoire de la Céramique. Enfin, la ville de Saint-Cloud a un très beau musée d'Art et d'Histoire  : Le Musée des Avelines qui possède notamment une collection des fameuses porcelaines tendres de Saint-Cloud des XVIIe et XVIIIe siècles ! Quand j'y suis allé, justement lors d'une exposition temporaire sur ce sujet (voir cet article et la suite ici) j'ai aussi beaucoup apprécié le salon de thé de la Rotonde de ce bâtiment ; avec ses signes du zodiaque il est digne d'un mage.

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Philosophie de l’élégance XVII : Être à soi

Merveilleuses et merveilleux

Ce que l'on dit un jour n'est jamais ce que l'on dit toujours. Ce que l'on est un jour n'est pas davantage ce que l'on est toujours. Cependant il me semble qu'il est important d’être à soi. Quelqu'un pourrait rétorquer qu'il l'a toujours été. Alors tout est dit… Mais comme je suis bavard, je poursuis sur ce sujet.

Souvent nous sommes dans des projections extérieures à nous que nous considérons comme nôtres. La mode en est un exemple. On veut avoir, posséder, être dans le dernier ton. Cette logique amène jusqu’à voler et devenir malsain. On n’est alors plus à soi. Être à soi consiste au contraire sans doute tout d’abord à être dans son esprit : l’ouvrir en se relaxant profondément. Ensuite c’est être dans son corps, prendre conscience et soin de lui, la maladie venant souvent du fait qu’on le néglige, ce qui peut être considéré comme de la malpropreté, dans le sens large et ancien du terme. On le délaisse pour ‘partir’ hors de soi, et devenir en quelque sorte son propre ennemi.

Michel de Montaigne écrit dans ses Essais (livre I, ch. XXV) : « L’âme, qui loge la philosophie, doit, par sa santé, rendre sain encore le corps ; elle doit faire luire jusques au-dehors son repos et son aise ; doit former à son moule le port extérieur, et l’armer, par conséquent, d’une gracieuse fierté, d’un maintien actif et allègre, et d’une contenance contente et débonnaire. La plus expresse marque de la sagesse, c’est une éjouissance [une jouissante réjouissance] constante ; son état est, comme des choses au-dessus de la lune, toujours serein […]  cette vertu suprême, belle, triomphante, amoureuse, délicieuse pareillement et courageuse, ennemie professe et irréconciliable d’aigreur, de déplaisir, de crainte et de contrainte, ayant pour guide nature, fortune et volupté pour compagnes […] »

Y a-t-il une grande différence entre ce qui est en soi et hors de soi ? Sans doute pas tellement, car, comme je l’ai dit, nous sommes beaucoup dans la projection, et les projections extérieures aussi… Ce n’est pas que cela ne soit pas réel, mais pas vraiment au sens humain du terme « réel », c’est-à-dire basé sur une appréhension très limitée de la réalité bornée par les sens (âme comprise). D’une certaine manière, être à soi consiste à être davantage pleinement conscient de tout et en même temps nulle part : d’être et ne pas être en même temps… On est ni dans le Cogito ergo sum ni dans le To be or not to be, mais dans l’être et le non-être. Finalement le paraître est le pas être, le n’être pas… seulement une image…

Durant l’Antiquité, on avait une conscience de ce jeu, et on l’exprimait à travers le théâtre, certaines fêtes, l’art en général très figuratif et aussi des rituels domestiques comme le culte des mânes et des ancêtres. Lorsqu'une personne de la famille mourrait, on faisait d'elle un masque de cire que l’on conservait dans une sorte de placard formé d’étagères sur lesquelles étaient posés ces masques des ancêtres : les imagines (imago au singulier) qui notamment étaient portées lors des enterrements par des acteurs. On retrouve ce genre d’imagines dans les plus anciens manuscrits illustrés des pièces de théâtre antiques, mais cette fois présentant les masques de chacun des personnages de la pièce, comme ci-dessus pour l’Andrienne de l’auteur romain Térence. Beaucoup de personnes grecques et romaines se sont de même faites enterrer avec des figurines représentant des personnages de théâtre ou avec des masques sculptés sur leur sarcophage. Le théâtre était le lien ! Une des premières choses sur laquelle la Chrétienté s’est acharnée c’est justement le théâtre, et cela du Moyen Âge jusqu’au XVIIe siècle, et ensuite sur les images religieuses avec le Protestantisme. Mais notre société est toujours dominée par l’image qui nous submerge jusqu’à nous faire vivre dans une fausse réalité, une hyperréalité. Nous ne nous regardons plus dans un miroir mais à travers un écran, tellement que nous assistons à une nouvelle forme de vol qui est celui du voleur d’image, qui dérobe notre identité et cherche à la manipuler… si on peut dire, car la réserve d’images est aujourd’hui tellement importante que l’on est dans un monde davantage géré par la machine construite par les hommes que par ces derniers.

Ci-dessus : Double-page de l’édition de 1717 de la comédie Andria de Térence traduite par Mme Dacier (1654 - 1720), fameuse traductrice et érudite impliquée dans la 'querelle' des Anciens et des Modernes de son époque. Les illustrations sont des copies d’un des plus anciens manuscrits médiévaux conservés de l’auteur romain Térence, qui lui-même était dans une lignée de copies fidèles d’originaux de l’Antiquité. Cette image montre une étagère à masques (imagines) qui sont ici ceux des personnages de la pièce. J’ai écrit plusieurs articles sur les comédies de Térence, les masques de théâtre et les imagines, comme Sortir masqué, La personne, le personnage et la mode, Écrire le théâtre, Masques, mascarades, mascarons et Le théâtre antique et les conventions… classiques…

Ci-dessous : Messages d'eBay et d'Amazon pour que je puisse accéder à mes comptes de vendeur. Facebook a été un des premiers sites à demander une pièce d’identité à certains de ses adhérents. Aujourd’hui, des sites comme Amazon ou eBay, imposent aussi qu’on leur fournisse des preuves d’identité si on veut continuer à vendre par leur intermédiaire, ce qui est encore illégal et de toutes les façons immoral. Nous sommes dans un monde 'humain' (plutôt inhumain) devenu fou et complètement orwellien.

 

Ne me pliant pas à ces injonctions d’obligation de donner mon identité en pâture, et n’ayant pas non plus de téléphone portable, aujourd’hui de plus en plus de services sur Internet me sont interdits, sans parler de la censure qui gère mes choix et mon travail sur le Net. Je me retrouve donc marginalisé, sans le vouloir… et c’est comme cela depuis très longtemps, depuis que la société elle-même impose des choix contraires à mon éthique… et même à mon simple bien-être personnel. Cela fait plus de vingt ans qu’en partie je me nourris, me soigne et prends soin de moi avec des plantes sauvages que je cueille. Même en étant Parisien, j’y arrive avec le RER (train d'Île-de-France), et même s’il le faut en prenant ma bicyclette pour aller les chercher dans les coins les moins pollués, toujours plus éloignés bien sûr du centre-ville. Mais je reparlerai de cela dans un article sur les autonomistes et les alternatifs. Personnellement, je ne suis pas du tout survivaliste. Je cherche juste à faire ce qu’il y a de mieux et goûter ce qu’il y a de meilleur, malgré mon esprit étroit, à prendre soin de moi et de ce qui m’entoure en toute harmonie, à être indépendant grâce au savoir qui permet de distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais : à être distingué. Il ne s’agit pas de se retrancher mais au contraire de s’ouvrir, notamment aux savoirs, ni de se préparer à une catastrophe mais d’être constamment dans l’autonomie… à soi, ce qui nécessite aucune préparation, seulement une nouvelle fois du savoir… Les connaissances de base qui consistent à savoir respirer, bouger, boire, manger, prendre soin de soi sans prendre sur son environnement, sont des savoirs de base qui devraient être enseignés à l’école, qui nous rendent libres et que nous ne devons subordonner à personne. Le savoir est liberté, et la liberté est raison ; car elle est une vue claire, la première étant de sa propre mesure. Comme le disent certains philosophes, il y a ce qui dépend de soi et ce qui ne dépend pas de soi. Nous ne pouvons agir que sur ce qui dépend de nous, ce qui est déjà beaucoup ! Au concept de « survivre » je préfère largement celui de « vivre » ! Enfin, je le répète, tout cela sera le sujet d’un autre article.

Ci-dessous : A côté de chez moi, des artistes chaque fois différents, exposent une oeuvre sur un panneau d'affichage grâce à l'association Le MUR. Cet exemple (la photographie date de samedi dernier) résume très bien où en est l'écologie aujourd'hui. Quand je rentre dans une épicerie bio, je suis surpris que l'on m'oblige à porter un masque, me demande de me laver les mains avec une solution hydroalcoolique et nettoie ce que je touche avec cet alcool. En politique, des Écologistes (maires, députés, sénateurs...) sont parmi les plus virulents à imposer le passe-sanitaire, le masque médical ou la vaccination obligatoire.  Pourtant, il me semble que vouloir tout aseptiser est contraire à une notion saine de l'écologie. Les gens veulent tout à la fois : s'allonger dans l'herbe et tuer toutes les bêtes s'y trouvant ; profiter d'espaces naturels paradisiaques tout en continuant une vie de consommateur pollueur ; prôner la diversité tout en favorisant voire imposant un monde uniforme, une vue unique et fascisante ; profiter de rapports humains naturels à travers le téléphone portable ou les réseaux sociaux ; etc.

Pour être à soi il faut aussi des espaces de liberté pour chacun, et surtout pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes, afin qu'ils puissent développer leur sociabilité en s'amusant entre eux. Prendre du bon temps ne devrait être interdit à personne !

Aujourd'hui on nous force à nous diriger vers un « méta-univers » (appelé « métavers »), un monde parallèle virtuel connecté à la réalité et même à la chair (le passe sanitaire en est un premier exemple), ou plutôt dans lequel la réalité est connectée au virtuel et en devient une part. On perd son identité sociale pour une identité numérique, et le soi devient virtuel. On n'est plus dans le théâtre ou la mode : le jeu avec la représentation et la socialisation, mais dans une aliénation pure, un véritable cauchemar où l'être humain est beaucoup moins dépendant de l'harmonie de la nature, et plus du tout dans une organisation sociale démocratique,  évoluant dans un monde technologique géré par la machine et quelques personnes. Cette pollution est sans commune mesure. Nous baignons de plus en plus dans les ondes électromagnétiques qui nous affectent profondément (on devient de toute évidence plus stupides) ainsi que les autres êtres naturels qui nous entourent. Le sans fil nous fait consommer la planète comme jamais, les gens ayant un pied ici et la tête à des milliers de kilomètres. Nos relations sociales sont extrêmement atteintes et nous nous enfermons dans une bulle d'égoïsme où on se contemple à l'infini tout en nous dépersonnalisant. Comment s'en sortir ? Pour le moment je ne vois que ces solutions : – Abandonner toutes les technologies sans fil ; – Se donner au moins une journée par semaine sans écrans et plusieurs jours de vacances numériques par an ; – Apprendre à découvrir la nature qui nous entoure ; – Faire des exercices physiques (personnellement j’affectionne beaucoup le yoga) ; – Essayer de se réunir entre êtres humains comme autrefois en faisant la fête, en mangeant et buvant, voire en priant (pourquoi pas, et chacun à sa manière)… bien que les relations humaines aient été peut-être déjà irrémédiablement endommagées par le téléphone portable et autres technologies sans fil qui polluent notre réalité sociale et communautaire dans le sens humain et naturel du terme ; – Par un gandisme où l'on reprend en main notre vie coutumière naturelle (toilette, vêtements et attitudes distingués et/ou originaux, affabilité et politesse non contrainte, avoir du style…) ; – En conservant notre patrimoine ; – En investissant dans le concret et non pas le virtuel ; – En consommant moins et en cherchant à être le plus possible autonomes ; – En parlant un français recherché et poétique sans américanisme ; – En prenant conscience de la grandeur du monde, que la réalité virtuelle n’est qu’une prison et de notre liberté inhérente…

 

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Japonaises merveilleuses

Ci-dessus : Yamanbas

De toute ma vie, je n’ai jamais joué à la poupée, n’ai jamais été homosexuel et encore moins pédéraste, et ne pense pas être en quoi que ce soit pervers. Je ne juge personne, et considère que chacun peut faire ce qu’il veut s’il ne force personne à le suivre. Je me suis toujours intéressé aux mouvements de mode, depuis ma première adolescence, et cela de façon tout à fait naturelle, et continue de le faire malgré mon âge avancé, alors que ceux-ci concernent avant tout les adolescents et les jeunes adultes. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons, une d’entre elles étant une des sources principales de la mode : le goût pour le merveilleux. Du reste, en France on appelait « merveilleux » les petits-maîtres pendant tout le XVIIIe siècle et la première partie du XIXe. Pierre de La Mésangère (1761 – 1831) utilisait principalement ce terme dans le Journal des dames et des modes, et cela jusqu’à sa mort. J’ai donc un penchant pour l’invention, le goût, l’originalité… Et de tout cela les merveilleuses Japonaises n’en manquent pas.

De la mode au Japon, je ne savais pas grand-chose. Dernièrement, je me suis un peu plus renseigné. Qui ne connaît pas la silhouette féminine japonaise traditionnelle aux cheveux noirs portés en chignon, au visage maquillé entièrement de blanc, les yeux, la bouche et les joues étant rehaussées (maquillage qui peut ressembler à celui des femmes françaises du XVIIIe siècle), le kimono et les hautes chaussures de bois (les geta) ressemblant aux chopines et autres claque-patins des petits-maîtres français du Moyen-Âge au XVIIe siècle ? Je connaissais aussi les geishas dont le nom serait employé pour une femme excellant dans le domaine des arts. De loin, je voyais les nouvelles modes japonaises contemporaines (à partir de la fin du XIXe siècle) comme des sortes de parodies/copies de celles de l’Occident, ou bien plus récemment, associées à un univers enfantin de mangas (et autres dessins animés) et jeux vidéos, celui de la LOLITA des débuts des années 1990, avec sa KOGAL (ou KOGARU et SHIBUYA) utilisant le costume féminin de l’école en dehors de celle-ci avec notamment sa jupe très courte, et celui de la COSPLAY, s’habillant comme ses héros de la pop culture en particulier japonaise (mangas…). Je viens d’en découvrir d’autres, qui mélangent à cela un univers multiple de styles pompadours, enfantins, gothiques, modeuses… et qui forment des personnages parfois merveilleux… un émerveillement que les Japonais réussissent à intégrer à la vie coutumière, comme on le faisait autrefois en France.

L’univers de la mode japonaise est principalement féminin, avec la GYARU ou GAL noms qui seraient une déformation de l’anglais girl (fille). Ils sont en surtout utilisés à partir des années 1970, mais déjà à la fin du XIXe siècle la MODANGARU était une Japonaise suivant la mode occidentale. Jusqu’aux années 1950, les rues japonaises étaient des domaines de l’élégance où se côtoyaient tradition et modernité : de délicates Japonaises aux petits pas entravés, emmitouflées dans plusieurs kimonos, et d’élégants Japonais, suivant la mode occidentale du costume sur-mesure parfaitement taillé. Il y a chez beaucoup de Japonais un goût consommé pour l’élégance et la finesse, mais aussi pour le costume, et chez beaucoup de Japonaises une profonde revendication de féminité particulièrement présente chez les gyarus.

La gyaru semble être à l’opposé du modèle traditionnel de l’élégance japonaise. Pourtant, comme nous allons le voir elle n’est pas non plus une copie de modes occidentales, et son originalité l’inscrit tout à fait… finalement… dans la tradition japonaise… C’est peut-être cela que signifiait Rose Bertin lorsqu’elle disait que la mode est un éternel recommencement. Les modes japonaises sont aussi influencées par la Corée toute proche et la Chine, et il semblerait que la Chine actuellement s’inspire aussi de plus en plus des modes japonaises. Il s’agit là d’un autre élément de la mode : sa capacité non seulement à créer mais aussi à puiser dans d’autres cultures contemporaines ou anciennes. D’une manière générale, il y a chez certains Japonais… et même sans doute beaucoup, un goût délicat pour la mode. Et ce n’est pas pour rien que le principal quartier japonais à Paris est celui autour du Palais Royal, dans le triangle embrassé par la rue de Richelieu et la rue des Petits-champs, lieu qui était jusqu’au XIXe siècle celui de la mode française et de ses multiples métiers.

La gyaru est donc une jeune Japonaise à la mode… Si l’on peut dire, car finalement aucunes gyarus ne se ressemblent vraiment, toutes alliant ces fondamentaux de la mode que sont l’imitation et l’invention. Comme il est de logique, cela a évolué et continue de le faire aussi au cours du temps en divers mouvements.

La base principale de l’habit de la jeune Japonaise est son costume d’écolière, avec sa jupe très courte. La gyaru joue avec le yin et le yang qu’il représente, c’est-à-dire son côté aguichant voire affriolant et le voile enfantin d’une jeune fille sortant à peine de l’enfance. Je ne vais pas entrer plus avant dans la psychologie adolescente qui joue pourtant un rôle important dans la mode en général. Comme dit précédemment, la kogaru est une gal lycéenne qui porte ce costume en y ajoutant sa touche personnelle, celle-ci pouvant être très originale. Ce jeu avec les conventions et les règles fait partie de la mode. Réussir à être tout à fait original sans dépasser la mesure est un art.

La BODIKON joue particulièrement sur la sensualité, portant un habit court et moulant. Ce mot serait la forme elliptique de bodī konshasu ; c’est-à-dire « conscience du corps ». Ce genre de vêtement rappelle pour beaucoup la robe traditionnelle chinoise qui épouse peut-être encore plus harmonieusement les formes.

À partir de vers 1991, la ou le VISUAL KEI ‘choque’ visuellement, employant des éléments divers allant du punk au glam rock en passant par le gothique, le rococo et des éléments de tenues japonaises. De nombreux groupes de musique portent cette tendance. Il n’y a pas vraiment de règle dans ce style si ce n’est l’extravagance, l’outrance, cependant dans un style majoritairement rock’n’roll. En Occident, nous sommes habitués à ce genre, et finalement une gyaru, une shironuri (voir plus loin) et d’autres modes japonaises de ces dernières années, sont pour nous plus ‘choquantes’, provocantes…

Plus gentilles d’apparence, les lolitas se diversifient. Chez la GOTHIC LOLITA le nom dit tout. En japonais on utilise aussi le mot de « grotesque » qui est pris comme synonyme de « gothique ». Il y a beaucoup d’autres sortes de lolitas, l’INDUS LOLITA, la PUNK LOLITA, l’ARISTOCRATE LOLITA, la CLASSIQUE LOLITA, la Qi lolita ou WA LOLITA (mélangeant le style lolita aux habits traditionnels), la KURO LOLITA (entièrement habillée de noir), la shiro lolita ou SHIRONURI (entièrement habillée de blanc) et la pinku lolita (en rose), la FRUIT LOLITA, la MILITARY LOLITA, la STEAMPUNK LOLITA, etc. L’Oji Lolita ou KODONA opte quant à elle pour le style d’un homme de l’époque Victorienne, et la DOLLY KEI ou antique doll pour une mode inspirée des anciennes poupées occidentales. La SWEET LOLITA ressemble à un bonbon baroque, d’un style assez enfantin, peut-être un peu plus que pour la PRINCESS HIME. Hime (姫) signifie « princesse » ou « dame de qualité ». Comme pour la sweet lolita, la jupe courte évasée est récurrente, les hautes chaussettes et de mignonnes chaussures. S’ajoutent de nombreux falbalas, voiles, rubans, fleurs, etc. Souvent la coiffure est en hautes couettes. Les lolitas, comme d’autres gyarus, jouent avec le concept japonais de kawaii (ou kawaï), adjectif signifiant principalement « mignon ». La DECORA est très colorée et dans un univers plutôt enfantin. Elle fait penser à la fruit lolita. La FAIRY KEI est dans un style sweet Lolita revenant des années 1980. enfin l’OTOME a un style européen très doux.

La musique qu’écoutent nombre de ces jeunes femmes est la J-Pop, c’est-à-dire la musique japonaise influencée par l’Occident. Elles ont leurs lieux, leurs boutiques, comme pour les sweet lolitas la chaîne de boutiques de vêtements Angelic Pretty qui a même une succursale à Paris. Ces jeunes filles à leur mode ont aussi leurs revues (certaines n’existent plus) comme Larme, Fruits, Gothic & Lolita, Nylon, Egg, Hera, etc.

En opposition à ces styles souvent blancs, roses, pastels et enfantins, s’est aussi développé un autre beaucoup plus sombre que la lolita gothique ou que la kuro lolita… plus dépouillé, très noir, ténébreux… pas du tout kawaii (mignon).

En fait on retrouve une infinité de variations. Je le dis à nouveau : Les Japonais ont le même goût que les Français avaient autrefois pour la mode, l’habillement et aussi le déguisement. La cosplayeuse ou le cosplayeur, ou simplement la ou le cosplay, genre déjà évoqué, en est un exemple. Il s’agit de s’habiller comme un héros ou un autre personnage fictif par exemple de mangas. Les cosplays se vêtent ainsi de pied en cape lors de manifestations spécifiques, et on peut en rencontrer certains dans la rue s’y rendant. Cette mode est aussi assez encrée aux États-Unis.

Merveilleuses et merveilleux

Parmi les gyarus, celle que je trouve la plus intéressante est la GANGURO. Sa tête est comme l’exact négatif de celle de la Japonaise traditionnelle. Alors que cette dernière a le teint peint en blanc, les yeux et la bouche surlignés et les cheveux noirs, la ganguro a le visage le plus noir possible, les yeux et les lèvres sont maquillés de blanc et les cheveux sont le plus souvent blonds. L’habit est aussi différent, comme pour les autres gyarus, notamment au lieu d’être très long, il est très court. Au bout d’un certain temps, nombre de ganguros sont devenues ce que l’on a appelé des « sorcières de la montagne » : La YAMANBA  porte de grandes perruques colorées, a le teint très noir, et son maquillage est volontairement ‘tombant’ (voir ici et ici), ce qui la fait ressembler à une « sorcière de la montagne » (yamanba). Elle n’est plus dans le genre Suédoise bronzée en vacances à Tahiti, Honolulu ou au Texas de la ganguro. Elle se présente davantage comme l’opposé d’un objet de désir, tout en gardant sa féminité. Aujourd'hui ces styles des années 1970 - 2000 ne sont plus d’actualité, et ont été remplacés par certaines des modes ci-avant citées.

Ci-dessus et ci-dessous : Première de couverture et doubles-pages de Ganguro Girls : The Japenese « Black Face » par Kate klippensteen (Könemann, 2001).

Merveilleuses et merveilleux
 

Comme on peut le voir sur la vidéo ci-dessous, si les ganguros disent qu’elles vont dans un institut de bronzage chaque jour, il suffit d’un fond de teint très sombre pour faire illusion. Elles font aussi largement usage de la perruque et d’ornements (falbalas…)… comme les petites-maîtresses françaises du XVIIIe siècle… Dans la vidéo on note le costume d’écolière et l’érotisme en particulier du début de présentation, les petites-maîtresses étant souvent ainsi…

Par contre dans l’exemple ci-dessous, la ganguro a un vrai teint mâte… ce qui est sans doute encore moins bon pour la peau. Les questions du maquillage, du bronzage intensif comme d’autres altérations naturelles de la peau tel le tatouage posent tout de même quelques problèmes à prendre en considération.

Certaines jeunes Japonaises gardent la tradition du maquillage en blanc comme autrefois en France, avec la shironuri, où l’on peint le visage en blanc, comme dans la vidéo ci-dessous.

Ci-dessous une shironuri « grotesque », c’est-à-dire assez gothique, mais aussi ici inspirée par la nature.

La MORI est « une jeune femme de la forêt », beaucoup plus naturelle que les autres modes présentées précédemment, utilisant des couleurs allant du blanc au brun et d’autres se trouvant dans la nature. Elle est beaucoup moins maquillée, porte des vêtements amples et naturels. Ce style serait né vers 2006 – 2007 (voir ici).

Ces modes japonaises sont de véritables mouvements de mode. Bien que centrées sur le costume, elles impliquent aussi des quartiers comme Harajuku (un des quartiers de l’arrondissement de Shibuya à Tokyo) ou Koenji (quartier de l’arrondissement de Suginami à Tokyo) pour les plus ‘intellectuelles’ des gals, un vocabulaire, des mimiques, des lieux où l’on se restaure, danse, écoute de la musique… Les gyarus japonaises et leurs émules utilisent des stéréotypes que l’on retrouve dans toute l’histoire de la mode française et ses petits-maîtres, ou plutôt dans ce cas précis de ses petites-maîtresses : le goût pour le déguisement, le merveilleux, la modernité, l’esprit de contradiction, la rébellion, la pose, la sensualité, les falbalas et autres ornements, la fête, la création (l’innovation...), la conscience harmonique du coordonné, la frivolité, etc. Comme les petites maîtresses, elles sont adulées par une partie de la jeunesse et montrées du doigt par une part du reste de la société qui y voient des prostitués, des délurées ou des évaporées.

Si aujourd’hui, et depuis quelques dizaines d’années, en France on ne peut plus s’habiller de manière originale et sortir en toute insouciance, c’est que la rue est devenue très ‘lourde’ et même parfois dangereuse, ce qui n’est pas le cas au Japon, d’après ce que l’on m’a dit. L’uniformité n’est pas un signe de bonne santé sociétale, bien au contraire. J’ai souvent trouvé que des gens ordinaires dits « normaux » étaient franchement très tordus, et que le manque de goût pour l’émerveillement est un signe de mauvaise santé mentale… même si beaucoup pensent le contraire. Même le fait de voir de la simple beauté comme de la beauté simple, cela est envisagé comme une chose perverse ou pervertie dans nombre d’esprits. Pourquoi vouloir mélanger tout le monde ? Si nous sommes tous égaux, nous sommes aussi tous différents et pas du tout tous compatibles.

Ci-dessous quelques belles images de biches japonaises (voir sur la biche et le daim cet article et cet autre).

Avant de conclure, voici une brève bibliographie par ordre chronologique des parutions :
– Mode au Japon de Leonard Koren (Éditions Herscher, 1984), titre original : New Fashion Japan, 1984 ;
 Fresh Fruits par Shoichi Aoki (Phaidon Press, 2005) ;
– Gothic and Lolita par Masayuki Yoshinaga et Katsuhiko Shikawa (Phaidon Press, 2007) ;
– The Tokyo Look Book : Stylish to Spectacular, Goth to Gyaru, Sidewalk to Catwalk par Philomena Keet (The Tokyo Look Book, 2007).
– A Guide to Japanese Street Fashion : Including Lolita Fashion, Ganguro, Kogal, B S Zoku, Visual Kei, and Cosplay. Also a Look at the Most Popular Brands par Emeline Fort (Paperback, 2010) Cet ouvrage a été fait principalement à partir de sources internet.
– Fashioning Japanese Subcultures par Yuniya  Kawamura (Berg Publishers, 2012)
– Tokyo Street Style par Yoko Yagi, photographies de Tohru Yuasa (Tokyo Street Style par Yoko Yagi, 2018) ;
– Tokyo Fashion City : A Detailed Guide to Tokyo’s Trendiest Fashion Districts par Philomena Keet (Tuttle Publishing, 2019).

Les petites-maîtresses japonaises sont, comme pour les françaises, une première étape avant d’aborder une élégance plus consommée. Même si elles sont très différentes de la beauté classique nippone, se voulant résolument modernes et distinctes voire opposées, elles gardent dans leurs manières une façon (les anglais diraient fashion) spécifique à ce pays, et que l’on ne retrouve pas ailleurs. En même temps elles ont toutes les caractéristiques des petites maîtresses déjà évoquées. Quant à l’élégance japonaise proprement dite, je ne la connais pas, et serais toujours heureux d’apprendre sur ce sujet. Mais je ne me fais pas trop d'illusion, car déjà je ne connais pas la langue japonaise. Et puis, si l'élégance ne demande pas grand chose si ce n'est une propension au goût plus ou moins élevée, les cultures de l'élégance sont quant à elles multiples et nécessitent un apprentissage, sans doute long pour la culture de l'élégance japonaise.

Au sujet du goût, ces gyarus, comme les petites-maîtresses et les petits-maîtres en général, montrent que l'on se le forge de soi-même... qu'il n'y a pas vraiment de règles si ce n'est culturelles, même lorsque l'on est à contre-courant, et de récurrences qui viennent naturellement et que j'ai indiquées dans mes livres.

Concernant l’Asie, je connais une peu mieux la Chine, ayant eu une petite-amie hongkongaise pendant deux ans, et surtout le Tibet, dont j’ai étudié assidûment la culture pendant de nombreuses années, et aussi un peu certaines traditions indiennes, l’Inde étant un pays extrêmement riche. Au Tibet, on peut distinguer trois formes d’élégance : – une élégance de la forme qui prend diverses apparences : formes artistiques typiques, modes de la représentation… ; – une élégance de l’esprit, spirituelle, sans doute la plus développée ; – une élégance de l’action, avec notamment la tradition autour de Kalachakra et du royaume de Shambhala. Dans toutes les traditions, et même en chacun de nous se trouvent des trésors !

Ci-dessous : Une statuette qu’une Tibétaine m’a offerte, il y a de cela quelques années. Il s’agit de la ‘divinité’ féminine Tara, dite la mère des dieux ou plutôt des bouddhas (êtres éveillés). L’art tibétain est très codifié, mais le principal est sans doute l’état de méditation, de contemplation ou de sagesse que l’œuvre d’art offre. Les yeux sont particulièrement importants, et c’est généralement un dignitaire religieux qui les dessine, les ouvre. Dans l’Égypte ancienne, c’était la bouche de la statue importante que l’on ‘ouvrait’. La vue est un élément primordial dans la spiritualité tibétaine, la vue intérieure symbolisée sur le visage de Tara par le troisième œil. La statue, comme l’oeuvre d’art en général doivent communiquer par la voie visuelle cette vue ‘intérieure’, le mot intérieur étant relatif car les bornes entre l’intérieur et l’extérieur s’avèrent inexistantes. Dans l’être humain, par contre, c’est la fontanelle du haut du crâne que l’on ouvre lors d'une pratique de méditation.

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École de la mode

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Ci-dessus, carte postale : « FOYERS OÙ ON TISSAIT LA LAINE, LA SOIE OU LA DENTELLE ». « EXPOSITION DE CLERMONT-FERRAND 1910 – Exposition des petites industries rurales. Ceux que le métier à tisser faisait vivre autrefois ».

D’après moi, toute école de mode devrait commencer son initiation à la campagne, au milieu de champs de lin, d’ortie, de chanvre… parmi des moutons et des chèvres et des plantes tinctoriales, parfumées, etc. Les élèves devraient apprendre à semer, faire pousser, nourrir,  récolter, tondre, carder, filer, tisser, tricoter, réaliser de la dentelle, teindre, imprimer, tailler, coudre, façonner, blanchir, repasser... pour ne parler que du vêtement.

Aujourd’hui, nous sommes dans un monde où on oublie la base. Pourtant sans socle on ne fonde rien… en tout cas rien de bon et de durable. Ce n’est qu’après avoir acquis cette connaissance première, que l’on peut affiner… et après avoir cette vue d’ensemble que chacun peut choisir là où il veut évoluer, avec la possibilité aussi d’être autonome ou pas (sur l’autonomie voir cet article). Cette connaissance panoramique permet de respecter toutes les étapes qui font la mode. Et puis commencer son apprentissage sous la tutelle de dame nature est une bonne chose pour les jeunes, car les univers pastoral et bucolique sont des mondes d’amour, et parce qu’on s’y ouvre à des états d’esprit et de conscience autres. Et puis en ces temps technologiques et de dématérialisation, on a vraiment besoin d’en revenir à la matière, aux gestes, à l'autonomie, au savoir, au contact entre nous et avec la terre, les plantes, les animaux et les éléments. Il me semble qu’il est important de prendre conscience de nos actes et de l’univers dans lequel nous évoluons. Le consommateur lui-même devrait avoir cette conscience. Quand il achète un produit de prêt-à-porter en coton, il devrait y voir en même temps les champs industriels et toutes les étapes polluantes pour arriver à le fabriquer, sans parler des textiles synthétiques qui eux mêmes sont des pollueurs ; quand il porte du cuir, il devrait bien assumer qu’il a fait tuer un animal pour cela, etc. Prendre conscience de notre environnement et de nos actes nous ouvre à un monde moins étroitement lié à notre égo et à notre égoïsme, et permet de faire davantage de bien, ne serait-ce qu’à nous-mêmes en nous permettant d’éviter bien des écueils en distinguant davantage ce qui est bon.

Ci-dessous : Centre d’une assiette du XIXe siècle représentant « Ste Geneviève patronne de Paris ». Sainte Geneviève est traditionnellement représentée filant la laine au milieu de moutons. Voir les autres assiettes de ma collection ici.

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Sur Internet on trouve beaucoup de vidéos sur les travaux de base de la confection de tissus, l’utilisation de vieux métiers à tisser, les plantes tinctoriales, etc. En voici une ci-dessous sur le cardage, le filage, le tissage et la teinture.

Autres articles de ce blog :

– Lyon : capitale française de la soie.

– Industrie de la mode : l'exemple de la région stéphanoise

– Le ruban, c'est la mode !

– L’esprit et la main : Héritage et savoir-faire des ateliers du Mobilier national

– L’art en broderie au Moyen-Âge

Ci-dessous : Lithographie, pleine page, provenant d’une revue du XIXe siècle :
« UNE ATTENTION DÉLICATE.
– Comment trouves-tu ce schall [ainsi écrit autrefois], chère amie ?… je l’ai choisi moi-même…
– Charmant, délicieux ; mais je n’avais pas besoin de cela pour t’aimer… cher Edouard !… »

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Les mouvements de modes des années 1980

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Plusieurs philosophes niaient l’existence du mouvement, comme Parménide, Diodore Cronos, Mélissos ou Zenon d’Elée. Il y aurait une succession de moments, le mouvement n’étant nulle part, ne pouvant être trouvé. On pourrait même dire que non seulement il n’y a pas de mouvement, mais pas non plus une succession de moments, mais un seul moment de toute éternité. Quand j’écris cela, il me semble que je bouge… Est-ce une illusion ? Quoi qu’il en soit, un objectif louable est de chercher les rythmes les meilleurs par rapport à notre condition d’être humain. Les hommes étant aussi tous différents, la mesure de l’excellence est sans doute celle de soi-même, et on n’a rien à imposer à quiconque. Cependant, le vivre ensemble constitue une danse dont il est préférable qu’elle ne nous incite pas à nous marcher sur les pieds les uns sur les autres, mais à vivre le plus harmonieusement possible ensemble. Tout semble remuer, en constant mouvement. Même la pierre bouge, beaucoup moins rapidement que l’escargot certes, mais elle est mue et se transforme, naissant et mourant… La société actuelle est même dans une frénésie du mouvement. Les rythmes qui la constituent sont multiples, et dans quelques articles je vais évoquer ce que l’on appelle à partir de la fin des années 1970 « les mouvements de mode » durant tout le XXe siècle jusqu’à aujourd’hui, rythmes populaires demandant peu de moyens, peu de connaissances, peu de dextérité, peu de goût, mais de l’imagination, de l’inventivité et de la fantaisie, ce qui est déjà bien. On est dans une culture populaire : « pop », non pas portée par des maîtres en une matière, comme peuvent l’être les philosophes, les grands compositeurs, les grands interprètes… mais par chaque personne qui la suit et la réinvente constamment.

Dans les années 1980, en France, il me semble que la seule chose vraiment appréciable était l’insouciance sexuelle que l’on pouvait encore avoir. L’hétérosexualité était alors un jeu d’autant plus anodin que depuis 1967 la pilule contraceptive permettait d’éviter la grossesse. Cependant, ces années virent aussi l’apparition du SIDA qui fit progressivement s’écrouler l’insouciance sexuelle surtout apanage des années 70. Pour le reste, c’était les années Mitterrand, président qui, sous des dehors socialistes travaillait pour la mondialisation effrénée et ses yuppies, pendant que d’un autre côté il inventait l’austérité pour les Français... politique qui n'a plus cessé depuis... s'empirant même...

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La France devenait définitivement fracturée. Seuls certains milieux arrivaient à vraiment faire la fête et à être inventifs, comme les branchés du Palace et des Bains douches, endroits dans lesquels on retrouvait mannequins, acteurs, publicitaires et autres créateurs répandant une esthétique à la Jean-Paul Goude (né en 1940) ou Jean-Baptiste Mondino (né en 1949). Si on parlait encore du noctambule, celui-ci disparut  progressivement après la fin des anciennes Halles de Paris, déménagées à Rungis en 1969, et qui offraient de quoi se sustenter toute la nuit et jusqu'au petit matin, avec notamment des bistrots comme Le Père tranquille, toujours présent. Les anciens et peu nombreux punks, souvent des 'privilégiés' ayant les loisirs de se rendre régulièrement à Londres, étaient devenus new waves et branchés. Les jet-setteurs et autres baroudeurs new ages parcouraient les fêtes du monde de Goa à Ibiza, suivis par des flopées de touristes. La revue Actuel parlait de « village global » et le monde semblait être devenu tout petit et de plus en plus oppressant pour ceux ayant un minimum de conscience morale et intellectuelle ; coincés dans l’austérité mitterrandienne.

Au niveau musical, en France il n'y avait vraiment pas grand chose. L’apparition des Beruriers noirs et de leurs amis (voir ici) fut un bol d’air frais, réhabilitant la folie carnavalesque et fêtarde française. Mais ce ne fut qu’une sorte d’étoile filante qui ne toucha finalement que peu de jeunes. On parlait alors de « milieu alternatif ».

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Le rap français était assez riche, avec de nombreux breakdancers (aux États-Unis certains se faisaient appelés « schtroumpfs » parce qu'en survêtement bleu et portant une sorte de haut bonnet) et groupes. L’énergie était là, cependant cantonnée surtout aux banlieues qui faisaient alors des rêves américains. Ces exemples montrent que la jeunesse française était surtout focalisée sur ce qui se passait Outre-Manche et Outre-Atlantique, et c’était le cas pour la plus grande partie du reste des mouvements, comme avec les gothiques, la house music, les pirates new romantics, les funs, etc. On employait alors l’expression « mouvements de mode », vulgarisée par le livre Les Mouvements de mode expliqués aux parents de Hector Obalk, Alexandre Pasche et Alain Soral, paru en 1984 (voir ci-dessous quelques pages de cet ouvrage consacrées au new wave).

Quelques fanzines existaient, et j’en ai créés  plusieurs, surtout intéressés par ce que l’on appelait « la musique industrielle », pas très rigolote non plus, mais jouant avec des sons vraiment contemporains, dans un monde dominé par la technologie.

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Dans le nord de la France, la Belgique, l’Allemagne… le mouvement de musique industrielle  qui jouait avec des sons contemporains d’un monde dominé par la technologie, était assez prononcé et donna notamment l’Electronic body music (EBM), avec des groupes comme Front 242. Selon moi, ce fut le mouvement le plus intéressant des années 1980 en Europe, Angleterre exceptée bien sûr.

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Pour le reste en France, parmi les journalistes ceux qui se distinguaient le plus dans le domaine des mouvements de mode travaillaient pour la revue Actuel, avec quelques-uns pour le journal Libération. Actuel lança le mouvement Sono mondial, qui était très festif et se cantonnait surtout autour du siège de Nova Press (Actuel, Radio Nova…) dans les rues de Lappe et de la Roquette dans le XIe arrondissement de Paris. Parmi cette sono mondiale se distinguaient largement les sapeurs, la SAPE (Société des ambianceurs et des personnes élégantes), issue du Congo, étant un des mouvements les plus originaux des années 1980 à Paris, et surtout particulièrement en phase avec l’esprit « petits-maîtres »… et j’en parle dans mes livres.

Toujours dans l’esprit « petits-maîtres », mais cette fois plus ‘bourgeois’, il y avait bien sûr les Versaillais et les BCBG  dont le nom de ces derniers en dit long sur la parenté avec le bon genre et le chic de l’Ancien Régime. Parmi les autres endroits qui bougeaient, citons le festival des Transmusicales à Rennes. À évoquer, tout cela semble beaucoup, mais n’était vraiment pas grand-chose. Par contre, à Londres cela bougeait vraiment bien.

Se promener dans certaines rues de Londres du début des années 1980 était magique, comme à King's Road, à Soho ou à Camden Town. On y croisait les apparences les plus merveilleuses et extraordinaires : des punks, des new-waves, des gothics, des funs, des skinheads (voir ici), des skas, des rockabillys, des psychobillys, des mods revival (voir ci-dessous), des pirates new romantics (voir ici), etc. Le swinging London était toujours là. L’art se faisait véritablement dans la rue.

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Ces mouvements étaient portés par de nombreux lieux de concerts, clubs, pubs (où l’on jouait de la musique), labels, boutiques, revues comme le New Musical Express (NME), émissions (de TV, radio), de fanzines, etc. C’était d’autant plus époustouflant qu’il y avait encore un grand contraste entre ces jeunes et une société anglaise ayant toujours un certain type aristocratique vieille Angleterre… pas encore broyé dans l’uniformisation mondialisée.

Aux États-Unis d'anciens hippies étaient devenus new-ages, et l'Acid house débutait, se répandant en Angleterre puis dans toute l'Europe à travers les rave-parties  et une musique électronique ou techno pleine de ramifications. Avec cela il faut ajouter les rastas, toujours d'actualité. Les punks devenaient anarcho-punks, punks no wave, punks not dead, punks harcore, punks alternatifs, postive punks, crusts ou d-beat. Le hard-rock des années 1970 se poursuivait aussi, se mélangeant parfois au punk, dorénavant davantage 'metal', avec le metal extrême, le speed metal, le trash metal ou le grindcore.

Ci-dessous : Extraits du film de 2002 24 Hour Party People, réalisé par Michael Winterbottom et évoquant le punk, la new wave et les débuts du mouvement techno avec The Haçienda et le label Factory Records à Manchester. Le film en entier est visible ici.

En France, la mode vestimentaire ne suivait pas les mêmes règles, celles-ci étant dorénavant surtout dictées, non plus par la rue comme encore en Angleterre, mais par les grands couturiers, eux-mêmes disparaissant au profit de l’industrie du prêt-à-porter. Malgré cette hégémonie du prêt-à-porter, l’Angleterre s’en sortait encore, les jeunes inventant à partir de rien, comme pour les punks, les skins et les funs aux coiffures colorées ; s’habillant en partie dans les marchés aux puces de Camden town, comme pour les mods, les goths ou les skas, et approvisionnés par de nombreuses petites boutiques spécialisées et créateurs patentés de vêtements, coiffures et autres falbalas très imaginatifs.

Merveilleuses et merveilleux

Les mouvements de mode anglais étaient alors vraiment en relation avec la mode au sens large et ses rythmes. Même les punks, qui étaient une sorte d’anti-thèse de la mode, sont nés en grande partie dans l’imagination d’une styliste (Vivienne Westwood née en 1941, sur son évolution voir ici et ici) et de son compagnon Malcolm McLaren (1946 – 2010), gérants de la fameuse boutique de fringues (je rappelle que ce mot est très ancien), prénommée « SEX » et située au 430 Kings Road à Londres.

La vidéo ci-dessus met en avant l’idée de pose. C’est un élément important de la mode, et j’en parle ici et ici, et d’une manière générale de l’art, qui en quelque sorte fige le mouvement ou le sublime. Il s’agit de prendre une attitude, et en même temps de se poser, de se reposer en elle, de faire une pause, d’une suspension dans le temps, d’un intervalle. Les deux mots viennent eu latin pausare (faire une pause, cesser, faire une trêve…), confondu pour le premier aussi avec le verbe ponere (poser, placer, mettre…).

Merveilleuses et merveilleux

Ce n’est qu’à partir des mouvances techno et grunge des années 1990 que la mode vestimentaire fut vraiment conspuée. Cependant le style de ces mouvements devint rapidement à la mode dans le monde entier : le ‘sans-style’. Si Jean-Paul Gaultier (né en 1952) a initié ce genre, il a été repris par la plupart des ‘grands couturiers’, et par la grande distribution, le prêt-à-porter s’accommodant particulièrement bien d’une mode contre la mode lui permettant d’écouler ses habits uniformisés et synthétiques. Dans les années 2000, les gens se sont mis à parader sur Internet et en particulier dans des réseaux sociaux, comme Myspace créé en 2003, originellement dédié à la musique et aux styles dérivés.

Ci-dessous une vidéo de Too Shy, datant de 1983, de Kajagoogoo, un groupe dans la mouvance de Duran Duran ou Banarama, c'est à dire d'un style plutôt new romantic et fun, deux tendances assez pops (surtout la seconde) de la new wave des années 80. Cette vidéo met en scène un voyage dans le XXe siècle au milieu des danseurs d'un club londonien, depuis l'après guerre (1945), jusqu'aux new waves en passant par les hippies psychédéliques. Il manque beaucoup d'autres styles bien sûr, comme les teddy boys, mods, glam rockers, punks... durant ces quarante années l'Angleterre étant très riche de nouveaux courants.

Aujourd’hui la plupart des personnes vivent à travers les réseaux sociaux, tellement que la réalité même s’efface derrière une pensée marchande unique et une hypnose collective numérique. Quelques néo-babas alternatifs résistent cependant et l’utopie politique est toujours d’actualité. Il est évident que plus rien ne se joue sur Internet, pas même dans les cercles prestigieux qui ‘gouvernent le monde’, mais que tout se joue dans notre coeur, en nous. Nous sommes ce que nous voyons dans le miroir de l'avenir !

Merveilleuses et merveilleux

« Everybody wants to rule the world ». Tout le monde veut gérer le monde mais peu sont capables de se gérer eux-mêmes.

En conclusion de cet article, malgré la ‘popéristion’ (du mot « pop ») industrielle, marchande et financière mondialisée, l’Angleterre du tout début des années 1980 était un bastion de la mode dans le vrai sens du terme : une invention populaire (au sens large regroupant toutes les classes de la société), festive et merveilleuse.

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La masculinité contemporaine

Merveilleuses et merveilleux

Il me semble que nous sommes à une époque où on nous impose majoritairement le glauque, le stupide et le pervers. Il suffit de regarder autour de soi pour s’en persuader, avec tous ces gens qui se masquent même dans la rue, qui forcent les autres à le faire à l’intérieur, avec le passe-sanitaire que l’on rend obligatoire (personnellement je ne suis pas vacciné, et ne porte un masque que lorsque l'on m'y oblige et sur lequel est marqué « TYRANNIE »), avec tout un camaïeu de pollutions et tant d’autres horreurs dont nous subissons le spectacle et l’humiliation quotidiens… Même ce que j’analyse dans ce blog comme étant positif, bon et beau, ne l’est souvent qu’en partie… parfois même en très petite partie. C’est en particulier vrai pour les mouvements de mode du XXe siècle et de ce début de XXIe. C’est la raison pour laquelle jusqu’à présent je n’ai pas parlé de cela et me suis cantonné aux petits-maîtres de l’Ancien régime, comme premier palier pour évoquer l’élégance. Je me rends bien compte que les petits-petits-maîtres et encore davantage les élégances d’un kaloskagathos grec, d’une persona virtuosa romaine, d’une gente dame, d’un bel sire, d’une personne courtoise, galante ou honnête français n’intéressent presque personne, et que les gens préfèrent pour la plupart vivre masqués, bétonnés, dans l’illusion d’écrans et d’ondes électro-magnétiques portant une infinité de mensonges comme celui que d’être égoïste consiste à être altruiste. Il faut donc prendre ce que j’écris, en particulier sur les mouvements de mode du XXe et début XXIe siècles, comme un espoir et une recherche d’émerveillement dans un monde plus proche et contemporain… démarche sans doute stupide. Mais la vie m’a appris que l’espoir, même s’il n’est peut-être rien, que de la fumée, fait toute la vie de l’être humain (ou de la plupart), que sans lui  ce dernier n’est généralement que perdu dans les ténèbres qu'elles soient réelles,  créées (comme l'égoïsme ou la méchanceté) ou subies. Gardons donc l’espoir.

Après cette introduction, j'en viens à mon article. Ces derniers temps, j’ai croisé plusieurs fois dans Paris des hommes portant des talons hauts assez carrés, comme au XVIIe siècle, avec des cheveux assez longs et bouclés, une ou deux boucles d’oreilles, des bijoux… Cela donne un style que l’on pourrait qualifier de féminin aujourd’hui, mais que l’on retrouve assez chez les gommeux, les petits-maîtres et de manière générale chez les hommes de l’Ancien Régime. Ces derniers pouvaient être beaucoup plus délicats dans leur mise que ceux d’aujourd’hui, comme aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec leurs grandes perruques, leurs dentelles, etc.

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Il semblerait que ce soit le créateur anglais Thom Browne qui ait remis au goût du jour les talons pour hommes en 2017. Certains mannequins masculins auraient même refusé de défiler pour lui à cause de cela (voir ici).

En 2020 cette tendance est devenue courante dans les défilés de mode (voir ici) et aussi dans la rue comme on peut le constater. Évidemment, la mode vestimentaire pousse à cette sorte d’androgynie, le prêt-à-porter s’accordant très bien de cela. Mais ce n’est pas nouveau. Ce mouvement a commencé dans les années 1980 avec Jean-Paul Gautier et notamment ses jupes-hommes. Dans les années 1990, beaucoup de jeunes hommes s’habillaient en reprenant des stéréotypes vestimentaires homosexuels, sans être de cette affinité sexuelle. En 1994, le journaliste britannique à The Independent, Mark Simpson, inventa le terme de « métrosexuel » pour un homme fortement soucieux de son apparence, quel que soit son genre ou son orientation sexuelle. Cette évolution s’est donc faite naturellement. Comme l’écrivait Géraldine Dormoy, le 19 janvier 2011 dans cet article : « Loin des drag queens déjantées des années 1990, la figure transgenre des années 2010 frappe par son naturel. » Voir aussi cet article et celui-ci.

Rappelons que durant l’Antiquité, et jusqu’au XIIIe siècle, l’habit masculin divergeait peu du féminin, la base pour les deux étant la tunique et le manteau. Dans les pays du nord de l’Europe, comme la France, les militaires et certains travailleurs comme les paysans, portaient aussi la braie, l’ancêtre du pantalon, puis les chausses. Ailleurs, et en particulier dans l’aristocratie, la bourgeoisie et le clergé, la tunique et le drapé restaient de rigueur. Au Moyen Âge on appelait « robe » l'habillement, ainsi que l'ensemble des habits taillés dans une même étoffe (un même drap) ou appartenant à un même ensemble, de même que l'habit de dessus masculin ou féminin, la tunique et toutes sortes d'habillements : robe de nuit, robe linge, etc. Le terme de « garde-robe » vient de là. À partir du XIIIe siècle, le vêtement devint beaucoup plus cousu, et donc genré, les corps de la femme et de l’homme étant différents non seulement au niveau de la forme mais aussi de la physiologie, la femme ayant un rythme menstruel, des grossesses, etc. Mais l’homme se parait autant que la femme, voire davantage. C’était en particulier le cas aux XVIe et XVIIe siècles, avec les parements et les dentelles multiples, les perruques, etc. Les mignons du XVIe siècle et d’autres hommes aussi portaient des boucles d’oreille, des colliers (de perles par exemple), des bagues…

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La mode vestimentaire féminine empruntait parfois au vestiaire masculin. La tenue féminine d’équitation notamment copiait la masculine en y ajoutant la robe. Les femmes montant à cheval étaient appelées des « amazones ». Ce n’est qu’avant la première guerre mondiale (1914 – 18) que les femmes prirent à grande échelle des éléments du costume masculin dans la vie courante, ce qui fut en particulier le cas après cette guerre, avec la garçonne des Années folles. À partir de la légalisation de la pilule contraceptive (1967 en France), la mode féminine devint de plus en plus masculinisée, mais toujours pas l’inverse, quoique les hippies femmes comme hommes se ressemblaient beaucoup avec leurs cheveux longs et leurs tenues fleuries. À partir des années 1980 et surtout 2010 l’apparence masculine devint plus féminine. Je le répète, il ne s’agit pas de s’habiller en fille, comme peuvent le faire les transsexuels ou certains fétichistes, mais de reprendre des codes vestimentaires qui étaient autrefois aussi masculins, comme les cheveux longs, les hauts talons, la robe, etc. Il est amusant de constater, que ce sont souvent des hommes musulmans ou africains qui ont remis au goût du jour dans la rue la robe chez les hommes.

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Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la masculinité ne consiste pas obligatoirement à un dépouillement ou une sobriété vestimentaire. Le caractère mâle ne s’identifie pas à cela, au contraire. Dans la nature, les animaux mâles sont généralement beaucoup plus coquets que les femelles. Ils cherchent beaucoup plus à séduire que ne le font ces dernières. Ils se parent de crinière, de merveilleuses plumes et de multiples autres ornements parfois somptueux. Cela est donc naturel à la masculinité. Ce jeu de la séduction permet aussi de transcender le désir ou de le maîtriser, afin de ne pas être dans l’expectative d’un désir assouvi dans le futur, mais dans le plaisir de l’instant qu’apporte le soin de la séduction… de la parade… le jeu des apparences…

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Le mauvais genre

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J’ai écrit sur le bon genre et le bon ton ici et ici, sur le bon goût ici et ici, le bon air ici et le BCBG (bon chic bon genre) ici et ici. Autrefois, avoir du style, de la manière, est primordial en France, et cela depuis les temps les plus anciens jusqu’à la seconde guerre mondiale, celle-ci sonnant le glas de l’indépendance. Cela l’est tellement que même les gens malfamés en ont ! Ils ont du genre… mais du mauvais.

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Ce mauvais genre peut avoir du style : Il invente un costume, ses coutumes, son langage (son patois, sa langue verte…), ses danses, sa musique, ses convenances, etc. Les milieux les plus pauvres ne sont pas en reste… au contraire, car cela leur apporte une richesse, qui n’est pas pécuniaire mais pas moins réelle, et elle aussi régie par des conventions.

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Les noms de certains mouvements de mode sont même puisés dans le registre du mauvais genre, comme pour le racaille, le grunge, le batcave, le punk, le hippy, le poisseux (nom qui fait penser au greaser anglo-saxon), le crevé, le cacouac (qui veut dire mauvais qui fait des couacs), le roué, etc.

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Les apaches de l’entre-deux-guerres n’ont pas un nom évoquant le malfamé, mais ont un genre très marqué de mauvais garçons à la distinction plutôt animale. Ils ont leur danse (la java), leur musique, leurs chansons, leurs bistrots, leurs guinguettes, bals... leur costume (casquette, rouflaquettes…), leurs quartiers (comme Bastille et Ménilmontant), leur argot, etc. Ce nom est donné dès le début du XXe siècle, et les apaches ne disparaissent qu'avec la seconde guerre mondiale.

 
 
L’actrice Arletty (1898 – 1992), que l’on voit dans l’exemple ci-dessus, a un genre à la mode durant l’entre-deux-guerres, un peu garçonne sportive montparnos et un peu gigolette déglinguée et démantibulée, comme dans le film Un Chien qui Rapporte de 1931 (voir ici). Dans le genre démantibulée, on a un merveilleux exemple ci-dessous à 0:33'.
 
 
 
 
Merveilleuses et merveilleux
 
On pourrait se dire qu’à notre époque très troublée, il y a des choses plus importantes à faire que de parler casquette et rouflaquettes. Il me semble que dans tous les cas la première chose à faire est de se relaxer. À partir de là le champ s’ouvre et on agit davantage en pleine lumière, en pleine distinction, de manière juste. Si ce champ est envahi par de sombres choses, on sauve ce que l’on peut sauver. Dans tous les cas, on ne fait pas semblant, ce qui nous rend d’autant plus précieux, car une chose authentique est préférable à sa copie. Ne nous berçons pas d’illusions et ouvrons-nous… tout simplement… Ouvrons nos yeux… notre âme… Et restons gais… tendrement gais…

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Philosophie de l’élégance XVI : La richesse, ou le pauvre monsieur riche

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Lorsque l’on écoute les économistes et les politiques et les êtres humains en général, on a l’impression qu’il n’existe qu’une seule richesse : la possession, et que dans la possession, celle de l’argent surpasse toutes les autres. Cela est tellement vrai, que de nos jours on aide surtout les banques, mise tout sur la création monétaire et ne pense que marchés, CAC 40 et autres indices boursiers… Même le travail, idée sur laquelle toute la société moderne post Ancien régime s’était fondée, n’a plus de valeur. Seul l’argent compte, l’argent pour l’argent ! Et cet argent que l’on crée à partir de rien, on le donne en très grande majorité aux plus 'riches' et leurs sociétés qui brassent surtout du vent. Ce sont des jeux de pouvoir, et en cela l’exemple des GAFAM aux États-Unis est édifiant.

La richesse de l’élégance est bien au-delà de l’argent. Beaucoup d’élégants l’ont même méprisé. Du reste, dans tout l’Ancien Régime et encore jusque dans les années 1970 en France, il était d’extrême mauvais genre d’en parler. Je me souviens qu’encore enfant, c'était toujours le cas. Le terme de « bourgeois » était très péjoratif autrefois, non seulement chez les aristocrates mais aussi dans les autres classes de la société. Au XIXe siècle, ce mot était une insulte chez les petits-maîtres, comme les Romantiques (Nouvelle France), et en général chez les artistes. Si vous n’appréciez pas quelque chose, vous affirmiez que c’était d’un style bourgeois et tout était dit !

Tant qu’on ne verra comme richesse que l’argent, notre société n’évoluera pas et continuera sa régression. Les autres richesses sont multiples. Il y en a que l’on a toujours considérées comme allant de soi, mais qui aujourd’hui sont très détériorées, comme l’air que l’on respire (de plus en plus pollué) ou le soleil (de plus en plus agressif du fait de la pollution)… La terre était par contre un sujet de guerres et l’eau une préoccupation quotidienne pour beaucoup. Une terre et une eau saines sont des richesses incommensurables. Le savoir est une richesse extrêmement importante : Une personne peut mourir d’une maladie simplement par ignorance, alors que la plante qui peut la guérir pousse devant sa porte. Les diversités sont une autre forme de l’abondance, et celles-ci n’ont fait que diminuer au profit d’une culture (invoquant notamment une pseudo diversité) et d’une pensée uniques. L’amour est une autre richesse (dont l'amitié, etc.), ainsi que la paix, la santé, la raison, le patrimoine, la valeur humaine et bien d’autres qui ne s’acquièrent pas par l’argent… tout au contraire…

La crise orchestrée autour du covid aura mis en avant plusieurs choses, dont la pauvreté de ceux qui sont soi-disant riches. Plus vous êtes ‘riche’, plus vous avez du mal à abandonner cette fausse richesse. Il y a la pauvreté même de la vie sociale humaine : Il suffit de voir les gens s’obligeant à mettre un masque médical et se comporter en gendarmes pour pouvoir conserver un métier, une vie de famille, partir en vacances, etc. Pour cela, on les dirait prêts à faire un pacte avec le diable ! Bien sûr notre corps nous impose des contraintes ; mais pourquoi en ajouter d’autres ? La plupart de ce que nous considérons comme des nécessités et des richesses sont tout le contraire : ce qui nous enfonce dans une pauvreté bien pire que celle que nous fuyons. Évidemment, il est nécessaire de ne pas juger, mais je dis cela pour justement sortir de cette misère. Nous avons chacun besoin de peu, le reste n’étant que partage de la richesse… et non pas de la misère bien sûr ! La richesse engendre naturellement la richesse. Si cela devient impossible, alors restons raisonnablement pauvres. Notre liberté de choix est un indicateur de cette richesse dans la pauvreté. Je ne pense pas, comme le Christ, que la personne riche en possessions doive abandonner cette abondance matérielle pour suivre la ‘véritable’ richesse (selon lui sa doctrine et Dieu). Je pense simplement que la possession ne doit pas la laisser sombrer dans une misère plus profonde que celle d’être pauvre. Encore une fois, il n’est pas question de préceptes, de dogmes définitifs, mais de mesure. Certains signes nous donnent des indications concernant notre état. Et de toute évidence les pays dits riches sont devenus pauvres !

Ceci dit, la richesse est entièrement relative. Elle est conditionnée d’abord par des éléments physiologiques qui changent selon les espèces et les individus. Elle l’est ensuite par des effets culturels et de mimétisme. Enfin la rareté compte. Dans le terme de « richesse » se tient une idée de superflu. Là aussi c’est relatif, car ce qui est essentiel pour certains est du superflu pour d’autres. Par exemple, personnellement je n’ai jamais pu m’habituer au métro ou à la vie en appartement ; alors que d’autres s’accommodent très bien de ce moyen de transport et de ce genre de logement. On distingue donc le nécessaire du superflu. La nécessité est selon Thalès la chose la plus puissante, car elle vient à bout de tout, elle triomphe de tout. Sans le nécessaire, qui je le dis une nouvelle fois n’est pas le même selon les êtres, on souffre voire meurt. Et si on peut s’habituer à beaucoup de choses, et même très mauvaises, on ne peut survivre dignement, ou même survivre tout court, sans le nécessaire.

Pour la plupart il est difficile de simplifier leur vie et d’éviter les méchants. La cause en est peut-être, dans le premier cas que nous ne connaissons pas la mesure, notre mesure, et dans le second que nous sommes constamment entourés du désir des autres qui réveille le nôtre dans une noria qui, si elle n’est pas une danse gérée harmonieusement est un enfer. Comme le disent des philosophes aussi bien occidentaux qu’orientaux : l’ignorance engendre le désir qui mène à la colère qui crée l’ignorance et ainsi de suite. Diogène Laërce écrit que, d'après Épicure, les malheurs des êtres humains viennent de la haine, de l'envie ou du mépris, et que c'est grâce à la raison que l'on peut éviter ces travers (Source). Je trouve le terme de « mépris » meilleur que celui d’« ignorance », car le contraire du premier mot implique de la compassion, une attention à la vie.

Ce que je dis là peut sembler un peu dur. Pourtant je ne voudrais être que douceur. Les dogmes, les discours ne nous apprennent rien. Le mieux qu’ils puissent faire c’est de nous apporter du réconfort. D’après Diogène Laërce (toujours... je le lis et relis depuis des mois y trouvant toujours davantage), pour certains philosophes sceptiques la fin de l’Homme est la douceur : πραότητα (traduction de πραότητα). J’ai déjà parlé de la douceur dans cet article, notion particulièrement importante dans la France de l’Ancien Régime et dans le domaine de l’élégance.

Quand j’étais jeune, même enfant, je ne considérais rien de plus important que de distraire les autres. Cela me semblait bizarre, mais je ne voyais rien d’autre de bon à faire. Aujourd’hui je le pense toujours… et cela me semble toujours aussi étrange… De nos jours, le simple fait de distraire peut être considéré comme un acte subversif, si on ne le fait pas dans la norme, si on ne suit pas le passe, qu'il soit sanitaire ou autre, et nous nous enfonçons toujours davantage dans la misère du pauvre monsieur riche.

Photographie ci-dessus : Gravure du début de la fin du XVIIIe siècle : « LE RICHE DU JOUR OU LE PRÉTEUR SUR GAGES. Je prête, Madame, à mes Concitoyens à deux cents pour cent d’intérêts. » « Gravé par J. L. Julien » (Laurent Joseph Julien (17… – 1805). J'ai déjà présenté cette estampe dans un autre article de ce blog. Un jeune paysan a pris, durant le Directoire, les habits modernes d'un incroyable pour se faire prêteur sur gages et ruiner la vieille femme d'Ancien Régime déjà famélique qui est dépossédée de ses derniers bijoux.

 

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Les skinheads, réflexions sur la guerre, la colère et la violence

Ci-dessus : Photographie provenant du livre Style tribes : the fashion of subcultures de Caroline Young (Frances Lincoln Publishers Ltd, 2016), un très intéressant ouvrage en anglais sur les mouvements de mode, en particulier anglo-saxons, du XXe siècle à 2016, avec de belles photographies. Le skinhead est complètement à l'opposé du folk, du beatnik puis du hippie. Il est droit, rasé, lisse et guerrier. Les skas, d'une mouvance similaire, comme celle des mods, sont quant à eux beaucoup plus pacifiques et réjouis, s'habillant cependant d'une manière analogue, mais un peu plus 'chaude', davantage moderniste, avec des motifs à damier, souvent en costume, et portant régulièrement un chapeau (pour les skas).

La petite-maîtrise est une chose délicate à évoquer. Le fil conducteur est un premier pas vers une recherche de l'élégance : des rythmes les plus appropriés. Dans mes ouvrages et autres écrits sur le sujet, je n'ai que très peu  parlé des mouvements nés hors de France. Depuis la fin du XVIIIe siècle, beaucoup de mouvements de mode en France sont influencés par l'Angleterre, et en particulier à partir du début du XIXe avec les fashionables puis les dandys. Au XXe siècle et jusqu'à aujourd'hui c'est encore davantage le cas, avec en plus l'influence américaine, et surtout des États-Unis à partir de la seconde guerre mondiale. En ce moment, je m'intéresse particulièrement aux mouvements de mode du XXe siècle. Beaucoup ont un rapport avec un certain nihilisme, en particulier à partir de la création de la bombe atomique, et font état d'un désespoir sans pour autant se résigner... au contraire, désespoir ou expression d'une certaine peur de l'avenir, qui se traduit souvent par une rébellion, ce que l'on ne peut pas mettre de côté si on veut décrire de manière exhaustive les mouvements de mode en Occident aux XXe siècle et début du XXIe.

Lorsque j’étais étudiant, lors d’un débat dans le cadre d’une manifestation, un militant d’extrême-droite venu de l'université d’Assas a pris la parole. J’ai été le seul à me lever et à partir, trouvant dangereux d’écouter ce genre d’individu. Je suis allé manger, et en revenant, celui-ci était devant l’université avec ses amis. Me voyant, il m’indiqua du doigt à un skinhead qui s’est mis à me suivre. J’ai réussi à le semer dans le métro. Une autre fois, passant devant des skinheads avec un ami noir, nous nous sommes faits interpellés par ceux-ci. J'ai dit à mon ami de ne pas se retourner, mais bêtement il l'a fait pour leur répondre gentiment, et eux en ont profité pour nous courir après. Encore une fois j’ai réussi à les semer, de même que mon ami. Ces deux anecdotes pour dire que je n’ai pas spécialement d’affection pour eux. Cependant le mouvement skinhead est très intéressant. Il est apparu en 1966, quand les hippies émergeaient (dès 1965). Il représentait la frange dure de la mouvance modernist (mod), constituée dès 1965 par les hard mods, alors que l'autre partie des mods se tournait vers le psychédélisme et le swinging London. Les skinheads étaient donc directement influencés par les mods, mais aussi par les rudeboys jamaïcains (nés après l'indépendance de la Jamaïque en 1962) ; les Jamaïcains constituant une communauté importante en Angleterre à partir des années 1950. Ils reprirent leur musique ska, leur vêture (chapeau trilby, bretelles, pantalon court et serré, grosses chaussures cirées...), leur coupe de cheveux, leur façon de marcher et même de parler. A cause de leurs chaussures, on leur donnait aussi le nom de "boot boys". Ce n'est qu'à partir de 1969 que beaucoup s'associèrent à l'extrême-droite, alors qu'en 1970 certains s'assagirent. Les skinheads s’habillaient d’une manière complètement lisse, ne permettant pas de pouvoir s’y agripper, ce qui était non seulement utile lors d’échauffourées, mais aussi un état d’esprit. Ils étaient à l’opposé des chevelus et pacifiques beatniks et hippies, comme le furent quelques années après les punks. Tout cela pour dire que les choses ne sont pas toujours simplettes et que les skinheads représentèrent un mouvement particulièrement important, mais aussi pour dire que si je suis pacifique, je pense qu’il est important de conserver un maximum d’énergie. Il me semble que l'on ne peut être que pacifiste, car d’une manière général les guerres ne ‘servent’ jamais ceux qui les font mais ceux qui les provoquent. Et ces derniers n’ont rien de recommandables.

Ci-dessous : Figurine créée par Laurent-ex-Laurent, d'un skinhead des années 1980 (voir ici). En 1977, certains skinheads se mélangèrent au punks. Ils ont créé le mouvement Oi!, leur cri de guerre. Certains fondèrent une ligue contre le racisme : SHARP (Skinheads Against Racial Prejudice). Dans les années 1990, comme beaucoup de jeunes se rasaient la tête et portaient des habits serrés, notamment des homosexuels, il était difficile de reconnaître un skin dans la rue... De toutes les façons, il était préférable de ne pas approcher. Il y a longtemps de cela, un de mes amis, un ancien skinhead, me disait qu'il se sentait puissant ainsi. Cela leur permettait aussi de transcender la pauvreté du milieu social dont ils étaient souvent issus et dont ils étaient fiers.

Face à la dureté de la vie ou la peur, généralement les gens réagissent en se tournant soit vers la haine, soit vers l'amour, soit en étant méprisant. Une anecdote : En ce moment, sur certaines vitres du train des RER, des autocollants représentent un smiley avec un masque médical. Dernièrement, j'ai dessiné dessus une moustache et une coupe de cheveux à la Hitler. Par contre, plus récemment, alors que j'étais près à prendre une nouvelle fois mon crayon, j'ai remarqué que quelqu'un, sans doute un enfant, avait dessiné des coeurs sur un de ces autocollants. Il s'agit de deux réactions différentes à une même peur ou souffrance.

La colère est une émotion qui me semble le plus souvent laide. Quand elle n'est pas simplement un bain de lumière, elle n’est pas élégante ; mais je trouve encore moins élégants ceux qui s’en offusquent ou en sont dépités. La colère peut être momentanée. Horace écrit : Ira furor brevis (La colère est une courte folie). Elle peut aussi être ‘cogitée’, comme dans la vengeance. Elle est alors une longue folie. Un jour que l’on s’étonnait que Socrate reçu un coup de pied sans se fâcher, celui-ci demanda si un âne le frappait il devait lui intenter un procès ? Une autre fois, sa femme Xanthippe de colère lui arracha son manteau en pleine place publique. Les amis du philosophe lui conseillèrent de la gifler : « Bien sûr, répondit-il, pour que nous nous battions à coups de poings, et que chacun de vous nous encourage en disant : “Vas-y Socrate ! Vas-y Xanthippe !” ».

Pour finir, une réflexion sur l’actualité. Dans le quartier parisien où je vis en ce moment, à Oberkampf en fin de semaine les terrasses sont bondées de jeunes en complète dilettante. Pourtant, aujourd’hui pour s’asseoir en terrasse il faut un passeport-sanitaire, être à jour des vaccinations, avoir un téléphone portable pour voir le menu et un masque pour aller aux toilettes ! Ces gens semblent avoir été complètement abrutis. Ils font comme s’ils étaient au paradis alors qu’ils sont en enfer. C’est vraiment flippant++++ Déjà de trouver normal de vivre avec les autres par téléphones portables interposés me paraissait délirant, mais là on est bien au-dessus de cela… et c’est sans compter tout le reste des mesures apocalyptiques qui s’amoncellent depuis des années en France. Au Danemark, lorsqu’on a voulu imposer le passe-sanitaire, les jeunes sont sortis dans la rue massivement, et juste après le gouvernement danois a annulé toutes les restrictions sanitaires ! En France, les gens que j’ai vu manifester à Paris étaient pour la plupart plutôt âgés. Je ne dis pas qu'il faille aller manifester dans la rue, entourés de CRS, ce que moi je ne fais pas, mais on peut le faire à l'école, à l'université, au travail, dans la rue... dans la vie de tous les jours (c'est mon cas et j'ai l'impression d'être un des rares). La maltraitance que l’on fait subir aux citoyens français, et même entre eux, de tous les âges et aux jeunes et très jeunes en particulier est inouïe... Pourtant la majorité des gens ne semblent même pas s'en rendre compte. Il s'agit d'une violence que l'on peut dire 'rentrée'... chirurgicale, comme on parlait de « frappes chirurgicales » pendant les guerres de l'OTAN en Irak, alors qu'elles faisaient des centaines de milliers de morts. Ici on ne tue pas les Français, mais les pousse à s’exiler (la France n'a jamais subi dans son histoire un phénomène aussi important d'émigration couplée à de l'immigration), les 'extermine' socialement et les humilie constamment en les privant de leurs libertés en général, en leur mentant, en les manipulant, en les polluant, en les rendant paranos et toqués (avec des TOC), en les obligeant à se surveiller entre eux, etc. Cette violence là on la subit tous les jours, en allant sur Internet, en sortant dehors, en discutant avec les autres...

Évidemment l'idéal serait d'éviter les imbéciles et les méchants, ces deux mots étant assez synonymes, mais ce sont eux qui nous gouvernent, et que la très grande majorité des gens suivent, ce qui en dit long sur ce que l'on appelle le « peuple ». Personnellement, me documenter sur les mouvements de mode et les petits-maîtres m'apporte un palliatif, un véritable réconfort... une légèreté qui m'est thérapeutique dans la lourdeur apocalyptique qu'évoque Céline dans la vidéo que j'ai présentée dans un précédent article.. Lorsque j'écris sur les petits-maîtres, ce n'est pas pour parler des plus 'abrutis' des personnes qui les constituent, mais pour mettre en valeur des qualités comme l'originalité, l'invention, l'énergie, la joie... premières ouvertures vers des rythmes plus libres, gais, intelligents, élégants et harmonieux. Si les skinheads étaient violents et pour la plupart obtus, ils représentaient une énergie considérable, un non renoncement face à la misère. Leur exemple montre aussi qu'il ne faut pas prendre tout au premier degré, ceux-ci étant très largement influencés par les jeunes jamaïcains.

Ci-dessous : Une bonne nouvelle, les motards manifestent de plus en plus auprès des gens, pour la liberté. Cela va réconforter les gilets jaunes victimes des brigades mobiles de CRS qui sont un véritable fléau.
Il existe parmi les motards français une mouvance peu connue et ancienne, spécifique, dont je parlerai peut-être un jour.

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Drôles de pistolets XXI : Belles jambes masculines ou le mollet signe de virilité !

Merveilleuses et merveilleux

J’ai écrit un article sur le fait de Faire belle jambe. Dans celui-ci je présente deux lithographies de Charles Vernier (1813 – 1892) de la série « Actualités ».

Avant la généralisation du pantalon, les hommes portent des bas et une culotte, et avant cela des chausses. Ces vêtements montrent la jambe, et en particulier les mollets dont il est de bon ton de les présenter musclés. Certaines personnes, mal proportionnées, utilisent des postiches, afin de les rendre plus avenants et faire ‘belle jambe’. Cela se poursuit en partie au XIXe siècle, selon les modes des pantalons  plus ou moins serrés et des culottes d'Ancien Régime.

Ci-dessus : « – Si j’osais me permettre de faire une observation à Monsieur… je ferais remarquer à Monsieur, que Monsieur aurait dû acheter des cuisses en même temps que des mollets !… »

Ci-dessous : « Je prends décidément cette paire là… n’oubliez pas de me l’envoyer. – Que Monsieur soit tranquille… ses mollets le suivront… peut-être seront-ils arrivés avant lui à son hôtel. – Oh ! Pourvu que je les aie pour ce soir cela suffit… Ce n’est pas encore la mode d’en porter pendant le jour ! »

Merveilleuses et merveilleux

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Philosophie de l’élégance XV

Merveilleuses et merveilleux

Dans ses Essais, Michel de Montaigne (1533 – 1592) écrit que la philosophie est de la joie, du bonheur, notamment dans ce passage dont j’ai un peu changé l’orthographe, mais qui reste pour beaucoup difficile à lire, car dans un français du XVIe siècle : « Il n’est rien plus gai, plus gaillard, plus enjoué, et à peu que je ne die folâtre [que la philosophie] ; elle ne prêche que fête et bon temps ; une mine triste & transie, montre que ce n’est pas là son gîte. […] L’âme qui loge la philosophie doit, par sa santé, rendre sain encore le corps ; elle doit faire luire jusques au-dehors son repos et son aise ; doit former à son moule le port extérieur, et l’armer, par conséquent, d’une gracieuse fierté, d’un maintien actif & allègre, et d’une contenance contente et débonnaire. La plus expresse marque de la sagesse, c’est une réjouissance constante ; son état est, comme des choses au-dessus de la lune, toujours serein. […] elle a pour son but la vertu, qui n’est pas, comme dit l’école, plantée à la tête d’un mont coupé, raboteux & inaccessible : ceux qui l’ont approchée la tiennent, au rebours, logée dans une belle plaine fertile & fleurissante, d’où elle voit bien sous soi toutes choses ; mais si peut on y arriver, qui en sait l’adresse, par des routes ombrageuses, gazonnées, & doux fleurantes, plaisamment, et d’une pente facile & polie, comme est celle des voûtes célestes. Pour n’avoir hanté cette vertu suprême, belle, triomphante, amoureuse, délicieuse pareillement & courageuse, ennemie professe & irréconciliable d’aigreur, de déplaisir, de crainte & de contrainte, ayant pour guide nature, fortune & volupté pour compagnes ; ils sont allés, selon leur faiblesse, feindre cette sotte image, triste, querelleuse, dépitée, menaçante, mineuse, et la placer sur un rocher à l’écart, amie des ronces, fantôme à étonner les gens. […] le prix & hauteur de la vraie vertu est en la facilité, utilité et plaisir de son exercice, si éloigné de difficulté, que les enfants y peuvent comme les hommes, les simples comme les subtils. Le règlement, c’est son utile, non pas la force. […]Elle sait être riche, et puissante, et savante, et coucher en des matelas musqués ; elle aime la vie, elle aime la beauté, et la gloire, et la santé ; mais son office propre & particulier, c’est savoir user de ces biens-là règlement, & les savoir perdre constamment ; office bien plus noble qu’âpre, sans lequel tout cours de vie est dénaturé, turbulent & difforme, et y peut-on justement attacher ces écueils, ces halliers et ces monstres. »

Le beau engendre le bon, et vice versa ; la sagesse conduit à la beauté, et réciproquement. Quand je dis cela, je ne veux pas dire que le mal existe. Ce qui est mauvais oui, mais pas de manière générale. Ce qui est mauvais pour un être est bon pour un autre. Il n’y a rien de mauvais en soi. Le mal n’existe pas. Les êtres cherchent à vivre et en cela ils sont prêts à prendre sur les autres. C’est ainsi que cela fonctionne sur la terre et ce qui crée son harmonie. Ce n’est bien sûr pas le bonheur de vivre au détriment d’autres, tout le contraire. Mais « c’est la vie », du moins pour les êtres les moins subtils. L’être humain se place entre la subtilité et une condition de bête. S’il ne se ‘subtilise’ pas, il s’auto-détruira. Je le répète : Cela ne veut pas dire que le mal existe, et en cela je pense comme Euclide de Mégare (Ve – IVe siècle, disciple de Socrate), dont Diogène Laërce dit : « Quant à l’opposé du bien, il le supprimait et niait qu’il eût aucune réalité. » (Source), ce qui est traduit ici par « II n’admettait point comme réelles les choses contraires à ce bien, et niait qu’elles existassent ».

LA NONCHALANCE. Comme l’écrit Michel de Montaigne, la philosophie peut être comprise par tous, des enfants aux vieillards, car la sagesse n’a pas de bornes. Même un petit-maître peut l’entendre. Sa fantaisie notamment en est l’expression. Comme le dit Boris Vian (1920 – 1959) : « Que diable, si vous avez tant besoin de vous libérer de vos instincts sournois, rendez-vous compte que… la simple fantaisie est là, prête à vous accueillir et que, dans ce domaine, tout est permis. » Comme j’ai déjà écrit sur la fantaisie, je n’y reviens pas, mais ces mots de Boris Vian expliquent très bien pourquoi la petite maîtrise est très éloignée de tout le fatras que certains voudraient y mettre ; qu’elle est véritablement liberté. Les « instincts sournois » dont il parle, sont ce qui brûle l’être humain. La petite-maîtrise apporte une fraîcheur qui apaise cette bêtise. Le mot « nonchalance » résume cela : Il vient de « non-chaloir », c’est-à-dire qu’il a une connotation de fraîcheur (« non-chaud »), comme celui de cool en anglais.

LE DÉGAGÉ. Le nonchalant est très décontracté, peut-être un peu trop détendu même. Il a des airs dégagés, c’est-à-dire « un peu trop libres, trop familiers », comme on peut le lire dans le Dictionnaire de L’Académie française de 1762. On dit aussi « Taille dégagée, air dégagé, pour dire, Taille aisée, air aisé. » Il y a une idée de liberté dans ce mot, mais une liberté à la limite de l’impolitesse. Il peut aussi traduire une certaine assurance, de la facilité.

LE PHLEGME. Être nonchalant ou dégagé, n’est pas une preuve d’esprit. Avoir du phlegme l’est davantage. On écrit aussi « flegme », ce dernier mot ayant un rapport avec la médecine, avec les humeurs, « humeurs » faisant référence aussi bien à des états d’esprit qu’à des substances circulant dans notre corps. L’humeur est donc du mouvement aux niveaux psychique et corporel. Avoir du phlegme consiste à maîtriser les deux, à ne pas laisser la maladie envahir, mais être dans la santé. Il s’agit d’être en possession de soi-même, de se connaître, afin d’avoir du recul sur soi et son environnement, de ne pas se laisser emporter par des manifestations ‘malades’.

LE DÉBONNAIRE. Dans la citation introduisant cet article, Michel de Montaigne emploie le terme de « débonnaire ». Il vient de l’ancien français (debonaire, debonnaire…), le mot signifiant alors « de souche noble », « noble, bienveillant, généreux », « gentil, bon, doux », etc. (Source Dictionnaire du Moyen Français : 1330 – 1500). On y trouve aussi l’idée d’une personne cultivée, « aire » en ancien français désignant notamment une surface cultivée, un lieu aménagé… Sans doute le succès du « bel air » et du « bon air » en élégance française vient en partie de là, pas seulement du mot « air ».

LA BONNE HUMEUR. Au sujet de Démocrite, Diogène Laërce écrit : « La fin de l’homme est la tranquillité d’âme, qu’il faut se garder de confondre avec la volupté, comme on l’a fait quelquefois, faute de bien entendre sa pensée : c’est un état dans lequel l’âme, calme et paisible, n’est agitée par aucune crainte, aucune superstition, aucune passion. Il donne encore à cet état plusieurs autres noms, en particulier celui de bien-être. » (Source). La traduction de ce même passage par Robert Grenaille (GF-Flammarion, 1965) n'est pas la même : « Le souverain bien est le bonheur ou “euthymie”, très différent du plaisir, contrairement à ce qu’ont cru ceux qui l’ont mal compris, attitude dans laquelle l’âme est en repos et calme, et ne se laisse troubler par aucune crainte, superstition ou affection. Il l’appelle de divers noms, entre autres de celui de “bonne humeur”. » On constate l’importance d’une traduction pour la compréhension d’un concept philosophique. Par exemple, le mot εὐεστὼ est traduit par l’un « bien être » et par l’autre « bonne humeur ».

LA FÊTE. Une autre façon d’être dans la distanciation plaisante et décontractée consiste à être tout simplement joyeux, de VIVRE pleinement, de faire la fête… d’être la fête. Cela ne veut pas dire faire du bruit, mais être gai, plaisant… La fête doit être un élément rassembleur et non pas diviseur. Elle est une des expressions de la paix et du bonheur : de rythmes harmonieux !

Comme le dit Michel de Montaigne, la philosophie est gaie, gaillarde, enjouée…

Χαῖρε ! Khaîre « Réjouis-toi ». Il s’agit de la manière de dire « bonjour ! » en grec ancien. C’est une drôle de façon de conclure cet article, mais la réjouissance ne devrait n’avoir ni début, ni fin, mais être toujours là ! Le mot « gandin » vient lui-même du verbe « gaudir » (toujours employé mais beaucoup moins qu’autrefois), « se réjouir » ! Réjouissons-nous !

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Philosophie de l'élégance XIV : « Ils sont lourds et épais, plus que méchants et bêtes  ».

L’élégant n’est léger que dans le regard de ceux qui sont lourds. De nos jours, la légèreté est souvent vue comme une tare. En ce moment on constate un des degrés de l’épaisseur humaine avec cette grande majorité de gens, même sans obligation, leur masque médical sur le visage, sous le menton, au bras ou à la main, et plein de tocs, comme celui de se désinfecter les mains au premier contact vivant. La plupart des êtres humains sont lourds. C’est comme cela. Il ne faut surtout pas idéaliser l’espèce humaine, et ce fut sans doute une erreur des époques chrétienne et moderne d’avoir placé l’homme au centre de la Création. Il n’est qu’au centre de ce qu’il appréhende pour vrai… c’est tout… Le mieux qu’il puisse sans doute faire, c’est s’abandonner à l’immensité… à cette grandeur. C’est facile à dire… mais l’être humain est relié aux apparences par ses nerfs et ses images, mais quoi qu’il en soit nous baignons dans la grandeur.

Si la légèreté est donc considérée comme une tare, pourtant les sociétés post-antiques, dont la nôtre, étaient et sont surtout tournées vers le Ciel : où se trouve Dieu et le Paradis pour les Chrétiens et l’avenir à l’Époque moderne. Durant l’Antiquité et avant, c’était le contraire : Les âmes revenaient à la terre d’où elles avaient été extraites, d’où par exemple l’importance pour les Grecs d’enterrer leurs morts, et la mythologie autour de l’Enfer.

Bias (Bias de Priène, VIe siècle av. J.-C.), l’un des sept sages, observait même que la plupart des hommes sont méchants. Beaucoup d'autres philosophes de l'Antiquité pensaient cela, comme Pittacos (vers 650 - vers 570 av. J.-C.) qui affirmait qu'il est impossible de trouver un homme de bien. Louis-Ferdinand Céline (1894 – 1961) les considérait comme avant tout lourds, comme il le dit dans cette vidéo que j’ai publiée dans un article précédent de ce blog, et dont voici la retranscription du texte :

Céline. – « Évidemment, je suis isolé pour ainsi dire. Isolé, c’est pour être plus en phase de la chose [sans doute un raccourci de : “en face de” et “en phase avec”]. J’aime beaucoup l’objet, ce qui n’est pas beaucoup apprécié à l’époque où nous sommes. On s’occupe beaucoup plus de la personnalité que de l’objet. On est 'personnaliste', de même qu’on est 'verbaliste'. Ce n’est pas mon cas. Ce n’est pas mon cas du tout. Je suis un travailleur de la chose en soi. Cela n’est pas du tout apprécié de nos jours. Cela ne se produira sans doute jamais, à moins qu’il se produise une révolution anti-matérialiste à un moment donné, dans des siècles et des siècles. Mais pour le moment, nous sommes évidemment à l’époque de la publicité et de la mécanique. Alors… Le robot génial : l’auteur à succès. »

Question. – « Quels mots voudriez-vous prononcer, quelle phrase voudriez écrire avant de disparaître ? »

Céline. – « “ILS ÉTAIENT LOURDS.” Voilà ce que je pense, oui, en pensant : les hommes en général. Ils sont horriblement lourds. Ils sont lourds et épais. Voilà ce qu’ils sont. Plus que méchants et bêtes, en plus. Mais ils sont surtout lourds et épais.

Question. – « Et vous, vous avez essayé d’être léger ? »

Céline. – « Je n’ai pas besoin d’essayer. Je n’ai pas besoin d’essayer. Je suis le fils d’une réparatrice de dentelles anciennes. Je me trouve avoir une collection assez rare… la seule chose qui me reste. Et je suis peut-être un des rares hommes qui sait différencier la batiste de la valenciennes et la valenciennes du bruges et le bruges du alençon. Je connais très bien les finesses, très très bien. Je n’ai pas besoin d’être éduqué. Je le sais. Et je sais également la beauté des femmes comme celle des animaux… très bien…  très très bien. Je suis expert en ceci. Mais pour être expert en ceci, il faut vraiment s’en occuper. C’est dans son laboratoire intime que l’on s’occupe de ces choses-là. Et je le répète, je trouve surtout les autres énormément lourds. Je les trouve lourds. C’est surtout cela que je trouverai : “Dieu qu’ils étaient lourds !” Voilà tout ce qu’ils me font comme effet, surtout quand ils s’imaginent d’être malins, c’est encore pire. C’est tout ce que je vois. »

Céline offre ici une très belle définition de l’élégance : « être en phase de l’objet ». Comme il le dit, il ne s’agit pas d’être matérialiste… tout au contraire. C’est une sorte d’abandon à la perfection innée.

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Les sciences

Merveilleuses et merveilleux

Alors que l’on demande à Chilon (autour de 600 av. J.-C.) : « En quoi les savants sont-ils différents des ignorants ? », celui-ci répond : « En cela qu’ils sont optimistes. » L’optimisme fait avancer les sciences. De manière générale, l’espoir est un élément primordial chez les êtres humains. Comme le dit le dicton : « L’espoir fait vivre. » Il est médicinal ! Il est important de rassurer, non pas par une sorte de démagogie, en mentant, mais honnêtement, en pleine vérité, parce que rassurer est primordial. Même une personne qui meurt, et encore plus une telle personne, a besoin d’être rassurée. Aujourd’hui on ne fait que paniquer les gens. Et ce sont ceux qui créent la situation qui sont les plus alarmistes. Un médecin n’est pas là pour faire peur mais pour guérir, rassurer, créer un état d’esprit positif qui est important pour s'en sortir. Même lorsque l’on n’arrive pas à guérir, rassurer permet d’avancer vers l’inconnu avec sérénité… Ce qui est inconnu n’étant évidemment pas connu, rien ne sert d’en avoir peur, tout au contraire.

Les premiers grands scientifiques sont des philosophes. Beaucoup de ces derniers essaient d’expliquer le monde, aussi bien dans sa grandeur que dans ses détails, s’intéressant à toutes les sciences : mathématiques, astronomie, botanique, médecine, politique, poésie, grammaire, etc. Cet amour des sciences est une des bases de l’Humanisme. Après l'Antiquité, cela donne l’Époque moderne avec la Renaissance, les Lumières et les Temps technologiques. Au Moyen Âge, la Chrétienté, surtout intéressée par  répandre son propre message, ne copie plus les centaines, voire les milliers des livres des philosophes antiques, certains composant  plus d'une centaine d'ouvrage ! Par exemple Épicure en écrit plus de trois cents environ ! Au Moyen Âge on observe tout de même des 'renaissances', comme aux Ve, IXe et XIIe siècles, où l'on redécouvre certains auteurs antiques. Et Aristote reste une des bases des sciences du Moyen âge.

Autrefois, les Français sont véritablement passionnés de sciences. J’évoque cela dans la seconde partie de l’article intitulé La beauté de la machine… humaine ? & l'homme science ! Sans doute, est-ce parce que l’on pense suivant l’adage que : Nam sine doctrina vita est quasi mortis imago (« De fait, sans la science, la vie est presque une image de la mort »), d’après cette formule qui figure au troisième livre des Distiques de Dionysius Cato et dans Le Bourgeois gentilhomme de Molière. Jusqu’au XXe siècle, on invente en France dans tous les domaines scientifiques, artistiques, politiques, etc. Rien qu’au XIXe, et seulement dans l’Hexagone, on conçoit la photographie, le cinéma, l’aviation, la machine à coudre, l’ordinateur (voir Joseph Marie Jacquard), la bicyclette et des dizaines d’autres inventions très utilisées de nos jours. Même l’automobile est une invention française, mais du XVIIIe siècle. D’après Philippe Nemo, entre 1800 et 1930, la France est la patrie de la moitié des découvertes techniques et scientifiques dans le monde. Et avant, durant l’époque des Lumières des XVIIe et XVIIIe siècles, les inventions se succèdent également, la France étant le premier pays dans le monde dans ce domaine, ainsi que dans bien d’autres, comme les arts, la politique, etc. C’est sur ce genre d’exploits que les imbéciles qui nous gouvernent depuis quelques années paradent comme des coqs azimutés et décérébrés en sciant la branche sur laquelle ils chantent faux. Et si je m’énerve un peu, c’est qu’ils deviennent vraiment dangereux. Le monde est juste devenu invivable, et il suffit de sortir dans la rue pour s'en rendre compte... du moins c'est vraiment le cas à Paris.

Je ne défends pas pourtant la technologie : Personnellement je n'ai pas de téléphone portable, pas de wifi, pas de voiture, cela fait depuis de nombreuses années que je n'utilise pas de produits chimiques, lave mon linge à la main, cueille une partie de ma nourriture, etc. Je ne bouge plus de l'Île-de-France depuis des années et de la France depuis des décennies. Comme l'écrit Georges Bernanos (1888 - 1948) en 1947 dans La France contre les robots (ouvrage découvert en écoutant Olivier Dard en parler), la technologie démultiplie les travers de la très grande majorité des gens plutôt que leurs bons côtés... les rendant notamment égoïstes, matérialistes. De nos jours la technologie asservit même. Il faut du reste différencier la technologie de la science. Cette dernière est un outil de connaissance, de savoir... et d'optimisme... en y ajoutant bien sûr l'entendement et la sagesse ! Comme le dit Michel de Montaigne (1533 – 1592) : « À quoi sert le savoir, si l’entendement n’y est ? […] Le savoir est un dangereux glaive qui empêche et offense son maître même, s’il est en main faible, et qu’il n’en sache l’usage. » « Quand bien nous pourrions être savant [je laisse l’accord d’origine] du savoir d’autrui, au moins sage ne pouvons nous être que de notre propre sagesse. »

Pour conclure, une réflexion, sous la forme d’une métaphore : J’ai l’impression de voir tous les jours un éléphant passer par un trou de souris sans qu’il y ait de casse. Comment cela est-il possible ? Comment se fait-il que ceux qui nous gouvernent soient aussi lamentables, qu’ils arrivent à martyriser toute une population, à leur faire subir toutes sortes d’humiliations, à leur mentir si grossièrement, à casser absolument tout, à mettre de côté systématiquement la raison, et comment peuvent-ils se comporter de manière complètement folle, sans qu’il n’y ait des dérapages chez eux et ceux qui les suivent, des catastrophes ? Cela est complètement illogique ! Pourtant cela dure depuis des années, et avec les années Macron c’est d’une grosseur et d’une monstruosité que l’on n'aurait jamais imaginées. Pourtant, tous les jours on voit ces azimutés dans les médias, et tous les jours ont voit dans les rues les gens suivre et même devancer leurs injonctions folles. Plus c’est gros, plus ça passe !! Cela ressemble à un miracle à l'envers. Bien sûr, il y aura toujours des gens pour vous expliquer ce qui est… Même si leurs théories ne tiennent pas, au moins ont-ils la certitude des choses qu’ils voient. Mais pour expliquer ce qui ne se passe pas, c’est autre chose !

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Zombification

En ce moment, je sais que certaines personnes souffrent vraiment de la situation créée par nos ‘gouvernants’. On assiste tous les jours à la folie de nos dirigeants. Dernièrement, alors que l'ensemble de l’Outre-mer a manifesté en masse contre le passe-sanitaire et est un des territoires français les moins vaccinés, le Gouvernement a fait passer des chiffres falsifiés afin d’imposer de nouveau un couvre-feu, un confinement, un état d’urgence… et cela en pleine période estivale, comme s’il s’agissait d’une vengeance infligée à ces récalcitrants.

Il faut dédramatiser. La catharsis doit se faire, et s’en est une dans cet article. Mais là où se joue véritablement le drame, ce n’est pas de notre côté. Ne nous laissons juste pas endoctriner. Ne pas se laisser faire, c’est prendre soin de soi et de ceux avec qui nous partageons l’amour ; c’est un confort ! ‘Résister’ consiste juste à être dans le moment présent, en parfaite harmonie avec soi-même. Vraiment c’est du confort… pas de drame… Nous savons ce que nous faisons ; nous savons que c’est bon pour nous et les autres.

Bon, maintenant une petite catharsis personnelle !

De toute ma vie, je me rappelle n’avoir vu qu’un seul film d’horreur… pour faire plaisir à une personne ! Et encore, il était davantage comique que macabre. Je n’aime pas du tout cela. Vous imaginez combien le spectacle que l’on nous joue en ce moment, d’un tragi-comique glauque, m’attriste énormément et me déplaît tout à fait. Ce n’est pas ma tasse de thé, mais je fais ici le choix d’en rire.

La Nuit des morts vivants. Un film de Richard Lapaine. Sortie août 2020. Synopsis : Notre héros, un statisticien, prend conscience qu’une nouvelle épidémie se répand dans le monde, avec deux foyers principaux : l’un oriental et l’autre extrême-oriental. Le premier est appelé « le covid République populaire de Chine » ou « le covid RPD » et l’autre « le covid burqa ». Il s’agit de deux manifestations différentes d’un même virus qui se manifeste notamment par une perte d’une partie du visage qui devient masqué. Notre héros essaie d’alerter les autorités qui n’y voient qu’une maladie bénigne et ne touchant qui-plus-est qu’une frange de la population française. Alors qu’en quelques années le covid-burqa atteint une grande partie de la population française, des touristes asiatiques commencent à être vus autour de la tour Eiffel portant un masque médical ! Soudain en quelques jours une déferlante de cas couvre toute la France de son voile. On se rend compte que ces gens ne sont pas vivants… mais morts !!!!!!! Psychologiquement et intellectuellement morts !!!!!!! Alors que notre héros continue d’alerter, il découvre que ses employeurs commencent eux-mêmes à témoigner de symptômes de zombification. Le virus se distille particulièrement à travers les écrans (télévisions, ordinateurs, smartphones…). Ils commencent à être de plus en plus agressifs. Il veut alerter directement le Président de la France. Arrivé dans le palais de l’Élysée, il est entouré de morts-vivants qui cherchent à le manger. Il comprend que l’État, le Gouvernement et 95,52 % (n’oublions pas que c’est un statisticien) des dirigeants sont infectés. Se réfugiant dans une salle, il découvre qu’un plan de zombification de la Terre en entier est prévu, et même de la planète Mars (le mois de mars marquant le début de la grande épidémie en France). Une fusée est prête à partir sur cette planète avec une tonne de masques médicaux. Notre héros fait connaissance avec un virologue de l’Élysée caché dans un placard. Tous deux décident de partir sur Mars avec la fusée afin d’échapper à cette folie. Il est encore temps : Le mois de mars va se finir dans quelques heures ! Ayant brûlé toutes les boîtes de masques, ils embarquent, après quelques déboires, poursuivis par les zombis. A peine la fusée ayant décollé, notre héros se rend compte que son nouvel ami est lui-même infecté. Irrécupérable, il décide de s’en débarrasser et de l’abandonner dans le vide spatial. Dernier plan sur une boîte de masques intentionnellement cachée par son ami dans le vaisseau !

Le Retour des morts vivants. Un film de Richard Lapaine. Sortie août 2021. Synopsis : Obligé de s’en débarrasser dans l’espace intersidéré, l’ami de notre héros s’est retrouvé déchiqueté par le moteur de la fusée. Cette dernière est dans un état qui ne permet plus d’atteindre la planète Mars. Notre héros doit retourner sur la Terre ! Là, il découvre que l’épidémie a désormais atteint plus de 90,43 % de la population dont les symptômes de zombification sont de plus en plus importants, avec deux principaux : le port d’un masque médical et l’éjection par les mains de désinfectants qui font fondre les chairs. Après quelques aventures, notre héros se retrouve entouré d’agents privés de sécurité morts-vivants qui veulent le manger. Un d’entre eux arrive à le mordre. Heureusement une policière intervient et le sauve. Cette dernière lui apprend qu’elle fait partie d’un réseau de résistance. Notre héros est inquiet, car il a été mordu. Il décide de trouver un antidote. Il en imagine un qui, pris à temps, enraye la maladie. Il s’agit d’une boisson au chocolat, au miel et aux épices (cannelle, gingembre, clous de girofle, cardamone, noix de muscade, poivre…). Ce breuvage permet à la fois de réchauffer le corps et d’enrayer la dépression. Il informe son amie policière. Celle-ci lui fait part de son inquiétude : De plus en plus de Résistants semblent contaminés, dont le professeur Philipote. Notre héros réussi à les sauver avec son élixir, car ils ne sont pas encore trop atteints. Quelques semaines passent. Le professeur Philipote a finalement trouvé un vrai antidote. Celui-ci consiste à crier « Liberté ! ». Les résistants se mettent à le hurler dans la rue, et de plus en plus de gens guérissent. Cela devient une véritable déferlante. Les gouvernants, n’ayant plus personne à manger, se mangent entre eux, et notre héros se marie avec la policière. À suivre ???

 

ON EN PARLE DANS LES MÉDIAS

« Le Retour des morts-vivants est la suite de La Nuit des morts-vivants, de Richard Lapaine qui avait réalisé avant cela Les Yeux sans visage. Ce film est complotiste, anti-écologique, raciste, misogyne, homophobe, français, islamophobe, d’extrême droite, antisémite, haineux et j’en passe. Je ne le conseille à personne. Du reste je ne l’ai pas vu, et seulement 152 personnes en France se sont déplacés pour le voir, alors qu’il ne sortira que mercredi prochain. C’est dire ! »

«  Le film Le Retour des morts-vivants, qui sortira dans les salles la semaine prochaine, est complotiste, anti-écologiste, raciste, misogyne, homophobe, français, islamophobe, d’extrême droite, antisémite… 152 personnes en France se sont déplacés pour le voir. Mis à part l’Indépendant des Vosges, tous les partis politiques l’ont conspué, comme Jean-Luc Vieucochon de La France soumise qui y a vu “une œuvre fasciste, antisémite, islamophobe, complotiste, raciste, française et d’extrême droite". D’après l’AFP. »

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Le Bosquet des Bains d’Apollon

Merveilleuses et merveilleux

Un peu de fraîcheur en ce mois d'août.

Le Bosquet des Bains d’Apollon se trouve dans le domaine du château de Versailles. Voir ici.

Ci-dessus et ci-dessous : Gravure de Jacques Rigaud (1680 – 1754), qui est ici le dessinateur et le graveur. Elle date de vers 1730.

Merveilleuses et merveilleux
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Ci-dessous : Carte postale du début du XXe siècle.

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