De la beauté

Lorsqu’un artiste peint un tableau, il réalise un reflet qui lui-même se reflète dans celui qui le contemple, quelque peu différemment suivant chacun, selon le sens esthétique d’aucuns et les clés qui leur sont données. Le mot « reflet » n’est pas juste, car il y a quelque chose de dépréciatif en lui. En même temps le reflet personnel implique du jugement, un jugement avec peu d’incidence s’il ne devient pas opinion. Il en est de même pour le beau. Évitons l’opinion. Mais peut-on esquiver le jugement, qui est tout entier le reflet de ce que l’on est ? De plus les opinions et les jugements (reflets) extérieurs, ont une incidence sur notre propre reflet, sans compter des choses plus tangibles, comme les conditions. Le beau ne déroge pas à cette règle.

La mode est aussi un reflet, et ses petits-maîtres aussi, avec leurs denses, nouveaux et jolis rythmes : couleurs, inventions, manières, langages… une sorte de jeu. Certains diront que cela n’a pas de profondeur. En effet, pas davantage qu’une couleur, qu’une danse, qu’un baiser… qu’une jouissance qui n’aurait pas de contrepartie, de seconde face… cachée… mais qui serait entier, tout, complet. Un reflet n’est que et entièrement ce qu’il est, tout en pouvant être différent à l’infini.

Dans le domaine du beau, je pense comme Antisthène (vers 444-365 – 390 av. J.-C.) qui écrit que « Ce qui est bien est beau ; ce qui est mal est laid. » Épicure (vers 342 – 270 av. J.-C.) compare l’être humain à un vase, dont la qualité n’est pas tant dans son apparence que dans sa capacité à retenir ce que l’on y verse de bon et de beau, et à ne pas le souiller, comme on l’apprend au livre VI du De la Nature des Choses (traduction disponible sur le site de Remacle) de Lucrèce (Ier siècle av. J.-C.). Voici ce passage : « […] il [Épicure] comprit que tout le mal venait du vase lui-même, dont les défauts laissaient perdre en dedans tout ce qui y était versé du dehors et même le plus précieux, soit que le vase perméable et sans fond ne lui parût pas capable de se remplir, soit qu’il fût imprégné d’une infecte saveur, poison pour tout ce qu’on y versait. » Cela fait la qualité d’un être humain… son intelligence, sa beauté… bien davantage que sa simple apparence. S’il est un joli vase corrompu, cette beauté est fausse. Le beau est ainsi vu comme un réceptacle qui retient et n’endommage pas ce que l’on y verse de bon. Le beau est une des formes que prend l’intelligence. Selon moi, la première qualité de l’intelligence n’est pas la capacité à raisonner, bien au contraire, mais à contenir et ne pas souiller le bon et le bien que l’on y verse. Ce principe est peut-être le premier de la discipline appelée « esthétique » qui, jusqu’au XIXe siècle est considérée comme la science du beau, du grec ancien αἰσθητικός (aisthêtikós), ce qui signifie « qui perçoit par les sens, perceptible »). C’est un pyrrhonien qui l’aurait employé pour la première fois : l’Allemand Louis de Beausobre (nom prédestiné, 1730 – 1783) dans son ouvrage publié en 1753 et intitulé Dissertations philosophiques

Certains voient la beauté dans l’utilité. Une chose est belle parce qu’elle est utile, parce qu’elle apporte ce que l’on considère comme beau pour soi-même et/ou pour les autres. Finalement, la beauté est dans le regard que l’on porte sur les choses et les êtres. Elle reste relative et sujette aux affinités personnelles, de groupes, culturelles… aux coutumes.

Ci-dessous : Toilette des Dames ou Encyclopédie de la Beauté

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La Nana et la nénette des années 1970

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Ci-dessus : Dessin intitulé « La Conscience de Nana », avec pour légende : « – Cependant tu m’avais bien promis de t’y trouver ; tu m’en avais donné ta parole d’honneur ! – J’avais pas dit….. la plus sacrée. »

Cela m'attriste toujours de voir certains considérer les petites-maîtresses depuis la Révolution comme des sortes de prostituées ou des femmes faciles. Comme je le dis ailleurs, ce regard sur les merveilleuses, cocottes et autres lorettes vient que ce sont des femmes très libres, belles, jeunes et souvent affriolantes, et que les prostituées et autres les imitent pour attirer le chaland. Ce regard est sans amour et lui aussi concupiscent. Même lorsque Alexandre Dumas fils (1824 – 1895) publie La Dame aux camélias en 1848 et Demi-monde en 1855, et Émile Zola (1840 – 1902) Nana en 1880, ils évoquent le demi-monde avec une certaine tendresse et sans jugement. On retrouve cet esprit dans nombre de pièces, romans et autres œuvres (caricatures…) du XIXe siècle, où sont souvent soulignées les difficultés inhérentes à la condition humaine et à la condition sociale, et les efforts qui sont faits par certains pour y trouver leur bonheur. Ils dépeignent un monde souvent peu reluisant derrière les apparences de clinquant, mais avec de l’amour et de la sympathie pour leurs rêves de grandeur, de bonheur et de liberté… près pour cela malheureusement à des bassesses. Le demi-monde n’est pas celui des petites-maîtresses, bien que certaines en font partie, mais est fréquenté par quelques petits-maîtres et autres noceurs.

Le terme « nana » est employé dans la seconde moitié du XIXe siècle avec le sens argotique de concubine ou femme d’un souteneur , et prend rapidement celui de femme en général. Il est popularisé par l’héroïne du roman d’Émile Zola, Nana (1880), mais aussi par d’autres oeuvres comme la peinture d’Édouard Manet (1832 – 1883), réalisée en 1877, représentant une comédienne et intitulée du même nom. Dans la seconde partie du XXe siècle, ce terme porte une signification sympathique, toujours dans le sens de concubine (« c’est ma nana »), ou d’une jeune adulte pas encore sortie de l’enfance, ou bien encore d’une jeune fille se donnant des airs de femme. Dans « nénette » le suffixe « -ette » ajoute de l’affection et enlève le côté concubine.

Au début des années 1980, les nanas sont encore d’actualité, avec leurs habits fluos et mini-jupes, cheveux bouclés avec nœud dans les cheveux. Elles sont un peu plus vulgaires que les minettes, ayant moins de goût, mais avec davantage, ce que les Anglais appellent alors, de fun.

Ci-dessous : Chanson des années 1980 de Vivien Savage, intitulée La petite lady, décrivant une nana de l'époque : « […] la miss avec ses yeux d’renard / Derrière la voilette du chapeau avec une plume d’autruche / Pour faire plus beau […] elle est belle, / La p’tite lady déguisée comme un arc-en-ciel / Avec ses boots en peau d'serpent, / Ses collants roses fluorescents / Sa mini-jupe en skaï / Et comme ça swingue sous son chandail […] elle a comme un p’tit chat sauvage dans les yeux […] On dirait qu’le monde est à toi quand tu t’promènes / Sur ce quai d’gare, Cendrillon, tu marches comme une reine […] ». À noter un emprunt à la musique industrielle, surtout présent dans le dernier tiers de cette chanson, en fond 'musical'.

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La mode, l’obsolescence programmée et les mouvements de modes

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Dernièrement je lisais un article du journal Kairos, se présentant lui-même avec humour comme « le journal belge mondial », de juin-août 2022, intitulé « L’obsolescence programmée ou l’Âge du kleenex » du dossier spécial sur la Décroissance (cliquer sur la photographie ci-dessous pour lire l’article). La mode y est incluse. Elle est sans doute la plus vieille manifestation de l’obsolescence programmée. Ce n’est pas celle-ci que j’apprécie, mais celle qui, acceptant que tout soit mouvement, que tout bouge, renouvelle constamment ses rythmes, du fait de cette réalité et non pas pour suivre l’industrie du prêt-à-porter. Elle est portée par la jeunesse, nouvelle, gaie, pétillante, belle, provocatrice, novatrice… Ce n’est pas à la mode elle-même que je m’intéresse mais aux mouvements de modes.

Je crois en la gaieté, l’invention, le vivre ensemble, la joie… une véritable « communion », mot qui peut sembler désuet… mais pourquoi suivre la mode, sinon aussi afin de marquer son amour du vivre ensemble ? Ce que je dis peut paraître contradictoire : invoquer d’un côté la distinction, l’originalité… et de l’autre la communion. Mais la contradiction est à l’essence même des mouvements de mode qui jouent en même temps sur la nouveauté (l’invention, l’originalité…) et l’imitation… les deux étant des points fondamentaux dans le domaine de l’art en général.

Je ne suis pas la mode, et mon blog en est la preuve, traitant avant tout des modes passées, ne concédant rien à la modernité pour la modernité… ne cherchant pas à plaire, ni à rendre d’actualité… mais montrant les mouvements de modes passés comme les documents d’époque nous les dévoilent.

Les mouvements de modes fournissent une poétique (l’étude des rythmes) simple. Ils sont aussi l’expression d’un savoir être ou plus exactement d’un savoir image. Dans un autre article j’aborderai l’importance de l’image (imago) dans la mode et la philosophie antique.

Il est très intéressant d'y déceler ce qui ne change pas. Évidemment seul le changement ne change pas, mais on distingue d’autres éléments récurrents dans les mouvements de mode et les petits-maîtres qui les font et les portent, comme l’inventio et l’imitatio dont je viens de parler, ou encore l’actio : la mise en mouvements de nouveaux rythmes liés à la musique, à la danse, au costume, au langage, à l’art, à la littérature, etc.

Dans l’expression « mouvements de modes », le terme de « modes » peut aussi bien être au féminin qu’au masculin. Mais ici les modes au masculin ne sont ni les ‘hautes’ (musique classique, sciences…), ni les ‘basses’ (vie courante…), mais entre les deux, même si tout interagit.

Les mouvements de modes et la plupart des petits-maîtres se distinguent de la mode. Les babas, les bcbg ou les existentialistes ne suivaient pas la mode du moment… et pourtant… Peut-on dire qu’un néo-dandy ou un honnête-homme du début du XXIe siècle suit la mode de son temps ? Bien au contraire… On peut même, et doit ajouter les décroissants dans les mouvements de modes, car ils proposent un autre mouvement de l’être humain et de la société… un mouvement en opposition avec la toute sainte croissance.

La plupart du temps les mouvements de modes se sont démarqués de la mode, bien que généralement copiés par elle. Ils ont souvent un caractère subversif ou merveilleux : invraisemblable, une distinction qui fait ressembler les petits-maîtres à des Martiens. Ils sont comme des ballons d’hélium multicolores surnageant au-dessus du commun tout en y étant tenus par un fil. Un rien pourrait les faire s’envoler comme des anges. Bien sûr, parmi eux il y a aussi des modeux, mais la contradiction, je le répète fait partie de la petite-maîtrise, pas une contradiction stupide, mais un clair-obscur, des tonalités diverses qui font sa richesse.

 

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Beaux pas beaux ?

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Ci-dessus : Deux acteurs sur les planches d’un théâtre du XVIIIe siècle, l’un en haillons, et l’autre en habits de petite-maîtresse. Gravure sans doute tirée d’un livre de Restif de La Bretonne (1734 – 1806) du dernier tiers du XVIIIe siècle.

Pourquoi avoir une opinion ? Quel intérêt y-a-t-il à juger ? Cependant, envisager avec équanimité ne veut pas dire ne pas voir… au contraire voir tout très clairement ; enfin « tout » selon l’ouverture du champ de ‘vision’. Ainsi se fourvoie-t-on beaucoup moins.

Nous sommes dans un monde relatif ; mais entre les êtres humains nous avons aussi des choses communes. Les notions de « beau » et de « laid » sont en partie communes et en partie culturelles. Dans cet article (et un prochain sur ce thème de la beauté), il ne s’agit pas de juger de ce qui est beau ou laid, mais de donner quelques références culturelles françaises.

D’abord, ceux qui suivent mon blog et lisent mes ouvrages savent que depuis le Moyen-Âge jusqu’au XIXe siècle, on appelait « belles » et « beaux » de jolies jeunes personnes. Au XVIIIe siècle, les Anglais eux-mêmes nommaient « beaux » ceux qui donnèrent ensuite les fashionables puis les dandys. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, la France était le pays le plus puissant en Europe, et ce sont généralement les pays les plus puissants qui sont les plus copiés. La conclusion napoléonienne et l’entrée des nations émigrées en France marqua la fin de son hégémonie, celle-ci passant définitivement en Angleterre. Ainsi les belles, les beaux et les macaronis (qui s'inspiraient le Continent), devinrent des fashionables puis des dandys… de même en France on a eu les fashionables et les dandys ! Au XXe siècle, ce sont les États-Unis qui prirent la relève, et la plupart des Français se mirent à progressivement mal s’habiller, à renoncer de force au sur-mesure, à parler grossièrement et à utiliser de plus en plus de mots anglo-saxons dans presque toutes les conversations.

Ci-dessous : Je suis né à Saint-Étienne dans la Loire et ai vécu toute mon enfance dans un village de ce département. Dans celui-ci, quelques vieux communiquaient encore en patois, et aujourd’hui les gens ne parlant que français utilisent toujours des mots que l’on ne trouve que dans cette commune et quelques-unes avoisinantes. À Saint-Étienne on parlait, et encore un peu aujourd’hui, « gaga ». La page ci-après est tirée du livre de Pierre Perrin Le Petit gaga illustré (Saint-Étienne : Actes graphiques, 7ème édition [quel succès !], 2010). En langage gaga, une « Farasse » est une « Femme habillée avec mauvais goût » (cliquer sur l'image pour un agrandissement), alors que « se poutringuer » consiste à  « Exagérer les soins de sa toilette. »

Gaga

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Les mouvements de modes à partir de 1900 jusqu'à aujourd'hui (I)

Un mode et une mode sont une manière, une façon, pour la première davantage une technique du faire, et pour la seconde une coutume ancienne ou nouvelle. Toutes deux mettent en action des rythmes que l’on imite ou invente. La mode est généralement considérée seulement sous son rapport au costume, à la manière de s’habiller, alors que sa définition est beaucoup plus grande et englobe tous les rythmes mis en branle : musique, danse, langage, costume, lieux, décoration, art, littérature, etc.

La mode est donc avant tout mouvement. Rien de bien original à dire cela, car tout bouge constamment ! Elle est aussi et avant tout une affaire de jeunes gens, d’adolescents et de jeunes adultes entrant en indépendance et prenant leurs marques dans la société, dans un élan neuf et novateur. Leur regard sur la société est plus vif que celle des adultes et sans a priori sur ce qu’elle propose. Il est aussi moins ‘paranoïaque’, plus audacieux et plus libre. Le jeune est dans la période de sa vie où il se libère et s’autonomise… ce qui n’est pas une mince affaire… Il a besoin d'une certaine légèreté. Les modes qu’il lance ou suit sont généralement en ‘opposition’ avec ce qui précède directement, tout en suivant un fil conducteur qui est celui du changement.

Certains ‘jeunes’, particulièrement créatifs ou/et audacieux n’hésitent pas à donner un coup de pied dans le panier de crabe et bouleverser les us et coutume, tout en s’auréolant du prestige et du succès de leur jeunesse, pleine de sève. C’est ainsi que tout au long des siècles de l’histoire occidentale, et sans doute d’autres peuples, on suit cette filiation depuis l’Antiquité. Ces jeunes prennent des noms et attitudes différents selon la génération à laquelle ils appartiennent. Citons le kallopistês et la kallopistria chez les Grecs de l’Antiquité, le trossulus et la trossula chez les Romains, la damoiselle et le damoiseau du Moyen-Âge, le mignon et la mignonne du XVIe siècle, la petite-maîtresse et le petit-maître du XVIIe, la merveilleuse et le merveilleux du XVIIIe, le gommeux et la gommeuse du XIXe…

Pour s’épanouir, ces mouvements ont besoin d’être dans une société riche, au sommet de sa gloire, et où les arts peuvent fleurir grâce à un mécénat important et de qualité, ainsi que ce fut le cas dans la Grèce et l’Empire romain de l’Antiquité, ou la France du Moyen-Âge à la Révolution… et encore un peu au XIXe siècle.

Dans la France du XXe siècle, les mouvements de modes furent de moins en moins imaginatifs et la plupart d’inspiration anglo-saxonne. Le prêt-à-porter et la fin des tailleurs, couturières et autres bottiers de quartier sonnèrent le glas de l’invention de rue, et les guerres de 1870, 1914-18 et 1939-45 affaiblirent énormément la France.

Pendant ce temps, les nouveaux rythmes d’Outre-Atlantique et surtout d’Outre-Manche conservaient de l’invention, de la fantaisie, de la fête, du merveilleux et du style. De 1950 à 1990, en Occident Londres était le lieu où les contrastes étaient les plus frappants et les créations de rue les plus merveilleuses, avec dans les années 1950 les teddy boys et les modernists (mods), dans les années 60 le swinging London, la pop psychédélique et les skinheads, dans les années 1970 les glam rockers (ou glitter rockers) et les punks, pour ne citer que quelques mouvements ; et il suffisait de se promener dans certains quartiers de Londres au début des années 80 pour nager dans un feu d’artifice de fantaisies variées et très stylisées (skas, new-waves, batcaves, revivals mods, psychobillys, funs, new romantics, revivals punks, etc.). On restait dans la lignée des euphuists, macaronis, dandys et autres fashionables. Un Anglais pourrait remonter cette filiation sur des siècles, comme je l’ai fait pour les petits-maîtres français dans mes livres. Cela est vrai aussi pour d’autres pays.

Si Anglais et Américains ont porté le flambeau dans la seconde partie du XXe siècle, on sombra dans un nihilisme qui ne fit que s’amplifier, le no future punk passant dans la new-wave, le grunge, la techno, le metal et même une jeunesse en burqa écoutant du rap avant de se laisser masquer passivement et très massivement aujourd’hui. Mais la vie n’étant que mouvements, les choses changent et changeront… La question c’est avec ou sans les êtres humains ? Sans doute avec… mais à quel prix ??

Illustration : Regard, porte de la lumière dans l’obscurité. Création personnelle LM.

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Les premières cocottes…

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Les premières cocottes sont des jeunes femmes à la mode dans les années 1860, les mêmes que l’on appelle auparavant des merveilleuses ou encore avant des petites-maîtresses. Elles sont rapidement associées par les esprits les moins perspicaces à de jolies femmes entretenues voire des demi-mondaines.

J’ai déjà écrit sur leur sujet, comme dans cet article. Ici je présente d’autres images d’époque.

Ci-dessus et ci-dessous : « Les cocottes en 1867 ». Cette estampe semble dater de 1867 même. Elle représente des cocottes et cocodès au bois de Boulogne… à la promenade. La mode est aux petits chapeaux plats, pour les femmes comme pour les hommes, et aux crinolines avec la robe remontée à mi-mollet pour les jeunes femmes, quand on ne laisse pas tomber la traîne. Les cols des hommes sont tombants et larges. La mode masculine est aussi aux moustaches et rouflaquettes, cheveux séparés en deux du front à la nuque, pantalons moulants, gilets et veste boudinant, poche gousset au gilet, canne fine et courte dont le pommeau est souvent porté à la bouche… C’est la mode des lunettes ou monocles et de conduire sa voiture, le domestique restant derrière les bras croisés. Les femmes se promènent avec un éventail ou une ombrelle.

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Ci-dessous : Photographie d’une jeune femme à la mode au temps des cocottes.

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Ci-dessous : Tête de pipe en terre de la maison Gambier. Le catalogue de cette firme la classe au n°1291, décrivant le sujet comme une « cocotte ». Elle est une production de vers 1870 – 1893.

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Ci-dessous : « Ce qu’on appelle des cocottes » « par Marcelin ». Illustration du Petit journal pour rire : Journal amusant des modes parisiennes et de la toilette de Paris.

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Ci-dessous : Carte postale inscrite : « Marseille 7 Juillet 1909 ». On lit au dos : « Je vous envoie celle-ci [cette carte] pour vous faire voir la dernière mode », et sur la face où se trouve l’illustration : « Et voilà deux cocot[t]e[s] qui porte[nt] la dernière mode, c’est un peu exagérée, mais c’est ça ». Le nom de « cocotte » est encore utilisé dans la première moitié du XXe siècle pour désigner des merveilleuses : des jeunes femmes créant, lançant ou suivant les dernières modes parfois extravagantes. Là on est au temps des grands chapeaux, des amples plumes d'oie accrochées à ceux-ci, des robes longues et moulantes dites « entravées », des jupes-pantalons, des robes échancrées...

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Ci-dessous : Partition « La Marche des Cocottes », de vers 1900. La chanson débute ainsi : « Regardez-la passer La gentille cocotte, Le jupon retroussé, Voyez comme elle trotte, Quand d’un p’tit air fripon, Elle jou’ d’la prunelle… » On note les chapeaux à longue visière qui ressemblent à ceux des merveilleuses du temps des invisibles. Les couleurs ne sont pas tendres mais plutôt pastels.

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Ci-dessous : « Croquis parisiens » par Stop (pseudonyme de Louis Morel-Retz : 1825 – 1899) : « Voilà une mode que devraient adopter certaines petites dames. » Illustration du Petit journal pour rire.

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Ci-dessous : « Costumes de bals masqués » par Bertall (pseudonyme de Charles Constant Albert Nicolas d'Arnoux de Limoges Saint-Saëns : 1820 – 1882). Illustrations du Petit journal pour rire. À gauche et en bas : « BAL DE L’OPÉRA. Costume de cocotte bonne maison. »  À droite : « BAL DE L’OPÉRA. Costume de coq-odès. » Le cocodès est un petit-maître de l’époque, compagnon de la cocotte et de la cocodette.

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Ci-dessous : Détail d'une illustration de partition  d'époque vers 1885.

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Aux origines de l’habit moderne masculin

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Ci-dessus : Homme en carrick, un très long manteau de style redingote à plusieurs collets. Cette gravure date du Premier Empire, et plus précisément de 1812. Ce jeune homme a les cheveux courts coiffés à la Titus… à la manière romaine. Il porte un chapeau bicorne, une cravate blanche nouée en oreilles de lièvre (voir ici), un jabot, deux ou trois gilets comme c'est la mode alors, une culotte sombre, des bas rayés et de petites chaussures à talon bas. Ses gants sont jaunes (voir ici).

J’ai déjà écrit quelques articles sur la formation de l’habit masculin contemporain, comme celui intitulé Aux origines de la cravate, qui offre, je crois, une vision claire et complète de son histoire. Je vais ici évoquer ce qui constitue le costume de base de la tenue masculine aujourd’hui : le manteau, la veste, la chemise, le pantalon, le tricot de corps, la culotte, les chaussettes et les chaussures, éléments que l’on retrouve sur tous les continents même dans des formes traditionnelles.

Le seul élément qui a presque disparu de la mode occidentale, mais encore présent dans des pays comme l’Inde, l’Afrique, l’Extrême-Orient ou l’Amérique du Sud, est le drapé. En Occident, LE MANTEAU en est un héritage, bien que cousu, alors que le manteau ne l’était pas,  comme l’himation grec ou le pallium romain (encore en usage dans l'église catholique) et la toge. La chlamyde était un manteau plus court antique. Le haut Moyen-Âge a conservé ces coupes de vêtements. D’autres genres de manteaux étaient utilisés, déjà très employés chez les Gaulois et avant comme la saie (sayon, sagon en gaulois et sagun en latin). Au bas Moyen-Âge on a commencé à former des manches au manteau par l’intermédiaire de la ceinture. En cherchant à rendre ces manches de plus en plus amples et longues, on a créé des manteaux beaucoup plus cousus, comme la houppelande. Les tuniques de dessus, avec manches, devinrent aussi manteaux. Au bas Moyen-Âge, tuniques et manteaux s’appelaient « robes ». Le terme fut conservé pour la tunique féminine de dessus à l’époque moderne, à partir de la Renaissance. Jusqu’au XVIIIe siècle, on a conservé ces deux styles de manteaux : le simple (drapé) et le cousu. Le premier est resté jusqu’au XXe siècle sous la forme de la cape, et le second est toujours en usage aujourd’hui.

LA VESTE, quant à elle, est dans le prolongement de sortes de justaucorps portés au bas Moyen-Âge et du pourpoint, qui étaient cousus, de même un peu du manteau court. Au XVIIe siècle elle portait le nom de « justaucorps », puis de veste, jaquette, frac, etc. Comme de nos jours, elle pouvait être un vêtement que l’on portait en extérieur sous le manteau en périodes froides, ou comme manteau court et léger quand il faisait plus chaud.

Sous la veste se trouve le plus souvent la chemise, avec parfois au-dessus de cette dernière LE GILET. Celui-ci était très en usage dans l’habit masculin dès le XVIIe siècle, et un élément de l’habit français du XVIIIe siècle presque indispensable. Le mot « gilet » aurait été employé en France à partir du XVIIe. Il viendrait de l’arabe jalikah, désignant une « sorte de camisole sans manches » dérivé du turc yelek. Dans la citation prise ici, on trouve le mot « camisole » qui serait issu de l’occitan camisòla désignant une petite chemise et en usage dès le XVIe siècle dans le nord de la France.

Le mot chemise viendrait du gaulois camisia, mot passant en latin puis dans l’ancien-français. LA CHEMISE a pour ancêtre la première tunique (celle de dessous s’il y en avait une autre au-dessus), et en particulier le chiton qui était une tunique courte (coupée au-dessus des genoux). Elle était directement en contact avec la peau. Il s’agissait donc d’un élément précieux de la panoplie qui devait être conservé très propre. Pour cette raison elle était, il me semble, tout le temps blanche jusqu’à l’apparition des chemises courtes du prêt-à-porter. Et on en changeait très souvent. Si son aspect était à peu près le même pour tous, la finesse du tissu qui la composait faisait la différence, de même que les aménagements faits au niveau du cou, de la poitrine et des poignets, parfois délicatement ouvragés de passements et de dentelles. En souhaitant en ajouter et/ou la rendre d’une apparence davantage amidonnée, on a créé des éléments s’accrochant à la chemise, comme la collerette, la fraise, le faux-col, le jabot, les faux-poignets, etc. La qualité et la blancheur de la chemise se dévoilaient non seulement à ses extrémités, mais aussi à d’autres niveaux, notamment en créant dans le vêtement de dessus ce que l’on appelait « des crevés ». Au XXe siècle, la généralisation du prêt-à-porter lui a fait d’abord progressivement perdre son caractère de vêtement de corps, en mettant sous elle un tricot de corps, et en créant la chemise boutonnée du bas jusqu’en haut et plus courte. Elle prit différentes couleurs, se para de motifs… Aujourd'hui, des chemises du genre tunique se vendent toujours, non seulement dans des boutiques de vêtements anciens, mais on en trouve aussi des neuves chez des marchands orientaux et extrême orientaux notamment. Il s’agit d’un vêtement de base très hygiénique et permettant de nombreux usages et modulations aussi bien masculins que féminins :  linge de corps, chemises de nuit, de costume, de travail, de loisir, etc.

L’origine du pantalon est à la fois récente et très ancienne. Oui c’est possible ! On a commencé à utiliser LE PANTALON en France à la fin du XVIIIe siècle. Auparavant on portait une culotte. On ne le trouvait que  dans la tenue de certaines corporations, comme les nautes (bateliers) parisiens. Les révolutionnaires, venant du peuple ou cherchant à en imiter les manières, étaient appelés des « sans-culottes », car ils ne portaient pas la culotte mais le pantalon et d’autres habits de travailleurs comme la blouse, la carmagnole, les sabots… D’après le site du CNRTL, le terme de « culotte » serait présent dès le début du XVIe siècle, mais surtout courant au XVIIIe siècle, avec parfois encore celui de « chausses » et « haut-de-chausses ». Ce dernier se déclinait et prit d’autres noms plus éphémères selon les modes. Les chausses quant à elles ont une origine antique et sans doute gauloise et celte. Elles étaient très portées au Moyen-Âge. Il s’agissait sans doute d’abord d’une chaussure de tissu montant jusqu’au-dessus des genoux et retenue par des lanières nouées autour des jambes. Au bas Moyen-Âge, lorsque les habits devinrent davantage cousus, elle couvrit les jambes et le bassin. La braie était aussi courante durant le Moyen-Âge. Son origine était aussi antique et gauloise, ou celte en général. C’est ce que l’on appelle aujourd’hui un « pantalon », et véritablement son ancêtre.

Le bas-de-chausses n’a pas disparu avec la culotte, mais on parlait davantage de « bas ».  LA CHAUSSETTE en est une réminiscence. Il s'agit d'une petite chausse, ou plutôt d'un petit bas-de-chausses ne couvrant plus que le pied et montant plus ou moins haut en dessous du genoux.

LA CHAUSSURE a un nom aussi issu de la chausse. Cette dernière pouvait avoir une semelle cousue. D'après le CNRTL, on appelait déjà chaucëure « tout ce qui sert à envelopper le pied »… comme aujourd'hui.

Le terme de « culotte » est lui aussi resté ; mais LA CULOTTE ne désigne plus actuellement que le linge de corps couvrant le bassin, bien que l’ancienne culotte et son nom sont encore en usage en équitation.

LE MAILLOT DE CORPS serait apparu quant à lui au tout début du XXe siècle, remplaçant progressivement la chemise comme linge de corps.

Et oui, rien ne vient de nulle-part !

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Faux-culs

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Ci-dessus : Vénus callipyge (aux belles fesses)

Si durant l’Antiquité on utilise souvent des postiches et perruques pour les coiffures, il me semble que pour les habits on n'ajoute pas d'éléments travestissant la silhouette jusqu’à la fin du haut Moyen-Âge. Ce n’est qu’avec les habits entièrement cousus, que femmes et hommes font ajouter des éléments à leurs vêtements afin de sculpter la forme de leur corps selon l’image à la mode, la coutume, mot d’où provient le terme de « costume ».

Durant les siècles qui suivent le haut Moyen-Âge, les courbes du corps de la femme sont rarement suggérées dans leur réalité, mis à part à la fin du XVIIIe siècle avec les merveilleuses qui copient les statues antiques, puis au XXe, en particulier à partir des Années folles de l’entre-deux-guerres.

Pendant l’époque moderne, c'est dans l'art qu'à partir de la Renaissance, l’Antiquité est le prétexte pour montrer des corps nus. Ce n’est pas du mauvais goût mais de l’art, et certaines femmes n’hésitent pas à se faire peindre ou sculpter en déesse, Vénus par exemple, ou en une autre allégorie afin de montrer la grâce de leurs courbes. Jusqu’au XIXe siècle, en particulier jusqu’aux peintres Impressionnistes, le nu ne se représente donc dans l’art que s’il est allégorique ou antique.

Dans la vie courante, si on dévoile volontiers les seins, on ne le fait pas pour tout ce qui se trouve en dessous… sauf, bien sûr et comme déjà dit, lorsque l’Antiquité revient à la mode.

C’est ainsi que les formes des bassins féminins changent avec les modes. Elles sont une fois fines, une fois avec un postérieur volumineux, une autre fois ce sont les hanches qui le sont, etc.

J’ai écrit plusieurs articles sur le sujet, comme : Bêtises et autres culbutes, gourgandines ou tâtez-y ou Vertugadins, paniers, crinolines et tournures.

Ci-dessous : « La Vénus hottente ». Cette gravure du premier tiers du XIXe siècle représente une Africaine aux fesses particulièrement proéminentes qui, au XIXe siècle, fut un objet de foire en Angleterre puis en France. Cela montre la bêtise de certaines personnes. J’ai toujours été extrêmement sensible à la cruauté. Quand la bêtise ou la cruauté prend des airs de politesse ou de mode cela est vraiment détestable.

Merveilleuses et merveilleux
 
Ci-dessous : « Oh !... Pardon !... Il n'y a pas de mal. ». Centre d'une assiette du XIXe siècle.
 
Merveilleuses et merveilleux

 

Ci-dessous : Diverses sculptures de postérieurs

Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
 
Ci-dessous : Tahitienne.
 
Merveilleuses et merveilleux
 
Ci-dessous : « Paraître » et « Être ». Centres de deux assiettes historiées du XIXe siècle.
 
Merveilleuses et merveilleux
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Ci-dessous : « Désappointement d'un futur le soir de ses noces ». Centre d'une assiette du XIXe siècle, de la série « La Crinoline ». Voir la série et les assiettes suivantes ici.
 
Merveilleuses et merveilleux
 
Ci-dessous : « La tournure de Lisette ». « Chansonnette comique » du dernier tiers du XIXe siècle.
 
Merveilleuses et merveilleux

 

Merveilleuses et merveilleux

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Catalogue de Goethe de gravures d’époque représentant des merveilleuses et des incroyables

En 1797, Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832) a répertorié cinquante-sept gravures satiriques sur le sujet des merveilleuses et des incroyables. L’universitaire Klaus H. Kiefer a entrepris de retrouver ces estampes, ce qui a donné un petit livre (photographies), datant de 1988, où toutes sont présentées et la plupart avec une image. Elles datent toutes d’une période comprise entre 1794 et 1797 inclus. Cette recension de Goethe n’est bien sûr pas exhaustive. On observe que la production est parisienne, et que les artistes ayant réalisé ces œuvres sont nombreux, certains connus, d’autres non, et des anonymes.

Dans cette liste, le dessinateur le plus représenté est Louis-Léopold Boilly (1761 – 1845, voir sur cet artiste cette exposition), qui a surtout collaboré avec Salvatore Tresca (1750 – 1815) qui était non seulement graveur mais semble-t-il aussi éditeur et marchand d’estampes, ce qui était le cas d’autres graveurs et dessinateurs de ce genre, comme Jean-François Bosio (1768 –1845). Carle Vernet (1758 – 1836) vient ensuite, gravé par Louis Darcis (? – 1801), puis Pierre-Thomas Le Clerc (1740 – 1791) avec Pierre-Thomas Auvray (1740-1796) comme graveur…

Louis-Léopold Boilly, Carle Vernet et Pierre-Thomas Le Clerc sont donc les principaux dessinateurs de merveilleuses et d’incroyables de cette liste, et Louis Darcis, Salvatore Tresca, Pierre-Laurent Auvray, les graveurs les plus prolifiques. À l’époque, on se procurait ces estampes chez les « marchands de nouveautés ».

D’autres artistes graveurs et/ou dessinateurs, de la fin du XVIIIe siècle et officiant à Paris, ont pris comme sujet les merveilleuses et les incroyables, comme Philibert-Louis Debucourt (1755 – 1832), Claude-Louis Desrais (1746 – 1816), Nicolas Dupin le Jeune (1753 – ?), A. B. Duhamel (1736 – après 1800), Pierre-François Courtois (1736 – 1763), le baron Pierre Narcisse Guérin (1774 – 1833), Pierre Adrien Le Beau (1748 – 1773), Jean-Michel Moreau le Jeune (1741 – 1814), Augustin De Saint-Aubin (1736 – 1807), Étienne Claude Voysard (1746 – ?), etc.

Dès 1797, le Journal des Dames et des Modes a fait travailler de nombreux de ces artistes. Cependant, la plupart des estampes n’étant pas signées, il est difficile de savoir pour lesquelles.

Ce qui est sûr, c’est que les documents iconographiques d’époque sur ce sujet ne manquent pas, sans compter les peintures et les portraits miniatures ou pas, dont beaucoup représentent des incroyables ou des merveilleuses. J’en vois passer régulièrement en vente, notamment des portraits miniatures de 1795 – 1800 avec un incroyable ou une merveilleuse.

Par la suite, ce thème n’a pas cessé d’être représenté, en commençant par la série Le Bon Genre comprenant 104 planches publiées de 1801 à 1817, complétée entre 1818 et 1822 de 11 planches, d'où trois éditions de l'album complet datant de 1817 (L.-G. Michaud, imprimeur), 1822 (Crapelet, imprimeur) et 1827 (Vassal et Essling imprimeurs), cette dernière étant une réimpression de celle de 1822 avec des variantes (cf. : Le Bon Genre. : Réimpression du Recueil de 1827… avec une préface de Léon Moussinac, Paris : éditions Albert Lévy, 1931), tout cela sous la direction et avec des notices de Pierre de La Mésangère (1761 – 1831). Léon Moussinac cite plusieurs artistes collaborant à la réalisation de cette série, dont A. Dutailly, Lanté, Aug. Garneray, Pasquier, Carle Vernet (voir précédemment), Dominique Bosio (voir précédemment), J.-B. Isabey, Harriet, Garbizza… « L’attribution n’est pas toujours certaine, le plus grand nombre des planches n’étant pas signé ». Ces gravures étant éditées au fur-et-à-mesure à l'unité avant d'être rassemblées en recueil, elles peignent la mode du jour de jeunes gens à la mode que l'on appelait toujours des merveilleux et des merveilleuses.

Pierre de La Mésangère est à l'origine d'une autre série de gravures intitulée Incroyables et Merveilleuses, publiée par Le Journal des Dames et des Modes de 1810 à 1818, dessinées par Horace Vernet (1789 – 1863) et Louis-Marie Lanté (1789 – 1871), et gravées par Georges-Jacques Gatine (1773 – 1841-7)… Chaque estampe représente une seule personne à la mode des années 1810. Il ne s'agit donc pas à proprement parler d'incroyables et de merveilleuses du Directoire, mais comme déjà dit, ces désignations sont encore utilisées au début du XIXe pour des personnes à la mode, en particulier celle de « merveilleux ». D'autres séries d'estampes sont publiées dans la même veine.

A partir de 1830 et les débuts de la mode romantique en France, on emploie moins le terme de « merveilleux », mais on représente les merveilleuses et les incroyables du Directoire qui deviennent un sujet très apprécié jusqu’aux années folles incluses, le premier tiers du XXe siècle trouvant une inspiration dans la mode libre, voire libertaire de la fin du XVIIIe. Voir cet article, cet autre, celui-ci, celui-là, etc.

M. Klaus H. Kiefer a complété ce travail en 2012 : Voir ici.

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Danser entièrement

Bouger, danser, s'embrasser, naître, faire l’amour, mourir… Tout est rythmes ! Jetons les masques. Ayons du style… même si nous ne dansons qu’intérieurement, dansons complètement… N’ayons pas peur. Ce que j’apprécie dans la vidéo ci-dessous c’est que Sam et Dave dansent avec tout leur corps. On n’est pas dans la demi-mesure mais dans la mesure complète, ce qui passe aussi par une communion avec l’entourage.

Bien sûr, quand je dis « bouger », je ne veux pas dire de le faire n’importe comment. Autour de moi, quand je vois tous ces gens qui ont un pied ici et un pied à des milliers de kilomètres, qui courent partout, prennent leur voiture, l’avion, s'attachent à leur téléphone portable comme à une bouée de sauvetage en plomb… et se comportent de manières tellement éloignées de ce que je qualifie de bon sens, cela m’afflige. Parfois même je me demande si je suis de la même planète que ceux que je croise, en particulier quand je constate comment leur esprit se met en mouvement, par exemple lorsque j’écoute certains politiques (de plus en plus nombreux car monopolisant les instances de pouvoir), sans le faire vraiment exprès, car j’évite de me polluer les oreilles. Lors de la crise orchestrée autour du covid, qui se poursuit toujours lorsque j’écris ces lignes, j’entends tellement de choses qui me semblent aberrantes et je vois tellement de gens qui m’apparaissent comme des voyous et des incompétents gouverner sans se cacher, que cela en est franchement troublant. Par exemple chaque jour ils gratifient les Français d'au moins un scandale, sans compter la multitude d'incompétences, de lâchetés et d'ignominies, sans pour autant que de catastrophes arrivent. C'est comme si nous étions dans un bateau dans lequel presque tout l'équipage est ivre et fou sans pour autant que celui-ci n'ait d'accidents.

Ci-dessous : Partition datée de 1946, de la chanson intitulée Swing mou. Les guerres de la France contre l'Allemagne de 1870 – 1871, de 1914 – 1918 et de 1939 – 1945 ont appauvri ces pays et toute l'Europe, et mis sur le devant de la scène internationale les États-Unis. C'est en particulier durant l'entre-deux-guerres que sont devenus à la mode et qu’apparurent en France les swings, des jeunes gens modernes aimant le jazz et très influencés par le nord de l'Amérique. Ils devinrent zazous, puis le swing se changea en be-bop, twist, rock, funk, disco, électro... La plupart de ces mouvements sont nés dans l'Amérique noire. Seule l'Angleterre a donné de son côté d'autres mouvements d'une importance similaire dans la seconde moitié du XXe siècle.

Merveilleuses et merveilleux

Ci-dessous : Partition de la chanson intitulée Il est rythmé de Johnny Hess (1915 - 1983). Ce dernier a commencé sa carrière en duo avec Charles Trenet (1913 - 2001) à partir de 1931 jusqu'en 1937. C'est un des principaux représentants du mouvement zazou. il chante notamment Je suis swing (1938) et Ils sont zazous (1942). Voir par exemple cet article de ce blog.

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Le Papillon meurtri

The Broken Butterfly est un film américain de 1919 du réalisateur français Maurice Tourneur (1876 – 1961), dont voici les images d’un passage que je trouve joli.

Dans le cinéma muet on travaillait beaucoup l'image. Certains de ses directeurs de la photographie ont continué avec le cinéma parlant, transmettant leur soigneuse esthétique à d'autres professionnels ainsi qu'aux amateurs qui choisissent parfois un film pour sa photographie. Ci-dessous d'autres images du film.

Le personnage principal de ce film a des tenues caractéristiques des années 1910. On constate notamment que ses costumes (veste et pantalon) sont le plus souvent coupés dans le même tissu, ce qui n'est pas le cas au XIXe, mode apparaissant en Angleterre dans la seconde partie de ce siècle, comme pour le smoking (ou tuxedo) dont la veste et le pantalon sont aussi assortis.

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Le bâton, la canne, la baguette et la badine.

Merveilleuses et merveilleux

« De tout temps, j’ay apprins de charger ma main, et à cheval et à pied, d’une baguette ou d’un baston, jusques à y chercher de l’elegance et de m’en sejourner, d’une contenance affettée. » écrit Michel de Montaigne (1533 – 1592).

Merveilleuses et merveilleux

Un des premiers articles de mon blog était sur le sujet de ce titre (voir ici).  Le bâton, la canne, la baguette et la badine sont les principaux bâtons de l’accessorie (comme on dit au Moyen-Âge) de l’élégance. Pour l’élégant, le bâton (et ses dérivés) est comme un mât de navire dans la tempête, une machette dans la jungle, un flambeau dans l’obscurité, l’irréductible marqueur du rythme de la démarche et de la pensée : des rythmes du corps et de l’âme dans l’espace. Il est la colonne vertébrale de la main et de l’âme à travers elle. Il est stabilité, un compagnon qui soutient si nécessaire, illumine la marche et le maintien, dessine l’espace. Au théâtre, il annonce la pièce ; en danse il rythme les pas. C’est un ‘cadenceur’ de pas, un créateur de réalité qu’il respire dans la pure élégance. Il ‘fige’ le mouvement (comme le fait la photographie ou même le cinéma…), le prend dans son lasso, comme le fait la baguette magique, et joue avec les apparences. Il fait le lien entre la terre et le ciel et vice et versa, entre l’Un et le Tout. Il est le foudre ; il est la foudre. Il est le bâton de vieillesse. Il guide l'aveugle. Il est l’expression du sans vie dans le mouvement, du mouvement dans le sans vie et du sans mouvement dans la vie. Du Un il fait le Deux, s’étirant vers les contraires. Il donne du sens à ceux qui en ont besoin, de quoi s’agripper dans l’immensité. Il est un réconfort qui rend stable, une partenaire de danse. Il donne de la contenance. Il est la colonne vertébrale de l’élégant. Ce dernier ne peut offrir davantage…

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Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
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Évidemment on ajoute le parapluie comme accessoire de l’élégance.

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La nature en juillet en Île-de-France

Dans mon dernier livre auto-édité, sorti en mai 2022, je présente la nature en Île-de-France en suivant les mois. Cliquez sur les images ci-dessous pour lire ce qui y est écrit pour le mois de juillet. Il s’agit de captures d’écran, d’où le flou qui ne facilite malheureusement pas la lecture. Mais je vous encourage à acheter cet ouvrage, assez volumineux (631 pages, format 15,8 x 24 cm)), qui contient aussi des gravures pastorales du XVIIIe siècle et bien d’autres choses…

Il est non seulement un bel objet, mais il se goûte, permet de goûter la nature, de s'ouvrir à l'espace dans lequel nous évoluons et acquérir davantage d'autonomie. Il nous 'libère' de carcans que la société actuelle nous impose, par exemple aux niveaux médical et alimentaire, en montrant qu'il existe des moyens gratuits et très sains de se soigner et de se nourrir, tout en prônant une vie en commun plus harmonieuse et saine, une société plus éveillée.

Cette lecture intéresse non seulement ceux qui habitent en Île-de-France, mais aussi les autres, car donnant des clés pour s'ouvrir au milieu ambiant auquel nous appartenons et à une culture qui accompagne l'être humain depuis des temps immémoriaux. La démarche s'inscrit dans un processus de 'décroissance', mot que l'on critique beaucoup mais qui signifie avant tout une alternative plus douce, humaine, belle, naturelle, ouverte à l'instant présent et à la terre que l'on foule et tout ce qui en naît... une 'manière', une 'façon', un 'mode' qui essaie de ne pas nuire... une simplicité naturelle d'ouverture de nos sens, du sentiment, qui prouve que l'on peut vraiment très bien vivre d'amour et d'eau fraîche.

Ecologie du Sentimentt
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Clarté, musique et couleurs

Merveilleuses et merveilleux

Estampe gravée par Eugène Gaujean (1850 – 1900).

La réalité… on l’écrit aussi… Le mouvement crée la réalité et l’écriture est un de ses rythmes. Que l’on trouve ce que je dis stupide ou pas, dans tous les cas, on contribue à la création de la réalité…

Évidemment, tout cela n’est que tergiversations… Je n’ai jamais été autrement qu’au premier jour de ma naissance ! C’est un peu comme la respiration : Finalement elle ne change pas tant que cela avec le temps… mais elle est nécessaire. C’est ainsi que j’écris par nécessité… comme je respire… J’écris au rythme de ma respiration et de mon coeur… parce que tout bouge et change dans l’immuable…

Dans un précédent article, j’évoque la question du simulacre décrit par les épicuriens, ce qui consiste en une image (simulacrum) extrêmement ténue émanant de l’objet ou se situant entre lui et nous comme un miroir, ou se reflétant en nous, ou la manifestation de deux ou trois de ces éléments à la fois… généralement les trois.

Une des manifestations qui résultent de ces simulacra est la réalisation d’associations qui se font dans notre esprit. En psychologie moderne on considère cela comme des expressions neurologiques auxquelles pour certaines on donne des noms et des définitions comme « synesthésie » ou « chromesthésie ». Ces phénomènes peuvent permettre de comprendre les liens qui se font et les réalités qui s’opèrent, certes de manière extrêmement parcellaire… mais c’est déjà ça !

La synesthésie est littéralement une union de sensations, ce qui consiste à lier de manière non intentionnelle une sensation à un autre sens, par exemple des notes de musique entendues à une couleur, un graphème (lettre ou nombre) à une couleur, un nombre à une position dans l’espace…   Des sensations, visions (personnalités, jours, mois…) se trouvent ainsi associées à des couleurs, ou des positions dans l’espace, ou des formes particulières, etc. Davantage que de simples sensations, il faut parler d’une harmonie de sensations (ou expériences) associée à une ou plusieurs autres harmonies. Les rêves expriment ces images avec un lien plus libre à la réalité, mais agissant aussi avec cette dernière, par imprégnations de la réalité sur le rêve et du rêve sur la réalité.

D’après Diogène Laërce, chez Zénon et les stoïciens on distingue la représentation (φαντασία) de l’image (φάντασμα). Le mot φάντασμα est dans la représentation, l’action de montrer, l’apparence, ainsi que l’action de se figurer par l’imagination. Le terme de φάντασμα correspond à l’image qui se forme dans l’esprit que l’objet renvoie. Il signifie aussi « songe », « vision », « apparition », « fantôme ». Les deux termes ont pour racine φαντάζω (faire voir en apparence, donner l’illusion. Se montrer, apparaître, jouer le rôle de…). Cette même racine a donné φανταστής, voulant dire « qui aime la parure, l’étalage ». On y trouve une idée de lumière, φανός, (lumineux, brillant, lampe). Voici ce passage reproduit sur le site Remacle :

« Joignons-y quelques détails particuliers sur leur science introductrice, et citons les paroles mêmes de Dioclès de Magnésie ; il s’exprime ainsi dans l’Excursion des Philosophes : “Les stoïciens traitent en premier lieu de la représentation et de la sensation, parce que le critérium, ce par quoi nous connaissons la vérité des choses, est un mode de la représentation, et aussi parce que le jugement qui exprime la croyance, l’aperception, la notion, jugement qui précède tous les autres, ne peut s’accomplir sans la représentation. En effet, ce qui précède dans les phénomènes internes, c’est la représentation; vient ensuite la pensée, dont le propre est d’exprimer les impressions qui résultent de la représentation et de les rendre sensibles par la parole.”

La représentation diffère de l’image : l’image est une conception de l’intelligence, telle que celles qui se produisent dans le sommeil ; la représentation est une impression faite sur l’âme, et par là il faut entendre une simple affection, comme le dit Chrysippe dans le dixième livre du traité de l’Âme ; car on ne peut admettre que l’impression ressemble à l’empreinte d’un cachet, puisqu’il est impossible de concevoir qu’il y ait eu en même temps plusieurs empreintes superposées en un même point. La représentation vraie est celle qui, produite par un objet réel, est gravée, empreinte, imprimée dans l’esprit de telle sorte qu’elle ne puisse être produite également par un objet non réel. Parmi les représentations, les unes sont sensibles, les autres non : sensibles celles qui nous sont fournies par un ou plusieurs sens ; non sensibles celles qui émanent directement de la pensée, par exemple celles qui portent sur les choses immatérielles et sur tous les objets qu’embrasse la raison. Les représentations sensibles sont produites par un objet réel qui s’impose à l’intelligence et force son acquiescement ; toutefois il y a aussi des représentations purement apparentes, des ombres, qui ressemblent à celles produites par des objets réels.

Les représentations se divisent encore en rationnelles et irrationnelles : rationnelles, celles des animaux raisonnables ; irrationnelles, celles des êtres dépourvus de raison. Les représentations rationnelles sont les pensées; les autres n’ont pas de nom particulier. Ils les distinguent aussi en artistiques et non artistiques ; en effet, une image est vue tout autrement par un artiste que par celui qui ne l’est pas. »

Dans l’article sur les simulacres, j’insiste sur l’importance de l’image dans notre société et cela depuis très longtemps.

Il me semble que chacun est en interprétation (représentation ou image) continuelle de la réalité, de manière le plus souvent inconsciente… et je ne parle pas là d’une interprétation intellectuelle… mais dans des simulacres de réalité individuels et collectifs. Comme l’écrit Épicure : « La fausseté ou l’erreur sont toujours dans l’opinion que nous avons sur l’objet qui vient émouvoir nos sens ». Il ne s’agit pas de juger quel qu’être vivant que ce soit qui voit la réalité selon sa représentation, son image ou un simulacre, ni la représentation, l’image ou le simulacre qui lui est envoyé, mais d’envisager ce phénomène général du simulacrum et de voir comment chacun crée son harmonie à partir d’une base commune qui est sans doute simplement lumineuse : une clarté se ‘concrétisant’ en divers éléments des plus subtils aux plus grossiers.

Certains philosophes de l’Antiquité considèrent que le monde est créé à partir du feu. Peut-être par « feu » entendent-ils « lumière ». Nous serions tous, et les choses dans leur ensemble, des êtres ou manifestations de lumière ‘concrétisés’. Il se dégage de cela une harmonie, ou plutôt des harmonies, que je trouve intéressant d’étudier.

Cette lumière se scinde par le rythme et ainsi se décompose, notamment de trois manières : en sons, couleurs et formes.

La même lumière est source d’apparences différentes, un peu comme celle du projecteur permet de voir divers films. Avant de se concrétiser, la lumière elle-même se divise. Par exemple, celle qui donne le kaloskagathos grec est la même que celle à l’origine de la fin’amor du Moyen-Âge ou de l’élégance à la française du XVIIe siècle… Dans ces mêmes cas on se dirige vers, ou se laisse diriger par la même lumière, elle-même une fragmentation de la lumière primordiale. Dans la religion chrétienne on donne à diverses manifestations de cette fragmentation lumineuse des noms d’anges et de démons… pour en arriver à ce qui est de l’ordre de la matière. Les anges sont l’expression des sirènes dont parle Platon… musiques célestes…

Il faudra que je parle plus en détail de la musique et des couleurs et de tous les autres rythmes qui font la mode et des modes (au masculin). J'aime beaucoup cela, mais ne suis pas du tout un spécialiste, et n'ai même pas l'intelligence pour les aborder. Par exemple, je n'ai jamais rien compris à la musique, aux tons, demi-tons, etc. C'est une des raisons pour laquelle je m'intéresse tellement aux petits-maîtres, car ils vivent les rythmes pour beaucoup sans vraiment les comprendre et pour beaucoup aussi faisant semblant de bien les connaître.

Étudier ou se laisser fondre dans la musique, l’harmonie des couleurs, les mouvements de l’âme, la danse, la nature… être soi-même… enfin tous les rythmes harmonieux, c’est être dans la lumière. Évidemment qui dit « lumière » dit aussi « obscurité ». Ce jeu-là même est harmonie. Et quand on se perd, on retourne à l’humilité première…

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Modes gothiques

Merveilleuses et merveilleux

À proprement parler, le terme de « gothique » se réfère aux Goths, peuplade germanique, constituée des Ostrogoths et des Wisigoths, qui envahit une partie de l’Europe à la fin de l’Antiquité et au Haut-Moyen Âge. À partir de la Renaissance, ce terme est utilisé péjorativement pour désigner la culture qui la précède, née au XIIe siècle dans le Royaume de France, et que l’on appelle lors de son rayonnement dans toute l’Europe : Francigenum opus, c’est-à-dire « Art français » (voir cet article notamment). À partir du XIVe siècle la Renaissance italienne est la nouvelle modernité ; le mot « gothique » devient le synonyme de « barbare », faisant référence à tout ce qui est ainsi considéré, comme dans le domaine de la mode à ce qui est ancien, passé de mode. Alors qu'aux XVIIe et XVIIIe siècle on appelle donc « modes gothiques » des modes passées de mode, au milieu du XVIIIe l'Angleterre crée le néogothique dans un mouvement très nouveau : le romantisme. Durant la Révolution française, ceux que l'on appelle « les noirs », souvent de jeunes aristocrates, s'habillent tout de noir afin d'exprimer leur mécontentement face aux massacres révolutionnaires. Ils marquent les débuts d'un mouvement de résistance face à la nouvelle culture qui se met en place et qui est rapidement qualifiée de « bourgeoise » par une partie de la jeunesse post-révolutionnaire française dite « romantique ». Dès la première moitié du XIXe, le gothique, c’est-à-dire le Francigenum opus, revient à la mode en France, et certains jeunes romantiques s'habillent et vivent à la façon du Moyen-Âge (voir mes livres sur les petits-maîtres). À partir du début des années 1980, les modes dites « gothiques » reprennent des vêtements du XIXe, notamment chinés aux puces, et le noir est de rigueur. Cette fois cela s'inscrit dans un mouvement post-punk anglais dit new-wave (nouvelle vague) qui, face à la décadence de la société moderne ne proposant plus de futur valable, se tourne vers des modes passées voire fantomatiques. Cette mode est à l'opposé de la new-wave second degré, lisse et purement technologique, bien qu'étant dans la même démarche critique. Par la suite, on observe que souvent le second degré s'efface face au purement glauque. Mais des mouvements comme le steampunk et la visual kei ou la gothic lolita japonaise (voir cet article) redonnent de la vigueur et de la fraîcheur à l'esprit gothique des adolescents et jeunes adultes de la fin du XXe siècle et du début du XXIe. Ces mouvements sont encore en vigueur, et la dentelle et autres froufrous toujours d'actualité, comme ils l'ont constamment été depuis la fin du Moyen Âge. Plus que jamais, face à la technologie qui gère nos vies et face à la soupe mondialiste, il faut chercher à être de plus en plus fin, comme on l'est à l'époque du Francigenum opus qui est aussi celle de la fin'amor, abandonner toutes les grossièretés ainsi que les faux-semblants, et conserver cette capacité à créer du merveilleux.

Merveilleuses et merveilleux
Ci-dessus : une femme du XVIIIe siècle
 

Ci-dessous : Une femme de la fin du XIXe siècle, au temps des gommeux. Des éléments de ce genre de vêtement sont repris par les filles gothiques post-punks (à partir de vers 1978).

Merveilleuses et merveilleux

Ci-dessous : Photographies de gothiques, nouveaux romantiques et steampunks provenant de trois livres : 50 ans de looks (Ouvrage collectif, Nova, 2004), Street Culture 50 years of subculture style (de Gavin Baddeley, 2014) et Style Tribes The fashion of subcultures (de Caroline Young, 2016).

Gothiques
Gothiques
Gothiques
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La mode et les simulacres

Merveilleuses et merveilleux

Ci-dessus : Première de couverture de la revue Le Miroir du 17 mai 1914. La photographie pourrait très bien être celle d’une jeune femme à la mode de la première moitié des années 1970.

Dernièrement j’ai lu deux fois l’oeuvre de Diogène Laërce (IIIe siècle) traduite en français par Robert Genaille (deux tomes, Garnier Frères, Paris, 1965), intitulée Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres, et régulièrement le soir en consulte quelques lignes qui sont toujours pour moi un ravissement. Cependant l’auteur ne fait qu’y effleurer ces « vies, doctrines et sentences » des philosophes qui le précédent, ce qui donne une idée de l’immense richesse de ceux-ci. On le constate partout, et particulièrement en consultant le passage sur Platon. De lui il nous reste de nombreux écrits, et pourtant en lisant Diogène Laërce on a l’impression d’en découvrir une autre partie. Dans le chapitre sur Épicure (vers 342 - 270 av. J.-C.), l’auteur retranscrit entièrement une lettre envoyée par ce philosophe à Hérodote, résumant sa doctrine. C’est ahurissant de constater la finesse intellectuelle d’Épicure qui, simplement par le raisonnement, en déduit la présence d’atomes en mouvement dans le vide, l’infinité de l’univers et des mondes qui le constituent et bien d’autres choses. Dans cet article il est question de sa théorie sur les « simulacres », phénomènes que j’expérimente, il me semble, tout le temps, et qui est importante pour envisager les modes. Une traduction de cette lettre est visible sur le site de remacle.org. Pour nommer ce phénomène, il évoque une image (τύπος : image, empreinte…) toute particulière qu’il nomme εἴδωλον (simulacre, image, portrait, image réfléchie comme dans un miroir ou conçue dans l’esprit…), ce qui peut se traduire ici par « simulacre ». Ces simulacres sont des sortes de représentations des corps que nos sens appréhendent et qui émanent tout à la fois de ces corps, d’une substance très ténue servant de miroir et de notre esprit par l’intermédiaire des sens, âme comprise. Du moins, c’est comme cela que j’envisage cela.

Voici le passage où Épicure explique ce qu’il entend par le phénomène du simulacre (εἴδωλον) dans la traduction de 1933 de Robert Genaille reproduite sur le site Remacle :

« De plus, il existe des images, semblables pour la forme aux corps solides que nous voyons, mais qui en diffèrent beaucoup par la ténuité de leur substance. En effet, il n’est pas impossible qu’il y ait dans l’espace des espèces de sécrétions de ce genre, une aptitude à former des surfaces sans profondeur et d’une extrême ténuité, ou bien que des solides il émane des particules qui conservent la continuité, la disposition et le mouvement qu’elles avalent dans le corps. Je donne le nom de simulacres à ces images. Lorsque leur mouvement à travers le vide a lieu sans obstacle et sans choc, elles franchissent dans un temps insaisissable à la pensée toute étendue concevable ; car c’est le choc ou l’absence de choc qui produisent la rapidité ou la lenteur du mouvement. Toutefois, un corps en mouvement ne se trouve pas, dans un temps saisissable à la pensée, en plusieurs lieux à là fois ; cela ne saurait se concevoir ; de quelque point de l’infini qu’il arrive dans un temps appréciable, et quel que soit le lieu de sa course où nous saisissons son mouvement, il a déjà quitté ce lieu au moment de la pensée. Car ce mouvement que nous avons admis jusqu’ici ne rencontrer aucun obstacle à sa vitesse, est absolument dans les mêmes conditions que celui dont la rapidité est ralentie par le choc.

Il est utile aussi de retenir ce principe, à savoir que les Images ont une ténuité incomparable, — ce qui, du reste, n’est nullement contredit par les apparences sensibles; — d’où il suit que leur vitesse est aussi incomparable ; car elles trouvent partout un passage facile, et de plus leur infinie petitesse fait qu’elles n’éprouvent aucun choc ou n’en éprouvent que fort peu, tandis qu’une multitude infinie d’éléments rencontre bientôt quelque obstacle.

Il ne faut pas oublier non plus que la production des images est simultanée a la pensée, car de la surface des corps s’écoulent continuellement des Images de ce genre, d’une manière Insensible cependant, parce qu’elles sont immédiatement remplacées. Elles conservent longtemps la même disposition et le même arrangement que les atomes dans le solide, quoique pourtant leur forme puisse quelquefois être altérée. La production directe des Images dans l’espace est également instantanée, parce que ces images ne sont que des surfaces légères et sans profondeur.

Du reste, on verra clairement qu’il n’y a rien là qui soit contredit par les données sensibles, si l’on fait attention au mode d’exercice des sens, et si on veut expliquer les rapports qui s’établissent entre les objets extérieurs et nous-mêmes. Ainsi, Il faut admettre que quelque chose passe des objets extérieurs en nous pour produire la vue et la connaissance des formes. Car il est difficile de concevoir que les objets externes puissent nous donner par l’Intermédiaire de l’air qui est entre eux et nous, ou au moyen de rayons, d’émissions quelconques allant de nous à eux, une empreinte de leur forme et de leur couleur ; ce phénomène, au contraire, s’explique parfaitement si l’on admet que certains simulacres de même couleur, de même forme et d’une grandeur proportionnelle passent de ces objets à nous et arrivent ainsi à la vue et à l’intelligence. Ces simulacres sont animés d’une grande vitesse, et comme d’un autre côté l’objet solide formant une masse compacte et renfermant une grande quantité d’atomes, émet toujours la même quantité de particules, la vision est continue, et il ne se produit en nous qu’une seule représentation qui conserve toujours le même rapport avec l’objet.

Toute conception, toute perception sensible, qu’elle porte sur la forme ou sur d’autres attributs, n’est que la forme même du solide perçue directement, soit en vertu d’une sorte de condensation actuelle et continue de l’image, soit par suite des traces qu’elle a laissées en nous.

L’erreur, les faux jugements tiennent toujours à ce qu’on suppose qu’une Idée préconçue sera confirmée ou ne sera pas démentie par l’évidence ; ensuite, lorsqu’elle n’est pas confirmée, nous formons notre jugement en vertu d’une sorte d’initiative de la pensée, liée, il est vrai, à la perception et à la représentation directe, mais à laquelle se joint une conception à nous propre, de laquelle résulte l’erreur. En effet, les représentations que l’intelligence réfléchit comme un miroir, soit qu’on les perçoive dans le songe, soit qu’on les embrasse par un acte personnel de la pensée ou par quelque autre faculté judiciaire, ne ressembleraient pas aux objets qu’on appelle réels et vrais, s’il n’y avait pas des objets de ce genre perçus directement ; et, d’un autre côté, l’erreur ne serait pas possible s’il n’y avait pas un acte personnel, une sorte d’initiative de l’Intelligence, liée, Il est vrai, a la représentation directe, mais allant au-delà de cette représentation. Celte conception, liée a la perception directe que produit la représentation, mais allant au-delà, grâce à un acte propre de la pensée individuelle, produit l’erreur lorsque l’évidence ne la confirme pas ou la contredit ; lorsque l’évidence la confirme ou ne la contredit pas, elle donne la vérité. Il faut retenir soigneusement ces principes afin de ne point rejeter l’autorité des facultés qui perçoivent directement la vérité, et pour ne pas jeter d’un autre côté le trouble dans l’intelligence en accordant au faux la même confiance qu’au vrai. »

Notre propre expérience, du moins c’est ce que je vois à mon niveau, nous montre que nous composons constamment avec les choses, leur simulacre et notre esprit. Il faut donc savoir cela et être attentif à ne pas laisser notre esprit être d’un côté manipulé de l’extérieur et de l’autre subjugué par des simulacres qui eux-mêmes peuvent nous arriver déformés (ces images peuvent aussi être fidèles à l’objet qu’elles représentent) notamment à cause de diverses pollutions comme les multiples que nous subissons de nos jours, voire occultés. Être attentif à cela consiste à reposer l’âme en y enlevant, ou du moins relativisant la peur et la torpeur, par son ouverture… en quelque sorte en sortant de la caverne décrite par Platon, afin de s’extirper de la simple vue des ombres des idées, pour les atteindre directement selon un ‘processus’ qui n’a rien de contraignant, ni d’intellectuel, et qui n’est même pas un processus, un peu comme lorsque l’on se repose dans un lieu de paix, profondément agréable, le locus amoenus que décrit Lucrèce (Titus Lucretius Carus, vers 98 – 55 av. J.-C.), auteur, philosophe et poète qui reprend une explication de ces simulacres (simulacra en latin, simulacrum au singulier, qui sont des représentations, des émanations, des image des corps) dans son De natura rerum ( ou De rerum natura De la nature des choses) dont on trouve une traduction de Henri Clouard sur le site de Remacle, et une autre par André Lefèvre publiée en vers français en 1899.

L’être humain peut-il toucher à la vérité, alors qu’il est borné et sujet à de nombreux éléments qu’il ne peut même envisager ? Des simulacres il en a cependant une intuition et une expérience, et ce que nous considérons comme véritable n’est qu’une image de vérité que la présence des ‘objets’ reflétés et la réflexion personnelle soutiennent comme tangible. Afin de ne pas perdre pied dans ce jeu de miroir, des modes de vie sont créés individuels et communautaires, apportant une sorte de réconfort. La mode en fait partie, et peut permettre de trouver le locus amoenus ; mais elle n'est pas le seul moyen, le seul mode.

La mode joue beaucoup avec la représentation, l’image et encore plus avec la rythmique. Images et rythmes sont deux notions fondamentales de la société occidentale, depuis au moins l’Antiquité grecque. Dans l’image il faut inclure l’imagination, cette dernière étant aussi création, la poésie en étant un exemple parmi les autres arts.

Émanations, représentations et imaginations… En latin, le simulacrum est de l’ordre de l’émanation, l’imago de la représentation par l’imitation et la species de la représentation par la pensée, tout cela n’étant qu’une translatio : une transposition de la réalité.

Ci-dessous : Miroir de vers 1824 sur lequel ont été collées des gravures d’époque, découpées et peintes, avec ajouts de peintures. Ma photographie n’est pas nette, mais c’est difficile de ne pas avoir de reflets lorsque l’on photographie un miroir.

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Petits-maîtres en mode bucolique

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Images : Détail d’une gravure de mode de 1790 présentant différentes coiffures. Ici il s’agit du « Bon[n]et paysanne ».

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Ci-dessous : Lithographie sans doute de Paul Gavarni (1804 – 1866) de la série Musée pour rire. Un jeune romantique écrit à sa bien-aimée son expérience pastorale : « Adieu mon bon ange. Je me hâte de terminer ce récit car voici venir un montagnard qui redescend dans la vallée et qui va porter cette lettre à la poste. Ô mon Amélie que ces montagnards sont beaux ! Si tu voyais quelle fière mine ils ont ! Ces longs cheveux de jais qui tombent sous le béret écarlate, ces vastes poitrines nues, ces ceintures flottantes ! Ces jambes nerveuses ! Et comme ils posent hardiment sur ces âpres rochers leurs sandales romaines !… »

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Ci-dessous : Certains petits-maîtres vont beaucoup moins loin et se contentent de promenades au bois de Boulogne, un lieu très à la mode jusqu'au début du XXe siècle. « AU BOIS, -  par Comba ». Peut-être s’agit-il de l’artiste Pierre-Paul Comba (1834 – 1872). On remarque le gilet à très gros boutons du petit-maître, sa coiffure en cornes, ses rouflaquettes, son col lâche, ses manches très larges, son pantalon serré et ses chaussures fines à gros noeud.

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Ci-dessous : « Le Dandy au Bois ».

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Ci-dessous : Carte postale de vers 1910 : « La Mode nouvelle -  Les Jupes-Pantalons ». Des mannequins musent au bois de Boulogne.

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Ci-dessous : « La Biche au Bois ». Centre d’une assiette du XIXe siècle déjà présentée ici et ici. Les petites-maîtresses que l'on croise dans la nature, en particulier au Bois, ou qui ont de jolies allures, sont appelées des « biches ».

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Ci-dessous : « Première apparition d'un gommeux à Fouilly-l'sec ». Centre d’une assiette du XIXe siècle déjà présentée ici.

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Ci-dessous : « V'la l'chic des cocottes de Paris ». Centre d’une assiette du XIXe siècle déjà présentée ici.

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Ci-dessous : La vie bucolique des petits-maîtres n'est pas toujours idylique : « Allez donc avec vos cocottes de Parisiennes enjoleux ! ». Centre d’une assiette du XIXe siècle déjà présentée ici.

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Montres de poche des XVIIe et XVIIIe siècles

Montre du XVIIIe siècle du Musée du Louvre: Portrait médaillon de petite maîtresse
Montre du XVIIIe siècle du Musée du Louvre: Portrait médaillon de petite maîtresse
Montre du XVIIIe siècle du Musée du Louvre: Portrait en médaillon de femme
Montre du XVIIIe siècle du Musée du Louvre: Portrait en médaillon de femme

Dans les premières années de mes visites au musée du Louvre, j’ai été très agréablement surpris de découvrir de merveilleuses montres de poche des siècles précédents le XIXe. Celles-ci étaient d’une beauté époustouflante, des bijoux d’une qualité remarquable. Selon moi, aux XVIe – XVIIIe siècles, certaines montres étaient les plus beaux bijoux portés par les hommes. On parle de montre de poche ou montre gousset (petite poche), mais il me semble que le plus souvent celle-ci était tenue par un ruban ou une autre attache, pendante à la hanche pour les hommes ou suspendue à une châtelaine pour les femmes.

Ci-dessus et ci-dessous : Montres des XVIIe et XVIIIe siècle des collections du Musée du Louvre. Cliquez sur la photographie pour accéder à la description.

Montre bleue et or du XVIIIe siècle du Musée du Louvre
Montre  bleue du XVIIIe siècle du Musée du Louvre
Montre du XVIIIe siècle du Musée du Louvre Email, fleur bleue
Montre du XVIIe siècle du Musée du Louvre. Saint Hubert.
Montre du XVIIIe siècle du Musée du Louvre : Antiquités égyptiennes
Montre rocaille du XVIIIe siècle du Musée du Louvre

Ci-dessous : Montres du XVIIIe siècle suspendues à une châtelaine. La description de la première est visible ici, et de la seconde ici.

Montre rocaille du XVIIIe siècle du Musée du Louvre

Ci-dessous : Montres du XVIIIe siècle vendues dans des prochaines ventes aux enchères. Cliquez sur la photographie pour accéder à la description de l'objet.

Montre du XVIIIe siècle
Montre du XVIIIe siècle
Montre du XVIIIe siècle
Montre du XVIIIe siècle
Montre du XVIIIe siècle
Montre du XVIIIe siècle
Montre du XVIIIe siècle
Ci-après des liens vers d’autres articles de ce blog sur le sujet de l’horlogerie ancienne :
 L’Horlogerie à Genève : Magie des métiers, trésors d’or et d’émail
– Les mécanismes du temps
– Objets phares des prochaines ventes à Drouot, troisième partie : Porte-montre en céramique polychrome du XVIIIe siècle et montre bassine du XVIIe
– Inventaire à la Prévert estival

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Écologie du sentiment : Promenades sur une année aux rythmes naturels des forêts d’Île-de-France

Ecologie du Sentimentt

Je vous présente mon nouveau livre, seulement édité sous forme papier, fruit de mes promenades dans les forêts des environs de Paris, avec des photographies et surtout des notes des propriétés des plantes que j’ai croisées au fil des mois. Très largement illustré, il fait 631 pages. De nombreuses gravures du XVIIIe siècle de ma propre collection accompagnent de leur âme antique cette lecture.

Cliquer sur une photographie pour davantage d’informations.

Ecologie du Sentimentt
Ecologie du Sentiment
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Écologie du sentiment : Promenades sur une année aux rythmes naturels des forêts d’Île-de-France
Écologie du sentiment : Promenades sur une année aux rythmes naturels des forêts d’Île-de-France
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