Bordeaux - Italie : Échanges & visions artistiques - XVIIe-XXe siècles.

Du 7 mai au 7 septembre 2015 la Galerie des Beaux-Arts de Bordeaux se place sous l'inspiration italienne avec l'exposition Bordeaux - Italie : Échanges & visions artistiques - XVIIe-XXe siècles.

Voir les commentaires

Jacques Emile Blanche (1861-1942) : Peintre, écrivain, homme du monde.

L'exposition monographique Jacques Emile Blanche (1861-1942) : Peintre, écrivain, homme du monde se déroule du 7 mai au 6 septembre 2015 au Palais Lumière d'Evian. Celle-ci repose « sur le fonds provenant en majeure partie de la donation de l’artiste dans les années 1920-1930 au musée des Beaux-Arts de Rouen, […] et également des œuvres majeures provenant de collections publiques françaises, telles que le musée d’Orsay, le musée de Grenoble, la BNF, le musée du Petit Palais et le musée de la Vie romantique. Des œuvres inédites seront également visibles grâce aux prêts de collectionneurs privés. […] L’exposition du Palais Lumière propose d’évoquer la carrière de Jacques-Émile Blanche, les moments forts de sa vie de peintre et d’écrivain : depuis son enfance parisienne aisée à ses séjours londoniens, en passant par sa vie mondaine, pour s’achever dans la retraite normande d’Offranville. C’est donc son œuvre dans son intégralité que l’exposition permet de découvrir à travers peintures, dessins, manuscrits, livres, correspondances et films d’amateurs. »

Photographie : « Jacques-Émile Blanche, Gilda Darthy, 1905-1910. Huile sur toile, 116 x 89,5 cm. © Musées de la ville de Rouen / Agence Pix-Side. »

Voir les commentaires

Trésors de la Terre

La Galerie de Minéralogie et Géologie du Muséum national d'histoire naturelle possède une collection parmi les plus anciennes et les plus prestigieuses du monde, constituée de gemmes, cristaux, roches, minéraux, météorites et œuvres d'art en relation avec ceux-ci. « Depuis bientôt 400 ans, ce sont près de 130 000 spécimens qui ont été acquis, partout dans le monde, grâce à des expéditions naturalistes, des dons, des achats ou par le mécénat. La majeure partie de ces échantillons est conservée dans la Galerie de Minéralogie et de Géologie, premier bâtiment construit en France pour être véritablement un musée entre 1833 et 1839. »

En attendant une réouverture de l'ensemble de cette galerie, la salle dite 'des cristaux géants' est accessible au public avec une exposition intitulée Trésors de la Terre où l'on peut admirer différentes variétés de pièces brutes et quelques-unes taillées et historiques.

Quel plaisir de se baigner dans un trésor !

Première photographie : Salle non encore ouverte au public.

Photographie de gauche : Une tête de griffon, gardien des trésors d'Apollon, sert de poignée à l'entrée du musée.

Photographie de droite : Pommeau de canne en quartz. Diamants, argent, nacre et or. Allemagne. XVIIIe siècle.

Photographies ci-dessous : Azurite. © MNHN - Bernard Faye.

Photographies ci-dessous : Plateau de table en marbre noir des Ardennes. Anciennes collections Médicis, Barberini et Louis XIV. © MNHN_Bernard Faye.

Photographie ci-dessous : Topaze.

Photographies ci-dessous : Diverses pièces.

Photographie ci-dessous : Corindon saphir de Louis XIV, dit « Grand saphir », provenant du Sri Lanka, acquis et taillé en 1669. Cette pierre précieuse faisait partie de l'ancienne collection des Joyaux de la Couronne, étant considérée au XVIIe siècle comme le plus beau saphir du monde. © MNHN_Bernard Faye.

Voir les commentaires

Le Cabinet des Arts graphiques du Musée Carnavalet

Louons les instances publiques qui conservent notre patrimoine lorsqu'elles font des efforts de communication auprès de nos concitoyens. C'est le cas du Cabinet des Arts graphiques du Musée Carnavalet qui fait ce choix avant la fermeture temporaire du musée et de ses services pour travaux sans doute dans la seconde partie de l'année 2016. Il est envisagé de réaménager la muséographie, en donnant notamment plus d'espace aux arts graphiques dans le parcours de la collection, et d'améliorer les services. Le traitement des fonds fait partie de cette réorganisation.

Installé dans l'Hôtel le Peletier de Saint-Fargeau (de la fin du XVIIe siècle), le Cabinet des Arts graphiques du Musée Carnavalet conserve un ensemble d'environ 475 000 œuvres composé de dessins, estampes, photographies et affiches qui devront être déplacées pour les réaménagements à venir. Le récolement (examen de chaque pièce, vérification de la conformité avec l'inventaire, constat d'état, descriptif, numérisation), obligatoire depuis l'arrêté du 25 mai 2004, se voit donc accéléré. Il s'agit d'un travail colossal, mis à part pour le fonds des affiches qui l'a déjà effectué, mais qui ne contient 'que' 13 000 compositions.

Tous les items des collections du Musée Carnavalet sont en relation avec l'histoire de la capitale française. Ils permettent de plonger dans un Paris ancien dont la ville même conserve encore de nombreux éléments depuis l'Antiquité.

Photographie de gauche : Cour de l'Hôtel le Peletier de Saint-Fargeau.

Photographie de droite : Affiche d'époque de la Révolution française.

Photographie ci-dessous : Premières affiches composées par Alfons Mucha (1860-1939).

Voir les commentaires

Curiosité(s) : un certain goût pour l'Ailleurs. Collectionneurs angevins du XIXe siècle.

Le Musée des Beaux-Arts d’Angers nous offre, du 14 mars au 19 juillet 2015, une exposition intitulée Curiosité(s) : un certain goût pour l'Ailleurs, collectionneurs angevins du XIXe siècle, avec 260 œuvres datant de l’Antiquité au XIXe siècle.

Au XIXe siècle, les collectionneurs se multiplient avec l'attrait pour le lointain, l'exotique et l'ancien et même le local. Les expéditions de plus en plus éloignées et abondantes et les fouilles archéologiques d'équipes françaises dans de nombreux pays dont la France, la Grèce, l'Italie, l'Orient, l'Extrême-Orient, les Amériques ...) permettent de nombreuses découvertes. Chaque grande ville a son ou ses collectionneurs parfois à l'origine de musées municipaux. Les fonds des musées d'Angers, « en particulier ceux du musée des Beaux-Arts et du musée Pincé, proviennent d’ensembles légués par de grands collectionneurs angevins au XIXe siècle. » Ainsi l’exposition propose « un nouvel éclairage sur ces artistes, antiquaires, archéologues et collectionneurs angevins du XIX e siècle que l’Ailleurs fascinait ». Elle suit un parcours depuis 'l’anticomanie' de la fin du XVIIIe siècle « aux collections exotiques du bout du monde du début du XX e siècle » : les goûts d'alors pour l'Italie, la Grèce, l’Égypte, L'Extrême-Orient et les Amériques, le patrimoine national (antiquités gallo-romaines, Moyen-âge) etc..

En général une grande partie des réserves et présentations des musées français sont constituées de dons de collectionneurs.

Photographie du haut : Détail d'une lettre de Lancelot-Théodore Turpin de Crissé à Monsieur le Directeur du musée datant de1858. Encre. © photo musées d’Angers / F. Baglin.

Photographies de droite et de gauche : « Amphore à figure noire. Grèce, provenance inconnue. Début du VIe s. avant notre ère. Terre cuite, 27 x 20 cm. © photo musées d’Angers / F. Baglin. »

Photographie ci-dessous : « Le trésor d’argenterie de Notre-Dame d’Allençon. II-IIIe siècle. Découvert dans une parcelle agricole au lieu- dit les Châtres près du village de Notre-Dame d’Allençon (Maine-et-Loire). Paris, musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines. © photo RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Tony Querrec. »

Voir les commentaires

La collection Jean Bonna : Passions littéraires françaises.

Jusqu'au 23 mai 2015 la Bibliothèque de l'Arsenal présente une centaine d’ouvrages imprimés, fleurons de la bibliothèque privée de Jean Bonna, bibliophile contemporain, aussi collectionneur de dessins et ancien banquier. L'entrée est libre. Remerçions-le de nous faire partager sa passion !

La collection Jean Bonna : Passions littéraires françaises couvre six siècles de littérature française. On commence avec des incunables, poursuit avec des éditions rares comprenant souvent des autographes ou corrections de leurs auteurs (Voltaire, Chateaubriand, Rimbaud, Balzac, Verlaine, Flaubert et beaucoup d'autres). Quelques ouvrages sont exposés pour leur reliure. On dénombre aussi des lettres. C'est un joli parcours dans un lieu charmant, épargné par ce que j'appelle l'architecture RER. Ici on est dans une ambiance feutrée et plus authentique.

Cette exposition est donc logée pendant un mois dans la bibliothèque d'un autre bibliophile : Antoine-René de Voyer de Paulmy d'Argenson (1722-1787), grand collectionneur de manuscrits médiévaux, de livres et d’estampes. Aujourd'hui la bibliothèque de l’Arsenal possède environ un million de livres (dont 150 000 datant d’avant 1880), « un peu plus de 12 000 manuscrits, 100 000 estampes, et 3 000 cartes et plans » (source Wikipedia).

Photographie de gauche : « Galileo Galilei, dit Galilée. Discorsi e dimostrazioni matematiche... Leyde, Elzevier, 1638. Exemplaire de dédicace, relié par Le Gascon. Collection Jean Bonna. Photo © Genoud Entreprise d’arts graphiques. »

Photographie de droite : Poignée d'une porte avec des dos de reliures du XVIIIe siècle.

Photographies ci-dessous : Partie d'une des deux salles où se trouve l'exposition. Au milieu se trouve la porte de la photographie ci-dessus.

Photographies ci-dessous : « Vue de mon ouvrage. » Chateaubriand.

Photographies ci-dessous : « Jean d'Arras, La Mélusine, Lyon, Gaspard Ortuin et Pierre Schenck, s.d. [1485-1486]. »

Photographies ci-dessous : Prises à l'entrée de l'exposition.

Voir les commentaires

Salon du Livre Rare, de l'Autographe, de l'Estampe et du Dessin.

Du 24 au 26 avril a lieu, comme chaque année au Grand Palais, le Salon du Livre Rare, de l'Autographe, de l'Estampe et du Dessin. Les deux dernières années où j'y suis allé furent pour moi de grands moments de solitude au milieu de gens inconnus, de vendeurs casés dans de grandes boîtes (voir la photographie) et de livres et estampes inabordables. J'en parle cependant ici pour ceux qui y trouvent leur compte.

Photographie provenant du site www.salondulivreancienparis.fr.

Voir les commentaires

Congrès national : « Réformes ! Quel avenir pour le patrimoine ? »

À l’occasion des 30 ans du label Villes et Pays d’art et d’histoire, l’Association nationale des Villes et Pays d’art et d’histoire et des Villes à secteurs sauvegardés et protégés (ANVPAH & VSSP), organise son premier congrès national intitulé Réformes ! Quel avenir pour le patrimoine ?, les 28 et 29 avril 2015 à Besançon.

Voir les commentaires

Napoléon encore

2015 année Napoléon 1er ? Après avoir massacré les royalistes au nom de la Révolution, Napoléon 1er s'est fait sacrer empereur.  Cherchez l'erreur ! Et puis 2015 est le deux-centième anniversaire d'une grande défaite française : la bataille de Waterloo qui a mis au pouvoir les anglo-saxons dans le monde (les trois dernières guerres entre la France et l'Allemagne ayant achevé d'affaiblir ces deux grandes puissances). Par contre, je le rappelle, puisque semblant être le seul à le faire, on a passé presque sous silence l'année dernière l'anniversaire (six cents ans) de la naissance de Saint-Louis (voir l'article ici). Pourquoi ? Sans doute parce que ce roi a fait des croisades dont le but était de reprendre aux musulmans des lieux de pèlerinages chrétiens en Terre Sainte. Pourtant Saint-Louis n'a jamais été considéré comme un mauvais roi … au contraire. Et puis il est nécessaire de reconsidérer l'apport du Moyen-âge à la France. C'est une période qui met en place beaucoup de choses qui nous semblent acquises aujourd'hui mais reniées ou oubliées par nombre de nos 'élites'. Par exemple pour la mode, qui est un domaine que je connais particulièrement maintenant, son apport est considérable... mais j'en reparlerai.

Donc on est qu'au début de 'l'anniversaire' des deux-cents ans de la défaite de la bataille de Waterloo et de l'invasion de la France par les alliés, et voilà que déjà quatre expositions sur Napoléon sont programmées. Une dont j'ai parlé au Musée Carnavalet (Napoléon et Paris) qui est particulièrement intéressante pour ceux qui aiment l'ancien Paris et la mode Directoire des merveilleuses et incroyables ; une autre qui se déroule jusqu'au 29 juin au Château de Fontainebleau intitulée Pie VII face à Napoléon ; une du 22 avril au 20 juillet 2015 au Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau intitulée Cap sur l'Amérique : La dernière utopie de Napoléon ; quant à la quatrième : Napoléon Ier ou la légende des Arts 1800 - 1815, elle a lieu du 24 avril au 27 juillet 2015 au Musée national du palais de Compiègne.

Lorsque la troisième exposition parle 'd'Amérique', elle le fait des États-Unis, comme si on ne les avait pas déjà assez sur le dos avec leur Otan, leur anglais et leur bourgeoisie triomphante avec leur argent roi. Comme s'il n'existait pas d'autres Amériques que celle-là. De plus Napoléon ne s'est presque pas occupé des Amériques durant son règne, si ce n'est pour faire des bêtises, comme rétablir l'esclavage que la Révolution avait interdit, et vendre la Louisiane aux États-Unis pour quatre-vingt millions de francs !! Par contre il a beaucoup aidé l'industrie de la mode et contribué à répandre un nouveau style des arts décoratifs qui selon moi est beaucoup moins fin que ce qui précède… plus 'bourgeois' pour employer un mot d'ancien régime.

L'année 2015 est aussi celle de l'anniversaire des deux-cents de la mort de Louis XIV. J'en reparlerai. Mais vivement qu'on fête quelque chose de positif… une naissance… un baptême… une victoire sur la bêtise humaine… enfin quelque chose de bon !

Voir les commentaires

Cristóbal Balenciaga

PROLONGATION JUSQU'AU 27 SEPTEMBRE !

La Cité de la dentelle et de la mode à Calais consacre une exposition au grand couturier Cristóbal Balenciaga (1895-1972) intitulée : Balenciaga, magicien de la dentelle, du18 avril au 31 août 2015 . « Avec près de 75 tenues, des accessoires (chapeaux, gants, souliers) ainsi que des photographies et des croquis d’atelier, cette exposition offre un vaste panorama de la création du couturier espagnol et permet de dresser l’histoire de Balenciaga et la dentelle. »

Photographie de gauche : « Cristóbal Balenciaga, manteau et robe de cocktail en dentelle Chantilly, 1953. Photo de dépôt de modèle. © Photo et modèle conservés dans les Archives Balenciaga, Paris. »

Voir les commentaires

L’épopée des rois thraces. Découvertes archéologiques en Bulgarie.

Le Louvre présente du 16 avril au 20 juillet 2015 l'exposition L’épopée des rois thraces. Découvertes archéologiques en Bulgarie. Il s'agit d'une collaboration bulgaro-française avec des commissaires d'exposition bulgares et français et un partenariat avec le ministère de la Culture bulgare et l’Institut français de Bulgarie. C'est une grande joie de voir une telle collaboration entre pays à travers des objets d'exception qui sans aucun doute sont une des fiertés du peuple bulgare.

La Thrace est une ancienne région se situant au nord de la Grèce, en grande partie dans l'actuelle Bulgarie. Elle est très importante dans notre histoire des arts, étant la patrie d'Orphée (fils du roi de Thrace Œagre et de la muse Calliope) la figure même du poète musicien. Elle est aussi celle de plusieurs rois légendaires.

Il s'agit d'une très belle exhibition d'objets remarquables provenant principalement de tombes aristocratiques ou de rois de Thrace des Ve au IIIe siècles avant J.-C. découvertes dans ces dernières décennies. Ces ensembles funéraires sont montrés pour la première fois dans leur intégralité.

Ce sont des trésors rares d'or et d'argent mais aussi de la vie coutumière : toilette (pour les femmes comme pour les hommes), guerre, théâtre etc. Tous sont d'un grand intérêt comme par exemple un étui d'épée en cuir du IVe siècle avant J.-C. trouvé en 2004 je crois : les objets en cuir conservés de l'Antiquité étant introuvables du fait de leur fragilité. Celui-ci rappelle les reliures des XVIIe et XVIIIe siècles avec leurs dorures aux motifs confectionnés à partir de petits fers. Pourtant là nous sommes plus de deux mille ans avant. Le Trésor de Panagyurishte de la fin du IV e av. J.-C. est époustouflant avec ses neuf éléments en or massif (des exemples dans les photographies de droite et ci-dessous) d'une grande beauté. Pour ne citer que quelques-uns de ces trésors.

L'exposition débute avec la figure d'Orphée et celle de Rhésos, roi de Thrace (vers le XIIe siècle av. J.-C.) qui dans l’Iliade est aux côtés des Troyens, avec quelques items 'récents' dont deux magnifiques manuscrits illustrés du Moyen-âge, et d'autres objets d'époque présentant les Odryses, un peuple qui fonda un royaume puissant dans la période et le lieu qui nous concernent. Elle se poursuit en présentant son aristocratie par l'intermédiaire des découvertes faites dans des nécropoles, « articulées autour de tertres funéraires aux dimensions remarquables, qui témoignent de l’essor, dans les années 470 av. J.-C., d’une aristocratie thrace disposant d’une richesse inédite ». Ces ensembles sont structurés selon trois catégories d’objets : « les accessoires de parure et de toilette ; les éléments du banquet ; l’armement. Seul ce dernier est réservé aux hommes, service à vin et ustensiles de toilette se retrouvant dans les sépultures des deux sexes. » On constate un réel raffinement et une prégnance mythologique et esthétique remarquable très proches de la Grèce.

Photographies ci-dessus : « Couronne. 350-300 av. J.-C. Or. Musée d'histoire "Iskra", Kazanlak. © Musée historique de Kazanlak / Todor Dimitrov. »

Photographie de gauche : « Tête de Seuthès III. Golyama Kosmatka. III e siècle av. J.-C. Bronze. Musée et institut Archéologique, Sofia © Sofia, Institut archéolo gique national et Musée. Académie bulgare des sciences / Krassimir Gueorguiev. »

Photographie de droite : « Trésor de Panagyurishte, rhyton. Fin IVe av. J.-C. Or. Musée archéologique, Plovdiv. © Musée régional archéologique de Plovdiv / Todor Dimitrov. »

Photographies ci-dessous : « Trésor de Panagyurishte, phiale. Fin IV e av. J.-C. Or. Musée archéologique, Plovdiv. © Musée régional archéologique de Plovdiv / Todor Dimitrov. »

Photographies ci-dessous : « Lécythe polychrome, tombe 4. IV e av. J.-C. Terre cuite. Musée archéologique, Sozopol © « Centre muséal » Sozopol / Todor Dimitrov. »

Photographies ci-dessous : « Rhyton griffon. Trésor Borovo. 400 -350 av. J.-C. Argent. Musée régional d'histoire, Ruse. © Musée régional historique de Ruse / Todor Dimitrov. »

Voir les commentaires

Deux mille ans de théâtre en Asie

L’exposition Du Nô à Mata Hari, 2000 ans de théâtre en Asie, qui se déroule au Musée Guimet du 15 avril au 31 août 2015, offre un survol du théâtre asiatique avec de très beaux objets. Le sous-sol est assez féérique avec ses masques, marionnettes et costumes multicolores. La rotonde (bibliothèque du musée) du premier étage rappelle les débuts de Mata Hari (1876-1917), dans ce lieu même ou Émile Guimet (1836-1918) aménagea pour la première représentation publique de celle-ci un temple hindou. Le second étage est consacré aux images d'acteurs japonais à travers des estampes du XVIIIe siècle du kabuki qui est la forme épique du théâtre japonais traditionnel. J'aurais aimé retrouver dans cette exposition Thangtong Gyalpo (1385-1464 ou 1361-1485), 'le roi de la plaine de la vacuité', créateur du théâtre tibétain. Mais c'est tout de même un beau voyage offert par cette exposition, que l'on peut poursuivre en baguenaudant doctement ou pas au milieu des oeuvres asiatiques exceptionnelles de la collection permanente du musée.

Ceci me donne l'occasion de faire le parallèle entre le théâtre oriental et l'occidental. On pense que ce second a rarement été religieux, contrairement au premier qui l'a été le plus souvent. Pourtant l'origine du théâtre occidental l'est. Il est né durant l'Antiquité de rituels liés à Dionysos. Il a gardé cette vocation liturgique pendant toute l'Antiquité, un autel (comme à l'église) placé au milieu de celui-ci le rappelant. Au Moyen-âge il réapparaît dans les églises, puis sur son parvis et sous la forme de mystères chrétiens. Finalement c'est la Renaissance qui, en redécouvrant le théâtre antique aux XVe/XVIe siècles, oublie son caractère religieux et abandonne le masque qui est porté pendant toute l'Antiquité et au Moyen-âge. Le masque reste lui très présent dans le théâtre asiatique quand le maquillage ne le remplace pas. Il représente le plus souvent une divinité ou un être légendaire. Dans le théâtre antique il est en particulier en relation avec les ancêtres. Il sert aussi de talisman afin d'éloigner les négativités, cristallisant en lui toutes les passions en les exprimant de manière cathartique (purification des passions par leur exagération). Cette fonction cathartique est aux fondements du drame. Le théâtre médiéval suit cela en représentant la passion du Christ et son 'mystère'. Le cœur des églises lui-même rappelle la scène du théâtre antique avec ses trois portes (la Trinité) et son autel. Le rituel anthropophage de l'eucharistie et la communion est le moment culminant de cette passion.

J'ai écrit plusieurs articles dans ce blog sur le sujet du masque. Ils sont visibles ici : Sortir masqué ; De l'abandon du masque et de la mesure ; La personne, le personnage et la mode ; Masques, mascarades, mascarons.

Photographies : Costumes de l'exposition.

Voir les commentaires

Les maîtres de la sculpture de Côte d'Ivoire

Je n'y connais absolument rien en art africain. Esthétiquement je ne me sens pas proche de celui-ci ; tout en sachant que le sentiment esthétique dépend aussi de l'éducation, du lieu de naissance et de croissance et d'autres facteurs propres à chacun. Une femme de Côte d'Ivoire me disait récemment que les canons esthétiques ne sont pas les mêmes pour tous. Certains apprécient les lèvres charnues, les fesses proéminentes etc. Elle me disait aussi une chose intéressante : que nombre de jeunes de Côte d'ivoire de descendance royale dans leur région l'ont quittée pour venir en France afin de faire leurs preuves, où ils sont souvent confrontés à une vie très dure, sans pouvoir retourner dans leur famille qui les a reniés après leur départ. Souvent ces personnes sont détentrices d'une tradition et lignée très profondes… chacun une véritable encyclopédie spécifique. M'étant intéressé au Tibet, la dernière grande civilisation du monde à s'être ouverte à lui, je me suis rendu compte combien la profondeur d'une culture pouvait dégénérer, ou le contraire, simplement selon l'image que l'on s'en fait dans son esprit et celle que les autres nous projettent. Ainsi un véritable paradis peut sembler être un lieu barbare pour certains, un sage passer pour un fou ou je ne sais... Par exemple pouvons-nous ne serait-ce qu'imaginer ce qu'était ce qu'on appelle 'l'Âge d'Or' ? Je n'y connais donc rien en art africain, mais comme il me semble qu'il est attaché à sa terre de naissance, à son patrimoine, son imaginaire, sa société, les rythmes communs propres à des entités géographiques, sociales, culturelles particulières... et pour l'histoire commune que l'Afrique partage avec l'Occident, et en particulier pour l'Afrique francophone : la France, je trouve important de parler ici de l'exposition que je n'ai cependant pas encore vue : Les maîtres de la sculpture de Côte d'Ivoire qui se déroule du 14 avril au 26 juillet 2015 au Musée du quai Branly. Celle-ci présente des oeuvres de maîtres reconnus de la sculpture des XIXe et début du XXe siècles de six régions de Côte d'Ivoire : les Gouro et les Baoulé au centre, les Dan à l’ouest, les Sénoufo au nord, les Lobi au nord-est et les peuples lagunaires au sud-est, ainsi que quelques oeuvres contemporaines.

Photographie : Maître de Bouaflé : Masque gu avec cornes, XIXe siècle. Inv. RAF 466. H. 35,7 cm. Côte d'Ivoire, sud du pays Gouro. © Museum Rietberg Zürich. Photo : Rainer Wolfsberger. Cadeau Rietberg-Gesellschaft. Ancienne collection Paul Guillaume, avant 1920.

Voir les commentaires

Être et paraître : La vie aristocratique au XVIIIe siècle.

Être et paraître, La vie aristocratique au XVIIIe siècle : Trésors cachés du musée national de la Renaissance est une exposition à découvrir dans les grands salons du Château de La Roche-Guyon (Val-d’Oise) du 11 avril au 29 novembre 2015. Elle a été élaborée à partir du fonds XVIIIe du musée national de la Renaissance qui a prêté 85 objets d’art du XVIIIe siècle provenant de ses réserves. Ceux-ci retracent en dix tableaux la vie aristocratique de l’époque : jeux et divertissements, arts de la table, parure et élégance, toilette et soins, priser et fumer, ouvrages de dames, chasse, armes d’apparat, prières et dévotions, lecture et écriture.

Je pense que cela vaut le déplacement pour les parisiens. Le Vexin est une belle région, avec ses forêts et ses maisons troglodytes. Le Château de La Roche-Guyon est lui-même en partie encastré dans la roche, avec une vue sur la Seine en contrebas. Il est constitué de différentes époques (le plateau du Vexin est occupé dès la Préhistoire) avec l'attestation d'un édifice castral à cet emplacement dès le Xe siècle, dont il reste des traces. Celui-ci est ensuite agrandi et régulièrement en partie reconstruit avec des ajouts que l'on peut s'amuser à essayer de déceler, avec d'importantes modifications au XVIIIe siècle. Il suffit de faire quelques pas à l'intérieur du château pour se retrouver du Moyen-âge au XVIIIe siècle, en passant par la Renaissance ou le XVIIe, en allant même jusqu'au XIXe qui laisse des traces et la dernière guerre mondiale...

Quant à l'exposition, c'est intéressant de voir des objets du XVIIIe siècle de la vie coutumière aristocrate dans ce château. D'après ce que j'ai compris, il s'agit de la seconde exposition dans cet endroit qui possède très peu d'objets anciens. Celle de l'année dernière s'intitulait : Un Rêve de Lumières. Elle mettait en scène des objets scientifiques de grande qualité esthétique datant du siècle des Lumières face à des créations de sept artistes contemporains autour du thème de la lumière et des sciences. Ce lieu est parfait pour des expositions. Il n'est qu'à une heure de Paris en voiture (il n'y a pas gare à proximité). J'en profite pour remercier les personnes qui m'y ont accompagné.

Premières photographies : Flacon de vers 1710-1720 en argent doré et émail. Le médaillon représente une dame à sa toilette. Elle tient un peigne dans une main et ses cheveux dans l'autre. Sur la table de toilette sont posés un autre peigne, un miroir dans lequel se reflète une partie d'un cadre d'un tableau, un coffret contenant des flacons de senteurs et une boite à poudre. La jeune femme est en déshabillé. À gauche se trouve un flacon en verre de la fin du XVIIe siècle et derrière un coffret de vers 1750 en bois de Sainte-Lucie, « assemblé, sculpté et gravé ».

Photographie de gauche : Table de toilette du XVIIIe siècle prête à s'envoler (déployant ses ailes).

Photographie de droite : Nécessaire à broder (ciseaux, porte-crayon, poinçon à broder, couteaux) sans doute du XVIIIe siècle.

Photographie de gauche : « Bésicles et leur étui. Milieu du XVIIIe siècle. Cuivre doré, verre. »

Photographie de droite : Groupe en porcelaine dure de la Manufacture de Hoescht en Allemagne du milieu du XVIIIe siècle représentant un couple de bergers.

Photographies ci-dessous : « Châtelaine portant montre et breloques » fabriquée à Paris. Elle est du XVIIIe siècle, en or émaillé, porcelaine et verre.

Photographies ci-dessous : La toilette d'Esther. Première pièce de la Tenture d'Esther de la « Manufacture des Gobelins, d'après Jean-François de Troy, signée et datée Audron G, 1769, haute lisse, laine et soie, 332 x 400 cm. »

Photographies ci-dessous : Cet intéressant papier peint, imprimé sur bois et coloré à la main, d'une salle du château, est du XVIIIe siècle. Il s'agit d'une importation de la Compagnie des Indes venant d'Asie. Du reste il ne s'agit pas de papier chiffon (papier vergé) comme j'ai pu le constater mais sans doute de papier de riz.

Photographie ci-dessous : Escalier à l'entrée du château.

Photographies ci-dessous : Château et entrée de celui-ci.

Voir les commentaires

Le blog LM fête son anniversaire

Le blog de La Mesure de l'Excellence fête aujourd'hui son anniversaire : 8 ans déjà ! Créé le 11 avril 2007, il avait pour objectif particulier de présenter des objets vendus sur www.lamesure.fr (qui a débuté en 2006) par ma petite entreprise individuelle et d'autres objets d'art d'antiquaires présents sur le Net. Ayant trouvé un travail plus rémunérateur en octobre 2008, et n'ayant pas le droit d'avoir deux activités rémunérées, j'ai abandonné la première, mais ai continué le blog en présentant mes collections personnelles sur la mode, les pastorales et les contes pour enfants, ainsi que des articles sur l'actualité de l'art. Aujourd'hui le blog est uniquement dédié à l'actualité de l'art, en particulier des expositions, et mon site à mes collections.

Voir les commentaires

Napoléon et Paris : rêves d'une capitale.

Photographie ci-dessus : Statue d'une Victoire dans la cour du musée Carnavalet.

Deux cents ans après la fin du Premier Empire, l'exposition Napoléon et Paris : rêves d'une capitale au musée Carnavalet explore, du 8 avril au 30 août, les relations de Napoléon et Paris à travers la présentation de 134 gravures, une centaine de monnaies et médailles, 53 peintures, plusieurs dizaines de plans d'architecture, 8 costumes, 7 œuvres photographiques et 5 maquettes.

Cette exposition peut être vue à différents niveaux : histoires de l'art, des mœurs, de Paris, des arts décoratifs, de la mode, de l'architecture, grandes histoires, petites histoires ... Pour ma part j'ai été sensible à tout cela mais surtout intéressé par voir les parisiens de cette époque dans leur milieu, et par la partie sur les divertissements avec quelques gravures de merveilleuses et incroyables au Palais-Royal, au jardin des Tuileries, à la promenade des Champs-Élysées, au parc de Tivoli, durant le carnaval etc.

Photographie de gauche : « Anonyme, Les musards de la rue du Coq, ou La boutique du marchand d'estampe Martinet, vers 1810. Eau-forte coloriée de 21,9 x 37 cm. © Musée Carnavalet / Roger- Viollet. »

Photographie de droite : « Martin-Guillaume Biennais (1764-1843), Nécessaire de campagne de Napoléon Ier. Coffret : cajou marqueté de laiton ; intérieur compartimenté en acajou sculpté, garniture de maroquin vert ; objet en vermeil, argent, cristal, porcelaine, écaille, ébène, ivoire, acier, cuir, soie Dimensions du coffret : H 18 cm, L 52 cm, Pr 36 cm. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet. »

Les photographies ci-dessous ont été prises dans l'exposition.

Photographie ci-dessous : « Le Suprême Bon Ton. Café du Jardin des Tuileries. » Eau-forte coloriée. Musée Carnavalet.

Photographies ci-dessous: À gauche - Table de toilette Premier Empire. Au centre - Robe parée à motifs d'ananas du Premier Empire conservée au Palais Galliera (Musée de la Mode de la Ville de Paris) comme le Châle en cachemire (détail) - à droite -, de 1810-1820.

Photographie ci-dessous : « Etienne Bouhot (1780-1862), La fontaine et la place du Châtelet, 1810. Huile sur toile 81 x 99 cm. » Musée Carnavalet.

Photographie ci-dessous : Détail de La Pompe du Cours-la-Reine, 1802. Huile sur toile du peintre Bizard, 1802.

Photographie ci-dessous : Détail de « Le passage des Panoramas, théâtre des Variétés. Consulat. Gouache. Depuis la fin du Directoire, les passages sont devenus l'une des composantes du paysage de la capitale, autant appréciés des Parisiens que des visiteurs étrangers. Ils se multiplient sous le Consulat et l'Empire. Celui dit " des Panoramas " fut édité au début du XIXe siècle, près du boulevard Montmartre et du théâtre des variétés, devenant rapidement un endroit très animé. Musée Carnavalet. »

Cette exposition est aussi l'occasion de (re)visiter le Musée Carnavalet consacré à l'histoire de Paris, avant sa fermeture pour trois années à partir de la fin 2016, ce dont il sera question dans un prochain article … et même peut-être deux.

Le musée Carnavalet présente, en parallèle de l'exposition sur Napoléon et Paris, une autre, plus petite, du 8 avril au 30 août, intitulée Le congrès de Vienne : L'invention d'une nouvelle Europe, Paris - Vienne, 1814-1815, avec d'intéressants documents sur une époque difficile pour la France, occupée par les 'alliés' (russes, autrichiens, prussiens, anglais ...) qui entrent dans le pays en 1814 et 1815 (après la défaite de la bataille de Waterloo) et placent Louis XVIII sur le trône de France.

Les photographies ci-dessous ont été prises dans cette exposition.

Photographies ci-dessous : À gauche - « Instrument de ratification britannique du traité de paix entre la France et le Royaume-Uni. Carlton House, 11 juin 1814. Cahier vélin, dans un portefeuille brodé. Sceau manquant. » À droite - « Instrument de ratification du traité de paix entre la France et le Royaume-Uni. Londres, 10 janvier 1816. Cahier vélin, dans un portefeuille de velours rouge brodé. Première et quatrième de couverture richement brodées de fils d'or. Sceau appendu en cire marron dans une boîte en métal doré sur cordons de fils soie et or . »

Photographie ci-dessous: Oeuvre d'art en exposition temporaire au musée Carnavalet.

Voir les commentaires

Lumière! Le cinéma inventé

Faire une exposition sur l'évolution du cinéma jusqu'au numérique au Grand Palais est une bonne idée, surtout lorsque celle-ci est centrée sur ses débuts et les frères Lumière. Et puis cet édifice parisien est édifié à partir de 1897, pour l'exposition universelle de 1900, à peu près en même temps que l'invention du cinéma moderne par les frères Lumière en 1895.

L'exposition Lumière! Le cinéma inventé est à voir donc jusqu'au 14 juin. On y retrouve les prémices du cinéma avec quelques machines à faire bouger les images (pantomimes lumineuses ...), et d'autres documents d'époque suivant le perfectionnement de cet art, pour en arriver jusqu'à aujourd'hui et une surprenante invention française qui est sans aucun doute le futur : un écran permettant de voir un film (même ancien) en trois dimensions ! Il faut s'attendre à avoir donc bientôt chez soi des écrans 'Trois dimensions'.
On y apprend aussi que les frères Lumière n'inventèrent pas que la projection de cinéma mais aussi notamment la photographie couleur et la 3D ! Louis Lumière présenta « à Paris, devant l'Académie des sciences, […] plusieurs films [en relief] dont une version 3D de Arrivée d'un train à La Ciotat, projetée devant des savants munis de lunettes anaglyphiques à verres bleus et jaunes. En avant-première mondiale [l'exposition présente ce film] en 3D sans lunettes, grâce au procédé développé par la société française Alioscopy, pionnière des écrans auto-stéréoscopiques. L'histoire de l'image relief continue donc de s'écrire en France, dans la lignée des Lumière. »

Photographie de gauche : Les frères Lumière sont bien les inventeurs du premier film projeté qui commence l'exposition : La Sortie de l'usine Lumière à Lyon.

Photographies de droite et ci-dessous : Intérieur de l'exposition.

Photographie ci-dessous : L'exposition permet de revivre la (sans doute) première séance publique payante organisée par les frères Lumière au Salon Indien du Grand Café du 14 boulevard des Capucines (très à la mode alors) à Paris, le 28 décembre 1895, reconstitué pour l'occasion, et où on peut y contempler tous les petits films alors projetés. C'est émouvant de voir gesticuler Monsieur Lumière en toute bonhomie, comme si tout cela n'était qu'un jeu … le jeu de l'image.

Photographie ci-dessous : En sortant de l'exposition (là où on présente son ticket), je me suis aperçu qu'on voyait par la fenêtre, en transparence de la grande affiche extérieure, le visage d'un des deux frères Lumière semblant nous faire un petit coucou. Et si la vie ressemblait à une projection cinématographique ?

Voir les commentaires

Mannequins d'artiste et de mode

Le mannequin est un sujet passionnant pour une personne comme moi qui s'intéresse à la mode et à l'art. C'est souvent le premier modèle qu'utilise un peintre autrefois (au XXe siècle on a la photographie). Il est à l'ossature de l'oeuvre. Dans la mode, c'est un être de présentation et de représentation comme le sont les mannequins vivants. Il est dans le prolongement des estampes, photographies, films et vidéos de mode, et encore très présents dans les devantures et à l'intérieur de boutiques de fringues (il s'agit d'un mot très ancien dont je reparlerai). Dans l'exposition Mannequin d’artiste, Mannequin fétiche, qui se déroule au Musée Bourdelle du 1er avril au 12 juillet 2015, plusieurs d'entre eux sont présentés. Selon moi celle-ci est intéressante pour les quelques modèles anciens qui y sont montrés et surtout un mannequin d'exposition du XVIIIe siècle portant une robe à la française de vers 1765. Il provient de Pelham Galleries. On peut le voir ici (la photographie de fin de cet article vient de cette page). D'après la description (en anglais), ce mannequin de mode serait le seul grandeur nature aujourd'hui connu du XVIIIe siècle qui nous soit parvenu. On en aurait un exemple dans une gravure ayant pour légende « La Couture ou Belle Promesse est de peu d’effet » contenue dans un almanach publié en 1784 intitulé Les Belles Marchandes, Almanach historique, proverbial et chantant. Cela pourrait être ce qu'on appelle la Grande Pandore. Voici ce qu'on peut lire dans un forum sur La Grande Pandore & la Petite Pandore : « Bien avant les défilés de mode que nous connaissons aujourd'hui, deux poupées, la Grande Pandore et la Petite Pandore, tenaient le rôle de « mannequins » aux 17e et 18e siècles, et présentaient les derniers vêtements à la mode aux élégantes. Il paraîtrait qu'elles étaient en usage dès le 14ème siècle [...]. Ces poupées, à tête et membres en papier mâché et corps de bois, voyageaient de cour en cour et avaient la haute mission de porter dans les provinces et à l'étranger les modèles du bon goût français et de l'élégance parisienne, donnant ainsi aux nobles dames une idée exacte de la mode de Paris, dont elle étaient les ambassadrices. »

Donc rien que pour la voir, cela vaut la peine de se rendre à l'exposition dont on peut cependant regretter la grande part donnée au fétichisme.

À noter aussi une reconstitution de la machine en bois que Nicolas Poussin (qui est le sujet de l'exposition du Louvre Poussin et Dieu) utilisait pour peindre, lui permettant de voir comment la lumière jouait sur ses figurines en cire et leurs drapés.

Photographie de gauche : « Anonyme, Allemagne, milieu du 16ème siècle. Gliederpuppe, vers 1550. Statue en buis. © Collection privée, Londres. »

Photographie de droite : « Anonyme, Italie, fin du 18ème siècle - début du 19ème siècle. Mannequin néoclassique, vers 1810. Bois et articulations de métal, tête et corps peints à l’huile. © Accademia Carrara, Bergame. »

Photographie ci-dessous : Anonyme, France, vers 1765. Mannequin de mode en robe d'époque, de 175 cm de hauteur. © Pelham Galleries.

Voir les commentaires

Les histoires de religions c'est gonflant.

En ce début de XXIe siècle à Paris, quand on écoute les informations, sort dans la rue et se rend aux musées … on voit de la religion partout. En quelques jours j'ai visité l'exposition De Giotto à Caravage, Les passions de Roberto Longhi assez morbide avec une ribambelle de représentations de corps morts et de têtes coupées de saint Jean-Baptiste ; celle sur les Sculptures souabes de la fin du Moyen-âge dont la production s'est arrêtée à cause de la Réforme protestante ; et les deux expositions se faisant face au Musée du Louvre : Poussin et Dieu et La fabrique des saintes images. Rome-Paris (1580-1660), toutes deux se déroulant du 2 avril au 29 juin 2015.

Une des expositions les plus remarquables que j'ai pu voir était en 1994 la rétrospective sur Nicolas Poussin (1594-1665) au Grand Palais qui permettait d'avoir une vue d'ensemble de son oeuvre contrairement à ici. J'apprécie énormément ce peintre qui travaillait seul, sans grand atelier, qui n'avait pas de disciples, mais chez qui le classicisme pictural français du XVIIe siècle a trouvé son inspiration.

La question de l'image me passionne aussi. J'en reparlerai dans un prochain article sur l'exposition Lumière! au Grand Palais. La culture de l'image est présente de manière coutumière dans notre société française depuis l'Antiquité. Elle a toujours véhiculé une philosophie qu'elle exprime à travers l'art, et notamment l'art du catholicisme qui s'est posé plusieurs fois la question de la représentation de Dieu et du Christ, et qui a conclu que Dieu ayant fait l'homme à son image, l'image de l'homme ou celle de Dieu sous ses traits était non seulement possible mais un outil de méditation (icônes orthodoxes …). Aujourd'hui avec le Louvre Abou Dabi (voir l'article Le scandale du Louvre Abou Dabi) et la présence musulmane de plus en plus oppressante en France, la question de l'image et la place de l'art dans la société est davantage prégnante, d'autant plus que l'image est partout, et que toutes les religions s'en servent, de même que chacun … sauf évidemment ceux qui se sont coupés radicalement de notre société de consommation … notre société de fabrique à images.

Donc l'idée d'une exposition intitulée « La fabrique des saintes images » est particulièrement intéressante. Seulement pourquoi avoir choisi le XVIIe siècle, et pourquoi faire de Nicolas Poussin un cul-béni ??

Ces deux expositions semblent essayer de faire entrer des concepts là où ils n'ont pas lieu d'être, dans un mélange qui ne fonctionne pas. Le Louvre consacre sa saison printanière au XVIIe siècle avec ces deux expositions et celle sur Velázquez au Grand Palais dont le commissaire d'exposition est un conservateur du Louvre. On le sait, le XVIIe siècle français est celui du début des Lumières, et celui de la fin du tout religieux qui aboutira à la Révolution, puis à ce concept faux qu'est la laïcité (autre forme de religion). Pourquoi avoir placé l'exposition La fabrique des saintes images dans ce siècle ? Le Concile de Trente qui réaffirme « la possibilité, la légitimité et l'utilité des saintes images, profondément et brutalement attaquées par les Protestants » (comme le dit le dossier de presse) se situe en 1545-1563. Par la suite, le XVIIe prend de plus en plus de distances avec la religion notamment aux niveaux intellectuel, politique … L'époque des Précieuses et celle de Louis XIV ne sont pas marquées par ce sujet. Au contraire la figure libre du philosophe des Lumières se met en place avec sa recherche de la vérité à travers les sciences et de la liberté par la philosophie.

Évidemment les questions posées par le thème de cette exposition sont intéressantes. Celle-ci soulève notamment l'importance de l'iconographie dans notre culture. Une autre manifestation faisant écho à ce sujet est celle intitulée Lumière! au Grand-Palais où est retracée l'évolution du support de transmission des images depuis les débuts du cinéma jusqu'aux images électroniques d'aujourd'hui. Nous sommes là aussi dans la 'fabrique des images', leur industrialisation. Était-il nécessaire de restreindre l'importance de l'image dans la société occidentale au catholicisme ?

Finalement la juxtaposition de ces deux expositions et leur sujet font ressembler le tout à une chimère, c'est à dire à un animal imaginaire constitué de parties différentes d'autres animaux. Le pire selon moi est d'avoir placé une exposition sur Nicolas Poussin dans ce contexte de prosélytisme religieux. Nicolas Poussin utilisait aussi bien les mythologies antiques que les mythes chrétiens pour créer. Sa peinture est davantage dans la lignée du courant humaniste que chrétien. Elle est même au-delà de tous courants, de toutes philosophies, pour toucher directement à l'harmonie divine (si cela se peut par une simple peinture), à la sagesse, ou du moins la pointer du doigt. Ce peintre philosophe n'est pas un peintre chrétien. Il a su créer sa propre langue, aller à l’essentiel de ce que les cultures dans lesquelles il baignait comportaient de gracieux, harmonieux, intelligent … une langue universelle qui touche directement au cœur et à l'âme … de paix, d'amour et riche … Comme je l'ai dit, cet artiste peignait seul, sans atelier (par exemple celui de Velázquez comportait des dizaines de personnes y travaillant), sans disciple. Il n'était pas, lui, dans le prosélytisme … ou dans des affaires de pouvoir ou d'argent. Pas de dogmes chez lui … ce qui en fait un peintre important pour notre époque. Je me pose encore la question du secret de cet artiste lui permettant de trouver le bon ton, l'harmonie parfaite dans sa composition et dans ce qu'elle suscite au spectateur. Quel est le secret de cette harmonie ?

Évidemment cette exposition est à voir pour les 99 œuvres de Poussin proposées à notre délectation (63 peintures, 34 dessins et 2 estampes) dont certaines que j'ai découvertes pour la première fois, très peu montrées, appartenant à des collections privées ou publiques du monde entier et d'autres très connues et fondamentales pour l'histoire de la peinture. C'est un tiers de son travail qui est exposé. Le Louvre possède la collection la plus importante de Poussin au monde avec 40 œuvres. Certaines des créations exhibées dans Fabrique des saintes images sont de même intéressantes. On y retrouve Le Caravage, Simon Vouet, Philippe de Champaigne notamment et une très belle peinture attribuée à Louis Le Nain intitulée Repas de paysans.

Mais qu'est-ce que celui, celle, ou ceux, qui ont décidé de ces deux expositions ont voulu démontrer ? Que le Louvre Abou Dabi est une ineptie (ce qui est vrai) : amener l'image dans une société musulmane profondément contre et qui pourtant ne vit en Occident que par elle ? Tout cela est fouillis. Nous sommes loin de la paix, de la liberté et du chemin de douce rigueur entrepris par Nicolas Poussin. Le Louvre est devenu une entreprise de vente d'images. Du reste ce musée ressemble de plus en plus à un grand centre commercial. J'y reviendrai. Peut-être est-ce cela que dénoncent aussi ces expositions. Si c'est le cas pourquoi ne pas le dire haut, fort, clairement, d'une manière vive et pointue ?

Photographie 1 de gauche : « Le Christ au jardin des Oliviers. Vers 1628 ? Huile sur cuivre. H. 62; l. 49 cm. Collection particulière (en dépôt au Metropolitan Museum of Art, New York). © Private Collection. » Il s'agit peut-être de l'unique œuvre de l'artiste composée sur cuivre, support rendant particulièrement bien le camaïeu de tons rouges/cramoisis.

Photographie 2 de droite : « La Sainte Famille à l’escalier. 1648. Huile sur toile. H. 73; l. 106 cm. Cleveland, The Cleveland Museum of Art.. Inv. 1981.18 © The Cleveland Museum of Art. »

Photographie 3 de gauche : « L’Ordre. Huile sur toile. H. 95,9; l. 121,6 cm. Fort Worth, Kimbell Art Museum. AP 2011.01. © Kimbell Art Museum, Fort Worth, Texas. »

Photographie 4 de droite : « La Manne ou Les Israélites recueillant la manne dans le désert. 1638. Huile sur toile. H. 149; l. 200 cm. Paris, musée du Louvre. INV. 7275 © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Mathieu Rabeau. »

Photographies ci-dessous : « Paysage avec saint Matthieu. 1640. Huile sur toile. H. 99; l. 135 cm. Berlin, Staatliche Museen zu Berlin, Gemäldegalerie. Inv. 478 A © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Jörg P. Anders. »

Photographie ci-dessous : « Eliezer et Rébecca. 1648. Huile sur toile. H. 118; l. 199 cm. Paris, musée du Louvre. INV. 7270. © Musée du Louvre, dist. RMN/ Angèle Dequier. » J'ai choisi cette peinture pour entreprendre un modeste descriptif. Le choix du sujet est puisé dans l'Ancien Testament. Éliézer de Damas, fils adoptif d'Abraham, vient chercher Rébecca pour la marier à Isaac. Il est au centre de la composition. Autour de lui toutes les jeunes femmes sont d'une beauté semblable et aucune n'est traitée par l'artiste avec moins de soins. Chacune exprime une émotion différente, parfois pas du tout en relation avec la scène. Certaines discutent, d'autres font ce qu'elles sont venues faire (chercher de l'eau), une autre appelle l'attention de son amie vers sa tâche (verser de l'eau) absorbée qu'elle est par la scène biblique qui se passe sous ses yeux. Une seule regarde le spectateur : celle qui porte un vase rempli d'eau au dessus de sa tête et au dessus de celle de tous les autres personnages. Le geste de la figure centrale d'Éliézer se trouve donc surplombé par celui plus modeste d'une simple jeune femme. Nicolas Poussin place souvent de petites scènes familières et délicates en contrepoids face à la rigueur mythologique ou mythique. Le mythe rejoint ici la vie. Nous avons aussi la présence de la Cité et de ses citoyens qui l'arpentent. Dans d'autres peintures on trouve des baigneurs, des pêcheurs etc. À ce mélange s'ajoutent les drapés qui eux ne sont pas de son temps, mais dont les couleurs franches et tendres (on appelle au XVIIIe siècle et peut-être au XVIIe 'couleurs tendres' des teintes riches) et le raffinement des plis donnent à l'oeuvre une 'raison artistique', insèrent d'autres notes dans cette composition d'ensemble. Les traits droits des architectures mélangés à d'autres en rondeurs, les couleurs, les drapés, les regards, les gestes, le jeu des ombres et des lumières, les différents paysages … tout concourt à recentrer l'oeil du spectateur, le concentrer dans le moment présent et entrer dans l'harmonie de ce tableau … qui est aussi celle de la sagesse … peut-être. En tout cas le peintre nous amène dans son eurythmie, dans son rythme, fait de paix. Du reste, lors de la conférence de presse, les deux commissaires de l'exposition (cette exposition représente deux années de travail) ont insisté sur l'importance du cadre pour présenter les œuvres de Poussin, lui-même en parlant dans ses écrits et se représentant dans l'autoportrait de début d'exposition au milieu de cadres. Il conseillait encore de couvrir ses peintures d'un rideau pour mieux les découvrir et entrer dans l'univers représenté. C'est une leçon du regard, d'apprendre à regarder. Pour cela il commence par nous convier dans son univers : une tranquillité de l'âme toute spirituelle, aimante et aimable, une harmonie presque divine … puis à regarder notre esprit, notre entourage … tout en sachant que tout cela n'est que verbe, langage, images … un jeu de codes permettant de vivre ensemble dans la mesure de son oeuvre.

Voir les commentaires

Sculptures souabes de la fin du Moyen-âge

Les Sculptures souabes de la fin du Moyen-âge sont à l'honneur au Musée de Cluny - musée national du Moyen Âge à Paris, du 1er avril au 27 juillet 2015. Cette exposition occupe les deux premières salles du musée, une bonne occasion de le visiter, ainsi que le bâtiment lui-même avant que n'aboutisse le projet qui prévoit « à la fois la construction d’un nouveau bâtiment d’accueil, la restauration des monuments historiques insignes où il est installé et le redéploiement muséographique des collections. » Comme on peut le voir sur les photographies ici présentes, et comme c'est devenu une habitude, on va bétonner et construire dans un style RER en tenant aucun compte de l'harmonie avec le lieu, sans aucun 'raccord' historique, sans références ... juste du béton et du vitrage.

Photographie de gauche : « Saint Martin. Haute Souabe, vers 1520. Tilleul polychromé. H. 60 ; L. 21 ; P. 15 cm. Saumur, Musée des Arts Décoratifs, (inv.Lair 36). © Martine Beck-Coppola. »

Photographies ci-dessous : « Le Couronnement de la Vierge dit « La Vierge du rosaire ». Entourage de Daniel Mauch, vers 1510-1515. Panneau : bois peint (peuplier ?) Relief : bois polychromé. H. 67,5 ; L. 55 ; D. du relief 31,5 cm Hambourg, Museum für Kunst und Gewerbe, (inv. 1899.101). © Museum für Kunst und Gewerbe. »

Photographie ci-dessous : « L’Enfant Jésus. Sud de la Souabe, vers 1480-1490 (attribué à l’atelier d’Ivo Strigel). H. 37 ; L. 16 ; P. 12 cm. Ravensburg, Oberschwäbische Elektrizitätswerke (OEW), OEW 230. © Kunstsammlung Zweckverband Oberschwäbische Elektrizitätswerke (OEW) / photo haus für fotografie, Ravensburg, Karin Volz. »

Voir les commentaires

Merveilleuses & merveilleux