L’heure, le feu, la lumière  : Bronzes du Garde-Meuble impérial et royal de 1800 à 1870. Exposition à la Galerie des Gobelins.

CandelabreLouisDuguersdeMontrosierdetailC'est dans un lieu où se télescopent les temps que cette exposition se déroule : dans le site de la manufacture des Gobelins créée en 1601… avec des objets du XIXe, en bronze recouvert d'or, à l'image de cette époque des débuts de la grande industrialisation et de ses manufactures massives   noires de suie mais enveloppées par le désir ; représentant un siècle qui crée la mécanique du temps qui sera celle du XXe siècle toujours pressé et courant d'un lieu de plus en plus éloigné à un autre ; et prolongeant les sciences des Lumières du XVIIIe par des flambeaux, lumière qui à la fin du XIXe devient électrique. Un parcours d'un autre temps qui a forgé pourtant notre modernité, plein de renvois antiques, de références à notre histoire aussi par quelques tapisseries, et à notre civilisation, avant que le mouvement soit géré par l'atome. Au sortir de cette exposition on retrouve une rue où les voitures passent à toute allure, où les gens courent d'un lieu à un autre … dans un temps toujours plus accéléré.

Cette 'démonstration' a lieu du 21 septembre 2010 au 27 février 2011 à la Galerie des Gobelins au 42 avenue des Gobelins à Paris dans le treizième arrondissement (tél. : 01 44 08 53 49). C'est une occasion de contempler un exemple de ce que conservent les réserves du Mobilier national et du travail et de la qualité de cette conservation. Ici il s'agit de magnifiques bronzes dorés du Garde-Meuble impérial et royal de 1800 à 1870. La plupart de ces objets semblent réellement neufs. Pourtant ils sont d'époque.  HistoireMusiqueLa grande majorité sont des pendules et des objets de lumière, d'où le titre. Voici quelques passages du dossier de presse : « Le Mobilier national a hérité du Garde-Meuble impérial et royal une riche collection de pendules et bronzes d’ameublement (lustres, candélabres, flambeaux, bras de lumière, feux, vases et objets de toilette...). Ces pièces qui, à l’origine, accompagnaient l’ameublement des palais impériaux et royaux, constituent une collection exceptionnelle. La plupart des oeuvres exposées n’ont jusqu’ici jamais été présentées à Paris et nombre d’entre elles le sont pour la première fois ... » « L’ensemble des pièces présentées illustre la richesse des créations des grands bronziers en vue, comme Thomire, Galle, Barbedienne ou Charpentier, qui signent les décors tandis que les horlogers les plus accomplis tels que Lepaute, Lépine, Le Roy, Bailly et Robin, s’ingénient à la mécanique des mouvements.  » « Le Mobilier national dispose d'un fonds d’environ neuf cents pendules, cartels ou régulateurs. Ce fonds, remarquable de qualité, s'est constitué notamment sous l'Empire, la Restauration, la monarchie de Juillet et le Second Empire. Pendant le XIXème siècle, le Garde-Meuble mène une politique d’achats soutenue faisant appel aux horlogers et aux bronziers les plus illustres pour remeubler les châteaux et palais, impériaux, royaux et nationaux. Cet enrichissement s’est poursuivi au XXème siècle par des acquisitions mais surtout par des versements, souvent précieux, de ministères, tout particulièrement ceux de la Guerre et des Finances. La grande majorité de ces pendules est installée dans les lieux officiels dont le Mobilier national assure l’ameublement. Elles peuvent aussi compléter des reconstitutions historiques à la demande de musées nationaux ... »
papillonPhotographie 1 : Détail d'un grand candélabre provenant d'une paire de Louis Duguers de Montrosier du début du XIXe siècle en bronze doré et marbre vert de mer . Dimensions : H. 109 cm ; L. 42 cm ; Pr. 30 cm. Paris, Mobilier national. Envoyés au palais de l’Élysée en 1820, ces candélabres ornèrent notamment la chambre à coucher de la duchesse de Berry. Le travail est fin et les références antiques et bachiques : bacchantes, satyres, pampre, sirènes, palmettes, griffons … Détail de la photographie © Isabelle Bideau.
Photographie 2 : Feu à galerie L’Histoire et la Musique de 1839 en bronze doré et fonte d’acier . Dimensions : 47 cm ; L. 170 cm ; Pr. 19 cm. Paris, Mobilier national. Bronze signé: « Vallet – Cornier ». « Cette galerie fut acquise par le roi pour le palais de Saint-Cloud à l'Exposition des produits de l'industrie de 1839. » Détail de la photographie © Isabelle Bideau .
Photographie 3 : Image prise durant l'exposition.
Photographie 4 : La toilette de Psyché. Bronze doré et marbre vert de mer de vers 1805. Dimensions : H. 46,5 cm ; L. 42,5 cm ; Pr. 13,5 cm. Paris, Mobilier national. Cet objet ornait le boudoir de l’appartement de l’Impératrice à Saint-Cloud. Photographie © Isabelle Bideau retravaillée.ToilettedePsyche

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La petite maîtresse invisible : Chapeaux féminins de la première moitié du XIXe siècle (casques et capotes).

merveilleuxchapeaux300Photographie 1 : Divers 'chapeaux casques' de merveilleuses.


chapeaumerveilleuses300Photographie 2 : Gravure tirée d’une revue de mode du tout début du XIXe représentant des chapeaux de type 'jockey'.
Dans l'article intitulé Incroyables chapeaux, je parle largement des couvre-chefs des femmes de la fin du XVIIIe siècle et du tout début du XIXe. C'est le temps des merveilleuses. La mode est aux chapeaux 'casques' ou 'jockey' ressemblant à ceux que portent les jockeys (le cheval et les courses sont alors fashionable) mais généralement avec une beaucoup plus longue visière et souvent une ou plusieurs plumes.

Vers 1804-1807 les capotes baleinées prennent le dessus. Elle sont à brides, et entourent le visage formant de véritables œillères. On les appelle aussi « invisibles », car le visage ne peut être vu que de face. Elles sont faites de taffetas, percale, crêpe, mousseline, etc.
Ces styles sont très originaux car obstruant largement la vue de celles qui les portent et ne permettant pas aux autres de voir aisément leur visage. Tous les casques et capotes ne sont pas semblables. Certains n'ont pas de longues visières. La mode nouvelle des cheveux courts permet une quantité de formes. Bonnets, toquets, chignons, voiles, coiffures à l'antique, chapeaux turcs … les exemples ne manquent pas, avec certains particulièrement surprenants comme le « bonnet à la folle » ou le chapeau « à la prussienne » (voir article précité avec une photographie de ce qui est sans doute ce couvre-chef en forme de haut-de-forme avec une aigrette en plumes de coq). Mais la mode la plus spectaculaire et caractéristique de cette époque est celle des casques et des capotes.

capotesa300Après 1810, le bord du chapeau des capotes s’évase autour du visage et la calotte devient plus haute pour laisser la place aux cheveux plus longs et bouclés. Par la suite les capotes prennent diverses formes, certaines s'élargissant pour devenir des sortes d'entonnoirs vers 1830, d'autres continuant à ressembler aux 'invisibles'. Comme on peut le lire dans La belle histoire du chapeau féminin : « Ce sont des modifications de détails, passe [bord du chapeau entourant la calotte] plus ou moins inclinée, plus ou moins évasée, qui caractérisent telle ou telle période. » Puis cette passe « s’évase légèrement et permet de disposer en dessous  des garnitures de rubans ou de fleurs. Le bavolet devient alors plus  important et les brides plus larges. » Vers 1820 les rubans s'amoncèlent sur et sous les coiffes.
capotesdetail300aLa capote devient progressivement au XIXe siècle le couvre-chef classique, convenable ; comme l'est pour les hommes le haut-de-forme. Elle a cependant beaucoup plus de possibilités de modulation que ce dernier. Les petites-maîtresses jouent sur sa grandeur, sa forme, le choix des parures qui l'accompagnent, la nouveauté du modèle etc. Mais les coiffures de ce siècle ne permettent pas toutes les fantaisies du XVIIIe.
Photographie 3  : A gauche : « Capote de Taffetas. Fichu de Cygne. » Planche n°778 datée de 1807 provenant du Journal des Dames et des Modes. A droite : « Paris Elégant, Journal des Modes, Rue Taibout 9. Robe de Soie changeante garnie de filet. Capote plissée à fleurs. Redingote doublée de velours. 20 Septembre 1838. »
Photographie 4 : Détails.
lillustrationlongchampsp221elleetlui300Plusieurs autres caricatures font écho aux longues visières et aux larges chapeaux. La photographie que l'on trouve ici : digitalcollections.library.yale.edu est intéressante car elle représente une femme anglaise et sa progéniture habillées selon la mode française du moment qui elle-même s'inspire de l'Angleterre : 'chapeau jockey' de l'enfant ; mais aussi de l'antique : tunique sans poche … En voici une autre toujours avec un couvre-chef à très longue visière www.pemberley.com. Enfin ici sont des liens vers diverses autres images : 1806 Capote de paille , 1806 Capote de velours, 1807 Capote de paille blanche, 1er quart du XIXe siècle Adieux d'un Russe à une Parisienne.
Photographie 5 : « En 1838. Elle et lui. » Caricature. Détail de la page 221 d'un exemplaire de L'Illustration, Journal Universel, datant sans doute de 1855. Le titre de la page est 'Les Modes, depuis Pharamond [que l'on considérait alors comme le premier roi des Francs : début du Ves siècle après J.-C.] jusqu'à nos jours ; recherches historiques, à propos de Longchamps, par Marcelin'. Cette image rappelle celle de Le Suprême Bon Ton N°16  des Caricatures Parisiennes qui a pour titre 'Les invisibles en tête-à-tête'.

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Exposition : L'art en Slovaquie à la fin du Moyen Âge

OstensoirLe Musée de Cluny (Musée national du Moyen Âge ) à Paris, présente du 16 septembre 2010 au 10 janvier 2011 une exposition intitulée D'or et de feu  : L'art en Slovaquie à la fin du Moyen Âge, avec une soixantaine de sculptures, peintures, enluminures et objets d’orfèvrerie permettant de découvrir l’un des grands centres artistiques européens de la fin du Moyen Âge (vers 1500). Les prêts ont été consentis par des musées et, pour la première fois et à titre exceptionnel, par des édifices religieux slovaques. Le Musée de Cluny (6 place Paul Painlevé dans le 5ème arrondissement de Paris) ce sont aussi des collections permanentes  avec des pièces  exceptionnelles dont les tapisseries de la dame à la licorne. Tarifs de l'exposition (incluant les collections permanentes) : plein tarif à 8,50 €, tarif réduit à 6,50 €, gratuit pour les moins de 26 ans et le musée de Cluny est gratuit pour tous le premier dimanche du mois.
Photographie 1 : Ostensoir de l’église Saint-Martin de Bratislava . Vers 1440-1450, Bratislava (?). Argent, doré, repoussé, fondu, gravé. 106 x 36 cm. © Bratislava, cathédrale Saint-Martin. « L’ostensoir, qui est de taille relativement grande, possède un large pied à huit lobes, un imposant nœud en forme de chapiteau et une gloire aux dimensions généreuses. Au milieu se trouve la lunule circulaire, destinée à accueillir l’hostie et présentée par deux anges. Elle est flanquée de deux baldaquins installés en diagonale, maintenus par une architecture de contreforts et couronnés par une tour à deux étages, ce qui fait apparaître l’ostensoir comme étant une variante plus récente de celui de Sedlec enBohème (Fritz 1982, 261). Par ailleurs, l’œuvre de Bratislava est caractérisée par une véritable forêt de socles et de piliers installés en diagonale et constituant – au-dessus de la plinthe alternant saillies et creux – une gloire aussi animée que monumentale.  Les représentations gravées sur le pied et les figures s’intégrant dans l’architecture constituent un programme iconographique complexe : placées sous les baldaquins latéraux, les figures de la Vierge et de l’archange Gabriel représentent l’Annonciation, événement marquant le début de l’histoire du salut en Jésus-Christ. Selon une typologie biblique puisant dans l’Ancien Testament, la Vierge et l’archange Gabriel sont accompagnés de deux figures de prophètes apparaissant sur les faces extérieures des contreforts latéraux et dont une seule a été conservée. Si l’Annonciation matérialise l’incarnation du Fils de Dieu, le Vir dolorum, installé dans la construction formée par les tours au sommet de l’ostensoir, illustre son acte de rédemption. Au centre, la lunule tenue par deux petits anges et munie d’un support en forme de demi-lune destiné à accueillir l’hostie consacrée, est présentée par deux autres petites figures d’anges, situées en dessous. Chacun des lobes du pied est divisé en deux moitiés accueillant des représentations gravées. Leurs axes de symétrie se prolongent dans les crêtes de la tige. Deux surfaces de dimensions égales sont ainsi créées, si l’on ne tient pas compte de la taille des lobes, plus ou moins grands. Sur la face antérieure, elles représentent la Cène, la Vierge à l’Enfant et un ange jouant de la viole de gambe, ainsi que la porte à trois donjons figurant sur le blason de Bratislava et à laquelle s’ajoutent deux anges musiciens. Le cycle de la passion est introduit par la Cène et se poursuit avec la représentation du baiser de Judas, suivie par le Christ devant Pilate et –au-dessus– le Christ raillé, le portement de la Croix, la descente de la Croix et la Résurrection. A l’intérieur des angles restants, dans la partie supérieure de la surface, apparaissent de petits anges dont certains jouent de la musique. En présentant des objets symboliques, d’autres font référence à des événements qui, en raison du choix des scènes, spécifique mais réduit, n’ont pas été représentés. Ainsi, dans la représentation du baiser de Judas, un calice rappelle la nuit précédente au Mont des Oliviers. Au-dessus de la scène du Christ devant Pilate, dans une sorte de demi-registre, figure celle du Christ raillé, lui-même surmonté d’un ange tenant une petite croix, laquelle renvoie à la Crucifixion. L’ange qui assiste à la descente de la Croix tient un voile qui, quant à lui, préfigure la mise au tombeau. Un programme iconographique complexe s’étend ainsi sur un espace très  réduit. La réunion de la Résurrection et de la Cène sur la face avant de l’ostensoir, et, qui plus est, sur un même lobe, souligne l’aspect eucharistique et renvoie ainsi clairement à l’utilisation liturgique de l’objet : l’exposition du corps consacré du Christ. Comme donateur de l’ostensoir on pourrait, dans un premier temps, envisager la confrérie de la Fête-Dieu, une hypothèse que les sources n’attestent néanmoins pas (cf. Hlavačková 2001, 93). La représentation de la porte à trois donjons, telle qu’elle apparaît sur le blason de la ville  conféré en 1436 par l’empereur Sigismond, pourrait indiquer que la donation provient de l’entourage  du Conseil ou, du moins, qu’elle a été organisée par lui. La donation par Katharina Pokfuß, en  1439, de sept marcs d’argent pour la fabrication d’un ostensoir, mais aussi les 30 florins que le  magistrat alloua à cet effet pourraient avoir été utilisés ici. Ainsi, l’ostensoir donne une idée  des ressources de la bourgeoisie, dont la situation économique se vit consolidée par le soutien de  l’Empereur Sigismond –en 1430, la ville obtint le droit de frapper la monnaie. Il témoigne  également d’une confiance en soi accrue, laquelle se manifesta par ailleurs dans l’agrandissement  de l’église prévôtale entrepris au milieu du XVe siècle.  L’aspect hétérogène du style de l’ostensoir est, lui aussi, un argument permettant de situer à  cette époque l’exécution de l’objet. Si les figures en ronde-bosse de la gloire restent encore  fidèles  au  gothique  international  des  années  1400,  les  vêtements  aux  tissus  abondants  des  personnages gravés sur le pied présentent déjà, outre les plis parallèles caractérisant la peinture  viennoise jusque dans les années 1430, des drapés fragmentés à la manière d’un cristal. L’œuvre,  partant, vit même probablement le jour avant le milieu du XVe siècle. » Texte d'Evelin Wetter provenant du dossier de presse.
ViergedAnnonciationPhotographie 2 : Vierge d’Annonciation (Maria Annunziata). Vers 1480-1490, Bratislava et Vienne, bois de tilleul, polychromie, hauteur : 148,5 cm. Veľký Biel, Sainte-Croix (en dépôt à la Slovenská Národná Galéria de Bratislava). © Galerie nationale slovaque. « A l’origine, cette statue de la Vierge était le pendant d’une statue de l’archange Gabriel, avec laquelle elle formait un groupe d’Annonciation. Selon plusieurs sources, celui-ci faisait vraisemblablement partie du décor intérieur de l’église prévôtale Saint-Martin de Bratislava, peut- être même du retable de l’autel principal (une scène d’Annonciation se trouvait à l’origine sur le volet gauche du retable), dans la caisse centrale duquel se trouvait le relief de la Nativité ; il est cependant douteux que cette statue, avec un profil aussi profond (jusqu’à 55 cm), ait pu faire partie d’un retable d’autel à volets et n’ait pas été à l’origine installée sur une console – on peut notamment voir sur les piliers de la nef des sculptures proches de celles qui se trouvent dans la Burgkapelle (chapelle du château) ou dans la cathédrale Saint-Etienne de Vienne. A la fin du XVe siècle, on peut observer à Bratislava une forte influence de la production artistique viennoise sur divers cercles artistiques, dans le domaine des manuscrits enluminés et des peintures aussi bien que des sculptures de retable. A Vienne dominaient les œuvres d’une qualité exceptionnelle du cercle de Nikolaus Gerhaert de Leyde et Hans Kamensetzer, Frédéric III avait deux engagés artistes en de Europe la région centrale. Du du Haut-Rhin fait des (Strasbourg) analogies très que l’empereur étroites qu’elles présentent avec la statue de la Vierge,on peut considérer comme provenant de ce même cercle, outre les sculptures du cycle de la chapelle du château ou celles de la cathédrale Saint-Etienne de Vienne, la statue de la Vierge trônant du Niederösterreichisches Museum de St. Pölten. En 2004- 2005, Schultes a tenté de réviser ce contexte stylistique en proposant prudemment d’attribuer directement à Kamensetzer la statue de la Vierge ainsi que le relief de la Nativité. Par ailleurs, on peut constater l’influence des artistes de Rhénanie dans plusieurs régions de l’Europe centrale, et parmi elles la Slovaquie orientale, à travers les sculptures du retable principal de la cathédrale Sainte-Elisabeth de Košice ; à ce même cercle appartient également le plat avec la tête de saint Jean Baptiste de Tajov. La Vierge conservée à Bratislava en est un témoignage, stylisé et monumental, à la beauté presque séculière – à la façon d’une bourgeoise de la fin du Moyen Age. Son visage est pratiquement une copie de celui de la Vierge du relief de la cathédrale Saint- Martin, mais avec un accent émotionnel différent. Le drapé, y compris celui du châle en travers de la poitrine, contribue à donner un dynamisme inhabituel pour une statue agenouillée. Les sources stylistiques de plusieurs éléments de ce drapé peuvent être trouvées dans la riche production graphique de l’Allemagne du Sud – dans les gravures sur cuivre du Maître ES ou de Martin Schongauer. » Texte de Dušan Buran provenant du dossier de presse.
CalicedupPrevotPhotographie 3 : Calice du prévôt et archevêque Martinus Pethe. Haute-Hongrie, 1er quart du XVIe siècle ; argent, doré, repoussé, fondu, gravé et ciselé, émail, garniture de perles et de pierres précieuses ; hauteur 27 cm ; Armoiries de Martin Pethe sur l’un des champs du pied, apposé ultérieurement : M[artinus] P[ethe] / D[e] H[etesi] / AR[chiepiscopus] CO[locensis]. Spišské Podhradie – Spišská Kapitula, trésor de la cathédrale Saint-Martin. © Spišská Kapitula, cathédrale Saint-Martin. « Muni d’un pied à six lobes, d’une haute base à moulure concave, d’un nœud en forme de boule et d’une fausse-coupe s’étendant sur la quasi-moitié de la coupe, cet objet, de par ses proportions, correspond parfaitement à une production de calices qui semble caractéristique de la Haute-Hongrie. Les éléments de remplage fondus qui composent le nœud avec ses boutons de fleurs saillantes sont identiques à ceux du calice de Trenčianska Turná. En revanche, la structure du pied, pourvu de fil apposés, ainsi que les motifs des tiges le rattachent à un groupe dont deux calices sont conservés à Spišská Kapitula, d’autres à Esztergom et à Bratislava (Šourek 1938, 38 [E. Poche]). En outre, le décor de feuillage, découpé puis mis en forme par torsion et installé sur les lobes du pied et sur la fausse-coupe –ici, sur un fond émaillé en vert et bleu– l’a fait apparaître comme étant une œuvre de l’orfèvre Antonius, dont des documents attestent la présence à Košice entre 1493 et 1520. Un calice de conception semblable qui se trouvait dans l’église Sainte-Elisabeth, et qui est aujourd’hui perdu, lui a également été attribué (Mihalik 1898; Mihalik 1900, 127-128). En effet, les coupes des deux calices sont ornées d’une couronne de perles similaire, et le sertissage des pierres précieuses est exécuté de façon identique. Cependant, l’attribution à Antonius du calice de Košice reposant elle-même sur une preuve indirecte, ce rapprochement doit être considéré comme hypothétique. Quoi qu’il en soit, la densité de calices de ce type qui ont été conservés plaide en faveur d’une localisation de leur origine en Haute-Hongrie. Le blason du prévôt de Spiš Martin Pethe, décédé en 1605 et qui signe ici en qualité d’archevêque de Kalocsa, n’a été apposé qu’ultérieurement. En réalité, le testament de Ladislas Pethe, daté de 1617, mentionne des legs de Márton Pethe, argenteum, parmi lesquels deauratum. Diversis figure, rosis selon et toute apparence, margeritis ornatum l’objet cum en patina question : argentea, « Calicem deaurata 2» (Analecta Scepusii 1773–1778, t. 2, 1774, 290). Aussi le calice a-t-il pu être transféré d’un autre endroit vers cette église collégiale. » Texte d'Evelin Wetter provenant du dossier de presse.

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3ème Parcours de la céramique et des arts du feu

lapaixPhotographie 1 : 'LA PAIX'. Porte montre d’ Angoulême « daté du 24 Fructidor an IX (11 septembre 1801), de forme circulaire, sur pied chantourné d’un filet bleu et jaune, décoré en polychromie de grand feu, d’un amour tenant une banderole avec inscription « La Paix » entre 2 cornes d’abondance d’où s’échappent des épis de blé et des grappes de raisin, symboles du pain et du vin. Il s'agit d'une allusion au Concordat signé le 15.07.1801. On peut lire sur les côtés  l'inscription : « Marie Robin. À  Angoulême, le 24 Fructidor, an IX » La photographie et la description entre guillemets proviennent de la galerie LE CABINET D’AMATEUR  de Daniel TESSIER, 2 rue des Saints Pères , 75007 PARIS

Du 14 au 19 septembre 2010, quelques spécialistes de la céramique ancienne anglais,  belges, italiens et français exposent au Carré rive gauche et au Louvre des antiquaires  dans un Parcours de la céramique et des arts du feu organisé par l'association des Spécialistes de la céramique de collection.
Une exposition au Louvre des Antiquaires présente Les suiveurs de Palissy du XVIe au XXIe siècle (Collection de Christine Viennet).
Le reste du parcours se déroule en suivant les thèmes suivants :
- Céramiques anciennes, thème présenté par LES ARMES DU CHEVALIER au Louvre des antiquaires, 31 allée Boulle, rez-de-chaussée, 2 place du Palais-Royal, Paris, 1er arrondissement.
- Majoliques, émaux, verres, du Moyen-Age au XVIIe siècle, thème présenté par ARMETAL au Carré rive gauche chez J. & M. DUPUTEL, 20 rue de Beaune, Paris, 7ème arrondissement.
- Céramiques européennes du XVI° au XVIII° siècle, thème présenté par ART et PATRIMOINE au Carré rive gauche chez René-François TEISSEDRE, 25 rue de Beaune.
- Céramiques du XVIe au XXe siècles, thème présenté par BAZAART chez M. VANDERMEERSCH au Carré rive gauche, 21 quai Voltaire.
- Faïences et porcelaines du XVI au XVIIIe siècle, thème présenté par J. M. BÉALU ET FILS au Carré rive gauche, 3 rue du Bac.
- Céramiques anciennes, faïences et porcelaines, thème présenté par LE CABINET D’AMATEUR au Carré rive gauche, 2 rue des Saints Pères.
- Céramiques anciennes, thème présenté par GALERIE THEOREME au Louvre des antiquaires, 41-43 allée Boulle, rez-de-chaussée.
- Arts anciens d’Extrême-Orient, thème présenté par Bertrand DE LAVERGNE au Louvre des antiquaires, Allée Saunier, rez-de-chaussée.
- Majoliques et porcelaines européennes, thème présenté par BASTIOLI NAZARENO au Carré rive gauche chez Bruneau JANSEN, 50 rue de Lille.
faiencesevres300- Arts d’Extrême-Orient, thème présenté par LE CABINET DE CURIOSITÉ au Carré rive gauche, 23 rue de Beaune.
- Art Islamique, thème présenté par Laure SOUSTIEL au Carré rive gauche à la galerie LAURENTIN, 23 quai Voltaire.
- Porcelaines anciennes, thème présenté par V.B. ANTIQUITES au Carré rive gauche à la galerie SISMANN, 7 rue de Beaune.
- Faïences et porcelaines du XVIe au XVIIIe siècle, thème présenté par GALERIE  VANDERMEERSCH dans le Carré rive gauche, 21 quai Voltaire.

Heures d'ouverture : Tous les jours de 11h à 19h.
Nocturne dans le Carré Rive Gauche le 14 et le 16 septembre jusqu'à 22h.
Nocturne au Louvre des Antiquaires le 14 septembre jusqu'à 21h (l'entrée se fera à partir de 19h au 151 rue Saint Honoré) .

Des conférences sont organisées au 1er étage du restaurant Le Bistrot de Paris (33 rue de Lille dans le septième arrondissement de Paris) les 15, 16 et 17 septembre à 16h et 17h.

Photographie 2 : Plat en faïence de Sèvres. « La Manufacture de Sèvres est connue pour sa porcelaine. Entre 1852 et 1872, Sèvres créa un atelier de faïences. Le rare et très beau plat, en faïence, présenté ici, est daté de Juillet 1867, porte un monogramme « M » pour Meyer - Heine Abraham et est signé : « Manufacture Impériale de Sèvres ». Son décor, inspiré de la Renaissance, rehaussé d’or et d’argent représente : - sur l’aile, 4 vases et 4 consoles reliés par de magnifiques rinceaux, - sur le petit bassin une jeune renardière. Diamètre : 49,5 cm. » La photographie et la description entre guillemets proviennent de la galerie LE CABINET D’AMATEUR  de Daniel TESSIER, 2 rue des Saints Pères , 75007 PARIS

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Exposition : Alexandre Cabanel, la tradition du beau.

Cabanel naissance de venus Orsay500Photographie 1 : Alexandre Cabanel, La Naissance de Vénus, huile sur toile, vers 1863, Paris, Musée d'Orsay, © RMN (Musée d'Orsay)/Hervé Lewandowsky.
Cabanel Albayde 300D'après la mythologie, Vénus (Aphrodite en grec) serait née à Chypre de l'écume des flots. Alexandre Cabanel (1823-1889) la représente ainsi naissante, entourée d'amours. Pas un brin de tissu n'entache ce tableau, pas une parure, si ce n'est celle toute académique de la mythologie. La même année, en 1863, Édouard Manet (1832-1883) présente Le Bain ou Le Déjeuner sur l'herbe qui est un clin d'oeil goguenard  lancé à cet académisme. Une femme du commun, entièrement dénudée, assise sur l'herbe, y est peinte entourée de deux hommes habillés. D'autres mouvements picturaux s'inventent alors en parallèle à l'académisme : le réalisme, l'impressionnisme, puis toujours dans la seconde moitié de ce siècle : le naturalisme, le pointillisme, et Vincent van Gogh ...   
Photographie 2 : Alors que dans La Naissance de Vénus, on retrouve une sensualité que l'on peut rapprocher de certaines oeuvres de peintres précédents, du XVIIIe siècle, cette seconde oeuvre par contre préfigure ce qui va suivre, c'est à dire l'art nouveau (né vers 1890), avec sa langueur géométrique et végétale. Du reste elle s'associe très bien à son cadre de style rocaille (début du XVIIIe siècle) qui puise aussi ses lignes dans la nature.
Ces deux exemples picturaux s'inscrivent dans une idée de la beauté ; alors que pour d'autres peintres de la même époque le beau est ailleurs, notamment dans la liberté … ce beau que de nombreux artistes du XXe siècle s'ingénieront à détruire. Le titre de l'exposition du musée Fabre de Montpellier (qui se déroule en ce moment et jusqu'au 5 décembre 2010) : Alexandre Cabanel, la tradition du beau, n'est donc pas anodin. La peinture d'Alexandre Cabanel représente certes l'académisme du milieu du XIXe siècle, mais s'inscrit aussi dans une tradition artistique qui innove, cherche et fait naître le beau : ici de l'écume des flots.

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Exposition : L'Or des Incas, Origines et mystères.

mMasqueInca300La Pinacothèque de Paris présente du 10 septembre 2010 au 6 février 2011 une exposition sur l'or des Incas. Cet or, que les conquistadors découvrent en 1532 avec l'Empire inca, est à l'origine de l'invasion occidentale et du mythe de l'Eldorado (contrée mythique d'Amérique du sud remplie d'or). De l'orfèvrerie inca, il ne subsiste qu'une petite partie, car les conquérants la fondent systématiquement. Cette exposition offre une opportunité d'aborder cette production. Son objet est « d'étudier le lien des peuples préhispaniques aux métaux précieux. La plupart des objets en or ont été trouvés dans des tombes. Ils témoignent de la haute maîtrise technique des orfèvres de l'époque, mais ils soulignent surtout l'importance de ce métal et de sa force symbolique pour les manifestations rituelles. L'or n'était en rien une valeur numéraire pour les peuples andins mais un matériau étroitement associé à la divinité solaire. L'or faisait partie intégrante du décorum impérial inca, l'empereur étant considéré comme l'incarnation vivante du soleil appelé Inti. » [extrait du dossier de presse]. La Pinacothèque de Paris présente pour la première fois en France des oeuvres provenant de neuf des plus prestigieux musées péruviens et de cinq musées européens.
OrnementInca300Photographies 1 & 2 : « Masque. Culture Sicán (800-1350 apr. J.-C.). Intermédiaire récent. Or. Laminé/Repoussé/Soudé. 379 x 649 mm. Musée archéologique national Brüning, Lambayeque (MANB-00003). [...] © Photo : Joaquín Rubio Roach. Masque funéraire en or laminé. Les yeux en amandes et le nez prononcé ; les boucles d’oreilles et l’ornement nasal (nariguera) seraient ceux d’une divinité Sicán. Censés représenter les traits du défunts, les masques comme celui-ci faisaient partie de son trousseau funéraire. »
Photographie 3 : « Ornement Frontal. Culture Chimú (900-1470 apr. J.-C.). Intermédiaire récent. Or. Laminé/Repoussé/Embouti/Incrusté. 250 x 55 x 300 mm. Musée Larco, Lima (ML100006). [...] © Photo : Joaquín Rubio Roach. Tête de félin orné de plumes, nez et bec d’oiseau. Deux singes dans la partie supérieure. Serpents bicéphales sur la partie inférieure. »
La Pinacothèque de Paris (28 place de la Madeleine dans le 8ème arrondissement) est ouverte tous les jours de 10h30 à 18h. Le samedi 25 décembre et le samedi 1er janvier 2011, ouverture de 14h à 18h. Nocturne tous les mercredis jusqu'à 21h. Plein tarif : 10 € ; tarif réduit : 8 €. Gratuité pour les moins de 12 ans, RSA, ASS et minimum vieillesse.

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Écrire le théâtre

terence1753300Le théâtre, c'est de la poésie : le verbe qui se fait action … qui rassemble … du mouvement mis en rythme pour du plaisir pur … le geste, la voix, les mots ... mesurés … la vie sublimée et réinvestie par l'humain qui en cadence la respiration … la connaissance de cette humanité transcendée et dansée … et mieux que tout : une distraction qui rend plus heureux, plus sage, qui apaise par la catharsis, qui relativise chaque chose, raisonne, moralise et qui fait aimer. Si depuis le Moyen-âge la religion chrétienne semble bannir les acteurs, ce sont pourtant les clercs qui propagent l'oeuvre du dramaturge comique Térence (vers 190 – vers 159 av. J.-C.) et se servent de ses oeuvres pour enseigner un latin de qualité aux jeunes élèves. Ils transmettent aussi une tradition iconographique, ininterrompue depuis l'Antiquité jusqu'au XIIe siècle, des images de la Comédie nouvelle antique et en particulier celles des pièces de Térence, sur au moins 1400 années ; une tradition où chaque geste, chaque mouvement, chaque masque, chaque attribut, chaque vêtement, est scrupuleusement codifié, tel un langage magique (cela reste du théâtre et du plaisir) qui agit (actio) ... une rhétorique qui accompagne par le mouvement les mots d'une langue humaniste  d'une profondeur insondable et d'une légèreté qui l'est tout autant. La Comédie est une part importante de notre société occidentale telle qu'elle ne l'est nulle part ailleurs dans le monde, et cela depuis la Haute antiquité. Oubliée aujourd'hui,terence1753frontispicedetail300 l'oeuvre de Térence est pourtant la plus publiée en Occident après la Bible jusqu'au XIXe siècle. Elle est de la lignée d'un théâtre dont le verbe est bâtisseur d'empires, commençant avec Ménandre (empire grec hellénistique), se prolongeant avec Térence (empire romain), Shakespeare (Angleterre) et Molière (France)… autant de royaumes qui propagent un verbe rassembleur, une parole nouvelle … une vision de la vie comme l'est chaque langue. J'ai déjà écrit un long article sur Le théâtre antique et les conventions … classiques …  et un autre sur le masque (Sortir masqué) dans lesquels il est question de Térence. Et maintenant quel est le verbe qui portera le XXIe siècle, ce troisième millénaire ?

Photographies : Illustrations d'un livre du XVIIIe siècle avec trois des six pièces de l'auteur comique romain Térence : Publii Terentii Afri, Comoediae Sex, Ad Optimorum Exemplarium Fidem Recensitae. Accesserunt variae Lectiones e libris MSS. & Eruditorum Commentariis depromptae, Tomus I, Lutetiae Parisiorum, Apud Natalem Le Loup & Jacobum Merigot, 1753, Cum Approbatione & Privilegio Regis. 254 pages. In-12 (15 x 9 cm). Tome I avec les comédies en latin : Andria, Eunuchus, Heautontimorumenos, avec argumentaires et prologues, une Vie et un Éloge de Térence. Reliure d'époque. Frontispice par De Lafosse (Jean-Charles Delafosse : 1734-1789) d'après Hubert Gravelot (1699-1773), médaillon de Térence sur page de titre par Jacques Philippe Lebas (1707-1783) d'après H. Gravelot. Trois vignettes par De Lafosse, une par Dominique Sornique (1708-1756), deux par J. P. Lebas,  toutes d'après H. Gravelot. Elles représentent des putti ayant des occupations. Une gravure illustre chaque pièce. Une est de De Lafosse, une autre de D. Sornique, une autre de P. Lebas, toutes d'après H. Gravelot. Jolis culs-de-lampe (avec notamment des masques de comédie et une représentation de Ménandre dans un médaillon) et lettres illustrées.

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Inventaire à la Prévert estival

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Pendant la période estivale, de nombreuses maisons de ventes aux enchères françaises sont en vacances jusqu'en septembre ou octobre. Quelques-unes, rares, quittent temporairement Paris pour la côte française de la Méditerranée à la Normandie. Le commissaire-priseur Marc-Arthur Kohn présente trois ventes, du 3 au 5 août, au Carlton à Cannes ; Artcurial est à Deauville  ; Boisgirard se déplace à Biarritz ; Massol s. a. est à Deauville. En Bretagne, à Morlaix, Dupont & associés propose une vente le 9 août drageoirprochain avec de nombreuses porcelaines asiatiques, de l'argenterie, des bijoux, des meubles etc. Les objets présentés en photographies proviennent de cette vente.

Photographie 1 : « Très rare montre à sonnerie à toc et à tact signée Julien Le Roy à Paris, porte le n° 2909. Les particularités remarquables de cette montre en font un modèle exceptionnel : boîte en or à décor ciselé d'ondulations, contre lunette signée et gravée "In venté par Julien Le Roy en 1740", balancier équipé d'un contre pivot en cornaline (Julien Le Roy inventa ce procédé après Fatio qui perça les rubis), grande qualité d'exécution de la mécanique. Bel état de conservation (petite restauration au cadran à 3 heures, fêle au verre). Nombreux poinçons de Maîtres en fond de boîte. Vers 1750. Poids Brut : 100,4 g. Un mouvement similaire incomplet et sous boîte, numéroté 2781 est conservé dans les réserves du Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. » Vente du 9 août à Morlaix de Dupont et associés. Description et photograhie provenant d'Interencheres.com.
Photographie 2 : « Drageoir couvert de forme balustre sur piédouche en argent. La base carrée repose sur 4 pieds boules. Les anses à enroulements feuillagés abritent de part et d'autre deux oisillons dans un nid. Le couvercle est surmonté d'une prise en forme de fruit sur une terrasse godronnée rayonnante. Paris 1819-1838. Haut. 26 cm. Poids : 500 g. » Vente du 9 août à Morlaix de Dupont et associés. Description et photograhie provenant d'Interencheres.com.
Photographie 3 : « Nécessaire de toilette de voyage en placage de bois de rose et amarante découvrant sept pots couverts en porcelaine décorés de brindilles en bleu. L'abattant central garni d'un miroir. XIXème siècle. Haut. : 16 cm. Long. : 49 cm. Prof. : 30 cm. » Vente du 9 août à Morlaix de Dupont et associés. Description et photograhie provenant d'Interencheres.com.
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La dame de qualité

 

damedequaliteetantasatoiletteclair300damedequaliteetantasatoilettedetail300Premières photographies : « Dame de qualité étant à sa toilette ». Gravure, sans doute du XVIIe siècle collée sur un papier plus récent. La partie originale (en photo) fait 27,8 x 22,1 cm.
La dame (ou femme) de qualité est surtout associée au XVIIe siècle. Le plus souvent de condition noble, elle est fine et passe une partie de son temps dans les divertissements. François Grenaille (1616-1680) discourt sur quelques-unes d'entre elles dans son livre intitulé :
Les Plaisirs des dames (1641). La femme de qualité apprécie les bals, les concerts, les collations, la promenade. Elle passe du temps à sa toilette. Elle fréquente la Cour. Elle cultive les plaisirs des arts et des sciences, pratique les ruelles (voir Les Précieuses et les femmes de lettres), les cercles (L'art de la conversation) et autres salons ; s'adonne à la lecture et à l’étude.  Elle est sage, galante ; aime la mode, l’élégance et les expressions nouvelles. Elle invite, se rend à des dîners, se divertit à l’Opéra, à la Comédie, en allant au Cours (Le Cours) ou dans d'autres lieux à la mode ; pratique la chasse, les jeux, " l’appartement " qui consiste en des amusements accompagnés de musique et de jeux que le roi donne dans ses appartements à Versailles comme l’écrit François de Callières (1645-1717) bourgeoiseavecsonchien300dans Des Mots à la mode et des nouvelles façons de parler. Avec des observations sur diverses manières d’agir & de s’exprimer (1692) : « ce bel assemblage de divertissements qui se trouvent dans le grand et magnifique appartement de Versailles : la musique, la danse, la collation, les liqueurs, toute sorte de jeux, la conversation, & surtout cette agréable liberté qu’on y a de bourgeoiseavecsonchienvisage300changer de divertissements, & d’aller de plaisir en plaisir, comme les abeilles vont de fleur en fleur » … La noblesse et les manières de la dame de qualité la différencient de la bourgeoise qui souvent essaie de l'imiter comme le montrent les dernières photographies. La seconde gravure, est en effet très corrosive. Le personnage est certes avec les attributs de la dame de qualité et assez fin d'exécution ; mais la jeune bourgeoise place la couronne de fleurs, symbole nuptial et amoureux, autour de son chien …  Quant au texte qui accompagne l'image, il est sans équivoque : « Jeune Bourgeoise assise dans une promenade publique, contrefaisant la Dame de qualité en minaudant avec son chien : elle en grand chapeau en rosettes et grandes boucles à l'Américaine. » Cette estampe est gravée par Nicolas Dupin le Jeune (né en 1753) d'après Watteau fils (François Louis Joseph Watteau :1758-1823) et date du dernier tiers du XVIIIe siècle. Le visage de ce caractère est cependant joli : comme quoi on ne peut pas se fier qu'aux apparences. J'ai déjà parlé de la bourgeoise dans l'article intitulé Les faux élégants. Cette gravure fait partie de Gallerie des Modes et Costumes Français. 52e Cahier de Costumes Français, 46e Suite d'Habillemens à la mode en 1787, parue cette même année.

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Le bouillon

bouillonstcloud250bouillonchantilly250Le bouillon est une préparation culinaire consistant à faire longtemps bouillir de l'eau avec de la viande ou des herbes. Dans son Grand Dictionnaire de cuisine, Alexandre Dumas (1802-1870) écrit : « Il n'y a pas de bonne cuisine sans bon bouillon ; la cuisine française, la première de toutes les cuisines, doit sa supériorité à l'excellence du bouillon français ... » (voir le texte ici). La maison Tajan met en vente le 24 juin à Paris plusieurs écuelles à bouillon en porcelaine tendre du XVIIIe siècle :

Photographie 1 : Écuelle à bouillon couverte, de Saint-Cloud,  « à décor camaïeu bleu de lambrequins à prises latérales ajourées avec têtes de grotesque. Début XVIIIe siècle. Diam. 16 cm. »

bouillonsevres250Photographie 2 : Écuelle à bouillon couverte de Chantilly à décor polychrome avec son présentoir. Diamètre de 14,5 cm.

Photographie 3 : « Écuelle ronde et plateau rond, les anses à deux brins torsadés, la prise du couvercle en forme branchages, avec baies et feuilles en relief rehaussées de dorure. Le fond « bleu nouveau » caillouté d'or et orné de réserves polychromes à décor de paysages animés de personnages, soulignés de rocailles en dorure. Marquée lettre date D pour 1756, décorateur Yvernel. Diamètre du plateau : 21 cm »

Photographies et textes entre guillemets proviennent du site de Tajan. Catalogue-Tajan-ceramiques-240610

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Objets Régence et Louis XV

 

Catalogue-Tajan-240610J'ai choisi de vous présenter ici quelques objets, de la vente aux enchères de la maison Tajan du 24 juin, des époques Régence et Louis XV, dans un style 'rocaille' (voir l'article intitulé Le baroque et le rococo : les styles et les personnes  avec une très belle peinture d'un des maîtres du rocaille).  Les descriptions et les photographies proviennent du catalogue :
cartelvert300Photographie 1 : « Cartel et sa console d'applique de forme mouvementée en bois plaqué de corne verte. Riche ornementation de bronze doré à décor de cartouches, rinceaux feuillagés et fleuris, volutes. Cadran orné de plaques émaillées à chiffres romains pour les heures et à chiffres arabes pour les minutes. Le cadran et le mouvement sont signés Gosselin à Paris. Surmonté d'un élément rocaille orné d'aile avec de larges fleurs. Pieds cambrés à coquille et feuillage. Il repose sur une console à décor d'enroulement à cartouches godronnés, feuilles d'acanthe mouvementées, et graines. Époque Louis XV. (Usures à la dorure, restaurations et fentes). Haut. 136 cm - Larg. 48 cm - Prof 25 cm. »
miroir300Photographie 2 : « Grand miroir à parclose en bois doré, à baguettes, à godrons et fleurons alternés. Les écoinçons à décor de rinceaux ajourés, à décor de feuillages et fleurs, surmontés de dragons ailés et d'un cartouche déchiqueté au centre. Le fronton à fond losangé orné d'une tête de femme surmontée d'une palmette, entourée de feuillage et d'une guirlande de fleurs. Époque Régence. (Parties redorée et petits manques). Haut. 180 cm - Larg. 123 cm. Étienne Doirat (vers 1670-1732) reçut ses lettres de maîtrise dans les premières années du XVIIIe siècle. Il travailla toute sa vie rue du Faubourg Saint-Antoine pour une clientèle fortunée de France et d'Europe. L'essentiel de sa production est constitué de commodes ornées de bronzes abondants et de belle qualité où cohabitent des motifs typiquement Régence et des motifs d'avant-garde rocaille préfigurant le style Louis XV. ... »
console250Photographie 3 :« Console en hêtre repeint gris. La ceinture ajourée sculptée d'un panier et de guirlandes de fleurs. Pieds cambrés ornés de lianes fleuries et feuilles d'acanthe, réunis par une entretoise avec corbeille fleurie et coquille. Dessus de marbre veiné. Époque Louis XV. Haut. 84 cm - Larg. 98 cm Prof. 49,5 cm. »
Photographie 4 :« Commode en arbalète en placage de bois de violette marqueté de réserves. Elle ouvre à cinq tiroirs sur quatre rangs. Riche ornementation de bronze doré tels que : poignée de tirage à double volutes feuillagées, entrées de serrure à motif rayonnant, cul de lampe à décor de rinceaux et feuillages, les chutes et sabots à décor rocaille. Dessus de marbre rouge Languedoc. Attribuée à Étienne Doirat. Fin de l'époque Régence début Louis XV. (Marbre retaillé). Haut. 87,5 cm - Larg. 136 cm - Prof. 68 cm. »
commode300Photographie 5 :« Paire de chenets de forme rocaille en bronze redoré à décor de cartouches feuillagés ajourés d'oves, volutes à fond amati, rinceaux et enroulements. Ils sont surmontés de dragons ailés. Époque Louis XV. (Petites fentes). Haut. 24 cm - Larg. 35 cm - Prof. 13,5 cm. » chenets200

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Drapé à l'antique

 

Jean-Le-CamusTrès prochainement la maison Tajan présentera trois belles ventes aux enchères à Paris. Pour commencer voici une peinture (photographie), du catalogue de celle du 21 juin, représentant un « portrait présumé de Jean Le Camus » provenant de l'« entourage de Nicolas de Largillierre » (1656-1746), de 80 x 64 cm, et datant de vers 1700. Dans un temps où la mode occupe une place très importante, on aime cependant à se faire représenter dans un drapé à l'antique. La raison en est que si la mode passe, le portrait lui doit durer dans le temps. Dans l'exemple de la peinture de la photographie, la perruque et la cravate de dentelle marquent cependant une époque. La photographie provient du catalogue :Catalogue-Tajan-210610

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Albâtre

viergealbatre300L'albâtre est un matériau utilisé depuis la plus haute Antiquité. Sa blancheur et sa texture sont à l'origine de nombreuses figures poétiques : « un sourire d'albâtre », « une blancheur d'albâtre »  ...

Photographie : Le 11 juin prochain, la maison Néret-Minet & Tessier met en vente à Drouot Richelieu une petite statue représentant la : « Vierge de la Conception en albâtre. Sur le croissant de lune la Vierge, les mains croisées sur la poitrine, reçoit le message lui annonçant la naissance de Jésus. Le visage juvénile est entouré d'une abondante chevelure retombant dans le dos et sur les épaules. La robe parsemée de motifs dorés imitant le damassé est recouverte d'un ample manteau présentant le même décor polychromé. Socle d'origine à volutes avec un blason couronné. Sicile Trapani XVIIe siècle. Haut. 46 cm. (Restaurations, reprise à la dorure de la chevelure). Cette représentation de l'Immaculée Conception est influencée par l'iconographie Espagnole du Siècle d'Or (1580-1640), la Sicile et le Royaume de Naples étant espagnols au XVIIe siècle. Expert : M. SCHORP » photographie et description Néret-Minet & Tessier.

Voici un autre exemple en lien : Vase à parfum en albâtre provenant de la tombe de Toutankhamon et conservé au musée du Caire.

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La cocarde tricolore

gravurerevueXVIIIecocardedetailclairretouchee300-copie-1La cocarde tricolore de la Révolution française est un signe de ralliement qui à une période est même imposé. Elle est composée des bleu et rouge couleurs de Paris et du blanc symbole de la royauté. Avant elle, les révolutionnaires en portent une verte, les antirévolutionnaires une noire et les royalistes une blanche. C'est le marquis de La Fayette qui fait rajouter le blanc à la cocarde révolutionnaire par déférence envers Louis XVI qui le 17 juillet 1789 la met à son chapeau. « Son port est rendu obligatoire pour les hommes le 8 juillet 1792, pour les femmes le 21 septembre 1793. Le refus de porter la cocarde rend suspect la personne et peut lui valoir huit jours de prison. […] Après Thermidor, le port de la cocarde s'amenuise, même s'il est théoriquement obligatoire au moins jusqu'en 1796 » (Wikipedia). La mode doit donc faire avec.

Photographies : Gravure tirée d'une revue de mode de la toute fin du XVIIIe siècle. Le modèle de gauche porte les trois couleurs : des chaussures jusqu'au chapeau où sont attachés une cocarde et des rubans tricolores. Celui de droite est dans un style plus ancien régime, avec : un petit châle moucheté, des dentelles et une longue ceinture nouée avec des motifs pompéiens.gravurerevueXVIIIecocardetresclair300

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Lyon : capitale française de la soie.

Photographie ci-dessus : « Soierie, Élévation perspective d'un grand dévidage placé au dessus des Moulins représenté ci-devant. » (orthographe de l'époque). Planche tirée de L'Encyclopédie de Diderot & d'Alembert et datant du XVIIIe siècle.

Si Paris est la capitale de la mode française et même encore mondiale, Lyon (et les alentours) est sans doute celle de l'industrie textile en France. Étant originaire de cette région, ou plus exactement de Saint-Etienne, je connais bien l'endroit. Dans tous les environs, le textile est jusqu'à la fin du troisième quart du XXe siècle une industrie fleurissante ; peut-être même la première ; et cela jusque dans les villages reculés où des particuliers possèdent un ou plusieurs métiers à tisser, certains en rassemblant plusieurs afin de former des ateliers avec des ouvriers.

La « capitale des Gaules » est un carrefour commercial important ; depuis au moins les phéniciens qui venus de Méditerranée y accostent grâce au fleuve le Rhône. Au XVe siècle y transitent et se vendent de nombreuses soieries provenant d'Italie, d'où l'idée d'en fabriquer sur place, avec semble-t-il un premier essai en 1466 peu fructueux ; et un second en 1536 avec une manufacture de soie créée par un négociant piémontais fixé à Lyon et son associé. C'est ainsi qu'au XVIe siècle naît dans cette ville la corporation des ouvriers en « draps d'or, d'argent et de soie ». A partir de ce moment l'activité textile de la soie va être très fleurissante dans toute la région, suivant les évolutions technologiques avec des métiers à tisser de plus en plus sophistiqués. Entre 1827 et 1832, la ville est reliée à Saint-Étienne par l'une des premières voies ferrées au monde. Déjà à la fin du XVIIIe siècle (après 1772), l'introduction de métiers mécaniques fait de Saint-Etienne le grand centre de fabrication du ruban de soie. D'après Wikipédia : « En 1786, il y avait dans la région stéphanoise 15 250 métiers [...] produisant pour 17 millions de francs dont près de la moitié était exportée. Après les épreuves de la Révolution et de l'Empire, l'industrie du ruban connaît un essor très important et de 1815 à 1856, Saint-Étienne connaît un véritable âge d'or. Les Stéphanois réussissent à adapter la mécanique Jacquard au métier de ruban […] À la veille de la Première Guerre mondiale, la rubanerie occupait 30 000 personnes et faisait vivre avec les industries annexes plus de 80 000 personnes autour de Saint-Étienne. » Aujourd'hui on utilise peu les rubans ; mais autrefois ils sont un élément vestimentaire important. On en porte sur le chapeau, dans les cheveux, autour du cou, sur les habits, à la ceinture, aux articulations, aux chaussures ... en noeuds, cravates, cocardes, pour remplacer les boutons … En voici deux exemples : Marie-Antoinette et XIXe siècle.

Photographies ci-dessus à gauche et ci-dessous : Le Spectacle de la Nature, ou entretiens sur les particularités de l'Histoire naturelle, Qui ont paru les plus propres à rendre les Jeunes-Gens curieux, & à leur former l'esprit. Tome sixième, contenant ce qui regarde l'Homme en Société, Nouvelle Édition, Paris, 1747.

- Planche XI 'Le Métier du Tisseur vu de face' gravée par Jacques-Philippe Le Bas (1707-1783)

- Planche XXX 'La Rubanerie' par le même graveur.

Les numéros inscrits dans les planches renvoient à des définitions des parties représentées dans le livre. L'édition de 1751 est visible ici.

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Objets de la toilette

boule à épongeDans l'article intitulé La Mode et l'Hygiène ..., je vous ai présenté une boule à savon en porcelaine blanche de Saint-Cloud. Il en existe en d'autres matières : comme en argent. La boule à éponge a la même forme mais est ajourée. Pierre Bergé & Associés en expose une dans le catalogue de la vente du 4 juin à Drouot Richelieu (photographie 1). Elle est « en argent entièrement repercée de rinceaux et feuillages. Base ronde à contours et moulures de doucine. Couvercle à armoiries comtales soutenues par des lévriers. PARIS, 1753. Maître-Orfèvre : Emmanuel-Louis CAUMARTIN, reçu Maître le 4 Août 1747. Poids : 190 g. D_8,7 cm. »flambeaux de toilette Il est nécessaire de rappeler qu'au XVIIIe siècle et avant on se lave avec des éponges utilisées pas seulement avec de l'eau et du savon mais aussi pour se nettoyer avec des vinaigres parfumés.
Les autres objets de cette vente qui ont attiré mon attention sont une paire de flambeaux de toilette en argent (
photographie 2) « à base triangulaire bordée d'une frise d'oves. Fût de forme balustre et moulures. Binets également ceinturés de moulures. STRASBOURG, 1720-1750. Maître-Orfèvre : Johan LUDWIG II IMLIN reçu Maître en 1719. Poids : 370g H_8,5 cm L_11 cm »  Ces flambeaux sont posés sur la table de toilette. Ils sont petits et maniables.
Les photographies et les descriptions entre guillemets proviennent du catalogue de cette vente.

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La Foire aux Antiquaires

logofoiresaint-germainLa Foire aux Antiquaires qui aura lieu sur la place Saint-Sulpice du 3 au 14 juin (tous les jours de 11h à 20h, avec une nocturne jusqu'à 22h le 4 juin) se situe dans le 6ème arrondissement de Paris, au milieu des libraires de livres anciens, à quelques rues du Carré Saint-Germain : dans un quartier vraiment culturel.

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Maquillage

potapharmaciecreme200Photographie : Petit pot à pharmacie du XVIIIe siècle pouvant contenir des pommades et autres préparations cosmétiques. Ses bords saillants servent pour attacher le tissu ou la peau servant de couvercle. Il est en faïence avec un décor en bleu de lambrequins. Il fait à peu près 9 cm de large et de haut.

Lorsqu'on lit des livres du XVIIIe siècle sur la fabrication de produits de beauté, on y retrouve en grande majorité des substances naturelles. La plupart de ces recettes sont à redécouvrir ; évidemment pas les préparations que nous savons aujourd'hui toxiques du fait par exemple de leur teneur en plomb ; mais toutes les autres.

Comment se maquille-t-on avant le XIXe siècle ? On peut affirmer qu'on le fait beaucoup en rappelant la réponse datant je crois du XVIIIe d'un ambassadeur à qui on demande ce qu'il pense des femmes françaises et qui répond : « Je n'y connais rien en peinture ».

Le verbe 'maquiller' semble peu employé avant le XXe siècle. Il apparaîtrait vers 1840 comme synonyme de 'grimer' au théâtre puis ensuite dans l'acceptation de la définition actuelle. Avant le milieu du XIXe, on utilise le mot 'farder'. Le fard désigne toutes les compositions artificielles faisant paraître le teint et la peau plus beaux ; en particulier ce qui sert à les blanchir et masquer les imperfections. Le 'blanc' est depuis l'Antiquité le plus souvent à base de céruse et donc de plomb. L'autre teinte importante est le rouge qui donne de la fraîcheur au visage en rehaussant les joues. Ces deux couleurs se retrouvent chez les dames romaines comme chez les françaises du XVIIIe siècle.

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Nocturne Rive Droite

 

logonocturnerivedroiteDans un précédent article, je rappelle que les portes ouvertes du Carré Rive Gauche qui auront lieu à partir du jeudi 27 mai au soir, se situent dans l'ancien faubourg Saint-Germain qui avec le faubourg Saint Honoré sont les lieux les plus huppés de la capitale française (voir l'article Les faubourgs Saint-Germain et Saint-Honoré). C'est cette fois dans le faubourg Saint-Honoré (dans le 8ème arrondissement) que le mercredi 2 juin se déroulera la Nocturne Rive Droite, de 17h à 23h, avec la participation de galeries, antiquaires et libraires de l’avenue Matignon, du faubourg Saint-Honoré, des rues de Miromesnil, de Penthièvre et La Boëtie ... Une bonne occasion pour savourer ce lieu !

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Merveilleuses & merveilleux