La Compagnie des Indes

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Crachoir en porcelaine de Chine, dite de la Compagnie des Indes, décoré dans les émaux de la famille rose (diamètre: 11,3 cm) et en vente sur le site de l'antiquaire Antoine Lebel spécialiste des porcelaines de la Compagnie des Indes. De forme légèrement inhabituelle, cet objet est richement décoré d'un coq parmi des fleurs. Il est de la Période Qianlong : vers 1740. Le crachoir est un ustensile dont on se sert pour la toilette, après s’être lavé les dents avec une eau (de Madame de la Vrillière, Vulnéraire, Spiritueuse ou d’autres propres à nettoyer et fortifier les dents et les gencives), des éponges préparées ou bien encore des racines comme celles de la guimauve dont une recette consiste à les faire bouillir dans du vin et du miel blanc.

L’invention de la véritable porcelaine (dite dure) est considérée comme étant chinoise. C’est dans l’actuelle Chine qu’au moins à partir de la dynastie des Tang (619-906) elle se développe. Les occidentaux qui l’admirent et essaient de l’imiter sans réussir à trouver l’arcane (mélange de kaolin, quartz et feldspath), la font massivement importer dans d’immenses vaisseaux ; et cela dès le début du commerce avec l’Asie. A partir de 1498, les Portugais achètent les porcelaines de Jingdezhen mondialement connues. Les Hollandais établissent en 1602 l’East India Company qui s'occupe du transport et de l'écoulement de ces marchandises. Outre les poteries de Jingdezhen, la dynastie des Ming (1368-1644) exporte de grandes quantités de céladons longquan. La Compagnie française des Indes est fondée par Colbert en 1664. Jusqu’au XVIIIe siècle et la découverte de la formule de la porcelaine dure par J.-F.Böttger (Meissen), l’Occident ne connaît que la porcelaine dure chinoise. Elle est donc très réputée et synonyme d’un grand raffinement. La Chine est même souvent idéalisée dans ce qu’on appelle aujourd’hui ‘les chinoiseries’ qui se répandent dans les Beaux-arts du XVIIIe siècle.

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On fait fabriquer en Asie des services entiers avec des formes et motifs occidentaux dont certains commandés avec les chiffres (blasons) familiaux, comme sur le bassin octogonal présenté ci-dessous, décoré en polychromie et or (Largeur: 36,8 cm), de la période Qianlong (vers 1740) où sont peintes sur l’aile les armes de Pierre-Benoit Dumas (1696 - 1746) au service de la Cie des Indes à Pondichéry, ayant reçu du Grand Moghol le titre de Nabab et la concession de Karikal en faveur de la France, et nommé Chevalier de St Michel en 1737.

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Pour plus d’informations sur la porcelaine lire l’article du Mercredi 9 mai 2007 : La Porcelaine française du XVIIIe siècle.

 

 

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Les Douceurs de la fraternité

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lesdouceursdelafraternitemains200.jpg« Les Douceurs de la fraternité. » « Français, unissons-nous… qu’une saine harmonie fixe la liberté, sous le règne des Lois ! Les hommes sont égaux : tous ont les mêmes droits ; périsse l’égoïsme ; et vive la Patrie ! » « A Paris chez Bance rue St Severin N°115 [ou 25]. » Par Gautier (peut-être Jean-Rodolphe Gautier : 1764-1820) d’après un dessin de Vangorp (Henri Nicolas Van Gorp : vers 1756 - après 1819). Une femme se tenant sur le parvis du « Temple de la Liberté » tend  les « Droits de l’Homme et du Citoyen » à un groupe de femmes et d’hommes. Le drapeau de la « Constitution Française », surmonté d’un bonnet phrygien, flotte derrière. Au dessous, dans une couronne de branches de laurier et de chêne, la République se repose sur la « Loi constitutionnelle » elle-même posée sur un autel. Des putti tendent les mains vers elle. La gravure est d’époque, dans un cadre du XIXe siècle. Voir le site : http://richard.lemenn.free.fr

 

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La famille à la Révolution

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Grande gravure de l'époque révolutionnaire dessinée par Jean-Frédéric Schall (1752 – 1825) et sculptée par Augustin Claude Simon Legrand (1765 - 1815). Elle est intitulée : « L'Elisée » et illustre la 'Lettre XI De St Preux à Milord Edouard' de la Nouvelle Héloise de Jean Jacques Rousseau : [orthographe de l'époque] « La petite famille menée par Fauchon entra comme nous sortions. Ces trois aimables enfans se jetterent au cou de Mr et Mde de Wolmard … Nous rentrâmes Julie et moi dans l’Elisée en faisant quelques pas avec eux … J’ai pensé, me dit-elle, à l’amusement de mes enfans, et à leur santé quand ils seront plus âgés … j’en veux faire un jour mes petits jardiniers : ils auront autant d’exercice qu’il leur en faut pour renforcer leur tempérement, et pas assez pour le fatiguer. » Il y a tout en bas de cette estampe l’indication : « Se vend à Paris chez Depeuille, Rue Franciade, Section de Bon Conseil. » La Section de Bon-Conseil est une section révolutionnaire de Paris qui représente à partir de 1792 un quartier de la Commune de Paris de 13 800 habitants comprenant le nord des Halles centrales et les rues Montorgueil et Tiquetonne. Comme d’autres indications en témoignent, cette gravure est donc de l'époque révolutionnaire (toute fin du XVIIIe siècle). Elle est particulièrement intéressante pour son thème et l’harmonie qui s’en dégage, impressionnante quand on connaît l’époque troublée de sa confection. Le texte même qu’elle illustre est surprenant. Il y est question d’un jardin non pas géométrique « à la française » ni ‘pittoresque’ « à l’anglaise » mais sauvage, où la nature est aidée et non pas maitrisée, constitué surtout de plantes autochtones et où l’industrieuse main de l’homme n’y trouve que du plaisir non pas en la domptant mais en la caressant doucement… Y a-t-il là une nouvelle idée d’un jardin faisant la part belle aux plantes régionales dont certaines sont rares, et qui écoute la nature et l’aime plus qu’il la dompte ? Il est possible de retrouver cette lettre sur http://gallica.bnf.fr (Nouvelle Héloise, 'Lettre XI à Milord Edouard').

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Des gravures de mode du XVIIIe siècle

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Grande estampe du XVIIIème siècle représentant la planche n°1 de la 13ème suite de douze différentes coiffures (chapeaux, bonnets, charlottes) à la mode en 1785. Gravure sur cuivre sur papier vergé de l'époque gravée par Dupin d'après Desrais et publiée chez Esnaults et Rapilly à la ville de Coutances, à Paris, avec Privilège du Roi. Dimensions 43 x 28 cm et 23 x 28 cm sans les marges. Texte de la gravure : 13e Suite de Coeffures à la mode, en 1786. N°1Bonnet à la Chérubin, vû sur le côtéBonnet à la Chérubin, vû par devantChapeau à la Saint DomingueLe même chapeau vû sur le côtéChapeau à la Minerve BretonneCoëffure de Mme Dugason dans le rôle de Babet, à la Comédie ItalienneCoeffure de Mlle S. Huberti de l’Académie Royale de MusiqueCoeffure de Mlle Maillard dans le rôle d’Ariane, opéraNouveau Chapeau à la FigaroNouveau Chapeau à la CharlottembourgCoeffure à la nouvelle CharlotteCoeffure de la Beauté de St JamesDesrais del. Dupin sculp. – A Paris chez Esnauts et Rapilly, rue S. Jacques, à la Ville de Coutances. Avec Privil du Roi. 

Nous avons vu dans l’article du 2 octobre 2007 intitulé : Les almanachs de mode du XVIIIe siècle, l’importance de ces petits livres dans la divulgation de la mode dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Les gravures sont un autre moyen. Elles offrent des exemples de coiffures ou d’habits à la mode du jour ou des années précédentes. Elles sont envoyées en province et dans le monde entier pour servir de références aux marchandes de mode, coiffeurs et dames. Elles sont vendues sous la forme de suites (parfois reliées entre elles) ou au détail. Elles sont un témoignage capital de la divulgation des modes au XVIIIe siècle. Fréquentes à l’époque, ces estampes sont très rares aujourd’hui. Certaines recensent des modes vieilles de plusieurs siècles et prouvent qu’il y avait alors une véritable culture de la Mode et de son histoire qui n’est pas si éloignée de la notre avec ses nouveautés portées par les fabricants (dont certains sont de véritables ateliers de haute-couture) et autres artisans coiffeurs … ayant eux aussi leurs figures de proue. Dans la gravure présentée ici, la date de 1785 est très proche de celle de l’édition (fin du XVIIIe siècle) comme le montrent divers éléments tels : les dates des auteurs Desrais et Dupin, la période où la maison d’édition indiquée sévit, le type de papier utilisé et son filigrane, le Privilège Du Roi (APDR) antérieur à 1794 ... Nicolas Dupin est un graveur actif à la fin du XVIIIe siècle et Claude-Louis Desrais (1746-1816) est un peintre à l’origine de nombreuses gravures de mode comme : Mode du jour, Le Serail en Boutique, Promenade du Boulevard des Italiens… de même que de diverses estampes répertoriant les modes de l’époque comme celles de la revue : Cahiers de Costume Français. Esnaults et Rapilly sont des vendeurs/éditeurs de la fin du XVIIIe siècle qui ont publié de nombreuses gravures récapitulant les modes de leur siècle, dont plusieurs sont d’après Desrais et gravées par Dupin. On peut en voir quelques-unes sur le site de la Réunion des Musées Nationaux (http://www.photo.rmn.fr) en faisant une recherche par Desrais Claude-Louis (1746-1816). Sur ce même site il y a une gravure semblable à la notre (cliquez ici) mais coloriée. La seconde gravure présentée ci-dessous est aussi d’époque et coloriée. On peut du reste observer le raffinement des tons chatoyants ou pastel.

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Gravure de la seconde moitié du XVIIIe siècle, avec 4 vignettes représentant des dames en buste coiffées de chapeaux : Chapeau à la Bostonienne, Chapeau à la Voltaire, Nouveau Casque à la Minerve ou la Pucelle d'Orléans, et Chapeau à la Colonnie (orthographe de l’époque). La gravure avec ses marges fait 23,5 x 35 cm et sans 21,1 x 27,4 cm. 

Les almanachs et les gravures ne sont pas les seuls à permettre aux modes parisiennes de se répandre dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. On publie aussi des périodiques comme nous le verrons dans un autre article. Et puis il y a les poupées de mode qu’on habille au goût du jour et qui portent la mode loin.

Retrouvez la collection LM des Modes en France du XVIIe siècle au début du XIXe en vente sur : http://richard.lemenn.free.fr/rubriques/modes.html

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Une table de toilette du XVIIIe siècle

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Dans l'article : La Toilette d'apparat des XVIIe et XVIIIe siècles, du mercredi 23 mai 2007, nous expliquons l'origine du mot « toilette » et son utilisation. Nous exposons ici une table de toilette d’époque Louis XV en acajou et placage d’acajou de Cuba de forme mouvementée proposée à la vente sur le site de la Galerie Delvaille (15, rue de Beaune à Paris).

Cette table de toilette s’ouvre en façade par quatre tiroirs dont trois simulés et une tablette centrale. La partie supérieure présente un miroir rabattable et deux vantaux latéraux dissimulant des rangements dans lesquels on disposait les objets de toilette (boîtes, pots, flacons …). L’ensemble repose sur quatre pieds galbés à cinq pans coupés. L’Ornementation de bronzes ciselés et dorés est discrète tel que sur les entrées de serrure et les sabots. L’acajou a été importé en France dès le milieu du XVIIIème siècle par les ports d’importation de Nantes, la Rochelle et Bordeaux. Les plus beaux acajous venaient de l’île de Cuba, et avaient dès cette époque une valeur marchande considérable. Depuis plus d’un siècle, l’exportation d’acajou de cuba est interdite. Dimensions : 75cm x 90cm x 50cm.

 

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Les almanachs de mode du XVIIIe siècle.

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Nous allons reprendre dans plusieurs articles les différentes manières de répandre les modes nouvelles au XVIIIe siècle. Une d’entre elles est la publication d'almanachs qui prennent la forme sous Louis XV de petits livres dont les formats varient de l'in-18 à l'in-64. Ceux-ci sont des calendriers auxquels sont ajoutés de multiples informations dont certaines concernant la Mode. Les nombreuses variétés de coiffures fournissent les sujets les plus récurrents des gravures de ces ouvrages. C’est le cas dans cette composition de l’éditeur parisien Desnos qui publie dès 1777 divers almanachs contenant des gravures de Mode et des textes sur cesouveniralahollandaisedetail.jpg thème comme :  Almanach de la toilette et la coëffure des dames françaises et romaines présentant des coiffures en médaillons coloriées dans un in-24, dès 1781 le Bijou des Dames (in-18) et le Recueil général des costumes et des modes (in-18), en 1782 Les jolies Françaises, leurs coiffures et habillements (in-24). Tout cela est suivi en 1783 par l’almanach que nous présentons ici et qui, comme il est écrit dans le titre, vient compléter les deux premiers. Il s’agit d’un in-18 (7 x 11 cm) : Souvenir à la Hollandoise, enrichi de nouvelles coëffures les plus galantes, où se trouve celle de l’Insurgente, faisant suite à Almanach de Toilette, et au Bijou dédié aux Dames de bon gout, qui se vend séparément avec tablettes économiques, perte et gain, Paris, Desnos, 1783. Ce titre est complété par : Les Fleurs de toutes saisons, Etrennes à la Mode, Petit nécessaire indispensable aux Dames qui ont le bon goût de la Toilette, Souvenir à l’Anglaise & Hollandaise. Avec Figures, Chansons, Perte & Gain. Chaque coiffure est présentée par son nom, suivi d’une chanson, puis sur une autre page d’un commentaire sur son appellation et d’une gravure très fine coloriée la présentant sur une femme de buste, dans un médaillon au dessous duquel est indiqué le nom : Bonnet à la candeur, Bonnet dans le Costume Asiatique dit au mystère, Baigneuse d’un nouveau goût, Le Parterre galant, Toque lisse avec trois boucles détachées, Coeffure en crochets avec une échelle de boucles, Bonnet au Levant, Pouf d’un nouveau goût, Coeffure en rouleaux avec une boucle, Toque à l’Espagnolette, Chapeau d’un nouveau goût, Chapeau tigré… Cela est suivi de pages servant « pour écrire à chaque jour de la Semaine, ses Pensées, rendez-vous, Souvenirs, Etc. » et d’autres « pour écrire dans les intervalles de chaque jour du mois la Recette & Dépense de la Maison, la Perte & Gain, & à la fin se trouve une Table de Récapitulation pour chaque mois, & autres feuillets blancs pour écrire ses affaires particulières, & ce que l’on désirera, avec le Stylet adapté au Livret, qui en fait la fermeture. » Les dernières pages contiennent le calendrier de l’année 1783. La reliure possède un emplacement en trois parties pour un stylet permettant de fermer le livre. Elle est d’époque, en maroquin rouge, avec triple filet, dos orné, pièce de titre de maroquin vert et tranches dorées. Après cet Almanach, l’éditeur Desnos continue à en publier de nouveaux. Le genre dédié à la mode disparaît peu à peu à la Révolution.

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La mesure de la France

La France a une figure d'hexagone régulier particulièrement harmonieuse. Cette forme, telle qu’on la connaît aujourd'hui, est déjà plus ou moins établie au XVIIIe siècle. Pour une grande partie, ses frontières (mers, montagnes …) sont naturelles. Paris, sa capitale, est située en plein milieu de son horizontale et au quart nord de sa verticale. L’équilibre est parfait ! Voilà une mesure d’excellence !

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La carte dépliante présentée ici est celle d’un almanach de 1756 de très petites dimensions : mesurant 6 x 9,5 cm, au joli titre d’Étrennes Mignonnes … Dans le prochain article un autre almanach sera exposé mais de mode !

 

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Café des Incroyables. Ma parole d'honneur ils le plaisante. 1797.

Gravure présentant un café où se réunissent des Incroyables en 1797. Le titre reprend une de leurs expressions récurrentes : « Ma parole d’honneur » (prononcer « ma paole d’honneu ») ; et la suite est volontairement humoristique puisque le « ils le plaisante » est dans une orthographe sens dessus dessous faisant justement référence à leur façon de prononcer. Tous les Incroyables sont ici affublés d’une perruque blonde (ou d’une coupe ?) 'en oreilles de chien', c'est-à-dire, comme on le voit, les cheveux coupés sur le dessus, tombant sur les côtés, longs au dos et tressés pour être remontés derrière la tête. Certains portent des chapeaux qui sont de deux styles différents. Ils ont deux boucles d’oreilles rondes et assez grandes, une cravate qui couvre le menton, une culotte, des bas avec des motifs, des souliers pointus… Ils tiennent des cannes ; ont des lunettes, des faces-à-main ou une lorgnette. Un garçon sert du café. Le décor est de style néo-classique et le dessinateur/graveur (qui a signé RLL) s’est représenté lui-même sur la droite dans l’ombre, avec son stylet.

Cette gravure fait 37 x 27 cm. Elle est d’époque (1797). Elle a été peinte. C’est un témoignage remarquable. Il ne s’agit pas là d’une caricature d’Incroyables comme on a l’habitude d’en voir à cette époque ; mais la scène choisie montre ceux-ci s'amusant à se reluquer les uns les autres ou lorgner d’autres personnes extérieures à leur cercle. Leurs manières semblent élégantes et amusées, et leur façon de regarder d’une manière ostentatoire les autres est très française, en opposition aux Anglais qui ne se permettraient pas cela. Ici, ceci est particulièrement accentué, presque caricaturé, par les postures et tous les objets qui leur servent à observer et avec lesquels ils jouent (voir aussi l’article du mardi 11 septembre 2007 intitulé : « Les Merveilleuses, Incroyables, Muscadins … leurs cannes et leurs bâtons. » où est expliqué une des origines de ces « lunettes »). Il s’agit d’un document d’exception et rare sur les Incroyables, même si les Merveilleuses manquent au tableau.

 

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La Dentelle et l'habit masculin

Dans le règne animal, le mâle est généralement plus élégant que la femelle. C'est le cas du lion, du paon, des papillons … et les oiseaux de paradis (paradisiers) que l’on retrouve abondamment dans l’iconographie du XVIIIe siècle et en particulier dans la céramique sont sans doute les exemples les plus probants. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, si les habits des femmes et des hommes sont distincts, ils peuvent être aussi sophistiqués dans les deux cas. L’homme se pare de rubans, et des dentelles occupent élégamment diverses parties de son habillement : cols, collerettes, jabots, chemises, poignets, canons (ornements placés à hauteur du genou entre les hauts-de-chausses et les bas) …

De magnifiques exemples de dentelles sont exposés et à vendre sur le site en anglais de Maria Niforos : www.marianiforos.com

sir--ne300.jpgTrès belle Sirène faite en dentelle que l’on retrouve sur le site de Maria Niforos.
Dans la mythologie gréco-romaine, la Sirène est un être fantastique avec un corps d’oiseau et une tête de femme. Sous la chrétienté, les Anges ressemblent parfois à des Sirènes, et comme elles, ils sont associés à diverses strates du Ciel. Si les Sirènes les plus connues sont celles de l’Odyssée habitant les environs de l’actuelle Naples en Italie, la plus belle description est sans doute celle de Platon dans le Timée où celui-ci expose l’Harmonie de l’Univers en expliquant que celui-ci est constitué de sphères célestes toutes accomplissant des révolutions. Sur le haut de chaque cercle se tient une Sirène qui évolue avec lui en faisant entendre un seul son, une seule note, les huit notes formant ensemble une Harmonie. Dans la Mythologie elles sont progressivement remplacées par les Muses qui les provoquent dans un concours musical qu’elles gagnent. C’est alors ces dernières qui représentent l’Harmonie, qui inspirent les rythmes des hommes et prennent une fonction sociale s’opposant aux « débordements » que les Sirènes peuvent symboliser en provoquant le naufrage des âmes ou des bateaux (Homère, Odyssée, chant XII). Certains donnent les Sirènes comme étant au nombre de deux ou de trois, filles du dieu-fleuve Achéloos et de la Muse Terpsichore ou bien de la Muse Melpomène et du Dieu marin Phorcy. On les dit aussi demeurer à l’ouest de l’île d’Empédocle (la Sicile).

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Sur les Gens à la Mode

La Mode et son jeu entre l'individu et la société était mis en scène durant la seconde toilette du XVIIIe siècle face à un miroir qui ne reflétait qu’une seule chose : soi-même. Ce moment était celui de l’expérimentation (de nouvelles toilettes, coiffures, amours, amitiés, poèmes …), de l’échafaudage de la journée, des messages secrets pas seulement dissimulés dans des billets-doux mais aussi dans le choix de fleurs, de parures, de couleurs, de nombres, dans l’emplacement de ses mouches… C’était l’instant où l’on donnait des rendez-vous en catimini… ; la période intermédiaire située entre soi et le monde. Ces minutes (voir ces heures) étaient peut-être les plus libres de la journée ; aussi celles où l’on mettait en scène cette liberté en se montrant sous son meilleur jour, le plus sociable et parfait. De nombreux textes du XVIIIe siècle relatent que ce qui caractérisait le mieux le Français de cette époque c’était sa sociabilité, sa disposition naturelle à être agréable, courtois et charmant. Il ne s’agissait pas en cela de suivre aveuglément des conventions, mais d’exercer son style et son plaisir. Le bon ton n’était pas une affectation, une obligation, mais l’expression de cette harmonie, de ce « je ne sais quoi » qui comme le suggère l’expression est indéfinissable et ne peut donc être emprisonné dans des conventions, des contraintes que le Français exécrait. Ce goût pour cette liberté s’est exercé dans tout le XVIIIe siècle, du début jusqu’à la fin avec la Révolution. Il s’est manifesté en particulier dans le Beau, et cela dans les Beaux-arts, la Littérature, la Philosophie, la Mode…

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« Sur les gens à la mode. De tous les peuples, le Français est celui dont le caractère a dans tous les temps éprouvé le moins d’altération […] Cette nation a toujours été vive, gaie, généreuse, brave, sincère, présomptueuse, inconstante, avantageuse et inconsidérée. Ses vertus partent du cœur, ses vices ne tiennent qu’à l’esprit, et ses bonnes qualités corrigeant ou balançant les mauvaises, toutes concourent peut-être également à rendre le Français de tous les hommes le plus sociable. C’est-là son caractère propre, et c’en est un très-estimable ; mais je crains que depuis quelque tems on n’en ait abusé ; on ne s’est pas contenté d’être sociable, on a voulu être aimable, et je crois qu’on a pris l’abus pour la perfection. Ceci a besoin de preuves, c’est-à-dire d’explication. Les qualités propres à la société, sont la politesse sans fausseté, la franchise sans rudesse, la prévenance sans bassesse, la complaisance sans flatterie, les égards sans contrainte, et surtout le cœur porté à la bienfaisance ; ainsi l’homme sociable est le citoyen par excellence… Le bon ton dans ceux qui ont le plus d'esprit consiste à dire agréablement des riens, à ne se pas permettre le moindre propos sensé, si l' on ne le fait excuser par les grâces du discours, à voiler enfin la raison quand on est obligé de la produire, avec autant de soin que la pudeur en exigeait autrefois, quand il s' agissait d' exprimer quelque idée libre […] Soyons donc ce que nous sommes, n' ajoutons rien à notre caractère ; tâchons seulement d'en retrancher ce qui peut être incommode pour les autres, et dangereux pour nous-mêmes. Ayons le courage de nous soustraire à la servitude de la mode, sans passer les bornes de la raison. » Duclos, Charles (1704-1772), Considérations sur les moeurs de ce siècle, 1751.

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Les Merveilleuses, Incroyables, Muscadins … leurs cannes et leurs bâtons.

badineetbatons200.jpgBadine et bâtons d'Inconcevables
Retrouvez-les sur : http://www.lamesure.fr/rubriques/modeselegants.html

Les cannes sont un accessoire de l’élégance. Elles ont des usages multiples. Elles permettent de se frayer un chemin, de souligner le maintien, de rythmer l’harmonie de la démarche en une danse invisible de l’âme. Eléments de l’élégance féminine et masculine, elles peuvent receler des objets dans le bâton et au niveau du pommeau : un tirebouchon de bottine, des flacons de parfum, une boîte à pilules… Celles appelées aujourd’hui cannes de beauté, ont des compartiments contenant des flacons à parfum, des ustensiles de manucure ou d’autres articles qui en font de véritables nécessaires à toilette, à parfums ... Les Muscadins et les Incroyables disposaient quelquefois sur le pommeau de leurs cannes des lorgnettes ou des lunettes. A la Révolution, les faces-à-main (lunettes que l’on tient à la main) se sont avérés être des accessoires indispensables de la panoplie de ces plaisants ; car ne voulant pas se faire enrôler par les révolutionnaires, ils se faisaient passer pour myopes. Ceux-ci étaient aussi disposés au bout de bâtons qui moins longs que les cannes, ne touchaient pas le sol, mais pouvaient exercer le maintien à la façon des badines qui sont un autre accessoire de l’élégance (elles ont la forme d’un rameau fin et assez long qui se tient sous le bras ou le prolonge pour cingler l’air vicié et les objets autour de soi). Chez les Muscadins et les Incroyables, les deux genres (cannes et bâtons) avaient souvent des formes tourmentées. Leur originalité en faisait aussi leur caractéristique.

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M. G. W. Segas propose dans son site une exposition virtuelle consacrée aux Incroyables et Merveilleuses : Du renouveau de la Canne. Il y est question des cannes d’Incroyables, de Muscadins et même de Merveilleuses, avec la canne : lorgnette, gourdin, torsadée, « fourrée » … Et puis, la galerie M. G. W. Segas, du 34 passage Jouffroy à Paris dans le 9ème arrondissement, présente à la vente et en exposition de magnifiques cannes de collection. Pour la petite histoire, le passage couvert où la galerie est installée a été édifié au XIXe siècle. Le café-concert l’Estaminet Lyrique s’y trouvait ainsi que des cafés et boutiques de qualité : coiffeurs, lingerie, magasin de gants, modistes, tailleurs … En 1852 l’Hôtel des ventes de Drouot s’installa tout près. Aujourd’hui, le quartier est dédié aux marchands d’art, aux boutiques (toujours de qualité) et aux sorties (boîtes de nuit, cafés, restaurants, théâtres …).

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Edits de Louis XIII imposant aux français une mode plus sobre.

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Dans le livre Modèles de conversations pour les personnes polies de l'Abbé de Bellegarde (1648-1734), un des protagonistes du dialogue fait remarquer que : « Quoique les Français aiment je ne sais quoi d'aisé & de galant dans leurs habits, ils aiment encore mieux ce qui est commode. Ils se sont défaits de tout cet embarras de rubans, dont leurs habits étaient couverts depuis le haut jusqu’en bas, & qui étaient d’un grand ornement pour la jeunesse : ils se sont si bien trouvés des chausses étroites & serrées, qu’ils ont renoncé pour jamais à ces grands Canons, où leurs jambes étaient comme des entraves, & à ces hauts de chausses plus larges que des cotillons. Nous voulons que nos habits se ressentent de l’air aisé, que nous avons dans nos manières. » Cependant les Français n’abandonnèrent pas ces fioritures vestimentaires par simple souci de confort mais par véritable obligation. Louis XIII publia plusieurs édits tentant d’imposer plus de sobriété dans les vêtements ; comme celui de 1633 qui défendait aux sujets "de porter sur leur chemise, coulets, manchettes, coiffe et sur autre linge aucune découpure et broderie de fil d'or et d'argent, passements, dentelles, points coupés, manufacturés, tant de dedans que dehors le royaume". Sans doute ces prescriptions n'étaient-elles guère respectées puisqu'il fallait les répéter régulièrement. Abraham Bosse (Tours 1604 – Paris 1676) a illustré ce thème par une suite de trois estampes, dont deux d’entre elles (celles exposées ici) présentent une femme et un homme à leur toilette. On peut voir la troisième sur http://expositions.bnf.fr/bosse/grand/087.htm.
Dans la première la Dame dit : « Quoique j’ai assez de beauté pour assurer sans vanité qu’il n’est point de femme plus belle ; il semble pourtant à mes yeux qu’avec l’or et la dentelle je m’ajuste encore bien mieux. J’aime à porter tous les jours, ou le satin, ou le velours ; et ne connais point l’estime ; car je sais véritablement que l’on a toujours meilleure mine, quand on s’habille richement. Il me faut tourner néanmoins mon esprit à de nouveaux soins, en quittant la galanterie ; et désormais ne porter ni ‘poinct’ coupé ni broderie, ni tels ouvrages superflus. » Il est intéressant de voir l’agencement de la table de toilette ; avec la toilette elle-même en dentelle sur laquelle sont posés un miroir et un sachet de senteur (voir article du 16 mai 2007 : Les Objets de parfums que l'on porte sur soi au XVIIIe siècle) sur lequel la Dame pose sa main gauche.
Quant au courtisan qui abandonne ses anciens vêtements, il constate en se regardant dans la glace : « Que ce m’est une chose étrange de remarquer combien me change cet habillement réformé ! Que j’ai de mal à m’en défendre, et qu’il me fâche de le prendre pour ne l’avoir accoutumé ! Je violente ma nature, me voyant en cette posture, et demeure tout interdit. Mais à quoi me sert cette plainte, si par raison ou par contrainte il faut obéir à l’édit ! Il est juste qu’on s’accommode au temps, au pays, à la mode, suivant le saint décret des lois, sans chercher de preuve plus ample que celle qui luit dans l’exemple de Louis le plus grand des Rois. »
En résumé, disons que le ‘Français’ des XVII-XVIIIe siècles aime ce qui lui procure de l’agrément, que ce soit dans la simplicité, ou le raffinement qu’il apprécie tout particulièrement. Toutes les fioritures de ses costumes recouvrent toujours un linge propre et blanc, très confortable, changé parfois plusieurs fois par jour, au-dessus duquel il exerce son goût en s’ajustant selon la félicité du moment. Il faut que dans toutes choses il y trouve sa joie. Il exècre la contrainte. Et la mode n’est pour lui qu’un moyen d’exercer son plaisir.

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LM

Pour fêter cette rentrée, La Mesure de l’Excellence (LM en abrégé) va faire dans cet article un effort pour se dévoiler.
Tout d’abord, pourquoi ce nom ? La mesure est nécessaire à toutes constructions. Chacune dépend des autres dans une harmonie qui requiert une science sans faille. Cela demande une grande finesse qui va bien au-delà de la simple compréhension du nombre. Il s’agit d’ouvrir les yeux sur les interrelations et leurs concordances : d’être subtil. L’excellence en est le but. Elle n’a rien d’inatteignable, car elle passe par la connaissance de la mesure de soi-même. Nous avons plus que jamais besoin de cette intelligence, de cette conscience des interconnections qui nous font aimer et être heureux.
Pourquoi choisir de présenter et de vendre des objets d’art anciens ? Nous entendons de plus en plus parler de dématérialisation. Internet et l’informatique en sont à l’origine. L’art fut le premier à ressentir et dévoiler cet état de fait dès l’apparition de la photographie. Aujourd’hui, il n’est pas incertain que l’art contemporain se tourne vers plus de concret. Et si nous avons accès à de plus en plus d’informations sur l’art ancien, nous ressentirons aussi le besoin grandissant de le toucher concrètement et de l’imiter, de vivre au milieu, dans un mouvement d’introspection et de concrétisation ; de faire mieux, de le dépasser pour créer le monde de demain. En découvrant ce qu’il y a de meilleur dans notre patrimoine, on apprend le discernement, prend conscience, ouvre les yeux et avance vers le futur, son imagination et sa création. C’est ce que nous cherchons à faire en présentant des œuvres d’art exceptionnelles dont toutes celles photographiées sont à vendre, et en essayant de faire découvrir des artisans d’excellence. Quant aux choix des thèmes, ils ne sont pas anodins. Mais c’est à chacun de découvrir pourquoi à travers les articles que nous publions dans ce blog. En résumé, si nous avons choisi de vous présenter de l’ancien c’est pour en revenir aujourd’hui à de l’art concret, intelligent et spirituel : une beauté, une sagesse et une finesse. A travers ces objets, nous proposons des voyages dans d’autres temps, mœurs, pensées et réalisations, des aventures vers ce que nous avons de meilleur en nous individuellement et collectivement. Et cette destination là s’ouvre à l’infini. Comme l’a écrit Van-Gogh dans une lettre qu’il adresse à son frère Théo et dont est retranscrit ici de mémoire le passage : « Personne ne conteste que la terre soit ronde. Mais, on est encore à croire que la vie est plate et va de la naissance à la mort. Seulement la vie, elle aussi est probablement ronde, et bien supérieure en étendue et capacités à ce qui nous est à présent connu. ».
Pourquoi en particulier la France du XVIIIe siècle ? Si pour le moment nous présentons surtout des objets du XVIIIe siècle, c’est parce que la France, à cette époque, a atteint dans sa production des Beaux-arts un achèvement que nous apprécions tout particulièrement et qui rayonna et continue de le faire dans le monde entier. De plus les objets sont nombreux sur le marché, et beaucoup sont encore accessibles à ceux qui ont peu de moyens financiers mais la connaissance nécessaire. C’est en particulier le cas pour les gravures, et surtout les livres dont pour certains la valeur est encore largement sous-évaluée. Quant aux thèmes, ils sont choisis en fonction de nos nouvelles acquisitions ou celles d’antiquaires. Bien que nous choisissions avec soins les œuvres que nous acquérons, nous sommes tributaires d’une multitude de contraintes : marché, financement, disponibilités, modes … mais aussi d’agréables, voir magnifiques découvertes. C’est un dialogue permanent entre nous et ce qui nous entoure.
Pour cette rentrée, nous avons fait appel à de nouveaux antiquaires qui présenteront leurs objets et le savoir qu’ils en ont ainsi que de nouveaux articles de LM. Nous comptons sur vous pour apporter vos commentaires, vos idées et vos connaissances en général. Les coopérations non-marchandes sont aussi les bienvenues : échanges de liens, de compétences, de biens, de travaux (par exemple ceux d’étudiants) …

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Ermitage

hermitage1.jpgVeüe d’un hermitage pres de l’ancien Port Royal.
(titre de l'estampe avec l'orthographe d'époque) 
Gravure du XVIIIe siècle
d’après François Boucher.

La Mesure a quitté son ermitage et 2 mois de bonheur champêtre près d’une eau pure et cristalline et d’un autel dédié à Amour, pour vous présenter de nouveaux articles et des objets d’art d'exception d'antiquaires.

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Les Contes et les Fables aux XVIIIe siècle et début XIXe.

Le livre de contes ou de fables, lorsqu’il est ancien, est un véritable trésor qui  porte le lecteur dans des mondes où le réel côtoie le songe, dans des univers faisant partie intégrante de notre patrimoine et de notre imaginaire. Les deux réalités que sont l’objet qui est un lien direct avec le passé et les mots qui raisonnent en nous, ouvrent des portes insoupçonnées de notre conscience. 

Cliquez sur la photographie pour voir des exemples de livres de contes et de fables ainsi que des gravures tous d’époque.
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Au XVIIIe siècle et au début du XIXe, les termes de ‘contes’ et ‘fables’ désignent différents genres de narrations. Les fables définissent soit des récits mythologiques, soit des petites histoires moralisatrices mettant souvent en scène des animaux. Parmi ces dernières on distingue : les fables orientales, les fables imitées ou s’inspirant d’Esope et les Isopets du Moyen-âge. Le terme de ‘contes’ regroupe toutes sortes de petites histoires : les contes moraux qui sont de courtes nouvelles moralisatrices ; les contes à rire qui relatent des histoires amusantes ; les contes érotiques ; les contes de la vie courante plus ou moins moralisateurs ; et les contes de fées. Ces derniers deviennent un genre littéraire seulement au XVIIe siècle.

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La Gravure : Un moyen de propager les Beaux-arts au XVIIIe siècle.

Avant l’avènement de la photographie, pour qu’une référence des beaux-arts soit divulguée le plus largement possible, il fallait la copier. Durant l’Antiquité, les œuvres de grands et petits maîtres (peintres, sculpteurs ou autres) sont reproduites à l’identique et cela à travers les siècles de façon très scrupuleuse. Avec l’avènement de l’imprimerie, la gravure devient un moyen de répandre les peintures et dessins de référence. Dans le site de La Mesure de l'Excellence sont présentées des estampes de François Boucher sculptées par divers graveurs. A travers la finesse des traits on discerne les différences entre les sculpteurs. Toutes proviennent de diverses éditions du XVIIIe siècle des œuvres de Molière.

Cliquez sur la photographie pour voir ces gravures
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L’Eventail et l’Amour au XVIIIe siècle

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Les fleurs de l'Amour, France, Circa 1780.
Éventail en soie peinte à la gouache d'un cartel central représentant un couple "uni" et heureux. Les plis latéraux sont agrémentés d'espaces libres traités en catgut. Monture en ivoire, sculptée et repercée, panaches à cliquant de nacre et de feuilles métalliques de couleur.

L’éventail a de nombreuses fonctions. Il distrait, permet de se rafraîchir, de communiquer, de dissimuler (un sourire, une impatience …) ... Le vent que par son intermédiaire on crée est souvent celui de l’Amour. Les effluves qu’il transmet sont celles du plaisir et de la joie. Des exemples d’une grande beauté nous ont été transmis, comme ceux présentés ici, proposés par :

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La saison des amours, France, Circa 1780.
Eventail plié. Feuille de parchemin peinte à la gouache d'une scène de liesse dans le parc d'un château. De nombreux couples s'affairent, les bouquets fleurissent... Revers peint à la gouache sur papier d'une invitation galante. Très fine monture en écaille, repercée, sculptée et appliquée de feuille d'or. Au centre un cartel présente un couple se faisant face avec au centre un grand bouquet de fleurs.

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Le Jeu des apparences et du style au XVIIIeme siècle

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Eventail du XVIIIe siècle en ivoire et papier représentant une dame à côté de sa table de toilette.

L’éventail est un objet d’élégance et d’expression. Sa manipulation est un langage. La façon de le tenir suit un phrasé dont les codes ne sont pas figés mais s’adaptent aux situations. Ce vocabulaire est subtil et surtout plaisant. Il n’est pas le seul. Chaque parure, chaque mouvement, chaque trait de la parole, deviennent des messages : quelques regards équivoques, des gestes lascifs, un mouchoir qui tombe ... D’une manière générale le style est un verbe lié au plaisir, souvent une approche amoureuse, toujours une manifestation délicate. Amour en est régulièrement le maître d’œuvre.

favretable300.jpgAmour verse des flèches sur une table de toilette.
Gravure provenant de Les Quatre heures de la toilette des dames, Poëme érotique en quatre chants. Dédié à son altesse sérénissime Mme la Princesse de Lamballe, de M. de Favre, Paris-Genève, Jean-Emmanuel Didier, 1780.

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La Toilette d'apparat des XVIIe et XVIIIe siècles

C’est devant le miroir de la toilette qu’une grande partie du spectacle des mœurs des XVIIe et XVIIIe siècles se joue. Il est le plus souvent au pied du lit, dans l’endroit ‘magique’ de ce que l’on appelle « la ruelle », là où depuis longtemps déjà les dames de qualité invitent les gens d’esprit, où les salons se forment et l’art courtois s’exhale. C’est dans ce lieu de plaisir, de raffinement et de passage entre le monde du rêve et le mondain, dans cet état intermédiaire de tous les possibles, que la toilette se crée. On y découvre et invente les nouvelles modes, met en scène la journée, badine, se détend, s’accommode … Là les mystères se déploient sans pudeur mais avec tact.

quenditlabbe.jpg L'estampe ci-dessus présente les occupations d'une femme durant la toilette d'apparat. Cette estampe est du XVIIIe siècle gravée par Nicolas Delaunay (1739-1792) d’après Nicolas Lavreince (1737-1807). La dame demande à son abbé ce qu’il pense du tissu que lui présente une vendeuse de mode, tout en se faisant coiffer, accueillant des visiteurs (l’un attend avec une servante, et la maitresse tient dans sa main une lettre qui montre que c’est aussi un moment où l’on travaille) et partageant amours (l’homme qui la tient par le bras est sans doute son mari) et plaisirs (un musicien accorde sa guitare) … 

Le mot de « toilette » vient d’une petite toile, très fine, qui au Moyen-âge est employée pour envelopper les vêtements et les protéger des insectes et de la poussière. On y range aussi des objets divers, en particulier ceux dont la femme a besoin pour embellir son visage et ajuster sa coiffure. Les toilettes sont placées chaque soir dans des cassettes de nuit, puis déployées le matin. Cette étoffe luxueuse est déjà appelée ainsi au XVIe siècle. Au XVIIe, le sens du mot s’élargit pour définir l’ensemble des objets de la garniture. Cependant, on désigne toujours le même tissu par le nom de « toilette ». Ce serait au XVIIIe siècle que le terme désigne en plus le meuble sur lequel on place ce qui est nécessaire à se parer. On l’appelle aujourd’hui ‘table de toilette’ ou ‘coiffeuse’. Elle est généralement rectangulaire, sur quatre pieds, avec deux ou trois tiroirs de face et parfois une tirette formant écritoire. Le dessus s’ouvre en trois volets, celui du milieu portant un miroir et les deux autres découvrant deux caves latérales dans lesquelles on dépose des pots, flacons, boites…
Au XVIIIe siècle, les dames de qualité font deux toilettes : de propreté et d’apparat. L’une est intime. L’autre est mondaine car on y reçoit. La toilette d’apparat est un instant où on échange des billets doux, où on reçoit ses amants C’est aussi le moment de rendez-vous officiels. On y accueille des marchands de rubans ou autres fournisseurs... On se fait coiffer. De nombreux peintres ont immortalisé le moment de la toilette d’apparat dans des peintures, dessins ou gravures, repris dans de fragiles statuettes en porcelaines dont la manufacture de Sèvres nous donne plusieurs exemples d’une grande finesse.

Au XVIIe siècle, plusieurs séries de gravures mettent en scène les cinq sens ; et souvent celle qui symbolise ‘ La Vue’ montre une femme à sa toilette devant son miroir. C’est le cas sur cette estampe qui dépeint le moment de la toilette d’apparat.
IMGP1009.JPG Les Modes en France.
Cliquez ici pour accéder à la collection :
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Les Objets de parfums que l'on porte sur soi au XVIII e siècle

Au XVIIIe siècle, on se parfume de plusieurs façons : en se lavant avec des vinaigres odoriférants ou autres lotions, en parfumant les gants... L’une d’entre elles est de porter sur soi de petits objets spécifiques et raffinés contenant des substances odorantes : des boîtes, des étuis, des bijoux, des flacons, des sachets de senteurs ...

Necessaire-de-poche.jpgCliquez sur la photographie pour plus de détails
Nécessaire de poche Rare étui gainé de maroquin vert longs grains. Il contient un nécessaire à parfum (2 flacons et un entonnoir en verre et argent) et un nécessaire à écrire composé d'une tablette d'ivoire à 4 feuillets et d'un petit porte-crayon et son étui en ivoire et ivoire teinté vert, finitions argent. France, Circa 1780.
Cet étui-nécessaire est vendu dans la boutique et sur le site de :
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LES NECESSAIRES. Les nécessaires de poche (ou étuis-nécessaires) recèlent de petits articles : boîte à mouches, brosse à dent, couteau pliant, crayon, cuillère, cure-oreille, entonnoir (servant à mélanger les parfums se trouvant dans les flacons), flacons, gratte-langue, passe-lacet, peigne, pince à épiler, porte-crayon, racloir pour les dents, tablettes pour écrire des messages, inscrire son emploi-du-temps ou s’en servir comme carnet-de-bal. L’intérieur est doublé de velours ou de soie.
LES FLACONS.Au XVIIIème siècle on utilise des flacons à parfum qui gardent des essences et des eaux de senteurs, de même que des huiles et des vinaigres parfumés avec des fleurs ou autres. Les eaux spiritueuses sont de l’esprit-de-vin (de l’alcool, terme qui n’apparaît dans les manuels de parfumerie semble-t-il qu’au XIXème siècle) chargé par la distillation du principe de l’odeur des substances. Parmi les eaux spiritueuses il y en a de simples. On les qualifie d’« esprits ». D’autres sont composées, car plusieurs matières aromatiques entrent dans leur combinaison. On les nomme eaux spiritueuses ou cosmétiques. Certaines prennent le nom de « bouquets ». A cela s’ajoutent les extraits et les esprits « persants » particulièrement chers étant donné leur fabrication (les doses sont augmentées et les distillations nombreuses). Les flacons à parfum sont munis d’un bouchon et d’une chaînette. Certains sont des flacons-pendentifs dans lesquels on dépose des senteurs liquides, et qui, hermétiquement fermés, se suspendent autour du cou, attachés à un ruban de velours ou une chaîne, portés à la taille au dessus d’une jupe élargie par un vertugadin (sorte de cerceau faisant bouffer la jupe autour de la taille). Les parfums liquides sont conservés dans des flacons en cristal de roche, eux même mis dans des caves à parfum ou cabinets à parfum ou cassettes ou nécessaires à parfum qui sont des petits coffrets dans lesquels sont disposés des flacons, un entonnoir et un gobelet (une timbale) pour les mélanges, de même que parfois une coupelle et un rince-oeil. Les flaconniers comportent flacons et entonnoirs. Quant aux nécessaires de toilette, ce sont de petits coffres assez grands pour contenir divers objets de toilette.
LES CANNES DE BEAUTE. Les cannes, éléments de l’élégance féminine et masculine, peuvent receler des objets de toilette, souvent au niveau du pommeau : comme un tirebouchon de bottine caché, des flacons à parfum, des articles de manucure, une boîte à pilules ... On les appelle aujourd’hui des cannes de beauté.
Diverses boîtes à odeurs se portent sur soi. Les boîtes à pilules peuvent renfermer des pastilles de bouche comme le cachou. Les boîtes à mouches gardent les mouches et le pinceau pour les appliquer sur le visage. 
LES BOITES. Les boîtes à parfum contiennent un morceau de coton ou d’éponge imbibé de vinaigre aromatique ou d’eau parfumée et placé sous une petite grille métallique articulée. Elles ont pour autres noms : boîtes à senteur et vinaigrettes. Elles ont un grand succès aux XVIIème et XVIIIème siècles, et un peu moins au XIXème.
LES POMANDERS. Les pomanders sont les ancêtres des boîtes de senteur. On les appelle aussi pommes de senteur, pommanders, pomandres, pommes d'ambre, pommes à musc... On en utilise au Moyen-âge et encore au XIXème siècle. Le terme vient de « pomme d'ambre ». Ils peuvent avoir plusieurs formes, mais contiennent toujours des parfums secs ou des pâtes qui se composent de produits aromatiques mêlés. Les grands pomanders sont suspendus à la ceinture ou au cou. Les petits, de la taille d'un dé à coudre, se portent de différentes façons. Ceux reliés à une bague par une chaîne se nichent dans le creux de la main. Certains sont fixés en breloques à un bracelet, à un collier, sur un carcan, ou servent de boutons de cape.
LES CHATELAINES. La châtelaine est un bijou en forme de clip ou de crochet ouvragé se fixant généralement à la robe, au niveau de la taille, et qui est prolongé par de petites chaînes auxquelles on suspend toutes sortes d'objets (vinaigrettes, étuis, montres ...) comme des glands de différentes matières dans lesquels on dispose des préparations odoriférantes semble-t-il à l’aide de coton...
LES SACHETS DE SENTEURS. On fabrique aussi des coussinets odorants en soie que l’on porte sur soi. Ils sont généralement remplis de coton parfumé. Ils ont pour noms : sachets de senteurs, poches de senteur, des déshabillés de senteur, sachets d’Angleterre ... 

'Sur un Sachet de Senteur', chapitre d’un livre du XVIIe siècle de Torche, Antoine (1631-1675), Cassette des bijoux, Paris, Gabriel Quinet, 1668. 8 x 13 cm. Ce livre en édition originale (première édition), a été relié au XVIIIe siècle à un autre : Les Galanteries Angloises ... Deux chapitres sont intitulés 'Sur un Sachet de Senteur' et d'autres sont particulièrement intéressants comme : 'Sur de l’Eau de Fleur d’Orange' ; 'Les Coins, Ou la Défense des Cheveux Postiches, contre les entreprises de Lysandre' …

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Cliquez sur la photographie pour accéder à la collection :
Les Modes en France du XVIIe au début du XIXe siècles.
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Merveilleuses & merveilleux