Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (8) : Protéger notre patrimoine c'est le faire de notre avenir.

À notre époque la question la plus importante à résoudre au niveau mondial est sans doute celle du nucléaire. À comparer, celle concernant la sauvegarde des patrimoines de la planète semble dérisoire. Cependant elle reste importante car un des piliers de la reconstruction de notre société et de l'avenir des êtres humains.

Le patrimoine peut être comparé à la figure de Saint-Christophe, un molosse portant l'enfant Jésus, symbole utilisé déjà bien avant l'avènement du Christ pour représenter l'ancien monde portant le nouveau et lui permettant de voir plus loin. Faire des atteintes à notre patrimoine c'est endommager ce qui nous soutient et nous permet de voir loin. Sans lui nous sommes petits et fragiles. Le conserver est vital.

En ce début de XXIe siècle la France est confrontée à de grands défis. Celui concernant la culture n'est pas le moindre. Les bouleversements sont nombreux, et un des premiers à en subir les outrages c'est notre patrimoine. L'art contemporain devrait nous aider à nous le faire apprécier tout en proposant de nouveaux modèles pour ce siècle. Nous en sommes très loin.

Heureusement un grand nombre de professionnels du patrimoine continuent de le défendre et de l'aimer, car rien ne peut se construire sans fondations afin d'avoir une vision lointaine de notre avenir. Ces dernières années le patrimoine français a subi des outrages qui équivalent à ceux d'une guerre. Cela ne se voit pas car en même temps que l'on détruit on (re)construit. Mais les dommages sont nombreux, et j'en reparlerai dans l'article de lundi prochain.

La culture en général est aujourd'hui plus que jamais à mettre en avant. De nos jours il y a énormément de brassages. Si tous les êtres humains sont égaux, les différences culturelles peuvent former des barrières mais aussi permettre la rencontre et des échanges fructueux voire élévateurs. Chaque culture a sa préciosité. Partager ce que chacune a de meilleur (et non pas de pire ou de médiocre) est la seule manière d'avancer. C'est une des raisons pour laquelle nous devons prendre soin de la culture où nous vivons et de son patrimoine tout en puisant dans le meilleur des autres cultures.

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Teniers indémodable ! l'œuvre gravé de David Teniers.

La nouvelle exposition du Musée départemental de Flandre à Cassel intitulée Teniers indémodable ! l'œuvre gravé de David Teniers a lieu du 24 octobre 2015 au 24 janvier 2016.

Plus de soixante gravures témoignent de la popularité de l'oeuvre de ce peintre anversois qui fut copié par de nombreux graveurs européens des XVIIe et XVIIIe siècles reproduisant plus ou moins fidèlement les originaux peints. Certaines de ces estampes sont mises en relation avec les tableaux.

Originaire d'une famille d'artistes, David Teniers dit le jeune (1610-1690) était le fils de David Teniers (1582-1649)dit le vieux, le neveu de Juliaen Teniers (1572 -1615) et le père de David Teniers III (1638-1685), tous peintres nés à Anvers. Sans doute afin de ne pas perdre son inspiration flamande il épousa en premières noces une fille de Jan Brueghel l'Ancien (1568-1625).

Anvers est depuis le XVIe siècle un grand centre culturel et artistique. De nombreux artistes et artisans y vivent comme les peintres Rubens, Van Dyck, Jordaens…, aux œuvres très recherchées et largement diffusées grâce aux estampes imprimées.

Une vingtaine de graveurs de différentes nationalités ont ainsi copié l’œuvre de David Teniers II, comme Jacques-Philippe Lebas (1707-1783), un graveur parisien du XVIIIe siècle à l'origine du plus grand nombre de gravures d’après Teniers le jeune.

Le musée de Flandre possède plusieurs tableaux de ce peintre. Parmi le corpus gravé elle a acquis en 2008 un album composé d’après ses oeuvres par Adolphus Frédéric (1774-1850) réunissant cent-cinquante-trois estampes réparties sur cent-neuf planches. « Les gravures ne sont pas toujours des reprises fidèles de l’œuvre peinte ; on note des modifications soit dans la composition soit dans le traitement du motif qui témoignent d’une évolution du goût ou d’une volonté d’apposer une note personnelle. D’autre part l’origine très diverse des graveurs interfère sur le style qui s’éloigne parfois de la facture de Teniers. L’œuvre gravé d’après Teniers ne reprend pas de manière exhaustive la production peinte de l’artiste. Nombreux sont les tableaux qui n’ont pas été gravés ! En outre, plusieurs gravures ne correspondent à aucun tableau connu. »

Cette exposition nous permet donc non seulement de mieux connaître cet artiste mais aussi d'envisager la diffusion des beaux-arts depuis le XVIIe siècle jusqu'au début du XIXe à travers des exemples concrets et des parallèles entre les originaux et leurs répliques gravées.

Photographie du haut : « 4me fête flamande À Madame la Marquise de Pompadour ». D’après David II Teniers (Anvers, 1610 - Bruxelles, 1690). Gravé par Jacques-Philippe Le Bas (Paris, 1707 - 1783). Cassel, musée départemental de Flandre. © Jacques Quecq d'Henripret. »

Photographie ci-dessous : « Le Chimiste ». D’après David II Teniers (Anvers, 1610 - Bruxelles, 1690). Gravé par Jacques-Philippe Le Bas (Paris, 1707 - 1783). Cassel, musée départemental de Flandre. © Jacques Quecq d’Henripret.

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À chacun son jardin : une passion d'artistes.

Article de Sandrine D.

LES ARTISTES CÔTÉ JARDIN

Le beau Musée de l’Oise nous invite à découvrir comment le jardin a été un lieu d’expérimentation pour les premiers photographes, puis comment le végétal photographié a inspiré les artistes des arts décoratifs.

L’exposition « À chacun son jardin : une passion d'artistes », organisée avec le soutien exceptionnel du Musée d’Orsay, rassemble une centaine d’œuvres dont une trentaine de céramiques et plus de 40 photographies, des originaux pour la plupart.

Deux enfants du pays sont mis à l’honneur : Hippolyte Bayard (1801-1887), l’un des pionniers de la photographie, et Auguste Delaherche (1857-1940), remarquable céramiste.

LA PHOTOGRAPHIE, « CRAYON DE LA NATURE »

À l’heure du tout numérique, il est facile d’oublier que la photographie, inventée officiellement en 1839, nécessitait à ses débuts un temps de pose particulièrement long de même qu’une bonne luminosité. Ses pionniers se tournent naturellement vers les jardins, qui se prêtent parfaitement à leurs expérimentations.

Ces lieux n’en sont souvent pas moins mis en scène. Prolongement de la peinture, la photographie lui emprunte ses genres picturaux. L’exposition présente ainsi des « natures mortes » d’Achille Bonnuit et Hippolyte Bayard mêlant arrosoirs, chapeaux et autres accessoires de jardin.

Ces essais sont aussi l’occasion pour les pionniers de réaliser des autoportraits, comme c’est le cas chez Hippolyte Bayard, que le visiteur découvre posant dans son jardin. L’exposition sort de l’ombre cet inventeur malheureux. Comme d’autres, il s’est lancé dans la course pour fixer l'impression lumineuse dans une camera obscura, ou chambre noire, avant Daguerre. À partir de son propre procédé, il produit des « dessins photogéniques », comme on les appelle, d’une qualité exceptionnelle, qui suscitent l’enthousiasme, mais la paternité de la photographie est attribuée entre-temps à Daguerre.

S’il n’y avait pas le cartel, le visiteur serait sans doute bien en peine de dater les somptueux cyanotypes d’Anna Atkins de 1850. En appliquant des végétaux directement sur du papier sensibilisé, cette botaniste britannique, qui utilise la photographie dans un but illustratif, produit des images sur fond bleu d’une grande qualité esthétique et d’une étonnante modernité.

« HEUREUSEMENT, L’AMOUR DE LA FLEUR RÉGNAIT DANS MA FAMILLE. CE FUT UNE PASSION HÉRÉDITAIRE, CE FUT LE SALUT. » ÉMILLE GALLÉ (1900)

À partir des années 1850, les arts décoratifs utilisent la photographie comme support documentaire, ce qui permet aussi de disposer en toute saison de motifs végétaux et floraux. La manufacture des Gobelins met par exemple à disposition de ses dessinateurs des clichés de Charles Aubry. Quant à Émile Gallé, maître verrier, mais aussi botaniste reconnu, il avait installé un atelier photographique sur son site de production de Nancy. L’exposition met en regard les superbes photographies du premier (grappe de raisin, fleurs) avec les célèbres verreries du second, les iris de l’un répondant aux iris de l’autre.

L’une des belles découvertes pour le néophyte est celle d’une partie de l’œuvre d’Auguste Delaherche. Ce céramiste, un temps professeur de dessin appliqué chez Christofle, la célèbre maison d’orfèvrerie, possédait un riche fonds photographique, conservé au Musée d’Orsay, où il puisait son inspiration. Ses clichés de Louis Ollivier, montrés pour la première fois au public, dialoguent avec ses œuvres, notamment d’admirables porcelaines ajourées, que l’on ne se lasse pas de regarder.

En partant, le visiteur pourra découvrir un dernier jardin, celui du musée, fraîchement inauguré. À noter que l’entrée du MUDO est entièrement gratuite.

« À chacun son jardin : une passion d'artistes » – Du 19 septembre 2015 au 4 janvier 2016
MUDO – Musée de l’Oise, Beauvais.
Plus d’infos : mudo.oise.fr

Texte : Sandrine D.

Photographies ci-dessus : À gauche - « Hippolyte Bayard (1801-1887), Bayard assis sur le seuil de sa maison. © Société française de photographie. » À droite - « Auguste Delaherche (1857-1940), Coupe en porcelaine, collection particulière. © MUDO-Musée de l'Oise / Alain Ruin. »

Photographies ci-dessous : À gauche - « Charles AUBRY, Iris, 1864. © RMN - Musée d'Orsay. » À droite - « Emille Gallée (1846-1904), Vase calice à l'Iris violet, vers 1900-1904. © RMN-Grand Palais (MUDO-Musée de l’Oise) / Adrien Didierjean ».

Photographies ci-dessous : Exposition. © Sandrine D.

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Lyon Renaissance : Arts et humanisme.

Du 23 octobre 2015 au 25 janvier 2016 l'exposition Lyon Renaissance : Arts et humanisme rassemble plus de trois-cents œuvres d'art témoignant de la production lyonnaise du XVIe siècle et de sa vie intellectuelle et artistique à l'époque.

La capitale des Gaules était alors un centre intellectuel renommé ouvert aux influences venant du nord et du sud de l'Europe. L'humanisme y trouva un nouvel asile. Comme je l'ai écrit dans cet article, on qualifia même plus tard d'« École lyonnaise » le cercle humaniste formé notamment par Maurice Scève (1501-1564), Louise Charlin Perrin Labé (aussi appelée La Belle Cordière, vers 1525-1566), Claude de Taillemont, Charles Fontaine, Pontus de Tyard et de nombreuses femmes comme Jeanne Gaillarde, Christine de Pisan, Pernette du Guillet, Clémence de Bourges, Claudine et Sibylle Scève, sans compter les visiteurs occasionnels comme Clément Marot, Melin de Saint-Gelais, avec probablement Bonaventure des Périers et Rabelais.

Lyon était aussi la « capitale européenne de l'imprimerie » et la première place bancaire, devant Genève. Cette prospérité s’accéléra avec la venue de banquiers florentins (comme les Gadagni dès le XVe siècle) et de nombreux marchands et artisans d'art. Le commerce et la fabrique de la soie y étaient déjà très importants. Les guerres entre protestants et catholiques ternirent cependant cette fortune.

Lyon possède plusieurs édifices de la Renaissance à l'architecture caractéristique avec des pièces de plus de quatre mètres sous plafond pour y loger les métiers à tisser. Dans le cadre de cette exposition, il est proposé une visite guidée de l’hôtel de Gadagne où se trouve actuellement le musée du même nom. Il s'agit du plus vaste ensemble Renaissance de Lyon. Le bâtiment fut construit au début du XVIe siècle par les frères Pierrevive. Il a subi un remaniement par les frères Gadagne (ou Guadagni), en 1545.

Photographie de gauche : « Jean Naze, Horloge astronomique avec sphère céleste mécanique, vers 1560. Laiton doré. Museumslandschaft Hessen Kassel. © Museumslandschaft Hessen Kassel, Astronomisch-Physikalisches Kabinett. »

Photographie de droite : Vue de l’hôtel de Gadagne. © Musées Gadagne S. Serrad.

Photographie ci-dessous : « Élément d’une tenture de lit, vers 1560 (détail), Soie brodée, New York, The Metropolitan Museum of Art Photo. © The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais / image of the MMA. »

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Louis de Versailles

Depuis le 10 octobre 2015 et jusqu'au 9 janvier 2016, la Bibliothèque municipale de Versailles rend hommage à Louis XIV dans l'exposition intitulée Louis de Versailles.

Celle-ci présente, dans « les cinq salles que compte l’enfilade de la galerie des Affaires étrangères de la bibliothèque centrale », « des manuscrits précieux, livres de fête, peintures et sculptures, affiches, estampes, travaux d’élèves,… » provenant de la Bibliothèque municipale, des Archives communales, de l'École des Beaux Arts de Versailles, du Musée Lambinet et « de prêts exceptionnels de l’Établissement public du Château de Versailles, du Centre de musique baroque de Versailles, de la Bibliothèque municipale de Rouen, de la Bibliothèque Forney (Paris), du Musée de l’Armée (Paris) et de la Ville de Saint-Germain-en-Laye ».

Je n'ai pas encore eu la chance de me rendre à cette exposition qui me semble de qualité.

L'entrée y « est libre et gratuite ! »

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Le nouveau musée de l'Homme (2)

Arrêtons de saccager notre environnement... patrimonial.

Le nouveau musée de l'Homme vient d'ouvrir, le 17 octobre. Comme je le dis dans cet article, on assiste à une nouvelle agression sur un bâtiment classé. Celui-ci date de 1937. Des pans entiers ont été détruits à l'intérieur et tout a été fait pour ne pas conserver ni l'ambiance d'époque du bâtiment ni aucune des présentations rappelant l'histoire de ce musée et du musée d'ethnographie qui le précédait. Quelques éléments de monumentalité ont été gardés comme certains escaliers et bien sûr le volume de l'ensemble avec ses façades. La mise en scène cherche elle aussi à oublier ce passé afin d'être uniquement 'moderne'.

Photographie de gauche : « L'Homme de l'âge de pierre ». Statue en bronze d'Emmanuel Fremiet datant de 1875. À notre époque nucléarisée, bétonnée, formatée, on se demande qui est l'homme préhistorique.

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Le XVIIIe siècle : expositions

Plusieurs expositions ayant pour sujet le XVIIIe siècle (depuis Louis XIV jusqu'à la Révolution) sont visibles à Paris et ses environs en cette fin d'année 2015.

Élisabeth Louise Vigée Le Brun, à Paris, jusqu'au 11 janvier 2016.

La Manufacture des Lumières. La sculpture à Sèvres de Louis XV à la Révolution, à Sèvres, jusqu'au 18 janvier.

Fragonard amoureux, galant et libertin, à Paris, jusqu'au 24 janvier.

Être femme sous Louis XIV, à Marly-le-Roi - Louveciennes (Île-de-France), jusqu'au 14 février.

Je les ai toutes vues et les recommande chaudement.

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (7) : L'architecture confrontée au patrimoine.

Cet article fait suite à celui de la semaine dernière  analysant la première partie (Création artistique, titre I : articles 1 à 17 bis) du Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine tel que voté en première lecture à l'Assemblée nationale. Je vais maintenant m'intéresser à la seconde section de ce texte, celle qui concerne le patrimoine, l'archéologie et l'architecture.

LE TITRE II est sur les « DISPOSITIONS RELATIVES AU PATRIMOINE CULTUREL ET À LA PROMOTION DE L’ARCHITECTURE ».

Son CHAPITRE I est intitulé : « RENFORCER LA PROTECTION ET AMÉLIORER LA DIFFUSION DU PATRIMOINE CULTUREL ». L'ARTICLE 18 A inclut dans le Code du Patrimoine « le patrimoine immatériel » qui s'ajoute donc à « l'ensemble des biens, immobiliers ou mobiliers, relevant de la propriété publique ou privée, qui présentent un intérêt historique, artistique, archéologique, esthétique, scientifique ou technique » (article L1). L'ARTICLE 18 B est sur l'importation et l’exportation d'oeuvres d'art. L'ARTICLE 18 crée le label « Fonds régional d’art contemporain » (FRAC). Nous sommes là dans une politique de l'art contemporain, structurée, élitaire, centralisée au niveau gouvernemental. La commission scientifique nationale des collections n'a plus seulement « pour mission de conseiller les personnes publiques ou les personnes privées gestionnaires de fonds régionaux d'art contemporain », dorénavant le ministre chargé de la culture attribue des labels FRAC. L'ARTICLE 18 BIS A ajoute une mission aux musées de France. L'ARTICLE 18 BIS a une fonction d'actualisation. L'ARTICLE 18 TER indique que « La conservation des archives numériques peut faire l’objet d’une mutualisation entre services publics d’archives ». L'ARTICLE 18 QUATER est sur « Les archives produites ou reçues par les communes de moins de 2 000 habitants. » L'ARTICLE 18 QUINQUIES  protège un peu plus l’intégrité des archives classées. L'ARTICLE 19 permet au ministre de la culture d’interrompre de manière exceptionnelle des travaux de restauration engagés sans autorisation ou en violation des prescriptions de l’instance scientifique et d'engager les mesures nécessaires. Il donne aussi la possibilité à l'État de mettre « en demeure un propriétaire défaillant en cas de péril des collections et faire procéder d’office aux travaux nécessaires ». L'ARTICLE 19 BIS demande un rapport annuel sur les œuvres spoliées et récupérées.

LE CHAPITRE II « RÉFORMER LE RÉGIME JURIDIQUE DES BIENS ARCHÉOLOGIQUES ET DES INSTRUMENTS DE LA POLITIQUE SCIENTIFIQUE ARCHÉOLOGIQUE » commence avec un long ARTICLE 20 (auquel s'ajoute l'ARTICLE 20 BIS) qui modifie profondément le livre V du Code du Patrimoine relatif à l’Archéologie. Je n'ai pas étudié cet article dans ses détails mais espère que les instances archéologiques le feront.

Le CHAPITRE III prétend « VALORISER LES TERRITOIRES PAR LA MODERNISATION DU DROIT DU PATRIMOINE ET LA PROMOTION DE LA QUALITÉ ARCHITECTURALE ». Les articles 21 à 27 changent profondément le livre VI du Code du Patrimoine relatif aux monuments historiques, sites et espaces protégés, et le livre VII relatif à l’outre-mer. L'ARTICLE 21 crée un nouveau label du Ministre de la Culture pour les sites patrimoniaux publics ou privés ouverts au public. L'ARTICLE 21 BIS suggère un tirage exceptionnel du loto réalisé à l’occasion des Journées européennes du patrimoine dont l'argent irait vers le patrimoine. L'ARTICLE 22 change le titre du livre VI du Code du Patrimoine de « Monuments historiques, sites et espaces protégés » en  « Monuments historiques, cités historiques et qualité architecturale ». La notion de 'sites' (historiques) disparaît au profit des 'cités historiques' que ce projet de loi crée. L'ARTICLE 23 donne plus de pouvoir à la Commission nationale des cités et monuments historiques. Sa composition, les conditions de désignation de ses membres et ses modalités de fonctionnement sont précisés par un décret en Conseil d’État. Il est créé des zones dites « tampons » délimitées autour des biens du patrimoine mondial tel que défini par les Nations Unies patrimoine. Ces zones sont  délimitées par « l’autorité administrative ». L'ARTICLE 24 change de nombreuses parties de la section sur les « Monuments historiques » du Code du Patrimoine. La « Commission nationale des monuments historiques » devient la « Commission nationale des cités et monuments historiques » La protection des immeubles aux abords de monuments historiques est totalement changée. Il est crée une section pour les « Domaines nationaux ». Cet article fabrique donc les « Cités historiques » qui remplacent les monuments naturels et les sites dont les règles relatives à leur protection sont fixées au titre IV du livre III du Code de l’Environnement. Ne sont classés ainsi que les villes, villages ou quartiers ayant une valeur historique. La notion de 'sites' patrimoniaux et historiques était beaucoup plus large. De plus la multiplication des désignations, des exceptions..., le manque de simplicité des réglementations... tout cela est préjudiciable à la protection de notre environnement patrimonial. L'ARTICLE 25 modifie le titre IV du livre VI du Code du Patrimoine. De « Espaces protégés », il devient « Dispositions pénales et sanctions administratives ». La notion « d'espaces protégés » disparaît ici. Les « secteurs sauvegardés » sont remplacés par les mots : « cités historiques » ce qui n'est pas du tout la même chose. Disparaissent aussi les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (outils des communes et des établissements publics de coopérations intercommunales) et les aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine. L'ARTICLE 26 invente le label de « qualité architecturale ». Il est suivi par les ARTICLES BIS, TER, QUATER, QUINQUIES, SEXIES, SEPTIES, OCTIES, NONIES, DECIES, UNDECIES, DUODECIES, TERDECIES, QUATERDECIES, qui ont le mérite de nous faire un peu réviser notre latin. Je ne vais pas les étudier plus profondément car tous concernent des dispositions très diverses. « L’ARTICLE 27 modifie le livre VII du Code du Patrimoine relatif à l’outre-mer, afin de tirer les conséquences des dispositions de la présente loi dans les collectivités ultra-marines. »

Le TITRE III : « HABILITATIONS À LÉGIFÉRER PAR VOIE D’ORDONNANCE » (ARTICLES 28 à 30), laisse le Gouvernement légiférer en dehors du Parlement et de débats dans des domaines importants. Dans l'ARTICLE 31 cette habilitation concerne « le code de la propriété intellectuelle et le code du patrimoine s’agissant du droit des collectivités ultra-marines ».

Le TITRE IV touche les « DISPOSITIONS DIVERSES, TRANSITOIRES ET FINALES » (ARTICLES 32 à 46).

Le mercredi 14 octobre, la Commission Culture du Sénat a désigné sur ce projet de loi deux rapporteurs : M. Jean-Pierre Leleux (Les Républicains) et Mme Françoise Férat (Union des Démocrates et Indépendants - UC). Pour le moment aucune audition n'est programmée au niveau de la commission, ce qui signifie que le texte ne passera pas avant plusieurs semaines pour sa première lecture au Sénat (rappelons qu'il y en aura deux).

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Suzanne Valadon, Maurice Utrillo, André Utter : 12, rue Cortot.

PROLONGATION JUSQU'AU 14 MARS !

Le musée de Montmartre est un lieu que je trouve assez magique car mêlant l'univers à la fois réel et reconstitué des artistes de la butte du début du XXe siècle, époque des avant-gardistes et des fauves. Cet endroit a gardé pendant longtemps,  même après son annexion par Paris en 1860, une indépendance et liberté par rapport à la capitale, tout en la dominant du haut de sa colline. Les artistes et la 'bohème tapageuse' y vivaient en autarcie intellectuelle, artistique et morale. Le lieu a changé. Notamment la nature y est beaucoup moins présente avec ses jardins qui étaient comme suspendus au milieu de rochers de gypse creusés en accueillantes cavernes.

L'exposition Suzanne Valadon, Maurice Utrillo, André Utter : 12, rue Cortot, à voir depuis le 16 octobre 2015 jusqu'au 15 février 2016, nous plonge dans ce Montmartre, avec la présentation de cent-cinquante oeuvres originales, rassemblées pour l'occasion, de Suzanne Valadon (1865-1938), Maurice Utrillo (1883-1955) son fils et André Utter (1886-1946) son compagnon, dans l'endroit même où ils vécurent. Cet exposition succède à une autre de qualité intitulée L’Esprit de Montmartre et l’Art Moderne, 1875-1910.

Elle commence au rez-de-chaussée par une photographie de ces trois artistes autour du poêle, lieu hautement stratégique près duquel en hiver on passait de nombreuses heures, par exemple dans les cafés, pour s'y chauffer, avec comme autres éléments qui réchauffaient à Montmartre et Paris : l'art, l'amour, la poésie, la fête et la conversation.

Dans cette salle, à la couleur d'un jaune digne d'un tableau de van Gogh, se trouve un unique tableau : « Le lancement du filet » de Suzanne Valadon, peint en 1914, aujourd'hui au musée de Nancy (dépôt du Centre Pompidou). Sur la photographie ci-dessous à droite on y voit le directeur du musée (en costume lui).

L'exposition se poursuit dans les deux étages en passant par la reconstitution de pièces et de l'atelier des peintres qui, je le rappelle vécurent dans cet endroit. Nous sommes vraiment dans un lieu de peinture et d'artistes.

J'aime beaucoup le ciel du tableau d'André Utter intitulé « Château de Saint-Bernard » (1926). Il est d'un bleu calme dont la profondeur est rendue par les tracés marqués par le pinceau du peintre, horizontaux, verticaux et parfois en cercle.

Dans celui du même artiste représentant « Suzanne Valadon  se coiffant » (première photographie et ci-dessous), de 1913, la peinture devient chair ou le contraire, comme on le voit dans les détails de la peinture ci-après.

Dans la « Vue de l'atelier 12 rue Cortot » (ci-dessous à gauche), d'André Utter, on remarque combien celle-ci est encore bucolique en 1919. À droite la peinture représente « La Maison du 12 rue Cortot » par le même, avec devant  Saskia Ooms, responsable de la conservation au Musée de Montmartre. Au-dessous la même vue aujourd'hui.

Ci-après l'atelier.

Ci-dessous, oeuvres de  Maurice Utrillo. Au milieu se trouve une peinture de la fontaine de la place Pigalle (vers 1910). Il y a quelques jours de cela je suis passé devant cette même vue, et ai eu une envie étrange de vouloir la photographier. Je me suis demandé pourquoi, sans le faire. J'ai été étonné de voir cette même vision ici.

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Une reine sans couronne? Louise de Savoie, mère de François Ier.

Le Musée national de la Renaissance d'Écouen fête la naissance de la Renaissance française avec le double millième anniversaire de l'accession au trône de France de François Premier et de la bataille de Marignan en 1515. Mieux vaut tard que jamais.

Le choix a été fait de mettre à l'honneur une femme : la mère du roi, dans une exposition intitulée Une reine sans couronne? Louise de Savoie, mère de François Ier, se déroulant depuis le 14 octobre 2015 jusqu'au 1er février 2016.

S'il y a un point d'interrogation à « sans couronne ? » c'est que Louise de Savoie (1476-1531) fut deux fois régente du royaume de France qu'elle gouverna notamment pendant les campagnes italiennes de son fils : en 1515 !

L'intérêt de cette exposition ne réside pas seulement dans son sujet mais aussi dans la présentation de divers objets d'art révélant la qualité des arts décoratifs à cette époque : tapisseries, orfèvrerie, céramiques etc., intérêt que l'on peut prolonger en visitant le reste du musée et sa collection exceptionnelle présentée dans un lieu qui ne l'est pas moins... mais j'en reparlerai.

Cependant dans toutes les expositions que j'ai vues sur François Premier et la Renaissance française cette année, je ne retrouve pas la modernité de cette époque, son élan humaniste, l'Influence de l'Italie sur tous les arts décoratifs français, la nouvelle impulsion créée par cette découverte, le développement important des arts et des lettres, les choix pris par le nouveau souverain (tolérance religieuse mais refus de l'iconoclasme...), le faste, la mode, les fêtes somptueuses etc. Au sujet des fêtes, cette année aucune n'a été envisagée pour commémorer ce millième anniversaire... Enfin tout cela est franchement morne...

Mais l'exposition vaut le détour ! On suit la vie de Louise de Savoie. La première partie commence avec son mariage en 1488 avec le comte d’Angoulême, et se poursuit jusqu'en 1504. La seconde la présente comme la mère de l’héritier du trône de France (1505-1515). La troisième commence avec le règne de son fils, et la distingue comme une femme politique d'envergure, deux fois régentes en 1515-1516 et 1525-1516. La quatrième (1526-1531) se poursuit jusqu'à son décès. Soixante-douze œuvres sont ainsi présentées.

Première photographie : Tenture commandée vers 1530, de l'Histoire des Gaules avec Hercule de Libye, dixième roi des Gaules.

Photographie de gauche : Buste en terre cuite émaillée de François Premier par Girolamo della Robbia (1488-1566) datant d'avant 1529.

Photographie de droite : Épée de François d'Angoulême, futur François Premier, d'avant 1514, en acier forgé, gravé et doré, bronze, or ciselé et émaillé.

Photographie de gauche : Enluminure par Robinet Testard, en pleine page, de Les Héroïdes d'Ovide, d'après une traduction d'Octovien de Saint-Gelais. Ce manuscrit a été commandé en 1597 par Louise de Savoie.

Photographie ci-dessous : Ces médaillons en pierre sculptée, provenant des décors de la cour de l'hôtel d'Alluye construit à Blois entre 1498 et 1508, révèlent que, comme au Moyen-âge, à la Renaissance les statues de pierre étaient peintes comme certains autres des éléments des décors architecturaux. C'est important de le dire, car aujourd'hui les restaurations s'attachent à nettoyer les façades des bâtiments de ces époques et leurs sculptures en détruisant les dernières traces de polychromies, soustrayant la possibilité de les retrouver dans le futur.

Photographies ci-dessous : Quatrième salle de l'exposition.

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Chanel par le photographe Willy Rizzo

Willy Rizzo (1928-2013) est un photographe ayant fait de nombreux portraits de vedettes des années 1945 à 1970. L'exposition qui se déroule du 16 octobre au 28 novembre 2015 à la galerie parisienne portant son nom du 12 rue de Verneuil, dans le septième arrondissement de Paris, intitulée Chanel par Willy Rozzi, présente trente-trois clichés de Coco Chanel (1883-1971) réalisés de 1954 à 1967 que l'on retrouve dans le catalogue édité pour l'occasion réunissant cent-quatre-vingt-une photographies originales ou inédites. On y découvre la grande-couturière en plein travail ou dans la vie privée. D'autres expositions d'un même nombre de photographies accompagnent ce livre à Sao Paulo (3/10), Los Angeles (10/10) et Genève (5/11).

Photographie ci-dessous : Coco Chanel dans son "appartement de jour" du 31 rue Cambon, Aout 1956, © Willy Rizzo.

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C'est chouette la Fiac hors les murs ?

Voici l'affiche de la Fiac hors les murs qui se déroule du 16 octobre au 23 novembre 2015 au Jardin des Plantes car je la trouve très mignonne !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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Arts appliqués

Je profite de la brocante d'arts appliqués à Paris, rue des Fossés Saint Bernard, le 25 octobre, pour indiquer qu'en français les arts appliqués correspondent au design en anglais.

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Hôtels particuliers

Le Cabinet des dessins Jean Bonna des Beaux-arts de Paris propose depuis le 14 octobre 2015 jusqu'au 16 janvier 2016 une exposition sur les Hôtels particuliers à travers une cinquantaine de feuilles de dessins préparatoires à l’Architecture française, ouvrage publié par Jean Mariette en 1727. Ce livre compte « 598 planches dont 460 sont consacrées à une soixantaine d’hôtels particuliers parisiens ».

Un catalogue est édité pour l’occasion permettant « de mieux cerner l’étendue et la richesse de cette collection par l’étude du fonds dans sa globalité ».

En 2011-2012, la Cité de l’architecture & du patrimoine avait organisé une exposition intitulée L'hôtel particulier, une ambition parisienne qui était très intéressante. De tels évènements sont importants aujourd'hui car de très nombreux hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles sont restaurés, rénovés, réhabilités, modernisés, agrandis, vendus dans des conditions critiquables.

Comme je l'ai dit dans cet article l'HÔTEL KINSKY (XVIIIe siècle) a été bradé par l'État à une famille princière du Qatar en 2006 pour la moitié de son estimation, l'HÔTEL DE BROGLIE (XVIIIe siècle) cédé en 2013 ; l'HÔTEL DE CLERMONT (construit en 1708) a aussi été vendu par l'État, de même que l'HÔTEL DE FLEURY (Hôtel Brochet de Saint-Prest, construit en 1772) livré à une société foncière, etc. L’HÔTEL DE MIRAMION (XVIe-XVIIe siècles, inscrit au titre des monuments historiques en 1926) a été vendu par l'APHP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris)

La 'réhabilitation' de l’HÔTEL SALÉ (XVIIe siècle) est critiquable, celle de L'HÔTEL TUBEUF du XVIIe siècle (site Richelieu de la Bibliothèque nationale) aussi. Dans les deux cas on assiste à des destructions.

Que deviennent l'HÔTEL LAMBERT (XVIIe siècle) et l'HÔTEL DE CRILLON (XVIIIe), tous deux en travaux depuis des années ? Pour ce dernier les fondations semblent avoir été entièrement détruites pour y construire des garages, piscine et autres.

Dans l'HÔTEL DU GRENIER DES SAINT-AGUSTIN (XVIIe siècle), 110 m2 vont être détruits.

Et ce ne sont que quelques exemples...

Photographie ci-dessus à gauche : « Anonyme. Élévation de la façade sur cour. Plume, encre noire et lavis d’encre de Chine, aquarelle bleue. » © Cabinet des dessins Jean Bonna des Beaux-arts de Paris.

À l'occasion du vernissage presse de l'exposition une visite de l'Hôtel de Chimay a été organisée. Il s'agit d'un hôtel particulier du XVIIIe siècle. Au rez-de-chaussée la décoration intérieure est d'époque Directoire (ou début XIXe). En 1883 l'État l'a racheté pour l'École des Beaux-Arts, et détruit ses étages pour y installer des ateliers.

Photographies ci-dessous : À gauche - Façade donnant sur le jardin. On aperçoit le grand atelier avec ses verrières remplaçant la partie centrale du premier étage et des combles.  À droite - Salon du rez-de-chaussée.

Photographies ci-dessous : Relief entre deux colonnes.  À droite - Salle de cours.

Photographies ci-dessous : Diverses photographies prises dans l'École des Beaux-arts

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Tigres de papier : cinq siècles de peinture en Corée.

Du 14 octobre 2015 au 22 février 2016 le Musée national des arts asiatiques - Guimet nous gratifie d'une exposition intitulée Tigres de papier : Cinq siècles de peinture en Corée se déroulant suivant les thématiques et l’évolution de cet art du quatorzième siècle au vingtième. Pour l’occasion le musée sort de ses réserves sa riche collection de peintures coréennes, « l’une des plus importantes hors de Corée ».

Photographie de gauche : « Dragon bondissant. Corée, 18e-19e siècle. Couleurs sur papier. Collection Lee Ufan (2001), LUF 098. © Musée Guimet, Paris, Dist. RMN-Grand Palais / Thierry Ollivier. »

Photographie de droite : « Paravent Pivoines et rochers (détail). Corée, 18e - 19e siècles. Paravent quatre panneaux, Couleurs sur papier H. 1,49 m ; L. 2, 48 m. Collection Lee Ufan (2001), LUF 067. © Musée Guimet, Paris, Dist. RMN-Grand Palais / Thierry Ollivier. »

Photographies ci-dessous : « Paravent Chaek’kori (détail). Corée, 18e-19e siècle. Paravent à six panneaux, couleurs sur papier. Collection Lee Ufan (2001), LUF 015. © Musée Guimet, Paris, Dist. RMN-Grand Palais / Thierry Ollivier. »

Photographies ci-dessous : « Paravent Fleurs et oiseaux (Hwajodo, détail), Yi Han-ch’ol (1808-?). Corée, 19e siècle. Couleurs sur papier. Don V. Collin de Plancy, 1891. MG 15581. © Musée Guimet, Paris, Dist. RMN-Grand Palais / Jean-Yves et Nicolas Dubois. »

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Inventaire surréaliste (1)

Dans la série 'La décadence c'est la folle ambiance', après la nomination d'une ministre de la Culture n'ayant quasiment aucun bagage culturel, savez-vous que celle-ci a pris dernièrement (arrêté du 1er octobre) comme conseiller chargé des Arts plastiques, du design, de la mode et des relations avec les acteurs culturels et institutionnels quelqu'un qui n'a JAMAIS étudié ou travaillé dans les domaines des arts plastiques, des arts appliqués et de la mode ? Le site du ministère de la Culture publie sans honte sa fiche ci-dessous. Il s'agit d'un pur communiquant.

« Né en 1973 à Paris, titulaire d'un DESS de Communication Politique et Sociale (Paris I Panthéon Sorbonne), d'une Maîtrise en Droit privé (Paris II Panthéon Assas) et d'un MBA de la Northwestern University de Chicago (Kellogg), Arthur Toscan du Plantier a été Directeur d’Études au Département Opinion de l'IFOP avant de rejoindre la Direction des Affaires publiques d'EDF puis le projet d'introduction en bourse de l'entreprise publique. Il sera ensuite, au sein de la Direction de la communication d'EDF, chef du Pôle Intranet puis en charge des partenariats et des relations publiques du Groupe avant d'être chargé de la coordination internationale. En 2013, il devient Conseiller Communication et Relations avec la presse auprès de Bertrand Delanoë, Maire de Paris. Il rejoint le cabinet d’Aurélie Filippetti en mars 2014 comme conseiller pour la communication et les relations avec la presse. »

Aujourd'hui au Ministère de la Culture il ne faut pas avoir peur du vide... Nous sommes dans ce qu'en architecture on appelle du 'façadisme' : on ne garde que la façade et détruit tout le reste. Le Ministère de la Culture conserve sa façade culturelle... mais pour le reste...

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Thomas Couture

Six musées, à Paris et en région Picardie, s’associent pour fêter le Bicentenaire de la naissance du peintre Thomas Couture (1815-1879). Depuis le 12 octobre 2015 jusqu'au 6 mars 2016 de nombreux accrochages, expositions et conférences ont lieu. Les expositions réunissent ensemble près de cent-soixante-quinze oeuvres de l'artiste, avec :

- Du 17 octobre 2015 au 11 janvier 2016, L'enrôlement des volontaires, des études préparatoires au tableau final, au MUDO - Musée de l’Oise de Beauvais ;

- Du 17 octobre 2015 au 1er février 2016, Thomas Couture dans les collections du Palais de Compiègne, au Palais de Compiègne ;

- Du 17 octobre 2015 au 31 janvier 2016, Thomas Couture : portraitiste, au Musée Antoine Vivenel de Compiègne ;

- Du 17 octobre 2015 au 6 mars 2016, Thomas Couture (1815-1879). Méthode et entretiens d'atelierau Musée d'Art et d'Archéologie de Senlis ;

- Du 16 octobre 2015 au 21 février 2016, Thomas Couture : La fabrique des grands formats, au Musée de Picardie d'Amiens ;

- Du 12 octobre 2015 au 28 février 2016, Thomas Couture, peintre de la société parisienne, au Musée de la Vie romantique à Paris.

Photographie du haut : L'Enrôlement des Volontaires de 1792. Huile sur toile de plusieurs mètres de long, de 1848, conservée au MUDO - Musée de l'Oise de Beauvais.

Je n'ai vu que ce qui est présenté au Musée de la Vie romantique, c'est à dire quatre peintures et un dessin de l'artiste. Mais le grand nombre n'est pas un signe obligatoirement de qualité... et puis c'est toujours une joie de se promener dans cet endroit faisant revivre l'esprit de la 'Nouvelle Athènes' du XIXe siècle : le quartier de Notre-Dame-de-Lorette au nord de Paris.

Ci-dessous quelques photographies que j'ai prises dans le musée, avec la première représentant Léon Ohnet peint par Thomas Couture vers 1840-1841.

Photographie ci-dessous : Le comte de Lancosme-Brèves par Eugène Giraud (1806-1880).

Photographies ci-dessous : Don Juan et Haïdée par Marcel Saunier (?-1842), de 1839. Cet achat du musée date de 2014. Cette huile sur toile est dans un style particulièrement à la mode à cette époque, avec ses couleurs très particulières et ses personnages qui ne le sont pas moins.

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (6) : La création artistique a-t-elle besoin d'être chapeautée ?

Depuis le 7 septembre, chaque lundi je suis le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine. Le dossier législatif de l'Assemblée nationale est visible ici et celui du Sénat ici. Il vient d'être débattu en première lecture à l'Assemblée nationale. Il n'est pas encore prévu au Sénat. Les projets de loi de Financement de la sécurité sociale et de Finances pour 2016 vont sans doute accaparer le programme des séances au Sénat des mois d'octobre et novembre de cette année. En Commission des Affaires sociales rien n'est encore programmé.

Le texte a été profondément modifié par la majorité, notamment par le Ministère de la Culture qui l'a écrit mais de toute évidence n'en était pas satisfait. On peut consulter la nouvelle rédaction ici ou ici.

Il se divise en trois thèmes : la création artistique, l'architecture et le patrimoine.

Tout d'abord un BILAN :

Selon moi la CRÉATION ARTISTIQUE contemporaine et la culture française sont confrontées à de nombreux obstacles : la mondialisation qui favorise la langue anglaise au détriment du français ; la marchandisation qui place l'argent au-dessus de tout ; la technocratisation européenne et française qui avantagent le clientélisme ; Internet dans les mains de monopoles anglo-saxons ; la sous-qualification des instances dirigeantes culturelles ; l'inculture, l'abêtissement et la bassesse médiatiques ; la montée d'intégrismes culturels prônant une culture religieuse ou très bas de gamme présentée comme contemporaine ; etc. Ce projet de loi ne répond qu'à une extrêmement petite partie de ces préoccupations : quelques mots sur la création en français ajoutés par les députés et une insistance sur la liberté artistique. Pour le reste le texte en rajoute sur ce qui est préoccupant. Un seul exemple parmi beaucoup d'autres qui en dit long sur les relations du service public avec la 'création' artistique contemporaine  : celui donné par M. le député François de Mazières lors des débats à l'Assemblée nationale de cet artiste auteur notamment de ce que ce dernier appelle « le vagin de la Reine » « accueilli au château de Versailles par un dîner de sept-cents couverts, digne des plus grands chefs d’État de la planète. Il a pu faire d’importants terrassements, pendant plusieurs mois, sur la perspective centrale à quelques pas du château, autorisation jamais encore donnée à quiconque. Le budget initial, inscrit dans les comptes du château, se montait à huit-cent-mille euros, alimenté par du mécénat, sans compter les dépenses supplémentaires liées aux suites de ce scandale à rebondissements. »

En ce qui concerne l'ARCHITECTURE, il suffit de sortir dans Paris et ses alentours pour constater le carnage, ou de regarder l'actualité. Les inondations mortelles favorisées par le bétonnage en sont un exemple. Le 'grand-Paris' en est un autre. Depuis plus d'une quarantaine d'années l'architecture que j'appelle 'RER' fait des ravages : un urbanisme froid, seulement fait pour passer et non pas pour vivre. Dans un article de Le Point ironiquement appelé Grand Paris : mélodie en sous-sol on peut constater que cette architecture est toujours d'actualité. L’Île-de-France est déjà couverte de telles monstruosités mais continue de l'être toujours plus. Les représentations des architectes sont les seuls, jusqu'à présent à manifester leur contentement sur ce texte qui leur donne plus de liberté et de pouvoir.

Pour ce qui est du PATRIMOINE, le terme recouvre différentes sortes de patrimoines : architectural, archéologique, artistique, rural, naturel, culturel etc. Le projet de loi ne couvre presque que les deux premiers. Il est donc loin d'être exhaustif. La situation des patrimoines architectural et archéologique n'est pas bonne. À Paris le bétonnage sous-terrain et les destructions en profondeur de bâtiments détruisent les diverses strates de notre passé à une vitesse fulgurante. Quant au patrimoine architectural j'ai montré dans de nombreux articles de ce blog comment on vend du domaine public remarquable (Hôtels Kinsky, de Broglie, de Clermont, de Fleury, de Miramion à Paris, Garde-meuble de Louis XVI à Versailles...), détruit presque entièrement une autre (Samaritaine, Médiathèque Françoise Sagan, Piscine Molitor, Musée Guimet...), et comment on privatise allant jusqu'à confier le patrimoine de villes entières à des fondations privées (Belfort en 2012, Abbeville en 2015). Que dire de Versailles qu'on modernise (jardin contemporain construit dans celui de Le Nôtre...) ou le Louvre dont on externalise toutes les réserves à Liévin, que l'on vend en partie au Qatar et qui ressemble de plus en plus à un centre commercial ? C'est sur le sujet du patrimoine que les critiques des professionnels sont jusqu'à présent les plus vivaces

Ce projet de loi est divisé en quatre parties appelées « titres ». Le premier titre est sur la création artistique. Le second mélange le patrimoine culturel avec la promotion de l’architecture, ce qui en dit long sur l'état d'esprit du texte. Le troisième titre est une habilitation que se donne le ministère a légiférer par ordonnance, c'est à dire en dehors de débats, en véritable apparatchik. Le quatrième comprend les « dispositions diverses, transitoires et finales ».

Je vais m'intéresser dans cet article au titre premier et traiterai lundi prochain du reste.

Chaque titre est divisé en chapitres. Le titre I en comprend cinq : le premier sur la liberté de création artistique, le second sur les rémunérations en particulier dans les secteurs du cinéma et de la musique, le troisième sur l'offre culturelle auprès de certains publics, le quatrième sur quelques professions et la création d'un observatoire, le cinquième sur l'enseignement artistique.

TITRE IER : « DISPOSITIONS RELATIVES À LA LIBERTÉ DE CRÉATION ET À LA CRÉATION ARTISTIQUE».

Pour la création artistique, l'art et la culture ce projet de loi ne propose pas grand chose de créatif. Il y a l'effet d'annonce de l'ARTICLE 1 qui insiste sur la liberté de l'artiste, mais qui juridiquement n'apporte rien de nouveau. L'ARTICLE 2 sur la politique en faveur de la création artistique est du verbiage sans intérêt. L'ARTICLE 2 BIS en rajoute. L'ARTICLE 3 est sur la labellisation de formations artistiques publiques ou privées par le Ministère de la Culture. C'est la création d'une sorte de nomenklatura artistique et culturelle. On se demande ce que fait cet article dans ce CHAPITRE I intitulé « Dispositions relatives à la liberté de création artistique ». L'ARTICLE 3 BIS est la demande d'un énième rapport.

Le CHAPITRE II sur « Le partage et la transparence des rémunérations dans les secteurs de la création artistique » s'attache à la contractualisation des artistes et certains de leurs diffuseurs. Loin d'harmoniser et de simplifier il fait se confronter ces partenaires et ajoute au couple un troisième luron : le médiateur. Diviser pour mieux régner dit le vieil adage. Mais qui règne dans cette débâcle ? On se rend compte que les gouvernements successifs ont tissé une toile d’araignée infernale très éloignée de la liberté de création artistique. Dans cette partie il est question pêle-mêle des droits d'auteur (ARTICLE 4A), des contrats conclus entre un artiste-interprète et un producteur de vidéogrammes (ARTICLE 4) ou un producteur de phonogrammes (ARTICLES 5 et 6 BIS) ou entre ce dernier et un éditeur de services de communication (ARTICLE 6). Après avoir contribué à poursuivre l'imbroglio juridique dans laquelle la France se noie, il est créé, à l'ARTICLE 7, un médiateur de la musique « chargé d’une mission de conciliation pour tout litige relatif à l’interprétation ou à l’exécution ». Il fait suite par exemple au « médiateur du livre » (créé en 2014) qui doit notamment fournir un rapport que l'ARTICLE 7 BIS A demande à être public. L'ARTICLE 7 BIS en rajoute sur la main-mise du Gouvernement et autres apparatchiks qui déterminent les types de support concernés par la rémunération pour copie privée ainsi que les taux et les modalités de cette rémunération. Les ARTICLES 7 TER et QUATER A sont encore sur la rémunération pour copie privée. C'est que la copie privée est une chose horrible (j'ironise) ! Le Gouvernement semble ignorer les licences de création partagée ! L'ARTICLE 7 QUATER concerne les sociétés de perception et de répartition des droits d'auteur et des droits des artistes-interprètes et des producteurs de phonogrammes et de vidéogrammes (qui sont d'autres apparatchiks) et l'utilisation de ses fonds pour l'aide à la création. L'ARTICLE 8 est sur la « Transparence des comptes de production et d’exploitation des œuvres cinématographiques de longue durée ». Ah oui, la transparence que l'on prône par l'intermédiaire de dizaines de milliers d'articles de lois. Évidement il s'agit avant tout de contrôler. On est dans ce système d'union européenne de type soviétique dénoncé par exemple par Vladimir Boukovsky dans son livre L'Union européenne, une nouvelle URSS ? datant de 2005 (Éditions du Rocher). Nous sommes vraiment dans une nomenklatura artistique et culturelle internationale dans laquelle le Gouvernement français veut se situer en ajoutant dans le délire bureaucratique qui ne fait que favoriser l'argent et les réseaux de copinages. Les ARTICLES 9, 9 BIS, 10, 10 BIS et 10 TER concernent les comptes de productions cinématographiques et audiovisuelles, les rémunérations, les recettes... J'allais oublier, l'ARTICLE 4 B fait la demande d'un autre rapport.

Le CHAPITRE III est intitulé : « Promouvoir la diversité culturelle et élargir l’accès à l’offre culturelle ». Au lieu de promouvoir et d'élargir on réglemente jusqu'à la création artistique des amateurs (ARTICLE 11 A) ! Ah si, on élargit un peu mais seulement pour les personnes en situation de handicap (ARTICLE 11). Les ARTICLES 11 BIS et 11 TER font un petit effort pour favoriser la culture d'expression française ou régionale. Les ARTICLES 12 et 13 sont des articles de coordination. L'ARTICLE 13 BIS revient sur le contrat de production audiovisuelle.

Le CHAPITRE IV a pour objectif de « Développer et pérenniser l’emploi et l’activité professionnelle ». L'ARTICLE 14 ajoute les artistes de cirque et les marionnettistes à la liste des artistes du spectacle. L'ARTICLE 15 s'occupe des artistes du spectacle vivant engagés par le service public. L'ARTICLE 16 crée un observatoire de la création artistique et de la diversité culturelle collectant les données des entreprises de la création ; comme dans l'ex URSS je vous dis ! L'ARTICLE 16 BIS est sur les congés spectacles. Ah oui encore une demande de rapport à l'ARTICLE 14 A.

Le CHAPITRE V a pour sujet l'« Enseignement supérieur de la création artistique et [l']enseignement artistique spécialisé ». Il propose une énième réorganisation (ARTICLES 17A, 17) sans pour autant créer de passerelles entre cet enseignement et l'univers professionnel. L'ARTICLE 17 BIS est sur les écoles nationales supérieures d’architecture.
Ce que je retiens pour l'ensemble de cette partie c'est la manière technocratique et fouillis d'envisager la création artistique, sans vision, et paradoxalement elliptique c'est à dire sans prendre en compte les enjeux contemporains de la création artistique et culturelle.

Pour finir sur ce sujet voici ci-dessous un courriel que j'ai reçu de Terra nova (que Wikipédia présente comme « un cercle de réflexion de la gauche progressiste française et européenne ») m'invitant à un « Petit-déjeuner Presse Étude Terra Nova » sur le thème « Création et marché de l’art : comment renouveler l’attractivité de la France ? ». Je leur ai répondu que « Si on parlait plus d'art et moins d'argent, l'art s'en porterait mieux en France. »
J'ai mis en bleu clair certaines parties afin de les souligner :
«
Bonjour,
Après la publication du manifeste pour une politique culturelle par la plume de Thomas Paris
, le groupe de Travail « marché de l'art » publiera mardi 13 octobre une étude « Création et marché de l'art : comment renouveler l'attractivité de la France ? ».
La
croissance spectaculaire du marché de l'art mondial depuis le début des années 2000, liée notamment à l'arrivée d'artistes et d'acheteurs de pays émergents comme l'Inde et la Chine, et au rôle social toujours plus important de l'art contemporain, ne s'est pas réalisée à l'avantage de la France. Sur la période 2014-2015, le
marché de l'art progresse de 7 % en volumes de ventes ; Paris baisse de 1,1 %. Leader en 1945, la France est désormais en quatrième position, derrière la Chine, les États-Unis et le Royaume-Uni, en ce qui concerne le chiffre d'affaires des ventes publiques d'œuvres d'art. Mais cet effacement se manifeste également à travers le rayonnement amoindri des artistes français. L'artiste français qui a le plus vendu en 2013, Robert Combas, n'occupe que la 134e place du classement mondial des artistes, ce qui est symptomatique de la faible présence des artistes français sur le marché international. Or dans la lutte que se livre les métropoles européennes (Londres, Paris, Berlin, Barcelone) pour s'affirmer comme des « villes créatives », l'attractivité artistique, représentée par les ventes publiques ou le rayonnement d'artistes qui peuvent très bien s'exprimer hors de la scène nationale, joue un rôle essentiel : rayonnement culturel, bénéfice économique, mais aussi dynamisme de la création et facilité de l'accès à l'art contemporain pour tous les publics. Pour répondre à cette situation et à ces enjeux, l'étude formule dix propositions fortes.
A cette occasion nous souhaiterions vous convier à un petit-déjeuner presse le [...] dans nos locaux en présence des rédacteurs de l'étude ainsi que du directeur général de Terra Nova, Thierry Pech, pour pouvoir engager une discussion sur ces questions et à l'occasion duquel vous sera remis un exemplaire de l'étude en exclusivité.
»

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Quel Moyen Âge pour Chateaubriand ? 

Depuis le 6 octobre, le Conseil départemental des Hauts-de-Seine propose sur Internet le documentaire : Quel Moyen Âge pour Chateaubriand ? disponible en ligne à l’adresse chateaubriand-moyenage.fr

Dans le prolongement de ce documentaire interactif, une exposition se déroule jusqu'au 13 décembre au Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups - Maison de Chateaubriand à Châtenay-Malabry (à trente kilomètres de Paris) avec vingt-six œuvres (peintures, dessins, estampes) venant compléter celles déjà présentes.

« Avec la parution du Génie du Christianisme en 1802, Chateaubriand est devenu aux yeux du public le restaurateur de « la vieille église gothique » et l’un des initiateurs du retour vers le Moyen Âge qui fleurira tout au long du XIX e siècle. »

Le sujet n'est pas du tout anodin. Le retour au Moyen Âge est présent dans plusieurs courants artistiques et littéraires, en particulier sous Louis-Philippe (1830-1848) et la Seconde République (1848-1852), ce dont je parle dans mon livre Les Petits-maîtres de la mode : les romantiques nouvelle France, les jeune France Moyen Âge, les coloristes, les fantaisistes... C'est le temps des sylphides, dames blanches et de la 'couleur locale'... Certains jeunes vont jusqu'à s'habiller et vivre comme à l'époque médiévale...

Alors que la Révolution s'inspire des Lumières et de l'Antiquité, Chateaubriand (1768-1848) et ses amis préfèrent puiser dans le Moyen Âge qui est un temps où la France se définit et domine de sa stature tout l'Occident notamment avec le Gothique appelé alors 'Art français' dont les traces sont toujours vivaces dans nos grandes villes.

La maison de la Vallée-aux-Loups possède dans son architecture même des références au Moyen Âge. Il s'agit d'un très bel endroit que la direction du lieu fait vivre à travers des objets d'exception présentés dans le contexte du temps. Ceux qui apprécient les merveilleuses y trouveront de nombreuses traces de Mme Récamier (1777-1849). Les romantiques et amoureux de Chateaubriand seront évidemment eux aussi ravis.

« Située à quelques kilomètres de Paris, à Châtenay-Malabry, la Vallée-aux-Loups offre à Chateaubriand de 1807 à 1817 une demeure à l’écart de la scène politique. A l’automne 1807, l’auteur s’installe avec son épouse Céleste dans ce qui n’est alors qu’une maison de jardinier, à laquelle il va donner une empreinte toute personnelle. C’est là en effet que s’exprime toute la dimension de l’homme, à la fois écrivain, homme politique, voyageur et botaniste. Il y écrivit quelques-uns de ses ouvrages majeurs et commença la rédaction des futurs Mémoires d’outre-tombe. La demeure restitue l’atmosphère d’une « chartreuse » romantique telle que l’a connue Chateaubriand. »

Première photographie : Le château de Combourg par Hubert Clerget, 1860. « Gouache sur papier beige. 44,5 x 36,5 cm. Châtenay-Malabry, Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups – Maison de Chateaubriand. Inv. P.987.1. CD92/ Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups – Maison de Chateaubriand. »

Les autres photographies ont été prises sur place.

Voir aussi ces articles :

Acquisition : Portrait de Chateaubriand.

Exposition : Boîtes et coffrets romantiques.

Exposition : Portraits de l'époque romantique, une passion de collectionneur.

Exposition : Le salon de Madame Geoffrin.

 
Une vidéo sur la Maison de Chateaubriand - Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups à Châtenay-Malabry est visible ici.

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Meubles du XVIIIe siècle formant coiffeuse.

Le 15 octobre, la maison Aguttes Lyon-Brotteaux met en vente deux commodes formant coiffeuse d'époque XVIIIe siècle. Le catalogue est visible ici, et les lots sont présentés ici.

Photographies de gauche : « Amusant meuble formant coiffeuse en placage de bois. Il ouvre à un tiroir en ceinture et à rideau en partie haute laissant apparaître tiroirs et casiers. Miroir amovible à tirette et bougeoirs réglables. Plateau de marbre blanc ceint d'une galerie de laiton repercé. Époque Louis XVI - Estampille L. ancellet H: 123 - L: 62 - P: 36.5 cm. » © Aguttes.

Photographies ci-dessous : « Rare commode formant coiffeuse en bois naturel. Elle se compose de deux parties dissociables. La partie haute formant coiffeuse présente un abattant central foncé d'un miroir et deux abattants latéraux ouvrant sur des compartiments et un tiroir en ceinture, les deux autres étant simulés. Le tout retenu par quatre montants légèrement galbés se terminant par des pieds sabots. La seconde partie basse qui prend place entre les montants présente deux tiroirs. Garniture de bronze doré. Travail bordelais. » © Aguttes.

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Merveilleuses & merveilleux