Vente d'objets d'art appartenant à la Famille de France

Les 29 et 30 septembre, les enfants du comte de Paris vendent à Sotheby's des tableaux, dessins, meubles et souvenirs historiques appartenant à la Famille de France. Les objets sont visibles du 18 au 28 septembre à Paris. Une exposition itinérante a eu lieu en juillet à Londres puis à Monaco. Le catalogue est disponible ici. Une vidéo de présentation est visible ici.

Photographie : Monsieur de Mornay, gouverneur de Saint-Cloud, dessiné par Louis Carrogis dit Carmontelle (1717-1806). « Sanguine, pierre noire, aquarelle et gouache avec rehauts de blanc. » « Porte une inscription à la plume et encre brune : Mr de Mornay, Gouverneur de St Cloud, / dessiné d’après nature dans la posture habituelle de sa siesta journalière... » 271 x 190 mm. « Très probablement collection Pierre De la Mésangère après 1816 ; Probablement obtenu de ce dernier par la famille d’Orléans ; Dépôt de la famille d’Orléans au Musée du Louvre avant 1847 (voir lettre du directeur Alphonse de Cailloux, dit Cailleux, partie du lot n°155) ; Restitué à la famille d’Orléans entre 1850 et 1852... » « "Je vois aussi avec plaisir le gouverneur M. le chevalier de Mornay. Ce bon et respectable vieillard a quatre-vingt-quatre ans ; il ne quitte plus guère son appartement que pour se promener au soleil, sur les pelouses. Attaché depuis son enfance à la maison d'Orléans, il a été page de M. le régent, sous Louis XIV ; il a connu le grand roi, la cour. Il raconte les anecdotes les plus curieuses sur tout ce monde ; seulement il les raconte avec le patois et le cynisme de la régence, et une honnête femme en devrait rougir, si elle les écoutait autrement que devant son mari. Ce jour-là, nous le trouvâmes assis dans sa chaise à porteurs, au-dessus de la cascade, les glaces ouvertes et humant l'air." Ainsi se souvenait la baronne d’Oberkirch du gouverneur du château de Saint-Cloud, Monsieur de Mornay. » La description complète ici.

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Christophe Phillipe Oberkampf. Les toiles de Jouy : une aventure humaine, industrielle et artistique.

Christophe Phillipe Oberkampf. Les toiles de Jouy : une aventure humaine, industrielle et artistique est le joli titre de la nouvelle exposition temporaire du Musée de la Toile de Jouy (à Jouy-en-Josas près de Paris) qui se déroule du 15 septembre au 27 décembre 2015.

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (2) : Une vision d'ensemble chaotique.

Article déjà publié sur ce sujet : 1 - Vous avez dit « création », « architecture » et « patrimoine » ?

En savoir plus sur ce projet de loi ici.

Le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine est examiné par la Commission des Affaires culturellesde l'Assemblée nationale le 16 septembre (voir ici).

S'il introduit des dispositions législatives intéressantes comme « la liberté de création artistique » (qui est cependant ici un leurre), la mise en place d'un label dédié au patrimoine d’intérêt architectural récent ou la possibilité d'élaborer des zones d’expérimentation architecturale dérogeant aux règles d’urbanisme, il en propose d'autres qui me semblent néfastes.

Il est nécessaire de rappeler que les projets de loi sont écrits par une batterie de techniciens appartenant au Gouvernement. Les lois s'accumulant d'une manière folle il est difficile de répondre avec sagesse à un texte gouvernemental. Celui-ci par exemple est en dehors des vrais enjeux actuels posés par son sujet. Le décortiquer est presque de la perte de temps.

D'abord il s'agit d'une nouvelle 'usine à gaz' législative sans cohérence, sans vision d'ensemble, inutilement compliquée. Plus le service public français perd de ses pouvoirs au profit d'une privatisation européenne et mondiale de la culture, plus il se réfugie dans une technocratisation qui l'enfonce encore plus ou dans une collaboration désastreuse.

Dans sa première partie (titre I), où il devrait être question de « liberté de création artistique », ce projet de loi ne fait que conforter le rôle « structurant » de l’État et des collectivités publiques en matière de création artistique, c'est à dire d'un art subventionné et d'une technocratisation de l'environnement créatif. Il prolonge la régulation de la création au niveau du numérique, comme il l'a fait par exemple avec la loi Hadopi. Il ne propose aucune vision d'ouverture, de mise en commun, d'accès mondial à la culture francophone via le numérique... mais au contraire une organisation technocratique et procédurière des acteurs du numérique étouffant les nouvelles émergences. Il reste cloisonné dans le champ restreint de l'art subventionné et d'une économie technocratico-libérale ne laissant aucune place à l’innovation et à l'expérimentation d'autres modèles. On remarque que pour ce gouvernement la « diversité culturelle » est très limitée, ne consistant qu'en l'ouverture de la culture aux personnes handicapées. Le handicap sert ici de paravent comme souvent d'autres thèmes (comme l'égalité homme-femme, le mariage unisexe ou la lutte contre le racisme) afin de cacher une misère intellectuelle profonde, voire pire. Évidemment les propositions en faveur des personnes en situation de handicap sont très intéressantes, mais c'est l'arbre qui ne cache pas la forêt mais le désert ! Concernant « l'emploi et l'activité professionnelle » on est très loin d'une simplification et d'une autonomie donnée au milieu artistique et au régime des intermittents du spectacle dont le déficit abyssal est comblé par le régime général. L'enseignement supérieur et la recherche dans le domaine culturel restent quant à eux dans leur tour d'ivoire continuant à n'offrir que très peu de passerelles avec le monde réel.

Ce titre I, qui concerne la création artistique, et en particulier son article 1 qui stipule : « La création artistique est libre », soulèvent la question de savoir qui décrète ce qui est ou non une création artistique ? Celle-ci revêt des formes infinies. Si un artiste faisait l'apologie d'Hitler, qu'en penserait Mme le ministre ? Si un autre, afin de se faire de la publicité, faisait écrire des inscriptions racistes sur une de ses oeuvres, tout en refusant de les gommer, faudrait-il que Mme le ministre l'encourage dans cette voie hors la loi au nom de la liberté de création artistique ? Nous sommes dans le mythe du 'bon artiste', de l'artiste salvateur, cathartique... La liberté dont il est question ici est celle du pouvoir... pas celle des artistes. Ce que dit « La création artistique est libre », c'est que les artistes aimés du pouvoir sont libres. Par exemple, ces dernières années on a vu un acharnement du Gouvernement contre les créations artistiques d'une personne en particulier ayant un discours qualifié de révisionniste. Il y a deux poids, deux mesures. Cette volonté de mettre cette phrase dans la loi permet peut-être de contrecarrer les susceptibilités de type fasciste atteintes par des œuvres d'art mais elle permet aussi de répandre un fascisme artistique de diverses sortes, dont celui venant de ceux qui décident ce qui est ou non une œuvre artistique. Les hommes sont libres et égaux... un point c'est tout !

Le titre II n'est pas beaucoup plus prometteur car il ne changera rien au fait qu'aujourd'hui, notamment à Paris (là où je vis), notre patrimoine architectural est chaque jour davantage mis en danger et même détruit, non seulement par le secteur privé mais aussi par le public qui de plus en plus prend fait et cause pour le privé et même l'encourage dans cette direction ! J'en donne de nombreux exemples dans mon premier article sur ce projet de loi (voir ici).

Tout le titre III consiste à donner au Gouvernement la possibilité de légiférer par ordonnances sur de très nombreux points... c'est à dire en dehors de tous débats.

Non seulement ce projet de loi est chaotique et douteux, mais il ne répond pas à la plupart des problématiques auxquelles est confronté notre patrimoine aujourd'hui. Ce dernier fait face à un gouvernement français moribond, une Union européenne technocratique et trouble, une mondialisation dans les mains de fonds privés qui endettent, appauvrissent et technocratisent l'environnement culturel jusque dans les petites communes ; une inculture de plus en plus grande ; un dénigrement de la culture française et de son patrimoine qui s'exprime notamment par la déferlante de l'anglais et la multiplication des provocations (même encouragées par le gouvernement français) ; une perte de diversité (aussi rapide que disparaissent les espèces dans la nature) etc.

Quant aux lois, si souvent elles essaient d'empêcher de mal faire (plus elles s'accumulent moins les résultats sont probants), elles ne donnent plus aujourd'hui la possibilité de bien faire. Ainsi, afin d'économiser et par incapacité à gérer convenablement leurs biens, voit-on de plus en plus de collectivités publiques réorganisant (ou pensant à le faire) leurs sites culturels, en les fermant totalement ou en partie, en faisant des économies notamment sur le personnel, en supprimant des services, en louant des espaces, et beaucoup plus grave en accordant des cessions d’exploitation à des entreprises privées (voir ici) ou des fondations (j'ai dans l'article précédent donné l'exemple de tout le patrimoine culturel de villes mis sous la tutelle d'une fondation privée) ou même en vendant des sites en entier etc.

Nous assistons à une privatisation de notre patrimoine qui continue allègrement même avec un gouvernement dit socialiste. Face à cela les instances publiques sont de plus en plus inefficaces, incompétentes, voire collaborent à ce déclin.

Ce dont notre culture a besoin aujourd'hui c'est par exemple de plus de liberté (mais pas dans les mains de voleurs et de vandales), moins de technocratisation, plus de compétences, un retour de la rigueur de 'l'oeuvre' publique... et aussi un amour pour notre patrimoine comme à travers une éducation allant dans ce sens. La situation est difficile, et ce projet de loi, tel que présenté, n'apporte aucune solution.

Suite lundi prochain avec l'article intitulé : Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (3) : Le nouveau leurre de la liberté de création culturelle.

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Les journées du Patrimoine

Les journées du Patrimoine qui se dérouleront du 19 au 20 septembre 2015 sont sur le thème : Patrimoine du XXIème siècle, une histoire d'avenir. Je ne comprends pas très bien ce que cela signifie. Comment peut-on hériter de l'avenir ?

Comme on peut le lire dans l'éditorial de Madame le ministre, cette édition 2015 met « à l’honneur le patrimoine en train de se faire : les créations architecturales et paysagères de ces quinze dernières années ». C'est complètement absurde de faire une journée sur le patrimoine en mettant en avant le contemporain !! Est-ce en partie pour se disculper des atteintes actuelles sur l'ancien avec l'aval du ministère de la Culture que celui-ci a choisi ce thème ?

Dans cet éditorial Mme le ministre fait de la publicité pour elle-même, pour la manière qu'elle et ses collègues ont de délaisser notre patrimoine qu'ils ne connaissent pas (rappelons que Mme le ministre n'a aucune formation ou expérience dans ce domaine) et de le détruire, martyriser ou vendre comme je le montre dans de nombreux articles de ce blog.

Elle fait aussi de la publicité pour le projet de loi qu'elle vient de sortir. Elle écrit : « Dans cet héritage, la création contemporaine a toute sa place : c’est l’objet du projet de loi pour la liberté de création, l’architecture et le patrimoine que j’ai présenté cet été, et dont le Parlement débattra cette année. » Vraiment l'objet de ce projet de loi est la place de la création contemporaine dans notre patrimoine ???

Plus loin vis-à-vis de notre patrimoine elle ne voit que « les concepteurs, les constructeurs ou les usagers. » Aux oubliettes les conservateurs, les restaurateurs, les gérants... de notre patrimoine public, et ceux du privé comme les collectionneurs, les antiquaires... et tous ceux qui le font vivre par leurs productions : chercheurs, journalistes, écrivains...

Au sujet des atteintes sur notre patrimoine bâti lire cet article.

Mme la ministère de la Culture nous offre donc une journée du patrimoine dédiée cette année à la création contemporaine !!!

PS : Je préfère dire « Madame le ministre » que « la Ministre » comme je préfère dire « Madame Germaine » que « la Germaine ». En parlant du français, aujourd'hui celui-ci n'évolue plus en fonction du goût et de l'intelligence, mais est réglé par son emploi populaire. Ainsi lit-on dans les dictionnaires : « il est admis ». Quant à l'Académie française, elle ne représente plus grand-chose, et plus du tout l'excellence de la langue française. Que font par exemple Valéry Giscard d’Estaing (1990), Yves Pouliquen (admis en 2001), Jules Hoffmann (2012) ou Michael Edwards (2013) dans cette institution ?

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La broderie dans le costume masculin

Je ne suis jamais allé au Musée de la Chemiserie et de l'Élégance masculine d'Argenton sur Creuse dans le département de l'Indre, mais son nom me plaît beaucoup !

Jusqu'au 13 décembre il présente une exposition sur La broderie dans le costume masculin, un très joli sujet.

Il est vrai qu’aujourd’hui la broderie a disparu de la garde-robe masculine, alors qu'avant le XIXe siècle elle y était très présente. Par la suite elle se fait beaucoup plus discrète.

Photographie : Détail de l'affiche de l'exposition.

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L'hôtel de Caumont

L’Hôtel de Caumont est un hôtel particulier construit au début du XVIIIe siècle dans la vieille ville d’Aix-en-Provence, dans le quartier Mazarin.

Depuis le mois de mai 2015 c'est un centre d'art et de culture dont la gestion et la programmation sont confiées à Culturespaces organisme présenté sur le site du musée comme une « nouvelle institution culturelle ». Il s'agit d'une entreprise privée, créée en 1990, filiale de GDF-Suez. Wikipédia nous apprend  aussi qu'elle gère treize établissements publics comme le musée Jacquemart-André à Paris ; le château des Baux-de-Provence ; les arènes, la maison Carrée et la tour Magne à Nîmes ; le théâtre antique d'Orange et son musée d'Art et d'Histoire etc. Son chiffre d'affaire se compose ainsi : « 60 % billetterie, 16 % boutiques, 12 % restaurants, 11 % réceptions ». Ce qui est amusant c'est que j'ai appris l'existence de cet hôtel particulier sur le site du journal L'Humanité !

Photographie de gauche : Le salon de musique. © Sophie Lloyd.

Photographie de droite : La chambre de Pauline de Caumont. © Sophie Lloyd.

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Le portrait florentin à la cour des Médicis : Bronzino, Salviati, Pontormo.

Le portrait florentin à la cour des Médicis - Bronzino, Salviati, Pontormo est le nouveau sujet de l'exposition temporaire du musée Jacquemart André ayant lieu du 11 septembre 2015 au 25 janvier 2016. Celle-ci est consacrée aux grands portraitistes florentins du XVIe siècle à travers une soixantaine d’œuvres.

« Aux portraits de la période républicaine du début du XVIe siècle empreints de gravité succèdent les représentations héroïques d’hommes de guerre, symboles des conflits militaires et politiques amenant les Médicis à prendre le pouvoir sur Florence en 1530. Viennent ensuite les portraits de cour, qui se distinguent par leur richesse et leur élégance, et les portraits d’artistes, témoins du rôle nouveau que s’attribuent les peintres de cour, s’ouvrant à d’autres formes d’art comme la poésie et la musique. »

Photographies du haut : « Agnolo Bronzino. Portrait d’Eléonore de Tolède. 1522, huile sur bois, 59 x 46 cm. Prague, NárodnÍ Galerie. © National Gallery of Prague 2014. » J'ai choisi ce portrait dans les images accessibles pour la qualité des détails.

Photographie de gauche : « Girolamo Macchietti. Portrait de jeune femme au bouquet de fleurs. 1570, huile sur bois, 58,5 x 44,5 cm. Collection particulière. © Collection particulière. » Ce portrait est très 'moderne'... le XVIe siècle étant le début de l'ère moderne. Il ressemble à certains tableaux du XIXe et pour les traits même à certains du XXe siècle.

Photographies ci-dessous : « Santi di Tito et atelier. Portrait de Marie de Médicis. 1600 env., huile sur toile, 194 x 111 cm. Florence, Galleria Palatina. © Soprintendenza Speciale per il Patrimonio Storico. Artistico ed Etnoantropologico e per il Polo Museale della. Città di Firenze - Gabinetto Fotografico. » Contrairement au précédent, le personnage est présenté dans une rigidité maniérée.

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Migrations divines

Jusqu'au 16 novembre 2015 le MuCEM (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée) à Marseille présente l'exposition temporaire : Migrations divines.

Le thème est particulièrement intéressant. Quand je suis allé visiter Pompéi (détruite en l'an 79 après J.-C.), j'ai vu que les archéologues y avaient découvert une statue hindoue ! Les  mélanges de dieux se sont produits de tous temps. Dans les saints catholiques certains ont une origine gauloise. Le musée des arts asiatiques - Guimet possède des exemples fabuleux de représentations antiques de dieux bouddhiques, provenant d'Afghanistan, ressemblant à des divinités grecques. Etc.

Je n'ai pas plus d'informations sur cette exposition. Ce que je sais que le MuCEM est une boîte de verre et de béton posée sur le vieux port de Marseille bloquant le magnifique horizon de la mer méditerranée ou du port de Marseille (pour ceux qui viennent de la mer). Voir ici ou ici. Dernièrement j'ai entendu vanter ce bâtiment par un architecte de la DRAC (Direction régionale des Affaires culturelles) en charge de la conservation de notre patrimoine culturel !

Photographie : Tête de Vajrapani-Héraklès. Vajrapani provient du panthéon bouddhique et Héraklès est un demi-dieu grec. © Fondation Gandur pour l’Art, Genève. Photographie d'André Longchamp.

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De Colomban à Luxeuil, de Luxeuil à l'Europe, des manuscrits en héritage.

Luxeuil-les-Bains est une ville située dans le département de la Haute-Saône, en région Franche-Comté. Son histoire remonte aux Gaulois. Elle a vu passer les Romains, Attila, les Sarrasins, les Normands ! Et j'en passe sans doute ! On comprend pourquoi un Musée des anciens combattants y a été créé !

Il y en aussi un consacré à l’archéologie avec des objets gallo-romains et aux peintres régionaux. Il est situé dans la Tour des échevins.

La dentelle à l'aiguille de Luxeuil étant connue et reconnue à partir du milieu du XIXe siècle, on y trouve un Conservatoire de la dentelle.

Mais ce qui fait véritablement la réputation de cette cité depuis des temps ancestraux (déjà sous les Gaulois) ce sont ses thermes !

Cette ville possède plusieurs hôtels particuliers datant, pour la plupart, du XVe siècle, mais aussi des XVIe et XVIIe.

Son histoire est longue. Le moine irlandais saint Colomban (v543-615), mort il y a exactement mille-quatre-cents ans, y fonda avec les moines de sa confrérie un monastère et une doctrine qui se répandit.

L'exposition intitulée De Colomban à Luxeuil, de Luxeuil à l'Europe, des manuscrits en héritage, organisée du 10 septembre au 30 octobre 2015 dans le Musée de la tour des échevins, présente des manuscrits du VIIe siècle au IXe, provenant du scriptorium (atelier de copistes d'un monastère) de Luxeuil ou d'autres centres de productions liés à la vie et l'oeuvre de ce saint (voir une petite présentation ici) dont les 'règles' influencèrent les monastères chrétiens qui essaimèrent rapidement dans toute l'Europe et qui furent même à la fondation de l'Europe moderne.

Élevée en 590, l'abbaye Saint-Colomban fut aux VIIe et VIIIe siècles un lieu central de la doctrine chrétienne, avec son école monastique et ses copistes à l'origine de l’écriture dite 'de Luxeuil', proche du milieu royal. Ce lieu a été rebâti et ses bâtiments sont aujourd'hui des XVIIe et XVIIIe siècle.

C'est un plaisir de constater l'organisation d'une telle exposition. L'époque médiévale d'avant le XVe siècle est peu connue et peu exposée, alors qu'en France ce fut un moment extrêmement riche et inspirant, aux fondements de l'Europe.

Photographie de gauche : « Codex Amiatinus 1 (début du VIIIe siècle), bibliothèque de Florence, fol. 5a. » Photographie provenant du dossier de presse.

Photographie de droite : Page d'un manuscrit en latin (Sermones de l’évêque Maximus de Turin) de vers 700. Cet ouvrage probablement écrit à l’Abbaye de Luxeuil « fait partie des plus anciens livres de la Bibliothèque abbatiale de Saint-Gall, conservés avec leur reliure originale ». Photographie provenant du dossier de presse.

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Le verre au quotidien : usages et techniques en Alsace et en Lorraine de l’Antiquité à nos jours.

Lalique est une fabrique créée par René Lalique (1860-1945) en 1888. Elle continue de produire dans son unique site, fondé en 1921 à Wingen-sur-Moder en Alsace, en utilisant les mêmes techniques qui ont fait sa réputation. Celle-ci est particulièrement attachée à sa production de bijoux Art-nouveau et d'objets en verre (flacons de parfum, arts de la table, objets décoratifs, lustres, vases...). Ce n'est qu'après sa mort, en 1945, que son fils Marc Lalique ajoute le travail du cristal.

Le musée Lalique (ouvert en juillet 2011) se situe dans la même ville que la manufacture. Il présente près de 650 pièces (bijoux, dessins, flacons de parfum, et autres objets en verre et en cristal) et une exposition temporaire. La dernière en date, programmée jusqu'au 1er novembre 2015, est sur Le verre au quotidien : usages et techniques en Alsace et en Lorraine de l’Antiquité à nos jours. C'est donc l'histoire du verre dans cette région qui nous est contée.

Photographie de gauche : « Marchand de verre ambulant. 1 ère moitié du XVI e siècle in les Cris de Paris. © BnF. »

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Trésors de l'église Saint-Sulpice de Paris

Cet article fait suite à celui sur la Restauration des peintures murales d'Eugène Delacroix de l'église Saint-Sulpice à Paris. Celle-ci possède d'autres œuvres importantes en son sein. Je vais m'attarder sur deux d'entre elles : la chapelle de la Vierge et les boiseries de la sacristie des messes.

La chapelle de la Vierge, construite au XVIIe siècle par Louis Le Vau (1612-1670) et décorée au XVIIIe dans un style baroque, contient une statue d'une Vierge à l'Enfant de Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785) avec de chaque côté une peinture (pour le moment elles sont enlevées pour restauration) de Carle van Loo (1705-1765) et des colonnes de marbre provenant des ruines de la ville romaine de Leptis Magna (dans l'actuelle Libye), ainsi qu'une magnifique coupole peinte par François Lemoyne (ou François Le Moine : 1688-1737, professeur notamment de François Boucher et de Charles Natoire). Cela forme un ensemble magnifique malheureusement très mal éclairé par une lumière jaune/orangée qui devrait être bientôt changée. Plus d'informations sont disponibles ici.

Photographie de gauche : Coupole avec oculus situé devant la chapelle, au-dessus du déambulatoire, près de l'autre coupole peinte par François Le Moine. © LM.

Les boiseries de la sacristie des messes, datant de 1735, ont été offertes par le ministre des Finances de Louis XV à l'occasion de son mariage (du ministre). Elles ont été récemment restaurées. Le plafond est en pierre d'époque du XVIIe siècle. Ci-dessous sont présentées quelques photographies (© LM) de cette sacristie.

L'église possède aussi un grand orgue construit par François-Henri Clicquot entre 1776 et 1781, un gnomon (mesurant précisément la position du Soleil) installé au XVIIIe siècle, des vitraux du XVIIe siècle, une chaire construite en 1788 en chêne et marbre (avec deux statues en tilleul doré, des bas reliefs en bronze dorés et un abat-voix en bois doré) à l'architecture remarquable car ne reposant que sur ses deux escaliers, deux tridacnes (grands coquillages) offerts à François Ier (1494-1547) par la République de Venise et montés en bénitiers sur des socles de Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785), une statue de saint Jean-Baptiste par Boizot (1743-1809), un tombeau de 1753 sculpté par René-Michel Slodtz (1705-1764) et plusieurs fresques du XIXe siècle.

Photographies ci-dessous : Partie du transept nord de l'église. © LM.

Photographies ci-dessous : Autres vues de l'intérieur de l'église. © LM.

Photographies ci-dessous : À gauche - L'un des deux escaliers de la chaire de 1788 avec une des statues en tilleul doré. À droite - Escalier en colimaçon en pierre. © LM.

Photographies ci-dessous : Fontaine Saint-Sulpice érigée de 1843 à 1848, sur la place du même nom. Elle est aussi appelée par dérision fontaine des quatre points cardinaux car quatre statues d'évêques de l'époque de Louis XIV, jamais nommés cardinaux, font chacun face à un point cardinal.

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Le siècle de François Ier

Depuis le 7 septembre et jusqu'au 7 décembre 2015, le château de Chantilly fête François Ier (1494-1547) et le cinq-centième anniversaire de la bataille de Marignan (1515) avec l'exposition Le siècle de François Ier. Deux-cents œuvres mettent en lumière la régénération des arts et des lettres grâce à la volonté du roi de faire renaître la France. C'est la troisième Renaissance que connut ce pays après celles des IXe et XIIe siècles.

Je n'ai pas vu cette exposition. J'espère que contrairement à celle qui a eu lieu à la Bibliothèque nationale et celle que l'on peut voir jusqu'au 18 octobre au château royal de Blois, elle met davantage en valeur le caractère novateur de la Renaissance française, le goût de François Premier pour les arts, notamment de l'Antiquité et des grands maîtres du XVIe siècle, ainsi que la régénérescence de tous les arts décoratifs (architectures, céramiques, sculptures, peintures etc.).

Photographie du haut : Fleurs de lys.

Photographie de droite : Détail d'une enluminure de « Les Trois premiers livres de Diodore Sicilien, historiographe grec. Traduit par Antoine Macault. Enluminé par Jean Clouen, Noël Bellemare et le Maître de François de Rohan. Parus en 1534. » © Bibliothèque et archives du château de Chantilly.

Photographie de gauche : « Deuxième livre de l’Iliade Homère, traduit par Hugues Salel Vers 1540. » © Bibliothèque et archives du château de Chantilly.

Photographie ci-dessous : Détail d'un dessin de « La Bataille de Marignan. Attribué au Maître de la Ratière. Milan, vers 1515. » © Bibliothèque et archives du château de Chantilly.

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Osiris, mystères engloutis d'Égypte.

Du 8 septembre 2015 au 31 janvier 2016 l'Institut du monde arabe révèle « les dernières découvertes sous-marines de Franck Goddio et de ses équipes, et notamment les vestiges de la cérémonie des mystères d’Osiris qui étaient célébrés dans les villes de Thônis- Héracléion et Canope » dans l'exposition Osiris, mystères engloutis d'Égypte. Celle-ci présente deux-cent-cinquante antiquités directement issues de ses fouilles, et quarante-trois prêtées pour la première fois par les musées du Caire et d'Alexandrie.

Il s'agit d'une exposition exceptionnelle, nous plongeant dans les mystères d'Osiris. Les objets, pour certains monumentaux et d'autres que l'on ne peut apprécier qu'avec une loupe, apparaissent dans un parcours particulièrement sombre, comme sans doute c'était le cas lors des mystères d'Osiris (une supposition), à moins que cette semi-obscurité soit là pour nous rappeler les conditions d'extraction de ces œuvres de la mer. C'est le second thème de l'exposition : les dernières découvertes sous-marines de Franck Goddio qui rappelle que certains des objets présentés l'étaient seulement dans le cadre de l'initiation à ces mystères.

En 1881, à Kom el-Hisn (238 av. J.-C.), la découverte d'une stèle, dite de Canope, renseigne sur un grand temple d’Amon Géreb situé dans une ville nommée Héracléion où étaient célébrées, comme dans la plupart des villes d’Égypte, les cérémonies des mystères d’Osiris. « Elles se terminaient, selon le texte de la stèle, par une longue procession nautique sur les canaux qui emmenait Osiris du temple d’Amon Géreb à son sanctuaire de la ville de Canope. » « Sous l’égide de Franck Goddio, la mission de l’Institut Européen d’Archéologie Sous-Marine (IEASM) a découvert, à quelques kilomètres d’Alexandrie, les cités de Thônis-Héracléion et de Canope submergées depuis le VIIIè siècle en baie d’Aboukir, ainsi que des vestiges des temples mentionnés dans le Décret. Les fouilles sur ces deux sites ont mis au jour de nombreux témoignages archéologiques en relation directe avec les « Mystères d’Osiris » : monuments, statues, instruments rituels, offrandes cultuelles... attestant ainsi de la célébration des « Mystères », en ce lieu. Cette célébration initiatique d’une durée de 21 jours commémorait, perpétuait et renouvelait la légende fondatrice de l’Égypte. » L'exposition essaie, à travers les objets découverts de nous faire revivre ces mystères.

L'Égypte antique est aux sources de la civilisation judéo-chrétienne, son ancêtre, et de la gréco-romaine. Dans les représentations anciennes d'Osiris et d'Isis on retrouve les canons hiératiques des Kouroï et Korai. Certains prétendent même que le nom de Paris viendrait de « bar Isis » : la barque d'Isis.

Pour finir, une petite anecdote : Lorsque je faisais des recherches sur les représentations de la Comédie nouvelle gréco-romaine j'ai demandé au musée du Vatican de pouvoir prendre des photographies de terres cuites antiques d'acteurs. La personne qui m'a conduit dans les réserves ne me montrait que des figurines d'Osiris (je pense que c'était lui) en érection... ce qui à force a fini par un peu m'agacer... et il y en avait vraiment beaucoup...

Photographie du haut : « Tête de prêtre, Port oriental d'Alexandrie, Égypte ». Iconographie provenant du dossier de presse de l'exposition.

Photographie de gauche : Statue monumentale en granit, de 5,4 mètres de haut, représentant Hâpy, dieu de la Fertilité, portant des offrandes aux dieux. © Photographie LM.

Photographie de droite : Reine vêtue en Isis (Thônis- Héracléion). Époque ptolémaïque (-305/-30). Granit noir (Musée national d'Alexandrie – IEASM). Elle porte la perruque et la robe traditionnelles avec le nœud dit « d'Isis ». © Photographie LM.

Photographie ci-dessous : Je n'ai pas pris la référence de cette représentation d'Osiris. © Photographie LM.

Photographie ci-dessous : « Canope. Statue de reine. 3e siècle avant notre ère. Granit noir (Musée des antiquités de la Bibliotheca alexandrina – IEASM). Le nœud joignant les extrémités du châle identifie probablement Isis, incarnée par Arsinoé II, manifestation d'Aphrodite, la déesse de la beauté. Ptolémée II (-308 : -246), son époux et frère, en imposa le culte. » © Photographie LM.

Photographies ci-dessous : À gauche - « Canope. Buste d'un dieu, probablement le dieu du Nil. Époque romaine, 2e siècle. Grauwacke (Musée maritime d'Alexandrie – IEASM). Sculpture typiquement romaine de dieu-fleuve. À droite - « Port oriental d'Alexandrie. Prêtre portant un vase. Granit noir (Musée national d'Alexandrie -IEASM). Le jeune prêtre porte le vase d'où émerge Osiris, dont le culte s'est répandu chez les Romains. » © Photographie LM.

Photographie ci-dessous : « Tanis. Aiguière. 21E Dynastie (vers -900). Or (Musée égyptien du Caire). Vase sacré pour libations et consécrations. L'inscription l'attribue au roi pour lequel il a été fait, et au dieu qui l'accueille : « Le dieu parfait Amenemopé-aimé-d'Amon, aimé d'Osiris seigneur d'Abydos. » » © Photographie LM.

Photographie ci-dessous : M. Franck Goddio. © Photographie LM.

Photographie ci-dessous : Objets monumentaux présentés à l'extérieur de l'exposition dans une sorte de boîte bleue. © Photographie LM. Au milieu se trouve la stèle dite de Ptolémée VIII érigée devant le temple d'Héracléion, datant du IIe siècle avant J.-C. Elle fait à peu près six mètres de haut ! Deux colosses l'entourent avec à sa droite une reine et à sa gauche un roi. Ils datent de l'époque ptolémaïque (323 à 30 avant J.-C.). Voir la vidéo de cet article de Le Point.

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (1) : Vous avez dit « création », « architecture » et « patrimoine » ?

Mme le ministre de la Culture a présenté le 8 juillet un Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine, visible sur légifrance ici et le dossier législatif ici,  et sur le site de l'Assemblée nationale ici (dossier législatif ici).

Comme tous les projets de loi, exceptés ceux présentés en urgence, celui-ci doit faire deux navettes au Parlement, c'est à dire être soumis une première fois à l'Assemblée nationale, puis au Sénat, puis de nouveau dans chacune de ces assemblées avant d'être définitivement voté (en 'urgence' il n'y a qu'une seule navette).

J'analyse ce projet de loi dans quatre premiers articles publiés les prochains lundis. Dans celui-ci je vais commencer par faire un bilan de la situation de notre patrimoine culturel, en particulier au niveau de la sauvegarde de notre patrimoine architectural ancien qui me semble exemplaire de la situation actuelle. Dans le second j'exprimerai mon avis sur le texte dans son ensemble. Dans le troisième j'irai un peu plus dans les détails du titre I, et dans le quatrième dans la suite de ce projet de loi.

Ce texte est un « projet ». Il sera largement amendé lors de ses passages au Parlement (Assemblée nationale et Sénat), avant d'être voté pour ou contre dans son ensemble et devenir une « loi ». Nous suivrons donc dans ce blog sa pérégrination législative, ce qui prendra plusieurs mois.

Cette rédaction législative, dès son titre, annonce qu'elle traite de « création », « architecture » et « patrimoine ». Je vais ci-dessous faire un succinct bilan de l'évolution de la politique culturelle en France ces dernières années, en particulier du patrimoine architectural parisien dont j'ai quelque peu suivi l'évolution ces derniers mois dans ce blog.

Le LOUVRE est sans aucun doute un symbole de la désagrégation de notre univers culturel. Il s'est agrandi en ce que j'appelle de l'architecture RER pour devenir un centre commercial (voir ici). À cela s'ajoute la création du Louvre-Lens et le transfert des réserves du Louvre vers celui-ci, Paris, devenant une succursale de Lens. Tout cela se fait en dehors de toute démocratie. La plupart des conservateurs du Louvre sont contre ce transfert : voir les entretiens que La Tribune de l'Art a réalisé avec plusieurs d'entre eux ici. La création du Louvre Abou Dabi (voir ici) est quant à elle une opprobre éthique et intellectuelle. Ce manque de démocratie se voit partout, comme pour la création de la TOUR TRIANGLE. Le 17 novembre 2014 le conseil de Paris a voté contre la construction de cet immeuble. Qu’à cela ne tienne, Madame le maire de Paris a fait changer légèrement le projet et l'a présenté à nouveau au même conseil qui cette fois a voté pour, le 30 juin 2015. Du reste dès que le peuple s'exprime il est rapidement mis au pas, comme pour les cadenas du pont des arts (voir ici) où on n'a même pas cherché le compromis. La façon dont la mairie a aussi mis la main dernièrement sur la COMMISSION DU VIEUX PARIS (institution datant de 1897 et n'ayant qu'un avis consultatif) en est un autre exemple, notamment en mettant à sa présidence Bernard Gaudillère, contrôleur général économique et financier au ministère de l’Économie et depuis 2008 adjoint au maire de Paris chargé du budget, des finances et du suivi des sociétés d'économie mixte (voir ici). Cette personne n'a pas un grand bagage culturel n'est-ce-pas ?

Le manque de compétence de nos dirigeants notamment dans le domaine culturel semble même être devenue une raison de leur choix. Sans m'en prendre aux personnes, il est évident que Madame le ministre de la Culture, avant d'avoir ce poste ne possédait dans son curriculum vitae presque rien en rapport avec la culture. Du reste ces dirigeants choisissent souvent les argumentations les plus simplistes pour prendre leurs décisions. Tout ceci est d'autant plus regrettable qu'il y a une grande quantité d'universitaires compétents et sur-diplômés dans le domaine de la culture qui ne trouvent pas de travail.

On observe aussi un manque d'éthique de nos dirigeants, concernant l'art contemporain (voir ici), qui aiment le moderne pour le moderne, même s'il est foncièrement odieux et le revendique. Les dirigeants du CHÂTEAU DE VERSAILLES s'investissent particulièrement dans cette direction (voir ici) dans leurs choix d'oeuvres contemporaines heureusement éphémères (« le vagin de la reine » d'Anish Kapoor...), mais n'hésitant pas aussi à construire un jardin moderne en plein Versailles (voir ici), ou bien cherchant à privatiser des parties du château comme en créant un hôtel dans trois bâtiments : le Grand Contrôle, le Petit Contrôle, et le Pavillon des premières cent marches (voir ici). Le paroxysme de la débilité a sans doute été la première exposition contemporaine présentée l'année dernière à la MONNAIE DE PARIS, qui était jusqu'à peu la plus vieille institution de France (fondée au IXe siècle dans ce même lieu). Cette exposition présentait à son entrée des godemichets géants et dans plusieurs salles des milliers d'autres en chocolat et des "fuck" inscrits partout (voir ici). Du reste ses bâtiments sont actuellement en 'rénovation' dans le style architecture RER.

Enfin il y a une opacité et du gaspillage d'argent. Prenons l'exemple des HALLES DE PARIS. La construction (après avoir détruit celles d'époque Napoléon III) de celles-ci s'est terminée en 1985 dans le pur style RER. Cependant elle était déjà considérée comme vétuste 19 ans après (en 2004) ! Que s'est-il passé ? La raison en est très certainement le désamiantage du lieu. Des millions de personnes sont passées dans cet endroit, et des centaines y travaillaient ! Évidemment cela fait mauvais genre. Cela expliquerait en partie le prix exorbitant de ces travaux. Quand on se rend là-bas, on observe que tous les étages en sous-sol constituant la presque totalité des Halles n'ont presque pas été touchés. Seuls la cour et le rez-de-chaussée avec sa grande 'canopée' sont véritablement nouveaux (je ne parle pas des jardins). Comment alors se fait-il que la facture s'élève aujourd'hui à 200 millions d'euros ? Pendant ce temps l'État vend de ses HÔTELS PARTICULIERS PARISIENS du XVIIIe siècle qui plus est parfois à des prix dérisoires. Dans un article (voir ici) je donne les noms de l'HÔTEL KINSKY (XVIIIe siècle) vendu à une famille princière du Qatar en 2006 pour la moitié de son estimation, l'HÔTEL DE BROGLIE (XVIIIe siècle) cédé en 2013, l'HÔTEL DE CLERMONT (construit en 1708). En cherchant je pourrais en trouver d'autres comme l'HÔTEL DE FLEURY (Hôtel Brochet de Saint-Prest, construit en 1772) vendu à une société foncière, etc. Certains ministères, comme celui de la Défense, qui investissent dans de nouveaux bâtiments revendent un grand nombre des plus anciens en leur possession.

Ce manque de goût et cette inclination pour la destruction et l'abject se retrouvent dans les trop nombreuses inepties architecturales entreprises sur nos bâtiments anciens (voir ici). La 'réhabilitation' de ces lieux est souvent désastreuse. Si on observe dans les détails celle de l’HÔTEL SALÉ (XVIIe siècle) on constate une modernisation nocive. Qu'est-on en train de faire de L'HÔTEL TUBEUF du XVIIe siècle (site Richelieu de la Bibliothèque nationale) en travaux depuis des années ? Même la TOUR EIFFEL a été en partie modernisée : suppression et vente aux enchères d'escaliers, mise en place d'un parquet de verre au premier étage etc.

Les inscriptions au titre des monuments historiques n'empêchent même plus les destructions. L'ensemble du JARDIN DES SERRES D'AUTEUIL y est inscrit, et pourtant le projet est d'en démolir une partie pour agrandir le stade Roland-Garros. Que dire de la MÉDIATHÈQUE FRANÇOISE SAGAN construite dans un bâtiment classé du XIXe siècle ? Il n'a été gardé que les façades et deux escaliers. Tout l'intérieur vient d'être détruit, ainsi que les sous-sols sans doute médiévaux (voir ici).

Le béton entre même au MUSÉE DE CLUNY, d'époque antique et médiévale (voir ici). Les travaux prévus à la Monnaie de Paris sont eux aussi du bétonnage. Que va devenir le garde-meuble de Louis XV de la place de la Concorde ? Comment va se passer la restauration et la réhabilitation du musée Carnavalet ?

D'autres services publics vendent au privé comme l’HÔTEL DE MIRAMION (XVIe-XVIIe siècles, inscrit au titre des monuments historiques en 1926) vendu par l'APHP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris) qui cède petit à petit une partie de son patrimoine ancien ou le déplace tel l’hôtel Texier du XIXe siècle, dénaturant le lieu. Toute la France est touchée par cette vente du patrimoine public. J'ai appris par hasard qu'en 2010 l'ancien GARDE-MEUBLE DE LOUIS XVI du Château de Versailles, classé monument historique, a été cédé par le conseil général des Yvelines à un groupe privé qui le destine à être découpé en habitations, comme il le fait pour beaucoup d'autres monuments classés dans tout l'hexagone (voir ici).

Les bâtiments publics sont loin d'être les seuls à être malmenés. Que devient l'HÔTEL LAMBERT (XVIIe siècle) de même que l'HÔTEL DE CRILLON, tous deux en travaux depuis des années ? Est-ce qu'on y construit des garages et autres joyeusetés ? LVMH veut quant à lui détruire l'un des premiers grands magasins : la SAMARITAINE, inscrite au titre des Monuments historiques. En attendant il laisse depuis dix ans le lieu entièrement pourrir (voir ici). Plusieurs bâtiments Art-nouveau et Art-déco dans Paris ont déjà été démolis. Les architectes des bâtiments de France demandent que seules les façades soient conservées. Tout est entièrement enlevé et remplacé à l'intérieur. Parfois les façades n'ayant plus leur support d'origine tombent en lambeaux et des filets sont installés pour que cela ne retombe pas sur des passants comme pour l'immeuble FÉLIX POTIN qui était de 1904 (il ne reste que les deux façades qui depuis des années sont en partie couvertes de filets). De l'extérieur rien n'est visible ; mais à l'intérieur c'est de l'architecture RER. La PISCINE MOLITOR est dans ce domaine exemplaire. Elle aussi était classée. Pourtant seuls le mur extérieur a été conservé, tout l'intérieur détruit (voir cette photographie) puis reconstruit dans le style de l'époque. C'est ce qu'on appelle du 'façadisme' (voir ici), ce qui consiste à tout détruire sauf la façade. Un des premiers de ce genre de destruction est celle de la MAISON DORÉE, célèbre restaurant situé au 20 boulevard des Italiens à Paris, construit en 1839, et évidé à la fin des années 1970 pour que la BNP y installe ses bureaux. Depuis, à Paris, et sans doute dans le reste de la France, des bâtiments anciens sont détruits de l'intérieur comme le MUSÉE NATIONAL DES ARTS ASIATIQUES - GUIMET, inauguré en 1889, dont il ne reste plus que la rotonde et les façades d'origine. On a aussi détruit la manière de présenter les collections de ce musée à sa genèse, comme pour le MUSÉE DE L'HOMME ouvert dans l’aile Passy du PALAIS DE CHAILLOT. La 'rénovation' (réouverture le 17 octobre prochain) de ce bâtiment inauguré en 1937 a été en partie destructive, comme pour le GRAND-PALAIS (voir la fin de cet article), etc.. Que va devenir le GRENIER DES GRANDS-AUGUSTINS, hôtel particulier du XVIIe siècle que la mairie de Paris souhaite voir se changer en complexe hôtelier (voir ici) ?

Paris n'est pas le seul endroit en France qui est touché par cette politique culturelle. À Nantes j'ai découvert (voir ici) qu'on avait détruit une partie de l'intérieur du Château des ducs de Bretagne se situant dans la résidence ducale du XVe siècle pour y « faire passer plus de lumière » m'a-t-on dit, et que l'on était en train de moderniser en creusant un bâtiment inauguré en 1900 aujourd'hui musée des beaux-arts de Nantes, ce que j'ai pu constater directement. Je me suis aperçu par hasard que le château de Saint-Brisson-sur-Loire a été vendu par la commune et que son intérieur est en voie de dilapidation (voir ici). Je suppose que ce n'est pas le seul cas à déplorer.

On assite à la main mise sur le patrimoine de villes entières par des fondations privées comme pour BELFORT (en 2012) ou ABBEVILLE (en 2015) dont la gestion est 'confiée' à la Fondation du patrimoine dont le président, Charles Wiener de Croisset, né à New-York, est aussi conseiller international chez Goldman Sachs et vice-président de Goldman Sachs Europe (voir ici).

Les exemples que je donne ici sont des observations faites lors de mes visites, promenades et lectures de communiqués de presse ou autres. Je n'ai pas fait de recherches spécifiques sur ce sujet. Simplement j'ouvre les yeux. Il ne s'agit sans doute que de la partie émergée de l'iceberg.

Les trois-quarts des constations de cet article sont des outrages sur des bâtiments publics faits par ceux-là qui sont censés conserver notre patrimoine, ce qui est effrayant. Il est certain que le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine, particulièrement indigeste et fourre-tout, dont une grande partie demande de légiférer par ordonnances, c'est à dire en dehors de débats au Parlement, est loin d'être rassurant !

Suite lundi prochain avec l'article intitulé : Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (2) : Une vision d'ensemble chaotique.

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Restauration des peintures murales d'Eugène Delacroix de l'église Saint-Sulpice à Paris

 

L'église Saint-Sulpice, du XVIIe siècle, est particulièrement splendide avec ses nombreuses colonnes s'élevant haut dans le ciel. Son intérieur conserve de véritables trésors dont trois peintures monumentales d'Eugène Delacroix (1798-1863). Je parlerai des autres éléments patrimoniaux dans un second article.

Tout d'abord il faut dire que, comme dans de nombreuses églises parisiennes, des infiltrations d'eau endommagent grandement de nombreuses peintures. Voici ci-dessous à gauche une photographie que j'ai prise à l'église Sainte-Eustache et à droite dans l'église Saint-Sulpice au mois de juillet 2015. Ce ne sont que quelques exemples parmi beaucoup d'autres.

Pour préserver ces bâtiments et leurs trésors, il est évident que l’État et la mairie de Paris manquent d'argent, préférant rembourser à l'infini les taux d'intérêt de leurs dettes (celle de l’État vient de dépasser les deux mille milliards d'euros) ou dépenser leur temps et le reste de leurs finances à 'aider' des artistes contemporains millionnaires et décadents.

La restauration des fresques d'Eugène Delacroix (1798-1863), se trouvant dans la chapelle des Anges de l'église Saint-Sulpice, demande à elle seule au moins 450 000 EUR. Jusqu'à présent la souscription n'a obtenu que 34 000 EUR et la DRAC (Direction régionale des Affaires culturelles dépendant du ministère de la Culture et de la Communication) a octroyé 44 000 EUR. Les souscriptions sont ouvertes jusqu'à la fin de la restauration. La mairie engagera le complément ; mais la somme débloquée réduira d'autant l'argent restant pour d'autres rénovations. Je sais, parler d'argent est bourgeois et assez vil. Il y a encore quarante ans c'était même considéré comme vulgaire en France.

Les fresques de Delacroix de l'église Saint-Sulpice sont exceptionnelles pour plusieurs raisons. D'abord elles sont parmi les dernières grandes peintures accomplies par ce peintre qui décède deux ans plus tard. Artiste athée, elles démontrent combien la spiritualité n'a rien a voir avec la religion, cette dernière n'étant qu'un langage créé par l'homme pour parler de ce qu'il ne comprend pas.

Elles sont au nombre de trois. Le sujet de La Lutte de Jacob avec l'Ange, pourrait être celle de l'esprit et de la matière, de l'artiste face à son sujet, d'Eugène Delacroix face à cette peinture et ce mur devant lequel il passa plusieurs mois (je crois de 1854 à 1856) à chercher à le rendre imperméable afin que son œuvre reste dans le temps, choisissant finalement un mélange de cire et d'huile. Celles-ci restent cependant fragiles et furent restaurées en moyenne tous les trente ans. Par exemple en 1977 on employa un nouveau procédé de résine qui a laissé des traces. Cette restauration fut confiée à une entreprise privée qui existe toujours mais qui refuse d'ouvrir ses archives ! D'autres restaurations précédentes ont par exemple repeint par-dessus certaines parties (voir l'exemple des anges ci-dessous) etc.

La nouvelle restauration débutera ce mois d'octobre 2015 par une étude approfondie de ces peintures afin d'employer les meilleurs (espérons-le) procédés. La restauration proprement dite commencera en février pour six ou sept mois. Il est aussi prévu de restaurer le reste de cette chapelle (le vitrail, changer les lumières...).

C'est donc le moment, en ce mois de septembre, d'aller contempler ces peintures avant qu'elles ne soient plus accessibles pendant plusieurs mois.

Photographies du haut : À gauche - Place Saint-Sulpice avec sa fontaine et son église. À droite - Plafond de la chapelle des Anges de l'église Saint-Sulpice avec Saint-Michel terrassant le Dragon par Eugène Delacroix. © LM.

Photographie de droite : Héliodore chassé du temple. Mur gauche de la chapelle des Anges. © LM.

Photographie de gauche : Lutte de Jacob avec l'Ange. Mur de droite. © LM.

Photographies ci-dessous : À gauche - Un des anges du plafond sans doute redessiné au dessus de l'original. À droite - On devine un ange tel qu'il devait être, c'est à dire sur un fond bleu lapis-lazuli. © LM.

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Château de Saint-Brisson-sur-Loire : une dilapidation annoncée à plus ou moins long terme !

Voici un nouvel exemple de la gestion calamiteuse de notre patrimoine par nos instances publiques. Il n'est pas nécessaire d'être devin pour connaître le futur du château de Saint-Brisson-sur-Loire si on n'arrête pas dès à présent le processus.

Il s'agit d'un magnifique bâtiment féodal dont le début de la construction remonte au XIIe siècle. C'est le château de la Loire situé le plus en amont sur le fleuve.

Il est légué à la commune de Saint-Brisson-sur-Loire en 1987. Celle-ci s'en 'débarrasse' en 2015 en le vendant à une société, créée en juin 2014 par un particulier possédant deux autres châteaux, dont le but est l'exploitation touristique de tels lieux. Voilà un autre exemple de bien public illustre vendu au privé.

D'abord il y a le souci de l'évolution et de la pérennité de cette société. Qu'est-ce qui l'empêche de péricliter et d'être rachetée par une chaîne hôtelière ou pire ?

Le château a déjà commencé à être amputé de son intérieur avec une vente d'objets lui appartenant pendant trois jours à partir du 4 octobre. Sur le site d'Interenchères on apprend que seront liquidés par la commune les objets précieux qu'il y avait dans ce lieu : « bijoux anciens », « dentelles, argenterie et orfèvrerie du XVIIIème siècle, collection de boutons de livrées aux armes de nombreuses familles de la région, nombreux étuis en or, boites précieuses, magnifiques flacons à sels d’époque Napoléon III, plusieurs coffrets de voyage d’époque XVIIIème et XIXème siècles, important lot de miniatures du XVIIIème et XIXème siècles, nombreuses garnitures de cheminées, pendules en bronze doré », des statues et bronzes d'artistes reconnus du XIXe siècle, des portraits du XVIIIème et XIXème, et d'autres meubles, mobiliers, objets et œuvres d'art de ces siècles.

Sur cette page d'Interencheres il est aussi indiqué : « Il ne s’agit pas de démeubler le château mais de permettre à la commune de réaliser la vente d’objets trouvés dans les meubles et greniers, dans leur ambiance, dans ce merveilleux château. Chacun pourra acheter un objet chargé d’histoire à partir de dix euro. » Il s'agit pourtant bien d'enlever une grande partie du mobilier de ce château et d'y soustraire une partie de son « ambiance » d'origine. On le voit, en province, comme à Paris, les représentations publiques savent utiliser la 'novlangue' qui arrive à dire que faire blanc c'est faire noir ou le contraire.

On peut être sûr que ce démembrement n'est qu'à son début. Les Monuments historiques ayant pris l'habitude de n'inscrire que partiellement de tels domaines il faut s'attendre, par son nouveau propriétaire ou d'autres futurs, à des aménagements modernes dénaturant le lieu. Déjà d'en enlever les objets lui appartenant supprime de son âme. Comme on peut le lire sur Wikipédia les Monuments historiques ont classé en 1993 : « le parc, la terrasse, les douves, le pont, le plan d'eau, le canal, le sous sol, la salle à manger, la cour et le bassin ». C'est à dire que l'on peut détruire ou remplacer tout le reste si on le souhaite comme c'est le cas très souvent aujourd'hui comme je l'ai montré dans de bien trop nombreux articles.

Photographie de gauche provenant du site Interencheres.com.

Photographie de droite provenant de Wikipédia.

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Nouvel hôtel particulier parisien du XVIIe siècle en péril ?

Après la vente d'hôtels particuliers du XVIIIe siècle par l’État (voir cet article), les travaux étrangement longs dans d'autres, etc. (voir mes nombreux articles sur la manière dont les instances publiques interviennent irrémédiablement sur un grand nombre de nos bâtiments anciens), voilà que maintenant je viens d'apprendre que Madame le maire de Paris vient d'autoriser la création d'un complexe hôtelier dans un hôtel particulier du XVIIe siècle, emblématique de la capitale, où de nombreux artistes habitèrent : le Grenier des Saint-Augustin au 5-7 rue des Grands-Augustins. Tout cela se fait non seulement sous les louanges de la mairie de Paris mais aussi du ministère de la Culture et du service Architecture de la DRAC (Direction régionale des Affaires culturelles).

Malgré la mobilisation contre (voir cet article du Figaro, le projet aura tout de même lieu toujours avec la société Helzear, mais avec la participation de la Fondation Maya Picasso pour l'Éducation Artistique servant de paravent.

Comme la façade est classée et les étages supérieurs inscrits au titre des Monuments Historiques, on peut s'attendre à de l'architecture RER ou au moins à un bétonnage intensif de tout le rez-de-chaussée et sans doute des sous-sols afin d'y aménager garages à voitures et autres joyeusetés, comme c'est aussi sans doute le cas à l'Hôtel Lambert, l'hôtel de Crillon et d'autres bâtiments historiques en travaux depuis des années (comme l'hôtel Tubeuf du site Richelieu de la bibliothèque nationale de France) avec grue etc., tout cela certainement pas pour rénover de la vieille pierre. Encore une fois, je ne comprends pas comment on peut se permettre cela dans des bâtiments classés.

D'abord arrêtons de classer des parties d'édifices mais des bâtiments entiers ! L'idée avait été prise autrefois de protéger seulement certaines façades car il n'existait pas encore les moyens modernes qui permettent de garder même ne serait-ce qu'un toit classé en détruisant tout le reste. On pensait permettre la conservation de tout un bâtiment en classant seulement une façade.

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Fondation du patrimoine : le patrimoine de villes entières 'offert' à une fondation privée.

La France s'est faite en partie par sa culture et son ardeur à en découvrir d'autres. La République française fut à l'initiative d'innombrables expéditions dans le monde entier financées par le ministère de l'Instruction publique, la Société de Géographie et une quantité d'autres services publics ou semi-publics, ainsi que d'une multitude d'expéditions archéologiques à l'origine notamment des importants centres culturels que sont les écoles françaises d'Athènes, de Rome, d'Extrême-Orient... dont le but est l'étude de ces cultures. L'Hexagone regorge de bibliothèques spécialisées, d'institutions culturelles, de musées... Il s'agit d'une véritable passion française pour la culture... toutes les cultures. Aujourd'hui parmi ces organismes on trouve les fondations privées. La mise sous tutelle du patrimoine public au profit de la haute finance ou d'autres intérêts privés s'accélère, voire la vente de celui-ci.

La Fondation du patrimoine a été créée par la loi du 2 juillet 1996. Il s'agit d'un organisme privé à but non lucratif, dont l'objectif est la défense et la valorisation du patrimoine en voie de disparition en particulier rural. Comme il est écrit sur son site : « Aux côtés de l’État et des principaux acteurs du secteur, elle aide les propriétaires publics et associatifs à financer leurs projets, permet aux propriétaires privés de défiscaliser tout ou partie de leurs travaux, et mobilise le mécénat d’entreprise. »

Cette fondation en abrite d'autres comme 'Belfort, ville patrimoine' créée en 2012. Cette année elle accueille sa quatorzième 'fondation abritée' et sa troisième conçue avec une collectivité territoriale : 'Fondation Abbeville patrimoine'. La signature de la convention pour la création de cette fondation aura lieu entre son président Charles Wiener de Croisset et Nicolas Dumont, maire d’Abbeville, président de la Communauté de communes de l’Abbevillois, 1er vice-président du Conseil régional de Picardie, le lundi 7 septembre dans le salon d’honneur de l’Hôtel de Ville d'Abbeville.

Quelques questions se posent :

- Qui tient les ficelles de la Fondation du Patrimoine qui est un organisme indépendant ? Pour information son président, Charles Wiener de Croisset (le 'de Croisset' a été ajouté par son grand-père Franz Wiener en 1911 qui obtint par le Conseil d'État ce changement), né le 28 septembre 1943 à New York, est un administrateur français d'entreprises cotées au CAC 40. Ce personnage est notamment, depuis mars 2004, conseiller international chez Goldman Sachs et vice-président de Goldman Sachs Europe.

- Comment une ville entière peut-elle mettre tout son patrimoine sous la tutelle d'un organisme privé ? L'organisation démocratique de la cité est mis de côté, ce qui pose un problème...

Cela se fait avec le soutien du ministère de la Culture, de l’État (DRAC), de conseils généraux (départements) et régionaux, de communautés de communes et des communes concernées bien sûr.

Photographie provenant du communiqué de presse de la Fondation du patrimoine concernant la Fondation Abbeville patrimoine.

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Garde-meuble de Louis XVI du château de Versailles

Beaucoup de ventes du patrimoine ancien public se font en dehors de toute publicité. J'ai appris fortuitement qu'en 2010 l'ancien garde-meuble (9 et 11 de la rue des réservoirs) du Château de Versailles, classé monument historique, a été vendu par le conseil général des Yvelines à un groupe privé qui le destine à des habitations.

Achevé en 1786, il est composé de deux immeubles se situant en face du château de Versailles et de ses réservoirs. Il contenait non seulement le garde-meuble de Louis XVI proprement dit mais aussi les appartements de l'intendant-général du garde-meuble et ceux de l'ensemble des personnes chargées de répertorier le mobilier royal.

Le groupe qui l'a acheté (sans doute pour la revente) « restaure » ainsi en logements (du T1 au T...) de nombreux monuments classés « monuments historiques ». Des châteaux en entier et d'autres bâtiments anciens sont ainsi divisés en appartements dans toute la France. Sur le site de ce groupe on en trouve des exemples, comme parmi d'autres : un château découpé en 52 appartements : « Une opération de restauration de 52 logements du T1 au T5 ».

Photographies : Prises sur Google Map.

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Millième article !

D'après les statistiques de mon blog cet article est le millième ! Pour fêter cela voici une photographie de l'arbre considéré comme le plus vieux de Paris. Il se trouve dans le petit jardin public René-Viviani, situé près de la cathédrale Notre-Dame, de l'autre côté de la Seine. Il s'agit d'un Robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) introduit en France et planté en 1601 par le botaniste Jean Robin. Ce jardin public entoure l’église médiévale Saint-Julien-le-Pauvre, datant du XIIe siècle, depuis la fin du XIXe siècle église grecque-catholique melkite de Paris. Les photographies ci-dessous montrent une des sirènes de chapiteaux médiévaux ornant cet endroit. Sur les sirènes voir l'article La Dentelle et l'habit masculin.

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Merveilleuses & merveilleux