Vente en catimini par le Ministère des Affaires étrangères du Palais Clam-Gallas de Vienne.

La semaine dernière j'ai écrit un article (voir ici) sur les ventes du patrimoine immobilier prestigieux du Ministère des Affaires étrangères, dont le palais Clam-Gallas à Vienne. J'en ai appris un peu plus dans la lettre d'information de la Tribune de l'Art faisant référence à un article du Point (voir ici), où il est écrit que Laurent Fabius a vendu « en catimi un joyau français au Qatar » : « À Vienne, le palais Clam-Gallas, le plus bel institut culturel français à l'étranger, a été cédé au Qatar sans le moindre appel d'offres. »

Il s'agit d'un palais viennois de style néoclassique, construit en 1834-1835. Ce siège de l'Institut français de Vienne en Autriche a été vendu malgré les oppositions, notamment du président de la République d'Autriche, du chancelier fédéral et du bourgmestre de la ville. En novembre 2015, au milieu du passage du Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine, la transaction a été finalisée et l'Institut français d'Autriche déménagé.

Pourquoi vendre le patrimoine français prestigieux ? L'endettement de la France dans ce cas n'est pas une raison, car l'apport de ce genre de vente est bénin par rapport à des milliards dépensés de manière absurde ; comme pour la filière nucléaire française où l’État gaspille des milliards pour renflouer EDF et Areva qui malgré tout continuent de s'endetter pour des projets voués à l'échec et dangereux. À cela s'ajoutent de nombreux autres exemples de dépenses faramineuses inutiles comme : des guerres entreprises par la France pour le compte des États-Unis ; un assujettissement à une Union Européenne qui fait de ce pays non seulement une région des États-Unis mais le guide dans une politique ruineuse... Et ce ne sont que quelques exemples de gabegies monstrueuses.

L'examen du projet de loi en dernière lecture au Sénat aura lieu en commission de la Culture ce mercredi 11 mai, et en séance publique les 24, 25 et 26 mai 2016.

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Fondation du patrimoine suite

Ceux qui ont lu ou liront les articles que j'ai écrits intitulés Fondation du patrimoine : Le patrimoine de villes entières ‘offert’ à une fondation privée et Les jeudis du mécénat, ou comment le service public culturel organise son retrait trouveront sans doute intéressant d'apprendre, comme je l'ai fait ici, que « le Ministère de la culture et de la communication a confirmé son engagement de soutien à la Fondation du patrimoine. Il annonce que le fruit des successions en déshérence, anciennement allouées à la Fondation du patrimoine à hauteur de 50 %, a été augmenté en concertation avec Bercy à 75 %. Cette annonce garantira ainsi une enveloppe de 6,5 millions d’euros pour l'année 2016, contre 4,5 millions d’euros initialement annoncés. »

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Sixième Salon du Disque des Puces de Paris Saint-Ouen

Les samedi 14 et dimanche 15 mai 2016 de 10 h à 18 h, le Marché Dauphine aux Puces de Paris Saint-Ouen propose son sixième Salon du disque, un exercice qui se prête bien à ce lieu (le marché aux puces de St-Ouen) depuis toujours tourné vers les modes de rue.

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Politique immobilière du Ministère des Affaires étrangères

Dans plusieurs articles de ce blog (comme ici) j'ai évoqué la vente de biens patrimoniaux appartenant à l’État ou à des organismes publics ces dernières années. Voici une intervention faite par Mme le sénateur Claudine Lepage évoquant cette fois les ventes de biens français à l'étranger lors de la défense d'un amendement qu'elle avait déposé sur l'article 23 du Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine :

« [...] Depuis 2010, effectivement, la politique immobilière du ministère des affaires étrangères n’est plus financée que par les cessions de biens, principalement à l’étranger, car aucun crédit d’investissement n’est plus inscrit au budget général. Outre des bureaux ou appartements, sans valeur historique ou culturelle particulière, des biens prestigieux et particulièrement emblématiques du rayonnement de la France à l’étranger ont également été cédés.

L’un des derniers en date est le Palais Clam-Gallas, à Vienne, vendu au Qatar pour 22 millions d’euros. D’autres immeubles, comme la Maison de France à Berlin, véritable symbole de l’entente franco-allemande, ont échappé à la cession, grâce à la mobilisation des élus et des citoyens, français comme allemands.

Cette braderie continue, puisque la France envisage de vendre en 2017 les bâtiments de sa chancellerie et de son consulat général à Londres ! Ces ventes sont devenues parfois inévitables lorsqu’on a trop attendu pour engager les travaux nécessaires : je pense notamment à l’Institut wallon à Amsterdam.

Ces ventes suscitent toujours une vive opposition de la part des francophiles des pays concernés et elles sont un très mauvais signal pour l’image de la France à l’étranger.

Des solutions alternatives existent bien souvent. J’ai ainsi en tête l’exemple du Palazzo Lenzi, à Florence. Ce magnifique palais, attesté déjà en 1470 et qui abrite l’Institut français depuis 1908, était promis à une vente à la découpe en 2010. L’émoi suscité par ce projet a permis une reconsidération de la situation. En définitive, le Palais abrite toujours aujourd’hui l’Institut français et le consulat honoraire. Cependant, deux espaces loués du rez-de-chaussée accueillent des boutiques, dont une librairie française. Le troisième étage doit être également prochainement valorisé, par une vente ou une location. En outre, une médiathèque a été créée au rez-de-chaussée, bénéficiant ainsi d’un accès direct sur la rue, augmentant la visibilité de l’Institut.

En définitive, un réaménagement du Palais Lenzi a permis tout à la fois de tirer profit, sur le long terme, du bâtiment par une location partielle, tout en conservant un bien prestigieux et en valorisant la présence française à Florence.

Il me semble donc que la consultation préalable de la Commission nationale des cités et monuments historiques doit pouvoir pallier des ventes inconsidérées. »

Lors du passage de ce projet de loi à l'Assemblée nationale, Mme le ministre a proposé un amendement (n°239 visible ici) visant à supprimer l’obligation prévue par le Sénat de consulter la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture avant toute vente d’un immeuble d’intérêt patrimonial de l’État situé à l’étranger. Pour une fois la majorité n'a pas suivi son ministre qui a dû retirer son amendement.

Pour la seconde lecture au Sénat du Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine l'examen en commission de la Culture du rapport de Mme Françoise Férat et M. Jean-Pierre Leleux aura lieu le mercredi 11 mai, et la discussion en séance publique les 24, 25 et 26 mai 2016.

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Article dans Histoire - La Provence

Un article vient d'être publié dans le hors-série Histoire du journal La Provence de mai-juin 2016 sur le sujet des Petits-maîtres de la mode.

Voir ici

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Le patrimoine parisien vu par LVMH : La Samaritaine…

Qui tacet consentire videtur (Qui se tait est présumé consentant).

Dans l’article intitulé La place Vendôme à Paris j’explique comment deux hôtels particuliers de la place Vendôme datant du début du XVIIIe siècle sont en train d’être saccagés de l’intérieur. Dernièrement je me suis aperçu que ces immeubles appartiennent à LVMH, un groupe soi-disant français mais international, premier dans le secteur du luxe. Sur une bâche de ce chantier de la place Vendôme (photographie ci-dessous) est inscrit en gros : « Ici, LVMH réalise les travaux de rénovation d’un immeuble classé au titre des Monuments Historiques ». C’est vraiment prendre les gens pour des imbéciles. C’est vrai que ces bâtiments sont classés, mais il ne s’agit pas du tout d’une rénovation. Comme je le dis dans l’article, notamment 2565 m2 de plancher vont être supprimés et 2086 m2 créés, tout cela sur une superficie de terrain de 736 m2.

Pour la Samaritaine, rachetée aussi par LVMH, l’autorisation de la mairie (voir ici :  pages 1, 2 et 3) et le permis de construire (voir article intitulé Destruction de la Samaritaine) ne parlent pas de rénovation mais de « restructuration ». La préfecture de police appelle cela de la « reconstruction », de la « réhabilitation » et même de la « restauration ».

D’abord il est nécessaire de savoir que l’ensemble des bâtiments de la Samaritaine était constitué de plusieurs magasins. Le plan ci-dessous (source Wikipédia) les délimite clairement.

Le magasin 1 était celui des débuts de la Samaritaine en 1870. Lorsque LVMH rachète en 2001 l’ensemble il détruit entièrement cette partie ne gardant que les façades. Le lieu constitué de plusieurs immeubles anciens, a été évidé complètement. Les bâtiments ont été démolis exceptés les murs donnant sur rue. De l’extérieur cela ne se voit pas comme on le constate sur les photographies ci-dessous, mais à l’intérieur la pierre a été remplacée par du béton. La destruction de cette partie est sans doute la pire. En 2002 le lieu constituant autrefois le magasin 1 fut loué à des enseignes internationales et à des activités de bureau.

La photographie ci-dessous montre le magasin 1 vue des quais de Seine à gauche et de la rue de Rivoli à droite.

Je n’ai pas fait de recherche sur le magasin 3.

Au niveau du magasin 4 les immeubles du XVIIe siècle du 2 au 6 rue Baillet furent supprimés en décembre 2013 malgré un recours juridique déposé contre le permis de construire accordé au groupe LVMH en 2012. Ce recours a été déclaré recevable le 24 février 2014 par le Conseil d’État. Cependant tout cet ensemble a été rasé, dont la partie datant de 1852, quelques jours après cette décision. Même les bâtiments attenants à ce magasin 4 ont été en partie détruits.
Le permis de construire sur les magasins 4 et 2 fut annulé le 13 mai 2014 par le tribunal administratif de Paris, décision confirmée le 5 janvier 2015 par la cour administrative d’appel de Paris. Le 19 juin 2015, le Conseil d’État passant outre tout cela, en véritable despote, a validé le projet de LVMH. Le chantier reprit en août 2015. Les plans dévoilent que les façades et certaines parties du magasin 2 vont être conservées. J’ai consulté à la direction de l’urbanisme de la mairie de Paris les plans de ce chantier.

Rappelons que LVMH est le groupe de l’industrie du luxe ayant le plus important chiffre d’affaires au niveau mondial. Que son dirigeant Bernard Arnault était en 2015 la seconde plus grosse fortune de France. Rappelons aussi que la Samaritaine se situe en face du plus vieux pont de Paris, au cœur de la capitale. C’est donc un endroit précieux qui aurait mérité plus de respect de la part d’une entreprise et de son dirigeant dont l’activité est basée sur un patrimoine français dédié à l’excellence.

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Jeunes pousses du mois d'avril

Avril est un mois merveilleux, où la nature se réveille et se régénère. De nombreuses fleurs poussent, et les arbres se parent de bourgeons d'un vert tendre et précieux.

Photographie ci-dessus prise la semaine dernière à Paris, à la fontaine des Haudriettes, située dans le troisième arrondissement, construite en 1764 par l'architecte Pierre-Louis Moreau-Desproux.

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (23) : Des détails ravageurs.

La beauté ou la laideur se loge souvent dans les détails. En législation, plus c'est compliqué, plus il faut regarder les détails. Comme l'a dit Martine Aubry dans une formule devenue très populaire dans le milieu de la politique et de l'administration : « Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup ! »

En voici un exemple avec le Projet de loi relatif à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires, qui comme l'explique cet article de la Gazette des communes semble en apparence protéger les lanceurs d'alerte venant de l'administration mais dans les faits enlève toute protection pour une dénonciation rendue publique : « Ce texte interdit des mesures de représailles à l’encontre du fonctionnaire qui dénonce crimes, délits, et conflits d’intérêts… aux autorités administratives ou judiciaires. C’est ici que se niche le bémol : alors qu’auparavant, du fait de l’absence de précision dans l’article 6 ter A de la loi de 1983, cette protection s’appliquait à tous les fonctionnaires dénonciateurs, peu importe la personne à qui ils s’adressaient. Avec cette nouvelle formulation, il n’y a donc plus de bouclier protecteur pour le fonctionnaire qui se confierait un peu trop, par exemple à un journaliste. Discrétion professionnelle oblige. »

Avec le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine, qui est particulièrement technocratique et brumeux... flou... il est sûr qu'une quantité de détails cache des loups. J'ai donné quelques exemples dans les articles précédents, comme la possibilité que s'offre le Gouvernement de légiférer par ordonnances... Il y en a certainement beaucoup d'autres que je ne vois pas, n'étant pas spécialiste du Code du Patrimoine et autres.

Finalement la Gauche française au gouvernail réussit à faire tout ce que la droite n'a pas osé de peur d'être critiquée par la Gauche ! Évidemment tout cela est caché sous des notions de 'liberté' ou autres.

La seconde lecture au Sénat de ce projet de loi aura lieu en Commission de la Culture au mois de mai et sera en discussion en séance publique les 24, 25 et 26 mai 2016.

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Les émaux de Limoges à décor profane

Le musée de Cluny propose, jusqu'au 29 août 2016, une exposition sur Les émaux de Limoges à décor profane.

Le sujet est très intéressant, mais se déroule sur seulement une petite pièce. Cependant c'est une occasion de visiter le musée, la salle des tapisseries de la Dame à la Licorne qui se trouve juste à côté, et la salle dite 'du trésor' dans laquelle se trouvent de plus nombreux exemples mais religieux.

Beaucoup de ces objets d'art, religieux ou profanes, témoignent d'une réelle pratique mystique.

Photographie ci-dessus : « Disque d'applique : cavalier au faucon. Limoges, vers 1200-1210. Cuivre champlevé, émaillé, gravé et doré. Diamètre : 7,1 cm. Conservé au musée de Cluny. © RMN-Grand Palais (musée de Cluny - musée national du Moyen-Âge) / Jean-Gilles Berizzi. »

Photographie ci-dessous : « Coffre du cardinal Guala Bicchieri. Limoges (1220-1225). Bois de noyer et médaillons émaillés. Taille 34, 5 cm haut x 82 cm long x 38 cm large. Conservé à Turin, au Palazzo Madama-Museo. Civico d’Arte Antico. © Studio Fotografico Gonella. »

Photographies ci-dessous : « Gémellion : scène courtoise, musiciens et armoiries. Limoges, 2 e moitié du 13 e siècle. Cuivre champlevé, émaillé et doré. Diamètre : 22,3 cm. Conservé au musée de Cluny. © RMN-Grand Palais (musée de Cluny - musée national du Moyen-Âge) / Franck Raux. »

Photographies ci-dessous : Sirène et dragon.

Photographies ci-dessous : Exemples d'émaux, la plupart de Limoges, de la salle dite 'du trésor'.

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Arts et société aux îles Marquises

Jusqu'au 24 juillet 2016, le musée du quai Branly nous offre une exposition dont l'intitulé Matahoata : Arts et société aux îles Marquises, résume le sujet. Comme avec l'exposition sur l'Équateur précolombien visible jusqu'au 15 mai 2016, ou de plus anciennes comme celles sur les sociétés autour du fleuve Amour, les arts de Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Mayas ou les Incas nous avons un véritable travail de recherche exhaustif mis en scène avec de très nombreux objets révélés dans leur contexte historique.

Comme d'habitude nous voyageons dans une contrée éloignée de Paris et un autre temps. Cette fois nous somme en territoire d'Outre-mer. « Matahoata est un motif de tatouage et un mot puissant qui évoque un œil ou un "regard éclairé" ». L'exposition commence par le thème de la mémoire à travers les « généalogies des visages » : « Lors des événements protocolaires, deux femmes âgées scandaient alternativement les noms des hommes et des femmes de chaque génération. Mata est le mot marquisien pour le visage, les yeux et la généalogie. Mata ènata ou mata ènana renvoie aux parents et aux ancêtres... » Cela me rappelle les imagines antiques (voir ici), masques de cire moulés sur les défunts d'une famille et conservés par celle-ci dans un présentation spécialement aménagée se trouvant souvent à l'entrée de la demeure. Les visages des objets d'art des îles Marquises sont généralement celui du Tiki, terme qui signifie aussi bien dieu, qu'homme ou homme-dieu. On apprend aussi dans cette exhibition que l'on y pratiquait le cannibalisme, et que l'art du tatouage, très présent, était particulièrement douloureux. Du coup je ne pense pas que je me serais plu dans ce genre de société. Mais la société actuelle me semble loin d'être civilisée et elle particulièrement barbare... Mais cela est un autre sujet. Cependant dans chacune des expositions du musée du quai Branly résonne en moi le mot 'civilisation'. Qu'est-ce qu'une civilisation digne de ce nom ? Un sujet important sur lequel réfléchir aujourd'hui.

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Trois siècles de mode vestimentaire.

Fabriquer de beaux vêtements est une chose délicate, demandant des savoir-faire nombreux, beaucoup de méticulosité. On ne peut les aborder sans avoir à l'esprit les divers talents mis en jeu, les petites mains ayant participé à leur création, ceux qui les ont portés, la mode du temps… C'est un tout. Pour une exposition cela doit être aussi un défi. Pour celle intitulée Fashion Forward, 3 siècles de mode (1715-2016) qui se déroule jusqu'au 14 août 2016 au Musée des Arts décoratifs à Paris, les talents déployés ne sont pas tous du même niveau. Ceux qui ont choisi le titre, le mécène et fait les photographies disponibles dans le catalogue et pour la presse ont été de toute évidence mal choisis.

L'exposition traite presque uniquement de la mode française. Pourquoi un titre en anglais ? Pourquoi utiliser le mot 'fashion' plutôt que celui de 'mode' internationalement connu depuis des siècles et utilisé depuis l'Antiquité ? Certes ce terme vient de l'ancien-français 'façon'. Mais son utilisation ici dénote un manque d'inventivité, de poésie. On est là plus dans un concept d'arts appliqués, de commerce internationnal, ce qui dévalue beaucoup ce qu'est la mode dans son ensemble, notamment vis-à-vis du jeune public. Pourquoi aussi avoir écrit 'trois' en chiffre et pas en lettres comme cela se fait en bonne écriture 'françoise' ? Dernièrement je suis allé à une conférence sur les petites mains de la mode française organisée au CNRS à Paris par l'Institut du Temps Présent par Histoires de Mode, où la conférencière parlant parfaitement le français a choisi de faire son intervention en anglais !! Une autre chose sur le titre : L'exposition ne parle pas de mode mais de mode vestimentaire. La seconde fait partie de la première. Comme je l'ai déjà écrit dans ce blog et au début de mon livre, la mode concerne tous les nouveaux rythmes : musiques, danses, styles, littératures, arts, arts décoratifs, manières de parler, de se coiffer, de se raser, de se maquiller, de s'habiller, de bouger, de sentir, lieux en vogue, etc. Dans ces nouveaux rythmes les habits occupent une place de choix. Ils sont un des signifiants les plus apparents de la mode que l'on suit, car on les porte sur soi (comme la coiffure...) et sont directement reconnus par autrui. Mais, je le répète, ce ne sont pas les seuls.

Quant aux photographies du catalogue sur fond gris, elles ne font pas honneur à la beauté des habits présentés.

Enfin le choix du mécène, une chaîne internationale de magasins de prêt-à-porter, est de très mauvais goût ; surtout que l'on finit par lui et par la fabrication en série que l'on mélange à la haute couture. Le prêt-à-porter n'a pas apporté que du fâcheux, cherchant même parfois à se surpasser. Mais depuis la fin du sur-mesure pour tous (années cinquante) et la mercatique ambiante et phagocytante de ces trente dernières années, la mode est aujourd'hui moribonde... tellement que l'on n'ose même plus prononcer son nom. C'est plutôt une vision nihiliste de conclure avec une grande enseigne de cette marchandisation outrée ; mais à l'image de ce qu'est la mode textile de nos jours, où l'art de la haute-couture sert juste de paravent afin de cacher la réalité du prêt-à-porter.

Ce qui est vraiment dommage, c'est de ne pas avoir cherché à faire la promotion de la création et du savoir-faire français actuels ; surtout que ce musée des arts de la Mode des Arts décoratifs a été fondé en partie par l'industrie française du textile. Rappelons que si la mode française a eu une telle influence c'est en partie par le soutien, l'amour de tout un peuple pour un vivre ensemble s'exprimant d'une manière harmonieuse et délicate à travers elle. Depuis les souverains jusqu'aux petites mains, tous concouraient à faire en sorte que la mode française fût la plus belle… merveilleuse, insurpassable… un délice, et que sa confection fût la meilleure. Cette exposition est à l'image de celle juste en face, dans le même musée, toute entière à la gloire d'une poupée américaine toujours en vente ! Ce n'est pas comme cela que l'on va aider la fabrication française. La France, en particulier par son service public, dont rappelons-le ce musée fait partie, ne crée plus de valeur. Elle vit sur son passé, qu'elle consomme (on consomme notre patrimoine comme la nature sans en assurer sa pérennité) sans désormais inventer son avenir...

Ceci dit cette exposition est très belle et vaut vraiment le détour. Les habits sont magnifiques et présentés avec des éléments décoratifs d'époque les mettant en valeur. Des effets de miroirs en flaques permettent de mieux les voir et donnent de la profondeur. Même la dernière partie sur le XXe siècle est, je trouve, réussie avec ses immenses rideaux de fils de soie derrière lesquels on distingue la belle architecture de la salle, ses podiums en escaliers et son sol aux reflets d'acier. Cependant il est nécessaire de dire que les habits présentés après les années cinquante sont portés par très peu de gens, voire faits pour ne pas l'être. Il s'agit davantage de créations d'artistes en tissus servant de devanture à un énorme commerce de prêt-à-consommer international.

Mais la mise en scène est jolie et presque tous les habits, je le répète, de très grande qualité. Personnellement j'aurais mis des tableaux et gravures représentant des gens à la mode d'alors afin de donner une vision plus complète de la façon de porter ces vêtements. Une robe à panier du XVIIIe siècle c'est quelque chose... mais avec en plus la coiffure en étages c'est époustouflant. Une redingote d'incroyable c'est bien, mais c'est mieux avec la culotte ou le pantalon qui va avec, la cravate, la perruque en oreilles de chien ou à la Titus, le chapeau... Mais bon là je chipote. Cette exposition montre tout de même près de trois cents pièces provenant du fonds Mode des Arts décoratifs constitué de plus de cent cinquante mille œuvres, textiles et costumes anciens, pièces de haute couture, accessoires chapeaux et souliers, sans compter d'importants fonds de dessins et photographies, d'archives de créateurs etc.

Enfin pour vous en dire plus sur cette exposition, voici des photographies prisent durant le parcours... sans commentaire car je n'ai pas beaucoup de temps, entretenant ce blog seul et bénévolement, et en particulier centrées sur le XVIIIe siècle pour les mêmes raisons.

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Les modes au temps de Chateaubriand (1768-1848)

Le jeudi 12 mai prochain, à 19 h, je ferai une conférence, à la Maison de Chateaubriand de la Vallée-aux-Loups à Châtenay-Malabry, ayant pour sujet : Les modes au temps de Chateaubriand (1768-1848). Cela se passera dans la bibliothèque de l'écrivain où seulement une vingtaine de personnes ayant réservé au 01 55 52 13 00 ou en écrivant à l'adresse suivante : falves@hauts-de-seine.fr pourront être accueillies. Cette conférence est gratuite. Inscrivez-vous rapidement !

Ce sera aussi une occasion de visiter ce lieu prestigieux (visites jusqu'à 18 h 30), délicat et enchanteur, où vécut Chateaubriand et où séjourna la merveilleuse Juliette Récamier, de se promener dans le jardin et de boire un verre au salon de thé (ouvert jusqu'à 18 h 30).

Le domaine se trouve à 12,5 km du centre de Paris ou à 21 km en prenant l'autoroute. Dans les deux cas il faut compter entre 40 et 50 minutes de trajet. En RER : « Prendre Ligne B, station Robinson (terminus), puis itinéraire piétonnier fléché (environ 20-25 minutes à pied). Dernier train pour Paris : 0 h 13. » Plus de renseignements ici. Itinéraire en voiture ici.

La conférence se déroulera en deux temps. Pendant une petite heure je donnerai un aperçu des modes de la période concernée, très riche puisqu'elle couvre depuis la fin de l'ancien régime jusqu'à la Seconde République. Ensuite vous pourrez poser les questions que vous souhaitez.

Nous parlerons donc notamment des merveilleuses et des Nouvelle France dans le lieu qui vit vivre une merveilleuse et le père du romantisme français ! Un très bon et émouvant moment en perspective.

Photographies ci-dessous : Tableau et chambre de Mme Récamier (1777-1849) dans la maison de Chateaubriand.

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (22) : Trium par artium honos.

Dans le tableau d'Hubert Robert Projet d'aménagement de la Grande Galerie du Louvre, de 1796, présent dans l'exposition lui étant actuellement consacrée au musée du Louvre, les détails intéressants ne manquent pas, Hubert Robert ayant reproduit de nombreux chefs-d'oeuvre. Un détail cependant les surplombe tous en haut du tableau, une inscription latine encadrée par deux Victoires : Trium par artium honos, c'est à dire « Même honneur aux trois arts ». Les trois arts dont il est question, présents sur la toile, sont la peinture, la sculpture et l'architecture. L'architecture est un art, et les architectures anciennes devraient être conservées et restaurées comme on le fait pour les objets d'art, c'est à dire en restant au plus près de l'original. On en est très loin aujourd'hui en France.

Pour en savoir plus sur l'exposition Hubert Robert, 1733-1808, un peintre visionnaire qui se tient au Louvre jusqu'au 30 mai 2016 :

http://www.lamesure.org/2016/03/hubert-robert-1733-1808-un-peintre-visionnaire-1.html

http://www.lamesure.org/2016/03/hubert-robert-1733-1808-un-peintre-visionnaire-2.html

http://www.lamesure.org/2016/03/hubert-robert-1733-1808-un-peintre-visionnaire-3.html

http://www.lamesure.org/2016/03/hubert-robert-1733-1808-un-peintre-visionnaire-4.html

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Anniversaire : Le blog a aujourd'hui 9 ans !

Le blog de La Mesure de l'Excellence, créé le 11 avril 2007, fête aujourd'hui son anniversaire : 9 ans ! Son site quant à lui aura cette année 10 ans !

Parfois je me pose la question : Pourquoi est-ce que je fais ce blog ? Et puis je me dis : Pourquoi le moine prie-t-il ; Pourquoi l'enfant étudie-t-il à l'école ; Pourquoi le pianiste joue-t-il quand il est seul ; Pourquoi ceci, pourquoi cela... ; Pourquoi pas ?

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L’épopée fantastique : 1820-1920, cycles et motos.

Le Musée national de la Voiture du Palais de Compiègne consacre du 8 avril au 25 juillet 2016 une exposition consacrée aux bicyclettes et motocyclettes intitulée L’épopée fantastique : 1820-1920, cycles et motos.

Adepte parisien du vélib' je trouve que le vélocipède est une formidable invention, entièrement écologique et maintenant en bonne santé.

Photographie ci-dessous : Estampe représentant l'avenue du bois de Boulogne au niveau de l'entrée du bois, un endroit parisien en vogue pendant plusieurs siècles où l'on se montrait et faisait de l'exercice à cheval... ou en bicyclette...

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Patrimoines naturels & culturels : Enjeux et synergies.

L'Aten (Atelier technique des espaces naturels, groupement d'intérêt public créé en 1997 à l'initiative du ministère français chargé de l'environnement) et le Réseau des Grands Sites de France (association française reconnue d'intérêt général) co-organisent l’édition 2016 du Forum des Gestionnaire qui se tiendra les 12 et 13 avril, à Fontainebleau et à Paris. Le thème est intéressant : Patrimoines naturels & culturels : Enjeux et synergies.

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (21) : Autres cas de destructions du patrimoine parisien.

Voilà c'est fait, le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine est passé en seconde lecture à l'Assemblée nationale.

Sa seconde lecture au Sénat n'est pas encore à l'ordre du jour de la Commission Culture de la Haute assemblée occupée pour le moment par le Projet de loi pour une République numérique qui, ceci dit en passant, ouvre les données publiques au privé. Cela veut dire que bientôt les multinationales pourront non seulement vous connaître par l'intermédiaire d'internet et des réseaux sociaux, mais aussi avoir accès à certaines de vos données de santé, administratives et autres. Big Brother est vraiment parmi nous. Le traité transatlantique qui ne semble pas encore avoir été signé (il y a en ce moment une omerta sur le sujet) est déjà largement mis en place. Et ce n'est qu'une partie des bouleversements culturels en cours.

Le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine n'offre aucune solution face à cela. Au contraire. C'est une sorte de construction culturelle à la tronçonneuse, véritable foutoir, à moitié dangereux, à moitié inutile puisqu'il autorise en grande partie le Gouvernement à légiférer dans son coin par ordonnances notamment sur le Patrimoine. Au sujet du patrimoine, depuis mon premier article sur ce projet de loi (voir ici) où je recense quelques-unes des évolutions destructrices, d'autres se sont ajoutées : la Samaritaine (j'y reviendrai), le nouveau musée de l'Homme ici et icile château de Versailles, le nouveau musée de la gendarmerie nationale, le quadrilatère Richelieu, un château de style néo-troubadour, les grands magasins du Louvre, le pavillon carré de Baudouin, la tour Eiffel, la place Vendôme, le Grand Hôtel Dieu de Lyon.

 À cela s'ajoute ce que j'ai lu la semaine dernière dans un article du Canard enchaîné, visible ici ou en cliquant sur l'image de l'article, dans lequel il est donné l'exemple d'un ensemble des XVIIe et XIXe siècles situé à l'angle des rues Duphot, Saint-Honoré et Cambon où « Devantures, planchers, escaliers et murs porteurs vont être démolis ou mis sens dessus dessous pour installer une seule et grande boutique courant sur plusieurs immeubles. En guise de vieilles pierres, il ne restera plus qu'un pseudo-décor façon Disneyland... » Il donne notamment un autre exemple, celui d'un « bel immeuble de 1879 situé 130 rue du Faubourg-Saint-Honoré. Escalier majestueux, boiseries, planchers anciens... tout ou presque doit disparaître. » Quant à la Commission du Vieux Paris, celle-ci est pourtant très loin de faire un bon travail (voir ici).

Photographies du haut : Bâtiments situés à l'angle des rues Duphot, Saint-Honoré et Cambon.

Photographie de gauche : Article du Canard enchaîné de la semaine dernière.

Photographie de droite : Immeuble de 1879 situé 130 rue du Faubourg-Saint-Honoré.

Photographies de gauche et ci-dessous prises vers chez moi.

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Paysages, du romantisme à l’impressionnisme, les environs de Paris.

Alors que j'étais dans le train du RER qui me conduisait de Paris à Sceaux, je regardais par la fenêtre et me disais que les constructions que je voyais étaient bien laides. Un moment au milieu de celles-ci j'aperçus dans la ville d'Arcueil un aqueduc. J'ai retrouvé à peu près le même point de vue dans des tableaux présentés à l'exposition du château du Domaine de Sceaux, intitulée Du romantisme à l'impressionnisme - Les environs de Paris, qui se déroule jusqu'au 10 juillet 2016. Alors que dans les peintures les aqueducs de cette ville sont au milieu d'un paysage rural, aujourd'hui ils sont noyés dans le béton d'une commune urbanisée à plus de 90% (voir ici une photographie d'Arcueil prise en 2009 provenant de Wikipédia).

Photographie ci-dessus : Les Blanchisseuses par Paul Baudoüin (1844-1931). Projet pour la salle des mariages de la mairie d'Arcueil, 1888.

Photographie ci-dessous : La Famille. Le repas de midi, par Alfred-Hebri Bramtot (1852-1894). Projet pour la salle des mariages de la mairie d'Arcueil, 1888. Dans ces deux photographies on voit en arrière-plan les aqueducs.

Ne serait-ce que pour constater à quel point la banlieue parisienne a changé, cette exposition vaut le détour ! Pendant tout le XIXe siècle de nombreux peintres s'y sont réfugiés pour trouver l'inspiration et y rencontrer une nouvelle Arcadie, des paysages agrestes, de belles forêts et des lieux accueillants (guinguettes…). Comme documents sur les environs de Paris, toutes les peintures exhibées sont des témoignages importants. C'est vraiment triste de voir que cette nature luxuriante et ces paysages ruraux et champêtres ont été envahis par du béton.

Cette exposition dresse une vue d'ensemble de cet engouement de peintres du XIXe siècle pour la campagne des environs de Paris accessible de plus en plus rapidement avec le chemin de fer. Une centaine de tableaux, dessins et photographies de Corot, Daubigny, Renoir, Sisley, Atget... révèlent la richesse de la création artistique autour de Paris (Barbizon, Auvers-sur-Oise, bords de Marne…) avec des artistes qui y forment de véritables colonies.

L'exposition commence par l'influence du genre du paysage champêtre développé par des peintres néerlandais et repris au XIXe siècle par certains créateurs en Île-de-France engendrant une véritable école française du paysage.

Photographies ci-dessous : Lisière du bois de Saint-Cloud par Paul Huet (1803-1869), de vers 1820.

Photographie ci-dessous : Vue prise de la plaine de Saint-Denis par Georges Michel (1763-1843), vers 1830.

Elle se poursuit sur « L'élan romantique dans les environs de Paris ».

La troisième partie concerne l'école des peintres pré-impressionnistes de Barbizon.

Photographie ci-dessous : La Seine à Villeneuve-Saint-Georges, vers 1850, par Théodore Rousseau (1812-1867).

La quatrième section est sur les impressionnistes.

La cinquième est intitulée « Un nouveau regard ». Le chemin de fer crée une nouvelle sensibilité à la nature des environs de Paris, la capitale s'étant beaucoup agrandie et industrialisée. Alors qu'au XVIIIe siècle le centre ville n'est pas très loin de la campagne (dans l'article Le canotier et la canotière je montre par exemple que l'actuel quai de Bercy était un lieu de villégiature !!).

Photographie ci-dessous : La Seine à Nanterre par Pierre-Emmanuel Damoye (1847-1916), vers 1885-1890.

Enfin la dernière partie expose des tableaux avec des « Panoramas parisiens ».

Photographie ci-dessous : Vue de Paris prise de la terrasse de Bellevue vers 1830, par Antoine Drulin (1802-1869).

Photographie ci-dessous : Vue de Paris prise des hauteurs de Meudon, vers 1839, par Antoine Drulin (1802-1869).

Photographie ci-dessous : Les Hauteurs de Meudon par Stanisla Lépine (1835-1892), de vers 1884-1887).

Photographie ci-dessous : Vues de la région de Sèvres, Saint-Cloud... du début du XIXe siècle.

Photographie ci-dessous : Saint-Cloud et la Lanterne de Demostène par Léon Fleury (1804-1858), 1837.

Le château où se déroule l'exposition possède quelques autres objets d'art des XVIIe-XIXe siècles dont des tableaux, ainsi qu'une collection de céramiques dont bien sûr de nombreuses de Sceaux qui sont particulièrement colorées et fantaisistes, souvent dans un style rocaille. Et puis en ce début de printemps c'est le moment d'aller dans la partie du jardin de ce domaine où se trouvent de nombreux cerisiers actuellement en fleurs. C'est dans ce parc que les façades du Pavillon de Hanovre, qui se trouvait sur le boulevard des Italiens à Paris, ont été remontées en 1932 (ici le pavillon de Hanovre au début du XIXe siècle). C'était un lieu à la mode dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et au temps des merveilleuses et des incroyables. Aujourd'hui l'entrée fermée par une porte de fer et les plaques de bois aux fenêtres cachant un intérieur vide lui donnent l'aspect d'un cadavre.

Photographies ci-dessous prises dans le château.

Photographie ci-dessous : Fontaine à parfum de la Duchesse du Maine, en porcelaine de Chine d'époque Kangxi (1661-1722) avec une monture en bronze ciselé et doré d'époque Louis XV.

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La statue d'Apoxyomène retourne sur son île natale : l’île de Lošinj en Croatie.

« La statue Apoxyomène, trésor marin découvert il y a 20 ans à 45 mètres de profondeur par René Wauters, un plongeur et photographe belge amateur, est devenue depuis un véritable symbole de l’île de Lošinj, aussi surnommée l'île de la Vitalité.

Après avoir parcouru les musées du monde entier pendant 9 ans [...] la statue du géant grec Apoxyomène revient sur son île natale.

Le retour de ce chef d'oeuvre de la Grèce antique est célébré dans toute la région par ses habitants.

Il sera accueilli dans le nouveau Musée Apoxyomène qui ouvrira ses portes le 30 avril prochain dans la ville de Mali Lošinj. Ce Musée est un excellent exemple de l'enrichissement de l’offre culturelle locale et devrait permettre d’attirer de nombreux touristes passionnés d'histoire.
L'ancienne statue de bronze représente un athlète d'1m92 en train de nettoyer son strigile (sorte de racloir en fer recourbé), un ustensile utilisé à l'époque pour se laver après une compétition. Elle a été trouvée en 1996 dans la mer entre l'îlot de Vele Orjule et l'île de Lošinj par René Wauters avant d'être remontée le 27 avril 1999. Sa restauration a permis d’estimer sa date de création entre le 2ème et le 1er siècle av. JC., alors que son prototype était plus âgé, datant du 4ème siècle av. J-C. Parmi les huit variantes connues du sujet Apoxyomène, la statue de Lošinj est la plus complète et la mieux préservée. »

Puisse la beauté dissiper les voiles de l'obscurantisme et de la folie.

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Merveilleuses & merveilleux