Salon du Livre ancien et de la Bibliophilie de Lourmarin

Les 21, 22 et 23 août 2015, pourquoi, pour ceux qui le peuvent, ne pas aller au Salon du Livre ancien et de la Bibliophilie ? Cela se passe à Lourmarin, dans le Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dans le parc naturel régional du Lubéron. L'endroit a l'air vraiment joli.

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Nécessaire de voyage en argent armorié, Paris, 1777-1778.

Un nécessaire de voyage en argent armorié et en porcelaine de Sèvres est proposé par la maison Dupont et associés lors de la vente aux enchères du lundi 3 août à Morlaix.

« Coffret de commande au marchand-orfèvre Rigal, propriétaire de l'enseigne à la Tête Noire Quai des Orfèvres à Paris. Ensemble de plus de trente pièces d'orfèvrerie des Maîtres Orfèvres Pierre-François Rigal, Charles-Louis-Auguste Spriman, Jacques Bonhomme, Jean-Louis-Dieudonné Outrebon, Jean-Etienne Langlois. Poids d argent : 5422 g. Présenté dans son coffret d'origine. Complet de sa facture, carte commerciale de l'enseigne à la Tête Noire. Charles-Louis-Auguste Spriman, reçu en 1775.

Une aiguière et son bassin pouvant se transformer en plat à barbe. Paris 1777. L'aiguière de forme balustre à fond plat est soulignée d'une frise d'oves et entrelacs sur le couvercle. Ce dernier de forme bombé est surmonté d'une prise en forme de feuilles d acanthes symétriques. L'anse à volutes est en bois sculpté. Haut. Aiguière : 20 cm, Dim. du bassin : 32,2 x 22,4 cm, Poids des trois pièces : 1524 g.

Une paire de flambeaux de toilette avec leur bobèche. Paris 1778. La base ronde est surmontée d'un ombilic gravé de canaux terminés de fleurons sur fond amati. La base est soulignée d'une frise d'oves et entrelacs. Le fût de forme tronconique est gravé de canaux sur fond amati rehaussés en partie haute d'une triple guirlande de laurier. Le binet, également gravé de canaux, repose sur un tertre à décor rayonnant de lancéoles. Ils sont gravés par deux fois des armoiries : sous la base et sur la bobèche. Haut. : 17,2 cm, Poids : 632 g. Jean-Louis Dieudonné Outrebon, reçu en 1772.

Un légumier et son couvercle en argent uni. Le couvercle souligné de filets est surmonté d un bouton mouluré. Complet de deux anses détachables ornées de branchages. Paris 1778 Diam. : 18.5 cm, Poids : 1052 g. Pierre-François Rigal, reçu en 1770.

Un bougeoir à main et sa bobèche en argent, le bord à contours souligné d'une frise d'oves et entrelacs. L'appui-pouce à enroulement souligné de filets. Paris 1778. Long. : 13,7 cM. Poids : 135 g.

Un ensemble d'une boîte à savon et d'une à éponge en argent uni ou repercé de rosaces et de fleurons. Paris 1778 Haut. : 7 cm, Diam. : 8 cm, Poids : 318 g. Léger enfoncement sur la base de la boîte à savon. Jacques Bonhomme, reçu en 1777.

Deux assiettes à contours et moulures d'oves et entrelacs en argent. Paris 1778. Diam. : 23,3 cm. Poids : 646 g.

Ensemble de deux boîtes de toilette rondes en argent uni. Le couvercle à doucine, bordé d'une frise d'oves et entrelacs. Paris : 1778. Haut. : 8 cm. Diam. : 7,2 cm. Poids : 316 g. Léger enfoncement à la base d une boîte et petit choc sur le corps de l autre.
Une laitière couverte ou Goblet à bouillon en argent uni, le couvercle est souligné de filets et bordé d une frise d oves et entrelacs, il est surmonté d une prise en bois tourné sommée d'un bouton d'argent. Manche latéral en bois tourné terminé par un bouton d argent. Paris 1778. Haut. : 11 cm. Poids : 206 g. Petit enfoncement sur le couvercle.

Un ensemble de deux petites boîtes à fard et à poudre ou à éponge en argent uni ou repercé de rosaces et de fleurons. Paris 1778. Haut. : 3 cm. Diam. : 3,2 cm. Poids : 60 g. Jean-Etienne Langlois, reçu en 1770.

Deux petites cuillères, modèle à filets en argent. Paris 1778 Poids : 62 g. Lille, 1761. Deux couverts en argent, modèle à filets. Poids : 398 g.
Ensemble de petites pièces en argent sans poinçon de maître orfèvre : Un passe thé (Poids : 16 g.), un entonnoir (Poids : 10 g.), un rince oeil complet de son pied en bois tourné (Poids : 12 g. Haut. Totale : 9 cm), un support escamotable.

Ensemble de pièces diverses : Un ensemble de 3 flacons ronds en cristal taillé complets de leur bouchon en argent, un flacon accidenté, un miroir rectangulaire (26,5 x 21, 5 cm), 2 étuis oblongs en bois de rose, 2 boucles de chausse en métal argenté, 2 petits éteignoirs en métal argenté, un encrier et une boîte à poudre carrés. Porcelaine de Clignancourt : Un sucrier rond le couvercle surmonté d'une prise en forme de fruit finement souligné de filets d or et deux tasses litrons avec leur sous tasse. Marque en rouge de fer.

L'ensemble de ce nécessaire de voyage est présenté dans son coffret d'origine en noyer à garniture de fer fourni par Gansay, gainier. Il est complet de sa clé. Il ouvre par un abattant en partie haute et un tiroir latéral découvrant le nécessaire à écrire. L'intérieur est gainé de soie vert d'eau gansée de passementerie. Fentes au coffret. Dim. du coffret : Haut. : 24.5 cm, Larg. : 47 cm, Prof. : 37.5 cm.

Ce nécessaire est exceptionnellement complet de sa facture d'origine dressée au revers de la carte marchande de l'enseigne "À la tête noire Rigal Md Orfèvre, Quay des Orfèvre Paris. Ci-devant vis-à-vis Henry IV Fait et vend toutes sortes de Vaisselle des plus à la mode, Bijoux d'Or et d Argent. Argenterie - Orfèvrerie - Métal argenté." »

Photographies provenant d'Interenchères.com.

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La médiathèque Françoise Sagan

La nouvelle médiathèque parisienne Françoise Sagan a été inaugurée le 16 mai dernier. Elle accueille notamment le fonds Heure Joyeuse dédié à la jeunesse avec plus de 80.000 documents, dont le plus ancien est un abécédaire du XVIe siècle.

Comme le dit le dossier de presse, cette médiathèque « s’inscrit dans un lieu emblématique de l’histoire parisienne, le Carré Saint-Lazare, qui existe depuis le XIIe siècle ». L'enclos Saint-Lazare était le plus vaste de Paris, couvrant en 1789 plus de 52 hectares et plus encore auparavant. Il comprenait notamment où se trouvent aujourd'hui l'hôpital Lariboisière, la gare du Nord, l'église Saint-Vincent-de-Paul et la médiathèque qui elle est située au sud, à côté d'où était le bâtiment édifié au XVIIe siècle (sur des bases du XIIe siècle) par saint Vincent de Paul qui y créa en 1633, avec sainte Louise de Marillac, les filles de la Charité, de même que sans doute sa congrégation dont les prêtres furent appelés lazaristes. C'est dans ce même endroit (qui était aussi la maison mère de la congrégation) qu'il décéda en 1660. Une partie fut détruite afin de construire en 1834 une prison/infirmerie, qui est le lieu où se situe la médiathèque. C'est à l'architecte Louis-Pierre Baltard que fut confiée cette mission. Le reste des bâtiments furent détruits en 1935 pour notamment y faire un jardin. Le bâtiment de M. Baltard devint un hôpital qui ferma en 1998 avant d'avoir pris soin de déjà changer le lieu, notamment en détruisant des cryptes moyenâgeuses pour y construire un garage à voitures souterrain. Depuis la léproserie (un hôpital pour lépreux) du XIIe siècle jusqu'au XXe, on le voit les changements furent nombreux dans ce morceau sud, historique, de l'enclos Saint-Lazare.

Mais parlons du présent ! Il a été décidé il y a quelques années de se servir de la partie créée par M. Baltard en 1834 pour y installer une médiathèque, et de ne conserver de ce bâtiment classé 'monument historique' que les façades extérieures, un couloir de galerie de circulation et deux escaliers. Tout le reste a été détruit. Le bâtiment a été évidé en profondeur pour y mettre du neuf, du béton. De nos jours on ne se contente pas de reconstruire par-dessus l'ancien en gardant les fondations, on démolit aussi en dessous comme les sous-terrains qui communiquaient avec d'autres bâtiments peut-être depuis le Moyen-âge. Ils avaient été en partie comblés, mais étaient toujours présents. À la place ont été construites des galeries de béton modernes pour y entreposer les documents.

Aujourd'hui même les lieux classés 'monuments historiques' sont détruits, en faisant cependant attention de sauver les apparences : de garder les façades extérieures ! On appelle cela de la 'rénovation'. Ce n'est pas nouveau. On l'a vu avec la piscine Molitor et bien d'autres endroits dont j'ai parlé dans des articles de ce blog. Finalement ce qui reste semble-t-il de plus ancien au niveau du carré Saint-Lazare autour de la médiathèque ce sont les numéros 99, 101, 103 et 105 de la rue du Faubourg-Saint-Denis construits au début du XVIIIe siècle par les pères de la Mission saint Vincent de Paul afin de les louer à des séculiers. Aujourd'hui ce sont des immeubles d'habitation. Car d'autres bâtiments modernes ont été construits autour de la médiathèque comme récemment un gymnase.

La médiathèque parisienne Françoise Sagan est le nouveau lieu à placer dans nos bâtiments anciens détruits par ce que j'appelle 'l'architecture RER'. Contrairement à autrefois, on ne construit pas au-dessus mais supprime aussi les fondations. Les architectes modernes en vogue sont de véritables vandales. De plus, alors que les bâtiments anciens conservent et restituent le chaud ou le froid selon les besoins, la pierre et le bois étant des isolants naturels, le béton lui fait le contraire, et en période par exemple de grosses chaleurs sans climatisation (la climatisation est dorénavant interdite dans de tels lieux), c'est l'horreur. Finalement les architectes contemporains font sur nos monuments anciens ce que les guerres font en d'autres temps ou lieux, en y ajoutant le fait que leurs bombes d'idiotie détruisent jusqu'aux fondations, ne laissant que des ruines extérieures... voilà ce qu'on appelle de nos jours de la rénovation et parfois même de la restauration. Tout cela se passe avec l'aval de nos instances dirigeantes. Pendant qu'on donne aux archéologues quelques mètres carrés à gratter pour s'occuper, on efface au bulldozer et à la pelleteuse des monuments anciens tout en croyant sauver les apparences en gardant le volume extérieur.

Photographie de gauche : Vue de la cour que l'on découvre en entrant. C'est assez joli avec les palmiers. On a ici tout le volume du bâtiment du XIXe siècle et les façades. Le bâtiment a été construit par l'architecte Louis-Pierre Baltard (1764-1846) en prenant pour modèle un couvent italien. Du reste cette cour a un aspect très méditerranéen avec ses beaux palmiers.

Photographie de droite : Galerie de circulation dont les deux murs ont été conservés.

Photographie de gauche : Intérieur de la médiathèque.

Photographie de droite : Vue depuis la médiathèque d'un gymnase construit récemment.

Photographies ci-dessous : À gauche - J'ai trouvé cette photographie ici. Elle ne provient même pas des archives du lieu mais d'une carte postale en vente sur un site où je suis allé l'acheter pour 5 EUR (avec la même disposition du timbre, des tampons et de l’autographe : « Souvenir Lucie »). Elle représente « La Prison Saint-Lazare » située dans les bâtiments du XVIIe siècle de la maison mère de la congrégation de la Mission Saint-Lazare où s'installa par la suite l'hôpital Saint-Lazare avant d'être détruits en 1935. À droite - Le même endroit aujourd'hui.

Photographies ci-dessous : Évidement de l'édifice de Louis-Pierre Baltard de la première moitié du XIXe siècle. © Florence Morrisson.

Photographies ci-dessous : À gauche - Infirmerie vers 1900 (image prise ici). À droite - À peu près les mêmes pièces avant la destruction. Vers les années 70 on a dû faire disparaître les boiseries et d'autres éléments. Mais la structure était plus ou moins la même. Le parquet avait été recouvert mais était toujours présent sous le revêtement (même origine de l'image que précédemment).

Photographies ci-dessous : Voilà ce qu'il y a à la place maintenant.

Photographies ci-dessous : À gauche - Vue de la cour prise du toit. Le bâtiment de forme ronde est l'église (d'époque 1834) qui elle est restée non touchée en ce XXIe siècle mais avec ses changements XXe. À droite - Intérieur de l'église.

Photographies ci-dessous : À gauche - Escalier avant les travaux. © Daniel Lifermann. Au milieu - Escalier aujourd'hui. À droite - Au-dessous de l'escalier en allant vers le sous-sol. Toutes les fondations sont bétonnées.

Photographies ci-dessous : Sous-sol.

Photographies ci-dessous : À gauche - Vue du toit de la médiathèque des immeubles du XVIIIe siècle construits par les pères de la Mission saint Vincent de Paul . À droite - Ces immeubles vus du 105 de la rue du Faubourg-Saint-Denis.

Une petite exposition sur Françoise Sagan a lieu en ce moment à la médiathèque jusqu'en septembre. En voici quelques photographies :

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L’âge d’or de la bande dessinée belge : La collection du Musée des Beaux-Arts de Liège.

Jusqu'au 4 octobre 2015 le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris nous gratifie d'une exposition (payante) sur L’âge d’or de la bande dessinée belge, entre l’immédiat après-guerre et la fin des années 70.

Cette collection de planches originales de bandes dessinées du Musée des Beaux-Arts de Liège (BAL) a été constituée dans les années 1970, d'après cet article, par des amateurs, dans le projet non réalisé de créer un musée de la BD à Liège. Ces documents ont été oubliés durant vingt ans. Redécouverts au milieu des années 1990 dans les réserves du BAL, ils ont été exposés, avant aujourd'hui, seulement à deux reprises à Liège.

Le support narratif de la BD utilisant en même temps l'écriture et l'image est non seulement intéressant pour l'apprentissage de la langue chez l'enfant mais aussi pour l'adulte qui y trouve notamment un prolongement du rythme de l'écriture à travers les lignes picturales et inversement...

La France est avec la Belgique, le Japon et les États-Unis un des plus importants producteurs de BD (quantité de publications et d'auteurs), chaque pays ayant son style d'édition, la France privilégiant le grand format (C4 = 229 × 324 mm) et la qualité d'impression (papiers, couleurs, reliures...).

La BD se situe aussi dans le large éventail de la production de dessins soutenus par du texte : caricatures, mini-récits etc. Là aussi l'hexagone a une longue tradition dans ces domaines.

Photographie : Détail de L’Astragale de Cassiopée (1976) d'Isabelle Will. Scénario d'André Franquin, Yvan Delporte et Raymond Macherot. Planche n°36. © Copyright Will tous droits de reproduction réservés.

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Café, coton, chocolat - 300 ans de négoces au Havre.

Jusqu'au 8 novembre 2015, la ville du Havre fait partager l'activité commerciale passée et florissante de son port à travers l'exposition Café, coton, chocolat - 300 ans de négoces au Havre.

Celle-ci se déroule sur trois lieux : le Musée de l'Hôtel Dubocage de Bléville, la Maison de l'Armateur, et l'Abbaye de Graville. Je trouve plus adéquat de faire une exposition (ou même un musée) sur plusieurs sites plutôt que d'agrandir des bâtiments anciens comme beaucoup trop de musées le font !

Cette exposition peut être mise en parallèle avec celle du Musée Cognacq-Jay à Paris : Thé, café ou chocolat ?

Photographie de gauche : Vue sud d'une partie des bâtiments conventuels de l'abbaye de Graville. © Laurent Bréard.

Photographie de droite : Galerie d’études de l'Hôtel Dubocage de Bléville. © Photo Musées d'art et d'histoire.

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Le béton entre au Musée du Moyen Âge de Cluny

Le Musée national du Moyen Âge - Thermes et hôtel de Cluny est un monument constitué de deux parties : les thermes romains de la fin du premier ou du deuxième siècle après J.-C. et un hôtel particulier du XVe siècle. Il s'agit d'un véritable bijou en plein Paris.

En 2012-2013 il a été décidé de l'agrandir afin de faciliter l'entrée du public. Cela comprendra la construction d'un nouveau bâtiment de deux étages sur la terrasse longeant la rue Du Sommerard (voir ci-dessus la photographie d'une simulation informatique avec une vue à partir du boulevard St-Michel), devant une façade des années 1870, et le 'réaménagement' du bâtiment sans doute lui aussi de la même époque (voir le plan ci-dessous).

Il ne semble pas y avoir d'action directe sur les parties antiques et médiévales, ce qui est une bonne chose. Cependant, alors que l'ajout des années 1870 se fondait dans le décor, utilisant comme les thermes de la brique et de la pierre aux mêmes dimensions, nous sommes avec le nouveau bâtiment dans ce que j'appelle de l'architecture RER. Il n'y a pas d'effort d’intégration dans l'ensemble au niveau du matériau utilisé (béton et vitre) par exemple par l'utilisation de la brique, ni dans la forme architecturale d'ensemble antique ou médiévale. L'architecte s'est contenté de garder une hauteur raisonnable, « des nuances grisées en harmonie avec les couleurs des pierres environnantes » (atteintes par la pollution) et en mettant « sur l'enveloppe externe » « un motif gothique de guipure, présent dans l'escalier de la chapelle du musée ». Nous sommes une nouvelle fois dans le béton et le verre.

Dans le communiqué de presse, dans ce langage hypocrite (cauteleux, chafouin, patelin, papelard, matois... pour employer des mots de notre dictionnaire rappelant le XVe siècle) particulier à notre époque médiatique, il est indiqué qu'il s'agit d'une « rénovation », puis d'une « modernisation »... on croirait entendre ceux qui ont « rénové » et « modernisé » l’hôtel Salé.

Ce projet se déroulera en quatre étapes :

« - la restauration des bâtiments : la chapelle de l'hôtel de Cluny [une merveille] en 2015-2016, les thermes gallo-romains en 2016-2017 ;
- la construction d'un nouvel espace d'accueil inauguré fin 2017 ;
- la refonte des parcours muséographiques dont la première partie sera ouverte en même temps que le nouvel accueil, la seconde partie prévue être achevée en 2020 ;
- la reprise du jardin médiéval et l'optimisation de l'insertion urbaine à l'horizon 2020. »

Toujours les mêmes questions se posent : Pourquoi ajouter de l'architecture XXIe siècle à une autre très ancienne ? Une rénovation consiste-elle à agrandir, reconstruire ? N'est-il pas possible de conserver intégralement nos monuments anciens ? Pourquoi ne pas rénover en utilisant les techniques de l'époque du bâtiment d'origine ?

Photographies provenant du site amis-musee-cluny.fr et d'un communiqué de presse.

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Trésors des Médiomatriques

Le parc archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim propose jusqu'au 31 octobre l'exposition Quand la Moselle était gallo-romaine : trésors des Médiomatriques sur l’histoire et les richesses de la cité des Médiomatriques aux époques gauloise et romaine. Une occasion de découvrir un autre peuple gaulois dans cette exposition !

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Des dieux et des hommes, cultes et sanctuaires en Sarthe et en Mayenne dans l'Antiquité

Le Carré Plantagenêt - Musée d'Archéologie et d'Histoire de Le Mans présente l'exposition Des dieux et des hommes, cultes et sanctuaires en Sarthe et en Mayenne dans l'Antiquité jusqu'au 21 septembre 2015.

Celle-ci est le fruit des récentes découvertes archéologiques en Sarthe et en Mayenne de plusieurs sanctuaires qui ont révélé de riches offrandes, statuettes et ex-voto permettant d'aborder les pratiques religieuses durant l’Antiquité gallo-romaine.

Les musées archéologiques régionaux conservent de nombreux documents sur les peuples gaulois. Ici il s'agit des Aulerques, Cénomans et Diablintes.

Dans de prochains articles concernant des musées ou expositions j'aborderai quelques autres de ces tribus gauloises qui nous ont laissé un patrimoine précieux, subtil (dans le sens qu'il n'est pas obligatoirement matériel) mais bien présent.

Photographie de droite : « Bague. Or. 1er - 3e s. ap. J.-C. Le Mans, Quinconces des Jacobins. DRAC Pays de la Loire, Service régional de l’archéologie (dépôt Inrap, Le Mans). © Gilles Kervella, Le Mans. »

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'Le pari des libraires'

« Avec 756 librairies, Paris est la capitale mondiale du livre. » « La Ville de Paris et l’association Paris Librairies lancent la première fête des librairies parisiennes, intitulée le « pari des libraires ». [...] Le 2 juillet prochain, de la fin d’après-midi jusqu’à la nuit tombée, 83 librairies parisiennes proposeront un moment convivial et des animations originales pour tous les publics. Chaque libraire aura son invité d’honneur - auteur, artiste, musicien, client du quartier, enfant - chargé de mettre en valeur le fonds de la librairie et de sélectionner des ouvrages sur le thème de la liberté, valeur fondatrice de la librairie indépendante. »
Vive la Liberté !

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Marignan ? 1515 !

L'exposition sur François 1er à la Bibliothèque nationale de France, à Paris, s'est achevée ce 21 juin. Elle se poursuit au Château royal de Blois du 4 juillet au 18 octobre 2015 dans une autre intitulée Trésors royaux : La bibliothèque de François 1er.

2015 est  l'anniversaire de l’accession au trône de ce roi, il y a de cela cinq-cents ans, ainsi que l’anniversaire de la bataille de Marignan. « Marignan ? 1515 ! » Cette victoire a marqué l'entrée de la France dans l'ère moderne et la Renaissance dans ce pays.

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L'État vend ses hôtels particuliers parisiens du XVIIIe siècle...

Pendant qu'une partie de l'argent public sert à des expositions d'art contemporain affreuses comme à Versailles ou à la Monnaie de Paris (voir ici), l'État et la collectivité publique continuent de vendre une partie de leur immobilier ancien, notamment des hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles. En voici des exemples :

- L'hôtel Kinsky, du XVIIIe siècle, au 53 rue Saint-Dominique vendu à une famille princière du Qatar (voir cet article). Voici ce qu'en dit Wikipédia :  « il est mis en vente par l'État en septembre 2006 et est acheté par la famille régnante du Qatar, pour la somme de 28 millions d'euros, soit la moitié de l'estimation. »

- L’hôtel de Broglie (XVIIIe siècle), du 35 rue Saint-Dominique. D'après Wikipédia : « L'hôtel est effectivement mis en vente par l'État en 2013 pour une cession prévue en 2015. »

- L’hôtel de Clermont, construit en 1708, situé au 69 rue de Varenne (qui abritait des sièges du gouvernement). « L'hôtel est effectivement mis en vente par l'État. » Wikipédia.

- L'hôtel de Miramion, hôtel particulier parisien du XVIIe siècle du 47 quai de la Tournelle, a été vendu vers 2012 par l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris).

La province n'est pas en reste...

Photographie de gauche : Hôtel Kinsky. Source Wikipédia.

Photographie de droite : Hôtel de Broglie. Source Wikipédia.

Photographie ci-dessous : Hôtel de Clermont. Source Wikipédia.

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Carnaval tropical de Paris

 

Ce dimanche 28 juin, le Carnaval tropical de Paris partira Place de la Bastille en direction de l'Hôtel de ville à 14h, suivant la rue Saint-Antoine et la rue de Rivoli pour revenir sur la place par les quais. Cette quatorzième édition est sous le thème des quatre saisons !

Ce sera une bonne occasion de remettre à l'honneur l'ancienne grandeur du carnaval de Paris (voir ici et ici).

Photographies provenant de la Mairie de Paris.

À noter que ce même dimanche, le long du Canal Saint-Martin, le festival de chorales d'amateurs Voix sur Berges fêtera ses vingt ans. Près de cinq-mille chanteurs et cent-quatre-vingts chorales sont attendus. « Cette manifestation populaire et musicale est ouverte à tous les styles, à tous les niveaux et à tous les âges : baroque, contemporain, jazz, gospel, variétés française et étrangère, rock, etc. Dès 10h, des dizaines de chorales se rassembleront autour du Canal Saint-Martin et viendront animer le 10e arrondissement, avant de partager un banquet convivial à la mi-journée. De 14h30 à 21h40, les chorales se succèderont sur les 20 sites musicaux des berges et le jardin Villemin, choisis pour leur acoustique de qualité. À la tombée de la nuit, 1.200 choristes offriront au public un grand final chanté autour du pont Eugène Varlin. »

Photographie ci-dessous provenant du site.

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Déchéance du grand Louvre : un centre commercial, le Louvre AbuDabi, l'externalisation de ses réserves à Liévin.

Toutes les photographies de cet article ont été prises ces derniers jours dans le Musée du Louvre.

Cet article fait suite aux nombreux autres que j'ai écrits dans ce blog sur ce que j'appelle 'l'architecture RER'. Il s'intéresse cette fois au Louvre.

Aujourd'hui l'intérieur du bâtiment ressemble en grande partie à une gare RER bétonnée ou à un grand centre commercial (voir les photographies) dans lequel on peut acheter de tout, même des plumeaux et brosses à récurer (photographies ci-dessus) ! En dessous du Louvre, en particulier de ses cours et de son jardin, en pleine zone inondable, ont été aménagés des garages à voitures et cars, des boutiques en tous genres, des restaurants, cafés... On peut y louer des automobiles, acheter des bijoux, des disques etc. etc. Tout ceci dénature ce monument plusieurs fois centenaire et en gomme l'âme. J'ai pris quelques photographies ces derniers temps qui en témoignent.

Mais cela n'est pas tout. Après l'ineptie du Louvre AbuDabi (voir ici) voici que maintenant succède le déplacement de ses réserves à Liévin au nord de la France dans le Pas-de-Calais. Croit-on vraiment que les chercheurs ou historiens de l'art vont se déplacer avec autant de plaisir et de facilité à 200 km de Paris pour des recherches qui nécessitent plusieurs jours, voire plusieurs semaines ! À Liévin les musées, bibliothèques, universités et autres lieux d'art ne se bousculent pas, de même que les spécialistes de l'art ancien !

Le site spécialisé dans l'actualité de l'art latribunedelart.com a interrogé plusieurs conservateurs du Louvre et chercheurs pour leur demander leur avis. Ces articles sont visibles ici. On y apprend que la plupart des conservateurs de ce musée n'ont pas été consultés. Les réserves sont des lieux d'échanges, de découvertes, de communication entre spécialistes, ayant une porosité avec les salles, ce qui n'est possible que si le Louvre reste homogène.

Et puis pourquoi construire un nouveau bâtiment alors qu'on brade une partie de notre patrimoine bâti ancien ? Ce qui est troublant c'est que Liévin se situe juste à côté du Louvre-Lens, et à moins de cinquante kilomètres de la Belgique. Nous sommes là dans une stratégie géo-politico-culturelle évidente. Veut-on faire du Louvre-Lens le grand musée européen du XXIe siècle, le grand musée de Bruxelles ? Il sera en effet plus facile d'atteindre les réserves du Louvre depuis Bruxelles que depuis Paris. S'il s'agit d'une stratégie, celle-ci se fait en dehors de toute démocratie. Cela me fait penser au palais que le roi Louis XIV fit construire à Versailles, en dehors du Louvre (ancien palais des rois), hors de Paris, avant qu'un siècle plus tard la Révolution redonne à la capitale française sa première place politique.

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Compte-rendu de chantier

J'ai eu la chance de visiter la semaine dernière le chantier du Musée des beaux-arts de Nantes. Je vous en ramène mes impressions et des photographies.

Ce musée se situe dans sa plus grande partie dans un bâtiment inauguré en 1900. Nous avons là un exemple de la manière dont aujourd'hui on aborde trop souvent la 'rénovation' de notre patrimoine bâti ancien.

Je ne connaissais pas ce musée avant la semaine dernière. Il y a fort à parier que de multiples remaniements avaient déjà largement abîmé le lieu au XXe siècle. Ce que je reproche dans le chantier actuel c'est d'abord de continuer à 'gommer' l'aspect 1900. Le but de ce chantier n'est pas de redonner à ce lieu son lustre d'autrefois, de lui restituer son âme 'fin de siècle', mais d'agrandir le musée et d'en faire un lieu plus fonctionnel. Si sont conservés et restaurés les façades, le grand escalier de l'entrée, une partie des murs et des stucs, le bâtiment a été éventré afin de le prolonger en sous-sol au niveau de sa cour centrale. Certaines pièces (peu nombreuses cependant) ont été démolies. Tout cela pour bétonner.

Au début du XXe siècle les murs devaient être peints, tapissés ou avec du papier peint. Je n'ai trouvé aucune trace de cela, sauf dans une petite salle (voir photographie) où il reste quelques peintures. Le bois devait être aussi très présent, de même que la ferronnerie. Mais là aussi presque plus rien ne subsiste. Les verrières d'époque ont été remplacées... Le mélange de moderne et d'ancien laisse une impression désagréable, que l'on ne ressent pas en allant dans la partie 100 % moderne, dans le bâtiment qu'on appelle « le cube ». De toute évidence les architectes aujourd'hui sont mal à l'aise avec l'ancien, et les dommages qu'ils lui causent sont irréversibles puisque agissant dans ses fondations, ce qui est peu visible de l’extérieur.

Et puis pourquoi vouloir absolument agrandir un musée en agissant sur la construction léguée ? La restauration de tous les bâtiments anciens devrait être envisagée de la même façon que pour un tableau ou un autre objet d'art. Pourrions-nous imaginer que l'on ajoute un chapeau à la Joconde parce que cela fait plus moderne, ou que l'on place ce tableau dans un cadre en fer, que l'on enlève son paysage d'arrière-plan, défraîchi pour y dessiner une autoroute, ou bien encore que l'on agrandisse l'oeuvre de plusieurs centimètres ?

Photographie de gauche : Sculptures de la façade principale extérieure.

Photographie de droite : Grand escalier.

Photographie de gauche : Seule pièce que j'ai rencontrée ayant conservé des peintures.

Photographies ci-dessous : Cour intérieure éventrée vue de dessus et depuis la base.

Photographies ci-dessous : Pièces

Photographies ci-dessous : Étages bétonnés.

Après avoir visité le chantier du Musée des beaux-arts, je suis allé dans le Musée d'histoire de Nantes du Château des ducs de Bretagne se situant dans la résidence ducale du XVe siècle. Quelle ne fut pas ma stupéfaction de constater que là aussi le lieu a été éventré mais d'une manière pire ; d'abord parce que le monument est près de cinq-cents ans antérieur à celui du Musée des beaux-arts, ensuite parce qu'on a détruit par caprice d'architecte et de manière particulièrement ostentatoire. Le chantier a eu lieu dans les années 2000. Le château a ouvert à nouveau en 2007. Afin de donner plus de lumière (!?!?) une partie a été cassée sur plusieurs étages !

Photographies ci-dessous : Intérieur du Château des ducs de Bretagne qui me semble la plus vandalisée. Non seulement l'architecte n'a pas cherché à rester dans le goût de l'époque (XVe siècle) avec ses structures modernes, mais il a détruit des pièces sur plusieurs étages afin de faire une sorte de puits allant du rez-de-chaussée jusqu'au toit. Les cheminées ont été murées et une se retrouve même dans le vide. Et les parties sculptées (il y en avait forcément) où sont-elles ?

Voilà comment on rénove des bâtiments anciens prestigieux en France en ce début de XXIe siècle !

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Collection du Musée des beaux-arts de Nantes de peintres flamands et hollandais

Le Musée des beaux-arts de Nantes sort de ses réserves, jusqu'au 30 août 2015, des œuvres de peintres flamands et hollandais pour l'exposition Flamands et Hollandais : La collection du Musée des beaux-arts. Celle-ci est située au château des Ducs de Bretagne.

Soixante-cinq peintures sont exposées, principalement du Siècle d’Or, composées par les artistes les plus réputés du XVIe siècle au XVIIIe : « de Jan Brueghel à Rubens, en passant par de remarquables élèves de Rembrandt comme Govert Flinck ou Jürgen Ovens ». Il s'agit d'un choix parmi trois-cents peintures répertoriées dans le catalogue inédit publié et dont certaines ont été restaurées pour l'occasion.

« Cet important ensemble de peintures fut principalement réuni au XIX e siècle, essentiellement grâce aux envois de l’État (Rubens, Brueghel) après la création du Musée des beaux-arts, mais surtout avec l'acquisition en 1810 par la ville de la collection de François Cacault, véritable noyau fondateur des collections anciennes puisqu'elle compte plus de 170 tableaux flamands et hollandais. »

« Le parcours de l'exposition s'organise en étapes thématiques qui permettent de présenter, en miroir, des peintres de Flandre et de Hollande qui se spécialisèrent dans des genres nouveaux : les portraits (Pourbus, Voet), les paysages (Fouquières, Leytens), les marines, les scènes de genre (Droochsloot, Wouwerman) et les natures mortes (Claesz, Coninck). »

Nous avons là une vision d'ensemble de cet art particulièrement réputé à son époque et par la suite, depuis la grande peinture d’histoire jusqu'aux « petits tableaux de cabinet très appréciés des marchands et des bourgeois des anciens Pays-Bas ».

Photographie de gauche : Portrait de femme par François II Pourbus (1569-1622). Musée des Beaux-Arts de Nantes. © RMN -Photographie : G.BLOT. »

Photographie de droite : Madeleine pénitente par Abraham Bloemaert (1564-1651). Huile sur toile de vers 1590.

Photographie de gauche : L'Embarquement. Tableau de Jan Brueghel l'Ancien (1568-1625). Ce genre de peinture aux dimensions réduites était particulièrement ouvragé dans les détails, afin que l'on puisse admirer la minutie du travail de composition, assis, le tableau posé sur les genoux.

Photographies ci-dessous : Portraits par Jacob Ferdinand Voet (c. 1639 - c. 1689/170).

 

 

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L'Inca et le Conquistador

Du 23 juin au 20 septembre 2015 le Musée du quai Branly retrace la conquête de l'Empire inca dans une exposition intitulée L'Inca et le Conquistador.

Si celle-ci est moins importante par le nombre d'objets que celle sur les Mayas qui s'est conclue en février 2015 dans ce même musée, elle est cependant intéressante par l'épopée tragique qu'elle nous dévoile. La rencontre originelle fut terrible pour les Incas qui y perdirent des millions de personnes et une grande partie de leur culture. On y apprend qu'avec un poignée d'hommes, les Espagnols du XVIe siècle ont réussi à prendre le pouvoir sur tout un empire.

À cette époque les conquistadores diffusent le mythe d'une contrée d'Amérique du Sud supposée regorger d'or.

Photographie de gauche : Petite « jarre en forme de musicien jouant du tambour et de l'antara (flûte de pan). Pérou. Culture chincha, 1100-1450. Terre cuite. Museo Nacional de Arqueología, Antropología e Historia del Perú, Lima, C-55291 ».

Photographies ci-dessous : « Récipients rituels, conopas. Pérou. Culture inca, 1450-1532. Pierre. Musée du quai Branly, Paris ». Ces objets représentent ici un alpaga et un lama. « Les conopas présentent une cavité destinée à recevoir une offrande [...] enterrées dans les champs elles assurent la fertilité des troupeaux. »

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Charles de la Fosse, les Amours des dieux.

La ville de Nantes propose en ce moment deux intéressantes expositions, l'une sur les peintres Flamands et Hollandais des XVIe et XVIIe siècles, et une autre sur Charles de la Fosse, peintre contemporain de Louis XIV. Je reviendrai dans un prochain article sur la première. La seconde, intitulée Charles de la Fosse, les Amours des dieux, se déroule du 19 juin au 20 septembre 2015 dans la Chapelle de l'Oratoire, lieu du XVIIe qui convient à un artiste de ce siècle. Cette exposition présente moins de tableaux que dans celle du château de Versailles Charles de la Fosse (1636-1716) : Le triomphe de la couleur qui s'est clôturée le 15 mai dernier. Cependant les œuvres sont présentées avec plus d'espace, offrant davantage de résonance à leurs dimensions honorables, et surtout avec une lumière principalement naturelle, sans les projecteurs qui à Versailles donnaient de vilains effets de clairs-obscurs.

Charles de la Fosse est un peintre particulièrement intéressant, un arbre qui je l'espère permettra pour beaucoup de (re)découvrir toute la forêt de la peinture française de la seconde partie du XVIIe siècle, abondante, très riche, novatrice, et dont de nombreux artistes de qualité sont encore trop peu connus.

D'abord c'est un peintre ayant une grande pratique et une parfaite maîtrise technique de son art. Ses ébauches nous dévoilent un dessin sûr aux tracés marqués. Cette vigueur et cette accentuation des contours restent présentes dans ses peintures bien que les traits soient remplacés par un léger sfumato en dégradés précieux. Les volumes sont ainsi doucement accentués de même que par les couleurs. La délicatesse des corps, la luminosité de nacre qui en jaillit, l'expressivité des visages, la douceur des gestes portés par des couleurs flamboyantes, la qualité des coloris, des drapés, l'élégance des formes, les gestes accentuant la lascivité et l'abandon, et la distinction des thèmes sont mis en valeur par les contrastes d'arrière-plans 'tournoyants', souvent plus sombres.

Les corps sont d'une sensualité galante que l'on retrouvera au XVIIIe siècle par exemple chez François Boucher (1703-1770). Les drapés sont velouteux, soyeux et parfois aériens, comme dessinés par un zéphyr ou une suave brise. Ils mettent en valeur les corps par les déshabillés qu'ils forment autour de ceux-ci. Parfois ils semblent se fondre en eux afin de dévoiler, sans le faire directement, les parties les plus intimes. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la mythologie est le seul moyen de représenter ouvertement des corps nus ou à demi nus, des poitrines offertes, des genoux... Sous les traits d'une Vénus, d'un Apollon ou d'un autre dieu, les contemporains pouvaient reconnaître sans doute des portraits galants. C'était souvent un jeu de se faire ainsi représenter, une sensualité drapée sous des références mythologiques. Ces « amours des dieux » étaient alors ceux des commanditaires !

Au-delà de la maîtrise picturale et de la galanterie légère de ces œuvres, il y a une réelle originalité démarquant Charles de la Fosse d'un classique Nicolas Poussin (1594-1665) ou d'autres artistes du Grand Siècle et annonçant le XVIIIe avec son insouciance, son élégance plus légère, ses putti grassouillets, ses corps lascifs davantage offerts et ses scènes plus 'bourgeoises'.

Cet artiste, d'une tendre et légère densité, est tout entier dans le plaisir sensuel de la composition de sa peinture, dans sa recherche de nouveauté, son modernisme. On peut aussi mettre son œuvre en parallèle avec les thèmes et la musique de l'opéra qui naît véritablement en France avec Lully dans les années 1670, ce que fait la dernière partie de l'exposition.

Deux premières photographies : « Clytie changée en tournesol par Apollon, Charles de La Fosse, 1688. © Château de Versailles, Dist. RMN /Jean-Marc Manaï. »

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Grands magasins : le Printemps fête ses cent-cinquante ans.

Créé en plein second Empire, en 1865, au coin de la rue du Havre et du boulevard Haussmann, derrière l'Opéra pas encore terminé, le Printemps fête aujourd'hui ses cent-cinquante ans, pendant que LVMH laisse à l'abandon La Samaritaine (construite en 1870) depuis 2005 (dix années d'abandon à fêter !) dans un état lamentable, dans le but de totalement la détruire. Le Printemps lui a été racheté par un fonds Qatari. On lit dans un article de Libération : « Le montage retenu est d’une opacité jusque-là inconnue dans nos contrées [...] c’est du jamais-vu ».

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Le Grand Trianon de Louis XIV à de Gaulle

Du 18 juin au 8 novembre 2015 une nouvelle exposition est visible au Grand Trianon de Versailles intitulée Le Grand Trianon de Louis XIV à de Gaulle. Celle-ci n'est pas très grande, mais a le mérite de présenter quelques œuvres intéressantes et surtout de donner une vision de l'utilisation de ce lieu, depuis sa construction jusqu’à 1960, à travers des plans, des gravures, des dessins et autres objets d'art d'époque évoquant l’histoire des aménagements et des transformations du bâtiment et les personnalités qui l'ont côtoyé.

En 1668 Louis XIV fit l'acquisition du village de Trianon afin d'agrandir son domaine de Versailles. Il rasa le lieu et y fit construire un premier palais : « Le Trianon de porcelaine ». Louis Le Vau puis François d'Orbay en furent les architectes. Les jardins furent tracés par un neveu de Le Nôtre, Michel III Le Bouteux. Le lieu devait être féerique.

Le pavillon central, de style « chinois » et les quatre petits pavillons secondaires étaient couverts de faïences bleues et blanches, imitant la porcelaine asiatique, commandées aux manufactures de Delft, Rouen, Lisieux et Nevers, et étaient décorés d'éléments d'architecture et de sculptures multicolores dans le même matériau. La céramique se retrouvait aussi dans le jardin (fonds des bassins etc.) et à l'intérieur du palais, donnant un ensemble particulièrement harmonieux, une concordance de couleurs qui se poursuivait dans le jardin luxuriant et odoriférant, qui faisait donner à l'édifice l'autre nom de « Palais de Flore ». Le duc de Saint-Simon écrivit que « rien n’était si magnifique que ces soirées à Trianon, tous les parterres changeaient tous les jours de compartiments de fleurs, et j’ai vu le Roi et toute la cour les quitter à force de tubéreuses dont l’odeur embaumait l’air, mais était si forte par leur quantité que personne ne put tenir dans les jardins, quoique très vastes et en terrasses sur un bras du canal ». Ce jardin luxueux était continuellement fleuri d’espèces rares, colorées et très odorantes. Pour cela on faisait venir des fleurs de toute la France (essentiellement de Provence) et de l’étranger (tulipes de Hollande, jasmins d’Espagne). Assortis aux lys royaux, ces milliers de jonquilles, anémones, cyclamens et autres jacinthes faisaient des parterres un véritable camaïeu bleu, blanc, rouge : les couleurs du Roi et de la Vierge. Des orangers étaient plantés en pleine terre, du côté du canal, qu’il fallait chaque hiver couvrir avec des vitres. Deux galeries de treillages encadraient ce jardin, l’une d'elle menant au cabinet des parfums, petite bâtisse un peu à l’écart où l’on venait profiter des senteurs des fleurs.

La faïence se détériorant rapidement au contact du gel, l'entretien du Trianon de porcelaine s'avèra très difficile. En 1687 on décida de le remplacer par un Trianon de marbre construit par Hardouin-Mansart, qui y éleva un palais à l’italienne composé d'un seul rez-de-chaussée (certains appartements sont en étage mais dissimulés dans l'ensemble) s’étendant en une succession d’ailes de couleurs or et rose (marbre rose du Languedoc). La réalisation du péristyle fut confiée à Robert de Cotte. L’intérieur, entièrement blanc, était orné de boiseries, plusieurs fois remaniées. Les peintures, en particulier sur le thème des Métamorphoses d’Ovide, étaient réalisées par Charles de La Fosse, François Verdier, René-Antoine Houasse, Noël et Antoine Coypel, Louis et Bon Boullogne, Bertin, Marot, Martin, Allegrain ou encore Jean Jouvenet. La galerie était ornée de vues des bosquets de Versailles par Jean Cotelle. Ces tableaux sont de véritables joyaux par leurs couleurs surtout. Aujourd'hui il en manque quelques-uns et d'autres ont été remplacés par des fac-similés (des photographies grandeur nature), ce qui ne me semble pas un choix judicieux, le mélange d'oeuvres exceptionnelles à des reproductions de pacotille en disant long sur l'état d'esprit actuel... J'ai déjà fait remarquer dans cet article Thé, café ou chocolat ? qu'il est déplorable de voir de plus en plus utilisés dans les expositions des fac-similés de dessins ou gravures. Il s'avère donc qu'on utilise aussi ce procédé dans les musées pour les peintures.

L'exposition Le Grand Trianon de Louis XIV à de Gaulle se déroule pendant que sont entrepris des travaux de restauration (commencés en janvier de cette année) des parties réaménagées par le général de Gaulle au premier étage (ses appartements). Ces pièces seront ouvertes dans quelques mois pour une seconde exposition prolongeant cette première. Celle-ci s'intéressera particulièrement à l'utilisation du Grand Trianon par nos politiques ces dernières quelques dizaines d'années. Je crois qu'il faudra s'attendre une nouvelle fois à un encensement de la dictature qu'est la République populaire de Chine. Rappelons que la manifestation organisée à Versailles pour fêter le cinquantième anniversaire de la reconnaissance de la Chine populaire par le général de Gaulle, le 27 mars 2014, a été une véritable honte pour la France. À cette occasion un dîner a été offert dans le Salon des jardins du Grand Trianon par le président François Hollande au président chinois Xi Jingping et à son épouse. Dans le dossier de presse il est indiqué, j'espère avec humour, que « Cet événement a permis au Grand Trianon de renouer avec son passé républicain », ce qui montre, si besoin est, que nous sommes à une époque particulièrement sombre de notre propre histoire ! Rappelons aussi que les campagnes de répression de l'ère Mao Tsé-toung (1893-1976) ont fait des millions de morts. Seulement pour la Révolution culturelle (qui commence en 1966) on parle de cent millions de personnes victimes de soucis à cette époque, presque chaque famille ayant eu au moins la disparition d'un membre à déplorer. Quant à aujourd'hui, la démocratie n'y est toujours pas d'actualité, le Tibet toujours envahi, la censure de masse toujours présente, etc. etc. Pour continuer sur ce lugubre sujet, savez-vous que dernièrement le gouvernement français a autorisé la police de la République populaire de Chine à se rendre et évoluer librement en France afin de surveiller ses ressortissants venus faire les touristes dans notre pays ?

Première photographie prise à l'extérieur du Grand Trianon, entre des piliers de la galerie extérieure donnant d'un côté sur les jardins, de l'autre (image) sur la cour.

Seconde et dernière photographies : Vue des parterres de Trianon avec Zéphyr et Flore par Jean Cotelle (1645-1708). Gouache sur traits de pierre noire. Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. « Ayant reçu commande en 1688 de tableaux représentant les jardins de Versailles destinés à décorer la galerie de Trianon, Jean Cotelle donna d’abord des modèles peints à la gouache. Sur ce dessin montrant les parterres de Trianon, qui fut également peint à l’huile pour la galerie, on remarque que le château était à l’origine surmonté de groupes sculptés, qui furent détruits à partir de 1810. Les massifs, très denses et touffus, étaient aux couleurs du roi, et des arbres y étaient plantés en pleine terre. Les personnages de Zéphyr et Flore, souvent représentés dans les décors peints de Trianon, évoquent parfaitement l’esprit de ce château de campagne qualifié de palais de Flore. »

Troisième et quatrième photographies : Apollon et Thétis par Jean Jouvenet (1644-1717). Huile sur toile. Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. « Commandé pour le Cabinet de repos de l’appartement Madame de Maintenon au Grand Trianon, ce tableau fut achevé en 1701. Son sujet fut plusieurs fois traité par les artistes à Trianon. En effet, Jean Jouvenet, François Verdier et Charles de La Fosse en donnèrent également une version. Très révélateur de l’esprit du château, Apollon est en effet l’image de Louis XIV, le Roi-Soleil, rendant visite à sa maîtresse Thétis. Trianon est donc le château des amours du roi, contrairement à Versailles où règne un souverain en gloire. Le décor peint de Trianon fut puisé dans les Métamorphoses d’Ovide, principalement axé sur les déesses transformées en fleurs, donnant ainsi un sens supplémentaire au surnom de « palais de Flore » qui fut donné au château. Comme la plupart des tableaux de Trianon, celui-ci fut ôté à la Révolution. Exposé au musée spécial de l’École française, créé à Versailles en 1797, il fut ensuite envoyé au musée de Caen en 1804. Il ne rentra à Trianon que dans les années 1960, comme tous les autres tableaux de la commande, lors de la restauration entreprise à la demande du général de Gaulle et d’André Malraux. »

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Le fonds d’archives de la famille du Châtelet

Les Archives départementales de la Haute-Marne proposent, du 20 juin 2015 au 18 décembre 2015, l'exposition Dans les arcanes d’une famille illustre : Les Archives du Châtelet révélées dans la petite commune de Chamarandes-Choignes.

Le fonds d’archives de la famille du Châtelet est riche de plusieurs milliers de documents allant du XIIIe siècle au XVIIIe. Certains d'entre eux sont exposés. Cela est complété par des prêts de particuliers et d’autres pièces rares des archives.

C'est une belle occasion de suivre une grande famille durant quelques siècles à travers des documents certes souvent administratifs. Cette famille est aussi celle de la femme des Lumières Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet, communément appelée Émilie du Châtelet (1706-1749), femme de lettres, mathématicienne, physicienne et amie intime de Voltaire pendant quinze années.

L’exposition aborde sept grands thèmes :
- La maison du Châtelet au fil des siècles ;
- Les du Châtelet au service de la Lorraine et de la France ;
- Le château et les jardins de Cirey ;
- L’économie domaniale de Cirey ;
- Émilie du Châtelet, première femme de sciences en France ;
- La vie quotidienne à Cirey du temps d’Émilie ;
- Madame de Simiane, l’autre dame de Cirey.

Photographies ci-dessus : « Contrat de mariage de Charles-Gabriel du Chatelet. © Conseil départemental de la Haute-Marne. »

Photographies ci-dessous : « Portrait de Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet, Marianne Loir. Huile sur toile. Musée des Beaux-Arts de Bordeaux. © RMN-Grand Palais - A. Danvers. »

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Merveilleuses & merveilleux