© Photographie LM
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Photographies : Gravure de vers 1758 représentant la taverne de « Jean Ramponaux ».
« Au sein de la paix, goûter le plaisir
Chez soi s'amuser dans un doux loisir
Ou bien chez Magny s'aller divertir
C'était la vieille méthode.
L'on voit aujourd'hui courir nos Badauds ;
Sans les achever quitter leurs travaux ;
Pourquoi ? c'est qu'il vont chez Mons. Ramponaux
Voilà la Taverne à la mode. »
« à Paris rue Ste Hyacinthe dans la maison de M. Parvillée Me Ecrivain. » « Avec Permission de M. le Lieutenant Général de Police. »
La taverne Ramponaux,
prénommée 'Le Tambour Royal', est fondée par Jean Ramponaux (Ramponneau ou Ramponeau, 1724-1802) à Paris vers 1740. Il achète un cabaret déjà très fréquenté situé à l'angle des rues de l'Orillon et de Saint-Maur, le « cabaret des Marronniers », près de l'actuel Belleville, autrefois à la Courtille, une barrière de Paris où les cabarets sont nombreux (voir les articles sur les Montagnes russes parisiennes, et Le carnaval de Paris). Ce débit de boissons est plus précisément dans la basse Courtille, située dans l'enceinte de Paris contrairement à la partie haute. Le quartier étant en hauteur et composé de multiples lieux pour se désaltérer, souvent le matin de nombreuses personnes redescendent vers Paris repues et saoules. C'est ce qu'on appelle la descente de la Courtille, particulièrement impressionnante les jours de Carnaval, car formant une véritable parade de 'masques', c'est-à-dire de personnes déguisées, très enclines à la fête et à la joie.
On remarque sur cette gravure la diversité des personnes fréquentant cette taverne. Tout le monde y est le bienvenu : des vieillards aux enfants, des femmes aux hommes, des aristocrates aux ouvriers en passant par les invalides, les artistes, les militaires, etc.
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Photographies du dessus : Frontispice d'après Charles Eisen (1720-1778) du chant premier de Zélis au bain du marquis de Pezay (1741-1777).
Photographie de gauche : On dirait une Mercuriale vivace (Mercurialis perennis). Cependant normalement cette plante ne fleurit pas avant le mois de février, et cette image a été prise le 12 janvier. Son nom vient du dieu Mercure.
La nature est une corne d'abondance. Les médecins y trouvent des remèdes, les sorciers des potions magiques, les artisans des matériaux, les cuisiniers de la nourriture, les artistes des Muses, les scientifiques des modèles etc.
Elle est belle aussi en hiver. C’est le moment d’essayer de reconnaître les arbres à leurs formes, leurs écorces..., de déceler tous les signes d’une vie qui sommeil. Pour les plantes vivaces dont on connaît les fleurs, on déctecte les feuilles, telles celles des Violettes, Chélidoines… Certaines sont particulièrement visibles, la fraîcheur de leur verdeur tranchant avec les teintes hivernales. On peut commencer à voir les fruits du Lierre dont les grappes foncées sur le feuillage toujours vert contrastent joliment avec la nature souvent dénudée à cette époque. Certaines plantes continuent de fleurir. Pâquerette, Sénéçon commun, Capselle bourse-à-pasteur (qui fleurit toute l’année, même après maturation des fruits). Quand elles ne sont pas recouvertes de neige, les mousses et lichens offrent des tons variés de verts souvent tendres qui tranchent avec le doré du sol ou le gris des écorces.
Photographie de droite : Fruits en formation du Lierre.
Tel le moment des premières lueurs du matin, la chaleur se fait attendre ; et même l’apparition du soleil ne lève en rien le voile de la froidure de la nuit, si ce n’est doucement en réchauffant les corps endoloris par une longue absence. Les derniers moments de l’année sont moins durs que les premiers : les jours s’allongeant lentement rendant plus froid encore la lumière qui pourtant s’ensoleille, abreuvant sans brusquerie.
À raison de pouvoir faire des bouquets de fleurs sauvages, pourquoi ne pas en faire avec leurs noms ? En voici quelques exemples : Dans un champ de Pensées sauvages avec Patience élégante les Immortelles blanches, ces Naïades fléxibles, présentent au grand soleil le Miroir de Vénus : la Dame-d’onze-heures. La Reine des prés Berce toutes Impatientes ne-me-touchez-pas, de même que la Reine des bois. Coucou Doucette Angélique. Pour la Minette pas de Patte d’ours ni de Grand muflier mais un Compagnon blanc ou rouge ou un Narcisse jaune avec des Lilas d’Espagne et une Corbeille d’or remplie d'Herbes aux perles.
Le Miroir de Vénus n’est pas la seule plante consacrée à Aphrodite : Il y a aussi les Sabot de Vénus, Scandix peigne de Vénus et Nombril de Vénus. Comme autres personnages mythologiques ayant donné leur nom à des plantes, j'ai cité Narcisse et Naïade fléxible, mais il y a aussi Naïade marine, Dryade à huit pétales, Narcisse à deux fleurs, Narcisse des poètes, les différentes sortes de Silènes, Daphné lauréole, et puis des noms qui font résonner les mythes comme Ambroisie élevée, Étoile de Bethléem, Sceau de Salomon ...
Photographie de gauche : Herbe bleue.
D’autres rappellent par leur nom ce qu’on en dit dans la mythologie. Par exemple la Petite centaurée serait utilisée par le centaure Chiron qui est aussi le précepteur de héros comme Achille, celui de la guerre de Troie, qui se sert de l’Achillée millefeuille pour guérir la plaie d’un roi. D’autres plantes cultivées et sauvages ont leur dieux. Le Laurier d’Apollon, en grec Daphné, est le nom d’une nymphe qui poursuite par les assiduités du dieu du soleil se change en cet arbuste pour lui échapper ; et puis Narcisse, amoureux de sa propre image et que les dieux changent en plante. Du sang d’Adonis, mêlé de nectar, Vénus fait naître l’Anémone, et de celui d’Ajax surgit le Pied d’alouette sur les pétales de laquelle on peut lire “ AI ” qui sont les deux premières lettres de son nom. De celui de Hyacinthos, Apollon fait apparaître la Jacinthe. Un tableau de Nicolas Poussin intitulé L’Empire de Flore (vers 1631) représente certains de ces épisodes, des fleurs et les personnages auxquels elles sont associées. Des noms de saintes sont aussi des noms de fleurs : Marguerite, Véronique…
La plupart des poètes ont parlé de fleurs. Chez les auteurs antiques, il s’agit surtout de plantes méditerranéennes comme le Laurier, la Vigne, le Myrte, la Violette, l’Olivier. L’Encens et les parfums ont aussi leur importance. Le Phénix, cet oiseau mythique qui naît aux sources du Nil, est réputé se nourrir uniquement d’Encens. Voici ce qu’en dit Dante dans La Divine comédie :
« Ni Blé ni herbe il ne mange en sa vie,
Mais seulement pleurs d’Encens et d’Amone,
Et la Myrrhe et le Nard lui sont ses derniers langes. »
Certaines parties de plantes peuvent se ramasser de janvier à décembre. Il faut être habitué à elles afin d'être sûr de leur identification.
La plante fraîche sans la racine de Capselle bourse-à-pasteur s’utilise toute l’année. D'autres ont aussi des propriétés médicinales et peuvent être ramassées en janvier. Certains bois brûlés pourraient servir à désinfecter une pièce. Les feuilles jeunes et charnues de la Joubarbe se récoltent tout le temps.
Photographie de droite : Arbres.
En plein hiver on passe à coté de plantes qui retiennent le regard. Pourquoi, ce ne sont que des fleurs ? Et on passe comme si on était quelques mois avant ou après. Un moment on est en plein printemps, comme par cadeau enchanté. Le Lamier rouge fleurit pendant toute l’année, mais en particulier au printemps semble-t-il. L’application directe de feuilles fraîches arrêterait l’effusion du sang sur les blessures. Le Lichen d’Islande se ramasse aussi sans arrêt de même que l'Ortie. Les fleurs de Pâquerette s’utilisent toute l’année, mais en particulier à partir du mois de mars. La racine de Plantain peut être ramassée tous les mois. Le Sénéçon commun fleurit tout le temps, la Stellaire (Morgeline) aussi.
Certaines de ces plantes se mangent comme les parties aériennes de Morgeline ou les fleurs et les feuilles de Lamier rouge, les feuilles d'Achillée millefeuille, la racine de Benoîte, la racine de Circe potager (jusqu’en mars) crue ou cuite. Les feuilles et les fleurs de Pâquerette peuvent être ajoutées crues à des salades avec d’autres plantes de même que les feuilles de Violette.
Comme je ne me m'intéresse ici qu'à des plantes sauvages de la région parisienne, je ne parle pas de celles du sud ou du littoral. Près de nos côtes ou dans la mer on trouve des plantes merveilleuses aussi.
Poème :
Chant provenant de Huexotzinco, ms. de la Bibliothèque nationale de Mexico. Garibay, Poesia Indigena, p. 165 in Lambert, Jean-Clarence, Les Poésies méxicaines : Anthologie des origines à nos jours, Paris, Seghers, 1961, p. 84.
« Nous sommes venus pour le sommeil,
nous sommes venus pour le songe.
Ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai que nous soyons venus
Sur la terre pour vivre.
Nous ne serons bientôt qu’herbe de reverdie :
Nos cœurs reverdiront, ouvriront leurs corolles ;
Oh notre corps est une fleur, et fleurit et se fane. »
Photographies du dessous : Lichens et mousses photographiés en janvier.
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Photographie : détail d'une gravure de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe.
Je suis en train d'écrire de nombreux articles afin de former un nouvel ouvrage sur l'élégance, cette fois entièrement composé de matière personnelle, c'est à dire sans les nombreuses références visuelles et textuelles de mes précédents articles. Une première donc que j'espère pouvoir publier ici dès le mois de mars. En attendant je vais présenter les prochaines semaines un peu moins d'articles.
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Photographie : Maxime VI de L'Homme de Cour de Balthasar Gracian Traduit & Commenté par le Sieur Amelot de La Houssaie … Quatrième Édition revue & corrigée. Paris : Vve Martin, J. Boudot & E. Martin, 1687.
J'ai trouvé la référence à un 'homme consommé' dans le livre L'Homme de cour, traduit de l'espagnol de Balthasar Gracian [1601-1658], par le sieur Amelot de La Houssaie, avec des notes, Paris : Vve Martin et J. Boudot, 1684 (première édition). Le titre original de cet ouvrage est Oraculo manual y arte de prudenci. Amelot de la Houssaye (1634 - 1706) le traduit et l'annote.
L'adjectif 'consommé' peut être utilisé pour désigner ce qui a presque atteint la perfection, qui est arrivé à un très haut degré de pratique dans un art, une science, ou toute autre discipline particulière ... On dit : « C'est un courtisan consommé », pour exprimer qu'il a une grande expérience et un savoir-faire accompli à la Cour.
Voici la maxime dont il est question :
« MAXIME VI. L'Homme au comble de sa perfection. Il ne naît pas tout fait ; il se perfectionne de jour en jour dans ses mœurs, & dans son emploi, jusqu'à-ce qu'il arrive enfin au point de consommation. Or l'homme consommé se reconnaît à ces marques : au goût-fin, au discernement, à la solidité du jugement, à la docilité de la volonté, à la circonspection des paroles & des actions. Quelques-uns n'arrivent jamais à ce point, il leur manque toujours je ne sais quoi : & d'autres n'arrivent que tard. »
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Photographie du dessus : « Rosace : fleurs de lys, marguerites, aigles, chimères et rinceaux, château de Chaource, 14e siècle / © Ville de Troyes, Carole Bell . »
Photographie de gauche : Affiche de l'exposition.
Photographie de droite : Carreaux de la fin du XIIIe siècle avec une figure en rosace avec des feuillages tréflés et au centre un blason, de l'église St Julien, Brioudes. © Ville de Troyes.
Le Musée Saint-Loup à Troyes présente jusqu'au 16 juin 2014 une exposition intitulée Carreaux de pavement Moyen-Âge & Renaissance.
La céramique du Moyen-âge et de la Renaissance est peu connue car rare. Seul un nom a conservé sa renommée bien qu'il ne nous reste que très peu d'oeuvres pouvant lui être attribuées ; c'est celui de Bernard Palissy (1510 - 1589 ou 90) dont la statue trône en face du Musée national de la céramique de Sèvres. C'est une figure mythique de la céramique occidentale au même titre que Johann Friedrich Böttger (1682 - 1719) le découvreur du secret de la porcelaine chinoise.
Les pavés en terre vernissée ou en faïence sont des témoignages particulièrement intéressants. Ils rappellent les décors des manuscrits enluminés. Ils sont des témoignages de notre patrimoine, de la terre façonnée par les êtres humains et sur laquelle des générations ont marché.
La collection de carreaux de pavement du Musée Saint-Loup comprend « plus de mille objets [et] est une des plus importantes de France, tant par le nombre que par la diversité et la qualité. »
Ne pas oublier de visiter en même temps son apothicairerie (voir article ici), et les autres musées de Troyes, capitale historique de la Champagne ... et de ramener au moins une bouteille de qualité. À votre santé !
Photographie du dessous : Pavement de faïence du XVIe siècle du château de Polisy. Il s'agit d'une représentation provenant de : « Alfred Gaussen, Portefeuille archéologique de la Champagne, Bar-sur-Aube, 1861 . © Ville de Troyes, Adrien Clergeot »
Photographies du dessous : Carreaux des XIII, XIV, XVI et XVIIe siècles.
« Cerf élancé, fleur de lys dans l’angle, […] Troyes, cellier Saint-Pierre, 14 siècle, © Ville de Troyes, Carole Bell. »
« Deux oiseaux adossés becquetant l’Arbre de vie, 13e siècle, […] © Ville de Troyes, Carole Bell. »
« Tige fleurie, château de Périgny-la-Rose, 14e siècle, […] © Ville de Troyes, Carole Bell. »
« Écu aux armes de la famille d’Aubeterre, église de Villechétif, 17e siècle, […] © Ville de Troyes, Carole Bell. »
« Armoiries des familles Molé et Hennequin, 16e siècle, […] © Ville de Troyes, Carole Bell. »
« Cartouche centré dans un fleuron portant la date 1549, pattes de bouc, Polisy, 16e siècle, faïence et glaçure stannifère. […] © Ville de Troyes, Carole Bell. »
Photographies du dessus : « Grande aiguière en verre au plomb (cristal) gravée à la roue avec trois scènes mythologiques : Actéon dévoré par ses chiens ; Bacchus, le pied posé sur un léopard, verse le vin dans une coupe tenue par un jeune satyre ; le repos d’Hercule sur la dépouille du lion de Némée ? Angleterre ou Écosse vers 1870. Gravure attribuée à l’atelier Müller-Millar d’Edimbourg. H. 40 cm / Ø du pied 13 cm. » © Jean-Christophe Garcia.
Cet article suit celui intitulé Verres d'usage et d'apparat, de la Renaissance au 19e siècle et présente d'autres verres de cette exposition du Musée des arts décoratifs de Bordeaux qui exhibe jusqu'au 30 mars des verres anciens de la Renaissance au XIXe siècle : « des objets raffinés et fragiles, à couper le souffle de beauté. C’est leur très belle transparence, leur extrême pureté que le collectionneur apprécie tout particulièrement. » « Sont exposés des verres à boire, des verres de mariage, des pièces d’ostentation ou de rares aiguières en verre opalescent, en rubinglass, ce verre rouge intense, ou encore en verre bleu profond. Ces objets nous renvoient à cette culture de la Renaissance où les verres font partie du cérémonial des banquets. Les verres d’usage n’étaient alors apportés à table que lorsque le convive souhaitait boire. Il faut attendre le XIXe siècle pour que le verre devienne un élément primordial du décor de la table. Sont ici réunies quelques cent trente pièces d’exception, qui sont comme autant d’enfants que le collectionneur a souhaité lui-même transporter au musée, refusant ainsi toute prise de risque par un autre. Une sortie qui se montre exceptionnelle, une occasion unique d’admirer ces pièces délicates. »
Photographies du dessus : « Aiguière dite « en casque » en verre rubis, monture en argent doré. Allemagne, Bohême ou France (B. Perrot) ? XVIIe siècle. H. 16 cm / Ø 10 cm. » © Jean-Christophe Garcia.
Photographies du dessous : « Verre « à la façon de Lille ». Deuxième moitié du XVIIe siècle. H. 28cm / Ø. 9cm. Verre couvert à jambe composite à trois nœuds creux soufflés, dit « à la façon de Lille », le couvercle avec un nœud creux. Façon de Venise ; Pays-Bas du Sud, milieu du XVIIe siècle. H. 39 cm / Ø 12 cm. » © Jean-Christophe Garcia.
Photographies du dessous : Détails « Quatre verres à jambe décorés d’ailettes. Venise et façon de Venise, XVIIe siècle. H. max 18 cm. » © Jean-Christophe Garcia.
Photographies du dessous : « Tazza. Venise, deuxième moitié du XVIe siècle. H. 14,5 cm / Ø 15 cm. » © Jean-Christophe Garcia.
Le portrait miniature est la reproduction d'une personne, généralement de buste, sur une petite surface. Les premières miniatures indépendantes des livres seraient produites au début du XVIe siècle. Les techniques se perfectionnent au XVIIe, et c'est vers 1700 que l'on commence à employer de la feuille d'ivoire comme support de peinture. L'avènement de la photographie remplace cette pratique notamment avec le portrait carte (voir l'article intitulé : La carte de visite et le portrait-carte).
La galerie Jaegy-Theoleyre expose de nombreux portraits miniatures sur son site www.jaegy-theoleyre.fr dont certains sont reproduits ici.
Photographies : © Galerie Jaegy-Theoleyre.
Jusqu'au 2 mars 2014, le Musée des Beaux-Arts de Rennes présente une exposition intitulée De Véronèse à Casanova : Parcours italien dans les collection de Bretagne. Elle suit une autre à Quimper (qui s'est finie le 30 septembre 2013), le tout ayant pour objectif de « mettre en valeur et de faire connaître le patrimoine de la Bretagne historique, en exposant les fleurons des collections italiennes des musées de Brest, Dinan, Morlaix, Nantes, Quimper, Rennes, Vannes et ainsi que les plus belles œuvres des églises bretonnes ; soit 80 peintures de tout premier ordre offrant un panorama représentatif de la peinture italienne des XVIe au XVIIIe siècles. »
Photographies : Vue de la grande salle de l'apothicairerie de l'Hôtel-Dieu-le-Comte à Troyes, d'époque du XVIIIe siècle, avec ses boiseries de chêne datant de son aménagement, vers 1720. Elle contient une collection de 319 boîtes en bois peint appelées silènes. Ces récipients utilisés avant les céramiques sont rares car fragiles.
« Elles conservaient les plantes médicinales ou "simples". La plupart des silènes sont parallélépipédiques (30 à 60 cm de long, 20 à 30 cm de haut), d’autres cylindriques. Toutes portent un couvercle. Sur les boîtes rectangulaires, un cartouche annonce le nom de la plante ou du produit contenu, encadré d’un cartouche orné de volutes et de fleurs. Pourquoi ce nom de " Silène " ? Ce nom vient de la mythologie gréco-romaine. Une citation du prologue de Gargantua, de Rabelais, nous donne une indication : " Silènes étaient jadis petites boîtes, telles que voyons de présent ès boutiques des apothicaires, peintes au-dessus de figures joyeuses et frivoles, comme de harpies et satyres, oisons bridés, lièvres cornus, canes batées, boucs volants, cerfs limoniers et autres telles peintures contrefaites à plaisir pour exciter le monde à rire (ainsi fut Silène, maître de Bacchus) ; mais au-dedans, l'on réservait les fines drogues, comme baume, ambre gris, amomon, musc, civette, pierreries et autres choses précieuses. " »
« Lors de la restauration de l’ensemble des boîtes, cinq silènes cylindriques ont révélé, sous le dessin du 18e siècle, des couches plus anciennes, datant du 16e siècle. Une des boîtes porte même la date : 1534. Leur décor d’origine a été restitué. Ces silènes cylindriques avaient donc été repeintes au goût du 18e siècle spécialement pour figurer dans la pharmacie de l’Hôtel-Dieu-le-Comte . »
« Cette salle n'était pas accessible aux malades. Seuls les apothicaires y pénétraient, prenaient les drogues et ingrédients prescrits par les médecins et fabriquaient les remèdes dans la pièce située à côté, servant de laboratoire. » © Musées JM Protte.

Photographie de gauche : Silène du XVIe siècle. « Apothicairerie Boîte 16e © Musées JM Protte. » C'est un remarquable témoignage des anciennes boîtes contenant les drogues de la pharmacopée.
Ceux qui suivent mon blog connaissent mon amour de la nature et des plantes sauvages. Je m’intéresse en particulier à leurs qualités culinaires et médicinales. La nature est un livre ouvert dont il faut connaître la langue pour le parcourir et y trouver ses trésors infinis. Afin de les utiliser, l’homme a fabriquer des récipients pour les mélanger, les cuire, les conserver … Ces objets sont les témoins de pratiques anciennes liées à la terre et la plupart faits de matières provenant d’elle : métaux, bois, terre …
L'Hôtel-Dieu-le-Comte à Troyes possède une belle apothicairerie dans son écrin d'origine préservée en l’état depuis son aménagement au début du XVIIIe siècle, avec de nombreux pots de pharmacie en céramique et une exceptionnelle collection de plus de 300 boîtes médicinales en bois peint ainsi que d'autres récipients en métal et des livres.
L’Hôtel-Dieu, est fondé au milieu du XIIe siècle par le neuvième comte de Champagne Henri Ier dit le Libéral (1127-1181). À la fin du XVIIe siècle, les bâtiments de bois de cet hôpital deviennent vétustes. Une reconstruction complète est entreprise, conservée aujourd'hui telle quelle.
« À l’origine, au 12e siècle, l’Hôtel-Dieu sert d’asile aux pauvres de passage, aux malades, aux femmes en couche. Au 16e siècle s’ajoutent les enfants trouvés et les incurables, puis au 18e siècle, les soldats malades ou blessés, les prisonniers de guerre et les nouveau-nés abandonnés. »
Photographies du dessous : Deux chevrettes en faïence.
Celle de gauche est du XVIIe siècle, de Nevers, avec un décor dit 'à la bougie'. © Ville de Troyes - D. Le Nevé.
La seconde est de la même ville mais du XVIIIe siècle . © Musées JM Protte.

Photographies
du dessus : « La vue du pont Neuf ou l’embarras de Paris.Vers 1680. Ivoire, peau, gouache. Bielefeld, Deutsches Faechermuseum – Barisch Stiftung. © Martine Beck Coppola. » Exposition Le Siècle d'or de l'éventail, du Roi Soleil à Marie-Antoinette au Musée Cognacq-Jay.
Cette peinture est un témoignage remarquable de Paris à la fin du XVIIe siècle car elle repérsente le cœur de la capitale qu'est le Pont-Neuf avec ses échoppes ; ses passants, à pied, en carrosse, en carriole, à cheval ; on y rencontre un lecteur public, un boulanger, des soldats, un vendeur et réparateur de chaussures, un tréteau de théâtre avec Arlequin, un musicien, des galants etc. J'ai choisi de montrer le détail d'un couple d'élégants habillés à la mode de l'époque et un homme portant une cape rouge dans le genre du drapé antique qui survit donc encore à cette époque. Concernant la mode d'alors voir les gravures du Mercure Galant d’octobre 1678 présentées dans cet article.
Jusqu'au 2 mars 2014, le Musée Cognacq-Jay à Paris propose l'exposition Le Siècle d'or de l'éventail, du Roi Soleil à Marie-Antoinette. Y sont présentés 70 éventails fabriqués à Paris au XVIIIe siècle provenant de collections publiques et privées. « Au cours du XVIII siècle, Paris devient ainsi la capitale de cet objet aristocratique et artistique dont les décors suivent la production des peintres à la mode (Boucher, Watteau, Lancret mais aussi Le Brun, Coypel, ou Lemoyne) et participent à la diffusion de l’art français en Europe. » Une occasion aussi de visiter le musée Cognacq-Jay tout entier dédié au XVIIIe siècle.
Photographie de dessous : Détail de l'éventail représentant « Le mariage du dauphin Louis Ferdinand. Détail. Vers 1745. Nacre, papier, gouache. Londres, The Fan Museum. © Martine Beck Coppola. » Une table de toilette est visible sur la gauche.
Photographies ci-dessous : Détails d'un éventail représentant « Les comédiens au bal. Vers 1690-1700. Écaille, peau, gouache. Paris, musée des Arts décoratifs. © Les Arts Décoratifs, Paris / Jean Tholance. »

Jacques de Callières (fin du XVIe siècle - 1697) écrit dans La Fortune des gens de qualité et des gentilshommes particuliers, enseignant l'art de vivre à la cour suivant les maximes de la politique et de la morale (Paris : E. Loyson, 1661) : « Ce n'est pas assez d'être savant de la Science du Collège, il y en a une autre qui nous enseigne comme il s'en faut servir. Celle-ci est une coureuse qui va de maisons en maisons, & qui ne parle ni Grec ni Latin, mais qui nous montre l'usage de tous les deux. On la trouve dans les Palais, on la rencontre chez les Princes & les grands Seigneurs, elle se fourre dans les Ruelles des Dames, elle se plaît parmi les gens de guerre, & ne méprise pas les Marchands, les Laboureurs, ni les Artisans. C'est elle qu'on appelle la Science du Monde, qui a pour guide les conversations, & l'expérience des choses. Elle rend le même office aux autres Sciences, que le lapidaire fait aux diamants bruts, quand il leur donne la beauté, l'éclat, & le prix par la polissure ; & en effet est-il rien de plus impertinent, qu'un homme du Quartier Saint Jacques, qui n'a jamais vu le Louvre, que de l'autre bord de la Seine ? À quoi lui sert son Grec & son Latin, qu'à le rendre ridicule parmi les honnêtes gens, & à faire avouer qu'il est plus ignorant dans la Science du monde, que les plus stupides ne le sont dans celle de l'Université ? Le Collège nous donne les premières notions des choses, il nous amasse des matières pour construire des beaux Palais ; mais c'est la Science du Monde qui nous en enseigne l’architecture, qui nous montre l'ordre & l'agencement de toutes ses parties, qui nous fait paraître habiles sans affecter la vanité d'être savants, qui polit nos discours & nos mœurs, qui nous rend discrets dans nos conversations, & agréables à tout le monde. Sans elle la Science devient barbare & mal plaisante ; & c'est la raison pourquoi les gens de peu, à qui la Nature a donné de l'Esprit, & le Collège des Lettres, ont une extrême peine à se dépayser; ils paraissent presque toujours ce qu'ils sont, parce qu'ils tiennent de la bassesse de leur nourriture, qui n'ayant aucun rapport avec celle des Gens de qualité, ne peut cacher sa différence naturelle. Le plus grand secret pour purger un Gentil-homme de cette ordure, est de le produire de bonne heure dans le monde, de lui prescrire des conversations choisies, de l'obliger à rendre devoirs aux personnes de Qualité, de lui faire observer jusqu’aux moindres choses qui regardent la bienséance, de lui donner une certaine hardiesse, sans impudence & fans orgueil dans toutes ses actions, le rendre civil sans bassesse, & complaisant sans flatterie, lui ordonner la conversation des Dames, & lui souffrir quelque intrigue avec elles. En vérité parmi l'ignorance de ce sexe les plus savants prennent souvent de très-utiles leçons ; il semble que la Nature ne l'ait pas fait seulement pour plaire, mais encore pour donner des règles au notre de se rendre agréable. La beauté a quelque chose d’impérieux qui nous rend sages & discrets, autant par habitude que par aucun discours de raison ; comme elle a droit de nous charmer, nous pensons avoir celui de lui plaire, Si la passion que nous sentons ne pouvant être satisfaite que par là, nous embrassons avec ardeur tous les moyens qui nous peuvent rendre aimables. Cette passion nous enseigne bien mieux que la Rhétorique, l'art de persuader nous découvre toutes les grâces de l'éloquence. Elle compose nos actions, elle règle nos pas, elle nous rend propres, elle nous ouvre l'esprit, ; le polit & l'éveille ; elle est utile quand elle ne va pas jusqu'à l'excès, elle ressemble à cette liqueur qui réjouit les honnêtes gens, & qui enivre la canaille. Aussi je ne la souffre qu'aux beaux esprits, qui la prennent comme un moyen de se perfectionner dans la Science du Monde, & non pas pour devenir vicieux. Les meilleures choses se corrompent par le mauvais usage ; c'est à nous de ne nous rendre pas coupables par notre modération. Notre condition serait pire que celle des bêtes, s'il nous fallait abstenir de tout ce qui porte péril avec soi ; le feu qui nous échauffe nous peut brûler ; l'air que nous respirons pour vivre, peut être corrompu ; & le vin qui nous désaltère & qui nous nourrit, nous peut enivrer ; Et pour cela serait-ce bien conclure que nous dussions être privés de l'usage du feu, de l'air & du vin ? Il est de nos passions comme de nos armes, elles servent à notre défense, quand elles nous obéissent ; mais elles font un effet tout contraire aussitôt qu'elles passent entre celles de nos ennemis. Nous nous les figurons comme des Monstres, faute de les connaître, leur force ne vient que de la faiblesse de notre raison ; laissons lui la liberté de les examiner, elle en deviendra maîtresse avec peu d'effort ; c'est pour lors qu'elle les destinera à de bons usages, & que l'Amour même tout dangereux qu'il est, cessera d'être criminel. Les plus grands Capitaines anciens & modernes ont trouvé moyen de l'ajuster avec leurs emplois, ils l'ont regardé comme une faible barrière qui ne pourrait arrêter le succès de leurs entreprises, ni le progrès de leur gloire. Les Savants l'ont suivi comme l’âme de la Nature, le lien de la société civile, le père des plaisirs & de la paix. Les dévots en ont fait une vertu nécessaire, & le principe de la charité qui les unit avec leur prochain ; & moi je le propose comme une lumière qui nous échauffant le cœur, nous éclaire l'esprit pour découvrir les beautés de cette Science du monde, que j'estime si nécessaire à un honnête homme. »
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Photographie : Quatre verres à jambes décorées d'ailettes. Venise et façon de Venise. XVIIe siècle. H. max. 180 cm. © Christophe Garcia.
La ville de Bordeaux est connue pour son vin depuis l'Antiquité. Il est logique que son Musée des Arts Décoratifs fasse une exposition jusqu'au 20 mars 2014 sur les Verres d'usage et d'apparat, de la Renaissance au 19e siècle.
Photographie : © Coupe sur pied à filets verts et bleus - Venise vers 1500. © Christophe Garcia.
Le Louvre propose jusqu'au 13 janvier une exposition intitulée : Jean Cousin père et fils : Une famille de peintres au XVIe siècle. Jean Cousin l'Ancien (vers 1490 ou 1500 - après 1560) et son fils Jehan Cousin le Jeune (vers 1522 – 1594) sont deux peintres, graveurs, sculpteurs et décorateurs français de la Renaissance.
Voici ce qu'en dit le dossier de presse : « À travers un choix de 60 œuvres, l’exposition est l’occasion de rendre justice à cet artiste protéiforme, figure centrale du maniérisme français. Elle met en lumière l’originalité et l’importance du style de Jean Cousin et cherche à distinguer l’œuvre de Jean Cousin le père de celle de son fils, qui porte le même nom.
L’exposition
réunit ainsi l’ensemble des œuvres de Cousin dispersées dans les collections du Louvre. Le musée détient en effet les principales pièces de l’artiste en matière de peinture, tapisserie et sculpture. Se sont très généreusement associés à lui le musée d’Ecouen avec son corporalier brodé d’or, le musée de l’Armée avec une garniture de selle récemment identifiée, et les cinq plus grandes bibliothèques parisiennes : la Bibliothèque nationale de France et celle de l’Arsenal, la Bibliothèque de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts, la Bibliothèque Mazarine, la Bibliothèque de l’Institut – pour leurs remarquables collections de dessins, de gravures, de livres imprimés et de partitions. Cinq pièces choisies dans les musées de province – une statue à Chartres, un tableau à Montpellier, deux dessins à Angers et Rennes, un rondel à Dijon, qui est peut-être un témoignage de Cousin lui-même peintre verrier – enrichissent enfin cette manifestation de quelques-uns des nombreux témoignages de l’art de Cousin dont nos provinces peuvent s’enorgueillir.
Un choix d’œuvres de son fils et héritier complète l’image de ce grand inventeur d’un style qui, classique avant la lettre, s’est nourri tout autant du passé cultivé par la Renaissance que des sophistications du maniérisme. »
Photographies : « Jean Cousin, dit le Père, Eva Prima Pandora, XVIe siècle, huile sur bois, 97 x 150 cm. Paris, musée du Louvre. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado. »
Photographie du dessous : Détail « Jean Cousin Fils, Pan visé par l’Amour archer et Pan poursuivant Syrinx. Paris, musée du Louvre. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi. »

Photographies
du dessus, de droite et dernière : « Saint Jean l’évangéliste. Evangiles de Liessies (fragments). 1146, abbaye de Liessies, Hainaut. Peinture a tempera, encre et or sur parchemin. 335 x 240 mm. Avesnes-sur-Helpe, musée de la société archéologique de l’arrondissement d’Avesnes. © Société Archéologique et Historique de l’Arrondissement d’Avesnes. »
Photographie de gauche : « Initiale S, Ascension de saint Jean l’Évangéliste. Découpée du Laudario della Compagnia di Sant’Agnese ? fragment du Laudario della Compagnia di Sant’Agnese Pacino di Bonaguida, Florence, 1335-1340. Peinture a tempera, encre et or sur parchemin. 101 x 107 mm. Compiègne, musée Antoine Vivenel. © Musée Antoine Vivenel, Compiègne. »
L’Institut national d’histoire de l’art est à l'initiative d'un projet national de recensement des manuscrits enluminés conservés dans les musées de tout le territoire français. Les premiers résultats de cette enquête se traduisent par trois expositions concomitantes au Musée des Beaux-Arts d’Angers, au Musée des Augustins à Toulouse et au Palais des Beaux-Arts de Lille, chacune pour les régions qui les concernent directement.
Les photographies présentées ici sont celles de manuscrits de l'exposition au Palais des Beaux-Arts de Lille.
Les six tapisseries de la Dame à la Licorne viennent d'être restaurées. Elles sont présentées dans leur nouvel écrin au Musée de Cluny à partir du 18 décembre.
Photographies : « Tenture de La Dame à la licorne : « Mon seul désir ». Vers 1500. Paris, musée de Cluny - musée national du Moyen Âge. © RMN-Grand Palais / Michel Urtado. »
On remarque que le bas de la tapisserie est beaucoup plus clair que le reste. Il s'agit de la partie restaurée au XIXe siècle. Comme quoi les couleurs employées au XVe siècle sont de bien meilleure qualité ! « Les analyses réalisées en cours de restauration ont permis de mesurer le gain d’intensité et d’identifier les colorants naturels : la garance pour le rouge, la guède pour le bleu, la gaude pour le jaune, ou bien encore l’orseille, variété de lichen, pour les violacés. »
Les personnages sont debout sur un tertre clos placé au milieu d'un fond rouge aux mille fleurs reconnaissables : pâquerettes, compagnons blancs, pensées, véroniques etc. Des animaux s’ébattent, des lapins, une chèvre, un agneau, un chien avec un collier, un oiseau dans une étrange position et un faucon attaché à la tapisserie. Le tertre est lui aussi parsemé de fleurs. Le sol est bleu ainsi que la tente sur laquelle est inscrit en lettres d'or : « Mon seul désir ». La Dame semble en sortir. Elle est blonde avec une coiffure à houppe (sa servante aussi). Elle porte une robe cramoisie au dessus d'une autre en brocart. Un voile enveloppe le brocart de ses manches. Elle est couverte de bijoux et une profusion d'autres sont placés par elle dans un coffre tenu par sa suivante. Un chien regarde droit devant. Il est sur un coussin de brocart posé sur un banc. Aux pieds de la Dame est assis un petit singe. Un lion et une licorne tiennent le blason (qui permet d'identifier le commanditaire) et gardent ouverte la tente. Quatre essences d'arbres sont présentes : chêne, pin, houx et oranger.
Les cinq autres tapisseries représentent les sens : le Goût, l'Ouïe, la Vue, l'Odorat, le Toucher.
Cette allégorie aurait été commandée par Antoine II Le Viste (vers 1470 - 1534), magistrat et administrateur français issu d'une vieille famille de Lyon originaire de la vallée de la Bresle en Picardie. Il est possible qu'elles fassent partie originellement d'un ensemble plus conséquent.
La lyonnaise Dame à la Licorne est une des trois grandes dames de Paris, avec la Joconde du Louvre, une italienne, et Notre Dame (l'église bâtie sur un temple semble-t-il dédié à Isis l'égyptienne : Paris = Bar Isis = La barque d'Isis).
Cet ensemble de six tentures est dans la tradition courtoise médiévale où on n'établit pas de différence entre l'amour spirituel et le charnel. La Dame est la conséquence tangible de l'Amour divin et les sens son exaltation. A travers eux se révèlent l'infini et la profusion, l'abondance créatrice. Les sens sont l'expression de la divinité. Pour vivre cette extase pleinement sont nécessaires l'apprentissage du plaisir courtois et de la grandeur d'âme emprunte de finesse qui permet de déceler en toutes choses son bonheur et rendre grâce par la beauté à la beauté et à travers elle à la magnificence de la création. On est dans la communion de l'esprit avec les sens et ce qu'ils appréhendent. À travers l'autre, la Dame, c'est l'esprit qui se réalise et se voit. La matière et l'autre font office de révélateurs de l'esprit en soi-même et en retour celui-ci devient matière : « à mon seul désir », et profusion. Le concept même de différence s'est évanoui. On est une seule âme. La Dame et son Ami et/ou son environnement ne sont plus qu'un. Les différences physiques ne sont là que pour exalter l'Amour.
Dans l'article intitulé Le bas Moyen-âge : Fin amor et Art français ou francigenum opus j'écris sur la Fin'amor.
Photographies ci-dessous : « Tenture de La Dame à la licorne : La Vue. Vers 1500. Paris, musée de Cluny - musée national du Moyen Âge. © RMN-Grand Palais / Michel Urtado. »
Jusqu'au 16 mars 2014, le musée Carnavalet présente une exposition intitulée Le chic d’une Parisienne de la Belle Époque aux années 30, composée d'éléments de la garde-robe d’Alice Alleaume, première vendeuse de la maison de « grande couture » de Mme Madeleine Chéruit, au 21 place Vendôme à Paris, de 1912 à 1923. Sont présentées « des robes griffées Chéruit, Worth et Lanvin, des chaussures du soir d’Hellstern, des chapeaux d’Alphonsine, Marcelle Demay, Madeleine Panizon, Le Monnier, des bandeaux du soir de Rose Descat, des bijoux … »
Exposition Roman d'une Garde-Robe par paris_musees
Sur cette époque voir les articles Les premiers grands couturiers du XXe siècle : une révolution vestimentaire en douceur, et Le mannequin.
L'expression 'grand goût' vient peut-être de la peinture (comme celui de 'chic' : voir l'article intitulé Bon chic bon genre). « On dit qu'un tableau est de bon goût, lorsque les objets qui y sont représentés sont bien choisis & et bien imités, conformément à l'idée que les connaisseurs ont de leur perfection. […] Le bon goût se forme par l'étude de la belle nature […] grand goût, en Peinture est un goût idéal qui suppose un grand, un extraordinaire, un merveilleux, un sublime même tenant de l'inspiration, bien supérieur aux effets de la belle nature ... » Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers … par MM. Diderot et D'Alembert, 1780, pp. 353-354.
Le 'grand goût' est en particulier lié aux XVIIe et XVIIIe siècles, depuis les précieuses, le classicisme qui suit, et un retour à la grandeur sous Louis XV. Il exprime un appétit pour le beau (voire l'extraordinaire) et le sublime. Il fait appel à la magnificence, et se matérialise par la voix et sur la voie de la perfection. Le 'grand goût' c'est la recherche de cette perfection, à travers une langue (le français), des exemples (le plus souvent puisés dans l'Antiquité), et la maîtrise de techniques (les sciences des Lumières ...).
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