Un corps jeune et bronzé

conseilmedicauxpourbrunirimage300lmRetserjeune300lmJusqu'au XXe siècle le bronzage n'est pas du tout une chose recherchée. C'est même le contraire. On ne 'bronze' volontairement pour faire joli que la peau des gants ou des chaussures. C'est durant l'entre-deux-guerres que cela devient à la mode et un critère de beauté. Certaines pages de la revue présentée ici datant de 1935, en sont la preuve. Il est intéressant de noter la mise en page qui est typique des revues de mode du XXe siècle. La photographie prend la première place sur les autres iconographies, ce qui n'est pas encore tout à fait le cas avant 1939 où le dessin est très présent ; il continue de l'être, mais beaucoup moins, aujourd'hui (d'après Raymond Gaudriault la gravure de mode est abandonnée après 1939 : La Gravure de mode féminine en France).
Photographies : Revue mensuelle Rester jeune, n°23, d'août 1935. On y lit un article intitulé 'Conseils médicaux pour brunir et quelques conseils pour la beauté du teint sur la plage par le Dr Jean Audit' qui commence ainsi : « Vous aller user et même abuser des bains de soleil. » Un autre article  se nomme 'Je veux brunir'.

conseilmedicauxpourbrunir-2-300lm© Article et photographies LM.

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Coiffure 'à la girafe'

coiffurealagirafeXXe300lmDans l'article intitulé Estampes à la mode il est question de la coiffure 'à la girafe'. J'en présente quelques jolis exemple dans cet autre : Boucles, macarons et papillotes. Cette coupe a complètement disparu mais existe encore au début du XXe siècle comme le prouve cette photographie sur carte postale d'époque.

coiffurealagirafeXXedetail300lm© Article et photographies LM

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Modes féminines sous Charles X

NothingExtenuate300lmPhotographie 1 : Caricature d'époque (découpée et collée sur un papier plus récent) anglaise, colorée à la main, représentant la mode décrite ci-après. Elle a pour légende : « Nothing Extenuate nor aught set down in Malice. » Cette estampe date de 1827. L'auteur est Henry Heath et l'éditeur H. Fores (Londres). D'autres exemples sont ici : 1, 2. Plusieurs gravures d'outre-Manche caricaturent cette mode comme celles visibles sur www.gjsaville-caricatures.co.uk intitulées : 'Ancient and Modern Ladies' ; 'A la Mode' ; 'Ganging to the kirk' ; 'A pair of Fashionables' ; 'It is the very Fashion of the Time' ; 'Morning, Noon, Night'.
Sous Charles X (roi de 1824 à 1830 : seconde restauration) et en particulier à partir de vers 1827, la mode féminine prend un tournant important : le plus grand depuis celui des merveilleuses de la fin du XVIIIe siècle qui abandonnent le corset et les coiffures recherchées Leconseillerdesgraces1829-300lm(cheveux courts ...), montent la taille, portent des robes dans le genre des tuniques à l'Antique c'est à dire droites, simples, décolletées, transparentes, drapées. Ensuite les vêtements se rigidifient. En 1824 les chapeaux s’élargissent, la taille redescend et les jupons rendent la robe plus ample en forme de cloche. On ne montre plus la poitrine, et couvre parfois tout le buste, une collerette pouvant fermer le tout au niveau du cou. Les manches deviennent de plus en plus bouffantes tout en étant serrées aux poignets. En 1827 tout cela devient extrême. Les larges chapeaux sont garnis de fleurs et surtout d'une profusion de longs volants, rubans noués, rentrant dans la coiffe par divers endroits et tombant souvent jusqu'au dessous des fesses. Les coiffures non seulement ne sont plus courtes mais affublées d'un haut chignon et de cheveux frisés sur les côtés l'un ou l'autre étant postiche (voir le début de l'article intitulé Estampes à la mode). Les épaules sont rendues particulièrement plates par un canezou (voir article Le canezou), une guimpe, et un cou chargé de colifichets, collerette ... Les manches dites 'à gigot' sont énormes. La robe posée sur plusieurs jupons s'élargit jusqu'à ce que soit inventée en 1856 la crinoline-cage marquant une nouvelle grande étape dans l'évolution de la  mode.
Photographie 2 : « Le Conseiller des Grâces. N°55. 1829. Mode de Longchamps. Capote de crêpe. Robe de jaconas [sorte de mousseline] garnie d'un volant plissé ainsi que le corsage et les manches pélerine en ... »
Photographie 3 : Estampe de 1826. Nous avons là déjà presque la tenue complète.
1826couple300lmJe n'ai pas trouvé le nom que l'on donne alors à ces petites maîtresses du temps de Charles X. Si quelqu'un le sait, ce serait formidable de me le dire.

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La gommeuse et le gommeux, ceux du caf'conc, le dégommé, la gommeuse excentrique et la gommeuse épileptique.

gommeuxchromo300lmPhotographie 1 (à gauche) : Chromolithographie publicitaire, de la fin du XIXe siècle intitulée « Le petit gommeux ». Sa cravate est nouée comme aujourd'hui : c'est la nouvelle mode à cette époque et le début de cette manière !
Cet article fait suite à celui intitulé : Le gommeux.
Le nom de 'gommeux' viendrait de 'celui qui n'a pas été gommé' (dégommé), et qui est donc à la mode, dans le ton. Une estampe de Honoré Daumier (1808 - 1879) provenant de la revue Le Charivari (dans la série 'Actualités'), datant de vers 1840-1843, présente un militaire en habit civil négligé regardant son vêtement professionnel posé sur une chaise sous un tableau de lui-même en officier. La légende indique : « Dégommé !! » Un « dégommé » est une personne ayant été destituée de ses fonctions (terme utilisé en particulier pour un militaire). C'est aussi un homme ou une femme ayant vieilli, perdu de sa fraîcheur au propre comme au figuré. Le gommeux est tout le contraire. Il est jeune avec une allure que Gyp (qui elle-même ressemble beaucoup à une gommeuse sur la photographie ici) décrit dans Ohé la grande vie (1891) :  « épaules et vêtements étroits ; col très haut ; bottines à pointes aiguës et relevées [...] marche en fauchant, les bras écartés du corps avec affectation ». Sa manière de s'habiller est extrême avec des  vêtements au plus près du corps pour certaines parties ou au contraire larges pour d'autres. Une chanson que je cite plus loin décrit un gommeux avec un veston le serrant « fortement » et des bottines pointues semblant trop étroites. Si son veston est serré, il ne l'est pas aux manches qui sont très larges. Son pantalon est collant au niveau du bassin et des cuisses mais se termine en pattes d'éléphant. Son chapeau avec des bords fins semble trop petit pour sa tête alors que le col de sa chemise est ou très haut ou très large. L'utilisation de motifs à pois ou de rayures ajoute à l'excentricité de son accoutrement qui rappelle celui des muscadins ou des incroyables.
Goncourt écrit dans Journal (1875) : « gommeux, l'on prétend que c'est l'appellation de mépris que les femmes donnent, dans les cabarets de barrière, à ceux qui mettent de la gomme dans leur absinthe, à ceux qui ne sont pas de vrais hommes ».

C'est le modeux du dernier quart du XIXe siècle.
gommeuxLibert1Photographies 2 et 3 (au-dessus): Première page d'une partition de la chanson La Chaussée d'Antin par Libert dont le visage est représenté.

pisto70085300lmPhotographie 4 (à gauche) : Estampe, avec deux gommeux, du dernier tiers du XIXe siècle, ayant pour titre et légende : « Balivernes : - Tu sais la différence qu'Henri IV faisait entre un verre de bon vin et une jolie fille ? - Non … - Pristi ! Alors, tu n'es pas fort sur l'histoire de France. »
On rencontre le gommeux dans les lieux à la mode dont certains cafés-concerts (voir article de Wikipedia) où son personnage est repris sur la scène par des chanteurs spécialisés dans ce genre.
Le site Du temps des cerises aux feuilles mortes, offre toute une page sur l'un des plus fameux gommeux de caf'conc : le chanteur Libert (?-1896), avec de nombreuses images d'affiches le concernant où il est tout à fait dans le style gommeux : mélangeant chic, excentricité et une certaine forme de désinvolture jubilatoire.
Photographie 5 (à droite) : Carte postale avec Polaire : une gommeuse épileptique célèbre.
gommeuse-Polaire-300lmLes gommeuses sont plus rares ou on été moins sujettes à la satyre, peut-être parce qu'elles sont moins « voyantes » à des époques où toute la mode féminine l'est contrairement à la masculine. Leur style allie l'élégance avec une liberté de ton et une extraversion propres à la jeunesse. Il n'en faut alors pas davantage pour que ce personnage soit imité au café-concert par de jolies et impétueuses chanteuses jouant avec un mélange de raffinement et d’exubérance en y ajoutant une féminité aguichante. A la même époque que Libert et d'autres gommeux des planches, certaines chanteuses deviennent célèbres dans ce personnage comme Henriette Bépoix : une « Diseuse-chanteuse-comédienne », ou Thérésa qui commence sa carrière avec ce rôle. Polaire en est un autre exemple (comme les autres des photographies). Ces gommeuses s'habillent d'une manière recherchée et extravagante. Elles portent parfois un « gigantesque chapeau fantaisiste », avec toujours quelques notes sensuelles voire très suggestives : poitrine mise en valeur, mollets qui se laissent voir (ce qui est à l'époque osé) etc.
Plusieurs chanteuses sont, à certains moments de leur carrière, appelées des « gommeuses excentriques ». Une page de Le Passe-temps et le parterre réunis décrit négativement ce nouveau personnage : « les dessous affriolants de la gommeuse excentrique qu'acclame bruyamment la bande des vieux jeunes snobs, ridés à vingt ans, cosmétiqués, engoncés, retapés comme des pommes blettes, dont la boutonnière s'adorne de gardénias énormes et dont les gants craquent à chacun de leurs impétueux mouvements. » Le 'chahut', une particularité que les petits-maîtres, comme beaucoup de jeunes pratiquent depuis l'Antiquité, est une folie que l'on retrouve maîtrisée dans des danses à la mode comme le chahut-cancan et qui s'exprime sur scène de diverses façons : comme avec le genre gommeuse épileptique qui consiste à ajouter au chant une expression corporelle intense qui peut s'extérioriser depuis les cheveux jusqu'au bout des pieds. Toujours les gestes gardent quelque chose de poupon, d'une féminité vraiment intense. La chanteuse nommée Polaire excelle alors dans ce genre (nombreuses images sur ce site)
gommeuseLucyNanonObliteration1904-300lmPhotographie 6 (au dessus) : Carte postale (oblitération de 1904) de Lucy Nanon (L. Manon et L. Nanon semblent être la même personne), une gommeuse de caf'conc' de la Belle Époque. Elle porte un grand chapeau fleuri et des falbalas.
gommeusesLucyManon300almPhotographie 7 (au dessus) : Autre carte postale de Lucy Manon.

gommeuzeexcentriquesuzannecadre300lmPhotographie 8 : « Suzanne d'Artois : Gommeuse Excentrique », avec une dédicace de Suzanne d'Artois elle-même.
gommeuseDeLafereObliteration1906-300lmPhotographie 9 (à gauche) : Carte postale, avec une oblitération datant de 1906, d'Irma de Lafère (Le I de « I DE LAFERE » ressemble à un J mais c'est de cette façon que cela s'écrit alors). Il s'agit d'une gommeuse du café-concert. Elle porte une ou deux bagues de pierres précieuses à tous les doigts sauf aux pouces, et un habit entièrement brodé de paillettes. A cette époque les habits élégants peuvent être particulièrement fin pour les femmes. J'en ai quelques exemples, brodés et/ou avec de la dentelle … On se demande même comment il peuvent être alors portés tellement ils sont fragiles, ajustés au plus près du corps. Ne serait-ce que de boutonner ou déboutonner certains corsages est une aventure de dextérité. De plus le corps des plus jolies dames façonnés dans des corsets et des chaussures faites pour des « pieds mignons » est véritablement délicat, ce qui se ressent dans les habits. C'est encore comme cela au début du XXe siècle jusque dans les années 1910 où le corset commence à être délaissé ou remplacé par une forme s'apparentant de plus en plus à la gaine.
Photographie 10 (à droite) : « Aventure de gommeuse : Chansonnette. Créée par Mlle Méaly à l'Eldorado. A Mr Chretienni des Ambassadeurs. »  « Paroles de Delattre de Nola » ; « Musique de Louis Raynal ». La gommeuse dessinée ici est dans une tenue très coquine puisqu'on lui voit toute la jambe et même la culotte. Elle porte le fameux grand chapeaux rappelant celui des bergères de pastorales. Les ailes dont elle est affublée dans le dos rappellent celles d'amour et apportent un mélange de candeur au débridé. Sur cette première page on y trouve des noms d'autres chansons comme Le défilé des Pchutteuses ou Ba.be.bi.bo.bu. L'intérieur donne la partition et le texte de la chanson que voici :
aventuredegommeuseretravaillee300lm    « 1er Couplet
Alltto. Polka.
Mouvt. de Polka modéré
En passant l'autre jour par la Chaussée d'Antin
J’aperçois un gommeux qui m'suivait à distance,
Il prenait avec moi des grands airs d'importance,
Moi je m'disais tout bas : Dieu qu'il a l'air d'un s'rin.
    Refrain Polka
Moi j'trottinais comm'ça :
Tra la la la la,
Tra la la la la,
Tout en faisant comm'ça
Tra la la la la,
Tra la la la la,
En me r'luquant comm'ça :
Tra la la la la,
Tra la la la la,
Il me suivait comm'ça :
Tra la la la la,
Tra la la la la !
    2
Il avait un veston qui l'serrait fortement,
Des bottines pointu's qui semblaient trop étroites,
Clignant alors de l'oeil je l'aperçois qui boite,
Il paraissait ma foi souffrir horriblement.
gommeusedeTender300lm.jpgMoi j'minaudais comm'ça :
Tra la la,
Tout en faisant comm'ça :
Tra la la,
Lui me suivait comm'ça :
Tra la la,
En grimaçant comm'ça :
Tra la la,
    3
Cependant il s'approche et, d'un p'tit air bênet,
Me dit, en souriant : Permettez-moi, mamzelle,
D'marcher à côté d'vous en vous offrant mon aile.
J'lui réponds : J'suis honnête ! Et j'lui donne un soufflet !
Puis je repars comm'ça :
Tra la la !
Me balançant comm'ça :
Tra la la !
Il s'élance comm'ça :
Tra la la !
S'tenant la jou' comm'ça :
Tra la la !
    4
Enfin je m'laisse emm'ner au restaurant Bignon,
Nous entrons tous les deux et l'on se met à table,
Les vins étaient très bons, le repas agréable,
Dam' ! Si bien qu'au dessert j'avais mon p'tit pompon !
Je titubais comm'ça :
Tra la la,
Lui me r'gardait comm'ça :
Tra la la,
Ja l'agaçais comm'ça :
Tra la la,
Semblant lui dir' comm'ça :
Tra la la !
    5
Tout-à-coup la port's'ouvre et, jugez d'notr'malheur,
Un vieux monsieur s'amèn' paraissant en colère,
L'gommeux s'écri' soudain : Sapristi ! C'est mon père !
Moi j'réplique aussitôt : Ciel ! C'est mon protecteur !
Baissant les yeux comm'ça :
Tra la la,
Je m'suis sauvé' comm'ça :
Tra la la,
J'ne r'commenc'rai plus ça :
Tra la la ! »
Photographie 12 (à gauche) : Carte postale (ayant une oblitération de 1908) d'Alice de Tender.
Voici quelques peintures de gommeuses de caf'conc' : La gommeuse de Jean Béraud (1849-1936) de 1892 ; La gommeuse et les cercleux de Jean-Louis Forain (1852-1931) circa 1875.
Gommeux de caf'conc : Ambassadeurs : Nos gommeux par Libert : 1 et 2 ; Le quadrille des Gommeux par Eugène Pirou (1841-1909).
Représentations de gommeux : Gommeux par Cham (1819-1879) ; Le Gommeux au bouquet par Jean-Louis Forain (1852-1931) ; Les deux gommeux par Jean-Louis Forain (1876).
GommeuseDeTender2300lmPhotographie 13 : Autre carte postale d'Alice de Tender.

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La blonde, le blond et le délicat.

cafedesincroyables2incroyableslm431Photographie 1 : Détail d'une gravure de 1797 ayant pour légende : « Café des Incroyables. Ma parole d’honneur ils le plaisante. » Voir article intitulé Café des Incroyables.

Cet article fait suite à celui sur la blondine et le blondin.
Les mignons et les muguets du XVIe siècle, comme les incroyables de la fin du XVIIIe, les gommeux du dernier tiers du XIXe et les petits maîtres en général, sont souvent blonds ou cherchent à le paraître. Ils n'hésitent pas pour cela à porter des perruques : depuis la grande mode de celles-ci (en particulier masculines) qui commence en France au XVIIe siècle et se poursuit au XVIIIe avant d'être plus rare à partir du moment où les cheveux courts pour les hommes deviennent la règle (voir article intitulé Cheveux courts). Sans doute la mode de cette couleur de cheveux nous vient-elle d'Italie, comme beaucoup d'éléments à partir du XVIe siècle. Durant la Renaissance il est de bon ton pour les dames italiennes d'avoir une chevelure dorée (le blond vénitien) et pour les nobles de s'entourer de pages aux cheveux d'ange. On trouve un bel exemple de cette mode dans cette peinture italienne de Liberale da Verona (vers 1445-1528/1529) datant de vers 1475 et intitulée Les joueurs d'échecs.
gommeuxetgrisetlm214aaLa blondeur est associée à la beauté et à l'amour. Le terme de 'blonde' désigne encore aujourd'hui la compagne d'un homme.
Le Dictionnaire de la langue verte de 1867 donne une définition du blond avec celle du délicat : « Délicat et blond, adj. Se dit, ironiquement, d’un gandin, d’un homme douillet, quelles que soient la couleur de ses cheveux et la vigueur de son corps. L’expression date d’un siècle. » La délicatesse est une vérité inexorable du petit-maître. Elle le désigne même. A moins qu’on entende quelqu’un d’autre par la définition du petit-maître, car la mienne n’est rien d’autre que celle que je donne.
Le Dictionnaire du bas-langage de 1808 donne cette définition : « BLOND(E). Un beau blond. Phoebus, damoiseau ; joli garçon à blonde chevelure. / Délicat et blond. Se dit d’un farfadet, d’un pédant ; d’un homme qui s’en fait trop accroire. »
Photographie 2 : Détail d'une petite chromolithographie publicitaire, sans doute de la fin du XIXe siècle représentant un gommeux.

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Le parement d’autel de Toulouse : exemple d'un textile du XIVe siècle.

Le Parement d autel clich Emmanuel Grimault ensemble650Le Moyen âge est à l'origine de nombreux éléments qui ont forgé l'époque moderne. C'est durant cette période que l'Occident s'organise notamment autour de la chrétienté ; que l'Europe se crée ; et que l'exemple de la France inspire et se répand.
DetailF Lemoine300La mode de ce temps est encore toute à redécouvrir tellement elle est riche. Le parement d'autel de Toulouse est un exemple de la beauté et de l'habilité d'exécution que peuvent atteindre les fabricants de textiles d'alors. Brodé d'or et de soie, cet exemple conservé au musée Paul-Dupuy à Toulouse est une des précieuses œuvres de l'art textile du XIVe siècle parvenues jusqu'à nous. « Sur une longueur totale de 2,67 m, il développe en 26 scènes, l’histoire du Christ dans laquelle viennent s'intercaler des figures de saints, parmi lesquels une place privilégiée est accordée à saint François, le fondateur de l’ordre des Cordeliers. » De tels exemples sont particulièrement rares du fait de la fragilité du matériau. Lors de l'exposition autour de cette étoffe, qui se déroule jusqu'au 18 juin 2012 au musée Paul-Dupuy, sont présentées d'autres oeuvres de la même époque (broderies, enluminures, sculptures) permettant de la situer dans son contexte.
Photographie 1 : Ensemble du parement d'autel de Toulouse (musée Paul-Dupuy : inv. 18301) de la première moitié du XIVe siècle, en toile de lin, broderie de fils de soie et d'argent doré. © Toulouse, musée Paul-Dupuy. Photo Emmanuel Grimault.
Photographies 2 : Élément du parement d’autel. © Toulouse, musée Paul-Dupuy. Détail de la photographie de Frédéric Lemoine.
Photographies 3 et 4 : Détails d'une aumonière (bourse portée à la ceinture) du début du XIVe siècle en lin, fils de soie polychrome et fils dorés. Les saisons y sont représentées par des symboles : occupations ou comme sur la première photographie Janus aux deux visages (mois de janvier). Montpezat-de-Quercy (Tarn-et-Garonne), collégiale Saint-Martin. « Classée Monument Historique (21 octobre 1902) ». © Photo Claude Moureau.Aumoniere300

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Le blondin et la blondine

Dans le Dictionnaire de L'Académie française de 1762 on lit cette définition du blondin et de la blondine : «  BLONDIN, INE. s. Celui, celle qui a les cheveux blonds. C'est un blondin. C'est une blondine. On appelle figurément & familièrement, Blondins, Les jeunes gens qui font les beaux. » Cette appellation est souvent employée d’une manière familière et railleuse. Dans le Dictionnaire du bas-langage de 1808 le terme de 'blondin' est décrit comme le « Nom que l’on donne à un petit-maître, à un céladon ; et familièrement à celui qui a les cheveux blonds. » Ce mot est ancien, car on le trouve déjà au XVIIe siècle dans la première édition du Dictionnaire de L'Académie française, (1694) : « On appelle, Blondins, Les jeunes galants qui font les beaux, parce qu'ils portent d'ordinaire des perruques blondes. »

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Le vin au Moyen-âge

TourJeanSansPeur300Photographie 1 : Vue actuelle de la Tour Jean sans Peur (1409-1411). Classé monument historique en 1884, cet édifice est un des derniers vestiges civils du Moyen Âge à Paris. © photographie : Jean René Gendre.
Photographies 2 et 3 : 'Bonnes et mauvaises manières de boire du vin' : Valère Maxime, Faits et dits mémorables des Romains, Bruges, vers 1475, Malibu, J. P. Getty Museum, ms. 43.
Le Moyen âge est une époque phare dans l'histoire de France et des beaux-arts. Cette période dure mille ans : du Ve siècle au XVe. Cela représente le double de temps de ce qui nous sépare de lui jusqu'à aujourd'hui. On imagine les changements qui s'y sont produits ; évolutions dont la France est l'initiatrice principale. Deux renaissances de l'Occident s'y produisent (avant celle du XVe siècle qui est italienne) : la carolingienne au IXe siècle et celle du XIIe (siècle du francigenum opus [voir l'article Le bas Moyen-âge : Fin amor et Art français ou francigenum opus], des troubadours, de la chevalerie, des grands centres monastiques ...).
Les monuments de cette époque sont très présents dans l’hexagone, en particulier les églises romanes (Xe au XIIe s.) et gothiques (XIIe au XVe s.). Les édifices civils sont plus rares. La Tour Jean sans Peur construite au début du XVe siècle (photographie 1) à Paris en est un exemple. Toute l’architecture a été conservée. Il manque juste les pavements  et peintures multicolores, les tentures précieuses, les meubles d'époque et la courtoisie, pour s'y retrouver pleinement. vin300Mais des expositions photographiques régulières nous y rappellent les mœurs de cette période. Celle qui se déroule en ce moment jusqu'au 11 novembre 2012 est intitulée Le vin au Moyen-âge et présente le rôle majeur de cette boisson à cette époque ; aliment qui comme l'olive, le blé, le thé, le café ou le chocolat est civilisateur. Durant l'Antiquité c'est d'abord l'olivier, le blé puis le vin qui accompagnent les empires grecs et romains. L'élixir de Dionysos (puis Bacchus) et le pain sont la base de l'alimentation et du culte chrétien qui se propage dans tout l'Occident. Le chocolat est celui des empires des Amériques du sud et centrale (aztèques, mayas ...). Le café est le breuvage  des Lumières du XVIIIe siècle et le thé de la colonisation anglo-saxonne etc.
Au Moyen-âge, en Occident et durant les siècles qui suivent, le vin est une boisson majeure. Lorsqu'on lit les livres de pharmacopée d'alors elle s'avère être primordiale, notamment dans la fabrication de médicaments. Elle permet d’aseptiser quelque peu une alimentation qui ne connaît pas les règles d'hygiène actuelle. C'est un élément commercial de premier ordre ; et sa culture apporte la prospérité. Toutes les classes sociales l'apprécient. A doses raisonnables, il procure la joie. C'est une boisson païenne et biblique. Tout un service lui est associé. « Par souci de pureté, le vin de messe exige un service attentif et requiert une vaisselle d’or vindetail300: burette, passoire, calice au large pied, petite cuillère, pipette liturgique. » nous dit l'exposition. « Lors d’un festin, le vin est servi au dernier moment suivant un cérémonial parfois complexe. Ainsi, à la cour de Bourgogne au XVe siècle, au moins trois personnages sont requis : huissier de salle (chargé de quérir l’échanson), échanson (porteur d’une coupe) et sommelier (porteur des pots d’eau et de vin et goûteur). Les vins sont appréciés frais et oxygénés et pour cette raison, versés de haut. Chez les puissants, la vaisselle (hanaps, verres, coupes...) ainsi que les vins d’apéritifs et autres boute-hors (vins signalant qu’il est temps de prendre congé) sont disposés sur des dressoirs. Les traités de bonnes manières se diffusent à partir du XIIIe siècle. On y apprend à boire le coude collé au corps et à petites goulées (pour les femmes). Mais les bonnes manières n’empêchent pas l’hôte de s’amuser parfois aux dépens de ses invités : il existe des pots surprises qui ont un goulot factice mais des trous bien réels placés en dessous, qui laissent s’échapper la boisson sur les pieds de l’invité ! »
On peut contempler de ces services de table en ce moment au musée national de la Renaissance du château d'Ecouen qui présente une exposition de vaisselle d'usage en argent de la Renaissance découverte en 2006 dans un champ par deux habitants de Pouilly-sur-Meuse, en Lorraine. Celle-ci s'intitule L'invention d'un trésor : vaisselles précieuses de la Renaissance et se déroule jusqu'au 2 juillet 2012 tous les jours sauf le mardi dans les appartements de Catherine de Médicis.

Cette vaisselle transmise sur plusieurs générations date de la fin du XVe siècle à la seconde moitié du XVIe. Elle n'est pas celle que l'on dispose alors sur des dressoirs, exécutée par les plus grands orfèvres du temps, et servant avant tout à montrer le goût et la richesse de leur propriétaire. Elle est simple, d'usage courant, ce qui la rend d'autant plus rare, car on a alors l'habitude de faire fondre ce genre d'argenterie afin de la faire exécuter par des artisans plus à la mode. L'orfèvrerie civile de la Renaissance étant très rare, ce trésor est sans équivalent en France. Il est composé de trente et un objets d'argent en partie dorés et ciselés, réalisés dans quatre foyers de production : Paris, Reims, Châlons-en-Champagne et Strasbourg.

 

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Boîtes en or et objets de vertu au Musée Cognacq-Jay

boitea300Le musée Cognacq-Jay conserve une exceptionnelle collection d'oeuvres du XVIIIe siècle que l'on peut contempler toute l'année à Paris et gratuitement. A cela s'ajoute la présentation jusqu'au 6 mai 2012 d'une des plus importantes collections en France de boîtes et d'objets de vertu constituée de boîtes à mouches, tabatières, étuis et nécessaires etc. Pour en savoir plus cliquer ici.


BOÎTES EN OR ET OBJETS DE VERTU AU 18e SIÈCLE par paris_musees

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Miniatures flamandes  : 1404 -1482

ChroniquesdeHainautPhotographie ci-dessus : Détail de : « Jacques de Guise, Chroniques de Hainaut : Philippe le Bon recevant en conseil l’hommage des Chroniques de Hainaut. Enlumineur : Rogier Van der Weyden, 1446. Bibliothèque royale de Belgique  ».
LelivredesbonnesmoeursdetailPhotographie de gauche : Détail « Jacques Legrand, Le Livre de bonnes mœurs : chute des anges rebelles. Enlumineur : Maître d’Antoine de Bourgogne, vers 1465-1475. BnF, dpt des Manuscrits ».
Photographie de droite : Détail « Flavius Josèphe, Antiquités judaïques :  la mort d’Absalom. [...] 1483.  BnF, dpt des Manuscrits ».
Du 6 mars au 10 juin 2012, la Bibliothèque nationale de France présente en collaboration avec la Bibliothèque royale de Belgique une exposition intitulée : Miniatures flamandes  : 1404 -1482 constituée de  quelque 90 manuscrits rarement montrés, chefs-d’œuvre de l’art flamand. Cette période précédant l'imprimerie marque une apogée de l'enluminure sous l’impulsion des ducs de Bourgogne. Ce duché dont alors fait partie (schématiquement) la Bourgogne actuelle, le nord de la France, le Luxembourg, la Belgique et la Hollande, est aussi à la pointe de la mode. On y porte des vêtements d'une excentricité qu'on a aujourd'hui de la peine à imaginer : de hauts chapeaux (dans l'article intitulé Enluminures et coiffes du XVe siècle et de la Renaissance je donne quelques exemples de ces coiffes) décorés de rubans et de voiles, des robes au décolleté profond et à la traîne immense, de magnifiques tissus aux couleurs et motifs multiples, des ornements dont la mode des clochettes et des paillettes sont des exemples, des chaussures pointues (poulaines dont certaines peuvent être décorées ou bien avec des semelles en bois comme on le constate dans cette miniature ici) etc. Le pourpoint de l'homme a un col haut et est rembourré en haut des manches ainsi que sur d'autres parties : épaules, poitrine, dos. Antiquité judaiques150La culotte et les chausses sont d'un même tenant. Parfois le costume entier est divisé en deux dans le sens de la hauteur (costume dit 'mi-part'), chaque côté ayant des couleurs et/ou des motifs différents (souvent des rayures) ; les coupes elles-mêmes peuvent changer etc. Les ourlets des vêtements sont souvent ouvragés : crénelés, ornés, ou découpés en bouts pointus …, la braguette peut être très visible …  On porte de nombreux bijoux sur les vêtements (agrafes, grelots ou glands en or …), autour du cou, à la ceinture etc. On se rase les poils de tout le corps, même les sourcils, ainsi que le haut du front et les tempes. Dans l'Encyclopédie illustrée du costume et de la mode (Gründ, 1970) est cité un chroniqueur autrichien qui décrit quelques aspects de la mode masculine de cette période en ces termes : « Chaque homme s'habillait comme il lui plaisait. Certains portaient des manteaux coupés dans deux sortes de tissu, d'autres avaient une manche beaucoup plus large que l'autre, dans certains cas, plus large que le manteau lui-même. Quelquefois, les deux manches étaient très larges et celle de gauche était décorée de différentes manières, de rubans de couleur ou de pièces d'argent reliées par des liens en or. Certains portaient sur la poitrine un morceau de tissu de couleurs différentes portant des inscriptions en argent ou en soie. D'autres avaient des desseins sur le côté gauche. Certains avaient des vêtements si étroits qu'ils ne pouvaient s'habiller ni se déshabiller sans aide, ou sans défaire une rangée de petits boutons qui couvraient les manches jusqu'aux épaules ou la poitrine jusqu'au ventre. Certains autres bordaient les ourlets de leurs vêtements d'un autre tissu, d'autres découpaient de nombreuses languettes dans l'ourlet lui-même. Chacun commença à adopter le chaperon attaché au vêtement, qui remplaça l'habituel couvre-chef masculin. Les manteaux étaient si courts qu'ils arrivaient à peine aux hanches. » et d'autres sont très longs comme le montre la photographie ci-dessous à droite.
C'est un véritable plaisir de noter ces modes sur ces miniatures mais aussi d'y apprécier la délicatesse et les qualités artistiques, la finesse des traits et la richesse des détails … enfin tout ce qui fait que ces manuscrits aux enluminures uniques sont de véritables trésors. En parallèle à cette exposition, la Bibliothèque nationale de France nous offre sur son site (voir ici) une exposition virtuelle avec de très beaux exemples de miniatures mais aussi six livres manuscrits à feuilleter.

Photographies ci-dessous : En haut, à gauche « Grand Armorial équestre de la Toison d’or : le duc de Bourgogne, vers 1435-1438. BnF, Bibliothèque de l’Arsenal » ; au milieu détail « Raoul Lefèvre, Recueil des histoires de Troie : mariage de Jupiter avec sa sœur Junon.  Enlumineur : Maître de la Chronique d’Angleterre, vers 1470-1480. BnF, dpt des Manuscrits » ; à droite et en bas à gauche détails de : « Barthélemy l’Anglais, Le Livre des propriétés des choses : Jean Corbichon remet sa traduction au roi Charles V. Enlumineur : Maître d’Antoine de Bourgogne, vers 1465-1475. BnF, dpt des Manuscrits  ». Les drapeaux sont un détail de « René d’Anjou, Livre des tournois : revue des heaumes à l’intérieur d’un cloître. Enlumineur : Maître du Livre de prières de Dresde, vers 1480-1488. BnF, dpt des Manuscrits  ».

XVesiecle

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Le talon rouge

talonrouge1lmCet article fait suite à celui intitulé Le pied mignon et le talon rouge.
C'est sans doute à l'époque de Louis XIV que l'on donne le nom de 'talons rouges' à certains élégants en référence aux chaussures portées par Louis XIV (1638-1715) et ses successeurs : Louis XV (1710 - 1774) et XVI (1754-1793). Il semble donc que ce soit à partir du Roi Soleil que l'on désigne de cette manière les courtisans élégants de l'époque de Versailles. Ce château possède des représentations de ces trois rois avec de tels talons dans des peintures dont des exemples similaires de la même époque peuvent se rencontrer dans d'autres musées et endroits. On peut contempler un portrait de Louis XIV de 1702 par Hyacinthe Rigaud ici, un autre de Louis XV du second quart du 18e siècle du même peintre ici, et un portrait de Louis XVI de l'atelier d'Antoine François Callet datant de 1778 ici.
Dans son livre intitulé : Bibliothèque des petits-maîtres, ou mémoires pour servir à l'histoire du bon et de l'extrêmement bonne compagnie (« Au Palais-Royal, Chez la petite LOLO, Marchande de Galanteries, à la Frivolité », 1762 - la première édition date de 1761 -), Fr. Charles Gaudet donne, sans que cela soit l'objectif, une définition du talon rouge de la première moitié du XVIIIe siècle : « Les Petits-Maîtres, ces gentils poupins, n'ont plus de talons rouges, plus d'eau de Chypre, plus de teint d'emprunt, plus de vestes chargées des débris d'un magasin de modes, plus de montres garnies de tous les colifichets de la Fresnaye, ni plus de carrosses à glaces sur les côtés. Ils parlent peu, & parlent bien. Ils ne trompent plus de femmes par des cajoleries banales : ils n'impriment plus leurs lettres, & n'en montrent plus ou les portraits, ou quelques boucles de cheveux. On ne les voit plus rouler sur les boulevards dans de lestes cabriolets, à travers des nuées de poussière. On ne les voit plus aux spectacles, papillonner de loges en loges, faire les singes par les trous de la toile, lorgner, insolemment les plus honnêtes femmes, leur sourire sans les connaître, traverser vingt fois le théâtre, tracasser les actrices dans les foyers, assister à leurs déshabillé, & les mener ensuite, vêtues en nymphes, faire collation par-delà les barrières. Les subalternes de leur ordre, insectes pétulants, ne tapagent plus avec des fiacres ; on ne les voit plus se ranger en haie vis-à-vis des portes des spectacles, & se pencher à mi-corps, pour critiquer plus à l'aise les jambes des femmes qui descendent de leurs équipages ; on ne les voit plus exciter étourdiment des flux & reflux dans le parterre, y souffler l'esprit de prévention & de cabale, & y ajourner les Auteurs à leur tribunal. On ne les voit plus aux promenades se tenir sous le bras ; y attendre impatiemment le coucher du soleil, pour voltiger dans des allées retirées, y conter, à la faveur de l'obscurité, mille gaudriolles à ces chauves-souris de Cythère, dont les appas, aussi dangereux que délabrés, sont à un taux si mince ; & se jeter ensuite dans un café, pour y faire frugalement leur souper d'une carafe d'orgeat, ou d'une bavaroise au lait, suivant la saison. »

© Article et photographie LM

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Cima da Conegliano : Maître de la Renaissance italienne.

Cima300Du 5 avril au 15 juillet, le musée du Luxembourg à Paris propose une exposition intitulée : Cima da Conegliano : Maître de la Renaissance italienne dont on peut lire une présentation sur le site dédié à celle-ci.

Cette exposition donne l'occasion de rappeler que le palais du Luxembourg devient sous Louis XV, en 1750, l'un des premiers musées français. Deux fois par semaine, les mercredis et samedis, on y vient contempler gratuitement des tableaux de la collection royale. Plus exactement c'est dans la galerie royale de peinture, à l’emplacement de la galerie de Marie de Médicis (dont les peintures sont aujourd'hui au musée du Louvre), dans l'aile Est du palais du Luxembourg, que ces expositions sont proposées à l'initiative de Charles François Paul Le Normant de Tournehem, directeur des Bâtiments du Roi.
Photographie : Détail de la peinture L'Archange Raphaël et Tobie ... de Cima da Conegliano (1459 - 1517). Huile sur bois marouflé sur toile de 162 x 178 cm, datant de 1514 – 1515 et conservée à la Galleria dell'Accademia de Venise. © Soprintendenza special per il Polo Museale di Venezia, Galleria dell'Accademia.

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Le jardin de Tivoli, le hameau de Chantilly, le café Frascati, le jardin et la cour des Capucines et le pavillon de Hanovre.

FeuilletonduJournaldesdébatsDivertissements1802-600lmPhotographies : Pages du Feuilleton du Journal des débats de l'an 10 (1802).
J'ai acquis dernièrement un petit livre de 252 pages contenant toutes les parutions journalières du Feuilleton du Journal des débats depuis le 3 messidor (deuxième moitié du mois de juin) de l'an 10 (1802) jusqu'au vendredi 30 fructidor (17 septembre : fin de l'année du calendrier républicain) de la même année. Y sont relatées les actualités de théâtres, opéras, jardins et autres distractions. On y lit notamment des critiques de théâtre (comme la comédie Turcaret) et des articles de mode.
En ce début du XIXe siècle le quartier à la mode se situe entre les Champs Élysée et Saint-Lazare où se trouve le jardin de Tivoli, avec au milieu les boulevards. 

LE JARDIN DE TIVOLI. On y apprend que dans les jardins de Tivoli sont donnés occasionnellement des « amusements champêtres », des « fêtes extraordinaires » et que de « petits théâtres » y sont ouverts. Voici un article du 14 thermidor de l'an 10 : « TIVOLI. Rien de plus galant, rien de mieux ordonné ni de mieux exécuté que la fête qui eut lieu dimanche dans ce joli jardin. Le temps était superbe, l’assemblée très nombreuse et parfaitement composée ; on remarquait entre autres beaucoup d'étrangères dont la mise contrastait assez avec celle de nos Françaises : elles ont paru charmées de la beauté de l'illumination. Il est vrai qu'il est difficile de présenter un plus beau coup d'oeil. Tant que ce jardin délicieux offrira des jeux variés, des tours de force et d'adresse, et des danses où la meilleure compagnie ne dédaignera pas de figurer, comme dimanche, l'administration pourra compter sur de brillantes recettes. La fête a été terminée par un feu d'artifice, dont quelques parties n'ont pas été tout-à-fait bien exécutées ; mais, en général, il a été brillant et a satisfait les amateurs. » Je parle un peu du jardin de Tivoli dans l'article intitulé Récapitulatif de l’exposition Modes anciennes - suite -
LE HAMEAU DE CHANTILLY. Les fêtes champêtres du hameau de Chantilly sont aussi à la mode alors. Cet endroit n'est autre que l'actuel palais de l’Élysée où se trouve aujourd'hui le chef de l’État (voir la fin de l'article Les oublies) et où se donnent après la Révolution de somptueuses fêtes avec des bals dans les locaux, des fêtes champêtres et des feux d'artifice dans le jardin.
LE CAFÉ FRASCATI. Le café Frascati (voir article intitulé Le café Frascati) est alors « le centre des modes ». Au 6 messidor de l'an 10, on y voit des « têtes tondues à la Titus », des « voiles de dentelle servant de coiffure », « des demi-fichus de dentelle » : « Frascati est actuellement le centre des modes ; à la fête du 3, les têtes tondues à la Titus, les voiles de dentelle servant de coiffure et les demi-fichues de dentelle, posés en marmottes et balafrant les joues, étaient en majorité ; venaient ensuite les coiffures en cheveux nattés et relevés avec un peigne, ou fixés par une épingle, les paysannes de dentelle, posées bien en devant, les chapeaux de paille noire et les bonnets de fantaisie, en satin blanc. Les châles étaient de cachemire, ou un ample fichu de dentelle en tenait lieu. Plusieurs robes avaient la taille basse, une garniture de tulle au corsage et des manches larges. Après le blanc, le bleu-de-ciel, le noir et le rose étaient les couleurs dominantes. Pour les garnitures des tuniques, il y avait économie d'agréments et profusion de dentelles. Presque toutes les robes étaient à longue queue. Dans la toilette ordinaire, les capotes à coulisses, en taffetas gros-vert, lilas, jonquille ou rose, sont encore de mode ; quelques mèches de cheveux paysans qui s'échappent de dessous ces capotes, indiquent que la manie de se faire tondre à la Titus a gagné les élégantes de toutes les classes. Les cheveux des tempes et ceux du front, exceptés de la coupe fatale, sont maintenant huilés avec plus de profusion et bouclés avec plus de soin que jamais. Les centres des peignes, formant le diadème et les têtes ovales des épingles sont maintenant ornés de camées et sculptés sur des coquilles. La cornaline, blonde ou blanche, que l'on continue d'employer en bijoux, est quelquefois remplacée pour les plaques de colliers par ces camées-coquilles. »
FeuilletonduJournaldesdébats1802-600lmLE JARDIN DES CAPUCINES. Dans le jardin des Capucines s'y jouent des spectacles équestres et dans la cour des Fantasmagories de Robertson.  Les fantasmagories sont des spectacles d’illusions d’optique très à la mode à la fin du XVIIIe siècle. Dans un article sur le sujet Wikipedia explique en quoi consiste une séance de fantasmagorie de Robertson.
LE PAVILLON DE HANOVRE. Comme l'explique Wikipedia : « Le pavillon de Hanovre est édifié entre 1758 et 1760 par l'architecte français Jean-Michel Chevotet (1698-1772) dans les jardins de l'hôtel d'Antin, appartenant au maréchal de Richelieu, rue Neuve-Saint-Augustin (actuellement boulevard des Italiens). Il est démonté en 1932 pour permettre la construction d'un immeuble de bureaux et remonté dans le parc de Sceaux. » Ce lieu situé sur les grands boulevards parisiens est à la mode en ce temps des merveilleuses et des incroyables.
Le Feuilleton du Journal des débats appartient au Journal des débats (le nom change dans le temps : Journal de l'Empire etc.) qui paraît de 1789 à 1944. Comme semble le montrer l'exemple ici, celui-ci est intégré à ce périodique.

FeuilletonduJournaldesdébatsmodes1802-600lm© Article et photographies LM

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Le canotier et la canotière

lesamusementsdeparisquaidelarapee300lmPhotographie 1canotierscouple32,2x23,4cmdetail300lm : Gravure intitulée 'Les Amusements de la Rapée' provenant d'un almanach du XVIIIe siècle : Les Amusements de Paris. Almanach chantant pour les jolies Femmes qui on de la raison, avec Tablettes Économiques. Perte et Gain. Petit secrétaire fidèle et discret.

Le quai de la Rapée est dans le quartier de Bercy. Il existe toujours mais est aujourd'hui presque entièrement bétonné. Autrefois s'y trouvent des lieux où l'on vient se divertir comme à la Taverne des canotiers « où l'on cultive à la fois la matelotte, le petit vin à huit sous, la musique fluviatile et la poésie maritime » (Dictionnaire de la conversation et de la lecture, seconde édition, tome quatrième, Paris, 1853).
Photographie 2 : Planche couleur signée Grévin, format 32,2 x 23,4 cm de la série « Canotiers et canotières ».
canotiers-1-32,4x23cm300lmPhotographies 3 et 4 : Planche de la même série que précédemment. Un canotier (de Paris) s'adresse à un cuisinier « - Comment ! Vous ne connaissez pas Nana ! La grande Nanuche, qu'a l'oeil en amande avec un tout petit grain de beauté comme ça ici dans l'dos ! »
Photographies 5 et 6 : Couverture de la partition « Je n'peux pas vivre sans amour » créée par Maurice Chevalier.
Les bateaux dont les barques ont une importance toute particulière dans l'histoire parisienne. Le mot 'Paris' viendrait de « bar Isis » : la barque d'Isis. Le symbole de la capitale française est un bateau. La corporation des canotiers y est très influente durant les siècles (n'en déplaise aux maçons et francs-maçons).
Jusqu'au XXe siècle, canotiers-1-32,4x23cmblancdecoupe500lmles déplacements sur la Seine sont sans doute libres car une multitude d'embarcations la parcourent dont des barques. Les parisiens aiment à se promener par ce moyen de locomotion. Les canotiers arborent des styles typiques. Ils ont leurs lieux de jeux, de musique etc. Certaines tavernes du bord de Seine ou de Marne sont réputées pour leur petit vin, leur musique et leurs enchantements, cela depuis très longtemps. On trouve de ces lieux d'accostage tout près de Paris comme à Bercy (qui est aujourd'hui intra-muros) ou plus éloignés. Certains de ces canotiers sont des petits-maîtres qui se promènent sur ces barques avec leur petite-maîtresse. Dans la seconde partie du XIXe siècle ce divertissement est d'autant plus à la mode que le sport l'est aussi.
Les guinguettes au bord de l'eau sont des lieux où les parisiens viennent se divertir. A la fois près de la capitale et dépaysantes par leur environnement bucolique elles sont particulièrement appréciées en période estivale. Le Déjeuner des canotiers d'Auguste Renoir (1841-1919) représente un de ces endroits. Il existe des témoignages de ceux-ci à leur emplacement même comme le musée de La Grenouillère. La Grenouillère est un établissement de bains froids des bords de Seine qui attire entre 1855 et 1928, des parisiens dont des écrivains et des peintres célèbres. Monet et Renoir l’ont représenté plusieurs fois en 1869. Il s'agit d'un café-bal flottant amarré à l’Ile de Croissy. On vient donc y boire, danser, promener et prendre des bains dans la Seine.
Guy de Maupassant (1850-1893) utilise ce lieu dans plusieurs de ses oeuvres comme dans La femme de Paul dont voici deux passages : « Lorsqu'ils eurent tourné le coude de la rivière, la Grenouillère leur apparut dans le lointain.mauricechevalierjenepeuxvivresansamoursanstextenoir500lm L'établissement en fête était orné de girandoles, de guirlandes en veilleuses de couleur, de grappes de lumières. Sur la Seine circulaient lentement quelques gros bachots représentant des dômes, des pyramides, des monuments compliqués en feux de toutes nuances. Des festons enflammés traînaient jusqu'à l'eau; et quelquefois un fallot rouge ou bleu, au bout d'une immense canne à pêche invisible, semblait une grosse étoile balancée. Toute cette illumination répandait une lueur alentour du café, éclairait de bas en haut les grands arbres de la berge dont le tronc se détachait en gris pâle, et les feuilles en vert laiteux, sur le noir profond des champs et du ciel. L'orchestre, composé de cinq artistes de banlieue, jetait au loin sa musique de bastringue, maigre et sautillante, qui fit de nouveau chanter Madeleine. Elle voulut tout de suite entrer. Paul désirait auparavant faire un tour dans l'île; mais il dut céder. L'assistance s'était épurée. Les canotiers presque seuls restaient avec quelques bourgeois clairsemés, et quelques jeunes gens flanqués de filles. Le directeur et organisateur de ce can-can, majestueux dans un habit noir fatigué, promenait en tous sens sa tête ravagée de vieux marchand de plaisirs publics à bon marché. La grosse Pauline et ses compagnes n'étaient pas là; et Paul respira. On dansait les couples face à face cabriolaient éperdument, jetaient leurs jambes en l'air jusqu'au nez des vis-à-vis. Les femelles, désarticulées des cuisses, bondissaient dans un envolement de jupes révélant leurs dessous. mauricechevalierjenepeuxvivresansamour300lmLeurs pieds s'élevaient au-dessus de leurs têtes avec une facilité surprenante, et elles balançaient leurs ventres, frétillaient de la croupe, secouaient leurs seins, répandant autour d'elles une senteur énergique de femmes en sueur. Les mâles s'accroupissaient comme des crapauds avec des gestes obscènes, se contorsionnaient, grimaçants et hideux, faisaient la roue sur les mains, ou bien, s'efforçant d'être drôles, esquissaient des manières avec une grâce ridicule. Une grosse bonne et deux garçons servaient les consommations. Ce café-bateau, couvert seulement d'un toit, n'ayant aucune cloison qui le séparât du dehors, la danse échevelée s'étalait en face de la nuit pacifique et du firmament poudré d'astres. »
« … le grand café flottant regorgeait de monde. L'immense radeau, couvert d'un toit goudronné que supportent des colonnes de bois,  est relié à l'île charmante de Croissy par deux passerelles dont l'une pénètre au milieu de cet établissement aquatique, tandis que l'autre en fait communiquer l'extrémité avec un îlot minuscule planté d'un arbre et surnommé le « Pot-à-fleur », et, de là, gagne la terre auprès du bureau des bains. »
Voir ici la nouvelle en entier. Il est question aussi de la Grenouillère dans son œuvre intitulée Yvette.
Durant la seconde moitié du XIXe siècle, le chapeau de paille dit 'canotier' devient à la mode et est porté en ville en été même avec un costume. Le plus célèbre de ces couvre-chefs est peut-être celui de Maurice Chevalier (1888-1972) qui représente un style des années 1910 d'une élégance nonchalante et quelque-peu fruste. C'est la mode de ce chapeau, du costume étroit et des guêtres blanches sur des chaussures parfaitement cirées.

© Article et photographies LM

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Le mirliflore

misedunjeunehommean10300lmmirliflor300lmPhotographie 1 : Planche 363 de l'an 10 (1801-2) provenant du Journal des Dames et des Modes, de 19,8 x 12,4 cm, avec pour légende : « Mise d'un  Jeune Homme ».
Photographie 2 : Détail d’une gravure du début du XIXe siècle peinte au pochoir, peut-être une image d’Epinal, avec différentes caricatures de personnages, dont une intitulée « M. Mirliflor » représentant un de ces jeunes hommes à la mode. Il a un immense chapeau, une cravate qui monte haut et ce qui ressemble à un immense jabot.
Dans le Dictionnaire de L'Académie française de 1798 on lit que le terme de mirliflore est utilisé de manière familière pour désigner « un agréable, un merveilleux. »
Ce mot est encore en usage durant la première moitié du XXe siècle. Il est possible qu'il  provienne d'un croisement entre le latin mille flores (mille-fleurs) et le terme mirlifique (mirificque, mirelifique) employé au XVe siècle pour désigner une merveille (en latin mirificus composé de mirus « étonnant, merveilleux » et de facere « faire »). Dans le site du centre national de ressources textuelles et lexicales il est écrit que le mot « représente peut-être une altération de la latinisation *mille flores de mille-fleurs* pour désigner un personnage se parfumant, » celle-ci « étant due à un croisement avec la forme » « mir(e)lifique de mirifique* ». Il y a donc chez le mirliflor : de l'incroyable, du merveilleux et du muguet. On écrit ce terme avec ou sans 'e'. 
Dans son Dictionnaire de la langue verte (1867) Alfred Delvau décrit le mirliflore comme « Le gandin de la Restauration, qui est toujours le Lion pour le peuple. » Ce genre de petit-maître officie surtout entre le Consulat et la Restauration, à l’époque des grands bicornes. Mais il est probable que ce nom soit utilisé avant même le XVIIIe siècle.
Photographie 3 : Planche 368 de l'an 10 (1801-2) de la revue Journal des Dames et des Modes, ayant pour légende : « Chapeau à la Russe. Bottes sans Couture. »

chapeaualarussean10300lm© Article et photographies LM

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Crinolines

ruesdeparisledimanchematin300lmCet article fait suite à celui intitulé Du corset à la crinoline : Les lignes caricaturales d'un corps social du XIXe siècle qui se dessine. Les crinolines et en particulier  la 'crinoline cage' marquent un moment de la mode française assez spectaculaire dont les documents d'époque présentés ici témoignent.
ruesdeparisledimanchematindetail300lmPhotographies 1 et 2 : « Rues de Paris le dimanche matin. » Faïence fine de Bordeaux de la manufacture Vieillard (marque aux trois croissants) datant entre 1845 et 1865 en pleine époque de cette mode. Ici des vendeuses de crinolines sont présentées envahissant les rues de Paris le dimanche matin.
crinoline&balayeur300lmPhotographies 3 et 4 : Assiette de Choisy-le-Roi (Hautin & Boulenger) de la série " La crinoline ", avec un médaillon illustré ayant pour légende : " 5 Voilà une mode qui coupe les bras des balayeurs ". Cette céramique date entre 1852 et 1863.
crinoline&balayeurdetail300lmdisfferentessortesdebalayeuses300lmPhotographies 5 et 6 : Assiette de Creil et Montereau (époque Lebeuf, Milliet et Cie : 1840-1876) : " N°4. " " Différentes sortes de balayeuses. " A l'époque des crinolines, de nombreuses caricatures taquinent les femmes portant ces robes, souvent à cause de la place qu'elles prennent ; mais aussi parce qu'elles balaient autour d'elles.
disfferentessortesdebalayeusesdetail300lmWikipedia présente des photographies d'une « Séquence de pose d'une crinoline, vers 1860 » assez spectaculaire.

© Article et photographies LM.

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Avoir du v'lan et du pschutt

Le v'lan et le pschut(t) sont deux termes du XIXe siècle, du temps des grands boulevards à la mode. Comprendre leur signification permet de le faire d'un aspect de la mode française : celui qui bouscule les conventions et s'amuse constamment.
Dans son Dictionnaire de la langue verte (deuxième édition, Paris : E. Dentu, 1867) Alfred Delvau donne cette définition du : « V'lan. " Au temps où le Grand-Seize s'emplissait chaque soir, au café Anglais, d'une société qu'on ne remplacera pas, car les gens d'esprit d'alors ont été remplacés par des imbéciles, on avait trouvé mieux que pschutt. On disait de quelqu'un, homme ou femme, qui se distinguait par une attitude, par un parti pris, ; un laisser-aller, une originalité tranchée : Il a du v'lan ! Elle a du v'lan. C'était net, cassant, absolu. " Évènement, 1883. - Ce terme, abandonné depuis longtemps vient de reprendre faveur. - " Soirée dansante très réussie, très animée et très v'lan hier, chez la comtesse de L. »" (Gil Blas, 1883). »
Dans mon article intitulé Les faux élégants, je propose une définition du pschutteux et du pschutt moins élogieuse. Voici celle donnée par le Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) : « Pschut(t), subst. masc., arg. des boulevards [à la mode fin XIXe S.] A. − "Prétention à l'élégance et au bon ton, qui se manifeste surtout par une mise tapageuse`` (Esn. 1966). Cette toilette toute nouvelle à ses yeux gâtés par le pschutt, le v'lan (...) de villes d'eaux (Verlaine, Œuvres compl., t. 4, Mes hôp., 1891, p. 340). Le murmure bienveillant des salons mondains où tant de riches héritières juives, devenues duchesses ou marquises, donnaient le ton, décidaient du pschutt et du vlan (Bernanos, Gde peur, 1931, p. 201). − Empl. adj. Ce qui est toujours pschut, ce qui est toujours à la mode, − à la mienne, du moins, − c'est la nature et le paysage (Coppée, Critique en vac., 1892, p. 321) : Mais ça m'étonne que toi, un homme si « pschutt », tu n'y étais pas [chez Herbinger]. Mais Swann ne cherchait nullement à lui faire modifier cette conception du chic ... Proust, Swann, 1913, p. 242. B.− P. méton. Société élégante et raffinée. Synon. high-life (VX), fashion (VX), gomme (arg., VX), sélect, la haute (pop.; v. haut I E 1). (Ds Esn. 1966). »

© Article LM

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La Polka

polkapasbohemien300lmLa polka est une danse provenant de Bohême, région de l'actuelle République tchèque. D'après Wikipedia « après Prague en 1835, puis Vienne en 1839, c'est à partir de Paris en 1840 qu'elle se répand dans l'Europe entière, donnant lieu à une véritable « polkamania ». » Chaque génération a sa danse : la polka est celle des années 1840, la valse celle du Directoire etc.
Photographie 1 : « La Polka – 9 – Pas bohémien en valsant ». La marque permet de dater cette assiette, de Longwy en "porcelaine fine", entre 1835 et 1866 (voir libertys.com) et donc en pleine « polkamania ». D'après les habits elle semble postérieure à 1836 et antérieure à 1857. Diamètre de 19,7 cm. La femme porte une robe laissant ses épaules nues, un corset resserrant sa taille dont la minceur est accentuée par les jupons sous sa robe. L'homme porte une cravate sombre, une chemise à jabot semble-t-il, un gilet clair, un frac sombre et un pantalon clair. Ses chaussures semblent assez plates.
lapolkalapasse300lmPhotographies 2 & 3 : « La Polka – 40 – La passe ». Cette assiette en faïence fine de Creil et Montereau semble de la même série que la précédente pourtant de Longwy. Le bandeau qui couvre l'aile et le marli est exactement le même. La seule différence se situe dans la couleur et dans la marque au dos.
lapolkalapassedetail300lm

lapolkalavalse300lmPhotographies 4 & 5 : « La Polka – La valse – 2 ». Cette assiette est aussi en faïence fine de Creil et Montereau, de la même série que la précédente (même marque et donc période similaire) mais n'est pas du même camaïeu. Elle fait 21 cm de diamètre. 

lapolkalavalsedetail300lm© Article et photographies LM





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Les premiers grands couturiers du XXe siècle : une révolution vestimentaire en douceur.

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Photographie 1 : Double page intérieure du livre de Paul Poiret intitulé En Habillant l'Époque, ‎Paris, Grasset, 1930, 16ème édition qui dévoile le succès de cet ouvrage puisque la première édition date de la même année.
1912-29-recadree300lmPhotographie 2 : Eau-forte aquarellée de Roger Broders (1883-1957) provenant du Journal des dames et des modes, édité à Paris « Au bureau du Journal des dames » du 1er juin 1912 au 1er août 1914. Cette planche n°29 est de 1912, avec pour légende : « Costumes parisiens. » « Robe et Toque de velours de soie ... ». Dimensions du papier : 22,4 x 14,3 cm. Celui-ci est vergé et ressemble tout à fait à celui des gravures du Journal des dames et des modes de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe. Le filigrane même paraît d'époque. Cette nouvelle édition du début du XXe siècle reprenant celle du Directoire est un des exemples montrant combien la mode du début du XXe siècle s'inspire de celle de la fin du XVIIIe avec derechef l'abandon du corset et des lignes plus droites et simples, de hautes aigrettes etc.
Lelemondeillustrenoel1913damesportive300lm début du XXe siècle est une époque riche, notamment en ce qui concerne la mode. On y assiste à une véritable révolution dans l'habillement avec la 'libération' du costume féminin portée par quelques couturiers de renom. Paul Poiret (1879 - 1944) est peut-être le plus célèbre d’entre eux. En abandonnant le corset vers 1906 et en remontant la taille des robes, il redonne à la femme des allures de merveilleuse du temps du Directoire (1795-1799). Comme il le dit lui-même, il réintroduit de la couleur dans les vêtements qui sont avant dans des tons pastels. Les cheveux courts reviennent de mode ; et la silhouette ‘déglinguée’ et libre des années folles (entre deux-guerres) est déjà d’actualité vers 1908. Dans la mode, les influences multiples (russes, orientales, africaines …) côtoient des techniques nouvelles et un art qui bouscule de plus en plus les conventions. C’est le début des grands couturiers qui sont autant des hommes que des femmes  :  Jeanne-Marie Lanvin (1867-1946), Jeanne Paquin ( 1869-1936), Doucet Madeleine Vionnet ( 1876-1975), Gabrielle Bonheur Chanel dite « Coco Chanel » lemondeillustrenoel1913photo300lm(1883-1971) … ; et chez les hommes : Georges Doeuillet, Jean Patou (1887-1936) ou Jacques Doucet ( 1853- 1929). Cette haute couture dont Charles Frederick Worth (1826-1895) est l'initiateur est plutôt une « industrie de la grande couture » comme l'appelle Paul Poiret. La grande (ou haute) couture a toujours existé en France ; mais c'est à partir de la seconde moitié du XIXe siècle qu'elle prend de nouvelles marques. Le dialogue avec la rue et surtout le client sont beaucoup moins importants. Le grand couturier est un artiste qui lance ses propres collections avec des modèles  préparés à l'avance. Du reste les petits-maîtres s'éclipsent. Cette mode inventée par ces artistes entrepreneurs semble se démarquer de l'invention populaire et des bécarres et autres cocodettes. Mis à part les garçonnes des années folles et des artistes comme les montparnos ou les surréalistes (qui n'ont du gandin souvent que l'esprit moderne), il est difficile de distinguer les nouveaux gommeux et les nouvelles crevettes dans la mode, jusqu'à l'avènement des zazous et des existentialistes. Même par la suite la petite maîtrise se fait rare jusqu'à devenir absolument inexistante aujourd'hui. Les grands magasins d'abord, la haute couture ensuite, puis le prêt à porter, laissent beaucoup moins de place qu'auparavant à l'imagination et à la création individuelle dans la mode la faisant devenir purement commerciale.
Photographie 3 : Image de la revue Le Monde illustré de Noël 1913 avec pour légende : « Fière, originale, gracieuse et sportive, telle est la Parisienne d'aujourd'hui. (Composition de René VINCENT). » Le sport est de plus en plus à la mode dans le dernier tiers du XIXe siècle. Avec l'apparition des voitures à moteur, celui-ci est de moins en moins équestre.lemondeillustrenoel1913assise300lm Au début du XIXe siècle, des images de mode représentent des femmes jouant au tennis dans des tenues ressemblant à celles portées en ville (corset, chapeau etc.). Évidemment cela ne pouvait durer : la mode devant s'adapter aux nouvelles exigences.
Photographie 4 : Photographie de la même revue que ci-dessus (1913) avec pour légende : « Modèle de Buzenet (Saint-James). (Phot. MANUEL). Jupe en ondoyant péplum noir. Tunique en mousseline noire à bandes de tulle perlé de perles blanche. Ceinture noire. Corsage très souple en dentelle blanche. » D'après Raymond Gaudriault (cf. La Gravure de mode féminine en France) c'est en 1880 que la première photographie de mode est publiée dans la revue L'Art et la Mode. Cette expérience unique n'est pas renouvelée avant 1891 avec La Mode pratique.
Photographie 5 : Dans cette autre image du même magazine, la jeune fille porte les cheveux courts, une simple chemise et une jupe-culotte.
Au temps de Paul Poiret, la nouvelle féminité est active, libre et sportive. Les cheveux sont courts ou portés en chignons avec de simples décorations : bandeaux, toupets parfois très hauts. Ces aspects mélangés à la taille haute, aux drapés vaporeux et à la transparence de certains tissus rappellent les merveilleuses du Directoire. Mais si les bottines de la seconde moitié du XIXe siècle disparaissent, les talons restent d’actualité, ce qui donne aux femmes une autre silhouette que celles des merveilleuses, particularité que les chapeaux cloche accentuent. La silhouette forme ainsi des courbes qui rappellent celle de l'Art nouveau de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Cette mode annonce de plus l'Art déco. Quelques femmes commencent à porter des pantalons encore très rares. Certaines s’habillent en hommes avec costume et cravate. Paul 1904-1905300lmPoiret crée la jupe-culotte et la ‘jupe entravée’. Cette mode des grands couturiers est véhiculée par des magazines qui s'inspirent de revues anciennes. Le titre et la présentation du Journal des dames et des modes du Directoire est repris, de 1912 à 1914,  pour présenter les nouvelles merveilleuses (photographie 2). Celle intitulée Modes et manières d'aujourd'hui (1912-1923) rappelle Modes et manières du jour de Debucourt. La Gazette du Bon Ton (1912-1925) fait aussi écho à une publication antérieure.
Cette mode d'après la Belle époque et d'avant la première guerre mondiale ressemble donc beaucoup à celle des années folles de l'entre deux guerres. La principale différence est peut-être le raccourcissement des robes qui restent auparavant encore longues et cachant toute la jambe, comme cela est le cas au temps des merveilleuses du Directoire. Cette époque d'avant la première guerre mondiale marque beaucoup la mode et est à l'origine de celle du XXe siècle jusqu'à maintenant avec l'abandon du corset, l’apparition du soutien-gorge, la décontraction et la simplicité dans l'habit, la 'garçonnisation', l'abandon des falbalas et autres fanfreluches, les cheveux souvent courts, les chapeaux de moins en moins importants etc. Par contre les principaux éléments de la mode des habits féminins de 1900 et d'avant ont presque disparu de la vie courante. Ce n'est pas le cas pour la mode masculine qui change peu pendant les XIXe et XXe siècles avec la tenue du  costume classique : cravate, veste, gilet, pantalon, chaussures à talons.
Les révolutions des arts décoratifs et en particulier de la mode nous prouvent que l'on peut faire changer les choses sans brutalité. Il est possible par exemple de construire un monde de paix, de beauté, d'intelligence et de liberté sans avoir à utiliser la violence, de la même manière que le soleil n'a pas besoin de notre regard pour briller.
Photographies 6 et 7 : Deux images de mode provenant de revues du début du XXe siècle. Celle de gauche est d'août 1904 et celle de droite de novembre 1905. On le voit les habits sont très différents de ce qui apparaît à partir de 1906.
Photographie 8 :  Image de la revue Le Monde illustré de Noël 1913.

lemondeillustrenoel1913piano500lm© Article et photographies LM

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Dandysmes romantiques

Artcurial propose, le mardi 14 février, dans le cadre de la vente « Dessins d’écrivains » Collection Pierre et Franca Belfond, des œuvres visuelles de poètes des XIXe et XXe siècles.  
dumasPhotographie 1 : Ce portrait-charge (caricature) d’Alexandre Dumas (1802-1870) met en scène le dandysme romantique du personnage avec ses origines antillaises d’une manière savoureuse. « Dessin original. [Probablement 1848]. Encre, plume et lavis, rehauts de brun et rouge à l'aquarelle, traits préparatoires à la mine de plomb, 34, 5 x 25 cm sur un f. réglé de papier à musique, bords un peu effrangés avec restaurations, doublure au verso, encadrement sous verre.  Superbe caricature de Dumas Père au plus haut de sa gloire : fort du succès de ses romans Le Comte de Monte-Cristo et La Reine Margot, Dumas était en outre à la tête du Théâtre-historique voué à la représentation de ses œuvres...  Portraituré ici par un contemporain, Alexandre Dumas est représenté de profil, la chevelure crépue dressée en pointe. Il porte un manteau sur lequel ont été représentés des héros de cape et d'épée inspirés de ses œuvres : en pose, au combat, faisant une révérence devant une femme... Sa haute stature, qui s'encadre dans sa galerie d'ancêtres noirs, domine le bâtiment d'un théâtre dont la façade rappelle vaguement celle du Théâtre-historique, qu'il fit construire en 1847. Des cheminées du théâtre sortent des fumeroles auxquelles se mélangent les titres de plusieurs de ses pièces : Christine à Fontainebleau (1830), Charles VII chez ses grands vassaux (1831), Don Juan de Marana, ou la Chute d'un ange (1836), Le Marquis de Brunoy (1836), Kean (1836), Lorenzino (1842), La Reine Margot (1847), Hamlet (traduction de Shakespeare, 1847) et Monte-Cristo (1848). " Cette popularité de mon visage " (Dumas père). Alexandre Dumas est un des auteurs qui inspira le plus de portraits et caricatures à son époque : portraits idéalisés des années 1830, photographies des années 1850-1860, et innombrables caricatures sur l'ensemble de la période : " offensives en apparence, elles défendent en fait la position littéraire de Dumas, elles renforcent sa popularité en soulignant son caractère extraordinaire. Elles représentent déjà une forme de publicité " (Claude Schopp, préface à l'Iconographie d'Alexandre Dumas père). Dumas lui-même en était conscient et savait parfaitement en jouer, par exemple écrivant faussement modeste dans Histoire de mes bêtes (1867) : " Un jour, je l'espère, quelque sorcier m'expliquera comment il se fait que mon visage, un des moins répandus qu'il y ait par la peinture, la gravure ou la lithographie, soit connu aux antipodes, de façon que, partout où j'arrive, le premier commissionnaire venu me demande : - Monsieur Dumas, où faut-il porter votre malle ? Il est vrai qu'à défaut de portrait ou de buste, j'ai été grandement illustré par mes amis Cham et Nadar ; mais alors les deux traîtres me trompaient donc, et, au lieu de faire ma caricature, c'était donc mon portrait qu'ils faisaient ?... Outre l'inconvénient de ne pouvoir aller nulle part incognito, cette popularité de mon visage en a encore un autre : c'est que tout marchand [...] ne me voit pas plus tôt approcher de son magasin, qu'il prend la vertueuse résolution de vendre trois fois plus cher à M. Dumas qu'il ne vendrait au commun des martyrs. " »
MussetPhotographie 2 : Autoportrait-charge d’Alfred de Musset (1810-1857). « Dessin original. Mine de plomb, 16 x 10, 5 cm, pâles rousseurs, encadrement sous verre. Plaisante caricature où il se représente en dandy romantique, le visage imberbe avec moustache tombante et nez démesuré, en pied avec redingote, col relevé, canne et chapeau à la main. Musset s'est plu à se dessiner dans ses albums et plusieurs de ses autoportraits sont connus ; sur deux d'entre eux au moins, il apparaît comme ici portant seulement la moustache : un légendé " Alfred " dans son album du début des années 1830 et un de 1842 (date proposée par Maurice Clouard dans ses Documents inédits sur Alfred de Musset, 1900, pp. 9-10), ce second dessin correspondant probablement à celui présenté par la BnF sous le n° 354 dans son exposition Alfred de Musset en 1957. " Un jeune homme de taille ordinaire " (Alexandre Dumas). Dans Mes Mémoires (1852-1854) Dumas père décrivit l'impression que fit l'apparition du jeune poète dans le salon de Nodier : " Un jeune homme de taille ordinaire, mince, blond, avec des moustaches naissantes, de longs cheveux bouclés rejetés en touffe d'un côté de la tête, un habit vert très serré à la taille, un pantalon de couleur claire, entra, affectant une grande désinvolture de manières qui n'était peut-être destinée qu'à cacher une timidité réelle. " " Mon propre visage [...] me regardait avec étonnement " (Alfred de Musset). Avec La Confession d'un enfant du siècle, Alfred de Musset s'est attaché à livrer en 1836 un premier autoportrait moral, une autobiographie identifiant le " mal du siècle " dont souffrait sa génération. Ce " sentiment de malaise inexprimable " y nourrit un récit désabusé et angoissé mêlant le tragique et l'autodérision : " Mon propre visage, que j'apercevais dans la glace, me regardait avec étonnement. Qu'était-ce donc que cette créature qui m'apparaissait sous mes traits ? Qu'était-ce donc que cet homme sans pitié qui blasphémait avec ma bouche et torturait avec mes mains ? [...] Était-ce lui qu'autrefois, à quinze ans, parmi les bois et les prairies, j'avais vu dans les claires fontaines où je me penchais avec un cœur pur comme le cristal de leurs eaux ? " " Sur mes portraits " (Alfred de Musset). Dans ses dessins, il ne se représenta d'ailleurs qu'à travers des autoportraits-charges, irrévérencieux pour ses sentiments profonds et pour cette beauté nonchalante qui séduisit George Sand. En définitive, ses autoportraits caricaturaux livrent une vérité plus intime sur lui-même - sur sa délicatesse à ne pas arborer le masque des tensions intérieures -, que les portraits d'artistes faits de lui, limités à de simples tentatives de ressemblance. Un poème de 1854, " Sur mes portraits ", illustre son regard ironique sur ces tentatives : " Nadar, dans un profil croqué, / M'a manqué ; /  Landelle m'a fait endormi / À demi ; / Biard m'a produit éveillé / À moitié ; / Le seul Giraud, d'un trait rapide, / Intrépide, / Par amour de la vérité / M'a fait stupide ; / Que pourra pondre dans ce nid / Gavarni ? " " Delacroix [...] m'a parlé d'Alfred [...] et m'a dit qu'il aurait fait un grand peintre, s'il eût voulu " (George Sand). Musset, habité par l'idée d'une communauté des artistes, croyait en une correspondance profonde entre les arts. Critique d'art, il se fiait à son sentiment, à une approche empirique et immédiate des œuvres, et n'échafauda pas de théorie personnelle structurée. Son goût le portrait plus particulièrement vers les époques anciennes, notamment la Renaissance, et il consacra même un drame à la vie du peintre Andrea del Sarto (publié en 1834 dans le troisième volume d'Un Spectacle dans un fauteuil). Comme dessinateur, en revanche, il exécuta presque exclusivement des caricatures, laissant libre cours à une ironie parfois féroce (par exemple contre Paul Foucher), à l'exception de quelques portraits de George Sand, d'une joliesse inspirée par l'amour. C'est elle d'ailleurs qui, dans son Journal intime (édition posthume, 1926), révéla l'admiration de Delacroix vers 1834 pour les qualités artistiques de Musset : " Delacroix [...] m'a parlé d'Alfred [...] et m'a dit qu'il aurait fait un grand peintre, s'il eût voulu. Je le crois bien. Il veut copier, lui, Delacroix, les petits croquis de l'album d'Alfred. " »

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