Le café Frascati

frascatidebucourtensemble1650lm2Le Frascati est un café parisien célèbre du temps des merveilleuses et incroyables et aussi d'une certaine jeunesse dorée issue sans doute de la nouvelle bourgeoisie mise à l'honneur avec la Révolution puis durant le Directoire et l'Empire. Il est difficile de faire la part entre les véritables incroyables et merveilleuses et ceux qui prennent pour modèle cette modernité sans en avoir la noblesse. Si le café Frascati est sans aucun doute assez somptueux par sa grandeur, sa décoration néo-antique, la beauté des jeunes personnes qui viennent y savourer de délicats glaces, punchs et limonades, il n'en reste pas moins aussi une maison de jeu dans laquelle de nouvelles fortunes souvent mal acquises en des temps troublés viennent y parader leur argent. Il se situe à l'angle du boulevard Montmartre et de la rue de Richelieu. C'est d'abord un hôtel particulier édifié en 1784 selon Georges Cain (Les Pierres de Paris, Paris Ernest Flammarion, 1910?) par « le riche traitant Crozat ». En 1789 il est démoli pour devenir « l'hôtel Lecoulteux de Nolay » ; « la belle terrasse seule est respectée ». En 1789, le cafetier italien Garchi l'achète. Il y fonde le café Frascati : « Ce subtil limonadier conquit Paris par l'excellence de ses glaces parfumées et la somptuosité de ses pyrotechnies. » « Chaque soir, la foule se pressait pour admirer les feux d'artifice, secouant sur Paris leurs gerbes de diamants, d'émeraudes et de rubis. En sortant de l'Opéra de la rue Richelieu (sur l'actuel emplacement du square Louvois) il était de bon ton de venir faire flamber des punchs ou écorcher des glaces chez Garchi. On promenait des frascatidebucourtensemble1300lm5belles dans les allées « illuminées a giorno » qui s'étendaient  jusqu'au passage des Panoramas, et il n'en coûtait que " trois livres d'entrée " ». Dans Les Anglais en France après la paix d'Amiens [1802]: Impressions de voyage de Sir John Carr (1772-1832), traduit par Albert Babeau, on y lit à partir de la page 180 : « [...] Frascati, où se réunit d'ordinaire, à dix heures, après la sortie de l'Opéra, le monde élégant de Paris. On n'y paye pas de prix d'entrée, mais tout étrange que cela puisse paraître, aucune personne mal élevée ne s'y introduit, sans doute par suite du respect que la bonne société inspire à la mauvaise. […] Un escalier mène à un beau vestibule, et de là à une salle entourée de glaces et décorée de festons de fleurs artificielles. A l'extrémité s'élève une belle statue de la Vénus de Médicis. Auprès de cette statue s'ouvre une arcade donnant accès à une suite de six magnifiques pièces superbement dorées, garnies également de glaces et de lustres de cristal taillé en diamants, qui brillaient comme autant de petites cascades étincelantes. Chaque chambre était comme un foyer de lumière ; l'on y prenait des glaces ou du café. On communiquait d'une pièce à l'autre par des arcades ou des portes à deux battants ornées de glaces. Le jardin, petit, mais disposé avec art, se compose de trois allées bordées d'orangers, d'acacias et de vases de roses ; à l'extrémité s'élèvent une tour dressée sur un rocher, des temples et des ponts rustiques ; de chaque côté, de petits berceaux en labyrinthe. Une terrasse s'étend le long du boulevard, dont elle commande l'aspect ; elle est bordée de beaux vases de fleurs et se termine à chaque extrémité par des sortes d'avenues décorées de miroirs. Là, dans le cours d'une heure, l'étranger, partagé entre la surprise et l'admiration, peut voir près de trois mille femmes les plus belles et les plus distinguées de Paris, dont les joues ne sont plus désormais défigurées sous les ravages du rouge, et qui, par l'harmonie et la grâce de leur extérieur, le porteraient à croire que les plus aimables figures de la Grèce, dans son époque la plus brillante, revivent et se meuvent devant ses yeux. »
Il semble que le High-life tailor rachète le bâtiment ou celui construit à sa place (voir l'article intitulé Le high-life). Ce grand magasin de mode, comme il s'en fabrique beaucoup dans la seconde moitié du XIXe siècle, s'installe alors à l'intérieur.
Photographies :  « Frascati », « Dessiné d'après un Croquis pris sur le Lieu, et Gravé par P. L. Debucourt. » Il s'agit de Philibert Louis Debucourt (1755-1832), artiste dont les gravures marquent la production de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe. Il s'est fait notamment une spécialité des images de mode à l'époque des incroyables et merveilleuses. L'estampe représente le café Frascati en 1807. Cette gravure est peut-être d'époque. Le papier vergé est épais.

frascatidebucourtensemble1650lm1 frascatidebucourtretouchedetail10lm frascatidebucourtensemble1650lm3frascatidebucourtensemble1650lm4© Article LM

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35e édition du salon Antica de Namour

1292 Pomander-Hector Guimard300Photographie : Pomander datant de vers 1900. © Parfumerie Fragonard, Grasse - Antica Namur 2011. Au sujet des objets de senteur lire mon article Les Objets de parfums que l'on porte sur soi au XVIII e siècle.
Du 11 au 20 novembre 2011 se déroule à Namur en Belgique la trente-cinquième édition d'Antica Namur : salon d'art et d'antiquités qui réunit 155 antiquaires. Le thème de cette année est « le parfum ».
Photographie : Scène de carnaval à Venise avec danseurs, circa 1757, huile. © Tiepolo, Lux Art Gallery (Crouzet), Antica Namur.3326 Carnaval Venise(c)Tiepolo-Lux Art415


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Salon International du Patrimoine Culturel

Dorure300La 17ème édition du Salon International du Patrimoine Culturel a lieu du 3 au 6 novembre 2011 au Carrousel du Louvre. Cette année est mis en valeur le patrimoine urbain, avec les différentes empreintes du passé que l'homme conserve dans ses villes. Et comme le dit le communiqué de presse : « Aujourd’hui, se pose le défi de la mise en valeur économique et sociale de ces constructions historiques. La valorisation de ces édifices implique en effet un travail de réappropriation vivante, de sorte à les intégrer harmonieusement à notre cadre de vie contemporain. L’enjeu central consiste donc à apprécier ce patrimoine comme élément culturel mais aussi à le faire vivre comme élément actif de nos villes d’aujourd’hui et de demain, pour le touriste comme pour l’habitant. Ce travail de mise en valeur passe avant tout par la préservation physique de ces héritages. Cette étape est d’autant plus cruciale pour le patrimoine des grandes métropoles où les risques de dégradations sont multiples. La conservation-valorisation du patrimoine urbain nécessite l’effort conjoint de plusieurs acteurs, publics et privés et spécialistes de diverses disciplines. Dans ce puzzle, l’artisan d’art joue un rôle essentiel. Détenteur d’un savoir-faire traditionnel, il comprend et sait répondre aux besoins spécifiques d’un monument ou du mobilier qu’il renferme. L’essence même de son travail consiste à respecter l’esprit de l’édifice ou de la pièce de mobilier, en alliant judicieusement méthodes ancestrales et techniques contemporaines. »

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Les Lorettes, boule-rouge, essuyeuses de plâtres, cascadeuses, maquillées, casinettes, petites dames, filles de marbre, pré-catelanières, musardines, musettes, noceuses ...

boulerougejeunesfillesrecadree300lmPhotographies 1 à 3 : Estampe du XIXe siècle : « QUARTIER DE LA BOULE ROUGE. Le soir où il n'y a ni Ranelagh, ni Mabille, ni Château-Rouge. » Mabille, Ranelagh et Château-rouge  sont trois célèbres maisons de bals du XIXe siècle. Les deux avant-dernières photographies de l'article La contredanse et la valse ainsi que la fin de celui-ci décrivent comment on danse alors dans ces lieux. © Photographies LM.
Photographie 4 : Illustration intitulée « La lorette » du chapitre LXIV « Les grisettes et les lorettes » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second). © Photographie LM.
Photographies 5 et 6 : Illustration intitulée « Vue intérieure du Ranelagh » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second). © Photographies LM.
Photographie 7 : Illustration intitulée « Vue générale du Château-Rouge, près la grande salle de bal » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second). © Photographie LM.
boulerougejeunesfillesrecadreedetail1300lmPendant des siècles Paris occupe une place importante dans la vie festive française et même mondiale : le monde entier venant s'y amuser, en particulier au XIXe siècle. La capitale s'agrandit alors énormément et de nouveaux quartiers se forment au-delà des anciens remparts (les boulevards) : quartiers de Notre-Dame-de-Lorette ou de la Boule-Rouge. De nouveaux immeubles sont édifiés qui ne demandent qu'à être remplis. Ces lieux modernes et peu chers sont investis par toute une jeunesse, en particulier féminine ; souvent issue de l'exode rural, et à qui on donne parfois le nom de ces quartiers : les 'lorettes' ou les 'boule-rouge'. Quelques-unes viennent à Paris pour y étudier ou travailler sérieusement ou pour y fonder une famille. D'autres sont en particulier là pour jouir de la vie parisienne et de ses attractions multiples : théâtres, cafés, parcs et surtout bals, ainsi que des rencontres qui peuvent s'y faire : un étudiant au futur prometteur, un lord ou un riche parisien cherchant un amour ou une maîtresse à entretenir, donnant la possibilité à celles-ci de s'enrichir rapidement par le mariage ou en devenant une demi-mondaine. Ces jeunes filles qui se placent donc entre les demi-mondaines et les grisettes qui sont toutes deux les sujets d'articles précédents, forment un nouveau genre. Elles sont jeunes, belles, assez séduisantes, un peu bohèmes et cherchant à profiter de la vie et des qualités que la nature leur a données.
boulerougejeunesfillesrecadreedetail2300lmD’après Alfred Delvau (1867), le nom de LORETTE daterait de 1840 et appartiendrait à Nestor Roqueplan. Edmond Texier dans son Tableau de Paris (1853) écrit que les possesseurs d’immeubles dans le nouveau quartier de Notre-Dame-de-Lorette, « consentirent à recevoir dans chaque maison, préalablement ornée d’un concierge, quelques-unes des ces vierges folles, actrices, grisettes dépaysées, femmes galantes de toute sorte, qui escomptent joyeusement l’avenir en dépensant leur jeunesse avec le plus de gaieté possible. La seule condition qui leur fût imposée consistait à garnir leurs fenêtres de rideaux, afin de simuler la population qui manquait alors. » D’où le nom d’« essuyeuses de plâtres » que l’on donne à certaines car habitant dans des immeubles fraîchement peints.
atableaudeparis1853lalorette300lmLe Dictionnaire de la langue verte (1867) définit ainsi l’ESSUYEUSE DE PLÂTRES : « Lorette, petite dame, parce que ce type parisien, essentiellement nomade, plante sa tente où le hasard le lui permet, mais surtout dans les maisons nouvellement construites, où l’on consent à l’admettre à prix réduits, et même souvent pour rien. C’est ainsi qu’on fait essuyer les ponts aux soldats. »
La lorette possède généralement un arthur : « un protecteur riche et généreux, doublé de quelques-uns de ces messieurs qu’on nomme les Arthurs, et sur lesquels elle ne perçoit que des contributions indirectes. » c'est-à-dire des entrées de théâtre s’il est feuilletoniste, des portraits et des toiles s’il est peintre. « plus souvent il appartient à la race estimable des commis dans les maisons de modes, et partage ses loisirs entre le canotage et l’adoration de la lorette. » Mais toutes les lorettes ne sont pas vénales. Il y en a de nombreuses sortes comme l’explique Maurice Alhoy (1802-1856) qui publie en 1841 une Physiologie de la lorette avec des dessins de Gavarni. L’arthur est plus un amant de cœur des petites dames comme l’est le greluchon pour une femme entretenue par un autre homme. Le Dictionnaire de l’Académie française datant de 1762 définit ainsi le greluchon : « Nom qu'on donne à l'amant aimé & favorisé secrètement par une femme qui se fait payer par d'autres amants. Il est familier & libre ».
atableaudeparis1853ranelagh300lmUne jeune femme qui préfère faire la fête plutôt que de travailler est appelée une NOCEUSE : « Drôlesse de n’importe quel quartier, qui fuit toutes les occasions de travail et recherche tous les prétextes à plaisir. » (Delvau, op. cit.). La MUSARDINE est plus spécifiquement « Habituée des Concerts-Musard, - où n’allait pas précisément la fine fleur de l’aristocratie féminine. Le mot a été créé par Albéric Second en 1858. » (Delvau, op. cit.). L'habituée de la musette est une MUSETTE. La PRÉ-CATELANIÈRE est une « Petite dame drôlesse, habituée de bals publics, - du pré Catelan et de Mabille. »
Les noms qualifiant la lorette sont nombreux, comme la CASCADEUSE qui d’après Alfred Delvau (Dictionnaire de la langue verte, 1867) est une « Fille ou femme qui, - dans l’argot des faubouriens, - laisse continuellement la clé sur la porte de son cœur, où peuvent entrer indifféremment le coiffeur et l’artiste, le caprice et le protecteur. » ou la MAQUILLÉE : « Lorette, casinette, boule-rouge, petite dame, - dans l’argot des faubouriens. ». Ce même dictionnaire donne une définition de la BOULE ROUGE : « Fille ou femme galante qui habite le quartier de la Boule-Rouge, dans le faubourg Montmartre. atableaudeparis1853ranelaghdetail300lmComme les mots ne manquent jamais aux hommes pour désigner les femmes, - du moins une certaine classe de femmes, - ce nom, qui succédait à celui de lorette et qui date de la même époque, a été lui-même remplacé par une foule d’autres, tels que : filles de marbre, pré-catelanières, casinettes, musardines etc. ». On peut donc ajouter à la liste la FILLE DE MARBRE et la CASINETTE.
PÊCHE À QUINZE SOUS est une « Lorette de premier choix, - dans l’argot des gens de lettres, qui consacrent ainsi le souvenir du Demi-Monde d’Alexandre Dumas fils. »
Parmi tout cela, il y a la TRAVIATA : la « Fille perdue, dans l’argot des élégants qui n’osent pas dire cocotte. Introduit pour la première fois en littérature par l’Evénement (numéro du 1er octobre 1866). » Alfred Delvau donne aussi les définitions de la GIGOLETTE et du gigolo : « Gigolette, s. f. Jeune fille qui a jeté sa pudeur et son bonnet par-dessus les moulins, et qui fait consister son bonheur à aller jouer des gigues dans les bals publics, - surtout les bals de barrière. Je crois avoir été un des premiers, sinon le premier, à employer ce mot, fort en usage dans le peuple depuis une quinzaine d’années. J’en ai dit ailleurs (Les Cythères parisiennes) : « La gigolette est une adolescente, une muliéricule. Elle tient le milieu entre la grisette et la gandine, - moitié ouvrière et moitié fille. Ignorante comme une carpe, elle n’est pas fâchée de pouvoir babiller tout à son aise avec le gigolo, tout aussi ignorant qu’elle, sans redouter ses sourires et ses leçons. » « Gigolo, s. m. Mâle de la gigolette. C’est un adolescent, un petit homme. Il tient le milieu entre Chérubin et don Juan, - moitié nigaud et moitié greluchon. Type tout à fait moderne que je laisse à d’autres observateurs le soin d’observer plus en détail. » Puis le mot de gigolo désigne un jeune homme assez élégant d’apparence dont les manières et les moyens d'existence sont douteux, avant d’être associé dès le début du XXe siècle à un homme galant qu’on utilise pour danser et que les femmes mûres entretiennent afin de se montrer et coucher avec. Ces mots viendraient de 'gigue' qui désigne soit un instrument de musique, soit une danse, soit une grande femme maigre. On dit « danser la gigue ». Les définitions de gigolos et gigolettes sont donc originellement associées à la danse ; et dans la première moitié du XXe siècle, c’est surtout dans les dancings (comme certains de Montparnasse) que l’on rencontre les gigolos. 'Gigolo' désigne aussi un souteneur, et les gigolettes sont ses prostituées.
atableaudeparis1853chateaurouge300lmLes hommes peu instruits ou pauvres qui essaient de paraître élégants et dignes sont appelés des demi-messieurs ou des petits messieurs, alors que la PETITE DAME est une jeune femme qui se donne les manières d’une dame au XIXe siècle mais qui n’en a pas la classe bien que souvent d’autres attraits charmants. Les petites dames ont leurs manières et vocabulaire. Elles disent ‘bec’ au lieu de ‘bouche’, parlent de ‘lever un homme’, emploient le mot de ‘chic’, de ‘bichette’ comme petit nom d’amitié ou d’amour, birbette ou birban pour un archi-vieillard, leur compagnon est parfois appelé leur Arthur ...
Cette comédie parisienne du XIXe siècle est assez amusante avec aux extrêmes d’un côté ses grisettes, cousettes, lorettes, et de l’autre ses lionnes, lions, dandys, gants jaunes, gommeux, copurchics  … et puis toute la panoplie des demi-mondaines et femmes frivoles, sans compter les beaux, cocodès, cols cassés, petits crevés, bas bleus, gandins, jeune-France, mirliflors, pommadins, gommeux et tant d'autres . Évidement  la basse-cour qui est le sujet de cet article (la haute cour est associée aux demi-mondaines) ne sont pas ce qu'il y a de plus intéressant pour la mode : contrairement aux grisettes qui bien qu'assez pauvres sont très actives dans leur travail souvent associé à la mode, dans leur passion pour celle-ci, et dans leur façon de la divulguer et l'imaginer avec des 'riens' qui font tout le charme des parisiennes. Il est certain que la France du XIXe siècle, devenue de plus en plus bourgeoise, garde cependant un style créatif et une liberté de ton qui contribue à son charme.
On peut lire ici une Physiologie de la lorette par M. Maurice Alhoy avec des vignettes de Gavarni datant de 1841.

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Helvetica. Porcelaine de Nyon - Musée Royal de Mariemont.

TassePhotographie 1 : Jatte pour service à thé, en porcelaine de Nyon, « ornée de deux paysages inscrits dans des cadres ovales de teinte rose, vers 1790. » © Cliché́ Musée de Nyon. Exposition Helvetica. Porcelaine de Nyon - Musée Royal de Mariemont. De talentueux miniaturistes Assiettetravaillent au XVIIIe siècle dans les nouvelles manufactures de porcelaine dure qui voient le jour en Europe depuis la découverte de son procédé de fabrication au début de ce siècle. Rapidement, des peintres miniaturistes de talent sont utilisés pour orner cette nouvelle prestigieuse matière. Certains mettent au point de nouvelles couleurs. Comme la production de porcelaine blanche est plus rapide à produire qu'à décorer, certaines sont vendues à des décorateurs indépendants (des Hausmalerei) qui réalisent les décors dans leurs locaux et vendent les articles à leur compte.
Photographie 2 : Assiette, en porcelaine de Nyon, « orné́e du monogramme GGW pour Georg Gustave, baron de Wrangel (1728-1795). » © Cliché Musée de Nyon. Exposition Helvetica. Porcelaine de Nyon - Musée Royal de Mariemont CREDIT.
Photographie 3 : Paire de rafraîchissoirs, décor aux pavots © Cliché Musée de Nyon. Exposition Helvetica. Porcelaine de Nyon - Musée Royal de Mariemont. Je présente d'autres rafraîchissoirs du XVIIIe siècle dans l'article intitulé Se rafraîchir.
PairedeRafraichissoirsDu 28 octobre 2011 au 12 février 2012, le musée royal de Mariemont en Belgique propose l'exposition Helvetica. Porcelaine de Nyon – porcelaine suisse dʼaujourdʼhui. « Parmi les oeuvres exposées à Mariemont se comptent des tasses au décor particulier, voire inédit, des pièces monogrammées, un service au décor « napolitain » ainsi que de nombreuses porcelaines de grande qualité ». « La manufacture de porcelaine de Nyon est fondée en 1781. Elle sera la dernière à voir le jour en Europe. Sa production s'inscrit alors pleinement dans lʼair du temps, dans le style néo-classique, et avec des modèles calqués sur ceux des manufactures parisiennes. Au niveau de la matière elle-même, Nyon peut rivaliser en finesse avec la blancheur des porcelaines françaises grâce à un approvisionnement en kaolin livré directement de Limoges [voir l'article sur La porcelaine française du XVIIIe siècle]. La qualité de la céramique est soulignée par son décor qui laisse le centre de l'objet libre de tout motif afin de souligner la blancheur transparente de la matière autant que l'absence de défauts de cuisson . »
Cette exposition est aussi l'occasion de visiter le musée royal de Mariemont qui possède une riche collection créée par Raoul Warocqué avec des livres rares et « des œuvres représentatives des grandes civilisations d’Europe et d’Asie, ou du passé de sa région ».

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Objets de toilette

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Régulièrement il est question de toilette dans ce blog. En France, elle a une importance toute particulière. Voici quelques objets du XVIIIe siècle sur ce sujet de la collection Edouard Cochet présentés dans la vente aux enchères de Fraysse & associés du mercredi 9 novembre à l'Hôtel Drouot à Paris.
Premières photographies avec de gauche à droite : 1 - Boule à savon « en porcelaine de Saint-Cloud à décor d'écailles de poisson et d'une fleur à huit pétales au centre. La monture en argent. Maître orfèvre indéterminé. Pour la monture, Paris, 1726-1732. Diamètre: 8,3 cm. » 2 - Boule à savon « en argent. Elle pose sur un piédouche uni comme la partie basse de la demi-sphère. La partie haute à charnière et bouton est repercée d'un fin décor d'enroulements feuillagés et quatre feuilles partant d'une rosace centrale. Gravée d'armoiries surmontées d'une couronne comtale. Maître orfèvre Marien Lemoine, reçu en 1715. Paris, 1732-1733. Poids: 198 g. » 3 et 4 - « Paire de boules à savon et éponge en argent. Elles posent sur un piédouche à contours en dégradé. Le corps est composé de deux parties demi-sphériques délimitées par un jonc et des filets. La boule à éponge est repercée de rosaces et d'enroulements dans la partie haute et sous la bordure dans la partie basse. Gravées au centre, postérieurement, d'armoiries d'alliance. Maître orfèvre François Joubert, reçu en 1749. Paris, 1750. Hauteur: 10 cm - Poids: 472 g. » © Catalogue  Fraysse & associés.
2aiguieresetleurbassin650Photographies avec de gauche à droite : 1 - « Aiguière et son bassin en argent. Elle pose sur un piédouche décoré de rocailles et côtes torses en rappel sur le corps de forme balustre et sur le couvercle. Anse à enroulement, ajourée de feuillages et surmontée d'un escargot. Le bassin est de forme ovale à contours avec une bordure agrémentée de rocailles et d'enroulements sur fond amati. L'ensemble est gravé d'armoiries surmontées d'une couronne de marquis. Maître orfèvre Sauveur Ier Clerc, reçu en 1735. Avignon, vers 1760-1770. Hauteur de l'aiguière:  26,5 cm - Longueur du bassin : 37 cm Poids de l'ensemble : 1 876 g Modèle influencé par les dessins de Pierre Germain. » 2 - «  Aiguière et bassin en argent. Le bassin ovale à contours bordés de filets enrubannés en rappel sur le piédouche de l'aiguière et la bordure du bec verseur. L'ensemble est gravé de roseaux, guirlandes de laurier maintenues par des rubans et branchages feuillagés. L'anse à enroulements est recouverte de roseaux, les attaches rocailles comme la prise du couvercle à charnière (seul une trace incomplète du poinçon de l'orfèvre figure sur le bassin. Dégravée. Monogramme postérieur). Maître orfèvre François Joubert, reçu en 1749. Paris, 1764-1765. Longueur du bassin: 33,5 cm - Hauteur de l'aiguière: 25 cm Poids: 1 849 g. » © Catalogue  Fraysse & associés.
flambeauxetboites650Photographies avec de gauche à droite : 1 - « Paire de petits bougeoirs de toilette en argent. La base ronde à décor de côtes torses et filets en rappel sur l'ombilic le fût et le binet. Les bobèches (sans poinçon) sont unies. La base et les bobèches sont gravées « Duroure ». Maître orfèvre Alexis Loir, reçu en 1733. Paris, 1743-1744. Hauteur: 12 cm - Poids: 587 g Ancienne collection Andrieu. » 2 - « Paire de boîtes de toilette en argent uni. De forme rectangulaire avec un couvercle mobile en dégradé, gravées au centre d'armoiries de la famille Sergent d'Hendecourt. A l'intérieur se trouve une seconde boîte avec un couvercle à glissière. Maître orfèvre Edme Le Graigneur. Saint-Omer, vers 1772. Longueur: 12,1 cm - Largeur: 7,1 cm - Hauteur: 7 cm - Poids: 765 g. » © Catalogue  Fraysse & associés.
potsdetoilette350Photographies avec de gauche à droite : 1 - « Pot en porcelaine de Chantilly, la monture en argent. Il est décoré d'oiseaux et de branchages fleuris et feuillagés inspirés des décors Kakiemon. Le couvercle mobile se termine par trois fleurs de volubilis. La monture en argent décorée de filets. Pour la monture, décharge de Paris 1744-1750. Hauteur: 18,5 cm. » 2 - « Paire de petits pots en porcelaine de chantilly, le couvercle mobile avec une monture en vermeil. De forme cylindrique, elles sont décorées de branchages fleuris et feuillagés accompagnés d'insectes. Le couvercle à légère doucine se termine par une fleur sur une terrasse de trois feuilles. Pour la monture en vermeil, Paris, 1744 - 1750. Diamètre: 5,2 cm - Hauteur: 5,5 cm. » © Catalogue  Fraysse & associés.

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Blog nouvelle formule : Un dictionnaire des petits maîtres de l'élégance française.

dameasatoiletterocailleblanc500lmCommedameasatoiletterocaillemiroira500lm je vous l'ai dit précédemment, le blog de La Mesure de l'Excellence change. Je vais créer une encyclopédie du petit-maître, une sorte de dictionnaire.

Chaque nouvel article reprendra les anciens s'il y en a sur le même thème afin de créer une définition pour chaque type et sujet.

En fonction du temps que j'aurai et des aides extérieures disponibles (pour le moment aucune), je continuerai à écrire des articles sur d'autres horizons : antiquaires, musées, maisons de ventes aux enchères etc.

Photographies : Gravure d'époque XVIIIe siècle (sans doute de la Régence : 1715-1723), représentant une petite maîtresse à sa toilette. © Photographies LM.

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Les petites mains de la mode française 3 : les calicots et les arthurs.

aedouard&butler1910300almPhotographie 1 : Détail d'une estampe de Sem de 1910 intitulée : « chez EDOUARD & BUTLER » : « - Monseigneur, c'est tout à fait pour vous ... ».
Photographie 2 : Illustration intitulée « Un Arthur de magasin » du chapitre LXIV « Les grisettes et les lorettes » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second).
Cet article fait suite à ceux intitulés : Les petites mains de la mode française 1 : les grisettes, cousettes et trottins. Les petites mains de la mode française 2 : Les midinettes, femmes du quartier et les mimi-pinsons. Dans celui sur les grisettes, les cousettes et les trottins, j'écris que celles-ci ont des équivalents masculins : les grisets et les trottins. Les jeunes garçons apprentis ont leur place dans cette agitation élégante parisienne. Après tout de nombreux grands noms de la mode ont commencé en étant des cousettes et des arthurs, comme Rose Bertin, Aristide-Jacques Boucicaut fondateur du Bon marché, Alfred Chauchard qui, nous apprend Wikipedia,  débute en étant « commis au magasin Au Pauvre Diable aux appointements de 25 francs par mois », la styliste Jeanne Lanvin qui « commence à travailler atableaudeparis1853unarthurdemagasin300lmdès l'âge de 13 ans, en 1880, dans la boutique de chapeaux de « Madame Félix », rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris », Coco Chanel, le coiffeur Alexandre de Paris  … Les exemples sont nombreux, et les commis de mode ambitieux aussi à ces époques où Paris est la capitale de toutes les audaces, de la mode et de la création. Aujourd'hui l'industrie de la mode est très différente du fait principalement du prêt-à-porter et d'une fabrication qui se fait presque exclusivement à l'étranger, notamment en Chine.
On appelle parfois 'ARTHUR' ces commis que l'on retrouve à vendre des tissus ou autres articles de mode. Ils sont des amants de grisettes mais surtout des femmes entretenues telles que celles qu'on appelle les « petites dames » et qui les prennent comme amoureux pour l'amour et non pour l'argent, tout cela au XIXe siècle. Il en sera question dans un prochain article sur les lorettes.

Au sujet du CALICOT, Alfred Delvau, dans son Dictionnaire de la langue verte (deuxième édition, Paris, E. Dentu, 1867),  le définit ainsi  : « Commis d'un magasin de nouveautés, - dans l'argot du peuple. Le mot date de la Restauration, de l'époque où les messieurs de l'aune et du rayon portaient des éperons partout, aux talons, au menton et dans les yeux, et où ils étaient si ridicules enfin avec leurs allures militaires, qu'on éprouva le besoin de les mettre au théâtre pour les corriger. Calicote, s. f. Maîtresse de commis de nouveautés. » russomanie300Au début du XIXe siècle, après le premier Empire, il est de bon ton pour les hommes d'avoir l'air militaire. Tenues de cheval, bottes et éperons, ne sont plus de mauvais goût même en société. On se donne des airs anglais, de soldat russe etc. Cette mode est caricaturée dans un vaudeville intitulé : Le Combat des montagnes ou La Folie Beaujon, représenté pour la première fois en juillet 1817 au théâtre des Variétés. Le texte est visible ici : books.google.com. Voilà ce qu’écrit le Mercure de France d’août 1817 au sujet de cette pièce : « On demandait à un étranger qui revenait de Paris, ce qu’il y avait remarqué pendant son séjour : " J’y ai vu, répondit-il, tous les militaires en bourgeois, et tous les bourgeois en militaires ". Nous avons une foule de gens qui se sont passionnés pour le métier des armes depuis que la paix est faite. Chacun veut avoir l’air d’avoir fait campagne ; et tel qui n’a jamais été à la barrière lorsqu’il aurait pu y rencontrer l’ennemi, porte aujourd’hui des moustaches et des éperons comme un officier de hussards ; c’est un travers du jour, et il était difficile qu’il échappât aux auteurs du Combat des montagnes, dans la revue piquante qu’ils ont faite de toutes les folies à la mode. Pour rendre ce ridicule plus saillant, ils nous l’ont montré dans calicotdejeuner300la personne d’un certain M. Calicot, marchand de la rue Vivienne ; son belliqueux accoutrement n’en contraste que mieux avec sa paisible profession … » P. Avenel écrit en 1866 dans Les Calicots : " Le costume que les Calicots affectaient de porter en 1817, et que Brunet avait reproduit sur la scène, était ainsi composé : bottes ornées d’éperons, pantalon blanc tombant sur la botte, gilet piqué jaune, habit chicorée la crème (expression du tailleur d’alors), c’est vert mélangé de blanc. "

Photographie : Détail de la gravure de 'Le Goût du Jour, N° 30' intitulée : 'La Russomania'. Cette tenue est celle que prend le calicot, et tel qu'il est représenté sur de nombreuses autres gravures comme dans une estampe conservée à la Bibliothèque de France (voir ici) datée de 1817 où trois hommes sont nommés d'après un tissu (casimir, calicot, pékin) avec pour texte principal : « Prenez y garde !! Il existe une vraie différence entre le Casimir Français, le Calicot de Paris et le vrai Pekin anglais ! ».

Il semblerait que par la suite on continue à appeler ‘calicot’ un jeune ouvrier travaillant dans le luxe et la mode dont il prend certaines manières.

Photographie : " Le déjeuner d’un calicot ". Carte postale du début du XXe siècle.

© Article LM

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Les petites mains de la mode française 2 : Les midinettes, femmes du quartier et les mimi-pinsons.

amidinette&gommeux300lmPhotographie 1 : Détail d'une carte postale de vers 1904, représentant sans doute une midinette avec son carton de magasin s'étant faite arroser par un jardinier. Celui-ci est  sermonné par un gommeux : « Un jeune gommeux, Peut-être amoureux, S'approcha pour blâmer le jardinier honteux. » © Photographie LM. Au sujet des gommeux cliquer ici.
Photographie 2 : Détail d'une carte postale d’avant 1904 d'une série représentant une midinette ayant une anicroche avec un cireur de chaussures devant le Panthéon (dessiné sur toile) : « UNE MIDINETTE 1 – Lui – C'est ce joli petit péton-là... qui va gagner la course des Midinettes ?... » © Photographie LM.
Photographie 3 : Carte postale intitulée « Petite midinette ». © Photographie LM.
amidinetteunjolipetitpeton300lmCet article fait suite à celui sur Les grisettes, les cousettes et les trottins. Au XIXe siècle on donne à celles-ci de nombreux autres noms, car Paris qui s'agrandit énormément compte un nombre très important de ces ouvrières dont beaucoup travaillent dans la mode. Aujourd'hui les petites mains de la mode et du luxe ont presque disparu en France. Il ne reste que des artisans. Alors qu’avant les années cinquante la MIDINETTE et le trottin égayent les rues parisiennes de leur beauté simple mais élégante. Ces grisettes disparaissent  avec le prêt-à-porter et la fin du sur-mesure (voir article intitulé Le tailleur).
Le nom de 'midinette' est utilisé à la fin du XIXe et au XXe pour désigner les jeunes filles travaillant dans la mode. Elles sont souvent représentées dans les premières cartes-postales. Avant elles il y a donc les grisettes, cousettes et trottins (et pendant pour celles-ci) et puis les femmes du quartier, les mimis, les mimi-pinsons, les pré-catélanières, et les musardines, musettes et noceuses qui sont des habituées des lieux dansant peu mondains et dont je parlerai dans l'article sur les lorettes. Les grisettes parisiennes sont en effet assez libres. Elles n’hésitent pas à draguer, sortir, avoir une ribambelle de jeunes hommes autour d'elles … La FEMME DU QUARTIER est une « Grisette qui a la spécialité de l’étudiant et qui se garderait bien de frayer avec les bourgeois ou les militaires de peur de déplaire à Paul de Kock. On dit aussi Femme de l’autre côté (sous-entendu) de la Seine. » (Delvau, Alfred, Dictionnaire de la langue verte, apetitemidinette300lmdeuxième édition, Paris, E. Dentu, 1867). Quant à la MIMI-PINSON, c'est un personnage d'un poème d'Alfred de Musset (1810-1857) intitulé Mimi Pinson, profil de grisette  repris dans d'autres oeuvres et s'inspirant d'un genre de grisette que l'on appelle ainsi depuis.
Photographies : Page de couverture de la revue Femina du 1er Décembre 1903 (n°69) contenant un article sur  « La Sainte-Catherine ». © Photographies LM. Voici des passages du texte : « Tous les ans au 25 Novembre, la Sainte-Catherine, qui est la fête de toutes les jeunes filles, est célébrée avec une solennité particulière dans les ateliers parisiens où les « Midinettes » la préparent avec un soin religieux. Il est donc naturel que nous invitions aujourd’hui nos lectrices à une promenade dans un atelier un jour de Sainte-Catherine. […] Passons à la fête – nuancée cette fois de quelque mélancolie – des petites ouvrières parisiennes. Ce sont les couturières qui la célèbrent avec le plus d’entrain, puis les modistes. Chez les fleuristes et les plumassières la tradition se perd, peut-être parce qu’elles n’ont pas sous la main tous les éléments du fameux bonnet. Ah ! ce bonnet ! qui pourra jamais dire combien de talent et d’ingéniosité sont dépensés pour la confection de cet extravagant et anachronique couvre-chef. On y passe des nuits, on y dépense des sommes folles – jusqu’à dix francs ! – les ateliers rivalisent pour ce chef-d’œuvre que la propriétaire, après ce jour de plaisir mélangé de tristesse, serrera comme une raFeminadec1903couverture300lmelique dans son armoire… Donc le bonnet est prêt. La midinette – non mariée, ne l’oublions pas – qui compte vingt-cinq printemps révolus est désignée. Il ne s’agit plus que de réunir les fonds pour faire une modeste bombance et payer aussi les frais du bonnet. On se cotise d’abord, puis en chœur on vient ensuite « taper » la patronne, c’est-à-dire solliciter d’elle sa cotisation, laquelle couvre en général, la moitié des frais. Ou bien on a recours, pour arrondir la somme, à la bourse de particuliers renommés pour leur générosité et qui ne se font jamais prier, comme ceci arriva l’an dernier au comte d’Haussonville, membre de l’Académie Française. Voici la description du bonnet classique : il est en forme de béguin et en mousseline de soie ; il porte deux nœuds jaunes et deux bouffants de chrysanthèmes jaunes ; il est orné à profusion de rubans jaunes, de symboliques fleurs d’oranger et muni d’une gigantesque épingle au motif plus ou moins biscornu. Après un déjeuner où, selon les moyens, le vin blanc cacheté, le cidre mousseux, le saumur pétillant, l’extra-dry, coulent à flot, on fait appel à l’art ( !) de musiciens ambulants. Des bals s’organisent dans l’atelier soigneusement débarrassé. Enfin, une des ouvrières offre le bonnet à celle de ses camarades qui remplit les conditions traditionnelles. A cinq heures, sortie en pompe, dans la curiosité des badauds amassés. Ensuite, dîner, sous la présidence de la patronne, invitée. S’il reste quelques francs on va au théâtre afin de clôturer dignement cette journée mémorable. Grâce à l’initiative de M. Gustave Charpentier, l’auteur de Louise, et de nombreuses personnalités parisiennes, l’accès de certains établissements est gratuit. Et voilà comment, chaque année, on célèbre la Sainte-Catherine, patronne des jeunes et des vieilles filles. Ne cherchons pas ce qu’il peut y avoir de tristesses inavouées, d’illusions flétries sous tant de gaité … Il n’y a qu’à Paris que l’on puisse ainsi refouler une grosse larme dans un sourire … »

aFeminadec1903couverturedetail300lm© Article LM

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Blog nouvelle formule

Le blog de La Mesure de l'Excellence change. Il se recentre en particulier sur ce que j'appelle les petits-maîtres de la mode. C'est un boudoir à ma mesure : la meilleure des mesures étant de se connaître soi-même et de s'accepter tel-quel.

 

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Prochaines ventes aux enchères parisiennes

porcelaine300Photographie 1 : Faïence marseillaise du XVIIIe siècle provenant de l'atelier de Bonnefoy. « Beau et rare plat ovale [de 47,5 cm de long] de forme chantournée à décor d'une grande réserve ovale couple300centrale, soulignée d'un filet en dorure, ourlé de dents de loup, orné d'un large paysage polychrome maritime avec pêcheurs, bateau, et dans le lointain, une forteresse. Petite guirlande en dorure sur la bordure. » © Chayette & Cheval.
Le mercredi 19 octobre 2011 à Drouot Richelieu à Paris, la société de ventes volontaires Chayette & Cheval organise une vente de céramiques anciennes provenant de la collection du docteur Chompret grand collectionneur de faïence française et de majolique italienne.
Le même jour et au même endroit, la maison de vente aux enchères Boisgirard propose un ensemble de tableaux, mobilier et objet d'art particulièrement intéressants.
peinture4300Photographie 2 : « École flamande du XVIe siècle, entourage de Hendrick de CLERCK (Bruxelles 1570 – 1630). " Apollon et Vénus, dans un paysage montagneux ", Marsyas en arrière plan. Huile sur panneau de chêne parqueté (fentes aux quatre planches et restaurations). 94 x 119 cm. » © Boisgirard.
Photographies 3 et 4 (détail) : « Claude Vignon (Tours 1593 - Paris 1670) " Le jugement de Pâris ". Huile sur toile (quelques restaurations). 97 x 78 cm » © Boisgirard.
Photographie 5 : « École française de la fin du XVIIIe siècle, entourage de Piat-Joseph SAUVAGE (Tournai 1744 – 1818). " L'éducation de l'Amour " - " L'Amour dansant "Deux peinture4detail300huiles sur leur toile d'origine, en grisaille, formant pendants (restaurations et accidents anciens). 100 x 127 cm chaque. » © Boisgirard.
Photographies 6 et 7 (détail) : « Pierre-Thomas Le Clerc (1740 – 1791). " La piété filiale ou l'amour maternel ". Plume, lavis gris et rehauts d'aquarelle. Signé P. Le Clerc et daté 1776 à la base du socle de l'autel. Inscription dans le cartouche en bas. 41 x 27 cm. » © Boisgirard.
A noter le 26 octobre la vente Massol.
amours300Photographies 8 et 9 : « Table à complication. Formant pupitre à transformation et double pupitre à crémaillère orné de deux bras de lumière amovibles en acajou de Cuba massif. La ceinture ouvre par deux tiroirs et une tablette dépliante formant écritoire. Le fût central à six pans repose sur un piétement tripode. Estampillée J CANABAS et poinçon de jurande. Travail parisien d'époque Louis XVI. Joseph GENGENBACH dit CANABAS (1712 - 11 juillet 1797) reçu Maître à Paris le 1er avril 1766. Haut: 72,5 - Larg: 55 - Prof: 37cm. » © Massol. La table à complication est un genre de mobilier qui est un des exemples de l'ingéniosité des grands ébénistes du XVIIIe siècle, qui allient l'élégance, la finesse et la fonctionnalité à la nouveauté, l'intelligence et le jeu. Si celle présentée ici fait office à la fois de table, d'écritoire et de pupitre, certaines comme celle-ci ajoutent d'autres autel300 fonctionnalités.
Audap & Mirabaud présente le lundi 27 novembre une vente « Tableaux Anciens, Peintures & Arts Graphiques ».
Photographie 10 : « Coignet Gillis (1542-1599), attribué à. « L'allégorie de la Musique ». Panneau de chêne, deux planches, renforcé. 36 x 48,5 cm. » © Audap & Mirabaud.
Le lundi 7 novembre, Beaussant Lefèvre propose une vente toujours à Richelieu Drouot à Paris avec divers objets intéressants.
Photographie 11 : Nicolas Lawreince (1737-1807)  : « Les soins mérités Aquarelle, rehauts de gouache. (Ensollé). 21,1 x 15,2 cm Cachet de la collection Marius Paulme en bas à droite (L. 1910). » © Beaussant Lefèvre.
On peut consulter la vente de la même maison du mercredi 26 octobre ici.
auteldetail300Les 17 et 18 novembre est dispersée à l'Hôtel Drouot par la maison Ader « la monumentale collection d’André Bernard, la plus importante jamais consacrée à Sacha Guitry. Depuis l’âge de 13 ans, André Bernard, n’a pas passé une journée sans que l’une de ses pensées n’aille vers Sacha Guitry ; en 50 ans il a rassemblé plus de 700 pièces : manuscrits, autographes, dessins, tableaux, affiches, correspondances... qui font revivre tout le parcours de ce génie au talent multiforme à la fois auteur et comédien, cinéaste et metteur en scène, dessinateur et journaliste, peintre et collectionneur acharné, moraliste et mémorialiste, pamphlétaire courageux et même publicitaire ! »
Photographie 12 : « Photographie avec inscription autographe au verso, 9 avril 1919; tirage argentique, 16,5 x 22,5 cm. © Photographie de Sacha Guitry aux côtés de son père en Pasteur, au premier rang de corbeille au milieu du public du théâtre du Vaudeville, avec cette note autographe au dos du cadre: « 9 avril 1919. 100me de Pasteur représentation gratuite offerte aux artistes dramatiques et aux étudiants ». » © Ader.
table300A noter un résultat assez impressionnant : La maison Ader Nordmann a vendu une suite presque complète de la revue de mode Costumes français (Paris, Esnauts & Rapilly) datant de 1776- 1781 pour 190 000 € alors que celle-ci était estimée entre 5 000 et 8 000 €.
Photographie 13 : Costumes françois. « Paris, Esnauts & Rapilly, 1776- 1781. Deux volumes in-folio, pleine basane marbrée, dos à nerfs orné, triple filet doré courant sur les coupes, signets (reliure de l'époque). Extraordinaire et probablement unique exemplaire, dans sa reliure d'époque, de cette suite quasi-complète de planches couleurs illustrant à merveille l'art français du costume, parvenu à son faîte. Ces deux volumes réunissent 36 cahiers totalisant 216 planches. Les titres des livraisons n'ont pas été conservés. Il n'y a pas les quelques livraisons parues postérieurement. C'est à peine si l'ouvrage fut atteint des injures du temps: les coins sont émoussés, parfois écorchés, les coiffes attaquées (dont l'une dénudée) ; l'ouvrage, néanmoins, est absolûment charmant, et ses planches, d'une parfaite fraîcheur, diffusent encore le parfum de la douceur de vivre. Chaque planche est précédée d'un feuillet de papier vergé en guise de serpente à décharger (filigrane: O. OUVRARD / ENMARCHE / 1778.) musique300Costumes de cours, de ville, ou de théâtre, souvent très longuement décrits, avec le nom de leur costumier (aujourd'hui certains disent « créateur ») ou le nom de l'acteur et de la pièce (par exemple, le Barbier de Séville, Athalie). Parues en livraison dès 1776 (et non pas 1778 comme la chose est communément admise), ces planches constituent le plus ancien des périodiques de mode français. très bel exemplaire, rarissime dans cette condition & en coloris d'époque (2 volumes) Premier volume: - 1ere Suite des Costumes François pour les Coeffures depuis 1776: A: 6 planches (1 à 6) - 2e Cahier des Nouveaux Costumes Français pour les Coeffures: 6 planches (7 à 12) - 3e Cahier des Modes françaises pour les Coeffures depuis 1776: C: 6 planches (13 à 18) - 4e Cahier des Costumes Français pour les Coeffures en 1777 et 1778: D: 6 planches (19 à 24) - 5e Cahier des Costumes Français pour les Coeffures depuis 1776: E: 6 planches (25 à 30) - 6e Cahier de Modes Françaises pour les Coeffures depuis 1776: F: 6 planches (31 à 36) - 7e Cahier des Costumes Français. 1ere suite d'Habillemens de Femmes à la mode: G: 6 planches (37 à 42) - 8e Cahier des Costumes Français. 2e Suite d'Habillemens de Femmes à la mode: H: 6 planches (43 à 48) - 9e Cahier des Costumes Français. 3e Suite d'Habillemens a la mode: J: 6 planches (49 à 54) - 10e Lawreince300Cahier de Costumes Français. 4e Suite d'Habillemens a la mode: 6 planches (non numérotées) - 11e Cahier des Costumes Français. 5e Suite d'Habillemens a la mode en 1778: 6 planches (non numérotées) - 12e Cahier de Costumes Français. 6e Suite d'Habillemens a la mode en 1778: M: 6 planches (67 à 72) - 13e Cahier des Modes Françaises. 7e Suite d'Habillemens a la mode: N: 6 planches (73 à 78) - 14e Cahier de Costumes Français. 8e Suite d'Habillemens et Modes en 1778. 1er Cahier pour le 1er Volume: O: 6 planches (79 à 84) - 15e Cahier de Costumes Français. 9e Suite d'Habillemens a la mode, en 1778: (cahier non lettré): 6 planches (non numérotées) - 16e Cahier de Costumes Français. 10e Suite d'Habillemens a la mode: Q: 6 planches (non numérotées hormis la seconde: 92 ) - 17e Cahier de Costumes Français. 11e Suite d'Habillemens à la mode en 1779: (cahier non lettré): 6 planches (non numérotées) - 18e Cahier de Costumes Français. 12e Suite d'Habillemens a la mode en 1779: S: 6 planches ( 103 à 108) Second volume: - 19e Cahier de Costumes Français. 13e Suite d'Habillemens a la mode depuis 1776: T: 6 planches (109 à 114) - 20e Cahier de Costumes Français. 14e Suite d'Habillemens à la mode, en 1779: U: 6 planches (115 à 120) - 21e Cahier de Costumes Français. 15e Suite d'Habillemens à la mode en 1779: V: 6 planches (121 à 126) - 22e Cahier de Costumes Français. 16e Suite d'Habillemens à la mode, en 1779: X: 6 planches (127 à 132) - 23e Cahier des Costumes Français. 17e Suite d'Habillemens a la mode en 1779: Y: 6 planches (133 à 138) - 24e Cahier des Costumes Français. 18e Suite d'Habillemens à la mode, en 1779: Z: 6 planches (139 à 144) - 25e Cahier de Costumes Français. 19e Suite d'Habillemens a la mode en 1779: aa: 6 planches (145 à 150) - 26e Cahier de Costumes Français. 20e Suite d'Habillemens à la mode en 1779: bb: 6 planches (151 à 156) -SachaGuitry300.jpg 27e Cahier de Costumes Français. 21e Suite d'Habillemens à la mode, en 1779: cc: 6 planches (157 à 162) - 28e Cahier de Costumes Français. 22e Suite d'Habillemens à la mode, en 1780: dd: 6 planches (163 à 168) - 29e Cahier de Costumes Français bis, Pour servir de Suplément à la 7e Suite d'Habillemens à la mode en 1780: ee: 6 planches (169 à 174) - 29e Cahier de Costumes Français. 23e Suite de Coëffures à la mode, en 1780: ee: 6 planches (169 à 174) - 30e Cahier de Costumes Français. 23e Suite d'Habillemens à la mode, en 1780: ff: 6 planches (175 à 180) - 31e Cahier de Costumes Français. 24e Suite d'Habillemens à la mode en 1780: gg: 6 planches (181 à 186) - 32e Cahier de Costumes Français. 25e Suite d'Habillemens à la mode en 1780: hh: 6 planches (187 à 192) - 33e Cahier de Costumes Français. 26e Suite d'Habillemens à la mode, en 1780: jj: 6 planches (193 à 198) - 34e Cahier de Costumes Français. 8e Suite de Coëffures a la mode en 1780: ll: 6 planches (199 à 204) - 35e Cahier de Costumes Français. 27e Suite d'Habillemens à la mode en 1781: ll: 6 planches (199 à 204) Nota bene : les planches des 34e et 35e cahiers sont alternées, de telle sorte que l'on trouve la 199 des Habillemens suivie de la 199 des Coëffures, et ainsi de suite. » © Ader.

costumefrancais© Article LM

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Les petites mains de la mode française 1 : les grisettes, cousettes et trottins.

aleleverdesgrisettes300lmaleleverdesgrisettesdetaila300lmPhotographies 1 et 2 : 'Le lever des grisettes'. Estampe d'époque 1802-1812. © Photographies LM. Un autre exemple est ici. Celle-ci a un pendant : Le coucher des grisettes.
J'ai plusieurs fois dit dans ce blog que j'allais faire des articles sur les petites mains de la mode française dont elles sont une partie intégrante et importante. Je suis donc heureux de constater que du 14 octobre 2011 au 15 janvier 2012, la Maison de Balzac à Paris accueille une exposition intitulée : Elle coud, elle court, la Grisette... « Une centaine d’œuvres de toute nature (peintures, caricatures, faïences, livres et journaux illustrés, partitions, échantillons d’étoffe) sont réunies en un parcours décliné suivant cinq thèmes, au cœur de la représentation de la grisette au temps de Balzac (1815-1850). Pour chaque section, des chansons de la première moitié du XIXe siècle, spécialement sélectionnées pour le parcours, ont été interprétées par Le Hall de la chanson, et font l’objet d’une diffusion sous des bonnets ou chapeaux sonores.  I – La grisette en conditions II – Constellation grisette III – À quoi reconnaît-on une grisette ? IV – Les plaisirs et les jours… et les nuits ! V – Fil et profils : du trottin à la passante. »
grisettesunbal300lm.jpgPhotographie 3 : Livret d’époque 1838 d’une pièce de théâtre intitulée Un Bal de grisettes. Vaudeville en un acte (Paris). © Photographie LM.
Photographie 4 : Illustration intitulée « La grisette » du chapitre LXIV « Les grisettes et les lorettes » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second). © Photographie LM.
La GRISETTE est un personnage important de la mode française. Depuis le XVIIe siècle des textes relatent la beauté des couturières, vendeuses et autres petites mains de la mode dans ce quartier du bon goût qui entoure le Palais-Royal. Si leur vie à Paris est celle de travailleuses à bas salaires, elles y trouvent une certaine liberté, de l'espoir d'ascension sociale parfois réalisée, et pour les plus belles peuvent jouir de la galanterie de la capitale française où tous aiment à badiner.
Dès 1797, année de sa fondation, le Journal des Dames et des Modes rend hommage à la grisette dans sa planche n°33 : « Costume parisien. Grisette en négligé du matin, faisant sa provision au marché des Quinze-Vingts » (Voir ici cette estampe). Il existe plusieurs estampes de dames représentées de cette manière comme ici : Femme de qualité en grisette (1683), ou ici : La Grisette (1776).
Voici des représentations de grisettes au XIXe siècle : Les grisettes de Paris (1856) ; dessin à la plume, encre brune et aquarelle de Constantin Guys (1802-1892) intitulée Grisette au tablier jaune.
atableaudeparis1853lagrisette500lmAu XVIIIe siècle on emploie surtout le nom de 'grisette' pour signifier de jolies petites mains : des ouvrières souvent employées dans la mode. Jeunes, sans fards, assez pauvres, elles peuvent avoir aletrottin300lmune réelle vénusté. Et même si certaines élégantes du XVIIIe et avant font œuvre d’un raffinement extrême, la beauté brute n’est jamais méprisée en France, au contraire (comme en témoigne le goût pour les pastorales) et cela de tous temps. Cependant ce nom au XVIIIe siècle garde une signification liée à une condition médiocre ; et il faut attendre l'édition de 1832-5 du Dictionnaire de L'Académie française pour que soit ajoutée à cette définition celle « d'Une jeune ouvrière coquette et galante » : « se dit aussi d'Une jeune fille ou d'une jeune femme de médiocre condition ; et, plus particulièrement, d'Une jeune ouvrière coquette et galante. Il n'y avait que des grisettes à ce bal. Il ne voit que des grisettes. Ce sens est familier. » Le terme désigne souvent des ouvrières ou employées de maisons de modes et de beautés, gracieuses et se laissant courtiser assez facilement : « couturières, modistes, fleuristes ou lingères, enfin tous ces gentils minois en cheveux, chapeaux, bonnets, tabliers à poches, et situés en magasins » (Balzac, Œuvres div., t. 2, 1831, p. 277). « Quand la grisette assise, une aiguille à la main, Soupire, et de côté regardant le chemin, Voudrait aller cueillir des fleurs au lieu de coudre » (Hugo, Châtim., 1853, p. 347). La grisette est un personnage coutumier de la littérature de la première moitié du alegrisetdumidi300lmXIXe siècle : pièces (comédies, vaudevilles …), opérettes, romans, chansons … la mettent en scène. Mais ce mot est petit à petit remplacé par d'autres sans doute du fait de sa connotation péjorative : 'grise'.
Photographie : Carte postale semblant avoir un tampon de La Poste de 1905 d'une série intitulée « Comment ils déjeunent » avec ici « IV. Le trottin. » © Photographie LM.
Comme son nom l’indique, la COUSETTE est employée dans les maisons de couture.
Le TROTTIN désigne plus que des petites-mains de la mode  : des petits pieds qui « trottent » dans Paris entre clients et marchands … avec des boîtes à chapeaux sous le bras ou d'autres parures de mode. Le terme est ancien. Au XVIe siècle on appelle « trottins » les « pieds ». Au XVIIe on désigne ainsi un  petit laquais ou petit commis qui fait les courses ou le coursier, puis au XIXe siècle aussi une apprentie ou jeune ouvrière modiste, couturière ou autre chargée de faire les courses et des livraisons. Ce terme est encore employé dans la première moitié du XXe siècle. On utilise aussi les mots de trottin' et 'griset' pour désigner les équivalents masculins.
Photographie : Estampe du XIXe siècle signée Ferocio et Birouste intitulée : « Le griset du Midi. » © Photographie LM.

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Au Royaume d’Alexandre le Grand. La Macédoine Antique.

Couronnedefeuillesdecheneenor300Du 13 octobre au 16 janvier 2012 , le Louvre présente une exposition intitulée : Au Royaume d’Alexandre le Grand. La Macédoine Antique.
7-StateredorAlexandreIII300« Cinq cents œuvres retracent l’histoire de la Macédoine antique depuis le XVe siècle avant notre ère jusqu’à la Rome impériale. L’exposition, dont le commissariat est à la fois grec et français, invite à découvrir la richesse du patrimoine artistique de la Grèce du Nord, un patrimoine encore méconnu du grand public tant les découvertes sont récentes. Il a fallu attendre 1977 et la mise au jour à Vergina de plusieurs sépultures royales, parmi lesquelles celle, intacte, de Philippe II, le père d’Alexandre le Grand, pour prendre véritablement conscience du potentiel archéologique exceptionnel de cette région de la Grèce. Sur ce site prestigieux, identifié comme celui de la première capitale du royaume de Macédoine, les archéologues ont notamment retrouvé, en 2008, un ensevelissement énigmatique qui imposera sans doute de réécrire l’histoire antique. Portée par l’intelligence politique de ses souverains, dont le plus célèbre reste Alexandre le Grand, la Macédoine antique a pu s’imposer en tant que royaume et s’opposer ainsi à la Grèce des cités. 9-PortraitdAlexandrePellavuedeprofil300C’est l’histoire de ce royaume au passé glorieux, à l’apogée impressionnante, que dévoile l’exposition. C’est également une mise en lumière de ce qu’étaient en leur temps les tombes de la Grèce du Nord. Car les trésors mis au jour, protégés par les terres des tumuli, sont un témoignage unique de la virtuosité des artistes de l’époque. »
16Figurinefeminineenterrecuite300Photographie 1 : « Couronne de feuilles de chêne en or. Deuxième moitié du IVe s. avant J.-C. Vergina (Aiga), sanctuaire d’Eukleia. Or. D. 18,5 et 16,5 cm. Thessalonique, musée archéologique. © Fouilles Université Aristote, Thessalonique. »
Photographie 2 : « Statère d'or d'Alexandre III. IVe s. av. J.-C. Apollonia. Or. D. 1,65 cm. Thessalonique, musée archéologique. © Hellenic Ministry of Culture and Tourism / Archaeological Receipts Fund. »
Photographie 3 : « Portrait d'Alexandre. IIIe siècle av. J.-C. Pella (aux environs de). Marbre. H. 30 cm, l. 27 cm, ép. 27 cm. Pella, musée archéologique. © Hellenic Ministry of Culture and Tourism / Archaeological Receipts Fund. »
Photographie 4 : « Figurine féminine en terre cuite. Fin du IVe s. av. J.-C. Néa Potidaia (Potidée), lieu-dit Pétriotika, sarcophage D. Terre cuite. H. 21,9 cm, l. 7,2 cm, ép. 6,8 cm. Thessalonique, musée archéologique. © Hellenic Ministry of Culture and Tourism / Archaeological Receipts Fund. »
Photographie 5 : « Figurine en terre cuite : Eros endormi. Dernier quart du IVe s. av. J.-C. Pella, nécropole orientale, tombe à ciste (peut-être d'un enfant). Terre cuite. L. 9,5 cm. Pella, musée archéologique. © Hellenic Ministry of Culture and Tourism / Archaeological Receipts Fund. »23Figurineenterrecuite Erosendormi300

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Majolique : La faïence italienne au temps des Humanistes

orphee-jouant-devant-les-animaux300Du 12 octobre 2011 au 6 février 2012 le Château d’Ecouen abrite une exposition intitulée Majolique  : La faïence italienne au temps des Humanistes. Celle-ci est organisée par le musée national de la Renaissance du Château et la Rmn-Grand Palais, avec la collaboration du musée du Louvre.
La majolique désigne en français une faïence italienne produite durant la Renaissance, du XVe siècle au XVIe, provenant en particulier de villes de l'Italie centrale comme Faenza. On appelle aussi ainsi certaines productions de manufactures européennes, notamment en France, de la même période, suivant la même inspiration. Cette céramique est nouvelle en Europe, autant par sa fabrication que ses motifs et la façon de les représenter. Le procédé surtout est révolutionnaire : c’est celui de la faïence. Cela consiste à enrober une terre cuite d'un engobe de plomb de couleur crème opacifié à l'étain : ce qu'on appelle l'émail stannifère qui cache la terre et sa couleur ; ensuite on décore en utilisant des couleurs à base d'oxydes métalliques avant une seconde cuisson au grand feu qui permet l'adhérence de la glaçure.
Avant l'Italie cette manière de faire existe en Babylonie, puis en Perse, chez les Arabes, en Afrique du Nord, en Sicile et en Espagne. Le nom de majolique viendrait des faïences lustrées importées d'Espagne par des bateaux de l'île de Majorque « L’autre étymologie du mot maiolica serait une dérivation de l’expression obra de Malica ou de Mallequa, évocation de la cité de Malaga, sur la côte sud de l’Espagne, orphee-jouant-devant-les-animaux-detail300qui produit des céramiques lustrées très admirées avant de laisser la première place à Valence. Cette vaisselle de très belle qualité, destinée à être exposée plutôt qu’utilisée, pourvue d’un décor lustré resplendissant, est importée en Italie dès le XIVe et surtout au XVe siècle. Elle influence alors considérablement le goût italien, au point de motiver les artisans locaux à fabriquer eux-mêmes des pièces lustrées à partir des années 1480.  » Alors que le mot majolica désigne aujourd'hui en Italie la faïence stannifère, au XVIe siècle elle représente la faïence lustrée des pièces hispano-mauresques. C'est la poterie dorée du Moyen Age. Au XVe siècle le procédé de la majolique est copié à Florence où Lucca Della Robbia (vers 1400-1482) l'applique en architecture ainsi que ses descendants avec de grandes sculptures religieuses en bas-relief. Des ateliers s'ouvrent à Sienne, Urbino, Gubbio, Faenza surtout. Dès 1530 chacun a sa physionomie propre. D'autres ateliers se créent en France à Nîmes, Lyon, Montpellier, Saint-Porchaire. Les premiers connus semblent être Anvers, Lyon et Nevers. Des italiens exportent le procédé de la majolique à Lyon et Anvers, puis de Lyon à Nevers. Le français Masseot Abaquesne (1500-1564) s'installe à Rouen (carrelages du Château d'Ecouen, de La Bâtie d'Urfé, pots à pharmacie etc.) et les frères Conrade (Conrado) venus de la province de Gênes pour s’installer à Nevers (le centre le plus important). Au XVIIe siècle l'Europe comprend de nombreuses manufactures de faïence qui n’ont plus rien rien à voir avec la majolique, développant avec des style particuliers, certaines élaborant leurs décors caractéristiques :portraits-hommes-femmes300 faïences de Rouen, Delft, Moustiers etc. Montelupo (XVII-XVIIIe s.) semble être le dernier centre à produire des créations originales de la majolique italienne. Les décors de la majolique de la Renaissance sont avant tout de styles décoratif, historié et mixte. Il y a de nombreux types de décors : a candelieri avec le côté gauche identique au côté droit ; a compendiario qui laisse voir le beau blanc laiteux de l'émail épais enrichi en étain ; a fiamma inspiré de motifs tissés fait de striures parallèles ; a frutti et a foglie à fruits et à feuilles ; à grotesques ; a paesi e architetture ; a quartieri avec des pièces de forme mouvementée couvertes de fonds de couleurs alternées portant des rinceaux et entourant un motif du type a istoriato ; a raffaelesche inspiré du décor créé par Raphaël pour les loges du Vatican ; a trofei avec des trophées ; etc.
La Renaissance italienne, toute remplie d’humanisme, favorise les beaux-arts et les nouvelles techniques artistiques et de fabrication. Les artistes et artisans italiens sont invités dans de nombreux pays et notamment en France. C’est le début de la faïence dans ce pays, parmi d'autres nouveautés venues d’Italie pour mettre en place ce qu’on appelle la Renaissance française. L'exposition organisée par le musée du château d'Ecouen revient en quelque sorte aux sources. Elle présente une centaine de céramiques conservées dans les musées français (musée national de la Renaissance à Ecouen, musée du Louvre, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Musée Jacquemart-André, musée Antoine-Vivenel à Compiègne...), britanniques (British Museum et Victoria and Albert Museum à Londres, Ashmolean Museum à Oxford...) et italiens (Castello Sforzesco à Milan, Museo Correr à Venise, Museo del Bargello à Florence...). Elle est divisée en différents chapitres qui déclinent l’influence sur la majolique et son décor des démarches artistiques, historiques et littéraires propres au milieu humaniste italien entre 1480 et 1530. portraits-hommes-femmesdetail300Le propos de l’exposition est enrichi par la présence d’un certain nombre d’éditions contemporaines illustrées (Virgile, Tite-Live, Ovide...) dont les textes et les images inspirent la majolique du premier tiers du XVIe siècle. « Une première partie est consacrée au renouveau des motifs décoratifs à la fin du XVe siècle, avec l’apparition et le succès des décors all’antica. Un monde extravagant d’êtres fantastiques mi-humains mi-animaux, de dauphins, masques, putti, vases, cornes d’abondance, trophées et autres grottesche s’empare alors des parois des vases, des ailes des plats et des assiettes, des carreaux de pavement, dans divers centres de production, plus ou moins proches des lieux de création artistique majeurs tels que Sienne ou Pérouse. La seconde section aborde la problématique des décors héraldiques (armoiries, imprese, devises) présents sur les céramiques, en mettant l’accent sur les premiers « services » à proprement parler et sur la relation souvent difficile à appréhender entre artistes et commanditaires. Elle réunit notamment un nombre important de pièces du service d’Isabelle d’Este, marquise de Mantoue (1474-1539), réalisé vers 1524 par Nicola da Urbino, le plus grand peintre en majolique de la Renaissance. La question du portrait de personnages réels ou idéalisés, de figures historiques ou mythologiques est évoquée dans une troisième section. Elle soulève, pour les pièces les plus anciennes de la fin du XV siècle, la passionnante interrogation sur son rôle dans l’apparition du décor a istoriato, c’est-à-dire qui raconte une histoire, dont on situe généralement l’éclosion vers 1500 dans divers centres de production tels que Deruta, Gubbio, Faenza ou encore le duché d’Urbino. La section la plus importante de l’exposition est naturellement consacrée aux céramiques historiées. Dès les premiers exemples, au tournant de 1500, les peintres sur majolique s’emparent des thèmes iconographiques vase-trophee300et littéraires mis en valeur par les artistes et les Humanistes de la seconde moitié du XVe siècle, en s’appuyant sur les sources graphiques contemporaines que constituent notamment les livres illustrés et les gravures. Au total, une soixantaine de céramiques évoquent les thèmes issus de l’histoire (biblique, romaine, ou contemporaine), de la mythologie (épisodes de la guerre de Troie, Énéide et légendes de la fondation de Rome, amours et métamorphoses des dieux), mais aussi des fables et épisodes populaires ou des sujets allégoriques encore difficiles à déchiffrer aujourd’hui. Les centres de production et les divers peintres représentés témoignent de la qualité et de l’originalité de ces œuvres (Cafaggiolo, Faenza, Deruta, Gubbio, le duché d’Urbino avec Nicola da Urbino, le peintre du Marsyas de Milan, le Peintre In Casteldurante...). Autour de Nicola da Urbino, figure artistique majeure du duché d’Urbino dans les années 1520, seront regroupées plusieurs œuvres phares du Museo Correr de Venise, visibles pour la première fois en France  ».
Les meilleurs exemples de la majolique italienne de la Renaissance ont des décors particulièrement riches. Contempler leurs détails c'est aussi le faire d'un travail d'autant plus admirable que la céramique de 'grand feu', dont la majolique fait partie, interdit tout repentir puisque la glaçure stannifère sur laquelle le peintre dessine est poreuse et absorbe les oxydes colorants. Il n'est donc pas question de gommer et rattraper des erreurs. De plus la cuisson au grand feu reste délicate : certaines pièces pouvant sortir du four abîmées. D'autant plus qu'il peut y avoir trois cuissons : la seconde permet de fixer définitivement le décor en vitrifiant la glaçure ; et une troisième peut avoir lieu après l’application sur la pièce du lustre qui « est un mélange de nanoparticules de cuivre et d’argent qui ont la particularité de se fixer à la surface de la céramique lors d’une troisième cuisson, dans un four spécialement conçu à cet effet, à basse température (vers 600° environ) et dans une atmosphère dite réductrice (c’est-à-dire en empêchant l’oxygène d’entrer dans le four, contrairement aux deux cuissons précédentes faites en atmosphère oxydante). Ce décor - dont l’un des objectifs est d’apporter à la céramique l’éclat de l’orfèvrerie - produit des reflets métallescents, de couleur argentée ou dorée, mais aussi rouge ou brune, selon la proportion de sels de cuivre et d’argent et la température de cuisson. » Du reste cette céramique a souvent pour but d'être présentée en exposition ; comme c'est le cas pour l'argenterie d'exception ; celles-ci ayant pour fonction de décorer notamment la salle où l'on mange, et d’exposer aux invités la richesse de l'hôte.
vase-tropheedetail300Photographies 1 et 2 (détail) : « Assiette peu profonde, Orphée jouant devant les animaux. Nicola da Urbino, Urbino, vers 1520-1523. Diam. 27,3 cm. Plat du service de l’Histoire d’Orphée. Venise, Museo Correr e Biblioteca di Arte. © Venise, Fondazione Musei Civici di Venezia – Archivio Fotografic. »
Photographies 3 et 4 (détail) : « Vase de pharmacie, Portraits de profil. Probablement les Marches (Pesaro ou duché d’Urbino), vers 1475-1500, hauteur 37,5 cm, diam. 23 cm, Ecouen, Musée national de la Renaissance. © Service de presse Rmn-Grand Palais / Martine Beck-Coppola. »
Photographie 5 : « Bassin d’aiguière à décor de grotesques. Atelier de Lorenzo di Piero Sartori, Montelupo, 1509, diam. 38 cm, Montelupo, Museo della Ceramica. © Alessio Ferrari - Fototeca Museum Montelupo. »
Photographies 6 et 7 (détail) : « Vase à décor de grotesques. Probablement Les Marches (Pesaro, Urbino ou Casteldurante ?), vers 1500-1520, h. 43 cm ; L. 32 cm ; pr. 27 cm, Dijon, Musée des Beaux-Arts. © Musée des beaux-arts de Dijon. Dépôt Ecouen, Musée national de la Renaissance. Photo François Jay. »

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Exposition Oberkampf Bon Ton

OberkampfBonTon300 J’organise dans mon quartier actuel une exposition intitulée ‘Oberkampf Bon Ton’, le dimanche 27 novembre 2011 de 12h à 20h au 108 rue Oberkampf. Vous y êtes tous conviés. L’entrée est libre !
Deux boutiques vintage de qualité du quartier exposeront des vêtements d’époque des années 1900 à 1950 :  Ancienne Mode et Casablanca.
Je présenterai (LM) des photographies faites à partir de documents d’époque des XVIIIe et XIXe siècles.
Cette exposition s'intéressera à des aspects de la mode française d'avant les années 50 : avant le tout prêt-à-porter ; dans un temps où chaque village possède au moins un tailleur ; ce qui permet le maintien d'une certaine créativité et d'un 'bon goût' personnalisé. On fabrique aussi ses vêtements à la maison. Du reste pour cette exposition, chacun est invité, dans la mesure du possible, à venir habillé soit à l'ancienne, soit d'une manière exubérante, soit à la manière des 'masques' d'autrefois, mais toujours avec style. Enfin comme vous voulez. Le principal c'est de vous y voir !

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Hôtels particuliers parisiens

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Photographies du dessus :  1 - Hôtel de Cluny. Façade sur cour. © Caroline Rose. Construction 1471-1500 / Restauration en 1843-1856. 2 - Hôtel de Guénégaud. Façade sur cour. © Caroline Rose. Construction 1651-1653 / restauration 1963-1967.
Photographie du dessous : Hôtel de Soubise. Vue de la cour. © Caroline Rose. Construction 1705-1708 / modifications  1735 / restauré en 1958-1992.

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Photographie du dessus :  Hôtel de Rohan. © Caroline Rose. Construction 1705-1708 / restauration 1935-1938.

Photographie du dessous : Hôtel Libéral Bruand. Façade sur cour (1 rue de la Perle, 3e). © Gilles Targat.

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Photographies du dessous 1 - Hôtel de Matignon. Façade sur jardin. © Gilles Targat. 2 - Hôtel de Salm. Façade sur cour. © Caroline Rose. Construction 1782-1788 / restauration façade 1873-1875. 3 - Hôtel de Salm. Vue depuis les quais de Seine. © Caroline Rose.

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Photographie du dessous : Hôtel de Bourbon-Condé. Façade sur jardin (12 rue Monsieur, 7e). © Gilles Targat.

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Photographies dans le texte : 1 - Hôtel de Camondo. Façade sur jardin. © Caroline Rose Construction 1911-1914. 2 -  Hôtel Lambert. Façade sur cour (2 rue Saint-Louis-en-l’Ile, 4e). © 7 camondo300Gilles Targat. 3 - Hôtel Hesselin. Vue perspective depuis le jardin (24 quai de Béthune, 4e). © David Bordes.
La Cité de l’architecture & du patrimoine propose du 5 octobre 2011 au 19 février 2012 une exposition intitulée L'hôtel particulier, une ambition parisienne. Pour l'occasion des parties d'un hôtel particulier sont reconstituées sur 450 m2 et une large documentation permet d'appréhender l'évolution de ces bâtiments qui font encore aujourd'hui une grande partie du prestige de Paris. Ce sont aussi des témoignages exceptionnels de l'évolution des beaux-arts à travers les siècles, dans une Hotel Lambert facade cour300ville à la pointe du goût et de la modernité. Le début de l'exposition nous plonge dans une décor reconstitué d'hôtel particulier : avec sa cour pavée, différentes pièces de réception meublées, une chambre à coucher, le cabinet de curiosités « meublés au fil des siècles, en fonction du goût des propriétaires imaginaires qui s’y sont succédés » et une galerie de portraits ouverte sur un jardin animé de treillages. Le visiteur accède ensuite à la partie documentaire de l’exposition. Un parcours chronologique nous mène du Moyen Âge à la Belle Époque. Cela commence par quatre grandes maquettes illustrant l’évolution de ce bâtiment depuis celui de Cluny au début du XVIe siècle jusqu’au Palais Rose construit en 1900, en passant par les hôtels Lambert et Thélusson. D’autres maquettes, dessins, plans, gravures, sculptures, tableaux d'époque évoquent ces hôtels parisiens. Le visiteur peut aussi accéder à une documentation consultable sur des bornes multimédia contenant un corpus de 300 fiches d’hôtels illustrées. Ce parcours ce conclut par l'évocation de divers thèmes liés à ce sujet. Marot hotel Hesselin perspectivedepuisjardin300C'est une très bonne occasion de connaître un peu mieux certains des bâtiments qui jalonnent encore aujourd'hui les rues parisiennes, de les apprécier à leur juste valeur, de les replacer dans leur contexte historique et artistique, et avec eux tous ceux qui ont disparu. La richesse de ce patrimoine dont une grande partie est toujours présente et habitée, notamment par des musées, ou des institutions prestigieuses, mérite cette exposition.
Il faut rappeler que si Paris possède de magnifiques hôtels particuliers, le reste de la France aussi comme on peut le constater en allant sur Wikipedia. Il est question d'un autre très bel hôtel particulier : celui où se trouve aujourd'hui le musée Jacquemart-André, dans l'article Exposition 'Fra Angelico et les Maîtres de la lumière' au musée Jacquemart-André.

Photographie du dessous : Hôtel de Lassay. Salon des saisons (128 rue de l’Université, 7e). © Gilles Targat.

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Photographies. À gauche : Hôtel de La Vrillière. Galerie Dorée. © Caroline Rose. Construction 1635-1650 / modifications 1714-1718 / agrandissement-altérations 1854-1872. La  Galerie a été reconstituée en 1870. À droite : Hôtel de Soubise. Salon de la princesse. © Caroline Rose.

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Photographies. À gauche : Hôtel de Rohan, décor intérieur. © Caroline Rose. Construction 1705-1708 / restauration 1935-1938. À droite : Hôtel de Lauzun. Décor intérieur. © Caroline Rose. Construction 1657-1658 / restaurations 1948-1949 et 2066-2007.

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Photographies : Hôtel de Lauzun. Enfilade de l’appartement du premier étage (17 quai d’Anjou, 4e). Construit entre 1650 et 1658 par l'architecte français Louis Le Vau. © Gilles Targat.

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Quelques objets d'art de prochaines ventes aux enchères parisiennes

livre500Photographie 1 : « École romaine du XVIIIe siècle D'après Corrège La Madeleine au désert. marchande300Velin marouflé sur toile,  trace de signature en bas à droite Hauteur : 30 Largeur : 40 cm. Commentaire : D'après une composition du Corrège dont une copie par Cristofano Allori est actuellement conservée à Florence au palais Pitti. » Détail. © Artcurial. Vente du lundi 10 octobre à Paris.
statueIIesiecle300Photographie 2 : Détail « Ecole italienne du XVIIIe siècle. Gentilshommes sur un marché. Huile sur toile, rentoilée. Hauteur : 40,50 Largeur : 53 cm. » © Artcurial. Vente du lundi 10 octobre à Paris.
Photographie 3 : « Torse d'athlète (incomplet). Marbre. La silhouette élancée, le corps reposant sur la jambe droite, celle de gauche légèrement avancée. Époque romaine, IIe siècle après J.C. De style archaïsant. Hauteur: 77 cm - Largeur: 32 cm Ce type de sculpture semble s'inspirer des statues originales grecques de la fin du Ve siècle dont on connaît des copies exécutées à l'époque hellénistique et à l'époque romaine. » © Fraysse & Associés. Vente du mercredi du 19 octobre à l'Hôtel drouot à Paris.

Photographie 4 : « Shiva et Parvati. Grès Beige Inde centrale. Époque médiévale, XIIe siècle. Hauteur: 52 cm - Largeur: 38 cm Shiva et Parvati sont représentés assis en délassement royal, tendrement enlacés. Ils portent de riches bijoux qui rappellent leur rang de divinités majeures, le cordon des dieux descend en travers de leur poitrine. A leur pied, le buffle Nandi, véhicule de Shiva est figuré au repos. Il est entouré par les enfants du couple divin, Skanda à droite, Ganesh à gauche et Chamunda aujourd'hui manquante au centre. » © Fraysse & Associés. Vente du mercredi du 19 octobre à l'Hôtel drouot à Paris.

inde300© Article LM

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Jean-Gabriel Domergue

LesFoliesBergeresPhotographie de gauche : « Les Folies Bergère ou Le Promenoir ». Huile sur toile signée en bas à gauche de Jean-Gabriel Domergue, de 81 x 65 cm. © Galerie Ary Jan.
Photographie de droite : « Betty et son danseur ». Huile sur toile signée en bas à gauche de Jean-Gabriel Domergue, de 100 x 81 cm. © Galerie Ary Jan.
La vogue d'une beauté féminine aux formes filiformes, véhiculée par les modèles de mode et de haute couture, est caractéristique de certains canons du XXe siècle. Jean-Gabriel Domergue (1889-1962) est peut-être un des premiers peintres au début de ce siècle à représenter ces femmes qui bien qu'ayant abandonné les corsets et autres aplatisseurs de poitrine de la fin du XIXe siècle BettyetsonDanseurconservent une silhouette gracile. Cette nouvelle 'parisienne' est associée à une mondanité elle aussi neuve qui succède à celle croquée par le caricaturiste Sem (Georges Goursat : 1863-1934). Si la peinture de Jean-Gabriel Domergue s'approche de la caricature, c'est à la manière d'un 'Toulouse-Lautrec bourgeois' dont il fréquente l'atelier. Ceci dit Henri de Toulouse-Lautrec est issu d'une très vieille famille aristocratique française descendant en droite ligne des comtes de Toulouse. Il semblerait même qu'il soit un véritable 'gant jaune' comme le laisse à penser un splendide portrait par Giovanni Boldini (1842-1931) visible ici. Une autre digression sur l'oeuvre de Giovanni Boldini dont certains portraits sont des chefs-d'œuvre de dandysme, comme ceux : du comte Robert de Montesquiou-Fézensac, de Giuseppe Verdi,  de Mme Charles Max, d'une jeune femme coiffée d'un très grand chapeau orné de plumes, ou celui-ci.
C'est un mélange détonnant qui est celui de la vie parisienne de la seconde moitié du XIXe siècle et de la première moitié du XXe, où mille tons différents viennent colorer la vie d'une capitale très cosmopolite ; et qui s'est enorgueillie de cela jusqu'à aujourd'hui.

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TROIS-CENTIÈME ARTICLE !

CartePostale1800retravailleelm2300Bonjour,
L'article sur l'exhibition Fra Angelico est le trois-centième ! Je prépare une petite exposition 'vintage' pour le mois de novembre prochain dans mon quartier à Paris (Oberkampf). J'espère vous y voir.
A bientôt.CartePostale1800details300lm

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Exposition 'Fra Angelico et les Maîtres de la lumière' au musée Jacquemart-André

6.BeatoAngelicoIncoronazionegalleriadegliUffizi300Photographies 1 et 2 : 'Le Couronnement de la Vierge' de Fra Angelico. Vers 1434-1435. Tempera sur bois de 114 × 113 cm. Galerie des Offices, Florence. © 2010. Photo Scala, Florence - courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali.
Photographie 3 : Détail de 'Vierge à l'Enfant' de Fra Angelico. Vers 1450. Tempera sur bois de 99,5 x 66,8 cm. Galeria Sabauda, Turin. © 2010. Photo Scala, Florence - courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali. 

Pour voir l'article précédent sur le même sujet, cliquer ici. 

6.BeatoAngelicoIncoronazionegalleriadegliUffizidetailorgur3Le musée Jacquemart-André est l'hôtel particulier parisien d'un célèbre couple de collectionneurs, rempli du sol au plafond d'objets d'art de grande qualité. Entrer dans ce bâtiment c'est se plonger dans un bain d'esthétisme et de raffinement tout particulièrement imprégné du XVIIIe siècle français et de la Renaissance italienne. L'exposition Fra Angelico et les Maîtres de la lumière y a donc toute sa place, Fra Angelico (vers 1400-1455) étant un des artistes phares de la première Renaissance italienne. Son oeuvre est d'une grande richesse, notamment dans son utilisation de l'or et de couleurs précieuses. Elle marque aussi un tournant qu'opère l'Italie d'alors, se démarquant de l'influence française gothique et courtoise pour élaborer une Renaissance à partir d'une redécouverte de l'Antique et un foisonnement artistique et artisanal soutenu par de très importants mécènes esthètes, issus de la vie religieuse ou publique. A cette époque l'Italie est à la croisée des chemins entre l'Orient et l'Occident. C'est une place importante commerciale, en particulier à travers des villes comme Venise ou Florence. Elle devient la source d'une modernité nouvelle qui prend la place d'une influence française avec un gothique qui s'endort sur ses lauriers et une richesse devenue pompeuse quand les artistes et artisans italiens proposent une plus grande finesse et de nouveaux savoir-faire. Ceux ayant assisté aux deux expositions parisiennes dans les derniers mois de l'année 2010, l'une sur la Renaissance italienne à travers la famille des Médicis (voir les articles  Exposition : Trésor des Médicis 1 et 2 et l'autre sur la France artistique en 1500 (Exposition : France 1500, entre Moyen-âge et Renaissance) 5.FraAngelico-Viergalenfantdetail300peuvent témoigner du manque de renouvellement des beaux-arts dans la France du XVe siècle quand l'Italie est toute entière dans la nouveauté et la recherche (comme sur la perspective). Du reste la France accueille rapidement ces nouveaux talents de la péninsule, qu'ils soient artistes ou artisans.  
Les artistes influençant ou influencés directement par Fra Angelico sont aussi très intéressants. L'exposition présente ainsi en accompagnement des vingt-cinq panneaux peints de l'artiste autant d'autres de peintres importants l'ayant côtoyé. On y découvre l'apprentissage progressif de la maîtrise de la perspective, déjà présente durant l'Antiquité (les peintures murales d'architectures présentées dans l'exposition sur Pompéi au musée Maillol à Paris en sont un exemple - au sujet de cette exhibition voir l'article ici), mais que les artistes de la Renaissance vont définir et utiliser jusqu'à un une maîtrise à l'origine de notre modernité et de son regard sur le monde : une science de l'appréhension du sensible par l'image à l'origine d'une vision 'réelle' du monde qui aboutit à celle où nous sommes aujourd'hui qui est pourtant loin d'être exhaustive.
Ces oeuvres expriment aussi un mysticisme proche de l'ordre Camaldule  et des pratiques monastiques et d'ermitages dont la simplicité de certains sujets et le traitement encore assez 'naïf' contrastent avec l'emploi de couleurs précieuses et de l'or et de l'argent dont parfois  les feuilles sont incrustées et ciselées à même la peinture, donnant notamment des rendus de drapés assez spectaculaires comme dans la Vierge à l'Enfant de Fra Angelico de vers 1450 ; rendu que la photographie 3 ne peut restituer.
Cette exposition est aussi une occasion de visiter le musée Jacquemart-André.

Visite virtuelle Musée Jacquemart-André

Auteur : Culturespaces

Photographies : Musée Jacquemart-André.

MuseeJacquemartAndre5001.jpgMuseeJacquemartAndre5002.jpgMuseeJacquemartAndre5003.jpgMuseeJacquemartAndre5004.jpgMuseeJacquemartAndre5005.gif© Article LM

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Merveilleuses & merveilleux