La valse et le boléro

lafoliedujourdetail12300aaclair.jpglafoliedujour.jpgPhotographies du haut et de droite : Gravure de Salvatore Tresca (1750-1815), artiste sicilien né à Palerme et établi à Paris. En 1788 il grave « divers sujets à la manière pointillée anglaise » (Histoire de l'art pendant la Révolution 1789-1804 par Jules Renouvier et Anatole de Montaiglon, 1863). Il est à l'origine de plusieurs estampes caricaturant des incroyables, la plupart signées « Tresca sculp. » : Les Croyables au Perron, Les Croyables au tripot, Point de convention, et La Folie du jour. Les trois premières estampes représentent de vrais et faux incroyables : des agioteurs, des joueurs de carte, une merveilleuse qui refuse une avance malhonnête d'un incroyable. Dans la quatrième qui est celle présentée ici : « un jeune homme, en culotte collante, et une jeune femme, en robe diaphane, dansent un pas de boléro devant un ménétrier. On ne saurait imaginer une mise en scène plus piquante des travers et des grimaces des habitués des bals de l'hôtel Mercy et de l'hôtel Thélesson. » (ibid.). La signature laisse à penser que Salvatore Tresca s'inspire de l'oeuvre d'un artiste. On a ainsi attribué certains des dessins à l'origine de ces gravures à Louis-Léopold Boilly (1761-1845). Les deux protagonistes de l'image dansent donc soit le boléro soit une valse. La merveilleuse porte une des toilettes du Directoire que la baronne de Vandey appelle  dans son ouvrage intitulé Souvenirs du Directoire et de l'Empire (1848) « simples et élégantes », très transparente comme celle qu'elle décrit : « Sa robe en tulle n'avait en dessous qu'une mousseline tellement claire, qu'on pouvait distinguer la couleur de ses jarretières. » Ici on aperçoit sous la longue robe une véritable mini-jupe. Cela accentue le caractère lascif de cette chorégraphie suggéré aussi par le mouvement où les corps et les regards se croisent aux rythmes du violon. La caricature du musicien en alcoolique, assis au milieu de bouteilles de vin, avec la pièce de monnaie dans sa bouche donnée pour sa prestation, insiste sur l'aspect assez 'licencieux' de cette danse ; que le titre de l'estampe rend encore plus flagrant : 'La Folie du jour'.
Photographie de gauche : costumepaerisien1802clair300Gravure datée de 1802, ayant pour légende : « Costume de Bal », et représentant une merveilleuse et un incroyable dansant.

Le boléro comme la valse sont des danses importées à Paris à la fin du XVIIIe siècle. Dans son livre déjà cité, la baronne de Vandey relate un épisode où, après un dîner chez M. de Talleyrand, on demande à un des frères Garat (soit le tribun, soit le chanteur à la mode) tout juste revenu d'Espagne de danser un boléro avec Mme Talien. C'est une nouvelle manière à la mode au temps du Directoire et par la suite ; mais peut-être moins que la valse qui supplante après la Révolution les danses de cour comme le menuet. Elle est d'abord pratiquée par les jeunes merveilleuses et incroyables. Elle se s'adonne en couple fermé, et s'associe parfaitement avec les nouveaux vêtements légers et donnant beaucoup de liberté aux mouvements ainsi que les chaussures sans talon permettant de passer facilement de pas sautés à des pas glissés.
Photographies : Danses d'avant la Révolution. Gravures provenant d'un almanach allemand de 1779 : Zachenbuch zum Nuken und Bergnugen, Goetingen, J. C. Dieterich, avec de nombreuses gravures liées à la mode et pratiques civiles de cette époque et ayant des légendes en allemand et français. La première est intitulée 'Habillements de Danse' et la seconde 'La Danse'.almanachallemand1779danses531

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Promenades parisiennes

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LES PROMENADES DE PARIS. C'est le titre d'une « Comédie en Trois Actes, Mise au Théâtre par Monsieur Mongin & représentée pour la première fois par les Comédiens Italiens du Roy dans leur Hôtel de Bourgogne, le sixième jour de Juin 1695. » La pièce se déroule dans deux importantes promenades parisiennes que sont le bois de Boulogne et les Tuileries. Elle met en scène une « fille de qualité », Elise, ayant trois amants : un « capitaine de dragons », un « jeune homme de famille » et un « homme de robe ». Ce dernier vieux mais riche, pour la séduire s'habille en petit-maître et lui offre un somptueux repas au bois de Boulogne, des spectacles et concerts aux Tuileries. Colombine, la suivante d'Elise, a comme amants les trois valets des prétendants de sa maitresse. Cette oeuvre donne quelques informations sur cette gigantesque promenade qui part des Tuileries, puis à partir du tout début du XVIIIe siècle aussi des Boulevards, et se prolonge par le Cours (parallèle aux Champs-Elysées) et se poursuit jusqu'au bois de Boulogne.  
LE BOIS DE BOULOGNE. La pièce commence au bois de Boulogne qui est décrit comme un lieu de promenade, d'enivrement, de gastronomie et de plaisirs : « C'est dans ce lieu délectable, / C'est dans ce charmant séjour, / Que les plaisirs de la table / Font venir ceux de l'amour. » Endroit   « … Où l'on sait la contraindre à flirter la linotte ! / Dans ces lieux la Coquette à la bisque se rend ; / Et pour la bisque aussi la Prude / Permet dans cette Solitude / Ce que partout elle défend. » Je ne sais ce que signifie exactement 'flirter la linotte', mais la linotte est un oiseau particulièrement joli (voir Wikipedia). 'Se rendre à la bisque' peut sans doute se traduire par : 'en profiter', 'profiter de la circonstance heureuse'.
lespromenadesdeparisfrontispicedetaila300LES TUILERIES. Ces promenades sont véritablement un lieu de réjouissance et de spectacle où les acteurs sont aussi les spectateurs, c'est à dire les promeneurs. On y va au persil. Je parle longuement de ce phénomène, typiquement parisien et au fondement de la mode actuelle, dans l'article sur le Cours. Voici une manière d'aller au persil : « ELISE. Mais comment donc faut-il se promener ici, Colombine ? - COLOMBINE. Comme tout votre sexe, Mademoiselle. Il faut comme toutes les belles, ne pas hasarder ici une démarche naturelle. Êtes-vous avec moi dans la grande Allée, par exemple ; il faut me parler toujours sans rien dire, pour sembler spirituelle ; rire sans sujet, pour paraître enjouée ; se redresser à tous moments, pour étaler sa gorge ; ouvrir les yeux, pour les agrandir, se mordre les lèvres pour les rougir, parler de la tête à l'un, de l'éventail à l'autre, donner une louange à celle-ci, un lardon à celle-là. Enfin, radoucissez-vous, badinez, gesticulez, minaudez, & soutenez tout cela d'un air penché ; vous voilà à peindre aux Tuileries. Entrez en lice. » C'est une des manières de faucher le persil. Il y en a d'autres. On retrouve un petit peu de cela aujourd'hui chez les mannequins, lorsqu'ils sont sur le podium ou en séance.
Un autre passage décrit la promenade des Tuileries et celle du Cours. La première est présentée avec de petits châteaux, des terrasses et des jets d'eau et surtout quatre principales allées. Il y a la grande allée où le beau monde s'étale, et trois allées plus discrètes avec une comprenant des bancs pour parler à loisir, une autre « sombre » et « touffue » où se donnent les rendez-vous galants, et une quatrième pour les solitaires. On apprend aussi que certains s'y laissent enfermer la nuit pour s'y adonner aux plaisir de l'amour. A côté des Tuileries, le Cours est décrit comme la grande allée des équipages où on parade avec chevaux et carrosses. Voici ce passage : « Comment s'appelle ce château, / Ces terrasses & ces jets d'eau ? / Ces allées surtout ? / Qu'est-ce que ces allées ? / ARLEQUIN. / Voici comme vulgairement / La chose est appelée. / Tiens, devant nous premièrement / Voila la grande allée. / PIERROT. /  La grande allée ? / ARLEQUIN. / C'est la carrière du beau monde. / C'est là qu'avec grand appareil, / Au petit couché du soleil, / Viennent se mettre en montre & la brune & la blonde. / C'est là qu'on met à l'étalage / Dentelles, étoffes, & rubans ; / C'est-là que tous les ambulants / Viennent mettre à l'encan leur taille & leur visage. / C'est là que l'on se donne un public rendez-vous ; / Que tous les beaux objets se trouvent, / Et que tous ils se désapprouvent, / Parce qu'ils se ressemblent tous. / Voilà en peu de mots ce que c'est que la grande allée. Pour ces petites d'à-côté, l'une est l'allée de la fronde ou du contrôle. / lespromenadesdeparispartitions1300clairPIERROT. / Ces allées où sont ces bancs ? / ARLEQUIN. / Oui, c'est là qu'on s'assit pour médire à son-aise. / Que l'on parle du beau, du mauvais, & du bon ; / Enfin c'est là que tout se pèse, / Et qu'à chaque passant on taille le lardon. / PIERROT. / Et cette allée-ci si sombre & si touffue ? / ARLEQUIN. C'est l'allée des rendez-vous. / Ce qu'on dit, ce qu'on fait en semblable retraite, / Se devine assez entre nous. / Mais cette allée est fort discrète ; / Et dont bien en prend aux jaloux. / PIERROT. / Et cette autre allée où l'on ne se promène que seul à seul ? / C'est le séjour de la Misanthropie, / C'est là qu'un noir chagrin, que la mélancolie, / Se promènent matin & soir ; / Et là bien des humains se plaisant seuls, font voir / Qu'on peut se plaire, quoi qu'on dise, / En fort mauvaise compagnie. / PIERROT. Mais qu'est-ce que je vois là-bas ? Tatidié ! Quel bagage ! Qu'est-ce donc que cette allée-là ? / ARLEQUIN. / Où donc ? / PIERROT. Hé, là où se promènent tous ces chevaux & ces carrosses. / MEZZETIN. / Hé , c'est le Cours. / PIERROT. / Allons, faisons une descente dans ce Cours. / Je n'ai jamais vu tant de beau monde. Allons donc.  / ARLEQUIN. / Tout doux ; fantassin ni piéton / Ne vont jamais en ce canton. / L'on n'étale aux Tuileries / Qu'habits, rubans, modes, & broderies ; / Ici pour briller, tout mortel / Prend un mérite personnel ;  / Mais au Cours près duquel nous sommes, / Là ce sont les chevaux qui font valoir les hommes ; / Et parmi ces humains, & parmi ces chevaux, / Qui vont de mon côté, qui reviennent du vôtre, / On pourrait prendre l'un pour l'autre, / Sans faire de grands quiproquos. / Ces ballots, par exemple, & ces larges visages / Qui remplissent eux seuls de si grands équipages, / Ces gens, d'esprit comme de corps épais, / De leurs coureurs sont- ils pas les images ? / Mais, Cours, à tant de sots favorable carrière, / Parmi tous ces beaux chars, tous ces beaux étalons, / Que penses-tu de voir en carrosse à deux fonds, / Ceux que jadis tu vis derrière ? / C'est ici qu'un vrai spectre, un remède d'amour, / Est un Soleil en Carrosse à trois glaces ; / Six Chevaux bien croupés au Cours, / Entraînent après eux les cœurs, les ris, les grâces. / Un mérite roulant est une flèche, un dard, / Auquel il n'est point de rempart, / Et l'on ne trouve point de belle, / A qui les roues d'un beau Char, / Ne fassent tourner la cervelle. / Mais arrête, vois-tu ce petit animal, / Ce jeune Phaeton, qui pour frapper la vue, / Par une route trop battue, / Court en Carrosse à l'Hôpital ? / D'autres ambitieux, qui pour fuir cet outrage, / Aux dépens de leur ventre étalent un beau train ? / Vous autres bourgeois de village, / De cette ville aimeriez-vous l'usage, / Et vous réduiriez-vous à n'avoir pas du pain, / Pour avoir un bel équipage ? / Des chevaux bien nourris courent sous ce feuillage, / Dont les Maîtres meurent de faim. / Et ces chevaux de bonne mine, / Qui font si bien aller un Carrosse en ces lieux, / Font bien mal aller la cuisine. / Enfin dans ce grand Cours chacun à qui mieux mieux / Vient jeter de la poudre aux yeux. / Mais voici l'heure de mon concert, la nuit approche ; serviteur, Monsieur le Manan. / A nous revoir ici ce soir au clair de lune. / PIERROT. / Comment ? est-ce qu'on vient ici la nuit ? / lespromenadesdepariscarrosse300ARLEQU1N. Sans doute ; & minuit c'est la plus belle heure des Tuileries. (Arlequin chante :) / Ce beau jardin que l'on admire / Est ordinairement, le jour, / Le théâtre de la Satyre, / Et la nuit celui de l'amour. / Dans le jour, la Blonde & la Brune / Y font étaler leurs attraits ; / Mais au demi clair de la Lune, / On y voit leurs charmes secrets. / PIERROT. Ah ! je souhaite donc que la nuit vienne au grand galop. Voilà qui est admirable, qu'on voit de si belles choses aux Tuileries, quand on n'y voit goutte ! (Pierrot s'en va.) »
Photographies : Les Promenades de Paris. Cette pièce, entière avec son frontispice et ses partitions des chansons, provient sans doute de la première édition ou d'une autre du tout début du XVIIIe siècle de : Le Théâtre Italien de Gherardi ou Le Recueil Général de toutes les comédies & scènes Françaises jouées par les comédiens Italiens du Roi pendant tout le temps qu'ils ont été au service. Enrichi d'estampes en taille douce à la tête de chaque comédie, à la fin de laquelle, tous les airs qu'on y a chantés se trouvent gravés-notés avec leur basse-continue chiffrée. Tome VI, de la page 87 à 160 avec 4 pages de musique in fine. Format : In-12 (15.5  x 9 cm). Le frontispice représente Arlequin en « fiacre » (cocher)  avec son carrosse en arrière plan, dans le bois de Boulogne, se versant à boire, entouré d'Elise (ici prénommée Isabella personnage de la commedia dell'arte et d'après Wikipédia nom de « la première femme à monter sur scène dans la capitale française ») et de Colombine. Même si la gravure est assez grossière d'exécution, elle n'en reste pas moins touchante et un véritable document sur les promenades parisiennes de la fin du XVIIe siècle.

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Armoires

armoirebressane300Photographies 1 à 4 : « Exceptionnelle armoire bressane à chapeau de gendarme », datée de 1849, proposée sur le site de la galerie Antiquités Rigot spécialisée dans le mobilier de qualité et les objets d'art du XVIIIème siècle et du début XIXème.
armoirebressanedetail300Les armoires ont une place toute particulière dans le mobilier ancien. Chaque maison française, même la plus modeste, possède une ou plusieurs armoires. On y range et protège de la poussière des vêtements et du linge. Elles apparaissent au XVIe siècle, et remplacent souvent dans cet usage les coffres, comme le feront aussi à partir de la fin du XVIIe les commodes. Chaque région donne son style à ce meuble courant et apporte un charme particulier accentué par la dextérité  et l'intelligence du menuisier qui le réalise. Le mobilier provenant de la Bresse, ancienne province française, principalement rurale, située dans les régions Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté, affiche ainsi son propre style. Celui-ci est très recherché pour ses caractéristiques, et en particulier l'armoire qui en est la pièce la plus emblématique. Les antiquaires de la famille Rigot, installés à Lyon, sont bien placés pour proposer des exemples de qualité. Celui exposé ici a toutes les caractéristiques de l'armoire bressane avec la beauté de son bois (cette région possède de nombreuses variétés d'arbres notamment fruitiers) et la juxtaposition armoirebressane2detail300de deux essences offrant du relief et une harmonie supplémentaire accentuée par les différences de couleurs, sa corbeille fleurie striée comme une coquille Saint-Jacques, ses cordons moulurés s'enroulant en spirales, ses glands de passementerie accompagnés de draperie, son mélange de style Louis XV avec ses courbes rocailles et ses formes arrondies, et des styles Louis XVI et du début du XIXe siècle avec ses décors de palmettes ... Ce qui ajoute au charme de cette pièce c'est, outre la qualité du travail, l'harmonie des formes inspirées de la nature (pampres, fleurs stylisées, palmettes, rocaille …) faisant penser au style Art nouveau de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Pourtant elle est caractéristique de la production bressane. Selon la tradition, dès la naissance d'une fille dans une ferme, un arbre est planté. Lorsque celle-ci devient nubile, son père le coupe pour faire fabriquer une telle armoire afin de l'offrir en dot à la futur mariée. Les initiales de la jeune fille peuvent y être gravées ainsi qu'une date, généralement celle de la création du nouveau foyer : ici 1849.

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Photographies 5 à 13 : Armoire provençale en noyer mouluré et sculpté de 2,73 mètres de hauteur, 1,53 m. de large et 63 cm de profondeur.
armoireprovence3300.gifarmoireprovencelyre.gifarmoireprovencesaisonsLa armoireprovencedetails galerie Rigot Antiquaires m'a transmis les photographies et une description d'une autre armoire sans doute aujourd'hui vendue. Ce meuble, dans sa patine d'origine, est de la fin du XVIIIe siècle et provient de Provence (Nîmes). La corniche contient une sculpture en ronde-bosse figurant une allégorie familiale de l'Amour avec un nid garni d'oeufs et deux colombes se becquetant. En dessous le carquois et les flèches d'Eros croisent une torche enflammée. Ils sont réunis par une couronne de laurier enrubannée emblème de l'hyménée et de la victoire (le laurier). La symbolique est donc empruntée au mariage et à un amour durable et fort induit par les branches de chêne dans lesquelles la scène baigne. Les thèmes du bonheur, du plaisir, de la longévité et de l'abondance se lisent aussi dans les représentations d'instruments de musique, de corbeilles garnies et des quatre saisons. Plus qu'un simple meuble, il s'agit d'un véritable autel dédié à l'harmonie dans la famille à qui il appartient. C'est aussi le miroir de cette vie qui se transmet à travers les générations et que l'on vient puiser dans le linge quotidien, notamment le blanc que l'on porte tout près de soi et qui rassure de sa douceur et de son odeur ... sans doute de lavande. Cette jolie symphonie qui se joue tout au long des années et au rythme du temps et des saisons, danse sur les courbes de ce meuble dans une musique du bonheur. Comme le dit une description de Rigot Antiquités : « Malgré la force du décor et ses dimensions imposantes, le rythme des surfaces et l'articulation du rocaille et du répertoire Louis XVI complété par les ajouts de la traverse, donnent à notre armoire l'apparence d'une étonnante légèreté. »

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Avoir la tête dans les étoiles et les pieds sur terre.

thales300Photographie : Vignette provenant d'un livre des fables de La Fontaine du tout début du XIXe siècle (indication 1802 à la main) gravée par Girardet (1764-1823) d'après Percier. Fable de l'astrologue qui tombe dans un puits. Dimensions : 6,8 x 15,5 cm. Il est à noter le mélange des styles Renaissance et Antique.

Je trouve rassurant de savoir qu'il existe l'immensité … et parmi elle des choses merveilleuses … A présent on peut voyager hors de la terre, contempler des univers à l'infini … Un aller-retour vers la lune ne dure que quelques jours. Les nouveaux télescopes nous dévoilent des petits points du ciel remplis d'étoiles (voir vidéo ci-après). Tout cela est véritablement magique ! Mais pourquoi, alors qu'aujourd'hui nous avons la possibilité d'envoyer des hommes sur Mars, nous n'arrivons pas à vivre sur la terre en bonne intelligence ? Cela rappelle cet épisode de la vie de Thalès de Milet (625-547 av. J.-C.), l'un des sept sages de la Grèce antique qui, comme le racontent Diogène Laërce et Platon, alors qu'il contemple les étoiles, tombe dans un puits. Une femme qui assiste à la scène lui fait remarquer que c'est une belle chose d'admirer le ciel, mais qu'il est aussi nécessaire de regarder près de soi. Jean de La Fontaine (1621-1695) reprend une anecdote semblable dans une de ses fables.


 

Photographies : Les Fables de La Fontaine : Avec des dessins de Gustave Doré, Paris, Hachette, 1868. Format : 37,7 x 28 cm. Reliure, frontispice avec page de titre, double page « Fable XIII. L'astrologue qui se laisse tomber dans un puits. »

fablesdelafontainedore537AstronomiePhotographie prise dans le métro avant le vélib. Seuls dans l'univers ?seulsdansluniversflous300aaa

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Le mouchoir

mouchoirXVIIIe300Photographie 1 : Mouchoir d'époque XVIIIe siècle en dentelle d'à peu près 34 x 42,5 cm.

Dans le vocabulaire de l'élégance d'autrefois, il y a des détails qui ont leur importance. Le mouchoir en est un. Il est une marque du raffinement de celle ou celui qui l'utilise. La finesse de ce linge, la beauté de sa dentelle, le parfum qu'il exhale, la subtilité de ses motifs et l'originalité de leur arrangement, sont autant de signes de la qualité d'un individu. La personne qui n'a pas de quoi s'offrir un bel habit, peut révéler sa distinction avec ce tissu, la délicatesse de son âme. Un homme peut apprendre de la sensibilité d'une femme qu'il ne connaît pas, par la simple vue de son mouchoir et la manière dont cette délicatesse lui est révélée : par quels gestes, quels jeux. Il s'instruit de jusqu'où l'aventure peut aller. Une dame qui fait choir son mouchoir dans le but qu'il soit ramassé donne le gage capotedemousselinebrodéedetaila300d'un premier abandon et la promesse d'un effeuillage plus poussé si l'amant potentiel en est digne. Si elle laisse toucher et sentir son mouchoir, c'est qu'elle se donne. L'expression 'jeter le mouchoir' sert du reste à exprimer un choix galant. D'après le Dictionnaire de L'Académie française de 1798, cela « Se dit figurément et proverbialement, pour, Choisir à son gré entre plusieurs belles femmes celle dont on préférera de jouir, comme on prétend qu'en use chez les Turcs le maître d'un Sérail, qui déclare la favorite en lui jetant le mouchoir. On eût dit en le voyant parmi ces femmes, qu'il n'avoit qu'à jeter le mouchoir, qu'il étoit dans son sérail. Il est familier. » Les dames françaises du XVIIIe siècle sont les premières à utiliser ce stratagème galant, mais avec beaucoup plus de subtilité et de discrétion …

Dans la première moitié du XIXe siècle, il est de bon ton pour les hommes de laisser leur mouchoir sortir d'une poche : voir article intitulé Les originales élégances de 1803. De toutes les façons, il n'y a rien dans la panoplie de l'élégance qui ne soit pas au profit du rythme du jeu et du plaisir de celui-ci.

Photographie 2 : Femme de 1807 avec un mouchoir. Détail de la planche 809 du Journal des dames et des modes,  « Capote de Mousseline Brodée. ». Dimensions : 19,8 x 11,5 cm.

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Boucles, macarons et papillotes

bouclesXVIIIe500aPhotographies du dessus : Détails de gravures du dernier tiers du XVIIIe siècle.
Photographies du dessous : - La première planche date de 1830 et provient du Journal des Dames et des Modes : « Coiffure ornée de rubans de gaze par Mr. Hulot, Rue de la Michaudière, N°29 ... » - La seconde est issue de la même revue et date de 1831 : « Coiffure exécutée par Mr. Victor Plaisir ... » Dans le premier exemple les cheveux forment un chignon au sommet du crâne avec sur le haut des tresses, le tout agrémenté de rubans, et de deux macarons sur les tempes. Dans le second les cheveux sont tous ramenés en chignon au dessus de la tête et sur le derrière, avec une partie lisse et une autre tressée, le tout agrémenté de perles et de fleurs.Coiffures18301831500
bouclesXIXe200Photographies de gauche : Exemples de coiffures de 1817 à 1845.
Les cheveux bouclés sont très à la mode en France, en particulier aux XVIIe et XVIIIe siècles. De nombreux exemples sont exposés sur mon site www.lebonton.com en particulier à la page consacrée aux périodiques de mode et à celle traitant de la coiffure. Une chevelure dense et bouclée exprime la virilité d'un homme dans toutes les couches de la société et la beauté d'une femme. D'où l'usage de perruques parfois immenses et presque toujours frisées, de fers à friser et de papillotes.
Dans les années 1815-1845 à peu près, en pleine époque romantique où les Nouvelle-France se laissent pousser les cheveux longs, il est de bon ton d'avoir une coiffure dépassant en boucles des chapeaux au niveau des tempes. Cela donne, chez les dames comme chez les hommes, d'étonnants exemples, avec des cheveux frisés sur les côtés, gonflés parfois comme des chignons. Chez les femmes il s'agit de ce qu'on appelle 'les macarons', ce qui consiste à séparer les cheveux au milieu du haut du crâne en deux parties égales pour les réunir en une forme arrondie sur chaque oreille. Ces macarons sont sans doute parfois factices car lorsque les dames n'ont pas de chapeau, l'équilibre est obtenu par un haut chignon (lui aussi certainement parfois faux) souvent de plusieurs dizaines de centimètres. Les hommes eux se contentent de boucler leurs cheveux au niveau des oreilles. Au XIXe siècle, les hommes qui ne portent plus beaucoup de perruques utilisent, comme les femmes, les papillotes et un fer à friser. Il y a tout un art des papillotes. La mythologie du héros gaulois chevelu, créée au siècle de Victor Hugo, trouve sans doute son origine dans le soin que le sexe masculin apporte, comme le féminin, à sa chevelure. Cependant les exemples de l'histoire de la coiffure masculine française nous dévoilent une plus grande finesse que celle des représentations des Gaulois exécutées au XIXe siècle. Il suffit de se rappeler les perruques poudrées du temps de Louis XIV !
Photographies ci-après : 1 - Lithographie du XIXe siècle (années 1830) de Daumier tirée de la revue Le Charivari, de la série 'Types parisiens' (planche 35), avec pour légende « Un coup de feu ! ». Format : 22 x 26 cm. « Imp. D'Aubert & Cie. ». L'image représente l'intérieur d'un salon de coiffeur parisien qui fait un thermobrossage à un client justement pour que la coiffure de celui-ci ait du volume au niveau des oreilles. 2 - Estampe en pleine page provenant d'un journal avec un texte au dos. Elle fait partie de la collection « Petites misères » et a pour légende : « Bon ! V'là mon fer qu'est trop chaud à s t'heure (dit le Merlan) ah ! Bé Dam ! Tant pire ! » Il est marqué au crayon 1840. On lit dans le Dictionaire critique de la langue française (Marseille, Mossy 1787-1788) que l' « On appelle populairement Merlans, les garçons perruquiers. » 3 - Estampe en pleine page, sans doute tirée d'un livre ou d'un journal avec un texte au dos que l'image illustre. Elle fait partie de la collection « Musée Pour Rire » et a pour légende : « J'ai ta lettre chérie, O mon Ernest, je la presse sur mon coeur et la couvre de mes baisers … Qu'il m'est doux de penser que tu en fais autant de la mienne ! Comme l'amour sait poétiser les choses les plus vulgaires ! Ton Elise. Ernest s'en fait des Papillotes. » papillottesXIXea500Photographie : Détail d'une illustration pleine page de la revue La Mode, datant de 1837. triodetail300

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Tara blanche

taraLe mercredi 1er déc. 2010, à 14h00, à Paris (Drouot - Richelieu) la maison Libert Damien  présente à la vente un ensemble de dessins et tableaux anciens et modernes, ainsi que des objets d’art et du bel ameublement. J'ai choisi de vous présenter cette « Statuette de SITATARA assise en padmasana sur le lotus en bronze doré, tenant les tiges des lotus. Tibet XIXe siècle. HAUT. : 15,5 cm. » Les photographies ont été faites à partir de celle du catalogue. Sitatara est aussi appelée Tara blanche. Ce nom provient du sanscrit. 'Sita' veut dire 'belle' : 'belle Tara'. Elle symbolise dans la mythologie tantrique tibétaine l'activité de pacification, et accorde plus particulièrement la longévité et la santé tout en étant une manifestation de la compassion. Voici d'autres exemples de ses représentations : XIVe siècle, détail, XVIIe siècle.
L'iconographie tibétaine est très codifiée. Chaque mesure, chaque attribut ont une signification. Parmi les oeuvres d'art tibétaines recherchées sont celles qui au-delà de cette codification ajoutent une finesse, un savoir (non palpable) exprimant une réelle connaissance méditative, une liberté pouvant se dévoiler de différentes manières, par exemple par l'étonnement que son traitement suscite, par l'utilisation de l'or ou des couleurs, dans l'expression d'un mouvement, parfois presque imperceptible, un drapé, une finesse d'exécution, le visage et surtout les yeux généralement 'ouverts' (c'est à dire dessinés) par une personne 'accomplie'. Tous ces objets, ayant un but méditatif, ont une fonction de transcendance. Ils sont aussi 'chargés', non seulement par des personnalités qui placent dans les statues des prières ou autres 'grigris' et bénissent les peintures, mais aussi par les méditants qui les ont sur leur autel, par la lignée de transmission à l'origine de cette représentation, et d'autres éléments qui font que certains de ces objets sont ou ont été de véritables révélateurs. taradetailaa300Des personnages tibétains sont connus pour avoir cachés de ces objets ou textes afin qu'ils révèlent plus tard à celui qui les découvre ou les voit une sagesse en adéquation avec l'époque, ou afin que des lignées ou des enseignements qu'ils savent perdus puissent revivre dans des moments plus propices par l'intermédiaire du découvreur attitré de ce ou ces trésors. On appelle ceux-ci des tertöns (voir Wikipedia). La seule vue d'une statue cachée, d'une peinture, d'un texte … peut ramener la mémoire à celui (ou celle ou ceux) à qui cet objet est destiné. Certains de ces trésors peuvent même être cachés dans le rêve d'une personne future ou éloignée, dans son esprit etc.
Iconographies :
Yeux 'ouverts' : Anonyme - Lozang Gyatso - Lobsang Gyatso.
Apparition : Apparition de Tsong-kha-pa (1357-1409) à son disciple mKhas-grub dge-legs dpal-bzang (1385-1438).
Postures : Manjushri, boddhisattva de la Connaissance - Musée Guimet. XIIIème siècle. Cuivre doré et incrusté
Anonyme. Laiton doré.
Bodhisattva Avalokitésvara. XVIème siècle. Laiton doré. Musée Guimet.
Anonyme. XVIIème siècle Cuivre doré.  Musée Guimet.
Pour conclure cet article voici Vaiçravana (le dieu des richesses).

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Carré Rive Gauche : Nocturne de la Saint-Nicolas.

cerfceramiqueLe jeudi 2 décembre 2010 de 17h à 23h, les antiquaires et galeries d’art du Carré Rive Gauche fêtent la Saint-Nicolas en proposant aux amateurs d’art des objets sélectionnés : « Archéologie, céramiques, tableaux, dessins, textiles, sculptures, mobilier XVIIIe, XIXe ou XXe siècle : les marchands du Carré Rive Gauche ont choisi des œuvres à la fois originales et répondant aux critères d’exigence des collectionneurs. Partenaires de l’association, la maison diptyque parfumera les galeries avec ses senteurs d’hiver pomander et feu de bois et la maison Ruinart sera toujours présente comme dans toutes les grandes occasions du Carré Rive Gauche. »
Photographie : « Saint-Cloud, important cerf en porcelaine de pâte tendre blanche assis sur une terrasse rocheuse. Vers 1725-1730, XVIIIe siècle. Hauteur : 27 cm; Longueur : 24 cm. Provenance : Collection privée française. JM Béalu & Fils, 3 rue du Bac. »

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Antiquités du XVIIIe siècle de style rocaille

meublelaquePhotographie 1 : « Exceptionnelle large commode galbée en laque de Chine rouge et or sur des fonds cuir à décor en plein sur la façade de paysages montagneux traversés par des cours d'eau à ponts et pagodes. Sur l es côtés, des chiens de Fô. Montants et pieds cambrés. Très riche ornementation de bronzes ciselés et redorés à encadrements de rinceaux, poignées, culs de lampe, chutes à feuillages, astragales et sabots. Estampille de C.I DUFOUR et poinçons de jurande. Epoque Louis XV. Plateau de marbre brèche rouge à bec de corbin. 88 x 139 x 63 cm ... »

tableLa maison Aguttes propose à Lyon Brotteaux ce 25 novembre une vente entièrement consacrée au XVIIIe siècle avec des exemples de dessins, tableaux, mobilier et orfèvrerie pendule(voir le catalogue ici). J'ai choisi quelques objets de style rocaille. Les descriptions et les photographies (certaines retravaillées) proviennent du catalogue.
Photographie 2 : « Belle table cabaret à plateau cuvette, rectangulaire. Elle est en bois richement sculpté sur toutes ses faces et rechampi brun à décor d'encadrements dorés. Les traverses chantournées, présentent des agrafes, cartouches, rinceaux et feuillages. Pieds cambrés à légers enroulements. Le plateau gravé de lambrequins (usures). Début du XVIIIe siècle. H : 73 - L : 91,5 - P : 54. »
Photographie 3 : Afin de continuer dans le rocaille : « Cartel d'alcove en bronze ciselé et doré Estampille de Jean Joseph de SAINT-GERMAIN Mouvement signé de Jean Fol à Paris Epoque Louis XV. H: 46, 5 - L: 22 cm. »
Photographie 4 : « Paire d'appliques à deux lumières en bronze ciselé et doré à décor feuillagé. Les bras sont à larges rinceaux. Epoque Louis XV ... »
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Dessins anciens

DessinStJeanBaptiste300Le 26 novembre prochain, la maison Tajan présente des dessins anciens à la vente à Paris (catalogue ici).
Photographie 1 : « Ecole française du XVIIIe siècle. Saint Jean-Baptiste. Gouache sur vélin. 11 x 16 cm ».
Photographie 2 : « Charles Nicolas COCHIN (Paris 1715 – 1790). Allégorie de l'astronomie. Crayon noir. 6,5 x 12 cm. Signé et daté en bas à droite de " 1740 ". Dessin préparatoire à la vignette " La Géométrie assise à une table de travail, avec trois amours lisant ", du livre de l'Abbé Deider, « Le calcul différentiel et le calcul intégral » (voir l'Abbé Deider, " Le calcul différentiel et le calcul intégral " Paris, Jombert, 1740, in-4°, Livre I, p.I) ».CochinGeometrie400

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Académies - Avoir de l'esprit.

wuietPhotographie 1 : Gravure de la fin du XVIIIe siècle : « Mlle Caroline Wuïet Pensionnaire de la Reine, et Membre décoré de l’Académie des Arcades. » Composé par Muncian d’après le portrait de Mr. de Romany [sans doute François Antoine Romany - vers 1756 - 1839]. Gravé par Vangelisty (graveur de la fin du XVIIIe siècle et début XIXe). Dimensions : 26,2 x 21,9 cm. Caroline Wuiet baronne d'Auffdiener (I766-I835) est née en France. Romancière et compositeur elle a écrit par exemple : Esope au bal de l’opéra ou Tout Paris en miniature (1802). L'Académie des arcades ou plutôt des arcadiens, est une société littéraire fondée à Rome par Christine de Suède en 1690. Chaque membre y prend le nom d'un berger d'Arcadie, comme Mme Duplessy qui est agréée en qualité de pastourelle, sous le vocable de Bérénice, et reçoit à titre d'apanage la province d'Argolide.
'Avoir de l'esprit' est une notion primordiale de la courtoisie et de la galanterie française. Enfin surtout avant le XXe siècle. On trouve encore des traces de cela dans l'humour anglais dénué cependant de toute sensualité si ce n'est celle du plaisir qu'il procure. Avant de devenir tel qu'il est aujourd'hui, c'est à dire la plupart du temps très gras, l'humour français est tout aussi fin bien que différent. Avant le XIXe siècle, en France, avoir de l'esprit est une chose primordiale pour toute personne de qualité. Il existe un véritable 'esprit français' teinté de galanterie, de plaisir et de finesse présent particulièrement dans les cercles et autres ruelles du XVIIIe et des siècles précédents, mais aussi ailleurs. Cet 'esprit' s'exprime aussi à travers les académies. Les écrits de Platon qui est à l'origine de la première académie, sont pleins de celui-ci. Nombreux sont les subtils et plaisants traits d'humour qu'on peut y lire …
Depuis l’Académie de Platon, fondée à Athènes en 387 avant J.-C., de nombreuses autres académies se sont formées, en particulier à l’époque moderne à partir de la Renaissance.
voiture300Photographie 2 : « Vincent Voiture de l'Académie française né à Amiens et mort à Paris dans un âge fort avancé. Gravé par E. Desrochers [Etienne-Jehandier Desrochers (1668-1741)] à Paris chez Daumont rue St. Martin. En prose ainsi qu'en Poésie D'un Style délicat et fin ; Dans ses écrits Voiture allie Le tendre et le galant, le Simple et le badin. » Il est intéressant de noter que celui-ci n'a rien publié de son vivant alors que sa notoriété de poète auprès de ses contemporains est considérable. Il est un fait que l'esprit est une chose bien vivante qui peut très bien se passer de l'écrit ; même si celui-ci permet une transmission partielle à travers les âges.
Lorsque le cardinal de Richelieu fonde l'Académie française en 1635, c'est en s'inspirant des cercles des précieuses qui discutent sur les termes de la langue française. Mais  les femmes n'y sont pas admises (ce qui est injuste lorsque l'on sait leur travail pour en faire ce qu'elle est aujourd'hui) ; et ce sont de nombreux habitués de leurs lumières qui sont parmi les premiers représentants de l'Académie française, comme Vincent Voiture (1597-1648), Jean-Louis Guez de Balzac (1597-1654), Jean Desmarets de Saint-Sorlin (1595-1676), Jean Ogier de Gombauld (1576-1666), Claude Malleville(1597-1647), Antoine Godeau (1605-1672), Philippe Habert (1605-1637), François Maynard (1582-1646), François de Cauvigny sieur de Colomby (1588-1648), Marc-Antoine Girard sieur de Saint-Amant (1594-1661), Claude Favre de Vaugelas (1585-1650), et sans doute d'autres.
Gilles Ménage (1613-1692), plus jeune que Vincent Voiture, est aussi un habitué des précieuses. Molière s'est inspiré de lui pour écrire le personnage de  Vadius de sa pièce Les Précieuses ridicules. Malgré ses entrées dans ce monde galant et des écrits comme son Dictionnaire étymologique ou Origines de la langue française,  il n'est jamais élu membre de l'Académie française.
menage300Photographie 3 : « Gilles Menage Poète et grammairien français de l'académie de Crusca établie à Florence né à Angers l'an 1613 mort à Paris l'an 1692 âgé de 79 ans. E. Desrochers fecit et excudit rue du foin près de la rue St-. Jacques à Paris. Soit injustice soit envie Menage dans l'académie Ne put jamais être reçu Mais ses ouvrages font connaître Que jamais homme n'a mieux su Ce qu'il faut Savoir pour en être. »
Pour finir voici un extrait du chapitre intitulé 'De la Mode' des Caractères de Jean de La Bruyère (1645-1696) élu à l'Académie française en 1693, dans lequel il est question de l'esprit fin de Vincent Voiture et de Jean-François Sarrasin (1614-1654) ami de Gilles Ménage : « Voiture et Sarrazin étaient nés pour leur siècle, et ils ont paru dans un temps où il semble qu'ils étaient attendus. S'ils s'étaient moins pressés de venir, ils arrivaient trop tard ; et j'ose douter qu'ils fussent tels aujourd'hui qu'ils ont été alors. Les conversations légères, les cercles, la fine plaisanterie, les lettres enjouées et familières, les petites parties où l'on était admis seulement avec de l'esprit, tout a disparu. Et qu'on ne dise point qu'ils les feraient revivre : ce que je puis faire en faveur de leur esprit est de convenir que peut-être ils excelleraient dans un autre genre ; mais les femmes sont, de nos jours, ou dévotes, ou coquettes, ou joueuses ou ambitieuses, quelques-unes même tout cela à la fois : le goût de la faveur, le jeu, les galants, les directeurs, ont pris la place, et la défendent contre les gens d'esprit. »

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Temps forts à Drouot Montaigne

JBPaterDes objets marquant des prochaines ventes aux enchères de Drouot sont régulièrement exposés quelques jours avenue Montaigne. Pour novembre et décembre voir :  www.drouot.com. En voici certains.
paterdetail300Photographies 1 et 2 : Huile sur toile de Jean-Baptiste Pater (1695-1736), de 41,5 x 57 cm, intitulée 'Le galant abbé', proposée à la vente par la maison Tajan. Cette peinture représente un abbé surpris par l'entourage d'une dame prenant un bain alors qu'il est en train d'observer la scène. Jean-Baptiste Pater est un des peintres du style rocaille (voir l'article : Le baroque et le rococo : les styles et les personnes). Ce mouvement (le terme est approprié) qui naît en France marque les beaux-arts de la première moitié du XVIIIe siècle (Régence et Louis XV).
Photographie 3 : « Cabinet en bois plaqué d'ébène reposant sur un piètement à trois tiroirs postérieur. Orné en son centre d'une riche marqueterie de bois fruitier avec un léger ressaut dans la partie centrale, surmonté d'une corniche et d'une galerie à balustres et pots à feu. Le cabinet s'ouvre sur la face par une série de douze tiroirs décorés de fleurs et de feuillages entourant une porte ornée d'un vase fleuri posé sur une table. La façade est rythmée par quatre pilastres ornés de rinceaux se terminant par des sculptures en bronze représentant des cariatides émergeant d'une feuille d'acanthe. La perspective derrière la porte est faite de rinceaux sur fond d'ébène, ornée de deux miroirs sur les côtés, flanqués de piédestaux destinés à recevoir une sculpture. Une seconde perspective est quant-à elle ornée de trois miroirs sur les côtés. CabinetLouisXIV300Le panneau du fond amovible reprend la disposition de la façade avec douze petits tiroirs, il est orné d'une sculpture d'Hercule et laisse découvrir trois tiroirs secrets.  Les côtés sont marquetés d'un grand bouquet de fleurs reposant une table dont les pieds sont ornés de feuilles d'acanthe et reposant sur des serres. Époque Louis XIV, Attribué à Pierre Gole (1620-1685) H 223, L 170, P 56 cm Ce cabinet datable de la seconde moitié du XVII°siècle rappelle, par la qualité de son décor végétal, les ouvrages marquetés par les artisans privilégiés du roi Louis XIV travaillant aux Gobelins, tel Pierre Gole. Ce dernier, né en 1620 en Hollande, fait son apprentissage à Paris et devient en 1651 ébéniste du Roi, à la majorité de Louis XIV. Les meubles qu'il réalisa en marqueterie florale pour le roi et la cour figurent aujourd'hui dans les collections publiques les plus prestigieuses. Un cabinet très similaire à celui que nous proposons est d'ailleurs illustré dans l'ouvrage de Th. Lusingh Scheurleer sur Pierre Gole, p 137-141, on remarque que le travail de marqueterie est identique notamment sur les tiroirs latéraux. Un second cabinet très proche est conservé au Musée des Arts Décoratifs à Paris. » Proposé à la vente par SVV Europ Auction.
Photographie 4 : Portefeuille, d'époque XVIIIe siècle, en maroquin de couleur « citron du Levant » entièrement brodé de fils d'argent et de couleur, vendu par la maison Marc-Arthur Kohn. Il est sur un bureau plat en acajou et placage d'acajou, d'époque Louis XV, proposé à la vente par la maison Blanchet et Associés. serviette300


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Une hippie de 1903

lavieheureuse1903300Photographie : La Vie Heureuse, novembre 1903, numéro 11, Hachette & Cie, Paris au 79 boulevard Saint-Germain. Dimensions : 36,2x25,7 cm

La mode hippie est née aux États-Unis dans les années 1960. Cependant cette page de couverture de la revue La Vie Heureuse date de 1903, et semble montrer que quelques prémisses existent déjà avant … même en France. Pourtant à cette époque les corsets sont de rigueur. Ce n'est qu'en 1906 que Paul Poiret (1879-1944) remet au goût du jour les robes des merveilleuses à la taille haute et annonce l'abandon du corset. Comme quoi rien n'est figé … surtout pas dans la mode.

Une spéciale dédicace à toute la jeunesse. Pour qu'ils aient un monde de paix, d'amour et de liberté : notamment sans nucléaire et sans dictature.

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Le gentilhomme

gentilshommesduXVIesiecle300gentilshommesduXVIesiecledetail300Photographies 1 et 2 :  Vignette gravée provenant sans doute d'un livre d'époque du XVIe siècle représentant deux gentilshommes entourés de leur armée. Leurs habits sont caractéristiques de cette époque. Celui ayant une moustache porte : un chapeau volumineux avec des plumes, un collet, un pourpoint avec des manches volumineuses, des hauts-de-chausses à crevés (mode vestimentaire où sont cousues des 'déchirures' laissant voir un tissu intérieur), des chausses etc.
En France, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, la noblesse et ses gentils, sont parmi les garants de l'élégance et du bon ton. Un gentilhomme est un noble de naissance au sens antique du terme. nosgentilshommesdetail300On lit dans Le Grand vocabulaire français de 1769 que les gentils aux temps des romains sont des gens de guerre composant « des compagnies de soldats prétoriens, ou destinés à la garde du prétoire ou palais de l’Empereur ». Ils reçoivent des terres à titre de bénéfices. La monarchie française imite les romains. Les gentils ou gentilshommes défendent le royaume et le roi qui leur donne en contrepartie des terres. Cette noblesse a de nombreuses codifications, ne serait-ce que dans ses blasons. Au XIXe siècle, après la Révolution, elle revient à la mode. Les soirées dans les châteaux sont retranscrites dans certains journaux, notamment de mode, et on y parle du Grand Monde (ce sera le sujet d'un autre article).
Photographies 3 et 4 :  Estampe de Cham (1818-1879) intitulée : « Nos gentils hommes » avec pour légende : « Au diable les préjugés » : « - Tu sais mon vieux Crésus de tailleur ? J'ai épousé sa fille .. j'étais décavé, me voilà refait ! … - Je vois que tu as bien su prendre tes mesures ! » Un décavé est une personne s’étant ruinée au jeu ou s’étant faite 'plumer' par une femme de mauvaise compagnie (voir article : Les faux élégants). Cette planche fait partie d'une série de vingt lithographies de Cham (1818-1879) publiées en 1846 (Paris, Aubert) intitulée : Nos gentils hommes : goût, tournure, élégance, moeurs et plaisirs de la jeunesse dorée. Les gentilshommes qui y sont dépeints sont chevelus avec de longues moustaches et d'impressionnants favoris, des habits à carreaux et rayures, des cols hauts, des cravates ressemblant à d'immenses noeuds papillon, des pantalons serrés à pattes d'éléphant et des chaussures garnies d'un noeud sur le devant. nosgentilshommes300

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Dais du trône de Charles VII

Dais Charles VII 300Photographies : Dais du trône de Charles VII (1403-1461). Tapisserie du deuxième quart du XVe siècle, de laine et soie, de 292 x 285 cm, acquise récemment par le musée du Louvre. © Alain Speltdoorn. Il s'agit d'un travail très fin comme le montre le détail des drapés et d'une aile. Les couleurs sont particulièrement bien conservées. Du reste beaucoup de tapisseries médiévales sont d'une qualité polychrome exceptionnelle. Les tapisseries de la Dame à la licorne du XVe siècle en sont une preuve : seules les restaurations du XIXe ont des couleurs passées par le temps alors que celles originelles sont d'une fraîcheur remarquable (comme on le voit très bien ici  la partie inférieure étant une restauration du XIXe).
Dais Charles VII detail1 gauche 300Voici un extrait du communiqué de presse concernant l'acquisition du dais du trône Charles VII par le musée du Louvre :
« Ce dais, inconnu jusqu’en 2008, semble être l’unique vestige médiéval d’une tapisserie surmontant un trône royal.
Unique par son iconographie et sa destination primitive, exceptionnelle par son intérêt historique, cette tapisserie, classée trésor national, est un des chefs-d’œuvre de la tapisserie française. Elle rejoint au Louvre le portrait de Charles VII par Fouquet, dans l’ancienne résidence des rois de France, au cœur de ce Paris que Charles VII reconquit en 1437. Réalisé probablement par Jacob de Littemont, le Maître de la verrière de l’Annonciation, pour Charles VII, le dais présente, sur un fond rouge vermeil orné d’un grand soleil d’or et d’une multitude de petits soleils, deux grands anges en vol, vêtus d’une tunique bleue semée de fleurs de lys, et tenant une couronne gemmée sommée de l’emblème royal. Ainsi, lorsque le roi était assis sur son trône, apparaissaient derrière lui deux anges qui descendaient du ciel pour le couronner, affirmant l’essence divine de sa royauté. La tapisserie illustre ainsi la légitimité royale de Charles VII, le « petit roi de Bourges », sacré à  Reims sur les injonctions de Jeanne d’Arc en 1429.
L'acquisition de ce « trésor national » a été rendue possible grâce à la Société des Amis du Louvre ... »
Le Louvre possède d'autres exemples de tapisseries du XVe siècle comme L'Offrande du coeur. L'offrande du coeur est une symbolique courtoise de la fin amor médiévale.
Le musée des Arts décoratifs de Paris a aussi de très belles oeuvres telle la tapisserie représentant Charles d'Orléans et Marie de Clèves. Charles d'Orléans (1394-1465), père de Louis XII de France (1462-1515), est un poète très intéressant car sa poésie fait le lien entre l'ancien français et le français actuel. Elle est plus lisible, bien qu'encore difficile, pour ceux qui n'ont pas de notions d'ancien français, que celle des poètes de la fin'amor des XIIe au XIVe siècles. On peut la lire sur www.gutenberg.org ; mais il existe des éditions contemporaines proposant des traductions des mots ardus permettant une parfaite lecture.
Le musée national du Moyen-âge de Paris (Hôtel de Cluny), possède aussi de très nombreuses tapisseries avec par exemple ces thèmes qui restent chers aux beaux-arts français par la suite comme : Scènes galantes ;   La Promenade ;   Le Bain.
Enfin des musées du monde entier conservent des teintures médiévales du XVe siècle.

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Les bas bleus

lesbasbleusAhmachere300Wikipédia offre une claire définition du « bas bleu » et du Bas-bleuisme  : « L'expression bas-bleu apparaît au XIXe siècle pour désigner une femme de lettres. Le terme a rapidement pris une connotation péjorative, comme celui de femmes savantes chez Molière. - Histoire - Le mot est traduit de l'anglais blue stocking et désignait au départ les habitués d'un salon littéraire présidé par une femme, Elizabeth Montagu (1720-1800), qui réunissait chez elle, une fois par semaine, des amies qui partageaient ses goûts littéraires. Les hommes étaient admis à leurs réunions, et parmi eux, paraît-il, un certain Benjamin Stillingfleet, qui se présenta un jour en bas bleus après que son hôtesse lui eut assuré que son salon était ouvert aux gens d'esprit, et non aux élégants. Le petit club s'appela par plaisanterie « le cercle des bas bleus », sans connotation vraiment péjorative puisque le poème d'Hannah More, Bas-bleu, est un hommage à ces hôtesses cultivées du XVIIIe siècle, Madame Vesey ou Elizabeth Montagu. Cependant l'habitude prise dans ces salons de s'ouvrir au mérite sans distinction d'origine sociale souleva des critiques et vers la fin du XVIIIe siècle cette mixité sociale évoqua une liberté de ton fâcheusement proche des idées nouvelles venues du continent, idées qui avaient en Angleterre des sympathisants comme les premiers romantiques, William Wordsworth, Robert Southey, ou des philosophes comme Thomas Paine. En France le terme connut le même sort que celui de précieuse au XVIIe siècle pour devenir une critique. Il fut adopté par les conservateurs et les réactionnaires pour stigmatiser des femmes comme Sophie Gay, George Sand, Delphine de Girardin, et en général toutes les femmes qui affichaient des prétentions littéraires ou intellectuelles ... »
Photographie : LES BAS BLEUS. Lithographie d'Honoré Daumier (1808-1879) du journal Le Charivari (publié 1832 à 1837) de 36 cm x 24 cm : « Les bas bleus - 1255 - Ah! ma chère, quelle singulière éducation vous donnez à votre fille?. mais à douze ans, moi, j'avais déjà écrit un roman en deux volumes... et même une fois terminé, ma mère m'avait défendu de le lire, tellement elle le trouvait avancé pour mon âge.  »

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La cocodette

lacocodetteleclipse300« Moi, je devins une mondaine, une femme futile, coquette, aimant le plaisir, la vie extérieure, ce qu'alors on appelait une "cocodette" » écrit Irène de Chauffailles de Gengoux marquise de Taisey-Chatenoy dans A la Cour de Napoléon III (Paris, 1891). Elle emploie même l'expression de femme « dans le mouvement ».
La cocodette est la compagne du cocodès. Leur période de prédilection est vers 1860, sous le second Empire (règne de Napoléon III de 1852 à 1870). Tous deux sont jeunes, élégants et mondains, avec les 'tics' des petits maîtres d'alors. Si leur quête de raffinement et de liberté n'atteint pas ceux des grandes dames et des grands hommes d'alors et suscitent souvent les moqueries, notamment dans la littérature, ils n'en restent pas moins de véritables élégants dont les « allures grêles et mourantes » (voir article sur les Gommeux) cocodesen disent long sur parfois 'la lourdeur des choses' … peu supportable pour des esprits tournés vers la légèreté et la joie. Dans Ohé ! La Grande Vie !!!, Gyp met en scène une cocodette et un cocodès d'une manière croustillante (voir article Longchamp(s)). Ce sont les derniers courtisans de la dernière Cour Française : celle de Napoléon III ; les derniers représentants d'un temps : « LE COCODES. – Pratique ! voilà bien les femmes d’aujourd’hui !... mais il ne faut pas qu’une femme soit "pratique" ! c’est sa perte !... c’est sa fin !... c’est affreux, une femme pratique !... affreux !... » (Gyp, Ohé ! La Grande Vie !!!). Évidemment il y a une certaine suffisance chez ces personnages, comme c'est le cas généralement chez les élégants à qui on donne des noms dérivés du 'coq' que l'on aime cependant beaucoup en France ; ce dont il est question dans l'article intitulé Coquetterie. Déjà au Moyen-âge « faire le coc en pelu » signifie « faire le suffisant, l'avantageux, le plaisant ». Voir aussi l'article La cocotte.
Photographie 1 : « La cocodette, par Pépin, Étude phrénologique d'après le système de Gall. » Illustration de la première page du journal satyrique L'Éclipse du 22 novembre 1868 représentant la tête d'une cocodette de profil. La phrénologie est le nom donné à une théorie du neurologue allemand Franz Joseph Gall (1757-1828) sur la localisation des fonctions cérébrales dans le cerveau. Des humoristes l'ont détournée pour montrer ce que peuvent avoir dans la tête certaines personnes à la mode. Ici le cerveau de la cocodette contient diverses parties dédiées à : la poésie, l'ingratitude, la folie, les plaisirs, la paresse, la moralité, la malice, l'envie, la pudeur, la friandise, la méchanceté, la colère, la finesse, la jalousie, la douceur, l'astuce, le jeu, l'amour, la friponnerie, l'amour de la forme, l'impuissance, l'orgueil, la danse, la luxure, la religion, l'attachement. On distingue dans ses cheveux deux pièces dont un rouble (de riches étrangers aiment alors venir se divertir à Paris) et une autre de 20 francs de 1868 en guise de boucle d'oreille. Des feuilles de vigne, symbole dionysiaque et de la jouissance l'ornent.
Photographie 2 : Détail de la double page centrale du journal La Caricature du « 10 Décembre 1881 » (n° 102) intitulée « La Genèse du gommeux » avec une représentation d'un cocodès.

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Collection autour de la coiffure

raffelpagesdedicace300RAffelPagesbarbiere300Je suis content de pouvoir faire un article sur la mode contemporaine, sur la coiffure et un de ses fiers représentants :  Raffel Pages (www.raffelpages.com). Son travail est intéressant car il lie la tradition (ou plutôt l'histoire de la coiffure) à la modernité, et fait vivre ce plaisir de la mode avec finesse. RaffelPagesCoiffures300aD'une famille dans le métier depuis trois générations, il a fondé, à partir de la création d'un premier salon à Barcelone, un groupe constitué aujourd'hui de 115 salons en Espagne, en France (Paris) et en Italie (Ferrara) et de quatre académies de formation. Il a récemment conçu un Musée de la coiffure (www.museehistoiredelacoiffureraffelpages.fr) à partir de sa seule collection d'objets d'art anciens sur ce sujet. Créateur, entrepreneur et collectionneur : qui peut mieux parler de ce métier que lui ?

Photographie 1 : Dédicace de Raffel Pages de son livre/catalogue du musée de la coiffure lui appartenant.

Photographie 2 : Barbière, France, 1804-1815.

Photographies 3 et 4 : Modèles de la collection Raffel Pages automne/hiver.

Photographie 5 : Détail d'une gravure de 1770-1779 : 'Le Nouveau Jeu du Costume et des Coiffures des Dames'. Dimensions : 55 x 80 cm.RaffelPageslejeudesdamesdetail300

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Merveilleuses & merveilleux