Entretien des livres anciens

guide-entretien-reliurePour les passionnés et futurs passionnés des livres anciens, la librairie Essentiam vient d’éditer son premier Guide pratique numérique sur l'entretien et les soins à donner aux reliures anciennes. « Ce guide est gratuit, dans la mesure où la conservation des livres anciens est une de nos principales préoccupations, et qu'il nous paraît utile et important de diffuser largement les bonnes pratiques d'entretien » indique la librairie. Il est en effet très utile. Ce pdf est de plus un exemple montrant comment le numérique peut aujourd’hui servir le livre ancien. Et si vous avez des amis férus d’un auteur, n’hésitez-pas à leur offrir un ouvrage de l’époque de celui-ci. De tels livres, qui ne sont pas obligatoirement des premières ou prestigieuses éditions, sont d’une grande valeur et à tous les prix.

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Le haut-de-forme

LesCannesDeMPBourgetDuChapeauDetail4300lmPhotographie : Illustration d'après des dessins d'Henri Farge gravés sur bois par Georges Aubert lelionjournaldesnouveautesdetail300lm.jpgdu chapitre 'Du chapeau' du livre d'Eugène Marsan Le Bon Choix de Philinte : Petit Manuel de l'Homme élégant édité à Paris chez Le Divan en 1923. A chaque chapeau l'artiste a donné une date : « 1810 », « 1830 », « 1818 », « 1858 », « 1910 ». Tous sont semblables.
Photographie de gauche : Exemple d'un haut-de-forme en 1855. Il suffit d'aller sur la page consacrée au XIXe siècle de mon site Le Bon Ton, pour comprendre que ce chapeau est courant dès le début de ce siècle et jusqu'à la fin. On y trouve un exemple de 1802 et un autre de 1808.
Le haut-de-forme est un chapeau emblématique de la mode masculine du XIXe siècle. Tous les hommes d'une certaine 'importance' en portent. Son origine est incertaine ; mais certains chapeaux des incroyables à la Révolution en sont une prémisse. Dans tous les cas la calotte est ronde. Les bords commencent à se rétrécir à gauche et à droite tout en se relevant quelque peu. Puis le devant et l'arrière deviennent plus étroits mais avec un mouvement inverse (vers le bas). A partir de la Révolution et jusqu'à la fin de l'ère napoléonienne, les deux principales sortes de chapeaux sont les bicornes et ce genre de chapeaux ronds plus ou moins petits et hauts. Par la suite une haute calotte devient la règle.
chapeauhautsdeformedatesa650lmPhotographies : Évolution du dernier tiers du XVIIIe siècle au premier tiers du XIXe.
sonarriveretravaille300lmPhotographie : Hauts-de-forme au début du XXe siècle. Lithographie (52x70,5 cm) de Georges Goursat dit SEM (1863-1934) provenant d'un de ses albums publiés au début du XXe siècle (jusqu'en 1927). Elle fait partie d'un diptyque avec « Son arrivée » et « Son départ ». Ici il s'agit de la première.

© Article LM

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Exposition Oberkampf Bon Ton : Les petits maîtres de la mode française.

entree2300Voici le texte de l'exposition qui a eu lieu le dimanche 27 novembre au 108 rue Oberkampf. Ceux qui suivent ce blog  retrouveront des passages d'articles anciens. De même les images ne sont pas nouvelles.

Une spéciale dédicace et de vrais remerciements à l'équipe du Bric à Brac !

Qui connaît aujourd'hui les petites-maîtresses et les petits-maîtres qui sont le sujet de cette exposition : toute la jeunesse d’avant-garde, mignarde, intelligente, belle, bien facée (qui a le visage plein et une belle représentation), séduisante, galante, de bon goût, haute, délurée, créatrice … incroyable, inconcevable, inimaginable, merveilleuse, coquette … en un mot : moderne ? Cette exposition présente ces modeux à travers des photographies de documents d'époque des XVIIIe et XIXe siècles agrandis et imprimés sur toiles, et des habits d'époque de la première moitié du XXe siècle : aux temps de la Belle Époque, des Années folles et des zazous. Ces tenues appartiennent à deux boutiques du quartier (rue Moret) : Ancienne Mode spécialiste des vêtements du XIXe siècle, et Casblanca, en particulier de l'époque zazou. Un clin d'oeil est fait à Christophe-Philippe Oberkampf (1728-1815) industriel créateur de la toile de Jouy.
COSTUME DE CARNAVAL DE DOMINO. Illustration provenant du tome second de La Vie élégante, 1883. La période du carnaval est un moment festif important dans l'année parisienne. C'est aussi une période de transgression des codes : certaines femmes se vêtissent en homme ou le contraire ; on s'habille d'une manière extravagante et en dehors des usages coutumiers ... On puise dans de multiples inspirations : le passé, les civilisations, le grotesque, les animaux, la féérie … Parmi ce mélange, certains types sont récurrents comme : le débardeur, l'arlequin, le domino, le pierrot, le chicard etc.
COSTUME DE CARNAVAL D'ARLEQUINE. Autre illustration provenant du tome second de La Vie élégante, 1883. Le carnaval de Paris est durant cinq siècles l'un des plus importants du monde. Il succède à la fête médiévale des fous qui elle-même a sans doute des origines antiques. Il se déroule en particulier durant la période du Mardi gras, en février/mars. Cortèges, fêtes et bals masqués rythment ce moment. Celui dit de l'Opéra est le plus réputé aux XVIIIe et XIXe siècles.
3L'ÉLÉGANTE. « Toilette Florentine avec l'Élégant Chapeau des Champs Élysées. ». XVIIIe siècle. Le Dictionnaire de l'Académie française de 1798 décrit l'élégant comme étant « un homme recherché dans son ton, ses manières et sa parure ». L'élégance, le bon goût, le bon ton, la galanterie, avoir de l'esprit … sont des éléments importants de la mode française qui trouve une de ses sources dans l'univers courtois du Moyen-âge.
4LA COQUETTE. « Jolie Femme en Circassienne de gaze d'Italie puce, avec la jupe de la même gaze couvrant une autre jupe rose garnie en gaze broché avec un ruban bleu attaché par des Fleurs et glands et gaze Bouilloné par en bas, et des manchettes de filet, coiffée d'un Chapeau en Coquille orné de Fleurs et de Plumes. » Cette dame est du XVIIIe siècle bien que les coquettes et les coquets soient en particulier décrits dans des textes du XVIIe. La coquette est moins intellectuelle que la précieuse mais elle est un personnage important de la mode parisienne.
LE MERVEILLEUX. 5On donne ce nom à de magnifiques jeunes gens de l'époque du règne de Louis XV (1715-1774) qui suscitent l'émerveillement. Celui-ci est de l'époque de Louis XVI (1754-1793). Le merveilleux est dans la continuation du roué, du talon rouge, du menin, du beau-fils, du libertin, du raffiné, du mignon, du fringant et de beaucoup d'autres petits-maîtres qui le précèdent. Il porte ici la tenue masculine caractéristique durant tout ce siècle : l’habit à la française, composé de l’habit, du gilet et de la culotte. Il a une perruque et un tricorne (chapeau très fréquent alors).
6LA PETITE MAÎTRESSE. Personnage d'une estampe provenant d'une revue de mode du dernier quart du XVIIIe siècle. On appelle (surtout aux XVIIe et XVIIIe siècles) 'petits-maîtres' et 'petites-maîtresses' des jeunes gens se caractérisant par leurs habits, leurs manières nouvelles, leur élégance et leur beauté. La scène parisienne occupe alors la première place avec ses lieux à la mode et ses élégants qui s'y promènent depuis l'Antiquité. Comme aujourd'hui, ceux-ci ont leurs lieux, manières, vocabulaire, habits …
7L'INCONCEVABLE DE 1798 « dessinée d’après nature sur le Boulevard des Capucines » provenant d'une revue de mode très populaire à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe intitulée : Journal des Dames et des Modes. Ce périodique, fondé à Paris en 1797, est celui qui témoigne le mieux du changement radical de la mode de la fin du XVIIIe siècle. La jeune fille a une coiffure dite textuellement « en porc-épic ». Cette mode aurait été instituée en solidarité avec des condamnés à l’échafaud : cette coupe imitant celle de ces derniers ou dernières avant de passer à la guillotine. On lui donne alors le nom de « coiffure à la victime ». A la fin de la Révolution on organise des « bals des victimes » ouverts à ceux ayant perdu au moins un de leurs proches à la guillotine. Ceux-ci généralisent le port de robes gréco-romaines et des cheveux courts qui imitent les représentations antiques des découvertes archéologiques du XVIIIe siècle. Les coupes courtes sont aussi appelées « coiffures à la Titus » du nom du fils de Brutus que l’acteur de tragédie François-Joseph Talma (1763 - 1826) joue avec cette coupe qu’il porte aussi en ville. Ces nouvelles manières sont en contradiction totale avec les précédentes, et laissent le peuple pantois d'où le nom donné aux élégantes d'alors de merveilleuses ou d'inconcevables et pour les hommes d'incroyables.
7aPetits maîtres du XVIIe siècle au début du XIXe, avec en particulier en son centre une gravure de 1797 intitulée « Café des Incroyables », avec pour sous-titre : « Ma parole d’honneur ils le plaisante » (orthographe retranscrite). Tous les incroyables sont ici affublés d’une perruque blonde (ou d’une coupe ?) 'en oreilles de chien', c'est-à-dire, comme on le voit : les cheveux coupés sur le dessus, tombant sur les côtés, longs au dos et tressés pour être remontés derrière la tête. Certains portent des chapeaux qui sont de deux styles. Ils ont deux boucles d’oreilles rondes et assez grandes, une cravate qui couvre le menton, une culotte, des bas avec des motifs, des souliers pointus… Ils tiennent des cannes ; ont des lunettes, des faces-à-main ou une lorgnette. Un garçon sert du café. Le décor est de style néo-classique et le dessinateur/graveur (qui a signé RLL) s’est représenté lui-même sur la droite dans l’ombre, avec son stylet.
ToiledeJouyBleueHuet400OBERKAMPF. Une exposition sur une histoire de la mode dans le quartier Oberkampf (1738-1815) se devait de parler de Christophe-Philippe Oberkampf, industriel français d'origine allemande, créateur de la toile de Jouy. Le Musée de la toile de Jouy nous a prêté quelques rééditions contemporaines de modèles de la fin du XVIIIe siècle fabriqués à partir de dessins ou gravures de Jean-Baptiste Huet (1745-1811). Un remerciement au Musée de la toile de Jouy qui a prêté ces rééditions.
ToiledeJouyFabrication500OBERKAMPF ET LA TOILE DE JOUY Ce tissu est particulièrement intéressant. Il retrace les étapes de la fabrication de la toile de Jouy ! La toile est d'abord lavée dans l'eau de La Bièvre, puis battue au fléau pour la débarrasser de son apprêt (1). Une fois séchée (2) elle passe à la calandre pour en aplanir le grain. Au préalable les motifs sont gravés sur des planches de bois et à partir de 1770 sur des planches de cuivre (3). Après l'impression la toile est plongée dans un bain de bouse de vache afin d'éliminer l'excès d'épaississant (4), puis lavée. Les toiles passent ensuite dans un bain de teinture - racine de garance - qui révèle les couleurs sur les parties de toile empreintes de mordants. Par garançage on obtient une gamme de couleurs du rouge foncé au rose tendre, du noir au lilas, violet, bistre. Le fond de la toile devenu rosâtre, celle-ci est exposée sur les prés pour blanchir (5). Le jaune et le bleu sont imprimés directement sur la toile. Le vert est obtenu par superposition de bleu et de jaune jusqu'en 1808. Après le travail de finition des pinceauteuses (6), certaines pièces reçoivent un apprêt composé d'un mélange de cire et d'amidon. Il est appliqué sur la toile qui passe ensuite à la calandre à chaud. Pour satiner ces pièces on les lisse à la bille d'agate ou de cristal fixée à l'extrémité d'un bras articulé : le lissoir (7). En 1797 un brevet écossais de 1783 est mis en application : l'impression au rouleau de cuivre. La machine fonctionnant en continu permet la production de 5000 mètres par jour. C'est un gain de temps considérable par rapport à la planche de cuivre.
8LE MUSCADIN. « Costume d'un Jeune Homme » de 1800. Son habit est caractéristique de celui d'un muscadin ou d’un incroyable. Son port est particulièrement gracieux et son geste de la main est une manière de langage propre à ces élégants. Le terme de « muscadin » vient de « musc » : parfum à la mode chez les hommes. Au XVIIe siècle on appelle aussi muguets les jeunes hommes sentant cette fleur. C'est à la Révolution (1789-1794) que la tenue présentée ici se généralise. Cette jeunesse rechigne à s’engager dans les armées de l’époque et à suivre les couleurs imposées. Elle a les siennes propres, comme le noir ou le vert ; et des collets portant ces teintes font l’objet de rixes avec les sans-culottes qui veulent les leur arracher. Les muscadins et incroyables de la Révolution s'expriment avec de nouveaux codes très modernes alors. Avec la fin des sans-culottes, l’ordre est représenté par les muscadins. Leurs habits deviennent même ceux des militaires. Sous l’Empire, Napoléon porte des habits d’incroyable (il fréquente beaucoup les merveilleuses les plus célèbres), ainsi que certains de ses officiers et de son armée.  Leurs immenses chapeaux « bicornes » en sont un exemple, de même que les cravates hautes, les manteaux caractéristiques etc.
9UN INCROYABLE ET UNE MERVEILLEUSE. La mode masculine des couvre-chefs gigantesques et très originaux du Premier Empire n’a aucun équivalent dans l’histoire de la mode des hommes ; même les hauts-de-forme du XIXe siècle font pâle figure en comparaison. On appelle aussi ce genre d'incroyable : un 'mirliflor'. Ce couple du début du XIXe siècle est en train de danser sans doute la valse qui est la musique à la mode à cette époque. La merveilleuse porte un habit à l'antique.
10UNE INVISIBLE AVEC UN BEAU. Couple de 1806. La femme porte une capote 'invisible'. On nomme aussi invisibles les personnes qui ont ce genre de chapeau. Si la taille reste haute, le vêtement se rigidifie et la poitrine se couvre. Le style du jeune homme est celui de l'anglomane. On appelle aussi fashionable une personne fascinée par les modes venues d'Angleterre. Le terme de freluquet désigne certains élégants de cette période (mot utilisé encore aujourd'hui). Cette tenue masculine est celle qui prédomine pendant tout le XIXe siècle.
11LE GANDIN DE 1817. « Costume de Longchamp ». En 1817 règne Louis XVIII. Le dandysme est à l'état de prémisse en France. C'est l'époque des tenues à l'élégance militaire du calicot, du morillo ou du bolivar. On ne sait trop si le nom de gandin vient de ses gants ou du boulevard du Gand à Paris très à la mode alors. Ce nom raisonne en France comme celui de 'dandy' Outre-Manche.
LA 12JEUNE FRANCE DE 1830. A cette époque on appelle surtout jeune France ou nouvelle France, le romantique aux cheveux longs et manières passionnées. 1830 c'est aussi le temps du dandy, de la lionne et du lion, du bas bleu et du gant jaune. La robe des femmes s'élargit et la taille est plus basse. Le corset abandonné par les merveilleuses est de retour. Les coiffures assez hautes sont dites 'à la girafe'. Femmes et hommes arborent des cheveux bouclés sur les côtés qui peuvent être des postiches. C'est aussi le temps de larges chapeaux féminins avec de nombreux rubans et autres jolis falbalas.
13UNE COCODETTE ET UNE BICHE DE 1858. Durant le second Empire, sous le règne de Napoléon III (de 1852 à 1870) de nombreux noms désignent les petites-maîtresses : petite dame, cocotte, crevette … Leurs acolytes sont le petit crevé (ou crevé), le gommeux (vers 1870), le fendant, le col cassé, le cocodès, le genreux, le daim … Le sport est très à la mode avec le sportsman, la sportswoman, le gentleman du sport ou le gentilhomme du sport. C'est l'apothéose des robes crinoline, très larges. Généralement ronde, la crinoline atteint son diamètre maximum vers 1858 avant de projeter sa masse vers l’arrière. On lui associe des volants superposés, des garnitures et des effets de matières, notamment avec la naissance du style dit tapissier. Les teintures, conséquences des progrès de la chimie, sont de plus en plus criardes. La bottine est la chaussure de l'époque. Les petites ombrelles sont des accessoires prisés lors des promenades.
14LA COPURCHIC DE 1876. 'Copurchic' désigne le suprême chic. C'est un adjectif et un nom désignant certains petits maîtres d'alors. La crinoline cède la place à la tournure vers 1869. La silhouette devient de plus en plus filiforme, et de 1874 à 1876 le pouf tend à disparaître ; mais la tournure subsiste sous l’aspect d’une 'queue d’écrevisse'. La robe, au corsage ajusté, se dote d’une petite traîne. La tournure cambre de plus en plus les reins. A la fin du XIXe siècle la tournure est délaissée mais la silhouette reste très fine et cambrée. Le corset est abandonné au début du XXe siècle pour un retour à l'aisance et la création du nouveau concept de vêtement pratique. Le dernier tiers du XIXe siècle est le temps du pschutteux, du grelotteux, du faucheur, du clubman, du bécarre, du high-life, du snoboye, du koksnof etc.
On retrouve ici une partie de la bicherie du XIXe siècle, avec divers petits maîtres : gandin, invisible, anglomane, fashionable, freluquet, nouvelle France, artiste, lionne, lion, bas bleu, gant jaune, cocodette, petite dame, cocotte, crevette, petit crevé, biche, gommeux, fendant, col cassé, cocodès, genreux, daim, copurchic, pschutteux, grelotteux, faucheur, clubman, bécarre, high-life, snoboye, koksnof etc.

VÊTEMENTS D'ÉPOQUE :

HABIT BELLE ÉPOQUE (fin XIXe-1914) de la boutique Ancienne Mode (rue Moret). « Les robes du début de la Belle Époque se caractérisent encore par une taille marquée alors que la tournure disparaît. De 1893 à 1897, la jupe ronde forme une cloche, répondant à d’imposantes manches gigot. En 1898, la ligne sinueuse contemporaine de l’art nouveau, tord le corps féminin en S, jusqu’à ce que le buste se redresse progressivement à partir de 1906. Le corset impose une cambrure drastique alors que la silhouette exige le port d’un aplatisseur de poitrine et d’une petite tournure. » Pour les hommes le complet trois pièces est de rigueur. Il est composé d’un gilet, d’un pantalon étroit et d’un veston. « La tenue de soirée se compose d’un habit noir avec un gilet blanc, alors qu’est porté pour la première fois le smoking. […] L’homme ne saurait sortir sans canne, sans son haut de forme ou son chapeau melon. Il arbore également des chaussures basses dotées de boutons. » (Citations des Arts Décoratifs de Paris).
HABIT DES ANNÉES FOLLES (1920-1929) de la boutique ANCIENNE MODE (rue Moret). Vers 1908, le célèbre couturier Paul Poiret (1879-1944) supprime le corset et le soutien-gorge fait son apparition. Ce même couturier initie la ligne dite tonneau. La tenue se libère encore davantage avec Coco Chanel (1883-1971). Durant les Années folles, toutes les audaces sont permises. Les femmes se coupent les cheveux à la garçonne. On danse sur des musiques américaines. L'influence des États-Unis est grandissante. Montparnasse est le nouveau quartier à la mode. Des artistes du monde entier s'y côtoient. Fini les corsets et les vêtements serrés. Plus d'entraves. C'est la période des formes épurées, des robes courtes "Charleston" à taille basse et toujours dans la ligne 'tube', des chapeaux cloche et des silhouettes minces. La mode masculine reste assez sobre avec un peu plus d'aisance qu'auparavant.
HABITS ZAZOU (1938-1945) de la boutique Casablanca (rue Moret). Le texte sera inclus dans un prochain article sur les zazous.

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La musique était de camille885 de Youtube.

© Article LM

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Oberkampf Bon Ton

L'exposition c'est ce dimanche (27 novembre) après-midi seulement !
Au Bric à Brac Bar (108 rue Oberkampf, Paris 11e, entre M° Parmentier et Ménilmontant).
Je présenterai des documents faisant resurgir quelques inconcevables petits maîtres (c'est ainsi qu'on appelle les dandys autrefois) de la mode parisienne des XVIIIe et XIXe siècles.
Deux boutiques du quartier Oberkampf, Ancienne Mode et Casablanca, exposeront des vêtements d'époque des années 1900 à 1950.
N'hésitez à venir habillés avec des touches anciennes !
Entrée libre
Plus d'informations sur www.lamesure.fr/expo.html

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Sylphes et sylphides

lafeuillesanstitren317doublepagegravure300lmlafeuillesanstitren317pagegravure300lmOn appelle sylphides et sylphes des jeunes femmes et hommes dont la beauté confère au merveilleux, à la féerie.
Dans la mythologie les sylphides et les sylphes sont des génies élémentaires de l’air.
Chateaubriand (1768-1848) raconte avoir créé dans son esprit  une sylphide qui lui tient compagnie. Ils sont des êtres de rêve, représentant l’idéal masculin ou féminin pour les romantiques jeune-France versés dans l'imaginaire, la fantaisie, la mélancolie et la passion. Le premier grand ballet romantique se nomme La Sylphide. On peut lire un long article ayant pour sujet ce personnage ici.
Photographies : Double page et détail du numéro 317 du quotidien La Feuille sans Titre, du dimanche 24 décembre 1777. Ce journal qui paraît du 1er février au 31 décembre 1777 prend comme modèle le premier quotidien français : le Journal de Paris qui paraît à partir du 1er janvier 1777 jusqu'en 1840. La Feuille sans titre se différencie quelque peu notamment en proposant à partir de son numéro 100 toutes les semaines une gravure de coiffure sur buste. Dimensions : 21x17 cm. Le premier volume (sur deux) rassemblant ces parutions est visible sur : gallica.bnf.fr. Le numéro présenté ici expose dans sa rubrique 'Modes' une gravure et la description de la « Coiffure à la Sylphide ». Voici le texte :
« Coiffure à la Sylphide.
lafeuillesanstitren317pagegravurea250lmOn sait que les Sylphes & les Sylphides étaient, selon les Cabalistes, des esprits aériens qui se montraient quelquefois sous des formes humaines, mais toujours belles & élégantes, & c'est sans doute la raison pour laquelle on a donné à cette Coiffure le nom de Sylphide.
Le toupet & les faces se relèvent sur le coussinet comme dans les autres accommodages, en formant sur le sommet de la tête un demi-cercle parfait. De dessous le toupet ainsi ajouté, sort une masse de cheveux qui ont la même direction & qui paraissent en former un second, mais distingué, & séparé de l'autre. Cette masse de cheveux est ajustée en manière de toque, d'où sort du côté gauche une aigrette attachée par un petit flot de ruban, & du côté droit une cocarde. Cette toque formée de cheveux, comme nous l'avons dit, s'appuie sur le chignon retroussé négligemment, mais maintenu par le milieu d'un large ruban à la hauteur des oreilles. Au lieu de retrousser les extrémités des cheveux du chignon en dessous, on les laisse pendre négligemment pardessus, mais les pointes frisées en bequilles. Les faces ne consistent qu'en une grosse boucle, de chaque côté, qui prend de derrière l'oreille & va en remontant se terminer à la toque & au chignon pour remplir l'espace qui les divise. Sous cette boucle, les cheveux qui pourraient en former une seconde, pendent négligemment & sans apprêt jusques sur l'épaule ; & cet espèce de négligé, dans une Coiffure soignée, pour tout le reste, fait un contraste des plus agréables, & donne à la physionomie un certain air de négligence & de douceur qui ne peut manquer de plaire. Dans une partie de cette coiffure ; c'est la Dame la plus occupée de sa coiffure ; dans l'autre c'est celle qui, contente des dons de la nature, les laisse dans l'état qu'elle les lui a donnés, & n'en paraît pas moins belle.
C'est peut-être aussi pour cela qu'on a donné à cet accommodage le nom de Sylphide ; les esprits ne s'occupant guère des ornements des corps qu'ils empruntent ou que quelques sectes leur prêtent.
En jetant les yeux sur cette Coiffure, nous l'avons trouvée élégante & gracieuse ; & nous ne doutons pas, que venant de la source du goût en ces matières, les Dames ne nous sachent bon gré de la leur avoir procurée. »
Pour comprendre un peu mieux la coiffure féminine de cette époque, on peut regarder ces photographies d'une tête de femme datant du XVIIIe siècle qui nous permettent d'appréhender l'archétype de cette manière de cheveux de face, de trois quarts et de dos. Photographies 1, 2 et 3.

© Article LM

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La Rencontre des Incroyables

larencontredesicroyables300lmlarencontredesicroyablesdetail300lmPhotographie : « La Rencontre des Incroyables », gravure par L.-C. Ruotte, d'après Bunbiry « hé ! Bonjour mon ser comme tu es engraissé depuis que je ne t'ai vu ; ma pa-ole d'honneur c'est Inconcevables » (orthographe du texte). Cette estampe est sans doute une reproduction bien postérieure à l'édition originale qu'elle reprend. Cette caricature représente deux incroyables, sans doute des agioteurs, que la Révolution a engraissés. Beaucoup de ces « nouveaux riches » prennent les manières des premiers incroyables, de la même façon que certaines prostituées du Palais-Royal imitent  les merveilleuses. Comme d'habitude les copies nous donnent des renseignements sur les originaux. Ces incroyables ont les deux types de chapeaux pour hommes à la mode alors : le bicorne et l'ancêtre du haut-de-forme ; et les deux sortes de coiffures : perruque à 'oreilles de chien' et cheveux courts à la Talma. Un a des boucles d'oreilles. Tous deux portent une cravate haute qui leur cache le menton, un gilet (dont un à rayures vertes et blanches : deux couleurs de l'ancien régime et de la royauté, le gilet encadrant du reste un médaillon représentant Louis XVI), une redingote, une culotte, des bas avec jarretières (on ne voit que les jarretières pour celui de droite ses bas étant cachés par des guêtres jaunes) et des chaussures pointues à talons bas dont la paire de celui de droite rappelle certains exemples de poulaines médiévales à bouts  parfois très longs. Il se saluent en croisant leur petit doigt. Le texte insiste sur leur façon de parler en zozotant et en ne prononçant pas le 'r'.

larencontredesicroyablestexte650lm© Article LMlarencontredesicroyablessalut300lm

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Exposition Oberkampf Bon Ton : Les petits-maîtres de la mode française

montage4405L'exposition que je prépare approche. J'espère vous y voir nombreux … surtout que cela se déroulera seulement durant l'après-midi du dimanche 27 novembre.
Seront présentés :
- Des impressions sur tissus de petits-maîtres de la mode des XVIIIe et XIXe siècles que j'ai réalisées à partir de documents d'époque ;
- Des vêtements d'époque (Belle époque, années folles et zazous) présentés par des boutiques du quartier reconnues pour la qualité de leurs vêtements en particulier du XIXe siècle pour Ancienne Mode et des années zazous pour Casablanca.
Il sera fait un clin d'oeil à M. Oberkampf (1738-1815), l'inventeur de la toile de Jouy, et dont le quartier porte le nom.
Tout cela aura lieu dans le petit bar artistique le Bric à brac, au 108 rue Oberkampf (à côté de chez moi : emprunte carbone très bonne ;-), qui sera investi pour l'occasion du rez-de-chaussée au premier étage (voir la photographie de ce café céladon en haut à gauche ; à droite il s'agit d'une photographie du XIXe siècle d'un magasin de sous-vêtements vendant notamment des jupons et des crinolines).
Ceux qui le peuvent sont invités à venir habillés dans des tenues de pur style et de fantaisie.
Pour ceux qui ont un compte sur Facebook et qui viendront sûrement ou peut-être, ce serait gentil de vous inscrire sur la page de l'évènement ici. Evidemment Facebook est un bigbrother  pas très recommandable (voir aparté en fin d'article) ; mais il permet de rester en rapport. Comme l'entrée de l'exposition est libre et que ce n'est pas la peine de s'inscrire par courriel, cela me permettra de garder un contact pour les prochaines manifestations que j'organiserai et me rassurera un peu pour celle-ci.
Plus d'informations sur l'exposition ici.
A bientôt !flyer-expo

Aparté au sujet de Facebook : Il s'agit d'un véritable fichier pour le renseignement général  et l'industrie qui n'est pas très démocratique à l'instar de Google, se laissant guidés par la censure qu'elle vienne de la République populaire de Chine (Google) ou de l'islamisme (épisode Charlie Hebdo) par exemple. Moi-même mon premier compte LaMesure a été changé en mettant mon vrai nom sans mon accord, puis a été clôturé quand j'ai refusé  de leur envoyer un scan d'une de mes pièces d'identité. Bon depuis j'ai créé d'autres comptes où ma varitable identité n'est toujours pas indiquée mais tout de même cela mérite d'être dit !

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Maisons anciennes de parfum

LesCannesDeMPBourgetDesParfumsdetail300lmUn parfum très prisé au XVIIIe siècle est l'eau de Cologne, créée en 1709 par un immigré italien : Jean-Marie Farina (Giovanni Maria Farina : 1685-1766) en Allemagne dans la ville du même nom. Cette eau de senteur devient rapidement très célèbre et une référence. Ce n’est qu’à la toute fin du XVIIIe siècle ou au début du XIXe que ce parfum est copié. Des centaines de contrefaçons plus ou moins réussies prennent alors le nom d'eau de Cologne faisant perdre le prestige à la première firme qui garde encore jusque dans les années 1960 une bonne renommée. Aujourd'hui la maison de parfum originale est toujours en activité et la plus ancienne du monde.
En France, c'est avant tout la ville de Grasse, dans le sud est, qui témoigne encore aujourd'hui d'une longue tradition de la parfumerie depuis au moins le XVIIe siècle, encore très vivace aujourd'hui. Mais cela sera l'objet d'un autre article.
A Paris, la première moitié du XXe siècle voit de grands noms de la parfumerie se révéler comme se créent les grands couturiers alors. Leur héritage est encore très présent en France mais aussi dans le monde entier. L'entreprise Guerlain, créée rue de Rivoli à Paris en 1828 par Pierre-François-Pascal Guerlain, reste dans le giron familial jusqu'en 2002, date à laquelle Jean-Paul Guerlain cesse d'assurer la direction de cette prestigieuse maison rachetée en 1994 par le groupe LVMH, incluant ainsi cette marque dans sa branche Parfums et Cosmétiques. Dans la seconde moitié du XXe siècle et au début du XXIe, de nombreuses maisons de parfum anciennes sont rachetées en France par de grands groupes comme Roger & Gallet (fondée en 1862) vendue en 2008 à L'Oréal qui rachète, comme LVMH, plusieurs maisons de couture ayant leur parfum. La boutique Guerlain du 68 avenue des Champs-Elysées créée en 1914 reste jusqu'à il y a peu d'années un des derniers bastions (peut-être le dernier sur la partie haute c'est à dire en dehors des jardins) du bon goût sur cette  avenue. Aujourd'hui les réaménagements intérieurs semblent avoir fait déserter les esprits fins du lieu (le mot étant à entendre dans son sens chimique de vapeur volatile et subtile, et dans celui qui donne une substance délicate et profonde aux choses qui gardent l'imprégnation du parfum d'un savoir). « A d'autres temps d'autres moeurs » comme dit l'adage. Parfois pourtant, aux abords d'une statue, dans un bosquet, au coin d'une rue, près de monuments anciens, dans la forêt, ou dans tant d'autres endroits, des effluves délicates remontent comme des souvenirs, des trésors infinis enfouis en nous qu'une simple et LesCannesDeMPBourgetDesParfumsdetaildetail2300lmlégère impulsion sur l'âme peuvent en révéler des 'secrets'.
Photographies : Illustrations d'après des dessins d'Henri Farge gravés sur bois par  Georges Aubert du chapitre 'Des parfums' du livre d'Eugène Marsan Le Bon Choix de Philinte : Petit Manuel de l'Homme élégant édité à Paris chez Le Divan en 1923. © Photographies LM.

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Le café Frascati

frascatidebucourtensemble1650lm2Le Frascati est un café parisien célèbre du temps des merveilleuses et incroyables et aussi d'une certaine jeunesse dorée issue sans doute de la nouvelle bourgeoisie mise à l'honneur avec la Révolution puis durant le Directoire et l'Empire. Il est difficile de faire la part entre les véritables incroyables et merveilleuses et ceux qui prennent pour modèle cette modernité sans en avoir la noblesse. Si le café Frascati est sans aucun doute assez somptueux par sa grandeur, sa décoration néo-antique, la beauté des jeunes personnes qui viennent y savourer de délicats glaces, punchs et limonades, il n'en reste pas moins aussi une maison de jeu dans laquelle de nouvelles fortunes souvent mal acquises en des temps troublés viennent y parader leur argent. Il se situe à l'angle du boulevard Montmartre et de la rue de Richelieu. C'est d'abord un hôtel particulier édifié en 1784 selon Georges Cain (Les Pierres de Paris, Paris Ernest Flammarion, 1910?) par « le riche traitant Crozat ». En 1789 il est démoli pour devenir « l'hôtel Lecoulteux de Nolay » ; « la belle terrasse seule est respectée ». En 1789, le cafetier italien Garchi l'achète. Il y fonde le café Frascati : « Ce subtil limonadier conquit Paris par l'excellence de ses glaces parfumées et la somptuosité de ses pyrotechnies. » « Chaque soir, la foule se pressait pour admirer les feux d'artifice, secouant sur Paris leurs gerbes de diamants, d'émeraudes et de rubis. En sortant de l'Opéra de la rue Richelieu (sur l'actuel emplacement du square Louvois) il était de bon ton de venir faire flamber des punchs ou écorcher des glaces chez Garchi. On promenait des frascatidebucourtensemble1300lm5belles dans les allées « illuminées a giorno » qui s'étendaient  jusqu'au passage des Panoramas, et il n'en coûtait que " trois livres d'entrée " ». Dans Les Anglais en France après la paix d'Amiens [1802]: Impressions de voyage de Sir John Carr (1772-1832), traduit par Albert Babeau, on y lit à partir de la page 180 : « [...] Frascati, où se réunit d'ordinaire, à dix heures, après la sortie de l'Opéra, le monde élégant de Paris. On n'y paye pas de prix d'entrée, mais tout étrange que cela puisse paraître, aucune personne mal élevée ne s'y introduit, sans doute par suite du respect que la bonne société inspire à la mauvaise. […] Un escalier mène à un beau vestibule, et de là à une salle entourée de glaces et décorée de festons de fleurs artificielles. A l'extrémité s'élève une belle statue de la Vénus de Médicis. Auprès de cette statue s'ouvre une arcade donnant accès à une suite de six magnifiques pièces superbement dorées, garnies également de glaces et de lustres de cristal taillé en diamants, qui brillaient comme autant de petites cascades étincelantes. Chaque chambre était comme un foyer de lumière ; l'on y prenait des glaces ou du café. On communiquait d'une pièce à l'autre par des arcades ou des portes à deux battants ornées de glaces. Le jardin, petit, mais disposé avec art, se compose de trois allées bordées d'orangers, d'acacias et de vases de roses ; à l'extrémité s'élèvent une tour dressée sur un rocher, des temples et des ponts rustiques ; de chaque côté, de petits berceaux en labyrinthe. Une terrasse s'étend le long du boulevard, dont elle commande l'aspect ; elle est bordée de beaux vases de fleurs et se termine à chaque extrémité par des sortes d'avenues décorées de miroirs. Là, dans le cours d'une heure, l'étranger, partagé entre la surprise et l'admiration, peut voir près de trois mille femmes les plus belles et les plus distinguées de Paris, dont les joues ne sont plus désormais défigurées sous les ravages du rouge, et qui, par l'harmonie et la grâce de leur extérieur, le porteraient à croire que les plus aimables figures de la Grèce, dans son époque la plus brillante, revivent et se meuvent devant ses yeux. »
Il semble que le High-life tailor rachète le bâtiment ou celui construit à sa place (voir l'article intitulé Le high-life). Ce grand magasin de mode, comme il s'en fabrique beaucoup dans la seconde moitié du XIXe siècle, s'installe alors à l'intérieur.
Photographies :  « Frascati », « Dessiné d'après un Croquis pris sur le Lieu, et Gravé par P. L. Debucourt. » Il s'agit de Philibert Louis Debucourt (1755-1832), artiste dont les gravures marquent la production de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe. Il s'est fait notamment une spécialité des images de mode à l'époque des incroyables et merveilleuses. L'estampe représente le café Frascati en 1807. Cette gravure est peut-être d'époque. Le papier vergé est épais.

frascatidebucourtensemble1650lm1 frascatidebucourtretouchedetail10lm frascatidebucourtensemble1650lm3frascatidebucourtensemble1650lm4© Article LM

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35e édition du salon Antica de Namour

1292 Pomander-Hector Guimard300Photographie : Pomander datant de vers 1900. © Parfumerie Fragonard, Grasse - Antica Namur 2011. Au sujet des objets de senteur lire mon article Les Objets de parfums que l'on porte sur soi au XVIII e siècle.
Du 11 au 20 novembre 2011 se déroule à Namur en Belgique la trente-cinquième édition d'Antica Namur : salon d'art et d'antiquités qui réunit 155 antiquaires. Le thème de cette année est « le parfum ».
Photographie : Scène de carnaval à Venise avec danseurs, circa 1757, huile. © Tiepolo, Lux Art Gallery (Crouzet), Antica Namur.3326 Carnaval Venise(c)Tiepolo-Lux Art415


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Salon International du Patrimoine Culturel

Dorure300La 17ème édition du Salon International du Patrimoine Culturel a lieu du 3 au 6 novembre 2011 au Carrousel du Louvre. Cette année est mis en valeur le patrimoine urbain, avec les différentes empreintes du passé que l'homme conserve dans ses villes. Et comme le dit le communiqué de presse : « Aujourd’hui, se pose le défi de la mise en valeur économique et sociale de ces constructions historiques. La valorisation de ces édifices implique en effet un travail de réappropriation vivante, de sorte à les intégrer harmonieusement à notre cadre de vie contemporain. L’enjeu central consiste donc à apprécier ce patrimoine comme élément culturel mais aussi à le faire vivre comme élément actif de nos villes d’aujourd’hui et de demain, pour le touriste comme pour l’habitant. Ce travail de mise en valeur passe avant tout par la préservation physique de ces héritages. Cette étape est d’autant plus cruciale pour le patrimoine des grandes métropoles où les risques de dégradations sont multiples. La conservation-valorisation du patrimoine urbain nécessite l’effort conjoint de plusieurs acteurs, publics et privés et spécialistes de diverses disciplines. Dans ce puzzle, l’artisan d’art joue un rôle essentiel. Détenteur d’un savoir-faire traditionnel, il comprend et sait répondre aux besoins spécifiques d’un monument ou du mobilier qu’il renferme. L’essence même de son travail consiste à respecter l’esprit de l’édifice ou de la pièce de mobilier, en alliant judicieusement méthodes ancestrales et techniques contemporaines. »

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Les Lorettes, boule-rouge, essuyeuses de plâtres, cascadeuses, maquillées, casinettes, petites dames, filles de marbre, pré-catelanières, musardines, musettes, noceuses ...

boulerougejeunesfillesrecadree300lmPhotographies 1 à 3 : Estampe du XIXe siècle : « QUARTIER DE LA BOULE ROUGE. Le soir où il n'y a ni Ranelagh, ni Mabille, ni Château-Rouge. » Mabille, Ranelagh et Château-rouge  sont trois célèbres maisons de bals du XIXe siècle. Les deux avant-dernières photographies de l'article La contredanse et la valse ainsi que la fin de celui-ci décrivent comment on danse alors dans ces lieux. © Photographies LM.
Photographie 4 : Illustration intitulée « La lorette » du chapitre LXIV « Les grisettes et les lorettes » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second). © Photographie LM.
Photographies 5 et 6 : Illustration intitulée « Vue intérieure du Ranelagh » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second). © Photographies LM.
Photographie 7 : Illustration intitulée « Vue générale du Château-Rouge, près la grande salle de bal » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second). © Photographie LM.
boulerougejeunesfillesrecadreedetail1300lmPendant des siècles Paris occupe une place importante dans la vie festive française et même mondiale : le monde entier venant s'y amuser, en particulier au XIXe siècle. La capitale s'agrandit alors énormément et de nouveaux quartiers se forment au-delà des anciens remparts (les boulevards) : quartiers de Notre-Dame-de-Lorette ou de la Boule-Rouge. De nouveaux immeubles sont édifiés qui ne demandent qu'à être remplis. Ces lieux modernes et peu chers sont investis par toute une jeunesse, en particulier féminine ; souvent issue de l'exode rural, et à qui on donne parfois le nom de ces quartiers : les 'lorettes' ou les 'boule-rouge'. Quelques-unes viennent à Paris pour y étudier ou travailler sérieusement ou pour y fonder une famille. D'autres sont en particulier là pour jouir de la vie parisienne et de ses attractions multiples : théâtres, cafés, parcs et surtout bals, ainsi que des rencontres qui peuvent s'y faire : un étudiant au futur prometteur, un lord ou un riche parisien cherchant un amour ou une maîtresse à entretenir, donnant la possibilité à celles-ci de s'enrichir rapidement par le mariage ou en devenant une demi-mondaine. Ces jeunes filles qui se placent donc entre les demi-mondaines et les grisettes qui sont toutes deux les sujets d'articles précédents, forment un nouveau genre. Elles sont jeunes, belles, assez séduisantes, un peu bohèmes et cherchant à profiter de la vie et des qualités que la nature leur a données.
boulerougejeunesfillesrecadreedetail2300lmD’après Alfred Delvau (1867), le nom de LORETTE daterait de 1840 et appartiendrait à Nestor Roqueplan. Edmond Texier dans son Tableau de Paris (1853) écrit que les possesseurs d’immeubles dans le nouveau quartier de Notre-Dame-de-Lorette, « consentirent à recevoir dans chaque maison, préalablement ornée d’un concierge, quelques-unes des ces vierges folles, actrices, grisettes dépaysées, femmes galantes de toute sorte, qui escomptent joyeusement l’avenir en dépensant leur jeunesse avec le plus de gaieté possible. La seule condition qui leur fût imposée consistait à garnir leurs fenêtres de rideaux, afin de simuler la population qui manquait alors. » D’où le nom d’« essuyeuses de plâtres » que l’on donne à certaines car habitant dans des immeubles fraîchement peints.
atableaudeparis1853lalorette300lmLe Dictionnaire de la langue verte (1867) définit ainsi l’ESSUYEUSE DE PLÂTRES : « Lorette, petite dame, parce que ce type parisien, essentiellement nomade, plante sa tente où le hasard le lui permet, mais surtout dans les maisons nouvellement construites, où l’on consent à l’admettre à prix réduits, et même souvent pour rien. C’est ainsi qu’on fait essuyer les ponts aux soldats. »
La lorette possède généralement un arthur : « un protecteur riche et généreux, doublé de quelques-uns de ces messieurs qu’on nomme les Arthurs, et sur lesquels elle ne perçoit que des contributions indirectes. » c'est-à-dire des entrées de théâtre s’il est feuilletoniste, des portraits et des toiles s’il est peintre. « plus souvent il appartient à la race estimable des commis dans les maisons de modes, et partage ses loisirs entre le canotage et l’adoration de la lorette. » Mais toutes les lorettes ne sont pas vénales. Il y en a de nombreuses sortes comme l’explique Maurice Alhoy (1802-1856) qui publie en 1841 une Physiologie de la lorette avec des dessins de Gavarni. L’arthur est plus un amant de cœur des petites dames comme l’est le greluchon pour une femme entretenue par un autre homme. Le Dictionnaire de l’Académie française datant de 1762 définit ainsi le greluchon : « Nom qu'on donne à l'amant aimé & favorisé secrètement par une femme qui se fait payer par d'autres amants. Il est familier & libre ».
atableaudeparis1853ranelagh300lmUne jeune femme qui préfère faire la fête plutôt que de travailler est appelée une NOCEUSE : « Drôlesse de n’importe quel quartier, qui fuit toutes les occasions de travail et recherche tous les prétextes à plaisir. » (Delvau, op. cit.). La MUSARDINE est plus spécifiquement « Habituée des Concerts-Musard, - où n’allait pas précisément la fine fleur de l’aristocratie féminine. Le mot a été créé par Albéric Second en 1858. » (Delvau, op. cit.). L'habituée de la musette est une MUSETTE. La PRÉ-CATELANIÈRE est une « Petite dame drôlesse, habituée de bals publics, - du pré Catelan et de Mabille. »
Les noms qualifiant la lorette sont nombreux, comme la CASCADEUSE qui d’après Alfred Delvau (Dictionnaire de la langue verte, 1867) est une « Fille ou femme qui, - dans l’argot des faubouriens, - laisse continuellement la clé sur la porte de son cœur, où peuvent entrer indifféremment le coiffeur et l’artiste, le caprice et le protecteur. » ou la MAQUILLÉE : « Lorette, casinette, boule-rouge, petite dame, - dans l’argot des faubouriens. ». Ce même dictionnaire donne une définition de la BOULE ROUGE : « Fille ou femme galante qui habite le quartier de la Boule-Rouge, dans le faubourg Montmartre. atableaudeparis1853ranelaghdetail300lmComme les mots ne manquent jamais aux hommes pour désigner les femmes, - du moins une certaine classe de femmes, - ce nom, qui succédait à celui de lorette et qui date de la même époque, a été lui-même remplacé par une foule d’autres, tels que : filles de marbre, pré-catelanières, casinettes, musardines etc. ». On peut donc ajouter à la liste la FILLE DE MARBRE et la CASINETTE.
PÊCHE À QUINZE SOUS est une « Lorette de premier choix, - dans l’argot des gens de lettres, qui consacrent ainsi le souvenir du Demi-Monde d’Alexandre Dumas fils. »
Parmi tout cela, il y a la TRAVIATA : la « Fille perdue, dans l’argot des élégants qui n’osent pas dire cocotte. Introduit pour la première fois en littérature par l’Evénement (numéro du 1er octobre 1866). » Alfred Delvau donne aussi les définitions de la GIGOLETTE et du gigolo : « Gigolette, s. f. Jeune fille qui a jeté sa pudeur et son bonnet par-dessus les moulins, et qui fait consister son bonheur à aller jouer des gigues dans les bals publics, - surtout les bals de barrière. Je crois avoir été un des premiers, sinon le premier, à employer ce mot, fort en usage dans le peuple depuis une quinzaine d’années. J’en ai dit ailleurs (Les Cythères parisiennes) : « La gigolette est une adolescente, une muliéricule. Elle tient le milieu entre la grisette et la gandine, - moitié ouvrière et moitié fille. Ignorante comme une carpe, elle n’est pas fâchée de pouvoir babiller tout à son aise avec le gigolo, tout aussi ignorant qu’elle, sans redouter ses sourires et ses leçons. » « Gigolo, s. m. Mâle de la gigolette. C’est un adolescent, un petit homme. Il tient le milieu entre Chérubin et don Juan, - moitié nigaud et moitié greluchon. Type tout à fait moderne que je laisse à d’autres observateurs le soin d’observer plus en détail. » Puis le mot de gigolo désigne un jeune homme assez élégant d’apparence dont les manières et les moyens d'existence sont douteux, avant d’être associé dès le début du XXe siècle à un homme galant qu’on utilise pour danser et que les femmes mûres entretiennent afin de se montrer et coucher avec. Ces mots viendraient de 'gigue' qui désigne soit un instrument de musique, soit une danse, soit une grande femme maigre. On dit « danser la gigue ». Les définitions de gigolos et gigolettes sont donc originellement associées à la danse ; et dans la première moitié du XXe siècle, c’est surtout dans les dancings (comme certains de Montparnasse) que l’on rencontre les gigolos. 'Gigolo' désigne aussi un souteneur, et les gigolettes sont ses prostituées.
atableaudeparis1853chateaurouge300lmLes hommes peu instruits ou pauvres qui essaient de paraître élégants et dignes sont appelés des demi-messieurs ou des petits messieurs, alors que la PETITE DAME est une jeune femme qui se donne les manières d’une dame au XIXe siècle mais qui n’en a pas la classe bien que souvent d’autres attraits charmants. Les petites dames ont leurs manières et vocabulaire. Elles disent ‘bec’ au lieu de ‘bouche’, parlent de ‘lever un homme’, emploient le mot de ‘chic’, de ‘bichette’ comme petit nom d’amitié ou d’amour, birbette ou birban pour un archi-vieillard, leur compagnon est parfois appelé leur Arthur ...
Cette comédie parisienne du XIXe siècle est assez amusante avec aux extrêmes d’un côté ses grisettes, cousettes, lorettes, et de l’autre ses lionnes, lions, dandys, gants jaunes, gommeux, copurchics  … et puis toute la panoplie des demi-mondaines et femmes frivoles, sans compter les beaux, cocodès, cols cassés, petits crevés, bas bleus, gandins, jeune-France, mirliflors, pommadins, gommeux et tant d'autres . Évidement  la basse-cour qui est le sujet de cet article (la haute cour est associée aux demi-mondaines) ne sont pas ce qu'il y a de plus intéressant pour la mode : contrairement aux grisettes qui bien qu'assez pauvres sont très actives dans leur travail souvent associé à la mode, dans leur passion pour celle-ci, et dans leur façon de la divulguer et l'imaginer avec des 'riens' qui font tout le charme des parisiennes. Il est certain que la France du XIXe siècle, devenue de plus en plus bourgeoise, garde cependant un style créatif et une liberté de ton qui contribue à son charme.
On peut lire ici une Physiologie de la lorette par M. Maurice Alhoy avec des vignettes de Gavarni datant de 1841.

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Helvetica. Porcelaine de Nyon - Musée Royal de Mariemont.

TassePhotographie 1 : Jatte pour service à thé, en porcelaine de Nyon, « ornée de deux paysages inscrits dans des cadres ovales de teinte rose, vers 1790. » © Cliché́ Musée de Nyon. Exposition Helvetica. Porcelaine de Nyon - Musée Royal de Mariemont. De talentueux miniaturistes Assiettetravaillent au XVIIIe siècle dans les nouvelles manufactures de porcelaine dure qui voient le jour en Europe depuis la découverte de son procédé de fabrication au début de ce siècle. Rapidement, des peintres miniaturistes de talent sont utilisés pour orner cette nouvelle prestigieuse matière. Certains mettent au point de nouvelles couleurs. Comme la production de porcelaine blanche est plus rapide à produire qu'à décorer, certaines sont vendues à des décorateurs indépendants (des Hausmalerei) qui réalisent les décors dans leurs locaux et vendent les articles à leur compte.
Photographie 2 : Assiette, en porcelaine de Nyon, « orné́e du monogramme GGW pour Georg Gustave, baron de Wrangel (1728-1795). » © Cliché Musée de Nyon. Exposition Helvetica. Porcelaine de Nyon - Musée Royal de Mariemont CREDIT.
Photographie 3 : Paire de rafraîchissoirs, décor aux pavots © Cliché Musée de Nyon. Exposition Helvetica. Porcelaine de Nyon - Musée Royal de Mariemont. Je présente d'autres rafraîchissoirs du XVIIIe siècle dans l'article intitulé Se rafraîchir.
PairedeRafraichissoirsDu 28 octobre 2011 au 12 février 2012, le musée royal de Mariemont en Belgique propose l'exposition Helvetica. Porcelaine de Nyon – porcelaine suisse dʼaujourdʼhui. « Parmi les oeuvres exposées à Mariemont se comptent des tasses au décor particulier, voire inédit, des pièces monogrammées, un service au décor « napolitain » ainsi que de nombreuses porcelaines de grande qualité ». « La manufacture de porcelaine de Nyon est fondée en 1781. Elle sera la dernière à voir le jour en Europe. Sa production s'inscrit alors pleinement dans lʼair du temps, dans le style néo-classique, et avec des modèles calqués sur ceux des manufactures parisiennes. Au niveau de la matière elle-même, Nyon peut rivaliser en finesse avec la blancheur des porcelaines françaises grâce à un approvisionnement en kaolin livré directement de Limoges [voir l'article sur La porcelaine française du XVIIIe siècle]. La qualité de la céramique est soulignée par son décor qui laisse le centre de l'objet libre de tout motif afin de souligner la blancheur transparente de la matière autant que l'absence de défauts de cuisson . »
Cette exposition est aussi l'occasion de visiter le musée royal de Mariemont qui possède une riche collection créée par Raoul Warocqué avec des livres rares et « des œuvres représentatives des grandes civilisations d’Europe et d’Asie, ou du passé de sa région ».

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Objets de toilette

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Régulièrement il est question de toilette dans ce blog. En France, elle a une importance toute particulière. Voici quelques objets du XVIIIe siècle sur ce sujet de la collection Edouard Cochet présentés dans la vente aux enchères de Fraysse & associés du mercredi 9 novembre à l'Hôtel Drouot à Paris.
Premières photographies avec de gauche à droite : 1 - Boule à savon « en porcelaine de Saint-Cloud à décor d'écailles de poisson et d'une fleur à huit pétales au centre. La monture en argent. Maître orfèvre indéterminé. Pour la monture, Paris, 1726-1732. Diamètre: 8,3 cm. » 2 - Boule à savon « en argent. Elle pose sur un piédouche uni comme la partie basse de la demi-sphère. La partie haute à charnière et bouton est repercée d'un fin décor d'enroulements feuillagés et quatre feuilles partant d'une rosace centrale. Gravée d'armoiries surmontées d'une couronne comtale. Maître orfèvre Marien Lemoine, reçu en 1715. Paris, 1732-1733. Poids: 198 g. » 3 et 4 - « Paire de boules à savon et éponge en argent. Elles posent sur un piédouche à contours en dégradé. Le corps est composé de deux parties demi-sphériques délimitées par un jonc et des filets. La boule à éponge est repercée de rosaces et d'enroulements dans la partie haute et sous la bordure dans la partie basse. Gravées au centre, postérieurement, d'armoiries d'alliance. Maître orfèvre François Joubert, reçu en 1749. Paris, 1750. Hauteur: 10 cm - Poids: 472 g. » © Catalogue  Fraysse & associés.
2aiguieresetleurbassin650Photographies avec de gauche à droite : 1 - « Aiguière et son bassin en argent. Elle pose sur un piédouche décoré de rocailles et côtes torses en rappel sur le corps de forme balustre et sur le couvercle. Anse à enroulement, ajourée de feuillages et surmontée d'un escargot. Le bassin est de forme ovale à contours avec une bordure agrémentée de rocailles et d'enroulements sur fond amati. L'ensemble est gravé d'armoiries surmontées d'une couronne de marquis. Maître orfèvre Sauveur Ier Clerc, reçu en 1735. Avignon, vers 1760-1770. Hauteur de l'aiguière:  26,5 cm - Longueur du bassin : 37 cm Poids de l'ensemble : 1 876 g Modèle influencé par les dessins de Pierre Germain. » 2 - «  Aiguière et bassin en argent. Le bassin ovale à contours bordés de filets enrubannés en rappel sur le piédouche de l'aiguière et la bordure du bec verseur. L'ensemble est gravé de roseaux, guirlandes de laurier maintenues par des rubans et branchages feuillagés. L'anse à enroulements est recouverte de roseaux, les attaches rocailles comme la prise du couvercle à charnière (seul une trace incomplète du poinçon de l'orfèvre figure sur le bassin. Dégravée. Monogramme postérieur). Maître orfèvre François Joubert, reçu en 1749. Paris, 1764-1765. Longueur du bassin: 33,5 cm - Hauteur de l'aiguière: 25 cm Poids: 1 849 g. » © Catalogue  Fraysse & associés.
flambeauxetboites650Photographies avec de gauche à droite : 1 - « Paire de petits bougeoirs de toilette en argent. La base ronde à décor de côtes torses et filets en rappel sur l'ombilic le fût et le binet. Les bobèches (sans poinçon) sont unies. La base et les bobèches sont gravées « Duroure ». Maître orfèvre Alexis Loir, reçu en 1733. Paris, 1743-1744. Hauteur: 12 cm - Poids: 587 g Ancienne collection Andrieu. » 2 - « Paire de boîtes de toilette en argent uni. De forme rectangulaire avec un couvercle mobile en dégradé, gravées au centre d'armoiries de la famille Sergent d'Hendecourt. A l'intérieur se trouve une seconde boîte avec un couvercle à glissière. Maître orfèvre Edme Le Graigneur. Saint-Omer, vers 1772. Longueur: 12,1 cm - Largeur: 7,1 cm - Hauteur: 7 cm - Poids: 765 g. » © Catalogue  Fraysse & associés.
potsdetoilette350Photographies avec de gauche à droite : 1 - « Pot en porcelaine de Chantilly, la monture en argent. Il est décoré d'oiseaux et de branchages fleuris et feuillagés inspirés des décors Kakiemon. Le couvercle mobile se termine par trois fleurs de volubilis. La monture en argent décorée de filets. Pour la monture, décharge de Paris 1744-1750. Hauteur: 18,5 cm. » 2 - « Paire de petits pots en porcelaine de chantilly, le couvercle mobile avec une monture en vermeil. De forme cylindrique, elles sont décorées de branchages fleuris et feuillagés accompagnés d'insectes. Le couvercle à légère doucine se termine par une fleur sur une terrasse de trois feuilles. Pour la monture en vermeil, Paris, 1744 - 1750. Diamètre: 5,2 cm - Hauteur: 5,5 cm. » © Catalogue  Fraysse & associés.

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Blog nouvelle formule : Un dictionnaire des petits maîtres de l'élégance française.

dameasatoiletterocailleblanc500lmCommedameasatoiletterocaillemiroira500lm je vous l'ai dit précédemment, le blog de La Mesure de l'Excellence change. Je vais créer une encyclopédie du petit-maître, une sorte de dictionnaire.

Chaque nouvel article reprendra les anciens s'il y en a sur le même thème afin de créer une définition pour chaque type et sujet.

En fonction du temps que j'aurai et des aides extérieures disponibles (pour le moment aucune), je continuerai à écrire des articles sur d'autres horizons : antiquaires, musées, maisons de ventes aux enchères etc.

Photographies : Gravure d'époque XVIIIe siècle (sans doute de la Régence : 1715-1723), représentant une petite maîtresse à sa toilette. © Photographies LM.

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Les petites mains de la mode française 3 : les calicots et les arthurs.

aedouard&butler1910300almPhotographie 1 : Détail d'une estampe de Sem de 1910 intitulée : « chez EDOUARD & BUTLER » : « - Monseigneur, c'est tout à fait pour vous ... ».
Photographie 2 : Illustration intitulée « Un Arthur de magasin » du chapitre LXIV « Les grisettes et les lorettes » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second).
Cet article fait suite à ceux intitulés : Les petites mains de la mode française 1 : les grisettes, cousettes et trottins. Les petites mains de la mode française 2 : Les midinettes, femmes du quartier et les mimi-pinsons. Dans celui sur les grisettes, les cousettes et les trottins, j'écris que celles-ci ont des équivalents masculins : les grisets et les trottins. Les jeunes garçons apprentis ont leur place dans cette agitation élégante parisienne. Après tout de nombreux grands noms de la mode ont commencé en étant des cousettes et des arthurs, comme Rose Bertin, Aristide-Jacques Boucicaut fondateur du Bon marché, Alfred Chauchard qui, nous apprend Wikipedia,  débute en étant « commis au magasin Au Pauvre Diable aux appointements de 25 francs par mois », la styliste Jeanne Lanvin qui « commence à travailler atableaudeparis1853unarthurdemagasin300lmdès l'âge de 13 ans, en 1880, dans la boutique de chapeaux de « Madame Félix », rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris », Coco Chanel, le coiffeur Alexandre de Paris  … Les exemples sont nombreux, et les commis de mode ambitieux aussi à ces époques où Paris est la capitale de toutes les audaces, de la mode et de la création. Aujourd'hui l'industrie de la mode est très différente du fait principalement du prêt-à-porter et d'une fabrication qui se fait presque exclusivement à l'étranger, notamment en Chine.
On appelle parfois 'ARTHUR' ces commis que l'on retrouve à vendre des tissus ou autres articles de mode. Ils sont des amants de grisettes mais surtout des femmes entretenues telles que celles qu'on appelle les « petites dames » et qui les prennent comme amoureux pour l'amour et non pour l'argent, tout cela au XIXe siècle. Il en sera question dans un prochain article sur les lorettes.

Au sujet du CALICOT, Alfred Delvau, dans son Dictionnaire de la langue verte (deuxième édition, Paris, E. Dentu, 1867),  le définit ainsi  : « Commis d'un magasin de nouveautés, - dans l'argot du peuple. Le mot date de la Restauration, de l'époque où les messieurs de l'aune et du rayon portaient des éperons partout, aux talons, au menton et dans les yeux, et où ils étaient si ridicules enfin avec leurs allures militaires, qu'on éprouva le besoin de les mettre au théâtre pour les corriger. Calicote, s. f. Maîtresse de commis de nouveautés. » russomanie300Au début du XIXe siècle, après le premier Empire, il est de bon ton pour les hommes d'avoir l'air militaire. Tenues de cheval, bottes et éperons, ne sont plus de mauvais goût même en société. On se donne des airs anglais, de soldat russe etc. Cette mode est caricaturée dans un vaudeville intitulé : Le Combat des montagnes ou La Folie Beaujon, représenté pour la première fois en juillet 1817 au théâtre des Variétés. Le texte est visible ici : books.google.com. Voilà ce qu’écrit le Mercure de France d’août 1817 au sujet de cette pièce : « On demandait à un étranger qui revenait de Paris, ce qu’il y avait remarqué pendant son séjour : " J’y ai vu, répondit-il, tous les militaires en bourgeois, et tous les bourgeois en militaires ". Nous avons une foule de gens qui se sont passionnés pour le métier des armes depuis que la paix est faite. Chacun veut avoir l’air d’avoir fait campagne ; et tel qui n’a jamais été à la barrière lorsqu’il aurait pu y rencontrer l’ennemi, porte aujourd’hui des moustaches et des éperons comme un officier de hussards ; c’est un travers du jour, et il était difficile qu’il échappât aux auteurs du Combat des montagnes, dans la revue piquante qu’ils ont faite de toutes les folies à la mode. Pour rendre ce ridicule plus saillant, ils nous l’ont montré dans calicotdejeuner300la personne d’un certain M. Calicot, marchand de la rue Vivienne ; son belliqueux accoutrement n’en contraste que mieux avec sa paisible profession … » P. Avenel écrit en 1866 dans Les Calicots : " Le costume que les Calicots affectaient de porter en 1817, et que Brunet avait reproduit sur la scène, était ainsi composé : bottes ornées d’éperons, pantalon blanc tombant sur la botte, gilet piqué jaune, habit chicorée la crème (expression du tailleur d’alors), c’est vert mélangé de blanc. "

Photographie : Détail de la gravure de 'Le Goût du Jour, N° 30' intitulée : 'La Russomania'. Cette tenue est celle que prend le calicot, et tel qu'il est représenté sur de nombreuses autres gravures comme dans une estampe conservée à la Bibliothèque de France (voir ici) datée de 1817 où trois hommes sont nommés d'après un tissu (casimir, calicot, pékin) avec pour texte principal : « Prenez y garde !! Il existe une vraie différence entre le Casimir Français, le Calicot de Paris et le vrai Pekin anglais ! ».

Il semblerait que par la suite on continue à appeler ‘calicot’ un jeune ouvrier travaillant dans le luxe et la mode dont il prend certaines manières.

Photographie : " Le déjeuner d’un calicot ". Carte postale du début du XXe siècle.

© Article LM

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Les petites mains de la mode française 2 : Les midinettes, femmes du quartier et les mimi-pinsons.

amidinette&gommeux300lmPhotographie 1 : Détail d'une carte postale de vers 1904, représentant sans doute une midinette avec son carton de magasin s'étant faite arroser par un jardinier. Celui-ci est  sermonné par un gommeux : « Un jeune gommeux, Peut-être amoureux, S'approcha pour blâmer le jardinier honteux. » © Photographie LM. Au sujet des gommeux cliquer ici.
Photographie 2 : Détail d'une carte postale d’avant 1904 d'une série représentant une midinette ayant une anicroche avec un cireur de chaussures devant le Panthéon (dessiné sur toile) : « UNE MIDINETTE 1 – Lui – C'est ce joli petit péton-là... qui va gagner la course des Midinettes ?... » © Photographie LM.
Photographie 3 : Carte postale intitulée « Petite midinette ». © Photographie LM.
amidinetteunjolipetitpeton300lmCet article fait suite à celui sur Les grisettes, les cousettes et les trottins. Au XIXe siècle on donne à celles-ci de nombreux autres noms, car Paris qui s'agrandit énormément compte un nombre très important de ces ouvrières dont beaucoup travaillent dans la mode. Aujourd'hui les petites mains de la mode et du luxe ont presque disparu en France. Il ne reste que des artisans. Alors qu’avant les années cinquante la MIDINETTE et le trottin égayent les rues parisiennes de leur beauté simple mais élégante. Ces grisettes disparaissent  avec le prêt-à-porter et la fin du sur-mesure (voir article intitulé Le tailleur).
Le nom de 'midinette' est utilisé à la fin du XIXe et au XXe pour désigner les jeunes filles travaillant dans la mode. Elles sont souvent représentées dans les premières cartes-postales. Avant elles il y a donc les grisettes, cousettes et trottins (et pendant pour celles-ci) et puis les femmes du quartier, les mimis, les mimi-pinsons, les pré-catélanières, et les musardines, musettes et noceuses qui sont des habituées des lieux dansant peu mondains et dont je parlerai dans l'article sur les lorettes. Les grisettes parisiennes sont en effet assez libres. Elles n’hésitent pas à draguer, sortir, avoir une ribambelle de jeunes hommes autour d'elles … La FEMME DU QUARTIER est une « Grisette qui a la spécialité de l’étudiant et qui se garderait bien de frayer avec les bourgeois ou les militaires de peur de déplaire à Paul de Kock. On dit aussi Femme de l’autre côté (sous-entendu) de la Seine. » (Delvau, Alfred, Dictionnaire de la langue verte, apetitemidinette300lmdeuxième édition, Paris, E. Dentu, 1867). Quant à la MIMI-PINSON, c'est un personnage d'un poème d'Alfred de Musset (1810-1857) intitulé Mimi Pinson, profil de grisette  repris dans d'autres oeuvres et s'inspirant d'un genre de grisette que l'on appelle ainsi depuis.
Photographies : Page de couverture de la revue Femina du 1er Décembre 1903 (n°69) contenant un article sur  « La Sainte-Catherine ». © Photographies LM. Voici des passages du texte : « Tous les ans au 25 Novembre, la Sainte-Catherine, qui est la fête de toutes les jeunes filles, est célébrée avec une solennité particulière dans les ateliers parisiens où les « Midinettes » la préparent avec un soin religieux. Il est donc naturel que nous invitions aujourd’hui nos lectrices à une promenade dans un atelier un jour de Sainte-Catherine. […] Passons à la fête – nuancée cette fois de quelque mélancolie – des petites ouvrières parisiennes. Ce sont les couturières qui la célèbrent avec le plus d’entrain, puis les modistes. Chez les fleuristes et les plumassières la tradition se perd, peut-être parce qu’elles n’ont pas sous la main tous les éléments du fameux bonnet. Ah ! ce bonnet ! qui pourra jamais dire combien de talent et d’ingéniosité sont dépensés pour la confection de cet extravagant et anachronique couvre-chef. On y passe des nuits, on y dépense des sommes folles – jusqu’à dix francs ! – les ateliers rivalisent pour ce chef-d’œuvre que la propriétaire, après ce jour de plaisir mélangé de tristesse, serrera comme une raFeminadec1903couverture300lmelique dans son armoire… Donc le bonnet est prêt. La midinette – non mariée, ne l’oublions pas – qui compte vingt-cinq printemps révolus est désignée. Il ne s’agit plus que de réunir les fonds pour faire une modeste bombance et payer aussi les frais du bonnet. On se cotise d’abord, puis en chœur on vient ensuite « taper » la patronne, c’est-à-dire solliciter d’elle sa cotisation, laquelle couvre en général, la moitié des frais. Ou bien on a recours, pour arrondir la somme, à la bourse de particuliers renommés pour leur générosité et qui ne se font jamais prier, comme ceci arriva l’an dernier au comte d’Haussonville, membre de l’Académie Française. Voici la description du bonnet classique : il est en forme de béguin et en mousseline de soie ; il porte deux nœuds jaunes et deux bouffants de chrysanthèmes jaunes ; il est orné à profusion de rubans jaunes, de symboliques fleurs d’oranger et muni d’une gigantesque épingle au motif plus ou moins biscornu. Après un déjeuner où, selon les moyens, le vin blanc cacheté, le cidre mousseux, le saumur pétillant, l’extra-dry, coulent à flot, on fait appel à l’art ( !) de musiciens ambulants. Des bals s’organisent dans l’atelier soigneusement débarrassé. Enfin, une des ouvrières offre le bonnet à celle de ses camarades qui remplit les conditions traditionnelles. A cinq heures, sortie en pompe, dans la curiosité des badauds amassés. Ensuite, dîner, sous la présidence de la patronne, invitée. S’il reste quelques francs on va au théâtre afin de clôturer dignement cette journée mémorable. Grâce à l’initiative de M. Gustave Charpentier, l’auteur de Louise, et de nombreuses personnalités parisiennes, l’accès de certains établissements est gratuit. Et voilà comment, chaque année, on célèbre la Sainte-Catherine, patronne des jeunes et des vieilles filles. Ne cherchons pas ce qu’il peut y avoir de tristesses inavouées, d’illusions flétries sous tant de gaité … Il n’y a qu’à Paris que l’on puisse ainsi refouler une grosse larme dans un sourire … »

aFeminadec1903couverturedetail300lm© Article LM

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Blog nouvelle formule

Le blog de La Mesure de l'Excellence change. Il se recentre en particulier sur ce que j'appelle les petits-maîtres de la mode. C'est un boudoir à ma mesure : la meilleure des mesures étant de se connaître soi-même et de s'accepter tel-quel.

 

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Prochaines ventes aux enchères parisiennes

porcelaine300Photographie 1 : Faïence marseillaise du XVIIIe siècle provenant de l'atelier de Bonnefoy. « Beau et rare plat ovale [de 47,5 cm de long] de forme chantournée à décor d'une grande réserve ovale couple300centrale, soulignée d'un filet en dorure, ourlé de dents de loup, orné d'un large paysage polychrome maritime avec pêcheurs, bateau, et dans le lointain, une forteresse. Petite guirlande en dorure sur la bordure. » © Chayette & Cheval.
Le mercredi 19 octobre 2011 à Drouot Richelieu à Paris, la société de ventes volontaires Chayette & Cheval organise une vente de céramiques anciennes provenant de la collection du docteur Chompret grand collectionneur de faïence française et de majolique italienne.
Le même jour et au même endroit, la maison de vente aux enchères Boisgirard propose un ensemble de tableaux, mobilier et objet d'art particulièrement intéressants.
peinture4300Photographie 2 : « École flamande du XVIe siècle, entourage de Hendrick de CLERCK (Bruxelles 1570 – 1630). " Apollon et Vénus, dans un paysage montagneux ", Marsyas en arrière plan. Huile sur panneau de chêne parqueté (fentes aux quatre planches et restaurations). 94 x 119 cm. » © Boisgirard.
Photographies 3 et 4 (détail) : « Claude Vignon (Tours 1593 - Paris 1670) " Le jugement de Pâris ". Huile sur toile (quelques restaurations). 97 x 78 cm » © Boisgirard.
Photographie 5 : « École française de la fin du XVIIIe siècle, entourage de Piat-Joseph SAUVAGE (Tournai 1744 – 1818). " L'éducation de l'Amour " - " L'Amour dansant "Deux peinture4detail300huiles sur leur toile d'origine, en grisaille, formant pendants (restaurations et accidents anciens). 100 x 127 cm chaque. » © Boisgirard.
Photographies 6 et 7 (détail) : « Pierre-Thomas Le Clerc (1740 – 1791). " La piété filiale ou l'amour maternel ". Plume, lavis gris et rehauts d'aquarelle. Signé P. Le Clerc et daté 1776 à la base du socle de l'autel. Inscription dans le cartouche en bas. 41 x 27 cm. » © Boisgirard.
A noter le 26 octobre la vente Massol.
amours300Photographies 8 et 9 : « Table à complication. Formant pupitre à transformation et double pupitre à crémaillère orné de deux bras de lumière amovibles en acajou de Cuba massif. La ceinture ouvre par deux tiroirs et une tablette dépliante formant écritoire. Le fût central à six pans repose sur un piétement tripode. Estampillée J CANABAS et poinçon de jurande. Travail parisien d'époque Louis XVI. Joseph GENGENBACH dit CANABAS (1712 - 11 juillet 1797) reçu Maître à Paris le 1er avril 1766. Haut: 72,5 - Larg: 55 - Prof: 37cm. » © Massol. La table à complication est un genre de mobilier qui est un des exemples de l'ingéniosité des grands ébénistes du XVIIIe siècle, qui allient l'élégance, la finesse et la fonctionnalité à la nouveauté, l'intelligence et le jeu. Si celle présentée ici fait office à la fois de table, d'écritoire et de pupitre, certaines comme celle-ci ajoutent d'autres autel300 fonctionnalités.
Audap & Mirabaud présente le lundi 27 novembre une vente « Tableaux Anciens, Peintures & Arts Graphiques ».
Photographie 10 : « Coignet Gillis (1542-1599), attribué à. « L'allégorie de la Musique ». Panneau de chêne, deux planches, renforcé. 36 x 48,5 cm. » © Audap & Mirabaud.
Le lundi 7 novembre, Beaussant Lefèvre propose une vente toujours à Richelieu Drouot à Paris avec divers objets intéressants.
Photographie 11 : Nicolas Lawreince (1737-1807)  : « Les soins mérités Aquarelle, rehauts de gouache. (Ensollé). 21,1 x 15,2 cm Cachet de la collection Marius Paulme en bas à droite (L. 1910). » © Beaussant Lefèvre.
On peut consulter la vente de la même maison du mercredi 26 octobre ici.
auteldetail300Les 17 et 18 novembre est dispersée à l'Hôtel Drouot par la maison Ader « la monumentale collection d’André Bernard, la plus importante jamais consacrée à Sacha Guitry. Depuis l’âge de 13 ans, André Bernard, n’a pas passé une journée sans que l’une de ses pensées n’aille vers Sacha Guitry ; en 50 ans il a rassemblé plus de 700 pièces : manuscrits, autographes, dessins, tableaux, affiches, correspondances... qui font revivre tout le parcours de ce génie au talent multiforme à la fois auteur et comédien, cinéaste et metteur en scène, dessinateur et journaliste, peintre et collectionneur acharné, moraliste et mémorialiste, pamphlétaire courageux et même publicitaire ! »
Photographie 12 : « Photographie avec inscription autographe au verso, 9 avril 1919; tirage argentique, 16,5 x 22,5 cm. © Photographie de Sacha Guitry aux côtés de son père en Pasteur, au premier rang de corbeille au milieu du public du théâtre du Vaudeville, avec cette note autographe au dos du cadre: « 9 avril 1919. 100me de Pasteur représentation gratuite offerte aux artistes dramatiques et aux étudiants ». » © Ader.
table300A noter un résultat assez impressionnant : La maison Ader Nordmann a vendu une suite presque complète de la revue de mode Costumes français (Paris, Esnauts & Rapilly) datant de 1776- 1781 pour 190 000 € alors que celle-ci était estimée entre 5 000 et 8 000 €.
Photographie 13 : Costumes françois. « Paris, Esnauts & Rapilly, 1776- 1781. Deux volumes in-folio, pleine basane marbrée, dos à nerfs orné, triple filet doré courant sur les coupes, signets (reliure de l'époque). Extraordinaire et probablement unique exemplaire, dans sa reliure d'époque, de cette suite quasi-complète de planches couleurs illustrant à merveille l'art français du costume, parvenu à son faîte. Ces deux volumes réunissent 36 cahiers totalisant 216 planches. Les titres des livraisons n'ont pas été conservés. Il n'y a pas les quelques livraisons parues postérieurement. C'est à peine si l'ouvrage fut atteint des injures du temps: les coins sont émoussés, parfois écorchés, les coiffes attaquées (dont l'une dénudée) ; l'ouvrage, néanmoins, est absolûment charmant, et ses planches, d'une parfaite fraîcheur, diffusent encore le parfum de la douceur de vivre. Chaque planche est précédée d'un feuillet de papier vergé en guise de serpente à décharger (filigrane: O. OUVRARD / ENMARCHE / 1778.) musique300Costumes de cours, de ville, ou de théâtre, souvent très longuement décrits, avec le nom de leur costumier (aujourd'hui certains disent « créateur ») ou le nom de l'acteur et de la pièce (par exemple, le Barbier de Séville, Athalie). Parues en livraison dès 1776 (et non pas 1778 comme la chose est communément admise), ces planches constituent le plus ancien des périodiques de mode français. très bel exemplaire, rarissime dans cette condition & en coloris d'époque (2 volumes) Premier volume: - 1ere Suite des Costumes François pour les Coeffures depuis 1776: A: 6 planches (1 à 6) - 2e Cahier des Nouveaux Costumes Français pour les Coeffures: 6 planches (7 à 12) - 3e Cahier des Modes françaises pour les Coeffures depuis 1776: C: 6 planches (13 à 18) - 4e Cahier des Costumes Français pour les Coeffures en 1777 et 1778: D: 6 planches (19 à 24) - 5e Cahier des Costumes Français pour les Coeffures depuis 1776: E: 6 planches (25 à 30) - 6e Cahier de Modes Françaises pour les Coeffures depuis 1776: F: 6 planches (31 à 36) - 7e Cahier des Costumes Français. 1ere suite d'Habillemens de Femmes à la mode: G: 6 planches (37 à 42) - 8e Cahier des Costumes Français. 2e Suite d'Habillemens de Femmes à la mode: H: 6 planches (43 à 48) - 9e Cahier des Costumes Français. 3e Suite d'Habillemens a la mode: J: 6 planches (49 à 54) - 10e Lawreince300Cahier de Costumes Français. 4e Suite d'Habillemens a la mode: 6 planches (non numérotées) - 11e Cahier des Costumes Français. 5e Suite d'Habillemens a la mode en 1778: 6 planches (non numérotées) - 12e Cahier de Costumes Français. 6e Suite d'Habillemens a la mode en 1778: M: 6 planches (67 à 72) - 13e Cahier des Modes Françaises. 7e Suite d'Habillemens a la mode: N: 6 planches (73 à 78) - 14e Cahier de Costumes Français. 8e Suite d'Habillemens et Modes en 1778. 1er Cahier pour le 1er Volume: O: 6 planches (79 à 84) - 15e Cahier de Costumes Français. 9e Suite d'Habillemens a la mode, en 1778: (cahier non lettré): 6 planches (non numérotées) - 16e Cahier de Costumes Français. 10e Suite d'Habillemens a la mode: Q: 6 planches (non numérotées hormis la seconde: 92 ) - 17e Cahier de Costumes Français. 11e Suite d'Habillemens à la mode en 1779: (cahier non lettré): 6 planches (non numérotées) - 18e Cahier de Costumes Français. 12e Suite d'Habillemens a la mode en 1779: S: 6 planches ( 103 à 108) Second volume: - 19e Cahier de Costumes Français. 13e Suite d'Habillemens a la mode depuis 1776: T: 6 planches (109 à 114) - 20e Cahier de Costumes Français. 14e Suite d'Habillemens à la mode, en 1779: U: 6 planches (115 à 120) - 21e Cahier de Costumes Français. 15e Suite d'Habillemens à la mode en 1779: V: 6 planches (121 à 126) - 22e Cahier de Costumes Français. 16e Suite d'Habillemens à la mode, en 1779: X: 6 planches (127 à 132) - 23e Cahier des Costumes Français. 17e Suite d'Habillemens a la mode en 1779: Y: 6 planches (133 à 138) - 24e Cahier des Costumes Français. 18e Suite d'Habillemens à la mode, en 1779: Z: 6 planches (139 à 144) - 25e Cahier de Costumes Français. 19e Suite d'Habillemens a la mode en 1779: aa: 6 planches (145 à 150) - 26e Cahier de Costumes Français. 20e Suite d'Habillemens à la mode en 1779: bb: 6 planches (151 à 156) -SachaGuitry300.jpg 27e Cahier de Costumes Français. 21e Suite d'Habillemens à la mode, en 1779: cc: 6 planches (157 à 162) - 28e Cahier de Costumes Français. 22e Suite d'Habillemens à la mode, en 1780: dd: 6 planches (163 à 168) - 29e Cahier de Costumes Français bis, Pour servir de Suplément à la 7e Suite d'Habillemens à la mode en 1780: ee: 6 planches (169 à 174) - 29e Cahier de Costumes Français. 23e Suite de Coëffures à la mode, en 1780: ee: 6 planches (169 à 174) - 30e Cahier de Costumes Français. 23e Suite d'Habillemens à la mode, en 1780: ff: 6 planches (175 à 180) - 31e Cahier de Costumes Français. 24e Suite d'Habillemens à la mode en 1780: gg: 6 planches (181 à 186) - 32e Cahier de Costumes Français. 25e Suite d'Habillemens à la mode en 1780: hh: 6 planches (187 à 192) - 33e Cahier de Costumes Français. 26e Suite d'Habillemens à la mode, en 1780: jj: 6 planches (193 à 198) - 34e Cahier de Costumes Français. 8e Suite de Coëffures a la mode en 1780: ll: 6 planches (199 à 204) - 35e Cahier de Costumes Français. 27e Suite d'Habillemens à la mode en 1781: ll: 6 planches (199 à 204) Nota bene : les planches des 34e et 35e cahiers sont alternées, de telle sorte que l'on trouve la 199 des Habillemens suivie de la 199 des Coëffures, et ainsi de suite. » © Ader.

costumefrancais© Article LM

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Les petites mains de la mode française 1 : les grisettes, cousettes et trottins.

aleleverdesgrisettes300lmaleleverdesgrisettesdetaila300lmPhotographies 1 et 2 : 'Le lever des grisettes'. Estampe d'époque 1802-1812. © Photographies LM. Un autre exemple est ici. Celle-ci a un pendant : Le coucher des grisettes.
J'ai plusieurs fois dit dans ce blog que j'allais faire des articles sur les petites mains de la mode française dont elles sont une partie intégrante et importante. Je suis donc heureux de constater que du 14 octobre 2011 au 15 janvier 2012, la Maison de Balzac à Paris accueille une exposition intitulée : Elle coud, elle court, la Grisette... « Une centaine d’œuvres de toute nature (peintures, caricatures, faïences, livres et journaux illustrés, partitions, échantillons d’étoffe) sont réunies en un parcours décliné suivant cinq thèmes, au cœur de la représentation de la grisette au temps de Balzac (1815-1850). Pour chaque section, des chansons de la première moitié du XIXe siècle, spécialement sélectionnées pour le parcours, ont été interprétées par Le Hall de la chanson, et font l’objet d’une diffusion sous des bonnets ou chapeaux sonores.  I – La grisette en conditions II – Constellation grisette III – À quoi reconnaît-on une grisette ? IV – Les plaisirs et les jours… et les nuits ! V – Fil et profils : du trottin à la passante. »
grisettesunbal300lm.jpgPhotographie 3 : Livret d’époque 1838 d’une pièce de théâtre intitulée Un Bal de grisettes. Vaudeville en un acte (Paris). © Photographie LM.
Photographie 4 : Illustration intitulée « La grisette » du chapitre LXIV « Les grisettes et les lorettes » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second). © Photographie LM.
La GRISETTE est un personnage important de la mode française. Depuis le XVIIe siècle des textes relatent la beauté des couturières, vendeuses et autres petites mains de la mode dans ce quartier du bon goût qui entoure le Palais-Royal. Si leur vie à Paris est celle de travailleuses à bas salaires, elles y trouvent une certaine liberté, de l'espoir d'ascension sociale parfois réalisée, et pour les plus belles peuvent jouir de la galanterie de la capitale française où tous aiment à badiner.
Dès 1797, année de sa fondation, le Journal des Dames et des Modes rend hommage à la grisette dans sa planche n°33 : « Costume parisien. Grisette en négligé du matin, faisant sa provision au marché des Quinze-Vingts » (Voir ici cette estampe). Il existe plusieurs estampes de dames représentées de cette manière comme ici : Femme de qualité en grisette (1683), ou ici : La Grisette (1776).
Voici des représentations de grisettes au XIXe siècle : Les grisettes de Paris (1856) ; dessin à la plume, encre brune et aquarelle de Constantin Guys (1802-1892) intitulée Grisette au tablier jaune.
atableaudeparis1853lagrisette500lmAu XVIIIe siècle on emploie surtout le nom de 'grisette' pour signifier de jolies petites mains : des ouvrières souvent employées dans la mode. Jeunes, sans fards, assez pauvres, elles peuvent avoir aletrottin300lmune réelle vénusté. Et même si certaines élégantes du XVIIIe et avant font œuvre d’un raffinement extrême, la beauté brute n’est jamais méprisée en France, au contraire (comme en témoigne le goût pour les pastorales) et cela de tous temps. Cependant ce nom au XVIIIe siècle garde une signification liée à une condition médiocre ; et il faut attendre l'édition de 1832-5 du Dictionnaire de L'Académie française pour que soit ajoutée à cette définition celle « d'Une jeune ouvrière coquette et galante » : « se dit aussi d'Une jeune fille ou d'une jeune femme de médiocre condition ; et, plus particulièrement, d'Une jeune ouvrière coquette et galante. Il n'y avait que des grisettes à ce bal. Il ne voit que des grisettes. Ce sens est familier. » Le terme désigne souvent des ouvrières ou employées de maisons de modes et de beautés, gracieuses et se laissant courtiser assez facilement : « couturières, modistes, fleuristes ou lingères, enfin tous ces gentils minois en cheveux, chapeaux, bonnets, tabliers à poches, et situés en magasins » (Balzac, Œuvres div., t. 2, 1831, p. 277). « Quand la grisette assise, une aiguille à la main, Soupire, et de côté regardant le chemin, Voudrait aller cueillir des fleurs au lieu de coudre » (Hugo, Châtim., 1853, p. 347). La grisette est un personnage coutumier de la littérature de la première moitié du alegrisetdumidi300lmXIXe siècle : pièces (comédies, vaudevilles …), opérettes, romans, chansons … la mettent en scène. Mais ce mot est petit à petit remplacé par d'autres sans doute du fait de sa connotation péjorative : 'grise'.
Photographie : Carte postale semblant avoir un tampon de La Poste de 1905 d'une série intitulée « Comment ils déjeunent » avec ici « IV. Le trottin. » © Photographie LM.
Comme son nom l’indique, la COUSETTE est employée dans les maisons de couture.
Le TROTTIN désigne plus que des petites-mains de la mode  : des petits pieds qui « trottent » dans Paris entre clients et marchands … avec des boîtes à chapeaux sous le bras ou d'autres parures de mode. Le terme est ancien. Au XVIe siècle on appelle « trottins » les « pieds ». Au XVIIe on désigne ainsi un  petit laquais ou petit commis qui fait les courses ou le coursier, puis au XIXe siècle aussi une apprentie ou jeune ouvrière modiste, couturière ou autre chargée de faire les courses et des livraisons. Ce terme est encore employé dans la première moitié du XXe siècle. On utilise aussi les mots de trottin' et 'griset' pour désigner les équivalents masculins.
Photographie : Estampe du XIXe siècle signée Ferocio et Birouste intitulée : « Le griset du Midi. » © Photographie LM.

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Merveilleuses & merveilleux