La dame, la femme, la fille et l'homme de qualité

damesdequalite2-300Photographie 1 (de gauche) : Gravure de N. Arnoult (« N. Arnoult fecit ») intitulée : « Femme de qualité en habit d'Eté » (« Ce vend à Paris Chez N. Arnoult rue de la Fromagerie aux halles, à l'image Saint Claude Avec Privil[ège] du Roi. »).
Photographie 2 (de droite) : « Femme de Qualité en Déshabillé, se promenant le matin à la Campagne cet habit est blanc, garni de bandes de toile peinte, et consiste en une jupe et un corsage avec queue troussée par derrière. » (« A Paris chez Esnats et Rapilly, rue St-Jacques à la Ville de Coutances A.P.D.R. [pour 'Avec Privilège du Roi'] »). La gravure originale provient de la revue du dernier tiers du XVIIIe siècle intitulée : Gallerie des Modes et Costumes Français. 7e. Cahier des Costumes Français. 1ere Suite d’Habillements de Femmes à la mode. Cette estampe est sans doute une réimpression postérieure.
aventuresdunhommedequalitepagede titre300lmPhotographie 3 : Page de titre du tome premier de Mémoires et Aventures d'un Homme de Qualité, Qui s'est retiré du Monde (La Haye, M. G. Merville & J. Vander Kloot, 1729).

La femme de qualité est l’équivalent de la dame de qualité (voir définition). A partir du XIXe siècle on n’emploie presque plus que l'expression 'femme de qualité', celle de 'dame de qualité' étant associée à l’ancien régime. Les femmes de qualité sont généralement de grandes protectrices des arts mais aussi des indigents. Comme l’écrit Restif de la Bretonne (1734-1806) dans Les Nuits de Paris (1788-1794) : « Une femme de qualité avait des vapeurs ; elle ne savait que faire d’elle-même et de sa fortune ; elle est devenue bienfaisante, et elle n’a plus de vapeurs. ». De nombreuses estampes représentant des femmes et dames de qualité sont éditées à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe (voir des exemples plus loin). On utilise même des superlatifs pour les désigner : Dame de la plus haute qualité (1693) ; Dame de grande qualité en habit d'hiver ; Femme Turque de grande qualité. On dit aussi 'fille de qualité' : estampe représentant une Fille de qualité apprenant à danser.
Quant à l'homme de qualité il en est un peu question dans l'article sur L'honnête homme.
aventuresdunhommedequalitesuitetome4-300lm.gifPhotographie 4 : Tome quatrième de Suite des Mémoires et Aventures d'un Homme de Qualité, Qui s'est retiré du Monde (La Haye, M. G. Merville & J. Vander Kloot, 1729).

Voici quelques images :

Femmes de qualité : Femme de qualité déshabillée pour le bain (1685) ; Femme de qualité en robe de chambre se disposant à jouer (1685) ; Femme de qualité en déshabillé d'été (1687) ; Femme de Qualité en Déshabillé d’Été (1687) ; Femme de qualité au rafraîchissement des Liqueurs (1688) ; Femme de qualité habillée en Corps de Robe (1688) ; Femme de qualité habillée en Sultane (1688) ;  Femme de qualité habillée en Sultane (1688) ; Femme de Qualité en déshabillé (1689) ; Femme de Qualité (1692) ; Femme de qualité Dansant (1694) ; Femme de qualité dansante ; Femme de qualité en écharpe ; Femme de qualité sur un Canapé ; Femme de Qualité en déshabillé d'hiver ; Femme de Qualité en déshabillé ;  Femme de qualité allant incognito par la Ville ; Femme de qualité en habit de bal (1725?) ; Femme de qualité de Juida (1796).

Dames de qualité : Dame de Qualité en déshabillé reposant sur un Lit (XVIIe) ; Le Soir Dame de qualité jouant aux Cartes (XVIIe) ; Dame de Qualité Jouant de la Guitare (XVIIe) ; Le Matin Dame de Qualité à sa Toilette (XVIIe) ; Le Midi Dame de Qualité faisant la Méridienne [sieste].
Autre femme de qualité : Négresse de qualité de l’Île St Louis dans le Sénégal (1796).
Hommes de qualité : Homme de qualité en habit d'hiver (1678) ; Homme de Qualité en Habit d’Été (1682?) ; Homme de Qualité allant incognito par la Ville (1689) ; Homme de Qualité jouant du Tympanum (1697).

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Le fendant

D’après Alfred Delvau (1866), le fendant est un « Homme qui marche d’un air conquérant, le chapeau sur le coin de l’oreille, les moustaches relevées en crocs, la main gauche sur la hanche, et de la droite manœuvrant une canne - qui n’effraye personne. Il y a longtemps que le peuple emploie cette expression … » Le fendant est à rapprocher du faucheur (voir l'article Le faucheur).
Photographie : Première page de couverture de Physiologies parisiennes (La Librairie illustrée, 1886), ouvrage d'Albert Millaud (1844-1892).

physiologiesparisiennes300lm.jpg© Article et photographie LM

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Le col cassé

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D’après le Dictionnaire de la langue verte (1867) d’Alfred Delvau le col cassé est un « Gandin, - homme à la mode de 1865. » Voir l'article sur le Gandin. L'expression vient d'un genre de col particulièrement élégant, aujourd'hui aussi appelé 'col de cérémonie', très à la mode au XIXe siècle, à une époque ou la cravate s'enroule plusieurs fois autour du cou.
Photographies : Détail d'une image datant d'un peu avant 1865 mais avec une cravate nouée autour d'un col cassé.

lecharivarimodesdujourdetail300lm© Article et photographies LM

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Le modeux

Le terme de 'modeux' désigne un homme à la mode déjà au tout début du XXe siècle, et sans doute un peu avant. Il est encore employé aujourd'hui d'autant plus facilement qu'il vient de 'mode' et qu'on lui ajoute un suffixe qui sonne actuellement de manière péjorative.

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Le cercle, le cercleux, le clubman, les salons.

Fremond Les collectionneurs havrais visitant une galerie dePhotographies 1 et 2 : 'Les collectionneurs havrais visitant une galerie de  peinture'. Aquarelle sur papier (54 x 71 cm), de vers 1910, présentée à l'exposition Le Cercle de l'art moderne : Collectionneurs d'avant-garde au Havre se déroulant  au musée du Luxembourg à Paris du 19 septembre 2012 au 6 janvier 2013. Collection particulière (ancienne collection Georges Dussueil). © Florian Kleinefenn. On remarque l'enfant portant un tableau avec un énorme soleil.
Photographie 3 : Affiche de l'exposition Le cercle de l'art moderne avec une représentation recadrée de l'huile sur toile de Kees Van Dongen intitulée 'La Parisienne de Montmartre' (vers 1907 - 1908). © Affiche Réunion des musées nationaux - Grand Palais / musée du Luxembourg. © Adagp, Paris 2012.
Fremond_Les_collectionneurs_havrais_visitant_une_g-copie-1.jpgUn cercleux est un homme de la fin du XIXe siècle et du début du XXe qui appartient à un cercle. En France depuis toujours certaines réunions assemblent des personnes à la pointe de la modernité sociale : durant l'Antiquité, le Moyen-Age. Au XVIe siècle des académies et autres réunions de l’intelligentsia de l’époque se forment … puis des salons très fréquents au XVIIIe siècle, et qui continuent pendant tout le XIXe. Les femmes jouent dans tout cela un rôle prépondérant ; celles-ci étant très souvent même à l'origine de ces réunions.
Comme nous l’apprend Louis-Sébastien Mercier (1740-1814) dans Tableau de Paris (1781) les cercles sont importés d’Angleterre dans le dernier tiers du XVIIIe siècle : « Le goût des cercles, inconnu à nos pères, et copié des Anglais, a commencé à se naturaliser à Paris. Dans ces sortes d’assemblées, on s’instruit en s’amusant ; l’histoire, la physique, la poésie, s’y donnent la main : c’est une espèce d’académie composée de personnes de tout état, où le goût de toutes les sciences et de tous les arts y fait un heureux mélange, qui doit contribuer à leurs progrès. » Ces cercles culturels semblent fonctionner avec des abonnés qui assistent à des conférences touchant des domaines variés. Au XVIIIe siècle, le Musée est l’un d’entre eux, ou le Lycée qui se tient près du Palais Royal. La capitale offre toutes sortes de distractions dont raffolent les parisiens des plus frivoles aux plus intellectuelles.
Au XIXe siècle et au début du XXe, appartenir à un cercle prestigieux est une marque d’exclusivité, d’une forme de chic très britannique, l’expression d’une mode mondaine et bourgeoise, d’une certaine classe sociale, celle qui a le temps de se poser sur un moelleux divan tout en y faisant des affaires, de partir en vacances dans une station balnéaire … Le plus fameux des cercles est le Jockey Club. Il est créé par la Société d'encouragement pour l'amélioration des races de chevaux. Y appartenir est une consécration pour certains élégants du boulevard. Mais les places y sont comptées. On y soupe, joue, s’occupe de chevaux, organise des parties fines ... On remarque qu'on ne dit pas ici 'cercle' mais 'club'.

Le clubman (au pluriel 'clubmen') est un habitué des cercles ou clubs du XIXe siècle et du XXe. Le terme même montre l'origine anglaise de la pratique des clubs qui à l'origine réunissent les hommes de la haute société britannique. A la fin du XVIIIe siècle le club (prononcé 'clob') désigne en France « la réunion, les assemblées de plusieurs personnes, à certains jours fixes, pour s'entretenir des affaires publiques » comme on le lit dans le Dictionnaire de l'Académie française de 1798. Pendant la Révolution on désigne ainsi les groupes politiques (club des Cordeliers, club des Jacobins ...). Par la suite cette définition s'élargit aux ressemblements de personnes ayant des intérêts communs.

Il n'est pas certain que la mode des cercles soit importée d'Angleterre comme le dit M. Mercier : tout d'abord parce que le terme est purement français, et ensuite car le fait de se réunir en cercle pour discuter est très ancien en France.

Au XVIIe siècle, le ‘cercle’ désigne la compagnie des princesses et des duchesses assises en rond autour de la Reine, et par extension, tout lieu où cette compagnie (de princesses et de duchesses) se trouve. Ainsi se rendre à un cercle est très chic.
Et puis il y a les cercles des salons où on discourt avec esprit en étant assis en cercle. Certains cercles sont renommés et on cherche à y entrer.
Si le cercle a différentes définitions toutes liées à un certain chic, il en est de même pour le salon. Les salons parisiens invitent des gens en vue (intellectuels, artistiques politiques …). Ce sont des événements mondains dans lesquels peuvent se donner des lectures, concerts, spectacles, bals … où s’exprime le « suprême bon ton ».

Une autre sorte de salon consiste en une exposition très populaire et à la mode à Paris déjà au XVIIIe siècle. Au XIXe, il est chic de faire les expositions et de se montrer dans les grands salons artistiques. Ceux-ci présentent parfois les nouveaux artistes : l’avant-garde du temps dont les protagonistes aiment à se retrouver et forment des mouvements. Diderot au XVIIIe siècle et Baudelaire au XIXe, deux  modernes de leur temps, écrivent au sujet de ces salons et des oeuvres qui y sont exposées. Dans Tableau de Paris (1781), Louis-Sébastien Mercier décrit l’exposition qui a lieu tous les deux ans dans le salon carré du Louvre : « Ce salon est peut-être la pièce la plus régulièrement vaste qui existe dans aucun palais de l’Europe. Il n’est ouvert que tous les deux ans. affiche le cercle de l'art moderne300La poésie et la musique n’obtiennent pas un aussi grand nombre d’amateurs ; on y accourt en foule, les flots du peuple, pendant six semaines entières, ne tarissent point du matin au soir […] On y voit des tableaux de dix-huit pieds de long qui montent dans la voûte spacieuse, et des miniatures larges comme le pouce, à hauteur d’appui. »
Dans les cercles et salons les plus réputés sont invités une partie de la modernité et l'intelligence de l'époque. Le musée du Luxembourg de Paris présente un exemple de cercle du 19 septembre 2012 au 6 janvier 2013 dans une exposition intitulée Le Cercle de l'art moderne : Collectionneurs d'avant-garde au Havre. « Le 29 janvier 1906, un groupe de collectionneurs et d’artistes crée au Havre le Cercle de l’art moderne. Parmi eux : Georges Braque, Raoul Dufy, Emile Othon Friesz et quelques-uns des plus importants amateurs d’art havrais de ce début de siècle : Olivier Senn, Charles-Auguste Marande, Pieter van der Velde, Georges Dussueil, Oscar Schmitz, Edouard Lüthy... L’association se fixe comme objectif de promouvoir l’art moderne au Havre. De 1906 à 1910, le Cercle organise des expositions, des cycles de conférences, des soirées poésie et des concerts. Frantz Jourdain, Guillaume Apollinaire, Claude Debussy apportent leur parrainage à l’association, qui affiche d’emblée sa filiation avec le jeune Salon d’Automne. A l’instigation du Cercle, les œuvres des plus grands artistes du moment sont présentées au Havre, notamment lors des quatre expositions annuelles : les « vieux » impressionnistes tels Monet, Renoir..., les néo- impressionnistes mais surtout les jeunes fauves, entraînés par leurs amis Braque, Dufy, Friesz, qui trouvent tous dans cette ville assez proche de Paris, un accueil favorable et un débouché possible à leur production récente ... »

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Le cacouac et le libertin

gravelot1744300lmPhotographies : Gravure de « L. Truchy » (Louis Truchy: ? - 1764) d'après un dessin de « H. Gravelot » (Hubert François Bourgignon dit Gravelot : 1699 - 1773) datant de 1744.
Le terme de 'cacouac', qui signifie plus ou moins 'mauvais', est inventé pour désigner en se moquant de lui le philosophe des Lumières ; puis est utilisé par celui-ci même. Le cacouac est donc un philosophe des Lumières aux moeurs singulières pour l'époque, gorgé d’enthousiasme, caustique, se targuant d’indépendance vis-à-vis des grands, libre ... On sait l’importance de celui-ci dans l’évolution de la civilisation. Comme l’écrit P. - F. Tissot (1768-1854) dans Les Français peints par eux-mêmes (tomes édités entre 1840 et 1842) : il soumet « tout à une analyse sévère » ; et offre « l’exemple d’une pureté, d’un désintéressement, d’une droiture d’intentions qu’on ne saurait oublier ».
Ce mot semble être employé pour la première fois dans un article anonyme du Mercure de France du mois d’octobre 1757, intitulé Avis utile, ou Premier Mémoire sur les Cacouacs. Son auteur semble être Jacob-Nicolas Moreau (1717-1803) qui écrit ensuite, la même année, un Nouveau Mémoire sur les Cacouacs (visible ici). Ces deux titres inspirent Joseph Giry de Saint Cyr (1699-1761) pour son Catéchisme et décisions de cas de conscience à l’usage des cacouacs, avec un discours du patriarche des cacouacs, pour la réception d’un nouveau disciple. Une nouvelle querelle littéraire a donc lieu, après celle des anciens et des modernes ; où cette fois la question n'est pas la suprématie ou l'infériorité de l'Antiquité sur le monde contemporain, mais de la supériorité de la raison sur la foi, des lumières humaines (parti philosophique) ou de la lumière divine (parti dévot). Les Lumières reprennent le terme à leur compte. Diderot écrit en 1761 : « je suis encore Cacouac en diable […] il n’y a guère de bon esprit et d’honnête homme qui ne soit plus ou moins de la clique. » Il est logique de voir ici l'expression « honnête homme »  : gravelot1744-400lmvoir l'article intitulé L'honnête homme. Il est vrai aussi que l'esprit des Lumières devient très à la mode pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle, l'intérêt pour les sciences se développant et les cercles sur ces sujets aussi.
Dans son livre intitulé : Bibliothèque des petits-maîtres, ou mémoires pour servir à l'histoire du bon et de l'extrêmement bonne compagnie (Au Palais-Royal, Chez la petite LOLO, Marchande de Galanteries, à la Frivolité, 1762 la première édition date de 1761), Charles Gaudet donne une définition du cacouac en le faisant du petit-maître d'alors, en le décrivant avec un « esprit d’irréligion, que l'on nomme communément esprit philosophique. »
Les Lumières sont en partie dans la suite du matérialisme des libertins qui considèrent que l'univers relève de la matière imposant ses lois. Avec leur déterminisme naturel, les libertins sont eux-mêmes dans la lignée de l'Humanisme des XVe-XVIe siècles, et mettent en place les fondements qui aboutissent à l’Encyclopédisme puis à la Révolution et à la société industrielle. Comme eux ils sont indépendants, en particulier des pouvoirs, qu'ils soient religieux ou politiques. Ils sont libres penseurs. La liberté est leur credo comme l'indique leur nom. Ils opposent la raison à la superstition. Il résulte de tout cela un certain amour de la vie et de ses plaisirs que l'époque Régence (1715-1723) symbolise notamment par son art tout entier dédié à la volupté.
Le libertin est avant tout associé au début du XVIIe siècle et au règne de Louis XIV (1643-1715). On le retrouve après cette période et avant (le mouvement naîtrait au XVIe siècle en Italie). Tristan L’Hermite (1601-1655) et Charles Sorel (après 1582-1674) qui écrit Les Lois de la galanterie (1644) sont de véritables libertins qui s’affichent comme tels. Dans son livre La mode, ou Caractère de la religion, de la vie, de la conversation, de la solitude, des compliments, des habits et du style du temps (1642) François Grenaille (1616-1680) définit le libertin comme croyant qu’il n’y a rien au-delà des sens. Certains petits-maîtres sont eux-mêmes libertins. Dans Les Nuits de Paris (1788-1794), Restif de la Bretonne (1734-1806) utilise souvent ce mot. On dit aussi 'libertine' ou 'fille' bien que ce dernier désigne avant tout une prostituée. Au XVIIIe siècle, le libertin est vraiment l’acteur de la vie nocturne parisienne. Il est de toutes les parties fines, et dans tous les lieux où il peut accumuler ses conquêtes : dans les manifestations populaires, les académies (salles de jeux), les billards, les cabarets, les théâtres où se jouent des pièces libertines, certains soupers, bals … enfin dans toutes les distractions qu’offre ce siècle où cet homme (ou cette femme) peut trouver ce qu’il désire. Il y a donc plusieurs sortes de libertins ; et il est difficile d'en donner une définition précise à une époque où le libertinage et la volupté sont de mode.

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Le torseur

boulevardierdetail300lmLe torseur est un homme du XIXe siècle qui a de la tournure, de l’élégance, et qui fait des effets de torse. Cette manière de se tenir est à l'opposé de celle décrite dans l'article Le petit-maître en chenille.
torseurs300lmPhotographies du dessus : détails d'illustrations de La Comédie de notre temps (1874-1876) de Bertall (1820-1882) dont certaines ont déjà été publiées dans ce blog.
Photographie du dessous : Illustration du chapitre consacré au bécarre de Physiologies parisiennes (1886) d'Albert Millaud (1844-1892). Cette image a déjà été publiée dans l'article sur Le bécarre. Nous avons à gauche et à droite deux styles de maintien à la mode chez les hommes jeunes. Cependant, de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu'aux années cinquante comprises, la mode masculine reste aux habits serrés et au port altier.

becarressaluant430lm© Article et photographies LM

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La ou le rococo

caseraitjolienblouzedetail300lmEn France, mais aussi en Europe, un style particulier se développe, surtout à partir du XVIIIe siècle et pendant le XIXe, assez surprenant aujourd’hui car en totale opposition avec l'esprit moderne du XXe siècle. Mais à ces époques cela l'est. Certaines porcelaines témoignent de cette mode, avec leurs couleurs franches et leurs motifs rococos (voir article Le baroque et le rococo : les styles et les personnes). caseraitjolienblouzedetailvisages300lmIl n'y a pas de nom pour définir ce style particulier qui rappelle ces porcelaines, si ce n'est peut-être rococo.
Photographies : Lithographie « N°13 » de « Villain » du XIXe siècle représentant un couple arrêté devant un magasin de « nouveautés » avec la jeune femme montrant à son ami ou mari des tissus en disant « Ça serait joli en blouze [écrit ainsi] ... » Ce dernier fait la moue. Ils sont à la mode de vers 1824. Les tons sont dans un mélange de couleurs tendres et pastel.
Photographie du dessous : Porcelaines de Paris du XIXe siècle « dans le goût de Sèvres »  « à décor de putti sur des nuages entourant le chiffre LP couronné de Louis Philippe. Ailes à fond bleu turquoise rehaussées de guirlandes de feuilles de vigne ou filets or. » Cet ensemble est proposé dans la vente aux enchères du dimanche 16 septembre de la collection Gérard Souham par la maison Osenat. Voir le catalogue ici.

PorcelainesLouisPhilippe.jpg© Article et photographies LM

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L'accrocheuse

Au XIXe siècle on appelle, de façon sarcastique, 'accrocheuse' une femme du ‘demi-monde’ qui conduit son propre équipage sur les boulevards à la mode et au bois de Boulogne ; mais qui, ne sachant pas diriger son cheval, accroche régulièrement les autres véhicules. Ce nom est à rapprocher d'autres employés pour définir certaines jeunes femmes modernes en situation comme l’essuyeuse de plâtres dont je donne la définition ici. La biche des deux premières photographies de l'article La biche et le daim pourrait aussi être une accrocheuse.

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Le fringant et la fringante

Le fringant est un petit-maître du XVe siècle. Être fringant c'est se donner des airs pétulants, avantageux. Au temps de Louis XI (1423-1483) les fringantes sont des petites maîtresses ayant pour compagnons les petits maîtres que sont les mignons et les fringants. Elles portent de très nombreux rubans, aiguillettes (cordons, rubans, tissus ... serrés à leurs deux extrémités), des tenues raffinées et nouvelles, de très hautes chaussures. Les noms de fringantes, fringants, fringueraux et perruquiaux, sont présents dans le très intéressant petit livre d'Émile Gigault de La Bédollière (1812 - 1883) Histoire de la Mode en France (1858) retraçant rapidement mais avec justesse, l'évolution des 'tendances' françaises. Je n'ai pas encore trouvé les termes de fringueraux et perruquiaux ailleurs.

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La barbouillée, la sainte-n'y-touche et la mal-assortie

dameauperroquetdetailvisage300La barbouillée, la sainte-n'y-touche et la mal-assortie sont des genres de coquettes décrites par l’abbé d’Aubignac (1604-1676), dans son Histoire du temps ou relation du royaume de coquetterie extraite du dernier voyage des Hollandais aux Indes du levant (1654), dans un passage que je cite dans l'article intititulé Coquettes et coquetteries du XVIIe siècle. Au sujet des manières de se farder, voir l'article sur Le maquillage.
Photographie : Détail d'une gravure de la fin du XVIIe siècle représentant une dame avec un perroquet. Son teint est blanc, ses joues rehaussées de rouge ainsi que ses lèvres, et plusieurs mouches couvrent son visage.

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L'élégant(e) et la vie élégante

lavieelegantelelawntennis300lmPhotographie 1: Début du chapitre sur « Le Lawn-tennis » de La Vie élégante (tome second, 1883).

pariselegant1838page1300lmPhotographie 2 : Paris élégant, Journal des modes, Chronique des salons, des théâtres, de la littérature et des arts du 20 Septembre 1838.
Il est question des élégants dans l'article de ma première exposition : Récapitulatif de l'exposition Modes anciennes.
Honoré de Balzac (1799-1850) écrit dans le journal La Mode du 29 mai 1830 : « La vie élégante est une science, et une science d’autant plus immense qu’elle embrasse toutes les autres sciences, qu’elle est de toutes les minutes. » Son Traité de la vie élégante paraît dans cette même revue du 2 octobre au 6 novembre 1830, et ne sort en livre seulement qu’en 1853 aux éditions de la Librairie nouvelle. Il y donne des définitions de la vie élégante comme celle-ci : « Le principe constitutif de l’élégance est l’unité. Il n’y a pas d’unité possible sans la propreté, sans l’harmonie, sans la simplicité relative. » lavieeleganteauxcoursesdautomne300lmOu bien encore : « L’élégance travaillée est à la véritable élégance ce qu’est une perruque à des cheveux ». Il est à noter qu’il oppose le dandysme à la vie élégante (voir la définition du dandy).
Photographie 3 : Illustration pleine page de La Vie élégante (tome second, 1883) : « Aux courses d'automne ».

Au XIXe siècle, «  la vie élégante » est une expression usitée pour la vie fashionable, chic, c'est-à-dire à Paris : celle du grand monde et de l'aristocratie du faubourg Saint-Germain et du faubourg Saint-Honoré, des hôtels financiers de la Chaussée d’Antin, du Jockey-club, des cercles, des salons, des boudoirs, des courses de la Croix-de-Berny ou de Chantilly, des avant-scènes des théâtres et du foyer de l’Opéra ; de la haute société qui fréquente les salles de jeux ; pratique l’équitation, la chasse ; qui joue au lawn-tennis ; prend des bains de mer ; se repose dans des stations balnéaires ; fréquente le grand monde ; chasse ; s’encanaille avec des actrices ou dans des cabarets, dans les cabinets particuliers de grands restaurants ... Mais s’agit-il véritablement là d’élégance ?

Photographie 4 : Page de Le Bon Choix de Philinte : Petit Manuel de l'Homme élégant de M. Eugène Marsan avec des dessins d'Henri Farge (Paris, Le Divan, 1923).

LesCannesDeMPBourgetD'unelignenouvelle300lm© Article et photographies LM

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Le joly homme

Dans Des Mots à la mode … (1692) de François de Callières (1645-1717), on apprend que les expressions 'joly homme', 'joly officier' ... sont très employées, particulièrement dans la bouche des jeunes courtisans (dans le sens d'appartenant à la cour) du temps de Louis XIV. Voici un passage avec l’orthographe remaniée comme j’ai pris l’habitude de le faire pour faciliter la lecture : « Le mot de joli homme ne peut jamais signifier autre chose qu’un homme joli ; c'est-à-dire bien fait, agréable & qui plaît, & je consens que cette façon de parler demeure en usage dans ce sens là ; mais à condition qu’on n’abusera plus comme on fait de ce terme de Joli, en le mettant en tant d’endroits où il ne convient point … ».
La beauté à cette époque est un signe de valeur pas seulement physique mais aussi morale. L’élégance et la mode expriment cela ; ce qui est difficile à comprendre aujourd’hui, où le confort prime sur la beauté, et où cette dernière est seulement considérée comme un objet de désir, de possession, et non pas comme l’expression naturelle du savoir-vivre.

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L'air emprunté

L'air emprunté est une apparence que l'on se donne qui copie le modèle. Cette expression existe déjà au XVIIIe siècle.

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Le raffiné

Le raffiné est un type d’élégant de la fin du XVIe siècle, à l'époque de Charles IX (1560-1574), sophistiqué, libertin, duelliste et avec un sens de l’honneur très développé.

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La biche et le daim

labicheauboisrecentre300lmlabicheauboisdetail300lmPhotographies 1 et 2 : Assiette de de Choisy-le-Roi (production HB pour Hippolyte Boulenger) représentant dans son centre : « La biche au bois. » « Avec changements à vue, et nombreux trucs. » Une petite maîtresse passe devant deux daims dont l'un mord sa canne en la regardant (voir article sur les Tics fashionables). Elle conduit sa voiture rapidement. Derrière elle un groom est dressé vers l'arrière. Ce médaillon est signé « H. Nyon ». Sur l'aile légèrement chantournée une frise de branchages et feuilles contient notamment deux tambours sur lesquels on peut lire : « Revue » et « L'année 1866 ».
Cet article fait suite à celui intitulé Biches, haute bicherie, bicheuses et daims.
Dans son  livre Hommes et bêtes : Physiologies anthropozoologiques mais amusantes (Paris, Amyot, 1862), Galoppe d'Onquaire (Jean Hyacynthe Adonis Galoppe d'Onquaire) donne une définition de la biche : « … les biches humaines aiment en effet à se réunir par petites troupes, et elles courent volontiers au-devant de qui les poursuit. Elles adorent ce qui reluit, et, comme les alouettes, elles sont faciles à prendre au miroir. daimassiettedetail300lmLa pelouse de Chantilly, les allées du bois de Boulogne sont les pâturages naturels où s'ébat ce gracieux gibier pendant l'été ; lorsque vient l'hiver, c'est à Paris, dans les baignoires de nos théâtres ou dans certains bals publics assez bien tenus, qu'il faut aller les dépister. Elles sont friandes au possible, digèrent merveilleusement la truffe, pourvu qu'elle soit arrosée de vin de Champagne ; leur pelage varie suivant la zone où le hasard les place : la laine ou la soie poussent sur leur dos, selon les vicissitudes de l'atmosphère amoureuse, et c'est toujours le chasseur qui les fait changer de peau. Leurs repas ne sont pas plus réglés que leurs mœurs : il y a des jours et des nuits où la biche ne quitte pas la provende ; elle déjeune, elle dîne, elle soupe, et tout cela avec une merveilleuse facilité et sans que sa santé ait l'air de s'en apercevoir. Elle est alors d'une gaieté, d'un entrain dont rien n'approche ; elle fait son gras, et c'est le moment de la prendre : elle est tendre, bien à point et délicieuse à croquer daimassiette300lm... D'autres fois, quand manque la pâture, vous la voyez errer, de quatre à six heures, le long des trottoirs les plus fréquentés : sa mise modeste, sa tournure décente et timide vous indiquent un faon aux abois ; son œil en coulisse suit tous vos mouvements : elle épie vos impressions, interprète vos désirs, et d'après les impressions du chasseur, elle peut juger si elle dînera ou ne dînera pas ... » La définition donnée ici est quelque peu sévère car présentant la biche comme exclusivement vénale et ne pensant qu'à se nourrir, alors que c'est avant tout une jeune et jolie promeneuse habituée en particulier du bois de Boulogne où tout le Paris élégant se retrouve pour prendre l'air. Il ne s'agit  pas d'un personnage, mais plutôt d'une apparition, comme l'est l'animal qui lui sert de comparaison et qui surgit subrepticement suscitant une certaine admiration pour sa grâce et un désir d'approche.
Le daim est lui aussi un habitué des promenades champêtres et galantes. C'est un dandy, ami ou compagnon de la biche. Ces noms sont utilisés durant le règne de Napoléon III (1852 à 1870) à partir de 1857 comme cela est indiqué dans le précédent article.
Photographies 3, 4 et 5 : Assiette n°11 de la série « Les animaux intelligents » représentant « Le daim », de Creil et Montereau, ayant une marque au dos utilisée entre 1849 et 1867. Elle représente deux dandys (des daims) et une biche (on remarque son ombre) se promenant dans un lieu qu'une pancarte indique comme étant le « Bois de Boulogne » très à la mode alors.

daimassiettedetailvisages300lm© Article et photographies LM

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Le cavalier, le carrosse, la calèche et la voiture.

affiche300Photographies affichedetail3001 et 2 : Affiche (et détail de celle-ci) de l'exposition Roulez carrosses ! qui se déroule jusqu'au 10 novembre 2013 dans la ville d'Arras, à l'abbaye Saint-Vaast. « Il s’agit de la première exposition française consacrée aux véhicules hippomobiles. Berlines, carrosses royaux et impériaux des collections versaillaises ont pris la route d’Arras pour y être admirés jusqu’en novembre 2013. Le musée des Beaux-Arts accueille ainsi tableaux, sculptures, traîneaux, chaises à porteurs, harnachements de chevaux, ainsi que plusieurs carrosses exceptionnels tels que les voitures du cortège du mariage de Napoléon Ier, le carrosse du sacre de Charles X ou l’impressionnant char funèbre de Louis XVIII. » Sur 1000 m² ces œuvres, présentées chronologiquement de Louis XIV à la IIIe République, sont intégrées dans une scénographie alliant restitutions, animations, immersion et multimédia.

Une visite virtuelle de l'exposition est proposée ici. Vous pourrez même vous retrouver à l'intérieur du carrosse du sacre de Charles X et dans celui du baptême du duc de Bordeaux. 

 

 

 

 

 

 

 

L’art de monter à cheval est une discipline que maîtrise l’élégant. Cependant, comme il est écrit dans Les Lois de la galanterie (1644), calechejaune300lmà partir du XVIIe siècle, Paris étant de plus en plus fréquenté et ses rues crottées, il est recommandé à l’homme de qualité de voyager dans un carrosse. Voici le début de ce passage dont l’orthographe a été adaptée : « Lorsque la Mode a voulu que les Seigneurs et Hommes de condition allassent à cheval par Paris, il était honnête d'y entrer en bas de soie sur une housse de velours et entouré de pages et de laquais. On faisait alors mieux voir sa taille et ses beaux habits, et son adresse à manier un cheval. Mais maintenant, vu que les crottes s'augmentent tous les jours dans cette grande ville avec un embarras inévitable, nous ne trouvons plus à propos que nos Galants de la haute volée soient cabriolet300lmen cet équipage, et aillent autrement qu'en carrosse, où ils seront plus en repos et moins en péril de se blesser ou de se gâter, y pouvant aller en bas de soie ou bottés, puisque la mode est venue d'être botté, si l'on veut, six mois durant sans monter à cheval. »
Le transport sur roues date de l’invention de la roue, c'est à dire de plusieurs millénaires avant Jésus-Christ. Char, coche (dont le nom vient de la ville de Kocs en Hongrie et se retrouve dans la langue française au milieu du XVIe siècle), carrosse (fin XVIe), calèche (XVIIIe), cabriolet (inventé en France vers 1790) … les véhicules hippomobiles (tractés par des chevaux) et à roues ne cessent d'évoluer suivant les technologies et les modes.
Photographies 3 et 4 : Gravures provenant de revues de mode de la fin du XVIIIe siècle ou du début du XIXe.
ABaroucheLandau300lmPhotographie 5 : « A Barouche Landau. » Gravure provenant d'un magazine de mode du début du XIXe siècle, sans doute de la revue anglaise nommée Le Beau Monde et datant de 1806. Le barouche est une calèche. Cette dernière est inventée au XVIIIe siècle sur le Continent. Elle est importée en Angleterre et très à la mode à l'époque georgienne (1714 - 1830). La calèche anglaise est appelée barouche. Celle présentée ici allie ce type à celui du 'landau' qui d'après Wikipédia est « Créé en Allemagne, dans la ville de Landau in der Pfalz dont il tire son nom », est « introduit en Angleterre en 1747 », devient « à la mode en France à partir de 1850 », et reste un « véhicule de prestige jusqu'à la Seconde Guerre mondiale ».

Photographie 6 : Illustration de La Mode, datant de 1837.

LaMode1837Equipage300lmPhotographie 7 et suivantes : Cartes postales du début du XXe siècle présentant des allées du bois de Boulogne et des avenues y menant.

promenadeboisdeboulogne300lmAvec la mode anglaise, la France importe au milieu du XVIIIe siècle une certaine passion d’Outre-Manche pour l’équitation ; influence qui ne cesse de s’intensifier au XIXe avec une partie du 'high-life' qui se réunit et parade lors de manifestations équestres (promenades à cheval au bois de Boulogne, chasses, courses de Longchamp, de Chantilly…). Les femmes y sont très présentes (voir la définition de l’amazone). Dans le quatrième article sur l'anglomanie il est question de cette mode pour les courses et les chevaux. Concernant l'hippodrome de Longchamp voir l'article intitulé Longchamp(s). Ce champ de courses se situe surpromenadeboulognealleedesacacias300lm le site de l'ancienne abbaye royale de Longchamp fondée en 1255 par Isabelle de France, sœur de Saint-Louis. Cet édifice religieux est jusqu'à sa destruction à la Révolution  le sujet d'une immense parade de la mode.
Le costume anglais qui devient populaire à partir du XVIIIe siècle en France, l’est justement parce qu’il est simple et pratique pour monter à cheval tout en étant élégant. Le bois de Boulogne est un des lieux chics de la vie parisienne du XVIIIe siècle au début du XXe où viennent s’exercer et se montrer les élégants cavaliers et cavalières parisiens ainsi que les beaux équipages. Crafty (1840-1906) écrit et illustre plusieurs livres sur le cheval et tout ce qui tourne autour. Dans son ouvrage illustré datant de 1890 : Paris au bois, il offre un tableau de toute cette agitation élégante avec la Potinière, le Persil de l'allée des Acacias, les courses de Longchamps. Il décrit quelques-uns de ses cavaliers pratiquants : les superchics, rastaquouères, amazones exotiques, écuyères parisiennes …boisdeboulogneacacias300lm Dans la Seconde suite d'estampes pour servir à l'histoire des moeurs et du costume des français dans le dix-huitième siècle publiée en 1776, on peut lire qu’à cette époque femmes et hommes font de l’exercice à cheval au bois de Boulogne. Et puis : « Cette promenade, renfermée dans une vaste enceinte, près de la Capitale, est le théâtre d’une infinité d’aventures galantes qui se renouvellent tous les jours. Le bois de Boulogne réunit l’épaisseur des sombres forêts, & l’agrément des allées alignées avec art. Dans un beau jour on y voit d’un côté, de longues files de carrosses où l’indolence étale tout le faste du luxe ; et de l’autre, le tambourin anime des danses villageoises, & des couples amoureux y trouvent en même temps la solitude qu’ils recherchent. Les hôtes de ces bois sont rarement effarouchés par le bruit des armes, & la Déesse de la Chasse est négligée dans ce lieu, pour celle des Amours. L’air de ce séjour, n’inspire point les idées sanguinaires de la destruction : tout y respire la volupté. »

Quant à la voiture, on pourrait croire que le mot apparaît avec les véhicules motorisés. En fait il désigne un moyen de transport aussi bien des hommes que des marchandises déjà au XIIIe siècle. Carrosses, litières ou bateaux sont aussi appelés 'voitures'. Cette définition perdure pendant les siècles qui suivent. On la trouve dès la première édition du Dictionnaire de l'Académie française de 1694 ; et dans les revues de mode du XVIIIe siècle on représente des 'voitures' ainsi désignées.

promenadeavenueduboisdeboulogne500lm© Article et photographies (sauf indiquées) LM

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Détails

LeLivrealaModePagedeTitre300lmPhotographies du livre dont il est question ici.
Les détails sont important dans la mode. L'ouvrage intitulé Le Livre à la Mode publié en 1759 par un auteur anonyme (il s'agit de Louis-Antoine Caraccioli : 1719-1803) sous une édition fantaisiste (« A Verte-Feuille, De l'Imprimerie  du Printemps, au Perroquet. L'Année Nouvelle. ») commence, finit et revient régulièrement sur le sujet de son impression en encre verte. Écrit tel un caprice de petit maître, Il virevolte comme marche cet élégant, suivant l'air du temps qui est alors à la volupté et à la fantaisie. La futilité est son fil d'Ariane. Il donne des préceptes, « qui puissent guider un jeune homme de qualité au milieu du beau monde » ainsi qu'une petite-maîtresse, et qui consistent en grande partie à cultiver certains détails dans l'apparence, ce que l'on appelle au XIXe siècle des 'tics'. C'est un plaidoyer ironique pour les petits maîtres et pour la mode, sur la légèreté et tous les détails qui rendent la vie plus gaie : comment porter un éventail,  les chapeaux, comment se coiffer, le rire, les expressions du visage etc. : « Rien de plus comédien dans le monde que le minois de nos Dames, & même de nos petits Messieurs. Oh! comme ils jouent de la prunelle, comme ils grincent les dents, comme ils se mordent la langue, comme ils froncent le sourcil, comme ils allongent leur physionomie, comme ils clignotent, & comme ils ont des regards contempteurs à la douzaine ! Je défie le plus malin Sapajou d'en pouvoir faire autant. Joignez une lorgnette à tout cela, & il faudra nécessairement avouer qu'un visage à la mode renferme une multitude de connaissances & de merveilles. Ce n'est pas sans dessein que nous venons d'entrer dans ces détails. Nous voulons fournir à bien des gens qui ont de l'esprit, mais qui sont maussades, les moyens de devenir intéressants. J'ai connu une Dame qui n’avait, pour tout mérite, que l’allongement de son petit doigt, & elle était environnée d'une foule d'admirateurs. LeLivrealaModePage300lmJ'ai vu un Prédicateur qui n’avait pour talent, que celui de bien promener un beau bras, & son Auditoire était toujours plein. Je sais un Seigneur qui n'a de science que celle de prendre joliment du tabac, & de se moucher encore plus joliment, & il jouit d'une considération distinguée. Il faut tout faire avec grâce, & concerter toutes ses démarches suivant le ton de la bonne compagnie. La République des Petits Maîtres n'est point idéale, comme celle de Platon ; elle existe, & ses statuts s'étendent sur tous les détails, dont les yeux, la bouche, les mains, la tête & les pieds sont susceptibles. […] On nous apprend tous les jours à nous tuer, & cela ne nous paraît point étrange : n'est-il pas plus raisonnable de nous montrer à vivre joliment, & à nous rendre aimables ? Pourquoi ne fait-on pas un arsenal d'éventails, ainsi que de fusils & pourquoi ne nous enseigne-t-on pas à nous escrimer avec les yeux, comme avec l'épée ? On ne saurait croire les belles découvertes qu'on peut faire dans la seule partie des yeux, pour nous attirer des admirateurs. Ils parlent chez les femmes du monde, tandis qu'à peine ils existent chez un simple Bourgeois. Quel malheur de n'être, ni bien éduqué, ni bien maniéré ! On ne peut impressionner personne ; l'on fait de tout son corps une véritable désobligeante, & c'est d'autant plus perfide, que la société se trouve farcie de gens rouillés, qui n'ont, ni ressorts, ni élasticité, & qui vous persiflent superlativement. Combien de fois, en effet, n'avons-nous pas été excédés, anéantis, en voyant la maussaderie de cette foule d'hommes ignobles dans leur démarche & dans leurs regards ? S'ils chantent, on croie qu'ils hurlent; s'ils parlent, on s'imagine qu'ils disputent; s'ils se mouchent, on dirait qu'ils … ; s'ils saluent, on pense qu'ils heurtent; s'ils mangent, on se persuade qu'ils dévorent. Un sot, dit la Bruyère, ne parle, ne joue, ne marche , ni ne se mouche comme un homme d'esprit. Il est donc essentiel de corriger ces sottises, & d'achever de rendre le monde tout merveilleux & tout joli. »
Le livre en entier est visible ici.

© Article et photographies LM

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Dentelles normandes

ExpoDentellesCaen300.jpgPhotographie de gauche : Affiche de l'exposition Dentelles : Quand la mode ne tient qu’à un fil. « Robe Yves Saint Laurent, Paris, Vogue, 1970. » © Jeanloup Sieff.
Photographie de droite : « Jupe, faille [étoffe de soie à gros grain] gris bleu couverte de chantilly, 1870-1875, Musée d'art et d'histoire de Genève © MAH Genève ».
RobeDentelle-400.gifJusqu'au 4 novembre 2012, le musée de Normandie du château de Caen donne à voir une exposition intitulée Dentelles : Quand la mode ne tient qu’à un fil, retraçant l'histoire de la dentelle depuis le XVIIe siècle jusqu’aux premières années du XXe. C'est Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), un des principaux ministres de Louis XIV (1638-1715), qui lance véritablement l'industrie de la dentelle en France et en fait une des toutes premières du monde. En Normandie celles d'Alençon, d'Argentan ou de Bayeux sont réputées.
Ceux qui ne passeront pas par Caen cet été, peuvent toujours lire les quelques pages thématiques du site du musée :
Origine de la dentelle en Normandie ;
Le sacre des dentelles normandes ;
Couture et confection ;
Dentellières de Normandie ;
Dentelles d'aujourd'hui.

© Article LM

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La femme de chambre et le valet de chambre

lafemmedechambre300lmPhotographies : Assiette du XIXe siècle de Choisy-le-Roi intitulée « La femme de chambre ». La marque au dos indique « P&H » pour « Paillard et Hautin » actifs de 1824 à 1836 semble-t-il : ce qui correspond aussi à l'époque des vêtements du personnage.
Comme je le montrerai dans un prochain article sur le page, le service est une notion importante de l'élégance française et pas du tout dégradante, au contraire. Un bon et beau service est gage de goût. Dans un temps où la toilette est un moment stratégique de la journée (voir article La Toilette d'apparat des XVIIe et XVIIIe siècles), la femme et le valet de chambre ont une importance particulière. Pour le monde extérieur, ils sont les intermédiaires permettant d'accéder à ce moment d'intimité privilégié qu'est la seconde toilette du personnage que l'on souhaite entretenir.
La femme de chambre est le premier miroir de la dame, sa confidente, son amie, sa personne de confiance. Elle fait en sorte que tout soit parfait, que les vêtements soient repassés, propres et en très bon état. Elle accueille les invités de la seconde toilette, règle les affaires qui s'y donnent qui ne sont pas toutes de l'ordre de la coquetterie et de la mode et peuvent concerner l'amour, les affaires et les audiences. Jean-François Féraud écrit dans son Dictionnaire critique de la langue française (Marseille, Mossy 1787-1788) :lafemmedechambredetail300lm « On dit un valet de chambre, et non pas un homme de chambre ; mais on dit, femme de chambre, et non pas fille de chambre ; et quand une Dame en a plusieurs, elle dit, mes femmes, sans ajouter de chambre. » Certaines maisons, et notamment la reine, ont plusieurs femmes de chambre dont celle appelée 'la première femme de chambre'.
L'importance du valet de chambre est similaire à son homologue féminin. Chez le roi et dans la haute aristocratie on distingue le valet de chambre, du premier valet de chambre. du valet de garde-robe, du premier valet de garde-robe. Wikipédia donne une Liste de valets royaux et impériaux. Dans l'article consacré au valet de chambre de Louis XVI Marc-Antoine Thierry de Ville-d'Avray il est écrit que : « Au XVIIIe siècle, la charge de premier valet de chambre n'a rien à voir avec une fonction de domestique. Tout anachronisme gardé, cette tâche s'apparente davantage à celle de chef de cabinet (voire directeur de cabinet sur certains sujets) aujourd'hui. Louis XVI lui accordait toute sa confiance. Pour preuve, Thierry résidait au cœur des petits appartements du Roi, au second étage du corps central, dans un logement donnant sur la cour de marbre, créé à partir du spacieux appartement affecté par louis XV à la Comtesse du Barry. Cette dernière ayant dû quitter le palais versaillais dès le décès de son royal amant. Son voisin direct étant le mentor de Louis XVI : le Comte de Maurepas, qui obtint, l'autre partie de l'appartement de Madame du Barry. Louis XVI avait ainsi accès à tout moment, et discrètement (grâce au secret des petits cabinets intérieurs), à son plus proche collaborateur et à son ministre principal. »

Photographie du dessous : Portrait de Madame Jeanne Campan (1752-1822), première femme de chambre de la reine Marie-Antoinette, surintendante de la maison impériale de la Légion d'honneur, provenant de l'exposition intitulée Les dames de Trianon se déroulant au grand Trianon de Versailles jusqu'au 14 octobre 2012. © RMN-GP (Château de Versailles) / Droits Réservés.

MadameCampan.jpg© Article et photographies (sauf indiqué) LM

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Merveilleuses & merveilleux