Photographie de gauche : L'histoire de cette gravure est intéressante à conter et montre combien d’incroyables découvertes peuvent se faire. En lisant un texte sur les modes d’autrefois je vois indiqué le nom d’inconcevable parmi d’autres. Je découvre ensuite cette gravure que je me procure pensant que l’inconcevable de la légende (« C’EST INCONCEVABLE Tu n'es [écrit "n'est"] point reconnaissable ») est le jeune homme représenté, et qu’il s’agit d’une autre façon d’appeler les muscadins ou les incroyables. Mais en faisant une recherche pour cet article, je me suis rendu compte que le sujet de cette estampe est la jeune fille, et qu’on nomme ainsi une personne habillée à l’antique à la fin du XVIIIe siècle. Cette mode est en totale rupture avec celle qui la précède. Les robes à paniers, les corsets, les hautes coiffures sont abandonnées. Le changement est radical et vraiment inconcevable ! Les jeunes filles se donnent des allures de statues antiques. Après le premier Empire (1804-1815), dans les années 1820, les corsets redeviennent de rigueur ainsi que les robes de plus en plus larges. Il faut attendre le début du XXe siècle et l'époque de couturiers comme Paul Poiret ou Coco Chanel pour qu’une nouvelle révolution se fasse dans la mode féminine ... une révolution qu'on attend toujours dans la mode masculine ... Cette gravure semble être de J. P. Levilly actif à partir de 1792. Elle montre que cette jeunesse là n’est pas coupée du populaire. Elle n’est pas obligatoirement 'dorée' comme on le dit souvent, mais qu’elle possède sans conteste une richesse qui lui est propre : celle que seul son âge peut offrir.
Durant la Convention (1792 - 1795) et le Directoire (1795 - 1799), on désigne comme 'inconcevable' une jeune femme s’habillant à l’antique. « On eut les « merveilleuses », et au delà des merveilleuses, les « inconcevables » ; on jura par sa paole victimée et par sa paole vete … » Victor Hugo, Quatre-vingt-treize, 1874.
La mode à l’antique que représente l’inconcevable commence surtout au milieu du XVIIIe siècle avec la propagation des gravures reproduisant les peintures murales et autres objets d’art découverts à Pompéi, Herculanum … Il en résulte, dans les vêtements, une tendance à plus de sobriété mais aussi un autre genre d’audace vestimentaire. Tous les beaux-arts reprennent les motifs et sujets de l’Antiquité. Les Lumières eux-mêmes s’inspirent des philosophes et savants de cette époque, et la Révolution y trouve ses valeurs. L’Antiquité est synonyme de modernité. Les merveilleuses adoptent ces modes excentriques, et un peu avant et surtout après la Révolution s’habillent de transparentes robes à l’antique, à la ceinture haute, avec de grands chapeaux à brides. Les vêtements ne sont plus amples pour les femmes : ce qui leur donne des allures élancées. L’accoutrement est moins riche, beaucoup plus simple. Le terme d''antiquomanie' est déjà utilisé au XVIIIe siècle mais s'écrit 'anticomanie'.
Comme son titre l’indique, la comédie intitulée La Mode ancienne et la mode nouvelle de P. - Charles Gaugiran - Nanteuil, datant de 1803, fait se confronter la tendance moderne antiquisante à l’ancienne : avec une petite-maîtresse qui est « une franche coquette », « Qui des modes du jour incessamment raffole », « qui de donner le ton dans le pays se pique » ; et sa belle soeur qui au contraire « Ne trouve rien de beau que le siècle passé », et tient « depuis mille ans, à sa mode gothique ». Il est intéressant de remarquer que quelques années plus tard, à partir des romantiques, la mode gothique et médiévale remplace l’anticomanie. Les cafés eux-mêmes changent leurs décors d’inspiration pompéienne pour un style médiéval ou mélangeant les deux, tout en apportant une distinction à l’anglaise. Cette petite maîtresse aime le style anglais, les jardins à l’anglaise, les hommes de style anglais (voir la définition de l’anglomane) ; et elle-même s’habille à l’antique : « On ne reprendra plus, vous l’espérez en vain, / Et le double panier et le vertugadin ; / Sous le costume antique, une femme jolie / Aime mieux rappeler Cléopâtre, Aspasie. » Elle fréquente les artistes en cheveux (coiffeurs) et ceux en bijoux (bijoutiers) ; habite une chambre à l’antique ; possède des meubles à l’antique ; a à sa disposition une jolie servante ; suit la mode ; fréquente des garçons aux cheveux coupés à la Titus ; s’habille en Diane ou en Vénus ; a une compagnie nombreuse ; donne des bals ; joue la comédie ; adore la vie parisienne. Voir la définition de la merveilleuse.
Leur aspect, à la pointe de la mode, les place en avant-garde et donc tout de même très en phase avec la Révolution baignée d’antiquomanie. Les inconcevables peuvent être considérées comme plus provocantes que les merveilleuses comme leur nom l’indique. Puis toute 'la jeunesse dorée' suit cette mode. Tous les arrivistes s’habillent en incroyables ou merveilleuses, adoptent les modes anglaises et l’anticomanie. L’aspect courageux et d’avant-garde, ce que certains appellent ‘folie’, laisse la place à la mode. Les choses se mélangent, et vouloir donner une définition de ces élégants est certes assez présomptueux. Mais l’intérêt que je trouve dans tout cela est en particulier dans le rythme et les plaisirs qui en découlent, telle une symphonie bien orchestrée, une danse bien mesurée …
Photographie de droite : Dans cette gravure du Journal des Dames et des Modes, datée de l’An 9 (1800), le texte indique : « Coiffure Antique ornée de Perles. Robe à taille longue ». Il s’agit de l’estampe 320. La tunique est cintrée haut, comme c’est la mode à l’époque. Elle a des motifs en feuilles de chêne, alors que le châle (ou plutôt schall) a des fleurs et des feuilles d’acanthe.
© Article et photographies LM

du dessus et de gauche : Illustration de la première page de L'Univers illustré, N° 487, du mercredi 22 novembre 1865, ayant pour sujet la nouvelle pièce jouée en première représentation le 4 novembre 1865 au « Théâtre du Vaudeville. - La Famille Benoiton, par M. Victorien Sardou ; acte 1er, scène XII ; dessin de M. Lix ... ».
Photographies : Illustration de la première page de Le Journal illustré, n° 97 « du 17 au 24 décembre 1865 », ayant pour légende : « Les toilettes de la famille Benoiton. Dessin de H. de Hem. - Voir page 402.) » A la page 402 on lit :
© Article et photographies LM
Photographies 1 et 2 : Histoire des Modes Françaises, ou Révolutions du costume en France, Depuis l’établissement de la Monarchie jusqu’à nos jours. Contenant tout ce qui concerne la tête des Français, avec des recherches sur l’usage des Chevelures artificielles chez les Anciens de Guillaume-François-Roger Molé (Amsterdam et Paris, chez Costard, Libraire, rue Saint-Jean-de-Beauvais, 1773). Première édition. Ce livre contient une histoire 'Des Cheveux des Français', une autre 'De la Barbe des Français', des 'Recherches sur les Chevelures artificielles des Anciens' et une 'Histoire des Perruques'. Il est consultable 
La mode se diffuse à partir de Paris par divers moyens. L'un des premiers est la promenade et autres fauchages de persil (voir l'article intitulé
Photographies 1 et 2 : « Modes d'été.
Photographies 3 et 4 : Frontispice intitulé « La plus Belle » de Paris et ses Modes, ou les Soirées Parisiennes Par L*** (Paris, Marc, 1803). Sur la page de titre est indiqué « La mode fuit, saisissons-la. »
Photographies : Estampe du XIXe siècle, d'époque Romantique, de la série « Bêtises, N°. 17. », signée Bourdet, avec pour légende : « Ô haïdée ! Fit le vieillard, en pressant convulsivement la jeune fille sur sa poitrine osseuse et velue. Ô ma fille ! Et le vieillard se tut ....... La société paraît prendre le plus vif intérêt à la lecture du jeune poète. » Celui-ci est dans le pur style romantique avec ses cheveux longs ébouriffés, sa cravate au gros nœud, son gilet, sa posture inspirée et peu académique, son air rêveur et passionné … Mis à part le spectateur qui est debout et pleure dans son mouchoir ou se mouche, les autres semblent écouter profondément le poète ou bien dormir.
Photographies : Assiette de Sarreguemines du dernier tiers du XIXe siècle de la série « Exposition universelle » représentant un stand appelé « Produits français » avec six élégants chacun identifié par une pancarte : « Benoitonne », « Cocodès », « Gandin », « Biche », « Daim », « Cocotte ». En dessous une légende indique « La France est par dessus tout la Patrie des mœurs et du bon goût. »
C'est le deuxième article sur le gandin (voir le 
Photographies 1 et 2
: Estampe du XIXe siècle « Par Gavarni » de « Le Charivari », « Souvenirs du Bal Chicard n° 11. » représentant un
Photographie du dessus : Gravure du XIXe siècle reprenant une autre du XVIIIe (
Photographies du dessus : A gauche : Première page du Petit journal pour rire « Numéro 37 »
(sans doute vers 1856-1857), de huit pages et faisant 30 x 21 cm. L'illustration a pour titre : « La crinolinomanie, - par Nadar. » et pour légende : « Ce qui prouve que, malgré les caricaturistes, à quelque chose la crinoline
© Article et photographies LM
Photographies 1 et 2 : « Bourgeois et bourgeoise de Paris » Gravure du dernier tiers du XVIIIe siècle.
Photographie 1 (de gauche) : Gravure de N. Arnoult (« N. Arnoult fecit ») intitulée : « Femme de qualité en habit d'Eté » (« Ce vend à Paris Chez N. Arnoult rue de la Fromagerie aux halles, à l'image Saint Claude Avec Privil[ège] du Roi. »).
Photographie 3 : Page de titre du tome premier de Mémoires et Aventures d'un Homme de Qualité, Qui s'est retiré du Monde (La Haye, M. G. Merville & J. Vander Kloot, 1729).
Photographie 4 : Tome quatrième de Suite des Mémoires et Aventures d'un Homme de Qualité, Qui s'est retiré du Monde (La Haye, M. G. Merville & J. Vander Kloot, 1729).
© Article et photographies LM
Photographies 1 et 2 : 'Les collectionneurs havrais visitant une galerie de peinture'. Aquarelle sur papier (54 x 71 cm), de vers 1910, présentée à l'exposition
Un cercleux
Photographies : Gravure de « L. Truchy » (Louis Truchy: ? - 1764) d'après un dessin de « H. Gravelot » (Hubert François Bourgignon dit Gravelot : 1699 - 1773) datant de 1744.
