Du corset à la crinoline : Les lignes caricaturales d'un corps social du XIXe siècle qui se dessine.

Photographie 1 : cat88-300« Honoré Daumier, Plus que ça d’ballon... excusez !..., planche 199 de l'album Actualités, publiée dans Le Charivari le 13 juin 1855, lithographie, 24,9 x 20,5 cm […] t.22 […]. © Bibliothèque Nationale de France. »
Le XIXe siècle est marqué par la Révolution qui le précède et les nouvelles idées qu'elle a engendrées. Le retour à l'ancien régime (royauté et empire) redonne aux femmes le corset et les volumes avec la crinoline, mais rigidifie une silhouette manufacturée par une industrialisation galopante. Ce corps social qui goûte à de nouvelles promesses tout en s'enfermant dans d'anciens et nouveaux carcans est une proie facile pour la caricature et les artistes. Ce siècle est celui d'un Paris tout à la fois bourgeois, aristocratique, bohème, révolutionnaire et ouvert sur le monde, qui se termine dans l'établissement d'une République qui perdure jusqu'à aujourd'hui. Cette époque transitoire est du pain béni pour les caricaturistes qui aiment à croquer les petites et les grandes histoires. L'oeuvre de trois d'entre eux est l'objet de l’exposition Pour Rire ! Daumier, Gavarni, Rops. L’invention de la silhouette qui se cat12-300déroule actuellement et jusqu'au 18 septembre 2011 au musée d’art et d’histoire Louis-Senlecq (Val d’Oise) en collaboration avec le musée provincial Félicien Rops de Namur (Belgique) et l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Cette exposition compare plus d’une centaine de dessins, de lithographies et de peintures de ces caricaturistes de talent. Les trois savent retranscrire la voix individuelle dans le choeur social avec souvent un humour d'observation particulièrement savoureux. 
Sulpice-Guillaume Chevalier, dit Paul Gavarni (1804-1866) est une source importante pour qui s'intéresse à la mode. Il dessine pour de très nombreuses revues illustrées parisiennes de son époque et notamment pour certaines consacrées au bon ton. Il collabore avec Balzac, un autre témoin dandy de son temps. Il donne le nom de 'lorettes' aux jeunes femmes qu'il dessine et qui sont  issues de l'exode rural occupant un nouveau quartier de la capitale construit autour de l'église Notre Dame de Lorette. C'est le sujet de séries de caricatures parmi d'autres comme 'La Vie de jeune homme', le carnaval ('Les Débardeurs'), 'Les Partageuses', 'Les Anglais chez eux, 'Les Parisiens', 'Les Fashionable',  etc. Il cat89-300dessine pour les volumes de Les Français peints par eux-mêmes qui comme plusieurs autres livres illustrés qui sortent par la suite, tels La Comédie de notre temps de Bertall ou Physiologies parisiennes d'Albert Millaud, sont remplis de ces personnages qui suivent et créent le goût du jour depuis les artistes jusqu'au grand-monde en passant par  les demi-mondaines, les lions,  les gommeux et les crevettes de toutes sortes. Les caricaturistes qui peignent ainsi le monde qui les entoure sont nombreux : Cham, Gustave Doré, Daumier, Rops … Certains sont connus, d'autres à découvrir. L'explosion du nombre de revues, journaux, livres ... et les nouvelles facilités d'impression qui permettent d'inclure plus aisément des illustration et de publier en grandes quantités donnent du travail aux dessinateurs et écrivains reconnus ou de la bohème artistique du XIXe siècle.
Photographie 2 : « Honoré Daumier, C’est unique! j’ai pris quatre tailles,  juste comme celles là dans ma vie, planche 27 de l'album Emotions Parisiennes, publiée dans Le Charivari le 07 février 1840, lithographie, 18,7 x 24,4 cm, […]  t. IV. © Bibliothèque Nationale de France. »

Photographie 3 : « Félicien Rops, Crinolines, planche parue dans Uylens spiegel n°38 le 19 octobre 1856, lithographie, 24,3 x 18,3 cm. G33.1. © Musée Félicien Rops, Province de Namur. »

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