L'amour dans le couple

Alors que j’ai décidé de prendre du recul avec mon blog, je ne peux m’empêcher de vous présenter cette jolie boîte parisienne de 1770 (détails ici), « en or jaune ciselé et émaillé », proposée à la vente par la maison Beaussant Lefèvre le 29 mars prochain. La miniature est évidemment une allégorie de l’amour dans le couple, avec le foyer ardent, le tisonnier, les roses, les deux colombes… La jeune femme passant la porte derrière eux en soulevant un tissu, est sans doute leur fille. C’est pour elle que cette peinture fut réalisée, car celle-ci est à la mode de 1770, alors que les deux autres personnages, ses parents, à celle du début du XVIIIe siècle.

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Les petits-maîtres de la mode et du style

J’ai écrit deux livres sur les petits-maîtres et les élégants, le premier sur ceux entre le XIIe siècle et aujourd'hui et le second depuis le Ve siècle avant J.-C. dans la Grèce antique jusqu'au XIe siècle médiéval, en passant par l'époque romaine. Ces deux ouvrages réunis présentent plus d'un demi-millier d'élégant(e)s et de petit(e)s-maître(sse)s sur vingt-six siècles. Écrits en se basant presque uniquement sur des documents d'époque textuels et iconographiques (près de 440 illustrations), ces livres forment un ensemble unique sur l'histoire de l'élégance et de la mode en France.

LES PETITS-MAÎTRES DU STYLE DE L’ANTIQUITÉ AU XIE SIÈCLE

En écrivant le livre sur Les Petits-maîtres de la mode (XIIe - XXIe siècles), dont la première version a été éditée au mois de septembre 2015, je ne pensais pas pouvoir poursuivre le sujet plus loin dans le temps. Pourtant le miracle a eu lieu, et je l’ai fait dans ce nouvel ouvrage intitulé : Les Petits-maîtres du style, de l’Antiquité au XIe siècle édité en février 2017.

Après quatre mois d’attente et des dizaines de messages envoyés à différentes instances du Musée du Louvre, j’ai reçu les autorisations nécessaires pour pouvoir y inclure des photographies que j’ai prises dans ce musée de sculptures et vases antiques grecs et romains et du haut Moyen Âge

Ce livre numéroté, publié comme le précédent seulement en 500 exemplaires, fait 126 pages et coûte 18 € et 22,60 € avec les frais de port.

Plus de 140 élégant(e)s et petit(e)s-maître(sse)s d’avant le XIIe siècle y sont présentés. Pour chaque période on commence avec LES PLUS DISTINGUÉS pour continuer avec LES PETITS-MAÎTRES proprement dits et poursuivre avec leur entourage.

Ainsi pour les Grecs de l’Antiquité est-il question par exemple des :
- Kaloskagathos, dont le nom signifie littéralement beau et bon ;
- Kallopistés et kallopistria dont les occupations ressemblent beaucoup à celles des petits-maîtres et petites-maîtresses des XVIIe et XVIIIe siècles ;
- Néaroêkês, une personne suivant les raisonnements nouveaux, à la manière des modernes de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe ;
- Lampadion, surnommée ainsi en référence à sa coiffure en forme de lanterne (lampe) ;
- Dorcalis (chevreuil) qui est le pendant de la biche du XIXe siècle ;
- Philokômos qui, comme le fêtard des XIXe et XXe siècles, apprécie les fêtes, festin…
- Etc.

La période romaine est celle dans laquelle j’ai trouvé le plus de petits-maîtres, comme l’elegantiae arbiter (l’arbitre des élégances), le voluptueux erudito luxu, le trossulus et la trossula jouant la noblesse équestre, les élégants bellus homo et bella puella, le noceur comissator et de nombreux autres.

Le haut Moyen Âge conserve quelques-uns de ces petits-maîtres et en crée d’autres comme la bele damisele ou le bel sire, le preudomme (homme preux), l’oultrecuidiet qui se caractérise par une certaine insolence, le marjolet qui fait le damoiseau et affecte des airs de noblesse, le damiselet, la gaudisseresse pleine de joie et d’allégresse, etc.

DES NOTIONS OUBLIÉES DE L'ÉLÉGANCE ET DU STYLE et pourtant fondamentales du bon ton et du style sont aussi expliquées ; comme la negligentia diligens, qui consiste en une harmonieuse balance entre la décontraction et la concentration, une sorte de jaillissement et repos naturel du goût, etc.

J’explique aussi CERTAINES MODES PARTICULIÈREMENT ÉLÉGANTES OU EXTRAVAGANTES, comme celle qui, depuis la plus haute Antiquité grecque et qui se poursuit chez les Romains, consiste à se faire faire une très volumineuse coiffure (parfois une perruque) constituée de tresses, postiches, bijoux, bandelettes, couronne, etc. (des exemples ci-dessous).

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Photographie ci-dessus à gauche : Détail d'une photographie stéréoscopique, datée de 1904, d’une statue en marbre d’Artémis, dite « Diane de Gabies », découverte en Italie (à Gabies) en 1792 et conservée au Musée du Louvre. Elle est du Ier siècle ap. J.-C., d’après un original du IIIe siècle av. J.-C. La divinité attache son manteau sur son épaule droite avec une agrafe.

Photographie ci-dessus à droite : Détail d'une photographie stéréoscopique de 1904, prise au Musée du Louvre, d’une statue antique de « Vénus Aphrodite » et d'un relief représentant une « Matrone romaine ».

LES PETITS-MAÎTRES DE LA MODE DU XIIE SIÈCLE JUSQU’À AUJOURD’HUI

Dans Les Petits-maîtres de la mode (XIIe - XXIe siècles) je révèle une lignée que je fais remonter au culte de la Dame, au Moyen Âge, à une époque où l'Idée du Beau se matérialise en elle et s'exprime à travers une finesse nouvelle. À partir de ce moment la mode française et l'expression de l'élégance deviennent de plus en plus sophistiquées, jusqu'à la Révolution et les merveilleuses et les incroyables, avant que cela baisse considérablement au XIXe siècle malgré l'explosion des nouveaux petits-maîtres. Petits-maîtres ou petites-maîtresses est le nom que l'on donne, à partir du milieu du XVIIe siècle, à quelques extravagants du bon ton.

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Exposition : Bunting (1913 - 1964), un bottier parisien.

Du 25 au 26 mars 2017, de 10h30 à 18h, Alexis Boniface exposera des souliers du « bottier Bunting ainsi que des documents (archives, photos, croquis) de cet artisan qui a œuvré 233 rue Saint Honoré de 1913 à 1964. L’exposition se tiendra chez Philippe Atienza, bottier situé 53 avenue Daumesnil »,  dans le XIIe arrondissement de Paris. Voir ici. Comme il le dit : « Je serai sur place ces deux jours-là et discuterai, avec plaisir, de souliers avec vous. »

Alexis Boniface est un esthète spécialiste de la chaussure ancienne : un calcéophile, mot qu’il m’a appris (voir l’article Le calcéophile), qui collectionne tout ce qui concerne les chaussures anciennes. On a quelques exemples de sa collection sur son site www.lessouliersdalbo.com ainsi que des informations que l’on ne trouve pas ailleurs, comme son Répertoire des bottiers parisiens du passé. Il y en avait un millier au début du XXe siècle, alors qu’aujourd’hui il n’en reste plus que quelques-uns. Il s’intéresse aussi aux bottiers du présent comme en témoigne cette page. Et il se rend régulièrement chez un ami cordonnier où on le laisse restaurer ses dernières découvertes.

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Toujours plus de services culturels privés, toujours moins de publics !

Pendant que le Musée des tissus de Lyon est toujours dans l’incertitude concernant son avenir et que de nombreux musées attachés à la mode ont de la peine à survivre dans toute la France, les grandes enseignes françaises du luxe et de la mode créent des lieux rendant hommage à eux-mêmes. Après le musée Pierre Cardin à Paris, en octobre est prévue l’ouverture du Musée Yves Saint-Laurent toujours dans la capitale.

Dans le bois de Boulogne, le bâtiment public qui abritait le Musée national des arts et traditions populaires, le seul qui existait en France mais fermé en 2005, va être cédé (on attend l’avis du Conseil de Paris du 27 mars prochain) pour cinquante années à une société privée : LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy) qui compte y mettre en avant les métiers d’arts et de l’artisanat. La Mairie de Paris parle d’un « projet culturel d’ampleur internationale », ce qui fait sourire. Surtout que quelques jours après, un autre communiqué de la mairie nous apprend que cet endroit s’appellera : « La Maison LVMH / Arts - Talents - Patrimoine » (Pub !). Il est ajouté qu’il s’agira d’une « nouvelle grande institution culturelle à Paris ». C’est ce qui s’appelle refiler le bébé public au privé ! Et toujours avec le même aplomb, le communiqué continue : « "Paris est reconnue dans le monde entier pour son patrimoine, son dynamisme culturel et ses savoir-faire dans le domaine de l’artisanat d’art. Pour conserver cette place essentielle, nous devons continuer à investir, à innover et à nous ouvrir sur le monde. C’est le sens de ce nouveau projet au retentissement international, porté par la collectivité et le groupe LVMH", a souligné Anne Hidalgo. » Et Bernard Arnault d’ajouter : « Je me réjouis que le groupe LVMH puisse contribuer à cet ambitieux projet, et permettre d’accroître, davantage encore, le rayonnement national et l’attractivité internationale de Paris, la force et la diversité de la culture de notre pays, l’excellence de son artisanat. » Rappelons que LVMH est une entreprise internationale, qui s’est entièrement construite sur le passé prestigieux français et en particulier parisien. Le Musée national des arts et traditions populaires, créé en 1937, était le premier musée consacré à la France « populaire », en particulier rurale. Il est loufoque de voir la Mairie de Paris et les gouvernements français socialistes faire des pieds et des mains pour qu’un mastodonte privé et international comme LVMH, qui n’a de français que sa marque*, détruise une partie du cœur historique de la capitale pour s’y installer (voir ici) et puisse investir un lieu public comme l’ancien Musée national des arts et traditions populaires qui était pourtant vraiment un lieu intéressant (je ne parle pas du bâtiment) et ancré dans le terroir français et ses usages et son ‘folklore’, éléments qui ont disparu ces dernières dizaines d’années à une vitesse prodigieuse. Comment est-il possible tout à la fois de détruire le patrimoine et de le conserver ? Ailleurs je lis que LVMH va investir 158 millions d'euros dans ce projet. Donc il a été détruit une partie du centre du Paris historique (La Samaritaine) pour faire des économies et des millions sont dépensés pour un projet dans lequel 50 à 80 millions sont prévus pour un désamiantage. Quelles ont été les tractations entre LVMH et la mairie pour arriver à cela ? Au passage on fait donc la connaissance d’un nouveau lieu public laissé pendant des années bourré d’amiante.

* Il y a quelques mois de cela, j’ai visité une entreprise de rubans dont une des importantes activités est de confectionner des étiquettes pour des grandes marques françaises du luxe et de la mode afin qu’elles puissent dire que cela est fabriqué en France. Il suffit qu’une partie d’un objet soit faite en France (par exemple l’étiquette pour un vêtement) pour que l’on puisse légalement dire celui-ci de fabrication française !

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Musée de la Mode Palais Galliera : une galerie d’exposition permanente en 2019.

Madame le Maire de Paris nous avait prévenus : des investissements allaient être réalisés pour faire du Palais Galliera un musée de la mode à part entière. La mairie vient de nous apprendre qu’une galerie des collections permanentes sera créée en 2019. Comment vont s’inscrire les nouvelles salles dans cet ancien palais de la duchesse de Galliera construit à la fin du XIXe siècle par l'architecte Léon Ginain ? Cela se fera-t-il au détriment du bâtiment ancien, comme c’est le cas bien trop souvent ? Le communiqué de la mairie nous apprend aussi que cela se réalisera grâce au soutien de la Maison Chanel. C’est bien que le secteur de la mode française se soucie de son patrimoine. Il faudrait aussi qu’il le fasse du Musée des Tissus de Lyon qui est très malmené ces dernières années, alors qu’il s’agit du plus important musée français du tissu et l'un des premiers au monde.

Voir aussi cet article Palais Galliera, musée du vêtement (j'aurais dû écrire : « musée du costume », ce dernier mot englobant les vêtements, parures, chaussures, coiffures... enfin tout ce qui recouvre le corps humain).

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La vente par l’État du Pavillon du Butard toujours d’actualité.

Je lis dans lejournaldesarts.fr, dans l'article intitulé Pavillon du Butard, un pas de plus vers la cession : « Le rapporteur public du Conseil d’État a demandé le rejet du recours des associations qui s'opposent à la vente du pavillon du Butard (XVIIIe), propriété de l’État. Une opération engagée avant la loi patrimoine qui restreint la cession de biens relevant d'ensembles nationaux. »

On peut en savoir plus en allant sur le site des Amis du Butard. Les photographies proviennent de ce site.

Au sujet d’un autre pavillon de chasse de Louis XV qui appartenait au domaine public, abandonné puis vendu en très mauvais état (vol de cheminée, toiture et étage qui s’effondrent, etc.) à des personnes privées, voir cet article.

Certaines ventes et destructions du patrimoine ancien sont connues par l'action d'associations, de journalistes et de sites qui en parlent mais beaucoup d’autres nous restent cachées. Simplement en faisant du vélib dans Paris, j’en rencontre.

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La Cour de l’Industrie à Paris et les restes de traces d'activités artisanales, manufacturières et industrielles à Paris

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle Paris était un centre important artisanal et manufacturier. Pendant tout le XIXe siècle l’artisanat et même l’industrie se sont rependus dans la ville en particulier dans les quartiers du marais et du XIe arrondissement. Il en reste des traces, avec des ateliers encore conservés, des usines, des magasins ainsi que des bâtiments. La présence de ces industries nécessitait de loger les ouvriers. Certaines rues de ces quartiers sont parfois en partie ou totalement constituées d’immeubles identiques construits pour abriter ces familles.

J’habite au Cité Griset donnant sur la rue Oberkampf, entre Parmentier et Ménilmontant, qui comprenait une et peut-être plusieurs fabriques métallurgiques. En face de mon appartement une immense usine a été réhabilitée en de très grands appartements. C’est un lieu amusant car tout a été conservé tel quel ; même les ascenseurs de l’usine sont toujours utilisés.

Photographies ci-dessous : Cité Griset, avec une porte d'entrée donnant sur la rue Oberkampf, un cartouche sur l'immeuble au début de la cité indiquant la date de 1889 et l'usine transformée en appartements mais qui possède encore au rez-de-chaussée une entreprise de cartons pour emballages de luxe. Il est à noter que l'on donne le nom de griset à un ouvrier. On utilise ce terme moins souvent autrefois que celui de grisette. Voir cet article sur Les petites-mains de la mode française.

Sur Wikipédia on peut lire : « En 1760, la famille Griset est à l’origine de l’usine éponyme, la plus ancienne usine de sidérurgie de Paris, se spécialisant dans le laminage d’alliages non ferreux. Antoine Griset (1733-1807) installe ainsi son premier atelier dans le quartier du Marais. Puis, son petit-fils Antoine (1790-1857) ayant acquis de nouvelles parcelles dans le futur XIe arrondissement en 1825, l’atelier est transféré au niveau de l’actuel 123, rue Oberkampf, puis formera au fil des agrandissements de l'usine l'actuelle Cité Griset. C’est là qu’est élaborée la barre de platine dont fut tiré le mètre étalon exposé au musée du Conservatoire national des arts et métiers. »

J'ai lu, sans retrouver la référence, que l'usine avec ses briques rouges et ses poutres en acier avait été construite par Gustave Eiffel (1832-1923). Mais c'est à vérifier.

Photographies ci-dessous : prises rue Oberkampf.

Photographies ci-dessous : prises un peu plus loin en direction de la place de la République. J'ai demandé à une personne sortant de cet immeuble si l'intérieur était dans le même style. Elle m'a répondu que non car tout avait été refait récemment.

Dans beaucoup d’endroits ces traces d’une activité artisanale, manufacturière ou industrielle ont été détruites. Dernièrement j’ai reçu un communiqué de presse sur un nouveau lieu : l’Hôtel Jules et Jim au 11 rue des Gravilliers, dans le Marais. J’ai regardé sur Google Map pour voir où cela se trouvait. Par chance j’ai pu, selon la disposition des vues, comparer le lieu pendant les travaux et tel qu’il est aujourd’hui. Cet hôtel a été construit à l’emplacement d’une ancienne usine de « polissage sur métaux » nommée R. Pochat. Il est à noter que d’après Wikipédia, cette rue « tire son nom d'ouvriers qui préparaient la cendre gravelée en incinérant des lies de vinaigre séché afin de préparer les tissus à la teinture ; ils s'appelaient des graveliers. »

Photographies ci-dessous : le 11 rue des Gravilliers pendant les travaux et aujourd’hui. En face au 14 (à l’angle) se trouve un ancien cabaret du XVIIe siècle.

Une fois n’est pas coutume, la ville de Paris a entrepris une vraie réhabilitation d’un lieu ancien. Il s’agit de la Cour de l’Industrie qui vient de rouvrir : une des dernières ‘cours’ industrielles parisiennes du XIXe siècle. Elle se trouve au 37 bis rue de Montreuil. Dès 1850, on y construisit une cité pour artisans du bois, à l’emplacement des jardins de la folie Titon édifiée en 1673, à l’actuel 31 rue de Montreuil, par un riche manufacturier (voir cette gravure), Maximilien Titon, dont c’était la maison de campagne, à une époque où la superficie de la capitale était beaucoup moins grande. Jean-Baptiste Réveillon y installa, en 1765, une manufacture royale de papiers peints. Ce fut de cet endroit que le 19 octobre 1783 le premier aéronef habité s’envola dans le ciel : la première montgolfière. Ce fut aussi de là et du quartier que la Révolution de 1789 débuta. Du 26 au 28 avril 1789 eurent lieu « l’émeute Réveillon », préliminaire à la Révolution ; elle se conclut par le pillage et l’incendie de cette folie. Elle fut totalement détruite en 1880.

Dans les années 1970, les ateliers délaissés ont été investis par des artistes intéressés par des surfaces importantes et des loyers modérés. En mauvais état et menacé de démolition en 1991, l'ensemble de la cour et des bâtiments fut classé l'année suivante et racheté par la Ville de Paris en 2003. Il bénéficia d’un important programme de rénovation et de réhabilitation mené par la Semaest. Bien que le lieu fut particulièrement vétuste, le choix a été fait de garder le plus d’éléments d’origine. Nous ne sommes donc pas dans du façadisme (voir les articles de ce blog sur ce sujet) mais dans une logique de conservation tout en redonnant vie à ce lieu. Cela fut le résultat d’un long dialogue avec tous les protagonistes et notamment entre les architectes et les artisans y résidant à travers l’association Ateliers Cours de l’Industrie. Pour une fois voilà un bon exemple !

Ce sont aujourd’hui près de cinquante ateliers qui sont logés autour des trois cours, avec les traditionnels menuisiers et doreurs témoins de l’activité dédiée aux meubles sur toute la longueur du faubourg Saint-Antoine et les environs, ainsi que des photographes, plasticiens, relieurs, céramistes, etc.

Photographie ci-dessous : « Cité de l’ameublement » : rue donnant sur la rue de Montreuil et parallèle à la rue Titon.

Photographie ci-dessous : « Ici s’élevait l’hôtel sur lequel était fixée cette plaque ». Cette inscription se trouve rue Titon.

Photographie ci-dessous : Inscriptions au 31 bis rue de Montreuil : « Ici était l’entrée de la Folie Titon... »

Photographies ci-dessous : Cours de la Cour de l’Industrie.

Photographies ci-dessous : Atelier de Loïc Kerisel, ébéniste d’art.

Photographies ci-dessous : Atelier d’Yves Fouquet, sculpteur, ornemaniste, fabricant notamment de cadres en bois et en restaurant d’anciens.

Photographies ci-dessous : Atelier Peruke de confection de coiffures artificielles. Gravure du XVIIIe siècle semble-t-il intitulée « The French Lady in London » (« La Dame Française à Londres »).

Photographie ci-dessous : Le parquet de cette salle résume l’action sur ce lieu : garder ce qui peut l’être et remplacer le reste. On peut comparer la différence entre marcher sur un parquet ancien et un moderne.

Photographies ci-dessous : La corniche que l’on aperçoit est peut-être d’avant la Révolution. Il ne reste rien de ce qui était derrière, qui a cependant été remplacé par un bel escalier en bois de qualité.

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Dans les armoires de l’impératrice Joséphine

L’exposition Dans les armoires de l’impératrice Joséphine est encore visible jusqu’au 6 mars au château de Malmaison !

Voir ces deux articles :

www.lamesure.org

www.lamesure.fr

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Sérénissime ! Venise en fête, de Tiepolo à Guardi

Le Musée Cognacq-Jay, le musée du XVIIIe siècle de Paris, nous gratifie d’une nouvelle exposition sur les fêtes vénitiennes et leurs représentations (peintures, dessins et gravures d’époque) intitulée Sérénissime ! Venise en fête, de Tiepolo à Guardi, du 25 février au 25 juin. Elle débute en pleine période des Sept jours gras qui se termine avec Mardi Gras, cette année le 28 février, et le Carnaval encore présent dans quelques régions de France et autrefois très populaire, notamment à Paris.

Les œuvres présentées viennent toutes de l’extérieur. On les découvre avec bonheur. Les vedute (vues générales de paysages urbains très appréciées dans l’Italie du XVIIIe siècle et en particulier à Venise) permettent de se faire une idée assez précise de moments festifs, qu’elles mettent en scène et en perspective parfois d’une manière magistrale. Des photographies d'exemples de celles-ci sont visibles plus loin. Elles grouillent de détails et se lisent comme la page d’un folio pouvant se commencer à n’importe quel mot et se faire suivre par n’importe quel autre, pour au final donner à voir une histoire chaque fois merveilleuse, en particulier pour le regard contemporain qui peut ainsi se plonger dans un autre lieu, un autre temps et une autre atmosphère : un lieu féerique Venise, un temps grandiose le XVIIIe siècle et une atmosphère de fêtes dont les vénitiennes sont un exemple d’apothéose. Les vedute sont telles des symphonies ou des représentations théâtrales comme savaient en faire le monde antique gréco-romain, c’est-à-dire de grandiose poésie.

Contempler de visu ces œuvres est important, en particulier pour les peintures. Une nouvelle fois j’ai été étonné par la différence entre les iconographies proposées par le service de presse du musée, pourtant d’une très grande qualité et permettant de voir tous les détails, et le tableau lui-même, où l’on ressent dans chaque touche de peinture le rythme donné par l’artiste, rythme d’autant plus important pour la peinture italienne toute en musique, pour des sujets qui sont tout autant musicaux. C’est le cas par exemple pour le tableau ci-dessous de Giandomenico Tiepolo.

Photographie de gauche : Détail « Pietro FALCA dit Pietro LONGHI (Venise, 1702-1785). Le Charlatan, vers 1757. Huile sur toile. Toulouse, Fondation Bemberg, inv. 1029. CREDIT : Fondation Bemberg, Toulouse. Photo RMN - Grand Palais /Fondation Bemberg / Mathieu Rabeau. »

Photographie ci-dessous : « Giandomenico TIEPOLO (Venise, 1727-1804). Le Triomphe de Polichinelle, 1753-1754. Huile sur toile. Copenhague, Statens Museum for Kunst, inv. kms3830. CREDIT : © SMK. »

Photographie ci-dessous à droite : Détail « Pietro FALCA dit Pietro LONGHI (Venise, 1702-1785). Le Concert, 1741, Galleria dell'Academia, Venise inv. cat 466. © Archivio fotografico Gallerie dell’Accademia, "su concessione del Ministero dei beni e delle attività culturali e del turismo. Museo Nazionale Gallerie dell’Accademia di Venezia". »

Vous savez que j’affectionne tout particulièrement les atmosphères de fêtes et de déguisements, la mode française y trouvant là une grande partie de son inspiration. Je crois aussi que la ‘philosophie’ de la représentation, sous-jacente à la pratique religieuse depuis l’Antiquité, est une clé de sagesse, une porte ouverte vers la beauté et la libération des chaînes de la vie et de la pesanteur des dogmes et autres règles sociales rigides.

Dans les vedute, cette représentation est aussi musique. Il s’agit d’une véritable orchestration, formée de deux chœurs principaux, qui comme dans le théâtre antique (les chœurs dionysiaques sont à l’origine de la représentation dramatique) se répondent. D’un côté il y a la composition, ou plutôt la mise en scène de la fête elle-même et du moment choisi par l’artiste. De l’autre il y a la mise en scène de ce dernier. Deux fantaisies, deux perspectives, deux cœurs, deux chœurs s’interpénètrent pour ne former plus qu’une symphonie.

L’exposition rappelle du reste l’importance du théâtre et de la musique dans ces fêtes, avec un portrait de Goldoni et un autre de Carlo Broschi dit Farinelli, un chanteur castrat très célèbre en son temps. En découvrant ce portrait, ne sachant pas de qui il était, j’ai été quelque peu interloqué par son visage poupin, pâle, avec de grands yeux noirs et une petite bouche gracile. Tout cela me donnait une impression étrange. C’est sur sa bouche délicate que mon regard est resté figé, sans que je sache pourquoi. Maintenant je sais !

Plus de quarante peintures, gravures et dessins, provenant de collections européennes prestigieuses sont donc exposés, redonnant vie aux fastes de la Sérénissime, République de Venise au XVIIIe siècle. Sérénissime est le surnom donné à Venise, pour sa sublime beauté et sérénité, et pour son caractère princier : digne des plus grands princes.

Même si l'espace consacré aux expositions temporaires est assez restreint, cela vaut le déplacement. On peut ensuite déambuler dans le musée où un couple de masques (personnages déguisés pour le carnaval) vénitiens est reconstitué, où l'on retrouve un XVIIIe siècle de plaisir, de beauté, de musique, de théâtre et de danse, et finalement conclure en se déguisant soi-même en personnages de la commedia dell'arte tels Polichinelle ou le Médecin, ou encore se glisser dans la panoplie d'un mystérieux 'masque' vénitien.

L’exposition suit quatre thématiques liées aux fêtes vénitiennes qui se confondent dans le parcours. La première est sur les fêtes privées comme Il Ridotto. La seconde s’intéresse aux spectacles tels le théâtre et l’opéra. La troisième souligne le faste et les mises en scène grandioses des fêtes par les pouvoirs en place afin d’étaler leurs puissance et richesses. Enfin le quatrième sujet est celui du carnaval vénitien, institué au Moyen Âge et toujours de grande actualité aujourd’hui. Une passionnée me disait qu’on y trouve énormément de Français déguisés. Comme je viens de vous le dire, des déguisements il y en a quelques-uns au dernier étage du musée. Profitez-en pour prendre votre appareil photo et vous vêtir en masque comme je l’ai fait.

Le carnaval vénitien était tout autant ouvert à tous qu’il l’est aujourd’hui. Il se subdivisait en de nombreuses manifestations : cérémonies, bals, concerts, opéras, aussi bien publiques que privées, chez des nobles ou dans des cafés et autres tavernes, etc. Venise toute entière était à la fête, comme Paris à la même période. C’était un moment de profond délassement, de liberté apportée grâce au masque et aux habits qui couvraient entièrement le corps, pouvant ne laisser rien entrevoir de qui les porte.

Rappelons qu’autrefois en Italie, comme en France, les périodes de festivités étaient bien plus nombreuses qu’aujourd’hui, et cela depuis la plus haute Antiquité. Comme je l’écris dans mon livre sur Les Petits-maîtres du style, de l’Antiquité au XIe siècle, à Rome la fête était permanente : « On distingue les fêtes ‘individuelles’ (entre amis, familiales, etc.), les jeux (les ludi) qui sont annuels (à la fin de la République on en compterait huit, répartis sur 77 jours chômés, et sous l’Empire jusqu’à 175 jours consacrés à de telles réjouissances) et les ludi votivi qui n’ont lieu qu’une fois afin de célébrer par exemple une victoire, et dont certains peuvent durer plus de cent jours. » Oui à ces époques on ne pensait pas à combien coûte un jour chômé !

La topographie même de Venise constituée de nombreuses petites îles et donc traversée de multiples canaux, son architecture ancienne et sa richesse en faisait un lieu très romantique, dédié aux plaisirs et aux réjouissances et très prisé par les étrangers ‘petits’ ou ‘grands’ qui pouvaient, en particulier jusqu’au XVIIIe siècle, y goûter les délassements les plus primaires tout autant que les plus raffinés, d’y trouver des galanteries et des spectacles de haut goût.

L’exposition présente plusieurs vedute de la place Saint-Marc et du Grand canal, concentrant les manifestations publiques les plus somptueuses durant les fêtes vénitiennes. Plusieurs rappellent l’importance de la fête de la Sensa, réjouissance en hommage à la mer, où la fête se déployait en particulier sur l’eau avec les parades de vaisseaux de chefs politiques et ecclésiastiques vénitiens et de leurs hôtes étrangers. Les Français, qui comme les Italiens avaient le goût de la démonstration, participèrent à certaines de ces fêtes avec un enthousiasme que des peintures décrivent pour notre ravissement. Même les événements étrangers à Venise étaient un prétexte à fêtes. Le tableau ci-dessous reproduit la commémoration de l’ambassade de France, en mai 1745, du mariage célébré le 23 février entre le dauphin Louis et l’infante Marie-Thérèse d’Espagne, avec comme maître de cérémonie le comte de Montaigu, ambassadeur de Louis XV. Photographies : « Giovanni Battista CIMAROLI (1687-1771), Célébrations pour le mariage du dauphin Louis avec l’infante Marie-Thérèse d’Espagne au palazzo Surian, ambassade de France à Venise, en mai 1745, vers 1745 © Lampronti Gallery, London. »

La veduta ci-dessous est celle de l’entrée de Napoléon à Venise, remontant le Grand Canal. On y contemple le grand canal et ses architectures, la régate, le cortège impérial, les soldats français formant une immense haie d'honneur, les spectateurs, etc. Les bateaux sont somptueux, dont celui passant sous l’arc de triomphe, ayant à sa proue une Victoire d’or, deux cornes d’abondance et un gigantesque bouquet, de plus de cinq mètres de haut, au tiges d’or et aux fleurs monumentales, blanches. Photographies : « Giuseppe BORSATO, L’empereur Napoléon Ier préside la régate à Venise le 2 décembre 1807, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, inv. MV. 1447. © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Franck Raux. »

Donc Bonnes Fêtes de Pâques et Bon Carnaval !

Je suis sûr que la seule chose réelle en ce monde est la distraction. Le reste est vain. Pourtant certains prétendent le contraire.

Ci-dessous des photographies que j’ai prises de l’exposition.

Au sujet des œuvres du XVIIIe siècle du Musée Cognacq-Jay, il est possible d’en consulter une grande partie sur ces pages :

http://museecognacqjay.paris.fr/fr/la-collection/

http://parismuseescollections.paris.fr/fr/recherche/type/oeuvre/musee/musee-cognacq-jay-musee-du-xviiie-de-la-ville-de-paris-14?limit=24

http://www.museecognacqjay.paris.fr/fr/fiches-de-salles-des-collections-permanentes

Ce dernier lien offre un descriptif détaillé des œuvres contenues dans chaque salle de la collection permanente du musée.

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Édifices chrétiens élevés à l’emplacement de l’actuelle cathédrale Notre-Dame de Paris avant sa construction.

« Le jeudi 2 mars à 18h30, la Crypte archéologique de l’île de la Cité recevra Josiane Barbier, maître de conférences à l’université Paris-Nanterre et Didier Busson, ancien archéologue au Département Histoire de l’Architecture et Archéologie de Paris pour une conférence sur le thème Notre-Dame avant Notre-Dame. » L’entrée est libre dans la limite des places disponibles. Le sujet porte sur les édifices chrétiens avant l’actuelle cathédrale gothique. Plus d’informations ici.

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Le Musée national de la Marine en chantier

J’ai reçu dernièrement ce communiqué :

« Du 25 au 31 mars 2017, le musée national de la Marine de Paris convie petits et grands à venir profiter d’une semaine de programmation ludique et inattendue avant sa fermeture pour travaux jusqu’en 2021.

Ateliers de matelotage, chasses au trésor, visites théâtralisées ou cours de yoga : toutes les activités sont gratuites et invitent le public à se plonger au cœur des collections et à visiter autrement le musée.

À la veille de sa transformation en grand musée maritime français du 21è siècle, le musée souhaite célébrer cet événement avec le public et lui faire vivre des moments forts et festifs tout au long d’une semaine d’événements dédiés au monde marin.

Grâce à un programme dense et varié, chacun pourra s’amuser, se détendre et bien-sûr se cultiver, dans le cadre exceptionnel du palais de Chaillot au Trocadéro. »

J’y apprend donc que le Musée national de la Marine va être transformé et de manière très significative, puisque le chantier est prévu de durer près de cinq années. Cet  établissement est situé depuis 1943 dans l'aile Passy du Palais de Chaillot à Paris. Donc après la partie de l’aile Passy où se trouve le Musée de l’Homme, c’est au tour d'une seconde partie d’être sans aucun doute dénaturée. Je ne me fais  pas d’illusions ! Voir cet article et celui-ci. Voir aussi ici le dossier de présentation de cette « rénovation ». Dans celui-ci il n'est même pas donné le nom du ou des architectes en charge de ce chantier. Il n'y a pas non plus de plans, ni véritablement d'explications de ce que seront les travaux. On est dans le vent. Bon il vrai que le vent fait avancer les voiliers... mais encore une fois pour notre patrimoine vers une destruction annoncée... dans un bâtiment classé... On a l'habitude maintenant !

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« L'Acropole n'est ni à vendre ni à louer. »

« L'Acropole n'est ni à vendre ni à louer. » Voilà un message clair que je lis dans cet article. Il y est notamment ajouté : « la "difficile situation économique du pays" n'est pas un argument pour céder le monument, a argumenté Maria Andreadakis-Vlazakis. » Cette position devrait être suivie par les lieux culturels prestigieux et la politique culturelle français. Pourtant le principe d’inaliénabilité des biens du domaine public, qui est un principe inscrit très anciennement dans le droit public français, est très loin d’être suivi par les autorités.

On lit à l’article L3111-1 du Code général de la propriété des personnes publiques « Les biens des personnes publiques [...] qui relèvent du domaine public, sont inaliénables et imprescriptibles. » L’article L451-5 du Code du patrimoine ajoute que « Les biens constituant les collections des musées de France appartenant à une personne publique font partie de leur domaine public et sont, à ce titre, inaliénables. »

Au lieu de suivre ce principe fondamental, on ouvre toujours plus le domaine public, notamment culturel, au privé et à la marchandisation. Le Louvre Abu Dhabi en est un exemple. Il y en a beaucoup d’autres. On va jusqu’à vendre des parties entières du patrimoine ancien français. Ne parlons pas de la langue française que même les services publics sacrifient au profit de l'américain...

Il paraît que l'Éducation est le premier budget de l'État français. Si celui-ci prenait plus soin de son patrimoine et de sa culture, sans doute aurait-il moins de peine à maintenir une éducation de qualité.

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Paris : une coquille de plus en plus vide.

J’ai dans de nombreux articles de ce blog alerté sur le façadisme qui consiste à ne garder de bâtiments anciens prestigieux que les façades, en détruisant l’intérieur pour y substituer une construction moderne. Aujourd’hui on passe à une nouvelle étape : celle de faire d'une ville entière une coquille vide, en lui ôtant tout ce qui la rend vivante, son âme.

Ici je lis que l’objectif est d'évacuer du centre de la capitale française la Préfecture de Police, le Tribunal de Paris, l’Hôpital de l’Hôtel-Dieu. Si on ajoute le Louvre que l’on ampute de ses réserves, et avec elles de ses conservateurs, chercheurs…,  la Monnaie, la plus vieille institution de France, que l’on réhabilite en l’ouvrant au tourisme comme c'est le cas pour la Bibliothèque nationale (quadrilatère Richelieu) et l’École des Beaux-Arts, le centre de Paris va devenir une véritable coquille vide. Alors que ces cinquante dernières années elle a déjà été dépouillée de la majorité de ses habitants, remplacés par de la spéculation immobilière, des bureaux, des touristes, des grandes surfaces, des HLM (l'équivalent parisien) et une politique de la ville désastreuse, aujourd’hui une nouvelle étape est franchie. Pour finir complètement ce chantier, il ne reste plus qu’à supprimer le Sénat et l’Assemblée nationale qui ne servent plus à grand-chose, la politique étant guidée par le Parlement européen lui-même conduit par les groupes de pression à la solde du capitalisme mondialisé.

En s’attaquant à cette ville on le fait évidemment de la France. Dévitaliser les nations, leur culture et leurs institutions publiques permet à d’autres pouvoirs de prendre la place... enfin si on peut dire, car lorsque tout aura été entièrement volé, il ne restera plus rien à prendre !

Photographie ci-dessus : D’après Le Journal des Arts « François Hollande a initié mardi la création d'une "conférence de l'île de la Cité" chargée d'oeuvrer à l'évolution, à l'horizon 2040, du coeur historique de la capitale où cohabitent Notre-Dame et le Palais des premiers rois capétiens. » Ma proposition est de prendre modèle sur la reconstitution de Paris à las Vegas afin de rendre la capitale française plus attractive, et de protéger tout cela dans une géante boule à neige.

Photographies ci-dessous : Paris et la France en général (voir par exemple  le Grand hôtel Dieu de Lyon) sont victimes de ce que j'appelle l'architecture RER, c'est à dire des constructions de béton seulement faites pour passer et non pas vivre. Les Halles en sont une démonstration, avec sa nouvelle structure en forme de gare d'aéroport agrandissant encore le trou béant qui y a déjà été creusé. Même au Louvre on a excavé un abîme dans ses cours, le jardin des Tuileries et même sous ses bâtiments, le tout bien sûr parfaitement inondable puisque juste à côté de la Seine. J'ai dénombré de multiples autres exemples dans ce blog, qui souvent détruisent l'ancien, et évident le sol même si celui-ci possède des strates millénaires d'occupations, comme ci-dessous où l'une des rues que nous distinguons sur la droite est l'endroit où fut assassiné Henri IV.

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L’esprit du lieu

Dans ce blog on trouve de nombreux articles sur des destructions du patrimoine immobilier ancien. Alors que l’on prend soin des œuvres d’art, on détruit largement des bâtiments prestigieux, des jardins, paysages. La banlieue parisienne a subi et continue de le faire, une véritable hécatombe, Paris de même. Souvent on garde les façades mais supprime l’intérieur, en le remplaçant par du béton. Pourtant la pierre est un matériau beaucoup plus noble et précieux… aussi plus écologique. Quant aux paysages ils subissent non seulement une urbanisation anarchique mais aussi une ‘bitumisation’ forcenée.  Aujourd’hui trouver un ensemble parisien, ne serait-ce que du XIXe siècle, avec ses murs, sa décoration intérieure et son jardin n’est pas aisé. Que dire pour les siècles précédents ! Pourtant les lieux ont une âme, que l’on évince en même temps que soi-disant on restaure. Durant l’Antiquité, dans les maisons, il y avait un culte aux ancêtres, que l’on respectait. Chaque famille avait sa divinité ou ses divinités particulières, que toute la maisonnée entretenait. On les appelle mânes, lares, pénates, etc.

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Petite Nuit de Sceaux - Bal costumé pour enfants

Le dimanche 26 février, de 15h00 à 17h00, est organisé à l'Orangerie du Château de Sceaux un Bal costumé et masqué pour les enfants de 6 à 12 ans accompagnés par un adulte.

Cela se passe deux jours avant Mardi gras, qui se déroule cette année le 28 février. Dans mon village, à cette occasion, les enfants allaient (ils le font peut-être toujours), déguisés et masqués, de porte en porte afin de demander des friandises ou autres surprises. Cette fête, qui date depuis des siècles, voire des millénaires en France, est très peu médiatisée aujourd'hui. C'est une période de carnavals et bals masqués aussi pour les adultes.

À noter que le Musée Cognac Jay de Paris célébrera son carnaval, du 25 février au 25 juin 2017, avec une exposition sur Venise en fête au XVIIIe siècle à travers des peintures, dessins et gravures.

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226e édition du Salon des Artistes Français

La 226e édition du Salon des Artistes Français se tiendra du 15 au 19  février  2017  sous  la  verrière  du  Grand  Palais à Paris. Je n'irai pas car, comme depuis plus d'un demi-siècle, la laideur y sera chez elle. J'en parle cependant, car il s'agit d'une manifestation très ancienne.

Voici des « Repères essentiels et anecdotes » historiques fournis dans le dossier de presse :

« 1663 · Louis XIV et Colbert, soucieux de voir la gloire de l’État s’étendre aux Arts, proclament l’Académie, unique représentante de la peinture en France et décident qu’il y aura tous les ans une exposition des travaux de ses membres.

1667 · La  première  manifestation  de  ce  qui  deviendra  «  Le  Salon  »  débute  le  23  avril.  Elle  a  lieu  dans  les  locaux de l’Académie. C’est la première exposition d’Art en France, ouverte au public.

1668-81 · L’exposition a lieu tous les deux ans dans « la galerie du Palais Royal et dans la cour du Palais Richelieu ».

1699 · Le futur « Salon » s’installe dans « La grande galerie du Louvre ». Il se compose de quatre grandes disciplines : peinture, sculpture, gravure en taille douce et gravure en médaille.

1725 · L’exposition se tient dans « le Salon de la Cour Carrée du Louvre » (jusqu’au milieu du XIXème siècle), et prend à cette occasion son nom définitif de « Salon ».

1759 · Diderot écrit ses premières chroniques du Salon pour la revue La Correspondance Littéraire de Grimm.

1785 · David expose « Le Serment des Horaces », manifeste du Néo-classicisme. La sculpture de Houdon, la « Diane », choquant le public, a dû être retirée pour indécence...

1791 · Un décret autorise le Salon « libre et universel », ouvert à tous, quelles que soient leurs nationalités  et leurs références picturales.

1793 · David, devenu membre du gouvernement, fait voter le 8 août la suppression de l’Académie. Le nouveau Salon, républicain, crée le système des récompenses, encore en vigueur aujourd’hui.

1819  ·  Géricault  expose  «  Le  Radeau  de  la  Méduse  »,  qu’il  finit  de  peindre  au  Salon,  le  matin  même  de  l’ouverture au public...

1824 · Delacroix expose « Le Massacre de Scio ». C’est le triomphe du Romantisme.

1831 · Le Salon devient annuel.

1845 · Charles Baudelaire publie son premier « Salon ».

1850 · Courbet expose « Un enterrement à Ornans », manifeste du Réalisme.

1855  ·  Napoléon  III  proclame  que  le  Salon  sera  englobé  dans  l’Exposition  Universelle  qui  a  lieu  la  même  année. 770 artistes internationaux exposent 5000 oeuvres dans le « Palais des Beaux-Arts », construit à cet effet.

1865 · Manet présente « Olympia ». Le jury l’accepte. La critique et le public se scandalisent d’un tel choix.

1866 · Emile Zola publie « Mon Salon », l’un des premiers manifestes de l’art moderne. En  avril  1866,  le  Salon  installé  au  Palais  de  l’Industrie  ouvre  dans  une  atmosphère  orageuse:  le  jury  avait  refusé de nombreuse toiles, parmi lesquelles deux de Manet. Désespéré de se voir exclu, un peintre s’était suicidé.  Les  jeunes  artistes  manifestèrent,  réclamant  l’abolition  du  jury  et  le  rétablissement  du  Salon  des  Refusés (1e édition en 1863).

1880 · Jules Ferry institue la « Société des Artistes Français », comité de 90 membres, élus par les artistes précédemment admis.

1883 · Manet expose le « Bal des Folies-Bergères » et meurt le matin même de l’ouverture du Salon. Le 11 mars 1883, les statuts sont approuvés par décret.L’État met à la disposition des Artistes Français les lieux de l’exposition annuelle pour 1 franc symbolique.La société des Artistes Français est reconnue d’utilité publique le 11 mai 1883.

1899  ·  Francis  Picabia,  un  des  futurs  chefs  de  file  du  Dadaïsme,  expose  sa  première  toile  «  Une  rue  aux  Martigues ».

1901 · Le Salon se tient au Grand Palais. »

Etc.

Photographie ci-dessus en haut provenant du dossier de presse : « Jules-Alexandre Grün, Un Vendredi au Salon des Artistes Français, 1911, huile sur toile. Musée des Beaux Arts de Rouen. »

Photographie ci-dessous : Chapitre 449 de Tableau de Paris, Nouvelle édition Corrigée & augmentée, Tome III de 1783, intitulé « Sallon de Peinture. » Coll. LM.

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Merveilleuses & merveilleux