Industrie de la mode : l'exemple de la région stéphanoise

La semaine dernière je me suis rendu dans une région très imprégnée d'une industrie de la mode plusieurs fois centenaires : autour de Saint-Etienne, dans la Loire. Les paysages rappellent cette histoire leurs usines, leurs immeubles ou maisons ateliers aux grandes fenêtres donnant sur un jardin ou un grand espace laissant passer totalement la lumière, les traboules (couloirs permettant de traverser rapidement la marchandise sous les immeubles en évitant les intempéries) dans certaines villes comme Saint-Etienne (ou Lyon), etc.

C'est du reste surprenant de passer de paysages industriels à d'autres très bucoliques, rappelant encore le roman L'Astrée d'Honoré d'Urfé (XVIIe siècle) se situant dans cette région, avec son fameux berger Céladon qui portait un ruban vert qui a donné son nom à une couleur. Lorsque l'on vient en train, ou passe en voiture dans les villes, on ne ressent bien sûr pas du tout cette atmosphère bucolique, mais davantage celle d'une industrie très présente autrefois ; ni même lorsqu'on emprunte les autoroutes qui charcutent véritablement les paysages. Mais si l'on prend le temps de rentrer dans les campagnes, de monter dans les collines, de suivre la Loire, de repérer les ruisseaux, on entre dans une autre atmosphère. Du reste les personnes travaillant dans cette industrie en particulier liée à la mode, étaient pour la plupart des ouvriers-paysans. Ceci permit de garder un certain équilibre entre la ville et la campagne.

Cette industrie créa des métropoles comme Saint-Étienne, et permit à des villages de se développer par l'intermédiaire de petites manufactures, puis usines, dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, mais surtout au XIXe, et grâce à d'innombrables maisons-ateliers installées jusque dans les plus petits villages et même parfois dans des fermes réaménagées, produisant pour d'importantes manufactures et usines de la région situées dans une grande ville alentour, Lyon (soie), Saint-Étienne (rubans) et Tarare (mousseline) étant sans doute les principales.
La main-d'oeuvre autrefois en particulier paysanne, le resta pendant longtemps (jusqu'à même la Seconde Guerre mondiale), travaillant en période froide en manufacture, usine ou même sur un ou deux métiers personnels (à la maison), et pendant la saison chaude dans les champs. Ce système existait bien sûr aussi pour d'autres fabrications liées à la mode (comme la dentelle...) ou non, et même avant l'arrivée des premières manufactures, l'hiver ayant toujours été consacré à des travaux d'intérieur alors que l'été à ceux d'extérieur.

Dans trois prochains articles de mon blog je vais écrire sur trois visites que j'ai faites en moins de deux jours dans le département de la Loire : le Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Etienne et son exposition Le ruban c'est la mode ; l'usine de l'entreprise Neyret de Grammond, fabriquant des rubans de haut-de-gamme (étiquettes de vêtements de luxe, rubans prestigieux...) et existant depuis près de deux-cents ans et dans la même famille depuis plus de sept générations ; et la Chapellerie Atelier-musée du chapeau à Chazelles-sur-Lyon.

Mais avant cela je souhaite ici parler de l'industrie de la mode et de son origine en France. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce n'est pas l'industrie qui est à l'origine de la mode dans ce pays mais les Français et en particulier les élégant(e)s ; notamment toutes les personnes dont je parle dans mon livre sur Les Petits-maîtres de la mode. Je m'explique : La mode en France a une origine antique. Elle a continué d'occuper une très grande place au Moyen-Âge et par la suite. Depuis l'époque médiévale, plusieurs rois, constatant que les Français dépensaient des sommes faramineuses dans l'achat d'articles étrangers (venant en particulier d'Italie mais aussi de bien plus loin) pour se vêtir, être élégant et dans le bon ton, publièrent des édits imposant plus de sobriété dans les tenues. En 2007 j'ai écrit un rapide article sur ce sujet visible ici. Mais le goût français pour l'élégance et la beauté, fit que ces édits ne furent pas suivis, et qu'une partie des devises du royaume continuèrent de s'évanouir à l'étranger. Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), contrôleur général des finances et ministre de Louis XIV, décida donc d'importer les savoir-faire étrangers, en particulier italiens, en France, créant ainsi les premières grandes manufactures du luxe françaises qui devinrent très rapidement les premières en Europe, les Français étant toujours à l'époque à la recherche de l'excellence (on est alors dans ce qu'on appelle le Grand-Siècle). Dans le même temps il créa de nombreux comptoirs dans le monde et des compagnies commerciales internationales : la Compagnie des Indes orientales (Océan indien), la Compagnie des Indes occidentales (Amériques), et la Compagnie du Levant (Méditerranée et Empire ottoman). Tout cela concernait en partie la mode, pour la soie et les tissus imprimés venus d'Inde par exemple. De même les nouvelles manufactures n'étaient pas toutes liées à la mode, bien au contraire ; mais la plupart se caractérisaient par la supériorité de leur fabrication.

Depuis l'après-guerre et la génération du prêt-à-porter, on a assisté à un mouvement inverse, l'industrie de la mode française faisant fabriquer à l'étranger (souvent dans des dictatures comme la Chine, la Birmanie, etc.) et cherchant avant-tout à sensibiliser une clientèle hors 'royaume' ;-) mondialisée, ne conservant jalousement intra-muros que quelques rares savoir-faire, et surtout tout le rêve que des siècles de modes et d'élégances françaises ont imprimé dans les esprits, une songerie encore très présente dans le territoire, notamment dans les anciennes régions productrices qui ne demandent qu'à continuer à fabriquer et exceller dans ce domaine... tout simplement.

Dans la région du département de la Loire plusieurs musées rappellent cette histoire avec :

- Saint-Etienne et son Musée d'Art et d'Industrie ;

- Chazelles-sur-Lyon et son Musée du Chapeau ;

- Panissières, son Musée de la Cravate ;

- Bussières, son Musée du Tissage et de la Soierie ;

- Charlieu, son Musée de la Soierie ;

- Cervières, son Conservatoire de la broderie à fil d'or (à noter que la vidéo d'introduction de ce site est très intéressante, surtout lorsque l'on connaît l'importance de la broderie dans la mode française d'Ancien Régime).

Il y a de plus quelques villes emblématiques autour de la Loire, comme Lyon avec son Musée des Tissus, ses traboules et très vieilles maisons liées au tissage. À Tarare on fabriquait la fameuse et très en vogue mousseline ! Du reste tous les cinq ans y est organisée une Fête des Mousselines. Citons enfin Le Puy en Velay pour sa dentelle et son Centre d'Enseignement de la Dentelle au Fuseau.

Photographie du haut : Métier à tisser moderne. Photographie provenant du site du Musée du Tissage et de la Soierie de Bussières.

Photographie de gauche : Grenadière au travail (brodeuse à fil d'or). Photographie du film du site du Conservatoire de la broderie à fil d'or de Cervières.

Photographie de droite : Même origine que ci-dessus.

Photographie de gauche : « Vue des ateliers de passementiers, rue Denis Epitalon, Saint-Etienne, 2015. © Jean-Claude Martinez. »

Photographie de droite : « Redingote en twill de soie jaune, agrémentée de passementeries et de pompons de soie coordonnée. Ceinture à nouer en ruban de soie façonnée et coordonnée. Vers 1815. Collection Le Paon de Soie, n°inv. 2011.1.292. » Exposition Le ruban c'est la mode du Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Etienne.

Photographie ci-dessous : Vue depuis le Conservatoire de la broderie à fil d'or. Photographie provenant du site du Conservatoire de la broderie à fil d'or de Cervières.

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Vente du patrimoine français public prestigieux, suite...

Le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine se termine. Une Commission mixte paritaire va maintenant être chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion, avant d'être définitivement voté dans chacune des deux assemblées. Il est difficile de s'y retrouver car le dossier législatif ne présente, jusqu'à la loi définitivement votée, que les morceaux du texte encore en discussion, pas la rédaction en entier. La dernière version ne publie que les articles qui ont été dernièrement changés ou ajoutés. Au cours des discussions au Parlement de nombreux articles ont été additionnés et d'autres modifiés, faisant d'un texte décrit par certains parlementaires comme un fourre-tout, un véritable n'importe quoi.

Pendant ce temps l’État continue de vendre le patrimoine prestigieux public. Alors que j'en ai parlé la semaine dernière dans cet article, voilà que je lis dernièrement dans la revue Le Point du 26 mai 2016, dans un article que l'on peut consulter en cliquant sur la photographie ci-dessus, que non seulement est vendu le château de Grignon, « château Louis XIII inscrit aux Monuments historiques », mais aussi que, comme je m'en doutais, cela fait partie d'une volonté de l’État, depuis plusieurs années, de se débarrasser d'une partie du patrimoine national par l'intermédiaire de France Domaine, qui comme l'explique Wikipédia, est un service créé en 2007, dont l'un des objectifs est de « revendre les biens immobiliers les plus valorisés » appartenant à l'État. C'est ainsi que j'ai appris, en cherchant cinq minutes, que le Ministère de la Défense vend aussi une ancienne caserne du XVIIIe siècle à Fontenay le Comte (19, rue Kléber - 85200) comprenant notamment un hôtel particulier (voir ici). Ceci dit, peut-être sera-t-elle achetée par la région ou la mairie... ?

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Le Festival d'histoire de l'art à Fontainebleau

Le Festival d'histoire de l'art de Fontainebleau c'est cette fin de semaine du vendredi 3 juin 2016 au dimanche 5 juin 2016. J'ai trouvé ce festival vraiment très bien l'année dernière ! De qualité, gratuit et dans un lieu très prestigieux.

Photographie ci-dessus : « L’ange au sourire de la cathédrale de Reims, XIIIe siècle. © Creative Commons – Eric Santos. »

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Vente du patrimoine français public en France et à l'étranger, cela continue...

Où en sommes nous du Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine dont le texte vient de passer en seconde lecture au Sénat ? Je n'ai pas suivi ce qui s'est passé. La première lecture à la Haute assemblée n'ayant pas apporté grand-chose, je suppose que la seconde fut de même. J'attends la fin de ce texte, qui ne serait tarder, pour en tirer des conclusions.

Il y a un domaine sur lequel l’État et les collectivités publiques ne communiquent pas, c'est la vente du patrimoine public. C'est par hasard que j'entends parler régulièrement d'une liquidation accomplie ou à accomplir de tel ou tel lieu.

J'en ai appris un peu plus, dans un article du Monde visible ici, sur la revente de la Maison Descartes datant de 1671 et abritant l'Institut Français des Pays-Bas. Dans La Gazette d'Esprit XVIIIe je viens aussi de lire que le Pavillon du Butard, près de Paris, « un rendez-vous de chasse élevé par l’architecte Gabriel pour Louis XV entre 1750 et 1754 », est prévu d'être cédé par l’État en 2017.

Je ne fais aucune recherche sur ce sujet. Ce sont des informations qui me viennent par hasard, comme pour :

- Le Pavillon de chasse de la Muette abandonné puis vendu en piteux état ;

- Le Palais Clam-Gallas de Vienne vendu ;

- La Chancellerie et le Consulat général français à Londres en projet de vente ;

- Des Hôtels particuliers parisiens du XVIIIe siècle vendus...

Il est à noter que le ministère, qui vend du patrimoine français prestigieux à l'étranger, se nomme depuis 2014 : « Ministère des Affaires étrangères et du Développement international »… pour dire combien les mots dans la langue du politique contemporain disent souvent exactement le contraire de la réalité.

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L’or du pouvoir, de Jules César à Marianne.

L'exposition L’or du pouvoir de Jules César à Marianne se déroule dans la crypte archéologique de l’Île de la Cité depuis le 26 mai 2016.

Cette exposition retrace l’histoire de Paris à travers des pièces de monnaies depuis les Parisii, peuple gaulois installé dans cette région depuis le IIIe siècle avant J.-C. jusqu'au XXe siècle.

Les Parisii éditèrent de magnifiques monnaies très stylisées représentant sur une face un profil d'homme ou de divinité et sur l'autre un cheval comme formé d'étoiles ou de points lumineux.

D'autres pièces en or, cette fois romaines, avec des empereurs barbus suivant la mode virile représentant une certaine rigueur morale de l'ancienne Rome contrairement aux modes hellénistiques et orientales.

On peut aussi y contempler les premiers francs et louis d'or, ainsi que d'autres exemples et quelques objets d'époque.

La crypte archéologique est beaucoup plus agréable à visiter que la dernière fois que je m'y suis rendu, avec davantage de dispositifs interactifs et visuels sur l'évolution de Paris en particulier sous l'Antiquité et au Moyen-Age, rendant moins austère les vestiges au milieu desquels on se trouve.

De plus, l'Île de la Cité, où se trouve la crypte, regorge de lieux à visiter comme la Sainte-Chapelle, la Conciergerie et la grande salle avec sa cuisine, de l'ancien Palais de la Cité résidence et siège des rois de France du Xe siècle au XIVe. Il y a aussi bien sûr Notre Dame, le Pont Neuf (le plus vieux pont de Paris), le jardin aux fleurs, etc.

En marchant un peu on arrive même jusqu'à la Monnaie de Paris, qui est la plus ancienne institution française (créée en 864 sous le règne de Charles II) et la plus vieille entreprise du monde toujours en activité. Aujourd'hui il est quelque peu difficile de comprendre quelle est son activité dans son site historique, au centre de Paris, où se côtoient depuis peu d'horribles expositions contemporaines (voir ici et ici), des commerces (voir ici), un restaurant... enfin un capharnaüm qui n'est pas encore tout à fait fini d'être mis en place, et qui montre le manque de vision et de respect vis-à-vis de notre passé sur notre avenir de nos dirigeants. Certes c'est de l’usine de Pessac en Gironde que depuis 1973 sortent les nouvelles pièces dont maintenant les euros français et même des pièces étrangères. Cependant le déménagement progressif de toutes les activités séculières du centre de Paris est alarmant car marquant aussi la déliquescence du pouvoir en France : Déménagement du tribunal de grande instance de L’île de la Cité, de la police judiciaire du quai des Orfèvres, départ programmé des services de l'Hôtel-Dieu de Paris (à côté de Notre-Dame), déménagement d'une partie du Louvre et de toutes ses réserves à Lens...

Photographies ci-dessous : « Statère des Parisii. Or, entre -100-et -1 avant JC. © Carole Rabourdin / Musée Carnavalet / Roger-Viollet. »
« Denier parisis en argent de Louis VII, 1137-1180. © Julien Vidal / Musée Carnavalet / Roger-Viollet. »

Photographies ci-dessous : « Monnaie en or (avers). Julien. Or. Epoque gallo-romaine. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet. »
« Franc à pied de Charles V. Or, 1365. © Carole Rabourdin / Musée Carnavalet / Roger-Viollet. »

Photographies ci-dessous : « Quadruple louis d'or de Louis XIII, 1640. Or, 1640. © Carole Rabourdin / Musée Carnavalet / Roger-Viollet. »
« Augustin Dupré (1748-1833). Louis d'or constitutionnel, 1793. Or, 1793. © Carole Rabourdin / Musée Carnavalet / Roger-Viollet. »

Photographies ci-dessous : « Augustin Dupré (1748-1833). Louis d'or constitutionnel, 1793. Or, 1793. © Carole Rabourdin / Musée Carnavalet / Roger-Viollet. »
« Jules-Clément Chaplain (1839-1909). Pièce de 20 francs en or de la IIIe République, 1904. Or. 1904. © Julien Vidal / Musée Carnavalet / Roger-Viollet. »

Photographies ci-dessous : Marché aux fleurs de l'Île de la Cité à Paris.

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Le château de Vaux-le-Vicomte

Photographies ci-dessus de Béatrice Lécuyer Bibal, Giles Gardner, Guillaume Crochez, Lourdel Chicurel et Yann Piriou.

Photographies ci-dessous prises lors de ma visite du château.

L'histoire de l'Art a connu de nombreuses Renaissances en France ; ce que l'on peut aussi appeler des modernités, car rassemblant et inspirant ce que l'époque a de plus moderne. Le château de Vaux-le-Vicomte, construit entre 1658-1661 près de Paris pour Nicolas Fouquet (1615-1680), marque une d'entre elles : les débuts du classicisme. Pour cela le surintendant des finances de Louis XIV fait appel notamment à l'architecte Louis Le Vau, le peintre Charles Le Brun, le paysagiste André Le Nôtre et le maître-maçon Michel Villedo. Même Nicolas Poussin aurait été appelé pour la décoration du jardin. Tous travaillent de concert pour élaborer ce chef-d’œuvre. Vendu par la suite plusieurs fois, ce domaine appartient maintenant à une même famille depuis plus d'un siècle (1875). Aujourd'hui il s'agit de la plus importante propriété privée de France.

Lorsqu'on arrive au domaine, la première chose que l'on remarque c'est la grille et ses huit piliers en forme d'hermès (termes) à double face représentant diverses divinités, dont la sculpture pour plusieurs n'est pas achevée.

Le jardin est le premier élément mis en place à partir de 1653-1654, alors que la construction du château débute en 1656. Il est en harmonie avec le bâtiment et joue avec les perspectives.

On entre dans le château en passant par une cour dans laquelle on est enveloppé, la perspective étant toute entière portée vers la façade du château sur laquelle on trouve plusieurs écussons avec la marque de Nicolas Fouquet : l'écureuil.

Après avoir monté les marches, on ne rentre pas vraiment dans le château mais dans le jardin. En effet originellement il n'y a pas de portes mais seulement des grilles, côté cour (entrée) comme côté jardin (salon ovale) ; et la perspective est « traversante » jusqu'au fond du jardin à 1 800 mètres. Ce lien avec le jardin ou la nature se retrouve dans de nombreux châteaux, clos par la suite par des portes et fenêtres, mais préalablement ouverts aux quatre vents, simplement fermés par des grilles. À Vaux-le-Vicomte on est donc encore à l'extérieur (dans un extérieur abrité) dans le salon ovale ; et de là on entre notamment directement dans la chambre du Roi (qui a une grande cheminée évidemment). Ce salon dit « en rotonde » ou « en lanterne » est particulièrement original pour l'époque. Il est presque aussi haut que large (19 m. et 18 m.), et donne donc sur les appartements du Roi d'un côté et de l'autre ceux de Nicolas Fouquet.

Ci-dessous quelques salles.

La salle à manger est une pièce moderne, car n'existant pas avant le XVIIe siècle.

Aujourd'hui le toit se visite (avec supplément).

L'agenda du château pour l'année 2016 est visible ici.

À noter Le déjeuner et défilé au Grand Siècle au château le dimanche 26 juin, de 10h à 17h30. Il s'agit d'un déjeuner sur l’herbe à la mode du Grand Siècle, c'est-à-dire en costumes d'époque.

Citons aussi tous les samedis soirs du 7 mai au 1er octobre, Les soirées aux chandelles.

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (27) : Liberté de création artistique, ou l'arbre qui cache la forêt.

La commission de la Culture du Sénat vient d'amender à nouveau le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine dont le texte passera en seconde et dernière lecture à l'hémicycle de la Haute-assemblée les 24, 25 et 26 mai 2016 (dossier legislatif ici).

Cela dure depuis septembre et rien de bon n'y s'est révélé. Au sujet de l'article premier « La création artistique est libre », tous les députés et sénateurs ont fait semblant qu'il était nécessaire. Aucun n'y a vu un effet d'annonce, un cache-misère, l'arbre qui cache la forêt de l'indigence culturelle et artistique françaises contemporaines.

Nous sommes dans une ère de communication. Quand le Gouvernement lutte contre le tabagisme, c'est pour nous faire oublier qu'il ne fait rien contre d'autres pollutions comme le diesel, les ondes électromagnétiques, les pesticides, le nucléaire, etc. Quand il dénonce le racisme, c'est pour occulter qu'il s'acoquine avec les pires dictatures, et que ces trente dernières années la France est face aux plus grandes immigration et émigration de son histoire (l'immigration n'est pas un mal, sans doute même une chance, mais pourquoi ne pas dire la vérité ?). Quand il dit vouloir faire barrage à l'extrême-droite, c'est pour maintenir la misère politique et intellectuelle dans lesquelles ce pays est plongé, l'extrême droite étant son faire-valoir. Quand il s'offusque de l'islamophobie (comme si être contre une religion était de l'ordre d'une phobie, c'est-à-dire un dérèglement psychologique), c'est pour mieux voiler la montée de cette religion dans l'hexagone et les millions de morts de l'OTAN au Moyen-Orient. Quand il prône le mariage homosexuel, c'est encore pour masquer la misère intellectuelle mais aussi sentimentale (prostitution, pornographie...). Quand il souhaite la parité entre les deux sexes (parité qui n'est toujours que dans un sens), c'est pour dissimuler des inégalités dans le partage des richesses qui se creusent toujours davantage. Quand il condamne l'antisémitisme, c'est pour mieux faire oublier son sionisme (raciste et extrémiste) dévastateur. Quand il s'attaque à l'Empire russe, c'est pour faire oublier qu'il sert vilement l'Empire des multinationales américaines. Quand il défend la liberté de création artistique, cela lui permet de faire oublier toute la technocratie dans laquelle il la plonge, un système de copinage et l'horreur artistique qu'il prône.

Qui tacet consentire videtur

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Le pavillon de chasse de la Muette en forêt de Saint-Germain-en-Laye près de Paris

Je botanise régulièrement entre Achères Grand Cormier et Maisons Laffitte. À Achères Grand Cormier le RER me dépose en pleine forêt, ce qui est rare ! Trois constructions peuvent baliser ma promenade dans cette partie de la forêt de Saint-Germain-en-Laye : une croix du XVIIe siècle, une faisanderie construite par Louis XIII et le pavillon de La Muette. Ce dernier a été une première fois érigé en 1515 pour François 1er (voir ici), démoli en 1665 et reconstruit sous Louis XV en 1775 par Ange-Jacques Gabriel. Il s'agit d'un rendez-vous de chasse royal où vinrent Louis XV, Louis XVI, Napoléon 1er, Charles X, Napoléon III…

Le pavillon de La Muette a été acheté récemment par Frédéric Journès et Hristo Mavrev. Ceux-ci sont passionnés par leur acquisition, comme on le constate en parcourant leur site et en venant visiter le lieu le samedi ou le dimanche (voir horaires et dates ici).

Bien que ce bâtiment fût classé monument historique dès 1921, et qu'il fût encore utilisé dans les années 1970, l'établissement public Office national des forêts, à qui a été racheté ce pavillon de chasse, l'avait complètement abandonné ; tellement que le premier étage ne possède plus que quelques poutres, que l'eau traverse la toiture et que la cheminée de la salle principale a été volée ainsi que certainement d'autres éléments.

Aujourd'hui le site semble en de meilleures mains. Ses nouveaux propriétaires le connaissent bien, notamment grâce au mémoire de Marie Marguerite Roy de L’École du Louvre qui lui est consacré, mais qui n'a pas encore été publié. Comme l'explique M. Journès : « Madame Roy a exhumé par le menu les détails de la construction et les correspondances de Marigny et Angivilliers, les architectes en chef des bâtiments du roi, avec l'exécuteur du projet de Gabriel, Nicolas Galant. Il y a des détails très vivants sur les cheminées, réemplois du garde meuble, l'exécution des décors de menuiseries, les moindres détails de l'aménagement. Cela vaut aussi la peine de faire la visite pour comprendre la stéréotomie des tailles de pierre des sous-sols, qui m'a été montrée par un compagnon et qui a stupéfait les architectes MH avec lesquels nous travaillons. Et il y a pour finir un tour de force dans la conception de la façade nord qui ne se comprend qu'en se déplaçant. »

La tâche de restauration et d'entretien de ce lieu est importante. Je vais essayer de suivre ce parcours de restauration me rendant régulièrement dans cette forêt.

Photographies du haut : Vues d'ensemble. Le chemin de forêt, en face du bâtiment, va en droite ligne sur plusieurs kilomètres jusqu'au château de Saint-Germain.

Photographie de gauche : De gauche à droite, la maison du garde chasse, le pavillon et le puits.

Photographie de droite : Le Pavillon vu de dos, avec son belvédère.

Photographies ci-dessous : Le Pavillon vu de côté et dépendance.

Photographies ci-dessous : Vestibule central. Les boiseries sur les murs sont d'époque Louis XV de même que le pavement.

Photographies ci-dessous : Salle des officiers des chasses. La cheminée en marbre rose est d'époque Louis XIV, ramenée de Versailles par Louis XV. Elle possède un élément en ferronnerie d'art du XVIIIe siècle représentant Hercule-Héraklès filant aux pieds d’Omphale. Ici le carrelage n'est pas d'époque mais la boiserie sans doute que si.

Photographies ci-dessous : Salle octogonale, surmontée d'une terrasse belvédère destinée à suivre les chasses. La grande cheminée de cette salle a été volée.

Photographies ci-dessous : Escalier avec de belles formes.

Photographies ci-dessous : Sous-sol comprenant une première salle avec à gauche des réchauffoirs (pour faire réchauffer les plats) et un four à pain, et une seconde salle plus petite avec un four avec un mécanisme automatique pour rôtir du XVIIIe siècle provenant du château de Saint-Cloud.

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Masséot Abaquesne, le premier faïencier français.

Photographies ci-dessus : Pavement de la chapelle de la Bâtie d'Urfé provenant de l'atelier de Masséot Abaquesne, datant de 1557 et conservé au musée national de la Renaissance d'Écouen.

Dans l'histoire de la céramique française certains noms raisonnent particulièrement aujourd'hui : Palissy, Poterat, Clérissy, Hannong, Abaquesne... L'exposition Masséot Abaquesne, l'éclat de la faïence à la Renaissance, qui a lieu du 11 mai au 3 octobre 2016 au Musée national de la Renaissance du Château d'Écouen près de Paris, est la première rétrospective sur cet artisan/artiste, considéré comme le premier faïencier français, ayant produit de très nombreux carreaux et pots d'apothicaire.

Cette exposition, organisée par le Musée national de la Renaissance en partenariat avec le Musée des Beaux-arts et de la Céramique de Rouen, rassemble des œuvres conservées dans de nombreux endroits en France mais aussi quelques-uns venant d'autres pays d'Europe. Elle se déroule dans trois grandes pièces du château, présentant la production de l'atelier de cet homme, né à Cherbourg et actif à Rouen dès 1526, dans le contexte de la faïence de son temps.

La première partie est sur ses débuts (1526-1545), décrivant la production de faïences à cette époque, en particulier italiennes et anversoises, en la comparant aux premières œuvres de Masséot Abaquesne, comme son pavement pour le château d'Écouen, pour le connétable Anne de Montmorency, ainsi que les panneaux historiés illustrant Mucius Scaevola et Marcus Curtius, conservés au musée Condé mais pas présents dans l'exposition.

Photographies ci-dessous : Détails du pavement de la chapelle du château de Fère-en-Tardenois (Aisne) de l'atelier de Guido Andries à Anvers et datant d'avant 1538, anciennement attribué à Abaquesne. »

Photographie ci-dessous : Détail du « Premier pavement. Masséot Abaquesne. 16 ème siècle. Céramique. 11,3 x 4,07 m. © RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau / René-Gabriel Ojéda. »

Photographies ci-dessous : « Marche d'autel composée d'un assemblage de carreaux. Masséot Abaquesne. Vers 1530. Faïence. 3,26 x 1,84 m. Chapelle du château de la Bastié d'Urfée. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Martine Beck-Coppola. »

La seconde partie couvre les années 1540-1550, où la production de Masséot Abaquesne est à son apogée, avec quelques-unes de ses grandes réalisations : pour le connétable (pavement de 1551 pour le château d'Écouen, triptyque de l’Histoire du Déluge) et pour la Bâtie d’Urfé en 1557. Des pots d’apothicairerie, signés par Masséot Abaquesne mais aussi son fils Laurent, sont aussi présentés. Ils ont été produits en 1544, et font partie d'un ensemble de plus de quatre mille pièces d'une commande d’un certain Pierre Dubosc. Seulement environ soixante-dix de ces pots, principalement des chevrettes et albarelli seraient aujourd'hui conservés. « C’est l’occasion pour le faïencier de développer tout un répertoire de portraits de fantaisie et de motifs végétaux inspirés des modèles anversois. »

Photographies ci-dessous : « Pavement du Déluge. Masséot Abaquesne. Vers 1550. Faïence. 1,38 x 0,95 m. © RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / René-Gabriel Ojéda. »

Photographies ci-dessous : « Albarello. Masséot Abaquesne. 1544. Faïence. 20,4 x 11 cm . © RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) /Adrien Didierjean. »

Photographies ci-dessous : « Gourde armoriée de l'abbé de Lisieux. Masséot Abaquesne. Vers 1545. Faïence. 35 cm. © RMN-Grand Palais (Sèvres, Cité de la céramique) / Jean-Claude Routhier. » Photographie de droite personnelle.

Photographies ci-dessous : Pots d’apothicaire d'Abaquesne.

La troisième partie remet à jour certaines anciennes attributions lui étant attribuées. Elle commence par une rapide mais très intéressante évocation de la production de carreaux à glaçure plombifère, avant d'aborder la question des autres pavements de faïence contemporains de l’atelier d’Abaquesne et de leurs attributions.

Photographie ci-dessous : Ces carreaux en faïence ne proviennent ni d'un intérieur des années 1960, ni d'une production coréenne ou chinoise ancienne, mais d'un pavement du château du Bellay à Hénouville en Seine-Maritime produit par un atelier de Lisieux dans la première moitié du XVIIe siècle.

Photographies ci-dessous : Carreaux de pavement en grès émaillé, de vers 1520, de l'atelier de Brémontiers-Massy et conservés au musée d'Écouen.

Photographies ci-dessous : Détails d'un pavement datant de 1545 du château de Polisy produit par un atelier champenois.

Le Château d'Écouen, est un lieu particulièrement bien choisi pour une exposition rétrospective sur Masséot Abaquesne qui a produit pour ce bâtiment des milliers de carreaux. Le musée contient aussi de très nombreux autres objets d'art du XVIe siècle, que l'on peut ensuite découvrir avec délice, pour ceux qui ne l'ont pas déjà fait. Lors de ma visite pour le vernissage presse je suis arrivé en avance. En attendant j'ai pu constater que des perruches jaunes étaient autour du château, car je les voyais virevolter et chanter. Comme cela me semblait étrange, j'ai fait une recherche sur internet, et ai trouvé cet article du Parisien décrivant ce phénomène.

Photographies ci-dessous : Domaine du château.

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Vente en catimini par le Ministère des Affaires étrangères du Palais Clam-Gallas de Vienne.

La semaine dernière j'ai écrit un article (voir ici) sur les ventes du patrimoine immobilier prestigieux du Ministère des Affaires étrangères, dont le palais Clam-Gallas à Vienne. J'en ai appris un peu plus dans la lettre d'information de la Tribune de l'Art faisant référence à un article du Point (voir ici), où il est écrit que Laurent Fabius a vendu « en catimi un joyau français au Qatar » : « À Vienne, le palais Clam-Gallas, le plus bel institut culturel français à l'étranger, a été cédé au Qatar sans le moindre appel d'offres. »

Il s'agit d'un palais viennois de style néoclassique, construit en 1834-1835. Ce siège de l'Institut français de Vienne en Autriche a été vendu malgré les oppositions, notamment du président de la République d'Autriche, du chancelier fédéral et du bourgmestre de la ville. En novembre 2015, au milieu du passage du Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine, la transaction a été finalisée et l'Institut français d'Autriche déménagé.

Pourquoi vendre le patrimoine français prestigieux ? L'endettement de la France dans ce cas n'est pas une raison, car l'apport de ce genre de vente est bénin par rapport à des milliards dépensés de manière absurde ; comme pour la filière nucléaire française où l’État gaspille des milliards pour renflouer EDF et Areva qui malgré tout continuent de s'endetter pour des projets voués à l'échec et dangereux. À cela s'ajoutent de nombreux autres exemples de dépenses faramineuses inutiles comme : des guerres entreprises par la France pour le compte des États-Unis ; un assujettissement à une Union Européenne qui fait de ce pays non seulement une région des États-Unis mais le guide dans une politique ruineuse... Et ce ne sont que quelques exemples de gabegies monstrueuses.

L'examen du projet de loi en dernière lecture au Sénat aura lieu en commission de la Culture ce mercredi 11 mai, et en séance publique les 24, 25 et 26 mai 2016.

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Fondation du patrimoine suite

Ceux qui ont lu ou liront les articles que j'ai écrits intitulés Fondation du patrimoine : Le patrimoine de villes entières ‘offert’ à une fondation privée et Les jeudis du mécénat, ou comment le service public culturel organise son retrait trouveront sans doute intéressant d'apprendre, comme je l'ai fait ici, que « le Ministère de la culture et de la communication a confirmé son engagement de soutien à la Fondation du patrimoine. Il annonce que le fruit des successions en déshérence, anciennement allouées à la Fondation du patrimoine à hauteur de 50 %, a été augmenté en concertation avec Bercy à 75 %. Cette annonce garantira ainsi une enveloppe de 6,5 millions d’euros pour l'année 2016, contre 4,5 millions d’euros initialement annoncés. »

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Sixième Salon du Disque des Puces de Paris Saint-Ouen

Les samedi 14 et dimanche 15 mai 2016 de 10 h à 18 h, le Marché Dauphine aux Puces de Paris Saint-Ouen propose son sixième Salon du disque, un exercice qui se prête bien à ce lieu (le marché aux puces de St-Ouen) depuis toujours tourné vers les modes de rue.

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Politique immobilière du Ministère des Affaires étrangères

Dans plusieurs articles de ce blog (comme ici) j'ai évoqué la vente de biens patrimoniaux appartenant à l’État ou à des organismes publics ces dernières années. Voici une intervention faite par Mme le sénateur Claudine Lepage évoquant cette fois les ventes de biens français à l'étranger lors de la défense d'un amendement qu'elle avait déposé sur l'article 23 du Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine :

« [...] Depuis 2010, effectivement, la politique immobilière du ministère des affaires étrangères n’est plus financée que par les cessions de biens, principalement à l’étranger, car aucun crédit d’investissement n’est plus inscrit au budget général. Outre des bureaux ou appartements, sans valeur historique ou culturelle particulière, des biens prestigieux et particulièrement emblématiques du rayonnement de la France à l’étranger ont également été cédés.

L’un des derniers en date est le Palais Clam-Gallas, à Vienne, vendu au Qatar pour 22 millions d’euros. D’autres immeubles, comme la Maison de France à Berlin, véritable symbole de l’entente franco-allemande, ont échappé à la cession, grâce à la mobilisation des élus et des citoyens, français comme allemands.

Cette braderie continue, puisque la France envisage de vendre en 2017 les bâtiments de sa chancellerie et de son consulat général à Londres ! Ces ventes sont devenues parfois inévitables lorsqu’on a trop attendu pour engager les travaux nécessaires : je pense notamment à l’Institut wallon à Amsterdam.

Ces ventes suscitent toujours une vive opposition de la part des francophiles des pays concernés et elles sont un très mauvais signal pour l’image de la France à l’étranger.

Des solutions alternatives existent bien souvent. J’ai ainsi en tête l’exemple du Palazzo Lenzi, à Florence. Ce magnifique palais, attesté déjà en 1470 et qui abrite l’Institut français depuis 1908, était promis à une vente à la découpe en 2010. L’émoi suscité par ce projet a permis une reconsidération de la situation. En définitive, le Palais abrite toujours aujourd’hui l’Institut français et le consulat honoraire. Cependant, deux espaces loués du rez-de-chaussée accueillent des boutiques, dont une librairie française. Le troisième étage doit être également prochainement valorisé, par une vente ou une location. En outre, une médiathèque a été créée au rez-de-chaussée, bénéficiant ainsi d’un accès direct sur la rue, augmentant la visibilité de l’Institut.

En définitive, un réaménagement du Palais Lenzi a permis tout à la fois de tirer profit, sur le long terme, du bâtiment par une location partielle, tout en conservant un bien prestigieux et en valorisant la présence française à Florence.

Il me semble donc que la consultation préalable de la Commission nationale des cités et monuments historiques doit pouvoir pallier des ventes inconsidérées. »

Lors du passage de ce projet de loi à l'Assemblée nationale, Mme le ministre a proposé un amendement (n°239 visible ici) visant à supprimer l’obligation prévue par le Sénat de consulter la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture avant toute vente d’un immeuble d’intérêt patrimonial de l’État situé à l’étranger. Pour une fois la majorité n'a pas suivi son ministre qui a dû retirer son amendement.

Pour la seconde lecture au Sénat du Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine l'examen en commission de la Culture du rapport de Mme Françoise Férat et M. Jean-Pierre Leleux aura lieu le mercredi 11 mai, et la discussion en séance publique les 24, 25 et 26 mai 2016.

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Article dans Histoire - La Provence

Un article vient d'être publié dans le hors-série Histoire du journal La Provence de mai-juin 2016 sur le sujet des Petits-maîtres de la mode.

Voir ici

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Le patrimoine parisien vu par LVMH : La Samaritaine…

Qui tacet consentire videtur (Qui se tait est présumé consentant).

Dans l’article intitulé La place Vendôme à Paris j’explique comment deux hôtels particuliers de la place Vendôme datant du début du XVIIIe siècle sont en train d’être saccagés de l’intérieur. Dernièrement je me suis aperçu que ces immeubles appartiennent à LVMH, un groupe soi-disant français mais international, premier dans le secteur du luxe. Sur une bâche de ce chantier de la place Vendôme (photographie ci-dessous) est inscrit en gros : « Ici, LVMH réalise les travaux de rénovation d’un immeuble classé au titre des Monuments Historiques ». C’est vraiment prendre les gens pour des imbéciles. C’est vrai que ces bâtiments sont classés, mais il ne s’agit pas du tout d’une rénovation. Comme je le dis dans l’article, notamment 2565 m2 de plancher vont être supprimés et 2086 m2 créés, tout cela sur une superficie de terrain de 736 m2.

Pour la Samaritaine, rachetée aussi par LVMH, l’autorisation de la mairie (voir ici :  pages 1, 2 et 3) et le permis de construire (voir article intitulé Destruction de la Samaritaine) ne parlent pas de rénovation mais de « restructuration ». La préfecture de police appelle cela de la « reconstruction », de la « réhabilitation » et même de la « restauration ».

D’abord il est nécessaire de savoir que l’ensemble des bâtiments de la Samaritaine était constitué de plusieurs magasins. Le plan ci-dessous (source Wikipédia) les délimite clairement.

Le magasin 1 était celui des débuts de la Samaritaine en 1870. Lorsque LVMH rachète en 2001 l’ensemble il détruit entièrement cette partie ne gardant que les façades. Le lieu constitué de plusieurs immeubles anciens, a été évidé complètement. Les bâtiments ont été démolis exceptés les murs donnant sur rue. De l’extérieur cela ne se voit pas comme on le constate sur les photographies ci-dessous, mais à l’intérieur la pierre a été remplacée par du béton. La destruction de cette partie est sans doute la pire. En 2002 le lieu constituant autrefois le magasin 1 fut loué à des enseignes internationales et à des activités de bureau.

La photographie ci-dessous montre le magasin 1 vue des quais de Seine à gauche et de la rue de Rivoli à droite.

Je n’ai pas fait de recherche sur le magasin 3.

Au niveau du magasin 4 les immeubles du XVIIe siècle du 2 au 6 rue Baillet furent supprimés en décembre 2013 malgré un recours juridique déposé contre le permis de construire accordé au groupe LVMH en 2012. Ce recours a été déclaré recevable le 24 février 2014 par le Conseil d’État. Cependant tout cet ensemble a été rasé, dont la partie datant de 1852, quelques jours après cette décision. Même les bâtiments attenants à ce magasin 4 ont été en partie détruits.
Le permis de construire sur les magasins 4 et 2 fut annulé le 13 mai 2014 par le tribunal administratif de Paris, décision confirmée le 5 janvier 2015 par la cour administrative d’appel de Paris. Le 19 juin 2015, le Conseil d’État passant outre tout cela, en véritable despote, a validé le projet de LVMH. Le chantier reprit en août 2015. Les plans dévoilent que les façades et certaines parties du magasin 2 vont être conservées. J’ai consulté à la direction de l’urbanisme de la mairie de Paris les plans de ce chantier.

Rappelons que LVMH est le groupe de l’industrie du luxe ayant le plus important chiffre d’affaires au niveau mondial. Que son dirigeant Bernard Arnault était en 2015 la seconde plus grosse fortune de France. Rappelons aussi que la Samaritaine se situe en face du plus vieux pont de Paris, au cœur de la capitale. C’est donc un endroit précieux qui aurait mérité plus de respect de la part d’une entreprise et de son dirigeant dont l’activité est basée sur un patrimoine français dédié à l’excellence.

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Jeunes pousses du mois d'avril

Avril est un mois merveilleux, où la nature se réveille et se régénère. De nombreuses fleurs poussent, et les arbres se parent de bourgeons d'un vert tendre et précieux.

Photographie ci-dessus prise la semaine dernière à Paris, à la fontaine des Haudriettes, située dans le troisième arrondissement, construite en 1764 par l'architecte Pierre-Louis Moreau-Desproux.

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (23) : Des détails ravageurs.

La beauté ou la laideur se loge souvent dans les détails. En législation, plus c'est compliqué, plus il faut regarder les détails. Comme l'a dit Martine Aubry dans une formule devenue très populaire dans le milieu de la politique et de l'administration : « Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup ! »

En voici un exemple avec le Projet de loi relatif à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires, qui comme l'explique cet article de la Gazette des communes semble en apparence protéger les lanceurs d'alerte venant de l'administration mais dans les faits enlève toute protection pour une dénonciation rendue publique : « Ce texte interdit des mesures de représailles à l’encontre du fonctionnaire qui dénonce crimes, délits, et conflits d’intérêts… aux autorités administratives ou judiciaires. C’est ici que se niche le bémol : alors qu’auparavant, du fait de l’absence de précision dans l’article 6 ter A de la loi de 1983, cette protection s’appliquait à tous les fonctionnaires dénonciateurs, peu importe la personne à qui ils s’adressaient. Avec cette nouvelle formulation, il n’y a donc plus de bouclier protecteur pour le fonctionnaire qui se confierait un peu trop, par exemple à un journaliste. Discrétion professionnelle oblige. »

Avec le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine, qui est particulièrement technocratique et brumeux... flou... il est sûr qu'une quantité de détails cache des loups. J'ai donné quelques exemples dans les articles précédents, comme la possibilité que s'offre le Gouvernement de légiférer par ordonnances... Il y en a certainement beaucoup d'autres que je ne vois pas, n'étant pas spécialiste du Code du Patrimoine et autres.

Finalement la Gauche française au gouvernail réussit à faire tout ce que la droite n'a pas osé de peur d'être critiquée par la Gauche ! Évidemment tout cela est caché sous des notions de 'liberté' ou autres.

La seconde lecture au Sénat de ce projet de loi aura lieu en Commission de la Culture au mois de mai et sera en discussion en séance publique les 24, 25 et 26 mai 2016.

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Les émaux de Limoges à décor profane

Le musée de Cluny propose, jusqu'au 29 août 2016, une exposition sur Les émaux de Limoges à décor profane.

Le sujet est très intéressant, mais se déroule sur seulement une petite pièce. Cependant c'est une occasion de visiter le musée, la salle des tapisseries de la Dame à la Licorne qui se trouve juste à côté, et la salle dite 'du trésor' dans laquelle se trouvent de plus nombreux exemples mais religieux.

Beaucoup de ces objets d'art, religieux ou profanes, témoignent d'une réelle pratique mystique.

Photographie ci-dessus : « Disque d'applique : cavalier au faucon. Limoges, vers 1200-1210. Cuivre champlevé, émaillé, gravé et doré. Diamètre : 7,1 cm. Conservé au musée de Cluny. © RMN-Grand Palais (musée de Cluny - musée national du Moyen-Âge) / Jean-Gilles Berizzi. »

Photographie ci-dessous : « Coffre du cardinal Guala Bicchieri. Limoges (1220-1225). Bois de noyer et médaillons émaillés. Taille 34, 5 cm haut x 82 cm long x 38 cm large. Conservé à Turin, au Palazzo Madama-Museo. Civico d’Arte Antico. © Studio Fotografico Gonella. »

Photographies ci-dessous : « Gémellion : scène courtoise, musiciens et armoiries. Limoges, 2 e moitié du 13 e siècle. Cuivre champlevé, émaillé et doré. Diamètre : 22,3 cm. Conservé au musée de Cluny. © RMN-Grand Palais (musée de Cluny - musée national du Moyen-Âge) / Franck Raux. »

Photographies ci-dessous : Sirène et dragon.

Photographies ci-dessous : Exemples d'émaux, la plupart de Limoges, de la salle dite 'du trésor'.

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Arts et société aux îles Marquises

Jusqu'au 24 juillet 2016, le musée du quai Branly nous offre une exposition dont l'intitulé Matahoata : Arts et société aux îles Marquises, résume le sujet. Comme avec l'exposition sur l'Équateur précolombien visible jusqu'au 15 mai 2016, ou de plus anciennes comme celles sur les sociétés autour du fleuve Amour, les arts de Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Mayas ou les Incas nous avons un véritable travail de recherche exhaustif mis en scène avec de très nombreux objets révélés dans leur contexte historique.

Comme d'habitude nous voyageons dans une contrée éloignée de Paris et un autre temps. Cette fois nous somme en territoire d'Outre-mer. « Matahoata est un motif de tatouage et un mot puissant qui évoque un œil ou un "regard éclairé" ». L'exposition commence par le thème de la mémoire à travers les « généalogies des visages » : « Lors des événements protocolaires, deux femmes âgées scandaient alternativement les noms des hommes et des femmes de chaque génération. Mata est le mot marquisien pour le visage, les yeux et la généalogie. Mata ènata ou mata ènana renvoie aux parents et aux ancêtres... » Cela me rappelle les imagines antiques (voir ici), masques de cire moulés sur les défunts d'une famille et conservés par celle-ci dans un présentation spécialement aménagée se trouvant souvent à l'entrée de la demeure. Les visages des objets d'art des îles Marquises sont généralement celui du Tiki, terme qui signifie aussi bien dieu, qu'homme ou homme-dieu. On apprend aussi dans cette exhibition que l'on y pratiquait le cannibalisme, et que l'art du tatouage, très présent, était particulièrement douloureux. Du coup je ne pense pas que je me serais plu dans ce genre de société. Mais la société actuelle me semble loin d'être civilisée et elle particulièrement barbare... Mais cela est un autre sujet. Cependant dans chacune des expositions du musée du quai Branly résonne en moi le mot 'civilisation'. Qu'est-ce qu'une civilisation digne de ce nom ? Un sujet important sur lequel réfléchir aujourd'hui.

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Trois siècles de mode vestimentaire.

Fabriquer de beaux vêtements est une chose délicate, demandant des savoir-faire nombreux, beaucoup de méticulosité. On ne peut les aborder sans avoir à l'esprit les divers talents mis en jeu, les petites mains ayant participé à leur création, ceux qui les ont portés, la mode du temps… C'est un tout. Pour une exposition cela doit être aussi un défi. Pour celle intitulée Fashion Forward, 3 siècles de mode (1715-2016) qui se déroule jusqu'au 14 août 2016 au Musée des Arts décoratifs à Paris, les talents déployés ne sont pas tous du même niveau. Ceux qui ont choisi le titre, le mécène et fait les photographies disponibles dans le catalogue et pour la presse ont été de toute évidence mal choisis.

L'exposition traite presque uniquement de la mode française. Pourquoi un titre en anglais ? Pourquoi utiliser le mot 'fashion' plutôt que celui de 'mode' internationalement connu depuis des siècles et utilisé depuis l'Antiquité ? Certes ce terme vient de l'ancien-français 'façon'. Mais son utilisation ici dénote un manque d'inventivité, de poésie. On est là plus dans un concept d'arts appliqués, de commerce internationnal, ce qui dévalue beaucoup ce qu'est la mode dans son ensemble, notamment vis-à-vis du jeune public. Pourquoi aussi avoir écrit 'trois' en chiffre et pas en lettres comme cela se fait en bonne écriture 'françoise' ? Dernièrement je suis allé à une conférence sur les petites mains de la mode française organisée au CNRS à Paris par l'Institut du Temps Présent par Histoires de Mode, où la conférencière parlant parfaitement le français a choisi de faire son intervention en anglais !! Une autre chose sur le titre : L'exposition ne parle pas de mode mais de mode vestimentaire. La seconde fait partie de la première. Comme je l'ai déjà écrit dans ce blog et au début de mon livre, la mode concerne tous les nouveaux rythmes : musiques, danses, styles, littératures, arts, arts décoratifs, manières de parler, de se coiffer, de se raser, de se maquiller, de s'habiller, de bouger, de sentir, lieux en vogue, etc. Dans ces nouveaux rythmes les habits occupent une place de choix. Ils sont un des signifiants les plus apparents de la mode que l'on suit, car on les porte sur soi (comme la coiffure...) et sont directement reconnus par autrui. Mais, je le répète, ce ne sont pas les seuls.

Quant aux photographies du catalogue sur fond gris, elles ne font pas honneur à la beauté des habits présentés.

Enfin le choix du mécène, une chaîne internationale de magasins de prêt-à-porter, est de très mauvais goût ; surtout que l'on finit par lui et par la fabrication en série que l'on mélange à la haute couture. Le prêt-à-porter n'a pas apporté que du fâcheux, cherchant même parfois à se surpasser. Mais depuis la fin du sur-mesure pour tous (années cinquante) et la mercatique ambiante et phagocytante de ces trente dernières années, la mode est aujourd'hui moribonde... tellement que l'on n'ose même plus prononcer son nom. C'est plutôt une vision nihiliste de conclure avec une grande enseigne de cette marchandisation outrée ; mais à l'image de ce qu'est la mode textile de nos jours, où l'art de la haute-couture sert juste de paravent afin de cacher la réalité du prêt-à-porter.

Ce qui est vraiment dommage, c'est de ne pas avoir cherché à faire la promotion de la création et du savoir-faire français actuels ; surtout que ce musée des arts de la Mode des Arts décoratifs a été fondé en partie par l'industrie française du textile. Rappelons que si la mode française a eu une telle influence c'est en partie par le soutien, l'amour de tout un peuple pour un vivre ensemble s'exprimant d'une manière harmonieuse et délicate à travers elle. Depuis les souverains jusqu'aux petites mains, tous concouraient à faire en sorte que la mode française fût la plus belle… merveilleuse, insurpassable… un délice, et que sa confection fût la meilleure. Cette exposition est à l'image de celle juste en face, dans le même musée, toute entière à la gloire d'une poupée américaine toujours en vente ! Ce n'est pas comme cela que l'on va aider la fabrication française. La France, en particulier par son service public, dont rappelons-le ce musée fait partie, ne crée plus de valeur. Elle vit sur son passé, qu'elle consomme (on consomme notre patrimoine comme la nature sans en assurer sa pérennité) sans désormais inventer son avenir...

Ceci dit cette exposition est très belle et vaut vraiment le détour. Les habits sont magnifiques et présentés avec des éléments décoratifs d'époque les mettant en valeur. Des effets de miroirs en flaques permettent de mieux les voir et donnent de la profondeur. Même la dernière partie sur le XXe siècle est, je trouve, réussie avec ses immenses rideaux de fils de soie derrière lesquels on distingue la belle architecture de la salle, ses podiums en escaliers et son sol aux reflets d'acier. Cependant il est nécessaire de dire que les habits présentés après les années cinquante sont portés par très peu de gens, voire faits pour ne pas l'être. Il s'agit davantage de créations d'artistes en tissus servant de devanture à un énorme commerce de prêt-à-consommer international.

Mais la mise en scène est jolie et presque tous les habits, je le répète, de très grande qualité. Personnellement j'aurais mis des tableaux et gravures représentant des gens à la mode d'alors afin de donner une vision plus complète de la façon de porter ces vêtements. Une robe à panier du XVIIIe siècle c'est quelque chose... mais avec en plus la coiffure en étages c'est époustouflant. Une redingote d'incroyable c'est bien, mais c'est mieux avec la culotte ou le pantalon qui va avec, la cravate, la perruque en oreilles de chien ou à la Titus, le chapeau... Mais bon là je chipote. Cette exposition montre tout de même près de trois cents pièces provenant du fonds Mode des Arts décoratifs constitué de plus de cent cinquante mille œuvres, textiles et costumes anciens, pièces de haute couture, accessoires chapeaux et souliers, sans compter d'importants fonds de dessins et photographies, d'archives de créateurs etc.

Enfin pour vous en dire plus sur cette exposition, voici des photographies prisent durant le parcours... sans commentaire car je n'ai pas beaucoup de temps, entretenant ce blog seul et bénévolement, et en particulier centrées sur le XVIIIe siècle pour les mêmes raisons.

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Merveilleuses & merveilleux