Château de style néo-troubadour

Le 18 Novembre 2015 est mis en vente dans la salle des ventes de Chinon l'Entier mobilier du château du Temple en Val de Vienne, suite succession : Important tableaux anciens - Bijoux - Robes de Hautes couture - Faïences de Blois - Livres et manuscrits anciens - Importants objets de grande décoration du XIXème siècle - Important mobilier de style néo-gothique...

Le château de Theneuil (ou château du temple) a été bâti vers 1886 dans le style néo-troubadour. Il est dommage de voir une nouvelle fois s'en aller le mobilier d'un château dont une partie était présent dès sa construction.

Photographies provenant d'Interenchères.

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Photographies de cinéma et musique

Les samedi 14 et dimanche 15 Novembre 2015 le Marché Dauphine des Puces de Paris Saint-Ouen inaugure son premier salon de la photographie intitulé Photo Puces. Le thème choisi est « le cinéma et la musique ». Pour l'occasion des marchands et galeries spécialisés (une vingtaine) sont invités à s'installer au premier étage du Marché Dauphine afin de proposer une sélection de photographies originales en tirage argentique des années 50, 60 et 70, de portraits d’artistes célèbres, acteurs ou musiciens pop, réalisés par les plus connus des photographes de presse.

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Découverte d’une partie de l’enceinte parisienne de Charles V datant du XIVe siècle (suite).

Dans l'article intitulé Découverte d’une partie de l’enceinte parisienne de Charles V je relate la trouvaille récente de murs et peut-être d'une tour d'une fortification parisienne du XIVe siècle lors de travaux pour la création d'un jardin. Je suis retourné sur le lieu le 2 novembre dernier. Il a été sagement décidé, semble-t-il, de recouvrir le tout et revenir au niveau précédent, afin de faire un jardin en surface. C'était sans doute la seule manière de conserver encore longtemps ces vestiges ! Ceux qui se sont déplacés, après avoir lu mon premier article sur ce sujet, ont eu la chance de voir resurgir de terre cet émouvant témoignage du passé.

Cliquer ci-après pour voir des photographies grand format de la fouille : 1, 2, 3.

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Commémorations de la Première Guerre mondiale

La guerre de 1914-18 fut particulièrement meurtrière. La France à elle seule y perdit dix pour cent de sa population active masculine soit un-million-quatre-cent-mille morts et disparus. Il y a de cela cent ans. Les événements commémoratifs sont nombreux. En voici deux :

Du 2 novembre 2015 au 29 mai 2016 les Archives départementales des Hauts-de-Seine à Nanterre proposent le second volet d'une exposition sur Les Hauts-de-Seine dans la Grande Guerre : S'armer, Subir, Se souvenir.

Une exposition sur le site Internet Archives & Patrimoine des Hauts-de-Seine (http://archives.hauts-de-seine.net) sera proposée en fin d'année.

Photographie de gauche : Affiche « Comment ils écrivent l’histoire », Archives départementales des Hauts-de-Seine. © Archives départementales des Hauts-de-Seine.

Dans l'exposition Mobiliser et survivre (du 13 novembre au 2015 au 28 février 2016) des musées Gadagne de Lyon est mis en avant le rôle du théâtre de Guignol durant cette guerre : celui de remonter le moral des troupes sur le front et à l'arrière.

Avant d'être destinée aux enfants, cette marionnette l'était pour les adultes, illustrant le quotidien du peuple et l’actualité du Second Empire et de la Troisième République, avec un humour décalé permettant de contourner la censure. Guignol joua aussi un rôle pendant la guerre de 1870.

Photographie de droite : Guignol durant la guerre de 1914-18. © Musées Gadagne.

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Images du Grand Siècle : L'estampe française au temps de Louis XIV.

L'exposition Images du Grand Siècle : L'estampe française au temps de Louis XIV se déroule du 3 novembre 2015 au 31 janvier 2016 à la Bibliothèque nationale de France (BnF), quai François Mauriac. Plus de cent-soixante pièces y sont à découvrir.

Durant le règne de Louis XIV (de 1643 à 1715), roi mécène très sensible aux arts et aidant leur rayonnement, Paris est « le centre de production le plus important en Europe, à une époque où la gravure est le seul moyen de diffuser l’image. »

Les exemples présentés couvrent de 1660 à 1715. L'objectif est de donner un panorama de l’estampe en France, essentiellement parisien. On peut y admirer différents sujets, formats et apprendre comment les estampes se fabriquaient à travers des outils de l'époque et des exemples concrets. Les amateurs comme les curieux y trouveront leur compte.

C'est une plongée dans une autre manière de vivre. C'est dommage que la mise en scène soit très moderne et les estampes toujours dans des encadrements contemporains. Une seule a son cadre d'origine. Ce genre d'événement mériterait un autre décor que celui années 1990 de la BnF, un décor XVIIe !

L'exposition est loin d'être exhaustive. Par exemple il y a une seule estampe 'd'après Bérain' alors que les gravures de Jean Bérain (vers 1638-1711) et de son fils Jean II Bérain (1674-1726) sont à l'origine d'un véritable style qui influença notamment l'ornementation du début du XVIIIe siècle. Il y a quelques dessins mais pas de peintures permettant de faire le parallèle entre les originaux et leurs représentations gravées. Les photographies utilisées ne suffisent pas.

On aurait pu s'attendre à quelque chose de plus 'grand' de la part de la BnF pour une exposition qui insiste sur le côté « Grand Siècle ». Son département 'Estampes et photographies' possède plus de douze millions de documents. Je ne parle pas du nombre ni de la qualité des oeuvres, celles de cette exposition étant multiples et belles. Une collaboration avec d'autres organismes, comme Le Louvre pour les parallèles avec de réelles peintures ou le Mobilier national pour les cadres, aurait donné plus d'éclat à ce moment. La présence d'objets des arts décoratifs (comme certaines céramiques) aurait aussi permis de mettre en scène l'importance de ces gravures pour la divulgation à grande échelle de motifs par exemple pour créer des poncifs.

Mais l'exposition mérite que l'on vienne la voir afin d'y admirer de nombreuses estampes et un support important dans l'histoire de la diffusion des images.

Photographies : « Anonyme, Le Bal à la françoise [almanach pour l’année 1682], 1681. Eau-forte et burin. BnF, Estampes et photographie. »

Je présenterai prochainement un article avec des photographies que j'ai prises dans cette exposition.

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (9) : Pour le respect des architectures anciennes au même titre que tous les autres objets d'art !

Photographies : En me promenant en vélo près de chez moi j'ai remarqué que l'on détruisait des bâtiments sur le boulevard Richard Lenoir au niveau de la rue Moufle. Il y avait notamment une sorte d'immense hangar ancien. Dernièrement, il ne restait plus qu'un joli bâtiment sans doute du XIXe siècle que j'ai pris en photographie en espérant qu'on ne le supprime pas (image à gauche ci-dessus). Peine perdue, quelques semaines plus tard il n'était plus là (à droite). Voilà ce qui est écrit sur le panneau du chantier : « Maître d'ouvrage : Mairie de Paris. Maîtrise d'oeuvre : Direction des Espaces verts et de l'Environnement Service du Paysage et de l'Aménagement […] Ici, après la démolition des bâtiments un espace de 5 000 m2 sera aménagé. Ce jardin permettra de créer un espace de respiration dans ce quartier. Calendrier de réalisation Printemps-été 2015 : démolition – Automne 2015 : ouverture d'un jardin éphémère – 2017 : aménagement du jardin – 2018 : ouverture du jardin. » La photographie de gauche a été prise le 30 août 2015 et celle de droite le 24 octobre 2015. Avec la disparition du charmant bâtiment on remarque que les deux clochers de l'église derrière sont affublés chacun d'un immense filet. Dans Paris de plus en plus de bâtiments se retrouvent ainsi ficelés. J'écrirai plus tard un article sur ce sujet.

Des démolitions comme celle des photographies j'en vois régulièrement. Elles se font sans bruit. Beaucoup sont entreprises par la mairie de Paris, par exemple pour construire des logements sociaux de mauvaise qualité. Quand on ne détruit pas tout, on garde les façades et avec de la chance quelques éléments de l'intérieur, ou alors dénature le lieu en le bétonnant etc. La mairie de Paris, comme d'autres villes et l’État ne semblent avoir comme préoccupations architecturales que de faire du neuf ou de vendre.

Les textes comme le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine sont surtout de l’esbroufe. Dans la réalité on ne respecte pas assez les architectures anciennes de qualité dont on devrait prendre soin comme on le fait pour les objets d'art. Même des bâtiments classés sont détruits. Seulement dans ces cas les architectes font toujours attention de garder les façades et parfois quelques éléments intérieurs afin de 'sauver les apparences'. Mais les dégâts sont irrémédiables. Voici à nouveau une liste de quelques-unes de ces atteintes à notre patrimoine parfois avec l'approbation de ceux-là même qui se targuent de le défendre dans ce projet de loi.

Comme je l'ai déjà dit : de nombreux bâtiments classés ont été presque totalement détruits. Rien que pour ces dernières années à Paris on compte par exemple :
- Le Musée de l'Homme (1937), intérieur partiellement détruit et entièrement 'contemporanisé' en 2015.
- La Samaritaine (un des premiers grands magasins du XIXe siècle) presque entièrement détruite. Seules les façades du bâtiment principal et quelques murs sont conservés. Les travaux ont lieu en ce moment (2015).
- La Médiathèque Françoise Sagan (XIXe siècle). Le bâtiment a été entièrement détruit en 2015 jusqu'aux sous-sols, sauf les façades et deux escaliers.
- La Piscine Molitor (1929) a été entièrement détruite (sauf les façades) et reconstruite en 2014.
Je n'ai pas fait d'enquête précise sur ce sujet. Il s'agit juste de ce que j'ai remarqué lors de mes visites de vernissages pour la presse ou lors de mes promenades en bicyclette dans Paris. Ces deux dernières années on pourrait en ajouter sans doute beaucoup d'autres et pour les années précédentes aussi.

Il est prévu d'endommager d'autres lieux classés :
- L'Hôtel du grenier des Saint-Augustin (XVIIe siècle) va être transformé en locations de luxe et 110 m2 détruits ;
- L'Hôtel Lambert (rare hôtel particulier du XVIIe siècle qui était resté presque intact) est en train d'être modernisé (électricité, plomberie, ventilation).
- L'Hôtel Crillon (XVIIIe) en travaux est aujourd'hui posé sur plusieurs étages de béton constitués de garages, piscine, salle de sport etc. Il n'existe sans doute plus aucune des fondations d'origine. Des planchers vont être partiellement démolis peut-être pour un énième ascenseur) sur les six étages etc.
- Le Quadrilatère Richelieu (composé du Palais Mazarin, de l’hôtel Tubeuf, de la galerie Mansart et de deux édifices abritant la Bibliothèque royale) est en travaux, et plusieurs centaines de m2 de cet ensemble sont en train d'être détruits.
- Démolition partielle du jardin des serres d'Auteuil.

- À L'hôtel des Monnaies (XVIIIe-XIXe) on est en train de démolir 2080 m2.

Des bâtiments prestigieux ont été vendus ces dernières années par l’État ou des collectivités publiques à Paris :
- Hôtel Kinsky (XVIIIe s.), bradé par l'État à une famille princière du Qatar en 2006 pour la moitié de son estimation.
- Hôtel de Broglie (XVIIIe s.), cédé en 2013.
- Hôtel de Clermont (construit en 1708), vendu.
- Hôtel de Fleury (XVIIIe s.), livré à une société foncière.
- Hôtel de Miramion (XVIe-XVIIe siècles, inscrit au titre des monuments historiques en 1926) a été vendu par l'APHP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris) ;
- Garde-meuble de Louis XVI à Versailles...

Que dire de Versailles qu'on modernise (jardin contemporain construit dans celui de Le Nôtre...) ou le Louvre dont on externalise toutes les réserves à Liévin, que l'on 'vend' en partie au Qatar et qui ressemble de plus en plus à un centre commercial ?

En province la situation n'est pas meilleure. Les collectivités publiques vont jusqu'à confier à des fondations privées le patrimoine de villes entières comme à Belfort en 2012 ou Abbeville en 2015. Je sais ceux qui lisent régulièrement mon blog vont dire que je me répète... mais pour certains de ces sujets il me semble que je suis le seul à en parler.

Nous devons dès à présent conserver les bâtiments âgés comme on le fait des objets et oeuvres d'art. Ce sont des témoignages de notre passé irremplaçables et des êtres qui les ont construits, décorés, utilisés, qui ont forgé la grandeur de Paris et de la France. S'il est plus facile de détruire que de conserver, il est par la suite difficile de vivre dans un néant sans passé, sans amour des êtres et de leurs oeuvres qui nous ont précédés, et d'envisager un futur serein.

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Mythes fondateurs

Mythes fondateurs est une petite exposition du Louvre, avec des œuvres d'art de grande qualité mises à la hauteur des enfants et s'adressant aux personnes peu habituées aux musées, qui a lieu jusqu'au 4 juillet 2016.

Je l'ai visitée pendant les vacances scolaires, et ai eu beaucoup de plaisir à me trouver au milieu de familles, des enfants et leurs parents et surtout grands-parents essayant de transmettre à leurs petits cette beauté magique véhiculée par le patrimoine mondial. On y évoque beaucoup l'imaginaire, le merveilleux, avec un peu d'espace pour se poser. Si le nombre d'oeuvres est suffisant, cette exposition mériterait une superficie plus grande pour pouvoir justement discuter sur l'art, méditer (oui les enfants aussi méditent)... trouver chacun sa joie au milieu de ces représentations des mythes fondateurs de ce qui est notre société... chacun formant sa mythologie finalement.

L'idée est donc particulièrement intéressante.

L’exposition donne à voir environ soixante-dix œuvres de toutes les époques, réparties en quatre sections. La première salle relate des récits sur la création du monde imaginés par diverses civilisations. La seconde est sur les cycles de la nature, le jour et la nuit, et la magie. La troisième donne des exemples de héros mythiques. La quatrième est sur la représentation des mythes et les métamorphoses notamment par l'image (photographie, cinéma, peinture...) et tous les êtres imaginaires qui accompagnent les fables. Des éléments tactiles et ludiques donnent plus de corps à cette exposition.

Deux bémols :

Si l'entrée pour le Louvre est gratuite pour les moins de dix-huit ans et quelques autres, les adultes (avec des exceptions) doivent payer 15 EUR (prix de la visite complète du Louvre).

Et puis bien sûr, bien qu'on nous dise que la présence presque exclusive (au niveau des mythes contemporains) d'un personnage d'un film sortant en décembre 2015 est fortuite, le fait qu'il soit dans le titre de l'exposition et sur toutes les affiches surplombant tous les autres 'mythes' laisse songeur. Il est impossible que cela ne soit pas fait exprès !! Des mythes modernes il en existe des tonnes ! Pourquoi accorder autant de place à celui-là ? Il s'agit ou d'une naïveté confondante ou de l'oeuvre d'un esprit retors ou des deux à la fois. Ces hypothèses pourraient aussi offrir une explication à l'exposition du Louvre Une brève histoire de l’avenir, celle sur un Nicolas Poussin calotin, au centre commercial qu'est devenu ce musée, au déplacement de toutes ses réserves à Liévin dans le Pas-de-Calais (même article que précédemment) et au Louvre Abou Dabi.

Pour Mythes fondateurs, comme c'est la première exposition sur ce sujet, disons que l'exercice n'était pas évident... Attendons de voir les autres. C'est en tout cas une charmante présentation d'oeuvres d'art de qualité, vivante et avec de l'amour... de l'art et des gens.

Rappelons que le Louvre est une très grande et noble institution contenant des trésors incommensurables du patrimoine de l'humanité. Elle doit le rester. Elle est un exemple pour les millions de personnes qui chaque année se rendent dans ce palais construit dès le XVIe siècle...

Trois premières photographies : Prises dans l'exposition.

Photographie de droite : « Stèle de la dame Tapéret (recto). X e ou IX e siècle avant J.-C. (22 e dynastie). Bois peint, 31 x 29 x 2,6 cm. Musée du Louvre. © 2003 musée du Louvre / Christian Décamps. »

Photographie de gauche : « Mythe de création archaïque évoquant les noces cosmiques du ciel et de la terre au moment de leur séparation. 3 ème quart du III e millénaire av. J.-C. Argile. Environ 4 x 5 cm. Musée du Louvre © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Franck Raux. »

Première et dernière photographies : La Nuit et l'Aurore de Jean-Baptiste de Champaigne (1668). « Ce tableau, peint pour la chambre du fils de Louis XIV, accompagnait chaque matin son réveil. »

Photographies ci-dessous : Une jeune fille écrit doctement sur le carnet d'exposition donné aux enfants.

Photographies ci-dessous : « Amphore à figures noires : animaux réels et fantastiques, VI e siècle av. J.-C., Athènes. 30,9 cm x 19,4 cm. Musée du Louvre © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski. » Sur le détail en haut un griffon (gardien des trésors d'Apollon) et au-dessous une sirène (inspiratrice des rythmes poétiques).

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Porcelaines et faïences patriotiques historiées et narratives

Le 7 novembre 2015, l’hôtel Drouot accueille une vente de la maison Pescheteau-Badin d'une des plus importantes collections de céramiques nationales. Elle est intitulée Porcelaines et Faïences Patriotiques Historiées et Narratives.

« Fruit de vingt-cinq années de passion et de recherche, cette exceptionnelle collection se compose de deux-cent-vingt-quatre pièces en céramique, véritable témoignage d’une page d’histoire, par leurs illustrations et leurs messages. »

Ce sont d'émouvantes réalisations, souvent naïves, toujours ferventes, d'une époque qui vécut l'instauration de la Première République. L'amour de la patrie était alors aussi fort chez les révolutionnaires que chez les royalistes. Ce thème se retrouvait abondamment dans la production de faïence, support populaire servant alors d'outil de propagande et d'affichage politique.

Photographie ci-dessous provenant du communiqué de presse.

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Les Plaisirs des Jardins au XVIIIe siècle

Le Domaine du Château de Seneffe (Belgique) - Musée de l’orfèvrerie de la Fédération Wallonie-Bruxelles est un très bel ensemble constitué d'un château de style néo-classique construit au XVIIIe siècle abritant « la plus belle collection d'orfèvrerie de Belgique », d'un théâtre, d'une orangerie, d'une volière, d'une glacière et d'un parc à l'anglaise de vingt-deux hectares avec un jardin à la française, un étang et une île reliée à la rive par un pont « très romantique ».

Il s'agit d'un lieu particulièrement approprié pour une exposition temporaire sur Les Plaisirs des Jardins au XVIIIe siècle, se déroulant jusqu'au 6 novembre 2016, qui rassemble plus de cent-cinquante objets sur l'art des jardins au temps des Lumières : « objets scientifiques, tableaux, livres, céramiques, faïences, porcelaines, tapisseries, objets de décoration, éléments vestimentaires ».

Cet événement s'ajoute à la collection permanente « Faste et Intimité » reconstituant la vie quotidienne à cette époque (« Le XVIIIe siècle, le Bijou, la Femme », « La Médecine au XVIIIe siècle ») et aux cinq-cents objets de la collection d’orfèvrerie, tous « mis en scène afin de valoriser au mieux leur fonction ».

Photographie de droite : Buste de Jean-Jacques Rousseau. © Domaine de Seneffe – Rouer R.

Photographie ci-dessous : « Service aux Choux-fleurs, Manufacture de Bradwell, XVIIIe siècle, faïence, Grand Curtius, Liège. © Ville de Liège Grand Curtius. »

Photographies ci-dessous : « Tapisserie La fenaison, Manufacture des Gobelins, entre 1683 et 1691, laine et soie, 348 x 703 cm. © Domaine de Seneffe - Rouer R. » Cette tenture est remarquable dans ses détails. La femme qui tend son tablier est habillée d'un brocart et de dentelles !

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Sepik, Arts de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

L'exposition Sepik, Arts de Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui se déroule au Musée du quai Branly depuis le 27 octobre 2015 jusqu'au 31 janvier 2016 à la Galerie Jardin, « met en lumière la diversité des rapports qu’entretiennent les populations de la région du Nord de la Papouasie-Nouvelle-Guinée avec le fleuve Sepik ».

« Riche de plus de 230 sculptures issues des collections de 18 musées européens, l’exposition SEPIK, Arts de Papouasie-Nouvelle-Guinée, après avoir été présentée au Martin-Gropius-Bau de Berlin et au Rietberg Museum de Zürich, est aujourd’hui accueillie au musée du quai Branly. L’occasion pour le public de découvrir toute la richesse de la création artistique des peuples de cette région du monde, et de s’interroger ensemble sur l’influence, essentielle, de notre environnement sur la construction de nos représentations artistiques et mythologiques. » (citations de Stéphane Martin, président du musée du quai Branly, provenant du dossier de presse).

Je n'ai pas encore vu cette exposition... qui me semble intéressante.

Photographie : « Planche Malu Semban. © Berlin, EthnologischesMuseum. »

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Mort ou Renaissance ?

L'exposition Le Roi est mort se déroule du 27 octobre 2015 au 21 février 2016 au château de Versailles (salles d'Afrique et de Crimée). Elle mêle des objets d'exception nombreux (trésor de Saint-Denis etc. etc.) à une mise-en-scène d'une théâtralité grandiloquente, lugubre et dépensière. On peut parler d'exposition décadente du fait de ce mélange de richesses (objets et argent) et de bêtise. On est dans le degré zéro de l'imagination commémorative (trois-centième anniversaire de la mort de Louis XIV) : dans une sorte de fête d'halloween ou gothique, remettant une énième couche sur la mort de Louis XIV, en essayant de nous la faire revivre fidèlement depuis son agonie jusqu'à sa mise au tombeau en passant par son autopsie et son embaumement etc. Un roi français mort c'est beaucoup plus tolérable qu'un vivant. C'est sans doute pour cela que l'exposition se nomme « Le roi est mort » et non pas « Le Roi est mort ! Vive le Roi ! » selon l'expression consacrée. Certes les reconstitutions présentées sont fidèles à la réalité, même sans doute aussi grandioses, mais pourquoi n'avoir pas mis autant d'énergie à fêter 1515 et la Renaissance française ou d'autres événements bien plus positifs ?

Mis à part l'aspect théâtral d'un drame tragique on est dans le vide intellectuel... ce dont le château de Versailles comme le Louvre nous ont habitués ces dernières années. Cette commémoration aurait pu être l'occasion d'un exercice de style habile et éducatif sur l'histoire de France ; par exemple en évoquant la mort et la renaissance, puisque le millième anniversaire de la naissance de la Renaissance française est bien plus marquant dans l'histoire de ce pays que le trois-centième de la mort de Louis XIV ; de dire avec humour « Vive le Roi » comme on dirait « Vive le futur », « vive les beaux-arts », « vive la vie » ; de donner une perspective, une vigueur, un élan ! Malgré le travail réalisé et le nombre des objets présentés, dans cette exposition ce n'est que la mort théâtralisée, la morbidité et une décadence bien réelle...

Photographies ci-dessus en haut : Portrait équestre de Louis XIV de vers 1673 par René Antoine Houasse (~1645-1710).

Photographie de gauche : Détail d'un médaillon en bronze de Martin Desjardins (1685) faisant partie des vingt-quatre médaillons qui ornaient le monument érigé à la gloire de Louis XIV, place des Victoires à Paris, exaltant les hauts faits du règne.

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (8) : Protéger notre patrimoine c'est le faire de notre avenir.

À notre époque la question la plus importante à résoudre au niveau mondial est sans doute celle du nucléaire. À comparer, celle concernant la sauvegarde des patrimoines de la planète semble dérisoire. Cependant elle reste importante car un des piliers de la reconstruction de notre société et de l'avenir des êtres humains.

Le patrimoine peut être comparé à la figure de Saint-Christophe, un molosse portant l'enfant Jésus, symbole utilisé déjà bien avant l'avènement du Christ pour représenter l'ancien monde portant le nouveau et lui permettant de voir plus loin. Faire des atteintes à notre patrimoine c'est endommager ce qui nous soutient et nous permet de voir loin. Sans lui nous sommes petits et fragiles. Le conserver est vital.

En ce début de XXIe siècle la France est confrontée à de grands défis. Celui concernant la culture n'est pas le moindre. Les bouleversements sont nombreux, et un des premiers à en subir les outrages c'est notre patrimoine. L'art contemporain devrait nous aider à nous le faire apprécier tout en proposant de nouveaux modèles pour ce siècle. Nous en sommes très loin.

Heureusement un grand nombre de professionnels du patrimoine continuent de le défendre et de l'aimer, car rien ne peut se construire sans fondations afin d'avoir une vision lointaine de notre avenir. Ces dernières années le patrimoine français a subi des outrages qui équivalent à ceux d'une guerre. Cela ne se voit pas car en même temps que l'on détruit on (re)construit. Mais les dommages sont nombreux, et j'en reparlerai dans l'article de lundi prochain.

La culture en général est aujourd'hui plus que jamais à mettre en avant. De nos jours il y a énormément de brassages. Si tous les êtres humains sont égaux, les différences culturelles peuvent former des barrières mais aussi permettre la rencontre et des échanges fructueux voire élévateurs. Chaque culture a sa préciosité. Partager ce que chacune a de meilleur (et non pas de pire ou de médiocre) est la seule manière d'avancer. C'est une des raisons pour laquelle nous devons prendre soin de la culture où nous vivons et de son patrimoine tout en puisant dans le meilleur des autres cultures.

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Teniers indémodable ! l'œuvre gravé de David Teniers.

La nouvelle exposition du Musée départemental de Flandre à Cassel intitulée Teniers indémodable ! l'œuvre gravé de David Teniers a lieu du 24 octobre 2015 au 24 janvier 2016.

Plus de soixante gravures témoignent de la popularité de l'oeuvre de ce peintre anversois qui fut copié par de nombreux graveurs européens des XVIIe et XVIIIe siècles reproduisant plus ou moins fidèlement les originaux peints. Certaines de ces estampes sont mises en relation avec les tableaux.

Originaire d'une famille d'artistes, David Teniers dit le jeune (1610-1690) était le fils de David Teniers (1582-1649)dit le vieux, le neveu de Juliaen Teniers (1572 -1615) et le père de David Teniers III (1638-1685), tous peintres nés à Anvers. Sans doute afin de ne pas perdre son inspiration flamande il épousa en premières noces une fille de Jan Brueghel l'Ancien (1568-1625).

Anvers est depuis le XVIe siècle un grand centre culturel et artistique. De nombreux artistes et artisans y vivent comme les peintres Rubens, Van Dyck, Jordaens…, aux œuvres très recherchées et largement diffusées grâce aux estampes imprimées.

Une vingtaine de graveurs de différentes nationalités ont ainsi copié l’œuvre de David Teniers II, comme Jacques-Philippe Lebas (1707-1783), un graveur parisien du XVIIIe siècle à l'origine du plus grand nombre de gravures d’après Teniers le jeune.

Le musée de Flandre possède plusieurs tableaux de ce peintre. Parmi le corpus gravé elle a acquis en 2008 un album composé d’après ses oeuvres par Adolphus Frédéric (1774-1850) réunissant cent-cinquante-trois estampes réparties sur cent-neuf planches. « Les gravures ne sont pas toujours des reprises fidèles de l’œuvre peinte ; on note des modifications soit dans la composition soit dans le traitement du motif qui témoignent d’une évolution du goût ou d’une volonté d’apposer une note personnelle. D’autre part l’origine très diverse des graveurs interfère sur le style qui s’éloigne parfois de la facture de Teniers. L’œuvre gravé d’après Teniers ne reprend pas de manière exhaustive la production peinte de l’artiste. Nombreux sont les tableaux qui n’ont pas été gravés ! En outre, plusieurs gravures ne correspondent à aucun tableau connu. »

Cette exposition nous permet donc non seulement de mieux connaître cet artiste mais aussi d'envisager la diffusion des beaux-arts depuis le XVIIe siècle jusqu'au début du XIXe à travers des exemples concrets et des parallèles entre les originaux et leurs répliques gravées.

Photographie du haut : « 4me fête flamande À Madame la Marquise de Pompadour ». D’après David II Teniers (Anvers, 1610 - Bruxelles, 1690). Gravé par Jacques-Philippe Le Bas (Paris, 1707 - 1783). Cassel, musée départemental de Flandre. © Jacques Quecq d'Henripret. »

Photographie ci-dessous : « Le Chimiste ». D’après David II Teniers (Anvers, 1610 - Bruxelles, 1690). Gravé par Jacques-Philippe Le Bas (Paris, 1707 - 1783). Cassel, musée départemental de Flandre. © Jacques Quecq d’Henripret.

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À chacun son jardin : une passion d'artistes.

Article de Sandrine D.

LES ARTISTES CÔTÉ JARDIN

Le beau Musée de l’Oise nous invite à découvrir comment le jardin a été un lieu d’expérimentation pour les premiers photographes, puis comment le végétal photographié a inspiré les artistes des arts décoratifs.

L’exposition « À chacun son jardin : une passion d'artistes », organisée avec le soutien exceptionnel du Musée d’Orsay, rassemble une centaine d’œuvres dont une trentaine de céramiques et plus de 40 photographies, des originaux pour la plupart.

Deux enfants du pays sont mis à l’honneur : Hippolyte Bayard (1801-1887), l’un des pionniers de la photographie, et Auguste Delaherche (1857-1940), remarquable céramiste.

LA PHOTOGRAPHIE, « CRAYON DE LA NATURE »

À l’heure du tout numérique, il est facile d’oublier que la photographie, inventée officiellement en 1839, nécessitait à ses débuts un temps de pose particulièrement long de même qu’une bonne luminosité. Ses pionniers se tournent naturellement vers les jardins, qui se prêtent parfaitement à leurs expérimentations.

Ces lieux n’en sont souvent pas moins mis en scène. Prolongement de la peinture, la photographie lui emprunte ses genres picturaux. L’exposition présente ainsi des « natures mortes » d’Achille Bonnuit et Hippolyte Bayard mêlant arrosoirs, chapeaux et autres accessoires de jardin.

Ces essais sont aussi l’occasion pour les pionniers de réaliser des autoportraits, comme c’est le cas chez Hippolyte Bayard, que le visiteur découvre posant dans son jardin. L’exposition sort de l’ombre cet inventeur malheureux. Comme d’autres, il s’est lancé dans la course pour fixer l'impression lumineuse dans une camera obscura, ou chambre noire, avant Daguerre. À partir de son propre procédé, il produit des « dessins photogéniques », comme on les appelle, d’une qualité exceptionnelle, qui suscitent l’enthousiasme, mais la paternité de la photographie est attribuée entre-temps à Daguerre.

S’il n’y avait pas le cartel, le visiteur serait sans doute bien en peine de dater les somptueux cyanotypes d’Anna Atkins de 1850. En appliquant des végétaux directement sur du papier sensibilisé, cette botaniste britannique, qui utilise la photographie dans un but illustratif, produit des images sur fond bleu d’une grande qualité esthétique et d’une étonnante modernité.

« HEUREUSEMENT, L’AMOUR DE LA FLEUR RÉGNAIT DANS MA FAMILLE. CE FUT UNE PASSION HÉRÉDITAIRE, CE FUT LE SALUT. » ÉMILLE GALLÉ (1900)

À partir des années 1850, les arts décoratifs utilisent la photographie comme support documentaire, ce qui permet aussi de disposer en toute saison de motifs végétaux et floraux. La manufacture des Gobelins met par exemple à disposition de ses dessinateurs des clichés de Charles Aubry. Quant à Émile Gallé, maître verrier, mais aussi botaniste reconnu, il avait installé un atelier photographique sur son site de production de Nancy. L’exposition met en regard les superbes photographies du premier (grappe de raisin, fleurs) avec les célèbres verreries du second, les iris de l’un répondant aux iris de l’autre.

L’une des belles découvertes pour le néophyte est celle d’une partie de l’œuvre d’Auguste Delaherche. Ce céramiste, un temps professeur de dessin appliqué chez Christofle, la célèbre maison d’orfèvrerie, possédait un riche fonds photographique, conservé au Musée d’Orsay, où il puisait son inspiration. Ses clichés de Louis Ollivier, montrés pour la première fois au public, dialoguent avec ses œuvres, notamment d’admirables porcelaines ajourées, que l’on ne se lasse pas de regarder.

En partant, le visiteur pourra découvrir un dernier jardin, celui du musée, fraîchement inauguré. À noter que l’entrée du MUDO est entièrement gratuite.

« À chacun son jardin : une passion d'artistes » – Du 19 septembre 2015 au 4 janvier 2016
MUDO – Musée de l’Oise, Beauvais.
Plus d’infos : mudo.oise.fr

Texte : Sandrine D.

Photographies ci-dessus : À gauche - « Hippolyte Bayard (1801-1887), Bayard assis sur le seuil de sa maison. © Société française de photographie. » À droite - « Auguste Delaherche (1857-1940), Coupe en porcelaine, collection particulière. © MUDO-Musée de l'Oise / Alain Ruin. »

Photographies ci-dessous : À gauche - « Charles AUBRY, Iris, 1864. © RMN - Musée d'Orsay. » À droite - « Emille Gallée (1846-1904), Vase calice à l'Iris violet, vers 1900-1904. © RMN-Grand Palais (MUDO-Musée de l’Oise) / Adrien Didierjean ».

Photographies ci-dessous : Exposition. © Sandrine D.

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Lyon Renaissance : Arts et humanisme.

Du 23 octobre 2015 au 25 janvier 2016 l'exposition Lyon Renaissance : Arts et humanisme rassemble plus de trois-cents œuvres d'art témoignant de la production lyonnaise du XVIe siècle et de sa vie intellectuelle et artistique à l'époque.

La capitale des Gaules était alors un centre intellectuel renommé ouvert aux influences venant du nord et du sud de l'Europe. L'humanisme y trouva un nouvel asile. Comme je l'ai écrit dans cet article, on qualifia même plus tard d'« École lyonnaise » le cercle humaniste formé notamment par Maurice Scève (1501-1564), Louise Charlin Perrin Labé (aussi appelée La Belle Cordière, vers 1525-1566), Claude de Taillemont, Charles Fontaine, Pontus de Tyard et de nombreuses femmes comme Jeanne Gaillarde, Christine de Pisan, Pernette du Guillet, Clémence de Bourges, Claudine et Sibylle Scève, sans compter les visiteurs occasionnels comme Clément Marot, Melin de Saint-Gelais, avec probablement Bonaventure des Périers et Rabelais.

Lyon était aussi la « capitale européenne de l'imprimerie » et la première place bancaire, devant Genève. Cette prospérité s’accéléra avec la venue de banquiers florentins (comme les Gadagni dès le XVe siècle) et de nombreux marchands et artisans d'art. Le commerce et la fabrique de la soie y étaient déjà très importants. Les guerres entre protestants et catholiques ternirent cependant cette fortune.

Lyon possède plusieurs édifices de la Renaissance à l'architecture caractéristique avec des pièces de plus de quatre mètres sous plafond pour y loger les métiers à tisser. Dans le cadre de cette exposition, il est proposé une visite guidée de l’hôtel de Gadagne où se trouve actuellement le musée du même nom. Il s'agit du plus vaste ensemble Renaissance de Lyon. Le bâtiment fut construit au début du XVIe siècle par les frères Pierrevive. Il a subi un remaniement par les frères Gadagne (ou Guadagni), en 1545.

Photographie de gauche : « Jean Naze, Horloge astronomique avec sphère céleste mécanique, vers 1560. Laiton doré. Museumslandschaft Hessen Kassel. © Museumslandschaft Hessen Kassel, Astronomisch-Physikalisches Kabinett. »

Photographie de droite : Vue de l’hôtel de Gadagne. © Musées Gadagne S. Serrad.

Photographie ci-dessous : « Élément d’une tenture de lit, vers 1560 (détail), Soie brodée, New York, The Metropolitan Museum of Art Photo. © The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais / image of the MMA. »

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Louis de Versailles

Depuis le 10 octobre 2015 et jusqu'au 9 janvier 2016, la Bibliothèque municipale de Versailles rend hommage à Louis XIV dans l'exposition intitulée Louis de Versailles.

Celle-ci présente, dans « les cinq salles que compte l’enfilade de la galerie des Affaires étrangères de la bibliothèque centrale », « des manuscrits précieux, livres de fête, peintures et sculptures, affiches, estampes, travaux d’élèves,… » provenant de la Bibliothèque municipale, des Archives communales, de l'École des Beaux Arts de Versailles, du Musée Lambinet et « de prêts exceptionnels de l’Établissement public du Château de Versailles, du Centre de musique baroque de Versailles, de la Bibliothèque municipale de Rouen, de la Bibliothèque Forney (Paris), du Musée de l’Armée (Paris) et de la Ville de Saint-Germain-en-Laye ».

Je n'ai pas encore eu la chance de me rendre à cette exposition qui me semble de qualité.

L'entrée y « est libre et gratuite ! »

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Le nouveau musée de l'Homme (2)

Arrêtons de saccager notre environnement... patrimonial.

Le nouveau musée de l'Homme vient d'ouvrir, le 17 octobre. Comme je le dis dans cet article, on assiste à une nouvelle agression sur un bâtiment classé. Celui-ci date de 1937. Des pans entiers ont été détruits à l'intérieur et tout a été fait pour ne pas conserver ni l'ambiance d'époque du bâtiment ni aucune des présentations rappelant l'histoire de ce musée et du musée d'ethnographie qui le précédait. Quelques éléments de monumentalité ont été gardés comme certains escaliers et bien sûr le volume de l'ensemble avec ses façades. La mise en scène cherche elle aussi à oublier ce passé afin d'être uniquement 'moderne'.

Photographie de gauche : « L'Homme de l'âge de pierre ». Statue en bronze d'Emmanuel Fremiet datant de 1875. À notre époque nucléarisée, bétonnée, formatée, on se demande qui est l'homme préhistorique.

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Le XVIIIe siècle : expositions

Plusieurs expositions ayant pour sujet le XVIIIe siècle (depuis Louis XIV jusqu'à la Révolution) sont visibles à Paris et ses environs en cette fin d'année 2015.

Élisabeth Louise Vigée Le Brun, à Paris, jusqu'au 11 janvier 2016.

La Manufacture des Lumières. La sculpture à Sèvres de Louis XV à la Révolution, à Sèvres, jusqu'au 18 janvier.

Fragonard amoureux, galant et libertin, à Paris, jusqu'au 24 janvier.

Être femme sous Louis XIV, à Marly-le-Roi - Louveciennes (Île-de-France), jusqu'au 14 février.

Je les ai toutes vues et les recommande chaudement.

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (7) : L'architecture confrontée au patrimoine.

Cet article fait suite à celui de la semaine dernière  analysant la première partie (Création artistique, titre I : articles 1 à 17 bis) du Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine tel que voté en première lecture à l'Assemblée nationale. Je vais maintenant m'intéresser à la seconde section de ce texte, celle qui concerne le patrimoine, l'archéologie et l'architecture.

LE TITRE II est sur les « DISPOSITIONS RELATIVES AU PATRIMOINE CULTUREL ET À LA PROMOTION DE L’ARCHITECTURE ».

Son CHAPITRE I est intitulé : « RENFORCER LA PROTECTION ET AMÉLIORER LA DIFFUSION DU PATRIMOINE CULTUREL ». L'ARTICLE 18 A inclut dans le Code du Patrimoine « le patrimoine immatériel » qui s'ajoute donc à « l'ensemble des biens, immobiliers ou mobiliers, relevant de la propriété publique ou privée, qui présentent un intérêt historique, artistique, archéologique, esthétique, scientifique ou technique » (article L1). L'ARTICLE 18 B est sur l'importation et l’exportation d'oeuvres d'art. L'ARTICLE 18 crée le label « Fonds régional d’art contemporain » (FRAC). Nous sommes là dans une politique de l'art contemporain, structurée, élitaire, centralisée au niveau gouvernemental. La commission scientifique nationale des collections n'a plus seulement « pour mission de conseiller les personnes publiques ou les personnes privées gestionnaires de fonds régionaux d'art contemporain », dorénavant le ministre chargé de la culture attribue des labels FRAC. L'ARTICLE 18 BIS A ajoute une mission aux musées de France. L'ARTICLE 18 BIS a une fonction d'actualisation. L'ARTICLE 18 TER indique que « La conservation des archives numériques peut faire l’objet d’une mutualisation entre services publics d’archives ». L'ARTICLE 18 QUATER est sur « Les archives produites ou reçues par les communes de moins de 2 000 habitants. » L'ARTICLE 18 QUINQUIES  protège un peu plus l’intégrité des archives classées. L'ARTICLE 19 permet au ministre de la culture d’interrompre de manière exceptionnelle des travaux de restauration engagés sans autorisation ou en violation des prescriptions de l’instance scientifique et d'engager les mesures nécessaires. Il donne aussi la possibilité à l'État de mettre « en demeure un propriétaire défaillant en cas de péril des collections et faire procéder d’office aux travaux nécessaires ». L'ARTICLE 19 BIS demande un rapport annuel sur les œuvres spoliées et récupérées.

LE CHAPITRE II « RÉFORMER LE RÉGIME JURIDIQUE DES BIENS ARCHÉOLOGIQUES ET DES INSTRUMENTS DE LA POLITIQUE SCIENTIFIQUE ARCHÉOLOGIQUE » commence avec un long ARTICLE 20 (auquel s'ajoute l'ARTICLE 20 BIS) qui modifie profondément le livre V du Code du Patrimoine relatif à l’Archéologie. Je n'ai pas étudié cet article dans ses détails mais espère que les instances archéologiques le feront.

Le CHAPITRE III prétend « VALORISER LES TERRITOIRES PAR LA MODERNISATION DU DROIT DU PATRIMOINE ET LA PROMOTION DE LA QUALITÉ ARCHITECTURALE ». Les articles 21 à 27 changent profondément le livre VI du Code du Patrimoine relatif aux monuments historiques, sites et espaces protégés, et le livre VII relatif à l’outre-mer. L'ARTICLE 21 crée un nouveau label du Ministre de la Culture pour les sites patrimoniaux publics ou privés ouverts au public. L'ARTICLE 21 BIS suggère un tirage exceptionnel du loto réalisé à l’occasion des Journées européennes du patrimoine dont l'argent irait vers le patrimoine. L'ARTICLE 22 change le titre du livre VI du Code du Patrimoine de « Monuments historiques, sites et espaces protégés » en  « Monuments historiques, cités historiques et qualité architecturale ». La notion de 'sites' (historiques) disparaît au profit des 'cités historiques' que ce projet de loi crée. L'ARTICLE 23 donne plus de pouvoir à la Commission nationale des cités et monuments historiques. Sa composition, les conditions de désignation de ses membres et ses modalités de fonctionnement sont précisés par un décret en Conseil d’État. Il est créé des zones dites « tampons » délimitées autour des biens du patrimoine mondial tel que défini par les Nations Unies patrimoine. Ces zones sont  délimitées par « l’autorité administrative ». L'ARTICLE 24 change de nombreuses parties de la section sur les « Monuments historiques » du Code du Patrimoine. La « Commission nationale des monuments historiques » devient la « Commission nationale des cités et monuments historiques » La protection des immeubles aux abords de monuments historiques est totalement changée. Il est crée une section pour les « Domaines nationaux ». Cet article fabrique donc les « Cités historiques » qui remplacent les monuments naturels et les sites dont les règles relatives à leur protection sont fixées au titre IV du livre III du Code de l’Environnement. Ne sont classés ainsi que les villes, villages ou quartiers ayant une valeur historique. La notion de 'sites' patrimoniaux et historiques était beaucoup plus large. De plus la multiplication des désignations, des exceptions..., le manque de simplicité des réglementations... tout cela est préjudiciable à la protection de notre environnement patrimonial. L'ARTICLE 25 modifie le titre IV du livre VI du Code du Patrimoine. De « Espaces protégés », il devient « Dispositions pénales et sanctions administratives ». La notion « d'espaces protégés » disparaît ici. Les « secteurs sauvegardés » sont remplacés par les mots : « cités historiques » ce qui n'est pas du tout la même chose. Disparaissent aussi les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (outils des communes et des établissements publics de coopérations intercommunales) et les aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine. L'ARTICLE 26 invente le label de « qualité architecturale ». Il est suivi par les ARTICLES BIS, TER, QUATER, QUINQUIES, SEXIES, SEPTIES, OCTIES, NONIES, DECIES, UNDECIES, DUODECIES, TERDECIES, QUATERDECIES, qui ont le mérite de nous faire un peu réviser notre latin. Je ne vais pas les étudier plus profondément car tous concernent des dispositions très diverses. « L’ARTICLE 27 modifie le livre VII du Code du Patrimoine relatif à l’outre-mer, afin de tirer les conséquences des dispositions de la présente loi dans les collectivités ultra-marines. »

Le TITRE III : « HABILITATIONS À LÉGIFÉRER PAR VOIE D’ORDONNANCE » (ARTICLES 28 à 30), laisse le Gouvernement légiférer en dehors du Parlement et de débats dans des domaines importants. Dans l'ARTICLE 31 cette habilitation concerne « le code de la propriété intellectuelle et le code du patrimoine s’agissant du droit des collectivités ultra-marines ».

Le TITRE IV touche les « DISPOSITIONS DIVERSES, TRANSITOIRES ET FINALES » (ARTICLES 32 à 46).

Le mercredi 14 octobre, la Commission Culture du Sénat a désigné sur ce projet de loi deux rapporteurs : M. Jean-Pierre Leleux (Les Républicains) et Mme Françoise Férat (Union des Démocrates et Indépendants - UC). Pour le moment aucune audition n'est programmée au niveau de la commission, ce qui signifie que le texte ne passera pas avant plusieurs semaines pour sa première lecture au Sénat (rappelons qu'il y en aura deux).

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Merveilleuses & merveilleux