4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 06:58

Voilà c'est fait, le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine est passé en seconde lecture à l'Assemblée nationale.

Sa seconde lecture au Sénat n'est pas encore à l'ordre du jour de la Commission Culture de la Haute assemblée occupée pour le moment par le Projet de loi pour une République numérique qui, ceci dit en passant, ouvre les données publiques au privé. Cela veut dire que bientôt les multinationales pourront non seulement vous connaître par l'intermédiaire d'internet et des réseaux sociaux, mais aussi avoir accès à certaines de vos données de santé, administratives et autres. Big Brother est vraiment parmi nous. Le traité transatlantique qui ne semble pas encore avoir été signé (il y a en ce moment une omerta sur le sujet) est déjà largement mis en place. Et ce n'est qu'une partie des bouleversements culturels en cours.

Le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine n'offre aucune solution face à cela. Au contraire. C'est une sorte de construction culturelle à la tronçonneuse, véritable foutoir, à moitié dangereux, à moitié inutile puisqu'il autorise en grande partie le Gouvernement à légiférer dans son coin par ordonnances notamment sur le Patrimoine. Au sujet du patrimoine, depuis mon premier article sur ce projet de loi (voir ici) où je recense quelques-unes des évolutions destructrices, d'autres se sont ajoutées : la Samaritaine (j'y reviendrai), le nouveau musée de l'Homme ici et icile château de Versailles, le nouveau musée de la gendarmerie nationale, le quadrilatère Richelieu, un château de style néo-troubadour, les grands magasins du Louvre, le pavillon carré de Baudouin, la tour Eiffel, la place Vendôme, le Grand Hôtel Dieu de Lyon.

 À cela s'ajoute ce que j'ai lu la semaine dernière dans un article du Canard enchaîné, visible ici ou en cliquant sur l'image de l'article, dans lequel il est donné l'exemple d'un ensemble des XVIIe et XIXe siècles situé à l'angle des rues Duphot, Saint-Honoré et Cambon où « Devantures, planchers, escaliers et murs porteurs vont être démolis ou mis sens dessus dessous pour installer une seule et grande boutique courant sur plusieurs immeubles. En guise de vieilles pierres, il ne restera plus qu'un pseudo-décor façon Disneyland... » Il donne notamment un autre exemple, celui d'un « bel immeuble de 1879 situé 130 rue du Faubourg-Saint-Honoré. Escalier majestueux, boiseries, planchers anciens... tout ou presque doit disparaître. » Quant à la Commission du Vieux Paris, celle-ci est pourtant très loin de faire un bon travail (voir ici).

Photographies du haut : Bâtiments situés à l'angle des rues Duphot, Saint-Honoré et Cambon.

Photographie de gauche : Article du Canard enchaîné de la semaine dernière.

Photographie de droite : Immeuble de 1879 situé 130 rue du Faubourg-Saint-Honoré.

Photographies de gauche et ci-dessous prises vers chez moi.

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