Une nouvelle maison de ventes aux enchères

FauveParis650lmFauveParis est une nouvelle maison de ventes aux enchères qui organise le 13 mai 2014 sa vente inaugurale intitulée L’Envers du décor

La conception se veut moderne avec un catalogue pédagogique ressemblant à un magazine qu'ils appellent un 'magalogue', avec des « articles, histoires, interviews et compositions mariant les différentes œuvres d’art proposées à la vente. »

146 lots sont exposés sur une durée plus longue que pour les autres lieux de ventes aux enchères, du 30 avril au 13 mai 2014.

Cette première a lieu le mardi 13 mai 2014 en soirée (à partir de 19h) au 49 rue Saint-Sabin dans le 11e arrondissement de Paris, donc un endroit éloigné des lieux habituels.

Le magalogue est consultable ici ou ici en Flipbook.

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Archéologie au Musée royal de Mariemont

Tresor-MRM1-500Photographies ci-dessus de gauche à droite : « Fibule discoïde en or, Quaregnon, 7ème siècle © DGO4-SPW – L. Baty / Statère en or, Thuin, 1er siècle avant notre ère © MRM – M.L. / Tête d’épingle, Trivières , 6ème siècle © MRM – M.L.  »

Le Musée royal de Mariemont en Belgique convie, du 10 mai au 30 novembre, à une nouvelle exposition intitulée Trésor? / Trésor! Archéologie au coeur de l'Europe. Celle-ci présente des découvertes réalisées ces vingt-cinq dernières années en Hainaut et régions limitrophes. Ces objets sont associés à d'autres témoignant de la même influence culturelle ou d'une autre culture ayant coexisté à la même époque. En parallèle une réflexion sur l'archéologie est proposée, son histoire, ses métiers et sciences partenaires. Enfin cette exposition « se voulant un espace de réflexion et de création, a également été pensée pour partir à la découverte de l'imaginaire suscité par l'archéologie, chez nos contemporains, chez les artistes, et dans le futur. »

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Beauvais, 350 ans. Portraits d'une manufacture.

 

FlorentinDamesoilet-2-300Photographies FranáoisCasanova350ci-dessus : « Jeux d'Enfants, la Danse, tenture d'après Florentin Damesoilet, début du XVIIIeme, 334 x 255 cm. Collection Mobilier national, Paris (inv.GMTT 59/1), DR Isabelle Bideau. » 

Photographie de gauche : « Le bain, tapisserie de lice d'après François Casanova, milieu du XVIIe siècle, 315 x 140 cm. Collection Mobilier national, Paris (inv.GMTT 222/4), DR Isabelle Bideau. »

 La Galerie nationale de la tapisserie de Beauvais présente du 6 mai au 24 août 2014 Beauvais, 350 ans. Portraits d'une manufacture, une exposition avec des exemples d'oeuvres depuis les débuts de cette manufacture à la fin du XVIIe siècle (elle est créée en 1664 par Jean-Baptiste Colbert) jusqu'à aujourd'hui. Celle-ci étant organisée en étroite collaboration avec la Mission Arts plastiques de la ville on y trouvera malheureusement pour notre goût de nombreux exemples de la seconde moitié du XXe siècle et du début du XXIe.   

Le peintre et graveur Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) prend sa direction dans la première moitié du XVIIIe siècle. Elle produit alors d'immenses tentures relatant par exemple l’histoire de Don Quichotte, et s'adjoint le concours d'artistes renommés comme François Boucher ou Charles-Joseph Natoire. Elle  est aussi réputée pour ses garnitures de sièges.

Les tissages de Beauvais sont d'une qualité exceptionnelle qui rejoint celle des Gobelins considérés comme le nec plus ultra. Au sujet de cette autre manufacture, je vous rappelle la merveilleuse exposition actuellement à Paris Les Gobelins au siècle des Lumières : un âge d’or de la manufacture royale

 

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Le clincailler et la clincaillère

LesPlaisirsDeLIleEnchantee_300lm.jpgPhotographie de gauche : Personnages possédant de nombreux éléments vestimentaires disponibles chez un clincailler. Gravure du XVIIe siècle de Jean Sauvé d'après un dessin de Pierre Brissart intitulée « Les plaisirs de l'île enchantée ».

Autrefois au lieu de quincaillier on utilise le nom de clincailler d'une manière similaire. Ce second mot est plus en relation avec la mode et ses petits-maîtres que le premier qui désigne surtout un vendeur d’ustensiles divers (casseroles, ciseaux, couteaux, etc.). Le clincailler ou la clincaillère est un marchand de clinquant, de choses clinquantes, notamment des objets de toilette (boîtes, flacons, peignes …), des accessoires (éventails, lunettes, lorgnettes, étuis garnis, masques …), des ornements pour habits (dentelles, rubans, lacets …) etc. Il peut aussi vendre ce qu'on appelle aujourd'hui de la quincaillerie. Sans doute certains se spécialisent plus sur les ornements et d'autres sur des ustensiles en métal.

Le clinquant est aussi une petite lame d'or ou d'argent que l'on dispose dans les broderies, les dentelles ... ou des lames ou feuilles de cuivre qui brillent beaucoup. « Les habits de masques, de ballets, sont ordinairement chargés de clinquant » comme le dit la définition de la quatrième édition (1762) du Dictionnaire de L'Académie française.

Le clinquant est présent chez certains petits-maîtres, un faux-semblant, une fausse richesse ou une opulence trop ostentatoire. « Du clinquant, des grâces, une nuance d'esprit sur un grand fond de fatuité, c'est l'essence d'un Petit-Maître ... » : c'est ainsi que commence, dès sa préface, le livre Bibliothèque des petits-maîtres ou Mémoires pour servir à l'histoire du bon ton & de l'extrêmement bonne compagnie (Au Palais Royal chez la petite Lolo, marchande de Galanterie, à la Frivolité, 1742).

desboulevardsdebut-300lm.jpgPhotographie de droite : Début de La Matinée, la soirée, et la nuit des boulevards ; ambigu de scènes épisodiques, mêlé de chants et de danses, divisé en quatre parties : représenté devant leurs Majestés à Fontainebleau, le 11 Octobre 1776, Paris, Veuve Duchesne, 1776.

La Matinée, la soirée, et la nuit des boulevards ... (Paris, Veuve Duchesne, 1776), met en scène entre autres un « marchand clincailler » qui commence la pièce par un « Air » qui explique son travail :
« Ach'tez des mes bagatelles,
Peignes d'ivoire, Peignes de buis,
Des Canons pour les dentelles,
Lacets & Rubans choisis ;
Des nœuds d'Épée pour ces D'moiselles,
Du rouge pour les p'tits Marquis.
J'ai des Sifflets pour les Pièces nouvelles,
Depuis longtemps j'en fournis à Paris.
Ach'tez de mes bagatelles,
Je vends de tout à juste prix.
J'ai pour les prudes Coquettes
Des Éventails à Lorgnettes.

J'ai pour Messieurs les Courtisans,
Couteaux polis à deux tranchants.
V'là de gentilles Lunettes
Pour les Amants à cheveux gris,
Venez faire vos emplettes,
Je vends de tout à juste prix.
Fines Aiguilles
Pour ces Filles ;
Pour les Abbés v'là des Flacons,
Des Cure-dents pour les Gascons.
Et v'là pour les P'tits-Maîtres bourgeois
De grandes Boucles de harnois.
Ach'tez de mes bagatelles ;
V'là d'jolis Étuis garnis,
Des Boît' à secret pour les belles,
Des Lanternes pour les maris.
Je vends de tout à juste prix,
À juste prix. »

© Article et photographies LM

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Un gommeux

GommeuxGommeuseIncroyableMerveilleuse500lm.gifGommeuxGommeuseIncroyableMerveilleuseGommeux400lm.gifAu premier abord rien de spécial à dire sur cette série de quatre petits dessins (signés « Bohoth » ?) contrecollés, d'époque 1877-1880, représentant « Ces Messieurs » et « Ces Dames », avec à gauche « Nos Papas » et sans doute Nos Mamans et à droite « Aujourd'hui ». L'incroyable et la merveilleuse sont comme on se les représente dans le dernier tiers du XIXe siècle. Le jeune couple du temps du dessinateur est dans le style de la jeunesse de son époque. La femme, gommeuse, est un peu provocante avec son décolleté et sa jupe retroussée haut. Le jeune homme est un gommeux. J'en ai déjà parlé dans de nombreux articles de ce blog : Le Gommeux, La gommeuse et le gommeux, ceux du caf'conc, le dégommé, la gommeuse excentrique et la gommeuse épileptique, Mémoires d'un gommeux et Un gommeux.

Cela vaut la peine de vous présenter ce dessin qui reprend les stéréotypes vestimentaires du gommeux : son petit chapeau, le monocle, la chemise à grand col et larges manches mousquetaire (avec un poignet à revers), la cravate moderne qu'il met au goût du jour, la veste trop serrée avec des manches qui s'élargissent extrêmement au niveau des poignets, des gros boutons, une fleur à la boutonnière, un mouchoir voyant, des breloques, le pantalon à pattes d'éléphant cachant des chaussures serrées, la cigarette, les gants jaunes, la badine ...  

L'image du gommeux est sans doute celle du petit-maître la plus reproduite après celle de l'incroyable entre la Révolution et la fin du XIXe siècle. Son extravagance marque son temps.

© Article et photographies LM

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Merveilleuses & merveilleux