Regards de Russie

RegardsDeRussieAffiche.jpgLa douzième semaine du cinéma russe à Paris « Regards de Russie », qui se déroule du 12 au 18 novembre,  me donne l'occasion de parler du plus vaste pays de la planète qu'est la Russie.

La propagande venant des États-Unis et de l'Union européenne nous donne une image arriérée de celle-ci. La vérité est toute autre. Culturellement la Russie est un mastodonte. Parmi les vingt premières plus grandes bibliothèques du monde plus d'un quart (six) sont russes, et quatre sont à Moscou (Wikipédia). Cette cité est sans doute la première si on fait un classement par nombre d'ouvrages par ville.

Avec Saint-Pétersbourg, Moscou possède de très nombreux musées.

Ce pays contient un grand nombre de cultures d'origine. Elle fait le lien entre l'Europe et l'Asie, puisqu'elle est tout à la fois européenne (jusqu'à l’Oural et le Caucase) et asiatique (elle a des frontières notamment avec la République populaire de Chine et la Corée du Nord).

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Shakespeare, l'étoffe du monde.

ShakespeareLEtoffeDuMonde.jpg« De l’évocation d’un théâtre élisabéthain aux plus beaux costumes d’Hamlet, les différentes facettes de l’univers shakespearien sont dévoilées au Centre national du costume de scène à Moulins » jusqu'au 4 janvier 2015 dans l'exposition intitulée Shakespeare, l'étoffe du monde.

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Le Japon au fil des saisons

ErablesEnAutomne500.jpgJusqu'au 11 janvier 2015 le Musée Cernuschi (Musée des arts de l'Asie de la ville de Paris) présente l'exposition Le Japon au fil des saisons, avec des peintures des XVIIIe et XIXe siècles mettant en avant la nature et les saisons, thèmes éminemment d'actualité, au Japon comme partout sur terre, en cette ère nucléaire.

Photographie ci-dessus : « Tawaraya Sōri (actif vers 1764-1780). Érables en automne. Paravent à six feuilles, encre et  couleurs sur un fond de feuilles d’or sur papier. 68,7 x 211,2 cm. » © Exposition.

Photographie ci-dessous : « Sakai Hōitsu (1761-1828). La Sente au lierre du mont Utsu. Paravent à deux feuilles, encre, couleurs et or sur papier. 145,5 x 138,4 cm. » © Exposition.La-Sente-au-lierre-du-mont-Utsu.jpgÀ noter que le Musée du papier peint de Rixheim en Alsace propose jusqu'au 31 décembre une exposition intitulée Japonismes. L'Empire du Soleil Levant dans le papier peint de 1860 à nos jours.

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L'horreur française

La première exposition contemporaine présentée à la Monnaie de Paris est une erreur. Comme je l'ai écrit dans cet article, la Monnaie de Paris était jusqu'à peu la plus vieille institution de France (fondée au IXe siècle dans ce même lieu). Aujourd'hui non seulement elle n'est plus grand chose, mais le premier événement qu'on y présente pour sa 'réhabilitation' est le sordide et le gaspillage dans une exposition-installation occupant au moins cinq salles avec à l'entrée des godemichets géants et des milliers d'autres en chocolat et des 'fuck' inscrits partout, tout cela avec les bénédictions de nos dirigeants. Cet 'artiste' prétend ainsi critiquer la société de consommation. C'est puéril, léger et peu constructif comme discours artistique. C'est aussi absurde que de blâmer la guerre en tuant des gens ! Critiquer la société de consommation en gaspillant des centaines de kilos de chocolat c'est bête non ? Y ajouter de la scatologie c'est pire encore. L'inviter à le faire à la Monnaie de Paris c'est de l'inconscience pure de la part de nos dirigeants ou pire. Aujourd'hui les parisiens ploient sous la dette, sous la perte de leur pouvoir d'achat, la corruption, les impôts, la pollution, une Union européenne despotique, le traité de libre-échange transatlantique etc. Ils n'ont plus de repères culturels, spirituels, intellectuels ... pendant qu'un artiste américain est invité à se comporter comme un porc au coeur de Paris, et vomir sa fausse haine du néant qu'il contribue à créer, un peu comme la maire de Paris qui encense cette installation et vitupère contre les extrêmes qu'elle nourrit de sa bêtise immonde.

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De l'amphore au conteneur : 2 000 ans de commerce maritime.

Le-halage-d-une-barque-sur-la-Durance500.jpgLe musée national de la Marine présente à Paris jusqu'au 28 juin 2015 l’exposition De l'amphore au conteneur : 2 000 ans de commerce maritime. Je ne suis pas encore allé la voir, mais le sujet est intéressant.

Photographie : « Le halage d’une barque sur la Durance, II e -III e siècles ap. J.-C. Musée Calvet, Avignon. © Lionnel Moulet. »

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L'étoffe des rêves : Le tissu d'ameublement dans les collections du musée d'Écouen

Lit-de-poupee300.gifLe musée nationale de la Renaissance du château d'Écouen présente jusqu'au 26 janvier 2015 une exposition intitulée L'étoffe des rêves : Le tissu d'ameublement dans les collections du musée dans le cadre de la réouverture de la salle des tissus. « La collection comporte des pièces allant du début du XVI e siècle à la fin du XVIIIe siècle, les points forts étant évidemment le XVI e siècle et le début du XVIIe siècle » d'autant plus que ceux-ci sont rares.

Le musée possède des vêtements et ornements liturgiques ; des vêtements civils, bourses, éventails et étuis brodés ; une collection de fragments d’étoffes comptant 439 pièces datées des années 1590-1640 ; des dentelles ; des tissus d’ameublement

« Les œuvres textiles sont particulièrement fragiles à la lumière et à la poussière ; elles ne supportent  pas une exposition prolongée. Pour des raisons de conservation, cette collection ne peut donc pas être  présentée en permanence au public ».

Les tissus ont une place très particulière dans la décoration d'intérieure depuis l'Antiquité. Au Moyen-âge on en utilise partout, non seulement sur les murs et les meubles mais aussi pour délimiter des espaces. Un très grand nombre d’enluminures de toute l'époque médiévale en témoigne. Il nous reste très peu d'exemples conservés de cette période. Cet engouement pour les étoffes d'ameublement couvre tous les siècles en France jusqu'à la fin du XIXe. Pour les XVIe et XVIIe siècles les exemples conservés sont rares aussi. D'une manière générale, les tissus étant fragiles une exposition sur des exemples anciens est toujours particulièrement intéressante.

Avec cela, le musée présente sa collection permanente très fournie et de qualité.

Lit-de-poupeedetail2-650.jpgPhotographies ci-dessus : « Lit de poupée ou maquette de lit. France (?). XVIIe siècle ou XVIIIe siècle. 52,5 x 37 x 23 cm. Soie, fils métalliques, taffetas broché. » La qualité d'exécution des tissus est impressionnante.

Photographies ci-dessous : « Tapis de table de toilette. Italie (?). Début du XVIIe siècle. 132 x 96 cm. Lin et soie, broderie et tissage. » En fait il s'agit d'une toilette (petite toile) que l'on pose sur une table (table de toilette) qui ne devient un meuble spécifique (avec son miroir incorporé) qu'au XVIIIe siècle. Voir sur ce sujet par exemple les articles La Toilette d'apparat des XVIIe et XVIIIe siècles, La Toilette galante de l'Amour, Paris, Estienne Loyson, 1670, Dame à sa toilette sous Louis XIV, ou d'une manière générale tous ces articles.Tapis-de-table-de-toilette-avec-detail.gif

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Le Canotage en Seine de Maupassant à Mistinguett

LesCanotiersParisiens.jpgPROLONGATION JUSQU'À FIN AVRIL 2015.

Les bords de Seine et de Marne des environs de Paris sont des endroits où viennent autrefois se divertir les parisiens afin d'y apprécier les plaisirs bucoliques, boire et manger pour pas trop cher, danser et écouter de la musique dans les guinguettes, pratiquer le canotage, nager etc. Au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe il s'agit d'une véritable mode. On s'habille en canotier et le chapeau de paille dit 'canotier' est très en vogue. Le Musée de la Grenouillère de Croissy-sur-Seine fait revivre ces instants (ouvert seulement les mercredis et dimanches). PiquerUneTete200.jpgIl en est question dans l'article du 18 mars 2012 intitulé Le canotier et la canotière. Depuis un an il est installé au premier étage d'une ancienne bergerie spécialisée dans le mérinos, race de moutons d'origine espagnole réputée pour sa laine. Il y a alors tout autour des champs de maraîchers à perte de vue dont les cultures sont exportées durant la nuit jusqu'aux Halles de Paris pour y être vendues. Aujourd'hui pour se rendre à Chatou en RER (la gare de RER est à quelques centaines de mètres du musée de Croissy en longeant les bords de Seine) on peut partir de la gare des Halles près de Châtelet. Évidemment les Halles parisiennes n'existent plus et les champs de Croissy-sur-Seine non plus … mais la Seine est toujours là, de jolies habitations aussi dont certaines historiques … et le musée nous en lègue le souvenir.

Maupassant.jpgCe Musée de la Grenouillère présente jusqu'au 14 décembre 2014 Le Canotage en Seine de Maupassant à Mistinguett. Il s'agit d'une intéressante exposition à parcourir avec douceur, en oubliant la précipitation parisienne. D'abord il faut aller se promener dans l'île des impressionnistes, là où se trouve autrefois la grenouillère, où l'on vient se baigner, boire, danser, faire du canotage et s'amuser. On peut soit pique-niquer soit manger au Restaurant Fournaise installé dans les salles historiques de la Maison Fournaise, où il est possible de « déjeuner dans la salle décorée de caricatures peintes par des artistes, restés anonymes au 19ème siècle, ou à la belle saison sur le balcon où Auguste Renoir [peint] Le Déjeuner des canotiers », ou/et visiter le Musée Fournaise. LaSeine.jpgEnsuite on rebrousse chemin pour se rendre au Musée de la Grenouillère, en longeant la Seine par la route ou par les bords du fleuve. Dans les deux cas on y voit de jolies petites demeures comme le Pavillon d'Henri IV édifié en 1845 par le marquis d'Aligre dans le pur style romantique (retour au Moyen-âge et à la Renaissance des coloristes et autres fantaisistes). Ces bords de Seine particulièrement sont très à la mode au XIXe siècle, ce qui se ressent dans l'architecture. Entre le Pavillon d'Henri IV et le musée se trouve l'hôtel particulier où Joséphine de Beauharnais (1763-1814) vient se réfugier en 1793 pour se protéger de la Terreur. Près du musée de la Grenouillère s'élève le Château Chanorier, ancienne Tableau.jpgrésidence des seigneurs de Croissy bâtie entre 1750 et 1770. Aujourd'hui il accueille des expositions. À côté la Chapelle Saint-Léonard est encore plus ancienne, puisque construite au XIIe siècle. Lieu de pélerinage contenant des reliques de Saint Léonard elle possède notamment une série de quatorze panneaux de bois peints datant du XVe siècle et des carreaux de la même époque. Cependant elle n'est que rarement ouverte au public. La promenade peut ensuite se dérouler de diverses façons. L'endroit semble idéal pour faire des promenades en bicyclette sur les bords du fleuve ; et se rendre ainsi sur le pont de Bougival, rejoindre la Machine de Marly qui alimente en eau les fontaines de Versailles dès la construction du château par Louis XIV ; et pourquoi pas aller au Château de Monte-Cristo de style Renaissance que fait construire Alexandre Dumas (1802-1870) au milieu du XIXe siècle … jusqu'à Saint-Germain-en-Laye. plan.jpg

Photographie : Lithographie de la série « Les canotiers parisiens » : « - Avouez, ma chère …, que les goujons mettent moins de galanterie à se laisser prendre que les hommes ?....... - Oui …..., ils sont  moins bêtes !........... » © Musée de la Grenouillère.

Photographie : Lithographie : « - Voilà l'agent de change ! C'est le moment de piquer une tête pour faire sa connaissance ! » © Musée de la Grenouillère.

Photographie : Photographie de 1889 avec Guy de Maupassant accompagné de Geneviève Bizet et Jeannine Dumas. © Musée de la Grenouillère.

Photographie : La Seine.

Photographie : Huile sur toile de « Franck … » « Plaisirs du canotage et de la pêche » (1908). © Musée de la Grenouillère.

Photographie : Plan avec en haut à droite l'île des impressionnistes, le Hameau Fournaise et l'endroit où se trouve l'ancienne Grenouillère, et en bas à gauche le musée de la Grenouillère.

Photographies ci-dessous : À gauche - Chapelle Saint-Léonard. À droite - Hôtel particulier où Joséphine de Beauharnais habite en 1793.
Batiments.jpgPhotographies ci-dessous : Partition de la chanson À la Grenouillère (© Musée de la Grenouillère). La mise en musique contemporaine par Véronique Rénier est à écouter ici.ImagespartitionA-agrenouillere.jpg

Partition-et-paroles-de-A-la-grenouillere430.jpg

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Glanage au fil des ventes de cette semaine

EventailFace500.gifEventailleDetailDos300.jpgPhotographies du haut et de gauche : « Janus ouvrant les portes de l’année, vers 1730. Éventail plié, la feuille double en peau peinte à la gouache. Monture en écaille blonde (chelonidae spp antérieur au 1er juin 1947 et de ce fait conforme au règlement CE du 09/12/1996, en son article 2/W mc), à décor de piqué et applications d’or. Rivure d’origine en or gravé. H.t. 29,2 cm – H.t. 17,2 cm (BE, deux petites rest. et petits manques d’or sur les panaches). Éventail de grande qualité, où la face ne se distingue pas du dos, tant du point de vue de la qualité de la peinture que du traitement de la monture. D’un côté, Mercure confie aux nymphes l’éducation de Bacchus. Chale300.gifTrois d’entre elles le recueillent tandis qu’une autre apporte un berceau. Pan observe la scène en retrait, et Zeus depuis les cieux. L’arrière-plan est occupé par un large paysage. De l’autre côté, Flore et les zéphyrs suivent des yeux Janus, le dieu aux deux visages. Le sujet est emprunté à l’œuvre du peintre italien Carlo Maratta (1625-1713) Janus ouvrant les portes de l’année, ou fermant les portes de la guerre, connu par la gravure de Robert Van Audenaerd (1663-1743). La monture présente un délicat et riche décor dans le goût de Bérain mêlant piqué d’or et motifs en or sculptés et gravés, incrustés dont des bustes, des personnages, des griffons. Les panaches sont bordés d’une ligne de pointillés en piqué d’or. » Vente Éventails - Dentelles du mercredi 5 novembre de la maison Coutau-Bégarie à Richelieu - Drouot.

Photographie de droite : « Exceptionnel châle à une pointe, Chantilly noire, fuseaux, vers 1850. Composition magistrale de fleurs, tout à fait inhabituelle de par l’importance de leurs dimensions. La rose du bouquet central mesure 10 x 14 cm, les bignones mesurent 11 cm de longueur. Très belle exécution, fil fin. Une petite reprise, point de raccroc lâché sur  trois cm. Hauteur : 135 cm. Largeur aux épaules : 255 cm. » Vente Éventails - Dentelles du mercredi 5 novembre de la maison Coutau-Bégarie à Richelieu - Drouot. 

Photographie du dessous : Grandes cannes de la vente Fraysse & Associés du jeudi 06 novembre à l'hôtel Drouot.

GrandesCannes300Photographies ci-dessous :  « Edgar Chahine (1874 - 1947). La Promenade. 1902 (T. 92) 46 x 65,8 cm Eau - forte, pointe sèche et aquatinte. Superbe épreuve signée en bas à gauche d'un tirage à une centaine d'exemplaires.[...] Feuillet: 56 x 76 cm. » Vente Fraysse & Associés du mercredi 05 novembre.LaPromenade2

Photographie du dessous : « Gustave Doré (Strasbourg 1832 - Paris 1883). Entrée du chevalier Renaud en ville Plume et encre noire, signée en bas à droite. Légendée dans le bas « le fier Renaud fend la foule qui se précipite de tout coté tous les spectateurs admire l'air noble et redoutable du Paladin Ch.V ». Coin inférieur droit manquant, légèrement insolée et deux petites retouches de gouache. 47,8 x 34,5 cm. » Vente Fraysse & Associés du mercredi 05 novembre.GustaveDoreChevalier.jpg

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Salon international du patrimoine culturel

SalonInternationalDuPatrimoineCulturel.gifDu 6 au 9 novembre se tient comme chaque année le Salon international du patrimoine culturel au carrousel du Louvre à Paris avec plus de trois cents exposants et des conférences qui semblent particulièrement intéressantes. Créé en 1994, le salon a été racheté en 2009 par Ateliers d’Art de France, groupement professionnel des métiers d'art fondé en 1868, qui fédère plus de 6 000 professionnels, artisans, artistes et manufactures d’art à travers l’hexagone.

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Écologie du sentiment

DissertationSurLaPoesiePastoraleAbbeGenest300lm.gifDeux cultes occupent pendant des millénaires une place primordiale en France : celui de la Dame (et de l'Amour en général) et celui de la Nature, les deux n'étant pas très éloignés. On considère alors que nos bergères et bergers conservent des réminiscences de l'Âge d'Or : un temps où les êtres humains vivent en pleine pureté au milieu des dieux et des plaisirs véritables.

On vénère la nature et l'homme qui sait dialoguer avec elle par l'intermédiaire de ses sens : le sentiment, cela lui permettant de communiquer avec la divinité. Les poèmes ayant ce sujet ou celui de l'amour sont les plus prisés.

Il est un peu question de cela dans l'article intitulé Eurythmie politique.

Je collectionne les livres et gravures anciens sur le sujet. Il s'agit d'une de mes trois collections, les deux autres étant sur les petits maîtres de la mode et sur les contes et fables pour enfants.

Les pastorales et autres poèmes bucoliques sont passés de mode. Aujourd'hui on peut se procurer des livres des XVIIe et XVIIIe siècles sur ce thème assez facilement. Ils sont pourtant d'une grande beauté. Les textes sont riches et les gravures les accompagnant le plus souvent d'une grande finesse d'exécution.

À notre époque où presque tout le monde bouge frénétiquement, voyageant d'un bout à l'autre de la terre (même les écologistes), il y a moins de dialogue culturel avec la nature, avec la terre, sa mémoire, sa régénérescence … La culture consiste à cultiver le terrain de son âme comme on le fait d'un jardin en fonction de l'environnement. La question environnementale n'est pas seulement en rapport avec la nature mais avec toutes les choses qui le constituent. Les cinq sens (le goût, l'odorat, l'audition, la vision, le toucher) et la perception cognitive, qui à eux tous forment le sentiment, permettent d'appréhender cet environnement et de dialoguer avec. Dans quelle mesure souhaitons-nous le faire ?

Photographie : Page de titre et frontispice de Dissertations sur la Poésie pastorale ou de l'Idylle et de l'Églogue (Paris, Jean-Baptiste Coignard, 1707, première édition) de M. l'Abbé Genest (Charles-Claude Genest : 1639-1719). La gravure est signée Thomassin : Simon Thomassin (1638-1722) ou son fils Henri Simon Thomassin (1687-1741), tous deux graveurs. Ce livre est adressé « À Messieurs de l'Académie Française ».

© Article et photographie LM

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La merveilleuse découverte en cours du tumulus d'Amphipolis

Sphinges300.jpg

Amphipolis est une cité antique du nord de la Grèce fondée en 437 av. J.-C. et abandonnée au VIIIe siècle de notre ère. Elle est importante pour ceux qui s'intéressent à l'archéologie, en particulier pour ses vestiges et sa nécropole dans laquelle des archéologues ont mis à jour une quantité impressionnante d'objets. Aujourd'hui cette ville est à nouveau dans l'actualité des arts avec les fouilles entreprises cette année dans le tumulus d'un immense tombeau ayant une enceinte de 497 mètres de long et un chemin de 4,50 mètres de large conduisant à un important monument funéraire daté entre 325 et 300 av. J.-C. Il s'agit du plus grand monument funéraire jamais découvert en Grèce … Les archéologues n'ont pas encore atteint la pièce principale. Chaque semaine nous apporte son lot de découvertes.

Sphinges300.jpg

C'est en 1934 que l'on commence à s'intéresser à cette ville et ses alentours. En 1934 l'École française d'Athènes dégage les vestiges du lion funéraire. Après la Seconde Guerre mondiale des fouilles sont entreprises dans la nécropole et la ville.

En 2012 on découvre le tumulus. En août 2014 on commence à dégager la porte d'entrée. Celle-ci se trouve en bas d'un escalier de marbre. Elle est peinte et surmontée de deux sphinges. Elle donne sur une succession de pièces aux murs de marbre et au plafond voûté peint en rouge semble-t-il. Au fond de la première on y remarque deux cariatides avec encore des traces de peinture. Une troisième chambre a été révélée. Le 12 octobre on s'est aperçu que le sol de la seconde chambre funéraire était orné d'une mosaïque de 4,50 x 3 m. Le 21 octobre c'est la découverte d'une tête d'un des deux sphinges.

Sphinges300.jpg

On peut suivre l'avancée des fouilles sur le site Grèce à l'Ouest. Toutes les photographies proviennent de ce site.

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Chefs-d'Œuvre du mobilier de 1650 à 1790

GardeMeubleDeLouisXV.jpgDu 28 octobre 2014 au 22 février 2015 le Château de Versailles présente des Chefs-d'œuvre du mobilier de 1650 à 1789, une exposition qui essaie de mettre en relief le caractère novateur et précurseur du mobilier de cette époque qui inspira tout l'Occident d'alors et qui fut largement copié par la suite.  

Pour cela, « une centaine de chefs-d'œuvres de mobilier issues des collections des plus riches amateurs d'art de l'époque - la famille royale et son entourage, l'aristocratie et les financiers - témoigne de la révolution que le XVIIIe a opéré dans l'histoire  du meuble. Tous les grands noms de la création d'alors sont représentés : André- Charles Boulle, Antoine-Robert Gaudreaus, Charles Cressent, Bernard II Van Risen Burgh, Jean-François Œben, Jean-Henri Riesener et George Jacob. À côté des pièces majeures provenant des collections du  château de Versailles, du musée du Louvre, des Arts Décoratifs, du château de  Fontainebleau, mais également du Getty Museum, des meubles non connus de collections privées sont présentés pour la première fois au public. »

L'époque que couvre cette rétrospective est celle d'inventions qui marquent profondément les arts décoratifs, qui ne sont pas seulement la création d'ébénistes mais proviennent aussi de l'imagination des commanditaires. En ce temps là on se fait faire des meubles comme des habits chez le couturier ... crée de nouvelles modes, de nouveaux usages. On invente le bonheur du jour, la table de toilette, la commode, le canapé (l'ottomane), le bureau de pente, le secrétaire à rouleaux, la bergère, la bibliothèque ... On améliore ceux déjà existants à un niveau exceptionnel. Les arts décoratifs de cette période peuvent être considérés comme un summum.

SiegeEcoleBoule.jpgIl aurait été particulièrement intéressant d'apprécier ces meubles dans un véritable contexte XVIIe-XVIIIe siècles ... dans des salles du château les mettant en valeur. Un autre choix a été fait. La scénographie est moderne, grise, un peu étouffante, enveloppant entièrement les meubles. Du coup l'exposition aurait pu être présentée n'importe où ... C'est dommage que le scénographe n'ait pas joué avec le lieu, Versailles, qui contient des salles de toutes les époques de ces productions, permettant ainsi de les contempler dans un ensemble, comme elles l'étaient dans leur temps. Il aurait été au moins plus didactique d'ajouter des tableaux (il n'y en a qu'un seul), des dessins, des gravures ... replaçant ainsi ces meubles dans leur contexte. Le style rocaille par exemple est un art total qui embrasse l'espace du sol au plafond. Cette exposition cherche cependant à être pédagogique avec des films présentant les étudiants de l'École Boulle expliquant par leurs gestes leur travail d'ébéniste. D'autres vidéos permettent de voir l'intérieur de certains de ces meubles et leurs tiroirs secrets.

On apprend beaucoup de choses dans cette exposition. Les meubles présentés marquent leur époque et sont des exemples de l'évolution des goûts. Elle commence avec les débuts de l'ébenisterie au milieu du XVIIe siècle qui se démarque de la menuiserie. Elle se poursuit avec des productions du célèbre André Charles Boulle (1642-1732), ébeniste du roi Louis XIV (1638-1715, roi à partir de 1643). Elle présente ensuite différentes formes, procédés (laques ...), usages, couleurs, matériaux, graphismes et ornements, lignes, mécanismes (comme pour le bureau de la photographie 7), des créations d'ébénistes fameux comme Charles Cressent (1685-1768) représentant du style Régence (vers 1700-1730), et d'autres particulièrement emblématiques comme le Bureau du Roi (photographie 5) ou la Commode "à la grecque" qui annonce véritablement le style moderne du XXe siècle (photographie 6). L'exposition se poursuit avec les sièges. J'ai appris que l'on mettait sur ceux-ci des housses, qu'on enlevait pour les grandes occasions, et que l'on rangeait, parfois dans des meubles spécifiquement faits pour cela, comme Commode1730.jpgc'est sans doute le cas pour la commode du grand cabinet de Marie-Antoinette à Fontainebleau datant de 1786 (photographie 8). On changeait aussi les garnitures des accoudoirs, du dossier et du siège des fauteuils suivant les situations, ou lors de modifications de décoration. Dans les grandes maisons c'est le rôle du 'valet de chambre tapissier'.

Les meubles présentés sont exceptionnels par leur qualité et leur histoire. Ils marquent le style d'une époque ... C'est dommage que cette exhibition n'insiste pas plus sur l'évolution des styles, qu'il n'y ait pas une vraie leçon sur ce sujet. Comme je l'ai dit, le style de la mise en scène est contemporain. Il y a un usage actuel qui consiste à installer des oeuvres contemporaines dans des endroits anciens ou au contraire de présenter des objets anciens dans une mise en scène moderne. L'exposition appartient à la seconde catégorie. Je pense qu'il est préférable de retrouver l'esprit du lieu plutôt que d'y apporter du contemporain. Versailles, comme beaucoup d'autres endroits historiques en ce moment, présentent souvent des artistes contemporains. 

Enfin « l'abécédaire de Jean Nouvel » s'avère inutile et illisible.

Photographie 1 : Je suis parti vers Versailles à partir de la place de la Concorde, où se trouve le Garde-Meuble royal du XVIIIe siècle, bâtiment devenant à la Révolution l'hôtel de la Marine. Il fut construit entre 1757 et 1741 pour, dès 1772, contenir le garde-meuble de la Couronne. Ses galeries étaient alors ouvertes au public tous les premiers mardis de chaque mois d'une grande partie de l'année. Cela aurait été magnifique de faire une telle exposition dans ce lieu.

Photographie 2 : Présentation de la création d'un siège du XVIIIe siècle par l'École Boulle.

Photographie 3 : Commode double à vantaux et tiroirs (Paris, vers 1730) de presque 3 mètres de large (2,82 m.)

Ensemble-copie-1.jpgPhotographie 4 : « Nicolas Heurtaut, probablement d’après Pierre Contant d’Ivry. Paire de fauteuils à la reine (d’une suite de six) et canapé à la reine et meublant à deux confidents mobiles. Paris, vers 1757. Hêtre peint en bleu-vert. Fauteuil : H. 0,96 ; L. 0,66 ; Pr. 0,59 m, Canapé : H. 1,14 ; L. 1,95 ; Pr. 0,70 m, Confident : H. 1,06 ; L. 0,63 ; Pr. 0,70 m, Canapé et confidents : L. 3,30 m. Collection particulière.
Ce canapé à confidents est assurément l’un des plus beaux chefs-d’œuvre de la menuiserie en sièges. Au XVIII e siècle, on faisait deux sortes de canapés à confidents : ceux à confidents fixes et ceux à confidents mobiles. Ces derniers sont les plus rares, car il fallait faire correspondre parfaitement la sculpture du confident avec celle du canapé, dans lequel il s’emboîtait. Ainsi peut-on remarquer que le pied extrême du canapé est sculpté à mi-partie, comme celui du confident, et que c’est la réunion de ces deux parties qui forme le pied complet ; il en va de même du « coup de fouet » de la console d’accotoir et de l’accotoir qui sont divisés par moitié. »

Bureau-du-Roi-Bureau-du-roi--Paris-1760-1769cRMN-GG-Chate.gifPhotographie 5 : « Jean-François Oeben et Jean-Henri Riesener. Bureau du roi. Paris, 1760-1769. Bâti de chêne, placage de satiné, d’amarante et de bois de rose (principalement), bronze doré, porcelaine. H. 1,473 ; L. 1,925 ; Pr. 1,050 m Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
Le secrétaire à cylindre de Louis XV, de Jean-François Oeben et Jean-Henri Riesener est considéré comme le meuble le plus emblématique du génie français du XVIII e siècle. Remarquable par sa monumentalité, la beauté de ses tableaux de marqueterie et de ses bronzes, il est le plus abouti dans sa conception et le plus raffiné dans son exécution. Il fallut neuf ans pour le fabriquer, puisque commencé en 1760 par Jean-François Oeben, génial marqueteur réputé pour ses petits meubles à mécanismes, il fut livré en 1769 par son disciple Jean-Henri Riesener. Chaque détail a nécessité une grande finesse de réalisation. Merveille de mécanique, un système complexe de ressorts et contrepoids permettent d’un quart de tour de clef de déverrouiller l’ensemble en libérant l’abattant du cylindre et tous les tiroirs. Le cylindre ovale est constitué de sept lames articulées, plaquées en bois de violette, de sycomore et d’acajou. Sa réalisation a nécessité l’intervention de quatorze corps de métier (ébéniste, bronzier, ciseleur, doreur, horloger). Les figures de bronze ont notamment été fondues et ciselées par Louis-Barthélémy Hervieu sur des modèles de Jean-Claude Duplessis. »
À la Révolution quelques petits changements ont été apportés à ce meuble notamment afin d'enlever ou de cacher des éléments rappelant la royauté (d'où notamment les plaques en porcelaine). La marqueterie était peinte comme souvent alors, ce qui donnait un effet beaucoup plus coloré. 

CommodeALaGrecque.jpgPhotographie 6 : « Jean-François Oeben. Commode à la grecque. Paris, vers 1760-1763. Bâti de chêne, montants antérieurs d’acajou massif, épais placage d’acajou, marbre rouge (de Mayenne). H. 0,84 ; L. 1,32 ; Pr. 0,56 m. Collect ion particulière.
Ce type de commode, appelé « commode à la grecque », apparaît dans l’inventaire après décès de madame de Pompadour, à Ménars notamment, en 1764. L’inventaire du même château de Ménars, à la mort du marquis de Marigny, frère et héritier de celle-ci, en 1782, montre bien que ce terme s’appliquait à des commodes comportant un corps de tiroirs central flanqué de vantaux, avec ou sans rangée de tiroirs en frise. Ces commodes, au nombre de dix-neuf, étaient pour la plupart en acajou, bois relativement nouveau à l’époque.
»
La ligne est très sobre, sans fioritures, et annonce, comme je l'ai dit, les meubles du XXe siècle.

David-Roentgen-secretaire-mecanique-a-cylindre--c--RMN-c.jpgPhotographie 7 : « David Roentgen. Secrétaire mécanique à cylindre. Vers 1781. Bâti de chêne, placage d’acajou, bronze doré, acier. H. 1,48 ; L. 1,49 ; Pr. 0,83 m. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
Entièrement plaqué d’acajou, rehaussé d’un décor de bronze doré d’une très pure inspiration classique, le secrétaire à cylindre repose sur huit pieds en gaine. À l’irréprochable qualité d’exécution de l’ébénisterie répondent la précision et la complexité du fonctionnement mécanique du meuble. En effet, l’ouverture du cylindre rigide ainsi que celle des nombreux tiroirs et compartiments exigent une connaissance parfaite des différents secrets élaborés par l’ébéniste ; ainsi le secrétaire est-il conçu comme un véritable coffre-fort. L’ouverture du cylindre dégage trois casiers inégaux flanqués de colonnes doriques de bronze doré et surmontés d’une frise à triglyphes. Au-dessus, la face principale du compartiment central est actuellement ornée d’un médaillon de bronze figurant le profil de Louis XVI ; celui‐ci fut placé par le bronzier Denière en 1835, accréditant ainsi une hypothétique provenance royale ; sans doute ce médaillon en remplaça‐t-il un autre, inconnu, représentant un profil à l’antique. Il a été démontré que l’ensemble du décor de bronze doré est attribuable au bronzier parisien François Remond (vers 1745‐1812). »

Benneman-commode-de-Marie-Antoinette-a-Fontainebleau--c--R.jpgPhotographie 8 : « Guillaume Benneman sous la direction de Jean Hauré. Commode du grand cabinet de Marie-Antoinette à Fontainebleau. Paris, 1786. Acajou, porcelaine, bronze doré, marbre blanc. H. 0,96 ; L. 1,82 ; Pr. 0,75 m. Fontainebleau, musée national du château.
Cette commode appartient à une paire célèbre tant pour son origine – le grand cabinet de Marie-Antoinette au château de Fontainebleau – que pour les nombreuses copies qu'elle suscita. Le Garde-Meuble de la Couronne avait acheté quatre commodes originellement destinées au service du comte de Provence, frère de Louis XVI. Une de ces commodes servit de point de départ à la fabrication de celle exposée ici. Plaquée d'ébène, elle offrait une forme similaire, des bronzes en rinceaux et trois médaillons en porcelaine de Paris dont deux représentaient des bouquets de fleurs alors que le troisième en camée représentait un trophée d'amour. Restaurée sous la direction de Jean Hauré pour la chambre de la reine à Compiègne, elle fut légèrement agrandie, pourvue d'un nouveau marbre, ses bronzes furent dorés, son placage d'ébène changé pour de l'acajou et le médaillon en camée remplacé par un médaillon en biscuit acheté à la manufacture de Sèvres. Une copie plus grande (environ 21 cm) fut alors commencée, copie pour laquelle Hauré acheta trois médaillons à Sèvres : deux bouquets de fleurs et un en biscuit. En cours de route, les deux commodes furent finalement affectées au grand cabinet de la reine à Fontainebleau pour lequel il fallut les adapter. À cet effet, il fallut réduire la copie non encore achevée de 2 pouces (environ 5 cm), opération qui s'avérait impossible à entreprendre sur la commode d'origine. On créa alors un nouveau bâti aux bonnes dimensions sur lequel on réutilisa ce qu'il était possible de la décoration de l'ancienne (notamment les médaillons en porcelaine et les bronzes).
»

Photographies ci-dessous : « Commode. Matthieu Criaerd, sous la direction de Thomas-Joachim Hébert. 1742. Exécuté pour la chambre de Madame de Mailly au château de Choisy.  © Musée du Louvre, Dist-RMN-GP / Thierry Ollivier. »

« Chaise de François-Toussaint Foliot. Vers 1780-1781. Exécutée pour le "pavillon du  Rocher" ou Belvédère du jardin du Petit Trianon. © Château de Versailles, Dist. RMN-GP / Christophe Fouin. »

« Table à écrire. Attribué à Bernard II Van Risen Burgh.Vers 1745-1749. © The Fine Arts Museums of San Francisco. »3Meubles530.gif

Photographies ci-dessous : « Commode en tôle vernie. Pierre Macret (1727 - 1796). Paris, vers 1770. Provenant du mobilier de Marie-Antoinette dauphine. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. © Château de Versailles, Dist . RMN-Grand Palais / Christophe Fouin. » CommodeMacret

Photographies ci-dessous : Deux grandes consoles de vers 1720 (à gauche) et vers 1758, de style rocaille. Après : consoles.jpg

Photographie ci-dessous : Outils d'ébéniste.Compas.jpg

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Glanage au fil des ventes de cette semaine

Catalogue Aguttes, Haute époque, vente mardi 28 octobre à l'Hôtel des Ventes de Neuilly-sur-Seine.

Chaire.gifPhotographie de gauche : « Exceptionnelle chaire à dais. Bois de chêne sculpté. France - Fin du XVème siècle. Ancienne collection Georges Mathieu. H : 226 cm - L : 76 cm - P : 53 cm. Accidents et manques. Restaurations d'entretien La chaire à haut dossier est médiévale. Ce modèle remarquable en présente la structure, avec sa base enveloppée de panneaux, ses accotoirs raides limités par une corniche en doucine et l'élévation exceptionnelle de son dossier. Les panneaux embrevés dans le bâti s'ouvrent à la sculpture: motifs textiles sur les parois latérales et fenestrages sur les surfaces exposées au regard. Les arcs brisés ornés de fleurons enserrent sagement les soufflets, mouchettes et quatre feuilles d'un art gothique sans exubérance et sans principe de symétrie. Le siège ne forme pas coffre: l'assise, composée de deux planches disposées perpendiculairement au dossier, se fixe au bâti par de simples chevilles de bois. Le dais constitue l'élément le plus original de ce siège unique. Il est couronné d'une frise de fenestrages à clairevoie, entre des pinacles à fleuron auxquels se suspendent des culs de lampe feuillagés. " Le dais est un meuble précieux, qui sert de parade et de titre d'honneur chez les Princes et les Ducs " (Furetière). Dans une société hiérarchisée où l'étiquette joue un rôle considérable, cet ornement mobilier est signe de souveraineté. » © Catalogue.

Coffreouvert300.gifPhotographie de droite : « Coffre de mariage féminin à médaillons. Bois de noyer et polychromie d'époque. Espagne - Début du XVIème siècle. H : 67 cm - L : 175 cm - P : 58,5 cm Exceptionnel état de conservation " Les personnages en bustes ..., les têtes de profil dans des médaillons sont l'un des éléments les plus spectaculaires de la première Renaissance " (Jacques Thirion). "Cachet de nouveauté et de luxe", cette nouvelle inspiration s'applique ici sur une architecture restée gothique par sa construction et son organisation. Les personnages s'éloignent des figures cocasses ou truculentes du Moyen-âge, sans toutefois s'approcher du portrait. Ils figurent des types, mais avec une indication d'âge (jeune/vieux), de sexe (homme/femme) ou de milieu social (noble/ bourgeois). Coffre de parement souvent associé au dressoir, il a sa place dans la grande salle, qui est la pièce de réception où s'exposent richesse et prestige. Ce très rare modèle fait montre d'une réelle originalité. La base s'enveloppe dans une haute plinthe qui superpose les moulures, formant une sorte de socle propre à mettre en valeur les panneaux sur trois côtés. Les scènes sont sculptées dans la masse : sur chaque panneau, la " plate bande " fonctionne comme un cadre limitant le champ de l'ornementation, à l'intérieur duquel un second cadre mouluré valorise les figures. L'image, dans la tradition médiévale, reste rectangulaire et permet de disposer deux profils se regardant. La variété de détails est étonnamment riche : les figures majoritairement masculines s'articulent sur les couples jeune/vieux, homme imberbe/moustachu ou barbu, avec des coiffures de fantaisie (diadème, volutes en forme de feuille ou de corne de bélier). Les motifs d'arabesques et de rinceaux se replient sur le bâti. Pilastres et architrave soulignent la référence architecturale. Dans cet esprit, une moulure débordante entoure le plateau et forme corniche. L'intérieur du coffre révèle un autre décor, peint, où domine le végétal stylisé ; résille de fleurs vertes au coeur d'or, volutes dorées sur un fond vert tendre similaires aux reliefs de la frise, écu entouré de rubans qui porte le monogramme IHS, abréviation en trois parties du nom de Jésus. L'inscription ne fait pas obligatoirement du meuble un coffre liturgique, mais peut signifier son placement sous la protection du Christ. L'organisation du coffre est inédite, et bien née avec lui, comme en témoignent les serrures percées en façade. Trois petits tiroirs aux coloris subtils et aux lignes raffinées, cachés derrière un vantail, devaient servir d'écrin protecteur pour des objets ou écrits précieux. Ils seraient plus une variante de l'esquipel qu'une annonce de la commode, bien qu'on y accède par la façade. Ce coffre remarquable offre tous les caractères des coffres de mariage espagnols, dont la particularité est d'avoir une identité sexuelle: le coffre destiné à la dame, ou " hembra " se distingue du " macho ", coffre masculin, par la présence de petits tiroirs en façade. »  © Catalogue.

Catalogue Binoche et Giquello, Livres anciens - manuscrits, vente du mercredi 29 octobre à Drouot Richelieu.

LaCoiffeuseALaMode300.jpgPhotographie de gauche : « Le métel (Antoine, sieur d'Ouville). La Coifeuse à la mode. Comédie. Paris, Toussainct Quinet, 1647. In-4, vélin souple, titre au dos à l'encre (Reliure de l'époque). Frère, II, 358. Édition originale de cette comédie en cinq actes, en vers. Antoine Le Métel d'Ouville, né à la fin du XVIe siècle à Caen ou à Rouen, et mort à Paris en 1657, contribua à la vogue du théâtre espagnol en France. Cette pièce est l'une des plus distrayantes et des plus amusantes de son répertoire. Ex-libris manuscrit ancien Antonii Chalier sur une garde. Mouillure claire sur l'ensemble des cahiers, restaurations en bas du feuillet A1, trou supprimant des lettres au feuillet N4. Manque la dernière garde. Quelques taches à la reliure. » © Catalogue.

Catalogue Boisgirard - Antonini. Vente Tableaux Anciens Mobilers Objets d'art à Drouot Richelieu le jeudi 30 octobre.

EcrinClavecin300.gifPhotographies de droite et de gauche : « Joli écrin de clavecin avec son piétement Pour apprécier cet objet il est bon de savoir que les clavecins italiens étaient très souvent logés dans un tel écrin. Les éclisses des clavecins italiens à travers trois siècles étaient trop fines pour supporter le poids d'un couvercle. On les logeait donc dans un écrin, souvent somptueusement décoré. Il s'agit ici d'un tel écrin conçu pour recevoir un clavecin à un clavier et une étendue de quatre octaves et demi. Il est complet avec ses deux éléments du couvercle et son portillon amovible. L'origine de l'écrin: fin XVIIe début XVIIIe siècle. À l'intérieur se trouve aujourd'hui une sorte d'harmonium ajouté sans aucun doute au cours du XXe siècle. L'écrin est placé sur un très joli piétement sculpté, peint et doré. Plusieurs indices le situent à la fin du règne de Louis XIV. EcrinClavecinDetail300.jpgIl est sans doute d'origine française et non pas italienne. La présence de nombreux clavecins de facture italienne est documentée dans les inventaires de l'époque. L'influence du Florentin Lulli, qui avait rang de ministre sous Louis XIV, se fait sentir. Il n'est donc pas surprenant de trouver un écrin, voire un clavecin italien sur un piétement réalisé en France. La dorure et la peinture du piétement, y compris apprêts et réparure sont d'une date ultérieure. État actuel: Jolie caisse de clavecin, complète avec couvercles, portillon et piétement sculpté et doré. À l'intérieur, cependant, un étrange instrument de musique de la famille des harmoniums (XXe siècle). Il comporte une lyre qui date de l'installation de l'harmonium (XXe siècle). Le clavier est ancien. Interprétation: Il s'agit manifestement d'un écrin de clavecin italien selon toute vraisemblance de la fin du XVIIe ou début du XVIIIe siècle. Les touches du clavier sont anciennes, mais proviennent sans doute d'un autre clavecin. Ce clavecin a été décrit par M. Reinhard von Nagel - expert- 20 rue Bouvier 75011 Paris - tél.: +33(0)1 44 93 20 93 - fax: +33(0)1 44 93 20 94. » © Catalogue. 

Catalogue Millon & Associés, Collections & successions - Provenant de demeures Françaises & Belges à Drouot Richelieu le vendredi 31 octobre.

Photographies ci-dessous : « Tanka, pigments polychrome sur textile encadré d'un brocart 168,5 x 41 cm. » Je ne sais pas de quelle époque est cette tanka (peinture sur toile que l'on roule pour le transport) tibétaine. Elle est intéressante car représentant des dakinis (fées ou femmes accomplies) sans aucun personnage courroucé, ce qui est relativement rare dans les peintures tibétaines. © Catalogue.

DakinisTankaEtDetail.jpgCatalogue Audap-Mirabaud, Tableaux, mobilier et objets d'art à Drouot Richelieu le vendredi 31 octobre.

Photographie ci-dessous : « Éventail [détail], la feuille en tissu gouaché à trois cartouches, celui du centre représentant un couple se promenant dans un paysage animé de personnages et amours. Monture squelette en écaille brune ajourée, argentée et dorée. XVIIIe siècle. » © Catalogue.CoupleSePromenant500.gif

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Paris et sa république culturelle bananière

Une fable ancienne explique comment des grenouilles ne réussissant pas à vivre en bonne intelligence dans leur mare décident de demander à Jupiter de leur donner un chef. Celui-ci plante un bâton au milieu de l'étendue d'eau. Impressionnées par la rigueur et la discipline de leur nouveau maître, celles-ci se tiennent coites, et tout se passe harmonieusement, jusqu'à ce que l'une d'entre elles par inadvertance éclabousse leur dirigeant. Celui-ci ne disant rien cela les étonne. Petit à petit certaines s'enhardissent et tout redevient comme avant. Une délégation de ces batraciens décide de contacter à nouveau le dieu des dieux afin de lui exprimer leur mécontentement. Celui-ci leur envoie un aigle qui les mange toutes.

Cette fable est pour dire combien il est important, avant de critiquer, de prendre ses propres responsabilités. Les démocraties chancelantes amènent la plupart du temps des dictatures … ce que Platon fait remarquer déjà dans son ouvrage intitulé plus tard La République, où il écrit que la tyrannie suit la démocratie. Dans notre 'démocratie' culturelle les choses pourraient être pires ! Cependant il est important de dire ce que l'on pense afin d'envisager collectivement et démocratiquement comment les choses peuvent évoluer positivement.

Par exemple je crois que c'est une bêtise d'instituer comme ministre de la Culture une personne n'ayant dans son curriculum vitae rien en rapport avec la culture si ce n'est une connaissance dans le domaine numérique (et encore seulement dans l'aspect économique) : Diplômée de L’École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC), puis de L'École nationale d'administration (ENA), elle devient magistrate à la Cour des Comptes. Responsable du pôle « Société et Économie numériques » lors de la campagne du présent président de la République à l'élection présidentielle de 2012, elle est nommée la même année ministre déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Économie numérique, et le 2 avril 2014 secrétaire d'État chargée du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l'étranger. Depuis le 26 août elle est ministre de la Culture. Comment peut-on être ministre de la culture sans s'être presque jamais intéressé à ce domaine ? Évidemment de tels exemples sont nombreux dans les ministères … mais est-ce que la sottise justifie la sottise ?

Si au niveau national la situation est préoccupante, au niveau parisien elle l'est tout autant. Vendredi dernier Madame le maire de Paris envoyait un communiqué intitulé « Paris s’affirme comme, la capitale mondiale de l’art ». En le lisant on remarque qu'il ne s'agit presque que d'art contemporain. Elle vente aussi le Musée Picasso (!?!?! frappez sur le revêtement de l'entrée derrière le musée : vous constaterez que c'est de la tôle). Il y est de plus question du futur espace culturel de la Monnaie de Paris qui est, comme je viens de le découvrir, partenaire du Google cultural institute !! Le lendemain nouveau communiqué faisant part de l'indignation de la maire face à la dégradation de l'oeuvre représentant un jouet sexuel (plus proche de la scatophilie que du jeu sexuel) sous la forme d'une structure gonflable géante au milieu de la place Vendôme !??! On retrouve de ces structures gonflables géantes encore plus explicites à la première exposition des nouvelles salles de la Monnaie de Paris consacrées à 'l'art' avec des milliers d'autres en chocolat ou tenues par un Père-Noël ou de type sapin de Noël. Plusieurs projections sur les murs nous montrent aussi l'artiste américain écrivant des " fuck " pendant qu'il vocifère des borborygmes. C'est d'autant plus choquant que ce gaspillage d'argent public se produit alors que le pouvoir d'achat des Français ne fait que baisser depuis l'euro, que les jeunes n'ont plus d'endroits pour se divertir à bas prix, que des dizaines de milliers de personnes vivent dehors à Paris, que l'on est là au cœur de Paris et de la France, dans un établissement fondé en 864 par Charles le Chauve : la plus ancienne institution française ... Sans oublier que l'Otan tue des dizaines de milliers d'innocents ... pour qu'un tel artiste américain puisse faire cela au coeur de Paris. Et pendant qu'une grande partie des parisiens souffrent, la maire de Paris encense ces monstruoisités tout en critiquant les extrémismes qu'elle contribue à faire émerger !! 

Cette maire défenderesse acharnée de l'art … contemporain … ne l'est pas du vieux Paris … Dans un article de Le Canard enchaîné du 13 août 2014 on apprend que la maire souhaite « interdire à la CVP [Commission du Vieux Paris institution datant de 1897 et n'ayant qu'un avis consultatif] de fourrer son nez dans tous les dossiers d'urbanisme ». D'accord ce journal n'est pas obligatoirement une référence mais … Encore un communiqué, cette fois du 23 septembre nous apprend que la présidence de la Commission du Vieux Paris est confiée à Bernard Gaudillère, contrôleur général économique et financier au Ministère de l’Économie et depuis 2008 adjoint au maire de Paris chargé du budget, des finances et du suivi des sociétés d'économie mixte. Pour lui aussi le c. v. est culturellement nul ; et il ne fera sans doute pas d'ombrage à Madame le maire. Pourtant le site de la mairie de Paris écrit (voir ici) qu'il a été choisi pour son « souci d’objectivité et d’indépendance ... »

La situation des bâtiments anciens parisiens est préoccupante : voir l'article Architectures RER. Les sujets inquiétants en 2013-2014 ont été nombreux : les anciennes Archives nationales, le Carreau du Temple, le Val-de-Grâce, le Jardin des serres d'Auteuil, le délabrement de certaines églises et de leurs oeuvres du XIXe siècle, la Samaritaine, la Tour Eiffel, la Piscine Molitor, la Monnaie de Paris, l'Hôtel Tubeuf (Bibliothèque Richelieu), l'Hôtel de Crillon, l'Hôtel Salé (Musée Picasso), l'Hôtel Lambert, l'Hôtel de la Marine, les Champs-Élysées (qui ne ressemblent plus à rien) ... sans compter d'autres sujets comme la prostitution culturelle avec le Louvre Abou Dabi (voir l'article ici) etc.

Une autre chose : Paris est trop cher : hôtels, musées, transports, restaurants etc. sans beaucoup de havres de paix gratuits et culturels pour tous les âges.

Encore une fois le but n'est pas de critiquer mais d'exprimer une réflexion sur ces sujets.

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Table de toilette de 1923

lepetitechoelamode1823avrildecoupe500lm.jpgPhotographie : Première page de couverture de Le Petit Écho de la Mode du 29 avril 1923. « INTÉRIEUR » « ROBE en crépon de laine. Forme droite à taille longue, blousant dans une ceinture plate. Fermeture sur le côté. Décolleté en bateau et manches pagode. Ornements de tresses ou de velours. Jupe unie. Robe 15640, métr. : 3 m. 50 en 110. »

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Voyager au Moyen-âge

SainteUrsuleDetail300.jpgC'est toujours avec plaisir que je me rends au musée parisien du Moyen-âge situé dans les vestiges des thermes romains et l'hôtel particulier de Cluny du XVe siècle (www.musee-moyenage.fr/). Ce musée possède un des plus grands ensembles mondiaux d'objets et d'œuvres d'art de l'époque médiévale.

Du 22 octobre 2014 au 20 février 2015 une nouvelle exposition est proposée intitulée Voyager au Moyen-âge qui réunit plus de 160 œuvres.

« Cette présentation est la première étape d’une épopée partagée avec trois autres grandes institutions européennes appartenant au réseau des musées d’art médiéval : le Musée épiscopal de Vic en Catalogne, le Musée du Bargello à Florence et le Musée Schnütgen à Cologne. Ces établissements de renom poursuivent avec le musée de Cluny un même objectif : faire connaître le monde médiéval par l’échange et la mutualisation des œuvres. »

Saint-Jacques-pelerin---RFR2.jpgLe goût du voyage est très présent à l'époque médiévale. Il se développe d'abord dans l'Europe qui se forme. Le christianisme s'y répand notamment grâce à ses pèlerinages, ses moines itinérants, ses compagnons bâtisseurs de cathédrales ... Les marchands voyagent beaucoup. Le périple du marchand vénitien Marco Polo (1254-1324) le conduit jusqu'en Chine. Les aristocrates font de même afin d'assurer une présence sur l'ensemble de leurs terres. Les plus riches (monarques, princes ...) organisent des expéditions comme avec Christophe Colomb (1451-1506) qui ouvre le passage vers les Amériques. Cette culture du voyage est tellement présente que jusqu'au XVIIe siècle les meubles des personnes aisées sont généralement transportables, se démontant, avec des poignées (coffres) ou se pliant (fauteuils, chaises …). Pour la décoration on utilise beaucoup les tissus et les tapisseries qui tout en étant peu encombrants et facilement portables occupent un grand espace une fois déployés. Le Moyen-âge c'est aussi de nombreux royaumes qui s'agrandissent ou se rétrécissent avec certains possédant des territoires très éloignés les uns des autres comme pour les Normands avec des terres dans les actuelles Angleterre, France, Italie, Turquie. Des empires se forment (l'Empire carolingien et le Saint-Empire romain germanique). C'est le temps des croisades ...

Enfant-prodigue-detail-Cl1495.jpgL'exposition a une scénographie intéressante, incorporée dans un immense meuble en aggloméré (espérons que la colle utilisée ne soit pas nocive) s'étalant en vagues et strates, sans début ni fin … Les histoires qui nous y sont contées ont elles un début et une fin. Une carte de plusieurs mètres de long introduit cette exposition. Puis il est question de pèlerinages, voyages sur terre, dans les mers et l'au-delà … à des époques reculées (du temps des vikings) et plus récentes (fin du Moyen-âge) avec des œuvres très précieuses et d'autres de l'ordre de babioles religieuses. Les descriptions sont brèves et claires, mais chaque objet porte en lui tout un monde d'aventures qu'on aimerait connaître plus profondément.

Il est à noter que dans la seconde pièce du musée de Cluny sont présentées temporairement quelques magnifiques faïence hispano-mauresques de Manisès près de Valence en Espagne des XIV-XVe siècles.

Photographie 1 : « Le roi païen fait demander en mariage. Sainte Ursule. Cologne, vers 1490-1500. Huile sur toile. H. 129 cm ; L. 1 55 cm. Paris, Musée du Louvre, département des Peintures. R. F. 969 (Cl. 850b). © RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi. »

Photographie 2 : Détail « Saint Jacques en pèlerin. Bourgogne, vers 1500. Pierre calcaire. H. 104 cm ; L. 43 cm ; P. 29 cm. Provient des services de la récupération artistique, 1945. Paris, musée de Cluny - musée national du Moyen Âge. RFR 2. © RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski. »

Photographie 3 : « Départ du fils prodigue. Détail. Pays-Bas du Sud, vers 1520. Laine et soie. H. 362 cm ; L. 665 cm. Paris, musée de Cluny - musée national du Moyen Âge. Cl 1495. © RMN-Grand Palais / Gérard Blot / Christian Jean. »

Photographie ci-dessous : Cour du Musée de Cluny. © Image provenant du site du musée. »MuseeDeCluny.jpg

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Le studio photographique des Delton (1862 à 1914)

MuseeCour300.jpgLe Musée de la Chasse et de la Nature présente jusqu’au 26 janvier prochain une petite exposition consacrée au studio photographique des Delton (actif à Paris de 1862 à 1914) sur le thème du cheval étrangement intitulée Voilà les Delton. Une centaine d’oeuvres (principalement des photographies) évoquent une partie de la haute société à cheval pendant le Second Empire et la Belle-Époque. BoisDeBoulogne.jpgOn y retrouve les promenades au bois de Boulogne, des portraits équestres, les différentes voitures utilisées, l'hippisme, le cirque et bien sûr la chasse ... Cette exhibition quoique trop courte est très intéressante car stylisée, et présentant le monde chic et équestre de l'époque. On y voit des femmes corsetées et des hommes en haut-de-forme faire du sport … le cheval étant le principal sport alors. Des installations contemporaines ponctuent cette exposition … sans trop de désagrément.  

Ensuite on peut parcourir les deux étages du musée. Un végétarien comme moi, malgré certains objets anciens dignes d'intérêt, se sent mal au milieu de toutes ces images de chasse et d'animaux empaillés. Mais l'endroit est plaisant : deux hôtels particuliers du XVIIe siècle : l’hôtel de Guénégaud et l'hôtel de Mongela, bien qu'on n'y ressente plus beaucoup l'authenticité du lieu. Et puis surtout l'exposition temporaire est vraiment intéressante pour ceux qui sont passionnés de style.  

Photographie de gauche : Cour du musée.

Photographie de gauche : « L’Avenue du Bois, Edmond Grandjean, 1877, Huile sur toile. Coll. Galerie Berko. »

Photographies ci-dessous : « Le Prince Achille Murat et Cora Pearl,1865, tirage photographique moderne d’après plaque de verre. © Archive. »LE-PRINCE-ACHILLE-MURAT-ET-CORA-PEARL.jpg

LE-PRINCE-ACHILLE-MURAT-ET-CORA-PEARLdetail.jpg

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La pochette, le mouchoir.

BelleJardiniere1935Detail300lm.gifLa pochette est un accessoire de mode masculine qui consiste en un mouchoir ajusté dans la poche extérieure gauche de la veste, au niveau du sein.

J'ai évoqué dans plusieurs articles la place importante qu'occupe le mouchoir dans la mode, en particulier dans celui visible ici. Autrefois on le montre beaucoup. Aujourd'hui ce n'est plus le cas sauf dans le cas de la pochette, reliquat de la gloire passée de ce carré de tissu. 

Photographie de droite : Publicité de « Belle jardinière » du 16 mars 1935, chaîne de magasins de confection qui se développe en France de 1824 à 1972.

 Photographies ci-dessous : « Giovanetti » ('Jeunes hommes'). Gravure provenant Habiti Antichi, et Moderni di tutto il’Mondo de Cesare Vecellio (Venetia, Gio Bernardo Sessa, 1598).

VecellioGiovanettiMouchoirlmLa plus ancienne pochette que j'ai trouvée en regardant rapidement mes iconographies c'est une de 1845 ci-dessous.

192a1845elcorreorecadre300lm.gif© Article et photographies LM 

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L’Esprit de Montmartre et l’Art Moderne, 1875 - 1910.

CanneMoustache.jpgLe Musée de Montmartre inaugure le 17 octobre 2014 trois nouveaux espaces : l’Hôtel Demarne, l’atelier-appartement de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo,  et le Café Renoir. En même temps il présente une nouvelle exposition temporaire jusqu'au 25 septembre 2015 sur L’Esprit de Montmartre et l’Art Moderne, 1875 - 1910.

Ce nouveau musée de Montmartre est un petit bonheur situé au coeur du quartier du même nom. Pour le prix d'un ticket (ou 19 € pour toute l'année) on a le droit à :

- Un jardin montmartrois typique avec son chat noir, sa vue sur des vignes (les dernières à Paris), son reliquat de petit bois, ses escaliers qui montent etc.

- Une visite de la Maison du bel air où se trouve l'exposition permanente. Cette bâtisse du XVIIe siècle serait la plus ancienne de la Butte. Plusieurs artistes y ont résidé.

- ChatDoreRecadre300Une visite de l'exposition temporaire située dans l'Hôtel particulier Demarne habité par un comédien de la troupe de Molière. Elle est sur deux étages. À partir du second on a accès à l'atelier appartement du peintre Suzanne Valadon (1865-1938) et son fils Maurice Utrillo (1883-1955) lui aussi peintre. Ceux-ci ont vécu ici ; et c'est à partir de documents originaux que la décoration de ces pièces a été faite en allant chiner les objets. Ils fréquentent Toulouse-Lautrec, Pierre-Auguste Renoir, Edgar Degas, Vincent van Gogh,  Pablo Picasso, Georges Braque, Erik Satie etc.

L'exposition temporaire est vraiment très intéressante avec des oeuvres surprenantes. Elle nous présente les nouveaux cabarets qui apparaissent (Le Lapin Agile, La Chat Noir, les Quat'z'Arts...), ses artistes (avec des oeuvres de Henri Gustave Jossot, Pierre Bonnard, Henri-Gabriel Ibels, Henri de Toulouse-Lautrec ...), ses courants (les incohérents, les fumistes, les hydropathes ...) etc.

FemmeSeLavantUnPied300Évidemment il faut avoir une âme quelque peu libertaire pour apprécier. Ce n'est qu'en 1860 que le village de Montmartre est annexé à Paris. Ce quartier encore sauvage (avec ses vignes, ses petits bois escarpés, ses roches et ses petites demeures (le sol étant friable on ne peut y construire haut) se manifeste particulièrement lors de la Commune de Paris en 1871. Il devient alors un des lieux de refuge de la junte (de l'espagnol junta : 'assemblée') libertaire et artistique de Paris.

Cette exposition temporaire « montre l'importance de Montmartre en tant que centre de l'avant-garde artistique. 200 pièces d’archives et 150 œuvres, issues de la collection de la Société d'Histoire et d'Archéologie Le Vieux Montmartre - Musée de Montmartre mais également de collections publiques et privées, présentent au visiteur les moyens d’expression des artistes de l’époque (satire, caricature), leurs médias de prédilection (affiches, illustrations, chansons), et leurs lieux d’expression favoris (cabarets, cirque). »

Photographie de gauche : Portrait d'Émile Courtet (dit Émile Cohl, 1857-1938) par André Gill (pseudonyme de Louis-Alexandre Gosset de Guines, 1840-1885).

Photographie de droite : La Femme au Chat (vers 1882-1884) par Adolphe Léon Willette (1857-1926).

Photographie de gauche : Femme séchant son pied (vers 1914) par Louis Legrand (1863-1951).

Photographie ci-dessous : Derrière la Maison du Bel Air.

BelAirDos300Photographies ci-dessous : À gauche - Le cabaret Au Lapin Agile existe toujours. Il est derrière le Musée de Montmartre, près des vignes. À droite - Chat noir photographié dans le jardin du Musée de Montmartre.

CabaretLeChatNoirPhotographies ci-dessous : À gauche - Entrée de la Maison du Bel Air. À droite - Dernières vignes de Montmartre. Autrefois la colline en était en partie couverte comme une bonne part des campagnes environnantes.

MuseeVignesPhotographies ci-dessous : À gauche - En haut de la Butte. À droite - Plus bas : Place Émile-Goudeau où se trouvait le Bateau-Lavoir incendié en 1970 et reconstruit en 1978 (il est sur la droite). Il a été la résidence de nombreux artistes : Paul Gauguin, Pablo Picasso, Amedeo Modigliani, Max Jacob etc.

ButtePhotographies ci-dessous : À gauche - Atelier de Suzanne Valadon. À droite - Pièce de son appartement.

AtelierSalonPhotographie ci-dessous : Scène de café, vers 1892, par Henri-Gabriel Ibels (1867-1931).

Cafe300Photographie ci-dessous : Nocturne de Charles Louis Guilloux (1866-1946).

PaysageLuneRecadre300Photographie ci-dessous : Affiche pour le Cabaret du Ciel (1895) par Adolphe Léon Willette (1857-1926).CabaretDuCiel300

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Artiste peintre en visages

1823TableDeToilettePetiteMaitresse500lm.jpgGravure anglaise datée de 1823 présentant une belle jeune femme se maquillant devant sa table de toilette. Elle met du rouge sur ses joues. La légende « Painting » (« Peignant ») fait référence à de la peinture plus qu'à du maquillage, comme c'est aussi le cas pour les Françaises coquettes.

Cette estampe est intéressante en particulier pour le moment d'intimité choisi et la représentation des sous-vêtements : corset, jupons ...

© Article et photographies LM

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Merveilleuses & merveilleux