Bonnets d'intérieur, robes de chambre et pantoufles.

Dans l'après-midi du mercredi 13 novembre 2013 la maison Daguerre - Thierry Desbenoit et Associés présente à Drouto-Richelieu (Paris) une vente aux enchères dont le catalogue est visible ici, et dont toutes les photographies de cet article proviennent.

BonnetDInterieurEtDetail2-300Photographies du dessus : « Bonnet d'intérieur, milieu du XVIIIe siècle, à quatre quartiers en taffetas crème peint, à la manière des soies peintes de la Chine, de vifs oeillets, roses et pivoines autour desquels évoluent papillons et libellules. Bord relevé, découpé en chevrons, souligné d'un volant de blonde avec rappel sur le pompon sommant le bonnet, doublure de toile. (état de fraîcheur remarquable). La délicatesse du décor de ce bonnet témoigne de l'attention et du luxe que les gentilshommes du XVIIIe siècle accordaient à leurs atours, même pour le vêtement d'intérieur. » © Catalogue Daguerre - Thierry Desbenoit et Associés.

2BonnetDInterieur2-300Photographies du dessus : À gauche : « Bonnet d'intérieur, vers 1720-1730, bonnet à six quartiers dans un lampas dit persienne, façonné soie, filé et frisé métallique argent, fond taffetas vert. Gland frangé sur le dessus, doublure intérieure en chevreau havane, (accident sur la doublure). »
À droite : « Bonnet d'homme, époque Louis XV, bonnet à quatre quartiers en taffetas vert clair, brodé soie polychrome au passé empiétant et point de noeud de fleurs épanouies et grenades fleuries naturalistes; contours soulignés en filé argent, bord relevé en pointes. » © Catalogue Daguerre - Thierry Desbenoit et Associés.

RobeDeChambre300Photographie de gauche : « Robe de chambre ou Banyan, époque Louis XVI, satin liseré crème à décor de rameaux fleuris polychromes; col officier fermé par un bouton en pareil, manches kimono, deux poches fendues. Doublure ouatinée en taffetas vert et deux poches intérieures profondes. (état superbe, peu porté). » © Catalogue Daguerre - Thierry Desbenoit et Associés.

PortePerruque300Photographie de droite : « Porte-perruque en marbre incarnat turquin, il repose sur un socle cylindrique mouluré de marbre blanc. XVIIIe siècle. H. 32 cm Des exemplaires similaires en faïence sont conservés au Musée des arts décoratifs à Paris » On pose non seulement des perruques sur le porte-perruque mais parfois des chapeaux et bonnets. © Catalogue Daguerre - Thierry Desbenoit et Associés.

Les habits d'intérieur sont nombreux. Je vais m'intéresser ici à trois en particulier : le bonnet d'intérieur, la robe de chambre et les pantoufles.

Cet article est de saison. Aujourd'hui, alors que le chauffage central permet de garder une température constante chez soi, on utilise plus rarement la robe de chambre, et plus du tout le bonnet d'intérieur. À des époques où la cheminée est la principale source de chaleur au domicile, on a l'habitude de porter une robe de chambre ou d'intérieur dès que l'on entre chez soi. Elle remplace le manteau. Elle est faite dans un tissu plus ou moins épais et chaud suivant la saison. Elle est parfois très ouvragée (broderies …). C'est un vêtement noble dans lequel on n'hésite pas à se faire représenter. L'expression 'robe d'intérieur' a un sens légèrement différent de 'robe de chambre', la première pouvant être une véritable robe ou étant plus spécifiquement pour se déplacer dans la maison alors que l'autre plus particulièrement pour l'intimité de la chambre. En voici des exemples : XVe siècle, XVIIe siècle (1, 2, 3, 4, 5, 6), XVIIIe siècle (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10), XIXe siècle (1, 2, 3, 4), XXe siècle. On a un exemple de robe de chambre dans la gravure de l'article Post-dandy anglais de 1829 et un autre dans les deux dernières iconographies de Estampes à la mode. Dans l'article Vertugadins, paniers, crinolines et tournures j'indique que sous la Régence de Philippe d'Orléans (1715-1723) on appelle 'robes de chambre' de larges robes 'volantes' ou 'battantes'. 

Les pantoufles sont très utilisées de même que les mules, pour l'intérieur comme à l'extérieur. Il est courant encore de nos jours de porter des pantoufles à la maison. Ce n'est pas le cas pour le bonnet d'intérieur. Voici des exemples de pantoufles et de mules : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14). Il existe de nombreux exemples de pantoufles portées à l'extérieur comme pour le bal (celles de Cendrillon ...). Dans l'article intitulé Le pied mignon et le talon rouge l'iconographie de la gravure intitulée 'La Comparaison des petits Pieds' présente des mules du XVIIIe siècle et la dernière photographie des exemples de pantoufles de danse.

Voici quelques bonnets d'intérieur (certains sont peut-être d'extérieur) : 1, 2, 3. Le bonnet d'intérieur est souvent différent du bonnet de nuit dont voici ici un exemple du XIXe siècle.

Photographie du dessous : « Lit à la polonaise en bois sculpté, mouluré et laqué, les chevets à chapeau de gendarme sculpté d'un motif de chaînage alternant losanges et ovales. Il repose sur des pieds fuselés, cannelés et rudentés, les montants surmontés de plumets. Le baldaquin ovale à frise d'entrelacs ajourés. Estampillé J. B. Boulard. Époque Louis XVI. (légères modifications dans les proportions). H. 345 L. 215 P. 160 cm Jean-Baptiste BOULARD, reçu Maître en 1755. » © Catalogue Daguerre - Thierry Desbenoit et Associés.LitALaPolonaise300

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1813

CarrickACinqPelerines2-300lmPhotographies : « Carrick à cinq pèlerines. » « Le Bon Genre, N°57. » Toute la série ici.

Un carrick est un manteau ample et long, soit à plusieurs collets (appelés pèlerines car couvrant les épaules par dessus le manteau) comme celui présenté, soit avec un seul particulièrement grand : 'le carrick de cocher'.  Cette sorte de redingote est associée à un cabriolet (voiture légère et rapide) du même nom, venant d'Angleterre.

Dès le tout début du XIXe siècle la voiture et le manteau sont appelés en France du nom de 'carrick'. Ce mot est adapté de l'anglais 'curricle' lui-même venant du latin 'curriculum' : 'course, char de course'.

Un exemple dans cet article ou celui-ici. D'autres : 'Carrick de cocher avec pèlerine' du Premier empire ; Études de Carrick de Jean Auguste Dominique Ingres du premier quart du XIXe siècle ici, ici et ici ; 'Domestique de cardinal saluant (Vêtu d'un carrick, le chapeau à la main)' du même auteur. Voici une image de ce cabriolet : 'La promenade en Carrick à Pompe'. En voici sans doute un ici aussi

© Article et photographies LM

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La ruelle

HeloyseRuelle1-300lmPhotographie : Gravure pleine-page illustrant 'Heloyse' (Lettres de deux amants, Habitants d'une petite ville au pied des Alpes : Julie ou la Nouvelle Héloïse) d'Oeuvres de Jean-Jacques Rousseau (1712 - 1778), tome sixième, 1773, d'après Gravelot (1699 - 1773) et gravée par Pierre Duflos (1700 - 1786).

Cet article reprend le sujet de la ruelle développé dans celui intitulé Les Précieuses et les femmes de lettres.

La ruelle est l'espace à côté du lit où une ou plusieurs chaises sont disposées pour la discussion.

Depuis l'Antiquité, le lit, et l'étendue proche qui l'entoure, sont des lieux de grande sociabilité. Comme je le montre dans le texte Au lit au Moyen-âge, l'époque médiévale poursuit cette pratique … jusqu'au XVIIIe siècle. On sait qu'en Grèce et chez les romains on dort, discute et mange dedans. Sans doute existe-t-il alors des lits  'de jour', d'autres pour la nuit, et pour les plus riches des lits d'apparat.

À partir du Moyen-âge on ne mange plus dans des lits mais à table, sur des chaises et des bancs. Mais le lit reste un lieu d'accueil, au niveau de la ruellle, et cela jusqu'à la Révolution. C'est qu'il est le meuble le plus important d'une demeure, l'emplacement où l'on naît, se détend, dort, procrée, se soigne et meurt souvent sur plusieurs générations. Il est donc lié aux 'lares' de la maison, à l'esprit qui l'anime. Il est difficile d'expliquer cet usage dans notre société où la naissance et la mort n'ont la plupart du temps plus lieu à domicile. Le lit se trouve souvent près du foyer, du feu qui apporte chaleur et bien-être lorsqu'il fait froid. On y est au chaud ; et quand il fait beau temps on s'y trouve à l'ombre dans la fraîcheur. C'est le cas aussi pour la ruelle.

Le terme de 'ruelle' est utilisé pour appeler cet endroit déjà au Moyen-âge et souvent pour désigner en général un espace compris entre un mur et un objet proéminent.

Être inviter à la ruelle d'une dame c'est être convié à partager l'intimité de son esprit, son âme. C'est un des lieux majeurs de la galanterie, un endroit magique, presque divin.

HeloyseRuelle2--2-100© Article et photographies LM

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Recension de Goethe de gravures satiriques d'incroyables et de merveilleuses

inconcevableensembleblanc300lmM. Klaus H. Kiefer est le seul universitaire s'intéressant aux incroyables et merveilleuses que je connaisse, ou plus précisément à la recension que Goethe entreprend en 1797 de cinquante-cinq gravures satiriques représentant ceux-ci. Il est aussi le premier à avoir recherché des iconographies de ces estampes. Il ne lui en manque que deux : les n° 44 et 55 : « Les incorrigibles au Palais égalité » (n°44) et « Le Peintre Créateur, que le génie inspire, Par de Savants Tableaux peut Charmer et instruire ; De l’immortalité, il s’ouvre le Chemin, En dépit des efforts d’un Jaloux Écrivain. » de E. le Sueur. Ptre. sculp. (n°55). SI VOUS SAVEZ OÙ TROUVER CES IMAGES, DITES-LE MOI (lamesure@lamesure.fr) ; JE ME FERAI UN PLAISIR DE LUI DIRE.

Vous pouvez lire ici le texte préparé pour son intervention au XXe congrès de l’Association internationale de Littérature comparée (AILC) « Le comparatisme comme approche critique ? » à  l’université Paris - Sorbonne, section : « Comparables et incomparables ? », du 22 Juillet 2013.
Quant au 53 images déjà retrouvées, elles sont visibles ici :  Die „Schmetterlinge“ der Revolution Goethes „Recension einer Anzahl französischer satyrischer Kupferstiche“ 1797 ; ou ici.

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Excellence de la langue française

DictionnaireDAnecdotesPrecieuse300lmSi la langue française est belle, c'est en particulier grâce au XVIIe siècle et un travail approfondi sur celle-ci dans les réunions, ruelles, salons, académies … La langue porte une idée de la vie en communauté et forme l'individu. Au commencement est le verbe … Pour que celle-ci évolue, il est nécessaire de ne pas choisir la facilité et de toujours chercher le mot, l'expression et la tournure de phrase les plus appropriés. Un exercice peut consister à ne jamais employer de mot anglais, en le traduisant systématiquement par un terme ou une expression du français.

Les précieuses n'ont jamais cherché la facilité. Au contraire, comme on peut le constater dans l'article ayant pour titre : Conversations précieuses. Dans son Dictionnaire d'anecdotes, de traits singuliers et caractéristiques, historiettes, bons mots, naïvetés, saillies, réparties ingénieuses, Etc. Etc. (Paris, La Combe, 1766), Honoré Lacombe de Prézel occupe un court chapitre à une précieuse qui remplace toujours dans la langue le mot 'cul' qu'elle trouve grossier :

« Une dame, qui tenait un peu de la précieuse, disait dans une compagnie, qu'elle ne se servait jamais de mots qui pussent laisser une sale idée, & qu'elle disait, avec les personnes qui savent vivre : Un porte-feuille ou un fond d'artichaut, au lieu de cul d'artichaut ; un fond de basse-fosse, au lieu de cul de basse-fosse ; une impasse ou une rue qui n'a point de sortie, au lieu de cul-de-sac. Quelqu'un de la compagnie lui ayant dit que l'on était souvent obligé de parler comme les autres, elle le défia poliment de lui en citer des exemples. On lui demanda pour lors comment elle appelait, dans la conversation ordinaire, une pièce qui valait soixante sols [sans doute l'écu] ? Soixante sols, reprit-elle. - Mais, madame, comment nommez-vous la lettre de l'alphabet qui suit le p ? Elle rougit, & repartit aussitôt : Ho, ho, monsieur, je ne pensais pas que vous dussiez me renvoyer à l'a, b, c. »

Photographie : Bas de la page 547 du Dictionnaire d'anecdotes, de traits singuliers et caractéristiques, historiettes, bons mots, naïvetés, saillies, réparties ingénieuses, Etc. Etc. (Paris, La Combe, 1766) d'Honoré Lacombe de Prézel.

© Article et photographie LM

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Post-dandy anglais de 1829

JournéeDeDandysAnglais300lmPhotographies : Gravure peinte représentant une journée d'un anglais à la mode depuis le matin (Morning) jusqu’à la nuit (Night) en passant par le midi (Noon). Cette estampe est signée « Esq. » (pour William Heath : 1795-1840) et publiée à Londres par Thomas McLean (« London, Published by Tho-s McLean, 26 Havmarket »). Le British Museum date une caricature semblable de 1829 (voir ici).

La mode masculine anglaise portée dans cet exemple est celle qui suit le dandysme. Le matin l'élégant lit le journal (Literary Gazette) en buvant du thé ou du café. Il porte une robe de chambre colorée, un pantalon large sur des dessous rayés de rouge et blanc et des pantoufles. A midi son pantalon est plus large et son manteau à gros boutons. Il est coiffé d'un haut-de-forme. Il est debout en train de fumer, avec une cravache dans sa main gauche. Le soir sa redingote se ferme sur un côté et son pantalon est serré. Il joue de la guitare en chantant. Il porte de petits souliers à rubans. Dans les trois cas il a autour du cou un ruban chaque fois différent et formant un nœud volumineux, et de larges cols. Il a une petite moustache et de grands favoris (rouflaquettes) bouclés comme ses cheveux qu'il porte longs sur les côtés.

JournéeDeDandysAnglais2-650lmAutres caricatures dans le même style : La Poule, Hat Boxes, The Dress Circle, The Great Boa Tippet, The Beau Monde, 1812 or Regency a la mode, Belle's and Beaus or a scene in Hyde Parke, Hobbies or Attitude is every Thing, The New Long Back'd Hobby made to carry three without kicking, Going to the Races, Town - Country, Much Ado about Nothing, The Sleeves Curiously Cut - Ay there the Villainy, Can such Things be ! And Ourcome us like a Summer's Cloud, without our Special Wonder ? Voir aussi la première photographie de l'article intitulé Modes féminines sous Charles X.

© Article et photographies LM

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Antica Namur : 37e édition.

Du 9 au 17 novembre, Antica Namur réunit en Belgique, pour sa 37e édition, 120 antiquaires principalement belges, néerlandais et français, présentant des objets d'art de toutes les époques, depuis les « antiquités classiques jusqu’à l’art moderne ».

Photographie du dessous : « Étui en or et argent, contenant quatre flacons en cristal taillé. Travail français, circa 1820. © Galerie Véronique Malaise. »5816 Etui-flacons(c)Veronique Malaise300

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Faire le persil

1778PersilRecadre300lmDans l'article sur Le Cours, j'explique ce que signifie 'faucher' ou 'faire' 'le persil'. Cela consiste à marcher avec ostentation de la meilleure manière qui soit dans les lieux à la mode. C'est un des ancêtres des défilés de mode.

La gravure présentée ici, datée de 1778, décrit cette manière de parader dans les endroits du bon ton de l'époque : au Cours, sur les Champs-Élysées, au Bois de Boulogne ...

1778PersilDetail500lm© Article et photographies LM

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Chapeaux masculins volumineux

TantQuaPorterUnChapeau3-300lmPhotographies : Collage mural photographié à Paris le 30 août 2013.

J'ai écrit un article intitulé Incroyables chapeaux dans lequel il est question des chapeaux des incroyables et merveilleuses. La découverte d'un collage mural près de chez moi avec cette inscription « Tant qu'à porter le chapeau autant le parer haut » m'a donné l'envie d'en écrire un nouveau, car je regrette que la mode masculine des grands couvre-chefs soit passée. On ne voit pas même un seul original avec en ce moment à Paris.

L'article sur Le mirliflore présente trois immenses bicornes. On en trouve d'autres dans Exemples de tenues du début du XIXe siècle. Voir aussi : Chapeaux du début du XIXe siècle : les bolivars et les morillos. Les derniers sont les Chapeaux très hauts de forme (voir aussi l'article Le haut-de-forme). La mode des grands chapeaux pour les hommes ne date pas spécifiquement de ces périodes. Le XVe siècle raffole de multiples sortes de couvre-chefs. En voici quelques exemples : Panneau de cassone : le cheval de Troie ; La Bataille San Romano ; Portrait des époux Arnolfini ; Le Livre des Conquestes et Faits d'Alexandre ; Le triomphe de l'Amour.

© Article et photographies LM

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1832

1832GavarniBlanc500lm.gifGavarni. 1832.

Invisible, avec son chapeau, un foulard noué à la mode et une redingote verte aux manches 'gigot'. À cette époque on montre beaucoup son mouchoir (voir l'article sur Le mouchoir).

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Marie-Antoinette, la vie à Versailles.

MarieAntoinetteLaVieAVersaillesTrois historiens de l'art, conservateurs et attaché de conservation au château de Versailles et au musée du Louvre, publient ce 23 d'octobre 2013 aux éditions du Chêne une très intéressante vie de Marie-Antoinette, largement et délicieusement illustrée, organisée en thématiques au texte concis, évocateur et émouvant. Les belles images d'oeuvres (peintures, mobiliers, objets de vie, demeures etc...) uniquement d'époque permettent de se plonger d'autant mieux dans cette période et ses beaux-arts.

C'est une leçon d’esthétique et aussi de vie. En entrant dans l'intimité de cette reine de France on y découvre un être dévoué à sa fonction, essayant du mieux qu'elle peu de s'intégrer aux mœurs qui font la France de ce temps mais gardant un charme doucement autrichien aux tons pastels. Tour à tour enfant, princesse, femme, amante, reine, petite-maîtresse, libertine, joueuse, bergère, mère ... mais aussi dupée, abandonnée et finissant à la Révolution dans une tragédie sans nom. Du reste je me demande encore qui tire alors les ficelles de cette farce abjecte où l'on cherche à tout prix à discréditer la France et à l’affaiblir … Comment par exemple est-il possible qu'un simple quidam, reconnaissant le roi en fuite en comparant son visage à celui d'une pièce de monnaie puisse être à l'origine de son arrestation sans effusion de sang ? Comment un roi et sa famille peut-il se déplacer, à un tel moment sans une garde rapprochée discrète mais imposante ? Cela ressemble plus à un guet-apens bien organisé qu'à une fuite.

En montant sur l'échafaud, Marie-Antoinette marche sur les pieds de son bourreau : « Je vous demande pardon, Monsieur » dit-elle. Ce sont ses derniers mots ; des paroles dignes de rendre béats d'admiration n'importe quels petites-maîtresses et petits-maîtres ! Paix à son âme !

Marie-Antoinette, la vie à Versailles, de Hélène Delalex, Alexandre Maral et Nicolas Milovanovic, Éditions du Chêne – Hachette livre, Octobre 2013.

Photographie suivante : Chiffre de Marie-Antoinette (MA) provenant de la première de couverture de l'ouvrage.ChiffreDeMarieAntoinette

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La personne, le personnage et la mode.

TerenceDacier1717MasquesAndria300lmPhotographie : « Personae dramatis. » Personnages de la pièce. « Personae, sive larvae actorum, in Andria Terentii. » Personnages, ou masques des comédiens, dans Andria de Terence. Cette double page introduisant la pièce Andria de l'auteur comique romain Térence (IIe siècle avant J.-C.) provient de Les Comédies de Térence (Rotterdam, Gaspard fritsch, 1717) traduites et annotées par Madame Dacier (1654-1720). L'estampe est de Bernard Picart (1673-1733). Pour en savoir plus sur cet ouvrage voir l'article intitulé Sortir masqué.

De nombreux éléments unissent la mode et le théâtre, en particulier celui des origines. Il y a tout d'abord l'importance de la rue. La comédie antique grecque et romaine se passe généralement dans celle-ci, comme la mode. Ensuite l'apparence y joue une fonction primordiale. Le terme même de 'personne', persona en latin, viendrait de l'étrusque, désignant à l'origine le masque, puis le rôle, avant de prendre un sens plus général comme aujourd'hui où le mot 'personne' se distingue de celui de 'personnage'. Comme je l'ai écrit dans l'article De l'abandon du masque et de la mesure, le masque est encore très utilisé jusqu'au XIXe siècle, bien que depuis le Moyen-âge il ne le soit qu'assez peu sur les planches (mis à part dans la comédie italienne). Se promener avec un masque sur le visage n'est pas rare aux XVIIe et XVIIIe siècles. De plus le maquillage est souvent un véritable masque ne laissant rien voir de la peau qui est en dessous. Sur le maquillage lire les articles : Maquillage et Le teint en représentation. L'exemple de  l'accoutrement de l'homme sous Louis XIV ou Louis XV est significatif. Non seulement il se farde souvent, mais il est entièrement couvert de sa perruque poudrée à ses chaussures, et agrémenté de dentelles, rubans etc. De plus il est constamment dans le plaisir de la représentation et le jeu fin qu'est la galanterie, dans le spectacle de l'élégance et des belles manières ...

© Article et photographie LM

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Le Cours de la Reine

CourLaReinerecadre640lmPhotographies : « Prosp[ect] du Cours de la Reine Mère » Un prospect est un paysage que l'on peut voir d'un lieu, une vue, une perspective (qui se dit en latin prospectum). Ici il s'agit de l'entrée du Cours la Reine. CourLaReinefiligranepapier200lmLa photographie de droite représente le filigrane du papier de la gravure qui est en forme de 'roi soleil'.

Il est déjà largement question du Cours de la Reine dans un précédent article nommé : Le Cours : L'empire des oeillades, l'un des lieux de l'élégance française où l'on fauche le persil, le Cours-la-Reine, les Champs Élysées ... Ce lieu est important en particulier pour la mode du XVIIe siècle.

Dans Les Curiosités de Paris, de Versailles, Marly, Vincennes, Saint-Cloud, et des environs (Saugrain, 1742), Claude-Marin Saugrain (1679-1750) décrit le Cours de la Reine (la nouvelle édition de 1771 est visible ici) : « Ce nom lui vient de Marie de Médicis, qui y fit planter dix-huit cents ormes. Il est formé par une grande allée, et par deux plus petites aux deux côtés : ce cours a dix-huit cents pas de long, et vingt toises de largeur ; il y avait d'espace en espace des puits ou réservoirs, d'où l'on tirait l'eau pour l’arroser. Six carrosses de front pourraient se promener dans la grande allée sans se toucher. Le milieu en est marqué par deux demi-cercles, qui forment une espèce de rondeur, que l’on appelle la Lune du Cours, Il y a à l'entrée deux portes grillées, l’une pour entrer, et l'autre nouvellement faite pour sortir : l'autre extrémité est aussi fermée par une porte grillée. C'est un véritable plaisir, et même qui surprend, d'y voir en été un nombre infini de gens de qualité qui s'y promènent en carrosse ; c'est à qui s'y fera le plus remarquer par l'éclat, le faste et la galanterie. Les arbres du Cours étant sur leur retour, on les a renouvelés. » Dans un plan de 1672 visible ici on distingue parfaitement cet endroit.

CourLaReinedetail640lm© Article et photographies LM

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Coiffure en « échelle de boucles ».

0xviii1000-1-Detail1a-300lmVoici ici présentée une belle coiffure en rouleaux agrémentée d'une couronne tenant des rubans, des fleurs et un voile. Elle est du dernier tiers du XVIIIe siècle. Le visage est particulièrement joli. Le canon de l'époque semble être de très grands yeux noirs, un petit nez fin et une minuscule bouche écarlate. Le visage est rond, la peau blanche et les joues rehaussées de pourpre. Les sourcils sont épais, car au XVIIIe siècle la femme n'a pas peur d'afficher sa pilosité sombre comme les mouches souvent d'un velours noir et duveteux.

Ce qui est particulièrement intéressant dans cette coiffure c'est sont volume et les vagues qui l'entourent, dont certaines ressemblant à des crochets. De nombreux exemples de coiffures de cette époque sont visibles sur mon blog comme dans ces articles : Bonnet à la glorieuse, Deux coiffures du XVIIIe siècle, Coiffures du 18eme siècle, et d'autres qui viendront par la suite car j'ai acquis quelques jolies gravures de la fin du XVIIIe siècle.

0-2© Article et photographies LM

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Un siècle de vêtements

La vente Thierry de Maigret du 23 octobre à Drouot - Richelieu à Paris propose non seulement des tissus (voir article intitulé Dentelles), mais aussi des vêtements des XIXe et XXe siècles dont en voici quelques exemples couvrant de 1850 à 1950 avec leur description en fin d'article.

Photographies du dessous : 1850 - 1860 - 1870.

RobesXIXePhotographie du dessous : 1910.

1910Photographies du dessous : 1916 - 1925 - 1935.

RobesXXe1Photographies du dessous : 1940 - 1950.

RobesXXe2Photographies du dessus de gauche à droite et de haut en bas : - 1850 -  « Rare robe d'été en gaze imprimée et son canezou assorti, vers 1850. Voile de coton imprimé de rayures bleu indigo et de guirlandes de boutons de roses façon " Chiné à la branche ". Corsage largement décolleté bordé de batiste blanche brodée, laçage intérieur, manches bouffantes à double engageant. Jupe sur crinoline à 3 volants étagés (petits accrocs sur le volant supérieur). Canezou en pointe boutonné devant avec patte de recouvrement (bel état, légères salissures). ». - 1860 - « Robe en moire de soie violette, vers 1860. Ottoman de soie moiré et teint à la mauveïne, corsage boutonné devant aux manches pagodes largement évasées, doublées de satin blanc et soulignées de dentelle noire du Puy, jupe sur crinoline montée à plis plats (bel état, très légères décolorations). » - 1870 - « Robe d'été sur tournure, vers 1870. Linon blanc à plumetis. Corsage manches longues boutonné devant, jupe volantée sur l'ourlet à effet de "paniers" et traîne dans le dos. » - 1910 - « Robes d'après-midi en mousseline brodée, vers 1910. Mousseline de soie plissée framboise rebrodée sur le plastron et l'ourlet de grosses fleurs en soie floche. Boutonnage factice à l'encolure, petit col dentelle. On joint: une autre robe en satin mauve voilée de mousseline violette, corsage en tulle brodé, festons de mousseline et frange de soie (bel état, doublure restaurée). » - 1916 - « Ensemble tailleur de jour, LINKER & Cie, vers 1916. Jupe, corsage et veste de tailleur en ottoman de soie bleu marine, chemisier en maille-filet 5 trous avec corselet bleu orné de petits boutons doré et passementerie de soie, poignets et col rond galonnés. Veste à large revers de col et poignets en tweed pied-de-coq bleu marine et blanc, fermé devant par de gros brandebourgs en soie et boutons recouverts (ourlet plombé). Jupe droite fendue sur devant et derrière ornée de brandebourg (très bel état, doublure satin de soie crème). Griffe satin crème tissé safran: «Linker & Cie/ 7 rue Auber Paris», gros grain de taille griffé et numéroté à l'encre "6459"sur le corsage. » - 1925 - « Robe du soir aux plumes perlées, vers 1925. Mousseline de soie rose pale brodée en perles or et nacrées de sept grandes plumes d'autruche soulignées de fil guilloché or. Coupe asymétrique à pans flottants sur les côtés (un petit accroc) H: 110 cm (fond de robe d'origine manquant, on joint un fond moderne). » - 1935 - « Manteau du soir en velours de soie, Couture, vers 1935. Long fourreau en panne de velours de soie noir, manches ¾ structurées à soufflets maintenus par du fil de fer. Griffe manquante. » - 1940 - « Manteau de jour, Paris, vers 1940. Superbe lainage bouclé crème, gansé de soie noire au revers du col et le long des basques. Forme croisée à basques détachées sur les hanches. Ampleur de la jupe sous le genou. Griffe manquante, (état superbe, doublé soie). » - 1950 - « Manteau léger, attribué à ROBERT PIGUET, vers 1950. Shantung moutarde doublé soie, manches ¾ à revers, découpes en biais à partir des poches. Griffe manquante (très bel état). Surnommé « Le plus parisien des couturiers français », Robert Piguet Formé chez Redfern et Poiret, ouvrit sa propre maison en 1933 qui servit de terrain de formation de Dior, Bohan, Galanos, Balmain et Givenchy. C.Dior disait: « Robert Piguet m'a appris les vertus de la simplicité à travers laquelle nait la véritable élégance ». » Jolie conclusion !

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Chapeau féminin de 1787

0xviii3-100-1787-Detail2Blanc-300lmPhotographie : Détail d'une gravure d'un journal de mode de 1787. Le chapeau est particulièrement impressionnant.

© Photographie LM

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Le mois d'octobre

Champignons2lmChampignons3-300lmPhotographies : Champignons.

Les champignons restent nombreux au mois d'octobre. Il y en a de mortels, de dangereux, comme l'amanite tue mouche qui est un puissant stupéfiant, et de très bons.

En automne, les arbres semblent s’embraser en flammes bleu ciel et jaune feuillage aux diverses teintes dorées ou de braise. La terre, l’herbe et la mousse se couvrent d’or. C'est un trésor qui s’amoncelle. Châtaignes et faines sortent de leur gangue éclatée. Si l’automne bouillonne de l’intérieur, le froid pourtant tend son manteau, couvrant les germes d’un renouveau, et de son voile bientôt glacé réchauffant la gestation de pousses multiples et d’espoirs infinis.

Les fruits rouges des églantiers et aubépines sont des gouttes de vie cristallisée comme du sang coagulé.

Après avoir offert ses fleurs odorantes blanches, la clématite des haies donne au regard ses fruits « chevelus ».

ClemeatiteDesHaies300lmPhotographie de droite : Clématite des haies.

On ramasse les racines de bardane dans sa première année de végétation en avril et mai ou octobre et novembre. Elles sont très bonnes froides en salade. Voir à ce sujet l'article du Mois de mai. On en fait d'autres usages comme en soin des cheveux.

La mâche doucette et la stellaire sont de très bonnes salades. On peut y ajouter des pommes et des faines et même des œufs. Les faines grillées mais pas brûlées sont délicieuses sur les salades sauvages ou en apéritif … Elles sont riches en protides, glucides, lipides ; cinq ou six suffisent pour donner du goût. Avec ces fruits du hêtre on fabrique aussi une huile.

L'amanrathe est une plante nourrissante. Ses graines et feuilles sont riches en protéines, vitamines A, B et C et en sels minéraux.

Lautomne300lmPhotographie de gauche : Chapitre sur l'Automne avec son frontispice de Les Saisons. Poème traduit de l'anglais de Thompson. À Paris chez Chaubert et Hérissant, 1769.

Le cynorhodons sont très riches en vitamine C. Ces fruits de l'églantier se mangent crus après avoir enlevé les graines et les poils urticants et les avoir coupés en petits morceaux pour les ajouter par exemple à une salade. On peut aussi en faire une sauce qui a le goût de la sauce tomate.

Les châtaignes sont très nourrissantes et généralement nombreuses.

Les Indes galantes, opéra-ballet de Jean-Philippe Rameau (livret de Louis Fuzelier) représenté pour la première fois à Paris le 23 août 1735.
Danse du Grand Calumet de la Paix, exécutée par les Sauvages.
Rondeau
ZIMA, ADARIO
Forêts paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos coeurs.
S'ils sont sensibles,
Fortune, ce n'est pas au prix de tes faveurs.
CHOEUR DES SAUVAGES
Forêts paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos coeurs.
S'ils sont sensibles,
Fortune, ce n'est pas au prix de tes faveurs.
ZIMA, ADARIO
Dans nos retraites,
Grandeur, ne viens jamais
Offrir tes faux attraits!
Ciel, tu les as faites
Pour l'innocence et pour la paix.
Jouissons dans nos asiles,
Jouissons des biens tranquilles!
Ah! peut-on être heureux,
Quand on forme d'autres voeux?
1er Menuet pour les Guerriers et les Amazones
2e Menuet
Prélude
ZIMA
Régnez, plaisirs et jeux! Triomphez dans nos bois!
Nous n'y connaissons que vos lois.
Tout ce qui blesse
La tendresse
Est ignoré dans nos ardeurs.
La nature qui fit nos coeurs
Prend soin de les guider sans cesse.
Chaconne

Photographie de dessous : Fougère mâle.

FougereMale300lm© Article et photographies LM

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De l'abandon du masque et de la mesure

femmeetmasqueblancdetailmasque300lmPhotographies : femmeetmasqueblanc300lmPersonnage unique d'une estampe, sans doute de mode, gravée par « Duhamel » (A. B. Duhamel : 1736 – après 1800) d'après « Desrais » (Claude-Louis Desrais : 1746 – 1816), portant un masque dans sa main droite.

Dans l'article intitulé Sortir masqué, il est question de l'importance du masque depuis l'Antiquité dans la société occidentale. Cette valeur a beaucoup décru avec le Christianisme. La Renaissance, qui remet à la mode l'Antiquité et un théâtre s'en inspirant, oublie cet élément. Celui-ci reste en usage notamment dans les mascarades, bals masqués et même dans la vie de tous les jours comme parure permettant de se protéger du soleil ou de se promener incognito.

L'abandon du masque dans le théâtre met fin à une fonction pédagogique primordiale de celui-ci : relativisant le 'jeu' humain, en particulier dans ce qu'il a de plus grossier (comique ou tragique) et en apportant une connaissance de la mesure des choses. Le second degré qui, de nos jours, semble de plus en plus mal vu est un des aspects de cette relativité et aussi un des ingrédients important de l'humour. La distanciation fine distinguant toutes apparitions est indispensable à la compréhension, l'intelligence et au bonheur. Le masque de théâtre est un révélateur.

© Article et photographies LM

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Parisienne de la fin du XVIIIe siècle

LaParisienne2-300Cette gravure intitulée « Parisienne » fait pendant à celle présentée dans l'article intitulé Muscadins. Cette inconcevable a un médaillon représentant Louis XVI. Un couple de merveilleuse et incroyable se promène à l'arrière-plan.

LaParisienneDetaila300lm© Article et photographies LM

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Merveilleuses & merveilleux