Exemple d'un livre religieux dans une édition de 1658

tortillons-petits-fers200Les éditions tortillons-petits-fers-2-200imprimées de livres religieux chrétiens depuis les incunables sont nombreuses et souvent très soignées à tous les niveaux des compétences mises en œuvre par les divers métiers représentés. La vidéo d'Essentiam intitulée Beau livre ancien du XVIIe siècle : Imitation de Jésus Christ, traduit par Corneille, nous plonge dans cet univers avec finesse, où le verbe est véritablement créateur … Comme nous le dit dès ses premiers mots l’Évangile selon Saint-Jean : « Au commencement était le  Verbe ... »
Photographies : Caisson décoré aux petits fers en forme de tortillons, du dos du livre présenté dans la vidéo. © Essentiam.

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L'invention de l'homme moderne

1Photographies du dessus : Miniatures vendues par la maison Thierry De Maigret le vendredi 22 mars 2013 à 13h30 à Paris à Drouot Richelieu. Voir catalogue ici.
À gauche : « École FRANÇAISE vers 1830. Portrait d'un jeune homme Toile ovale 57 x 46 cm ».  © Catalogue Thierry De Maigret.
À droite : « Hippolyte LECOMTE (Puiseaux 1781 - Paris 1857). Portrait d'un jeune homme en habit noir Toile. Sans cadre. Dédicacée, signée et datée en bas à gauche Peint / par son ami / Hte Lecomte / 1806 61 x 50 cm ». © Catalogue Thierry De Maigret.
Photographies du dessous : Miniatures vendues par la maison Aguttes le dimanche 24 mars 2013 à 14h00 à Paris à Drouot Richelieu. Voir catalogue ici.
À gauche : « Julien (Paris-actif vers 1810). Portrait de jeune homme à la redingote bleue et haut col blanc. Miniature rectangulaire sur ivoire, signée : "julien de paris 1811 à Lyon". H : 5.6 cm  L : 4.4 cm ». © Catalogue Aguttes.
À droite : « École Française du début du XIXème. Portrait de jeune homme à la redingote bleue. Miniature ronde sur ivoire. Diamètre: 8,5 cm ». © Catalogue Aguttes.
Au dessous : « École Française vers 1800 ( Suiveur d'AURRY). Portrait d'homme à la redingote anthracite. Miniature ronde sur ivoire. Diamètre 3,8 cm. Au dos : Une composition en cheveux, sur ivoire et monogrammée " E.P." » © Catalogue Aguttes.
23C'est au début du XIXe siècle (et à la toute fin du XVIIIe) que s'invente une nouvelle silhouette masculine, celle des personnages ci-dessus très éloignés de ce qui précède (voir les photographies suivantes) mais moins de la notre.
Photographies du dessous : Miniatures vendues par la maison Piasa le lundi 25 mars 2013 à 14h30 à Paris à Drouot Richelieu. Voir catalogue ici.
À gauche : « École française du XVIIIe siècle, suiveur de Pierre MIGNARD. Portrait d'homme, Toile ovale, 78 x 62 cm, (Restaurations), Cadre Louis XIII à lauriers classiques redoré ». © Catalogue Piasa.
À droite : « École française de la fin du XVIIIe siècle, atelier de Hyacinthe RIGAUD. Portrait de Louis de France, duc de Bourgogne, Toile, 61 x 49,5 cm, (Usures, accidents et restaurations), Cadre Louis XIV en bois doré à décor de palmettes dans les angles et de fleurettes. » © Catalogue Piasa.
4Photographie du dessous : « Antoine VESTIER (école de). Portrait d'un homme en qualité en habit de parme. Miniature ovale sur ivoire, vers 1770. Hauteur 3,8 cm. Longueur: 3,2 cm ». Miniature vendue par la maison Aguttes le dimanche 24 mars 2013 à 14h00 à Paris à Drouot Richelieu. Voir catalogue ici. © Catalogue Aguttes.5

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Laques d’Extrême-Orient

Le mercredi 20 Mars à 18h30 la maison de vente aux enchères Osenat proposera une conférence de Mélanie Baltazar spécialiste en mobilier et objets d’art d’Extrême-Orient en laque intitulée : 'Profondeur de laques'. Vous découvrirez lors de cette présentation les différences entre les laques de Chine et du Japon, leur histoire ainsi que les techniques de fabrication.

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Restauration du bassin de Latone du jardin de Versailles

BassinDeLatonDetail300Photographie : Bassin de Latone de Versailles. © château de Versailles.

Cet article fait suite à celui intitulé : Année Le Nôtre à Versailles !
Pour fêter les 400 ans d'André Le Nôtre, né à Paris 12 mars 1613, il a neigé dans le jardin de Versailles. Nature s'est donc invitée (ou plutôt l'est-elle toujours surtout chez un jardinier) pour cet anniversaire ! Un merveilleux moment pour ceux qui aiment à dialoguer avec elle.
Versailles est un des somptueux exemples de l'art français très riche de mouvements différents, toujours tournés vers la nouveauté, l'intelligence et la beauté. Aujourd'hui le château accueille chaque année plus de trois fois la population de Paris intra-muros : près de sept millions de visiteurs. Tout cela demande une attention toute particulière des conservateurs avec des restaurations continuelles.

La restauration du bassin de Latone et des parterres qui l'entourent qui sont au cœur du jardin de Versailles a commencé ce jour anniversaire du 12 mars 2013 avec l'enlèvement de la statuaire centrale.


Voici de belles vidéos très instructives sur le sujet du bassin de Latone :

Enfin n'hésitez pas aller sur la chaîne Youtube du château de Versailles.

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Année Le Nôtre à Versailles !

PortraitdAndreLeNotreC.Maratta300Photographie : Portrait d'André Le Nôtre par Carlo Maratta, 1680. © Château de Versailles.
À l'occasion du quatre-centième anniversaire de la naissance d'André Le Nôtre (Paris, 12 mars 1613 - Paris, 15 septembre 1700), « le château de Versailles  rend hommage tout au long de l'année 2013, au jardinier de Louis XIV, architecte, paysagiste  exceptionnel, mais aussi collectionneur d'art averti, ami et confident du roi ».
Créateur du 'jardin à la française', il est une figure emblématique de l'humaniste français du XVIIe siècle, universaliste : Tout à la fois artiste et scientifique, architecte, jardinier, peintre etc., il dessine l'espace dans des perspectives illimitées et des bosquets intimes, dans des plans d'eau immenses où miroitent le ciel et ses lumières et des fontaines aux jets fastueux ; modèle la terre et l'esprit en même temps dans des invitations au jeu, à l'amour et à l'intelligence ; réunissant l'antique et la modernité, le merveilleux, la fantaisie, la raison et la nature ... le tout dans une harmonie inspirant la grandeur voire le sublime. On ne sait plus si c'est notre corps ou notre esprit qui supporte la promenade au milieu de ces parterres fleuris et dessinés en dentelle, des allées majestueuses ou fines aboutissant à une vue illimitée ou au contraire nous surprenant par des apparitions sculptées ou des jardins secrets au détour d'un bosquet.

ChristianMilet300Photographie : Le bassin d'Apollon © Château de Versailles.

Pour fêter cet anniversaire plusieurs événements sont prévus : restauration du bassin et des parterres 'de Latone', restauration du bassin 'des enfants dorés', réintroduction dans le jardin de deux sculptures monumentales enlevées au XIXe siècle : 'Milon de Crotone' et 'Persée et Andromède' ... Concerts, ballets, théâtre, opéras, feux d'artifice et jeux d'eau animeront cette fête, avec toujours pour la période estivale les 'grandes eaux musicales', les 'jardins musicaux' et les 'grandes eaux nocturnes'.
A partir du 2 juillet sera exposé avec le concours du Muséum national d'histoire naturelle l'herbier du roi au palais de Flore qu'est le grand Trianon, où viendront se joindre quelques portraits de dames portant bouquets et tableaux de fleurs ; l'exposition continuant dans le 'jardin de senteur' à l'extérieur où les jardiniers de Trianon « restitueront un fleurissement historique de ses parterres : jacinthes bleu turquin, jonquilles de  Provence, narcisses de Constantinople ... »
versaillespeinturejardin300aPhotographie : Peinture d'époque représentant une partie du jardin de Versailles. © Château de Versailles.

La bibliothèque municipale de Versailles présentera une autre exposition particulièrement intéressante car parlant d'une partie oubliée du jardin jamais restaurée : le 'bosquet du labyrinthe' :
« Conçu en 1669 par André Le Nôtre et Charles Perrault pour l’éducation du Dauphin, le bosquet du Labyrinthe fut l’un des plus fastueux de Versailles. Près d’une quarantaine de fontaines, ornées de 333 animaux en plomb polychrome mettaient en scène les fables d’Ésope, au cœur d’un dédale de treillages et de rocailles. Il fut détruit lors de la replantation des jardins en 1775-1776, pour être remplacé par le bosquet de la Reine actuel. Ce lieu disparu revivra le temps d’une exposition à la Bibliothèque municipale de Versailles, ancien Hôtel des Affaires étrangères de Louis XV, située à proximité du château de Versailles. Cette exposition remettra également le thème du labyrinthe dans son contexte mythologique (le mythe de Dédale), spirituel, littéraire (Fables de La Fontaine, Phèdre de Racine) et pictural, ainsi que dans l’art des jardins. »

POUR EN SAVOIR PLUS CLIQUEZ ICI.

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Reliure neuve pour le site de la librairie Essentiam

EssentiamCollection300Le site de la librairie Essentiam fait peau neuve !

On y trouve de nombreux ouvrages de toutes les époques et à tous les prix.

Un blog le complète avec des articles particulièrement intéressants sur la restauration des livres et des conseils sur leur entretien.

vitrine-essentiam-rue-monnier300Le concept du site est plaisant comme l'explique Céline à l'origine de celui-ci : « A-t-on déjà vu des amateurs de livres anciens choisir un livre avec un caddie, ou un panier ? Non, en réalité, dans les petites échoppes, on discute, on marchande, on réserve ses choix ... » Internet est utilisé pour ce qu'il a de meilleur : le partage et l'échange qui peuvent se poursuivre dans leur galerie même à Paris dans un quartier qui depuis le XIXe siècle est consacré à l'art.

N'hésitez pas à vous inscrire à la lettre d'information de la librairie, à demander des conseils par courriel et à aller directement à la boutique du 30 rue Henry Monnier (9ème arrondissement), dans le quartier Saint-Georges, surnommé dès 1823 « la Nouvelle Athènes » et proclamé à plusieurs reprises au  XIXe siècle « République des Arts et des Lettres ». Des antiquaires renommés s'y installent ; et aujourd'hui de jeunes antiquaires y trouvent refuge, à deux pas de Drouot.

Le site : www.essentiam.fr.

Le blog : www.essentiam.fr/livres-anciens.

Enfin, vous l'avez peut-être compris, Essentiam m'est particulièrement cher, car un des rares sites partageant avec moi une certaine vision poétique, amicale et intellectuelle.

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Le fin de siècle et le fin de globe

1895-1erNovembre433lm1895-1erSeptembre300lmPhotographies : Estampes du Journal des Demoiselles de 1895.
Dans la dernière partie du XIXe siècle Paris déborde d'énergie. Pendant tout ce siècle la ville s'est considérablement agrandie et reste un important centre mondial de la modernité que les expositions universelles consacrent. C'est  ce qu'on appellera plus tard la 'Belle époque' ! Pour le moment on parle de 'fin de siècle'. On nomme ainsi les petits maîtres d'alors. C'est le titre de livres, comédies (ici aussi), journaux, revues de café-concerts, musiques etc. On dit aussi 'fin de globe' ou 'fin de cycle' pour désigner de la même manière ce (ou celui) qui est à la mode du moment. Ainsi dit-on : « un club fin d'globe » etc.
Le fin de siècle est le moderne d'alors, Paris étant le centre de cette modernité et des avant-gardes.
Photographies du dessous : Paris fin de siècle : Pièce en cinq actes par Ernest Blum et Raoul Toché (Paris, Calma, Lévy, 1890) avec une dédicace des auteurs.
ParisFinDeSiecleDedicasse2-640Voici retranscrite la première page de Fin de siècle par Humbert de Gallier (Paris, E. Dent, 1889) :
« Une animation extraordinaire régnait ce jour-là dans l'enceinte du pesage de Longchamps. Le soleil dardait ses rayons sur toute cette foule bigarrée qui allait et venait derrière les tribunes avec l'agitation des gens occupés d'affaires importantes. Des toilettes claires, blanches, roses, bleues, égayaient la pelouse et piquaient de notes joyeuses le fond sombre des grands arbres. Les sportmens circulaient très affairés avec leurs jaquettes noires, leurs chapeaux luisants, la lorgnette renfermée dans un étui de cuir jaune culotté par l'usage et pendu au cou, froissant dans leurs mains gantées de gris ... »
Photographie suivante : Stéréoscopie anglaise de la fin du XIXe siècle.

streotypevers1895-2-300lm© Article et photographies LM

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Grandeur d'âme

LaVeritableGrandeurdAme300lmPhotographies : La Véritable grandeur d'âme … (Paris, Delusseux, 1725) est un petit livre (18 x 11 cm) sur un grand sujet.

LaVeritableGrandeurdAmeHonneur531lm© Article et photographies LM

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Danseurs, vers 1854.

StereotypeCrinoline3-620Photographies : Stéréoscopie représentant des danseurs lors d'un bal. Si l'on s'en réfère à leurs habits, elle daterait de vers 1854, c'est à dire aux débuts de l'invention de l'appareil stéréoscopique qui permet de prendre deux clichés en même temps afin d'avoir une double photographie qui lorsque mise dans une visionneuse spéciale donne à voir en relief.

© Article et photographies LM

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L'art d'aimer au Moyen-âge

carole300La bibliothèque de l’Arsenal à Paris nous a gratifiés jusqu’à la semaine dernière d’une très belle exposition intitulée L’Art d’Aimer au Moyen-âge. Celle-ci est toujours visible ici.

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Servir le thé, le café ou le chocolat au XVIIIe siècle.

thePhotographie : Porcelaines de Saint-Cloud présentées à la vente par la maison Beaussant Lefèvre à Drouot Richelieu (Paris) le vendredi 22 février. Voir le catalogue ici. « (Pâte tendre) Deux gobelets de forme tronconique et leur présentoir, décorés en camaïeu bleu de réserves rectangulaires à coins arrondis à fond bleu entourés de motifs de lambrequins et de dentelles. Marqués au soleil. XVIIIe siècle. (Égrenures). Diamètre : 14 cm ». © Beaussant Lefèvre. Photographie du catalogue.
Le Théier  (Camellia sinensis) ou arbre à thé est un arbuste sauvage provenant d'Extrême-Orient largement cultivé. Le thé est consommé en Europe à partir du XVIIe siècle, comme le chocolat et le café. Ces boissons donnent naissance à de nouveaux lieux et pratiques de consommation et de sociabilité, ainsi qu'à de nouveaux services associés à l'argenterie mais aussi à la céramique et en particulier à la porcelaine dure d'importation asiatique et son imitation occidentale en porcelaine dite tendre, et en porcelaine dure européenne au XVIIIe siècle.
Les services à thé, à café ou à chocolat sont de diverses sortes. Le service cabaret comprend une verseuse, un sucrier, un pot à lait et deux tasses avec soucoupe, sur un plateau. Le service solitaire est un plateau avec une tasse et sa soucoupe et un sucrier. Le tête-à-tête contient deux tasses et leur soucoupe avec le sucrier.

Je crois que c'est à la manufacture de Saint-Cloud que l'on invente la tasse trembleuse. Ce dernier nom est donné au XIX e siècle. Auparavant on dit tasse enfoncée. On parle aussi de tasse à la reine, imaginée pour boire commodément le lait fraîchement trait dans la ferme construite à Versailles pour la reine de France Marie-Antoinette. Elle se distingue soit par une ou deux anses, soit surtout par le logement creux de la soucoupe dans lequel elle s’encastre. Elle est toujours munie d’un couvercle. Le corps est presque cylindrique avec une anse en général torsadée, et le couvercle est muni d’un bouton. Le motif principal du décor est placé légèrement en haut de la tasse afin de laisser une partie inférieure blanche qui s’encastre dans la soucoupe creuse. Le terme 'trembleuse' évoque des mains qui tremblent. Le logement creux de la tasse et l’anse, ou les anses, en facilitent le maniement et permettent de servir un liquide chaud à une personne alitée. Plusieurs tasses trembleuses sont visibles ici.

© Article LM

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Le teint en représentation

mortier500Photographies : « Coffret en bois de rose, contenant mortiers à fard et tampons applicateur » de la fin du XVIIIe siècle. © Musées Gadagne.

mortierdetail300Les musées Gadagne à Lyon présentent du 7 février au 10 mars 2013 une exposition « Le teint entre en scène ! » qui fait suite à celle de 2011 intitulée « Lèvres de luxe », toutes deux visant à valoriser l’histoire de l’industrie de la dermato-cosmétologie à Lyon, dans le passé, aujourd’hui et pour le futur. Plus de 200 objets provenant de collections privées sur le maquillage et sa mise en scène sont exhibés.

La relation avec le théâtre que souligne celle-ci n’est pas anodine comme je l’ai écrit dans l’article intitulé Maquillage. Nous sommes dans le domaine de la représentation et de la beauté.

Les objets de toilette en général sont parfois très raffinés avec notamment des « flacons à parfum en cristal enserrés dans des montures en or, flacons à sels en écaille, étuis en vernis Martin, vinaigrettes en émail, flaconniers en bronze ou en céramique, boîtes à mouches en ivoire ou en nacre » …. « Conçus pour la table de toilette ou la poche, voire suspendus en châtelaine ou en pendentif, ces objets, volontiers multifonctionnels, sont de véritables oeuvres d’art exécutées, pour certaines, dans des matériaux précieux et, pour d’autres, grâce à des techniques nouvelles : nécessaires en jaspe vert ou en écaille, flaconniers en galuchat … » Voir aussi l’article intitulé Les Objets de parfums que l'on porte sur soi au XVIIIe siècle. Des boîtes à mouches sont visibles ici

A noter que jusqu’au 5 mai 2013 les musées Gadagne présentent aussi une exposition sur Lyon au XVIIIe siècle

Photographies : « Vinaigrette « papillon » en or et décor émaillé 18ème ». © Musées Gadagne.

papillon500© Article LM

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Conversations précieuses

ScuderyConversationsReliureTitreDetail300lmPhotographies : « Conversations sur divers sujets : par Mademoiselle Scuderi ; tome premier. A Lyon, Chez Thomas Amaulry, Rue Merciere. M. DC. LXXX. [1780] Avec Privilege du Roy. »
ScuderyConversationsReliureTitre300lmVoici quelques exemples de nouveaux mots et expressions des précieuses récoltés par Antoine Baudeau sieur de Somaize (né vers 1630), dans son livre Le grand dictionnaire des précieuses, Ou la Clé de la langue des ruelles (1660) :
Au lieu de … la précieuse dit
" Asseyez-vous s’il-vous-plaît " - " Contentez, s’il vous plaît, l’envie que ce siège a de vous embrasser "
" Aimer " - " Avoir un furieux tendre "
" Un homme d’affaire " - " Un inquiet "
" Vous me témoignez une grande affection "- " Vous m’encendrez et m’encapucinez le coeur. "
" Être belle " - " Être dans son bel aimable "
" Le boire " - " Le cher nécessaire "
" Les belles choses " - " La force des mots et le friand du goût "
" Ah ma chère, je n’ai rien vu de beau aujourd’hui. " - " Quelle pauvreté ! ma chère, je n’ai pas vu une chose raisonnable aujourd’hui. "
" La boutique d’un libraire " - " Le cimetière des vivants et des morts "
" Fort commun " - " Du dernier bourgeois "
" Le cerveau " - " Le sublime "
" Se mettre en colère " - " Pousser le dernier rude "
" Être en couches (accoucher) " - " Sentir les contrecoups de l’amour permis "
" La grossesse " - " Le mal d’amour permis "
" Le cul " - " Le rusé inférieur "
" Les cannes remplies de rubans " - " Les filles de la mode et de la galanterie "
" Le cours (avenue plantée d’arbre) " - " L’empire des "œillades "
" Les dents " - " L’ameublement de bouche "
" Dîner " - " Donner à la nature son tribut accoutumé "
ScuderyConversationsJardindesTuileries300lm" Je ne me suis point divertie jusqu’ici " - " J’ai été jusqu’ici dans un jeûne effroyable de divertissement. "
" Avoir beaucoup d’esprit " - " Être un extrait de l’esprit humain "
" Un éventail " - " Un zéphyr "
" Un verre d’eau " - " Un bain intérieur "
" Avoir de l’esprit et n’en avoir point la clef " - " Avoir un oeuf caché sous la cendre "
" Un éloignement " - " Une quitterie "
" Le galant " - " L’alcoviste "
" Les joues " - " Les trônes de la pudeur "
" La jalousie " - " La perturbatrice du repos des amants "
" Les larmes " - " Les perles d’Iris "
" Il ne sait pas du tout la manière de faire les choses " - " Il ne sait pas du tout le bel air des choses "
" Le miroir " - " Le conseiller des grâces "
" Se marier " - " Donner dans l’amour permis "
" Une main " - " une mouvante "
" Vous m’estimez trop " - " Je suis trop avant dans le rang favori de votre pensée "
" Une menteuse " "- " Une diseuse de pas vrai "
" Le masque " - " Le rempart du bon teint ou l’instrument de la curiosité "
" La mode " - " L’idole de la cour "
" La musique " - " Le paradis des oreilles "
" Nager " - " Visiter les naïades "
" Le nez " - " Les écluses du cerveau "
" Toutes les bonnes choses abondent à Paris " - " Paris est le grand bureau des merveilles et le centre du bon goût "
" Les pieds " - " Les chers souffrants "
ScuderyConversationsDesPlaisirs300lm" Il pleut " - " Le troisième élément tombe "
" J’avoue que ce portrait est tout à fait beau " - " J’avoue que ce charmant insensible est furieusement beau "
" Le papier " - " L’interprète muet des coeurs, ou l’effronté qui ne rougit point. "
" La poésie " - " La fille des dieux "
" Railler " - " Dauber sérieusement "
" Les sièges " - " Les commodités de la conversation "
" Sentez un peu des gants là " - " Attachez un peu la réflexion de votre odorat sur ces gants là "
" Je suis surprise de cela " - " Je suis si surprise de cela que les bras m’en tombent "
" Le soleil " - " Le flambeau du jour, ou l’aimable éclairant "
" Les soupirs " - " Les enfants de l’air "
" Le secret " - " Le sceau de l’amitié "
" Tout à fait " - " furieusement "
" Les tétons " - " Les coussinets d’amour "
" La tristesse " - " L’ennemie de la santé "
" Vulgaire " - " Marchand "
" Le vent " - " L’invisible "
" Les verres " - " Les fils du vent et de l’argile "
" Les yeux " - " Les miroirs de l’âme "
" Le zéphyr " - " L’amant des fleurs "
" L’Amour " - " Le dieu de la propreté, de l’invention et de la galanterie "
ScuderyConversationsDeLaConversation300lmD’autres textes d’Antoine Baudeau sieur de Somaize donnent des informations importantes sur les précieuses, dont trois comédies qui les mettent en scène (voir la bibliographie qui suit). Si les précieuses témoignent le mieux du goût pour l'invention de nouveaux mots qu'ont les petits-maîtres, ont en a aussi d'agréables exemples par la suite. Il en est entièrement question dans Des Mots à la mode et des nouvelles façons de parler. Avec des observations sur diverses manières d’agir & de s’exprimer (1692) de François de Callières (1645-1717). On y apprend entre autres que les jeunes gens de la noblesse aiment à inventer de nouveaux mots et expressions. C’est un phénomène lié à la mode qu’on retrouve d’une façon récurrente chez les petits-maîtres et les petites maîtresses comme c’est le cas pour les incroyables et les merveilleuses qui ont leur langage, leur façon de parler et leur accent. Ce sont ces mots qui ont régulièrement enrichi les dictionnaires : « trouvez bon que je vous dise que ces colifichets de mots nouveaux mal inventés, & de façons de parler mal appliquées, ne sont que des ouvrages de quelques jeunes gens évaporés & ignorants qui s’en servent sans savoir pourquoi. / Ha, mon cher Cousin, s’écria la Dame, je suis bien fâchée d’être obligée de vous dire que ces sentiments là vous donnent d’un air de vieillard, & que ces jeunes gens à qui vous en voulez tant, ne voudraient pas vous ressembler. […] ma belle Cousine, ajouta-t-il en se radoucissant, […] revenons à vos mots nouveaux. ». Voici les ouvrages d'Antoine Baudeau Somaize consacré au courant des précieuses avec, excepté pour un, le lien vers le livre édité sous forme électronique :
Le Grand dictionnaire des précieuses, Ou la Clé de la langue des ruelles, 1660. Voir à partir de XLI.
Le Grand dictionnaire des précieuses : historique, poétique, géographique, cosmographique, chronologique et armoirique où l'on verra leur antiquité, coutumes, devises, éloges, études, guerres, hérésies, jeux, lois, langage, moeurs, mariages, morale, noblesse ; avec leur politique, prédictions, questions, richesses, réduits et victoires, comme aussi les noms de ceux et de celles qui ont jusqu'ici inventé des mots précieux, Paris, 1661.
Le Grand dictionnaire historique des précieuses.
Les Véritables Précieuses, Comédie, Paris, 1660.
Les Précieuses ridicules, Comédie, Paris, 1660.
Le Procès des Précieuses, Comédie, Paris, 1660.
Alcippe, ou du Choix des galants…, 1661.

© Article et photographies LM

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La mignonne et le mignon

DucdEpernoncentre300lm.jpgPhotographie 1 : Jean Louis de Nogaret, seigneur de La Valette et de Caumont, duc d'Épernon (1554 – 1642), surnommé « le demi roi », et un des deux archimignons d'Henri III (plus d'informations sur ce personnage dans Wikipedia). Gravure de vers 1650. On remarque qu'il porte une perruque blonde, bouclée (à moins que ce soit ses cheveux blondis et bouclés comme c'était la mode), une moustache relevée, une barbichette, un col avec de la dentelle sur une cuirasse (jusqu'au XVIIIe siècle, nombre d'hommes vont en guerre avec de la dentelle). Il est représenté assez vieux ici. Il meurt à 88 ans et vit sous les règnes successifs de trois rois : Henri III, Henri IV et Louis XIII. Cette gravure est tirée de Theatrum Europaeum, ouvrage édité de 1629 à 1650 par Matthäus Merian (éditeur germano-suisse : 1593 - 1650) et ses héritiers, et concernant la topographie européenne et les événements politiques et militaires pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648). La page fait 19,5 x 32,5 cm, et la gravure : 10,5 x 14,5 cm. Cette estampe reprend une autre plus ancienne.

Photographies 2 et 3 : Gravure provenant de ce qui est souvent considéré comme le premier livre de mode : Habiti Antichi, et Moderni di tutto il’Mondo de Cesare Vecellio (Venetia, Gio Bernardo Sessa, 1598). La page fait à peu près 17 x 11 cm. Il s'agit de la seconde édition originale contenant 507 figures sur bois, alors que la première de 1590 en a 87 de moins. Ici nous avons un des types de mignons avec son sombrero décrit dans l’article et le bilboquet. Il est blond avec une barbe pointue. Il a une boucle d'oreille, une fraise et on remarque de nombreux galons sur ses habits. Certaines autres pages présentent d'autres modes des mignons de l'époque. Les voici dans une édition de 1664 : page 198, page 203 (ici on remarque particulièrement le bijou sur sa poitrine qui est peut-être une montre, la braguette apparente qui est une mode surtout de la première moitié du XVIe siècle, le haut-de-chausses court et bouffant), page 208 (la toque sur le côté avec une touffe de plumes, la fraise, le pourpoint avec des crevés, la ceinture, le haut-de-chausses bouffant ...)

On désigne par 'mignonne' ou 'mignon' une jolie personne dont la beauté attendrit. On utilise aussi ces termes, plus accessoirement, comme des synonymes de maîtresse et d'amant, et pour des jeunes gens particulièrement beaux qui suivent un ou une aristocrate.

HabitiAntichiEModerniFrancese300lmSi ces mots ne semblent pas apparaître en France avant le XVe siècle, ceux qu'ils définissent existent depuis bien plus longtemps. C’est le cas durant l’Antiquité avec l’aristocratie romaine qui parfois s’entoure d’une nombreuse cour constituée en partie de gracieux individus qui se distinguent par la beauté de leur physique, de leurs manières et de leurs habits. Certains hauts personnages aiment à parader avec un lourd équipage particulièrement gracieux constitué de mignons et mignonnes. Sénèque (4 av. J.-C. - 65 ap.) critique cela dans certaines de ses lettres. Cette pratique se perpétue aux siècles suivants dans les grandes familles de la Renaissance italienne et même en France.

Le terme de mignon est très usité au XVIe siècle. La plus célèbre mignonne est sans doute celle du poème de Ronsard (1524-1585) « Mignonne, allons voir si la rose ... » (lire ici), composition faite pour une petite-maîtresse. Ce texte se situe en plein milieu de cette mode.

On désigne aussi par 'mignon' un favori d'un grand seigneur et ceux qui lui ressemblent. Il naîtrait sous Charles VIII de France (Charles VIII l'Affable : 1470 – 1498). Le mot vient d'Espagne. On le trouve en France dans des textes de 1494.  Il semble que l'on désigne comme archimignons, les deux plus proches collaborateurs d'Henri III (1551-1589).

Ce n’est qu’à partir de ce roi que le terme prend une valeur homosexuelle, ceci afin de se moquer de ces courtisans raffinés dans un contexte de guerres de pouvoir et de religion. La Description de l'île des Hermaphrodites, ouvrage sans doute de Thomas Artus Sieur d'Embry, publié du temps d'Henri IV (1553-1610), est un pamphlet sur les mignons d'Henri III. Le livre commence par un frontispice avec l'image d'un hermaphrodite (voir ici) sous lequel est écrit qu'il ne sait trop s'il doit être un homme ou une femme, mais que cela importe peu puisqu'à être les deux il « reçoit double plaisir ».

Le mignon est « fraisé, frisé, blondelet » comme l'écrit Etienne Tabourot. Parfois il roule ses cheveux au dessus des tempes (on appelle cela des bichons). Sa peau est délicate et blanche. Il s'épile les sourcils. Il prend particulièrement soin de son visage et de ses mains.

Il s'habille aussi proprement (c'est à dire avec autant de raffinement) que les femmes. Il se coiffe de très nombreuses sortes de chapeaux comme celui dit 'à l'albanaise' (très-hauts et presque sans bords) ou le sombrero espagnol dont la large envergure ombrage le visage (voir les photographies 2 et 3). La toque, ayant une touffe de plumes, placée sur un côté de la tête est caractéristique. Il porte un grand collet renversé à l'italienne ou une fraise empesée et godronnée (on emploie aussi le terme de tuyautée). Seuls les hommes ont au XVIe siècle de la dentelle, appelée aussi passementerie. Le pourpoint est collant ou très ample et parsemé de crevés (voir l'article Les petits crevés). Il peut être allongé en pointe sur le ventre et renflé à sa base par une panse ayant un busc la rendant rigide et rembourrée. Le haut-de-chausses est plus ou moins court et bouffant. De même que pour les chapeaux, il existe de multiples sortes de ceintures pour tenir l'épée.

Il porte de nombreux bijoux comme les femmes (collier de perles ...), des bagues, des boucles d'oreille (ou plutôt une seule), et à sa  ceinture un drageoir. Il se servirait d'une sarbacane pour envoyer aux dames des bonbons musqués. Il semble que ce soit à son époque qu’apparaît l'éventail (introduit traditionnellement en France par Marie de Médicis : 1575 - 1642), et la montre (dont certaines sont d'un grand raffinement, voir ici et ici) qu'il place en sautoir sur sa poitrine. « Je vis qu'on lui mettait à la main droite un instrument qui s’étendait et se repliait en y donnant seulement un coup de doigt, que nous appelons un éventail. Il était d'un vélin aussi délicatement découpé qu'il était possible, avec de la dentelle à l'entour de pareille étoffe. » (Voyage dans l'île de hermaphrodites). Un autre objet à la mode est le bilboquet. C'est Henri III qui lance cela. Il se promène dans les rues avec et de même font les mignons et les jeunes gens à la mode.

HabitiAntichiEModerniFrancesedetaia300lmLe mignon se parfume abondamment d'eaux cordiales, de civette, de musc, d'ambre gris et de précieux aromates. Il semble marcher sur des œufs. Sa parole est « bleze [du verbe bléser qui signifie « parler avec un vice de prononciation »], mignarde et molle ». Cette façon de s'exprimer en blésant, zézayant, est très fréquente chez les petits-maîtres jusqu'au début du XXe siècle. Nombre de ces marques se poursuivent au moins jusqu'à la Révolution. La mode masculine des cheveux blonds et bouclés et de bléser sont des caractéristiques des incroyables : voir l'article La blonde, le blond et le délicat, de même que de porter une boucle d'oreille. C'est une autre des marques des mignons et de la mode masculine du XVIe siècle. Le prince de Moldavie Petru II Cercel ( ? - 1590) est appelé pour cela 'Pierre Boucle d’Oreille' ; justement parce qu'il porte une boucle d'oreille, suivant la mode des mignons de la cour française de Henri III.

Concernant les mignonnes, François Hédelin abbé d’Aubignac (1604-1676), donne la définition suivante dans son Histoire du temps ou relation du royaume de coquetterie extraite du dernier voyage des Hollandais aux Indes du levant (1654) : coquettes « qui d'ordinaire ont l'esprit aussi mince que le corps. »

La Renaissance française est une période très riche d’élégances et de raffinements. Les petits-maîtres sont extrêmement nombreux dans les cours. Aux siècles précédents ils sont aussi une multitude. Mais d’en parler nécessite de faire des recherches plus difficiles à partir de documents beaucoup moins communs puisque l’imprimerie débute au XVe siècle. Les gravures restent rares et les livres ne sont pas encore produits en série. Il est donc nécessaire de consulter des manuscrits enluminés uniques et les oeuvres d’art pour cela. Si aujourd’hui les documents imprimés sont de plus en plus numérisés sur Internet, ce n’est pas encore tout à fait le cas pour les manuscrits médiévaux qui sont une source inépuisable de renseignements puisqu’un seul manuscrit peut contenir des dizaines de peintures de scènes de genre. La bibliothèque nationale de Richelieu en possède à elle seule des dizaines de milliers.

Voici ici une image représentant la cour d'Henri III.

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Le muscadin

Le muscadin est une « Petite pastille de bouche composée de musc & d'ambre » lit-on dans la première édition (1694) du Dictionnaire de l'Académie Française. Jean-François Féraud écrit dans son Dictionnaire critique de la langue française (Marseille, Mossy, 1787-1788) : « Petite dragée ou pastille, où il entre du musc. On a dit autrefois muscardin, et on le dit encore en quelques Provinces. »
Si ce mot désigne une petite pastille qu’on mange pour avoir une bonne haleine, par extension, on appelle alors ‘muscadins’ des élégants sentant le musc et à l’apparence soignée. C'est aussi ainsi qu'on nomme sous la Révolution certains royalistes qui se distinguent par leur élégance recherchée. En ce sens, ce mot est utilisé à cette époque au féminin et de façon péjorative : « muscadine ». Louis-Sébastien (1740-1814) insiste sur cet aspect dans sa définition des muscadins donnée au tome III de Le Nouveau Paris (Gênes, Impr. de la 'Gazette nationale », An III, 1794) : « Muscadins. Espèce d’hommes occupés d’une parure élégante ou ridicule, qu’un coup de tambour métamorphose en femmes.  « Le fils du Czar  Pierre I s’est brûlé les doigts, dit un de nos écrivains, pour n’être point forcé au travail que son père exigeait de lui ». Nous avons vu un Muscadin se résoudre à se faire couper l’index, pour éviter de porter les armes contre l’ennemi. Il aurait dû le conserver pour manier l’aiguille ou la quenouille. Ils formèrent l’opposé des sales Jacobins. On aurait cru qu’une jeunesse ardente allait embrasser les principes républicains ; mais cette jeunesse était riche, efféminée, et voulut se distinguer partout de ceux qu’elle appelait les habits bleus. Les muscadins furent moqués, rossés, battus, quand ils voulurent, avec leurs oreilles de chiens et leurs cadenettes, narguer les républicains. S’ils étaient les plus forts, c’était bien rarement, et quand ils se trouvaient quatre contre un. Ils font les royalistes à bas bruit ; mais les émigrés les méprisent encore plus qu’ils détestent les patriotes. »  La coiffure en « oreilles de chien » est décrite dans cet article : Café des Incroyables. Ma parole d'honneur ils le plaisante. 1797 ; et la cadenette ici : Les oublies. Le terme de muscadin est encore utilisé dans la seconde moitié du XIXe siècle pour parler d’un « Fat, dandy plus ou moins authentique, - dans l’argot du peuple, qui a conservé le souvenir des gandins d’il y a soixante-dix ans. » (Delvau, Alfred, Dictionnaire de la langue verte, deuxième édition, Paris, E. Dentu, 1867). Un exemple de tenue de muscadin se trouve ici.

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L'orateur

Le but de l’orateur est de persuader. Il le fait souvent avec beaucoup de grâce, et cela depuis l’Antiquité : étudiant le théâtre, Quintilien et les grands orateurs (Demosthènes, Cicéron …), s’adonnant à la poésie et trouvant les mots et les gestes justes. La rhétorique a une place importante dans l’apprentissage du gentilhomme durant l’Antiquité, comme au Moyen-âge et tous les siècles qui suivent. La grammaire des gestes prolonge celle de la langue et donc du français dont la maîtrise est un signe d’élégance comme l’est celle de la poésie ; avec le poète qui invente, trouve (tel le trouvère ou troubadour du bas Moyen-âge) et connaît non pas seulement la grammaire mais aussi l’esprit de la langue (qui a aussi sa grammaire). Tout un chapitre des Français peints par eux-mêmes (1842) est consacré au rhétoricien qui continue de sévir au XIXe siècle. Depuis la haute antiquité la France a une tradition oratoire. La mythologie gauloise possède un Hercule dont la force immense réside seulement dans la persuasion ; et qui par sa seule parole peut déplacer des montagnes.

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Le frisé

Le terme de 'frisé' est employé pour désigner un type de petit-maître déjà au moins au XVIe siècle. Sans doute est-ce en référence à leur coiffure ou perruque blonde et frisée. Voir aussi l'article intitulé Boucles, macarons et papillottes.

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Le schopenhaueriste

Le schopenhaueriste est un personnage de vers 1880. Albert Millaud (1844-1892) occupe un chapitre de ses Physiologies parisiennes (1886) sur lui : « Un type nouveau. C'est le philosophe homme du monde, aimant le plaisir, fréquentant les salons et les théâtres, ayant bon estomac ; mais jouant au blasé, au désillusionné, au dégoûté. Le nom de Schopenhauer [1788 – 1860] lui a plu ; il l'a adopté et mis à la mode. Schopenhauer est devenu pour lui comme une espèce de tailleur moral, de chapelier transcendant, de bottier métaphysique. [...] S'il mange des truffes, il vous dit qu'il en aura du mal à l'estomac. S'il boit du vieux vin, il est sûr d'en garder une abominable migraine. Dans le mariage il ne voit que le divorce, dans l'amour il ne voit que la trahison. De tout cela il ne pense pas un mot et il serait incapable d'expliquer ses idées. Mais il est de chic d'être triste, maussade et d'être en proie aux blue devils, comme disent les Anglais, Schopenhauer lui fournit les éléments nécessaires pour affecter ces façons lugubres. [...] Règle générale : Le Schopenhaueriste n'a jamais lu Schopenhauer. »
On peut lire sur cette « mode » : Lettres-et-arts.net.

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Le monde, le grand monde, le mondain, les mondanités, la femme et l'homme du monde et la grande dame.

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femmedumonde500lmPhotographies 1 à 2 (au dessus) : Bertall, La Comédie de notre temps : La civilité - Les habitudes - Les moeurs - Les coutumes - Les manières et les manies de notre époque, P. Plon, 1874, 2° éd. Un chapitre est intitulé « Le Monde ».

femmedumonde1-300lmPhotographie 3 (à gauche) : « Femme du Monde ». Illustration de La Comédie de notre temps de Bertall.

Dans Paris-vivant par des hommes nouveaux : Le Grand monde (Paris, G. de Gonet, 1858) est décrit ce grand monde avec son aristocratie, sa roture, son ancienne et sa nouvelle noblesse, ses bourgeois anoblis, ses diplomates et hommes d'État, ses oisifs, ses lions, ses fats, ses séducteurs, ses sportmen, ses anglomanes, ses blasés, ses spéculateurs, ses grandes dames, ses parasites, tout son cérémonial etc. Le grand monde représente ce qui est considéré comme le haut de la pyramide de la société du XIXe siècle.
Ce monde là possède quelques grandes dames qui est l'équivalent au XIXe siècle de la dame de qualité du XVIIe sans obligatoirement le côté ‘aristocratie’ de cette dernière.
Photographie 4 : « Le Monde et la Mode. » Illustration du chapitre ayant ce titre de La Vie élégante (tome second, 1883).

Le mondain naît avec le monde. Il y a celui qui appartient au monde (en opposition à celui dédié au spirituel) ; celui qui est attaché aux biens et plaisirs de ce monde (acceptation déjà usitée au XVe siècle) ; celui qui apprécie de côtoyer les femmes et les hommes du monde et de partager leurs activités. Ce dernier raffole des mondanités. Le terme de mondain existe déjà au XVIIe. C'est une personne qui aime les 'vanités du monde. Il s'emploie surtout dans le domaine du religieux, dans les sermons … Au XIXe on utilise ce mot plus couramment. A partir de cette époque, les chroniqueurs de la vie mondaine sont nombreux de même que des journaux de toutes sortes sont publiés en plus grand nombre. Georges Goursat, dit Sem (1863-1934), lemondeetlamode300lma réalisé de nombreuses caricatures de la mondanité parisienne du début du XXe siècle. Il suffit de connaître les titres de certains de ses albums pour s’en persuader : Le Turf (1900), Paris-Trouville (1900), Les Personnalités contemporaines (1910), Tangoville sur mer (1913), Le Vrai et le faux chic (1914), Le Nouveau monde (1923), La Ronde de nuit (1923), White Bottoms (1927). Mais si la qualité des lithographies est souvent exceptionnelle, les personnages représentés sont la plupart du temps des vieux-beaux et ‘vieilles-belles’ qui n’ont ‘d’élégant’ que l’argent qu’ils dépensent et leur ‘réussite’ professionnelle.

Aux XIXe et début du XXe siècles, les femmes et hommes du monde ne sont pas obligatoirement élégants ; mais ils ont leurs entrées dans la société. A une époque où la bourgeoisie occupe la première place, on n’est plus courtisan ou dame de qualité mais femme ou homme du monde. Dans son livre La Comédie de notre temps (1874) Bertall (1820-1882) écrit : « LE MONDE. Une femme jolie, élégante, ou laide, ou prétentieuse, peu importe, passe sur le boulevard ou au Bois. Vous demandez à votre ami qui elle est, et l’on vous répond : C’est une femme que j’ai vue dans le monde. .. » Puis il explique ce qu’on entend par ‘monde’. La notion de gens du monde ne date pas du XIXe siècle. François-Antoine Chevrier (1721-1762) dans Les Ridicules du siècle (1752) occupe tout un chapitre intitulé ‘Des Femmes du grand monde’ (voir la dernière photographie de du premier article sur les Petites-maîtresses et petits-maîtres). Au XVIIe siècle on dit « être femme ou homme de par le monde » et parle aussi du « grand monde ».  
Photographies 5 et 6 : « Une soirée du grand monde – quadrille des lanciers ». Assiette du XIXe siècle de Choisy-le-Roi, de la série « Paris au bal », n°1. 

UneSoireeduGrandMonde2-300lm© Article et photographies LM

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Le noctambule

Le terme de 'noctambule' est employé jusqu'au XXe siècle comme un synonyme de 'somnambule' ; et à partir du XVIIe siècle aussi pour une personne bien réveillée qui se promène la nuit ou bien, comme l'écrit Alfred Delvau dans son Dictionnaire de la langue verte (deuxième édition, Paris, E. Dentu, 1867) : un « Bohème qui va des cafés qui ferment à minuit et demi dans ceux qui ferment à une heure, et de ceux-là dans les endroits où l’on soupe. »  Il déambule aussi dans les nuits du XXe siècle. Le branché (Le branché et le sapeur des années 80) en est souvent un ainsi qu'un grand nombre de ce qu'on appelle 'la faune parisienne', voyant plus clair et vivant plus intensément aux lueurs des néons qu'en plein jour, moment où elle préfère dormir.

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Merveilleuses & merveilleux