Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (11) : Sortir de la dictature intellectuelle artistique.

Cet article fait suite aux neuf précédents publiés le lundi dans ce blog sur le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine.

Désapprouver les choix artistiques contemporains des instances publiques est considéré par celles-ci et par les pontes de l'art contemporain comme une atteinte à la liberté de création. Il s'agit d'un despotisme artistique qui impose comme valeur ultime un art abâtardi et souvent abject dont il est interdit de dire qu'il l'est sous peine d'ostracisme. Ainsi réussit-on à nous imposer dans des lieux publics des godemichets géants, des vagins de la reine ou autres poubelles artistiques comme étant des emblèmes de la liberté de création. Cette tyrannie n'est pas seulement artistique, elle est aussi politique, commerciale... présente dans toutes les parcelles de notre société.

Une démocratie mal gérée est le terreau des totalitarismes, surtout lorsqu'elle met en scène culturellement sa propre décadence. Utiliser la loi pour contrecarrer cette montée des dictatures intellectuelles ne sert à rien si ceux qui la font sont les mêmes qui engendre celles-ci par leur exemple infamant et en font partie par l'autocratie intellectuelle du néant qu'ils imposent.

Ces dictateurs intellectuels se cachent derrière certaines notions comme la liberté, la création, afin que l'on ne puisse pas critiquer leurs sélections. Si on le fait, ils prétendent que c'est l'artistique que l'on attaque alors que l'on ne fait que désapprouver le choix de ces oeuvres par une instance publique censée être exemplaire.

La liberté de création est une notion complexe dont de toute évidence Mme le ministre de la Culture n'a pas conscience. Que penserait-elle si un artiste actionniste mettait le feu à la porte de son ministère, à l'image de l'actionniste russe Pavlensky qui l'a fait il y a quelques jours pour le siège des services secrets russes ? Que dirait-elle si un autre artiste utilisait des slogans racistes, fascistes ou autres dans son œuvre ? Nous le savons, écrire dans la loi « la création artistique est libre » est de la poudre aux yeux qui décrédibilise la législation et la justice françaises en faisant de celles-ci un outil politique au lieu d'un outil de justice.