Tassinari & Chatel

La maison Tassinari & Chatel et la maison Prelle sont les deux derniers soyeux (fabricants ou négociants de soieries) lyonnais travaillant encore sur des métiers à bras (non mécaniques). Je suis particulièrement sensible à ce genre de manufactures car j'ai vécu mon enfance dans un village entre Saint-Etienne et Lyon, pas très loin de Panissières où Tassinari & Chatel a installé dernièrement son usine moderne avec des métiers à tisser de la dernière génération, les métiers à bras étant regroupés à Lyon, à la Croix Rousse, dans un des derniers ateliers de canuts (nom donné à Lyon et sa région aux ouvriers tisserands de soie travaillant sur un métier à tisser). Dans mon village c'était même la principale activité. Il y avait des usines avec plusieurs métiers, et un grand nombre de familles avaient leur propre atelier avec un ou deux métiers à tisser. Chaque ville, chaque village avaient leurs spécialités. À Lyon c'était la soie, à Saint-Etienne les rubans, à Tarare la mousseline etc.

Les maisons Tassinari & Chatel et Prelle conservent non seulement un savoir-faire mais aussi des documents inestimables de soieries anciennes et autres archives d'époque dans leurs fonds.

Lors de ma visite du château de Fontainebleau pendant le Festival de l’histoire de l’art (29 au 31 mai) que j'ai beaucoup apprécié, j'ai contemplé le travail des maisons Prelle et Tassinari & Chatel. Cette dernière a notamment tissé pour le Boudoir turc, ouvert au public très récemment, un velours de soie à lames d'or semblable à celui commandé par l’Impératrice Joséphine. Entre 1965 et 1969, la société Prelle a aussi restauré à l'identique le grand broché de la chambre de l'Impératrice au Château de Fontainebleau. Les étoffes originales ayant été fabriquées aux alentours de 1789 sous ordre de Marie-Antoinette et réutilisée par l'Impératrice sur des meubles premier Empire, cela donne un mélange étrange mais historique (voir photographies ci-dessous) !

Voir aussi l'article intitulé Lyon : capitale française de la soie.

Photographies ci-dessus : Images prises dans le lieu servant aux présentations de Tassinari & Chatel à Paris.

Photographie de gauche : Endroit et envers d'un tissu en soie tissé par Tassinari & Chatel.

Photographies ci-dessous : Lampas brochés de la chambre de l’Impératrice au Château de Fontainebleau exécutés par la manufacture Prelle.

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Boîtes et coffrets romantiques

Du 16 juin au 13 septembre 2015 le Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups - Maison de Chateaubriand à Châtenay-Malabry expose des Boîtes et coffrets romantiques, avec une sélection d'une cinquantaine d'objets réalisés pour les contemporains de Chateaubriand, « évoquant un certain art de vivre à la française », tous appartenant à un même collectionneur : M. Vincent Boirel.

« Fabriquée dans les quartiers du Palais-Royal et du Marais, avec des matériaux précieux comme les bois exotiques, l'ivoire, la nacre, cette « petite bimbeloterie élégante » était commercialisée dans d'élégants magasins, autour de la Bourse ou dans le quartier de la Chaussée d'Antin à Paris. »

Cette exposition s'intègre au parcours des collections permanentes dans les différentes pièces de la Maison de Chateaubriand.

Photographie ci-dessus : Coffret de toilette pour homme. ©CD92/ Willy Labre.

Photographie ci-dessous : Boîtes pour gants, papillottes (écrit ainsi, pour se friser les cheveux), bijoux, teintures, mouchoirs. © CD92/ Willy Labre.

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Enfants, amenez vos parents à la Galerie des Gobelins, le 13 juin !

L'exposition L’Esprit et la Main : Héritage et savoir-faire des ateliers du Mobilier national continue à la Galerie des Gobelins à Paris.

Le 13 juin, enfants, amenez vos parents ! C'est la journée des familles avec la gratuité de l’entrée de l’exposition pour tout adulte accompagné d’un enfant de moins de 16 ans, de 11h à 18h.

Une découverte ludique a été concoctée pour l'occasion en présence du personnel scientifique et des techniciens d'art du mobilier national.

De nombreuses activités ponctueront cette journée :
- Un livret pédagogique sera remis aux enfants suivant leur âge (4-6 ans et 7-11 ans) ;
- Réalisation d’une œuvre participative avec des matières premières utilisées dans les ateliers ;
- Bornes tactiles pour effleurer les matériaux ;
- Jeu de piste.

Une bonne occasion de divertir les enfants en les sensibilisant aux beaux-arts.

Photographie : Atelier de restauration de tapisseries. © Vincent Leroux.

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Promenade(s) des Anglais

La manifestation Promenade(s) des Anglais se déroule du 12 juin au 4 octobre 2015 dans treize musées et galeries de Nice, avec quatorze expositions :

- GALERIE DES PONCHETTES (une exposition du Museum d’Histoire Naturelle), du 12 juin au 4 octobre 2015 : Du rivage à la Promenade. Une histoire naturelle.
- MUSÉE D’ARCHÉOLOGIE DE CIMIEZ, du 12 juin au 4 octobre 2015 : D’Est en Ouest, 20 siècles de promenade sur le territoire niçois.
- MUSÉE D’ART MODERNE ET D’ART CONTEMPORAIN (MAMAC), du 12 juin au 4 octobre 2015 : La Prom’ pour atelier.
- MUSÉE INTERNATIONAL D’ART NAÏF ANATOLE JAKOVSKYZ, du 12 juin au 4 octobre 2015 : La Promenade, tout simplement...
- MUSÉE DES BEAUX-ARTS, du 12 juin au 4 octobre 2015 : Raoul Dufy, la Promenade comme motif.
- MUSÉE MASSÉNA, du 12 juin au 4 octobre 2015 : La Promenade ou l’invention d’une ville.
- MUSÉE MATISSE, du 12 juin au 4 octobre 2015 : Henri Matisse. Promenades intérieures.
- MUSÉE NATIONAL MARC CHAGALL, du 4 juillet au 21 septembre 2015 : Nice, Soleil, Fleurs. Marc Chagall et la baie des Anges.
- PALAIS LASCARIS , du 12 juin au 4 octobre 2015 : Les Fêtes d’Art, Hôtel Rhul ,
Promenade des Anglais, 1924-1926
.
- THÉÂTRE DE LA PHOTOGRAPHIE ET DE L’IMAGE, du 12 juin au 13 septembre 2015 : Martin Parr, Life’s a Beach. Un Anglais à Nice.
- VILLA ARSON, du 28 juin au 21 septembre 2015 : Portraits de la Promenade des Anglais. Création cinématographique de Marie Losier et Catherine Libert.
- GALERIE DE LA MARINE, du 27 juin au 4 octobre 2015 : Les diplômés de la Villa Arson sur la Promenade.
- MUSÉE D’ART MODERNE ET D’ART CONTEMPORAIN (MAMAC), du 12 juin au 29 novembre 2015 : Keith Sonnier: Light Works.
- MUSÉE NATIONAL DU SPOR , du 12 juin au 20 septembre 2015 : En mode sport.

Je ne sais pas ce que valent ces expositions, mais ceux qui sont à Nice ne s'en plaindront pas !

Photographie : « Affiche illustrée par Lorenzi, 1926, imprimerie de l’Éclaireur à Nice. »

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Acquisitions du Musée du papier peint de Rixheim

PROLONGATION JUSQU'AU 31 DÉCEMBRE 2016 !

Le Musée du papier peint de Rixheim a été fondé en 1983 à partir de la collection Zuber (composée d'éléments du début du XIXème siècle à 1983) et celle du Musée de l'impression sur étoffes de Mulhouse, constituant un corpus de plus cent-vingt-mille documents. Depuis sa création il continue de s'enrichir de plusieurs centaines de documents par an.

Jusqu'au 16 mai 2016, le musée donne à apprécier une exposition temporaire intitulée Enrichir, développer, Accroître : 30 ans d'acquisitions au Musée du Papier Peint avec un choix d'une cinquantaine de ces oeuvres sélectionnées parmi toutes ces acquisitions, couvrant un large panorama de l'histoire du papier peint des origines à nos jours : « des papiers peints dominotés du 18ème à la création contemporaine de ce début de 21ème siècle ». Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, le musée présente aussi une exposition permanente avec des exemples de tous horizons ainsi qu'un « échantillonnage du matériel qui a permis d'imprimer le papier peint à la main et à la machine, du XVIIème siècle aux années 1930 ».

Le papier peint est une technique qui pendant de nombreuses années a fait, et continue de faire, rentrer l'art dans des maisons ainsi que la fantaisie et le rêve à travers des scènes historiées, décoratives ou fantaisistes (parfois les trois en même temps). Combien d'enfants et d'adultes se sont endormis en regardant danser sous la lumière de la lune les formes imprimées du papier de leur chambre, et ainsi entrer paisiblement dans le rêve ?

Premières photographies : « Paravent décoré de papiers peints. Manufacture inconnue, France, vers 1790. Impression à la planche. Inv. 2011.27 (Achat en vente publique). » © Musée du papier peint de Rixheim.

Photographie de gauche : « Boîte à secrets. Manufacture inconnue, France, vers 1790. Papier marbré et impression à la planche. Inv. 2013.18.1 ( Achat sur internet). » © Musée du papier peint de Rixheim.

Photographies ci-dessous : « Papier de tapisserie. Atelier Defourcoy, Paris, vers 1720. Planche et pinceautage. Inv. 982 PP 64 (Ancienne coll. Follot, Paris). » © Musée du papier peint de Rixheim.

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L'horreur 'artistique' continue

Alors que le ministère de la Culture et le Gouvernement vend une partie de notre patrimoine, que certains monuments ont du mal à trouver des financements pour leur conservation, un gaspillage d'argent et des horreurs 'intellectuelles' et 'artistiques' continuent de pleuvoir au milieu de monuments emblématiques de notre histoire. Après des godemichets anaux à la Monnaie de Paris (voir ici et ici) et l'éradication du Bosquet du théâtre d'eau de Versailles (voir ici), Versailles propose à Anish Kapoor d'exposer « le vagin de la reine », de « bouleverser l'équilibre et d'inviter le chaos ». Dans l'article de Le Point visible ici, où j'ai eu l'information, on apprend aussi que ce « vagin de la reine qui prend le pouvoir » représente « 500 tonnes de pierres venues de Belgique et 1 000 tonnes de terre issues de la production agricole ». « Chaque pierre pèse 25 tonnes : il a fallu des grues et des plaques de roulement pour les amener à la place voulue par l’artiste. Certains des éléments de la sculpture étaient peints sur place : il a fallu, aussi, emmailloter intégralement les statues qui encadraient le Tapis vert le temps de l’opération. » « Même travail de titan, et même casse-tête, pour l’installation d’un canon à cire rouge dans la salle du Jeu de paume. Un lieu, dit Anish Kapoor au JDD, « où ont été prononcés les mots liberté, égalité, fraternité, un symbole du pouvoir encore imprégné d'une formidable tension ». « Face au tableau de David, explique-t-il, j'ai placé un canon qui tire 5 kilos de cire, une matière évoquant des corps en bouillie, dans un coin de la pièce. » Là encore, les murs et les sols historiques ont été recouverts de façon à ne recevoir aucune projection. » « Pour le Vortex, un bassin de 9 mètres carrés au tourbillon perpétuel qui affleure à hauteur du sol, le problème – passé celui de l’excavation – a été inverse : faire en sorte que les (très nombreux) visiteurs du domaine ne risquent pas une chute. » « Cela, pour un coût supporté par le mécénat, mais sur lequel le domaine préfère rester discret. Un coût « significatif », dit pudiquement Laurent Brunner... » Où se loge la pudeur ???

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Les lois du 'marcher' : L'Amour interdit de séjour à Paris.

Aujourd'hui il est interdit d'exprimer son amour d'une autre personne à Paris en mettant un cadenas sur le Pont des arts. C'était un mouvement spontané où les personnes exprimaient l'amour de la capitale française et l'espoir dans le rêve que cette ville a porté pendant des siècles : celui de l'amour.

La mairie de Paris lance le retrait définitif des cadenas du Pont des arts. Avant la pose de panneaux vitrés sur l’ensemble du pont, celle-ci propose une intervention artistique. Est-ce de la provocation ? Si je n'avais pas peur qu'une nouvelle fois la révolution ne serve que les intérêts de la vulgarité, je dirais de se soulever contre notre 'intelligentsia' veule et collaboratrice...

Nous sommes dans un monde aussi lisse qu'une dictature qui avance au son des bottes... dans un univers fait de béton, vitres, plastique, goudron et d'écrans... tout cela pour mieux glisser... pour ne pas s'arrêter et réfléchir... et suivre les lois du marcher au pas... dans une société où ceux qui pactisent avec les horreurs élèvent des monuments en l'honneur de résistants de temps révolus et qui ne parleront plus.

Donnons des ponts à l'amour pour s'exprimer !

Photographies ci-dessus : Quelques cadenas encore présents. Le bâtiment en arrière-plan est Le Louvre.

Photographie de droite prise ce jeudi. La plupart des cadenas sont déjà enlevés. La grande majorité des barrières sont recouvertes de peintures. Derrière on aperçoit La Samaritaine qui est laissée à l'abandon depuis plusieurs années par LVMH (voir cet article) qui souhaite détruire ce bâtiment.

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Marines flamandes et hollandaises des XVIe et XVIIe siècles

Jusqu'au 12 juillet 2015 l'exposition La Flandre et la mer : De Pieter De l’Ancien à Jan Brueghel de Velours, nous immerge dans l’univers des marines flamandes et hollandaises des XVIe et XVIIe siècles, au Musée de Flandre de Cassel.

Photographie : « Paul Bril (Anvers, 1554 - Rome, 1626), Vue d’un port de mer, huile sur toile, 107 x 151 cm. Rome, Galleria Borghèse, inv. 354. © Galleria Borghese, Rome, Italy/Bridgeman Images. »

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Journées nationales de l'archéologie

Les Journées nationales de l’Archéologie ont été mises en place à partir de 2010 par le Ministère de la Culture et de la Communication et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

Cette année celles-ci se déroulent les 19, 20 et 21 juin 2015, avec plus de cinq-cents événements organisés dans toute la France (voir ici).

Par exemple, le samedi 20 juin 2015, de 11 h à 17 h, l'École des chartes organise dans ce cadre trois conférences : « Jules Quicherat (1814-1882) : un archéologue à l'École des chartes », « Découverte du cimetière médiéval et moderne de l'hôpital de la Trinité à Paris… et maintenant ? » et « L'archéologie de la préparation à la guerre de siège moderne : le fort Saint-Sébastien de Saint-Germain-en-Laye ».
 

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De Versailles à La Motte Tilly : L’abbé Terray, ministre de Louis XV.

« Dans le cadre d’un partenariat avec le Centre des monuments nationaux, le Château de Versailles présente une nouvelle exposition au Château de La Motte Tilly, consacrée à l'abbé Terray, qui fut le propriétaire du lieu au XVIIIe siècle. S’appuyant sur des documents d’archives et des portraits des collections de Versailles, elle retrace le parcours de cet homme d’État, l’un des ministres influents de la fin du règne de Louis XV, parmi les plus controversés du XVIIIe siècle. Elle met en lumière cet amateur d'art et les propriétaires successifs de ce domaine jusqu'à la Révolution. »

L'exposition De Versailles à La Motte Tilly : L’abbé Terray, ministre de Louis XV se déroule jusqu'au 20 septembre 2015.

Photographie de gauche : Portrait de Louis XV (1710-1774) datant de 1771 par l'atelier de Louis Michel Van Loo (1707-1771), Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

Photographie de droite : Une vue de l’exposition. © Thomas Garnier - Château de Versailles.

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Amours, vices & vertus à la Galerie nationale de la tapisserie de Beauvais

Ce n'est assurément pas pour les œuvres contemporaines que j'écris sur l'exposition Amours, vices & vertus à la Galerie nationale de la tapisserie de Beauvais, se déroulant du 30 mai au 16 août 2015, mais pour les tapisseries et papiers peints exceptionnels réalisés entre le XVIe siècle et le milieu du XIXe prêtés par le musée des Arts décoratifs de Paris et proposés à notre délectation.

« Remarquables par leur qualité et leur format, ces œuvres témoignent de l’influence de la littérature religieuse et profane du Moyen Âge et de la Renaissance, mais aussi de son interprétation durant le Grand Siècle. En contrepoint à ces tapisseries et papiers peints, les œuvres de 12 artistes contemporains établissent un dialogue avec ces pièces « historiques » autour des vices et des vertus provoqués par le sentiment amoureux. »

Les tapisseries sont d'une grande beauté et en très bon état, avec des couleurs éclatantes. Elles sont aussi impressionnantes par leur grandeur.

Photographies ci-dessus : « Grotesques sur fond jaune. Tapisserie, Jean Rost, Florence. 1546/1560. H. 380 x L. 656 cm. © Les Arts décoratifs, Paris / Jean Tholance. »

Photographies ci-dessous : « L’Amour profane. Tapisserie, Ateliers de La Marche ?, France, vers 1525-1530. H. 274 x L. 239 cm. © Les Arts décoratifs, Paris, Laurent Sully Jaulmes. »

Photographies ci-dessous : « Tancrède rend à Herminie la liberté. Tapisserie, manufacture Raphael de La Planche, France, vers 1645-1660. H. 348 x L. 455 cm. © Les Arts décoratifs, Paris, / Laurent Sully Jaulmes. »

Photographies ci-dessous : Papiers peints du XIXe siècle. La qualité est remarquable. Chaque couleur est imprimée à part à partir d'une planche gravée lui étant destinée. Tout est parfaitement et délicatement ajusté.

 

 

Photographie ci-dessous : Les Métamorphoses d’Ovide. Papier peint panoramique en grisaille de la fin XVIIIe siècle (Les Arts décoratifs, Paris). Il fait 180cm de haut et donc plusieurs mètres de large. Il se déployait sur tous les murs de la pièce. Nous avons là un ensemble de dix lés, chacun représentant « un épisode dont le titre est imprimé dans un cartouche au bas du paysage, rappelant les liens existant avec le monde de la gravure et du livre. Les scènes rapportées sur les lés sont directement inspirées des Métamorphoses d'Ovide, traduites du latin au français par l'abbé Banier et publiées en quatre tomes entre 1767 et 1771 ».

À Beauvais on peut aussi admirer, à côté de la Galerie nationale de la tapisserie, une cathédrale construite au XIIIe siècle qui laisse songeur par sa hauteur (quarante-huit mètres) et par son caractère inachevé qui lui donne un certain charme. On peut y contempler quelques œuvres d'art remarquables (peintures, vitraux, boiseries...) et une horloge astronomique datant de 1865-1868. La cathédrale se trouve près du Palais épiscopal, aujourd'hui Musée départemental de l'Oise dédié au XIXe siècle. Ce bâtiment est magnifique avec ses deux imposantes tours (châtelet) du XIVe siècle, sa partie construite au XIIe siècle sur la face occidentale du mur du castrum de Caesaromagus élevé au IVe siècle, et sa partie du XVe siècle qui abrite le musée consacré au XIXe siècle.

Photographie de gauche : Vue de la cathédrale à partir du manège se trouvant devant la Galerie nationale de la tapisserie.

Photographies ci-dessous : Extérieur et intérieur du Palais épiscopal de Beauvais.

Photographies ci-dessous : À gauche : Peintures dite des Sirènes musiciennes datant de 1306-1310. À droite : Dans la même salle est exposée une petite statue du 1er siècle après J.-C., fabriquée par le peuple gaulois de la région : les Bellovaques.

Photographie ci-dessous : Installation avec projections de phrases et lettres sur la charpente du Palais épiscopal, en bois de chêne, datant du début du XVIe siècle.

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La Grenouillère revisitée

PROLONGATION JUSQU'AU 2 OCTOBRE 2016 !

L’exposition La Grenouillère revisitée est organisée, du dimanche 7 juin 2015 au mercredi 30 mars 2016, à Croissy-sur-Seine, pour les vingt ans de l’association des Amis de la Grenouillère, avec un nouvel accrochage d’œuvres de ses collections, « jamais exposées et ressorties des réserves pour l’occasion », retraçant « l’histoire de la Grenouillère et son caractère festif qui à l’époque des impressionnistes attirait les foules en quête de joies du grand air ».

Sur l'exposition précédente et le thème de la marine d'eau douce des environs de Paris voir les articles : Le Canotage en Seine de Maupassant à Mistinguett et Le canotier et la canotière.

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Portrait de Chateaubriand

Le Département des Hauts-de-Seine vient d’acquérir un tableau inédit d'Anne-Louis Girodet-Trioson (1767-1824). Il s'agit d'un modello ayant précédé la réalisation du célèbre portrait de François-René de Chateaubriand (1768-1848) sur fond de paysage romain, dont l’original se trouve au musée de Saint-Malo (voir ici) et une copie au Château de Versailles.

Cette huile sur toile, de 40 x 32 cm et datant de 1809, fait désormais partie des collections du Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups - Maison de Chateaubriand à Châtenay-Malabry.

Ce portrait est dans le pur style romantique (du reste l'arrière plan est constitué de ruines de la Rome antique), Chateaubriand étant en France le précurseur de ce mouvement, non seulement dans ses écrits mais aussi sa vie. Écrivain, voyageur et homme politique, il parcourt avec brio une époque troublée.

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Métamorphoses

Du 3 au 7 juin 2015 (avec une soirée de vernissage le mardi 2 juin de 18h à 22h), le Carré rive gauche, quartier parisien d'antiquaires et de galeries d'art situés entre le Musée d'Orsay et les Beaux-arts, a choisi pour thème les Métamorphoses.

Photographie : L'antiquaire Isabelle Chalvignac expose pour l'occasion un secrétaire parisien de vers 1750 se transformant en table de toilette : « son serre papiers à deux rangs de tiroirs se soulève et se métamorphose en toilette de dame avec miroir et caves à flacons. »

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Manufacture de faïence fine bordelaise du XIXe siècle

Du 13 mai au 21 septembre 2015 le Musée des Arts décoratifs et du Design de Bordeaux présente une collection particulière de céramiques provenant de la manufacture Jules Vieillard. L'exposition intitulée De David Johnston à Jules Vieillard : L’ivresse Darrigade dévoile donc cet ensemble de faïences fines de cette manufacture bordelaise du XIXe siècle collecté par Jacques et Laurence Darrigade.

« Si par ellipse on évoque communément la faïence fine bordelaise avec le seul nom de « Vieillard », son histoire se constitue en réalité en plusieurs étapes. Elle démarre avec un artiste de génie, Boudon de Saint-Amans, qui découvre en Angleterre les procédés de fabrication de la faïence fine. Il entreprend de les réinventer sur le sol français, à Sèvres tout d’abord puis à Creil, à Montereau et à Choisy. En 1829, il rencontre le négociant bordelais Jean-François Rateau, avec lequel il établit un contrat afin de fonder la première manufacture de faïence fine bordelaise, Lahens et Rateau, qui sera en production dès octobre 1830. Elle ferme ses portes vers 1832-33, mais l’activité sera relancée en 1834 par David Johnston. S’associant à son tour avec le spécialiste Boudon de Saint-Amans, David Johnston, irlandais d’origine, nommé à la magistrature municipale en 1838, ambitionne de doter Bordeaux d’une industrie importante. Mais la manufacture installée à Bacalan se trouve, en dépit de ses succès, dans une situation financière difficile. La liquidation de la société est prononcée en 1844. Dans le courant de la même année, il est proposé à Jules Vieillard, collaborateur technique de David Johnston, de constituer une nouvelle société, créée sous le nom de Jules Vieillard et Cie, ainsi la faïencerie de Bacalan continue de fonctionner. Jules Vieillard, nommé gérant et directeur de la manufacture en 1845, meurt en 1868, en ayant réussi à développer l’entreprise jusqu’à une échelle industrielle. Ses deux fils, Albert et Charles, prennent la suite. La faïencerie fermera définitivement ses portes le 20 août 1895. »

Première photographie : Vénus à la coquille, transportée par deux dauphins. Marque : « JVB » en lettres de fantaisie bleues, imprimées sous couverte, chiffre « 62 » en creux. Manufacture Jules Vieillard & Cie. Collection Darrigade. © Jean-Christophe Garcia. Musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux.

Photographie de gauche : Œnochoé noire. Manufacture Lahens et Rateau. Collection Darrigade. © Jean-Christophe Garcia. Musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux.

Photographie de droite : Vue de la salle à manger de Jacques et Laurence Darrigade avec deux pièces spectaculaires issues de la manufacture J. Vieillard & Cie. © Jean-Christophe Garcia. Musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux.

Photographie de gauche : Ensemble de pièces du service Nella. Manufacture Jules Vieillard & Cie. Collection Darrigade. © Jean-Christophe Garcia. Musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux.

Photographie de droite : Vue d’un mur de la cuisine de Jacques et Laurence Darrigade. © Jean-Christophe Garcia. Musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux.

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Thé, café ou chocolat ?

Le Musée Cognacq-Jay présente l'exposition Thé, café ou chocolat ? L'essor des boissons exotiques au XVIIIe siècle du 27 mai au 27 septembre 2015.

Si celle-ci n'occupe qu'un étage du musée, elle n'en demeure pas moins très intéressante. Des peintures alternent avec des gravures, dessins et quelques objets d'art dont de nombreuses céramiques de diverses manufactures surtout françaises mais aussi étrangères (Meïssen...) et asiatiques (de la Compagnie des Indes), tous d'époque. Les tableaux sont de Jean-Baptiste Charpentier, Jean-Siméon Chardin, François Desportes, Jean-Baptiste Charpentier...

Un bémol cependant sur l'utilisation de quelques fac-similés, ce qui est malheureusement le plus en plus le cas dans les expositions de nos musées publics qui regorgent cependant de documents originaux. Il semble aujourd'hui plus facile d'envoyer des oeuvres d'art en plein désert (voir l'article Le scandale du Louvre Abou Dabi) que de faire communiquer des documents entre musées publics français. J'ai aussi remarqué qu'aucune vraie chocolatière n'est exposée. Cet objet est facile à différencier de la cafetière, la chocolatière ayant en son couvercle un trou permettant au moussoir de sortir afin de mélanger le chocolat. Une faïence est décrite comme étant une porcelaine : le jeu c'est de la trouver !

Le thé, le café et le chocolat sont trois boissons extraordinaires par leur teneur en éléments actifs. Dans le café on compte au moins huit-cents composés chimiques, et dans le thé on dénombre plus de cinq-cents substances actives.

Ce sont aussi des boissons 'civilisationnelles', depuis des siècles ou millénaires pour le thé en Asie, le chocolat en Amérique ou le café en Orient. Ces boissons 'exotiques' sont introduites en France à l'époque moderne. Le café notamment joue un rôle important au temps des Lumières. C'est souvent autour de cette boisson que les philosophes se réunissent dans des lieux dédiés.

Voir les articles :
Servir le thé, le café ou le chocolat au XVIIIe siècle ;
Cafés parisiens littéraires et artistiques ;
Les cafés de Paris en 1787 ;
Café des Incroyables : Ma parole d'honneur ils le plaisante (1797) ;
Le café Frascati ;
Cafés de vers 1830 ;
Le tortoniste ;
Cafés, 1857.

Photographie de gauche : La Table d'office dit aussi Les Débris d'un déjeuner. Huile sur toile de Jean-Siméon Chardin (1699-1779) de vers 1763. Musée du Louvre (Paris). Autrefois le déjeuner est l'équivalent de notre petit-déjeuner, le dîner du déjeuner, et le souper du dîner.

Photographie de droite : Détail d'un cabaret décoré des portraits en grisaille des membres de la famille royale. Porcelaine dure (1778-1779) de la Manufacture du comte d'Artois (1771-1806, Paris) par Pierre-Antoine Hannong (1739-vers 1794). Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. Un cabaret est un meuble avec ou sans pieds renfermant des liqueurs ou des porcelaines pour le thé... On appelle aussi ainsi le service qu'il contient ou un assortiment pour le thé, café... que l'on place sur un plateau.

Photographie de gauche : Tasse mignonnette et soucoupe à pois à décor naturaliste en porcelaine dure, de 1767. Manufacture royale de porcelaine. Musée Cognacq-Jay (Paris).

Photographies ci-dessous : Cabaret à décor vert et rose en porcelaine dure de la manufacture de Meissen (XVIIIe siècle). Cité de la Céramique de Sèvres.

Photographies ci-dessous : Cabaret solitaire, à décors en rapport avec l'univers de la ferme, en porcelaine dure, de vers 1767-1772. Manufacture royale de porcelaine (fondée à Vincennes en 1740 et transférée à Sèvres en 1756). Peinture d'André-Vincent Vieillard père actif de 1752 à 1790. Cité de la Céramique de Sèvres.

Photographies ci-dessous : Soucoupe de la Compagnie des Indes, en porcelaine dure, provenant de Chine (XVIIIe siècle). Cité de la Céramique de Sèvres. Au XVIIIe siècle la Compagnie des Indes demande souvent aux peintres chinois sur porcelaine de dessiner à partir de modèles occidentaux, comme ici le Christ en croix.

Photographies ci-dessous : Les Quatre heures du jour : le Matin, de Nicolas Lancret (1690-1743). Huile sur cuivre de 1739. The National Gallery (Londres). Ma photographie a malheureusement des reflets.

Photographies ci-dessous : La Visite aux jeunes mariés de Jean-Baptiste Mallet (1759-1835). Aquarelle et gouache de vers 1790. Musée Cognacq-Jay (Paris).

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Édition 2015 du Festival de l’histoire de l’art : Matière de l’œuvre & Pays-Bas.

Le Festival de l’histoire de l’art, qui se déroule au Château de Fontainebleau du 29 au 31 mai, est cette année sur le sujet de la « matière de l'oeuvre » avec comme pays invité les Pays-Bas.

Il est organisé par le Ministère de la Culture et de la Communication, l’Institut national d’histoire de l’art et le Château de Fontainebleau, avec le concours du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Il s'agit de la cinquième édition.

De nombreux événements gratuits y sont proposés : conférences, débats, tables-rondes, projections de films, concerts, lectures, visites guidées, médiation, présentations d’ouvrages sur le sujet de l’histoire de l’art.

Je n'y suis encore jamais allé. Peut-être cette année !

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D’or et d’ivoire

L’exposition D’or et d’ivoire Paris, Pise, Florence et Sienne, 1250-1320 se déroule du 27 mai au 28 septembre au Louvre Lens.

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Nymphe rassemblant des perles

Comme vous l'avez constaté, je n'ai pas de temps en ce moment pour consacrer des articles aux ventes aux enchères. Cependant là je viens de voir passer sous mes yeux le catalogue Mobilier et Objets d'Art d'Aguttes, du 28 mai prochain à Neuilly-sur-Seine (catalogue HD ici et liste des lots ici).

Photographie ci-dessus : « Michele ROCCA (Parme 1670 - Venise 1751). Nymphe rassemblant des perles. Panneau. 32,5 x 26,5 cm. »

Photographies ci-dessous : « Trumeau composé d’un cadre en bois sculpté et doré à rang de perles entourant une huile-sur-toile représentant une scène maternelle et, dans la partie basse, un miroir (au mercure). Vers 1800 (restauration). H : 127 – L : 85 cm. »

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Édition 2015 du Festival de l'histoire de l'art.

Le festival de l’histoire de l’art, qui se déroule du 29 au 31 mai, est cette année sur le sujet de la « matière de l'oeuvre », avec comme pays invité les Pays-Bas. Il est organisé par le Ministère de la Culture et de la Communication, l’Institut national d’histoire de l’art et le Château de Fontainebleau, avec le concours du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Il s'agit de la cinquième édition. De nombreux événements gratuits y sont proposés : conférences, débats, tables-rondes, projections de films, concerts, lectures, visites guidées, médiation, présentations d’ouvrages sur le sujet de l’histoire de l’art. Personnellement je n'y suis encore jamais allé. Peut-être cette année !

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Merveilleuses & merveilleux