L'Heure du souper ou l'art du bien manger aux XVIIe et XVIII siècles

Le Musée des Arts décoratifs et du Design de Bordeaux est du 20 février au 18 mai 2015 à L'Heure du souper ou l'art du bien manger aux XVIIe et XVIII siècles, une exposition ayant pour objectifs de faire l'histoire du souper et d'évoquer l'évolution des arts de la table, du 'service à la française', des 'grands soupers' et des 'petits soupers', des grands cuisiniers, des théories culinaires ...

« Cette exposition vise à retracer, à partir des collections du musée, l’évolution des manières de table, des modes et des comportements alimentaires aux XVIIe et XVIIIe siècles. » « Présentée dans les collections permanentes du musée, au sein des salons 18e de l’hôtel de Lalande, [elle] traduit également la volonté du musée de développer ses recherches et ses activités autour de la thématique des arts de la table, depuis le XVII siècle jusqu’à l’époque contemporaine, et dans les différentes acceptions de cette notion : les objets destinés à la préparation des repas, ceux réservés au service et à la consommation, les typologies d’objets en fonction des époques, des pays, etc. »

Photographie de gauche : « Détail de la table de la salle à manger de l'hôtel de Lalande. © Photo Lysiane Gauthier, musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux. »

Photographie de droite : « Ensemble de saupoudreuses à sucre du XVIIIe siècle. © Photo Lysiane Gauthier, musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux. »

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Les Emblemata de Johann Theodor de Bry

L'exposition Les Emblemata de Johann Theodor de Bry se poursuit au Musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg jusqu'au 29 mars 2015, avec « quarante gravures d’une série rare de Johann Theodor de Bry [1561-1623], les Emblemata Secularia, présentées ici pour la première fois au public ».

Les emblemata ou livres d’emblèmes sont des ouvrages illustrés de gravures 'parlantes', dont les symboles et leur agencement forment un discours, compréhensibles seulement pour ceux qui en ont les clefs si un texte ne les accompagne pas. Ces oeuvres sont très populaires en Europe aux XVIe et XVIIe siècles.

Le premier exemple de ce type semble être Emblemata de l'Italien Andrea Alciato (1492-1550), dont la première édition serait de 1531, et qui fut réédité plus de cent fois avant 1620 (en Italie, France, Allemagne et Pays-Bas).

Photographies : « Johann Theodor de Bry, Emblemata saecularia, « ARTE MEA CEREBRUM NISI SI SAPIENTIATOTUM » (« Que par mon art mon esprit tout entier ne soit que sagesse») eau-forte, 1596. » © Musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg.

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Mille & une orchidées d'Asie

Du 12 février au 9 mars le Jardin des Plantes, Muséum national d’Histoire naturelle, présente une exposition d’orchidées d’Asie dans ses grandes serres intitulée : Mille & une orchidées d'Asie. Je n'ai pas encore eu le temps de venir la voir, mais c'est un très joli thème.

« Dans un magnifique écrin végétal composé de plus d’un millier de plantes tropicales les visiteurs sont invités à découvrir cette année les orchidées. Riche de 7 000 espèces, le continent asiatique vénère la beauté de cette fleur symbole de pureté, de raffinement, de fertilité et d’érotisme. Un somptueux décor sous la voute de verres irisés de la serre des forêts tropicales plongera le public dans une myriade de phalaenopsis suspendues sur des cannes de bambous.

Les orchidées d’Asie issues de la collection des 1 000 espèces « sauvages » conservées par le Muséum dans les serres de l’Arboretum de Chèvreloup près de Versailles sont aussi présentées au public.

Le jardin botanique de la Ville de Paris est invité à la manifestation. Quelques-unes des orchidées extraites de ses collections extraordinaires gardées aux serres d’Auteuil sont dévoilées au public.

Quatre producteurs français (AM Orchidées, La Cour des Orchidées, Ryanne Orchidée et Vacherot & Lecoufle) créent quatre scènes d’orchidées où ils mettent en valeur dans des décors naturels des plantes exceptionnelles.

La bande son de l'exposition est réalisée par Duncan Pinhas, qui a composé pour cet évènement une musique sensorielle, de méditation, traversée par des sons organiques et environnementaux. Elle produit un dépaysement sonore qui dialogue avec la beauté des orchidées et leur lieu d ́origine, l’Asie.

La musique, en suspension, est composée d'un jeu de résonance sur cymbale, bol tibétain et guitare et également de traitements électroniques qui offrent au public un déploiement de sons lumineux rappelant l'éclosion de la fleur.

Cette exposition est l’occasion d’un voyage en Asie dans le monde des orchidées au milieu des plus beaux exemplaires extraits des collections publiques parisiennes et privées des meilleurs producteurs français.

Avec l’appui de l’Association Française, Culture et Protection des Orchidées (AFCPO) et de la Société Française d’Orchidophilie (S.F.O.). »

Je rappelle au passage qu'il existe plusieurs variétés d'orchidées qui poussent à l'état sauvage en France. Celles-ci sont peu impressionnantes mais jolies. C'est toujours une fête d'en rencontrer sur les chemins champêtres. Voir les articles Le mois de mai et Le mois de juillet.

Photographies : © F-G Grandin MNHN.

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La Toilette et la Naissance de l’Intime

Le Musée Marmottan Monet (Paris) présente du 12 février au 5 juillet 2015 une exposition sur le thème de La Toilette et La Naissance de l’Intime réunissant des œuvres emblématiques du XVe siècle à aujourd’hui,

Celle-ci se découpe naturellement en deux parties : avant et après la Révolution. Il est impressionnant de voir la différence entre ces deux époques de la représentation de la toilette. On passe d'un espace précieux de sociabilisation et de sociabilité, à un autre beaucoup plus pauvre, fermé, avec une présence plus prononcée de la chair et, au XXe siècle, de corps complètement déstructurés (dans les oeuvres choisies de Picasso, Fernand Léger etc.).

Mais la première partie est très intéressante. Les oeuvres sont pertinentes avec des chefs-d'oeuvre de peinture, quelques livres et gravures aussi, sans parler d'une tenture du XVIe siècle. Il manque cruellement de meubles et d'objets de toilettes qui sont souvent d'une très grande beauté. J'en ai personnellement répertoriés cent-quatre-vingt-huit (liste évidemment non exhaustive).

Comme le savent ceux qui suivent mon blog et mon site, le sujet de la toilette m'est très cher.

Voir par exemple :

La Toilette d'apparat des XVIIe et XVIIIe siècles ;

La Toilette (cette page mériterait que je l'actualise, ce que je n'ai pas fait depuis des années) ;

Le Jeu des apparences et du style au XVIIIeme siècle ;

La toilette masculine : l'art du rasage ;

La Mode et l'Hygiène : les bains publics, la propreté, le linge blanc, les appartements de bains de Louis XIV, baigneurs et étuvistes, les baignoires, les hygiénistes … ;

La Toilette galante de l'Amour, 1670 ;

Une coquette avant et après sa toilette ;

Le teint en représentation ;

Artiste peintre en visages ;

Fauteuil à coiffer du XVIIIe siècle ;

Une histoire de la coiffeuse ;

Une table de toilette du XVIIIe siècle ;

Coffres de toilette ;

Coffres, coffret et boîtes de toilette ;

Objets de la toilette ;

Objets de toilette Haute époque ;

Edits de Louis XIII imposant aux français une mode plus sobre ;

Le boudoir ;

La coquette, le jeune abbé coquet et l'abbé de Pouponville ;

La journée d'une dame au début du XVIIIe siècle ;

etc.

Photographie de gauche : « Anonyme (École de Fontainebleau), "Portrait présumé de Gabrielle d’Estrées et la Duchesse de Villars au bain", Fin du XVIème siècle - : Huile sur toile, 63,5 x 84 cm, Montpellier, Musée Languedocien, Collections de la société Archéologique de Montpellier, © Musée de la Société Archéologique, Montpellier, France / Giraudon / Bridgeman Images. »

Photographies ci-dessous : « Pays-Bas du Sud, "Le Bain, tenture de la vie seigneuriale", Vers 1500 - : Laine et soie, 285 x 285 cm, Paris, musée de Cluny - Musée national du Moyen Age, © RMN Grand Palais (musée de Cluny - musée national du Moyen-Âge) / Franck Raux. »

Photographies ci-dessous : « Abraham Bosse (d’après), "La Vue (femme à sa toilette)", Après 1635 - : Huile sur toile, 104 x 137 cm, © Tours, musée des Beaux-Arts. »

Photographies ci-dessous : « François Eisen, "Jeune femme à sa toilette", 1742 - : Huile sur bois, 36,5 x 27,3 cm, Abbeville, Musée d’Abeille, © RMN-Grand Palais /Thierry Ollivier. »

Photographies ci-dessous : « François Boucher, "Une dame à sa toilette", 1738 - : Huile sur toile, 86,3 x 76,2 cm, Collection particulière, © Image courtesy of P & D Colnaghi & Co, Ltd, London. »


Lors du vernissage de l'exposition, une journaliste a posé la question à Georges Vigarello (à l'origine de cette exposition avec Nadeije Laneyrie-Dagen) de savoir comment il envisageait le rôle de la toilette dans le futur, comment la voyait-il évoluer ? Personnellement je pense que l'on doit prendre conscience aujourd'hui que la toilette du corps n'est pas suffisante, mais que celle de l'âme est aussi nécessaire.

Dans la collection permanente du musée il y a une tenture (tapisserie de laine et de soie) de France du début du XVIe siècle (entre 1508 et 1514) représentant l'histoire de Sainte Suzanne qui aurait très bien pu s'intégrer à cette exposition. Elle est d'autant plus intéressante qu'on y voit une dame s'habiller (enfiler une manche), et prendre un bain dans une fontaine au dispositif ingénieux. Voir ci-dessous.



Ceux qui ne connaissent pas le Musée Marmottan Monet doivent aussi prendre le temps de visiter l'exposition permanente. D'abord le lieu est très beau : l'hôtel particulier étant en partie d'époque Directoire et décoré dans ce style avec des objets d'époque. Ensuite il y a diverses collections avec des enluminures et autres chefs-d'oeuvre du Moyen-âge et de la Renaissance, une collection d'époque napoléonienne, des peintures du XVIIIe siècle, de très nombreuses du mouvement impressionniste dont la plus grande collection au monde de compositions de Claude Monet.


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Sur la piste des grands singes

La Grande Galerie de l'Évolution du Jardin des Plantes (Muséum national d'histoire naturelle) à Paris présente, du 11 février 2015 au 21 mars 2016, l'exposition Sur la piste des grands singes.

Celle-ci nous immerge dans l'univers des grands singes (deux espèces de chimpanzés, deux espèces de gorilles et les orangs-outans), d'une façon qui intéressera grands et petits, nombre d'éléments éducatifs étant placés à la hauteur des plus jeunes.

Elle est en cinq parties. La première présente les six espèces de grands singes sous l’angle de leurs caractéristiques morphologiques, avec de nombreux animaux naturalisés (on disait autrefois empaillés), ce qui est tout de même morbide. On s'aperçoit que nombre de ceux-ci sont en danger d'extinction. On découvre le Microcèbe mignon, le Galago élégant, le Gibbon à favoris blancs, le Tamarin empereur (qui est tout petit avec de magnifiques moustaches), le Maki vari roux

La seconde partie se consacre à l'évolution des hominidés, famille de primates dans laquelle se trouve en particulier les grands singes et les humains … sans doute aussi le yéti … Les confrontations des squelettes, notamment des hommes et des singes, permettent de se faire une idée de cette mutation, ou plutôt de la source qui nous est commune.

La troisième section de l'exposition retrace l’histoire des connaissances sur les grands singes depuis le XVIe siècle, soulignant « le rôle majeur que le Muséum a joué dans cette aventure scientifique à travers des pièces remarquables issues de ses collections ». Quelques témoignages anciens sont ici exposés (aussi bien scientifiques que populaires), mais surtout des reproductions. On peut déplorer que beaucoup de ces dernières remplacent les estampes originales, alors que cela aurait été une bonne occasion d'éduquer le regard des enfants à notre patrimoine. Mais l'exposition Singeries au Cabinet d’Histoire permet de découvrir, du 11 février au 11 mai 2015, « les précieuses collections documentaires (vélins, gravures) du Muséum sur les singes. » Je n'ai pas pu la voir encore. D'autres manifestations sont organisées comme une exposition de photographies en accès libre sur les grilles de l’École de Botanique du Jardin des Plantes, du 11 février au 10 mai 2015.

Dans la quatrième portion c'est le plongeon dans la forêt au milieu de singes naturalisés, d'écrans ou 'volent' ces primates majestueusement d'arbre en arbre etc., en suivant le parcours d'explorateurs de cette faune majoritairement pacifique et végétarienne. Ces explorateurs sont les deux commissaires principaux : la primatologue Sabrina Krief et l’ethnologue Serge Bahuchet du Muséum national d’Histoire naturelle où les grands singes font l’objet d’une recherche très active et d’une approche pluridisciplinaire. L’exposition présente leurs toutes dernières découvertes et travaux scientifiques.

L'ambiance chaude et tropicale est subitement abandonnée dans la cinquième partie beaucoup plus froide physiquement, montrant une apocalypse où des hommes polluent, pollution s'étendant toujours, empiétant largement sur la forêt.

On finit en montant un escalier placé sous le squelette immense d'une baleine de la Grande Galerie de l'Évolution. On a l'impression de nager en dessous, ce qui est assez impressionnant.

Je crois que cette exhibition réussit dans ses objectifs principalement didactiques, scientifiques, ludiques et moralisateurs.

Quand j'étais enfant, j'avais une peluche que j'appelais Chita, comme l'amie (sœur de lait) de Tarzan. Plus tard j'ai appris que 'Chita' en sanscrit signifie 'compassion'.

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L’Opéra Comique et ses trésors

Dans le cadre du Tricentenaire de l’Opéra Comique de Paris (situé depuis le XVIIIe siècle près du Boulevard des italiens) le Centre national du costume de scène et de la scénographie de Moulins présente du 7 février au 25 mai 2015 une exposition intitulée L’Opéra Comique et ses trésors.

Les costumes présentés sont beaux.

Dans la mode d'aujourd'hui c'est chez les costumiers de théâtre que l'on trouve les plus belles créations utilisant des techniques anciennes. C'est une très bonne école d'apprentissage de la mode. Du reste les écoles de mode proposent souvent à leurs étudiants des projets de costumes pour la scène qui leur permettent tout à la fois d'exercer leur créativité et d’apprendre les bases à partir de techniques anciennes.

Photographie de gauche : « Costume pour le rôle de Ciboulette dans Ciboulette de Reynaldo Hahn, costumes de David Belugou, Opéra Comique, 2013. » © Crédits photographiques Pascal François / CNCS.

Photographies ci-dessous : « Costume pour Cendrillon de Jules Massenet, costumes d’Alain Blanchot, Opéra Comique 2011. » © Crédits photographiques Pascal François / CNCS.

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MUDO - Musée de l’Oise

Après deux ans d’une rénovation architecturale et muséographique, le MUDO-Musée de l’Oise a ouvert à nouveau les portes de son Palais Renaissance et de ses collections du XIXe siècle au XXIe le 25 janvier 2015.

« Situé au pied de la cathédrale de Beauvais, le MUDO-Musée de l’Oise est installé dans l’ancien palais des évêques-comtes de Beauvais, édifié au XIIe siècle par Henri de France, frère du roi. Au XVI e siècle, l’évêque Louis Villiers de L’Isle Adam fait reconstruire le logis principal dans un esprit Renaissance. Après la Révolution, le palais devient préfecture puis Palais de justice avant d’être officiellement musée en 1981. Des problèmes structurels dans le logis épiscopal obligent le musée à fermer le palais Renaissance en 1997, le châtelet d’entrée et les espaces d’exposition temporaires restant ouverts au public. De 2012 à 2014, tous les corps de métiers se sont mobilisés pour rénover le 1 er étage du palais Renaissance et sa majestueuse façade XVI e siècle. Afin de favoriser l’accessibilité du bâtiment, un ascenseur a été installé pour desservir les trois étages du palais et faciliter ainsi l’accès à la spectaculaire salle sous-charpente de 14 mètres de haut, au dernier étage, dès janvier 2015. La muséographie du cabinet AUM est placée sous le signe de la neutralité et de la modularité des espaces. »

Photographie de gauche : « Les sirènes musiciennes. Quatre sirènes musiciennes décorent une des voûtes du châtelet d’entrée. Jouant de la cornemuse, de la viole à archet, du tambour et de la flûte, et de la trompette marine, ces sirènes se détachent sur un fond ocre rouge semé de points noirs. Leur long corps sinueux s’ajuste parfaitement à la forme triangulaire des voûtains de l’ancienne salle de garde. Les travaux de restauration entrepris dans la pièce en 2013 ont révélé des traces infimes de couleur sur les murs et les ébrasements de fenêtres permettant ainsi d’affirmer que l’intégralité de la salle était à l’origine ornée de peintures. » © MUDO - Musée de l’Oise.

Photographie de droite : Cour intérieure de l’ancien palais des évêques-comtes de Beauvais aujourd'hui MUDO-Musée de l’Oise. © MUDO - Musée de l’Oise.

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Le baroque à Florence

La nouvelle exposition de dessins anciens de l’École des Beaux-arts de Paris est sur Le baroque à Florence. Celle-ci se déroule du 27 janvier au 17 avril 2015 au Cabinet des dessins Jean Bonna avec des oeuvres de cette école italienne datant de la fin du XVIe siècle et du début du XVIIe, sélectionnées « à partir d’un fonds très bien représenté dans sa collection et qui a fait l’objet d’un travail conséquent de réattributions. »

Photographie ci-dessus : « Léda. Francesco Montelaticci, Sanguine, lavis de sanguine et gouache . » © Cabinet des dessins Jean Bonna de l’École des Beaux-arts de Paris.

Photographie ci-dessous à gauche : « Tête casquée. Stefano Della Bella. Plume . » © Cabinet des dessins Jean Bonna de l’École des Beaux-arts de Paris.

Photographie ci-dessous à droite : « Coiffure de théâtre. Della Stefano Bella. Plume et léger lavis d'encre de Chine. » © Cabinet des dessins Jean Bonna de l’École des Beaux-arts de Paris.

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Réouverture totale du Musée Gustave Moreau

Depuis le 22 janvier 2015 le Musée Gustave Moreau est ouvert totalement au public. Ce musée est l'hôtel particulier dans lequel le peintre Gustave Moreau (1826-1898), du courant symboliste, avait son atelier … un atelier gigantesque prenant tout le bâtiment avec quelques pièces pour vivre (salle de réception, chambre, boudoir …) visibles seulement certains après-midis. Cet espace s'est révélé cependant trop petit, l'artiste ayant imaginé tout un système de placards et autres meubles permettant de contempler ses desseins et peintures comme si on lisait des pages d'un livre. Environ 20 000 œuvres y sont aujourd'hui conservées, dont des centaines de peintures et des milliers de dessins. Qu'on apprécie ou non ses œuvres, il y a trois choses qui m'ont étonné.

LE LIEU. Les murs  sont remplis de peintures du sol au plafond, et parfois sur plusieurs couches comme dit précédemment. On s'immerge ainsi dans l'univers du peintre, et dans celui du XIXe siècle, d'autant mieux que l'on est dans le quartier construit durant son siècle de la « Nouvelle Athènes » (voir à ce sujet l'article sur Le Baron Taylor à l’avant-garde du Romantisme), pas très loin du Musée de la Vie Romantique qui lui aussi conserve un lieu peut-être encore plus magique du XIXe (voir l'article La fabrique du romantisme : Charles Nodier et les voyages pittoresques).

LA MODERNITÉ DE SON OEUVRE. Même si la plupart des tableaux ne semblent pas finis, on a l'impression d'être parfois devant une œuvre abstraite ou expressionniste du XXe siècle ; ce qui laisse pantois.

L'ABONDANCE DES PEINTURES. Il y en a partout, dont certaines gigantesques, les unes sur les autres, tellement que l'on dirait, en montant les escaliers en colimaçon, qu'elles volent au-dessus de soi.

C'est donc un musée à voir, et où amener ses enfants pour qu'ils se baignent dans cet univers un peu magique.

Photographie de gauche : Cavalier. Peinture de Gustave Moreau.

Photographie de droite : De l'escalier.

Photographies ci-dessous : Derrière un tableau … un ange … et derrière des esquisses.

Photographie ci-dessous : Tableaux à feuilleter.

Photographies ci-dessous : Couches de tableaux et de dessins.

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Migration partielle

Je vais faire l'essai, à partir de février 2015, de publier sur mon site www.lamesure.fr les articles plus personnels tout en continuant de présenter sur ce blog ceux qui concernent l'actualité de l'art, mais en me centrant sur les expositions parisiennes et autour de Paris que je verrai.
 

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Cafés, 1857.

Cafes_De_Paris_1857.jpgPhotographies : Histoire des cafés de Paris extraite des mémoires d'un viveur. Café du Palais-Royal, des boulevards, de ville, etc.‎ de Marc Constantin, Paris, Desloges, 1857.

© Article et photographies LM

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Cafés de vers 1830

UnCafeVers1828Recadre300lm.jpgPhotographie ci-dessus : Lithographie en couleur de Delpech d'après H. Monnier : « Un Café ».

Photographie ci-dessous : Estampe provenant de la revue Le Charivari du « 17 Décembre 1833  » ayant pour légende : « Intérieur de café ».

Dans ces images on remarque le poêle autour duquel on vient se chauffer. Consommer n'est pas le seul but des cafés d'autrefois ; on s'y rend aussi pour parler, lire les dernières nouvelles, jouer, faire des rencontres, se réchauffer … Ce sont des véritables lieux de convivialité et de partage.

InterieurDeCafe17Decembre1833LeCharivariRecadre500lm.jpg© Article et photographies LM

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Paniers et crinolines

MagasinPittoresque1845PaniersCrinolineClair400lm.jpgEt oui, encore un nouvel article sur les crinolines ! Cette fois pour vous présenter cette illustration de la revue Magasin pittoresque de 1845 ayant pour légende :  « (Margot distribuant ses paniers. - D'après une estampe de la Bibliothèque royale.) » On le voit la robe à panier ressemble ici à la future 'crinoline cage' inventée vers 1856, qui en est la retranscription au XIXe siècle.

Autres articles sur ce sujet :
Caricatures de crinolines ;
La crinoline ;
Fabrique de crinolines ;
Bêtises et autres culbutes, gourgandines ou tâtez-y ;
Vertugadins, paniers, crinolines et tournures ;
Crinolines.

© Article et photographie LM

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Le sourire

ParisElegantJournalDesModes16juillet1838300lmLa gaîté d'être ensemble dans les moments quotidiens ne se ressent pas beaucoup dans les rues de Paris en ce début de XXIe siècle où chacun semble vivre en autiste. Un simple sourire face à un regard étonne. Sourions … Évidemment cette ère nucléaire, où la bêtise a à sa disposition des moyens faramineux pour se déployer, n'incline pas à la joie. Mais pourquoi pas ? Après tout, nous n'y sommes pour rien ! Et un sourire est un bon présage … n'est-ce-pas ?

Photographie : Gravure provenant de la revue Paris Élégant Journal Des Modes du 16 juillet 1838.

© Article et photographies LM

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Paris élégant. 1838.

1838ParisElegant2HommesRecadre300lm.jpg« PARIS ÉLÉGANT. Journal des Modes » « Redingote d'été, Habit à revers, Pantalon plissé de casimir blanc ... » 1838.

© Article et photographie LM

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La Samaritaine suite

J'ai déjà écrit sur la destruction de La Samaritaine à Paris … mais je récidive. Il me semble aberrant que le groupe de luxe LVMH, à qui appartient ce lieu aujourd'hui, en ait détruit une grande partie, et laisse pourrir depuis près de dix ans le reste. Comment est-ce possible qu'un groupe qui s’appuie sur de grands noms français du luxe rase le patrimoine de l'hexagone pour faire quelque chose de pas du tout original ?!? Voulons-nous prendre le chemin de la République populaire de Chine qui après avoir détruit des quartiers anciens en entier pour construire des immeubles de verre, reconstruit des quartiers anciens neufs ?

LVMH rachète la Samaritaine le 21 novembre 2000. Le 15 juin 2005 l’établissement est fermé suite à  un audit de sécurité entrepris après que la Commission de sécurité de la Préfecture de police de Paris ait (je mets le subjonctif car je trouve que l'indicatif n'est pas beau à entendre ici) émis un avis défavorable concernant la poursuite de l’exploitation du site en l’état. Finalement le groupe décide de tout raser. N'est-ce pas le comble pour LVMH censé défendre l'industrie française du luxe de préférer détruire des bâtiments inscrits à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques plutôt que d'engager des frais de réhabilitation ?

SamaritaineRivoli300.jpgIl est vrai que la destruction organisée de ce quartier depuis les Halles n'est pas nouvelle. Il se fait parfois sournoisement, comme pour la partie de la Samaritaine située entre les rues de Rivoli, du Pont Neuf et de la Monnaie (voir photographie) qui a été complètement détruite dans les années 1990, ne conservant que le mur extérieur. Quand on regarde de la rue, on a l'impression de plusieurs immeubles presque centenaires adossés les uns aux autres. En fait ce ne sont que les façades de ceux-ci. Tout l'intérieur a été rasé et entièrement reconstruit en moderne.

Un nouveau dossier point : celui des Champs-Élysées, comme le montre cet article de Le Figaro. Une 'rénovation' est envisagée sans aucune vision esthétique, grandeur, merveilleux, sans lustre, excellence, magnificence ... ( Ici ce que j'entends par 'magnificence') ; sans prendre en compte son histoire et ce qui en a fait sa grandeur etc. Pour le moment l'objectif est de créer un immense centre commercial (avec attractions artistiques) ressemblant à n'importe quel autre de France et de Navarre, prolongeant ce qu'est déjà devenu les Champs-Élysées en y ajoutant du pire ... toujours ... Il y a encore trente ans on venait y chercher de la beauté, du grand spectacle, de la finesse, de l'extraordinaire ... pas du vulgaire. C'est comme ces gratte-ciel verts qu'on prévoit à Paris pour 2050 (voir ici). Pourquoi aussi ne pas inventer des kalachnikovs écologiques ?

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Les recueils de mode de la seconde moitié du XVIe siècle

Les recueils de mode de la seconde moitié du XVIe siècle

Dans la seconde moitié du XVIe siècle sont publiés divers ouvrages répertoriant les modes en Europe et dans le monde, avec des gravures souvent accompagnées de textes. Ce sont des documents précieux sur la mode de cette époque.

En 1562 à Paris est édité un Recueil de la diversité des habits, qui sont de présent en usage, tant es pays d'Europe, Asie, Affrique & isles sauvages, Le tout fait après le naturel de François Desprez (ou Deserps).

Ferdinando Bertelli présente à Venise en 1563 dans Omnium fere gentium nostrae aetatis habitus, nunquam ante hac aediti  le travail d'Enea Vico qui grave vers 1545-1567 un ensemble d'estampes représentant des habits portés par différents peuples.

Jost Ammann (1539-1591) propose à Francfort en 1563 (la parution la plus connue date de 1586) Gynaeceum, sive Theatrum mulierum, in quo praecipuarum omnium per Europam in primis nationum... foemineos habitus videre est, artificiosissimis nunc primum figuris ...

Nicolas de Nicolay d'Arfeuille fournit à Lyon en 1567 Les Quatre premiers livres des navigations et pérégrinations orientales … Avec les figures au naturel tant d'hommes que de femmes selon la diversité des nations, & de leur port, maintien & habitz.

Roger de Gaignières (1642-1715) propose en 1572 un Recueil de costumes étrangers formé par Mr de Gaignières ; faisant suite aux costumes de France - Italie.

Abraham de Bruyn (1540?-1587) fait imprimer en 1578 ses gravures dans un recueil intitulé Imperii ac sacerdotii ornatus. Diversarum item gentium peculiaris vestitus ... (visible aussi ici). Une autre édition de ses gravures de 1581 est intitulée Habitus Variarum Gentium: Habitz des diverses nations.  Une édition de la même année (voir ici) d'Anvers semble être en collaboration avec Jean-Jacques Boissard (1528-1602).

Pietro Bertelli (15..-1621) présente à Padoue en 1589 Diversarum nationum habitus, centum et quattuor iconibus ...

Cesare Vecellio (v.1521-1601) publie à Venise en 1590 Habiti Antichi, et Moderni di tutto il’Mondo.

Il est difficile de se faire une idée précise des dates des éditions, rééditions, des copies etc.

Photographie du haut : Page de Habitus Variarum Gentium. Habitz de nations étranges ... d'Abraham de Bruyn et sans doute Jean-Jacques Boissard (1581).

Photographie de gauche : Gravure provenant Habiti Antichi, et Moderni di tutto il’Mondo de Cesare Vecellio (vers 1590).

© Article et photographies LM

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Autres expositions du moment

Dans ce blog il y a certaines expositions dont je devrais parler, mais ne le fais pas soit parce que je n'ai pas reçu d'invitation pour le vernissage presse, soit pour une autre raison. Cependant, pour que tout le monde soit informé, je place des liens vers le site officiel de ces expositions ici.

- Déboutonnez la mode, jusqu'au 19 juillet 2015 au Musée des Arts décoratifs de Paris. Spécialiste des modes anciennes, j'aurais bien voulu pouvoir assister au vernissage presse, comme pour la plupart des autres expositions, et vous parler de celle-ci, mais l'attachée de presse du Musée des Arts décoratifs (Mme Isabelle Mendoza) ne m'en offre jamais. Ce n'est pas faute d'avoir insisté.

- L'éventail et L'Espagne, jusqu'au 29 juillet 2015 au Musée de l'éventail de Paris.

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Promenades aériennes du jardin Beaujon

JardinBaujonDecoupe500lm.jpgAu début du XIXe siècle se construisent plusieurs attractions ressemblant aux montagnes russes. J'ai écrit un article sur ce sujet intitulé Montagnes russes parisiennes. Voici ici présentée une nouvelle gravure, cette fois de la montagne du jardin Beaujon. Elle représente Louis XVIII (1755-1824) la visitant.

Photographies : « PROMENADES AÉRIENNES, Jardin Baujon Honoré de la Présence de Sa Majesté, le 2 Août 1817. » « Dessiné d'après Nature par L. Garneray. » « Gravé par Lerouge. » Ensemble et détails.JardinBaujonLouisXVIII500lm.jpg

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JardinBaujonBillet300lm.jpg

JardinBaujonCouplebuvant300lm.jpg© Article et photographies LM

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Poésie et inventions

LeFrancaisALondresTitre300lm.jpgLa place grandissante qu'occupe la langue anglaise dans celle de Molière marque un déclin de la culture française. Préférer un mot anglais à son synonyme français ou à l'invention d'un terme nouveau, témoigne d'un manque d'inspiration, d'esprit créatif … pour dire plus simplement : de poésie. C'est aussi un signe de faiblesse. Prenons le mot 'mode'. Aujourd'hui on le remplace parfois par celui de 'fashion', car la mode française n'a plus la résonance qu'elle possédait, et les gens qui la portaient comme les petits-maîtres.

Au XVIIe siècle, face à la déliquescence du bon ton, les précieuses entreprennent d'affiner les mœurs et la langue. Elles en rajoutent, mais sont suivies par de nombreux beaux esprits qui le font avec encore plus de grâce et de subtilité. La finesse (la Fin'Amor médiévale) est de retour, et avec lui l'Esprit ! Grâce à eux et à cette nouvelle émulsion le XVIIe devient le Grand Siècle. L'excellence en est l'aspiration.

Photographie : « Le Français à Londres, Comédie, Par Mr. De Boissy, À La Haye, Chez Jean Neaulme, 1747 ». Cette comédie, en un  acte et en prose, jouée pour la première fois semble-t-il le 19 juillet 1727, est de Louis de Boissy (1694-1758).

© Article et photographies LM

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Merveilleuses & merveilleux