Destruction de la Samaritaine

Tenant mon blog seul, je n'ai pas beaucoup de temps pour faire des investigations poussées sur de nombreux dossiers. Surtout que pour les plus 'chauds' on ne reçoit généralement pas de communiqués de presse !

En passant en vélib' devant la Samaritaine à Paris je me suis rendu compte que des travaux avaient commencé à cet endroit. Voici ce qui est indiqué sur le permis de construire placardé sur une des façades datant du 17 décembre 2012 (voir la photographie ci-dessous) :

« Nature du projet : Restructuration d'un ensemble de bâtiments inscrit au titre des Monuments Historiques par arrêté préfectoral du 25/07/1990, de 7 à 10 étages sur 4 niveaux de sous-sols, composé du bâtiment « Sauvage » de 10 étages à usage d'hôtel de tourisme (14 423,00 m2) et de 2 bâtiments « jourdain Plateau » et « jourdain Verrière » de 7 étages à usage de commerce (19 493,00 m2), de bureau (11 598,00 m2), de crèche (1 133,00 m2), de stationnement (47 places) et d'habitation (55 logements sociaux créés), avec démolition et reconstruction de planchers à tous les niveaux, restauration totale des façades sur rue et aménagement d'une cour intérieure. » Ensuite on apprend que la « Surface des bâtiments à démolir » est de « 25 690 m2 » et que la superficie hors œuvre nette créée est de « 15 201 m2 ».

Ce permis de construire nous informe que tous les bâtiments de la Samaritaine étaient inscrits au titre des Monuments historiques, mais que 25 690 m2 vont être ou sont déjà détruits. Pour le reste, il ne va être gardé que les façades du bâtiment donnant sur le pont Neuf et quelques murs. Puisque tous les planchers d'époque vont être détruits, cela veut dire qu'à l'intérieur il ne restera plus grand chose d'origine. C'est donc en plein centre de Paris que ce vandalisme aura lieu. Comme les façades extérieures seront conservées on ne verra pas comment vont se passer les travaux à l'intérieur du reste bien cachés.

Je rappelle que ces bâtiments étaient classés (!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!), que le permis de construire avait été annulé le 13 mai 2014 par le tribunal administratif de Paris, que cette décision avait été confirmée le 5 janvier 2015 par la cour administrative d'appel de Paris, mais que le conseil d’État l'a récemment validé. Je rappelle aussi que c'est LVMH (groupe français numéro un mondial du luxe) qui possède le lieu et le vandalise... Quant à ceux qui ont pris cette décision au Conseil d'État, bien au chaud dans un Palais-Royal du XVIIe siècle, ils ne valent pas beaucoup mieux, et donnent un exemple plus que déplorable... ravageur...

Au sujet de Madame le maire de Paris qui est fière d'avoir obtenu que des logements sociaux, une crèche et des commerces y soient inclus... je ne vais rien dire de peur d'être particulièrement grossier.