La place Vendôme à Paris

Il faut que j'arrête de faire du vélib dans Paris ;-) Je n'arrête pas de tomber sur du façadisme. Pourtant c'est de plus en plus difficile de le voir car les chantiers sur les bâtiments anciens sont depuis quelques années toujours entièrement cachés, recouverts afin que l'on ne voit pas ce qui s'y passe. Mais il suffit de lire les permis de construire pour se faire une idée.

Donc alors que je frôlais la place Vendôme à Paris je m’aperçois qu'un chantier recouvre tout un immeuble faisant l'angle entre la rue Saint-Honoré et la Place Vendôme composé de deux hôtels particuliers : avec au n°2 l'hôtel Marquet de Bourgade et au n°4 l'hôtel Heuzé de Vologer. Cela m'interpelle car je sais que tous les bâtiments de la place sont de la fin du XVIIe - début XVIIIe siècles, construits sous Louis XIV (Jules Hardouin-Mansart conçoit cette place en 1699), et donc ces deux hôtels. Dans le n°4 le prince Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, y habite même en 1848 alors qu'il est président de la République. Ne pouvant voir ce qui se trame à l'intérieur tout étant bien caché, je lis les panneaux autorisant les travaux (cliquer sur la photographie à droite pour avoir un agrandissement) qui sont affichés visiblement en façade comme cela est inscrit dans la loi. Ce qui est appelé une « valorisation de l'immeuble » et une « réhabilitation d'un bâtiment » consiste à supprimer 2565 m2 de plancher, en créer 2086 m2 tout cela sur une superficie de terrain de 736 m2. On peut lire sur le panneau de droite que l'ensemble est un « immeuble classé au titre des Monuments historiques » !

À Paris ces saccages se font avec l'accord des architectes des Bâtiments de France (qui dépendent du Ministère de la Culture à l'échelon départemental) et de la Commission du Vieux Paris qui n'est plus du tout indépendante.

Cette place, sous laquelle il y a quelques années on a construit un immense parc à voitures, n'est donc pas malmenée que par les cambrioleurs !

Photographies ci-dessous, avec à gauche une vue du bâtiment depuis la place et à droite le même bâtiment au niveau de la rue Saint-Honoré.