La première définition du 'cireur' trouvée dans une édition du Dictionnaire de l'Académie française date du XIXe siècle. Pourtant 'cire' et 'cirer des bottes' sont dans la première édition de 1694. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle on emploie le terme de 'décrotteur', chez qui on se rend pour se faire nettoyer ses chaussures de la boue et cirer avant d'aller chez une personne de bonne compagnie.
Photographie : Gravure d'époque Directoire ayant pour titre Les Décroteurs en Boutique. On distingue derrière la vitre l'enseigne du lieu : « Ici on décrotte à la cire luisante » ; sans doute un signe de modernité puisqu'on ne distingue comme clients de cet endroit que des incroyables et des merveilleuses caricaturés dans cette estampe. Les différentes étapes du cirage sont représentées avec : le brossage, la préparation de la cire avec de l'oeuf et son badigeonnage au pinceau sur les chaussures. Avoir des chaussures cirées est une nécessité pour qui a un rendez-vous avec une dame ; comme on le remarque sur la gravure où le premier incroyable lit un message sans doute galant ; le second parle avec une jeune femme ; et le troisième part avec une autre.
Les boutiques de décrotteurs semblent être une nouveauté de la fin du XVIIIe siècle ou du tout début du XIXe siècle ; car le passage sur ce sujet de Tableau de Paris (seconde photographie), dont la première édition date de 1781, ne mentionne pas de tels endroits. A des époques où les chevaux sont nombreux dans les rues de la capitale française, les lieux de promenades (les Champs-Élysées, Longchamp, les jardins …) souvent poussiéreux voir boueux lorsqu'il pleut …, prendre soin de ses chaussures est une nécessité de tous les instants. Un des plus farouches combats de l'homme sur cette terre est sans doute celui contre la poussière.
Photographie : Premières pages du passage sur les 'Décrotteurs' de Tableau de Paris (nouvelle édition, corrigée & augmentée, tome III, 1783. « Décrotteurs. On sait que Paris se nommait jadis Lutetia, Ville de boue ; mais on ne sait pas au juste à quelle époque l'industrie enfanta l'art du décrotteur, si nécessaire de nos jours dans cette sale & grande ville. On a beau marcher sur la pointe du pied, l'adresse & la vigilance ne garantissent point des éclaboussures. Souvent même le balai qui nettoie le pavé fait jaillir des mouches sur un bas blanc. L'utile décrotteur vous tend au coin de chaque rue une brosse officieuse, une main prompte ; il vous met en état de vous présenter chez les hommes en place & chez les Dames ; car on passera bien avec l'habit un peu râpé, le linge commun, le mince accommodage ; mais il ne faut pas arriver crotté, fût-on poète. C'est sur le Pont-Neuf qu'est la grande manufacture ; on y est mieux décrotté ; on y est plus à son aise, & les voitures qui défilent sans cesse, n'interrompent point l'ouvrage. La célérité, la propreté distinguent ces décrotteurs-là ; ils sont réputés maîtres ; ailleurs vous risquez de rencontrer un
apprenti ignare, à qui vous confiez votre jambe, & qui prenant le polissoir au-lieu de la vergette, étend sur un bas de soie blanc, une cire noire & gluante que la plus habile blanchisseuse ne pourra effacer. Quel désastre pour celui qui n'a que cette paire de bas de soie blancs, & qui est invité à dîner chez une Duchesse, pour lui lire ensuite une petite comédie ou un poème érotique. Auteurs qui craignez ce revers, ne vous adressez qu'aux maîtres-décrotteurs du Pont-Neuf. S'il pleut, ou si le soleil est ardent, on vous mettra un parasol en main, & vous conserverez votre frisure poudrée, agrément que vous préférez encore à la chaussure ... »
Photographie : Gravure d'époque (1804) de la série L'Élégance parisienne. Cette planche n°1 s'intitule : 'Le désagrément d'aller à pied'. On a attaché (des enfants sans doute) à un chien un petit fagot qui en passant devant de jeunes beaux les asperge de boue. Il est à remarquer le large chapeau de l'homme qui est très à la mode à Paris à une certaine période. L'Élégance parisienne est une suite de sept estampes publiées en 1804 qui dévoilent les infortunes de la mode, comme celle intitulée 'Le désagrément d’être joli garçon' où un petit maître du Premier Empire est représenté entre un policier qui l’attrape par son collet, et une femme qui le retient d’un côté tout en étant elle-même modérée par l’argent (sur sa traîne) de son petit mari.
















quand on sera modeste, quand on sera humble ; & toujours humble, quand on aura la charité chrétienne, qui nous porte à obliger tous ceux que nous pouvons, même contre nos propres intérêts.


Il a neigé aujourd'hui toute la journée sur Paris.



Les mouches que l’on place sur le visage disent une sensibilité ; on a l'habitude de proposer (ce n'est qu'une suggestion) : en haut du front au milieu pour la majestueuse, au coin de l’œil pour la passionnée, sur la joue pour la galante ou l’enjouée, sur le nez pour la gaillarde, au coin de la bouche pour la baiseuse ou la coquette, sur le menton pour la discrète … L'usage en est sans aucun doute beaucoup plus libre. Elles sont faites de taffetas ou de velours noir à revers gommé, de toutes sortes de formes et de tailles : longues en losange, carrées, en coeur, en croissant de lune, ou même découpées en étoiles avec un petit diamant au centre. Elles font paraître le teint plus blanc par le contraste qu'elles offrent, et la peau plus soyeuse. Les compositions de visages maquillés de blanc et de carmin sont ainsi signées avec une ou plusieurs mouches.
Images faites à partir de photographies provenant de
Si les musées offrent des expositions thématiques parfois passionnantes, la passion de l'Art se rencontre souvent d'une manière
encore plus intime dans d'autres endroits comme certaines ventes de collectionneurs. Le mardi 8 décembre à Drouot Richelieu (Paris) sera proposée aux enchères par
fabriquer de la porcelaine dure comme en Asie elle en fait une imitation appelée 'tendre'. La riche collection de porcelaines dures japonaises d'Imari de style Kakiemon du prince de Condé (aussi duc de Bourbon, duc d'Enghien, de Guise, de Bellegarde, pair de France et comte de Sancerre) sert de premier modèle à ses céramistes. Après 1750, le style se diversifie avec l'ajout de nouveaux décors. La production de la fin du XVIIIe siècle privilégie semble-t-il le décor de camaïeu bleu. La marque habituelle est un cor de chasse. Après la fermeture de la manufacture de Chantilly, des fabriques fondées dans la même région poursuivent une production similaire, et leurs réalisations portent la même marque.
Hauteur verseuse : 13,2 cm Hauteur bassin : 5,5 cm Diamètre : 15 cm Couvercle accidenté, égrenures au bord du bassin, usures. » (
Photographie





où Louis-Sébastien Mercier décrit la beauté de certains des regards que l'on peut rencontrer en se promenant : « Promenades publiques. […] On s'aperçoit dans toutes ces promenades, que les femmes ont grand besoin de voir & d'être vues.















