Nous nous retrouverons dès le 1er janvier 2015 sur ce blog qui continuera de publier chaque jour à 9h du matin un nouvel article.

Sous le Second Empire (règne de Napoléon III de 1852 à 1870) il est de bon ton de conduire soi-même sa voiture au bois et autres endroits en vogue.
C'est la mode du cheval, du sport ... Il est aussi chic d'avoir un chasseur, c'est à dire un domestique qui monte soit à l'arrière, soit sur le siège de la voiture à côté du conducteur.
Dans les deux iconographies présentées ici le chasseur est petit, se tenant raide et les bras croisés sur sa poitrine.
Photographies ci-dessus et à gauche : Dessin d'époque napoléon III, crayon sur papier teinté (28 x 21 cm), avec la légende : « Allant aux courses », sans doute de Longchamp au bois de Boulogne.
Photographie de droite : Centre d'une assiette de Choisy-le-Roi représentant : « La biche au bois. » « Avec changements à vue, et nombreux trucs. » La scène se passe au bois de Boulogne, promenade à la mode déjà au Moyen-âge. Sur l'aile de l'assiette « L'année 1866 » est inscrite. 'Biche' est le nom que l'on donne à certaines petites-maîtresses à cette époque.
© Article et photographies LM
Le château de Versailles propose depuis le 16 décembre un nouveau site internet présentant des photographies prises par ses visiteurs depuis le début du XXe siècle jusqu'à aujourd'hui. Cliquer ici pour y accéder.
Le Musée des Beaux-Arts de Caen présente jusqu'au 8 mars 2015 l'exposition La gravure allemande à la Renaissance rassemblant autour de deux cents exemples de ces estampes.
Cette exposition offre « un panorama de la production graphique allemande dans la première moitié du XVIe siècle, une production d'une richesse d'invention et d'une qualité technique rarement égalées. Les œuvres exposées, toutes issues de la collection Mancel conservée au musée des Beaux-Arts, permettent en outre d'évoquer une page d'histoire particulièrement dense, marquée en particulier par de grands bouleversements politiques, économiques et religieux. »
Photographie de gauche : Thétis et Chiron, gravure au burin de Georg Pencz, 1543. © MBA Caen.
Photographies ci-dessous : Saint Jérôme dans sa cellule, gravure au burin d'Albrecht Dürer (1471-1528), 1514. © MBA Caen.
Pour tous ceux qui s'intéressent au devenir du Musée de l'éventail à Paris cliquer ici.


L'exposition Portraits de l’époque romantique. Une passion de collectionneur, est prolongée jusqu’au 10 mai 2015. Elle réunit un ensemble de peintures, miniatures, dessins et objets du XIXe siècle.
L'intérêt de cet évènement réside notamment dans le fait que ces oeuvres sont mises en situation dans un contexte d'époque, dans l'esprit du temps.
« Parmi ces œuvres figurent les tableaux d’Achille Devéria, Henri Decaisne, Claude-Marie Dubufe, Camille Roqueplan et d’autres peintres très représentatifs de la peinture des Salons et du goût pictural de l’époque (Léon Cogniet, Gillot Saint- Evre, Pierre Duval Le Camus, Guillaume Lépaulle, Adèle Grasset). »
Photographie du haut et de gauche : « Louise Hersent, née Mauduit (Paris, 1784-1862). Portrait d’une jeune femme portant une robe blanche, avec un châle de cachemire, accoudée à une méridienne, 1834. Huile sur toile. »
Photographie de droite : « Gillot Saint-Èvre (Bault-sur-Suippe, 1791 – Paris, 1858). Portrait d’une princesse de Bragance, 1832. Huile sur toile. »
Photographie ci-dessus : « Jean-Philippe Rameau. Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels. Paris, jean-Baptiste-Christophe Ballard, 1722, exemplaire avec corrections autographes. BNF, Département de la Musique (ancienne collection andré Meyer). »
Photographie ci-dessus : « Jean-Philippe Rameau. Vérités également ignorées et intéressantes tirées du sein de la nature. Fragment autographe, vers 1763. BNF, Département de la Musique. »
PROLONGATION JUSQU'AU 22 MARS ! Du 16 décembre 2014 au 8 mars 2015 la Bibliothèque-musée de l'Opéra met à l'honneur Rameau et la scène.
Cette exposition présente des manuscrits de Jean-Philippe Rameau (1683-1764) et autres documents d'époque autour de son œuvre, ainsi que des témoignages des interprétations qu'il a suscitées au XXe siècle.
TOUT D'ABORD L'OPÉRA GARNIER : Si l'époque haussmannienne et la transformation de la capitale française sous la houlette de Napoléon III et du préfet Haussmann de 1852 à 1870 a détruit une grande partie du vieux Paris, elle a offert quelques monuments, comme sans doute le plus merveilleux : l'Opéra Garnier construit entre 1861 et 1875. Cet édifice est une véritable architecture musicale reprenant les connaissances harmoniques, semblant jaillir du suintement sonore de la lyre d'or d'Apollon en son sommet et se figer en pierres qui sont autant de notes musicales. Ayant étudié le théâtre antique, je suis particulièrement sensible à toutes les références qu'on trouve dans ce lieu avec un mélange typiquement XIXe siècle.
ENSUITE L'EXPOSITION : Elle vaut le détour, ne serait-ce que pour les manuscrits de Jean-Philippe Rameau que l'on peut y contempler. Les œuvres anciennes, du XVIIIe siècle, sont peu nombreuses mais de qualité, avec en particulier des peintures, dessins, livres … Avec des instruments d'époque cela aurait été parfait.
Photographie de gauche : « Atelier de Jacques André Joseph Aved (?). Portrait présumé de Jean-Philippe Rameau. XVIII e siècle. Huile sur toile, 101 x 81 cm. Collection Christophe Rousset. Cliché Raphaële Kriegel. »
Photographie de droite : Dessin de Louis-René Boquet (1717-1814). Costume de Mlle Puvigné, la statue dans Pygmalion. XVIIIème siècle. BNF. Bibliothèque Musée de l'Opéra.
Photographies ci-dessous : « Jean-Philippe Rameau. Partition des Paladins, comédie-ballet. Manuscrit autographe, 1760. BnF, dpt de la Musique. »
Photographies ci-dessous : Prises en arrivant à l'Opéra.


Photographie ci-dessous : « Portrait de Marie Sallé. Huile sur toile, 1737. Tours, Musée des beaux-Arts, (dépôt du Musée du Louvre, fonds de la récupération artistique). » Marie Sallé (17071-1756) est une danseuse française.
Photographies ci-dessous : Deux portraits de l'acteur Pierre de Jélyotte (1713-1797).
À gauche - Dans cette peinture il joue de la guitare.
À droite - Par Charles Antoine Coypel (1694-1752), « dans le rôle titre de Platée, ballet bouffon. Huile sur toile, 1745. Musée du Louvre. »
Photographies ci-dessous : « Jean-Philippe Rameau. Partition de Zéphyre, acte de ballet. Manuscrit autographe, entre 1745 et 1755. BNF. Département de la Musique. »
Photographie ci-dessous : « Castor et Pollux. Louis René Boquet. Costume d'un « plaisir céleste ». Encre et aquarelle : maquette pour la reprise de l'Opéra, 1772. BNF. Bibliothèque Musée de l'Opéra. »
Le vendredi 19 décembre la maison Olivier Coutau-Bégarie présente une vente d'Étoffes & Costumes anciens dont voici quelques photographies provenant du catalogue.
Retrouvez toutes les ventes aux enchères : INTERNATIONAL • Artvalue • Christie's • Sotheby's • FRANCE • Interencheres • Auction • PARIS • Drouot • Artcurial • Piasa • Tajan • • •
« Les Plaisirs de l'Hiver. » Gravure d'époque Charles X, vers 1825.
© Photographie LM
Un blog c'est une chronique, le plus souvent de celui qui l'écrit. En ce qui me concerne je parle des expositions que j'ai vues ou qui m'intéressent, de ventes aux enchères, de ma collection, de modes, d'élégances ... enfin de plein de choses autour de l'art ancien à notre époque. Un blog c'est un peu narcissique.
Ceux qui le suivent savent que j'ai publié ici de nombreux articles sur les petits maîtres de la mode. Il y a quelques mois un éditeur m'a contacté pour me proposer de composer un ouvrage. J'ai choisi ce sujet. J'ai fait passer à Christian Lacroix, le grand couturier maintenant décorateur, quelques passages de ce livre en lui proposant d'en faire la préface. Lors de sa remise en main propre celui-ci semblait intéressé. J'étais d'autant plus sûr de moi que deux jours avant, une personne venant de publier un premier livre sur la mode, me disait qu'il avait reçu une lettre manuscrite de celui-ci lui expliquant combien il avait apprécié son ouvrage.
Pour ma part, voici sa réponse électronique datée du 10 décembre :
« Bonjour,
Monsieur Lacroix a bien reçu votre courrier en date du 18 novembre dernier et il vous en remercie vivement.
Il a bien entendu été particulièrement sensible à ce que vous ayez pensé à lui pour une éventuelle préface.
Malheureusement, il ne pourra y donner une suite favorable.
En effet, son emploi du temps et ses engagements vis à vis de plusieurs projets ne lui laisseront pas le loisir ni le temps nécessaire à l'écriture d'une telle préface.
C'est pourquoi il me demande de vous transmettre ses excuses, ses regrets ainsi que ses sentiments les plus cordiaux.
JPP »
Comme je suis positivement têtu, et comme je n'aime pas le gâchis, son refus est au moins une occasion de vous annoncer ce livre en préparation.

Du 13 décembre 2014 au 8 mars 2015, la Fondation Custodia présente l'exposition Entre Goltzius et Van Gogh. Dessins & Tableaux de la Fondation P. et N. de Boer. avec cent quinze tableaux et dessins de la collection de Piet de Boer (1894-1974), un marchand néerlandais, d'une période allant de la fin du Moyen-âge à Vincent van Gogh (1853-1890).
Photographie de gauche : « Vincent van Gogh, Champ de blé, juin 1888. Huile sur toile, 50 x 61 cm. © Fondation P. et N. de Boer, Amsterdam. »
Photographie de droite : « Hendrick Goltzius, Le Toucher, vers 1595-96. Pierre noire, plume et encre brune, lavis brun, rehauts de blanc et de sanguine, 159 x 124 mm. © Fondation P. et N. de Boer, Amsterdam. »

Christie's a vendu dernièrement à Paris une paire de coffres sur piètement, d'époque Louis XIV, attribués à André-Charles Boulle (fin du XVIIème siècle - début du XVIIIème). Si je vous les présente dans ce blog c'est que, comme vous le savez, il y est beaucoup question de mode et de toilette. Ces objets sont sans doute des 'coffres de toilette', c'est à dire des écrins dans lesquels on range la 'petite toile' (toilette), avec les ustensiles servant à l'entretien du corps et sa parure (parfums, pots à fard, peigne, miroir ...). Lorsqu'on souhaite s'en servir, on les sort du coffre, plaçant la toile sur une table (de toilette) avec dessus les menus objets et bien sûr le miroir.
Photographie : © Christie's.

Jusqu'au 4 janvier 2015 le musée d’histoire de Lyon présente une exposition intitulée La recherche de l'excellence : le compagnonnage à Lyon de ses origines mythiques à nos jours. Elle offre un historique de l'évolution du compagnonnage jusqu'à aujourd'hui, avec des documents d'époque dont des chefs-d'oeuvre de compagnons.
De nos jours cette pratique est toujours très vivace, formant de nombreux jeunes dans un esprit de solidarité et d'amour de 'la belle ouvrage'.
Photographie de gauche : « Chef d’œuvre de compagnon serrurier, 1855, François Tissot, Lyon, Inv 585. © musées Gadagne / X. Schwebel. »
Photographie de droite : « Chef d’œuvre de compagnon charpentier, 19e, Inv 430. © musées Gadagne / X. Schwebel. »
Romans-sur-Isère est une ville située dans le département de la Drôme en région Rhône-Alpes. Depuis le Moyen-âge elle est réputée pour son travail du cuir et après 1850 son industrie de la chaussure. Depuis quelques années elle possède un Musée international de la chaussure.
« Les trois cents modèles de chaussures exposés ont été sélectionnés parmi les 16500 pièces conservées au musée, dont la prestigieuse collection du Musée national du Moyen Âge Thermes de Cluny, déposée par l’État. Ils sont le reflet de la mode de leur époque et de l'art de la cordonnerie. »
Photographies : Avant le XIXe siècle, les chaussures sont souvent en tissu (pour les végétariens comme moi c'est l'idéal). En voici deux exemples pour femmes. © Musée international de la chaussure de Romans.
Photographies ci-dessous : Deux chopines du XVIe siècle exécutées à Venise. © Musée international de la chaussure de Romans, © Direction des Musées de France, 2002, © Christophe Villard. Voir article intitulé Les chopines vénitiennes.
Vente Pescheteau-Badin, à Drouot Richelieu (Paris), du lundi 8 décembre : Collections et Curiosités - Arts d’Asie & d’Orient - Manuscrits - Livres Anciens & Modernes.
Photographies : Mortier italien en bronze du XVIIIe siècle, de style néoclassique, sans doute d'apothicairerie, reposant sur un haut support en bois tourné. Il est orné dans sa partie supérieure d'une frise de feuilles (peut-être des palmettes) au-dessus d'une guirlande tenue par des masques auxquels sont suspendus des médaillons avec un profil d'empereur et des cartouches. Dans sa partie inférieure alternent des feuilles d'acanthe à crochet et de laurier. Le bord de la base du pied possède une frise de perles. Dans l'un des cartouches on a l'inscription TUDERTI, et dans un autre B. LANZI F.C qui est peut-être le nom du fondeur. Le mortier fait 38,7 cm de haut et 41,2 cm de diamètre. La hauteur totale avec le socle est de 101, 3 cm. » © Catalogue.
Vente Ader, dans la salle des ventes Favart (Paris), du jeudi 11 décembre : Estampes.
Photographies ci-dessous : « Almanach pour l'année M.DCCXL [1740]. Le Départ de Madame Ire pour l'Espagne. 1739. Eau-forte. À vue : 485 x 850 mm. » © Catalogue. L'almanach est ici sous l'aspect d'un calendrier annuel. Il peut être aussi sous la forme d'une publication annuelle contenant en plus du calendrier divers renseignements et pages d'écriture.
- Delorme & Collin du Bocage (Drouot Richelieu à Paris) du 10 décembre : Tableaux, mobilier, objets d'art.
- Aguttes (Neuilly-sur-Seine) du 11 décembre : Bijoux - argenterie -tableaux & dessins - mobilier et objets d'art.
- Guillaumot-Richard (Villefranche-sur-Saône) du 13 décembre : Archéologie, Tableaux Anciens et Modernes, Argenterie, Mobilier, Objets d'Art.
- Artcurial (Paris) du 15 décembre : Mobilier & Objets d'Art.
- Aguttes (Neuilly-sur-Seine) du 16 décembre : Mobilier et Objets d'Art.
Retrouvez toutes les ventes aux enchères ici : INTERNATIONAL • Artvalue • Christie's • Sotheby's • FRANCE • Interencheres • Auction • PARIS • Drouot • Artcurial • Piasa • Tajan •
Le musée Pierre Cardin ouvert le 13 novembre 2014 à Paris à 25 euros l'entrée me fait réagir. Pierre Cardin semble oublier quelle est la principale origine de la mode : la rue. L'élitisme n'a rien à voir avec les rythmes de la mode, son harmonie … sa musique. Je n'ai pas arrêté de le montrer dans ce blog à travers les petits-maîtres. Si la mode aujourd'hui n'est plus qu'une entreprise internationale (qui plus est en anglais) du prêt à porter, c'est aussi parce que la rue n'est plus ce qu'elle était en France depuis l'Antiquité : un théâtre permanent. Avant la télévision on s'asseyait dehors pour regarder les gens passer, discuter, rencontrer. On se promenait de la même façon, mais aussi pour 'faucher le persil', c'est à dire se montrer, à la manière des mannequins sur un podium. Le but n'était pas seulement comme aujourd'hui d'aller d'un point à un autre … mais d'être, regarder, lancer des oeillades, sentir, goûter … enfin vivre de ses sens … du sentiment qui en est l'expression. Les gandins et les merveilleuses réinventaient constamment la mode aidés par les couturiers et les couturières. Il y en avait même dans chaque village. Avant le prêt-à-porter, on ne portait que du sur-mesure, qu'il vienne d'une boutique où de chez soi, les patrons d'habits se vendant dans les magazines de mode. Et puis en cette période de grands froids, où certains dorment dans la rue, n'est-ce pas laid que d'autres bradent cet outil commun, cette fête collective du bien vivre ensemble que devrait représenter la mode, pour un luxe pécuniaire personnel, ou des considérations élitistes qui n'ont rien à voir avec ce que moi j'appelle la mode : une science des rythmes de représentation de l'individu en relation avec la communauté, à laquelle personne ne devrait être exclu ?
Photographie : Montage représentant un incroyable rue de Richelieu (à Paris) autrefois dédiée à la mode, là où se trouvait la boutique de Rose Bertin (1747-1813) avant la Révolution.
Photographies ci-dessous : « Rues de Paris le dimanche matin. » Faïence fine de Bordeaux de la manufacture Vieillard (marque aux trois croissants) datant entre 1845 et 1865 en pleine époque de la mode de la crinoline. Ici des vendeuses de crinolines sont présentées envahissant les rues de Paris le dimanche matin. J'ai déjà présenté cette assiette dans un article de mars 2012.
Photographies ci-dessous : « Tout à fait bon genre ». Assiette de Choisy le Roi du XIXe siècle, de la série « La crinoline », n°11.
© Article et photographies LM
Du 5 au 8 décembre 2014 c'est la Fête des Lumières à Lyon. Cette réjouissance a lieu non seulement dans cette ville mais aussi aux alentours. Quand j'étais enfant, dans le village de mon enfance dans la Loire, le soir du 8 décembre les habitants mettaient des bougies dans des verres souvent colorés aux fenêtres, ce qui donnait une ambiance merveilleuse, sans qu'il soit besoin de sons et lumières fastueux. Tout le monde participait pour un effet garanti, pour seulement l'achat de quelques bougies ou d'un peu d'huile avec des mèches (chacun ayant des verres chez soi). Cela se fait encore aujourd'hui.
Photographie : © Wikipedia.

L'exposition Bon Boullogne (1649-1717) : Un chef d'école au Grand Siècle m'a fait découvrir le Musée Magnin de Dijon qui je crois vaut le détour.
Ce musée est situé dans l'hôtel particulier d'Étienne Lantin (1610-1681), acquis en 1829 par Jean-Hugues Magnin. À l'intérieur, ses petits-enfants, Jeanne (1855-1937) et Maurice (1861-1939) Magnin, décident de créer un musée afin de présenter leur collection constituée de mille sept cents peintures, dessins et petites sculptures. À cela s'ajoutent du mobilier et d'autres objets d'art. En 1937 ils lèguent cet ensemble à l'État.
Une visite virtuelle du musée est disponible ici.
Photographies ci-dessus : © RMN/Michel Urtado.
Photographies ci-dessous : prises à partir des images de la visite virtuelle.

Ici on accède aux dessins de la collection.
Photographie ci-dessous : « Jules Robert AUGUSTE, dit MONSIEUR AUGUSTE. Paris, 1789 – Paris, 1850. Deux fashionables en conquête. XIXe (2e quart). 1938 DF 17. Plume, encre et aquarelle sur papier vélin. H. 13,6 cm ; L. 9,4 cm. Signé et Daté, en bas au centre, à la plume et encre brune : "Auguste 1826". » © Réunion des musées nationaux - Grand Palais 2008.
La Convention du Symev (Syndicat national des maisons de ventes volontaires) du mardi 2 décembre 2014 a été l'occasion de se rendre compte de l'ambiance du marché des ventes publiques aux enchères en France.
Si le commissaire priseur, dans le cadre d'un opérateur de ventes volontaires (OVV), est susceptible de vendre aussi bien des oeuvres d'art que du matériel industriel ou de l'électroménager ... rappelons que cette profession est accessible aux titulaires d’une licence de droit et d'une licence en histoire de l'art. Bien que principalement marchande, elle nécessite une certaine sensibilité à l'art. On peut regretter que l'aspect 'amour des oeuvres et objets d'art' n'ait pas été évoqué lors de cette convention. Et lorsqu'il était question d'art c'était de contemporain. Il est vrai qu'il fait des sommes folles qui sont le reflet du malaise de notre société et d'un goût prononcé pour la 'spéculation' qui n'a cessé d'augmenter ces dernières années dans le marché de l'art.
Mais d'autres points ont été évoqués, comme l'ouverture des maisons de ventes aux différents protagonistes du marché de l'art et de l'art en général, la complémentarité des acteurs de ce secteur, la nécessité d'innover, d'avoir des démarches pédagogiques, de formation, d'information, de structurer les présentations (par exemple en thématiques), de mettre en scène les objets présentés, de s'ouvrir à internet etc.
La première table ronde était intitulée « La maison de ventes : un nouveau lieu de vies ». Elle présentait ces endroits non seulement comme marchands mais aussi comme des espaces d'expositions, de conférences, d’événements, de convivialité, culturels. Cette mutation est séduisante. Certaines suivent déjà cette direction comme Artcurial depuis près de douze ans ou Fauve Paris depuis une année. L'hôtel de ventes Drouot-Richelieu devrait lui aussi ouvrir bientôt un espace de restauration et d'échanges. On peut déjà profiter de son quartier rempli d'antiquaires, cafés, restaurants, où se retrouvent marchands et acheteurs ; quartier se métamorphosant lors de certaines manifestations comme pour La semaine du dessin qui a lieu vers mars-avril, La semaine Art d’Asie à Drouot qui se déroulera du 5 au 15 décembre 2014, ou la Grande journée de solidarité à Drouot ! du 6 décembre, etc. Il a été proposé que les maisons de ventes se greffent davantage sur les grands événements culturels, de susciter les curiosités, d'aller vers les nouveaux acheteurs et de s'adapter à eux, notamment par Internet, et de tous les points évoqués dans le paragraphe précédent.
La seconde table ronde « La maison de ventes : méthodes d’hier vs méthodes de demain » a mis en lumière les mutations profondes du marché de l'art, des acheteurs, de leurs attentes, de la dématérialisation des ventes ... Certains comme Rémy Le Fur semblaient un peu dépités par cette évolution vers des salles de ventes avec de plus en plus d'acheteurs 'virtuels'. Pour d'autres c'était le contraire, comme pour les nouveaux acteurs d'Internet, ou bien Jean-Pierre Osenat qui paraissait ravi de ces changements. Drouot va dans le sens d'Internet en proposant de plus en plus de ventes soigneusement cataloguées, avec des enchères en direct que l'on peut aussi simplement regarder comme spectateur sur son écran, des parcours de salles grâce à des photographies dont certaines à 360°, des notices explicatives, des vidéos ... et heureusement encore la possibilité de venir voir, toucher et manipuler les oeuvres directement en venant sur place ... sauf pour les ventes entièrement dématérialisées. D'autres suivent cette voie comme Interenchères etc.
La troisième table ronde était sur la « gestion des risques » : les garanties des acheteurs et des vendeurs, la sécurité du transport, des transactions et des paiements … Là clairement il y a un certain mécontentement vis-à-vis des législations toujours plus complexes, changeant continuellement et freinant le métier.
D'après le président du Symev, les maisons de ventes volontaires vont de plus en plus se regrouper dans une direction qu'impulse l'Union européenne. Ce n'est pas sûr que cela soit la bonne direction ... dans la mesure où elle ne mènera que vers les multinationales financières 'mangent-tout' actuelles et une industrialisation du marché de l'art qui raréfiera encore plus les acteurs de ce marché. Je crois que les structures devraient être multiples et à échelles variées, principalement humaines, afin de favoriser la diversité (diversité = richesse) et l'émergence de concepts novateurs et pérennes tournés vers l'abondance des ressources.
