Napoléon encore

2015 année Napoléon 1er ? Après avoir massacré les royalistes au nom de la Révolution, Napoléon 1er s'est fait sacrer empereur.  Cherchez l'erreur ! Et puis 2015 est le deux-centième anniversaire d'une grande défaite française : la bataille de Waterloo qui a mis au pouvoir les anglo-saxons dans le monde (les trois dernières guerres entre la France et l'Allemagne ayant achevé d'affaiblir ces deux grandes puissances). Par contre, je le rappelle, puisque semblant être le seul à le faire, on a passé presque sous silence l'année dernière l'anniversaire (six cents ans) de la naissance de Saint-Louis (voir l'article ici). Pourquoi ? Sans doute parce que ce roi a fait des croisades dont le but était de reprendre aux musulmans des lieux de pèlerinages chrétiens en Terre Sainte. Pourtant Saint-Louis n'a jamais été considéré comme un mauvais roi … au contraire. Et puis il est nécessaire de reconsidérer l'apport du Moyen-âge à la France. C'est une période qui met en place beaucoup de choses qui nous semblent acquises aujourd'hui mais reniées ou oubliées par nombre de nos 'élites'. Par exemple pour la mode, qui est un domaine que je connais particulièrement maintenant, son apport est considérable... mais j'en reparlerai.

Donc on est qu'au début de 'l'anniversaire' des deux-cents ans de la défaite de la bataille de Waterloo et de l'invasion de la France par les alliés, et voilà que déjà quatre expositions sur Napoléon sont programmées. Une dont j'ai parlé au Musée Carnavalet (Napoléon et Paris) qui est particulièrement intéressante pour ceux qui aiment l'ancien Paris et la mode Directoire des merveilleuses et incroyables ; une autre qui se déroule jusqu'au 29 juin au Château de Fontainebleau intitulée Pie VII face à Napoléon ; une du 22 avril au 20 juillet 2015 au Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau intitulée Cap sur l'Amérique : La dernière utopie de Napoléon ; quant à la quatrième : Napoléon Ier ou la légende des Arts 1800 - 1815, elle a lieu du 24 avril au 27 juillet 2015 au Musée national du palais de Compiègne.

Lorsque la troisième exposition parle 'd'Amérique', elle le fait des États-Unis, comme si on ne les avait pas déjà assez sur le dos avec leur Otan, leur anglais et leur bourgeoisie triomphante avec leur argent roi. Comme s'il n'existait pas d'autres Amériques que celle-là. De plus Napoléon ne s'est presque pas occupé des Amériques durant son règne, si ce n'est pour faire des bêtises, comme rétablir l'esclavage que la Révolution avait interdit, et vendre la Louisiane aux États-Unis pour quatre-vingt millions de francs !! Par contre il a beaucoup aidé l'industrie de la mode et contribué à répandre un nouveau style des arts décoratifs qui selon moi est beaucoup moins fin que ce qui précède… plus 'bourgeois' pour employer un mot d'ancien régime.

L'année 2015 est aussi celle de l'anniversaire des deux-cents de la mort de Louis XIV. J'en reparlerai. Mais vivement qu'on fête quelque chose de positif… une naissance… un baptême… une victoire sur la bêtise humaine… enfin quelque chose de bon !

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Cristóbal Balenciaga

PROLONGATION JUSQU'AU 27 SEPTEMBRE !

La Cité de la dentelle et de la mode à Calais consacre une exposition au grand couturier Cristóbal Balenciaga (1895-1972) intitulée : Balenciaga, magicien de la dentelle, du18 avril au 31 août 2015 . « Avec près de 75 tenues, des accessoires (chapeaux, gants, souliers) ainsi que des photographies et des croquis d’atelier, cette exposition offre un vaste panorama de la création du couturier espagnol et permet de dresser l’histoire de Balenciaga et la dentelle. »

Photographie de gauche : « Cristóbal Balenciaga, manteau et robe de cocktail en dentelle Chantilly, 1953. Photo de dépôt de modèle. © Photo et modèle conservés dans les Archives Balenciaga, Paris. »

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L’épopée des rois thraces. Découvertes archéologiques en Bulgarie.

Le Louvre présente du 16 avril au 20 juillet 2015 l'exposition L’épopée des rois thraces. Découvertes archéologiques en Bulgarie. Il s'agit d'une collaboration bulgaro-française avec des commissaires d'exposition bulgares et français et un partenariat avec le ministère de la Culture bulgare et l’Institut français de Bulgarie. C'est une grande joie de voir une telle collaboration entre pays à travers des objets d'exception qui sans aucun doute sont une des fiertés du peuple bulgare.

La Thrace est une ancienne région se situant au nord de la Grèce, en grande partie dans l'actuelle Bulgarie. Elle est très importante dans notre histoire des arts, étant la patrie d'Orphée (fils du roi de Thrace Œagre et de la muse Calliope) la figure même du poète musicien. Elle est aussi celle de plusieurs rois légendaires.

Il s'agit d'une très belle exhibition d'objets remarquables provenant principalement de tombes aristocratiques ou de rois de Thrace des Ve au IIIe siècles avant J.-C. découvertes dans ces dernières décennies. Ces ensembles funéraires sont montrés pour la première fois dans leur intégralité.

Ce sont des trésors rares d'or et d'argent mais aussi de la vie coutumière : toilette (pour les femmes comme pour les hommes), guerre, théâtre etc. Tous sont d'un grand intérêt comme par exemple un étui d'épée en cuir du IVe siècle avant J.-C. trouvé en 2004 je crois : les objets en cuir conservés de l'Antiquité étant introuvables du fait de leur fragilité. Celui-ci rappelle les reliures des XVIIe et XVIIIe siècles avec leurs dorures aux motifs confectionnés à partir de petits fers. Pourtant là nous sommes plus de deux mille ans avant. Le Trésor de Panagyurishte de la fin du IV e av. J.-C. est époustouflant avec ses neuf éléments en or massif (des exemples dans les photographies de droite et ci-dessous) d'une grande beauté. Pour ne citer que quelques-uns de ces trésors.

L'exposition débute avec la figure d'Orphée et celle de Rhésos, roi de Thrace (vers le XIIe siècle av. J.-C.) qui dans l’Iliade est aux côtés des Troyens, avec quelques items 'récents' dont deux magnifiques manuscrits illustrés du Moyen-âge, et d'autres objets d'époque présentant les Odryses, un peuple qui fonda un royaume puissant dans la période et le lieu qui nous concernent. Elle se poursuit en présentant son aristocratie par l'intermédiaire des découvertes faites dans des nécropoles, « articulées autour de tertres funéraires aux dimensions remarquables, qui témoignent de l’essor, dans les années 470 av. J.-C., d’une aristocratie thrace disposant d’une richesse inédite ». Ces ensembles sont structurés selon trois catégories d’objets : « les accessoires de parure et de toilette ; les éléments du banquet ; l’armement. Seul ce dernier est réservé aux hommes, service à vin et ustensiles de toilette se retrouvant dans les sépultures des deux sexes. » On constate un réel raffinement et une prégnance mythologique et esthétique remarquable très proches de la Grèce.

Photographies ci-dessus : « Couronne. 350-300 av. J.-C. Or. Musée d'histoire "Iskra", Kazanlak. © Musée historique de Kazanlak / Todor Dimitrov. »

Photographie de gauche : « Tête de Seuthès III. Golyama Kosmatka. III e siècle av. J.-C. Bronze. Musée et institut Archéologique, Sofia © Sofia, Institut archéolo gique national et Musée. Académie bulgare des sciences / Krassimir Gueorguiev. »

Photographie de droite : « Trésor de Panagyurishte, rhyton. Fin IVe av. J.-C. Or. Musée archéologique, Plovdiv. © Musée régional archéologique de Plovdiv / Todor Dimitrov. »

Photographies ci-dessous : « Trésor de Panagyurishte, phiale. Fin IV e av. J.-C. Or. Musée archéologique, Plovdiv. © Musée régional archéologique de Plovdiv / Todor Dimitrov. »

Photographies ci-dessous : « Lécythe polychrome, tombe 4. IV e av. J.-C. Terre cuite. Musée archéologique, Sozopol © « Centre muséal » Sozopol / Todor Dimitrov. »

Photographies ci-dessous : « Rhyton griffon. Trésor Borovo. 400 -350 av. J.-C. Argent. Musée régional d'histoire, Ruse. © Musée régional historique de Ruse / Todor Dimitrov. »

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Deux mille ans de théâtre en Asie

L’exposition Du Nô à Mata Hari, 2000 ans de théâtre en Asie, qui se déroule au Musée Guimet du 15 avril au 31 août 2015, offre un survol du théâtre asiatique avec de très beaux objets. Le sous-sol est assez féérique avec ses masques, marionnettes et costumes multicolores. La rotonde (bibliothèque du musée) du premier étage rappelle les débuts de Mata Hari (1876-1917), dans ce lieu même ou Émile Guimet (1836-1918) aménagea pour la première représentation publique de celle-ci un temple hindou. Le second étage est consacré aux images d'acteurs japonais à travers des estampes du XVIIIe siècle du kabuki qui est la forme épique du théâtre japonais traditionnel. J'aurais aimé retrouver dans cette exposition Thangtong Gyalpo (1385-1464 ou 1361-1485), 'le roi de la plaine de la vacuité', créateur du théâtre tibétain. Mais c'est tout de même un beau voyage offert par cette exposition, que l'on peut poursuivre en baguenaudant doctement ou pas au milieu des oeuvres asiatiques exceptionnelles de la collection permanente du musée.

Ceci me donne l'occasion de faire le parallèle entre le théâtre oriental et l'occidental. On pense que ce second a rarement été religieux, contrairement au premier qui l'a été le plus souvent. Pourtant l'origine du théâtre occidental l'est. Il est né durant l'Antiquité de rituels liés à Dionysos. Il a gardé cette vocation liturgique pendant toute l'Antiquité, un autel (comme à l'église) placé au milieu de celui-ci le rappelant. Au Moyen-âge il réapparaît dans les églises, puis sur son parvis et sous la forme de mystères chrétiens. Finalement c'est la Renaissance qui, en redécouvrant le théâtre antique aux XVe/XVIe siècles, oublie son caractère religieux et abandonne le masque qui est porté pendant toute l'Antiquité et au Moyen-âge. Le masque reste lui très présent dans le théâtre asiatique quand le maquillage ne le remplace pas. Il représente le plus souvent une divinité ou un être légendaire. Dans le théâtre antique il est en particulier en relation avec les ancêtres. Il sert aussi de talisman afin d'éloigner les négativités, cristallisant en lui toutes les passions en les exprimant de manière cathartique (purification des passions par leur exagération). Cette fonction cathartique est aux fondements du drame. Le théâtre médiéval suit cela en représentant la passion du Christ et son 'mystère'. Le cœur des églises lui-même rappelle la scène du théâtre antique avec ses trois portes (la Trinité) et son autel. Le rituel anthropophage de l'eucharistie et la communion est le moment culminant de cette passion.

J'ai écrit plusieurs articles dans ce blog sur le sujet du masque. Ils sont visibles ici : Sortir masqué ; De l'abandon du masque et de la mesure ; La personne, le personnage et la mode ; Masques, mascarades, mascarons.

Photographies : Costumes de l'exposition.

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Les maîtres de la sculpture de Côte d'Ivoire

Je n'y connais absolument rien en art africain. Esthétiquement je ne me sens pas proche de celui-ci ; tout en sachant que le sentiment esthétique dépend aussi de l'éducation, du lieu de naissance et de croissance et d'autres facteurs propres à chacun. Une femme de Côte d'Ivoire me disait récemment que les canons esthétiques ne sont pas les mêmes pour tous. Certains apprécient les lèvres charnues, les fesses proéminentes etc. Elle me disait aussi une chose intéressante : que nombre de jeunes de Côte d'ivoire de descendance royale dans leur région l'ont quittée pour venir en France afin de faire leurs preuves, où ils sont souvent confrontés à une vie très dure, sans pouvoir retourner dans leur famille qui les a reniés après leur départ. Souvent ces personnes sont détentrices d'une tradition et lignée très profondes… chacun une véritable encyclopédie spécifique. M'étant intéressé au Tibet, la dernière grande civilisation du monde à s'être ouverte à lui, je me suis rendu compte combien la profondeur d'une culture pouvait dégénérer, ou le contraire, simplement selon l'image que l'on s'en fait dans son esprit et celle que les autres nous projettent. Ainsi un véritable paradis peut sembler être un lieu barbare pour certains, un sage passer pour un fou ou je ne sais... Par exemple pouvons-nous ne serait-ce qu'imaginer ce qu'était ce qu'on appelle 'l'Âge d'Or' ? Je n'y connais donc rien en art africain, mais comme il me semble qu'il est attaché à sa terre de naissance, à son patrimoine, son imaginaire, sa société, les rythmes communs propres à des entités géographiques, sociales, culturelles particulières... et pour l'histoire commune que l'Afrique partage avec l'Occident, et en particulier pour l'Afrique francophone : la France, je trouve important de parler ici de l'exposition que je n'ai cependant pas encore vue : Les maîtres de la sculpture de Côte d'Ivoire qui se déroule du 14 avril au 26 juillet 2015 au Musée du quai Branly. Celle-ci présente des oeuvres de maîtres reconnus de la sculpture des XIXe et début du XXe siècles de six régions de Côte d'Ivoire : les Gouro et les Baoulé au centre, les Dan à l’ouest, les Sénoufo au nord, les Lobi au nord-est et les peuples lagunaires au sud-est, ainsi que quelques oeuvres contemporaines.

Photographie : Maître de Bouaflé : Masque gu avec cornes, XIXe siècle. Inv. RAF 466. H. 35,7 cm. Côte d'Ivoire, sud du pays Gouro. © Museum Rietberg Zürich. Photo : Rainer Wolfsberger. Cadeau Rietberg-Gesellschaft. Ancienne collection Paul Guillaume, avant 1920.

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Être et paraître : La vie aristocratique au XVIIIe siècle.

Être et paraître, La vie aristocratique au XVIIIe siècle : Trésors cachés du musée national de la Renaissance est une exposition à découvrir dans les grands salons du Château de La Roche-Guyon (Val-d’Oise) du 11 avril au 29 novembre 2015. Elle a été élaborée à partir du fonds XVIIIe du musée national de la Renaissance qui a prêté 85 objets d’art du XVIIIe siècle provenant de ses réserves. Ceux-ci retracent en dix tableaux la vie aristocratique de l’époque : jeux et divertissements, arts de la table, parure et élégance, toilette et soins, priser et fumer, ouvrages de dames, chasse, armes d’apparat, prières et dévotions, lecture et écriture.

Je pense que cela vaut le déplacement pour les parisiens. Le Vexin est une belle région, avec ses forêts et ses maisons troglodytes. Le Château de La Roche-Guyon est lui-même en partie encastré dans la roche, avec une vue sur la Seine en contrebas. Il est constitué de différentes époques (le plateau du Vexin est occupé dès la Préhistoire) avec l'attestation d'un édifice castral à cet emplacement dès le Xe siècle, dont il reste des traces. Celui-ci est ensuite agrandi et régulièrement en partie reconstruit avec des ajouts que l'on peut s'amuser à essayer de déceler, avec d'importantes modifications au XVIIIe siècle. Il suffit de faire quelques pas à l'intérieur du château pour se retrouver du Moyen-âge au XVIIIe siècle, en passant par la Renaissance ou le XVIIe, en allant même jusqu'au XIXe qui laisse des traces et la dernière guerre mondiale...

Quant à l'exposition, c'est intéressant de voir des objets du XVIIIe siècle de la vie coutumière aristocrate dans ce château. D'après ce que j'ai compris, il s'agit de la seconde exposition dans cet endroit qui possède très peu d'objets anciens. Celle de l'année dernière s'intitulait : Un Rêve de Lumières. Elle mettait en scène des objets scientifiques de grande qualité esthétique datant du siècle des Lumières face à des créations de sept artistes contemporains autour du thème de la lumière et des sciences. Ce lieu est parfait pour des expositions. Il n'est qu'à une heure de Paris en voiture (il n'y a pas gare à proximité). J'en profite pour remercier les personnes qui m'y ont accompagné.

Premières photographies : Flacon de vers 1710-1720 en argent doré et émail. Le médaillon représente une dame à sa toilette. Elle tient un peigne dans une main et ses cheveux dans l'autre. Sur la table de toilette sont posés un autre peigne, un miroir dans lequel se reflète une partie d'un cadre d'un tableau, un coffret contenant des flacons de senteurs et une boite à poudre. La jeune femme est en déshabillé. À gauche se trouve un flacon en verre de la fin du XVIIe siècle et derrière un coffret de vers 1750 en bois de Sainte-Lucie, « assemblé, sculpté et gravé ».

Photographie de gauche : Table de toilette du XVIIIe siècle prête à s'envoler (déployant ses ailes).

Photographie de droite : Nécessaire à broder (ciseaux, porte-crayon, poinçon à broder, couteaux) sans doute du XVIIIe siècle.

Photographie de gauche : « Bésicles et leur étui. Milieu du XVIIIe siècle. Cuivre doré, verre. »

Photographie de droite : Groupe en porcelaine dure de la Manufacture de Hoescht en Allemagne du milieu du XVIIIe siècle représentant un couple de bergers.

Photographies ci-dessous : « Châtelaine portant montre et breloques » fabriquée à Paris. Elle est du XVIIIe siècle, en or émaillé, porcelaine et verre.

Photographies ci-dessous : La toilette d'Esther. Première pièce de la Tenture d'Esther de la « Manufacture des Gobelins, d'après Jean-François de Troy, signée et datée Audron G, 1769, haute lisse, laine et soie, 332 x 400 cm. »

Photographies ci-dessous : Cet intéressant papier peint, imprimé sur bois et coloré à la main, d'une salle du château, est du XVIIIe siècle. Il s'agit d'une importation de la Compagnie des Indes venant d'Asie. Du reste il ne s'agit pas de papier chiffon (papier vergé) comme j'ai pu le constater mais sans doute de papier de riz.

Photographie ci-dessous : Escalier à l'entrée du château.

Photographies ci-dessous : Château et entrée de celui-ci.

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Le blog LM fête son anniversaire

Le blog de La Mesure de l'Excellence fête aujourd'hui son anniversaire : 8 ans déjà ! Créé le 11 avril 2007, il avait pour objectif particulier de présenter des objets vendus sur www.lamesure.fr (qui a débuté en 2006) par ma petite entreprise individuelle et d'autres objets d'art d'antiquaires présents sur le Net. Ayant trouvé un travail plus rémunérateur en octobre 2008, et n'ayant pas le droit d'avoir deux activités rémunérées, j'ai abandonné la première, mais ai continué le blog en présentant mes collections personnelles sur la mode, les pastorales et les contes pour enfants, ainsi que des articles sur l'actualité de l'art. Aujourd'hui le blog est uniquement dédié à l'actualité de l'art, en particulier des expositions, et mon site à mes collections.

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Napoléon et Paris : rêves d'une capitale.

Photographie ci-dessus : Statue d'une Victoire dans la cour du musée Carnavalet.

Deux cents ans après la fin du Premier Empire, l'exposition Napoléon et Paris : rêves d'une capitale au musée Carnavalet explore, du 8 avril au 30 août, les relations de Napoléon et Paris à travers la présentation de 134 gravures, une centaine de monnaies et médailles, 53 peintures, plusieurs dizaines de plans d'architecture, 8 costumes, 7 œuvres photographiques et 5 maquettes.

Cette exposition peut être vue à différents niveaux : histoires de l'art, des mœurs, de Paris, des arts décoratifs, de la mode, de l'architecture, grandes histoires, petites histoires ... Pour ma part j'ai été sensible à tout cela mais surtout intéressé par voir les parisiens de cette époque dans leur milieu, et par la partie sur les divertissements avec quelques gravures de merveilleuses et incroyables au Palais-Royal, au jardin des Tuileries, à la promenade des Champs-Élysées, au parc de Tivoli, durant le carnaval etc.

Photographie de gauche : « Anonyme, Les musards de la rue du Coq, ou La boutique du marchand d'estampe Martinet, vers 1810. Eau-forte coloriée de 21,9 x 37 cm. © Musée Carnavalet / Roger- Viollet. »

Photographie de droite : « Martin-Guillaume Biennais (1764-1843), Nécessaire de campagne de Napoléon Ier. Coffret : cajou marqueté de laiton ; intérieur compartimenté en acajou sculpté, garniture de maroquin vert ; objet en vermeil, argent, cristal, porcelaine, écaille, ébène, ivoire, acier, cuir, soie Dimensions du coffret : H 18 cm, L 52 cm, Pr 36 cm. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet. »

Les photographies ci-dessous ont été prises dans l'exposition.

Photographie ci-dessous : « Le Suprême Bon Ton. Café du Jardin des Tuileries. » Eau-forte coloriée. Musée Carnavalet.

Photographies ci-dessous: À gauche - Table de toilette Premier Empire. Au centre - Robe parée à motifs d'ananas du Premier Empire conservée au Palais Galliera (Musée de la Mode de la Ville de Paris) comme le Châle en cachemire (détail) - à droite -, de 1810-1820.

Photographie ci-dessous : « Etienne Bouhot (1780-1862), La fontaine et la place du Châtelet, 1810. Huile sur toile 81 x 99 cm. » Musée Carnavalet.

Photographie ci-dessous : Détail de La Pompe du Cours-la-Reine, 1802. Huile sur toile du peintre Bizard, 1802.

Photographie ci-dessous : Détail de « Le passage des Panoramas, théâtre des Variétés. Consulat. Gouache. Depuis la fin du Directoire, les passages sont devenus l'une des composantes du paysage de la capitale, autant appréciés des Parisiens que des visiteurs étrangers. Ils se multiplient sous le Consulat et l'Empire. Celui dit " des Panoramas " fut édité au début du XIXe siècle, près du boulevard Montmartre et du théâtre des variétés, devenant rapidement un endroit très animé. Musée Carnavalet. »

Cette exposition est aussi l'occasion de (re)visiter le Musée Carnavalet consacré à l'histoire de Paris, avant sa fermeture pour trois années à partir de la fin 2016, ce dont il sera question dans un prochain article … et même peut-être deux.

Le musée Carnavalet présente, en parallèle de l'exposition sur Napoléon et Paris, une autre, plus petite, du 8 avril au 30 août, intitulée Le congrès de Vienne : L'invention d'une nouvelle Europe, Paris - Vienne, 1814-1815, avec d'intéressants documents sur une époque difficile pour la France, occupée par les 'alliés' (russes, autrichiens, prussiens, anglais ...) qui entrent dans le pays en 1814 et 1815 (après la défaite de la bataille de Waterloo) et placent Louis XVIII sur le trône de France.

Les photographies ci-dessous ont été prises dans cette exposition.

Photographies ci-dessous : À gauche - « Instrument de ratification britannique du traité de paix entre la France et le Royaume-Uni. Carlton House, 11 juin 1814. Cahier vélin, dans un portefeuille brodé. Sceau manquant. » À droite - « Instrument de ratification du traité de paix entre la France et le Royaume-Uni. Londres, 10 janvier 1816. Cahier vélin, dans un portefeuille de velours rouge brodé. Première et quatrième de couverture richement brodées de fils d'or. Sceau appendu en cire marron dans une boîte en métal doré sur cordons de fils soie et or . »

Photographie ci-dessous: Oeuvre d'art en exposition temporaire au musée Carnavalet.

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Lumière! Le cinéma inventé

Faire une exposition sur l'évolution du cinéma jusqu'au numérique au Grand Palais est une bonne idée, surtout lorsque celle-ci est centrée sur ses débuts et les frères Lumière. Et puis cet édifice parisien est édifié à partir de 1897, pour l'exposition universelle de 1900, à peu près en même temps que l'invention du cinéma moderne par les frères Lumière en 1895.

L'exposition Lumière! Le cinéma inventé est à voir donc jusqu'au 14 juin. On y retrouve les prémices du cinéma avec quelques machines à faire bouger les images (pantomimes lumineuses ...), et d'autres documents d'époque suivant le perfectionnement de cet art, pour en arriver jusqu'à aujourd'hui et une surprenante invention française qui est sans aucun doute le futur : un écran permettant de voir un film (même ancien) en trois dimensions ! Il faut s'attendre à avoir donc bientôt chez soi des écrans 'Trois dimensions'.
On y apprend aussi que les frères Lumière n'inventèrent pas que la projection de cinéma mais aussi notamment la photographie couleur et la 3D ! Louis Lumière présenta « à Paris, devant l'Académie des sciences, […] plusieurs films [en relief] dont une version 3D de Arrivée d'un train à La Ciotat, projetée devant des savants munis de lunettes anaglyphiques à verres bleus et jaunes. En avant-première mondiale [l'exposition présente ce film] en 3D sans lunettes, grâce au procédé développé par la société française Alioscopy, pionnière des écrans auto-stéréoscopiques. L'histoire de l'image relief continue donc de s'écrire en France, dans la lignée des Lumière. »

Photographie de gauche : Les frères Lumière sont bien les inventeurs du premier film projeté qui commence l'exposition : La Sortie de l'usine Lumière à Lyon.

Photographies de droite et ci-dessous : Intérieur de l'exposition.

Photographie ci-dessous : L'exposition permet de revivre la (sans doute) première séance publique payante organisée par les frères Lumière au Salon Indien du Grand Café du 14 boulevard des Capucines (très à la mode alors) à Paris, le 28 décembre 1895, reconstitué pour l'occasion, et où on peut y contempler tous les petits films alors projetés. C'est émouvant de voir gesticuler Monsieur Lumière en toute bonhomie, comme si tout cela n'était qu'un jeu … le jeu de l'image.

Photographie ci-dessous : En sortant de l'exposition (là où on présente son ticket), je me suis aperçu qu'on voyait par la fenêtre, en transparence de la grande affiche extérieure, le visage d'un des deux frères Lumière semblant nous faire un petit coucou. Et si la vie ressemblait à une projection cinématographique ?

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Mannequins d'artiste et de mode

Le mannequin est un sujet passionnant pour une personne comme moi qui s'intéresse à la mode et à l'art. C'est souvent le premier modèle qu'utilise un peintre autrefois (au XXe siècle on a la photographie). Il est à l'ossature de l'oeuvre. Dans la mode, c'est un être de présentation et de représentation comme le sont les mannequins vivants. Il est dans le prolongement des estampes, photographies, films et vidéos de mode, et encore très présents dans les devantures et à l'intérieur de boutiques de fringues (il s'agit d'un mot très ancien dont je reparlerai). Dans l'exposition Mannequin d’artiste, Mannequin fétiche, qui se déroule au Musée Bourdelle du 1er avril au 12 juillet 2015, plusieurs d'entre eux sont présentés. Selon moi celle-ci est intéressante pour les quelques modèles anciens qui y sont montrés et surtout un mannequin d'exposition du XVIIIe siècle portant une robe à la française de vers 1765. Il provient de Pelham Galleries. On peut le voir ici (la photographie de fin de cet article vient de cette page). D'après la description (en anglais), ce mannequin de mode serait le seul grandeur nature aujourd'hui connu du XVIIIe siècle qui nous soit parvenu. On en aurait un exemple dans une gravure ayant pour légende « La Couture ou Belle Promesse est de peu d’effet » contenue dans un almanach publié en 1784 intitulé Les Belles Marchandes, Almanach historique, proverbial et chantant. Cela pourrait être ce qu'on appelle la Grande Pandore. Voici ce qu'on peut lire dans un forum sur La Grande Pandore & la Petite Pandore : « Bien avant les défilés de mode que nous connaissons aujourd'hui, deux poupées, la Grande Pandore et la Petite Pandore, tenaient le rôle de « mannequins » aux 17e et 18e siècles, et présentaient les derniers vêtements à la mode aux élégantes. Il paraîtrait qu'elles étaient en usage dès le 14ème siècle [...]. Ces poupées, à tête et membres en papier mâché et corps de bois, voyageaient de cour en cour et avaient la haute mission de porter dans les provinces et à l'étranger les modèles du bon goût français et de l'élégance parisienne, donnant ainsi aux nobles dames une idée exacte de la mode de Paris, dont elle étaient les ambassadrices. »

Donc rien que pour la voir, cela vaut la peine de se rendre à l'exposition dont on peut cependant regretter la grande part donnée au fétichisme.

À noter aussi une reconstitution de la machine en bois que Nicolas Poussin (qui est le sujet de l'exposition du Louvre Poussin et Dieu) utilisait pour peindre, lui permettant de voir comment la lumière jouait sur ses figurines en cire et leurs drapés.

Photographie de gauche : « Anonyme, Allemagne, milieu du 16ème siècle. Gliederpuppe, vers 1550. Statue en buis. © Collection privée, Londres. »

Photographie de droite : « Anonyme, Italie, fin du 18ème siècle - début du 19ème siècle. Mannequin néoclassique, vers 1810. Bois et articulations de métal, tête et corps peints à l’huile. © Accademia Carrara, Bergame. »

Photographie ci-dessous : Anonyme, France, vers 1765. Mannequin de mode en robe d'époque, de 175 cm de hauteur. © Pelham Galleries.

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Les histoires de religions c'est gonflant.

En ce début de XXIe siècle à Paris, quand on écoute les informations, sort dans la rue et se rend aux musées … on voit de la religion partout. En quelques jours j'ai visité l'exposition De Giotto à Caravage, Les passions de Roberto Longhi assez morbide avec une ribambelle de représentations de corps morts et de têtes coupées de saint Jean-Baptiste ; celle sur les Sculptures souabes de la fin du Moyen-âge dont la production s'est arrêtée à cause de la Réforme protestante ; et les deux expositions se faisant face au Musée du Louvre : Poussin et Dieu et La fabrique des saintes images. Rome-Paris (1580-1660), toutes deux se déroulant du 2 avril au 29 juin 2015.

Une des expositions les plus remarquables que j'ai pu voir était en 1994 la rétrospective sur Nicolas Poussin (1594-1665) au Grand Palais qui permettait d'avoir une vue d'ensemble de son oeuvre contrairement à ici. J'apprécie énormément ce peintre qui travaillait seul, sans grand atelier, qui n'avait pas de disciples, mais chez qui le classicisme pictural français du XVIIe siècle a trouvé son inspiration.

La question de l'image me passionne aussi. J'en reparlerai dans un prochain article sur l'exposition Lumière! au Grand Palais. La culture de l'image est présente de manière coutumière dans notre société française depuis l'Antiquité. Elle a toujours véhiculé une philosophie qu'elle exprime à travers l'art, et notamment l'art du catholicisme qui s'est posé plusieurs fois la question de la représentation de Dieu et du Christ, et qui a conclu que Dieu ayant fait l'homme à son image, l'image de l'homme ou celle de Dieu sous ses traits était non seulement possible mais un outil de méditation (icônes orthodoxes …). Aujourd'hui avec le Louvre Abou Dabi (voir l'article Le scandale du Louvre Abou Dabi) et la présence musulmane de plus en plus oppressante en France, la question de l'image et la place de l'art dans la société est davantage prégnante, d'autant plus que l'image est partout, et que toutes les religions s'en servent, de même que chacun … sauf évidemment ceux qui se sont coupés radicalement de notre société de consommation … notre société de fabrique à images.

Donc l'idée d'une exposition intitulée « La fabrique des saintes images » est particulièrement intéressante. Seulement pourquoi avoir choisi le XVIIe siècle, et pourquoi faire de Nicolas Poussin un cul-béni ??

Ces deux expositions semblent essayer de faire entrer des concepts là où ils n'ont pas lieu d'être, dans un mélange qui ne fonctionne pas. Le Louvre consacre sa saison printanière au XVIIe siècle avec ces deux expositions et celle sur Velázquez au Grand Palais dont le commissaire d'exposition est un conservateur du Louvre. On le sait, le XVIIe siècle français est celui du début des Lumières, et celui de la fin du tout religieux qui aboutira à la Révolution, puis à ce concept faux qu'est la laïcité (autre forme de religion). Pourquoi avoir placé l'exposition La fabrique des saintes images dans ce siècle ? Le Concile de Trente qui réaffirme « la possibilité, la légitimité et l'utilité des saintes images, profondément et brutalement attaquées par les Protestants » (comme le dit le dossier de presse) se situe en 1545-1563. Par la suite, le XVIIe prend de plus en plus de distances avec la religion notamment aux niveaux intellectuel, politique … L'époque des Précieuses et celle de Louis XIV ne sont pas marquées par ce sujet. Au contraire la figure libre du philosophe des Lumières se met en place avec sa recherche de la vérité à travers les sciences et de la liberté par la philosophie.

Évidemment les questions posées par le thème de cette exposition sont intéressantes. Celle-ci soulève notamment l'importance de l'iconographie dans notre culture. Une autre manifestation faisant écho à ce sujet est celle intitulée Lumière! au Grand-Palais où est retracée l'évolution du support de transmission des images depuis les débuts du cinéma jusqu'aux images électroniques d'aujourd'hui. Nous sommes là aussi dans la 'fabrique des images', leur industrialisation. Était-il nécessaire de restreindre l'importance de l'image dans la société occidentale au catholicisme ?

Finalement la juxtaposition de ces deux expositions et leur sujet font ressembler le tout à une chimère, c'est à dire à un animal imaginaire constitué de parties différentes d'autres animaux. Le pire selon moi est d'avoir placé une exposition sur Nicolas Poussin dans ce contexte de prosélytisme religieux. Nicolas Poussin utilisait aussi bien les mythologies antiques que les mythes chrétiens pour créer. Sa peinture est davantage dans la lignée du courant humaniste que chrétien. Elle est même au-delà de tous courants, de toutes philosophies, pour toucher directement à l'harmonie divine (si cela se peut par une simple peinture), à la sagesse, ou du moins la pointer du doigt. Ce peintre philosophe n'est pas un peintre chrétien. Il a su créer sa propre langue, aller à l’essentiel de ce que les cultures dans lesquelles il baignait comportaient de gracieux, harmonieux, intelligent … une langue universelle qui touche directement au cœur et à l'âme … de paix, d'amour et riche … Comme je l'ai dit, cet artiste peignait seul, sans atelier (par exemple celui de Velázquez comportait des dizaines de personnes y travaillant), sans disciple. Il n'était pas, lui, dans le prosélytisme … ou dans des affaires de pouvoir ou d'argent. Pas de dogmes chez lui … ce qui en fait un peintre important pour notre époque. Je me pose encore la question du secret de cet artiste lui permettant de trouver le bon ton, l'harmonie parfaite dans sa composition et dans ce qu'elle suscite au spectateur. Quel est le secret de cette harmonie ?

Évidemment cette exposition est à voir pour les 99 œuvres de Poussin proposées à notre délectation (63 peintures, 34 dessins et 2 estampes) dont certaines que j'ai découvertes pour la première fois, très peu montrées, appartenant à des collections privées ou publiques du monde entier et d'autres très connues et fondamentales pour l'histoire de la peinture. C'est un tiers de son travail qui est exposé. Le Louvre possède la collection la plus importante de Poussin au monde avec 40 œuvres. Certaines des créations exhibées dans Fabrique des saintes images sont de même intéressantes. On y retrouve Le Caravage, Simon Vouet, Philippe de Champaigne notamment et une très belle peinture attribuée à Louis Le Nain intitulée Repas de paysans.

Mais qu'est-ce que celui, celle, ou ceux, qui ont décidé de ces deux expositions ont voulu démontrer ? Que le Louvre Abou Dabi est une ineptie (ce qui est vrai) : amener l'image dans une société musulmane profondément contre et qui pourtant ne vit en Occident que par elle ? Tout cela est fouillis. Nous sommes loin de la paix, de la liberté et du chemin de douce rigueur entrepris par Nicolas Poussin. Le Louvre est devenu une entreprise de vente d'images. Du reste ce musée ressemble de plus en plus à un grand centre commercial. J'y reviendrai. Peut-être est-ce cela que dénoncent aussi ces expositions. Si c'est le cas pourquoi ne pas le dire haut, fort, clairement, d'une manière vive et pointue ?

Photographie 1 de gauche : « Le Christ au jardin des Oliviers. Vers 1628 ? Huile sur cuivre. H. 62; l. 49 cm. Collection particulière (en dépôt au Metropolitan Museum of Art, New York). © Private Collection. » Il s'agit peut-être de l'unique œuvre de l'artiste composée sur cuivre, support rendant particulièrement bien le camaïeu de tons rouges/cramoisis.

Photographie 2 de droite : « La Sainte Famille à l’escalier. 1648. Huile sur toile. H. 73; l. 106 cm. Cleveland, The Cleveland Museum of Art.. Inv. 1981.18 © The Cleveland Museum of Art. »

Photographie 3 de gauche : « L’Ordre. Huile sur toile. H. 95,9; l. 121,6 cm. Fort Worth, Kimbell Art Museum. AP 2011.01. © Kimbell Art Museum, Fort Worth, Texas. »

Photographie 4 de droite : « La Manne ou Les Israélites recueillant la manne dans le désert. 1638. Huile sur toile. H. 149; l. 200 cm. Paris, musée du Louvre. INV. 7275 © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Mathieu Rabeau. »

Photographies ci-dessous : « Paysage avec saint Matthieu. 1640. Huile sur toile. H. 99; l. 135 cm. Berlin, Staatliche Museen zu Berlin, Gemäldegalerie. Inv. 478 A © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Jörg P. Anders. »

Photographie ci-dessous : « Eliezer et Rébecca. 1648. Huile sur toile. H. 118; l. 199 cm. Paris, musée du Louvre. INV. 7270. © Musée du Louvre, dist. RMN/ Angèle Dequier. » J'ai choisi cette peinture pour entreprendre un modeste descriptif. Le choix du sujet est puisé dans l'Ancien Testament. Éliézer de Damas, fils adoptif d'Abraham, vient chercher Rébecca pour la marier à Isaac. Il est au centre de la composition. Autour de lui toutes les jeunes femmes sont d'une beauté semblable et aucune n'est traitée par l'artiste avec moins de soins. Chacune exprime une émotion différente, parfois pas du tout en relation avec la scène. Certaines discutent, d'autres font ce qu'elles sont venues faire (chercher de l'eau), une autre appelle l'attention de son amie vers sa tâche (verser de l'eau) absorbée qu'elle est par la scène biblique qui se passe sous ses yeux. Une seule regarde le spectateur : celle qui porte un vase rempli d'eau au dessus de sa tête et au dessus de celle de tous les autres personnages. Le geste de la figure centrale d'Éliézer se trouve donc surplombé par celui plus modeste d'une simple jeune femme. Nicolas Poussin place souvent de petites scènes familières et délicates en contrepoids face à la rigueur mythologique ou mythique. Le mythe rejoint ici la vie. Nous avons aussi la présence de la Cité et de ses citoyens qui l'arpentent. Dans d'autres peintures on trouve des baigneurs, des pêcheurs etc. À ce mélange s'ajoutent les drapés qui eux ne sont pas de son temps, mais dont les couleurs franches et tendres (on appelle au XVIIIe siècle et peut-être au XVIIe 'couleurs tendres' des teintes riches) et le raffinement des plis donnent à l'oeuvre une 'raison artistique', insèrent d'autres notes dans cette composition d'ensemble. Les traits droits des architectures mélangés à d'autres en rondeurs, les couleurs, les drapés, les regards, les gestes, le jeu des ombres et des lumières, les différents paysages … tout concourt à recentrer l'oeil du spectateur, le concentrer dans le moment présent et entrer dans l'harmonie de ce tableau … qui est aussi celle de la sagesse … peut-être. En tout cas le peintre nous amène dans son eurythmie, dans son rythme, fait de paix. Du reste, lors de la conférence de presse, les deux commissaires de l'exposition (cette exposition représente deux années de travail) ont insisté sur l'importance du cadre pour présenter les œuvres de Poussin, lui-même en parlant dans ses écrits et se représentant dans l'autoportrait de début d'exposition au milieu de cadres. Il conseillait encore de couvrir ses peintures d'un rideau pour mieux les découvrir et entrer dans l'univers représenté. C'est une leçon du regard, d'apprendre à regarder. Pour cela il commence par nous convier dans son univers : une tranquillité de l'âme toute spirituelle, aimante et aimable, une harmonie presque divine … puis à regarder notre esprit, notre entourage … tout en sachant que tout cela n'est que verbe, langage, images … un jeu de codes permettant de vivre ensemble dans la mesure de son oeuvre.

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Sculptures souabes de la fin du Moyen-âge

Les Sculptures souabes de la fin du Moyen-âge sont à l'honneur au Musée de Cluny - musée national du Moyen Âge à Paris, du 1er avril au 27 juillet 2015. Cette exposition occupe les deux premières salles du musée, une bonne occasion de le visiter, ainsi que le bâtiment lui-même avant que n'aboutisse le projet qui prévoit « à la fois la construction d’un nouveau bâtiment d’accueil, la restauration des monuments historiques insignes où il est installé et le redéploiement muséographique des collections. » Comme on peut le voir sur les photographies ici présentes, et comme c'est devenu une habitude, on va bétonner et construire dans un style RER en tenant aucun compte de l'harmonie avec le lieu, sans aucun 'raccord' historique, sans références ... juste du béton et du vitrage.

Photographie de gauche : « Saint Martin. Haute Souabe, vers 1520. Tilleul polychromé. H. 60 ; L. 21 ; P. 15 cm. Saumur, Musée des Arts Décoratifs, (inv.Lair 36). © Martine Beck-Coppola. »

Photographies ci-dessous : « Le Couronnement de la Vierge dit « La Vierge du rosaire ». Entourage de Daniel Mauch, vers 1510-1515. Panneau : bois peint (peuplier ?) Relief : bois polychromé. H. 67,5 ; L. 55 ; D. du relief 31,5 cm Hambourg, Museum für Kunst und Gewerbe, (inv. 1899.101). © Museum für Kunst und Gewerbe. »

Photographie ci-dessous : « L’Enfant Jésus. Sud de la Souabe, vers 1480-1490 (attribué à l’atelier d’Ivo Strigel). H. 37 ; L. 16 ; P. 12 cm. Ravensburg, Oberschwäbische Elektrizitätswerke (OEW), OEW 230. © Kunstsammlung Zweckverband Oberschwäbische Elektrizitätswerke (OEW) / photo haus für fotografie, Ravensburg, Karin Volz. »

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Paris Beaux-Arts

Le Syndicat national des Antiquaires (SNA) organise du 1er au 5 avril 2015, au Carrousel du Louvre, une manifestation « pilotée par une jeune équipe » intitulée : De l'Antiquité au XXIe siècle : Paris Beaux-Arts. Il s'agit de la première édition de ce salon dédié aux antiquaires de qualité spécialisés dans différentes époques et disciplines. Quatre-vingts marchands y exposent leurs plus beaux objets.

Les photographies ont été prises au vernissage du salon.

Photographies ci-dessus et ci-dessous : Galerie Lemoine-Bouchard (Paris).
Portrait d'époque Directoire, huile sur toile.
Portrait de dandy, 1836 par Candide Blaize (1795-1849), aquarelle et gouache sur papier.

Photographies ci-dessous : Galerie Delvaille (Paris).

Photographie ci-dessous : Galerie Amedeo Montanari (Paris).

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Ernest Meissonier

EXPOSITION PROLONGÉE JUSQU'AU 27 SEPTEMBRE ! La Ville de Poissy (Yvelines) commémore, du 27 mars au 21 juin, le deux centième anniversaire de la naissance du peintre Ernest Meissonier (1815-1891), qui vécut à partir de 1846 dans cette ville dont il fut maire, en présentant une exposition d'une cinquantaine de ses peintures, dessins et gravures. Son œuvre fait partie de ce qu'on appelle le 'réalisme historique'. Au XIXe de très nombreux mouvements artistiques voient le jour en France, certains d'un grand conventionnel, d'autres très innovants. Chacun révèle une facette de ce siècle.

Photographie : « Cavalier dans l'orage, Jean‐Louis‐Ernest Meissonier (1815‐1891), dessin à la mine de plomb, lavis et rehauts blancs. H. 25,7 x35cm ‐ Coll. Musée du Louvre, Département des Arts Graphiques, Paris, Inv. RF2404-recto. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean‐Gilles Berizzi. »

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De Giotto à Caravage, Les passions de Roberto Longhi.

L'exposition temporaire organisée par le Musée Jacquemart André De Giotto à Caravage, Les passions de Roberto Longhi se déroule du 27 mars au 20 juillet 2015. C'est la première fois en France qu'est ainsi dévoilée la collection de Roberto Longhi (1899/1890-1970), historien de l’art et collectionneur, composée de grands noms de la peinture italienne du XIVe siècle au XVIIe, redécouverts par celui-ci : Giotto, Masaccio, Masolino, Piero della Francesca, Ribera, Caravage parmi d’autres … Aux œuvres issues de la Fondation Roberto Longhi répondent d'autres prêtées pour l'occasion par des musées français et italiens.

Première photographie : Giotto di Bondone (vers 1266/67 - 1337).
À gauche -
« Saint Jean L’Évangéliste. Vers 1320. Tempera et or sur bois. 128 x 55,5 cm. Fontaine - Chaalis, Abbaye Royale de Chaalis, Institut de France. © Studio Sébert photographes.
À droite - Saint Laurent. Vers 1320. Tempera et or sur bois. 120 x 54,3 cm. Fontaine - Chaalis, Abbaye Royale de Chaalis, Institut de France. © Studio Sébert photographes.

Photographie de gauche : Tommaso di Giovanni Cassai dit Masaccio (1401 - 1428). Vierge à l’Enfant. Vers 1426 - 1427. Tempera et or sur bois. 24,5 x 18,2 cm. Florence, Istituti museali della Soprintendenza Speciale per il Polo Museale Fiorentino - Galleria degli Uffizi. © Soprintendenza Speciale per il Patrimonio Storico Artistico ed Etnoantropologico e per il Pol.

J'ai été particulièrement impressionné par une huile sur toile, dont la photographie est ci-dessous, de Bartolomeo Manfredi (1582-1622), intitulée Le Couronnement d'épines, datant de vers 1615 et conservée au Musée de Tessé à Le Mans. Ce tableau peut être comparé à une musique tellement le rythme y est prégnant. Il est en particulier suggéré par les oppositions : le clair-obscur bien sûr, mais aussi le visage du jeune homme (à notre droite) et celui du vieillard (troisième à gauche), le caractère lisse et rigide de l'amure et les drapés dont le soyeux est rendu d'une façon particulièrement remarquable (ce qui ne peut se reproduire par la photographie), les corps et les tissus, l'allure dressée du soldat face à la résignation courbée du Christ, les mains crispées des bourreaux et celle abdiquant de Jésus, la concentration des uns (des deux bourreaux et du personnage tout à gauche qui lui aussi regarde la scène) et la quiétude presque désinvolte voire égoïste des autres qui ne semblent préoccupés que par eux-mêmes et non par le martyr du fils de Dieu etc. Plusieurs autres éléments servent de liaisons : les couleurs des tissus toutes plus ou moins différentes, les visages ressemblant à des notes sur cette portée musicale, les regards, les lignes formées par les épées, les bâtons et les lances etc. Les personnages sont au nombre de neuf et tous masculins. La lumière vient de notre gauche, obstruée en partie par un rideau noir, sans doute tiré afin de mettre en lumière cette obscurité humaine qui a amené par sa stupidité à faire souffrir la bonté. La scène est extraite du néant de la bêtise humaine pour être dévoilée, expliquée, presque décortiquée aux spectateurs par le peintre sans doute représenté dans la figure du personnage de gauche, seul témoin conscient de ce qui se passe. L'oeil qu'il lance vers le Christ souffrant est le seul regard humain … du moins faut-il l'espérer … et c'est la question que se pose peut-être le vieillard qui contemple ce regard de l'artiste qui du néant de la toile fait surgir une scène. Le vieillard serait la figure du spectateur et l'homme de gauche celle du peintre … lui-même spectateur de ce qu'il met en lumière par sa composition presque musicale de cette réalité sortie des tréfonds.

Au fait, pour ceux qui ne l'ont pas encore visité : le Musée Jacquemart André est merveilleux !

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L’esprit et la main : Héritage et savoir-faire des ateliers du Mobilier national.

Pour la première fois le Mobilier national présente une exposition relative à ses ateliers de restauration, qui ouvre dans le cadre des Journées Européennes des Métiers d’Art. Intitulée L’esprit et la main. Héritage et savoir-faire des ateliers du Mobilier national, cette exposition, qui se déroule du 27 mars 2015 au 13 décembre 2015 à la Galerie des Gobelins à Paris, se propose de nous faire découvrir les coulisses d’une institution existant depuis plusieurs siècles, anciennement connue sous le nom de Garde-meuble royal, impérial et républicain.

Aujourd'hui le « Mobilier national, pourvoit à l'ameublement et pour partie, au décor des palais de la République comme par exemple, le palais de l'Élysée, l'hôtel de Matignon ou encore le Sénat. Dans le cadre d'expositions temporaires, françaises et internationales, ou de dépôts d’œuvres au sein des musées et châteaux ouverts à la visite, il donne, aussi, à voir ses collections riches de plus de 100 000 objets. Pour l'entretien de l'ensemble de ses collections, il dispose de sept ateliers de restauration qui sont à la fois garants de pratiques ancestrales et creusets d'innovations. »

Ils sont reconstitués pour l'occasion avec les ateliers : d'ébénisterie, de menuiserie en sièges, de lustrerie-bronze, de tapisserie d’ameublement, de tapisserie décor, de tapis et de tapisserie. Sur le site dont le lien est ci-dessus, se trouve un autre lien avec les dates des présences par ateliers, ce qui permet d'entendre ces professionnels parler de leur métier, ce qu'ils font avec beaucoup de gentillesse et passion, au milieu de leurs outils qu'ils ont amenés pour l'occasion ainsi que des objets d'art qu'ils restaurent. Ils attendaient depuis des années qu'une telle manifestation soit organisée. L'entrée est gratuite les 27, 28 et 29 mars.

Photographie : Atelier de restauration d’ébénisterie. © Vincent Leroux.

Les photographies ci-dessous ont été prises sur le parcours de l'exposition.

« L'ATELIER DE TAPISSERIE DÉCOR ET DE RESTAURATION CONTEMPORAINE est composé de deux pôles. Le premier assure la confection, la restitution et la restauration de décors textiles anciens et contemporains. Le second s’est orienté vers la confection, la création et l’entretien des sièges traités de manière contemporaine type mousse et nouvelles technologies. Ils assurent ensemble l’installation des décors de fenêtres, draperies ainsi que les travaux de ville tels que la pose de moquettes tissées et celle de tentures murales. Le service développe des techniques alliant tradition et modernité en coopération avec l’Atelier de Recherche et de Création et l’atelier de tapisserie d'ameublement dont les savoir-faire sont étroitement complémentaires. »

« L’ATELIER DE RESTAURATION DE LUSTRERIE - BRONZE travaille dans les domaines de la monture en bronze, de la ciselure et du tournage. Il traite plus particulièrement les objets en bronze doré tels que lustres, appliques, pendules, candélabres, chenets et bronzes de meubles datant du XVII e siècle à nos jours. La dégradation ou l’absence d’une pièce exige parfois sa recréation lorsqu’il existe un modèle identique. L’emploi de la forge est réservé à la fabrication d’outils, de sommiers de cheminée ou encore de serrures. La richesse des collections d’objets en bronze amène l’atelier à coopérer avec plusieurs spécialistes extérieurs comme les fondeurs de bronze, les serruriers, les bombeurs de verre pour les lanternes et les lunettes de pendules, les cristalliers pour la lustrerie, les horlogers ainsi que les doreurs. »

« L’ATELIER DE RESTAURATION EN ÉBÉNISTERIE opère sur des mobiliers de bois marquetés ou plaqués, tels que bureaux, guéridons, cabinets, commodes, cartonniers, tables, armoires, secrétaires, bonheurs-du-jour, bahuts, bibliothèques, etc. Ils sculptent également, tournent, cirent et vernissent. Les interventions se déclinent selon la destination du bien culturel, portant soit sur la structure – restauration fondamentale – soit sur l’esthétique. »

« L’ATELIER DE RESTAURATION DE TAPISSERIES assure la préservation des collections de tapisseries murales, de sièges et de tapis à points plats appartenant au Mobilier national, allant du simple dépoussiérage jusqu'aux restaurations approfondies. Les interventions peuvent être de conservation ou de restauration, suivant la nature, l’état et la destination de l’œuvre. Dans le premier cas les parties détériorées sont stabilisées en adaptant un point de conservation maintenant les fils de chaîne, tout en créant une illusion chromatique. La lisibilité de l’œuvre est ainsi rétablie. Le second consiste à recréer le tissage comme à l’origine dans les zones lacunaires. L’atelier de restauration de tapisserie du Mobilier national est celui qui compte le plus grand nombre d’agents installés sur deux sites : Paris et Aubusson. »

« L’ATELIER DE RESTAURATION DE TAPIS traite, plus particulièrement, les tapis de la Manufacture de la Savonnerie. L’usage des tapis entraîne des usures ou des cassures qui peuvent provoquer des lacunes ou des déchirures. La restauration consiste le plus souvent à reconstituer la structure (chaînes, trames) des parties dégradées sur l’envers du tapis, puis à retisser le velours en utilisant le nœud ghiordès, point d’origine turc, sur l’endroit du tapis à l’aide de laine aux couleurs appropriées pour reconstituer les éléments manquants. Les matériaux employés sont d’origine végétale et animale et les restaurateurs utilisent des aiguilles courbes plus ou moins fines. Des interventions de sauvegarde peuvent être directement pratiquées sur les lieux où sont déposés les tapis. Les restaurations fondamentales pratiquées en atelier peuvent durer plusieurs années. Sur les tapis patrimoniaux destinés aux expositions, l’atelier utilise des techniques de conservation qui visent à stopper les dégradations et à stabiliser les éléments originaux restants. »

« L'ATELIER DE MENUISERIE EN SIÈGES restitue le bois en volume, le sculpte et tourne des fûts de sièges ainsi que des éléments mobiliers. Il a en charge des meubles en bois massif peints, vernis ou dorés comme les lits, les torchères, les écrans de cheminée, les consoles, les paravents, souvent richement ouvragés. Outre l'intervention sur les bois, le menuisier en sièges suit les travaux de sculpture, de dorure, de polychromie (peinture à la colle, laque) et de vernis, impliquant d’autres spécialités et confiés parfois à des ateliers externes. Il travaille en étroite collaboration avec l’atelier de tapisserie d'ameublement. »

« L’ATELIER DE TAPISSERIE D’AMEUBLEMENT restitue les garnitures piquées en crin de cheval des sièges, selon les techniques traditionnelles des XVIII e et XIX e siècles, à l’image de l’évolution du goût et des styles. Ceci implique une adaptation des formes et des volumes de garnitures sur les fûts. Son champ d’action s’arrête aux œuvres des créateurs de la première moitié du XX e siècle, les façonnages en mousse et l’usage de produits synthétiques se substituant ensuite aux matériaux traditionnels. Il restitue également les décors textiles par l’usage de retissage de soieries et de passementeries, en cohérence avec le style et l’histoire du meuble. Il conserve également les garnitures et décors d’origine, lorsque ceux-ci sont encore présents sur les fûts. Cet atelier, complémentaire de celui de tapisserie décor, utilise souvent les mêmes textiles. Il travaille en étroite collaboration avec l’atelier de menuiserie en sièges. »

Photographie ci-dessous : Installation photographique d'Olivier Roller.

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AD Intérieurs

Du 26 mars au 5 avril 2015 le magazine AD présente dans les salons du Ministère des Affaires étrangères et du Développement international la cinquième édition de AD Intérieurs avec des oeuvres de plusieurs créateurs de mobiliers français.

Il a été demandé à cinquante sélectionnés d'exposer chacun trois pièces inédites et significatives de leur univers.

Personnellement je n'y ai trouvé aucune inspiration. Selon moi la plupart des objets sont même 'moches'. J'ai juste été un peu amusé par les gros ballons lumineux en hélium. Quant aux salons, je ne sais pas de quelle époque ils sont, mais je ne les ai pas trouvés de bon goût, juste un peu pompeux. Je ne dis pas cela pour critiquer, mais simplement pour ne pas décevoir les personnes qui lisent ce blog ayant les mêmes affinités esthétiques que moi, afin qu'elle ne se déplacent pas pour être dépitées.

Cependant l'entrée est libre, et pour certains cela vaut le détour (se munir d'une carte d'identité) … surtout si on s'intéresse à cette forme d'art contemporain que l'on appelle le design.

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Oberkampf

Jouy-en-Josas fête Christophe Philippe Oberkampf (1738-1825), fondateur de la manufacture des toiles de Jouy dans cette ville (voir ici le programme). La photographie a été prise près de chez moi, à Paris, dans la rue Oberkampf.

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Velázquez

Les expositions au Grand Palais à Paris sont généralement importantes par le nombre d'oeuvres mises en scène. Celle qui se déroule du 25 mars au 13 Juillet 2015 sur Velázquez ne déroge pas à la règle. Plus de cent tableaux de Diego Rodríguez de Silva y Velázquez (1599-1660) ou de peintres de son époque y sont présentés. Il s'agit d'une « rétrospective complète » de l'artiste espagnol « depuis ses débuts à Séville jusqu’à ses dernières années et l’influence que son art exerce sur ses contemporains. Elle se donne en outre pour mission de porter les principales interrogations et découvertes survenues ces dernières années, exposant, dans certains cas pour la première fois, des œuvres récemment découvertes (L’Education de la Vierge [New Haven, Yale Art Gallery] ; Portrait de l’inquisiteur Sebastian de Huerta [collection particulière]). »

Le parcours est bien balisé. On commence avec l'entrée de Diego Velázquez, à l'âge de douze ans, dans l'atelier du peintre et théoricien Francisco Pacheco (1564-1644) à Séville, dont des œuvres sont exposées ainsi que certaines de son disciple. En 1617 il épouse sa fille. À Madrid il découvre le caravagisme que des peintures de différents artistes et de lui-même mettent en valeur, et compose ses premiers portraits officiels. En 1623 il est nommé peintre du Roi. En 1630 il se rend en Italie. De retour il se met au service des ambitions de Philippe IV, roi d'Espagne de 1621 à 1665, composant de nombreux portraits royaux de lui et sa famille, en particulier de son fils Baltasar Carlos (1629-1646). C'est alors qu'entre en scène Juan Bautista Martínez del Mazo (vers 1605-1667) dont de nombreuses peintures sont exposées, en particulier dans la dernière partie. Celui-ci est aussi l'élève de Francisco Pacheco, puis le premier assistant de Diego Vélasquez, dans l'atelier duquel il entre en 1631, et dont il épouse une des filles en 1633. Protégé par son beau-père il intègre la cour du roi. Le second voyage du peintre en Italie a pour objectif l'acquisition d'oeuvres antiques et modernes pour les réaménagements voulus par Philippe IV à l’Alcázar. Durant cette période il exécute notamment le portrait du souverain pontife et ceux de plusieurs membres de son entourage, dont la plupart sont exposés. À son retour en Espagne en 1651, il reprend les portraits royaux. Il est aussi à la tête d'un large atelier « dont la tâche principale est de dupliquer les portraits royaux à partir d’originaux ou de prototypes fournis par le maître ». L'exposition se termine par des œuvres de peintres influencés par celui-ci et en particulier de son gendre, avec en épilogue deux autoportraits de Diego Velázquez et une grande de ses huiles sur toile non achevée intitulée Cheval blanc (1634-1638).

Assurément Velázquez marque un tournant dans la peinture occidentale. Je ne peux m'empêcher de faire la comparaison avec l'exposition sur François Premier que j'ai vue hier. D'abord par le grand espace offert à la première et l'exiguïté accordée à la seconde. Ensuite le nombre important de journalistes invités au Grand Palais et le petit nombre à la BNF. Et puis la peinture, avec d'un côté des portraits de François 1er d'une finesse de détails incroyable, notamment dans les tissus, alors que chez le peintre espagnol on a l'impression que la dentelle est peinte presque au couteau. J'exagère bien sûr ; et ce n'est pas le seul à son époque à peindre ainsi. Mais son oeuvre me semble plate, sans relief, même si, comme on peut le lire dans le dossier de presse, « Depuis l'Italie, il réussit à emplir d'atmosphère ses compositions, à faire circuler l'air autour de ses modèles ». Évidemment je n'y connais pas grand chose en peinture.

Première photographie de gauche : Vénus au miroir de Diego Velázquez. Huile sur toile de vers 1647-1651, de 122,5 x 177 cm. Londres, the National Gallery. © The National Gallery.

Photographie de droite : Portrait de l’infante Marguerite en bleu par Diego Velázquez datant de vers 1659. Huile sur toile de 127 x 106 cm. Kunsthistorisches Museum, Vienne. © Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Photographie de gauche : Huile sur toile de 34,3 × 40 cm représentant L’Infante Marie-Thérèse par Diego Velázquez et datant de vers 1652. New York, The Metropolitan Museum of Art. © The Metropolitan Museum of Art, dist. Rmn-Grand. Palais / Malcom Varon.

Cela faisait longtemps que je n'étais pas rentré dans la partie du Grand Palais où se déroule l'exposition. J'ai été choqué d'y retrouver ce que j'appelle de l'architecture RER. Si la façade de l'entrée par l'avenue du Général Eisenhower est d'origine, typique 'fin de siècle' (fin du XIXe), l'intérieur est devenu entièrement contemporain, avec ses escaliers roulants et son béton. Trop de vieux monuments français sont ainsi dénaturés partiellement ou presque totalement (voire totalement) à l'intérieur. En passant devant l'Hôtel Crillon (XVIIIe siècle) de la place de la Concorde, qui depuis quelques années est en travaux bien cachés derrière des bâches, comme l'Hôtel Lambert (XVIIe siècle) ou l'Hôtel Tubeuf (XVIIe siècle : site Richelieu de la Bibliothèque nationale), je me suis à nouveau posé la question de savoir ce qu'on peut bien faire dans ces monuments pour que cela nécessite autant de temps et des grues sans cesse en mouvement : des escaliers roulants, des garages avec ascenseurs pour limousines, des supermarchés, du Jean Nouvel ... ?

Photographies ci-dessous que j'ai prises ce matin à l'extérieur et l'intérieur de la partie du Grand Palais où se trouve l'exposition Velázquez. Dedans il n'y a aucune référence au XIXe siècle, pas une oeuvre d'art, pas une rampe d'escalier d'époque … mais de l'architecture RER froide.

Ce qui est inscrit dans l'image ci-dessus c'est « Continuez votre visite à la librairie-boutique ».

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François 1er

L'exposition sur François 1er se déroule à la Bibliothèque nationale de France (BNF) du 24 mars au 21 juin. Ce n'est pas une grande exposition, comme le sujet pourrait le présupposer, mais elle met en scène de beaux et émouvants témoignages de la vie de ce roi.

François 1er (1494-1547) est roi de France de 1515 à 1547. Cette manifestation est donc la première à fêter les 500 ans de l’accession au trône de ce roi. 1515 est aussi la date de la fameuse bataille de Marignan qu'il remporte et marque le passage de la renaissance italienne vers la française.

Lieu oblige, cette exhibition donne la part belle aux beaux livres avec de nombreux manuscrits illustrés, ouvrages imprimés et une partie consacrée aux reliures nouvelles s'inspirant du travail italien. À cette époque, l'Italie est la référence en matières d'arts décoratifs et beaux-arts. La France ne se contente pas de demander à Léonard de Vinci (1452-1519) de l’honorer de sa présence, elle importe de ce pays  beaucoup d'artistes et artisans qui amènent avec eux leur savoir-faire et y fondent de nombreuses manufactures.

François 1er est un mécène et un protecteur des arts et des lettres. C'est aussi un bâtisseur passionné par la nouveauté. Il fait reconstruire le Louvre, le château de Saint-Germain-en-Laye, celui de de Fontainebleau etc. Il met en scène la royauté avec panache, organisant de magnifiques fêtes. C'est dommage que l'exposition ne mette pas plus en avant cette Renaissance française. La présence de nombreux manuscrits illustrés donne à l'ensemble un goût 'médiéval'.

La scénographie de la BNF débute avec l'enfance du roi jusqu'à ses fiançailles. Elle se poursuit sur le prince guerrier et diplomate. Au milieu de cette seconde salle, une impressionnante armure lui appartenant, dévoile sa hauteur (entre 1,98 et 2 m.), de même que l'épée qu'il portait, qui entame le parcours et est particulièrement grande. La troisième partie présente des portraits du roi. La suivante est sur l'exercice du pouvoir, puis la vie de cour, les lettres, la religion.

Photographie de gauche : « Armure de guerre et de joute du roi François I er. Fer forgé, repoussé, ciselé, gravé et doré. Hauteur : 2.04 m, largeur : 0.65 m. Poids : 20.6 kg. Musée de l’Armée. »

Photographie de droite : « Jean Clouet, François Ier, roi de France. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/ Hervé Lewandowski. »

Photographie ci-dessous : « François 1er, « Doulce mémoire », dans La Fleur de poésie françoise, recueil joyeux [...] Paris, Alain Lotrian, 1543. BnF, Réserve des livres rares. »

Les photographies suivantes ont été prises dans l'exposition :

Photographie ci-dessous : « Maître de Philippe de Gueldre, Le Compas du Daulphin, vers 1505-1506. »

Photographie ci-dessous : Armure devant un relief représentant une bataille.

Photographies ci-dessous : François 1er. Atelier de Joos van Cleve. C. 1530-1540. Première version. Paris, Musée Carnavalet, P. 2214. Ce portrait du roi est, je trouve, émouvant. Il donne une idée de l'esthétique masculine de l'époque, avec ses contrastes marqués, entre : la rigidité de l'habit et la finesse du linge, le raffinement des détails vestimentaires et la virilité du visage, la rigueur de la tenue et la délicatesse de la peau etc.

Photographie ci-dessous : Salamandre couronnée provenant du bas d'une page du Traité de Clyo : épître de Charles VIII à François Ier (1519) de Jean Thénaud. BnF, département des Manuscrits.

Si vous n'avez toujours pas contemplé les fameux grands globes de Louis XIV (voir ici), c'est le moment de profiter de cette exposition pour aller les voir, à quelques mètres de celle-ci, dans la BNF. Une petite présentation les accompagne.

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