
Dans la mode, les extravagances ont souvent des raisons tout à fait pratiques.
En ce moment, je lis beaucoup d’écrits d’époque sur les muscadins de la fin de l’an II et de l’an III (1794 – 1795). Je me suis aperçu que, durant l’hiver de cette période, la température à Paris descendait jusqu’à moins quinze degrés, d’autres disaient moins dix-neuf. Et il a fait froid jusqu’en juillet 1795, où, au début de ce mois, il continuait à geler en région parisienne. Cela explique les « mentons embéguinés », « écrouelleux », des muscadins, devenus incroyables à la fin de l’an III. Ceux-ci portaient une cravate sextuple (entourant le cou six fois). Le menton disparaissait et « menaçait le nez », comme je l’ai lu. Cette cravate les protégeait du froid. Elle est restée à la mode pendant tout le Directoire (1795 – 1799), puis sous l’ère napoléonienne.
D'autres extravagances vestimentaires ont une origine raisonnable, et les petits-maîtres, souvent considérés comme très frivoles, ne l’étaient pas toujours. L’avènement des muscadins thermidoriens en donne la preuve. J’en reparlerai.





