Philosophie de l’élégance XIX : Doulce France (la douceur)

Merveilleuses et merveilleux

Ci-dessus : Page de Recueil de pièces en prose Les plus agréables de ce Temps (1657). Sur ce livre voir aussi ici.

La méchanceté est le principal problème sur cette terre. De nombreuses folies peuvent se guérir d’elles-mêmes par cette simple prise de conscience que leur problème majeur est la méchanceté et que de s’en extraire guérit. Comme le dit le philosophe grec Antisthène (445 – 365 av. J.-C.) que j’ai déjà cité à la fin de cet article, le meilleur apprentissage qui soit est de désapprendre le mal.

En apparence il peut sembler plus doux de garder les yeux fermés, mais ce n’est qu’une illusion, car alors on se cogne de partout et se fait mal, ce qui n’est pas le cas quand on a les yeux ouverts. Le philosophe Bion de Borysthène disait que la route des enfers est facile à suivre, car on y va les yeux fermés. Je me permets d’ajouter que l’enfer lui n’a rien de facile et plaisant. Évidemment voir est le véritable repos, la substantifique moelle de la décontraction. Pour certains, se détendre est extrêmement difficile… ce qui est un paradoxe, non ? La vue qui englobe tout de son regard en une seule fois ne peut être méchante, car elle ne juge pas : Elle voit ; elle contemple ; elle agit. Cette vue au-delà même du fait de voir c’est peut-être ce que certains sceptiques appellent « douceur » (πραότητα, voir ici les traductions fort intéressantes de ce mot). La partie sur Pyrrhon (Πυρρων) de Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres de Diogène Laërce (IIIe siècle) se finit ainsi : Τινὲς δὲ καὶ τὴν ἀπάθειαν ἄλλοι δὲ τὴν πραότητα τέλος εἰπεῖν φασι τοὺς σκεπτικούς. « Quelques auteurs prétendent que la fin de l’homme, pour les sceptiques, est l’impassibilité ; suivant d’autres, c’est la douceur. » Voilà le message que je me permets de placer pour vous dans mon étui à billet doux !

Ci-dessous : Étui ancien à billet doux.

Merveilleuses et merveilleux

Évidemment, être doux ne consiste pas à caresser un monstre ou de la monstruosité, ou à être d’une mièvrerie imbécile. À la douceur doit être ajoutée de la sagesse, ce qui donne du plaisir dans la communion. La douceur n’est pas une chose toute prête qui s’applique. Au contraire elle est adaptation intelligente, ouverture. Si on place un pansement trop petit sur une plaie, cela ne fait qu’ajouter au mal, et une douceur inappropriée peut alors être ressentie comme une agression… Et puis il y a les ceux qui salissent la douceur : Se disant qu’ils ne risquent rien les plus méchants en profitent pour la piétiner et les moins violents pour étaler leur laideur. Ils ne comprennent pas quand la douceur leur présente leur reflet dans le miroir… car à leurs yeux, elle n’a alors plus rien de douce. À cela s’ajoute la douceur que l’on n’écoute pas, parce que l’on préfère écouter ceux qui sont durs et font du bruit… ceux qui font peur.

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Médecine et philosophie

Le chat de mon voisin est magnifique. Il est tout blanc, avec de longs poils. Seul son museau a des reflets d’un délicat blanc brun argenté, couleur que l’on retrouve dans ses yeux cependant davantage bleutés. Il s’est mis à gratter régulièrement à la porte d’entrée de mon voisin qui l’a finalement laissé sortir dans le couloir. Puis il a fait la même chose à ma porte que j’ouvrais dès que je l’entendais. Récemment mon voisin m’a appris que son chat ne mangeait plus depuis une semaine, et qu’il avait essayé pourtant plusieurs sortes de nourritures. Je me suis mis à réfléchir à la question et ai acheté un pot avec de l’herbe à chat que je lui ai donné en disant que cela permettrait à son animal de se purger. Le lendemain il m’a appris que celui-ci avait régurgité et craché une quantité de poils et une sorte d’élastique que sa femme avait laissé traîné. Depuis ce chat ne gratte plus. Dans mon for intérieur je me suis dit que cet animal avait été plus intelligent que bien des gens qui m’entourent et qui suivent les directives médicales suicidaires actuelles. Il a su chercher la solution, ou du moins la personne qui pouvait la lui apporter. Évidemment, cela ne fonctionne pas toujours. Quelques jours avant a disparu une très gentille chatte d’un autre locataire qui la laissait sortir à l’extérieur. Elle était si encline à se laisser caresser que sans doute quelqu’un l’a volée. Tout cela pour dire qu’il faut de la mesure, et qu’une grande partie de chaque guérison passe par soi-même, par une volonté de guérir et une intelligence qui fait sonner ou gratter à la bonne porte.

Des intelligences, il n’en existe pas une seule mais plusieurs. Les animaux ont leurs formes multiples d’intelligences. De même en médecine, pour un même problème, il n’y a pas qu’une seule solution mais plusieurs. Chacune ne fonctionne pas non plus obligatoirement pour tous ou au même moment ou tout le temps. Comme je l’ai déjà dit, en m’intéressant aux plantes médicinales je me suis rendu compte combien il existe de nombreuses plantes pouvant agir sur une même maladie. Savoir utiliser une seule ou en synergie et en fonction du patient, cela est tout un art. La médecine n’est donc pas seulement une science, c’est un art. C’est aussi une philosophie. Autrefois il existait diverses philosophies de la médecine, tellement que certaines discréditaient le métier. On était au temps des médecins critiqués par Molière notamment. Aujourd’hui c’est le contraire, ce qui discrédite la médecine occidentale c’est une vision mondialisée unique, ce qui est pire car ne laissant même pas le choix à l’intelligence du patient, ou du moins si ce dernier ne met pas en branle une volonté farouche. Dans la crise orchestrée autour du coronavirus, on a pu constater que non seulement la majorité suivait les directives les plus nauséabondes de nos dirigeants, mais que même certains martyrisaient ou laissaient martyriser dans leur esprit ceux-là même qui étaient compétents pour les aider : les professionnels de santé les plus compétents et les plus honnêtes.

Cette intelligence est essentielle au médecin bien sûr. Il a étudié la médecine et possède une expérience que ses patients n’ont pas. Il apporte un regard extérieur parfois nécessaire. Sa pratique n’est donc pas simplement technique, elle doit être intelligente.

Aujourd’hui encore les pratiques médicales sont nombreuses. Par exemple, une Tibétaine m’expliquait que dans la médecine tibétaine on considère le symptôme comme le dernier résultat voyant d’une chaîne. Par exemple un mal de tête n’est pas la maladie en soi, mais la conséquence d’un problème dans un endroit qui s’est répercuté sur un autre et ainsi de suite pour arriver au mal de tête. La médecine tibétaine prend donc en compte l’harmonie générale du patient. Elle n’agit pas seulement sur ce qui est directement 'visible' mais aussi sur ce qui l'est moins voire invisible et en particulier sur la racine de ce mal. D’autres médecines sont d’une grande richesse, comme l’ayurvéda indien, la médecine traditionnelle chinoise, la phytothérapie et d’autres. Je m’intéresse beaucoup aux thérapies simples, gratuites et présentes dans mon environnement présent. Celles-ci sont avant tout de l’ordre de la prévention, mais aussi de la guérison. Me concernant, trois domaines me semblent important : un travail sur le mouvement (le yoga a été une véritable révélation), un autre à partir de l’environnement direct (le plus proche) et les médicaments qu’il nous offre gratuitement par exemple à travers les plantes sauvages, et enfin à un niveau plus psychique voire spirituel (au sens d’écoute plus élevée de mon environnement présent). Je cherche d’abord par moi-même les préventions et les solutions. Si j’en suis incapable, je me tourne alors vers des médecins traditionnels. Et si le problème est trop fort je consulte des médecins techniciens. Je ne vois aucune contre-indication à faire comme cela, aucunes de ces médecines finalement ne prenant sur l’autre. Je le répète, le regard extérieur des médecins, leurs études et leur expérience sont très importants, l'intelligence du patient et sa volonté pareillement.

Il est important que chacun conserve ses droits en matière de liberté, notamment en ce qui concerne la santé. Dans cet intéressant article de la revue Alternatif bien-être, le rédacteur en chef explique comment il en est venu à se prendre en main face à l’incurie d’un système médical technicien et déshumanisé. Je rappelle que cette même personne a réussi à rassembler plus d’un million de signatures contre le passe vaccinal (voir ici).

Un des éléments néfastes mis en avant par la crise orchestrée autour du coronavirus c'est la cruauté. On la retrouve présente chez de nombreux êtres humains, et même chez ceux sensés prendre soin des autres comme des médecins et des politiques. Franchement, nous sommes actuellement gouvernés par des prédateurs qui avalent ou détruisent toutes les bonnes choses visibles qui restaient en France et mettent de nombreuses personnes dans l'indigence voire à la rue. Au niveau 'sanitaire', martyriser des enfants, empêcher les gens durement et toutes les mesures prises qui sont davantage sado-masochistes que médicales dénotent un manque d'empathie, de modestie, de compréhension, de discernement et surtout de douceur de ceux-ci. J'écrirai prochainement un article sur l'importance de la douceur dans l'élégance et notre doulce France.

C’est en lisant le passage qui suit d’Esquisses pyrrhoniennes de Sextus Empiricus (IIe siècle) que j’ai appris qu’il existait diverses écoles philosophiques de la médecine.

Le Chapitre XXXIV du livre I est intitulé : « Si la secte des Médecins, que l’on appelle Empiriques, est la même chose que la philosophie sceptique »  : « Il y en a quelques-uns qui prétendent que la secte des Médecins, que l’on appelle Empiriques, est la même chose que la philosophie sceptique. Mais il faut savoir que si cette secte empirique assure dogmatiquement, que les choses obscures sont incompréhensibles, elle n’est point la même chose que la philosophie sceptique ; et que de plus elle ne convient point à un sceptique. De sorte que, selon moi, un sceptique ferait beaucoup mieux de suivre la secte de Médecine, que l’on nomme Méthodique, car cette secte méthodique est la seule de toutes les autres sectes de Médecine, qui paraît ne se point conduire témérairement, et ne point présumer assez d’elle-même, pour prononcer si les choses obscures sont incompréhensibles ou non. On voit qu’elle se conforme aux apparences, et que, suivant cela, elle choisit ce qui paraît utile : en quoi elle suit la même route que les sceptiques. Car nous avons dit ci-dessus, que la conduite commune de la vie, qui est celle qu’observe le philosophe sceptique, consiste à se conformer à quatre choses, savoir aux suggestions de la nature, aux impulsions nécessaires de nos dispositions passives [le pathos : ce qui affecte le sujet par ses perceptions et sentiments], à l’établissement des lois et des coutumes, et à la culture des arts. […] ».

Dans son ouvrage intitulé Bibliothèque, dans lequel Photius 1er de Constantinople (IXe siècle) fait le résumé de livres, il y évoque celui de Galien (médecin grec du IIe siècle après J.-C.) Sur les écoles de médecine : « J’ai lu l’ouvrage de Galien Sur les écoles de médecine. L’auteur, qui discute des écoles qui ont été créées dans la profession médicale, déclare que les trois principales sont : “la logique”, qu’il appelle aussi dogmatique et analogistique ; “l’empirique”, appelée aussi attentive ou mnémoneutique, “la méthodique”.

Elles diffèrent par la méthode de l’invention et à d’autres égards. Le médecin dogmatique fonde son art en recourant à des méthodes de raisonnement pour trouver des remèdes ; l’empirique s’appuie sur l’expérience et l’observation ; le méthodique, tout en professant d’employer à la fois le raisonnement et l’expérimentation, n’en fait aucun usage prudent, et se distingue bien des deux autres.

Le présent travail est divisé en trois parties. La première contient une description des écoles empirique et dogmatique, et énonce la nature de chacune  ; la seconde introduit ces deux écoles en discutant vivement de leurs revendications respectives de supériorité ; la troisième introduit l’école méthodique en querelle avec les deux autres, chacune d’elles mettant en avant ses propres revendications et s’efforçant de rejeter ses rivales. Le troisième livre se termine là-dessus.

Il est évident que cet ouvrage devrait être préféré à tous les autres écrits médicaux, si l’on veut savoir quelle est la meilleure école d’appartenance. Cependant on ne peut pas vraiment le considérer comme un ouvrage médical, mais plutôt comme une introduction philosophique à la médecine. La composition et la diction sont pures et claires ; partout Galien paie une attention particulière à ces qualités, bien que, dans de nombreux ouvrages, il fasse confusion et obscurcisse le sens de ce qu’il a écrit en surchargeant ses traités par des discours hors de propos, des digressions, et des périodes qui n’en finissent pas. Elles semblent, comme c’est le cas, hacher le contexte, et leur ineptie fastidieuse rend le lecteur indifférent. Le présent traité, cependant, est exempt de ces défauts. »

Durant l’Antiquité et depuis beaucoup d’autres écoles de médecines ont prospéré, mais n'en connaissant pas davantage sur le sujet, j’en reste là.

L’expérience actuelle nous montre que l’on ne doit pas trop compter pour le moment sur la division des tâches, et apprendre à connaître soi-même et surtout à se connaître soi-même. Enfin ce que j’en dis… je peux comprendre que vous soyez sceptiques…

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Les décroissants, les capuches, les autonomes, les alternatifs, les survivalistes, les gilets jaunes; les identaires et les ninis

Décroissants

Ci-dessus : Ces deux livres publiés par le journal La Décroissance donnent, pour le premier, une idée du genre de personnes que l’on appelle les décroissants, et pour le second, quels sont les penseurs qui les inspirent.

Voici un peu de fraîcheur et d'air sain dans cette société polluée qui sent très mauvais malgré ses tonnes de parfums chimiques distillés dans notre atmosphère… « Atmosphère, atmosphère… », on a besoin de changer d'atmosphère !

LE DÉCROISSANT représente un des mouvements politiques de ces dernières années qui me semble le plus intéressant. Il allie écologie et anarchie. Il peut donc être qualifié d’extrême gauche bien que ce genre de caractérisation ne veut plus dire grand-chose de nos jours où, officiellement ou non, tout se mélange : des éléments d’extrême droite comme les musulmans radicaux étant assimilés par l’extrême gauche contrôlée de la France insoumise, l’écologie étant étrangement considérée comme de gauche alors qu'elle devrait plutôt être au centre, l’impérialisme mondial utilisant des valeurs gauchistes (antiracisme, écologie, féminisme, etc.) pour s’imposer à travers une novlangue fabriquée par des sociétés de communication, et pour finir, l’épisode de la crise orchestrée autour du covid montrant que la plupart des politiques français de tous bords approuvent les actions fascisantes et les mensonges de Macron et de ses gouvernements (ce que l’on peut nommer « l’extrême centre ») voire les trouvent trop mous.

Les décroissants sont bien plus proches de l'écologie originelle que ne le sont la plupart des écologistes ayant des responsabilités politiques actuellement. Ces derniers devraient se rappeler que l’écologie est un mouvement qui est né contre le nucléaire. D’après moi l’abandon du nucléaire est la pierre d’angle pour la restauration de l’harmonie. Depuis les années 1960 plusieurs mouvements sont nés autour des hippies et des babas en France que l’on peut qualifier d’alternatifs (ce terme étant en usage à partir de cette époque), d’autonomes et de décroissants. Les babas du Larzac étaient contre le nucléaire, pour l’autonomie et l’auto-organisation, pour un retour à la terre et à des valeurs plus riches de simplicité et en dehors de l’empire technologique et financier mondial.

Ci-dessous : La Java des bombes atomiques
(1955) de et par Boris Vian (1920 – 1959)

Le décroissant se place en opposition avec la folie actuelle d’une croissance toute particulière : celle d'un système spécifique qui impose sa vision du monde. La croissance dont il est  question n'est pas seulement économique ; elle est avant tout celle d'un système technologique (ce que l'on croit être le progrès) qui s'emballe, devenant de plus en plus fragile dans sa fuite en avant et l'augmentation de sa puissance même (il suffit d'envoyer un avion sur une centrale nucléaire pour provoquer un gigantesque désastre) et 'l'obligeant' à être de plus en plus autoritaire, voire dictatorial, et d'inventer des technologies toujours plus dangereuses, comme l'explique l'intellectuel Bernard Charbonneau (1910 1996). Dans la crise orchestrée autour du covid, on constate cela, combien la peur n'est pas seulement organisée par nos dirigeants, mais que ce sont avant tout eux qui sont effrayés par le système même qu'ils alimentent et cette croissance, leur croissance, dont ils sont prisonniers et dont ils savent qu'elle ne peut mener qu'au désastre ou à leur anéantissement.

Le décroissant prône la croissance d’autres valeurs comme l’autonomie, « la simplicité heureuse », la liberté, etc. Comme le libertaire, il est pour un retour à une gestion du ‘bas’ vers le ‘haut’, et non pas le contraire ; exactement l’opposé de ce que l’on constate en ce moment, où on dirige de manière mondiale même la santé des êtres humains, selon une vision unique qui est celle des plus ‘forts’, des plus ‘puissants’. Du reste il me semble que les décroissants représentent le seul organe, que l’on peut qualifier de « politique », qui est à 100 % contre toutes les mesures gouvernementales prises autour du covid, du moins c'est ce que je constate dans la revue La Décroissance. Ce qui est vraiment bien chez le décroissant, c'est qu'il réfléchit à des alternatives. Bien que parfois on peut constater chez certains des relents gauchistes simplistes, il est en général ouvert au dialogue entre gens de bonne volonté.

Finalement, l’écologie devrait avant tout être de l’intelligence. L’étymologie de ce dernier mot est inter legere, savoir relier les choses entre elles (ce que l’on appréhende), comprendre leurs rapports. François Rollin et son interlocutrice en parlent évoquant la bêtise dans cette vidéo. La plupart des philosophes prônent la simplicité, en particulier ceux de l'Antiquité, comme les cyniques, les stoïciens et les épicuriens, tout en cherchant à comprendre le monde. Même Socrate (Ve siècle av. J.-C.) peut être qualifié de décroissant : Il porte un seul manteau comme habit, il préconise la simplicité heureuse, il ne quitte jamais Athènes si ce n'est dans le cadre de ses services militaires, etc. On rapporte que passant dans les marchés et observant ce qui s'y vend, il observe : « Que de choses dont je n'ai pas besoin ! ».  La plupart des religions et autres courants spirituels prêchent aussi une vie simple et pourtant riche.

Ci-dessous : La Complainte du progrès
(1955 )
de et par Boris Vian

Le journal La Décroissance est le principal outil d’expression des décroissants. A Paris je ne connais que la librairie Quilombo suivant cette thématique. Plusieurs anarchistes reprochent aux décroissants le terme même de « décroissance » qu'ils trouvent trop négatif, du coup certaines librairies anarchistes ne fouillent que peu le sujet. Pourtant, le véritable titre de cette revue est La décroissance : Le journal de la joie de vivre.

Il est à noter, qu’à ma connaissance, seulement deux autres revues francophones sont entièrement contre les mesures covidistes actuelles : Nexus et Kairos. Je viens de voir une vidéo très intéressante d'un entretien avec le professeur Perronne (voir ici) réalisé par des journalistes de Valeurs Actuelles, mais je n'ai jamais lu cette revue s'affichant comme d'extrême-droite.

Kairos, Nexus, La Décroissance

Une partie de l’extrême droite et de la droite chrétienne sont aussi contre ces mesures. De même, ils revendiquent certaines formes d’autonomie, en particulier au niveau national (souverainisme). En ce sens, même les royalistes sont des autonomes ; c’est dire à quel point nous sommes sous une gouvernance mondialisée dictatoriale. Personnellement je préfère une royauté éclairée (s'entourant de gens compétents et dévoués au bien-être commun) et parlementaire à une démocratie corrompue, bien que je sois  fondamentalement contre le pouvoir pris par d'aucuns sur d'autres. L’IDENTITAIRE revendique son identité culturelle et territoriale. Lui-même se considère comme d’extrême droite. On retrouve cette nécessité d’être selon sa culture et la terre que l’on foule aussi chez le décroissant et l’autonome, qui cependant refusent l’idée d’être gouvernés, que ce soit par un ou des chefs ou des organisations comme une religion. Ils sont libres-penseurs. L’important n’est pas autant la qualité des doctrines que la qualité des gens, quel que soit leur bord. Personnellement, je pense même que les doctrines et autres dogmes ne sont pas nécessaires, voire néfastes, que les actions et les manières de s’organiser doivent se faire à partir de la base et ne pas être dictées, et que si l’ordre est utile, il doit être libre de tout pouvoir. Je pense aussi qu’il est nécessaire de sortir de la notion d’affrontement, surtout quand il s’agit de doctrines. On doit éviter la bêtise, la folie, la méchanceté… d’abord les bannir de soi, et ne pas écouter ceux qui organisent la division et vivent dans une guerre permanente.

LE SURVIVALISTE réagit face à la folie destructrice impérialiste mondiale en se coupant entièrement de celle-ci, avec généralement un retour à la nature, mais pratiquant la chasse, la pêche... étant en cela moins doux que l'esprit hippie ou baba, plutôt attiré par le végétarisme, le végétalisme, voire par des notions comme l'égalité des espèces, etc. Certains survivalistes se préparent juste à une catastrophe qui leur semble proche.

LE PRIMITIVISTE cherche carrément à revenir à l’état le plus primitif et naturel possible. Il refuse l’aliénation sociale, le faisant dans une démarche que l’on peut qualifier parfois d’extrême droite ou au contraire d’extrême gauche (anarcho-primitivisme). Le primitivisme ne semble extrême que parce que notre société l'est. Dans l'Ancien Régime on pensait que dans les premiers temps de l'humanité l'homme vivait en harmonie avec la nature et les dieux. L'être humain évoluait simplement, selon nos critères actuels, mais au milieu de la profusion, et était nanti de richesses que la plupart ne peuvent même pas imaginer de nos jours. Jusqu'au XVIIIe siècle, beaucoup d'oeuvres (pastorales. idylles, églogues... voir cet article) ont rendu hommage à cet âge d'or. Les pré-romantiques et romantiques des XVIIIe et XIXe siècles ont continué cela à travers la figure du bonheur du sauvage ou de la vie naturelle, comme chez Jean-Jacques Rousseau (1712 - 1778), ou dans Paul et Virginie (1788) de Bernardin de Saint-Pierre (1737 - 1814), Atala (1801) de François-René de Chateaubriand (1768 - 1848), etc. Même Voltaire, s'il n'est pas primitiviste, son fameux « Il faut cultiver son jardin » est clairement dans l'idée de décroissance ! Il faut ajouter qu'en France de nombreux mouvements ont prôné la simplicité volontaire, voire la pauvreté, notamment depuis le Moyen Âge des mouvements religieux en France mais aussi dans le monde, le vœu de pauvreté étant une des bases des communautés monacales de toutes les religions. Il y a même eu des mouvements prônant un retour à la nudité du temps d'Adam et Eve, comme chez les Adamites (voir cet article) souhaitant un retour à l’Éden primordial, et dont l'existence serait prouvée dès le second siècle et perdure au Moyen Âge et durant toute l'époque moderne jusqu'à nos jours. Il y a quelques dizaines d'années encore, l'idée de vivre d'amour et d'eau fraîche ne semble pas folle. Aujourd'hui, la plupart des gens sont attachés à leur téléphone portable comme à un boulet !

L’AUTONOME cherche d’abord à se gouverner lui-même. Le terme vient du grec ancien αὐτόνομος, autonomos, c’est-à-dire celui qui se gouverne par ses propres règles, autos signifiant « soi-même » et nomos « loi, règle ». Il ne refuse par l’organisation, mais une libertaire, sans pouvoir externe, ou même sans pouvoir. Depuis toujours les gens cherchent à être autonomes, et à s’organiser entre eux. Les cités grecques et antiques, les villas (villae) romaines, les fermes fortifiées et les domaines seigneuriaux autour d’un château de l’époque médiévale sont autonomes. Par la suite, des utopies se mettent en place. Certaines fonctionnent et même sont copiées. Cependant la plupart des autonomes ne cherchent pas à s’organiser ou du moins cela va généralement pas plus loin qu’une ferme ou de rassemblements passagers, par exemple lors d’une expropriation de terres ou de destructions de la nature…

Ci-dessous : Article du dernier numéro (janvier 2022) de Kairos sur Julian Assange.

Kairos

Sur internet, de nombreux sites, vidéos et autres nous apprennent comment être autonome ou survivaliste. Une grande quantité de livres très variés sont écrits sur le sujet. Pour ma part, Vivre en plein nature : Le guide de la survie douce par François Couplan (Bordas, 1987) est dans les années 1990 une véritable étape vers le ‘chemin’ de l’autonomie ‘relative’ (car nous vivons tous en symbiose). La nature offre toutes les ressources fondamentales qui nous sont nécessaires, non seulement pour vivre mais aussi pour bien vivre. On y trouve une corne d’abondance de goûts, d’usages et de propriétés (culinaires, médicinales…). Nous sommes des êtres de nature, et l’être humain le restera, car rien de lui et de ce qu’il fait n’est extérieur à elle.

LE GILET JAUNE exige aussi un retour à davantage d’autonomie, mais surtout à des valeurs qui sont censées être fondatrices de la République française, c’est-à-dire autour de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, ainsi que davantage de justice, cette dernière faisant le lien entre les trois notions. Il revendique sa voix de citoyen. Il ne se sent pas en opposition au gouvernement français en général (bien qu’en profonde opposition avec ceux des dernières années, et surtout ceux mis en place par Macron), malgré la diabolisation qu’on en fait, mais comme une partie de celui-ci, suivant en cela les valeurs des révolutions françaises. Il considère le gouvernement actuel, comme les précédents, comme des usurpateurs. Il est possible qu’au départ ce mouvement soit créé de toutes pièces à travers les réseaux sociaux autour de la peur : montée du prix de l’essence ; mais rapidement il s'individualise et se particularise jusqu'à devenir un véritable phénomène positif dans le négationnisme ambiant (culture de l'effacement, en anglais cancel culture, privations de libertés, liquidation des services publics, vente du patrimoine, destruction des espaces naturels, etc.).

Face à la folie actuelle, LE CAPUCHE se retire en lui-même et sa musique (rap, techno…). C’est le seul de ces types qui est un petit-maître : un adolescent ou jeune adulte moderne et revendiquant lui aussi sa liberté, son autonomie. Certains sont du genre ‘racaille’, terme plutôt associé au rap, d’autres du genre ‘techno’, et d'autres du genre ‘rock’ avec le grunge. Le rock, la soul (rap…) et la techno sont les trois grands genres musicaux populaires modernes de la seconde partie du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui en Occident, en y ajoutant la pop. La capuche est un élément important de la panoplie des jeunes, surtout dans les années 1990 – 2000, celle-ci protégeant non seulement des regards, mais aussi des intempéries lors de free-parties ou de raves, c’est-à-dire de grande soirées musicales organisées généralement à l’extérieur, souvent en pleine nature ou bien dans des lieux désaffectés, ou bien lors d’expéditions ‘nature’ dans un retour à la nature, ou bien encore dans un nomadisme en particulier présent dans les années 1990 avec les travellers ou crusties (les croûteux) qui vivent dans des caravanes qui parcourent l’Angleterre en troupes. Elle est aussi pratique pour des exercices en extérieur comme la planche à roulettes… De plus, la capuche est une affirmation d’une distanciation face à la mode vestimentaire, comme toujours dans la techno ou bien dans le grunge.

Ci-dessous : Article de La République du Centre Orléans – Loiret du 10 avril 2021. Aujourd’hui il est possible d’organiser des soirées festives illégales. Des articles comme celui-ci, il y en a plusieurs tous les ans dans tous les journaux régionaux. Dans celui-ci (cliquer sur la photographie pour un agrandissement), trois jeunes sont jugés au tribunal correctionnel d’Orléans pour avoir loué un appartement pour organiser une fête un samedi soir. On leur reproche d’avoir demandé un défraiement aux participants pour les frais occasionnés par la location et les boissons, la consommation d’alcool même par des mineurs et un « mépris des règles de sécurité ». La présidente du tribunal invoque la « gravité des faits […] reprochés ». Les fêtards, noceurs et autres noctambules n’ont plus qu’à rester chez eux à regarder internet, se piquer au pfizer et communiquer par téléphone portable avec un masque en ayant pris soin avant de bien désinfecter leurs mains, leurs animaux domestiques s’ils en ont et d’éviter tous les autres êtres humains en tenant bien compte des gestes barrières. S’amuser sans l’accord de la police est devenu aujourd’hui un délit. Bienvenue dans le monde des années 2020 !

Ils ont organisé une soirée festive illégale

Ci-dessous : Dans cet article, provenant de la revue L’Âge de faire n°164 de l’été 2021, on remarque que dans ce genre de fête le danger vient seulement de la police.

La fête durement réprimée

Finissons cette liste avec LE NINI, un individu qui, ayant fini ses études, ne trouve pas de travail ou n’en cherche pas, ou bien une jeune personne qui ne cherche ni à étudier ni à travailler. Ce terme vient d’Espagne et est la contraction de ni estudia ni trabaja. Cette domination serait apparue pour la première fois en 1999. Cela est issu en partie du fait que la société occidentale actuelle offre de moins en moins de débouchés, si ce n’est pour des métiers très spécialisés, et que les conditions de travail sont de moins en moins libres, de plus en plus précaires et inhumaines, l’homme devenant un simple outil, comme la machine. Ce terme peut englober toute une partie de la population de plus en plus marginalisée par la politique européenne actuelle et des gouvernements qui imposent des diktats de plus en plus absurdes que les ninis ne peuvent tout simplement pas suivre ou suivent docilement, sans se poser de questions, comme des êtres décérébrés. Cette dénomination est réemployée dans d’autres pays, notamment dans les pays les plus riches d’Asie (Chine, Japon, Corée du Sud…).

Plutôt que des ninis, la crise orchestrée autour du covid crée des sans-voix. Le sans-voix est tout le contraire des genres cités précédemment qui cherchent à prendre leur vie en main plutôt que de se la laisser dicter. C’est un jeune qui porte un masque médical dans la rue, sur la bouche, sous le menton, au bras ou ailleurs d’une manière visible, même quand cela n’est pas obligé. Il suit les directives de manière complètement amorphe. Son avenir est totalement bouché, et il n’est presque plus vivant, seulement par l’intermédiaire de la technologie et en elle. Comme les automobilistes sur les routes, comme les passagers dans les transports… dans un monde devenu dans son ensemble un système technologique dans lequel les êtres humains sont des données, il suit les lignes indiquées par les médias et autres réseaux sociaux comme le font les bits dans les autoroutes de l’informatique, attendant docilement la fin du monde nucléaire qui passera ou par la fin du monde ou par la fin du nucléaire. Franchement, ne serait-il pas temps que l’espèce humaine évolue ? Il n’y a pas d’équilibre dans la terreur (référence à la notion d’équilibre de la terreur d’après François Mitterrand) !

Au sujet du covid, dernièrement une personne de soixante-dix ans m'a dit qu'elle trouvait normale que l'on oblige les gens à être masqués, car elle avait peur de mourir de ce virus. Parce que l'on a peur de mourir, faut-il empêcher les autres de vivre ? Que ceux qui ont peur s'enferment chez eux s'il le souhaitent, se fassent vacciner s'ils le veulent, portent un masque, une combinaison spatiale, voyagent en papomobile... mais qu'ils n'obligent pas les autres à suivre ce qui est de toute évidence irraisonné. N'est-ce pas égoïste ? C'est dans la même logique d'un faux confort que l'on répand les pesticides, détruit les espèces animales et végétales, javellise, déforeste, bétonne, plastifie, paupérise, détruit, etc. Il n'y a pas que cela d'absurde. Par exemple, n'est-il pas insensé de suivre et croire en des directives formulées par des gens qui mentent continuellement et au grand jour, manipulent, se contredisent, censurent et étalent leur incompétence tout le temps ? Le seul critère de comparaison avec le covid est la grippe, et pas du tout d'autres grandes épidémies. Si le premier virus est plus mortel que le second c'est à cause des mesures prises, aberrantes. Ne ressent-on pas de la compassion pour tous ces enfants que l'on maltraite avec les masques, des directives absurdes, etc. ?

Tout apprentissage devrait être celui de la liberté ! le philosophe grec Antisthène (445 – 365 av. J.-C.), à qui on demande quel est le meilleur apprentissage, répond : « désapprendre le mal ». Plus que jamais, nous devons désapprendre le mal.

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L’amant d’Amanda est un gommeux !

L’Amant d’Amanda : Gommeux

Le chansonnier Émile Carré (1829 – 1892) est l’auteur des paroles d’une mélodie et de la chanson intitulée L’Amant d’Amanda, à la mode à l’époque des gommeux : « Voyez ce beau garçon-là / C’est l’Amant d’A / C’est l’Amant d’A / Voyez ce beau garçon-là / C’est l’Amant d’Amanda ». Cette chanson est mise en musique par Victor Robillard (1827 – 1893) et créée au Café [café-concert] des Ambassadeurs par Libert (1840 – 1896, sur Libert voir ici), en 1876. Elle est sans doute alors célèbre, comme en témoignent plusieurs documents : Voir ici, ici, ici, ici, et ici.

Ci-dessous : Trouvez le couple qui se cache dans cette image ! C'est facile, même moi j'ai trouvé ! Cliquer sur la photographie pour la réponse.

L’Amant d’Amanda

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Musiques, Lumières & danses

 

Les nuits les plus longues de l’année sont celles autour du solstice d’hiver (vers le 21 décembre). Ce sont aussi celles où l’on apporte peut-être le plus de lumières et couleurs, notamment autour du sapin de Noël. Les lumières merveilleuses, les rythmes gracieux et les féeries conjurent la nuit et le froid, rassemblent autour d’une chaleur du coeur.

Concernant la vidéo ci-dessus, outre les rythmes, on note les talons hauts du danseur, une mode qui revient (voir cet article). Des performances plus récentes de John Travolta sont visibles ici.

 

 

Une version plus longue de la vidéo ci-dessus est visible ici. Le shuffle est une danse élaborée au XIXe siècle, aux États-Unis et par des esclaves, intégrant diverses formes de danses et de rythmes. Le lindy hop est une danse plus récente, née au milieu des années 1920 dans le quartier d’Harlem à New York. Dans les années 1990, on appelle shuffle une nouvelle danse (comme ici) s’inspirant de danses techno et autres electro-house, voire disco et bien sûr de l'ancien shuffle. Le lindy hop shuffle est un shuffle faisant davantage référence aux années 1920 – 1930 et diverses danses d’alors (black bottom, shimmy, foxtrot, charleston…) tout en reprenant un style hipster, une élégance des années 1920 remise au goût du jour. Depuis ou en même temps que la réutilisation contemporaine du mot hipster dans la mode, d’autres font leur apparition comme shuffle ou lindy hop, tous empruntés aux États-Unis, du fait de la prédominance américaine d’Internet qui permet de retrouver des documents et usages du passé. La mode et les nouveaux rythmes en général sont un mariage entre une intégration du passé, un mélange d’influences présentes et une création pure. Ils sont souvent en relation avec le pouvoir dominant, même si c'est en opposition. Quand la parole est réprimée, l'expression passe alors par d'autres rythmes, comme ceux du corps, et notamment la danse. La danse est aussi une thérapie, en particulier nécessaire à notre époque où les gens sont souvent assis et courbés sur un écran.

Les rythmes ne comprennent pas que ceux liés aux mouvements les plus visibles des corps ou des sons. Je distingue comme RYTHMES : – Les FORMES avec leurs choix, disposition, harmonie, longueur, largeur, hauteur, épaisseur… en particulier dans les arts comme la sculpture (canon…), la peinture (les traits…), l’architecture, etc. ; – Les MOUVEMENTS comme la danse ; – Les SONS comme la musique ; – Les COULEURS ; – Les LUMIÈRES. Il existe une véritable science des rythmes, comme celle décrite par Platon dans la musique des sphères. L'astrologie fait sans doute partie de celle-ci, et est même peut-être une des plus anciennement élaborées. La plus connue est la musique. Celle sur les couleurs l'est beaucoup moins (voir cet article sur l'harmonie des couleurs dans l'habillement) et encore moins celle sur les lumières.

Ci-dessous, du shuffle à la manière chinoise. On note dans cette vidéo l'omniprésence chaleureuse de la nature. Une autre vidéo ici. La danse est un élément que l'on retrouve sans doute dans toutes les traditions. Elle est très présente en Chine et aussi en Inde, ces deux pays élaborant le long des siècles et des millénaires non seulement de très élégantes danses mais aussi des pratiques alliant la posture, le mouvement et le souffle comme dans les arts martiaux ou le yoga.

 

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Penser pour panser : les mille et un scandales des années macroniennes

Journal La Décroissance

Ci-dessus : Affiche provenant du numéro de novembre 2021 du journal La Décroissance. Je publierai plus tard dans ce blog un article sur les décroissants, alternatifs, capuches, survivalistes et autonomes.

Si dans le titre j’écris « penser pour panser », c’est par amusement. On peut s’ouvrir en pensant, mais aussi en ne pensant pas… Dans les deux cas il s’agit de voir, juste d’ouvrir les ‘yeux’…

Lorsque je sors dans la rue et vois des gens masqués (des jeunes, des enfants…), et leurs gestes toqués ou hésitants de celui qui a peur, cela m'attriste beaucoup. Dernièrement, en contemplant une file d'attente devant une pharmacie pour se faire vacciner contre le covid pour la troisième fois, cela m'a fait penser à des drogués. Depuis les guerres de l'opium en Chine, la drogue a été un outil important utilisé, en particulier par les 'Américains' après la seconde guerre mondiale, pour agir en sous-main en Amérique du sud (Colombie…), en Afghanistan, en Syrie, etc. En France, cette économie parallèle est prospère et de même organisée sans doute par les mêmes. L'industrie pharmaceutique internationale actuelle joue avec les mêmes ficelles mafieuses que sont la peur, l'argent, le pouvoir, la dépendance et même l'hallucination. Nous ne sommes plus avec des drogues utilisées pour guérir mais pour rendre dépendant. Une fois pris dans l'engrenage de la drogue, il est difficile d'en sortir : Il en faut toujours plus, et quand on change de drogue c'est pour en prendre une plus forte. Ajouté à cette dépendance, chaque médecin sait qu'un médicament, donc actif, pris à mauvais escient devient un poison à court ou long terme.

Dès le début de la crise orchestrée autour du covid, j’ai réagi sur ce blog avec des liens temporaires, notamment vers des articles que j’ai écrits sur la mesure.fr (voir ici) et des montages que j’ai faits (voir ici). Ces liens étaient temporaires, car mon blog était consacré uniquement à l’art, au patrimoine et à la mode (aux petits-maîtres et autres merveilleux). À partir du mois d’août et l’obligation de porter un masque en extérieur, j’ai aussi écrit des articles dans mon blog, en commençant par celui intitulé Le nouvel empire fascisant de la folie. Depuis mon premier texte du 21 mars 2020 des scandales journaliers se sont succédés.

Parmi les mille et un scandale des derniers mois macroniens, j’en répertorie rapidement en vrac ici plus de quatre-vingt qui me passent par la tête et qui sont parmi les plus évidents. Il y en a beaucoup d’autres. N’hésitez pas à me les communiquer pour que je les ajoute.

    1. Mise à l’écart des pontes français de l’infectiologie qui sont parmi les professionnels qui ont fait la réputation de la médecine française et qui avaient été installés justement pour affronter les épidémies, comme Luc Montagnier, Christian Perronne ou Didier Raoult.

    2. L’ordre des médecins qui laisse une ribambelle de médecins et autres journalistes dire n’importe quoi, être alarmistes et apporter des fausses informations médicales, s’acharne sur les médecins sérieux comme Didier Raoult.

    3. Ministre français de la Justice mis en examen et toujours en poste.

    4. Ursula Von der Leyen ‘élue’ présidente de la Commission européenne depuis 2019, juste avant le Covid. On peut lire dans Wikipédia, qui fait pourtant partie de la clique rattachée aux GAFAM, qu’en Allemagne : « En 2019, sa popularité tombe sous les 30 % et une étude d'opinion réalisée pour le quotidien Bild indique que les Allemands la perçoivent comme la deuxième personne la moins compétente au Gouvernement. Après le Conseil européen de juillet 2019, seuls 33 % des Allemands sondés par l’institut Infratest dimap estiment qu’elle ferait une bonne présidente de la Commission européenne. » Sur son mari, Heiko Echter von der Leyen : « Depuis décembre 2020, il est directeur médical de la société de biotechnologie américaine Orgenesis spécialisée dans les thérapies cellulaires et géniques. Orgenesis Inc. est une entreprise mondiale de biotechnologie pionnière engagée à accélérer la commercialisation et à transformer la fourniture de thérapies cellulaires et géniques (CGT) tout en réduisant les coûts. Orgenesis dispose d’une plate-forme de vaccins cellulaires ciblant le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV-2), le virus qui cause le COVID-19, ainsi que d'autres maladies virales telles que le Zika, le virus du Nil occidental, la fièvre jaune, la fièvre dengue, MERS, VHC et infection à cytomégalovirus (CMV). » Quant à leur fils, David von der Leyen, il est collaborateur au sein du cabinet de conseil McKinsey.

    5. Obligation de porter des masques dont certains sont faits de produits chimiques et même dangereux pour la santé physique et mentale à long terme, notamment pour les enfants. Il s’agit d’une véritable maltraitance.

    6. Obligations vaccinales déguisées même pour les enfants et les adultes sains qui ne risquent rien du covid (saufs exceptions confirmant la règle) mais bien davantage de ces vaccins.

    7. Vaccins obligatoires alors qu’ils sont encore en phase d’essai, délivrent des instructions génétiques, n’empêchent pas la contamination, sont à l’origine de variants, peuvent avoir des effets secondaires graves voire provoquer la mort, sans prendre en compte les antécédents des patients (vaccinations par les pharmaciens), etc.

    8. Interdictions, flicages et répressions de manifestations (gardes à vue arbitraires, emprisonnements, jugements différés, usages de la force de manière disproportionnée et entraînant des mutilations, etc.).

    9. Conseil d’État corrompu.

    10. Conseil constitutionnel corrompu, avalisant des lois liberticides et contraires à la Constitution.

    11. Politique de la peur, du mensonge et de la corruption.

    12. Associations non violentes dissoutes alors que d’autres très violentes pas du tout.

    13. Bases de données personnelles du service public ouvertes au privé.

    14. Alors que l’hôpital public français témoigne depuis des années de sa dégradation, lors de l’épisode du covid le gouvernement lui a fait subir une surcharge de travail, contrairement aux hôpitaux privés et aux médecins généralistes mis de côté.

    15. Interdictions aux médecins de prescrire et d’agir en toute liberté.

    16. Au mois d’octobre 2020, l’Union européenne a conclu un contrat avec le laboratoire Gilead, permettant aux États européens d’acheter jusqu’à 1,2 milliard de dollars de Remdésivir. En novembre, l’Organisation mondiale de la santé a rendu un avis négatif contre ce médicament « faute de preuves quant à son efficacité ».

    17. Contrats d’achat de vaccins par l’Union européenne opaques et non communicables au public.

    18. Création en France d’un Conseil de défense sanitaire se réunissant dans le secret et dont des membres ont des conflits d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique.

    19. Confinements, obligations du masque en extérieur, alors que le soleil (vitamine D) est un élément de thérapie comme l’est le fait de s’aérer…

    20. Destruction du tissu social français.

    21. Destruction du milieu du travail en France, notamment des métiers libéraux.

    22. Endettement toujours plus important de la France.

    23. Une émigration cumulée à une immigration, d’une importance que jamais la France n’a connue dans son histoire.

    24. Dégradation des services publics.

    25. De plus en plus de missions publiques d’intérêt général confiées au privé.

    26. Privatisations : Groupe ADP (en attente du fait du RIP en cours), Engie, Française des jeux, EDF (projet Hercule : scission de l’entreprise en deux parties, dont une privatisée), SNCF devenue une SA depuis janvier 2020.

    27. Ventes de patrimoines parfois de prestige qui appartenaient au service public.

    28. Conseils privés au sein même de l’État et du Gouvernement.

    29. Élections ou les élus ne le sont presque jamais par la majorité des citoyens français en âge de voter (abstentions, votes blancs, cartes d’électeur non réclamées).

    30. Répression de ceux qui sont contre le port du masque obligatoire : amendes, voire prison après plusieurs amendes.

    31. Propagandes gouvernementales au profit de l’industrie pharmaceutique.

    32. Financement public des médias grand public.

    33. Porosité de l’État français à tous les niveaux aux influences extérieures prédatrices.

    34. Habituation à un système de répression. Pourrissement de la vie des Français.

    35. Mis en place de la 5G pendant la pandémie orchestrée autour du covid, en dehors de débats sérieux et de consultations citoyennes.

    36. Censures très fréquentes sur Internet, parfois demandées par l’État.

    37. Utilisation des services publics à des fins privées et personnelles : pantouflages, rétro-pantouflages, etc.

    38. 50 000 doses pré-commandées de molnupiravir par le ministère de la Santé avant que la Haute autorité de santé ne le recommande pas.

    39. Sourde oreille de l’État face aux pétitions multiples de médecins, de citoyens, de militaires, etc., et face aux manifestations hebdomadaires dans toute la France.

    40. Lenteur de la justice

    41. Lits d’hôpitaux supprimés.

    42. Marginalisation organisée des intellectuels et lanceurs d’alerte.

    43. Refus de l’État français d’accueillir et de protéger Julian Assange.

    44. Désinformation organisée.

   45. Obligations de fournir des données personnelles pour accéder à des services privés (pièce d’identité demandée par Amazon, eBay…)

    46. Pollutions augmentant toujours davantage avec de nouvelles surgissant régulièrement.

    47. Caractère inhumain des mesures prises autour du covid, notamment pour les enfants et les personnes âgées.

    48. Mise de côté de la médecine préventive dans le cadre du covid

    49. Prime aux médecins pour chaque cas de covid diagnostiqué.

    50. Grand Paris et bétonnage de la France

    51. Gonflage des chiffres des morts en classant comme morts du covid des personnes ayant une autre maladie étant la véritable cause du décès.

    52. Détournement des institution françaises

    53. Acharnement contre les métiers libéraux, indépendants et petits-commerces.

    54. Exclusions, mises à pied, renvois, pertes d’emploi multiples.

    55. Paupérisation catastrophique de la France (entreprises fermées, centaines de milliers de SDF, etc.).

    56. Mise en place de multiples chaînes : chimiques, numériques, institutionnelles, etc.

    57. Droits élémentaires bafoués.

    58. Dépossession des citoyens de leur liberté, de leur individualité, de leur choix, de leur intégrité physique, etc.

    59. Objectifs climatiques et écologiques repoussés aux calendes grecques.

    60. Inégalités qui se creusent à tous les niveaux.

    61. Nucléaire.

    62. Dénis de démocratie.

    63. Politique des lobbies au détriment de la France, des Français et de leurs amis.

    64. Multiplication d'actions hors la loi par le Gouvernement, même contre des lois produites par lui.

    65. Secret médical largement et régulièrement bafoué.

    66. Monopoles des producteurs de vaccins qui se sont partagés la vente de leurs vaccins dans le monde.

    67. Utilisation par le Gouvernement du secret défense pour des questions de santé.

    68. Obligations données aux citoyens d'agir les yeux fermés, dans un contexte de véritable tyrannie… et pas seulement sanitaire…

    69. Lois liberticides.

    70. Mondialisme agissant contre les citoyens de manières qui peuvent être comparées à des pratiques mafieuses.

    71. Utilisation de l'argent public pour 'aider' des multinationales et les plus riches.

    72. Déshumanisation des conditions sociales, de travail et de la vie des citoyens.

    73. Pratiques gouvernementales s'apparentant à du sadomasochisme.

    74. Vision monocentrée, unique, faisant fi des particularités, des différences…

    75. Députés et sénateurs qui n'ont pas d'obligations vaccinales qui votent des lois les imposant pour les citoyens, et des policiers qui n'ont pas d'obligations non plus alors qu'ils contrôlent ces mêmes citoyens.

    76. Apartheid : Discriminations et exclusions.

    77. Création de commissions non démocratiques décidant sans débats contradictoires

    78. Humiliations multiples et dépréciations systématiques de la France, de sa culture, de sa langue, etc.

    79. Tests PCR avec énormément de faux positifs.

    80. Prolongation orchestrée de l'épidémie de covid.

    81. Aucune levée des brevets.

    82. Le seul gouvernement français de l'histoire agissant contre la France même.

    83. Publicités et incitations à la vaccination par les instances publiques, jusqu'à leur répondeur... pour des vaccins qui ne servent à rien et sont même dangereux.

    84. L’État français aurait versé à la presse 76 millions d’euros de subventions, et en 2020, en pleine crise orchestrée autour du coronavirus, le gouvernement aurait versé 2 milliards d’euros aux médias.

   85. Scandale McKinsey et l'emprise de cabinets de conseil internationaux sur la politique française.

   86. Pour les élections présidentielles de 2022, une semaine avant la fin de la procédure, octrois par l’exécutif de parrainages à certains et pas à d’autres, et parrainages énormes de certains politiques ne représentant qu'un faible pourcentage de la population alors que d’autres n’ont pu en avoir assez.

 

Pour finir cette année, je souhaite rendre un reconnaissant hommage à tous ceux qui se sont mobilisés pour soutenir la liberté, l’égalité, la fraternité… et la vérité ! En voici quelques-uns :

– PROFESSIONNELS DE SANTÉ & SPÉCIALISTES MÉDICAUX avec bien sûr leurs équipes – Alexandra Herion Caude, Ariane Bilheran, Cécile Maïchak, Christian Perronne, Christian Vélot, Christophe De Brouwer, Delépine, Didier Raoult, Hélène Rezeau-Frantz, Henri Joyeux, Jean-Dominique Michel, Jean-François Toussaint, Jean-Michel Claverie, Laurent Montesino, Laurent Toubiana, Louis Fouché, Luc Montagnier, Marie-Estelle Dupont, Philippe Parola, Violaine Guérin, Zeller ; – PHILOSOPHES – Alain Deneault, Dany-Robert Dufour, Mehdi Belhaj Kacem, Michel Maffesoli, Michel Weber ; – MAGISTRATS & AUTRES SPÉCIALISTES DES LOIS – Alberto Brusa, Alex Vardin, Alexandre Juving-Brunet, Clarisse Sand, David Guyon, Défenseur des droits, Fabrice Di Vizio, Olivier Cahn, Régis de Castelnau, Valérie Bugault ; – POLITIQUES & ÉCONOMISTES – Charles Gave, Étienne Chouard, Florian Philippot, Hélène Strohl, Juan Branco, Martine Wonner, Maxime Renahy, Nicolas Dupont-Aignan, P-Y Rougeyron, Philippe Murer, Sophie Tissier, Stanislas Berton, Xavier Lemoine ; – JOURNALISTES – Bernard Crutzen (Ceci n'est pas un complot), Corinne Lalo, Didier Maïsto, Éric Verhaeghe, Franck Ferrand, Ivan Rioufol, Michel Collon, Olivier Piacentini, Patrick Edery, Pierre Barnérias (Hold-up), Richard Boutry, Xavier Bazin, Chloé Frammery ; – JOURNAUX & REVUES – Kairos, La Décroissance, Nexus ; – SOCIOLOGUES – Laurent Mucchielli, Lucien Cerise, Michel Maffesoli ; – SCIENTIFIQUES – David Colon, Philippe Bobola, Vincent Pavan ; – MILITAIRES – Alexandre Juving-Brunet ; – ARTISTES – Delphine Volange, Francis Lalanne, Ingrid Courrèges, Juliette Binoche, Marie Reno, Pierre Perret. Scylla, Sophie Marceau, Stéphane Cairn ; – HUMORISTES – Christophe Alévêque, Dieudonné M'Bala M'Bala, Franjo, Jean-Marie Bigard, LaBajon.

« Il vaut mieux combattre une multitude de méchants avec un petit nombre de gens de bien, qu’une poignée de braves gens avec une assemblée de coquins. » Antisthène (445 – 365 av. J.-C.)

 

 

 

 

Doctothon/

Cliquer sur l'image ci-dessus pour accéder à la vidéo, car comme dit dans cette celle-ci et aussi ici, la chaîne Kairos sur YouTube a été censurée, comme beaucoup d'autres chaînes et vidéos considérées comme « complotistes », mot qui de fait prend un sens de plus en plus positif.

 

 

La crise orchestrée autour du coronavirus est vraiment à l'opposé des valeurs que je défends dans ce blog, comme l'originalité, l'intelligence, la douceur, la création, l'autonomie, la beauté, l'excellence, la poésie, les rythmes harmonieux, la joie, la liberté, etc.

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Le rastafarien, le rasta et le rastaquouère

Le rastafarien et le rastaquouère ont des noms qui se ressemblent mais sont plutôt opposés. Cependant, tous deux ont une connexion sud-américaine et un rapport avec la mode.

Commençons par le RASTAFARIEN. Son nom vient de « rastafari » qui signifierait en amharique (langue des Amharas, une peuplade éthiopienne) plus ou moins « tête créatrice » et indiquerait un prince. Le rastafarisme est une religion afrosémitique (ayant pour origine Sem, fils de Noé) considérant Hailé Sélassié Ier (1892 – 1975, aussi appelé « ras Tafari Makonnen »), « rois des rois » (Negusse Negest) de l’Empire d'Éthiopie, comme le nouveau messie. Il s’agit d’une religion judéo-chrétienne principalement basée sur l’Ancien Testament, avec ses propres spécificités.

C’est par la Jamaïque, indépendante de l’Angleterre depuis 1962, et la mode reggae que le rastafarisme se fit connaître mondialement. Le reggae provient du ska et du rocksteady et de leurs rudeboys (voir article sur les skinheads). Ces modes jamaïcaines ont beaucoup influencé certains jeunes Anglais de l’époque. Si le ska et le rocksteady n’ont pas une inspiration religieuse, le reggae si. Bob Marley (1945 – 1981) est le plus connu des musiciens de reggae. Il fit son premier disque en 1963, mais devint rastafarien plus tard, vers 1966. C’est dans les années 1970 que ce mouvement se répandit dans le monde entier, du fait des liens entre la Jamaïque et l’Angleterre, de la langue anglaise utilisée, de l’après mouvance hippie (ou « baba » en France) ainsi que du succès des mouvements jamaïcains précédents, comme le ska. Au sujet des hippies, lors du fameux Festival de Woodstock de 1969, Bob Marley n’était pas encore célèbre mais aurait participé, non pas comme chanteur et musicien mais comme vendeur de petits colliers de perles afin de se faire un peu d’argent.

Même si d’autres genres musicaux sont apparus en Jamaïque après le reggae, ce dernier est resté d’actualité jusqu’à aujourd’hui, avec ses sound systems et DJ. On nomme « RASTA » celui qui écoute du reggae, s’habille aux couleurs de la Jamaïque, porte une chevelure longue, lavée mais pas coiffée (les dreadlocks) et fume de la marijuana. L’apparence des rastas et surtout de certains rastafariens fait penser à celle de yogis indiens, qui eux aussi laissent pousser leurs cheveux, vivent plutôt nus qu’habillés et fument de l’herbe.

Personnellement, je trouve dommageable quand des organismes ou autres religions tentent de phagocyter un mouvement de mode, ce qui finalement est très rare. Les religions notamment sont plus ou moins toutes contre les modes. La plupart encouragent une vêture simple, pauvre, unie et cachant le corps. Le monde des apparences est honni : sa futilité, son impermanence, les soins apportés au corps, aux parures et la mise en valeur de la personne. La bure monacale, le voile religieux, l’habit rapiécé du Bouddha permettent aux religieux de sortir de la vie mondaine, tout en étant confortable, car à part pour les contrissions, l’habit religieux l'est généralement, ainsi que protecteur… Mais pour en revenir aux mouvements de mode, évidemment que chacun fait ce qu'il veut, et je ne dois pas, parce que je refuse le sectarisme devenir moi-même sectaire.

Pour ce qui est du reggae et des rastas : Il s'agit d'un mouvement à part entière, très original, authentique et amoureux des rythmes. Je n'ai pas trouvé de documentaires valables, selon moi, sur les mouvements issus de la Jamaïque (ska, reggae, etc.), mais dans l'un on a employé le mot de « pureté ». Je crois que c'est la pureté qui fait la force et l'ouverture qu'elle implique qui fait l'intelligence. Dans tous les cas, on peut dire que les rastas et le reggae représentent un jalon important des mouvements de mode du XXe siècle en Occident, et encore davantage tous ceux provenant de la Jamaïque, et encore davantage tous ceux issus de l'immigration forcée vers les Amériques et les multiples rythmes qui se sont rencontrés, réinventés et dont les échos raisonnent toujours aujourd'hui. Cependant, après le reggae, la Jamaïque n'a rien inventé de très nouveau, et s'est mise à se complaire dans une sorte de surenchère de la vulgarité, à l'opposé du rastafarisme... quoique le rasta est ou semble être bien au-delà de ce genre de considération.

Ci-dessous : Photographie que j’ai prise dans la rue d’une peluche rasta abandonnée et qui m'a inspiré cet article.

Merveilleuses et merveilleux

Au XXe siècle, beaucoup de modes furent importées des Amériques, tels le tango, le jazz, le ragtime, le foxtrot, le charleston, le one-step, le swing, le rock’n’roll, le ska, le reggae, le rap, la salsa, etc.

Ci-dessous : Le texte de cette « chanson danse » (cliquer sur l’image pour voir la partition avec les paroles) fait référence à une danse brésilienne « la pampille », soi-disant de Bahia. Je n’ai trouvé aucune référence sur celle-ci, et sans doute elle a été entièrement inventée par l’auteur. Cependant, cette composition témoigne de l’importance des rythmes sud-américains au début du XIXe siècle en France. Elle a d’autres intérêts : Le personnage représenté sur la première de couverture prouve que les années folles commencèrent avant la guerre de 1914-18. Cette partition est datée de 1912 ! La jeune femme a déjà les cheveux courts, un chapeau cloche, une jupe laissant voir les genoux, et elle semble accomplir le charleston ou une danse qui y ressemble. Sur les années folles et leurs prémisses voir cet article, cet autre et celui-ci. Il est à noter que les danses où on lève la jambe, parfois très haut et gesticule énormément n’étaient pas nouvelles. Au XIXe siècle, déjà la polka et surtout le cancan et quelques autres danses pouvaient s’accomplir de manière très acrobatique (voir par exemple cet article), et cela même avant le XIXe siècle. En fait, on avait autrefois une très grande richesse de pratiques de danses.

La Pampille

Dans la seconde partie du XIXe siècle, on appelait en France et en particulier à Paris, « RASTAQUOUÈRE » un Sud-Américain étalant sa richesse de façon très ostentatoire. C’était le début du bling bling (l’argent ne fait pas le goût). Le nom aurait été donné en Amérique latine à des négociants. En France, il avait une connotation amusée et se rapportait au commencement du tourisme venu des Amériques, les premiers de ces touristes étant bien sûr riches.

Merveilleuses et merveilleux

Pour conclure cet article, je souhaite insister sur le caractère merveilleux et 'légendaire' du rastafarisme. De nombreuses cultures évoquent une terre promise, un royaume caché, un libérateur et des contextes divers et fabuleux. Tout cela n'est pas si éloigné de chacun… et même très très proche. Ne serait-ce qu'en nous se cachent des trésors que nous ne soupçonnons même pas.

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Philosophie de l’élégance XVIII : Principes de liberté et de politesse

Merveilleuses et merveilleux

C’est impressionnant toutes les libertés qui nous sont confisquées progressivement, et l’apathie de la majorité des Français sur le sujet. Nous ne sommes ni en démocratie ni dans un pays libre. Beaucoup des habitants de l’Hexagone ne méritent même pas le nom de « Français » qui veut dire « franc », « libre », car ils sont pervers et veules. Nous sommes dans un véritable totalitarisme larvé (ce que le sociologue Michel Maffesoli appelle un « totalitarisme mou »), d’autant plus impressionnant qu’il utilise la technologie à des fins liberticides. Il est certain qu’aujourd’hui des policiers (voire des agents privés) peuvent vous identifier dans la rue avec leur téléphone portable et la reconnaissance faciale. Cela est évident parce que ceux qui gèrent par la force doivent utiliser toujours les nouveautés, selon une avancée paranoïaque qui donne ses limites aujourd'hui déjà présentées dès la seconde guerre mondiale avec le nucléaire. Et c’est cette peur de la perte du pouvoir qui crée cette [in]humanité malade et liberticide. Cette société s’est fondée depuis l’Antiquité sur l’esclavage. Le mondialisme lui a permis de faire semblant de l’abandonner, en coupant le monde en deux, avec les pays riches et les plus pauvres. Maintenant le monde est devenu tellement petit, que l’on crée une nouvelle forme d’esclavage, une troisième que l'on pourrait appeler de « l’esclavage doux », une servitude plus ou moins volontaire comme dirait de La Boétie (1530 – 1563, voir ici), à travers une dictature technologique mondialisée qui divise entre un monde constitué au plus des trois-quarts de néo-esclaves et des autres qui les dirigent. Pourtant ces derniers sont et seront eux aussi confrontés à ces technologies qu’ils mettent en place et aux pollutions qu’ils contribuent à générer. Travailler aujourd’hui consiste trop souvent à être un néo-esclave, alors qu’il n’y a pas si longtemps on disait que cela apportait la liberté. Depuis quelques années, les professions libérales le sont de moins en moins (dernièrement la médecine en donne un exemple), et quasiment aucun métier est libre aujourd’hui… alors que dire des gens !

Je répète souvent cette phrase de Pierre-Joseph Proudhon (1809 – 1865) : « L’anarchie c’est l’ordre sans le pouvoir ». Nous avons besoin d’ordre pour le bien vivre ensemble, mais personne doit prendre le pouvoir sur quiconque. De la même manière un enfant a besoin de ses parents pour vivre, mais ces derniers ne doivent pas faire usage de cette ‘dépendance’ de leur progéniture pour en faire leur jouet et projeter sur elle toute leur misère. Dans la devise de la République française, c’est ce que l’on appelle « l’égalité » et « la fraternité ». L’ordre apporte de l’harmonie afin que le concert de notre société soit le meilleur possible, le plus divin, réjouissant… Nous élisons des chefs d’orchestre pour qu’ils gèrent le plus excellemment possible cet orchestre. Ils ne doivent pas prendre le pouvoir et s’en tenir aux prérogatives qui leur ont été données afin que chacun puisse jouir de sa liberté, et décider par lui-même pour ce qui concerne son individualité. Il faut bien séparer ce qui est du domaine d’un bien être collectif et d’un bien être individuel. Chacun est son propre maître, et peut faire ce qu’il veut si ce n’est forcer l’autre à faire ce qu’il ne veut pas. Tout collectif doit donc accepter les gens marginaux si ceux-ci n’entravent pas cette liberté collective dans laquelle a été établie la confiance du groupe, et réciproquement.

Notre société s’est archaïquement fondée derrière l’idée du sacrifice : sacrifices humain, animal et rituel aux époques anciennes, jusqu’à l’ère chrétienne qui a perpétué cela avec ses martyres et l’eucharistie qui rejoue un rituel d’anthropophagie où on se nourrit du corps et du sang du Christ, symbolisés par les éléments les plus fondamentaux de la société, fabriqués : le pain et le vin. Dans l’aristocratie même cette notion était très présente, les aristocrates étant des gens de guerre n'hésitant pas à exposer leur vie. Cette idée de sacrifice est restée dans la société française toute entière jusqu’à nos jours, et beaucoup considèrent que ceux qu’ils élisent doivent aller au sacrifice. Du coup ce sont surtout les méchants, les stupides, les voleurs et les menteurs qui s’y collent. Nous devons sortir de cette idée de sacrifice et chérir les gens compétents que nous mettons en avant pour gérer l’ordre commun le mieux possible dans les domaines où ils excellent. Mais nous ne devons jamais sacrifier pour cela notre liberté. Nous ne devons suivre personne, simplement accepter ce qui est juste, la justice étant l’ordre. Comme l’écrit Michel de Montaigne (1533 – 1592) : « […] qui suit un autre, il ne suit rien, il ne trouve rien, voire il ne cherche rien. Non sumus sub rege ; sibi quisque se vindicet [« Nous n’avons pas de roi ; que chacun dispose librement de soi-même. » Sénèque]. » Michel de Montaigne ajoute : « […] nous le [l’être humain] rendons servile et couard, pour ne lui laisser la liberté de rien faire de soi. ». Une société qui rend servile et couarde sa population est triste et décadente. Montaigne cite encore Sénèque : Paucus servitus plures servitutem tenent. Peu d’hommes sont enchaînés à la servitude ; un grand nombre s’y enchaînent. La plupart des philosophes ont réfléchi sur la société et la vie idéales. Certains ont même rédigé des lois pour leur Cité. Ils se sont impliqués dans ce domaine, se sachant les meilleurs en cela, comme un virtuose apporte sa dextérité à la beauté d’un orchestre. Pour ma part, je pense que le nombre des lois détermine l’état d’une société. Une accumulation est un signe de la corruption de cette société où ses individus ne savent pas se diriger eux-mêmes. On crée des lois lorsque les citoyens sont incapables de vivre ensemble individuellement. Le nombre de loi est le miroir du nombre de gens corrompus et imbéciles qui constituent cette société. Je ne parle pas ici bien sûr de ce qui est du domaine de la simple technicité.

La liberté est un signe de l’élégance, de même que l’ordre : l’ordre harmonique. La liberté et l’ordre, ce dernier pouvant aussi être appelé « goût », font l’élégance. Dans la mode on évoque l’invention et l’imitation. On imite ce qui nous semble bon, et invente le bon qu’il nous manque… Chaque individu et chaque collectivité vivant constamment dans le mouvement, cette inventivité et cette inspiration se doivent constamment d'être présentes et remises au ‘goût du jour’.

La liberté n'a pas de limites, et c'est dommage que certains, au nom de la liberté, lui en donnent par leur folie ou leur méchanceté.

La politesse même devrait être l'expression de la liberté. La politesse française n’est pas hypocrite, cauteleuse ou servile, mais franche et émancipée : Elle est honnête. Considérer que chacun doit être poli avec tout le monde, même vis-à-vis de fielleux, de fourbes ou de méchants, cela n’est pas de la politesse mais de la lâcheté et laisse rentrer la barbarie. Il ne s’agit pas de se confronter à eux, mais de les éviter, ou si on ne le peut au moins de ne pas se courber servilement. L’honnêteté est essentielle à la politesse, sinon cette dernière ne sert trop souvent qu’à cacher la laideur.

L’honnêteté en politesse permet de savourer véritablement cette dernière. Elle n’est pas un assujettissement, un enchaînement à une morale et des dogmes figés, mais l’expression d’une harmonie profonde… pas de façade. Ce qui est figé est mort. Réapprenons à être Français : francs, libres et courtois.

Comme le disait le philosophe Ariston de Chios (né au IVe siècle av. J.-C.) : « Le souverain bien consiste à vivre en se tenant à égale distance du vice et de la vertu ».

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20 ans en 2020

Avoir 20 ans en 2020 ou 2021 c’est l’horreur. Confinements, couvre-feu, masques, vaccinations obligatoires… non seulement on détruit la vie sociale en général, mais on essaie de voler les jeunes : leur présent, leur avenir et même leur passé (en gommant la terre même qu'ils foulent tous les jours). On cherche à leur dérober la saveur : la réminiscence savoureuse de ce qui fait le goût dans tous les sens du terme. Il s’agit véritablement de maltraitance, et il est très triste (d'une tristesse sans nom) de voir les enfants, même les petits, masqués dans les écoles, jusque dans la cour de récréation, avec des enseignants qui leur inculquent la distanciation, la peur, le mépris de soi, etc. Nous sommes dans une décadence si profonde que même des religions moyenâgeuses y sont à l'aise pour prêcher. La relève de l'horreur est assurée ! L’obscurantisme leur est présenté comme la valeur émancipatrice, l’avilissement comme une norme et la liberté comme d’une importance négligeable voire comme un danger pour la vie en commun. Pourtant, pour la plupart les adolescents ne semblent pas réagir. Il faut dire qu'il y a une véritable répression larvée à leur égard. On l'a vu dès qu'ils ont commencé à protester avec les gilets jaunes, avec un grand nombre d'interpellations, gardes à vue, etc. Ce samedi, en revenant d'une promenade en vélib au bois de Vincennes, j'ai trouvé une centaine de jeunes Antillais tout à fait pacifiques mais protestant contre le passe sanitaire et qui ne pouvaient pas même se rassembler, les CRS les en empêchant, ceux-ci étant deux fois plus nombreux et bien sûr armés. C'était franchement effrayant de voir ces CRS avec leur arsenal, plus nombreux que les manifestants et empêchant toute convergence, même de trois personnes. Evidemment, si vous protestez on vous embarque. Du coup la plupart des adolescents et des jeunes adultes se soumettent et portent le masque dans la rue, sous le menton, sans même penser que ce bout de tissu castrateur est le symbole de leur asservissement, l’insigne de quelques gens nauséabonds qui imposent leur bassesse à la face du monde, sans parler des autres tout aussi puants qui attendent leur tour. Tous les jours on étale comme exemples des menteurs, des fourbes, des méchants, des manipulateurs… et les adolescents et les enfants voient autour d'eux leurs aînés collaborant avec une bassesse d'une servilité inimaginable. A contrario, ce que chacun devrait avoir à leur proposer est d'essayer de rester soi-même libre, humain et sain...

 
 

Dans la première vidéo ci-dessus, l’un des protagonistes dit cette phrase que je trouve très jolie : « L’éthique est l’esthétique de l’esprit. » La beauté de l’esprit s’entretient comme celle du corps. Personnellement je placerais la raison au-dessus de l’éthique (de la morale) et la sagesse au-dessus de la raison dans l’ordre de beauté. Entretenir l’esprit consiste aussi à lui apporter des nourritures : Parmi les principales je mets le merveilleux et l’espoir. La première fait pétiller et la seconde ouvre le champ des possibles, même si l’esprit est par essence libre et infini. D’autres de ses qualités permettent de contempler sa beauté. Ce qui peut paraître laid en lui ne sont, il me semble, que des reflets des sens qui font croire que l’on a ou veut une chose alors que tout est là.

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Modes de 1790 à 1855

Modes de 1790 à 1855

1792

Concernant mes collections, je me suis fait pour règle de me procurer uniquement des documents d’époque du temps même des sujets dont il est question. Il est rare que ceux qui sont postérieurs m’intéressent. Parfois, rarement, je fais des exceptions, notamment quand la qualité est au rendez-vous ou pour certains thèmes, comme celui de la représentation des incroyables et des merveilleuses après 1800, comme dans ces anciens articles :
– Représentations d’incroyables et de merveilleuses aux XIXe et début XXe siècles ;
– Les muscadins pirates nouveaux romantiques incroyables et merveilleux ;
– Miniatures d’incroyables.

J’ai fait une autre exception avec le petit livre allemand présenté ici et datant de 1939. Il couvre la mode vestimentaire européenne de 1790 à 1855. Je trouve que non seulement les illustrations sont fidèles mais surtout qu’elles sont fines et dévoilent un sens artistique délicat de leur auteur. Je les publie toutes ici, car elles permettent de se faire une idée de l’évolution des modes en Europe pendant la période couverte, et notamment en France (la plupart des images sont des copies de documents d’époque publiés à Paris). Cet ouvrage est intitulé Buntes Modebüchlein aus der Empire und Biendermeierzeit Geleitwort von E. von Gichart (Verlag F. Bruckmann, München). Il est à noter que l’on peut se le procurer sur Internet pour moins de 5 € ou 10 € (plus les frais de port), comme ici. Il s’agit d’un gentil et délicat cadeau à faire pour ces fêtes, mais seulement à des passionnés de l'histoire de la mode française, car les documents anciens sont souvent abîmés et tachés, et pas faits pour ceux qui n'apprécient que ce qui est nouveau et neuf. À ce sujet je dois dire que je suis contre la tendance actuelle à vouloir rénover et rendre neuf l'ancien. Si restaurer et arrêter les dommages du temps est important pour conserver au mieux des objets d'art, des bâtiments anciens et d'autres témoignages du passé, vouloir leur redonner une seconde jeunesse me semble être une erreur, de même que de chercher à les moderniser ou à les actualiser comme pour les édifices du passé. Quant au prix de ce livre... Le prix des choses est très relatif. Mieux vaut se fier à nos goûts que toujours suivre la multitude.

Modes de 1790 à 1855

1791 – 1790

Modes de 1790 à 1855

1791 – 1800

Modes de 1790 à 1855

1794 – 1796

Modes de 1790 à 1855

1801 – 1802

Modes de 1790 à 1855

1812 – 1812

Modes de 1790 à 1855

1813 – 1815

Modes de 1790 à 1855

1814 – 1816

Modes de 1790 à 1855

1816 – 1819

Modes de 1790 à 1855

1822 – 1826

Modes de 1790 à 1855

1830 – 1831

Modes de 1790 à 1855

1832 – 1831

Modes de 1790 à 1855

1834 – 1835

Modes de 1790 à 1855

1840 – 1837

Modes de 1790 à 1855

1845 – 1844

Modes de 1790 à 1855

1850 – 1855

Modes de 1790 à 1855

À partir du XVIe siècle, la mode vestimentaire féminine occidentale se gonfle et se dégonfle régulièrement, avec tout d’abord le vertugadin, abandonné au XVIIe pour une silhouette plus droite, alors qu’au XVIIIe elle s’arrondit largement avec les robes volantes et à paniers. À la fin du XVIIIe siècle elle se simplifie énormément, avant de se regonfler progressivement comme on le voit ici, avec les manches gigot, les multiples jupons, jusqu’aux robes à crinoline du milieu du XIXe. Puis elle se dégonfle à nouveau… en repoussant le volume graduellement vers l'arrière avec la tournure… avant d'être complètement aplatie sans jamais se regonfler depuis.

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La beauté ou Καλος

Les Petits-maîtres du style

Mon second volume sur les petits-maîtres (Les Petits-maîtres du style : de l’Antiquité au XIIe siècle) n’a pas eu de succès. Sans doute a-t-il été écrit sans grand talent, mais les thèmes qu’il touche sont importants pour envisager ce que peut être l’excellence, l’élégance et la beauté. Ce sont des références sur des siècles voire des millénaires, qui ont été mises à l’épreuve de la durée. Cette vérité ne s’est jamais flétrie à travers le temps, car elle est basique, élémentaire à l’échelle humaine. Elle n’est pas éternelle, car l’espèce humaine ne l’est pas et parce que la beauté n’a pas de limites, qu’elle n’est pas figée et qu’elle est multiple.

Cet article, je l’écris venant d’apprendre qu’une exposition, ayant pour sujet la beauté (kallos, καλλός en grec, terme qui vient du grec ancien καλός) dans la Grèce antique est organisée en ce moment au Musée d’Art cycladique d’Athènes, en lisant cet article de La Gazette Drouot.

Je ne sais pas grand-chose de cette exposition, si ce n’est qu’elle rassemble plus de trois cents œuvres et objets d’art antiques, mais ce que je sais c’est que la beauté est un thème tout à fait d’actualité.

 
Ci-dessous un entretien de France Culture avec Ioannis Fappas, commissaire de l'exposition, que l'on peut aussi écouter ici.
 

 

Je trouve très intéressante l’idée évoquée dans cet entretien de se faire beau pour la divinité. On retrouve ceci dans la culture occidentale jusqu’à récemment : On se fait beau pour aller à la messe et autres cérémonies religieuses. Le divin est beauté, émerveillement et fête, une expression du bonheur : son reflet terrestre à travers l’harmonie humaine, mais aussi celle de la nature, des corps, des âmes, du mouvement… Cette recherche de la beauté, son expression et sa glorification sont à l’origine des plus belles oeuvres d’art, cérémonies, symphonies… et s’expriment de même dans des choses très simples, quotidiennes…

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Élégantes de vers 1787

Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Le portrait ci-dessus est une peinture assez grande. Je pense que le support est du parchemin. Le rouge de la bouche semble avoir un peu bavé, ce qui arrive quand on peint sur du parchemin (peut-être est-ce une retouche du XIXe ou XXe ?!?), mais le reste est fin.
Ci-dessous : Gravures de livres de 1787 et 1785. On remarque les coiffures et les robes à paniers avec leurs falbalas et autres affiquets (rubans, fleurs, dentelles, bijoux...).
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux

Ici l'exemple d'une Allemande, ici de Russes et ici d'une Anglaise de la même époque (années 1770 - 80), et d'autres exemples de Françaises ici, ici et ici.

Je profite de cet article pour apporter une information, un peu décalée, sur l'ouverture à Saint-Cloud (région parisienne) d'un Musée du Grand-Siècle (XVIIe siècle français). Cela fait plus d'une année que je ne me suis pas rendu dans un musée, rechignant au masque et ne me faisant pas vacciner. Mais dès que la France sera à nouveau libérée (oui on en est là... en pleine Occupation) j'irai voir, surtout que le parc de Saint-Cloud est grand et joli, qu'il contient le Musée historique du Domaine national de Saint-Cloud, qu'adosser à ce parc se savoure le merveilleux Musée de la Céramique situé à Sèvres et offrant toute l'histoire de la Céramique. Enfin, la ville de Saint-Cloud a un très beau musée d'Art et d'Histoire  : Le Musée des Avelines qui possède notamment une collection des fameuses porcelaines tendres de Saint-Cloud des XVIIe et XVIIIe siècles ! Quand j'y suis allé, justement lors d'une exposition temporaire sur ce sujet (voir cet article et la suite ici) j'ai aussi beaucoup apprécié le salon de thé de la Rotonde de ce bâtiment ; avec ses signes du zodiaque il est digne d'un mage.

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Philosophie de l’élégance XVII : Être à soi

Merveilleuses et merveilleux

Ce que l'on dit un jour n'est jamais ce que l'on dit toujours. Ce que l'on est un jour n'est pas davantage ce que l'on est toujours. Cependant il me semble qu'il est important d’être à soi. Quelqu'un pourrait rétorquer qu'il l'a toujours été. Alors tout est dit… Mais comme je suis bavard, je poursuis sur ce sujet.

Souvent nous sommes dans des projections extérieures à nous que nous considérons comme nôtres. La mode en est un exemple. On veut avoir, posséder, être dans le dernier ton. Cette logique amène jusqu’à voler et devenir malsain. On n’est alors plus à soi. Être à soi consiste au contraire sans doute tout d’abord à être dans son esprit : l’ouvrir en se relaxant profondément. Ensuite c’est être dans son corps, prendre conscience et soin de lui, la maladie venant souvent du fait qu’on le néglige, ce qui peut être considéré comme de la malpropreté, dans le sens large et ancien du terme. On le délaisse pour ‘partir’ hors de soi, et devenir en quelque sorte son propre ennemi.

Michel de Montaigne écrit dans ses Essais (livre I, ch. XXV) : « L’âme, qui loge la philosophie, doit, par sa santé, rendre sain encore le corps ; elle doit faire luire jusques au-dehors son repos et son aise ; doit former à son moule le port extérieur, et l’armer, par conséquent, d’une gracieuse fierté, d’un maintien actif et allègre, et d’une contenance contente et débonnaire. La plus expresse marque de la sagesse, c’est une éjouissance [une jouissante réjouissance] constante ; son état est, comme des choses au-dessus de la lune, toujours serein […]  cette vertu suprême, belle, triomphante, amoureuse, délicieuse pareillement et courageuse, ennemie professe et irréconciliable d’aigreur, de déplaisir, de crainte et de contrainte, ayant pour guide nature, fortune et volupté pour compagnes […] »

Y a-t-il une grande différence entre ce qui est en soi et hors de soi ? Sans doute pas tellement, car, comme je l’ai dit, nous sommes beaucoup dans la projection, et les projections extérieures aussi… Ce n’est pas que cela ne soit pas réel, mais pas vraiment au sens humain du terme « réel », c’est-à-dire basé sur une appréhension très limitée de la réalité bornée par les sens (âme comprise). D’une certaine manière, être à soi consiste à être davantage pleinement conscient de tout et en même temps nulle part : d’être et ne pas être en même temps… On est ni dans le Cogito ergo sum ni dans le To be or not to be, mais dans l’être et le non-être. Finalement le paraître est le pas être, le n’être pas… seulement une image…

Durant l’Antiquité, on avait une conscience de ce jeu, et on l’exprimait à travers le théâtre, certaines fêtes, l’art en général très figuratif et aussi des rituels domestiques comme le culte des mânes et des ancêtres. Lorsqu'une personne de la famille mourrait, on faisait d'elle un masque de cire que l’on conservait dans une sorte de placard formé d’étagères sur lesquelles étaient posés ces masques des ancêtres : les imagines (imago au singulier) qui notamment étaient portées lors des enterrements par des acteurs. On retrouve ce genre d’imagines dans les plus anciens manuscrits illustrés des pièces de théâtre antiques, mais cette fois présentant les masques de chacun des personnages de la pièce, comme ci-dessus pour l’Andrienne de l’auteur romain Térence. Beaucoup de personnes grecques et romaines se sont de même faites enterrer avec des figurines représentant des personnages de théâtre ou avec des masques sculptés sur leur sarcophage. Le théâtre était le lien ! Une des premières choses sur laquelle la Chrétienté s’est acharnée c’est justement le théâtre, et cela du Moyen Âge jusqu’au XVIIe siècle, et ensuite sur les images religieuses avec le Protestantisme. Mais notre société est toujours dominée par l’image qui nous submerge jusqu’à nous faire vivre dans une fausse réalité, une hyperréalité. Nous ne nous regardons plus dans un miroir mais à travers un écran, tellement que nous assistons à une nouvelle forme de vol qui est celui du voleur d’image, qui dérobe notre identité et cherche à la manipuler… si on peut dire, car la réserve d’images est aujourd’hui tellement importante que l’on est dans un monde davantage géré par la machine construite par les hommes que par ces derniers.

Ci-dessus : Double-page de l’édition de 1717 de la comédie Andria de Térence traduite par Mme Dacier (1654 - 1720), fameuse traductrice et érudite impliquée dans la 'querelle' des Anciens et des Modernes de son époque. Les illustrations sont des copies d’un des plus anciens manuscrits médiévaux conservés de l’auteur romain Térence, qui lui-même était dans une lignée de copies fidèles d’originaux de l’Antiquité. Cette image montre une étagère à masques (imagines) qui sont ici ceux des personnages de la pièce. J’ai écrit plusieurs articles sur les comédies de Térence, les masques de théâtre et les imagines, comme Sortir masqué, La personne, le personnage et la mode, Écrire le théâtre, Masques, mascarades, mascarons et Le théâtre antique et les conventions… classiques…

Ci-dessous : Messages d'eBay et d'Amazon pour que je puisse accéder à mes comptes de vendeur. Facebook a été un des premiers sites à demander une pièce d’identité à certains de ses adhérents. Aujourd’hui, des sites comme Amazon ou eBay, imposent aussi qu’on leur fournisse des preuves d’identité si on veut continuer à vendre par leur intermédiaire, ce qui est encore illégal et de toutes les façons immoral. Nous sommes dans un monde 'humain' (plutôt inhumain) devenu fou et complètement orwellien.

 

Ne me pliant pas à ces injonctions d’obligation de donner mon identité en pâture, et n’ayant pas non plus de téléphone portable, aujourd’hui de plus en plus de services sur Internet me sont interdits, sans parler de la censure qui gère mes choix et mon travail sur le Net. Je me retrouve donc marginalisé, sans le vouloir… et c’est comme cela depuis très longtemps, depuis que la société elle-même impose des choix contraires à mon éthique… et même à mon simple bien-être personnel. Cela fait plus de vingt ans qu’en partie je me nourris, me soigne et prends soin de moi avec des plantes sauvages que je cueille. Même en étant Parisien, j’y arrive avec le RER (train d'Île-de-France), et même s’il le faut en prenant ma bicyclette pour aller les chercher dans les coins les moins pollués, toujours plus éloignés bien sûr du centre-ville. Mais je reparlerai de cela dans un article sur les autonomistes et les alternatifs. Personnellement, je ne suis pas du tout survivaliste. Je cherche juste à faire ce qu’il y a de mieux et goûter ce qu’il y a de meilleur, malgré mon esprit étroit, à prendre soin de moi et de ce qui m’entoure en toute harmonie, à être indépendant grâce au savoir qui permet de distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais : à être distingué. Il ne s’agit pas de se retrancher mais au contraire de s’ouvrir, notamment aux savoirs, ni de se préparer à une catastrophe mais d’être constamment dans l’autonomie… à soi, ce qui nécessite aucune préparation, seulement une nouvelle fois du savoir… Les connaissances de base qui consistent à savoir respirer, bouger, boire, manger, prendre soin de soi sans prendre sur son environnement, sont des savoirs de base qui devraient être enseignés à l’école, qui nous rendent libres et que nous ne devons subordonner à personne. Le savoir est liberté, et la liberté est raison ; car elle est une vue claire, la première étant de sa propre mesure. Comme le disent certains philosophes, il y a ce qui dépend de soi et ce qui ne dépend pas de soi. Nous ne pouvons agir que sur ce qui dépend de nous, ce qui est déjà beaucoup ! Au concept de « survivre » je préfère largement celui de « vivre » ! Enfin, je le répète, tout cela sera le sujet d’un autre article.

Ci-dessous : A côté de chez moi, des artistes chaque fois différents, exposent une oeuvre sur un panneau d'affichage grâce à l'association Le MUR. Cet exemple (la photographie date de samedi dernier) résume très bien où en est l'écologie aujourd'hui. Quand je rentre dans une épicerie bio, je suis surpris que l'on m'oblige à porter un masque, me demande de me laver les mains avec une solution hydroalcoolique et nettoie ce que je touche avec cet alcool. En politique, des Écologistes (maires, députés, sénateurs...) sont parmi les plus virulents à imposer le passe-sanitaire, le masque médical ou la vaccination obligatoire.  Pourtant, il me semble que vouloir tout aseptiser est contraire à une notion saine de l'écologie. Les gens veulent tout à la fois : s'allonger dans l'herbe et tuer toutes les bêtes s'y trouvant ; profiter d'espaces naturels paradisiaques tout en continuant une vie de consommateur pollueur ; prôner la diversité tout en favorisant voire imposant un monde uniforme, une vue unique et fascisante ; profiter de rapports humains naturels à travers le téléphone portable ou les réseaux sociaux ; etc.

Pour être à soi il faut aussi des espaces de liberté pour chacun, et surtout pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes, afin qu'ils puissent développer leur sociabilité en s'amusant entre eux. Prendre du bon temps ne devrait être interdit à personne !

Aujourd'hui on nous force à nous diriger vers un « méta-univers » (appelé « métavers »), un monde parallèle virtuel connecté à la réalité et même à la chair (le passe sanitaire en est un premier exemple), ou plutôt dans lequel la réalité est connectée au virtuel et en devient une part. On perd son identité sociale pour une identité numérique, et le soi devient virtuel. On n'est plus dans le théâtre ou la mode : le jeu avec la représentation et la socialisation, mais dans une aliénation pure, un véritable cauchemar où l'être humain est beaucoup moins dépendant de l'harmonie de la nature, et plus du tout dans une organisation sociale démocratique,  évoluant dans un monde technologique géré par la machine et quelques personnes. Cette pollution est sans commune mesure. Nous baignons de plus en plus dans les ondes électromagnétiques qui nous affectent profondément (on devient de toute évidence plus stupides) ainsi que les autres êtres naturels qui nous entourent. Le sans fil nous fait consommer la planète comme jamais, les gens ayant un pied ici et la tête à des milliers de kilomètres. Nos relations sociales sont extrêmement atteintes et nous nous enfermons dans une bulle d'égoïsme où on se contemple à l'infini tout en nous dépersonnalisant. Comment s'en sortir ? Pour le moment je ne vois que ces solutions : – Abandonner toutes les technologies sans fil ; – Se donner au moins une journée par semaine sans écrans et plusieurs jours de vacances numériques par an ; – Apprendre à découvrir la nature qui nous entoure ; – Faire des exercices physiques (personnellement j’affectionne beaucoup le yoga) ; – Essayer de se réunir entre êtres humains comme autrefois en faisant la fête, en mangeant et buvant, voire en priant (pourquoi pas, et chacun à sa manière)… bien que les relations humaines aient été peut-être déjà irrémédiablement endommagées par le téléphone portable et autres technologies sans fil qui polluent notre réalité sociale et communautaire dans le sens humain et naturel du terme ; – Par un gandisme où l'on reprend en main notre vie coutumière naturelle (toilette, vêtements et attitudes distingués et/ou originaux, affabilité et politesse non contrainte, avoir du style…) ; – En conservant notre patrimoine ; – En investissant dans le concret et non pas le virtuel ; – En consommant moins et en cherchant à être le plus possible autonomes ; – En parlant un français recherché et poétique sans américanisme ; – En prenant conscience de la grandeur du monde, que la réalité virtuelle n’est qu’une prison et de notre liberté inhérente…

 

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Japonaises merveilleuses

Ci-dessus : Yamanbas

De toute ma vie, je n’ai jamais joué à la poupée, n’ai jamais été homosexuel et encore moins pédéraste, et ne pense pas être en quoi que ce soit pervers. Je ne juge personne, et considère que chacun peut faire ce qu’il veut s’il ne force personne à le suivre. Je me suis toujours intéressé aux mouvements de mode, depuis ma première adolescence, et cela de façon tout à fait naturelle, et continue de le faire malgré mon âge avancé, alors que ceux-ci concernent avant tout les adolescents et les jeunes adultes. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons, une d’entre elles étant une des sources principales de la mode : le goût pour le merveilleux. Du reste, en France on appelait « merveilleux » les petits-maîtres pendant tout le XVIIIe siècle et la première partie du XIXe. Pierre de La Mésangère (1761 – 1831) utilisait principalement ce terme dans le Journal des dames et des modes, et cela jusqu’à sa mort. J’ai donc un penchant pour l’invention, le goût, l’originalité… Et de tout cela les merveilleuses Japonaises n’en manquent pas.

De la mode au Japon, je ne savais pas grand-chose. Dernièrement, je me suis un peu plus renseigné. Qui ne connaît pas la silhouette féminine japonaise traditionnelle aux cheveux noirs portés en chignon, au visage maquillé entièrement de blanc, les yeux, la bouche et les joues étant rehaussées (maquillage qui peut ressembler à celui des femmes françaises du XVIIIe siècle), le kimono et les hautes chaussures de bois (les geta) ressemblant aux chopines et autres claque-patins des petits-maîtres français du Moyen-Âge au XVIIe siècle ? Je connaissais aussi les geishas dont le nom serait employé pour une femme excellant dans le domaine des arts. De loin, je voyais les nouvelles modes japonaises contemporaines (à partir de la fin du XIXe siècle) comme des sortes de parodies/copies de celles de l’Occident, ou bien plus récemment, associées à un univers enfantin de mangas (et autres dessins animés) et jeux vidéos, celui de la LOLITA des débuts des années 1990, avec sa KOGAL (ou KOGARU et SHIBUYA) utilisant le costume féminin de l’école en dehors de celle-ci avec notamment sa jupe très courte, et celui de la COSPLAY, s’habillant comme ses héros de la pop culture en particulier japonaise (mangas…). Je viens d’en découvrir d’autres, qui mélangent à cela un univers multiple de styles pompadours, enfantins, gothiques, modeuses… et qui forment des personnages parfois merveilleux… un émerveillement que les Japonais réussissent à intégrer à la vie coutumière, comme on le faisait autrefois en France.

L’univers de la mode japonaise est principalement féminin, avec la GYARU ou GAL noms qui seraient une déformation de l’anglais girl (fille). Ils sont en surtout utilisés à partir des années 1970, mais déjà à la fin du XIXe siècle la MODANGARU était une Japonaise suivant la mode occidentale. Jusqu’aux années 1950, les rues japonaises étaient des domaines de l’élégance où se côtoyaient tradition et modernité : de délicates Japonaises aux petits pas entravés, emmitouflées dans plusieurs kimonos, et d’élégants Japonais, suivant la mode occidentale du costume sur-mesure parfaitement taillé. Il y a chez beaucoup de Japonais un goût consommé pour l’élégance et la finesse, mais aussi pour le costume, et chez beaucoup de Japonaises une profonde revendication de féminité particulièrement présente chez les gyarus.

La gyaru semble être à l’opposé du modèle traditionnel de l’élégance japonaise. Pourtant, comme nous allons le voir elle n’est pas non plus une copie de modes occidentales, et son originalité l’inscrit tout à fait… finalement… dans la tradition japonaise… C’est peut-être cela que signifiait Rose Bertin lorsqu’elle disait que la mode est un éternel recommencement. Les modes japonaises sont aussi influencées par la Corée toute proche et la Chine, et il semblerait que la Chine actuellement s’inspire aussi de plus en plus des modes japonaises. Il s’agit là d’un autre élément de la mode : sa capacité non seulement à créer mais aussi à puiser dans d’autres cultures contemporaines ou anciennes. D’une manière générale, il y a chez certains Japonais… et même sans doute beaucoup, un goût délicat pour la mode. Et ce n’est pas pour rien que le principal quartier japonais à Paris est celui autour du Palais Royal, dans le triangle embrassé par la rue de Richelieu et la rue des Petits-champs, lieu qui était jusqu’au XIXe siècle celui de la mode française et de ses multiples métiers.

La gyaru est donc une jeune Japonaise à la mode… Si l’on peut dire, car finalement aucunes gyarus ne se ressemblent vraiment, toutes alliant ces fondamentaux de la mode que sont l’imitation et l’invention. Comme il est de logique, cela a évolué et continue de le faire aussi au cours du temps en divers mouvements.

La base principale de l’habit de la jeune Japonaise est son costume d’écolière, avec sa jupe très courte. La gyaru joue avec le yin et le yang qu’il représente, c’est-à-dire son côté aguichant voire affriolant et le voile enfantin d’une jeune fille sortant à peine de l’enfance. Je ne vais pas entrer plus avant dans la psychologie adolescente qui joue pourtant un rôle important dans la mode en général. Comme dit précédemment, la kogaru est une gal lycéenne qui porte ce costume en y ajoutant sa touche personnelle, celle-ci pouvant être très originale. Ce jeu avec les conventions et les règles fait partie de la mode. Réussir à être tout à fait original sans dépasser la mesure est un art.

La BODIKON joue particulièrement sur la sensualité, portant un habit court et moulant. Ce mot serait la forme elliptique de bodī konshasu ; c’est-à-dire « conscience du corps ». Ce genre de vêtement rappelle pour beaucoup la robe traditionnelle chinoise qui épouse peut-être encore plus harmonieusement les formes.

À partir de vers 1991, la ou le VISUAL KEI ‘choque’ visuellement, employant des éléments divers allant du punk au glam rock en passant par le gothique, le rococo et des éléments de tenues japonaises. De nombreux groupes de musique portent cette tendance. Il n’y a pas vraiment de règle dans ce style si ce n’est l’extravagance, l’outrance, cependant dans un style majoritairement rock’n’roll. En Occident, nous sommes habitués à ce genre, et finalement une gyaru, une shironuri (voir plus loin) et d’autres modes japonaises de ces dernières années, sont pour nous plus ‘choquantes’, provocantes…

Plus gentilles d’apparence, les lolitas se diversifient. Chez la GOTHIC LOLITA le nom dit tout. En japonais on utilise aussi le mot de « grotesque » qui est pris comme synonyme de « gothique ». Il y a beaucoup d’autres sortes de lolitas, l’INDUS LOLITA, la PUNK LOLITA, l’ARISTOCRATE LOLITA, la CLASSIQUE LOLITA, la Qi lolita ou WA LOLITA (mélangeant le style lolita aux habits traditionnels), la KURO LOLITA (entièrement habillée de noir), la shiro lolita ou SHIRONURI (entièrement habillée de blanc) et la pinku lolita (en rose), la FRUIT LOLITA, la MILITARY LOLITA, la STEAMPUNK LOLITA, etc. L’Oji Lolita ou KODONA opte quant à elle pour le style d’un homme de l’époque Victorienne, et la DOLLY KEI ou antique doll pour une mode inspirée des anciennes poupées occidentales. La SWEET LOLITA ressemble à un bonbon baroque, d’un style assez enfantin, peut-être un peu plus que pour la PRINCESS HIME. Hime (姫) signifie « princesse » ou « dame de qualité ». Comme pour la sweet lolita, la jupe courte évasée est récurrente, les hautes chaussettes et de mignonnes chaussures. S’ajoutent de nombreux falbalas, voiles, rubans, fleurs, etc. Souvent la coiffure est en hautes couettes. Les lolitas, comme d’autres gyarus, jouent avec le concept japonais de kawaii (ou kawaï), adjectif signifiant principalement « mignon ». La DECORA est très colorée et dans un univers plutôt enfantin. Elle fait penser à la fruit lolita. La FAIRY KEI est dans un style sweet Lolita revenant des années 1980. enfin l’OTOME a un style européen très doux.

La musique qu’écoutent nombre de ces jeunes femmes est la J-Pop, c’est-à-dire la musique japonaise influencée par l’Occident. Elles ont leurs lieux, leurs boutiques, comme pour les sweet lolitas la chaîne de boutiques de vêtements Angelic Pretty qui a même une succursale à Paris. Ces jeunes filles à leur mode ont aussi leurs revues (certaines n’existent plus) comme Larme, Fruits, Gothic & Lolita, Nylon, Egg, Hera, etc.

En opposition à ces styles souvent blancs, roses, pastels et enfantins, s’est aussi développé un autre beaucoup plus sombre que la lolita gothique ou que la kuro lolita… plus dépouillé, très noir, ténébreux… pas du tout kawaii (mignon).

En fait on retrouve une infinité de variations. Je le dis à nouveau : Les Japonais ont le même goût que les Français avaient autrefois pour la mode, l’habillement et aussi le déguisement. La cosplayeuse ou le cosplayeur, ou simplement la ou le cosplay, genre déjà évoqué, en est un exemple. Il s’agit de s’habiller comme un héros ou un autre personnage fictif par exemple de mangas. Les cosplays se vêtent ainsi de pied en cape lors de manifestations spécifiques, et on peut en rencontrer certains dans la rue s’y rendant. Cette mode est aussi assez encrée aux États-Unis.

Merveilleuses et merveilleux

Parmi les gyarus, celle que je trouve la plus intéressante est la GANGURO. Sa tête est comme l’exact négatif de celle de la Japonaise traditionnelle. Alors que cette dernière a le teint peint en blanc, les yeux et la bouche surlignés et les cheveux noirs, la ganguro a le visage le plus noir possible, les yeux et les lèvres sont maquillés de blanc et les cheveux sont le plus souvent blonds. L’habit est aussi différent, comme pour les autres gyarus, notamment au lieu d’être très long, il est très court. Au bout d’un certain temps, nombre de ganguros sont devenues ce que l’on a appelé des « sorcières de la montagne » : La YAMANBA  porte de grandes perruques colorées, a le teint très noir, et son maquillage est volontairement ‘tombant’ (voir ici et ici), ce qui la fait ressembler à une « sorcière de la montagne » (yamanba). Elle n’est plus dans le genre Suédoise bronzée en vacances à Tahiti, Honolulu ou au Texas de la ganguro. Elle se présente davantage comme l’opposé d’un objet de désir, tout en gardant sa féminité. Aujourd'hui ces styles des années 1970 - 2000 ne sont plus d’actualité, et ont été remplacés par certaines des modes ci-avant citées.

Ci-dessus et ci-dessous : Première de couverture et doubles-pages de Ganguro Girls : The Japenese « Black Face » par Kate klippensteen (Könemann, 2001).

Merveilleuses et merveilleux
 

Comme on peut le voir sur la vidéo ci-dessous, si les ganguros disent qu’elles vont dans un institut de bronzage chaque jour, il suffit d’un fond de teint très sombre pour faire illusion. Elles font aussi largement usage de la perruque et d’ornements (falbalas…)… comme les petites-maîtresses françaises du XVIIIe siècle… Dans la vidéo on note le costume d’écolière et l’érotisme en particulier du début de présentation, les petites-maîtresses étant souvent ainsi…

Par contre dans l’exemple ci-dessous, la ganguro a un vrai teint mâte… ce qui est sans doute encore moins bon pour la peau. Les questions du maquillage, du bronzage intensif comme d’autres altérations naturelles de la peau tel le tatouage posent tout de même quelques problèmes à prendre en considération.

Certaines jeunes Japonaises gardent la tradition du maquillage en blanc comme autrefois en France, avec la shironuri, où l’on peint le visage en blanc, comme dans la vidéo ci-dessous.

Ci-dessous une shironuri « grotesque », c’est-à-dire assez gothique, mais aussi ici inspirée par la nature.

La MORI est « une jeune femme de la forêt », beaucoup plus naturelle que les autres modes présentées précédemment, utilisant des couleurs allant du blanc au brun et d’autres se trouvant dans la nature. Elle est beaucoup moins maquillée, porte des vêtements amples et naturels. Ce style serait né vers 2006 – 2007 (voir ici).

Ces modes japonaises sont de véritables mouvements de mode. Bien que centrées sur le costume, elles impliquent aussi des quartiers comme Harajuku (un des quartiers de l’arrondissement de Shibuya à Tokyo) ou Koenji (quartier de l’arrondissement de Suginami à Tokyo) pour les plus ‘intellectuelles’ des gals, un vocabulaire, des mimiques, des lieux où l’on se restaure, danse, écoute de la musique… Les gyarus japonaises et leurs émules utilisent des stéréotypes que l’on retrouve dans toute l’histoire de la mode française et ses petits-maîtres, ou plutôt dans ce cas précis de ses petites-maîtresses : le goût pour le déguisement, le merveilleux, la modernité, l’esprit de contradiction, la rébellion, la pose, la sensualité, les falbalas et autres ornements, la fête, la création (l’innovation...), la conscience harmonique du coordonné, la frivolité, etc. Comme les petites maîtresses, elles sont adulées par une partie de la jeunesse et montrées du doigt par une part du reste de la société qui y voient des prostitués, des délurées ou des évaporées.

Si aujourd’hui, et depuis quelques dizaines d’années, en France on ne peut plus s’habiller de manière originale et sortir en toute insouciance, c’est que la rue est devenue très ‘lourde’ et même parfois dangereuse, ce qui n’est pas le cas au Japon, d’après ce que l’on m’a dit. L’uniformité n’est pas un signe de bonne santé sociétale, bien au contraire. J’ai souvent trouvé que des gens ordinaires dits « normaux » étaient franchement très tordus, et que le manque de goût pour l’émerveillement est un signe de mauvaise santé mentale… même si beaucoup pensent le contraire. Même le fait de voir de la simple beauté comme de la beauté simple, cela est envisagé comme une chose perverse ou pervertie dans nombre d’esprits. Pourquoi vouloir mélanger tout le monde ? Si nous sommes tous égaux, nous sommes aussi tous différents et pas du tout tous compatibles.

Ci-dessous quelques belles images de biches japonaises (voir sur la biche et le daim cet article et cet autre).

Avant de conclure, voici une brève bibliographie par ordre chronologique des parutions :
– Mode au Japon de Leonard Koren (Éditions Herscher, 1984), titre original : New Fashion Japan, 1984 ;
 Fresh Fruits par Shoichi Aoki (Phaidon Press, 2005) ;
– Gothic and Lolita par Masayuki Yoshinaga et Katsuhiko Shikawa (Phaidon Press, 2007) ;
– The Tokyo Look Book : Stylish to Spectacular, Goth to Gyaru, Sidewalk to Catwalk par Philomena Keet (The Tokyo Look Book, 2007).
– A Guide to Japanese Street Fashion : Including Lolita Fashion, Ganguro, Kogal, B S Zoku, Visual Kei, and Cosplay. Also a Look at the Most Popular Brands par Emeline Fort (Paperback, 2010) Cet ouvrage a été fait principalement à partir de sources internet.
– Fashioning Japanese Subcultures par Yuniya  Kawamura (Berg Publishers, 2012)
– Tokyo Street Style par Yoko Yagi, photographies de Tohru Yuasa (Tokyo Street Style par Yoko Yagi, 2018) ;
– Tokyo Fashion City : A Detailed Guide to Tokyo’s Trendiest Fashion Districts par Philomena Keet (Tuttle Publishing, 2019).

Les petites-maîtresses japonaises sont, comme pour les françaises, une première étape avant d’aborder une élégance plus consommée. Même si elles sont très différentes de la beauté classique nippone, se voulant résolument modernes et distinctes voire opposées, elles gardent dans leurs manières une façon (les anglais diraient fashion) spécifique à ce pays, et que l’on ne retrouve pas ailleurs. En même temps elles ont toutes les caractéristiques des petites maîtresses déjà évoquées. Quant à l’élégance japonaise proprement dite, je ne la connais pas, et serais toujours heureux d’apprendre sur ce sujet. Mais je ne me fais pas trop d'illusion, car déjà je ne connais pas la langue japonaise. Et puis, si l'élégance ne demande pas grand chose si ce n'est une propension au goût plus ou moins élevée, les cultures de l'élégance sont quant à elles multiples et nécessitent un apprentissage, sans doute long pour la culture de l'élégance japonaise.

Au sujet du goût, ces gyarus, comme les petites-maîtresses et les petits-maîtres en général, montrent que l'on se le forge de soi-même... qu'il n'y a pas vraiment de règles si ce n'est culturelles, même lorsque l'on est à contre-courant, et de récurrences qui viennent naturellement et que j'ai indiquées dans mes livres.

Concernant l’Asie, je connais une peu mieux la Chine, ayant eu une petite-amie hongkongaise pendant deux ans, et surtout le Tibet, dont j’ai étudié assidûment la culture pendant de nombreuses années, et aussi un peu certaines traditions indiennes, l’Inde étant un pays extrêmement riche. Au Tibet, on peut distinguer trois formes d’élégance : – une élégance de la forme qui prend diverses apparences : formes artistiques typiques, modes de la représentation… ; – une élégance de l’esprit, spirituelle, sans doute la plus développée ; – une élégance de l’action, avec notamment la tradition autour de Kalachakra et du royaume de Shambhala. Dans toutes les traditions, et même en chacun de nous se trouvent des trésors !

Ci-dessous : Une statuette qu’une Tibétaine m’a offerte, il y a de cela quelques années. Il s’agit de la ‘divinité’ féminine Tara, dite la mère des dieux ou plutôt des bouddhas (êtres éveillés). L’art tibétain est très codifié, mais le principal est sans doute l’état de méditation, de contemplation ou de sagesse que l’œuvre d’art offre. Les yeux sont particulièrement importants, et c’est généralement un dignitaire religieux qui les dessine, les ouvre. Dans l’Égypte ancienne, c’était la bouche de la statue importante que l’on ‘ouvrait’. La vue est un élément primordial dans la spiritualité tibétaine, la vue intérieure symbolisée sur le visage de Tara par le troisième œil. La statue, comme l’oeuvre d’art en général doivent communiquer par la voie visuelle cette vue ‘intérieure’, le mot intérieur étant relatif car les bornes entre l’intérieur et l’extérieur s’avèrent inexistantes. Dans l’être humain, par contre, c’est la fontanelle du haut du crâne que l’on ouvre lors d'une pratique de méditation.

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École de la mode

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Ci-dessus, carte postale : « FOYERS OÙ ON TISSAIT LA LAINE, LA SOIE OU LA DENTELLE ». « EXPOSITION DE CLERMONT-FERRAND 1910 – Exposition des petites industries rurales. Ceux que le métier à tisser faisait vivre autrefois ».

D’après moi, toute école de mode devrait commencer son initiation à la campagne, au milieu de champs de lin, d’ortie, de chanvre… parmi des moutons et des chèvres et des plantes tinctoriales, parfumées, etc. Les élèves devraient apprendre à semer, faire pousser, nourrir,  récolter, tondre, carder, filer, tisser, tricoter, réaliser de la dentelle, teindre, imprimer, tailler, coudre, façonner, blanchir, repasser... pour ne parler que du vêtement.

Aujourd’hui, nous sommes dans un monde où on oublie la base. Pourtant sans socle on ne fonde rien… en tout cas rien de bon et de durable. Ce n’est qu’après avoir acquis cette connaissance première, que l’on peut affiner… et après avoir cette vue d’ensemble que chacun peut choisir là où il veut évoluer, avec la possibilité aussi d’être autonome ou pas (sur l’autonomie voir cet article). Cette connaissance panoramique permet de respecter toutes les étapes qui font la mode. Et puis commencer son apprentissage sous la tutelle de dame nature est une bonne chose pour les jeunes, car les univers pastoral et bucolique sont des mondes d’amour, et parce qu’on s’y ouvre à des états d’esprit et de conscience autres. Et puis en ces temps technologiques et de dématérialisation, on a vraiment besoin d’en revenir à la matière, aux gestes, à l'autonomie, au savoir, au contact entre nous et avec la terre, les plantes, les animaux et les éléments. Il me semble qu’il est important de prendre conscience de nos actes et de l’univers dans lequel nous évoluons. Le consommateur lui-même devrait avoir cette conscience. Quand il achète un produit de prêt-à-porter en coton, il devrait y voir en même temps les champs industriels et toutes les étapes polluantes pour arriver à le fabriquer, sans parler des textiles synthétiques qui eux mêmes sont des pollueurs ; quand il porte du cuir, il devrait bien assumer qu’il a fait tuer un animal pour cela, etc. Prendre conscience de notre environnement et de nos actes nous ouvre à un monde moins étroitement lié à notre égo et à notre égoïsme, et permet de faire davantage de bien, ne serait-ce qu’à nous-mêmes en nous permettant d’éviter bien des écueils en distinguant davantage ce qui est bon.

Ci-dessous : Centre d’une assiette du XIXe siècle représentant « Ste Geneviève patronne de Paris ». Sainte Geneviève est traditionnellement représentée filant la laine au milieu de moutons. Voir les autres assiettes de ma collection ici.

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Sur Internet on trouve beaucoup de vidéos sur les travaux de base de la confection de tissus, l’utilisation de vieux métiers à tisser, les plantes tinctoriales, etc. En voici une ci-dessous sur le cardage, le filage, le tissage et la teinture.

Autres articles de ce blog :

– Lyon : capitale française de la soie.

– Industrie de la mode : l'exemple de la région stéphanoise

– Le ruban, c'est la mode !

– L’esprit et la main : Héritage et savoir-faire des ateliers du Mobilier national

– L’art en broderie au Moyen-Âge

Ci-dessous : Lithographie, pleine page, provenant d’une revue du XIXe siècle :
« UNE ATTENTION DÉLICATE.
– Comment trouves-tu ce schall [ainsi écrit autrefois], chère amie ?… je l’ai choisi moi-même…
– Charmant, délicieux ; mais je n’avais pas besoin de cela pour t’aimer… cher Edouard !… »

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Les mouvements de modes des années 1980

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Plusieurs philosophes niaient l’existence du mouvement, comme Parménide, Diodore Cronos, Mélissos ou Zenon d’Elée. Il y aurait une succession de moments, le mouvement n’étant nulle part, ne pouvant être trouvé. On pourrait même dire que non seulement il n’y a pas de mouvement, mais pas non plus une succession de moments, mais un seul moment de toute éternité. Quand j’écris cela, il me semble que je bouge… Est-ce une illusion ? Quoi qu’il en soit, un objectif louable est de chercher les rythmes les meilleurs par rapport à notre condition d’être humain. Les hommes étant aussi tous différents, la mesure de l’excellence est sans doute celle de soi-même, et on n’a rien à imposer à quiconque. Cependant, le vivre ensemble constitue une danse dont il est préférable qu’elle ne nous incite pas à nous marcher sur les pieds les uns sur les autres, mais à vivre le plus harmonieusement possible ensemble. Tout semble remuer, en constant mouvement. Même la pierre bouge, beaucoup moins rapidement que l’escargot certes, mais elle est mue et se transforme, naissant et mourant… La société actuelle est même dans une frénésie du mouvement. Les rythmes qui la constituent sont multiples, et dans quelques articles je vais évoquer ce que l’on appelle à partir de la fin des années 1970 « les mouvements de mode » durant tout le XXe siècle jusqu’à aujourd’hui, rythmes populaires demandant peu de moyens, peu de connaissances, peu de dextérité, peu de goût, mais de l’imagination, de l’inventivité et de la fantaisie, ce qui est déjà bien. On est dans une culture populaire : « pop », non pas portée par des maîtres en une matière, comme peuvent l’être les philosophes, les grands compositeurs, les grands interprètes… mais par chaque personne qui la suit et la réinvente constamment.

Dans les années 1980, en France, il me semble que la seule chose vraiment appréciable était l’insouciance sexuelle que l’on pouvait encore avoir. L’hétérosexualité était alors un jeu d’autant plus anodin que depuis 1967 la pilule contraceptive permettait d’éviter la grossesse. Cependant, ces années virent aussi l’apparition du SIDA qui fit progressivement s’écrouler l’insouciance sexuelle surtout apanage des années 70. Pour le reste, c’était les années Mitterrand, président qui, sous des dehors socialistes travaillait pour la mondialisation effrénée et ses yuppies, pendant que d’un autre côté il inventait l’austérité pour les Français... politique qui n'a plus cessé depuis... s'empirant même...

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La France devenait définitivement fracturée. Seuls certains milieux arrivaient à vraiment faire la fête et à être inventifs, comme les branchés du Palace et des Bains douches, endroits dans lesquels on retrouvait mannequins, acteurs, publicitaires et autres créateurs répandant une esthétique à la Jean-Paul Goude (né en 1940) ou Jean-Baptiste Mondino (né en 1949). Si on parlait encore du noctambule, celui-ci disparut  progressivement après la fin des anciennes Halles de Paris, déménagées à Rungis en 1969, et qui offraient de quoi se sustenter toute la nuit et jusqu'au petit matin, avec notamment des bistrots comme Le Père tranquille, toujours présent. Les anciens et peu nombreux punks, souvent des 'privilégiés' ayant les loisirs de se rendre régulièrement à Londres, étaient devenus new waves et branchés. Les jet-setteurs et autres baroudeurs new ages parcouraient les fêtes du monde de Goa à Ibiza, suivis par des flopées de touristes. La revue Actuel parlait de « village global » et le monde semblait être devenu tout petit et de plus en plus oppressant pour ceux ayant un minimum de conscience morale et intellectuelle ; coincés dans l’austérité mitterrandienne.

Au niveau musical, en France il n'y avait vraiment pas grand chose. L’apparition des Beruriers noirs et de leurs amis (voir ici) fut un bol d’air frais, réhabilitant la folie carnavalesque et fêtarde française. Mais ce ne fut qu’une sorte d’étoile filante qui ne toucha finalement que peu de jeunes. On parlait alors de « milieu alternatif ».

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Le rap français était assez riche, avec de nombreux breakdancers (aux États-Unis certains se faisaient appelés « schtroumpfs » parce qu'en survêtement bleu et portant une sorte de haut bonnet) et groupes. L’énergie était là, cependant cantonnée surtout aux banlieues qui faisaient alors des rêves américains. Ces exemples montrent que la jeunesse française était surtout focalisée sur ce qui se passait Outre-Manche et Outre-Atlantique, et c’était le cas pour la plus grande partie du reste des mouvements, comme avec les gothiques, la house music, les pirates new romantics, les funs, etc. On employait alors l’expression « mouvements de mode », vulgarisée par le livre Les Mouvements de mode expliqués aux parents de Hector Obalk, Alexandre Pasche et Alain Soral, paru en 1984 (voir ci-dessous quelques pages de cet ouvrage consacrées au new wave).

Quelques fanzines existaient, et j’en ai créés  plusieurs, surtout intéressés par ce que l’on appelait « la musique industrielle », pas très rigolote non plus, mais jouant avec des sons vraiment contemporains, dans un monde dominé par la technologie.

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Dans le nord de la France, la Belgique, l’Allemagne… le mouvement de musique industrielle  qui jouait avec des sons contemporains d’un monde dominé par la technologie, était assez prononcé et donna notamment l’Electronic body music (EBM), avec des groupes comme Front 242. Selon moi, ce fut le mouvement le plus intéressant des années 1980 en Europe, Angleterre exceptée bien sûr.

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Pour le reste en France, parmi les journalistes ceux qui se distinguaient le plus dans le domaine des mouvements de mode travaillaient pour la revue Actuel, avec quelques-uns pour le journal Libération. Actuel lança le mouvement Sono mondial, qui était très festif et se cantonnait surtout autour du siège de Nova Press (Actuel, Radio Nova…) dans les rues de Lappe et de la Roquette dans le XIe arrondissement de Paris. Parmi cette sono mondiale se distinguaient largement les sapeurs, la SAPE (Société des ambianceurs et des personnes élégantes), issue du Congo, étant un des mouvements les plus originaux des années 1980 à Paris, et surtout particulièrement en phase avec l’esprit « petits-maîtres »… et j’en parle dans mes livres.

Toujours dans l’esprit « petits-maîtres », mais cette fois plus ‘bourgeois’, il y avait bien sûr les Versaillais et les BCBG  dont le nom de ces derniers en dit long sur la parenté avec le bon genre et le chic de l’Ancien Régime. Parmi les autres endroits qui bougeaient, citons le festival des Transmusicales à Rennes. À évoquer, tout cela semble beaucoup, mais n’était vraiment pas grand-chose. Par contre, à Londres cela bougeait vraiment bien.

Se promener dans certaines rues de Londres du début des années 1980 était magique, comme à King's Road, à Soho ou à Camden Town. On y croisait les apparences les plus merveilleuses et extraordinaires : des punks, des new-waves, des gothics, des funs, des skinheads (voir ici), des skas, des rockabillys, des psychobillys, des mods revival (voir ci-dessous), des pirates new romantics (voir ici), etc. Le swinging London était toujours là. L’art se faisait véritablement dans la rue.

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Ces mouvements étaient portés par de nombreux lieux de concerts, clubs, pubs (où l’on jouait de la musique), labels, boutiques, revues comme le New Musical Express (NME), émissions (de TV, radio), de fanzines, etc. C’était d’autant plus époustouflant qu’il y avait encore un grand contraste entre ces jeunes et une société anglaise ayant toujours un certain type aristocratique vieille Angleterre… pas encore broyé dans l’uniformisation mondialisée.

Aux États-Unis d'anciens hippies étaient devenus new-ages, et l'Acid house débutait, se répandant en Angleterre puis dans toute l'Europe à travers les rave-parties  et une musique électronique ou techno pleine de ramifications. Avec cela il faut ajouter les rastas, toujours d'actualité. Les punks devenaient anarcho-punks, punks no wave, punks not dead, punks harcore, punks alternatifs, postive punks, crusts ou d-beat. Le hard-rock des années 1970 se poursuivait aussi, se mélangeant parfois au punk, dorénavant davantage 'metal', avec le metal extrême, le speed metal, le trash metal ou le grindcore.

Ci-dessous : Extraits du film de 2002 24 Hour Party People, réalisé par Michael Winterbottom et évoquant le punk, la new wave et les débuts du mouvement techno avec The Haçienda et le label Factory Records à Manchester. Le film en entier est visible ici.

En France, la mode vestimentaire ne suivait pas les mêmes règles, celles-ci étant dorénavant surtout dictées, non plus par la rue comme encore en Angleterre, mais par les grands couturiers, eux-mêmes disparaissant au profit de l’industrie du prêt-à-porter. Malgré cette hégémonie du prêt-à-porter, l’Angleterre s’en sortait encore, les jeunes inventant à partir de rien, comme pour les punks, les skins et les funs aux coiffures colorées ; s’habillant en partie dans les marchés aux puces de Camden town, comme pour les mods, les goths ou les skas, et approvisionnés par de nombreuses petites boutiques spécialisées et créateurs patentés de vêtements, coiffures et autres falbalas très imaginatifs.

Merveilleuses et merveilleux

Les mouvements de mode anglais étaient alors vraiment en relation avec la mode au sens large et ses rythmes. Même les punks, qui étaient une sorte d’anti-thèse de la mode, sont nés en grande partie dans l’imagination d’une styliste (Vivienne Westwood née en 1941, sur son évolution voir ici et ici) et de son compagnon Malcolm McLaren (1946 – 2010), gérants de la fameuse boutique de fringues (je rappelle que ce mot est très ancien), prénommée « SEX » et située au 430 Kings Road à Londres.

La vidéo ci-dessus met en avant l’idée de pose. C’est un élément important de la mode, et j’en parle ici et ici, et d’une manière générale de l’art, qui en quelque sorte fige le mouvement ou le sublime. Il s’agit de prendre une attitude, et en même temps de se poser, de se reposer en elle, de faire une pause, d’une suspension dans le temps, d’un intervalle. Les deux mots viennent eu latin pausare (faire une pause, cesser, faire une trêve…), confondu pour le premier aussi avec le verbe ponere (poser, placer, mettre…).

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Ce n’est qu’à partir des mouvances techno et grunge des années 1990 que la mode vestimentaire fut vraiment conspuée. Cependant le style de ces mouvements devint rapidement à la mode dans le monde entier : le ‘sans-style’. Si Jean-Paul Gaultier (né en 1952) a initié ce genre, il a été repris par la plupart des ‘grands couturiers’, et par la grande distribution, le prêt-à-porter s’accommodant particulièrement bien d’une mode contre la mode lui permettant d’écouler ses habits uniformisés et synthétiques. Dans les années 2000, les gens se sont mis à parader sur Internet et en particulier dans des réseaux sociaux, comme Myspace créé en 2003, originellement dédié à la musique et aux styles dérivés.

Ci-dessous une vidéo de Too Shy, datant de 1983, de Kajagoogoo, un groupe dans la mouvance de Duran Duran ou Banarama, c'est à dire d'un style plutôt new romantic et fun, deux tendances assez pops (surtout la seconde) de la new wave des années 80. Cette vidéo met en scène un voyage dans le XXe siècle au milieu des danseurs d'un club londonien, depuis l'après guerre (1945), jusqu'aux new waves en passant par les hippies psychédéliques. Il manque beaucoup d'autres styles bien sûr, comme les teddy boys, mods, glam rockers, punks... durant ces quarante années l'Angleterre étant très riche de nouveaux courants.

Aujourd’hui la plupart des personnes vivent à travers les réseaux sociaux, tellement que la réalité même s’efface derrière une pensée marchande unique et une hypnose collective numérique. Quelques néo-babas alternatifs résistent cependant et l’utopie politique est toujours d’actualité. Il est évident que plus rien ne se joue sur Internet, pas même dans les cercles prestigieux qui ‘gouvernent le monde’, mais que tout se joue dans notre coeur, en nous. Nous sommes ce que nous voyons dans le miroir de l'avenir !

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« Everybody wants to rule the world ». Tout le monde veut gérer le monde mais peu sont capables de se gérer eux-mêmes.

En conclusion de cet article, malgré la ‘popéristion’ (du mot « pop ») industrielle, marchande et financière mondialisée, l’Angleterre du tout début des années 1980 était un bastion de la mode dans le vrai sens du terme : une invention populaire (au sens large regroupant toutes les classes de la société), festive et merveilleuse.

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La masculinité contemporaine

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Il me semble que nous sommes à une époque où on nous impose majoritairement le glauque, le stupide et le pervers. Il suffit de regarder autour de soi pour s’en persuader, avec tous ces gens qui se masquent même dans la rue, qui forcent les autres à le faire à l’intérieur, avec le passe-sanitaire que l’on rend obligatoire (personnellement je ne suis pas vacciné, et ne porte un masque que lorsque l'on m'y oblige et sur lequel est marqué « TYRANNIE »), avec tout un camaïeu de pollutions et tant d’autres horreurs dont nous subissons le spectacle et l’humiliation quotidiens… Même ce que j’analyse dans ce blog comme étant positif, bon et beau, ne l’est souvent qu’en partie… parfois même en très petite partie. C’est en particulier vrai pour les mouvements de mode du XXe siècle et de ce début de XXIe. C’est la raison pour laquelle jusqu’à présent je n’ai pas parlé de cela et me suis cantonné aux petits-maîtres de l’Ancien régime, comme premier palier pour évoquer l’élégance. Je me rends bien compte que les petits-petits-maîtres et encore davantage les élégances d’un kaloskagathos grec, d’une persona virtuosa romaine, d’une gente dame, d’un bel sire, d’une personne courtoise, galante ou honnête français n’intéressent presque personne, et que les gens préfèrent pour la plupart vivre masqués, bétonnés, dans l’illusion d’écrans et d’ondes électro-magnétiques portant une infinité de mensonges comme celui que d’être égoïste consiste à être altruiste. Il faut donc prendre ce que j’écris, en particulier sur les mouvements de mode du XXe et début XXIe siècles, comme un espoir et une recherche d’émerveillement dans un monde plus proche et contemporain… démarche sans doute stupide. Mais la vie m’a appris que l’espoir, même s’il n’est peut-être rien, que de la fumée, fait toute la vie de l’être humain (ou de la plupart), que sans lui  ce dernier n’est généralement que perdu dans les ténèbres qu'elles soient réelles,  créées (comme l'égoïsme ou la méchanceté) ou subies. Gardons donc l’espoir.

Après cette introduction, j'en viens à mon article. Ces derniers temps, j’ai croisé plusieurs fois dans Paris des hommes portant des talons hauts assez carrés, comme au XVIIe siècle, avec des cheveux assez longs et bouclés, une ou deux boucles d’oreilles, des bijoux… Cela donne un style que l’on pourrait qualifier de féminin aujourd’hui, mais que l’on retrouve assez chez les gommeux, les petits-maîtres et de manière générale chez les hommes de l’Ancien Régime. Ces derniers pouvaient être beaucoup plus délicats dans leur mise que ceux d’aujourd’hui, comme aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec leurs grandes perruques, leurs dentelles, etc.

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Il semblerait que ce soit le créateur anglais Thom Browne qui ait remis au goût du jour les talons pour hommes en 2017. Certains mannequins masculins auraient même refusé de défiler pour lui à cause de cela (voir ici).

En 2020 cette tendance est devenue courante dans les défilés de mode (voir ici) et aussi dans la rue comme on peut le constater. Évidemment, la mode vestimentaire pousse à cette sorte d’androgynie, le prêt-à-porter s’accordant très bien de cela. Mais ce n’est pas nouveau. Ce mouvement a commencé dans les années 1980 avec Jean-Paul Gautier et notamment ses jupes-hommes. Dans les années 1990, beaucoup de jeunes hommes s’habillaient en reprenant des stéréotypes vestimentaires homosexuels, sans être de cette affinité sexuelle. En 1994, le journaliste britannique à The Independent, Mark Simpson, inventa le terme de « métrosexuel » pour un homme fortement soucieux de son apparence, quel que soit son genre ou son orientation sexuelle. Cette évolution s’est donc faite naturellement. Comme l’écrivait Géraldine Dormoy, le 19 janvier 2011 dans cet article : « Loin des drag queens déjantées des années 1990, la figure transgenre des années 2010 frappe par son naturel. » Voir aussi cet article et celui-ci. Le mot « transgenre » n'est pas ici anodin, et éclipse le positif de cette mode qui remet au goût du jour une caractéristique importante de la masculinité. Dans les modes d'autrefois, cet aspect que l'on appelle aujourd'hui féminin était au contraire considéré comme faisant partie de la panoplie masculine. Mais aujourd'hui, le transgenre marque un véritable malaise porté par un mondialisme qui nivelle et gomme toutes les particularités, et notamment les différences.

Rappelons que durant l’Antiquité, et jusqu’au XIIIe siècle, l’habit masculin divergeait peu du féminin, la base pour les deux étant la tunique et le manteau. Dans les pays du nord de l’Europe, comme la France, les militaires et certains travailleurs comme les paysans, portaient aussi la braie, l’ancêtre du pantalon, puis les chausses. Ailleurs, et en particulier dans l’aristocratie, la bourgeoisie et le clergé, la tunique et le drapé restaient de rigueur. Au Moyen Âge on appelait « robe » l'habillement, ainsi que l'ensemble des habits taillés dans une même étoffe (un même drap) ou appartenant à un même ensemble, de même que l'habit de dessus masculin ou féminin, la tunique et toutes sortes d'habillements : robe de nuit, robe linge, etc. Le terme de « garde-robe » vient de là. À partir du XIIIe siècle, le vêtement devint beaucoup plus cousu, et donc genré, les corps de la femme et de l’homme étant différents non seulement au niveau de la forme mais aussi de la physiologie, la femme ayant un rythme menstruel, des grossesses, etc. Mais l’homme se parait autant que la femme, voire davantage. C’était en particulier le cas aux XVIe et XVIIe siècles, avec les parements et les dentelles multiples, les perruques, etc. Les mignons du XVIe siècle et d’autres hommes aussi portaient des boucles d’oreille, des colliers (de perles par exemple), des bagues…

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La mode vestimentaire féminine empruntait parfois au vestiaire masculin. La tenue féminine d’équitation notamment copiait la masculine en y ajoutant la robe. Les femmes montant à cheval étaient appelées des « amazones ». Ce n’est qu’avant la première guerre mondiale (1914 – 18) que les femmes prirent à grande échelle des éléments du costume masculin dans la vie courante, ce qui fut en particulier le cas après cette guerre, avec la garçonne des Années folles. À partir de la légalisation de la pilule contraceptive (1967 en France), la mode féminine devint de plus en plus masculinisée, mais toujours pas l’inverse, quoique les hippies femmes comme hommes se ressemblaient beaucoup avec leurs cheveux longs et leurs tenues fleuries. À partir des années 1980 et surtout 2010 l’apparence masculine devint plus féminine. Je le répète, il ne s’agit pas de s’habiller en fille, comme peuvent le faire les transsexuels ou certains fétichistes, mais de reprendre des codes vestimentaires qui étaient autrefois aussi masculins, comme les cheveux longs, les hauts talons, la robe, etc. Il est amusant de constater, que ce sont souvent des hommes musulmans ou africains qui ont remis au goût du jour dans la rue la robe chez les hommes.

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Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la masculinité ne consiste pas obligatoirement à un dépouillement ou une sobriété vestimentaire. Le caractère mâle ne s’identifie pas à cela, au contraire. Dans la nature, les animaux mâles sont généralement beaucoup plus coquets que les femelles. Ils cherchent beaucoup plus à séduire que ne le font ces dernières. Ils se parent de crinière, de merveilleuses plumes et de multiples autres ornements parfois somptueux. Cela est donc naturel à la masculinité. Ce jeu de la séduction permet aussi de transcender le désir ou de le maîtriser, afin de ne pas être dans l’expectative d’un désir assouvi dans le futur, mais dans le plaisir de l’instant qu’apporte le soin de la séduction… de la parade… le jeu des apparences…

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Le mauvais genre

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J’ai écrit sur le bon genre et le bon ton ici et ici, sur le bon goût ici et ici, le bon air ici et le BCBG (bon chic bon genre) ici et ici. Autrefois, avoir du style, de la manière, est primordial en France, et cela depuis les temps les plus anciens jusqu’à la seconde guerre mondiale, celle-ci sonnant le glas de l’indépendance. Cela l’est tellement que même les gens malfamés en ont ! Ils ont du genre… mais du mauvais.

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Ce mauvais genre peut avoir du style : Il invente un costume, ses coutumes, son langage (son patois, sa langue verte…), ses danses, sa musique, ses convenances, etc. Les milieux les plus pauvres ne sont pas en reste… au contraire, car cela leur apporte une richesse, qui n’est pas pécuniaire mais pas moins réelle, et elle aussi régie par des conventions.

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Les noms de certains mouvements de mode sont même puisés dans le registre du mauvais genre, comme pour le racaille, le grunge, le batcave, le punk, le hippy, le poisseux (nom qui fait penser au greaser anglo-saxon), le crevé, le cacouac (qui veut dire mauvais qui fait des couacs), le roué, etc.

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Les apaches de l’entre-deux-guerres n’ont pas un nom évoquant le malfamé, mais ont un genre très marqué de mauvais garçons à la distinction plutôt animale. Ils ont leur danse (la java), leur musique, leurs chansons, leurs bistrots, leurs guinguettes, bals... leur costume (casquette, rouflaquettes…), leurs quartiers (comme Bastille et Ménilmontant), leur argot, etc. Ce nom est donné dès le début du XXe siècle, et les apaches ne disparaissent qu'avec la seconde guerre mondiale.

 
 
L’actrice Arletty (1898 – 1992), que l’on voit dans l’exemple ci-dessus, a un genre à la mode durant l’entre-deux-guerres, un peu garçonne sportive montparnos et un peu gigolette déglinguée et démantibulée, comme dans le film Un Chien qui Rapporte de 1931 (voir ici). Dans le genre démantibulée, on a un merveilleux exemple ci-dessous à 0:33'.
 
 
 
 
Merveilleuses et merveilleux
 
On pourrait se dire qu’à notre époque très troublée, il y a des choses plus importantes à faire que de parler casquette et rouflaquettes. Il me semble que dans tous les cas la première chose à faire est de se relaxer. À partir de là le champ s’ouvre et on agit davantage en pleine lumière, en pleine distinction, de manière juste. Si ce champ est envahi par de sombres choses, on sauve ce que l’on peut sauver. Dans tous les cas, on ne fait pas semblant, ce qui nous rend d’autant plus précieux, car une chose authentique est préférable à sa copie. Ne nous berçons pas d’illusions et ouvrons-nous… tout simplement… Ouvrons nos yeux… notre âme… Et restons gais… tendrement gais…

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Philosophie de l’élégance XVI : La richesse, ou le pauvre monsieur riche

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Lorsque l’on écoute les économistes et les politiques et les êtres humains en général, on a l’impression qu’il n’existe qu’une seule richesse : la possession, et que dans la possession, celle de l’argent surpasse toutes les autres. Cela est tellement vrai, que de nos jours on aide surtout les banques, mise tout sur la création monétaire et ne pense que marchés, CAC 40 et autres indices boursiers… Même le travail, idée sur laquelle toute la société moderne post Ancien régime s’était fondée, n’a plus de valeur. Seul l’argent compte, l’argent pour l’argent ! Et cet argent que l’on crée à partir de rien, on le donne en très grande majorité aux plus 'riches' et leurs sociétés qui brassent surtout du vent. Ce sont des jeux de pouvoir, et en cela l’exemple des GAFAM aux États-Unis est édifiant.

La richesse de l’élégance est bien au-delà de l’argent. Beaucoup d’élégants l’ont même méprisé. Du reste, dans tout l’Ancien Régime et encore jusque dans les années 1970 en France, il était d’extrême mauvais genre d’en parler. Je me souviens qu’encore enfant, c'était toujours le cas. Le terme de « bourgeois » était très péjoratif autrefois, non seulement chez les aristocrates mais aussi dans les autres classes de la société. Au XIXe siècle, ce mot était une insulte chez les petits-maîtres, comme les Romantiques (Nouvelle France), et en général chez les artistes. Si vous n’appréciez pas quelque chose, vous affirmiez que c’était d’un style bourgeois et tout était dit !

Tant qu’on ne verra comme richesse que l’argent, notre société n’évoluera pas et continuera sa régression. Les autres richesses sont multiples. Il y en a que l’on a toujours considérées comme allant de soi, mais qui aujourd’hui sont très détériorées, comme l’air que l’on respire (de plus en plus pollué) ou le soleil (de plus en plus agressif du fait de la pollution)… La terre était par contre un sujet de guerres et l’eau une préoccupation quotidienne pour beaucoup. Une terre et une eau saines sont des richesses incommensurables. Le savoir est une richesse extrêmement importante : Une personne peut mourir d’une maladie simplement par ignorance, alors que la plante qui peut la guérir pousse devant sa porte. Les diversités sont une autre forme de l’abondance, et celles-ci n’ont fait que diminuer au profit d’une culture (invoquant notamment une pseudo diversité) et d’une pensée uniques. L’amour est une autre richesse (dont l'amitié, etc.), ainsi que la paix, la santé, la raison, le patrimoine, la valeur humaine et bien d’autres qui ne s’acquièrent pas par l’argent… tout au contraire…

La crise orchestrée autour du covid aura mis en avant plusieurs choses, dont la pauvreté de ceux qui sont soi-disant riches. Plus vous êtes ‘riche’, plus vous avez du mal à abandonner cette fausse richesse. Il y a la pauvreté même de la vie sociale humaine : Il suffit de voir les gens s’obligeant à mettre un masque médical et se comporter en gendarmes pour pouvoir conserver un métier, une vie de famille, partir en vacances, etc. Pour cela, on les dirait prêts à faire un pacte avec le diable ! Bien sûr notre corps nous impose des contraintes ; mais pourquoi en ajouter d’autres ? La plupart de ce que nous considérons comme des nécessités et des richesses sont tout le contraire : ce qui nous enfonce dans une pauvreté bien pire que celle que nous fuyons. Évidemment, il est nécessaire de ne pas juger, mais je dis cela pour justement sortir de cette misère. Nous avons chacun besoin de peu, le reste n’étant que partage de la richesse… et non pas de la misère bien sûr ! La richesse engendre naturellement la richesse. Si cela devient impossible, alors restons raisonnablement pauvres. Notre liberté de choix est un indicateur de cette richesse dans la pauvreté. Je ne pense pas, comme le Christ, que la personne riche en possessions doive abandonner cette abondance matérielle pour suivre la ‘véritable’ richesse (selon lui sa doctrine et Dieu). Je pense simplement que la possession ne doit pas la laisser sombrer dans une misère plus profonde que celle d’être pauvre. Encore une fois, il n’est pas question de préceptes, de dogmes définitifs, mais de mesure. Certains signes nous donnent des indications concernant notre état. Et de toute évidence les pays dits riches sont devenus pauvres !

Ceci dit, la richesse est entièrement relative. Elle est conditionnée d’abord par des éléments physiologiques qui changent selon les espèces et les individus. Elle l’est ensuite par des effets culturels et de mimétisme. Enfin la rareté compte. Dans le terme de « richesse » se tient une idée de superflu. Là aussi c’est relatif, car ce qui est essentiel pour certains est du superflu pour d’autres. Par exemple, personnellement je n’ai jamais pu m’habituer au métro ou à la vie en appartement ; alors que d’autres s’accommodent très bien de ce moyen de transport et de ce genre de logement. On distingue donc le nécessaire du superflu. La nécessité est selon Thalès la chose la plus puissante, car elle vient à bout de tout, elle triomphe de tout. Sans le nécessaire, qui je le dis une nouvelle fois n’est pas le même selon les êtres, on souffre voire meurt. Et si on peut s’habituer à beaucoup de choses, et même très mauvaises, on ne peut survivre dignement, ou même survivre tout court, sans le nécessaire.

Pour la plupart il est difficile de simplifier leur vie et d’éviter les méchants. La cause en est peut-être, dans le premier cas que nous ne connaissons pas la mesure, notre mesure, et dans le second que nous sommes constamment entourés du désir des autres qui réveille le nôtre dans une noria qui, si elle n’est pas une danse gérée harmonieusement est un enfer. Comme le disent des philosophes aussi bien occidentaux qu’orientaux : l’ignorance engendre le désir qui mène à la colère qui crée l’ignorance et ainsi de suite. Diogène Laërce écrit que, d'après Épicure, les malheurs des êtres humains viennent de la haine, de l'envie ou du mépris, et que c'est grâce à la raison que l'on peut éviter ces travers (Source). Je trouve le terme de « mépris » meilleur que celui d’« ignorance », car le contraire du premier mot implique de la compassion, une attention à la vie.

Ce que je dis là peut sembler un peu dur. Pourtant je ne voudrais être que douceur. Les dogmes, les discours ne nous apprennent rien. Le mieux qu’ils puissent faire c’est de nous apporter du réconfort. D’après Diogène Laërce (toujours... je le lis et relis depuis des mois y trouvant toujours davantage), pour certains philosophes sceptiques la fin de l’Homme est la douceur : πραότητα (traduction de πραότητα). J’ai déjà parlé de la douceur dans cet article, notion particulièrement importante dans la France de l’Ancien Régime et dans le domaine de l’élégance.

Quand j’étais jeune, même enfant, je ne considérais rien de plus important que de distraire les autres. Cela me semblait bizarre, mais je ne voyais rien d’autre de bon à faire. Aujourd’hui je le pense toujours… et cela me semble toujours aussi étrange… De nos jours, le simple fait de distraire peut être considéré comme un acte subversif, si on ne le fait pas dans la norme, si on ne suit pas le passe, qu'il soit sanitaire ou autre, et nous nous enfonçons toujours davantage dans la misère du pauvre monsieur riche.

Photographie ci-dessus : Gravure du début de la fin du XVIIIe siècle : « LE RICHE DU JOUR OU LE PRÉTEUR SUR GAGES. Je prête, Madame, à mes Concitoyens à deux cents pour cent d’intérêts. » « Gravé par J. L. Julien » (Laurent Joseph Julien (17… – 1805). J'ai déjà présenté cette estampe dans un autre article de ce blog. Un jeune paysan a pris, durant le Directoire, les habits modernes d'un incroyable pour se faire prêteur sur gages et ruiner la vieille femme d'Ancien Régime déjà famélique qui est dépossédée de ses derniers bijoux.

 

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