4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 06:58

Ceux qui ont lu ou liront les articles que j'ai écrits intitulés Fondation du patrimoine : Le patrimoine de villes entières ‘offert’ à une fondation privée et Les jeudis du mécénat, ou comment le service public culturel organise son retrait trouveront sans doute intéressant d'apprendre, comme je l'ai fait ici, que « le Ministère de la culture et de la communication a confirmé son engagement de soutien à la Fondation du patrimoine. Il annonce que le fruit des successions en déshérence, anciennement allouées à la Fondation du patrimoine à hauteur de 50 %, a été augmenté en concertation avec Bercy à 75 %. Cette annonce garantira ainsi une enveloppe de 6,5 millions d’euros pour l'année 2016, contre 4,5 millions d’euros initialement annoncés. »

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 06:58

Les samedi 14 et dimanche 15 mai 2016 de 10 h à 18 h, le Marché Dauphine aux Puces de Paris Saint-Ouen propose son sixième Salon du disque, un exercice qui se prête bien à ce lieu (le marché aux puces de St-Ouen) depuis toujours tourné vers les modes de rue.

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 06:58

Dans plusieurs articles de ce blog (comme ici) j'ai évoqué la vente de biens patrimoniaux appartenant à l’État ou à des organismes publics ces dernières années. Voici une intervention faite par Mme le sénateur Claudine Lepage évoquant cette fois les ventes de biens français à l'étranger lors de la défense d'un amendement qu'elle avait déposé sur l'article 23 du Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine :

« [...] Depuis 2010, effectivement, la politique immobilière du ministère des affaires étrangères n’est plus financée que par les cessions de biens, principalement à l’étranger, car aucun crédit d’investissement n’est plus inscrit au budget général. Outre des bureaux ou appartements, sans valeur historique ou culturelle particulière, des biens prestigieux et particulièrement emblématiques du rayonnement de la France à l’étranger ont également été cédés.

L’un des derniers en date est le Palais Clam-Gallas, à Vienne, vendu au Qatar pour 22 millions d’euros. D’autres immeubles, comme la Maison de France à Berlin, véritable symbole de l’entente franco-allemande, ont échappé à la cession, grâce à la mobilisation des élus et des citoyens, français comme allemands.

Cette braderie continue, puisque la France envisage de vendre en 2017 les bâtiments de sa chancellerie et de son consulat général à Londres ! Ces ventes sont devenues parfois inévitables lorsqu’on a trop attendu pour engager les travaux nécessaires : je pense notamment à l’Institut wallon à Amsterdam.

Ces ventes suscitent toujours une vive opposition de la part des francophiles des pays concernés et elles sont un très mauvais signal pour l’image de la France à l’étranger.

Des solutions alternatives existent bien souvent. J’ai ainsi en tête l’exemple du Palazzo Lenzi, à Florence. Ce magnifique palais, attesté déjà en 1470 et qui abrite l’Institut français depuis 1908, était promis à une vente à la découpe en 2010. L’émoi suscité par ce projet a permis une reconsidération de la situation. En définitive, le Palais abrite toujours aujourd’hui l’Institut français et le consulat honoraire. Cependant, deux espaces loués du rez-de-chaussée accueillent des boutiques, dont une librairie française. Le troisième étage doit être également prochainement valorisé, par une vente ou une location. En outre, une médiathèque a été créée au rez-de-chaussée, bénéficiant ainsi d’un accès direct sur la rue, augmentant la visibilité de l’Institut.

En définitive, un réaménagement du Palais Lenzi a permis tout à la fois de tirer profit, sur le long terme, du bâtiment par une location partielle, tout en conservant un bien prestigieux et en valorisant la présence française à Florence.

Il me semble donc que la consultation préalable de la Commission nationale des cités et monuments historiques doit pouvoir pallier des ventes inconsidérées. »

Lors du passage de ce projet de loi à l'Assemblée nationale, Mme le ministre a proposé un amendement (n°239 visible ici) visant à supprimer l’obligation prévue par le Sénat de consulter la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture avant toute vente d’un immeuble d’intérêt patrimonial de l’État situé à l’étranger. Pour une fois la majorité n'a pas suivi son ministre qui a dû retirer son amendement.

Pour la seconde lecture au Sénat du Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine l'examen en commission de la Culture du rapport de Mme Françoise Férat et M. Jean-Pierre Leleux aura lieu le mercredi 11 mai, et la discussion en séance publique les 24, 25 et 26 mai 2016.

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 05:53

Un article vient d'être publié dans le hors-série Histoire du journal La Provence de mai-juin 2016 sur le sujet des Petits-maîtres de la mode.

Voir ici

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 06:58

Qui tacet consentire videtur (Qui se tait est présumé consentant).

Dans l’article intitulé La place Vendôme à Paris j’explique comment deux hôtels particuliers de la place Vendôme datant du début du XVIIIe siècle sont en train d’être saccagés de l’intérieur. Dernièrement je me suis aperçu que ces immeubles appartiennent à LVMH, un groupe soi-disant français mais international, premier dans le secteur du luxe. Sur une bâche de ce chantier de la place Vendôme (photographie ci-dessous) est inscrit en gros : « Ici, LVMH réalise les travaux de rénovation d’un immeuble classé au titre des Monuments Historiques ». C’est vraiment prendre les gens pour des imbéciles. C’est vrai que ces bâtiments sont classés, mais il ne s’agit pas du tout d’une rénovation. Comme je le dis dans l’article, notamment 2565 m2 de plancher vont être supprimés et 2086 m2 créés, tout cela sur une superficie de terrain de 736 m2.

Pour la Samaritaine, rachetée aussi par LVMH, l’autorisation de la mairie (voir ici :  pages 1, 2 et 3) et le permis de construire (voir article intitulé Destruction de la Samaritaine) ne parlent pas de rénovation mais de « restructuration ». La préfecture de police appelle cela de la « reconstruction », de la « réhabilitation » et même de la « restauration ».

D’abord il est nécessaire de savoir que l’ensemble des bâtiments de la Samaritaine était constitué de plusieurs magasins. Le plan ci-dessous (source Wikipédia) les délimite clairement.

Le magasin 1 était celui des débuts de la Samaritaine en 1870. Lorsque LVMH rachète en 2001 l’ensemble il détruit entièrement cette partie ne gardant que les façades. Le lieu constitué de plusieurs immeubles anciens, a été évidé complètement. Les bâtiments ont été démolis exceptés les murs donnant sur rue. De l’extérieur cela ne se voit pas comme on le constate sur les photographies ci-dessous, mais à l’intérieur la pierre a été remplacée par du béton. La destruction de cette partie est sans doute la pire. En 2002 le lieu constituant autrefois le magasin 1 fut loué à des enseignes internationales et à des activités de bureau.

La photographie ci-dessous montre le magasin 1 vue des quais de Seine à gauche et de la rue de Rivoli à droite.

Je n’ai pas fait de recherche sur le magasin 3.

Au niveau du magasin 4 les immeubles du XVIIe siècle du 2 au 6 rue Baillet furent supprimés en décembre 2013 malgré un recours juridique déposé contre le permis de construire accordé au groupe LVMH en 2012. Ce recours a été déclaré recevable le 24 février 2014 par le Conseil d’État. Cependant tout cet ensemble a été rasé, dont la partie datant de 1852, quelques jours après cette décision. Même les bâtiments attenants à ce magasin 4 ont été en partie détruits.
Le permis de construire sur les magasins 4 et 2 fut annulé le 13 mai 2014 par le tribunal administratif de Paris, décision confirmée le 5 janvier 2015 par la cour administrative d’appel de Paris. Le 19 juin 2015, le Conseil d’État passant outre tout cela, en véritable despote, a validé le projet de LVMH. Le chantier reprit en août 2015. Les plans dévoilent que les façades et certaines parties du magasin 2 vont être conservées. J’ai consulté à la direction de l’urbanisme de la mairie de Paris les plans de ce chantier.

Rappelons que LVMH est le groupe de l’industrie du luxe ayant le plus important chiffre d’affaires au niveau mondial. Que son dirigeant Bernard Arnault était en 2015 la seconde plus grosse fortune de France. Rappelons aussi que la Samaritaine se situe en face du plus vieux pont de Paris, au cœur de la capitale. C’est donc un endroit précieux qui aurait mérité plus de respect de la part d’une entreprise et de son dirigeant dont l’activité est basée sur un patrimoine français dédié à l’excellence.

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 06:58

Avril est un mois merveilleux, où la nature se réveille et se régénère. De nombreuses fleurs poussent, et les arbres se parent de bourgeons d'un vert tendre et précieux.

Photographie ci-dessus prise la semaine dernière à Paris, à la fontaine des Haudriettes, située dans le troisième arrondissement, construite en 1764 par l'architecte Pierre-Louis Moreau-Desproux.

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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 06:58

La beauté ou la laideur se loge souvent dans les détails. En législation, plus c'est compliqué, plus il faut regarder les détails. Comme l'a dit Martine Aubry dans une formule devenue très populaire dans le milieu de la politique et de l'administration : « Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup ! »

En voici un exemple avec le Projet de loi relatif à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires, qui comme l'explique cet article de la Gazette des communes semble en apparence protéger les lanceurs d'alerte venant de l'administration mais dans les faits enlève toute protection pour une dénonciation rendue publique : « Ce texte interdit des mesures de représailles à l’encontre du fonctionnaire qui dénonce crimes, délits, et conflits d’intérêts… aux autorités administratives ou judiciaires. C’est ici que se niche le bémol : alors qu’auparavant, du fait de l’absence de précision dans l’article 6 ter A de la loi de 1983, cette protection s’appliquait à tous les fonctionnaires dénonciateurs, peu importe la personne à qui ils s’adressaient. Avec cette nouvelle formulation, il n’y a donc plus de bouclier protecteur pour le fonctionnaire qui se confierait un peu trop, par exemple à un journaliste. Discrétion professionnelle oblige. »

Avec le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine, qui est particulièrement technocratique et brumeux... flou... il est sûr qu'une quantité de détails cache des loups. J'ai donné quelques exemples dans les articles précédents, comme la possibilité que s'offre le Gouvernement de légiférer par ordonnances... Il y en a certainement beaucoup d'autres que je ne vois pas, n'étant pas spécialiste du Code du Patrimoine et autres.

Finalement la Gauche française au gouvernail réussit à faire tout ce que la droite n'a pas osé de peur d'être critiquée par la Gauche ! Évidemment tout cela est caché sous des notions de 'liberté' ou autres.

La seconde lecture au Sénat de ce projet de loi aura lieu en Commission de la Culture au mois de mai et sera en discussion en séance publique les 24, 25 et 26 mai 2016.

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 06:58

Le musée de Cluny propose, jusqu'au 29 août 2016, une exposition sur Les émaux de Limoges à décor profane.

Le sujet est très intéressant, mais se déroule sur seulement une petite pièce. Cependant c'est une occasion de visiter le musée, la salle des tapisseries de la Dame à la Licorne qui se trouve juste à côté, et la salle dite 'du trésor' dans laquelle se trouvent de plus nombreux exemples mais religieux.

Beaucoup de ces objets d'art, religieux ou profanes, témoignent d'une réelle pratique mystique.

Photographie ci-dessus : « Disque d'applique : cavalier au faucon. Limoges, vers 1200-1210. Cuivre champlevé, émaillé, gravé et doré. Diamètre : 7,1 cm. Conservé au musée de Cluny. © RMN-Grand Palais (musée de Cluny - musée national du Moyen-Âge) / Jean-Gilles Berizzi. »

Photographie ci-dessous : « Coffre du cardinal Guala Bicchieri. Limoges (1220-1225). Bois de noyer et médaillons émaillés. Taille 34, 5 cm haut x 82 cm long x 38 cm large. Conservé à Turin, au Palazzo Madama-Museo. Civico d’Arte Antico. © Studio Fotografico Gonella. »

Photographies ci-dessous : « Gémellion : scène courtoise, musiciens et armoiries. Limoges, 2 e moitié du 13 e siècle. Cuivre champlevé, émaillé et doré. Diamètre : 22,3 cm. Conservé au musée de Cluny. © RMN-Grand Palais (musée de Cluny - musée national du Moyen-Âge) / Franck Raux. »

Photographies ci-dessous : Sirène et dragon.

Photographies ci-dessous : Exemples d'émaux, la plupart de Limoges, de la salle dite 'du trésor'.

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 06:58

Jusqu'au 24 juillet 2016, le musée du quai Branly nous offre une exposition dont l'intitulé Matahoata : Arts et société aux îles Marquises, résume le sujet. Comme avec l'exposition sur l'Équateur précolombien visible jusqu'au 15 mai 2016, ou de plus anciennes comme celles sur les sociétés autour du fleuve Amour, les arts de Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Mayas ou les Incas nous avons un véritable travail de recherche exhaustif mis en scène avec de très nombreux objets révélés dans leur contexte historique.

Comme d'habitude nous voyageons dans une contrée éloignée de Paris et un autre temps. Cette fois nous somme en territoire d'Outre-mer. « Matahoata est un motif de tatouage et un mot puissant qui évoque un œil ou un "regard éclairé" ». L'exposition commence par le thème de la mémoire à travers les « généalogies des visages » : « Lors des événements protocolaires, deux femmes âgées scandaient alternativement les noms des hommes et des femmes de chaque génération. Mata est le mot marquisien pour le visage, les yeux et la généalogie. Mata ènata ou mata ènana renvoie aux parents et aux ancêtres... » Cela me rappelle les imagines antiques (voir ici), masques de cire moulés sur les défunts d'une famille et conservés par celle-ci dans un présentation spécialement aménagée se trouvant souvent à l'entrée de la demeure. Les visages des objets d'art des îles Marquises sont généralement celui du Tiki, terme qui signifie aussi bien dieu, qu'homme ou homme-dieu. On apprend aussi dans cette exhibition que l'on y pratiquait le cannibalisme, et que l'art du tatouage, très présent, était particulièrement douloureux. Du coup je ne pense pas que je me serais plu dans ce genre de société. Mais la société actuelle me semble loin d'être civilisée et elle particulièrement barbare... Mais cela est un autre sujet. Cependant dans chacune des expositions du musée du quai Branly résonne en moi le mot 'civilisation'. Qu'est-ce qu'une civilisation digne de ce nom ? Un sujet important sur lequel réfléchir aujourd'hui.

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 06:58

Fabriquer de beaux vêtements est une chose délicate, demandant des savoir-faire nombreux, beaucoup de méticulosité. On ne peut les aborder sans avoir à l'esprit les divers talents mis en jeu, les petites mains ayant participé à leur création, ceux qui les ont portés, la mode du temps… C'est un tout. Pour une exposition cela doit être aussi un défi. Pour celle intitulée Fashion Forward, 3 siècles de mode (1715-2016) qui se déroule jusqu'au 14 août 2016 au Musée des Arts décoratifs à Paris, les talents déployés ne sont pas tous du même niveau. Ceux qui ont choisi le titre, le mécène et faits les photographies disponibles dans le catalogue et pour la presse ont été de toute évidence mal choisis.

L'exposition traite presque uniquement de la mode française. Pourquoi un titre en anglais ? Pourquoi utiliser le mot 'fashion' plutôt que celui de 'mode' internationalement connu depuis des siècles et utilisé depuis l'Antiquité ? Certes ce terme vient de l'ancien-français 'façon'. Mais son utilisation ici dénote un manque d'inventivité, de poésie. On est là plus dans un concept d'arts appliqués, de commerce internationnal, ce qui dévalue beaucoup ce qu'est la mode dans son ensemble, notamment vis-à-vis du jeune public. Pourquoi aussi avoir écrit 'trois' en chiffre et pas en lettres comme cela se fait en bonne écriture 'françoise' ? Dernièrement je suis allé à une conférence sur les petites mains de la mode française organisée au CNRS à Paris par l'Institut du Temps Présent par Histoires de Mode, où la conférencière parlant parfaitement le français a choisi de faire son intervention en anglais !! Une autre chose sur le titre : L'exposition ne parle pas de mode mais de mode vestimentaire. La seconde fait partie de la première. Comme je l'ai déjà écrit dans ce blog et au début de mon livre, la mode concerne tous les nouveaux rythmes : musiques, danses, styles, littératures, arts, arts décoratifs, manières de parler, de se coiffer, de se raser, de se maquiller, de s'habiller, de bouger, de sentir, lieux en vogue, etc. Dans ces nouveaux rythmes les habits occupent une place de choix. Ils sont un des signifiants les plus apparents de la mode que l'on suit, car on les porte sur soi (comme la coiffure...) et sont directement reconnus par autrui. Mais, je le répète, ce ne sont pas les seuls.

Quant aux photographies du catalogue sur fond gris, elles ne font pas honneur à la beauté des habits présentés.

Enfin le choix du mécène, une chaîne internationale de magasins de prêt-à-porter, est de très mauvais goût ; surtout que l'on finit par lui et par la fabrication en série que l'on mélange à la haute couture. Le prêt-à-porter n'a pas apporté que du fâcheux, cherchant même parfois à se surpasser. Mais depuis la fin du sur-mesure pour tous (années cinquante) et la mercatique ambiante et phagocytante de ces trente dernières années, la mode est aujourd'hui moribonde... tellement que l'on n'ose même plus prononcer son nom. C'est plutôt une vision nihiliste de conclure avec une grande enseigne de cette marchandisation outrée ; mais à l'image de ce qu'est la mode textile de nos jours, où l'art de la haute-couture sert juste de paravent afin de cacher la réalité du prêt-à-porter.

Ce qui est vraiment dommage, c'est de ne pas avoir cherché à faire la promotion de la création et du savoir-faire français actuels ; surtout que ce musée des arts de la Mode des Arts décoratifs a été fondé en partie par l'industrie française du textile. Rappelons que si la mode française a eu une telle influence c'est en partie par le soutien, l'amour de tout un peuple pour un vivre ensemble s'exprimant d'une manière harmonieuse et délicate à travers elle. Depuis les souverains jusqu'aux petites mains, tous concouraient à faire en sorte que la mode française fût la plus belle… merveilleuse, insurpassable… un délice, et que sa confection fût la meilleure. Cette exposition est à l'image de celle juste en face, dans le même musée, toute entière à la gloire d'une poupée américaine toujours en vente ! Ce n'est pas comme cela que l'on va aider la fabrication française. La France, en particulier par son service public, dont rappelons-le ce musée fait partie, ne crée plus de valeur. Elle vit sur son passé, qu'elle consomme (on consomme notre patrimoine comme la nature sans en assurer sa pérennité) sans désormais inventer son avenir...

Ceci dit cette exposition est très belle et vaut vraiment le détour. Les habits sont magnifiques et présentés avec des éléments décoratifs d'époque les mettant en valeur. Des effets de miroirs en flaques permettent de mieux les voir et donnent de la profondeur. Même la dernière partie sur le XXe siècle est, je trouve, réussie avec ses immenses rideaux de fils de soie derrière lesquels on distingue la belle architecture de la salle, ses podiums en escaliers et son sol aux reflets d'acier. Cependant il est nécessaire de dire que les habits présentés après les années cinquante sont portés par très peu de gens, voire faits pour ne pas l'être. Il s'agit davantage de créations d'artistes en tissus servant de devanture à un énorme commerce de prêt-à-consommer international.

Mais la mise en scène est jolie et presque tous les habits, je le répète, de très grande qualité. Personnellement j'aurais mis des tableaux et gravures représentant des gens à la mode d'alors afin de donner une vision plus complète de la façon de porter ces vêtements. Une robe à panier du XVIIIe siècle c'est quelque chose... mais avec en plus la coiffure en étages c'est époustouflant. Une redingote d'incroyable c'est bien, mais c'est mieux avec la culotte ou le pantalon qui va avec, la cravate, la perruque en oreilles de chien ou à la Titus, le chapeau... Mais bon là je chipote. Cette exposition montre tout de même près de trois cents pièces provenant du fonds Mode des Arts décoratifs constitué de plus de cent cinquante mille œuvres, textiles et costumes anciens, pièces de haute couture, accessoires chapeaux et souliers, sans compter d'importants fonds de dessins et photographies, d'archives de créateurs etc.

Enfin pour vous en dire plus sur cette exposition, voici des photographies prisent durant le parcours... sans commentaire car je n'ai pas beaucoup de temps, entretenant ce blog seul et bénévolement, et en particulier centrées sur le XVIIIe siècle pour les mêmes raisons.

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