Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 09:37

Photographie de droite : L'Apprentie coquette de Monsieur de Marivaux (vers 1688 - 1763), courte nouvelle incluse dans Bibliothèque de campagne ou amusements de l'esprit et du cœur (Tome second. Troisième édition. A Amsterdam, chez Marc Michel Rey, 1755).
Cet article fait suite à deux précédents : l'un intitulé Coquettes et coquetteries du XVIIe siècle et l'autre Coquetterie.
La coquette est un personnage particulier du XVIIe siècle : une petite maîtresse parmi les muguets, libertins, précieuses, courtisanes, courtisans, dames de qualité, cavaliers, beaux fils, menins, galants, petites-maîtresses et petits-maîtres proprement dits et quelques autres. Elle survit aujourd'hui, bien que je n'en aie rencontrée aucune … du moins comme nom du langage courant et surtout comme adjectif.
apprentiecoquette1erepage300lm Scarron, dans Épîtres burlesques décrit rapidement des coquettes de 1640, c'est à dire de la fin du règne de Louis XIII (roi de 1610 à 1643) :
« Parlerai-je de ces fantasques
Qui portent dentelle à leurs masques,
En chamarrant les trous des yeux,
Croyant que le masque est au mieux ?
Dirai-je qu'en la canicule,
Qu'à la cave même l'on brûle,
Elles portent panne et velours ?
Mais ce n'est pas à tous les jours ;
Qu'au lieu de mouches, les coquettes
Couvrent leur museau de paillettes,
Ont en bouche cannelle et clous,
Afin d'avoir le flaire doux,
Ou du fenouil que je ne mente,
Ou herbe forte comme mente. »
La coquette est quelque peu frivole : Ce n'est que pour expérimenter son âme, les bigarrures qui que l'amour crée dans son esprit, et les affectations qui s'échappent d'elle dans les manières avec lesquelles elle joue comme un acteur devant son miroir. C'est avant tout, et même exclusivement à elle que la coquette se voue, à son reflet et aux apparences qui en découlent. Elle a besoin d'être aimée mais sans les contraintes que cela pourrait engendrer. Son alter-ego n'est pas le coquet mais le galant.
Dans la courte nouvelle intitulée L'Apprentie coquette (photographie 1), Marivaux met en scène la conversation de deux jeunes dames. L'une apprend la coquetterie à la seconde à travers quelques leçons de galanterie féminine. L'auteur, dont le style a donné lieu à un nom : le 'marivaudage', exprime le plaisir qu'il peut y avoir dans le jeu de l'amour et de ses réflexions dans tous les sens du terme. La légèreté y est admirée comme une élévation dont le plaisir est le maître, et dont la volatilité permet de survoler toute idée de mal. Voici un passage du texte :
« Quand il fut heure de se coucher, je volai dans ma chambre, pour me déshabiller, & pour me voir : oui, pour me voir ; car j'étais pressée d'une nouvelle estime pour mon visage, & je brûlais d'envie de me prouver que j'avais raison. Tu penses bien que mon miroir ne me mit pas dans mon tort ; je n'y fis point de mine qui ne me parût meurtrière ; & la contenance la moins façonnée de mes charmes pouvait, à mon goût, achever mes deux Amants.
Te ferai-je le détail de mes petites grimaces ? Nous sommes toutes deux du même sexe, & je n'apprendrai rien de nouveau : tantôt c'est un mélange de langueur & d'indolence, dont on attendrit négligemment une physionomie ; c'est un air de vivacité dont on l'anime ; d'usage & d'éducation dont on la distingue ; enfin, ce sont des yeux qui jouent toutes sortes de mouvements ; qui se fâchent, qui se radoucissent, qui feignent de ne pas entendre ce qu'on voit bien qu'ils comprennent ; des yeux hypocrites, qui ajustent habilement une réponse tendre, à qui cette réponse échappe ; & qui la confirment par la confusion qu'ils ont de l'avoir faite.
Voilà en gros les aspects sous lesquels je m'admirai pendant un quart-d'heure ; je me retouchai cependant sous quelques-uns ; non que je ne fusse bien, mais pour être mieux ; après quoi je me couchai, remplie de sécurité pour l'avenir ; mais je me couchai sans envie de dormir : j'avais trop bonne compagnie d'idées ; les deux jeunes-gens, leurs tendres dispositions, ma gloire présente et à venir, la bonne opinion de moi même, tout cela me suivit au lit.
Je me mis donc à rêver, & à faire mille projets de conduite : j'arrangeais les phrases futures de mes Amants & les miennes ; j'imaginais des incidents, je troublais leur repos, je les calmais, j'inventais des caprices dont je me divertissais de les voir dépendre ... »
Photographies du dessous : Assiette de Gien datant entre 1827 et 1839 : " La coquette ".
lacoquette2-300 Photographies ci-après : Assiette de 19,5 cm de diamètre, de Choisy le Roi, signée « HB » du XIXe siècle, de la série « La crinoline » : « 9. Madame ! Vous resterez enfermée 24h dans votre jupe, cela vous apprendra à être coquette ! » Sous Napoléon III, alors que certaines femmes ont toute liberté, d'autres restent enfermées dans des stéréotypes. Le code Napoléon par exemple considère jusqu'en 1970 l'homme comme étant le chef de famille. Cette assiette est intéressante en particulier pour la représentation d'une crinoline sans le jupon et la robe qui la couvrent.
lacrinolinecoquette2-300 Voici quelques représentations de coquettes. La luthiste coquette. Tribunal des coquettes. La dispute de la coquette et la modeste. La femme coquette et le vieux jaloux. Portrait de la dame coquette et artificieuse. Une partie du texte accompagnant cette image est celui-ci : « tout indique une coquette qui n'a rien négligé pour compléter sa parure et la rendre agréable ; elle profite d'un moment qu'elle se trouve seule pour considérer si un air négligé ne serait pas préférable à une forme trop régulière. » La coquette. La jardinière coquette. La coquette et l'abeille. Coquette. La coquette fixée. On constate qu'elle est avec un abbé, parfois associé aux petites maîtresses au XVIIIe siècle. Il s'agit du jeune abbé coquet dont voici quelques images. Jeune Abbé coquet avec un habit à olives allant en conquête. Petite maîtresse en robe lilas tendre garnie de gaze à la promenade au Palais Royal. Un abbé coquet est représenté dans la gravure intitulée La promenade du matin de Suite d'estampes pour servir à l'histoire des moeurs et du costume des Français dans le dix-huitième siècle (années 1775-1776). Le texte qui accompagne cette image le décrit ainsi : « Un Abbé plus modeste en baissant la paupière, Fait croire qu'il n'y touche pas ; Mais il sait à propos gagner la Bouquetière, Pour oser de plus près admirer vos appas [des petites maîtresses]. » 
lecontroleuralatoilettedetail300lm Photographie de droite : Cuivre pour impression d'une gravure intitulée : 'Le Contrôleur de toilette'. Il est signé du sculpteur Mixelle jeune (Jean-Marie Mixelle) actif à la fin du XVIIIe siècle, d'après un dessin de Claude-Louis Desrais (1746-1816). L'indication : « A Paris chez Pavard rue S Jacques N°240 APDR » signifie que l'éditeur est Pavard (fin du XVIIIe siècle) et que ce cuivre date d'avant 1789 car il y a un APDR (Avec Privilège Du Roi). C'est peut-être un cuivre original ou sans doute une copie. Format total du cuivre : 27,2 x 21 cm. Il met en scène un religieux (peut-être celui de la maison, ou celui qui vient visiter régulièrement) qui donne ses avis sur les tenues de la maîtresse du lieu. On le trouve sur quelques gravures représentant une dame à sa seconde toilette comme dans celle intitulée « Qu'en dit l'abbé ? ».

L'abbé coquet est un style de religieux que l'on retrouve souvent aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il courtise parfois les petites-maîtresses dont il peut être l'ami et le confident. Ce personnage est présent dans la pièce L'Été des coquettes de Dancourt (1661-1725) dont je parle dans l'article Coquettes et coquetteries du XVIIe siècle. On l'appelle aussi « abbé de Pouponville ». C'est un « sermonneur de sofa », à l'allure mignarde, jouant volontiers le jeu des petites-maîtresses. Il est un habitué de leur ruelle et, pour les plus érudits, de celles des précieuses (voir article sur Les précieuses et les femmes de lettres). Certains abbés célèbres se sont consacrés à écrire des ouvrages sur des sujets que l’Église répugne, comme le théâtre ou la danse. François Hédelin, abbé d’Aubignac et de Maymac (1604-1676), qui est considéré comme le créateur de la règle des trois unités du théâtre classique français, compose une Histoire du temps ou relation du royaume de coquetterie extraite du dernier voyage des Hollandais aux Indes du levant (1654). L'abbé Michel de Pure (1620 - 1680), que Nicolas Boileau (1636-  1711) décrit comme étant un galant (« Si je veux d'un galant dépeindre la figure, Ma plume pour rimer, trouve l'abbé de Pure ») compose une Nouvelle histoire du temps ou la relation véritable du royaume de coquetterie. Il est connu notamment pour un livre sur la danse et les ballets (Idée des spectacles anciens et nouveaux, Paris, Michel Brunet, 1668) et de plusieurs sur les précieuses : La Précieuse ou le Mystère de la ruelle, 1656-8 (en 4 parties); La Précieuse (comédie, 1656) ; La Déroute des précieuses (mascarade 1659). Au XVIIIe siècle, des abbés écrivent sur des sujets comme le goût ou la politesse tels François Cartaud de la Vilate (vers 1700 - 1737), Jean-Baptiste Morvan de Bellegarde (1648 - 1734), Séran de la Tour (vers 1700 - vers 1770).
Dans Bibliothèque des petits-maîtres, ou Mémoires pour servir à l'histoire du bon et de l’extrêmement bonne compagnie de Fr. Charles Gaudet (« Au Palais-Royal, Chez la petite LOLO, Marchande de Galanteries, à la Frivolité, 1762. ») tout un chapitre est consacré à la « Bibliothèque de l'abbé de Pouponville » (cliquer ici pour le lire).
Photographies du dessous : « Qu'en dit l'abbé – A Madame la Comtesse d’Ogny, Paris chez N. De Launay [Nicolas Delaunay (1739-1792)], Graveur du Roi, Rue de la Bucherie N°26. Par son très Humble et très Obéissant Serviteur N. De Launay. Peint à la Gouache par N. Lawreince [Nicolas Lavreince (1737-1807)] , peintre du Roi de Suède. Gravé par N. De Launay, Graveur du Roi de France et de Danemark, et des Académies de France et de Copenhague. A.P. D.R. » Gravure originale de la seconde moitié du XVIIIe siècle représentant une dame à sa toilette demandant à son abbé ce qu’il pense du tissu que lui présente une vendeuse de mode.

quenditlabbe2-300lm © Article et photographies LM

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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 23:35

conseilmedicauxpourbrunirimage300lm Retserjeune300lm Jusqu'au XXe siècle le bronzage n'est pas du tout une chose recherchée. C'est même le contraire. On ne bronze volontairement pour faire joli que la peau des gants ou des chaussures. C'est durant l'entre-deux-guerres que cela devient à la mode et un critère de beauté. Certaines pages de la revue présentée ici datant de 1935, en sont la preuve. Il est intéressant de noter la mise en page qui est typique des revues de mode du XXe siècle. La photographie prend la première place sur les autres iconographies, ce qui n'est pas encore tout à fait le cas avant 1939 où le dessin est très présent ; il continue à l'être, mais beaucoup moins, aujourd'hui (d'après Raymond Gaudriault la gravure de mode est abandonnée après 1939 : La Gravure de mode féminine en France).
Photographies : Revue mensuelle Rester jeune, n°23, d'août 1935. On y lit un article intitulé 'Conseils médicaux pour brunir et quelques conseils pour la beauté du teint sur la plage par le Dr Jean Audit' qui commence ainsi : « Vous aller user et même abuser des bains de soleil. » Un autre article  se nomme 'Je veux brunir'.

conseilmedicauxpourbrunir-2-300lm © Article et photographies LM.

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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 21:59

coiffurealagirafeXXe300lm Dans l'article intitulé Estampes à la mode il est question de la coiffure 'à la girafe'. J'en présente quelques jolis exemple dans cet autre : Boucles, macarons et papillotes. Cette coupe a complètement disparu mais existe encore au début du XXe siècle comme le prouve cette photographie sur carte postale d'époque.

coiffurealagirafeXXedetail300lm © Article et photographies LM

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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 10:29

NothingExtenuate300lm Photographie 1 : Caricature d'époque (découpée et collée sur un papier plus récent) anglaise, colorée à la main, représentant la mode décrite ci-après. Elle a pour légende : « Nothing Extenuate nor aught set down in Malice. » Cette estampe date de 1827. L'auteur est Henry Heath et l'éditeur H. Fores (Londres). D'autres exemples sont ici : 1, 2. Plusieurs gravures d'outre-Manche caricaturent cette mode comme celles visibles sur www.gjsaville-caricatures.co.uk intitulées : 'Ancient and Modern Ladies' ; 'A la Mode' ; 'Ganging to the kirk' ; 'A pair of Fashionables' ; 'It is the very Fashion of the Time' ; 'Morning, Noon, Night'.
Sous Charles X (roi de 1824 à 1830 : seconde restauration) et en particulier à partir de vers 1827, la mode féminine prend un tournant important : le plus grand depuis celui des merveilleuses de la fin du XVIIIe siècle qui abandonnent le corset et les coiffures recherchées Leconseillerdesgraces1829-300lm (cheveux courts ...), montent la taille, portent des robes dans le genre des tuniques à l'Antique c'est à dire droites, simples, décolletées, transparentes, drapées. Ensuite les vêtements se rigidifient. En 1824 les chapeaux s’élargissent, la taille redescend et les jupons rendent la robe plus ample en forme de cloche. On ne montre plus la poitrine, et couvre parfois tout le buste, une collerette pouvant fermer le tout au niveau du cou. Les manches deviennent de plus en plus bouffantes tout en étant serrées aux poignets. En 1827 tout cela devient extrême. Les larges chapeaux sont garnis de fleurs et surtout d'une profusion de longs volants, rubans noués, rentrant dans la coiffe par divers endroits et tombant souvent jusqu'au dessous des fesses. Les coiffures non seulement ne sont plus courtes mais affublées d'un haut chignon et de cheveux frisés sur les côtés l'un ou l'autre étant postiche (voir le début de l'article intitulé Estampes à la mode). Les épaules sont rendues particulièrement plates par un canezou (voir article Le canezou), une guimpe, et un cou chargé de colifichets, collerette ... Les manches dites 'à gigot' sont énormes. La robe posée sur plusieurs jupons s'élargit jusqu'à ce que soit inventée en 1856 la crinoline-cage marquant une nouvelle grande étape dans l'évolution de la  mode.
Photographie 2 : « Le Conseiller des Grâces. N°55. 1829. Mode de Longchamps. Capote de crêpe. Robe de jaconas [sorte de mousseline] garnie d'un volant plissé ainsi que le corsage et les manches pélerine en ... »
Photographie 3 : Estampe de 1826. Nous avons là déjà presque la tenue complète.
1826couple300lm Je n'ai pas trouvé le nom que l'on donne alors à ces petites maîtresses du temps de Charles X. Si quelqu'un le sait, ce serait formidable de me le dire.

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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 18:18

gommeuxchromo300lm Photographie 1 (à gauche) : Chromolithographie publicitaire, de la fin du XIXe siècle intitulée « Le petit gommeux ». Sa cravate est nouée comme aujourd'hui : c'est la nouvelle mode à cette époque et le début de cette manière !
Cet article fait suite à celui intitulé : Le gommeux.
Le nom de 'gommeux' viendrait de 'celui qui n'a pas été gommé' (dégommé), et qui est donc à la mode, dans le ton. Une estampe de Honoré Daumier (1808 - 1879) provenant de la revue Le Charivari (dans la série 'Actualités'), datant de vers 1840-1843, présente un militaire en habit civil négligé regardant son vêtement professionnel posé sur une chaise sous un tableau de lui-même en officier. La légende indique : « Dégommé !! » Un « dégommé » est une personne ayant été destituée de ses fonctions (terme utilisé en particulier pour un militaire). C'est aussi un homme ou une femme ayant vieilli, perdu de sa fraîcheur au propre comme au figuré. Le gommeux est tout le contraire. Il est jeune avec une allure que Gyp (qui elle-même ressemble beaucoup à une gommeuse sur la photographie ici) décrit dans Ohé la grande vie (1891) :  « épaules et vêtements étroits ; col très haut ; bottines à pointes aiguës et relevées [...] marche en fauchant, les bras écartés du corps avec affectation ». Sa manière de s'habiller est extrême avec des  vêtements au plus près du corps pour certaines parties ou au contraire larges pour d'autres. Une chanson que je cite plus loin décrit un gommeux avec un veston le serrant « fortement » et des bottines pointues semblant trop étroites. Si son veston est serré, il ne l'est pas aux manches qui sont très larges. Son pantalon est collant au niveau du bassin et des cuisses mais se termine en pattes d'éléphant. Son chapeau avec des bords fins semble trop petit pour sa tête alors que le col de sa chemise est ou très haut ou très large. L'utilisation de motifs à pois ou de rayures ajoute à l'excentricité de son accoutrement qui rappelle celui des muscadins ou des incroyables.
Goncourt écrit dans Journal (1875) : « gommeux, l'on prétend que c'est l'appellation de mépris que les femmes donnent, dans les cabarets de barrière, à ceux qui mettent de la gomme dans leur absinthe, à ceux qui ne sont pas de vrais hommes ».

C'est le modeux du dernier quart du XIXe siècle.
gommeuxLibert1 Photographies 2 et 3 (au-dessus): Première page d'une partition de la chanson La Chaussée d'Antin par Libert dont le visage est représenté.

pisto70085300lm Photographie 4 (à gauche) : Estampe, avec deux gommeux, du dernier tiers du XIXe siècle, ayant pour titre et légende : « Balivernes : - Tu sais la différence qu'Henri IV faisait entre un verre de bon vin et une jolie fille ? - Non … - Pristi ! Alors, tu n'es pas fort sur l'histoire de France. »
On rencontre le gommeux dans les lieux à la mode dont certains cafés-concerts (voir article de Wikipedia) où son personnage est repris sur la scène par des chanteurs spécialisés dans ce genre.
Le site Du temps des cerises aux feuilles mortes, offre toute une page sur l'un des plus fameux gommeux de caf'conc : le chanteur Libert (?-1896), avec de nombreuses images d'affiches le concernant où il est tout à fait dans le style gommeux : mélangeant chic, excentricité et une certaine forme de désinvolture jubilatoire.
Photographie 5 (à droite) : Carte postale avec Polaire : une gommeuse épileptique célèbre.
gommeuse-Polaire-300lm Les gommeuses sont plus rares ou on été moins sujettes à la satyre, peut-être parce qu'elles sont moins « voyantes » à des époques où toute la mode féminine l'est contrairement à la masculine. Leur style allie l'élégance avec une liberté de ton et une extraversion propres à la jeunesse. Il n'en faut alors pas davantage pour que ce personnage soit imité au café-concert par de jolies et impétueuses chanteuses jouant avec un mélange de raffinement et d’exubérance en y ajoutant une féminité aguichante. A la même époque que Libert et d'autres gommeux des planches, certaines chanteuses deviennent célèbres dans ce personnage comme Henriette Bépoix : une « Diseuse-chanteuse-comédienne », ou Thérésa qui commence sa carrière avec ce rôle. Polaire en est un autre exemple (comme les autres des photographies). Ces gommeuses s'habillent d'une manière recherchée et extravagante. Elles portent parfois un « gigantesque chapeau fantaisiste », avec toujours quelques notes sensuelles voire très suggestives : poitrine mise en valeur, mollets qui se laissent voir (ce qui est à l'époque osé) etc.
Plusieurs chanteuses sont, à certains moments de leur carrière, appelées des « gommeuses excentriques ». Une page de Le Passe-temps et le parterre réunis décrit négativement ce nouveau personnage : « les dessous affriolants de la gommeuse excentrique qu'acclame bruyamment la bande des vieux jeunes snobs, ridés à vingt ans, cosmétiqués, engoncés, retapés comme des pommes blettes, dont la boutonnière s'adorne de gardénias énormes et dont les gants craquent à chacun de leurs impétueux mouvements. » Le 'chahut', une particularité que les petits-maîtres, comme beaucoup de jeunes pratiquent depuis l'Antiquité, est une folie que l'on retrouve maîtrisée dans des danses à la mode comme le chahut-cancan et qui s'exprime sur scène de diverses façons : comme avec le genre gommeuse épileptique qui consiste à ajouter au chant une expression corporelle intense qui peut s'extérioriser depuis les cheveux jusqu'au bout des pieds. Toujours les gestes gardent quelque chose de poupon, d'une féminité vraiment intense. La chanteuse nommée Polaire excelle alors dans ce genre (nombreuses images sur ce site)
gommeuseLucyNanonObliteration1904-300lm Photographie 6 (au dessus) : Carte postale (oblitération de 1904) de Lucy Nanon (L. Manon et L. Nanon semblent être la même personne), une gommeuse de caf'conc' de la Belle Époque. Elle porte un grand chapeau fleuri et des falbalas.
gommeusesLucyManon300alm Photographie 7 (au dessus) : Autre carte postale de Lucy Manon.

gommeuzeexcentriquesuzannecadre300lm Photographie 8 : « Suzanne d'Artois : Gommeuse Excentrique », avec une dédicace de Suzanne d'Artois elle-même.
gommeuseDeLafereObliteration1906-300lm Photographie 9 (à gauche) : Carte postale, avec une oblitération datant de 1906, d'Irma de Lafère (Le I de « I DE LAFERE » ressemble à un J mais c'est de cette façon que cela s'écrit alors). Il s'agit d'une gommeuse du café-concert. Elle porte une ou deux bagues de pierres précieuses à tous les doigts sauf aux pouces, et un habit entièrement brodé de paillettes. A cette époque les habits élégants peuvent être particulièrement fin pour les femmes. J'en ai quelques exemples, brodés et/ou avec de la dentelle … On se demande même comment il peuvent être alors portés tellement ils sont fragiles, ajustés au plus près du corps. Ne serait-ce que de boutonner ou déboutonner certains corsages est une aventure de dextérité. De plus le corps des plus jolies dames façonnés dans des corsets et des chaussures faites pour des « pieds mignons » est véritablement délicat, ce qui se ressent dans les habits. C'est encore comme cela au début du XXe siècle jusque dans les années 1910 où le corset commence à être délaissé ou remplacé par une forme s'apparentant de plus en plus à la gaine.
Photographie 10 (à droite) : « Aventure de gommeuse : Chansonnette. Créée par Mlle Méaly à l'Eldorado. A Mr Chretienni des Ambassadeurs. »  « Paroles de Delattre de Nola » ; « Musique de Louis Raynal ». La gommeuse dessinée ici est dans une tenue très coquine puisqu'on lui voit toute la jambe et même la culotte. Elle porte le fameux grand chapeaux rappelant celui des bergères de pastorales. Les ailes dont elle est affublée dans le dos rappellent celles d'amour et apportent un mélange de candeur au débridé. Sur cette première page on y trouve des noms d'autres chansons comme Le défilé des Pchutteuses ou Ba.be.bi.bo.bu. L'intérieur donne la partition et le texte de la chanson que voici :
aventuredegommeuseretravaillee300lm     « 1er Couplet
Alltto. Polka.
Mouvt. de Polka modéré
En passant l'autre jour par la Chaussée d'Antin
J’aperçois un gommeux qui m'suivait à distance,
Il prenait avec moi des grands airs d'importance,
Moi je m'disais tout bas : Dieu qu'il a l'air d'un s'rin.
    Refrain Polka
Moi j'trottinais comm'ça :
Tra la la la la,
Tra la la la la,
Tout en faisant comm'ça
Tra la la la la,
Tra la la la la,
En me r'luquant comm'ça :
Tra la la la la,
Tra la la la la,
Il me suivait comm'ça :
Tra la la la la,
Tra la la la la !
    2
Il avait un veston qui l'serrait fortement,
Des bottines pointu's qui semblaient trop étroites,
Clignant alors de l'oeil je l'aperçois qui boite,
Il paraissait ma foi souffrir horriblement.
gommeusedeTender300lm.jpg Moi j'minaudais comm'ça :
Tra la la,
Tout en faisant comm'ça :
Tra la la,
Lui me suivait comm'ça :
Tra la la,
En grimaçant comm'ça :
Tra la la,
    3
Cependant il s'approche et, d'un p'tit air bênet,
Me dit, en souriant : Permettez-moi, mamzelle,
D'marcher à côté d'vous en vous offrant mon aile.
J'lui réponds : J'suis honnête ! Et j'lui donne un soufflet !
Puis je repars comm'ça :
Tra la la !
Me balançant comm'ça :
Tra la la !
Il s'élance comm'ça :
Tra la la !
S'tenant la jou' comm'ça :
Tra la la !
    4
Enfin je m'laisse emm'ner au restaurant Bignon,
Nous entrons tous les deux et l'on se met à table,
Les vins étaient très bons, le repas agréable,
Dam' ! Si bien qu'au dessert j'avais mon p'tit pompon !
Je titubais comm'ça :
Tra la la,
Lui me r'gardait comm'ça :
Tra la la,
Ja l'agaçais comm'ça :
Tra la la,
Semblant lui dir' comm'ça :
Tra la la !
    5
Tout-à-coup la port's'ouvre et, jugez d'notr'malheur,
Un vieux monsieur s'amèn' paraissant en colère,
L'gommeux s'écri' soudain : Sapristi ! C'est mon père !
Moi j'réplique aussitôt : Ciel ! C'est mon protecteur !
Baissant les yeux comm'ça :
Tra la la,
Je m'suis sauvé' comm'ça :
Tra la la,
J'ne r'commenc'rai plus ça :
Tra la la ! »
Photographie 12 (à gauche) : Carte postale (ayant une oblitération de 1908) d'Alice de Tender.
Voici quelques peintures de gommeuses de caf'conc' : La gommeuse de Jean Béraud (1849-1936) de 1892 ; La gommeuse et les cercleux de Jean-Louis Forain (1852-1931) circa 1875.
Gommeux de caf'conc : Ambassadeurs : Nos gommeux par Libert : 1 et 2 ; Le quadrille des Gommeux par Eugène Pirou (1841-1909).
Représentations de gommeux : Gommeux par Cham (1819-1879) ; Le Gommeux au bouquet par Jean-Louis Forain (1852-1931) ; Les deux gommeux par Jean-Louis Forain (1876).
GommeuseDeTender2300lm Photographie 13 : Autre carte postale d'Alice de Tender.

© Article et photographies LM

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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 12:27

cafedesincroyables2incroyableslm431 Photographie 1 : Détail d'une gravure de 1797 ayant pour légende : « Café des Incroyables. Ma parole d’honneur ils le plaisante. » Voir article intitulé Café des Incroyables.

Cet article fait suite à celui sur la blondine et le blondin.
Les mignons et les muguets du XVIe siècle, comme les incroyables de la fin du XVIIIe, les gommeux du dernier tiers du XIXe et les petits maîtres en général, sont souvent blonds ou cherchent à le paraître. Ils n'hésitent pas pour cela à porter des perruques : depuis la grande mode de celles-ci (en particulier masculines) qui commence en France au XVIIe siècle et se poursuit au XVIIIe avant d'être plus rare à partir du moment où les cheveux courts pour les hommes deviennent la règle (voir article intitulé Cheveux courts). Sans doute la mode de cette couleur de cheveux nous vient-elle d'Italie, comme beaucoup d'éléments à partir du XVIe siècle. Durant la Renaissance il est de bon ton pour les dames italiennes d'avoir une chevelure dorée (le blond vénitien) et pour les nobles de s'entourer de pages aux cheveux d'ange. On trouve un bel exemple de cette mode dans cette peinture italienne de Liberale da Verona (vers 1445-1528/1529) datant de vers 1475 et intitulée Les joueurs d'échecs.
gommeuxetgrisetlm214aa La blondeur est associée à la beauté et à l'amour. Le terme de 'blonde' désigne encore aujourd'hui la compagne d'un homme.
Le Dictionnaire de la langue verte de 1867 donne une définition du blond avec celle du délicat : « Délicat et blond, adj. Se dit, ironiquement, d’un gandin, d’un homme douillet, quelles que soient la couleur de ses cheveux et la vigueur de son corps. L’expression date d’un siècle. » La délicatesse est une vérité inexorable du petit-maître. Elle le désigne même. A moins qu’on entende quelqu’un d’autre par la définition du petit-maître, car la mienne n’est rien d’autre que celle que je donne.
Le Dictionnaire du bas-langage de 1808 donne cette définition : « BLOND(E). Un beau blond. Phoebus, damoiseau ; joli garçon à blonde chevelure. / Délicat et blond. Se dit d’un farfadet, d’un pédant ; d’un homme qui s’en fait trop accroire. »
Photographie 2 : Détail d'une petite chromolithographie publicitaire, sans doute de la fin du XIXe siècle représentant un gommeux.

© Article et photographies LM

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Samedi 28 avril 2012 6 28 /04 /Avr /2012 19:19

Le Parement d autel clich Emmanuel Grimault ensemble650 Le Moyen âge est à l'origine de nombreux éléments qui ont forgé l'époque moderne. C'est durant cette période que l'Occident s'organise notamment autour de la chrétienté ; que l'Europe se crée ; et que l'exemple de la France inspire et se répand.
DetailF Lemoine300 La mode de ce temps est encore toute à redécouvrir tellement elle est riche. Le parement d'autel de Toulouse est un exemple de la beauté et de l'habilité d'exécution que peuvent atteindre les fabricants de textiles d'alors. Brodé d'or et de soie, cet exemple conservé au musée Paul-Dupuy à Toulouse est une des précieuses œuvres de l'art textile du XIVe siècle parvenues jusqu'à nous. « Sur une longueur totale de 2,67 m, il développe en 26 scènes, l’histoire du Christ dans laquelle viennent s'intercaler des figures de saints, parmi lesquels une place privilégiée est accordée à saint François, le fondateur de l’ordre des Cordeliers. » De tels exemples sont particulièrement rares du fait de la fragilité du matériau. Lors de l'exposition autour de cette étoffe, qui se déroule jusqu'au 18 juin 2012 au musée Paul-Dupuy, sont présentées d'autres oeuvres de la même époque (broderies, enluminures, sculptures) permettant de la situer dans son contexte.
Photographie 1 : Ensemble du parement d'autel de Toulouse (musée Paul-Dupuy : inv. 18301) de la première moitié du XIVe siècle, en toile de lin, broderie de fils de soie et d'argent doré. © Toulouse, musée Paul-Dupuy. Photo Emmanuel Grimault.
Photographies 2 : Élément du parement d’autel. © Toulouse, musée Paul-Dupuy. Détail de la photographie de Frédéric Lemoine.
Photographies 3 et 4 : Détails d'une aumonière (bourse portée à la ceinture) du début du XIVe siècle en lin, fils de soie polychrome et fils dorés. Les saisons y sont représentées par des symboles : occupations ou comme sur la première photographie Janus aux deux visages (mois de janvier). Montpezat-de-Quercy (Tarn-et-Garonne), collégiale Saint-Martin. « Classée Monument Historique (21 octobre 1902) ». © Photo Claude Moureau. Aumoniere300

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Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 21:55

Dans le Dictionnaire de L'Académie française de 1762 on lit cette définition du blondin et de la blondine : «  BLONDIN, INE. s. Celui, celle qui a les cheveux blonds. C'est un blondin. C'est une blondine. On appelle figurément & familièrement, Blondins, Les jeunes gens qui font les beaux. » Cette appellation est souvent employée d’une manière familière et railleuse. Dans le Dictionnaire du bas-langage de 1808 le terme de 'blondin' est décrit comme le « Nom que l’on donne à un petit-maître, à un céladon ; et familièrement à celui qui a les cheveux blonds. » Ce mot est ancien, car on le trouve déjà au XVIIe siècle dans la première édition du Dictionnaire de L'Académie française, (1694) : « On appelle, Blondins, Les jeunes galants qui font les beaux, parce qu'ils portent d'ordinaire des perruques blondes. »

© Article LM

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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 14:51

TourJeanSansPeur300 Photographie 1 : Vue actuelle de la Tour Jean sans Peur (1409-1411). Classé monument historique en 1884, cet édifice est un des derniers vestiges civils du Moyen Âge à Paris. © photographie : Jean René Gendre.
Photographies 2 et 3 : 'Bonnes et mauvaises manières de boire du vin' : Valère Maxime, Faits et dits mémorables des Romains, Bruges, vers 1475, Malibu, J. P. Getty Museum, ms. 43.
Le Moyen âge est une époque phare dans l'histoire de France et des beaux-arts. Cette période dure mille ans : du Ve siècle au XVe. Cela représente le double de temps de ce qui nous sépare de lui jusqu'à aujourd'hui. On imagine les changements qui s'y sont produits ; évolutions dont la France est l'initiatrice principale. Deux renaissances de l'Occident s'y produisent (avant celle du XVe siècle qui est italienne) : la carolingienne au IXe siècle et celle du XIIe (siècle du francigenum opus [voir l'article Le bas Moyen-âge : Fin amor et Art français ou francigenum opus], des troubadours, de la chevalerie, des grands centres monastiques ...).
Les monuments de cette époque sont très présents dans l’hexagone, en particulier les églises romanes (Xe au XIIe s.) et gothiques (XIIe au XVe s.). Les édifices civils sont plus rares. La Tour Jean sans Peur construite au début du XVe siècle (photographie 1) à Paris en est un exemple. Toute l’architecture a été conservée. Il manque juste les pavements  et peintures multicolores, les tentures précieuses, les meubles d'époque et la courtoisie, pour s'y retrouver pleinement. vin300 Mais des expositions photographiques régulières nous y rappellent les mœurs de cette période. Celle qui se déroule en ce moment jusqu'au 11 novembre 2012 est intitulée Le vin au Moyen-âge et présente le rôle majeur de cette boisson à cette époque ; aliment qui comme l'olive, le blé, le thé, le café ou le chocolat est civilisateur. Durant l'Antiquité c'est d'abord l'olivier, le blé puis le vin qui accompagnent les empires grecs et romains. L'élixir de Dionysos (puis Bacchus) et le pain sont la base de l'alimentation et du culte chrétien qui se propage dans tout l'Occident. Le chocolat est celui des empires des Amériques du sud et centrale (aztèques, mayas ...). Le café est le breuvage  des Lumières du XVIIIe siècle et le thé de la colonisation anglo-saxonne etc.
Au Moyen-âge, en Occident et durant les siècles qui suivent, le vin est une boisson majeure. Lorsqu'on lit les livres de pharmacopée d'alors elle s'avère être primordiale, notamment dans la fabrication de médicaments. Elle permet d’aseptiser quelque peu une alimentation qui ne connaît pas les règles d'hygiène actuelle. C'est un élément commercial de premier ordre ; et sa culture apporte la prospérité. Toutes les classes sociales l'apprécient. A doses raisonnables, il procure la joie. C'est une boisson païenne et biblique. Tout un service lui est associé. « Par souci de pureté, le vin de messe exige un service attentif et requiert une vaisselle d’or vindetail300 : burette, passoire, calice au large pied, petite cuillère, pipette liturgique. » nous dit l'exposition. « Lors d’un festin, le vin est servi au dernier moment suivant un cérémonial parfois complexe. Ainsi, à la cour de Bourgogne au XVe siècle, au moins trois personnages sont requis : huissier de salle (chargé de quérir l’échanson), échanson (porteur d’une coupe) et sommelier (porteur des pots d’eau et de vin et goûteur). Les vins sont appréciés frais et oxygénés et pour cette raison, versés de haut. Chez les puissants, la vaisselle (hanaps, verres, coupes...) ainsi que les vins d’apéritifs et autres boute-hors (vins signalant qu’il est temps de prendre congé) sont disposés sur des dressoirs. Les traités de bonnes manières se diffusent à partir du XIIIe siècle. On y apprend à boire le coude collé au corps et à petites goulées (pour les femmes). Mais les bonnes manières n’empêchent pas l’hôte de s’amuser parfois aux dépens de ses invités : il existe des pots surprises qui ont un goulot factice mais des trous bien réels placés en dessous, qui laissent s’échapper la boisson sur les pieds de l’invité ! »
On peut contempler de ces services de table en ce moment au musée national de la Renaissance du château d'Ecouen qui présente une exposition de vaisselle d'usage en argent de la Renaissance découverte en 2006 dans un champ par deux habitants de Pouilly-sur-Meuse, en Lorraine. Celle-ci s'intitule L'invention d'un trésor : vaisselles précieuses de la Renaissance et se déroule jusqu'au 2 juillet 2012 tous les jours sauf le mardi dans les appartements de Catherine de Médicis.

Cette vaisselle transmise sur plusieurs générations date de la fin du XVe siècle à la seconde moitié du XVIe. Elle n'est pas celle que l'on dispose alors sur des dressoirs, exécutée par les plus grands orfèvres du temps, et servant avant tout à montrer le goût et la richesse de leur propriétaire. Elle est simple, d'usage courant, ce qui la rend d'autant plus rare, car on a alors l'habitude de faire fondre ce genre d'argenterie afin de la faire exécuter par des artisans plus à la mode. L'orfèvrerie civile de la Renaissance étant très rare, ce trésor est sans équivalent en France. Il est composé de trente et un objets d'argent en partie dorés et ciselés, réalisés dans quatre foyers de production : Paris, Reims, Châlons-en-Champagne et Strasbourg.

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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 21:49

boitea300 Le musée Cognacq-Jay conserve une exceptionnelle collection d'oeuvres du XVIIIe siècle que l'on peut contempler toute l'année à Paris et gratuitement. A cela s'ajoute la présentation jusqu'au 6 mai 2012 d'une des plus importantes collections en France de boîtes et d'objets de vertu constituée de boîtes à mouches, tabatières, étuis et nécessaires etc. Pour en savoir plus cliquer ici.


BOÎTES EN OR ET OBJETS DE VERTU AU 18e SIÈCLE par paris_musees

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