17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 07:55

« Pour celles et ceux qui n'auraient pas pu assister à la visite thématique de juillet, une séance de rattrapage est possible dimanche ! La vaisselle XVIIIe de la compagnie des Indes sera exceptionnellement présentée et la table dressée avec les couverts (très rares) du XVIIIe siècle, disposés à l'envers à côté de l'assiette ! La fourchette ne fait qu'une timide apparition, elle nous vient d'Italie tandis que les verres ne sont jamais présents sur la table...

Mais au fait que mangeait-on précisément, dans quel ordre les plats arrivaient-ils à table ? À la cour de Lunéville, très brillante, la fille de la Palatine devenue duchesse de Lorraine avait fait construire une table volante... À laquelle on a sans doute mangé des "Pâtés de mauviettes" !

"Qui n'a pas connu la France d'avant 1789 n'a pas connu la douceur de vivre". Talleyrand : Le même qui vota la mort du roi !

Je ressusciterai un peu de cette douceur de vivre avec vous dimanche dans cette belle maison qu'est La Grange.

Bien cordialement,

Flora Moritz »

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Photographies de Flora Moritz.

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 06:58

 M. Sylvain Pinta, chargé des collections céramiques du MUDO, Musée de l'Oise de Beauvais, a eu l'extrême amabilité de nous entretenir sur les terres cuites du Beauvaisis.

– Quelle est la caractéristique de la céramique du Beauvaisis ?

La céramique du Beauvaisis se caractérise par la présence d’argiles de différentes natures (bleuâtre, gris foncé, beige, rose, violet, rouge ou parfois mêlées) mises à découvert sur près de 85 km de long par un effet d’érosion de l’anticlinal de Pays de Bray. Ces argiles de grandes qualités associées à de grandes surfaces boisées ont permis de développer au fil des siècles cette activité et d’être un centre de production novateur et reconnu en France et en Europe. Bernard de Palissy vante la valeur des argiles du Beauvaisis, Ambroise Paré loue la qualité des grès de Beauvais, Alexandre Brongniart conseille le Beauvaisis à Jules Ziegler pour la création d’un atelier.

– Depuis combien de temps cette terre est-elle utilisée ? Est-il vrai que l’on fabrique de la céramique en Beauvaisis depuis le néolithique jusqu’à aujourd’hui sans interruption ?

La production en Beauvaisis est attestée depuis près de deux mille ans. Les fouilles archéologiques ont mis à jour un grand centre céramique, le plus important de la région pour le Ier siècle à Aux Marais, village à quelques kilomètres de Beauvais. Déjà à cette époque, les céramiques du Beauvaisis sont de grande qualité. Ce centre se divise en deux zones d’activité. L’une au centre du village regroupe des tuiliers qui utilisent de l’argile rouge, l’autre à l’écart, rassemble les potiers qui se servent d’argile grise. La production est attestée les siècles suivants comme à Rainvillers (IIe siècle). Pour l’époque Mérovingienne, les ateliers de potiers restent inconnus, mais les fouilles archéologiques menées à Beauvais prouvent que l’activité se poursuit pendant le haut Moyen-Age.
Il est certain que par la richesse de ses argiles, l’activité de la céramique s’ancre à tout jamais dans le Pays de Bray.

Ainsi en 1803, dans sa Description du Département de l’Oise, Jacques Cambry, premier préfet de l’Oise indique :

« Les poteries de Savignies sont de la plus haute antiquité ; on peut en juger par l’identité des vases qu’on trouve au fond des puits de ce village, et dans les fouilles de Bratuspance.
La seule tradition transmise de père en fils dans Savignies est que S. Pierre et J.C. sont venus visiter ces lieux
» (sic).

– Comment a évolué la production potière au long des siècles ?

Au Ier siècle, les poteries d’usage commun sont à pâte blanche. Il s’agit de cruches, de brûle-parfums, de mortiers… principalement diffusés dans le Beauvaisis. Au IIIe siècle, les fouilles démontrent un essor majeur des productions en pâte grise avec une large diffusion sur Beauvais et ses environs. Entre le Ve et VIIIe siècles, la technique évolue, avec des céramiques plus rugueuses. Dès le IXe siècle, les pièces sont tournées plus rapidement, les pâtes deviennent plus fines. La cuisson plus maîtrisée les rend plus sonores. Le décor peint à l’ocre rouge réapparait alors. Cet ornement perdure jusqu’au XIVe siècle. Au XIIIe siècle, les formes évoluent et deviennent plus élancées.

Dès le premier tiers du XIVe siècle, grâce à une bonne connaissance des argiles et l’utilisation de nouveaux fours plus performants, les potiers de Saint-Germain-la-Poterie opèrent une véritable révolution technique et découvrent un nouveau matériau, le grès. L’argile à grès, naturellement présente dans le Beauvaisis, cuite entre 1150 et 1350 °C, offre une paroi fine, imperméable et légèrement vitrifiée.

La finesse d’exécution et l’utilisation d’une argile pure permet au grès du Beauvaisis d’être considéré au XVe siècle comme un produit à la mode, d’une grande élégance, diffusé dans tout le royaume et exporté à l’étranger. Au XVIe siècle, le Beauvaisis reste un centre céramique français avec la production de terres vernissées au sel de plomb, qui prennent la forme de plats à décor gravé, écuelles… dont les plats a sgraffiato. Le potier applique un engobe d’une couleur différente sur la pièce déjà tournée. Il grave ensuite un décor jouant sur les différences de couleurs avant de faire cuire et émailler la céramique. Au XVIIe et au XVIIIe siècles, la production se poursuit avec certains plats décorés à la corne.

Le XIXe siècle est un siècle de mutation et de renouveau. En 1839, le peintre Jules Ziegler s’installe à Voisinlieu, et introduit la production du grès salé en France. Ses grès sont originaux par leurs formes moulées ou par les décors appliqués, et une couverte marron caramel est obtenue par cuisson de chlorure de sodium en fin de cuisson. Jules Ziegler redonne alors un lustre artistique à une matière devenue commune. Les potiers brayons reprennent cette technique pour créer des objets utilitaires comme des pots à tabac… La mécanisation se développe également dans les ateliers qui deviennent parfois de véritables usines comme la Manufacture Boulenger, la première à produire des carreaux à décor incrusté en France. Après avoir pressé la terre dans un  moule en relief de plâtre, les creux sont remplis d’une terre colorée liquide, la barbotine. Les décors reprennent le goût de l’époque (carreaux d’inspiration médiévale, ou plus décoratifs pour créer de véritables tapis de sol). Les carreaux vont faire l’objet de recherches et de dépôts de brevets. En 1889, Octave Colozier reprend et modernise l’entreprise familiale pour produire à très grande échelle des carreaux à décor selon un procédé de poudres argileuses sèches. A côté de ces usines, dont les tuileries, se poursuit une activité artistique. Auguste Delaherche, parmi les premiers découvreurs du rouge sang de bœuf tant convoité au XIXe siècle, est un artiste mondialement reconnu. Johan Peter Gréber fonde une manufacture qui diffuse, à travers une dynastie d’artistes, pendant près d’un siècle, des céramiques architecturales ou décoratives très recherchées. Au XXe siècle, Charles, Pierre et Françoise Gréber marquent la céramique beauvaisienne. A la fin des années 1960, une nouvelle génération d’artistes et de potiers prend la relève de Pierre Pissareff et d’André Boucher. Parmi eux, Jean-Michel Savary, Jean-Louis Nigon, Jean-Luc Noël, puis Patrice Deshamps, Monique Lesbroussart… Aujourd’hui l’association Potiers et Céramistes de l’Oise regroupe 21 potiers.

– Quelles sont les plus belles pièces en céramique du Beauvaisis que possède le MUDO ?

Il est toujours difficile de faire un choix parmi les près de 5 500 pièces que compte la collection céramique du MUDO-Musée de l’Oise, ce qui en fait une des plus riches collections de céramiques en France. Certaines pièces emblématiques proviennent de la collection céramique sauvée de la destruction du musée pendant la Seconde Guerre Mondiale, comme les épis de faitage en terre vernissée du XVIe siècle (Musicien à la vieille, Musicien à la harpe), ou le Plat de la Passion, plat entièrement moulé daté de 1511 et entré dès la constitution des collections du musée en 1843. D’autres pièces démontrent la qualité des grès du Beauvaisis comme le Godet à anneaux en grès du XVe siècle donné par Pierre Pissareff. Le musée possède également de très beaux ensembles céramiques provenant de généreux donateurs comme l’ensemble de plats du XVIIIe siècle en terre vernissée de Savignies provenant du legs de Gaston Mourgues de Carrère en 1932, de la plus riche collection de céramiques d’Auguste Delaherche, le maître céramique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle constituée autour du legs de Jeanne Delaherche (au total près de 650 céramiques) ou du don en 1980 par le potier Pierre Pissareff de sa collection comportant notamment des grès, des terres vernissées ou des faïences caractéristiques de la production des manufactures brayonnes au XIXe siècle (près de 650 céramiques également). Les derniers coups de cœur iraient pour la Cheminée aux Paons, chef d’œuvre d’Auguste Delaherche constitué de 105 morceaux, entré dans les collections en 2000, ou le Plat décoré a sgraffiato du XVIe siècle acquis avec trois autres céramiques exceptionnelles en décembre dernier, par préemption de l’Etat pour le MUDO, lors de la mise en vente publique de la collection d’E. Chami, spécialiste de la céramique beauvaisine.

– Quelles sont les dernières découvertes archéologiques ?

Dans les dernières découvertes archéologiques, le Service archéologique de la Ville de Beauvais a eu l’occasion d’effectuer les fouilles d’un site cher aux Beauvaisiens, qu’est l’ancienne manufacture Greber. Certaines de ces pièces sont actuellement visibles au MUDO, dans l’exposition « Vivre, créer, Découvertes récentes et énigmatiques archéologiques dans l’Oise », notamment un moule en plâtre de la plaque publicitaire de la manufacture de Pierre Gréber que possède le musée.

Dans l’exposition « Autour d’une même terre », deux doubles gourdes en grès du XVe siècle découvertes à Savignies, actuellement déposées pour étude au Service archéologique de la Ville de Beauvais, sont remarquables par leur finesse d’exécution et l’interrogation sur la nature de leur usage. Sont-elles des gourdes à usage liturgique pour transporter à la fois l’eau bénie et le vin ?

Dernièrement, une fouille préventive menée par le Service archéologique du Département de l’Oise a permis de mettre à jour un four à Saint-Léger-en-Bray.

– Où peut-on contempler de bels exemples in situ d’éléments architecturaux et ornementaux réalisés en céramique du Beauvaisis ?

 Dans Beauvais, il est possible de voir de beaux ensembles de constructions agrémentées de céramiques architecturales Art Nouveau comme Avenue Victor Hugo, sur le Boulevard Saint André ; de l’Entre-Deux-Guerres sur la façade de l’ancien atelier de céramique au Lycée des Jacobins, rue des Jacobins ; ou réalisées après-guerre sur la façade de la Poste de Beauvais ou encore la Maison Biaggi 29 rue Malherbe. Plus récemment, Jean-Michel Savary a réalisé des ensembles de céramique architecturale. En 2001, une fresque lui a été commandée par la ville de Beauvais pour parer la gare, et en 2008, il participe à l’ornementation du complexe Aquatique Aquaspace.

Le Beauvaisis comporte également parmi les façades les plus remarquables, les façades catalogues [sur les Maisons-catalogues de céramistes voir ici] de la Maison Boulenger, construite vers 1885-1887, Avenue Foch à Auneuil, et celle de la Manufacture de Charles Gréber rue de Calais à Beauvais. En 1911 il pare de céramiques la maison à pans de bois qui sert de magasin. Ces deux maisons sont classées Monument historique.

En France, les céramiques architecturales du Beauvaisis ont paré des halles et se trouvent encore sur les villas balnéaires comme sur la côte picarde à Ault-Onival.

Photographie du haut : Grands plats du XVIe siècle en terre cuite glaçurée. Celui de gauche est à « décor avec sentence à double sgraffiato, D. 40,7 cm, H. 7 cm ». Le second est en « grès azuré » avec un « décor estampé aux armes de France », « D. 31 cm, H. 6 cm. Musée départemental de l'Oise, dépôt du musée national de Céramique, Sèvres. » Photographie et textes provenant de Dossier de l'Art, hors-série n°17, intitulé « Beauvais : Ville d'art et d'histoire ».

Photographie de gauche : « Cruche à décor d'entrelacs tressés peints en rouge formant des tourbillons, XIe siècle. Terre cuite peinte, H. 28,2 cm, D. 27,1 cm. Photographie et texte provenant de Dossier de l'Art, hors-série n°17, intitulé « Beauvais : Ville d'art et d'histoire ».

Photographies de droite et de gauche : « Plat dit "plat de la Passion", XVIe siècle. Terre cuite glaçurée à décor estampé et glaçure de manganèse brun. D. 36,4 cm, H. 6,4 cm. » Photographie et texte provenant de Dossier de l'Art, hors-série n°17, intitulé « Beauvais : Ville d'art et d'histoire ».

Photographie de droite : Vase du XIXe siècle.

Photographie ci-dessous : Entrée de la Maison Boulenger, construite vers 1885-1887, avenue Foch à Auneuil dont les façades-catalogues sont recouvertes d'exemples divers de productions en céramique. Photographie Wikipedia. «  Par Alain Darles - Travail personnel, CC BY-SA 3.0 ».

Photographies ci-dessous : D'autres maisons de l'avenue Foch à Auneuil possèdent des façades-catalogues.

Photographies ci-dessous : « Épi de faîtage : Musicien à la vielle, XVIe siècle. Terre cuite glaçurée. H. 58,6 cm, L. 25,5 cm, P. 23,5 cm. © M. Beck-Coppola. » Photographie et texte provenant de Dossier de l'Art, hors-série n°17, intitulé « Beauvais : Ville d'art et d'histoire ».

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 14:00

La tour Saint-Jacques ouvre ses portes au public jusqu'au 25 septembre 2016 (voir ici).

Pour ceux qui veulent dès à présent y être, une vue à 360° est proposée ici.

Construit au début du XVIe siècle, ce bâtiment était alors le clocher de l'église Saint-Jacques le Majeur datant du XIIe siècle. Aussi appelée Saint-Jacques-de-la-Boucherie, elle fut rénovée plusieurs fois (Nicolas Flamel y fit construire un portail vers 1400), puis détruite. La tour subsiste toujours.

Sa restauration a coûté 8,3 millions d'euros à la Ville de Paris et l’État. C'est beaucoup. Franchement quand on entre dedans cela ne se voit pas. C'est donc le signe d'une très bonne restauration me direz-vous. Sans doute. Mais j'ai trouvé étrange lors de ma visite de découvrir, après avoir monté les escaliers (en tout il y aurait trois-cents marches), une première salle qui ressemble à celle d'un chantier avec son placoplatre, etc. Évidemment c'est mieux que de détruire pour remplacer par du béton et du verre comme au premier étage de la tour Eiffel (voir ici). Puis on continue à monter vers une seconde pièce délabrée ; celle où se trouvaient les cloches, et qui monte jusqu'au toit de l'édifice. Certes les pierres ont été restaurées de même que les vitraux, mais pas le mobilier en bois, sans doute du XIXe qui s'effrite. Enfin on arrive au sommet pour découvrir les statues de St-Jaques et des animaux (qui dataient du XIXe siècle comme nombre des fioritures sur les façades) représentant les quatre évangélistes entièrement refaits. Tout cela donne une impression étrange. Sans doute que cette restauration récente a manqué de vision d'ensemble.

Ce monument est au milieu d'un prestigieux ensemble : au centre de Paris. C'est pour cela que j'ai été très heureux d'y monter. Dès sa construction, il fut placé dans la croix formée par la Seine et les boulevard St-Michel, rue St-Denis, rue St-Martin et rue St-Jacques (voir plan ci-dessous). Le boulevard St-Michel fut percé avant 1860 par Haussmann, à la place des rues de la Harpe et d'Enfers, elles aussi parallèles à la rue Saint-Jacques et très anciennes. La rue Saint-Denis aurait été tracée par les Romains au 1er siècle. C'était l'avenue des Champs-Élysées du Moyen Âge. La rue Saint-Martin existait aussi déjà sous les Romains, et la rue St-Jacques sous les Gaulois. Quant au boulevard Saint-Germain qui délimite l'axe de la Seine, c'est aussi le baron Haussmann qui planifia son percement. La partie délimitée de la Seine était celle qui autrefois faisait partie de Paris (autour se trouvaient les faubourgs). Au cœur de cette croix se trouve l'église Notre Dame, érigée sur un ancien temple, et au centre, un peu plus haut, la tour St-Jacques.

Face à la tour Saint-Jacques deux rues forment une croix, l'une ayant pour nom Nicolas Flamel et l'autre le nom de sa femme Dame Pernelle. En 1851 on leur donna ces noms. À cette époque on réaménagea cette tour et autour afin de bien montrer sa disposition ésotérique, ou plutôt centrale dans Paris. Notamment on plaça (je pense que c'est à cette époque) en haut du bâtiment les quatre animaux fantastiques représentant les quatre directions et les quatre évangélistes, avec surplombant ceux-ci une statue de Saint-Jacques. Sur le sol trois statues monumentales autour de la tour formaient un triangle. On avait donc un symbole alchimique du soufre (le triangle et la croix). Puis vers 1988 des travaux furent faits. On creusa un garage à voitures dans lequel on entre par la rue Pernelle et qui est en dessous de la rue Saint-Martin et du bâtiment dans lequel on a alors installé de grandes enseignes internationales. Pour cela on a détruit toutes les découvertes archéologiques qu'on y a faites dont de nombreuses demeures gallo-romaines sous la rue Saint-Martin. Ce garage doit sans doute se continuer sous le jardin de la tour Saint-Jacques qui était en travaux pendant toute la durée de la création de ce sous-terrain pour voitures. C'est à ce moment qu'on enleva les trois grandes statues. Donc maintenant quand on marche sur cette partie de la rue Saint-Martin, on le fait sur du vide, alors qu'auparavant on était sur les pas de milliards de personnes depuis des temps reculés.

Mais encore aujourd'hui, lorsque vous marcherez près de la tour Saint-Jacques, vous saurez (si vous ne le saviez pas déjà), que vous êtes dans un endroit magique, placé dans une géographie parfaite (le cercle et la croix) de Paris ; ville inscrite de la même façon dans un hexagone parfait que l'on appelle encore aujourd'hui la France.

Tout cela est très loin d'avoir été fait par hasard. Autrefois on construisait les maisons, les villes et même un pays en ayant cette vue, cette intelligence de la terre, de sa place, de notre place, dans une sorte de concert fin (subtil) communautaire, où l'esprit se mêlait entièrement à la matière pour devenir perfection.

Photographie ci-dessous : Cercle (en jaune) suivant à peu près l'enceinte de Philippe Auguste (1223), délimitant une croix formée horizontalement (en rouge) par la Seine et verticalement (en bleu) par les rues St-Denis, St-Martin, St-Jacques et St-Michel.

Photographie ci-dessous : Croix formée par les rues Nicolas Flamelle et Pernelle juste en face du carré de la tour Saint-Jacques.

Photographies

Ci-dessous : Premier étage de la tour ressemblant à une salle de chantier.

Ci-dessous : Second étage, le clocher, avec ses boiseries délabrées.

Ci-dessous : Graffiti dans l'escalier.

Ci-dessous : Sur le toit, les sculptures sont équipées de quatre paratonnerres.

Ci-dessous : Vues depuis le toit.

Ci-dessous : Le bâtiment en béton particulièrement disgracieux est celui de la Faculté de Médecine (rue des Saints-Pères) construit après avoir détruit vers 1935 celui de l'hôpital de la Charité datant du début du XVIIe siècle.

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 06:58

Cet été au château de la Grange à Manom, les dimanches 17 juillet, 21 août et 25 septembre, à 15h, une visite thématique est organisée par Mme Florence Moritz sur le thème : « À table ! Service et arts de la table français ».

Réserver dès à présent au 03.82.53.85.03 ou à info@chateaudelagrange.com.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 06:58

Assiette de la série « Aux bains de mer » : « (11) Marquise, je vous présente mon neveu Raoul de St Estèphe. » Marque J. Vieillard & Cie, Bordeaux, de 1829 - 1895.

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 09:06

La Gazette d'Esprit XVIII vient de paraître ! Il s'agit d'un numéro spécial vacances, avec des idées de visites et d'expositions en France.

S'abonner est gratuit ! Le faire à : esprit.xviii@gmx.fr.

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 06:58

Le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine est maintenant une loi adoptée définitivement mercredi dernier (29 juin) au Sénat par un vote à mains levées, à la va-vite, sans que l'on puisse connaître le décompte des voix favorables et défavorables. Lors de la discussion de ce mercredi, la majorité de la gauche et celle de la droite ont exprimé leur approbation du texte, exceptées quelques abstentions (comme les Communistes). Les groupes Socialistes, Écologistes, Les Républicains, RDSE, UDI-UC, ont voté en sa faveur en exprimant leur grande satisfaction.

Cette manière de voter l'ensemble d'un projet de loi, sans scrutin public comme il est de coutume, est un exemple de la désagrégation de notre démocratie. Ce texte en a été le témoin de plusieurs autres manières, comme à travers les recours à des décrets ou des ordonnances (voir plus loin). Surtout il montre combien la politique a disparu des bancs du Parlement. Les parlementaires sont devenus de simples fonctionnaires prenant ce qu'on leur donne, comme un chien sa pâtée, et essayant de l'arranger tant que faire se peut en gesticulant beaucoup pour pas grand-chose... surtout sans jamais aller au fond de la problématique, en prenant soin de toujours rester à la surface.

Le texte définitif est visible ici.

Alors qu'il avait été présenté avec 46 articles, il en compte aujourd'hui 119. Les sénateurs semblent avoir été heureux d'avoir pu modifier un très mauvais texte pour en faire un texte mauvais. Cette loi est, encore plus qu'au début de la présentation de son projet, un foutoir, d'une technocratie déconcertante, surtout pour une loi traitant d'art.

Le contentement général est à faire sourire un habitant de Tchernobyl !

Le titre I contient les « dispositions relatives à la liberté de création et à la création artistique », avec au chapitre 1er les « dispositions relatives à la liberté de création artistique ».

Pendant que tous les parlementaires exprimaient leur satisfaction de l'article 1 affirmant que « la création artistique est libre », le président de la République française décorait le prince héritier d’Arabie saoudite de la Légion d’honneur (voir ici) et s’accoquinait (et continue de le faire) avec de très nombreux dictateurs.

L'article 2 ajoute que la diffusion artistique est libre... de bâtir le Louvre Abu Dhabi ?

Les articles suivants de ce premier chapitre exposent la manière dont le Gouvernement envisage cette liberté, c'est à dire en créant un système de copinages, de subventions, de labels et de conventionnements.

Le chapitre II est sur « Le partage et la transparence des rémunérations dans les secteurs de la création artistique ». En guise de transparence on est dans de la pure technocratie. Faut-il qu'un artiste passe par un cabinet d'avocats chaque fois qu'il signe un contrat ? La toile d'araignée créée aide qui ? De toute évidence ce qui intéresse le Gouvernement ce n'est pas l'art mais son économie. Il invente même à l'article 12 « un observatoire de l’économie de l’ensemble de la filière musicale. » La situation qu'il crée depuis des années est tellement inextricable qu'il est conçu dans cette loi un « médiateur de la musique ». Celui-ci « est chargé d’une mission de conciliation pour tout litige relatif à l’interprétation ou à l’exécution » de contrats !?!?!

Dans l'article 14 comme dans de nombreux autres articles « un décret en Conseil d’État précise les conditions d’application du présent article ». Comme l'explique cet article de la Gazette des communes, le Conseil d’État est devenu colégislateur plutôt que juge. Il est fait appel à un décret en Conseil d’État (c'est à dire en dehors de toute démocratie parlementariste) dans cette loi quarante fois : aux articles 5, 14, 21 (deux fois), 26 (deux fois), 30, 31, 33 (deux fois), 38, 48, 56 (deux fois), 57, 60, 61, 62, 69, 70, 71 (deux fois), 72, 74 (trois fois), 75 (huit fois), 78, 81, 88, 105, 109. Par exemple à l'article 71 il est indiqué qu'un décret en Conseil d’État précise les missions, la composition, les conditions de désignation de ses membres et les modalités de fonctionnement du Conseil national de la recherche archéologique et un autre des Commissions territoriales de la recherche archéologique. Si on y ajoute les habilitations qu'offre cette rédaction au Gouvernement à légiférer par ordonnances on se retrouve avec la constitution d'une loi construite parallèlement à celle-ci en dehors de tous débats.

Par la suite ce titre I traite tous azimuts de propriété intellectuelle, des pratiques artistiques amateurs, de l'accès à la culture par les personnes en situation de handicap, de la défense de la production musicale francophone, du Centre national du cinéma et de l’image animée, des spectacles vivants, de l'enseignement artistique spécialisé, de l'enseignement supérieur de la création artistique et de l’architecture, etc.

Le titre II est intitulé « Dispositions relatives au patrimoine culturel et à la promotion de l’architecture ». Concernant les parties sur le patrimoine et l'archéologie, je ne suis pas spécialiste de ces problématiques, mais malgré les modifications qui semblent salutaires des sénateurs, force est de constater que les dispositions premières du Gouvernement ne sont pas favorables à une bonne conservation du patrimoine. Il ne faut pas être devin pour dire que maintenant que cette loi a été votée cela va continuer à aller en empirant dans ces domaines. C'est par exemple dans ce texte que j'ai appris que l'archéologie était « un bien commercial » en écoutant une sénatrice RDSE dire : « En ce qui concerne l'archéologie préventive, point sensible de nos débats, le caractère scientifique des politiques archéologiques a été réaffirmé – et c'est essentiel, tant l'archéologie n'est pas un bien commercial comme les autres. » J'ai aussi pris connaissance du fait qu'il y avait eu en 2003 une ouverture à la concurrence de ce secteur, des autorisations de sous-traitance, etc.

Malgré la logorrhée législative de cette loi, le titre III offre au Gouvernement des habilitations à légiférer par ordonnances, c'est à dire sans débat. Par exemple l'article 95 lui permet de modifier le livre III du code du patrimoine : pour les bibliothèques « d’abroger les dispositions devenues inadaptées ou obsolète » ; pour l'archéologie « d’énoncer les règles de sélection, d’étude et de conservation du patrimoine archéologique afin d’en améliorer la protection et la gestion » ; pour les monuments de « définir des exceptions au caractère suspensif du recours exercé à l’encontre de la décision de mise en demeure d’effectuer des travaux de réparation ou d’entretien d’un monument historique classé », « de réorganiser le plan du code du patrimoine, d’harmoniser la terminologie et d’abroger ou d’adapter des dispositions devenues obsolètes afin d’en améliorer la lisibilité et d’en assurer la cohérence » ; etc. ; c'est à dire dans ces domaines de pouvoir faire un peu ce qu'il veut. L'article 96 l'autorise à modifier le code du patrimoine et celui de la propriété intellectuelle pour l'Outre-mer. L'article 93 permet de faire la même chose avec le cinéma. L'article 94 lui donne la possibilité « de transposer en droit français la directive 2014/26/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 février 2014, sur la gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins et l’octroi de licences multiterritoriales de droits sur des œuvres musicales en vue de leur utilisation en ligne dans le marché intérieur. » On est ici dans un déni de démocratie.

Enfin le titre IV est sur les « dispositions diverses, transitoires et finales ».

En suivant ce projet de loi, souvent je me suis demandé si ce texte parlait vraiment de culture. Mais comme le titre du dossier législatif de l'Assemblée nationale est : « Culture : liberté de la création, architecture et patrimoine » et que l'Exposé des motifs de ce projet de loi commence par « La culture... », et indique clairement que c'est son sujet, alors cela doit l'être. Ma notion est bien plus large. Pour moi, la culture est l'âme d'une société, son intelligence. C'est elle qui la guide dans ses choix idéologiques, esthétiques, moraux, etc., qui la rythme. Elle est son passé, son présent et son avenir. Elle garantit sa cohésion, son 'bien-vivre ensemble', offre des liens et de hautes perspectives. Qu'est-ce de tout cela que l'on retrouve dans cette loi ? Au contraire, comme je l'écris dans cet article, elle cache les véritables problématiques culturelles de notre monde contemporain.

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 06:58
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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 06:58

Le 21 juin à l'Assemblée nationale a eu lieu le vote sur le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine. L’ensemble du texte a été adopté. Le compte-rendu intégral indique : sous les « Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, écologiste et républicain. » Mercredi prochain, 29 juin, ce sera au tour du Sénat de voter.

Tout est question de point de vue. Du mien, simple spectateur, ce projet de loi est une chose... Oui une chose, une sorte de truc, sans forme et gluant qui, comme une gelée, garde sa consistance molle tout en épousant la forme du terrain où il se déplace, un bidule immangeable... une sorte d'oeuvre d'art contemporaine du n'importe quoi, avec laquelle se sentent à l'aise, et que défendent, ceux qui font n'importe quoi.

Cet honni ONI (objet non identifiable) va bientôt être une loi. Le texte a été conçu par une ministre de la Culture, présenté par une autre et clôt par une troisième. Au départ avec ses 46 articles cousus côte à côte, comme l’habit d'Arlequin, c'était un véritable foutoir. Maintenant avec ses dizaines d'articles supplémentaires il est devenu une chose, un machin, une gl!ur?p ! qui se pose nonchalamment devant la réalité et la cache de son obésité.

La réalité en France c'est, dans le désordre :

- La continuité de la baisse des services culturels publics ;

- Un environnement culturel français en déliquescence (tout autant que l'environnement naturel) ;

- D'innombrables nominations dans le secteur public à des hauts postes culturels de personnes n'ayant aucun bagage culturel ;

- Un raz-de-marée des cultures américaine et musulmane ;

- Des partenariats public-privé qui privent ce pays notamment d'un élan culturel source d'emplois et de rayonnement ;

- Une marchandisation de la culture soutenue par l'Union européenne, imitée de l’américaine, à travers notamment une aide publique au développement des fondations privées ;

- Des partenariats scandaleux, comme avec le Louvre Abu Dhabi (vive la liberté de création artistique hum ?)

- L'utilisation de plus en plus de l'anglais pour parler de la culture française en France (un ministre s'offusquait il n'y a pas si longtemps que l'on ne puisse pas en France enseigner dans le supérieur Proust en anglais !?!), mais aussi dans la vie courante ;

- Une réorganisation faite en catimini dont le Louvre-Lens et les réserves de Liévin sont un exemple ;

- La défense d'un art contemporain particulièrement décadent à travers les institutions et centres culturels publics ;

- Une vente continue du patrimoine public ancien français en France et à l'étranger, et cela souvent en toute opacité ;

- Une destruction de monuments publics anciens et une construction anarchique ;

- Des constructions publiques plus que douteuses qui sont des gouffres financiers, comme les Halles à Paris ou le nouveau Palais de Justice ;

- Une pollution qui abîme irrémédiablement les monuments, bâtiments et autres objets d'art ;

- Un retard phénoménal de la France en ce qui concerne Internet (si on ne possède pas les machines, au moins on pourrait faire un effort au niveau des idées, mais là aussi c'est le désert).

De ces quelques exemples parmi d'autres ce projet de loi ne s'occupe pas ou fait semblant ! Certes les parlementaires ont proposé près de 2 800 amendements. Certains de ceux-ci ont évité des dégâts. Mais dans l'ensemble ce ne fut que de l'agitation à la laideur 'comique' (je reste gentil).

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 06:58

Le pourcentage obligatoire de constructions HLM et la spéculation immobilière ont beaucoup abîmé les paysages d’Île-de-France (voir par exemple ici). Cependant il reste encore quelques milieux naturels particulièrement jouissifs. Lors de mes trois dernières promenades j'ai rencontré de nombreuses orchidées sauvages que j'ai photographiées, avec :

Ci-dessus :

- Ophrys abeille (photographies ci-dessus) ;

Ci-dessous :

- Listère à feuilles ovales,

- Orchis pyramidal,

- Orchis verdâtre,

- Orchis pourpre dont les fleurs peuvent ressembler à de petits lutins sexués.

Il y a d'autres sortes à découvrir en cette période ! Dans le monde il en existe plus de vingt-cinq mille espèces. En France (Corse comprise) on dénombre plus de cent soixante espèces (une liste ici) et bien plus avec l'Outre-mer. Évidemment il ne faut pas les ramasser, car elles sont rares. Mais elles font de belles photographies.

Dimanche dernier, dans notre groupe de promenade, une personne a trouvé neuf véritables trèfles à quatre feuilles et même un à cinq feuilles, près d'un pont surplombant la rivière Essonne dont le nom vient de la déesse gauloise des rivières !

Au 'fête' aujourd'hui c'est le jour du solstice d'été !

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