24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 07:59

Du 24 février au 24 mai 2015, le Château de Versailles présente Charles de La Fosse, avec un parcours dans le palais et une exposition intitulée Charles de La Fosse (1636-1716) : Le triomphe de la couleur. On y accède seulement avec un billet de visite du château.

L'itinéraire commence avec les décors composés en partie par ses soins de la Chapelle royale puis du Salon de Diane et celui d'Apollon restauré en 2014. Ensuite on traverse la Galerie des glaces avant de prendre une porte à la dérobée où nous accueille un portrait de l'artiste derrière lequel sont accrochés une quarantaine de ses peintures et une trentaine de ses dessins provenant de collections françaises et étrangères, publiques et privées.

Il s'agit de la première exposition monographique consacrée à cet artiste. Si on peut regretter le choix de présenter les œuvres sur des fonds colorés unis ne mettant pas en valeur la multiplicité des couleurs des œuvres, et avec des lumières non uniformes ne permettant pas d'évaluer justement les clairs-obscurs des tableaux, cela reste un plaisir de découvrir son œuvre en situation au milieu de la magnificence du palais du roi Louis XIV, à laquelle il a contribué avec éclat et sensibilité, dans un Grand Siècle qui réinvente le classicisme. À travers sa production on (re)découvre la peinture académique (il entre à l'Académie de peinture en 1673) de Philippe de Champaigne (1602-1674), Charles Le Brun (1619-1690) dont il est l'élève, Eustache Le Sueur (1616-1655), Pierre Mignard (1612-1695) … On y retrouve l'influence italienne, l'Italie où la plupart de ces peintres se forment au milieu d'artistes comme Nicolas Poussin (1594-1665), les œuvres de Titien, Véronèse, Raphaël, Michel-Ange … de l'Antiquité …. une inspiration puisée chez Rubens ... Il est un ami de Jean-Antoine Watteau (1684-1721), un des premiers représentants du mouvement rocaille.

Habitué des compositions de décors monumentaux (plafonds, dômes …), Charles de La Fosse manie avec dextérité la lumière et les couleurs ainsi que le dessin, mélangeant les techniques pour donner quelque chose d'original et souvent novateur, annonçant le XVIIIe siècle.

Exact contemporain de Louis XIV (1638-1715), il participe à plusieurs grands travaux architecturaux du roi grand mécène des arts, et dans de très nombreuses parties du châteaux, dont certaines remaniées au fil du temps.

Quand on se promène dans les galeries du grand Trianon de Versailles, on retrouve de ses tableaux dont certains présentés dans cette exposition, et d'autres d'artistes de l'époque aux couleurs magnifiques. On comprend l'importance donnée à la couleur par ces peintres. Je reste cependant dubitatif vis-à-vis de la restauration de 2014 du salon d'Apollon. Il suffit de comparer les avant et après ci-dessous. Si les traits semblent plus fins, la couleur ne me paraît plus assez tendre, profonde. Les choix de restaurations sont d'autant plus importants qu'il est fort probable qu'à force d'en faire on perd en authenticité. Dans l'exemple du Salon d'Apollon, cela s'apparente à une 'repeinture' … il y a trop de différences, en particulier en ce qui concerne la couleur … ce qui est d'autant plus étrange que l'exposition s'intitule « le triomphe de la couleur ». Ce qui est sûr c'est que la restauration du salon d'Apollon (re)donne un aspect à l'oeuvre qu'elle n'avait pas auparavant. Évidemment il existe plusieurs écoles de restauration. Certaines en souhaitant se rapprocher le plus possible de l'original ne font que s'en éloigner, d'autres interviennent le moins possible sur l'oeuvre etc. Ce 'manque' de couleur est un aspect qui m'a frappé dans d'autres œuvres de l'exposition. Pourtant les dessins de l'artiste proposés dans cette exhibition sont eux aussi dans des tons clairs, pastels.

Première photographie : « Proserpine enlevée par Pluton. Charles de La Fosse (1636-1716). Huile sur toile. Paris, école nationale supérieure des Beaux-Arts (ENSBA). © Beaux-Arts de Paris, Dist. RMN-Grand Palais / image Beaux-arts de Paris. »

Photographie de gauche : « Chapelle royale, © château de Versailles, JM Manaï. »

Photographie de droite : « Salon de Diane, © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) H. Bréjat. »

Photographie de gauche : Portrait de Charles de La Fosse.

Photographies ci-dessous : Plafond du salon d'Apollon. - À gauche - Avant restauration. © Château de Versailles, C. Milet. - À droite - Après restauration. © Château de Versailles, C.Fouin.
- Au-dessous - Détails. Dans le premier exemple le crépuscule rougeoyant est présent (dans d'autres peintures de l'artiste aussi), comme les visages semblant illuminés par le feu ; alors que dans le second tout est fade.

Photographies ci-dessous : Détail du Plafond du salon d'Apollon : Auguste faisant bâtir le port de Misène. - À gauche - Avant restauration. © Château de Versailles, D. Saulnier. - À droite - Après restauration. © Château de Versailles. Ici on remarque que non seulement les couleurs changent mais les formes aussi (architecte prenant des cheveux etc.).

Photographie ci-dessous : « Abigaïl offrant des présents à David. Charles de La Fosse (1636-1716). Esquisse à la sanguine, plume et encre noire, lavis brun et gouache sur papier beige. Trait d’encadrement à la sanguine. Paris, musée du Louvre. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / T. Le Mage. »

Photographie ci-dessous : Peinture représentant « Clytie changée en tournesol » (1688). On voit ici le problème que posent dans cette exposition l'éclairage de la lumière et dans une moindre mesure la couleur unie du fond.

Photographies ci-dessous : « Renaud et Armide. Charles de La Fosse (1636-1716). Huile sur toile. Basildon Park, The Iliffe Collection-The National Trust. »

Photographies ci-dessous : « Portrait équestre d’Armand-Jean de Vignerod du Plessis, duc de Richelieu. Charles de La Fosse (1636-1716). Huile sur toile. Tours, musée des Beaux-Arts. © Musée des Beaux-Arts, Tours, G. Dufresne. » On remarque les traits très dessinés de la tête du cheval contrairement à celle de l'homme, la dominante rouge, le travail sur les yeux (en particulier de la Victoire) etc.

Photographie ci-dessous : « Saint-Louis déposant son épée aux pieds du Christ ou L'Apothéose de Saint Louis. Modello. Charles de La Fosse (1636-1716). Huile sur toile. Paris, musée de l'Armée. © Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / E.Cambier. » Une bonne occasion de rappeler que si on va beaucoup fêter en cette année 2015 la mort de Louis XIV (200 ans), on l'a très peu fait en 2014 du huit-centième anniversaire de la naissance de Saint-Louis (voir ici) pour des raisons obscures.

Photographie ci-dessous : Une partie de la façade extérieure avant du château de Versailles.

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 07:59

Le Musée des Arts décoratifs et du Design de Bordeaux est du 20 février au 18 mai 2015 à L'Heure du souper ou l'art du bien manger aux XVIIe et XVIII siècles, une exposition ayant pour objectifs de faire l'histoire du souper et d'évoquer l'évolution des arts de la table, du 'service à la française', des 'grands soupers' et des 'petits soupers', des grands cuisiniers, des théories culinaires ...

« Cette exposition vise à retracer, à partir des collections du musée, l’évolution des manières de table, des modes et des comportements alimentaires aux XVIIe et XVIIIe siècles. » « Présentée dans les collections permanentes du musée, au sein des salons 18e de l’hôtel de Lalande, [elle] traduit également la volonté du musée de développer ses recherches et ses activités autour de la thématique des arts de la table, depuis le XVII siècle jusqu’à l’époque contemporaine, et dans les différentes acceptions de cette notion : les objets destinés à la préparation des repas, ceux réservés au service et à la consommation, les typologies d’objets en fonction des époques, des pays, etc. »

Photographie de gauche : « Détail de la table de la salle à manger de l'hôtel de Lalande. © Photo Lysiane Gauthier, musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux. »

Photographie de droite : « Ensemble de saupoudreuses à sucre du XVIIIe siècle. © Photo Lysiane Gauthier, musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux. »

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 07:59

L'exposition Les Emblemata de Johann Theodor de Bry se poursuit au Musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg jusqu'au 29 mars 2015, avec « quarante gravures d’une série rare de Johann Theodor de Bry [1561-1623], les Emblemata Secularia, présentées ici pour la première fois au public ».

Les emblemata ou livres d’emblèmes sont des ouvrages illustrés de gravures 'parlantes', dont les symboles et leur agencement forment un discours, compréhensibles seulement pour ceux qui en ont les clefs si un texte ne les accompagne pas. Ces oeuvres sont très populaires en Europe aux XVIe et XVIIe siècles.

Le premier exemple de ce type semble être Emblemata de l'Italien Andrea Alciato (1492-1550), dont la première édition serait de 1531, et qui fut réédité plus de cent fois avant 1620 (en Italie, France, Allemagne et Pays-Bas).

Photographies : « Johann Theodor de Bry, Emblemata saecularia, « ARTE MEA CEREBRUM NISI SI SAPIENTIATOTUM » (« Que par mon art mon esprit tout entier ne soit que sagesse») eau-forte, 1596. » © Musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg.

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 07:59

Du 12 février au 9 mars le Jardin des Plantes, Muséum national d’Histoire naturelle, présente une exposition d’orchidées d’Asie dans ses grandes serres intitulée : Mille & une orchidées d'Asie. Je n'ai pas encore eu le temps de venir la voir, mais c'est un très joli thème.

« Dans un magnifique écrin végétal composé de plus d’un millier de plantes tropicales les visiteurs sont invités à découvrir cette année les orchidées. Riche de 7 000 espèces, le continent asiatique vénère la beauté de cette fleur symbole de pureté, de raffinement, de fertilité et d’érotisme. Un somptueux décor sous la voute de verres irisés de la serre des forêts tropicales plongera le public dans une myriade de phalaenopsis suspendues sur des cannes de bambous.

Les orchidées d’Asie issues de la collection des 1 000 espèces « sauvages » conservées par le Muséum dans les serres de l’Arboretum de Chèvreloup près de Versailles sont aussi présentées au public.

Le jardin botanique de la Ville de Paris est invité à la manifestation. Quelques-unes des orchidées extraites de ses collections extraordinaires gardées aux serres d’Auteuil sont dévoilées au public.

Quatre producteurs français (AM Orchidées, La Cour des Orchidées, Ryanne Orchidée et Vacherot & Lecoufle) créent quatre scènes d’orchidées où ils mettent en valeur dans des décors naturels des plantes exceptionnelles.

La bande son de l'exposition est réalisée par Duncan Pinhas, qui a composé pour cet évènement une musique sensorielle, de méditation, traversée par des sons organiques et environnementaux. Elle produit un dépaysement sonore qui dialogue avec la beauté des orchidées et leur lieu d ́origine, l’Asie.

La musique, en suspension, est composée d'un jeu de résonance sur cymbale, bol tibétain et guitare et également de traitements électroniques qui offrent au public un déploiement de sons lumineux rappelant l'éclosion de la fleur.

Cette exposition est l’occasion d’un voyage en Asie dans le monde des orchidées au milieu des plus beaux exemplaires extraits des collections publiques parisiennes et privées des meilleurs producteurs français.

Avec l’appui de l’Association Française, Culture et Protection des Orchidées (AFCPO) et de la Société Française d’Orchidophilie (S.F.O.). »

Je rappelle au passage qu'il existe plusieurs variétés d'orchidées qui poussent à l'état sauvage en France. Celles-ci sont peu impressionnantes mais jolies. C'est toujours une fête d'en rencontrer sur les chemins champêtres. Voir les articles Le mois de mai et Le mois de juillet.

Photographies : © F-G Grandin MNHN.

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 07:59

Le Musée Marmottan Monet (Paris) présente du 12 février au 5 juillet 2015 une exposition sur le thème de La Toilette et La Naissance de l’Intime réunissant des œuvres emblématiques du XVe siècle à aujourd’hui,

Celle-ci se découpe naturellement en deux parties : avant et après la Révolution. Il est impressionnant de voir la différence entre ces deux époques de la représentation de la toilette. On passe d'un espace précieux de sociabilisation et de sociabilité, à un autre beaucoup plus pauvre, fermé, avec une présence plus prononcée de la chair et, au XXe siècle, de corps complètement déstructurés (dans les oeuvres choisies de Picasso, Fernand Léger etc.).

Mais la première partie est très intéressante. Les oeuvres sont pertinentes avec des chefs-d'oeuvre de peinture, quelques livres et gravures aussi, sans parler d'une tenture du XVIe siècle. Il manque cruellement de meubles et d'objets de toilettes qui sont souvent d'une très grande beauté. J'en ai personnellement répertoriés cent-quatre-vingt-huit (liste évidemment non exhaustive).

Comme le savent ceux qui suivent mon blog et mon site, le sujet de la toilette m'est très cher.

Voir par exemple :

La Toilette d'apparat des XVIIe et XVIIIe siècles ;

La Toilette (cette page mériterait que je l'actualise, ce que je n'ai pas fait depuis des années) ;

Le Jeu des apparences et du style au XVIIIeme siècle ;

La toilette masculine : l'art du rasage ;

La Mode et l'Hygiène : les bains publics, la propreté, le linge blanc, les appartements de bains de Louis XIV, baigneurs et étuvistes, les baignoires, les hygiénistes … ;

La Toilette galante de l'Amour, 1670 ;

Une coquette avant et après sa toilette ;

Le teint en représentation ;

Artiste peintre en visages ;

Fauteuil à coiffer du XVIIIe siècle ;

Une histoire de la coiffeuse ;

Une table de toilette du XVIIIe siècle ;

Coffres de toilette ;

Coffres, coffret et boîtes de toilette ;

Objets de la toilette ;

Objets de toilette Haute époque ;

Edits de Louis XIII imposant aux français une mode plus sobre ;

Le boudoir ;

La coquette, le jeune abbé coquet et l'abbé de Pouponville ;

La journée d'une dame au début du XVIIIe siècle ;

etc.

Photographie de gauche : « Anonyme (École de Fontainebleau), "Portrait présumé de Gabrielle d’Estrées et la Duchesse de Villars au bain", Fin du XVIème siècle - : Huile sur toile, 63,5 x 84 cm, Montpellier, Musée Languedocien, Collections de la société Archéologique de Montpellier, © Musée de la Société Archéologique, Montpellier, France / Giraudon / Bridgeman Images. »

Photographies ci-dessous : « Pays-Bas du Sud, "Le Bain, tenture de la vie seigneuriale", Vers 1500 - : Laine et soie, 285 x 285 cm, Paris, musée de Cluny - Musée national du Moyen Age, © RMN Grand Palais (musée de Cluny - musée national du Moyen-Âge) / Franck Raux. »

Photographies ci-dessous : « Abraham Bosse (d’après), "La Vue (femme à sa toilette)", Après 1635 - : Huile sur toile, 104 x 137 cm, © Tours, musée des Beaux-Arts. »

Photographies ci-dessous : « François Eisen, "Jeune femme à sa toilette", 1742 - : Huile sur bois, 36,5 x 27,3 cm, Abbeville, Musée d’Abeille, © RMN-Grand Palais /Thierry Ollivier. »

Photographies ci-dessous : « François Boucher, "Une dame à sa toilette", 1738 - : Huile sur toile, 86,3 x 76,2 cm, Collection particulière, © Image courtesy of P & D Colnaghi & Co, Ltd, London. »


Lors du vernissage de l'exposition, une journaliste a posé la question à Georges Vigarello (à l'origine de cette exposition avec Nadeije Laneyrie-Dagen) de savoir comment il envisageait le rôle de la toilette dans le futur, comment la voyait-il évoluer ? Personnellement je pense que l'on doit prendre conscience aujourd'hui que la toilette du corps n'est pas suffisante, mais que celle de l'âme est aussi nécessaire.

Dans la collection permanente du musée il y a une tenture (tapisserie de laine et de soie) de France du début du XVIe siècle (entre 1508 et 1514) représentant l'histoire de Sainte Suzanne qui aurait très bien pu s'intégrer à cette exposition. Elle est d'autant plus intéressante qu'on y voit une dame s'habiller (enfiler une manche), et prendre un bain dans une fontaine au dispositif ingénieux. Voir ci-dessous.



Ceux qui ne connaissent pas le Musée Marmottan Monet doivent aussi prendre le temps de visiter l'exposition permanente. D'abord le lieu est très beau : l'hôtel particulier étant en partie d'époque Directoire et décoré dans ce style avec des objets d'époque. Ensuite il y a diverses collections avec des enluminures et autres chefs-d'oeuvre du Moyen-âge et de la Renaissance, une collection d'époque napoléonienne, des peintures du XVIIIe siècle, de très nombreuses du mouvement impressionniste dont la plus grande collection au monde de compositions de Claude Monet.


La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 07:58

La Grande Galerie de l'Évolution du Jardin des Plantes (Muséum national d'histoire naturelle) à Paris présente, du 11 février 2015 au 21 mars 2016, l'exposition Sur la piste des grands singes.

Celle-ci nous immerge dans l'univers des grands singes (deux espèces de chimpanzés, deux espèces de gorilles et les orangs-outans), d'une façon qui intéressera grands et petits, nombre d'éléments éducatifs étant placés à la hauteur des plus jeunes.

Elle est en cinq parties. La première présente les six espèces de grands singes sous l’angle de leurs caractéristiques morphologiques, avec de nombreux animaux naturalisés (on disait autrefois empaillés), ce qui est tout de même morbide. On s'aperçoit que nombre de ceux-ci sont en danger d'extinction. On découvre le Microcèbe mignon, le Galago élégant, le Gibbon à favoris blancs, le Tamarin empereur (qui est tout petit avec de magnifiques moustaches), le Maki vari roux

La seconde partie se consacre à l'évolution des hominidés, famille de primates dans laquelle se trouve en particulier les grands singes et les humains … sans doute aussi le yéti … Les confrontations des squelettes, notamment des hommes et des singes, permettent de se faire une idée de cette mutation, ou plutôt de la source qui nous est commune.

La troisième section de l'exposition retrace l’histoire des connaissances sur les grands singes depuis le XVIe siècle, soulignant « le rôle majeur que le Muséum a joué dans cette aventure scientifique à travers des pièces remarquables issues de ses collections ». Quelques témoignages anciens sont ici exposés (aussi bien scientifiques que populaires), mais surtout des reproductions. On peut déplorer que beaucoup de ces dernières remplacent les estampes originales, alors que cela aurait été une bonne occasion d'éduquer le regard des enfants à notre patrimoine. Mais l'exposition Singeries au Cabinet d’Histoire permet de découvrir, du 11 février au 11 mai 2015, « les précieuses collections documentaires (vélins, gravures) du Muséum sur les singes. » Je n'ai pas pu la voir encore. D'autres manifestations sont organisées comme une exposition de photographies en accès libre sur les grilles de l’École de Botanique du Jardin des Plantes, du 11 février au 10 mai 2015.

Dans la quatrième portion c'est le plongeon dans la forêt au milieu de singes naturalisés, d'écrans ou 'volent' ces primates majestueusement d'arbre en arbre etc., en suivant le parcours d'explorateurs de cette faune majoritairement pacifique et végétarienne. Ces explorateurs sont les deux commissaires principaux : la primatologue Sabrina Krief et l’ethnologue Serge Bahuchet du Muséum national d’Histoire naturelle où les grands singes font l’objet d’une recherche très active et d’une approche pluridisciplinaire. L’exposition présente leurs toutes dernières découvertes et travaux scientifiques.

L'ambiance chaude et tropicale est subitement abandonnée dans la cinquième partie beaucoup plus froide physiquement, montrant une apocalypse où des hommes polluent, pollution s'étendant toujours, empiétant largement sur la forêt.

On finit en montant un escalier placé sous le squelette immense d'une baleine de la Grande Galerie de l'Évolution. On a l'impression de nager en dessous, ce qui est assez impressionnant.

Je crois que cette exhibition réussit dans ses objectifs principalement didactiques, scientifiques, ludiques et moralisateurs.

Quand j'étais enfant, j'avais une peluche que j'appelais Chita, comme l'amie (sœur de lait) de Tarzan. Plus tard j'ai appris que 'Chita' en sanscrit signifie 'compassion'.

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 07:59

Dans le cadre du Tricentenaire de l’Opéra Comique de Paris (situé depuis le XVIIIe siècle près du Boulevard des italiens) le Centre national du costume de scène et de la scénographie de Moulins présente du 7 février au 25 mai 2015 une exposition intitulée L’Opéra Comique et ses trésors.

Les costumes présentés sont beaux.

Dans la mode d'aujourd'hui c'est chez les costumiers de théâtre que l'on trouve les plus belles créations utilisant des techniques anciennes. C'est une très bonne école d'apprentissage de la mode. Du reste les écoles de mode proposent souvent à leurs étudiants des projets de costumes pour la scène qui leur permettent tout à la fois d'exercer leur créativité et d’apprendre les bases à partir de techniques anciennes.

Photographie de gauche : « Costume pour le rôle de Ciboulette dans Ciboulette de Reynaldo Hahn, costumes de David Belugou, Opéra Comique, 2013. » © Crédits photographiques Pascal François / CNCS.

Photographies ci-dessous : « Costume pour Cendrillon de Jules Massenet, costumes d’Alain Blanchot, Opéra Comique 2011. » © Crédits photographiques Pascal François / CNCS.

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 07:59

Après deux ans d’une rénovation architecturale et muséographique, le MUDO-Musée de l’Oise a ouvert à nouveau les portes de son Palais Renaissance et de ses collections du XIXe siècle au XXIe le 25 janvier 2015.

« Situé au pied de la cathédrale de Beauvais, le MUDO-Musée de l’Oise est installé dans l’ancien palais des évêques-comtes de Beauvais, édifié au XIIe siècle par Henri de France, frère du roi. Au XVI e siècle, l’évêque Louis Villiers de L’Isle Adam fait reconstruire le logis principal dans un esprit Renaissance. Après la Révolution, le palais devient préfecture puis Palais de justice avant d’être officiellement musée en 1981. Des problèmes structurels dans le logis épiscopal obligent le musée à fermer le palais Renaissance en 1997, le châtelet d’entrée et les espaces d’exposition temporaires restant ouverts au public. De 2012 à 2014, tous les corps de métiers se sont mobilisés pour rénover le 1 er étage du palais Renaissance et sa majestueuse façade XVI e siècle. Afin de favoriser l’accessibilité du bâtiment, un ascenseur a été installé pour desservir les trois étages du palais et faciliter ainsi l’accès à la spectaculaire salle sous-charpente de 14 mètres de haut, au dernier étage, dès janvier 2015. La muséographie du cabinet AUM est placée sous le signe de la neutralité et de la modularité des espaces. »

Photographie de gauche : « Les sirènes musiciennes. Quatre sirènes musiciennes décorent une des voûtes du châtelet d’entrée. Jouant de la cornemuse, de la viole à archet, du tambour et de la flûte, et de la trompette marine, ces sirènes se détachent sur un fond ocre rouge semé de points noirs. Leur long corps sinueux s’ajuste parfaitement à la forme triangulaire des voûtains de l’ancienne salle de garde. Les travaux de restauration entrepris dans la pièce en 2013 ont révélé des traces infimes de couleur sur les murs et les ébrasements de fenêtres permettant ainsi d’affirmer que l’intégralité de la salle était à l’origine ornée de peintures. » © MUDO - Musée de l’Oise.

Photographie de droite : Cour intérieure de l’ancien palais des évêques-comtes de Beauvais aujourd'hui MUDO-Musée de l’Oise. © MUDO - Musée de l’Oise.

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 07:59

La nouvelle exposition de dessins anciens de l’École des Beaux-arts de Paris est sur Le baroque à Florence. Celle-ci se déroule du 27 janvier au 17 avril 2015 au Cabinet des dessins Jean Bonna avec des oeuvres de cette école italienne datant de la fin du XVIe siècle et du début du XVIIe, sélectionnées « à partir d’un fonds très bien représenté dans sa collection et qui a fait l’objet d’un travail conséquent de réattributions. »

Photographie ci-dessus : « Léda. Francesco Montelaticci, Sanguine, lavis de sanguine et gouache . » © Cabinet des dessins Jean Bonna de l’École des Beaux-arts de Paris.

Photographie ci-dessous à gauche : « Tête casquée. Stefano Della Bella. Plume . » © Cabinet des dessins Jean Bonna de l’École des Beaux-arts de Paris.

Photographie ci-dessous à droite : « Coiffure de théâtre. Della Stefano Bella. Plume et léger lavis d'encre de Chine. » © Cabinet des dessins Jean Bonna de l’École des Beaux-arts de Paris.

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 07:59

Depuis le 22 janvier 2015 le Musée Gustave Moreau est ouvert totalement au public. Ce musée est l'hôtel particulier dans lequel le peintre Gustave Moreau (1826-1898), du courant symboliste, avait son atelier … un atelier gigantesque prenant tout le bâtiment avec quelques pièces pour vivre (salle de réception, chambre, boudoir …) visibles seulement certains après-midis. Cet espace s'est révélé cependant trop petit, l'artiste ayant imaginé tout un système de placards et autres meubles permettant de contempler ses desseins et peintures comme si on lisait des pages d'un livre. Environ 20 000 œuvres y sont aujourd'hui conservées, dont des centaines de peintures et des milliers de dessins. Qu'on apprécie ou non ses œuvres, il y a trois choses qui m'ont étonné.

LE LIEU. Les murs  sont remplis de peintures du sol au plafond, et parfois sur plusieurs couches comme dit précédemment. On s'immerge ainsi dans l'univers du peintre, et dans celui du XIXe siècle, d'autant mieux que l'on est dans le quartier construit durant son siècle de la « Nouvelle Athènes » (voir à ce sujet l'article sur Le Baron Taylor à l’avant-garde du Romantisme), pas très loin du Musée de la Vie Romantique qui lui aussi conserve un lieu peut-être encore plus magique du XIXe (voir l'article La fabrique du romantisme : Charles Nodier et les voyages pittoresques).

LA MODERNITÉ DE SON OEUVRE. Même si la plupart des tableaux ne semblent pas finis, on a l'impression d'être parfois devant une œuvre abstraite ou expressionniste du XXe siècle ; ce qui laisse pantois.

L'ABONDANCE DES PEINTURES. Il y en a partout, dont certaines gigantesques, les unes sur les autres, tellement que l'on dirait, en montant les escaliers en colimaçon, qu'elles volent au-dessus de soi.

C'est donc un musée à voir, et où amener ses enfants pour qu'ils se baignent dans cet univers un peu magique.

Photographie de gauche : Cavalier. Peinture de Gustave Moreau.

Photographie de droite : De l'escalier.

Photographies ci-dessous : Derrière un tableau … un ange … et derrière des esquisses.

Photographie ci-dessous : Tableaux à feuilleter.

Photographies ci-dessous : Couches de tableaux et de dessins.

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de La Mesure de l'Excellence
  • Le blog de La Mesure de l'Excellence
  • : Présentation des nouveautés de l'art sur le Net.
  • Contact

Aujourd'hui Internet est dans les mains de quelques groupes. Les informations de leurs utilisateurs sont vendues aux plus offrants par l'intermédiaire notamment des réseaux sociaux.

Cariatietexte200-copie-1.jpg

Informations

PAGERANK DE LM
PageRank Actuel


La plupart des réalisations internet de LM sont faites à partir de
LOGICIELS LIBRES

 

Il y a actuellement personne(s) sur ce blog

Réseau collaboratif

Si vous souhaitez que votre site fasse partie de ce réseau, cliquez ici !

Copyright © 2007 - 2015
La Mesure de l'Excellence
L
e Menn Richard

Tous droits réservés

lesamusementsdeparisreliurefacedetaila300lll

     
lamesure.org
La-Mesure80.jpg

Expositions

 

ToiletteDeDinerOuDeSoireeBlanc-Detaila300alm