1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 07:00

Le Carré Plantagenêt - Musée d'Archéologie et d'Histoire de Le Mans présente l'exposition Des dieux et des hommes, cultes et sanctuaires en Sarthe et en Mayenne dans l'Antiquité jusqu'au 21 septembre 2015.

Celle-ci est le fruit des récentes découvertes archéologiques en Sarthe et en Mayenne de plusieurs sanctuaires qui ont révélé de riches offrandes, statuettes et ex-voto permettant d'aborder les pratiques religieuses durant l’Antiquité gallo-romaine.

Les musées archéologiques régionaux conservent de nombreux documents sur les peuples gaulois. Ici il s'agit des Aulerques, Cénomans et Diablintes.

Dans de prochains articles concernant des musées ou expositions j'aborderai quelques autres de ces tribus gauloises qui nous ont laissé un patrimoine précieux, subtil (dans le sens qu'il n'est pas obligatoirement matériel) mais bien présent.

Photographie de droite : « Bague. Or. 1er - 3e s. ap. J.-C. Le Mans, Quinconces des Jacobins. DRAC Pays de la Loire, Service régional de l’archéologie (dépôt Inrap, Le Mans). © Gilles Kervella, Le Mans. »

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 17:42

« Avec 756 librairies, Paris est la capitale mondiale du livre. » « La Ville de Paris et l’association Paris Librairies lancent la première fête des librairies parisiennes, intitulée le « pari des libraires ». [...] Le 2 juillet prochain, de la fin d’après-midi jusqu’à la nuit tombée, 83 librairies parisiennes proposeront un moment convivial et des animations originales pour tous les publics. Chaque libraire aura son invité d’honneur - auteur, artiste, musicien, client du quartier, enfant - chargé de mettre en valeur le fonds de la librairie et de sélectionner des ouvrages sur le thème de la liberté, valeur fondatrice de la librairie indépendante. »
Vive la Liberté !

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 07:00

L'exposition sur François 1er à la Bibliothèque nationale de France, à Paris, s'est achevée ce 21 juin. Elle se poursuit au Château royal de Blois du 4 juillet au 18 octobre 2015 dans une autre intitulée Trésors royaux : La bibliothèque de François 1er.

2015 est  l'anniversaire de l’accession au trône de ce roi, il y a de cela cinq-cents ans, ainsi que l’anniversaire de la bataille de Marignan. « Marignan ? 1515 ! » Cette victoire a marqué l'entrée de la France dans l'ère moderne et la Renaissance dans ce pays.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 07:00

Pendant qu'une partie de l'argent public sert à des expositions d'art contemporain affreuses comme à Versailles ou à la Monnaie de Paris (voir ici), l'État et la collectivité publique continuent de vendre une partie de leur immobilier ancien, notamment des hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles. En voici des exemples :

- L'hôtel Kinsky, du XVIIIe siècle, au 53 rue Saint-Dominique vendu à une famille princière du Qatar (voir cet article). Voici ce qu'en dit Wikipédia :  « il est mis en vente par l'État en septembre 2006 et est acheté par la famille régnante du Qatar, pour la somme de 28 millions d'euros, soit la moitié de l'estimation. »

- L’hôtel de Broglie (XVIIIe siècle), du 35 rue Saint-Dominique. D'après Wikipédia : « L'hôtel est effectivement mis en vente par l'État en 2013 pour une cession prévue en 2015. »

- L’hôtel de Clermont, construit en 1708, situé au 69 rue de Varenne (qui abritait des sièges du gouvernement). « L'hôtel est effectivement mis en vente par l'État. » Wikipédia.

- L'hôtel de Miramion, hôtel particulier parisien du XVIIe siècle du 47 quai de la Tournelle, a été vendu vers 2012 par l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris).

La province n'est pas en reste...

Photographie de gauche : Hôtel Kinsky. Source Wikipédia.

Photographie de droite : Hôtel de Broglie. Source Wikipédia.

Photographie ci-dessous : Hôtel de Clermont. Source Wikipédia.

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 07:00

 

Ce dimanche 28 juin, le Carnaval tropical de Paris partira Place de la Bastille en direction de l'Hôtel de ville à 14h, suivant la rue Saint-Antoine et la rue de Rivoli pour revenir sur la place par les quais. Cette quatorzième édition est sous le thème des quatre saisons !

Ce sera une bonne occasion de remettre à l'honneur l'ancienne grandeur du carnaval de Paris (voir ici et ici).

Photographies provenant de la Mairie de Paris.

À noter que ce même dimanche, le long du Canal Saint-Martin, le festival de chorales d'amateurs Voix sur Berges fêtera ses vingt ans. Près de cinq-mille chanteurs et cent-quatre-vingts chorales sont attendus. « Cette manifestation populaire et musicale est ouverte à tous les styles, à tous les niveaux et à tous les âges : baroque, contemporain, jazz, gospel, variétés française et étrangère, rock, etc. Dès 10h, des dizaines de chorales se rassembleront autour du Canal Saint-Martin et viendront animer le 10e arrondissement, avant de partager un banquet convivial à la mi-journée. De 14h30 à 21h40, les chorales se succèderont sur les 20 sites musicaux des berges et le jardin Villemin, choisis pour leur acoustique de qualité. À la tombée de la nuit, 1.200 choristes offriront au public un grand final chanté autour du pont Eugène Varlin. »

Photographie ci-dessous provenant du site.

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 07:00

Toutes les photographies de cet article ont été prises ces derniers jours dans le Musée du Louvre.

Cet article fait suite aux nombreux autres que j'ai écrits dans ce blog sur ce que j'appelle 'l'architecture RER'. Il s'intéresse cette fois au Louvre.

Aujourd'hui l'intérieur du bâtiment ressemble en grande partie à une gare RER bétonnée ou à un grand centre commercial (voir les photographies) dans lequel on peut acheter de tout, même des plumeaux et brosses à récurer (photographies ci-dessus) ! En dessous du Louvre, en particulier de ses cours et de son jardin, en pleine zone inondable, ont été aménagés des garages à voitures et cars, des boutiques en tous genres, des restaurants, cafés... On peut y louer des automobiles, acheter des bijoux, des disques etc. etc. Tout ceci dénature ce monument plusieurs fois centenaire et en gomme l'âme. J'ai pris quelques photographies ces derniers temps qui en témoignent.

Mais cela n'est pas tout. Après l'ineptie du Louvre AbuDabi (voir ici) voici que maintenant succède le déplacement de ses réserves à Liévin au nord de la France dans le Pas-de-Calais. Croit-on vraiment que les chercheurs ou historiens de l'art vont se déplacer avec autant de plaisir et de facilité à 200 km de Paris pour des recherches qui nécessitent plusieurs jours, voire plusieurs semaines ! À Liévin les musées, bibliothèques, universités et autres lieux d'art ne se bousculent pas, de même que les spécialistes de l'art ancien !

Le site spécialisé dans l'actualité de l'art latribunedelart.com a interrogé plusieurs conservateurs du Louvre et chercheurs pour leur demander leur avis. Ces articles sont visibles ici. On y apprend que la plupart des conservateurs de ce musée n'ont pas été consultés. Les réserves sont des lieux d'échanges, de découvertes, de communication entre spécialistes, ayant une porosité avec les salles, ce qui n'est possible que si le Louvre reste homogène.

Et puis pourquoi construire un nouveau bâtiment alors qu'on brade une partie de notre patrimoine bâti ancien ? Ce qui est troublant c'est que Liévin se situe juste à côté du Louvre-Lens, et à moins de cinquante kilomètres de la Belgique. Nous sommes là dans une stratégie géo-politico-culturelle évidente. Veut-on faire du Louvre-Lens le grand musée européen du XXIe siècle, le grand musée de Bruxelles ? Il sera en effet plus facile d'atteindre les réserves du Louvre depuis Bruxelles que depuis Paris. S'il s'agit d'une stratégie, celle-ci se fait en dehors de toute démocratie. Cela me fait penser au palais que le roi Louis XIV fit construire à Versailles, en dehors du Louvre (ancien palais des rois), hors de Paris, avant qu'un siècle plus tard la Révolution redonne à la capitale française sa première place politique.

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 07:00

J'ai eu la chance de visiter la semaine dernière le chantier du Musée des beaux-arts de Nantes. Je vous en ramène mes impressions et des photographies.

Ce musée se situe dans sa plus grande partie dans un bâtiment inauguré en 1900. Nous avons là un exemple de la manière dont aujourd'hui on aborde trop souvent la 'rénovation' de notre patrimoine bâti ancien.

Je ne connaissais pas ce musée avant la semaine dernière. Il y a fort à parier que de multiples remaniements avaient déjà largement abîmé le lieu au XXe siècle. Ce que je reproche dans le chantier actuel c'est d'abord de continuer à 'gommer' l'aspect 1900. Le but de ce chantier n'est pas de redonner à ce lieu son lustre d'autrefois, de lui restituer son âme 'fin de siècle', mais d'agrandir le musée et d'en faire un lieu plus fonctionnel. Si sont conservés et restaurés les façades, le grand escalier de l'entrée, une partie des murs et des stucs, le bâtiment a été éventré afin de le prolonger en sous-sol au niveau de sa cour centrale. Certaines pièces (peu nombreuses cependant) ont été démolies. Tout cela pour bétonner.

Au début du XXe siècle les murs devaient être peints, tapissés ou avec du papier peint. Je n'ai trouvé aucune trace de cela, sauf dans une petite salle (voir photographie) où il reste quelques peintures. Le bois devait être aussi très présent, de même que la ferronnerie. Mais là aussi presque plus rien ne subsiste. Les verrières d'époque ont été remplacées... Le mélange de moderne et d'ancien laisse une impression désagréable, que l'on ne ressent pas en allant dans la partie 100 % moderne, dans le bâtiment qu'on appelle « le cube ». De toute évidence les architectes aujourd'hui sont mal à l'aise avec l'ancien, et les dommages qu'ils lui causent sont irréversibles puisque agissant dans ses fondations, ce qui est peu visible de l’extérieur.

Et puis pourquoi vouloir absolument agrandir un musée en agissant sur la construction léguée ? La restauration de tous les bâtiments anciens devrait être envisagée de la même façon que pour un tableau ou un autre objet d'art. Pourrions-nous imaginer que l'on ajoute un chapeau à la Joconde parce que cela fait plus moderne, ou que l'on place ce tableau dans un cadre en fer, que l'on enlève son paysage d'arrière-plan, défraîchi pour y dessiner une autoroute, ou bien encore que l'on agrandisse l'oeuvre de plusieurs centimètres ?

Photographie de gauche : Sculptures de la façade principale extérieure.

Photographie de droite : Grand escalier.

Photographie de gauche : Seule pièce que j'ai rencontrée ayant conservé des peintures.

Photographies ci-dessous : Cour intérieure éventrée vue de dessus et depuis la base.

Photographies ci-dessous : Pièces

Photographies ci-dessous : Étages bétonnés.

Après avoir visité le chantier du Musée des beaux-arts, je suis allé dans le Musée d'histoire de Nantes du Château des ducs de Bretagne se situant dans la résidence ducale du XVe siècle. Quelle ne fut pas ma stupéfaction de constater que là aussi le lieu a été éventré mais d'une manière pire ; d'abord parce que le monument est près de cinq-cents ans antérieur à celui du Musée des beaux-arts, ensuite parce qu'on a détruit par caprice d'architecte et de manière particulièrement ostentatoire. Le chantier a eu lieu dans les années 2000. Le château a ouvert à nouveau en 2007. Afin de donner plus de lumière (!?!?) une partie a été cassée sur plusieurs étages !

Photographies ci-dessous : Intérieur du Château des ducs de Bretagne qui me semble la plus vandalisée. Non seulement l'architecte n'a pas cherché à rester dans le goût de l'époque (XVe siècle) avec ses structures modernes, mais il a détruit des pièces sur plusieurs étages afin de faire une sorte de puits allant du rez-de-chaussée jusqu'au toit. Les cheminées ont été murées et une se retrouve même dans le vide. Et les parties sculptées (il y en avait forcément) où sont-elles ?

Voilà comment on rénove des bâtiments anciens prestigieux en France en ce début de XXIe siècle !

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 07:00

Le Musée des beaux-arts de Nantes sort de ses réserves, jusqu'au 30 août 2015, des œuvres de peintres flamands et hollandais pour l'exposition Flamands et Hollandais : La collection du Musée des beaux-arts. Celle-ci est située au château des Ducs de Bretagne.

Soixante-cinq peintures sont exposées, principalement du Siècle d’Or, composées par les artistes les plus réputés du XVIe siècle au XVIIIe : « de Jan Brueghel à Rubens, en passant par de remarquables élèves de Rembrandt comme Govert Flinck ou Jürgen Ovens ». Il s'agit d'un choix parmi trois-cents peintures répertoriées dans le catalogue inédit publié et dont certaines ont été restaurées pour l'occasion.

« Cet important ensemble de peintures fut principalement réuni au XIX e siècle, essentiellement grâce aux envois de l’État (Rubens, Brueghel) après la création du Musée des beaux-arts, mais surtout avec l'acquisition en 1810 par la ville de la collection de François Cacault, véritable noyau fondateur des collections anciennes puisqu'elle compte plus de 170 tableaux flamands et hollandais. »

« Le parcours de l'exposition s'organise en étapes thématiques qui permettent de présenter, en miroir, des peintres de Flandre et de Hollande qui se spécialisèrent dans des genres nouveaux : les portraits (Pourbus, Voet), les paysages (Fouquières, Leytens), les marines, les scènes de genre (Droochsloot, Wouwerman) et les natures mortes (Claesz, Coninck). »

Nous avons là une vision d'ensemble de cet art particulièrement réputé à son époque et par la suite, depuis la grande peinture d’histoire jusqu'aux « petits tableaux de cabinet très appréciés des marchands et des bourgeois des anciens Pays-Bas ».

Photographie de gauche : Portrait de femme par François II Pourbus (1569-1622). Musée des Beaux-Arts de Nantes. © RMN -Photographie : G.BLOT. »

Photographie de droite : Madeleine pénitente par Abraham Bloemaert (1564-1651). Huile sur toile de vers 1590.

Photographie de gauche : L'Embarquement. Tableau de Jan Brueghel l'Ancien (1568-1625). Ce genre de peinture aux dimensions réduites était particulièrement ouvragé dans les détails, afin que l'on puisse admirer la minutie du travail de composition, assis, le tableau posé sur les genoux.

Photographies ci-dessous : Portraits par Jacob Ferdinand Voet (c. 1639 - c. 1689/170).

 

 

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 07:00

Du 23 juin au 20 septembre 2015 le Musée du quai Branly retrace la conquête de l'Empire inca dans une exposition intitulée L'Inca et le Conquistador.

Si celle-ci est moins importante par le nombre d'objets que celle sur les Mayas qui s'est conclue en février 2015 dans ce même musée, elle est cependant intéressante par l'épopée tragique qu'elle nous dévoile. La rencontre originelle fut terrible pour les Incas qui y perdirent des millions de personnes et une grande partie de leur culture. On y apprend qu'avec un poignée d'hommes, les Espagnols du XVIe siècle ont réussi à prendre le pouvoir sur tout un empire.

À cette époque les conquistadores diffusent le mythe d'une contrée d'Amérique du Sud supposée regorger d'or.

Photographie de gauche : Petite « jarre en forme de musicien jouant du tambour et de l'antara (flûte de pan). Pérou. Culture chincha, 1100-1450. Terre cuite. Museo Nacional de Arqueología, Antropología e Historia del Perú, Lima, C-55291 ».

Photographies ci-dessous : « Récipients rituels, conopas. Pérou. Culture inca, 1450-1532. Pierre. Musée du quai Branly, Paris ». Ces objets représentent ici un alpaga et un lama. « Les conopas présentent une cavité destinée à recevoir une offrande [...] enterrées dans les champs elles assurent la fertilité des troupeaux. »

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 06:58

La ville de Nantes propose en ce moment deux intéressantes expositions, l'une sur les peintres Flamands et Hollandais des XVIe et XVIIe siècles, et une autre sur Charles de la Fosse, peintre contemporain de Louis XIV. Je reviendrai dans un prochain article sur la première. La seconde, intitulée Charles de la Fosse, les Amours des dieux, se déroule du 19 juin au 20 septembre 2015 dans la Chapelle de l'Oratoire, lieu du XVIIe qui convient à un artiste de ce siècle. Cette exposition présente moins de tableaux que dans celle du château de Versailles Charles de la Fosse (1636-1716) : Le triomphe de la couleur qui s'est clôturée le 15 mai dernier. Cependant les œuvres sont présentées avec plus d'espace, offrant davantage de résonance à leurs dimensions honorables, et surtout avec une lumière principalement naturelle, sans les projecteurs qui à Versailles donnaient de vilains effets de clairs-obscurs.

Charles de la Fosse est un peintre particulièrement intéressant, un arbre qui je l'espère permettra pour beaucoup de (re)découvrir toute la forêt de la peinture française de la seconde partie du XVIIe siècle, abondante, très riche, novatrice, et dont de nombreux artistes de qualité sont encore trop peu connus.

D'abord c'est un peintre ayant une grande pratique et une parfaite maîtrise technique de son art. Ses ébauches nous dévoilent un dessin sûr aux tracés marqués. Cette vigueur et cette accentuation des contours restent présentes dans ses peintures bien que les traits soient remplacés par un léger sfumato en dégradés précieux. Les volumes sont ainsi doucement accentués de même que par les couleurs. La délicatesse des corps, la luminosité de nacre qui en jaillit, l'expressivité des visages, la douceur des gestes portés par des couleurs flamboyantes, la qualité des coloris, des drapés, l'élégance des formes, les gestes accentuant la lascivité et l'abandon, et la distinction des thèmes sont mis en valeur par les contrastes d'arrière-plans 'tournoyants', souvent plus sombres.

Les corps sont d'une sensualité galante que l'on retrouvera au XVIIIe siècle par exemple chez François Boucher (1703-1770). Les drapés sont velouteux, soyeux et parfois aériens, comme dessinés par un zéphyr ou une suave brise. Ils mettent en valeur les corps par les déshabillés qu'ils forment autour de ceux-ci. Parfois ils semblent se fondre en eux afin de dévoiler, sans le faire directement, les parties les plus intimes. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la mythologie est le seul moyen de représenter ouvertement des corps nus ou à demi nus, des poitrines offertes, des genoux... Sous les traits d'une Vénus, d'un Apollon ou d'un autre dieu, les contemporains pouvaient reconnaître sans doute des portraits galants. C'était souvent un jeu de se faire ainsi représenter, une sensualité drapée sous des références mythologiques. Ces « amours des dieux » étaient alors ceux des commanditaires !

Au-delà de la maîtrise picturale et de la galanterie légère de ces œuvres, il y a une réelle originalité démarquant Charles de la Fosse d'un classique Nicolas Poussin (1594-1665) ou d'autres artistes du Grand Siècle et annonçant le XVIIIe avec son insouciance, son élégance plus légère, ses putti grassouillets, ses corps lascifs davantage offerts et ses scènes plus 'bourgeoises'.

Cet artiste, d'une tendre et légère densité, est tout entier dans le plaisir sensuel de la composition de sa peinture, dans sa recherche de nouveauté, son modernisme. On peut aussi mettre son œuvre en parallèle avec les thèmes et la musique de l'opéra qui naît véritablement en France avec Lully dans les années 1670, ce que fait la dernière partie de l'exposition.

Deux premières photographies : « Clytie changée en tournesol par Apollon, Charles de La Fosse, 1688. © Château de Versailles, Dist. RMN /Jean-Marc Manaï. »

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