1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 17:32

Les Sculptures souabes de la fin du Moyen-âge sont à l'honneur au Musée du Moyen-âge de l'Hôtel de Cluny à Paris, du 1er avril au 27 juillet 2015. Cette exposition occupe les deux premières salles du musée, une bonne occasion de le visiter, ainsi que le bâtiment lui-même avant que n'aboutisse le projet qui prévoit « à la fois la construction d’un nouveau bâtiment d’accueil, la restauration des monuments historiques insignes où il est installé et le redéploiement muséographique des collections. » Comme on peut le voir sur les photographies ici présentes, et comme c'est devenu une habitude, on va bétonner et construire dans un style RER en tenant aucun compte de l'harmonie avec le lieu, sans aucun 'raccord' historique, sans références ... juste du béton et du vitrage. C'est absolument effrayant.

Photographie de gauche : « Saint Martin. Haute Souabe, vers 1520. Tilleul polychromé. H. 60 ; L. 21 ; P. 15 cm. Saumur, Musée des Arts Décoratifs, (inv.Lair 36). © Martine Beck-Coppola. »

Photographies ci-dessous : « Le Couronnement de la Vierge dit « La Vierge du rosaire ». Entourage de Daniel Mauch, vers 1510-1515. Panneau : bois peint (peuplier ?) Relief : bois polychromé. H. 67,5 ; L. 55 ; D. du relief 31,5 cm Hambourg, Museum für Kunst und Gewerbe, (inv. 1899.101). © Museum für Kunst und Gewerbe. »

Photographie ci-dessous : « L’Enfant Jésus. Sud de la Souabe, vers 1480-1490 (attribué à l’atelier d’Ivo Strigel). H. 37 ; L. 16 ; P. 12 cm. Ravensburg, Oberschwäbische Elektrizitätswerke (OEW), OEW 230. © Kunstsammlung Zweckverband Oberschwäbische Elektrizitätswerke (OEW) / photo haus für fotografie, Ravensburg, Karin Volz. »

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 20:03

Le Syndicat national des Antiquaires (SNA) organise du 1er au 5 avril 2015, au Carrousel du Louvre, une manifestation « pilotée par une jeune équipe » intitulée : De l'Antiquité au XXIe siècle : Paris Beaux-Arts. Il s'agit de la première édition de ce salon dédié aux antiquaires de qualité spécialisés dans différentes époques et disciplines. Quatre-vingts marchands y exposent leurs plus beaux objets.

Les photographies ont été prises au vernissage du salon.

Photographies ci-dessus et ci-dessous : Galerie Lemoine-Bouchard (Paris).
Portrait d'époque Directoire, huile sur toile.
Portrait de dandy, 1836 par Candide Blaize (1795-1849), aquarelle et gouache sur papier.

Photographies ci-dessous : Galerie Delvaille (Paris).

Photographie ci-dessous : Galerie Amedeo Montanari (Paris).

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 14:04

La Ville de Poissy (Yvelines) commémore, du 27 mars au 21 juin, le deux centième anniversaire de la naissance du peintre Ernest Meissonier (1815-1891), qui vécut à partir de 1846 dans cette ville dont il fut maire, en présentant une exposition d'une cinquantaine de ses peintures, dessins et gravures. Son œuvre fait partie de ce qu'on appelle le 'réalisme historique'. Au XIXe de très nombreux mouvements artistiques voient le jour en France, certains d'un grand conventionnel, d'autres très innovants. Chacun révèle une facette de ce siècle.

Photographie : « Cavalier dans l'orage, Jean‐Louis‐Ernest Meissonier (1815‐1891), dessin à la mine de plomb, lavis et rehauts blancs. H. 25,7 x35cm ‐ Coll. Musée du Louvre, Département des Arts Graphiques, Paris, Inv. RF2404-recto. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean‐Gilles Berizzi. »

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 15:54

L'exposition temporaire organisée par le Musée Jacquemart André De Giotto à Caravage, Les passions de Roberto Longhi se déroule du 27 mars au 20 juillet 2015. C'est la première fois en France qu'est ainsi dévoilée la collection de Roberto Longhi (1899/1890-1970), historien de l’art et collectionneur, composée de grands noms de la peinture italienne du XIVe siècle au XVIIe, redécouverts par celui-ci : Giotto, Masaccio, Masolino, Piero della Francesca, Ribera, Caravage parmi d’autres … Aux œuvres issues de la Fondation Roberto Longhi répondent d'autres prêtées pour l'occasion par des musées français et italiens.

Première photographie : Giotto di Bondone (vers 1266/67 - 1337).
À gauche -
« Saint Jean L’Évangéliste. Vers 1320. Tempera et or sur bois. 128 x 55,5 cm. Fontaine - Chaalis, Abbaye Royale de Chaalis, Institut de France. © Studio Sébert photographes.
À droite - Saint Laurent. Vers 1320. Tempera et or sur bois. 120 x 54,3 cm. Fontaine - Chaalis, Abbaye Royale de Chaalis, Institut de France. © Studio Sébert photographes.

Photographie de gauche : Tommaso di Giovanni Cassai dit Masaccio (1401 - 1428). Vierge à l’Enfant. Vers 1426 - 1427. Tempera et or sur bois. 24,5 x 18,2 cm. Florence, Istituti museali della Soprintendenza Speciale per il Polo Museale Fiorentino - Galleria degli Uffizi. © Soprintendenza Speciale per il Patrimonio Storico Artistico ed Etnoantropologico e per il Pol.

J'ai été particulièrement impressionné par une huile sur toile, dont la photographie est ci-dessous, de Bartolomeo Manfredi (1582-1622), intitulée Le Couronnement d'épines, datant de vers 1615 et conservée au Musée de Tessé à Le Mans. Ce tableau peut être comparé à une musique tellement le rythme y est prégnant. Il est en particulier suggéré par les oppositions : le clair-obscur bien sûr, mais aussi le visage du jeune homme (à notre droite) et celui du vieillard (troisième à gauche), le caractère lisse et rigide de l'amure et les drapés dont le soyeux est rendu d'une façon particulièrement remarquable (ce qui ne peut se reproduire par la photographie), les corps et les tissus, l'allure dressée du soldat face à la résignation courbée du Christ, les mains crispées des bourreaux et celle abdiquant de Jésus, la concentration des uns (des deux bourreaux et du personnage tout à gauche qui lui aussi regarde la scène) et la quiétude presque désinvolte voire égoïste des autres qui ne semblent préoccupés que par eux-mêmes et non par le martyr du fils de Dieu etc. Plusieurs autres éléments servent de liaisons : les couleurs des tissus toutes plus ou moins différentes, les visages ressemblant à des notes sur cette portée musicale, les regards, les lignes formées par les épées, les bâtons et les lances etc. Les personnages sont au nombre de neuf et tous masculins. La lumière vient de notre gauche, obstruée en partie par un rideau noir, sans doute tiré afin de mettre en lumière cette obscurité humaine qui a amené par sa stupidité à faire souffrir la bonté. La scène est extraite du néant de la bêtise humaine pour être dévoilée, expliquée, presque décortiquée aux spectateurs par le peintre sans doute représenté dans la figure du personnage de gauche, seul témoin conscient de ce qui se passe. L'oeil qu'il lance vers le Christ souffrant est le seul regard humain … du moins faut-il l'espérer … et c'est la question que se pose peut-être le vieillard qui contemple ce regard de l'artiste qui du néant de la toile fait surgir une scène. Le vieillard serait la figure du spectateur et l'homme de gauche celle du peintre … lui-même spectateur de ce qu'il met en lumière par sa composition presque musicale de cette réalité sortie des tréfonds.

Au fait, pour ceux qui ne l'ont pas encore visité : le Musée Jacquemart André est merveilleux !
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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 16:24

Pour la première fois le Mobilier national présente une exposition relative à ses ateliers de restauration, qui ouvre dans le cadre des Journées Européennes des Métiers d’Art. Intitulée L’esprit et la main. Héritage et savoir-faire des ateliers du Mobilier national, cette exposition, qui se déroule du 27 mars 2015 au 17 janvier 2016 à la Galerie des Gobelins à Paris, se propose de nous faire découvrir les coulisses d’une institution existant depuis plusieurs siècles, anciennement connue sous le nom de Garde-meuble royal, impérial et républicain.

Aujourd'hui le « Mobilier national, pourvoit à l'ameublement et pour partie, au décor des palais de la République comme par exemple, le palais de l'Élysée, l'hôtel de Matignon ou encore le Sénat. Dans le cadre d'expositions temporaires, françaises et internationales, ou de dépôts d’œuvres au sein des musées et châteaux ouverts à la visite, il donne, aussi, à voir ses collections riches de plus de 100 000 objets. Pour l'entretien de l'ensemble de ses collections, il dispose de sept ateliers de restauration qui sont à la fois garants de pratiques ancestrales et creusets d'innovations. »

Ils sont reconstitués pour l'occasion avec les ateliers : d'ébénisterie, de menuiserie en sièges, de lustrerie-bronze, de tapisserie d’ameublement, de tapisserie décor, de tapis et de tapisserie. Sur le site dont le lien est ci-dessus, se trouve un autre lien avec les dates des présences par ateliers, ce qui permet d'entendre ces professionnels parler de leur métier, ce qu'ils font avec beaucoup de gentillesse et passion, au milieu de leurs outils qu'ils ont amenés pour l'occasion ainsi que des objets d'art qu'ils restaurent. Ils attendaient depuis des années qu'une telle manifestation soit organisée. L'entrée est gratuite les 27, 28 et 29 mars.

Photographie : Atelier de restauration d’ébénisterie. © Vincent Leroux.

Les photographies ci-dessous ont été prises sur le parcours de l'exposition.

« L'ATELIER DE TAPISSERIE DÉCOR ET DE RESTAURATION CONTEMPORAINE est composé de deux pôles. Le premier assure la confection, la restitution et la restauration de décors textiles anciens et contemporains. Le second s’est orienté vers la confection, la création et l’entretien des sièges traités de manière contemporaine type mousse et nouvelles technologies. Ils assurent ensemble l’installation des décors de fenêtres, draperies ainsi que les travaux de ville tels que la pose de moquettes tissées et celle de tentures murales. Le service développe des techniques alliant tradition et modernité en coopération avec l’Atelier de Recherche et de Création et l’atelier de tapisserie d'ameublement dont les savoir-faire sont étroitement complémentaires. »

« L’ATELIER DE RESTAURATION DE LUSTRERIE - BRONZE travaille dans les domaines de la monture en bronze, de la ciselure et du tournage. Il traite plus particulièrement les objets en bronze doré tels que lustres, appliques, pendules, candélabres, chenets et bronzes de meubles datant du XVII e siècle à nos jours. La dégradation ou l’absence d’une pièce exige parfois sa recréation lorsqu’il existe un modèle identique. L’emploi de la forge est réservé à la fabrication d’outils, de sommiers de cheminée ou encore de serrures. La richesse des collections d’objets en bronze amène l’atelier à coopérer avec plusieurs spécialistes extérieurs comme les fondeurs de bronze, les serruriers, les bombeurs de verre pour les lanternes et les lunettes de pendules, les cristalliers pour la lustrerie, les horlogers ainsi que les doreurs. »

« L’ATELIER DE RESTAURATION EN ÉBÉNISTERIE opère sur des mobiliers de bois marquetés ou plaqués, tels que bureaux, guéridons, cabinets, commodes, cartonniers, tables, armoires, secrétaires, bonheurs-du-jour, bahuts, bibliothèques, etc. Ils sculptent également, tournent, cirent et vernissent. Les interventions se déclinent selon la destination du bien culturel, portant soit sur la structure – restauration fondamentale – soit sur l’esthétique. »

« L’ATELIER DE RESTAURATION DE TAPISSERIES assure la préservation des collections de tapisseries murales, de sièges et de tapis à points plats appartenant au Mobilier national, allant du simple dépoussiérage jusqu'aux restaurations approfondies. Les interventions peuvent être de conservation ou de restauration, suivant la nature, l’état et la destination de l’œuvre. Dans le premier cas les parties détériorées sont stabilisées en adaptant un point de conservation maintenant les fils de chaîne, tout en créant une illusion chromatique. La lisibilité de l’œuvre est ainsi rétablie. Le second consiste à recréer le tissage comme à l’origine dans les zones lacunaires. L’atelier de restauration de tapisserie du Mobilier national est celui qui compte le plus grand nombre d’agents installés sur deux sites : Paris et Aubusson. »

« L’ATELIER DE RESTAURATION DE TAPIS traite, plus particulièrement, les tapis de la Manufacture de la Savonnerie. L’usage des tapis entraîne des usures ou des cassures qui peuvent provoquer des lacunes ou des déchirures. La restauration consiste le plus souvent à reconstituer la structure (chaînes, trames) des parties dégradées sur l’envers du tapis, puis à retisser le velours en utilisant le nœud ghiordès, point d’origine turc, sur l’endroit du tapis à l’aide de laine aux couleurs appropriées pour reconstituer les éléments manquants. Les matériaux employés sont d’origine végétale et animale et les restaurateurs utilisent des aiguilles courbes plus ou moins fines. Des interventions de sauvegarde peuvent être directement pratiquées sur les lieux où sont déposés les tapis. Les restaurations fondamentales pratiquées en atelier peuvent durer plusieurs années. Sur les tapis patrimoniaux destinés aux expositions, l’atelier utilise des techniques de conservation qui visent à stopper les dégradations et à stabiliser les éléments originaux restants. »

« L'ATELIER DE MENUISERIE EN SIÈGES restitue le bois en volume, le sculpte et tourne des fûts de sièges ainsi que des éléments mobiliers. Il a en charge des meubles en bois massif peints, vernis ou dorés comme les lits, les torchères, les écrans de cheminée, les consoles, les paravents, souvent richement ouvragés. Outre l'intervention sur les bois, le menuisier en sièges suit les travaux de sculpture, de dorure, de polychromie (peinture à la colle, laque) et de vernis, impliquant d’autres spécialités et confiés parfois à des ateliers externes. Il travaille en étroite collaboration avec l’atelier de tapisserie d'ameublement. »

« L’ATELIER DE TAPISSERIE D’AMEUBLEMENT restitue les garnitures piquées en crin de cheval des sièges, selon les techniques traditionnelles des XVIII e et XIX e siècles, à l’image de l’évolution du goût et des styles. Ceci implique une adaptation des formes et des volumes de garnitures sur les fûts. Son champ d’action s’arrête aux œuvres des créateurs de la première moitié du XX e siècle, les façonnages en mousse et l’usage de produits synthétiques se substituant ensuite aux matériaux traditionnels. Il restitue également les décors textiles par l’usage de retissage de soieries et de passementeries, en cohérence avec le style et l’histoire du meuble. Il conserve également les garnitures et décors d’origine, lorsque ceux-ci sont encore présents sur les fûts. Cet atelier, complémentaire de celui de tapisserie décor, utilise souvent les mêmes textiles. Il travaille en étroite collaboration avec l’atelier de menuiserie en sièges. »

Photographie ci-dessous : Installation photographique d'Olivier Roller.

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 18:39

Du 26 mars au 5 avril 2015 le magazine AD présente dans les salons du Ministère des Affaires étrangères et du Développement international la cinquième édition de AD Intérieurs avec des oeuvres de plusieurs créateurs de mobiliers français.

Il a été demandé à cinquante sélectionnés d'exposer chacun trois pièces inédites et significatives de leur univers.

Personnellement je n'y ai trouvé aucune inspiration. Selon moi la plupart des objets sont même 'moches'. J'ai juste été un peu amusé par les gros ballons lumineux en hélium. Quant aux salons, je ne sais pas de quelle époque ils sont, mais je ne les ai pas trouvés de bon goût, juste un peu pompeux. Je ne dis pas cela pour critiquer, mais simplement pour ne pas décevoir les personnes qui lisent ce blog ayant les mêmes affinités esthétiques que moi, afin qu'elle ne se déplacent pas pour être dépitées.

Cependant l'entrée est libre, et pour certains cela vaut le détour (se munir d'une carte d'identité) … surtout si on s'intéresse à cette forme d'art contemporain que l'on appelle le design.

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 20:33

Jouy-en-Josas fête Christophe Philippe Oberkampf (1738-1825), fondateur de la manufacture des toiles de Jouy dans cette ville (voir ici le programme). La photographie a été prise près de chez moi, à Paris, dans la rue Oberkampf.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 16:04

Les expositions au Grand Palais à Paris sont généralement importantes par le nombre d'oeuvres mises en scène. Celle qui se déroule du 25 mars au 13 Juillet 2015 sur Velázquez ne déroge pas à la règle. Plus de cent tableaux de Diego Rodríguez de Silva y Velázquez (1599-1660) ou de peintres de son époque y sont présentés. Il s'agit d'une « rétrospective complète » de l'artiste espagnol « depuis ses débuts à Séville jusqu’à ses dernières années et l’influence que son art exerce sur ses contemporains. Elle se donne en outre pour mission de porter les principales interrogations et découvertes survenues ces dernières années, exposant, dans certains cas pour la première fois, des œuvres récemment découvertes (L’Education de la Vierge [New Haven, Yale Art Gallery] ; Portrait de l’inquisiteur Sebastian de Huerta [collection particulière]). »

Le parcours est bien balisé. On commence avec l'entrée de Diego Velázquez, à l'âge de douze ans, dans l'atelier du peintre et théoricien Francisco Pacheco (1564-1644) à Séville, dont des œuvres sont exposées ainsi que certaines de son disciple. En 1617 il épouse sa fille. À Madrid il découvre le caravagisme que des peintures de différents artistes et de lui-même mettent en valeur, et compose ses premiers portraits officiels. En 1623 il est nommé peintre du Roi. En 1630 il se rend en Italie. De retour il se met au service des ambitions de Philippe IV, roi d'Espagne de 1621 à 1665, composant de nombreux portraits royaux de lui et sa famille, en particulier de son fils Baltasar Carlos (1629-1646). C'est alors qu'entre en scène Juan Bautista Martínez del Mazo (vers 1605-1667) dont de nombreuses peintures sont exposées, en particulier dans la dernière partie. Celui-ci est aussi l'élève de Francisco Pacheco, puis le premier assistant de Diego Vélasquez, dans l'atelier duquel il entre en 1631, et dont il épouse une des filles en 1633. Protégé par son beau-père il intègre la cour du roi. Le second voyage du peintre en Italie a pour objectif l'acquisition d'oeuvres antiques et modernes pour les réaménagements voulus par Philippe IV à l’Alcázar. Durant cette période il exécute notamment le portrait du souverain pontife et ceux de plusieurs membres de son entourage, dont la plupart sont exposés. À son retour en Espagne en 1651, il reprend les portraits royaux. Il est aussi à la tête d'un large atelier « dont la tâche principale est de dupliquer les portraits royaux à partir d’originaux ou de prototypes fournis par le maître ». L'exposition se termine par des œuvres de peintres influencés par celui-ci et en particulier de son gendre, avec en épilogue deux autoportraits de Diego Velázquez et une grande de ses huiles sur toile non achevée intitulée Cheval blanc (1634-1638).

Assurément Velázquez marque un tournant dans la peinture occidentale. Je ne peux m'empêcher de faire la comparaison avec l'exposition sur François Premier que j'ai vue hier. D'abord par le grand espace offert à la première et l'exiguïté accordée à la seconde. Ensuite le nombre important de journalistes invités au Grand Palais et le petit nombre à la BNF. Et puis la peinture, avec d'un côté des portraits de François 1er d'une finesse de détails incroyable, notamment dans les tissus, alors que chez le peintre espagnol on a l'impression que la dentelle est peinte presque au couteau. J'exagère bien sûr ; et ce n'est pas le seul à son époque à peindre ainsi. Mais son oeuvre me semble plate, sans relief, même si, comme on peut le lire dans le dossier de presse, « Depuis l'Italie, il réussit à emplir d'atmosphère ses compositions, à faire circuler l'air autour de ses modèles ». Évidemment je n'y connais pas grand chose en peinture.

Première photographie de gauche : Vénus au miroir de Diego Velázquez. Huile sur toile de vers 1647-1651, de 122,5 x 177 cm. Londres, the National Gallery. © The National Gallery.

Photographie de droite : Portrait de l’infante Marguerite en bleu par Diego Velázquez datant de vers 1659. Huile sur toile de 127 x 106 cm. Kunsthistorisches Museum, Vienne. © Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Photographie de gauche : Huile sur toile de 34,3 × 40 cm représentant L’Infante Marie-Thérèse par Diego Velázquez et datant de vers 1652. New York, The Metropolitan Museum of Art. © The Metropolitan Museum of Art, dist. Rmn-Grand. Palais / Malcom Varon.

Cela faisait longtemps que je n'étais pas rentré dans la partie du Grand Palais où se déroule l'exposition. J'ai été choqué d'y retrouver ce que j'appelle de l'architecture RER. Si la façade de l'entrée par l'avenue du Général Eisenhower est d'origine, typique 'fin de siècle' (fin du XIXe), l'intérieur est devenu entièrement contemporain, avec ses escaliers roulants et son béton. Trop de vieux monuments français sont ainsi dénaturés partiellement ou presque totalement (voire totalement) à l'intérieur. En passant devant l'Hôtel Crillon (XVIIIe siècle) de la place de la Concorde, qui depuis quelques années est en travaux bien cachés derrière des bâches, comme l'Hôtel Lambert (XVIIe siècle) ou l'Hôtel Tubeuf (XVIIe siècle : site Richelieu de la Bibliothèque nationale), je me suis à nouveau posé la question de savoir ce qu'on peut bien faire dans ces monuments pour que cela nécessite autant de temps et des grues sans cesse en mouvement : des escaliers roulants, des garages avec ascenseurs pour limousines, des supermarchés, du Jean Nouvel ... ?

Photographies ci-dessous que j'ai prises ce matin à l'extérieur et l'intérieur de la partie du Grand Palais où se trouve l'exposition Velázquez. Dedans il n'y a aucune référence au XIXe siècle, pas une oeuvre d'art, pas une rampe d'escalier d'époque … mais de l'architecture RER froide.

Ce qui est inscrit dans l'image ci-dessus c'est « Continuez votre visite à la librairie-boutique ».

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 23:50

L'exposition sur François 1er se déroule à la Bibliothèque nationale de France (BNF) du 24 mars au 21 juin. Ce n'est pas une grande exposition, comme le sujet pourrait le présupposer, mais elle met en scène de beaux et émouvants témoignages de la vie de ce roi.

François 1er (1494-1547) est roi de France de 1515 à 1547. Cette manifestation est donc la première à fêter les 500 ans de l’accession au trône de ce roi. 1515 est aussi la date de la fameuse bataille de Marignan qu'il remporte et marque le passage de la renaissance italienne vers la française.

Lieu oblige, cette exhibition donne la part belle aux beaux livres avec de nombreux manuscrits illustrés, ouvrages imprimés et une partie consacrée aux reliures nouvelles s'inspirant du travail italien. À cette époque, l'Italie est la référence en matières d'arts décoratifs et beaux-arts. La France ne se contente pas de demander à Léonard de Vinci (1452-1519) de l’honorer de sa présence, elle importe de ce pays  beaucoup d'artistes et artisans qui amènent avec eux leur savoir-faire et y fondent de nombreuses manufactures.

François 1er est un mécène et un protecteur des arts et des lettres. C'est aussi un bâtisseur passionné par la nouveauté. Il fait reconstruire le Louvre, le château de Saint-Germain-en-Laye, celui de de Fontainebleau etc. Il met en scène la royauté avec panache, organisant de magnifiques fêtes. C'est dommage que l'exposition ne mette pas plus en avant cette Renaissance française. La présence de nombreux manuscrits illustrés donne à l'ensemble un goût 'médiéval'.

La scénographie de la BNF débute avec l'enfance du roi jusqu'à ses fiançailles. Elle se poursuit sur le prince guerrier et diplomate. Au milieu de cette seconde salle, une impressionnante armure lui appartenant, dévoile sa hauteur (entre 1,98 et 2 m.), de même que l'épée qu'il portait, qui entame le parcours et est particulièrement grande. La troisième partie présente des portraits du roi. La suivante est sur l'exercice du pouvoir, puis la vie de cour, les lettres, la religion.

Photographie de gauche : « Armure de guerre et de joute du roi François I er. Fer forgé, repoussé, ciselé, gravé et doré. Hauteur : 2.04 m, largeur : 0.65 m. Poids : 20.6 kg. Musée de l’Armée. »

Photographie de droite : « Jean Clouet, François Ier, roi de France. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/ Hervé Lewandowski. »

Photographie ci-dessous : « François 1er, « Doulce mémoire », dans La Fleur de poésie françoise, recueil joyeux [...] Paris, Alain Lotrian, 1543. BnF, Réserve des livres rares. »

Les photographies suivantes ont été prises dans l'exposition :

Photographie ci-dessous : « Maître de Philippe de Gueldre, Le Compas du Daulphin, vers 1505-1506. »

Photographie ci-dessous : Armure devant un relief représentant une bataille.

Photographies ci-dessous : François 1er. Atelier de Joos van Cleve. C. 1530-1540. Première version. Paris, Musée Carnavalet, P. 2214. Ce portrait du roi est, je trouve, émouvant. Il donne une idée de l'esthétique masculine de l'époque, avec ses contrastes marqués, entre : la rigidité de l'habit et la finesse du linge, le raffinement des détails vestimentaires et la virilité du visage, la rigueur de la tenue et la délicatesse de la peau etc.

Photographie ci-dessous : Salamandre couronnée provenant du bas d'une page du Traité de Clyo : épître de Charles VIII à François Ier (1519) de Jean Thénaud. BnF, département des Manuscrits.

Si vous n'avez toujours pas contemplé les fameux grands globes de Louis XIV (voir ici), c'est le moment de profiter de cette exposition pour aller les voir, à quelques mètres de celle-ci, dans la BNF. Une petite présentation les accompagne.

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 07:59

La Bibliothèque nationale donne à son public la possibilité de contempler, depuis 2009, deux grands globes, de quatre mètres de diamètre chacun, offerts au roi Louis XIV par le cardinal d’Estrées. Réalisés en 1683 par le cosmographe vénitien Vincenzo Coronelli, ils proposent une représentation synthétique de la Terre et du Ciel. Pour plus d'informations voir ici et ici.

Photographies de la Bibliothèque Nationale de France. © BNF. Au-dessus les deux globes en situation, au-dessous deux miniatures les présentant tels qu'ils l'étaient à une époque (voir ici).

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