21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 06:58

Le pourcentage obligatoire de constructions HLM et la spéculation immobilière ont beaucoup abîmé les paysages d’Île-de-France (voir par exemple ici). Cependant il reste encore quelques milieux naturels particulièrement jouissifs. Lors de mes trois dernières promenades j'ai rencontré de nombreuses orchidées sauvages que j'ai photographiées, avec :

Ci-dessus :

- Ophrys abeille (photographies ci-dessus) ;

Ci-dessous :

- Listère à feuilles ovales,

- Orchis pyramidal,

- Orchis verdâtre,

- Orchis pourpre dont les fleurs peuvent ressembler à de petits lutins sexués.

Il y a d'autres sortes à découvrir en cette période ! Dans le monde il en existe plus de vingt-cinq mille espèces. En France (Corse comprise) on dénombre plus de cent soixante espèces (une liste ici) et bien plus avec l'Outre-mer. Évidemment il ne faut pas les ramasser, car elles sont rares. Mais elles font de belles photographies.

Dimanche dernier, dans notre groupe de promenade, une personne a trouvé neuf véritables trèfles à quatre feuilles et même un à cinq feuilles, près d'un pont surplombant la rivière Essonne dont le nom vient de la déesse gauloise des rivières !

Au 'fête' aujourd'hui c'est le jour du solstice d'été !

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 06:58

Maintenant que s'est déroulée la réunion de la Commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion du Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine, la copie doit être votée à l'Assemblée nationale puis au Sénat avant de devenir une loi. Dans la première assemblée cela se passera demain, mardi 21 juin. Pour la Haute assemblée on ne connaît pas encore la date, mais cela ne devrait pas tarder.

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 06:58
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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 06:58

La Gazette d’Esprit XVIIIe est une revue périodique de moins d’une dizaine de pages dont le sujet est l’actualité sur le siècle des Lumières. Y sont proposés, sous la direction de Mme Clotilde Pauléat, des articles, des entretiens, des comptes-rendus d’expositions, de visites, d’associations, de livres, un carnet d’adresses… enfin toutes les informations pour les passionnés de cette période.

On s’y abonne à cette adresse : esprit.xviii@gmx.fr, et c’est gratuit !

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 06:58

Saint Martin de Tours est né en 316, dans l'Empire romain (dans l'actuelle Hongrie). Il aurait donc aujourd'hui 1 700 ans ! La cape qu'il partagea pour la donner à un pauvre serait à l'origine du mot 'chapelle', c'est à dire le lieu où l'on conservait la c[h]ape du saint et que l'on portait en bannière lors de batailles. Elle aurait aussi donné leur nom aux Capétiens. Déjà les Mérovingiens en avaient fait leur seigneur tutélaire.

Bon Anniversaire donc !

Photographie : « Représentation d'éléments de la vie du saint. Miniature du Livre d'heures d'Étienne Chevalier. » Source Wikipedia.

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 06:58

Le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine est bientôt fini. On attend la date de réunion de la Commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion de ce projet de loi.

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 06:58

Lors du voyage de presse organisé pour l'exposition Le ruban c'est la mode qui a lieu jusqu'au 2 janvier 2017 au Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Etienne, j'ai eu la chance de pouvoir visiter la Chapellerie Atelier-Musée du Chapeau à Chazelles-sur-Lyon à trente kilomètres de cette ville, et l'usine de l'entreprise Neyret de Grammond.

Si dans la famille Neyret on fabrique des rubans depuis au moins sept générations à Saint-Étienne et dans sa région, l'usine de Grammond a d'abord été fondée en 1924 par H. Descours dans un ancien couvent de religieuses, puis rachetée par les Frères Neyret. On y confectionne aujourd'hui des rubans de haut de gamme : rubans et étiquettes tissés pour l'industrie du luxe (première dans la production de griffes renommées), ainsi que des décorations (pour médailles, écharpes tricolores...). Située dans un petit village de campagne de moins de mille habitants perché sur une colline des Monts du Lyonnais, elle perpétue la réalisation de rubans de qualité.

Aujourd'hui les rubaniers à Saint-Étienne et sa région sont beaucoup moins nombreux qu'autrefois mais produisent autant. L'usine Neyret fonctionne aux trois-huit, les machines marchant le jour comme la nuit.

Cette entreprise concilie savoir-faire traditionnel, créativité (studio de développement) et innovation. Elle poursuit sa croissance, en particulier à l'exportation (35 % du chiffre d'affaires se fait à l'étranger). Elle emploie cent-trente-cinq personnes. Tout est produit en France, à Grammond  et à Saint-Etienne. Il n'y a aucune délocalisation. Elle possède une cinquantaine de métiers, en particulier des métiers Jacquard mis au point par le Lyonnais Joseph Marie Jacquard en 1801, qui sont depuis régulièrement améliorés et automatisés, produisant aujourd'hui la plupart des tissus à motifs pour l'habillement, le linge, l'ameublement, etc. L'usine ne fournit pas que des rubans à motifs. Elle en propose aussi d'unis.

Tous les rubans qui sortent de ses métiers sont d'une confection supérieure : qualité et densité (nombre) des fils, finition, etc., sur de grandes largeurs de rubans comme sur de très fins. C'est la seule entreprise en Europe alliant qualité et volume de production. Elle innove constamment (marqueurs technologiques permettant de lutter contre la contrefaçon...).

La devise de la maison est : « Rien n'est acquis à l'homme, ni sa force, ni sa faiblesse. »

Cette entreprise entretient de très bonnes relations avec le Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne à qui elle a légué une partie de son patrimoine ancien (métiers, échantillons, etc.). Une de ses principales règles est la discrétion, celle-ci alimentant des enseignes françaises réputées. Je n'ai pas eu le droit de prendre des photographies de l'intérieur. Les illustrations des métiers et des rubans ont donc été fournies par l'entreprise ou glanées sur un de ses sites internet.

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 06:58

Le Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne rend hommage au ruban d'hier et d'aujourd'hui dans une exposition intitulée Le ruban, c'est la mode qui se déroule jusqu'au 2 janvier 2017.

La rubanerie est une activité qui connut beaucoup de succès à Saint-Étienne et dans sa région (des monts du Velay à ceux du Lyonnais et du Forez).

Ce long et fin tissu tenait une place très importante dans la mode, et la conserve en partie aujourd'hui. Il permettait d'embellir les vêtements et la tenue. Les professionnels de la mode l'utilisaient (et l'utilisent encore) dans leurs compositions. Et tout un chacun avait la possibilité, grâce à cet ornement, de se faire artiste, de donner du cachet à un habillement trop sobre, de la sensibilité. C'était un signe. La manière de le nouer, l'endroit où on le mettait, sa qualité, sa délicatesse, sa couleur, son nombre... tout signifiait, parlait. Le ruban était choisi avec beaucoup de minutie, chez les plus riches comme chez les plus pauvres. Il permettait à ces derniers ou dernières de montrer la richesse de leur âme, et qu'ils auraient pu rivaliser avec le grand goût et être dans le bon ton s'ils avaient eu de l'argent. Le ruban c'était un sourire... une touche de fantaisie. C'était la mode, dans la mesure ou il pouvait se changer facilement, contrairement aux habits qui n'étaient pas jetables comme aujourd'hui, mais qui se gardaient longtemps et même se transmettaient. Avec quelques rubans on prenait la couleur en vogue, le nouveau tissu, etc. « C'est la mode » encore aujourd'hui, car sans lui il ne pourrait y en avoir. Il permet de soutenir les gorges (les seins), de tenir les sous-vêtements, se noue en lavallière, etc.

Autrefois on en portait depuis le haut de la tête jusqu'aux chaussures et cela chez les femmes comme chez les hommes. Pour se rappeler son importance dans la mode du XVIIIe siècle il suffit de regarder les images des articles que j'ai écrits sur l'exposition sur la peintre Madame Vigée Le Brun qui a eu lieu récemment à Paris : voir ici.

Au XVIIe siècle on le nomme de même 'galant' ou 'galan'. Dans la première édition (1694) du Dictionnaire de L'Académie française il est écrit au sujet du 'galant' : « Il signifie aussi, Un ruban qu'on met sur les habits, sur le chapeau ou en quelque autre endroit par ornement. » On parait d'un ou plusieurs rubans l'épée, la canne, le chapeau, les cheveux, le cou, les habits, les manchettes, les genoux (jarretelles), les souliers, etc. On en faisait tomber certains sur les cuisses (au XVIIIe siècle en particulier, les hommes avaient ainsi des rubans qui tenaient des breloques comme une montre, un sceau, etc.). Une femme ou un homme pouvait en avoir des dizaines sur lui. Pour de grandes occasions les chevaux en étaient parfois garnis. On en mettait même aux animaux domestiques. Pour se donner une idée de l'utilisation très importante des rubans il suffit de lire la Description de la magnifique et superbe entrée du Roi et de la Reine en la ville de Paris datant de 1660. Voici quelques passages : « …et tant les officiers que les soldats, ils étaient tous si galamment et si richement vêtus […] On eut dit qu'à eux seuls ils avaient épuisé les plumes et les rubans, tant ils en étaient chargés […] le Roy […] vêtu d'un habit tout de broderie d'argent [...], mêlé de perles, et garni d'une quantité merveilleuse de rubans incarnat et argent […] le Marquis de Mont-Gaillard […] monté sur un beau cheval gris, orné de force rubans… »

L'histoire de ce tissu remonte au moins à l'Antiquité qui utilisait énormément ce qu'on appelle des bandelettes. Certaines servaient à serrer la taille, d'autres se plaçaient dans les cheveux, etc. L'exemple du Diadumène, statue attribuée au sculpteur grec du Ve siècle av. J.-C. Polyclète, qui représente un athlète ceignant sa tête du bandeau de la victoire, en est un exemple célèbre. D'autres étaient cousues sur les drapés. Les Grecs n'étaient pas les seuls à les utiliser ; les romains faisaient de même, et sans doute beaucoup d'autres civilisations. C'est peut-être au Moyen Âge qu'il prit une connotation amoureuse et protectrice, la dame nouant un bout de tissu à la tenue de son chevalier. Le XVIIIe siècle, particulièrement galant, en mettait partout. C'était sans doute le symbole le plus utilisé dans les décorations de cette époque. Une sorte de ruban très célèbre est celui que porte le berger Céladon dans le roman pastoral du début du XVIIe siècle, L'Astrée d'Honoré d'Urfé, qui se déroule dans la région du Forez, près de Saint-Étienne. Il s'agit de rubans verts. Son nom sert encore aujourd'hui à désigner une couleur particulière.

Les rubans et le vert sont deux symboles de Saint-Étienne, ville qui de la fin du XVIIIe siècle jusqu'à la seconde guerre mondiale était le grand centre mondial de fabrication de rubans de soie, avec sa région et ses innombrables métiers à tisser que l'on retrouvait jusque dans les campagnes les plus reculées (voir mon article intitulé Industrie de la mode : l'exemple de la région stéphanoise). De nos jours cette activité existe toujours. J'en parlerai dans un prochain article consacré à l'entreprise Neyret fabricant en particulier de rubans et étiquettes tissées pour l'industrie du luxe, ainsi que des rubans pour médailles et écharpes tricolores. D'autres usines produisent par exemple des bandages, des sangles industrielles et des ceintures de sécurité comme l'entreprise Samuel Roche, etc.

Photographie du haut : « Corset, vers 1900. Sans griffe. Collection Le Paon de Soie. »

Photographie de gauche : « Portrait de la Dame du Major Ranchon, huile sur toile, Georges Rouget, 1830, collection Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole, n°inv. 43.4.401, crédits photographiques Yves Bresson. »

Photographie de droite : « Yves Saint Laurent. Robe du soir, collection Haute Couture printemps-été 1996. © Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent : photo Guy Marineau. »

Photographie de gauche : « Cartes de rubans pour bretelle et ruban lingerie pour épaulettes, marque Divette, Charleston, vers 1930, Saint-Étienne, collection Musée d'Art et d'Industrie © Laurent Guéneau. »

Ci-dessous quelques photographies que j'ai prises au Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne.

L'EXPOSITION PERMANENTE du musée présente plusieurs métiers à tisser anciens.

Certains de ces métiers à tisser du XIXe siècle avec leurs cartes perforées rappellent l'ancêtre de l'ordinateur.

Ci-dessous : Mise en carte d'une œuvre reproduite en petits carrés, ce qui permettra ensuite de la tisser.

La soie était une des matières les plus utilisées à Saint-Étienne pour la fabrication de rubans.

Échantillons de rubans anciens.

On ne fabrique pas des rubans que pour la mode. Quel alpiniste chevronné n'a pas un jour remercié le fabricant des sangles auxquelles il était attaché ?

UNE EXPOSITION DE PHOTOGRAPHIES montre l'emprunte du tissage de rubans à Saint-Étienne et dans sa région, avec une architecture spécifique : un plafond haut, de grandes fenêtre et de l'espace pour faire passer la lumière (le plus souvent un jardin).

Ateliers en ville.

Ferme aménagée pour accueillir des métiers à tisser.

L'EXPOSITION LE RUBAN C'EST LA MODE.

Autoportrait présumé de Benjamin Delapierre (Lyon, 1780) en robe et coiffe d'intérieur.

Portrait de Madame Casimir Périer par Louis Hersant, de vers 1820.

Capote de paille de vers 1840 - 1845 et canotier de vers 1930.

Robe 1920.

L'exposition présente aussi des exemples régionaux traditionnels.

Portrait d'Étienne Faure dit Auguste (1789-1859), fabricant de rubans, avec son ruban de chevalier de la Légion d'honneur, par Gabriel Tyr.

Registre d'échantillons de rubans recueillis par le Maréchal de Richelieu, vers 1732 - 1737.

Registre d'échantillons de rubans recueillis par le Maréchal de Richelieu, vers 1735 - 1737.

Rubans élastiques.

Autres usages des rubans.

Utilisations du ruban dans la Haute-couture.

Je rappelle enfin le partenariat de cette exposition avec La Chapellerie Atelier-Musée du Chapeau.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 06:58

Quand on se rend dans la petite commune de Chazelles-sur-Lyon (du département de la Loire), qui compte un peu plus de cinq mille habitants, au milieu des magnifiques monts du Lyonnais particulièrement ravissants au printemps, on se demande comment a pu surgir un musée comme celui du chapeau, La Chapellerie Atelier-Musée du Chapeau, aussi bien fourni sur son sujet, alliant tradition et modernité ; tout cela dans un décor d'usine du début du XXe siècle dans lequel a été en quelque sorte fourré, comme dans une pâtisserie, une mise-en-scène contemporaine particulièrement respectueuse du sujet, mais aussi tournée vers une recherche de finesse et de modernité caractérisant la mode française, une sorte d'esprit pratique mélangé à un esprit plus fantaisiste, créatif, voire quelque peu exubérant, thèmes que l'on retrouve dans l'histoire du chapeau.

Photographie de gauche : Haut-de-forme en paille de vers 1820-1830. Cette époque marque les derniers chapeaux très élevés pour les hommes. Voir l'article intitulé Chapeaux très hauts de forme.

Photographie de droite : Boiseries d'une ancienne boutique de chapeaux de la région remontées dans le musée.

Alors comment un tel musée a-t-il été possible ? Je crois que c'est par amour de cet esprit-là, qui depuis des siècles à Chazelles-sur-Lyon a fait vivre toute une communauté. Cet esprit de communauté on le ressent particulièrement profondément dans l'histoire de l'industrie de la mode, dans cette région formée par les départements de la Loire et du Rhône, avec pour ville phare sans aucun doute Lyon, mais aussi une autre plus modeste, Saint-Étienne, et une myriade de petites villes, villages et ateliers-maisons, chacun porteur pendant des siècles d'une flamme constituant le grand feu de joie de la mode, comme une myriade d'étoiles formant une merveilleuse constellation.

Entretenir ce feu de la mode a nécessité une remise en cause continuelle, une adaptation incessante face aux changements, voire aux bouleversements, a exigé d'avoir de l'initiative afin de devancer le mouvement permanent qui caractérise la vie humaine, comme la mode, et même de susciter ce mouvement par l'invention, la création. Mais tout cela ne s'est pas fait d'un coup de baguette magique. Il y eu énormément de travail. Cela se ressent vraiment... Même pour réaliser un tel musée il en a sans aucun doute fallu, et aussi de la motivation. Cette motivation est maintenue aujourd'hui bien sûr par cette mémoire manufacturière du pays mais aussi par d'autres, comme les visiteurs bien sûr, et tous les jeunes modistes qui viennent du monde entier pour participer au concours annuel des Rencontres internationales des arts du chapeau.

Pour cette onzième édition 2016 de ces 'rencontres' le sujet était 'le ruban', un choix s'inscrivant dans un partenariat avec l’exposition sur le ruban qui a lieu en ce moment au Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne dont je parlerai dans un prochain article. Saint-Étienne se trouve à trente kilomètres de Chazelles-sur-Lyon. Il est donc possible de visiter les deux lieux en une seule journée en voiture.

Le musée expose donc un peu plus d'une centaine de couvre-chefs créés pour cette 'compétition' mais aussi fête du chapeau. Les amateurs et professionnels qui regarderont dans les détails y trouveront beaucoup de références, fantaisie et création. Voici quelques photographies que j'ai prises lors de ma visite.

La Chapellerie Atelier-Musée du Chapeau de Chazelles-sur-Lyon c'est aussi une remarquable collection d'éléments rappelant toute la chaîne de production du chapeau de haute qualité, en particulier en feutre, et une autre de chapeaux d'époque jusqu'aux dernières créations contemporaines. À cela s'ajoutent quelques autres de célébrités parfois donnés ou bien obtenus de haute-lutte. Au milieu de tout cela s'intègrent harmonieusement quelques créations contemporaines s'amusant de ce thème... un humour un peu décalé que l'on retrouve dans quelques détails de-ci, de-là.

Enfin il est nécessaire d'ajouter que la vocation de transmission de cet endroit se complète par un petit atelier de production, intégré au musée, dont les chapeaux sont vendus dans le coin-boutique ou faits sur mesure ; ainsi qu'un choix de nombreuses formations (voir ici).

Le charme est aux fondements de la mode... et je crois que ce musée a réussi à me charmer. Il faut ajouter que je suis né dans la région, à Saint-Étienne ; et ai passé mon enfance dans le département de la Loire où se trouve ce musée, dans un village qui subsistait en particulier de la fabrication textile avec de petites manufactures ayant plusieurs métiers, mais aussi de nombreux 'ateliers-maisons' familiaux en possédant un ou deux, parfois plus, et qui fonctionnaient encore. Bon je ne suis plus tout jeune non plus, mais il y existe toujours là-bas deux sociétés de fabrication d'articles de textile mais qui n'ont plus grand-chose à voir avec la mode.

La fabrication de chapeaux par contre est entièrement un métier lié à la mode. À Chazelles-sur-Lyon c'était l'activité principale, presque exclusive de la ville. Dans le dossier de presse on apprend que le premier témoignage écrit d'une présence de chapeliers dans cette ville date du XVIe siècle tout de même ! Une légende raconte même que des chevaliers de Malte, lors de leur passage en 1148, auraient donné l'idée aux habitants de la création du feutre, en constatant que le poil de chameau déposé dans leurs bottes afin d'éviter les meurtrissures, sous l'action du frottement et de la chaleur, donnait une matière non tissée.

Au milieu du XIXe siècle apparaissent les premières usines et une mécanisation de certaines phases de fabrication, avec quelques grandes maisons comme Provost, Ferrier et Fléchet. Dans les années 1930 cette industrie fait vivre toute la ville avec 2 500 ouvriers et 29 fabriques. La Chapellerie Atelier-Musée du Chapeau se trouve dans l'ancienne usine Fléchet bâtie en 1902 et agrandie en 1927 (voir photographies ci-dessous).

Quant aux collections, la plus grande partie des fonds provient de dons de particuliers, collectionneurs, usines de la région, maisons de haute-couture, etc. Le musée suit aussi une politique d'acquisition. Ces collections sont réparties en trois domaines : techniques, mode et textiles.

Les collections techniques sont impressionnantes car balayant l'ensemble de l'activité de production du chapeau de feutre artisanal et industriel, de paille et de mode. De nombreux objets et machines d'époque jalonnent ce parcours qui est un des plus complets au monde. « Seuls les musées de Stockport en Grande-Bretagne et San Jao de Madera au Portugal comprennent des collections comparables. » J'y ai appris par exemple que pour confectionner un chapeau en feutre, le moule est trois fois plus grand que la pièce finale, rétrécissant sous l'action de la chaleur afin d'offrir une matière compacte et imperméable. Voir photographies ci-dessous.

Concernant la présentation de chapeaux anciens, celle-ci commence véritablement vers 1900, avec quelques exemples précédant cette période mais ne donnant qu'une pâle idée de la réalité. C'est le point faible de cette présentation, car assurément il y a aussi auparavant de grandes périodes pour le chapeau féminin ou masculin : entre 1770 et 1830 (Chapeaux de paille, poufs, bicornes immenses, invisibles, hauts-de-forme très hauts, grands chapeaux de femme aux multiples et longs rubans...), au XVIIe siècle (larges couvre-chefs masculins avec une ou plusieurs plumes) et au XVe siècle (hennins, coiffes à cornes, chapeaux turbans...) par exemple. Et s'il nous reste sans doute que peu de chapeaux de ces périodes, les documents iconographiques d'époque restent très nombreux.

Si ce lieu peut donc encore s'améliorer, il est déjà sans conteste un endroit incontournable pour les amoureux du chapeau, et aussi un musée à découvrir pour ceux qui ne l'ont pas déjà fait.

Ci-après des liens vers d'anciens articles de mon blog sur les chapeaux : Coiffures du 18eme siècle ; Des gravures de mode du XVIIIe siècle ; Chapeau féminin de 1787 ; Bonnets d'intérieur, robes de chambre et pantoufles ; Bonnet à la glorieuse ; La petite maîtresse invisible : Chapeaux féminins de la première moitié du XIXe siècle (casques et capotes) ; Le chapeau de paille, le koksnoff et le snoboye ; Le canotier et la canotière ; Chapeaux masculins volumineux ; etc.

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 06:58

La semaine dernière je me suis rendu dans une région très imprégnée d'une industrie de la mode plusieurs fois centenaires : autour de Saint-Etienne, dans la Loire. Les paysages rappellent cette histoire leurs usines, leurs immeubles ou maisons ateliers aux grandes fenêtres donnant sur un jardin ou un grand espace laissant passer totalement la lumière, les traboules (couloirs permettant de traverser rapidement la marchandise sous les immeubles en évitant les intempéries) dans certaines villes comme Saint-Etienne (ou Lyon), etc.

C'est du reste surprenant de passer de paysages industriels à d'autres très bucoliques, rappelant encore le roman L'Astrée d'Honoré d'Urfé (XVIIe siècle) se situant dans cette région, avec son fameux berger Céladon qui portait un ruban vert qui a donné son nom à une couleur. Lorsque l'on vient en train, ou passe en voiture dans les villes, on ne ressent bien sûr pas du tout cette atmosphère bucolique, mais davantage celle d'une industrie très présente autrefois ; ni même lorsqu'on emprunte les autoroutes qui charcutent véritablement les paysages. Mais si l'on prend le temps de rentrer dans les campagnes, de monter dans les collines, de suivre la Loire, de repérer les ruisseaux, on entre dans une autre atmosphère. Du reste les personnes travaillant dans cette industrie en particulier liée à la mode, étaient pour la plupart des ouvriers-paysans. Ceci permit de garder un certain équilibre entre la ville et la campagne.

Cette industrie créa des métropoles comme Saint-Étienne, et permit à des villages de se développer par l'intermédiaire de petites manufactures, puis usines, dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, mais surtout au XIXe, et grâce à d'innombrables maisons-ateliers installées jusque dans les plus petits villages et même parfois dans des fermes réaménagées, produisant pour d'importantes manufactures et usines de la région situées dans une grande ville alentour, Lyon (soie), Saint-Étienne (rubans) et Tarare (mousseline) étant sans doute les principales.
La main-d'oeuvre autrefois en particulier paysanne, le resta pendant longtemps (jusqu'à même la Seconde Guerre mondiale), travaillant en période froide en manufacture, usine ou même sur un ou deux métiers personnels (à la maison), et pendant la saison chaude dans les champs. Ce système existait bien sûr aussi pour d'autres fabrications liées à la mode (comme la dentelle...) ou non, et même avant l'arrivée des premières manufactures, l'hiver ayant toujours été consacré à des travaux d'intérieur alors que l'été à ceux d'extérieur.

Dans trois prochains articles de mon blog je vais écrire sur trois visites que j'ai faites en moins de deux jours dans le département de la Loire : le Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Etienne et son exposition Le ruban c'est la mode ; l'usine de l'entreprise Neyret de Grammond, fabriquant des rubans de haut-de-gamme (étiquettes de vêtements de luxe, rubans prestigieux...) et existant depuis près de deux-cents ans et dans la même famille depuis plus de sept générations ; et la Chapellerie Atelier-musée du chapeau à Chazelles-sur-Lyon.

Mais avant cela je souhaite ici parler de l'industrie de la mode et de son origine en France. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce n'est pas l'industrie qui est à l'origine de la mode dans ce pays mais les Français et en particulier les élégant(e)s ; notamment toutes les personnes dont je parle dans mon livre sur Les Petits-maîtres de la mode. Je m'explique : La mode en France a une origine antique. Elle a continué d'occuper une très grande place au Moyen-Âge et par la suite. Depuis l'époque médiévale, plusieurs rois, constatant que les Français dépensaient des sommes faramineuses dans l'achat d'articles étrangers (venant en particulier d'Italie mais aussi de bien plus loin) pour se vêtir, être élégant et dans le bon ton, publièrent des édits imposant plus de sobriété dans les tenues. En 2007 j'ai écrit un rapide article sur ce sujet visible ici. Mais le goût français pour l'élégance et la beauté, fit que ces édits ne furent pas suivis, et qu'une partie des devises du royaume continuèrent de s'évanouir à l'étranger. Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), contrôleur général des finances et ministre de Louis XIV, décida donc d'importer les savoir-faire étrangers, en particulier italiens, en France, créant ainsi les premières grandes manufactures du luxe françaises qui devinrent très rapidement les premières en Europe, les Français étant toujours à l'époque à la recherche de l'excellence (on est alors dans ce qu'on appelle le Grand-Siècle). Dans le même temps il créa de nombreux comptoirs dans le monde et des compagnies commerciales internationales : la Compagnie des Indes orientales (Océan indien), la Compagnie des Indes occidentales (Amériques), et la Compagnie du Levant (Méditerranée et Empire ottoman). Tout cela concernait en partie la mode, pour la soie et les tissus imprimés venus d'Inde par exemple. De même les nouvelles manufactures n'étaient pas toutes liées à la mode, bien au contraire ; mais la plupart se caractérisaient par la supériorité de leur fabrication.

Depuis l'après-guerre et la génération du prêt-à-porter, on a assisté à un mouvement inverse, l'industrie de la mode française faisant fabriquer à l'étranger (souvent dans des dictatures comme la Chine, la Birmanie, etc.) et cherchant avant-tout à sensibiliser une clientèle hors 'royaume' ;-) mondialisée, ne conservant jalousement intra-muros que quelques rares savoir-faire, et surtout tout le rêve que des siècles de modes et d'élégances françaises ont imprimé dans les esprits, une songerie encore très présente dans le territoire, notamment dans les anciennes régions productrices qui ne demandent qu'à continuer à fabriquer et exceller dans ce domaine... tout simplement.

Dans la région du département de la Loire plusieurs musées rappellent cette histoire avec :

- Saint-Etienne et son Musée d'Art et d'Industrie ;

- Chazelles-sur-Lyon et son Musée du Chapeau ;

- Panissières, son Musée de la Cravate ;

- Bussières, son Musée du Tissage et de la Soierie ;

- Charlieu, son Musée de la Soierie ;

- Cervières, son Conservatoire de la broderie à fil d'or (à noter que la vidéo d'introduction de ce site est très intéressante, surtout lorsque l'on connaît l'importance de la broderie dans la mode française d'Ancien Régime).

Il y a de plus quelques villes emblématiques autour de la Loire, comme Lyon avec son Musée des Tissus, ses traboules et très vieilles maisons liées au tissage. À Tarare on fabriquait la fameuse et très en vogue mousseline ! Du reste tous les cinq ans y est organisée une Fête des Mousselines. Citons enfin Le Puy en Velay pour sa dentelle et son Centre d'Enseignement de la Dentelle au Fuseau.

Photographie du haut : Métier à tisser moderne. Photographie provenant du site du Musée du Tissage et de la Soierie de Bussières.

Photographie de gauche : Grenadière au travail (brodeuse à fil d'or). Photographie du film du site du Conservatoire de la broderie à fil d'or de Cervières.

Photographie de droite : Même origine que ci-dessus.

Photographie de gauche : « Vue des ateliers de passementiers, rue Denis Epitalon, Saint-Etienne, 2015. © Jean-Claude Martinez. »

Photographie de droite : « Redingote en twill de soie jaune, agrémentée de passementeries et de pompons de soie coordonnée. Ceinture à nouer en ruban de soie façonnée et coordonnée. Vers 1815. Collection Le Paon de Soie, n°inv. 2011.1.292. » Exposition Le ruban c'est la mode du Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Etienne.

Photographie ci-dessous : Vue depuis le Conservatoire de la broderie à fil d'or. Photographie provenant du site du Conservatoire de la broderie à fil d'or de Cervières.

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La prochaine promenade du premier dimanche aura lieu le 3 juillet.

 

 

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