23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 07:00

Louons les instances publiques qui conservent notre patrimoine lorsqu'elles font des efforts de communication auprès de nos concitoyens. C'est le cas du Cabinet des Arts graphiques du Musée Carnavalet qui fait ce choix avant la fermeture temporaire du musée et de ses services pour travaux sans doute dans la seconde partie de l'année 2016. Il est envisagé de réaménager la muséographie, en donnant notamment plus d'espace aux arts graphiques dans le parcours de la collection, et d'améliorer les services. Le traitement des fonds fait partie de cette réorganisation.

Installé dans l'Hôtel le Peletier de Saint-Fargeau (de la fin du XVIIe siècle), le Cabinet des Arts graphiques du Musée Carnavalet conserve un ensemble d'environ 475 000 œuvres composé de dessins, estampes, photographies et affiches qui devront être déplacées pour les réaménagements à venir. Le récolement (examen de chaque pièce, vérification de la conformité avec l'inventaire, constat d'état, descriptif, numérisation), obligatoire depuis l'arrêté du 25 mai 2004, se voit donc accéléré. Il s'agit d'un travail colossal, mis à part pour le fonds des affiches qui l'a déjà effectué, mais qui ne contient 'que' 13 000 compositions.

Tous les items des collections du Musée Carnavalet sont en relation avec l'histoire de la capitale française. Ils permettent de plonger dans un Paris ancien dont la ville même conserve encore de nombreux éléments depuis l'Antiquité.

Photographie de gauche : Cour de l'Hôtel le Peletier de Saint-Fargeau.

Photographie de droite : Affiche d'époque de la Révolution française.

Photographie ci-dessous : Premières affiches composées par Alfons Mucha (1860-1939).

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 07:00

Le Musée des Beaux-Arts d’Angers nous offre, du 14 mars au 19 juillet 2015, une exposition intitulée Curiosité(s) : un certain goût pour l'Ailleurs, collectionneurs angevins du XIXe siècle, avec 260 œuvres datant de l’Antiquité au XIXe siècle.

Au XIXe siècle, les collectionneurs se multiplient avec l'attrait pour le lointain, l'exotique et l'ancien et même le local. Les expéditions de plus en plus éloignées et abondantes et les fouilles archéologiques d'équipes françaises dans de nombreux pays dont la France, la Grèce, l'Italie, l'Orient, l'Extrême-Orient, les Amériques ...) permettent de nombreuses découvertes. Chaque grande ville a son ou ses collectionneurs parfois à l'origine de musées municipaux. Les fonds des musées d'Angers, « en particulier ceux du musée des Beaux-Arts et du musée Pincé, proviennent d’ensembles légués par de grands collectionneurs angevins au XIXe siècle. » Ainsi l’exposition propose « un nouvel éclairage sur ces artistes, antiquaires, archéologues et collectionneurs angevins du XIX e siècle que l’Ailleurs fascinait ». Elle suit un parcours depuis 'l’anticomanie' de la fin du XVIIIe siècle « aux collections exotiques du bout du monde du début du XX e siècle » : les goûts d'alors pour l'Italie, la Grèce, l’Égypte, L'Extrême-Orient et les Amériques, le patrimoine national (antiquités gallo-romaines, Moyen-âge) etc..

En général une grande partie des réserves et présentations des musées français sont constituées de dons de collectionneurs.

Photographie du haut : Détail d'une lettre de Lancelot-Théodore Turpin de Crissé à Monsieur le Directeur du musée datant de1858. Encre. © photo musées d’Angers / F. Baglin.

Photographies de droite et de gauche : « Amphore à figure noire. Grèce, provenance inconnue. Début du VIe s. avant notre ère. Terre cuite, 27 x 20 cm. © photo musées d’Angers / F. Baglin. »

Photographie ci-dessous : « Le trésor d’argenterie de Notre-Dame d’Allençon. II-IIIe siècle. Découvert dans une parcelle agricole au lieu- dit les Châtres près du village de Notre-Dame d’Allençon (Maine-et-Loire). Paris, musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines. © photo RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Tony Querrec. »

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 06:35

Jusqu'au 23 mai 2015 la Bibliothèque de l'Arsenal présente une centaine d’ouvrages imprimés, fleurons de la bibliothèque privée de Jean Bonna, bibliophile contemporain, aussi collectionneur de dessins et ancien banquier. L'entrée est libre. Remerçions-le de nous faire partager sa passion !

La collection Jean Bonna : Passions littéraires françaises couvre six siècles de littérature française. On commence avec des incunables, poursuit avec des éditions rares comprenant souvent des autographes ou corrections de leurs auteurs (Voltaire, Chateaubriand, Rimbaud, Balzac, Verlaine, Flaubert et beaucoup d'autres). Quelques ouvrages sont exposés pour leur reliure. On dénombre aussi des lettres. C'est un joli parcours dans un lieu charmant, épargné par ce que j'appelle l'architecture RER. Ici on est dans une ambiance feutrée et plus authentique.

Cette exposition est donc logée pendant un mois dans la bibliothèque d'un autre bibliophile : Antoine-René de Voyer de Paulmy d'Argenson (1722-1787), grand collectionneur de manuscrits médiévaux, de livres et d’estampes. Aujourd'hui la bibliothèque de l’Arsenal possède environ un million de livres (dont 150 000 datant d’avant 1880), « un peu plus de 12 000 manuscrits, 100 000 estampes, et 3 000 cartes et plans » (source Wikipedia).

Photographie de gauche : « Galileo Galilei, dit Galilée. Discorsi e dimostrazioni matematiche... Leyde, Elzevier, 1638. Exemplaire de dédicace, relié par Le Gascon. Collection Jean Bonna. Photo © Genoud Entreprise d’arts graphiques. »

Photographie de droite : Poignée d'une porte avec des dos de reliures du XVIIIe siècle.

Photographies ci-dessous : Partie d'une des deux salles où se trouve l'exposition. Au milieu se trouve la porte de la photographie ci-dessus.

Photographies ci-dessous : « Vue de mon ouvrage. » Chateaubriand.

Photographies ci-dessous : « Jean d'Arras, La Mélusine, Lyon, Gaspard Ortuin et Pierre Schenck, s.d. [1485-1486]. »

Photographies ci-dessous : Prises à l'entrée de l'exposition.

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 07:00

Du 24 au 26 avril a lieu, comme chaque année au Grand Palais, le Salon du Livre Rare, de l'Autographe, de l'Estampe et du Dessin. Les deux dernières années où j'y suis allé furent pour moi de grands moments de solitude au milieu de gens inconnus, de vendeurs casés dans de grandes boîtes (voir la photographie) et de livres et estampes inabordables. J'en parle cependant ici pour ceux qui y trouvent leur compte.

Photographie provenant du site www.salondulivreancienparis.fr.

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 06:59

À l’occasion des 30 ans du label Villes et Pays d’art et d’histoire, l’Association nationale des Villes et Pays d’art et d’histoire et des Villes à secteurs sauvegardés et protégés (ANVPAH & VSSP), organise son premier congrès national intitulé Réformes ! Quel avenir pour le patrimoine ?, les 28 et 29 avril 2015 à Besançon.

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 06:59

2015 année Napoléon 1er ? Après avoir massacré les royalistes au nom de la Révolution, Napoléon 1er s'est fait sacrer empereur.  Cherchez l'erreur ! Et puis 2015 est le deux-centième anniversaire d'une grande défaite française : la bataille de Waterloo qui a mis au pouvoir les anglo-saxons dans le monde (les trois dernières guerres entre la France et l'Allemagne ayant achevé d'affaiblir ces deux grandes puissances). Par contre, je le rappelle, puisque semblant être le seul à le faire, on a passé presque sous silence l'année dernière l'anniversaire (six cents ans) de la naissance de Saint-Louis (voir l'article ici). Pourquoi ? Sans doute parce que ce roi a fait des croisades dont le but était de reprendre aux musulmans des lieux de pèlerinages chrétiens en Terre Sainte. Pourtant Saint-Louis n'a jamais été considéré comme un mauvais roi … au contraire. Et puis il est nécessaire de reconsidérer l'apport du Moyen-âge à la France. C'est une période qui met en place beaucoup de choses qui nous semblent acquises aujourd'hui mais reniées ou oubliées par nombre de nos 'élites'. Par exemple pour la mode, qui est un domaine que je connais particulièrement maintenant, son apport est considérable... mais j'en reparlerai.

Donc on n'est qu'au début de 'l'anniversaire' des deux-cents ans de la défaite de la bataille de Waterloo et de l'invasion de la France par les alliés, et voilà que déjà quatre expositions sur Napoléon sont programmées. Une dont j'ai parlé au Musée Carnavalet (Napoléon et Paris) qui est particulièrement intéressante pour ceux qui aiment l'ancien Paris et la mode Directoire des merveilleuses et incroyables ; une autre qui se déroule jusqu'au 29 juin au Château de Fontainebleau intitulée Pie VII face à Napoléon ; une du 22 avril au 20 juillet 2015 au Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau intitulée Cap sur l'Amérique : La dernière utopie de Napoléon ; quant à la quatrième : Napoléon Ier ou la légende des Arts 1800 - 1815, elle a lieu du 24 avril au 27 juillet 2015 au Musée national du palais de Compiègne.

Lorsque la troisième exposition parle 'd'Amérique', elle le fait des États-Unis, comme si on ne les avait pas déjà assez sur le dos avec leur Otan, leur anglais et leur bourgeoisie triomphante avec leur argent roi. Comme s'il n'existait pas d'autres Amériques que celle-là. De plus Napoléon ne s'est presque pas occupé des Amériques durant son règne, si ce n'est pour faire des bêtises, comme rétablir l'esclavage que la Révolution avait interdit, et vendre la Louisiane aux États-Unis pour quatre-vingt millions de francs !! Par contre il a beaucoup aidé l'industrie de la mode et contribué à répandre un nouveau style des arts décoratifs qui selon moi est beaucoup moins fin que ce qui précède… plus 'bourgeois' pour employer un mot d'ancien régime.

L'année 2015 est aussi celle de l'anniversaire des deux-cents de la mort de Louis XIV. J'en reparlerai. Mais vivement qu'on fête quelque chose de positif… une naissance… un baptême… une victoire sur la bêtise humaine… enfin quelque chose de bon !

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 07:00

La Cité de la dentelle et de la mode à Calais consacre une exposition au grand couturier Cristóbal Balenciaga (1895-1972) intitulée : Balenciaga, magicien de la dentelle, du18 avril au 31 août 2015 . « Avec près de 75 tenues, des accessoires (chapeaux, gants, souliers) ainsi que des photographies et des croquis d’atelier, cette exposition offre un vaste panorama de la création du couturier espagnol et permet de dresser l’histoire de Balenciaga et la dentelle. »

Photographie de gauche : « Cristóbal Balenciaga, manteau et robe de cocktail en dentelle Chantilly, 1953. Photo de dépôt de modèle. © Photo et modèle conservés dans les Archives Balenciaga, Paris. »

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 07:00

Le Louvre présente du 16 avril au 20 juillet 2015 l'exposition L’épopée des rois thraces. Découvertes archéologiques en Bulgarie. Il s'agit d'une collaboration bulgaro-française avec des commissaires d'exposition bulgares et français et un partenariat avec le ministère de la Culture bulgare et l’Institut français de Bulgarie. C'est une grande joie de voir une telle collaboration entre pays à travers des objets d'exception qui sans aucun doute sont une des fiertés du peuple bulgare.

La Thrace est une ancienne région se situant au nord de la Grèce, en grande partie dans l'actuelle Bulgarie. Elle est très importante dans notre histoire des arts, étant la patrie d'Orphée (fils du roi de Thrace Œagre et de la muse Calliope) la figure même du poète musicien. Elle est aussi celle de plusieurs rois légendaires.

Il s'agit d'une très belle exhibition d'objets remarquables provenant principalement de tombes aristocratiques ou de rois de Thrace des Ve au IIIe siècles avant J.-C. découvertes dans ces dernières décennies. Ces ensembles funéraires sont montrés pour la première fois dans leur intégralité.

Ce sont des trésors rares d'or et d'argent mais aussi de la vie coutumière : toilette (pour les femmes comme pour les hommes), guerre, théâtre etc. Tous sont d'un grand intérêt comme par exemple un étui d'épée en cuir du IVe siècle avant J.-C. trouvé en 2004 je crois : les objets en cuir conservés de l'Antiquité étant introuvables du fait de leur fragilité. Celui-ci rappelle les reliures des XVIIe et XVIIIe siècles avec leurs dorures aux motifs confectionnés à partir de petits fers. Pourtant là nous sommes plus de deux mille ans avant. Le Trésor de Panagyurishte de la fin du IV e av. J.-C. est époustouflant avec ses neuf éléments en or massif (des exemples dans les photographies de droite et ci-dessous) d'une grande beauté. Pour ne citer que quelques-uns de ces trésors.

L'exposition débute avec la figure d'Orphée et celle de Rhésos, roi de Thrace (vers le XIIe siècle av. J.-C.) qui dans l’Iliade est aux côtés des Troyens, avec quelques items 'récents' dont deux magnifiques manuscrits illustrés du Moyen-âge, et d'autres objets d'époque présentant les Odryses, un peuple qui fonda un royaume puissant dans la période et le lieu qui nous concernent. Elle se poursuit en présentant son aristocratie par l'intermédiaire des découvertes faites dans des nécropoles, « articulées autour de tertres funéraires aux dimensions remarquables, qui témoignent de l’essor, dans les années 470 av. J.-C., d’une aristocratie thrace disposant d’une richesse inédite ». Ces ensembles sont structurés selon trois catégories d’objets : « les accessoires de parure et de toilette ; les éléments du banquet ; l’armement. Seul ce dernier est réservé aux hommes, service à vin et ustensiles de toilette se retrouvant dans les sépultures des deux sexes. » On constate un réel raffinement et une prégnance mythologique et esthétique remarquable très proches de la Grèce.

Photographies ci-dessus : « Couronne. 350-300 av. J.-C. Or. Musée d'histoire "Iskra", Kazanlak. © Musée historique de Kazanlak / Todor Dimitrov. »

Photographie de gauche : « Tête de Seuthès III. Golyama Kosmatka. III e siècle av. J.-C. Bronze. Musée et institut Archéologique, Sofia © Sofia, Institut archéolo gique national et Musée. Académie bulgare des sciences / Krassimir Gueorguiev. »

Photographie de droite : « Trésor de Panagyurishte, rhyton. Fin IVe av. J.-C. Or. Musée archéologique, Plovdiv. © Musée régional archéologique de Plovdiv / Todor Dimitrov. »

Photographies ci-dessous : « Trésor de Panagyurishte, phiale. Fin IV e av. J.-C. Or. Musée archéologique, Plovdiv. © Musée régional archéologique de Plovdiv / Todor Dimitrov. »

Photographies ci-dessous : « Lécythe polychrome, tombe 4. IV e av. J.-C. Terre cuite. Musée archéologique, Sozopol © « Centre muséal » Sozopol / Todor Dimitrov. »

Photographies ci-dessous : « Rhyton griffon. Trésor Borovo. 400 -350 av. J.-C. Argent. Musée régional d'histoire, Ruse. © Musée régional historique de Ruse / Todor Dimitrov. »

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 06:56

L’exposition Du Nô à Mata Hari, 2000 ans de théâtre en Asie, qui se déroule au Musée Guimet du 15 avril au 31 août 2015, offre un survol du théâtre asiatique avec de très beaux objets. Le sous-sol est assez féérique avec ses masques, marionnettes et costumes multicolores. La rotonde (bibliothèque du musée) du premier étage rappelle les débuts de Mata Hari (1876-1917), dans ce lieu même ou Émile Guimet (1836-1918) aménagea pour la première représentation publique de celle-ci un temple hindou. Le second étage est consacré aux images d'acteurs japonais à travers des estampes du XVIIIe siècle du kabuki qui est la forme épique du théâtre japonais traditionnel. J'aurais aimé retrouver dans cette exposition Thangtong Gyalpo (1385-1464 ou 1361-1485), 'le roi de la plaine de la vacuité', créateur du théâtre tibétain. Mais c'est tout de même un beau voyage offert par cette exposition, que l'on peut poursuivre en baguenaudant doctement ou pas au milieu des oeuvres asiatiques exceptionnelles de la collection permanente du musée.

Ceci me donne l'occasion de faire le parallèle entre le théâtre oriental et l'occidental. On pense que ce second a rarement été religieux, contrairement au premier qui l'a été le plus souvent. Pourtant l'origine du théâtre occidental l'est. Il est né durant l'Antiquité de rituels liés à Dionysos. Il a gardé cette vocation liturgique pendant toute l'Antiquité, un autel (comme à l'église) placé au milieu de celui-ci le rappelant. Au Moyen-âge il réapparaît dans les églises, puis sur son parvis et sous la forme de mystères chrétiens. Finalement c'est la Renaissance qui, en redécouvrant le théâtre antique aux XVe/XVIe siècles, oublie son caractère religieux et abandonne le masque qui est porté pendant toute l'Antiquité et au Moyen-âge. Le masque reste lui très présent dans le théâtre asiatique quand le maquillage ne le remplace pas. Il représente le plus souvent une divinité ou un être légendaire. Dans le théâtre antique il est en particulier en relation avec les ancêtres. Il sert aussi de talisman afin d'éloigner les négativités, cristallisant en lui toutes les passions en les exprimant de manière cathartique (purification des passions par leur exagération). Cette fonction cathartique est aux fondements du drame. Le théâtre médiéval suit cela en représentant la passion du Christ et son 'mystère'. Le cœur des églises lui-même rappelle la scène du théâtre antique avec ses trois portes (la Trinité) et son autel. Le rituel anthropophage de l'eucharistie et la communion est le moment culminant de cette passion.

J'ai écrit plusieurs articles dans ce blog sur le sujet du masque. Ils sont visibles ici : Sortir masqué ; De l'abandon du masque et de la mesure ; La personne, le personnage et la mode ; Masques, mascarades, mascarons.

Photographies : Costumes de l'exposition.

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article
14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 06:59

Je n'y connais absolument rien en art africain. Esthétiquement je ne me sens pas proche de celui-ci ; tout en sachant que le sentiment esthétique dépend aussi de l'éducation, du lieu de naissance et de croissance et d'autres facteurs propres à chacun. Une femme de Côte d'Ivoire me disait récemment que les canons esthétiques ne sont pas les mêmes pour tous. Certains apprécient les lèvres charnues, les fesses proéminentes etc. Elle me disait aussi une chose intéressante : que nombre de jeunes de Côte d'ivoire de descendance royale dans leur région l'ont quittée pour venir en France afin de faire leurs preuves, où ils sont souvent confrontés à une vie très dure, sans pouvoir retourner dans leur famille qui les a reniés après leur départ. Souvent ces personnes sont détentrices d'une tradition et lignée très profondes… chacun une véritable encyclopédie spécifique. M'étant intéressé au Tibet, la dernière grande civilisation du monde à s'être ouverte à lui, je me suis rendu compte combien la profondeur d'une culture pouvait dégénérer, ou le contraire, simplement selon l'image que l'on s'en fait dans son esprit et celle que les autres nous projettent. Ainsi un véritable paradis peut sembler être un lieu barbare pour certains, un sage passer pour un fou ou je ne sais... Par exemple pouvons-nous ne serait-ce qu'imaginer ce qu'était ce qu'on appelle 'l'Âge d'Or' ? Je n'y connais donc rien en art africain, mais comme il me semble qu'il est attaché à sa terre de naissance, à son patrimoine, son imaginaire, sa société, les rythmes communs propres à des entités géographiques, sociales, culturelles particulières... et pour l'histoire commune que l'Afrique partage avec l'Occident, et en particulier pour l'Afrique francophone : la France, je trouve important de parler ici de l'exposition que je n'ai cependant pas encore vue : Les maîtres de la sculpture de Côte d'Ivoire qui se déroule du 14 avril au 26 juillet 2015 au Musée du quai Branly. Celle-ci présente des oeuvres de maîtres reconnus de la sculpture des XIXe et début du XXe siècles de six régions de Côte d'Ivoire : les Gouro et les Baoulé au centre, les Dan à l’ouest, les Sénoufo au nord, les Lobi au nord-est et les peuples lagunaires au sud-est, ainsi que quelques oeuvres contemporaines.

Photographie : Maître de Bouaflé : Masque gu avec cornes, XIXe siècle. Inv. RAF 466. H. 35,7 cm. Côte d'Ivoire, sud du pays Gouro. © Museum Rietberg Zürich. Photo : Rainer Wolfsberger. Cadeau Rietberg-Gesellschaft. Ancienne collection Paul Guillaume, avant 1920.

La Mesure de l'Excellence La Mesure de l'Excellence
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de La Mesure de l'Excellence
  • Le blog de La Mesure de l'Excellence
  • : Présentation des nouveautés de l'art sur le Net.
  • Contact

Cariatietexte200-copie-1.jpg

Réseau collaboratif

Si vous souhaitez que votre site fasse partie de ce réseau, cliquez ici !

Aujourd'hui Internet est dans les mains de quelques groupes. Les informations de leurs utilisateurs sont vendues aux plus offrants par l'intermédiaire notamment des réseaux sociaux.

 

     
lamesure.org
La-Mesure80.jpg

 


La plupart des réalisations internet de LM sont faites à partir de LOGICIELS LIBRES

 

Copyright © 2007 - 2015
La Mesure de l'Excellence
L
e Menn Richard

Tous droits réservés

lesamusementsdeparisreliurefacedetaila300lll

 

Expositions

 

ToiletteDeDinerOuDeSoireeBlanc-Detaila300alm