Vendredi 31 octobre 2014 5 31 /10 /Oct /2014 09:00

SalonInternationalDuPatrimoineCulturel.gif Du 6 au 9 novembre se tient comme chaque année le Salon international du patrimoine culturel au carrousel du Louvre à Paris avec plus de trois cents exposants et des conférences qui semblent particulièrement intéressantes. Créé en 1994, le salon a été racheté en 2009 par Ateliers d’Art de France. Il s'agit d'un groupement professionnel des métiers d'art fondé en 1868, qui fédère plus de 6 000 professionnels, artisans, artistes et manufactures d’art à travers l’hexagone.

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Jeudi 30 octobre 2014 4 30 /10 /Oct /2014 09:00

DissertationSurLaPoesiePastoraleAbbeGenest300lm.gif Deux cultes occupent pendant des millénaires une place primordiale en France : celui de la Dame (et de l'Amour en général) et celui de la Nature, les deux n'étant pas très éloignés. On considère alors que nos bergères et bergers conservent des réminiscences de l'Âge d'Or : un temps où les êtres humains vivent en pleine pureté au milieu des dieux et des plaisirs véritables.

On vénère la nature et l'homme qui sait dialoguer avec elle par l'intermédiaire de ses sens : le sentiment, cela lui permettant de communiquer avec la divinité. Les poèmes ayant ce sujet ou celui de l'amour sont les plus prisés.

Il est un peu question de cela dans l'article intitulé Eurythmie politique.

Je collectionne les livres et gravures anciens sur le sujet. Il s'agit d'une de mes trois collections, les deux autres étant sur les petits maîtres de la mode et sur les contes et fables pour enfants.

DissertationSurLaPoesiePastoraleAbbeGenestFrontispice500lm.jpg Les pastorales et autres poèmes bucoliques sont passés de mode. Aujourd'hui on peut se procurer des livres des XVIIe et XVIIIe siècles sur ce thème assez facilement. Ils sont pourtant d'une grande beauté. Les textes sont riches et les gravures les accompagnant le plus souvent d'une grande finesse d'exécution.

À notre époque où presque tout le monde bouge frénétiquement, voyageant d'un bout à l'autre de la terre (même les écologistes), il y a moins de dialogue culturel avec la nature, avec la terre, sa mémoire, sa régénérescence … La culture consiste à cultiver le terrain de son âme comme on le fait d'un jardin en fonction de l'environnement. La question environnementale n'est pas seulement en rapport avec la nature mais avec toutes les choses qui le constituent. Les cinq sens (le goût, l'odorat, l'audition, la vision, le toucher) et la perception cognitive, qui à eux tous forment le sentiment, permettent d'appréhender cet environnement et de dialoguer avec. Dans quelle mesure souhaitons-nous le faire ?

Photographie : Page de titre et frontispice de Dissertations sur la Poésie pastorale ou de l'Idylle et de l'Églogue (Paris, Jean-Baptiste Coignard, 1707, première édition) de M. l'Abbé Genest (Charles-Claude Genest : 1639-1719). La gravure est signée Thomassin : Simon Thomassin (1638-1722) ou son fils Henri Simon Thomassin (1687-1741), tous deux graveurs. Ce livre est adressé « À Messieurs de l'Académie Française ».

© Article et photographies LM

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Les Pastorales
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Mercredi 29 octobre 2014 3 29 /10 /Oct /2014 09:00

Sphinges300.jpg Amphipolis est une cité antique du nord de la Grèce fondée en 437 av. J.-C. et abandonnée au VIIIe siècle de notre ère. Elle est importante pour ceux qui s'intéressent à l'archéologie, en particulier pour ses vestiges et sa nécropole dans laquelle des archéologues ont mis à jour une quantité impressionnante d'objets. Aujourd'hui cette ville est à nouveau dans l'actualité des arts avec les fouilles entreprises cette année dans le tumulus CariatideTete300.jpg d'un immense tombeau ayant une enceinte de 497 mètres de long et un chemin de 4,50 mètres de large conduisant à un important monument funéraire daté entre 325 et 300 av. J.-C. Il s'agit du plus grand monument funéraire jamais découvert en Grèce … Les archéologues n'ont pas encore atteint la pièce principale. Chaque semaine nous apporte son lot de découvertes.

C'est en 1934 que l'on commence à s'intéresser à cette ville et ses alentours. En 1934 l'École française d'Athènes dégage les vestiges du lion funéraire. MosaiqueTumulusAmphipolis300.jpg Après la Seconde Guerre mondiale des fouilles sont entreprises dans la nécropole et la ville.

En 2012 on découvre le tumulus. En août 2014 on commence à dégager la porte d'entrée. Celle-ci se trouve en bas d'un escalier de marbre. Elle est peinte et surmontée de deux sphinges. Elle donne sur une succession de pièces aux murs de marbre et au plafond voûté peint en rouge semble-t-il. Au fond de la première on y remarque deux cariatides avec encore des traces de peinture. Une troisième chambre a été révélée. Le 12 octobre on s'est aperçu que le sol de la seconde chambre funéraire était orné d'une mosaïque de 4,50 x 3 m. Le 21 octobre c'est la découverte d'une tête d'un des deux sphinges.

On peut suivre l'avancée des fouilles sur le site Grèce à l'Ouest. Toutes les photographies proviennent de ce site.

Par La Mesure de l'Excellence
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Mardi 28 octobre 2014 2 28 /10 /Oct /2014 09:00

GardeMeubleDeLouisXV.jpg Du 28 octobre 2014 au 22 février 2015 le Château de Versailles présente des Chefs-d'œuvre du mobilier de 1650 à 1789, une exposition qui essaie de mettre en relief le caractère novateur et précurseur du mobilier de cette époque qui inspira tout l'Occident d'alors et qui fut largement copié par la suite.  

Pour cela, « une centaine de chefs-d'œuvres de mobilier issues des collections des plus riches amateurs d'art de l'époque - la famille royale et son entourage, l'aristocratie et les financiers - témoigne de la révolution que le XVIIIe a opéré dans l'histoire  du meuble. Tous les grands noms de la création d'alors sont représentés : André- Charles Boulle, Antoine-Robert Gaudreaus, Charles Cressent, Bernard II Van Risen Burgh, Jean-François Œben, Jean-Henri Riesener et George Jacob. À côté des pièces majeures provenant des collections du  château de Versailles, du musée du Louvre, des Arts Décoratifs, du château de  Fontainebleau, mais également du Getty Museum, des meubles non connus de collections privées sont présentés pour la première fois au public. »

L'époque que couvre cette rétrospective est celle d'inventions qui marquent profondément les arts décoratifs, qui ne sont pas seulement la création d'ébénistes mais proviennent aussi de l'imagination des commanditaires. En ce temps là on se fait faire des meubles comme des habits chez le couturier ... crée de nouvelles modes, de nouveaux usages. On invente le bonheur du jour, la table de toilette, la commode, le canapé (l'ottomane), le bureau de pente, le secrétaire à rouleaux, la bergère, la bibliothèque ... On améliore ceux déjà existants à un niveau exceptionnel. Les arts décoratifs de cette période peuvent être considérés comme un summum.

SiegeEcoleBoule.jpg Il aurait été particulièrement intéressant d'apprécier ces meubles dans un véritable contexte XVIIe-XVIIIe siècles ... dans des salles du château les mettant en valeur. Un autre choix a été fait. La scénographie est moderne, grise, un peu étouffante, enveloppant entièrement les meubles. Du coup l'exposition aurait pu être présentée n'importe où ... C'est dommage que le scénographe n'ait pas joué avec le lieu, Versailles, qui contient des salles de toutes les époques de ces productions, permettant ainsi de les contempler dans un ensemble, comme elles l'étaient dans leur temps. Il aurait été au moins plus didactique d'ajouter des tableaux (il n'y en a qu'un seul), des dessins, des gravures ... replaçant ainsi ces meubles dans leur contexte. Le style rocaille par exemple est un art total qui embrasse l'espace du sol au plafond. Cette exposition cherche cependant à être pédagogique avec des films présentant les étudiants de l'École Boulle expliquant par leurs gestes leur travail d'ébéniste. D'autres vidéos permettent de voir l'intérieur de certains de ces meubles et leurs tiroirs secrets.

On apprend beaucoup de choses dans cette exposition. Les meubles présentés marquent leur époque et sont des exemples de l'évolution des goûts. Elle commence avec les débuts de l'ébenisterie au milieu du XVIIe siècle qui se démarque de la menuiserie. Elle se poursuit avec des productions du célèbre André Charles Boulle (1642-1732), ébeniste du roi Louis XIV (1638-1715, roi à partir de 1643). Elle présente ensuite différentes formes, procédés (laques ...), usages, couleurs, matériaux, graphismes et ornements, lignes, mécanismes (comme pour le bureau de la photographie 7), des créations d'ébénistes fameux comme Charles Cressent (1685-1768) représentant du style Régence (vers 1700-1730), et d'autres particulièrement emblématiques comme le Bureau du Roi (photographie 5) ou la Commode "à la grecque" qui annonce véritablement le style moderne du XXe siècle (photographie 6). L'exposition se poursuit avec les sièges. J'ai appris que l'on mettait sur ceux-ci des housses, qu'on enlevait pour les grandes occasions, et que l'on rangeait, parfois dans des meubles spécifiquement faits pour cela, comme Commode1730.jpg c'est sans doute le cas pour la commode du grand cabinet de Marie-Antoinette à Fontainebleau datant de 1786 (photographie 8). On changeait aussi les garnitures des accoudoirs, du dossier et du siège des fauteuils suivant les situations, ou lors de modifications de décoration. Dans les grandes maisons c'est le rôle du 'valet de chambre tapissier'.

Les meubles présentés sont exceptionnels par leur qualité et leur histoire. Ils marquent le style d'une époque ... C'est dommage que cette exhibition n'insiste pas plus sur l'évolution des styles, qu'il n'y ait pas une vraie leçon sur ce sujet. Comme je l'ai dit, le style de la mise en scène est contemporain. Il y a un usage actuel qui consiste à installer des oeuvres contemporaines dans des endroits anciens ou au contraire de présenter des objets anciens dans une mise en scène moderne. L'exposition appartient à la seconde catégorie. Je pense qu'il est préférable de retrouver l'esprit du lieu plutôt que d'y apporter du contemporain. Versailles, comme beaucoup d'autres endroits historiques en ce moment, présentent souvent des artistes contemporains. 

Enfin « l'abécédaire de Jean Nouvel » s'avère inutile et illisible.

Photographie 1 : Je suis parti vers Versailles à partir de la place de la Concorde, où se trouve le Garde-Meuble royal du XVIIIe siècle, bâtiment devenant à la Révolution l'hôtel de la Marine. Il fut construit entre 1757 et 17741 pour, dès 1772, contenir le Garde-Meuble de la Couronne. Ses galeries étaient alors ouvertes au public tous les premiers mardis de chaque mois d'une grande partie de l'année. Cela aurait été magnifique de faire une telle exposition dans ce lieu.

Photographie 2 : Présentation de la création d'un siège du XVIIIe siècle par l'École Boulle.

Photographie 3 : Commode double à vantaux et tiroirs (Paris, vers 1730) de presque 3 mètres de large (2,82 m.)

Ensemble-copie-1.jpg Photographie 4 : « Nicolas Heurtaut, probablement d’après Pierre Contant d’Ivry. Paire de fauteuils à la reine (d’une suite de six) et canapé à la reine et meublant à deux confidents mobiles. Paris, vers 1757. Hêtre peint en bleu-vert. Fauteuil : H. 0,96 ; L. 0,66 ; Pr. 0,59 m, Canapé : H. 1,14 ; L. 1,95 ; Pr. 0,70 m, Confident : H. 1,06 ; L. 0,63 ; Pr. 0,70 m, Canapé et confidents : L. 3,30 m. Collection particulière.
Ce canapé à confidents est assurément l’un des plus beaux chefs-d’œuvre de la menuiserie en sièges. Au XVIII e siècle, on faisait deux sortes de canapés à confidents : ceux à confidents fixes et ceux à confidents mobiles. Ces derniers sont les plus rares, car il fallait faire correspondre parfaitement la sculpture du confident avec celle du canapé, dans lequel il s’emboîtait. Ainsi peut-on remarquer que le pied extrême du canapé est sculpté à mi-partie, comme celui du confident, et que c’est la réunion de ces deux parties qui forme le pied complet ; il en va de même du « coup de fouet » de la console d’accotoir et de l’accotoir qui sont divisés par moitié. »

Bureau-du-Roi-Bureau-du-roi--Paris-1760-1769cRMN-GG-Chate.gif Photographie 5 : « Jean-François Oeben et Jean-Henri Riesener. Bureau du roi. Paris, 1760-1769. Bâti de chêne, placage de satiné, d’amarante et de bois de rose (principalement), bronze doré, porcelaine. H. 1,473 ; L. 1,925 ; Pr. 1,050 m Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
Le secrétaire à cylindre de Louis XV, de Jean-François Oeben et Jean-Henri Riesener est considéré comme le meuble le plus emblématique du génie français du XVIII e siècle. Remarquable par sa monumentalité, la beauté de ses tableaux de marqueterie et de ses bronzes, il est le plus abouti dans sa conception et le plus raffiné dans son exécution. Il fallut neuf ans pour le fabriquer, puisque commencé en 1760 par Jean-François Oeben, génial marqueteur réputé pour ses petits meubles à mécanismes, il fut livré en 1769 par son disciple Jean-Henri Riesener. Chaque détail a nécessité une grande finesse de réalisation. Merveille de mécanique, un système complexe de ressorts et contrepoids permettent d’un quart de tour de clef de déverrouiller l’ensemble en libérant l’abattant du cylindre et tous les tiroirs. Le cylindre ovale est constitué de sept lames articulées, plaquées en bois de violette, de sycomore et d’acajou. Sa réalisation a nécessité l’intervention de quatorze corps de métier (ébéniste, bronzier, ciseleur, doreur, horloger). Les figures de bronze ont notamment été fondues et ciselées par Louis-Barthélémy Hervieu sur des modèles de Jean-Claude Duplessis. »
À la Révolution quelques petits changements ont été apportés à ce meuble notamment afin d'enlever ou de cacher des éléments rappelant la royauté (d'où notamment les plaques en porcelaine). La marqueterie était peinte comme souvent alors, ce qui donnait un effet beaucoup plus coloré. 

CommodeALaGrecque.jpg Photographie 6 : « Jean-François Oeben. Commode à la grecque. Paris, vers 1760-1763. Bâti de chêne, montants antérieurs d’acajou massif, épais placage d’acajou, marbre rouge (de Mayenne). H. 0,84 ; L. 1,32 ; Pr. 0,56 m. Collect ion particulière.
Ce type de commode, appelé « commode à la grecque », apparaît dans l’inventaire après décès de madame de Pompadour, à Ménars notamment, en 1764. L’inventaire du même château de Ménars, à la mort du marquis de Marigny, frère et héritier de celle-ci, en 1782, montre bien que ce terme s’appliquait à des commodes comportant un corps de tiroirs central flanqué de vantaux, avec ou sans rangée de tiroirs en frise. Ces commodes, au nombre de dix-neuf, étaient pour la plupart en acajou, bois relativement nouveau à l’époque.
»
La ligne est très sobre, sans fioritures, et annonce, comme je l'ai dit, les meubles du XXe siècle.

David-Roentgen-secretaire-mecanique-a-cylindre--c--RMN-c.jpg Photographie 7 : « David Roentgen. Secrétaire mécanique à cylindre. Vers 1781. Bâti de chêne, placage d’acajou, bronze doré, acier. H. 1,48 ; L. 1,49 ; Pr. 0,83 m. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
Entièrement plaqué d’acajou, rehaussé d’un décor de bronze doré d’une très pure inspiration classique, le secrétaire à cylindre repose sur huit pieds en gaine. À l’irréprochable qualité d’exécution de l’ébénisterie répondent la précision et la complexité du fonctionnement mécanique du meuble. En effet, l’ouverture du cylindre rigide ainsi que celle des nombreux tiroirs et compartiments exigent une connaissance parfaite des différents secrets élaborés par l’ébéniste ; ainsi le secrétaire est-il conçu comme un véritable coffre-fort. L’ouverture du cylindre dégage trois casiers inégaux flanqués de colonnes doriques de bronze doré et surmontés d’une frise à triglyphes. Au-dessus, la face principale du compartiment central est actuellement ornée d’un médaillon de bronze figurant le profil de Louis XVI ; celui‐ci fut placé par le bronzier Denière en 1835, accréditant ainsi une hypothétique provenance royale ; sans doute ce médaillon en remplaça‐t-il un autre, inconnu, représentant un profil à l’antique. Il a été démontré que l’ensemble du décor de bronze doré est attribuable au bronzier parisien François Remond (vers 1745‐1812). »

Benneman-commode-de-Marie-Antoinette-a-Fontainebleau--c--R.jpg Photographie 8 : « Guillaume Benneman sous la direction de Jean Hauré. Commode du grand cabinet de Marie-Antoinette à Fontainebleau. Paris, 1786. Acajou, porcelaine, bronze doré, marbre blanc. H. 0,96 ; L. 1,82 ; Pr. 0,75 m. Fontainebleau, musée national du château.
Cette commode appartient à une paire célèbre tant pour son origine – le grand cabinet de Marie-Antoinette au château de Fontainebleau – que pour les nombreuses copies qu'elle suscita. Le Garde-Meuble de la Couronne avait acheté quatre commodes originellement destinées au service du comte de Provence, frère de Louis XVI. Une de ces commodes servit de point de départ à la fabrication de celle exposée ici. Plaquée d'ébène, elle offrait une forme similaire, des bronzes en rinceaux et trois médaillons en porcelaine de Paris dont deux représentaient des bouquets de fleurs alors que le troisième en camée représentait un trophée d'amour. Restaurée sous la direction de Jean Hauré pour la chambre de la reine à Compiègne, elle fut légèrement agrandie, pourvue d'un nouveau marbre, ses bronzes furent dorés, son placage d'ébène changé pour de l'acajou et le médaillon en camée remplacé par un médaillon en biscuit acheté à la manufacture de Sèvres. Une copie plus grande (environ 21 cm) fut alors commencée, copie pour laquelle Hauré acheta trois médaillons à Sèvres : deux bouquets de fleurs et un en biscuit. En cours de route, les deux commodes furent finalement affectées au grand cabinet de la reine à Fontainebleau pour lequel il fallut les adapter. À cet effet, il fallut réduire la copie non encore achevée de 2 pouces (environ 5 cm), opération qui s'avérait impossible à entreprendre sur la commode d'origine. On créa alors un nouveau bâti aux bonnes dimensions sur lequel on réutilisa ce qu'il était possible de la décoration de l'ancienne (notamment les médaillons en porcelaine et les bronzes).
»

Photographies ci-dessous : « Commode. Matthieu Criaerd, sous la direction de Thomas-Joachim Hébert. 1742. Exécuté pour la chambre de Madame de Mailly au château de Choisy.  © Musée du Louvre, Dist-RMN-GP / Thierry Ollivier. »

« Chaise de François-Toussaint Foliot. Vers 1780-1781. Exécutée pour le "pavillon du  Rocher" ou Belvédère du jardin du Petit Trianon. © Château de Versailles, Dist. RMN-GP / Christophe Fouin. »

« Table à écrire. Attribué à Bernard II Van Risen Burgh.Vers 1745-1749. © The Fine Arts Museums of San Francisco. » 3Meubles530.gif

Photographies ci-dessous : « Commode en tôle vernie. Pierre Macret (1727 - 1796). Paris, vers 1770. Provenant du mobilier de Marie-Antoinette dauphine. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. © Château de Versailles, Dist . RMN-Grand Palais / Christophe Fouin. » CommodeMacret

Photographies ci-dessous : Deux grandes consoles de vers 1720 (à gauche) et vers 1758, de style rocaille. Après : consoles.jpg

Photographie ci-dessous : Outils d'ébéniste. Compas.jpg

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Expositions
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Lundi 27 octobre 2014 1 27 /10 /Oct /2014 09:00

Catalogue Aguttes, Haute époque, vente mardi 28 octobre à l'Hôtel des Ventes de Neuilly-sur-Seine.

Chaire.gif Photographie de gauche : « Exceptionnelle chaire à dais. Bois de chêne sculpté. France - Fin du XVème siècle. Ancienne collection Georges Mathieu. H : 226 cm - L : 76 cm - P : 53 cm. Accidents et manques. Restaurations d'entretien La chaire à haut dossier est médiévale. Ce modèle remarquable en présente la structure, avec sa base enveloppée de panneaux, ses accotoirs raides limités par une corniche en doucine et l'élévation exceptionnelle de son dossier. Les panneaux embrevés dans le bâti s'ouvrent à la sculpture: motifs textiles sur les parois latérales et fenestrages sur les surfaces exposées au regard. Les arcs brisés ornés de fleurons enserrent sagement les soufflets, mouchettes et quatre feuilles d'un art gothique sans exubérance et sans principe de symétrie. Le siège ne forme pas coffre: l'assise, composée de deux planches disposées perpendiculairement au dossier, se fixe au bâti par de simples chevilles de bois. Le dais constitue l'élément le plus original de ce siège unique. Il est couronné d'une frise de fenestrages à clairevoie, entre des pinacles à fleuron auxquels se suspendent des culs de lampe feuillagés. " Le dais est un meuble précieux, qui sert de parade et de titre d'honneur chez les Princes et les Ducs " (Furetière). Dans une société hiérarchisée où l'étiquette joue un rôle considérable, cet ornement mobilier est signe de souveraineté. » © Catalogue.

Coffreouvert300.gif Photographie de droite : « Coffre de mariage féminin à médaillons. Bois de noyer et polychromie d'époque. Espagne - Début du XVIème siècle. H : 67 cm - L : 175 cm - P : 58,5 cm Exceptionnel état de conservation " Les personnages en bustes ..., les têtes de profil dans des médaillons sont l'un des éléments les plus spectaculaires de la première Renaissance " (Jacques Thirion). "Cachet de nouveauté et de luxe", cette nouvelle inspiration s'applique ici sur une architecture restée gothique par sa construction et son organisation. Les personnages s'éloignent des figures cocasses ou truculentes du Moyen-âge, sans toutefois s'approcher du portrait. Ils figurent des types, mais avec une indication d'âge (jeune/vieux), de sexe (homme/femme) ou de milieu social (noble/ bourgeois). Coffre de parement souvent associé au dressoir, il a sa place dans la grande salle, qui est la pièce de réception où s'exposent richesse et prestige. Ce très rare modèle fait montre d'une réelle originalité. La base s'enveloppe dans une haute plinthe qui superpose les moulures, formant une sorte de socle propre à mettre en valeur les panneaux sur trois côtés. Les scènes sont sculptées dans la masse : sur chaque panneau, la " plate bande " fonctionne comme un cadre limitant le champ de l'ornementation, à l'intérieur duquel un second cadre mouluré valorise les figures. L'image, dans la tradition médiévale, reste rectangulaire et permet de disposer deux profils se regardant. La variété de détails est étonnamment riche : les figures majoritairement masculines s'articulent sur les couples jeune/vieux, homme imberbe/moustachu ou barbu, avec des coiffures de fantaisie (diadème, volutes en forme de feuille ou de corne de bélier). Les motifs d'arabesques et de rinceaux se replient sur le bâti. Pilastres et architrave soulignent la référence architecturale. Dans cet esprit, une moulure débordante entoure le plateau et forme corniche. L'intérieur du coffre révèle un autre décor, peint, où domine le végétal stylisé ; résille de fleurs vertes au coeur d'or, volutes dorées sur un fond vert tendre similaires aux reliefs de la frise, écu entouré de rubans qui porte le monogramme IHS, abréviation en trois parties du nom de Jésus. L'inscription ne fait pas obligatoirement du meuble un coffre liturgique, mais peut signifier son placement sous la protection du Christ. L'organisation du coffre est inédite, et bien née avec lui, comme en témoignent les serrures percées en façade. Trois petits tiroirs aux coloris subtils et aux lignes raffinées, cachés derrière un vantail, devaient servir d'écrin protecteur pour des objets ou écrits précieux. Ils seraient plus une variante de l'esquipel qu'une annonce de la commode, bien qu'on y accède par la façade. Ce coffre remarquable offre tous les caractères des coffres de mariage espagnols, dont la particularité est d'avoir une identité sexuelle: le coffre destiné à la dame, ou " hembra " se distingue du " macho ", coffre masculin, par la présence de petits tiroirs en façade. »  © Catalogue.

Catalogue Binoche et Giquello, Livres anciens - manuscrits, vente du mercredi 29 octobre à Drouot Richelieu.

LaCoiffeuseALaMode300.jpg Photographie de gauche : « Le métel (Antoine, sieur d'Ouville). La Coifeuse à la mode. Comédie. Paris, Toussainct Quinet, 1647. In-4, vélin souple, titre au dos à l'encre (Reliure de l'époque). Frère, II, 358. Édition originale de cette comédie en cinq actes, en vers. Antoine Le Métel d'Ouville, né à la fin du XVIe siècle à Caen ou à Rouen, et mort à Paris en 1657, contribua à la vogue du théâtre espagnol en France. Cette pièce est l'une des plus distrayantes et des plus amusantes de son répertoire. Ex-libris manuscrit ancien Antonii Chalier sur une garde. Mouillure claire sur l'ensemble des cahiers, restaurations en bas du feuillet A1, trou supprimant des lettres au feuillet N4. Manque la dernière garde. Quelques taches à la reliure. » © Catalogue.

Catalogue Boisgirard - Antonini. Vente Tableaux Anciens Mobilers Objets d'art à Drouot Richelieu le jeudi 30 octobre.

EcrinClavecin300.gif Photographies de droite et de gauche : « Joli écrin de clavecin avec son piétement Pour apprécier cet objet il est bon de savoir que les clavecins italiens étaient très souvent logés dans un tel écrin. Les éclisses des clavecins italiens à travers trois siècles étaient trop fines pour supporter le poids d'un couvercle. On les logeait donc dans un écrin, souvent somptueusement décoré. Il s'agit ici d'un tel écrin conçu pour recevoir un clavecin à un clavier et une étendue de quatre octaves et demi. Il est complet avec ses deux éléments du couvercle et son portillon amovible. L'origine de l'écrin: fin XVIIe début XVIIIe siècle. À l'intérieur se trouve aujourd'hui une sorte d'harmonium ajouté sans aucun doute au cours du XXe siècle. L'écrin est placé sur un très joli piétement sculpté, peint et doré. Plusieurs indices le situent à la fin du règne de Louis XIV. EcrinClavecinDetail300.jpg Il est sans doute d'origine française et non pas italienne. La présence de nombreux clavecins de facture italienne est documentée dans les inventaires de l'époque. L'influence du Florentin Lulli, qui avait rang de ministre sous Louis XIV, se fait sentir. Il n'est donc pas surprenant de trouver un écrin, voire un clavecin italien sur un piétement réalisé en France. La dorure et la peinture du piétement, y compris apprêts et réparure sont d'une date ultérieure. État actuel: Jolie caisse de clavecin, complète avec couvercles, portillon et piétement sculpté et doré. À l'intérieur, cependant, un étrange instrument de musique de la famille des harmoniums (XXe siècle). Il comporte une lyre qui date de l'installation de l'harmonium (XXe siècle). Le clavier est ancien. Interprétation: Il s'agit manifestement d'un écrin de clavecin italien selon toute vraisemblance de la fin du XVIIe ou début du XVIIIe siècle. Les touches du clavier sont anciennes, mais proviennent sans doute d'un autre clavecin. Ce clavecin a été décrit par M. Reinhard von Nagel - expert- 20 rue Bouvier 75011 Paris - tél.: +33(0)1 44 93 20 93 - fax: +33(0)1 44 93 20 94. » © Catalogue. 

Catalogue Millon & Associés, Collections & successions - Provenant de demeures Françaises & Belges à Drouot Richelieu le vendredi 31 octobre.

Photographies ci-dessous : « Tanka, pigments polychrome sur textile encadré d'un brocart 168,5 x 41 cm. » Je ne sais pas de quelle époque est cette tanka (peinture sur toile que l'on roule pour le transport) tibétaine. Elle est intéressante car représentant des dakinis (fées ou femmes accomplies) sans aucun personnage courroucé, ce qui est relativement rare dans les peintures tibétaines. © Catalogue.

DakinisTankaEtDetail.jpg Catalogue Audap-Mirabaud, Tableaux, mobilier et objets d'art à Drouot Richelieu le vendredi 31 octobre.

Photographie ci-dessous : « Éventail [détail], la feuille en tissu gouaché à trois cartouches, celui du centre représentant un couple se promenant dans un paysage animé de personnages et amours. Monture squelette en écaille brune ajourée, argentée et dorée. XVIIIe siècle. » © Catalogue. CoupleSePromenant500.gif

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Vendredi 24 octobre 2014 5 24 /10 /Oct /2014 09:00

Une fable ancienne explique comment des grenouilles ne réussissant pas à vivre en bonne intelligence dans leur mare décident de demander à Jupiter de leur donner un chef. Celui-ci plante un bâton au milieu de l'étendue d'eau. Impressionnées par la rigueur et la discipline de leur nouveau maître, celles-ci se tiennent coites, et tout se passe harmonieusement, jusqu'à ce que l'une d'entre elles par inadvertance éclabousse leur dirigeant. Celui-ci ne disant rien cela les étonne. Petit à petit certaines s'enhardissent et tout redevient comme avant. Une délégation de ces batraciens décide de contacter à nouveau le dieu des dieux afin de lui exprimer leur mécontentement. Celui-ci leur envoie un aigle qui les mange toutes.

Cette fable est pour dire combien il est important, avant de critiquer, de prendre ses propres responsabilités. Les démocraties chancelantes amènent la plupart du temps des dictatures … ce que Platon fait remarquer déjà dans son ouvrage intitulé plus tard La République, où il écrit que la tyrannie suit la démocratie. Dans notre 'démocratie' culturelle les choses pourraient être pires ! Cependant il est important de dire ce que l'on pense afin d'envisager collectivement et démocratiquement comment les choses peuvent évoluer positivement.

Par exemple je crois que c'est une bêtise d'instituer comme ministre de la Culture une personne n'ayant dans son curriculum vitae rien en rapport avec la culture si ce n'est une connaissance dans le domaine numérique (et encore seulement dans l'aspect économique) : Diplômée de L’École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC), puis de L'École nationale d'administration (ENA), elle devient magistrate à la Cour des Comptes. Responsable du pôle « Société et Économie numériques » lors de la campagne du présent président de la République à l'élection présidentielle de 2012, elle est nommée la même année ministre déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Économie numérique, et le 2 avril 2014 secrétaire d'État chargée du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l'étranger. Depuis le 26 août elle est ministre de la Culture. Comment peut-on être ministre de la culture sans s'être presque jamais intéressé à ce domaine ? Évidemment de tels exemples sont nombreux dans les ministères … mais est-ce que la sottise justifie la sottise ?

Si au niveau national la situation est préoccupante, au niveau parisien elle l'est tout autant. Vendredi dernier Madame le maire de Paris envoyait un communiqué intitulé « Paris s’affirme comme, la capitale mondiale de l’art ». En le lisant on remarque qu'il ne s'agit presque que d'art contemporain. Elle vente aussi le Musée Picasso (!?!?! frappez sur le revêtement de l'entrée derrière le musée : vous constaterez que c'est de la taule). Il y est de plus question du futur espace culturel de la Monnaie de Paris qui est, comme je viens de le découvrir, partenaire du Google cultural institute !! Le lendemain nouveau communiqué faisant part de l'indignation de la maire face à la dégradation de l'oeuvre représentant un jouet sexuel (plus proche de la scatophilie que du jeu sexuel) sous la forme d'une structure gonflable géante au milieu de la place Vendôme !??! On retrouve de ces structures gonflables géantes encore plus explicites à la première exposition des nouvelles salles de la Monnaie de Paris consacrées à 'l'art' avec des milliers d'autres en chocolat ou tenues par un Père-Noël ou de type sapin de Noël. Plusieurs projections sur les murs nous montrent aussi l'artiste américain écrivant des " fuck " pendant qu'il vocifère des borborygmes. C'est d'autant plus choquant que ce gaspillage d'argent public se produit alors que le pouvoir d'achat des Français ne fait que baisser depuis l'euro, que les jeunes n'ont plus d'endroits pour se divertir à bas prix, que des dizaines de milliers de personnes vivent dehors à Paris, que l'on est là au cœur de Paris et de la France, dans un établissement fondé en 864 par Charles le Chauve : la plus ancienne institution française ... Sans oublier que l'Otan tue des dizaines de milliers d'innocents ... pour qu'un tel artiste américain puisse faire cela au coeur de Paris. Et pendant qu'une grande partie des parisiens souffrent, la maire de Paris encense ces monstruoisités tout en critiquant les extrémismes qu'elle contribue à faire émerger !! 

Cette maire défenderesse acharnée de l'art … contemporain … ne l'est pas du vieux Paris … Dans un article de Le Canard enchaîné du 13 août 2014 on apprend que la maire souhaite « interdire à la CVP [Commission du Vieux Paris institution datant de 1897 et n'ayant qu'un avis consultatif] de fourrer son nez dans tous les dossiers d'urbanisme ». D'accord ce journal n'est pas obligatoirement une référence mais … Encore un communiqué, cette fois du 23 septembre nous apprend que la présidence de la Commission du Vieux Paris est confiée à Bernard Gaudillère, contrôleur général économique et financier au Ministère de l’Économie et depuis 2008 adjoint au maire de Paris chargé du budget, des finances et du suivi des sociétés d'économie mixte. Pour lui aussi le c. v. est culturellement nul ; et il ne fera sans doute pas d'ombrage à Madame le maire. Pourtant le site de la mairie de Paris écrit (voir ici) qu'il a été choisi pour son « souci d’objectivité et d’indépendance ... »

La situation des bâtiments anciens parisiens est préoccupante : voir l'article Architectures RER. Les sujets inquiétants en 2013-2014 ont été nombreux : les anciennes Archives nationales, le Carreau du Temple, le Val-de-Grâce, le Jardin des serres d'Auteuil, le délabrement de certaines églises et de leurs oeuvres du XIXe siècle, la Samaritaine, la Tour Eiffel, la Piscine Molitor, la Monnaie de Paris, l'Hôtel Tubeuf (Bibliothèque Richelieu), l'Hôtel de Crillon, l'Hôtel Salé (Musée Picasso), l'Hôtel Lambert, l'Hôtel de la Marine, les Champs-Élysées (qui ne ressemblent plus à rien) ... sans compter d'autres sujets comme la prostitution culturelle avec le Louvre Abou Dabi (voir l'article ici) etc.

Une autre chose : Paris est trop cher : hôtels, musées, transports, restaurants etc. sans beaucoup de havres de paix gratuits et culturels pour tous les âges.

Encore une fois le but n'est pas de critiquer mais d'exprimer une réflexion sur ces sujets.

Par La Mesure de l'Excellence
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Jeudi 23 octobre 2014 4 23 /10 /Oct /2014 09:00

lepetitechoelamode1823avrildecoupe500lm.jpg Photographie : Première page de couverture de Le Petit Écho de la Mode du 29 avril 1923. « INTÉRIEUR » « ROBE en crépon de laine. Forme droite à taille longue, blousant dans une ceinture plate. Fermeture sur le côté. Décolleté en bateau et manches pagode. Ornements de tresses ou de velours. Jupe unie. Robe 15640, métr. : 3 m. 50 en 110. »

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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 09:00

SainteUrsuleDetail300.jpg C'est toujours avec plaisir que je me rends au musée parisien du Moyen-âge situé dans les vestiges des thermes romains et l'hôtel particulier de Cluny du XVe siècle (www.musee-moyenage.fr/). Ce musée possède un des plus grands ensembles mondiaux d'objets et d'œuvres d'art de l'époque médiévale.

Du 22 octobre 2014 au 20 février 2015 une nouvelle exposition est proposée intitulée Voyager au Moyen-âge qui réunit plus de 160 œuvres.

« Cette présentation est la première étape d’une épopée partagée avec trois autres grandes institutions européennes appartenant au réseau des musées d’art médiéval : le Musée épiscopal de Vic en Catalogne, le Musée du Bargello à Florence et le Musée Schnütgen à Cologne. Ces établissements de renom poursuivent avec le musée de Cluny un même objectif : faire connaître le monde médiéval par l’échange et la mutualisation des œuvres. »

Saint-Jacques-pelerin---RFR2.jpg Le goût du voyage est très présent à l'époque médiévale. Il se développe d'abord dans l'Europe qui se forme. Le christianisme s'y répand notamment grâce à ses pèlerinages, ses moines itinérants, ses compagnons bâtisseurs de cathédrales ... Les marchands voyagent beaucoup. Le périple du marchand vénitien Marco Polo (1254-1324) le conduit jusqu'en Chine. Les aristocrates font de même afin d'assurer une présence sur l'ensemble de leurs terres. Les plus riches (monarques, princes ...) organisent des expéditions comme avec Christophe Colomb (1451-1506) qui ouvre le passage vers les Amériques. Cette culture du voyage est tellement présente que jusqu'au XVIIe siècle les meubles des personnes aisées sont généralement transportables, se démontant, avec des poignées (coffres) ou se pliant (fauteuils, chaises …). Pour la décoration on utilise beaucoup les tissus et les tapisseries qui tout en étant peu encombrants et facilement portables occupent un grand espace une fois déployés. Le Moyen-âge c'est aussi de nombreux royaumes qui s'agrandissent ou se rétrécissent avec certains possédant des territoires très éloignés les uns des autres comme pour les Normands avec des terres dans les actuelles Angleterre, France, Italie, Turquie. Des empires se forment (l'Empire carolingien et le Saint-Empire romain germanique). C'est le temps des croisades ...

Enfant-prodigue-detail-Cl1495.jpg L'exposition a une scénographie intéressante, incorporée dans un immense meuble en aggloméré (espérons que la colle utilisée ne soit pas nocive) s'étalant en vagues et strates, sans début ni fin … Les histoires qui nous y sont contées ont elles un début et une fin. Une carte de plusieurs mètres de long introduit cette exposition. Puis il est question de pèlerinages, voyages sur terre, dans les mers et l'au-delà … à des époques reculées (du temps des vikings) et plus récentes (fin du Moyen-âge) avec des œuvres très précieuses et d'autres de l'ordre de babioles religieuses. Les descriptions sont brèves et claires, mais chaque objet porte en lui tout un monde d'aventures qu'on aimerait connaître plus profondément.

Il est à noter que dans la seconde pièce du musée de Cluny sont présentées temporairement quelques magnifiques faïence hispano-mauresques de Manisès près de Valence en Espagne des XIV-XVe siècles.

Photographie 1 : « Le roi païen fait demander en mariage. Sainte Ursule. Cologne, vers 1490-1500. Huile sur toile. H. 129 cm ; L. 1 55 cm. Paris, Musée du Louvre, département des Peintures. R. F. 969 (Cl. 850b). © RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi. »

Photographie 2 : Détail « Saint Jacques en pèlerin. Bourgogne, vers 1500. Pierre calcaire. H. 104 cm ; L. 43 cm ; P. 29 cm. Provient des services de la récupération artistique, 1945. Paris, musée de Cluny - musée national du Moyen Âge. RFR 2. © RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski. »

Photographie 3 : « Départ du fils prodigue. Détail. Pays-Bas du Sud, vers 1520. Laine et soie. H. 362 cm ; L. 665 cm. Paris, musée de Cluny - musée national du Moyen Âge. Cl 1495. © RMN-Grand Palais / Gérard Blot / Christian Jean. »

Photographie ci-dessous : Cour du Musée de Cluny. © Image provenant du site du musée. » MuseeDeCluny.jpg

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Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 09:00

MuseeCour300.jpg Le Musée de la Chasse et de la Nature présente jusqu’au 26 janvier prochain une petite exposition consacrée au studio photographique des Delton (actif à Paris de 1862 à 1914) sur le thème du cheval étrangement intitulée Voilà les Delton. Une centaine d’oeuvres (principalement des photographies) évoquent une partie de la haute société à cheval pendant le Second Empire et la Belle-Époque. BoisDeBoulogne.jpg On y retrouve les promenades au bois de Boulogne, des portraits équestres, les différentes voitures utilisées, l'hippisme, le cirque et bien sûr la chasse ... Cette exhibition quoique trop courte est très intéressante car stylisée, et présentant le monde chic et équestre de l'époque. On y voit des femmes corsetées et des hommes en haut-de-forme faire du sport … le cheval étant le principal sport alors. Des installations contemporaines ponctuent cette exposition … sans trop de désagrément.  

Ensuite on peut parcourir les deux étages du musée. Un végétarien comme moi, malgré certains objets anciens dignes d'intérêt, se sent mal au milieu de toutes ces images de chasse et d'animaux empaillés. Mais l'endroit est plaisant : deux hôtels particuliers du XVIIe siècle : l’hôtel de Guénégaud et l'hôtel de Mongela, bien qu'on n'y ressente plus beaucoup l'authenticité du lieu. Et puis surtout l'exposition temporaire est vraiment intéressante pour ceux qui sont passionnés de style.  

Photographie de gauche : Cour du musée.

Photographie de gauche : « L’Avenue du Bois, Edmond Grandjean, 1877, Huile sur toile. Coll. Galerie Berko. »

Photographies ci-dessous : « Le Prince Achille Murat et Cora Pearl,1865, tirage photographique moderne d’après plaque de verre. © Archive. » LE-PRINCE-ACHILLE-MURAT-ET-CORA-PEARL.jpg

LE-PRINCE-ACHILLE-MURAT-ET-CORA-PEARLdetail.jpg

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Lundi 20 octobre 2014 1 20 /10 /Oct /2014 09:00

BelleJardiniere1935Detail300lm.gif La pochette est un accessoire de mode masculine qui consiste en un mouchoir ajusté dans la poche extérieure gauche de la veste, au niveau du sein.

J'ai évoqué dans plusieurs articles la place importante qu'occupe le mouchoir dans la mode, en particulier dans celui visible ici. Autrefois on le montre beaucoup. Aujourd'hui ce n'est plus le cas sauf dans le cas de la pochette, reliquat de la gloire passée de ce carré de tissu. 

Photographie de droite : Publicité de « Belle jardinière » du 16 mars 1935, chaîne de magasins de confection qui se développe en France de 1824 à 1972.

 Photographies ci-dessous : « Giovanetti » ('Jeunes hommes'). Gravure provenant Habiti Antichi, et Moderni di tutto il’Mondo de Cesare Vecellio (Venetia, Gio Bernardo Sessa, 1598).

VecellioGiovanettiMouchoirlm La plus ancienne pochette que j'ai trouvée en regardant rapidement mes iconographies c'est une de 1845 ci-dessous.

192a1845elcorreorecadre300lm.gif © Article et photographies LM 

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