25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 07:58

« Le jeudi 2 mars à 18h30, la Crypte archéologique de l’île de la Cité recevra Josiane Barbier, maître de conférences à l’université Paris-Nanterre et Didier Busson, ancien archéologue au Département Histoire de l’Architecture et Archéologie de Paris pour une conférence sur le thème Notre-Dame avant Notre-Dame. » L’entrée est libre dans la limite des places disponibles. Le sujet porte sur les édifices chrétiens avant l’actuelle cathédrale gothique. Plus d’informations ici.

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 07:58

J’ai reçu dernièrement ce communiqué :

« Du 25 au 31 mars 2017, le musée national de la Marine de Paris convie petits et grands à venir profiter d’une semaine de programmation ludique et inattendue avant sa fermeture pour travaux jusqu’en 2021.

Ateliers de matelotage, chasses au trésor, visites théâtralisées ou cours de yoga : toutes les activités sont gratuites et invitent le public à se plonger au cœur des collections et à visiter autrement le musée.

À la veille de sa transformation en grand musée maritime français du 21è siècle, le musée souhaite célébrer cet événement avec le public et lui faire vivre des moments forts et festifs tout au long d’une semaine d’événements dédiés au monde marin.

Grâce à un programme dense et varié, chacun pourra s’amuser, se détendre et bien-sûr se cultiver, dans le cadre exceptionnel du palais de Chaillot au Trocadéro. »

J’y apprend donc que le Musée national de la Marine va être transformé et de manière très significative, puisque le chantier est prévu de durer près de cinq années. Cet  établissement est situé depuis 1943 dans l'aile Passy du Palais de Chaillot à Paris. Donc après la partie de l’aile Passy où se trouve le Musée de l’Homme, c’est au tour d'une seconde partie d’être sans aucun doute dénaturée. Je ne me fais  pas d’illusions ! Voir cet article et celui-ci. Voir aussi ici le dossier de présentation de cette « rénovation ». Dans celui-ci il n'est même pas donné le nom du ou des architectes en charge de ce chantier. Il n'y a pas non plus de plans, ni véritablement d'explications de ce que seront les travaux. On est dans le vent. Bon il vrai que le vent fait avancer les voiliers... mais encore une fois pour notre patrimoine vers une destruction annoncée... dans un bâtiment classé... On a l'habitude maintenant !

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 07:58

« L'Acropole n'est ni à vendre ni à louer. » Voilà un message clair que je lis dans cet article. Il y est notamment ajouté : « la "difficile situation économique du pays" n'est pas un argument pour céder le monument, a argumenté Maria Andreadakis-Vlazakis. » Cette position devrait être suivie par les lieux culturels prestigieux et la politique culturelle français. Pourtant le principe d’inaliénabilité des biens du domaine public, qui est un principe inscrit très anciennement dans le droit public français, est très loin d’être suivi par les autorités.

On lit à l’article L3111-1 du Code général de la propriété des personnes publiques « Les biens des personnes publiques [...] qui relèvent du domaine public, sont inaliénables et imprescriptibles. » L’article L451-5 du Code du patrimoine ajoute que « Les biens constituant les collections des musées de France appartenant à une personne publique font partie de leur domaine public et sont, à ce titre, inaliénables. »

Au lieu de suivre ce principe fondamental, on ouvre toujours plus le domaine public, notamment culturel, au privé et à la marchandisation. Le Louvre Abu Dhabi en est un exemple. Il y en a beaucoup d’autres. On va jusqu’à vendre des parties entières du patrimoine ancien français. Ne parlons pas de la langue française que même les services publics sacrifient au profit de l'américain...

Il paraît que l'Éducation est le premier budget de l'État français. Si celui-ci prenait plus soin de son patrimoine et de sa culture, sans doute aurait-il moins de peine à maintenir une éducation de qualité.

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 07:58

J’ai dans de nombreux articles de ce blog alerté sur le façadisme qui consiste à ne garder de bâtiments anciens prestigieux que les façades, en détruisant l’intérieur pour y substituer une construction moderne. Aujourd’hui on passe à une nouvelle étape : celle de faire d'une ville entière une coquille vide, en lui ôtant tout ce qui la rend vivante, son âme.

Ici je lis que l’objectif est d'évacuer du centre de la capitale française la Préfecture de Police, le Tribunal de Paris, l’Hôpital de l’Hôtel-Dieu. Si on ajoute le Louvre que l’on ampute de ses réserves, et avec elles de ses conservateurs, chercheurs…,  la Monnaie, la plus vieille institution de France, que l’on réhabilite en l’ouvrant au tourisme comme c'est le cas pour la Bibliothèque nationale (quadrilatère Richelieu) et l’École des Beaux-Arts, le centre de Paris va devenir une véritable coquille vide. Alors que ces cinquante dernières années elle a déjà été dépouillée de la majorité de ses habitants, remplacés par de la spéculation immobilière, des bureaux, des touristes, des grandes surfaces, des HLM (l'équivalent parisien) et une politique de la ville désastreuse, aujourd’hui une nouvelle étape est franchie. Pour finir complètement ce chantier, il ne reste plus qu’à supprimer le Sénat et l’Assemblée nationale qui ne servent plus à grand-chose, la politique étant guidée par le Parlement européen lui-même conduit par les groupes de pression à la solde du capitalisme mondialisé.

En s’attaquant à cette ville on le fait évidemment de la France. Dévitaliser les nations, leur culture et leurs institutions publiques permet à d’autres pouvoirs de prendre la place... enfin si on peut dire, car lorsque tout aura été entièrement volé, il ne restera plus rien à prendre !

Photographie ci-dessus : D’après Le Journal des Arts « François Hollande a initié mardi la création d'une "conférence de l'île de la Cité" chargée d'oeuvrer à l'évolution, à l'horizon 2040, du coeur historique de la capitale où cohabitent Notre-Dame et le Palais des premiers rois capétiens. » Ma proposition est de prendre modèle sur la reconstitution de Paris à las Vegas afin de rendre la capitale française plus attractive, et de protéger tout cela dans une géante boule à neige.

Photographies ci-dessous : Paris et la France en général (voir par exemple  le Grand hôtel Dieu de Lyon) sont victimes de ce que j'appelle l'architecture RER, c'est à dire des constructions de béton seulement faites pour passer et non pas vivre. Les Halles en sont une démonstration, avec sa nouvelle structure en forme de gare d'aéroport agrandissant encore le trou béant qui y a déjà été creusé. Même au Louvre on a excavé un abîme dans ses cours, le jardin des Tuileries et même sous ses bâtiments, le tout bien sûr parfaitement inondable puisque juste à côté de la Seine. J'ai dénombré de multiples autres exemples dans ce blog, qui souvent détruisent l'ancien, et évident le sol même si celui-ci possède des strates millénaires d'occupations, comme ci-dessous où l'une des rues que nous distinguons sur la droite est l'endroit où fut assassiné Henri IV.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 07:58

Dans ce blog on trouve de nombreux articles sur des destructions du patrimoine immobilier ancien. Alors que l’on prend soin des œuvres d’art, on détruit largement des bâtiments prestigieux, des jardins, paysages. La banlieue parisienne a subi et continue de le faire, une véritable hécatombe, Paris de même. Souvent on garde les façades mais supprime l’intérieur, en le remplaçant par du béton. Pourtant la pierre est un matériau beaucoup plus noble et précieux… aussi plus écologique. Quant aux paysages ils subissent non seulement une urbanisation anarchique mais aussi une ‘bitumisation’ forcenée.  Aujourd’hui trouver un ensemble parisien, ne serait-ce que du XIXe siècle, avec ses murs, sa décoration intérieure et son jardin n’est pas aisé. Que dire pour les siècles précédents ! Pourtant les lieux ont une âme, que l’on évince en même temps que soi-disant on restaure. Durant l’Antiquité, dans les maisons, il y avait un culte aux ancêtres, que l’on respectait. Chaque famille avait sa divinité ou ses divinités particulières, que toute la maisonnée entretenait. On les appelle mânes, lares, pénates, etc.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 07:58
Pour voir des images de persils électroniques aller sur http://www.lamesure.fr.
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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 07:58

Le dimanche 26 février, de 15h00 à 17h00, est organisé à l'Orangerie du Château de Sceaux un Bal costumé et masqué pour les enfants de 6 à 12 ans accompagnés par un adulte.

Cela se passe deux jours avant Mardi gras, qui se déroule cette année le 28 février. Dans mon village, à cette occasion, les enfants allaient (ils le font peut-être toujours), déguisés et masqués, de porte en porte afin de demander des friandises ou autres surprises. Cette fête, qui date depuis des siècles, voire des millénaires en France, est très peu médiatisée aujourd'hui. C'est une période de carnavals et bals masqués aussi pour les adultes.

À noter que le Musée Cognac Jay de Paris célébrera son carnaval, du 25 février au 25 juin 2017, avec une exposition sur Venise en fête au XVIIIe siècle à travers des peintures, dessins et gravures.

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 07:58

La 226e édition du Salon des Artistes Français se tiendra du 15 au 19  février  2017  sous  la  verrière  du  Grand  Palais à Paris. Je n'irai pas car, comme depuis plus d'un demi-siècle, la laideur y sera chez elle. J'en parle cependant, car il s'agit d'une manifestation très ancienne.

Voici des « Repères essentiels et anecdotes » historiques fournis dans le dossier de presse :

« 1663 · Louis XIV et Colbert, soucieux de voir la gloire de l’État s’étendre aux Arts, proclament l’Académie, unique représentante de la peinture en France et décident qu’il y aura tous les ans une exposition des travaux de ses membres.

1667 · La  première  manifestation  de  ce  qui  deviendra  «  Le  Salon  »  débute  le  23  avril.  Elle  a  lieu  dans  les  locaux de l’Académie. C’est la première exposition d’Art en France, ouverte au public.

1668-81 · L’exposition a lieu tous les deux ans dans « la galerie du Palais Royal et dans la cour du Palais Richelieu ».

1699 · Le futur « Salon » s’installe dans « La grande galerie du Louvre ». Il se compose de quatre grandes disciplines : peinture, sculpture, gravure en taille douce et gravure en médaille.

1725 · L’exposition se tient dans « le Salon de la Cour Carrée du Louvre » (jusqu’au milieu du XIXème siècle), et prend à cette occasion son nom définitif de « Salon ».

1759 · Diderot écrit ses premières chroniques du Salon pour la revue La Correspondance Littéraire de Grimm.

1785 · David expose « Le Serment des Horaces », manifeste du Néo-classicisme. La sculpture de Houdon, la « Diane », choquant le public, a dû être retirée pour indécence...

1791 · Un décret autorise le Salon « libre et universel », ouvert à tous, quelles que soient leurs nationalités  et leurs références picturales.

1793 · David, devenu membre du gouvernement, fait voter le 8 août la suppression de l’Académie. Le nouveau Salon, républicain, crée le système des récompenses, encore en vigueur aujourd’hui.

1819  ·  Géricault  expose  «  Le  Radeau  de  la  Méduse  »,  qu’il  finit  de  peindre  au  Salon,  le  matin  même  de  l’ouverture au public...

1824 · Delacroix expose « Le Massacre de Scio ». C’est le triomphe du Romantisme.

1831 · Le Salon devient annuel.

1845 · Charles Baudelaire publie son premier « Salon ».

1850 · Courbet expose « Un enterrement à Ornans », manifeste du Réalisme.

1855  ·  Napoléon  III  proclame  que  le  Salon  sera  englobé  dans  l’Exposition  Universelle  qui  a  lieu  la  même  année. 770 artistes internationaux exposent 5000 oeuvres dans le « Palais des Beaux-Arts », construit à cet effet.

1865 · Manet présente « Olympia ». Le jury l’accepte. La critique et le public se scandalisent d’un tel choix.

1866 · Emile Zola publie « Mon Salon », l’un des premiers manifestes de l’art moderne. En  avril  1866,  le  Salon  installé  au  Palais  de  l’Industrie  ouvre  dans  une  atmosphère  orageuse:  le  jury  avait  refusé de nombreuse toiles, parmi lesquelles deux de Manet. Désespéré de se voir exclu, un peintre s’était suicidé.  Les  jeunes  artistes  manifestèrent,  réclamant  l’abolition  du  jury  et  le  rétablissement  du  Salon  des  Refusés (1e édition en 1863).

1880 · Jules Ferry institue la « Société des Artistes Français », comité de 90 membres, élus par les artistes précédemment admis.

1883 · Manet expose le « Bal des Folies-Bergères » et meurt le matin même de l’ouverture du Salon. Le 11 mars 1883, les statuts sont approuvés par décret.L’État met à la disposition des Artistes Français les lieux de l’exposition annuelle pour 1 franc symbolique.La société des Artistes Français est reconnue d’utilité publique le 11 mai 1883.

1899  ·  Francis  Picabia,  un  des  futurs  chefs  de  file  du  Dadaïsme,  expose  sa  première  toile  «  Une  rue  aux  Martigues ».

1901 · Le Salon se tient au Grand Palais. »

Etc.

Photographie ci-dessus en haut provenant du dossier de presse : « Jules-Alexandre Grün, Un Vendredi au Salon des Artistes Français, 1911, huile sur toile. Musée des Beaux Arts de Rouen. »

Photographie ci-dessous : Chapitre 449 de Tableau de Paris, Nouvelle édition Corrigée & augmentée, Tome III de 1783, intitulé « Sallon de Peinture. » Coll. LM.

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 07:58

Dans l’article que j’ai écrit dernièrement sur l’exposition Tendre porcelaine de Saint-Cloud, Des formes et des usages au XVIIIe siècle, les photographies prises par mes soins sont assez mauvaises, ne restituant pas la beauté, la blancheur et la finesse de cette céramique. J’ai donc demandé à la communication du Musée des Avelines de me transmettre d’autres images, qui sont meilleures et que voici :

La visite de l’exposition commence par situer la manufacture de Saint-Cloud à travers quelques gravures.

Elle se poursuit en donnant un aperçu de ce qui se fait alors dans ce domaine, en Chine et en Europe : porcelaines chinoises, faïences de Delft aux chinoiseries, porcelaine tendre de Rouen, un exemple de faïence de Saint-Cloud, porcelaines tendres du XVIIIe siècle de diverses manufactures françaises, etc.

La troisième salle possède une première partie sur les objets tournant autour de la toilette : pots à fard et autres onguents, pots à eau pour se laver, pots à oille (on prenait au petit déjeuner du bouillon, du café, du thé ou du chocolat), boîtes (pouvant contenir des mouches pour le visage, des bonbons pour l’haleine, etc.), crachoir, baignoire d’œil, pommeaux de canne, etc.

Ci-dessous : « Pot à fard en blanc, dit « en artichaut ». Porcelaine tendre, manufacture de Saint-Cloud, vers 1730-1750. Dim. H. 11 x D. 7 cm. Saint-Cloud, Musée des Avelines, Inv. 94.2.5. © Ville de Saint-Cloud – Musée des Avelines /A. Bonnet. »

Ci-dessous : « Pot à fard, chinoiseries polychromes à figures. Porcelaine tendre, manufacture de Saint-Cloud, vers 1720. Dim. H. 8 x D. 5,4 cm. Saint-Cloud, Musée des Avelines, Inv. 00.03.1. © Ville de Saint-Cloud – Musée des Avelines /A. Bonnet. »

Ci-dessous : « Boîte, magot chinois polychrome, monture en argent (poinçon de décharge entre 1738 et 1744). Porcelaine tendre, manufacture de Saint-Cloud, vers 1740. Dim. H. 6 x L. 5,5 x D. 5,2 cm. »
« Boîte circulaire à fond jaune, chinoiseries polychromes, monture en argent. Porcelaine tendre, manufacture de Saint-Cloud, vers 1740. Dim. H. 3,2 x D. 5,8 cm. »
« Boîte en forme de chien, chinoiseries polychromes, monture en argent (poinçon de décharge entre 1738 et 1744). Porcelaine tendre, manufacture de Saint-Cloud, vers 1735-1740. Dim. H. 4,7 x L. 7,8 x l. 4,2 x D. 6,4 cm. »
Saint-Cloud, Musée des Avelines, Inv. 02.7.1, 00.07.1 et 94.3.2.
« © Ville de Saint-Cloud – Musée des Avelines /A. Bonnet. »

Ci-dessous : « Canne en jonc avec bec de corbin à tête de lion, polychrome (détail). Porcelaine tendre, manufacture de Saint-Cloud, vers 1740. Dim. H. 102 x L. 3 cm. Saint-Cloud, Musée des Avelines, Inv.93.4.2. © Ville de Saint-Cloud – Musée des Avelines /A. Bonnet. »

La manufacture de Saint-Cloud crée de nouvelles formes pour les nouvelles boissons  comme le thé, le café ou le chocolat.

Ci-dessous : « Bol de cabaret et sa soucoupe, décor oriental « au rocher percé », en camaïeu bleu. Porcelaine tendre, manufacture de Saint-Cloud, vers 1730-1750. Dim. Tasse : H. 6,6 x D. 7 cm ; Soucoupe : H. 2,4 x D. 11,8 cm. Département des Hauts-de-Seine / Musée du Domaine départemental de Sceaux, Inv. 86.5.2.1 et 2. © CD92/ Musée du Domaine départemental de Sceaux. Photographie P. Lemaître. »

Ci-dessous : « Théière en blanc, décor à la fleur de prunus en relief. Porcelaine tendre, manufacture de Saint-Cloud, vers 1720-1740. Dim. H. 10,4 x L. 15,8 cm. Saint-Cloud, Musée des Avelines, Inv. 2008.3.1. © Ville de Saint-Cloud – Musée des Avelines /A. Bonnet. »

Bien sûr la manufacture travaille aussi pour l’art de la table.

Ci-dessous : « Boîte à épices de forme tréflée à couvercle pivotant, broderies à cartels quadrillés en camaïeu bleu. Porcelaine tendre, manufacture de Saint-Cloud, vers 1720-1730. Dimensions : H. 8,5 x L. 14 cm. Château - Musée de Saumur, Inv. Lair 919.13.1.875. © Martine Beck Coppola. »

Ci-dessous : « Seau à verre en blanc décor sur rocher percé et à paysage, en relief, mascarons tirant la langue. Porcelaine tendre, manufacture de Saint-Cloud, vers 1700. Dim. H. 11,3 x D. 13 cm. Saint-Cloud, Musée des Avelines, Inv. C 988.1.2. © Ville de Saint-Cloud – Musée des Avelines /A. Bonnet. »

Elle fabrique de très nombreuses formes : bouteilles, vases, pots à tabac, pots pourris, statuettes, etc.

Ci-dessous : « Pot-pourri couvert en forme de panier fleuri sur terrasse. Porcelaine tendre, manufacture de Saint-Cloud, vers 1750-1760. Dim. H. 15,5 x L. 14 cm. Département des Hauts-de-Seine / Musée du Domaine départemental de Sceaux, Inv. 91.11.1. © CD92 / Musée du Domaine départemental de Sceaux. Photographie P. Lemaître. »

Cette exposition nous donne donc à contempler un trop bref mais bel aperçu de réalisations de porcelaines tendres de la manufacture de Saint-Cloud, dans la ville même de leur production !
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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 07:58

Un peu de tendresse cela ne peut faire que du bien... même s'il ne s'agit que de porcelaine... Mais il est question aussi de beauté, de savoir-faire, de délicatesse, de finesse, de recherche de perfection... à savourer dans l'exposition Tendre porcelaine de Saint-Cloud, Des formes et des usages au XVIIIe siècle, au Musée des Avelines (Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Cloud), jusqu'au 19 mars 2017 ! L'entrée est libre !

La porcelaine de Saint-Cloud (comme la porcelaine du XVIIIe siècle en général) marque les arts décoratifs. Ses productions sont un témoignage encore très vivant de l'épopée de la porcelaine en Occident et d'un savoir-faire aussi bien artistique, technique que commercial acquis dans des difficultés que l'on ne peut même soupçonner, à notre époque où l'on peut fabriquer des objets en les photocopiant et où les marchandises parcourent le monde à des vitesses parfois vertigineuses.

Cette exposition nous offre à contempler deux cents pièces de  porcelaine  tendre  produites à la  manufacture  de  Saint-Cloud  entre 1695 et 1766, avec des exemples provenant du musée et pour la majorité  issus de prêts. Elle nous explique leur naissance, son inspiration, le caractère innovant de cette céramique avec la création de formes originales amenant ou issues d’usages naissants et tout un vocabulaire ornemental novateur. Ce nouvel art de vivre nous est révélé à travers des sections consacrées à la table, au service des boissons chaudes, aux objets de toilette et de 'bagatelles', aux vases d'ornement et à la sculpture.

Depuis que l'Occident découvre la porcelaine chinoise, il ne cesse de chercher le secret de cette pâte d'un blanc très pur. Ce n'est qu'au tout début du XVIIIe siècle que l’alchimiste allemand J.-F. Böttger perce ce secret et fait fabriquer de la porcelaine à pâte dure à Meissen. Avant cela on se contente d'en importer de grandes quantités d'Orient, ou d'en imiter les formes et les décors sur des faïences. L'exposition commence par un exemple de porcelaine chinoise du XIIe siècle dont on peut admirer la finesse et la transparence. On invente aussi un genre nouveau de porcelaine, dite tendre car se rayant. Contrairement à la dure, sa formule ne contient pas de kaolin qui est l'ingrédient magique ! Mais elle est tout de même d'une très grande beauté. Les premiers exemples de fabrication de porcelaine tendre s'observent en Italie avec la porcelaine dite 'Médicis' produite quelques années autour de 1580. En France cela commence à Rouen avec la manufacture de Louis Poterat, à partir de vers 1673-1678 jusque vers 1696, dont l'exposition offre un exemple rare. Une véritable production commerciale débute quelques années plus tard à Saint-Cloud (aux alentours de 1678/90). C’est vers 1693 que celle-ci est portée à sa perfection sous la direction de la famille Chicanneau qui en fabrique jusqu'en 1766. Les autres centres de production de porcelaine tendre en France sont : Chantilly (1725-1800), Lille (une fabrique de pâte tendre s’installe dans cette ville dès le début du XVIIIe siècle à laquelle succède en 1784 une fabrique de pâte dure), Mennecy-Villeroy (1734/1748-1773), Bourg-la-Reine, Sceaux (manufacture de faïence fondée en 1748 ou 9 qui fait aussi de la porcelaine tendre), Vincennes (fondée en 1738 qui déménage à Sèvres en 1756 .

La marque de la porcelaine de Saint-Cloud est un soleil en l'honneur de Louis XIV qui se compare lui-même très volontiers à cet astre, puis en 1722 « St C/T ». La production commence par un décor « en bleu » dès le début en 1690, qui s'efface après 1740 derrière celui « en blanc ». C'est la première manufacture de porcelaine tendre à se lancer dans l'imitation de l'« ancien Blanc », dit « Blanc de Chine » au XIXe siècle. La manufacture de J.-F. Böttger (1709 - 1719) fait de même mais en porcelaine dure.  Dès la fin du XVIIe siècle des décors de couleurs apparaissent. La porcelaine « en couleur » est une technique nouvelle, dès la fin du règne de Louis XIV, durant les trois premières décennies du XVIIIe siècle. Une autre technique est mise en place avec l'or. Les réalisations de statuettes sont aussi très conséquentes.

Ce qui caractérise la porcelaine tendre de Saint-Cloud c’est sa beauté et sa délicatesse, sa production industrielle mais aussi et surtout les nouvelles formes qu’elle lance pour les nouveaux usages.

Cette exposition est donc à voir. Il est regrettable que les objets ne soient pas plus mis en situation, sur un mobilier d'époque, avec un service complet (orfèvrerie, verrerie, etc.), accompagnés de gravures et tableaux où on les retrouverait... Mais le lieu est exigu (seulement trois pièces : une petite, une moyenne, et une plus grande salle). Le manque de place en est sans doute la raison.

On se rend jusqu'au musée assez facilement en voiture que l'on peut garer près de celui-ci. Sinon il est nécessaire de prendre le métro, de passer le pont pour accéder au bus dans la station se trouvant à côté de l'ancienne manufacture détruite en 1968. Voici ci-dessous des photographies que j'ai prises dans l'exposition, avec pour commencer un plan situant cette manufacture (sur le bord de Seine).

Photographie ci-dessus tout en haut : Pots à fard en porcelaine tendre de Saint-Cloud de la première moitié du XVIIIe siècle.

Photographie ci-dessus à gauche : « Sucrier-saupoudreur, broderies à la Berain en camaïeu bleu. Porcelaine tendre, manufacture de Saint-Cloud, vers 1700-1720. Dimensions : H. 16,2 x D. 6,9 cm (diamètre de la base). Château - Musée de Saumur. © Martine Beck Coppola. »

Photographie ci-dessus à droite : « Tasse et sa soucoupe, décor Imari de brocart en polychromie de grand feu et or. Porcelaine tendre, manufacture de Saint-Cloud, vers 1740-1750 . Dim. Tasse : H. 8, D. 7.8, L. avec anse 10.5 cm ; Soucoupe : H. 3,9 x 14.8 cm. Château - Musée de Saumur. © Martine Beck Coppola. »

Photographie ci-dessous : Temple à l'entrée du musée.

Photographies ci-dessous : Le Musée des Avelines est situé dans une jolie villa des années 1930, comprenant une coupole avec des signes du zodiaque aujourd'hui agréable salon de thé donnant accès à toutes les salles d'exposition.

Photographie ci-dessous : L'exposition commence par situer la porcelaine de Saint-Cloud avec tout d'abord un exemple de coupe en porcelaine dur du Chine du XIIe siècle, très fine et translucide, avec un décor de grains de riz et filaments.

Photographies ci-dessous : Plat en faïence de Delft du XVIIe siècle au décor de chinoiseries, et Magot assis en porcelaine dure de Chine de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe. Contrairement à la porcelaine dont la terre à l'intérieur est blanche, dans la faïence, elle est ocre (couleur terre), comme on le constate sur la photographie de droite.

Photographies ci-dessous : Très rare exemple des débuts de la porcelaine française, à Rouen. Il s'agit d'un moutardier de vers 1680, de la manufacture Poterat, avec les armoiries de Jacques Asselin de Villequier (1669 - 1728) et une monture en argent.

Photographie ci-dessous : La manufacture de Saint-Cloud fabrique à la même époque de la faïence, tel ce moutardier de 1700 - 1720.

Photographies ci-dessous : La pâte de la porcelaine tendre est difficilement façonnable, friable, s'affaissant souvent, notamment à la cuisson. De plus les décors (de grand feu) empêchent les repentirs et parfois 'coulent'. La fabrication de ces objets est donc très délicate. Nous avons ci-dessous à gauche un exemple d'accident de cuisson.

Photographies ci-dessous : Petite boîte chantournée en porcelaine tendre de St-Cloud, de vers 1735 - 1740, avec une monture en argent et un décor à or et rehauts d'émail vert.

Photographies ci-dessous : Objets de toilette en porcelaine de Saint-Cloud, avec des pots à eau, une boule à éponge, des pots de toilette à fards, onguents..., des boîtes, un crachoir, un bain d'oeil.

Photographies ci-dessous : Pommeaux de cannes.

Photographies ci-dessous : Nécessaire en blanc en porcelaine tendre de Saint-Cloud, de vers 1740, à la fleur de prunus et insectes (papillons...), avec montures en argent de l'époque.

 

Photographies ci-dessous : Détail d'une plaque murale en faïence de Delft  (Pays-Bas), de vers 1710, avec une dame dégustant une boisson à la mode : thé, café ou chocolat.

Photographies ci-dessous : Tasses et autres théières en porcelaine tendre de St-Cloud.

Photographies ci-dessous : Éléments de table.

Photographies ci-dessous : Pots pourris.

Photographie ci-dessous : Vitrines de l'exposition.

Photographies ci-dessous : Détails.

Il est à noter que le samedi 4 mars à 16h30 aura lieu au musée une conférence gratuite (sans réservation) sur le sujet de La porcelaine française au XVIIIème siècle, de Saint-Cloud à Paris en passant par Sèvres, par Antoinette Faÿ-Hallé, conservateur général du Patrimoine et directeur honoraire du musée national de la Céramique (Sèvres).

Dans un second article visible ici, je présente de meilleures photographies de ces objets.

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Aujourd'hui Internet est dans les mains de quelques groupes. Les informations de leurs utilisateurs sont vendues aux plus offrants par l'intermédiaire notamment des réseaux sociaux. Avez-vous lu les Conditions d'utilisation de Facebook : « vous nous accordez une licence non exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l’utilisation des contenus de propriété intellectuelle que vous publiez sur Facebook ou en relation avec Facebook (licence de propriété intellectuelle). Cette licence de propriété intellectuelle se termine lorsque vous supprimez vos contenus de propriété intellectuelle ou votre compte, sauf si votre compte est partagé avec d’autres personnes qui ne l’ont pas supprimé. » Cela signifie que Facebook peut utiliser à sa convenance et vendre toutes les informations que vous mettez dans votre compte, et même après l'avoir clôturé.

 

     
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