20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 06:58

PROLONGATION EXCEPTIONNELLE JUSQU'AU 12 FÉVRIER 2017

Cette année le musée du Domaine départemental de Sceaux présente du 17 septembre au 31 décembre des dessins de peintres français du Grand Siècle dans une exposition intitulée De Vouet à Watteau, un siècle de dessin français, chefs-d'œuvre du musée des Beaux-Arts de Besançon. On y retrouve des exemples de dessins de nombreux peintres de 1630 aux premières décennies du XVIIIe siècle.

 « Chaque année, le Département des Hauts-de-Seine invite de grands musées à présenter leurs plus belles pièces d’arts graphiques (musée Ingres de Montauban, musée des Beaux-Arts d’Angers ou encore de la Cité de la céramique Sèvres et Limoges...) au musée du Domaine départemental de Sceaux. Ces rendez-vous ont fait du musée l’un des lieux identifiés de l’étude et de la valorisation de l’art du dessin, à l’échelon national.

Du 16 septembre au 31 décembre 2016, le cabinet d’arts graphiques du musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon, l’un des plus riches constitués en région, présentera à Sceaux son fonds français du XVII e siècle, particulièrement prestigieux. L’époque n’est pas choisie au hasard : elle correspond à la naissance du Domaine de Sceaux dont le créateur, Jean-Baptiste Colbert, connut et encadra – au titre de surintendant des Bâtiments du Roi et protecteur de l’Académie royale de peinture et de sculpture – la plupart des artistes dont les œuvres sont exposées. Ce XVII e siècle, traversé par les règnes de Louis XIII et Louis XIV, est surtout celui de l’émergence d’une esthétique proprement française, favorisée et accompagnée par un pouvoir politique soucieux de sa grandeur. Simon Vouet, Nicolas Poussin, Claude Gelé dit Le Lorrain, Charles Le Brun... tous sont représentés au sein de l’exposition. »

Photographie de gauche : « Claude Gellée, dit LE LORRAIN (1600-1682), Paysage avec le palais de Staphyle, v. 1669, pierre noire, plume et encre brune, lavis brun et rehauts de blanc, 398 x 265 mm, D.2698. © Besançon, Musée des beaux-arts et d’archéologie. Photo Pierre GUENAT. »

Photographie ci-dessous : Parc de Sceaux.

Photographies ci-dessous : Intérieur du musée. Le musée du Domaine départemental de Sceaux a une jolie collection en particulier du XVIIIe siècle.

Photographies ci-dessous : Exemples de céramiques de Sceaux du XVIIIe siècle.

Photographie ci-dessous : Une des allées menant au musée.

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 06:58

Avec le projet de loi sur le Patrimoine..., j’ai pris l’habitude de traiter, les lundis, de ce qui m’attriste dans le monde culturel contemporain et même de politique. Je vais continuer de le faire de temps en temps.

Une démocratie mal gérée et corrompue conduit à la tyrannie. C’est Platon qui le dit dans sa République. Cela se confirme dans l’histoire et en particulier dans la contemporaine. Il suffit de constater comment les pays colonisateurs assoient leur pouvoir presque exclusivement sur des dictateurs (dictatures ou régimes corrompus) pour s’en persuader. Prenons l’exemple des États-Unis (non pas le pays et ses habitants mais sa politique colonisatrice) en particulier par l’intermédiaire de l’OTAN. Ceux-ci se servent de l’extrême droite pour manipuler et asseoir leur pouvoir. C’est le cas même dans la vieille Europe, avec tout d’abord les conflits dans l’ex-Yougoslavie qui sont à l’origine de l’entrée massive de l’Islam et des musulmans en Europe ainsi que des États-Unis (les deux allant de couple). C’est le cas aussi aujourd’hui en Ukraine. Ce sera le cas en France.

Qu’est-ce que l’extrême en droite en France ? Celle-ci a beaucoup changé. Tout d’abord on aurait tord de croire que seuls des Français ‘de souche’ votent pour elle. Une grande partie de l’immigration ‘conservatrice’ le fait, s’est à dire attachée notamment à des valeurs religieuses quelles quelles soient. Les musulmans de France ne sont pas en majorité de gauche mais bien de droite, et une bonne partie d’extrême droite. J’écoutais un entretien avec Alain Soral dernièrement où celui-ci disait que le Front national lui avait donné, il y a de cela quelques années, la mission de créer des liens avec les musulmans. Il ne faut pas croire que l’islamisation de la France s’arrêtera avec le Front national au pouvoir. Il y a de grandes chances que cela soit le contraire.

Que faire alors si voter ne sert absolument à rien aujourd’hui ? Réfléchir, se comporter en être libre et responsable, être conscient, ouvrir les yeux est déjà beaucoup. Je le répète une démocratie corrompue conduit à la tyrannie.

En voulant affaiblir l’extrême droite française d’autres extrêmes-droites se sont développées comme l’islamisme ou le sionisme. Et même si on réussissait à faire que ces trois là se calment, une quatrième surgirait, etc. Couper la main qui montre le problème ne résout pas ce dernier. Reprendre en main la démocratie ne se fera pas grâce à l’arrivée d’un 'régime salvateur' mais bien par une prise de conscience individuelle, de chacun quelle-que soit son origine, en se comportant soi-même en être libre et responsable... notamment…

Chacun doit agir à son échelle afin de rendre la vie commune riche et émancipatrice. Personnellement je le fais dans ce blog en m’intéressant au patrimoine qui est à l’origine de ce que nous sommes aujourd’hui, et que nous devons respecter si nous voulons respecter l’avenir.

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 06:58

Du 16 septembre 2016 au 23 janvier 2017 le musée Jacquemart-André nous invite à rencontrer un Rembrandt intime.

Cette exposition réunit une vingtaine de tableaux et une trentaine d’œuvres graphiques (dessins et gravures) de l’artiste. Le thème de l’intimité est mis en valeur de deux manières particulières :

- Avec plusieurs autoportraits et des portraits de son entourage.

- En nous décortiquant le processus créatif à travers des exemples des techniques utilisées par Rembrandt avec des exemples de gravures, dessins (encre, plume…) et huiles.

L’intimité est aussi dans les détails des peaux, des habits, des expressions, etc. De même elle est présente dans la révélation de presque chacune de ses œuvres à travers la lumière. Mais là où Rembrandt est vraiment magistral c’est dans son art… son habileté à créer en véritable artiste, à manier le dessin, la couleur, la perspective, la lumière, à rendre les formes, les sensations...

De près ou de loin ses œuvres sont d’une grande richesse. On évolue autour de ses toiles comme à travers un paysage qui se révèle à nous à chaque mouvement ; du moins c’est ce que j’ai ressenti pour de nombreuses d’entre elles.

Et puis le musée Jacquemart-André est un lieu magnifique et très élégant...

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 06:58

Le musée Marmottan réunit du 15 septembre 2016 au 22 janvier 2017 des peintures de Ferdinand Hodler, Claude Monet et Edvard Munch dans l’exposition Hodler Monet Munch.

Photographie ci-dessus : « Ferdinand Hodler, Le Promeneur à l’orée du bois, vers 1885, Winterthour, Fondation pour l’art, la culture et l’histoire © Institut suisse pour l’histoire de l’art, Zurich. »

Photographies ci-dessous : de gauche - « Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872, Paris, Musée Marmottan Monet © Christian Baraja » ; et de droite - « Ferdinand Hodler, Le Lac Léman vu de Chexbres, 1904-1905, Winterthour, Fondation pour l’art, la culture et l’histoire © Institut suisse pour l’histoire de l’art, Zurich ».

Cette exposition est une occasion de contempler la belle collection de ce musée consacrée au XIXe siècle, avec quelques exemples ci-dessous.

Photographie ci-dessous : Lors de ma visite la climatisation devait ne pas fonctionner car certaines fenêtres étaient ouvertes ce qui n’est pas bon pour les peintures (crottes de mouches) et pour les dessins sur papier notamment. Mais j’ai pu photographier la cour de derrière le musée ce qui est assez surréaliste.

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 06:58

Je me suis rendu à l’exposition sur le sculpteur Edmé Bouchardon intitulée Edmé Bouchardon (1698-1762) : Une idée du Beau au Louvre jusqu'au 5 décembre. J’en suis ressorti avec une drôle d’impression que je ne peux pas exprimer… quelque chose d’étrange. Pour y arriver je suis passé par l’immense centre commercial qu’on a créé en dessous de ce lieu historique. Pour ce faire il est évident que l’on a détruit de très nombreux vestiges de bâtiments qui y étaient présents comme le prouvent les plans anciens de Paris. Cela personne ne l’a jamais dit. Et puis déambuler au milieu de toutes ces boutiques que l’on retrouve ailleurs dans le monde (voir ici), c’est un peu comme marcher au milieu des marchands du temple.

Ensuite j’arrive à l’exposition. Celle-ci présente de très nombreux dessins du sculpteur et finalement peu de sculptures. Surtout j’ai trouvé l’ensemble étrange. Et cela n’était pas seulement dû à l’ambiance chlorée de l’exposition baignant dans du blanc et du bleu fond de piscine. Avant de sortir je suis passé à la présentation aux journalistes. Les commissaires parlaient face à une femme totalement voilée qui s’était placée juste au milieu et devant les journalistes.

En arrivant chez moi je me suis dit : Et si la création du Louvre Abou Dabi (voir ici) avait été le résultat de tractations occultes avec valises de billets ? Ce projet est encore plus insensé que celui de proposer une coupe du monde de football au Qatar, n’est-il-pas ? Envoyer des œuvres d’art en plein désert, qui plus est dans une dictature est étrange non ? Une institution culturelle française batifolant avec des émirs c’est loufoque. Du reste tout le monde ne parle que d’argent à ce sujet… jamais de culture. On est très loin de l’esprit des Lumières !

Et puis au Louvre d’autres choses sont curieuses comme la création du Louvre Lens et de l'externalisation de toutes ses réserves à côté de cette ville à Liévin, alors qu’à peu près tous les conservateurs de cette institution et les chercheurs associés sont contre. Tout cela se fait avec l’argent d’Abou Dhabi. Et comme l’argent mal acquis ne profite jamais…

Le Louvre est une institution publique, et l’un des plus vieux, des plus grands et des plus riches (par ses collections) musées du monde. Il devrait être exemplaire.

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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 06:58

Le couple de collectionneurs Nuits de Satin expose une partie de sa collection de bikinis dans le cadre du SalonsCE Paris, salon national des élus de comités d'entreprise et des représentants du personnel (entrée gratuite) qui a lieu du 20 au 22 septembre 2016, à Paris Expo Porte de Versailles.

Sur leur site on peut y découvrir entre autres une collection de corsets, de tournures, de guêpières, de lingerie, de maillots de bain et bien sûr de bikinis.

« L'exposition "BIKINI Légende : 80 ans de congés payés et de mode balnéaire" réunira 60 pièces de cette petite invention française incontournable de la mode, célébrant ainsi les 80 ans des congés payés et les 70 ans du bikini. »

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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 06:58

Il est encore temps de courir jusqu’à l’exposition Trésors de l’orfèvrerie allemande du XVIe siècle - Collection Rudolf-August Oetker qui se tient à la Fondation Bemberg à Toulouse jusqu’au 25 septembre.

C’est une occasion de vous montrer cette coupe en forme de poulaine, probablement de Melchior Meyer, provenant du sud de l’Allemagne (autour de 1600). Le grelot au bout de la chaussure n’est pas une invention de l’orfèvre. Certains élégants pouvaient en disposer à l'extrémité pointue de leurs poulaines, parfois beaucoup plus longues, ou d'autres colifichets.

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 07:55

« Pour celles et ceux qui n'auraient pas pu assister à la visite thématique de juillet, une séance de rattrapage est possible dimanche ! La vaisselle XVIIIe de la compagnie des Indes sera exceptionnellement présentée et la table dressée avec les couverts (très rares) du XVIIIe siècle, disposés à l'envers à côté de l'assiette ! La fourchette ne fait qu'une timide apparition, elle nous vient d'Italie tandis que les verres ne sont jamais présents sur la table...

Mais au fait que mangeait-on précisément, dans quel ordre les plats arrivaient-ils à table ? À la cour de Lunéville, très brillante, la fille de la Palatine devenue duchesse de Lorraine avait fait construire une table volante... À laquelle on a sans doute mangé des "Pâtés de mauviettes" !

[...]

Je ressusciterai un peu de cette douceur de vivre avec vous dimanche dans cette belle maison qu'est La Grange.

Bien cordialement,

Flora Moritz »

En savoir davantage en cliquant ici.

Photographies de Flora Moritz.

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 06:58

 M. Sylvain Pinta, chargé des collections céramiques du MUDO, Musée de l'Oise de Beauvais, a eu l'extrême amabilité de nous entretenir sur les terres cuites du Beauvaisis.

– Quelle est la caractéristique de la céramique du Beauvaisis ?

La céramique du Beauvaisis se caractérise par la présence d’argiles de différentes natures (bleuâtre, gris foncé, beige, rose, violet, rouge ou parfois mêlées) mises à découvert sur près de 85 km de long par un effet d’érosion de l’anticlinal de Pays de Bray. Ces argiles de grandes qualités associées à de grandes surfaces boisées ont permis de développer au fil des siècles cette activité et d’être un centre de production novateur et reconnu en France et en Europe. Bernard de Palissy vante la valeur des argiles du Beauvaisis, Ambroise Paré loue la qualité des grès de Beauvais, Alexandre Brongniart conseille le Beauvaisis à Jules Ziegler pour la création d’un atelier.

– Depuis combien de temps cette terre est-elle utilisée ? Est-il vrai que l’on fabrique de la céramique en Beauvaisis depuis le néolithique jusqu’à aujourd’hui sans interruption ?

La production en Beauvaisis est attestée depuis près de deux mille ans. Les fouilles archéologiques ont mis à jour un grand centre céramique, le plus important de la région pour le Ier siècle à Aux Marais, village à quelques kilomètres de Beauvais. Déjà à cette époque, les céramiques du Beauvaisis sont de grande qualité. Ce centre se divise en deux zones d’activité. L’une au centre du village regroupe des tuiliers qui utilisent de l’argile rouge, l’autre à l’écart, rassemble les potiers qui se servent d’argile grise. La production est attestée les siècles suivants comme à Rainvillers (IIe siècle). Pour l’époque Mérovingienne, les ateliers de potiers restent inconnus, mais les fouilles archéologiques menées à Beauvais prouvent que l’activité se poursuit pendant le haut Moyen-Age.
Il est certain que par la richesse de ses argiles, l’activité de la céramique s’ancre à tout jamais dans le Pays de Bray.

Ainsi en 1803, dans sa Description du Département de l’Oise, Jacques Cambry, premier préfet de l’Oise indique :

« Les poteries de Savignies sont de la plus haute antiquité ; on peut en juger par l’identité des vases qu’on trouve au fond des puits de ce village, et dans les fouilles de Bratuspance.
La seule tradition transmise de père en fils dans Savignies est que S. Pierre et J.C. sont venus visiter ces lieux
» (sic).

– Comment a évolué la production potière au long des siècles ?

Au Ier siècle, les poteries d’usage commun sont à pâte blanche. Il s’agit de cruches, de brûle-parfums, de mortiers… principalement diffusés dans le Beauvaisis. Au IIIe siècle, les fouilles démontrent un essor majeur des productions en pâte grise avec une large diffusion sur Beauvais et ses environs. Entre le Ve et VIIIe siècles, la technique évolue, avec des céramiques plus rugueuses. Dès le IXe siècle, les pièces sont tournées plus rapidement, les pâtes deviennent plus fines. La cuisson plus maîtrisée les rend plus sonores. Le décor peint à l’ocre rouge réapparait alors. Cet ornement perdure jusqu’au XIVe siècle. Au XIIIe siècle, les formes évoluent et deviennent plus élancées.

Dès le premier tiers du XIVe siècle, grâce à une bonne connaissance des argiles et l’utilisation de nouveaux fours plus performants, les potiers de Saint-Germain-la-Poterie opèrent une véritable révolution technique et découvrent un nouveau matériau, le grès. L’argile à grès, naturellement présente dans le Beauvaisis, cuite entre 1150 et 1350 °C, offre une paroi fine, imperméable et légèrement vitrifiée.

La finesse d’exécution et l’utilisation d’une argile pure permet au grès du Beauvaisis d’être considéré au XVe siècle comme un produit à la mode, d’une grande élégance, diffusé dans tout le royaume et exporté à l’étranger. Au XVIe siècle, le Beauvaisis reste un centre céramique français avec la production de terres vernissées au sel de plomb, qui prennent la forme de plats à décor gravé, écuelles… dont les plats a sgraffiato. Le potier applique un engobe d’une couleur différente sur la pièce déjà tournée. Il grave ensuite un décor jouant sur les différences de couleurs avant de faire cuire et émailler la céramique. Au XVIIe et au XVIIIe siècles, la production se poursuit avec certains plats décorés à la corne.

Le XIXe siècle est un siècle de mutation et de renouveau. En 1839, le peintre Jules Ziegler s’installe à Voisinlieu, et introduit la production du grès salé en France. Ses grès sont originaux par leurs formes moulées ou par les décors appliqués, et une couverte marron caramel est obtenue par cuisson de chlorure de sodium en fin de cuisson. Jules Ziegler redonne alors un lustre artistique à une matière devenue commune. Les potiers brayons reprennent cette technique pour créer des objets utilitaires comme des pots à tabac… La mécanisation se développe également dans les ateliers qui deviennent parfois de véritables usines comme la Manufacture Boulenger, la première à produire des carreaux à décor incrusté en France. Après avoir pressé la terre dans un  moule en relief de plâtre, les creux sont remplis d’une terre colorée liquide, la barbotine. Les décors reprennent le goût de l’époque (carreaux d’inspiration médiévale, ou plus décoratifs pour créer de véritables tapis de sol). Les carreaux vont faire l’objet de recherches et de dépôts de brevets. En 1889, Octave Colozier reprend et modernise l’entreprise familiale pour produire à très grande échelle des carreaux à décor selon un procédé de poudres argileuses sèches. A côté de ces usines, dont les tuileries, se poursuit une activité artistique. Auguste Delaherche, parmi les premiers découvreurs du rouge sang de bœuf tant convoité au XIXe siècle, est un artiste mondialement reconnu. Johan Peter Gréber fonde une manufacture qui diffuse, à travers une dynastie d’artistes, pendant près d’un siècle, des céramiques architecturales ou décoratives très recherchées. Au XXe siècle, Charles, Pierre et Françoise Gréber marquent la céramique beauvaisienne. A la fin des années 1960, une nouvelle génération d’artistes et de potiers prend la relève de Pierre Pissareff et d’André Boucher. Parmi eux, Jean-Michel Savary, Jean-Louis Nigon, Jean-Luc Noël, puis Patrice Deshamps, Monique Lesbroussart… Aujourd’hui l’association Potiers et Céramistes de l’Oise regroupe 21 potiers.

– Quelles sont les plus belles pièces en céramique du Beauvaisis que possède le MUDO ?

Il est toujours difficile de faire un choix parmi les près de 5 500 pièces que compte la collection céramique du MUDO-Musée de l’Oise, ce qui en fait une des plus riches collections de céramiques en France. Certaines pièces emblématiques proviennent de la collection céramique sauvée de la destruction du musée pendant la Seconde Guerre Mondiale, comme les épis de faitage en terre vernissée du XVIe siècle (Musicien à la vieille, Musicien à la harpe), ou le Plat de la Passion, plat entièrement moulé daté de 1511 et entré dès la constitution des collections du musée en 1843. D’autres pièces démontrent la qualité des grès du Beauvaisis comme le Godet à anneaux en grès du XVe siècle donné par Pierre Pissareff. Le musée possède également de très beaux ensembles céramiques provenant de généreux donateurs comme l’ensemble de plats du XVIIIe siècle en terre vernissée de Savignies provenant du legs de Gaston Mourgues de Carrère en 1932, de la plus riche collection de céramiques d’Auguste Delaherche, le maître céramique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle constituée autour du legs de Jeanne Delaherche (au total près de 650 céramiques) ou du don en 1980 par le potier Pierre Pissareff de sa collection comportant notamment des grès, des terres vernissées ou des faïences caractéristiques de la production des manufactures brayonnes au XIXe siècle (près de 650 céramiques également). Les derniers coups de cœur iraient pour la Cheminée aux Paons, chef d’œuvre d’Auguste Delaherche constitué de 105 morceaux, entré dans les collections en 2000, ou le Plat décoré a sgraffiato du XVIe siècle acquis avec trois autres céramiques exceptionnelles en décembre dernier, par préemption de l’Etat pour le MUDO, lors de la mise en vente publique de la collection d’E. Chami, spécialiste de la céramique beauvaisine.

– Quelles sont les dernières découvertes archéologiques ?

Dans les dernières découvertes archéologiques, le Service archéologique de la Ville de Beauvais a eu l’occasion d’effectuer les fouilles d’un site cher aux Beauvaisiens, qu’est l’ancienne manufacture Greber. Certaines de ces pièces sont actuellement visibles au MUDO, dans l’exposition « Vivre, créer, Découvertes récentes et énigmatiques archéologiques dans l’Oise », notamment un moule en plâtre de la plaque publicitaire de la manufacture de Pierre Gréber que possède le musée.

Dans l’exposition « Autour d’une même terre », deux doubles gourdes en grès du XVe siècle découvertes à Savignies, actuellement déposées pour étude au Service archéologique de la Ville de Beauvais, sont remarquables par leur finesse d’exécution et l’interrogation sur la nature de leur usage. Sont-elles des gourdes à usage liturgique pour transporter à la fois l’eau bénie et le vin ?

Dernièrement, une fouille préventive menée par le Service archéologique du Département de l’Oise a permis de mettre à jour un four à Saint-Léger-en-Bray.

– Où peut-on contempler de bels exemples in situ d’éléments architecturaux et ornementaux réalisés en céramique du Beauvaisis ?

 Dans Beauvais, il est possible de voir de beaux ensembles de constructions agrémentées de céramiques architecturales Art Nouveau comme Avenue Victor Hugo, sur le Boulevard Saint André ; de l’Entre-Deux-Guerres sur la façade de l’ancien atelier de céramique au Lycée des Jacobins, rue des Jacobins ; ou réalisées après-guerre sur la façade de la Poste de Beauvais ou encore la Maison Biaggi 29 rue Malherbe. Plus récemment, Jean-Michel Savary a réalisé des ensembles de céramique architecturale. En 2001, une fresque lui a été commandée par la ville de Beauvais pour parer la gare, et en 2008, il participe à l’ornementation du complexe Aquatique Aquaspace.

Le Beauvaisis comporte également parmi les façades les plus remarquables, les façades catalogues [sur les Maisons-catalogues de céramistes voir ici] de la Maison Boulenger, construite vers 1885-1887, Avenue Foch à Auneuil, et celle de la Manufacture de Charles Gréber rue de Calais à Beauvais. En 1911 il pare de céramiques la maison à pans de bois qui sert de magasin. Ces deux maisons sont classées Monument historique.

En France, les céramiques architecturales du Beauvaisis ont paré des halles et se trouvent encore sur les villas balnéaires comme sur la côte picarde à Ault-Onival.

Photographie du haut : Grands plats du XVIe siècle en terre cuite glaçurée. Celui de gauche est à « décor avec sentence à double sgraffiato, D. 40,7 cm, H. 7 cm ». Le second est en « grès azuré » avec un « décor estampé aux armes de France », « D. 31 cm, H. 6 cm. Musée départemental de l'Oise, dépôt du musée national de Céramique, Sèvres. » Photographie et textes provenant de Dossier de l'Art, hors-série n°17, intitulé « Beauvais : Ville d'art et d'histoire ».

Photographie de gauche : « Cruche à décor d'entrelacs tressés peints en rouge formant des tourbillons, XIe siècle. Terre cuite peinte, H. 28,2 cm, D. 27,1 cm. Photographie et texte provenant de Dossier de l'Art, hors-série n°17, intitulé « Beauvais : Ville d'art et d'histoire ».

Photographies de droite et de gauche : « Plat dit "plat de la Passion", XVIe siècle. Terre cuite glaçurée à décor estampé et glaçure de manganèse brun. D. 36,4 cm, H. 6,4 cm. » Photographie et texte provenant de Dossier de l'Art, hors-série n°17, intitulé « Beauvais : Ville d'art et d'histoire ».

Photographie de droite : Vase du XIXe siècle.

Photographie ci-dessous : Entrée de la Maison Boulenger, construite vers 1885-1887, avenue Foch à Auneuil dont les façades-catalogues sont recouvertes d'exemples divers de productions en céramique. Photographie Wikipedia. «  Par Alain Darles - Travail personnel, CC BY-SA 3.0 ».

Photographies ci-dessous : D'autres maisons de l'avenue Foch à Auneuil possèdent des façades-catalogues.

Photographies ci-dessous : « Épi de faîtage : Musicien à la vielle, XVIe siècle. Terre cuite glaçurée. H. 58,6 cm, L. 25,5 cm, P. 23,5 cm. © M. Beck-Coppola. » Photographie et texte provenant de Dossier de l'Art, hors-série n°17, intitulé « Beauvais : Ville d'art et d'histoire ».

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 14:00

La tour Saint-Jacques ouvre ses portes au public jusqu'au 25 septembre 2016 (voir ici).

Pour ceux qui veulent dès à présent y être, une vue à 360° est proposée ici.

Construit au début du XVIe siècle, ce bâtiment était alors le clocher de l'église Saint-Jacques le Majeur datant du XIIe siècle. Aussi appelée Saint-Jacques-de-la-Boucherie, elle fut rénovée plusieurs fois (Nicolas Flamel y fit construire un portail vers 1400), puis détruite. La tour subsiste toujours.

Sa restauration a coûté 8,3 millions d'euros à la Ville de Paris et l’État. C'est beaucoup. Franchement quand on entre dedans cela ne se voit pas. C'est donc le signe d'une très bonne restauration me direz-vous. Sans doute. Mais j'ai trouvé étrange lors de ma visite de découvrir, après avoir monté les escaliers (en tout il y aurait trois-cents marches), une première salle qui ressemble à celle d'un chantier avec son placoplatre, etc. Évidemment c'est mieux que de détruire pour remplacer par du béton et du verre comme au premier étage de la tour Eiffel (voir ici). Puis on continue à monter vers une seconde pièce délabrée ; celle où se trouvaient les cloches, et qui monte jusqu'au toit de l'édifice. Certes les pierres ont été restaurées de même que les vitraux, mais pas le mobilier en bois, sans doute du XIXe qui s'effrite. Enfin on arrive au sommet pour découvrir les statues de St-Jaques et des animaux (qui dataient du XIXe siècle comme nombre des fioritures sur les façades) représentant les quatre évangélistes entièrement refaits. Tout cela donne une impression étrange. Sans doute que cette restauration récente a manqué de vision d'ensemble.

Ce monument est au milieu d'un prestigieux ensemble : au centre de Paris. C'est pour cela que j'ai été très heureux d'y monter. Dès sa construction, il fut placé dans la croix formée par la Seine et les boulevard St-Michel, rue St-Denis, rue St-Martin et rue St-Jacques (voir plan ci-dessous). Le boulevard St-Michel fut percé avant 1860 par Haussmann, à la place des rues de la Harpe et d'Enfers, elles aussi parallèles à la rue Saint-Jacques et très anciennes. La rue Saint-Denis aurait été tracée par les Romains au 1er siècle. C'était l'avenue des Champs-Élysées du Moyen Âge. La rue Saint-Martin existait aussi déjà sous les Romains, et la rue St-Jacques sous les Gaulois. Quant au boulevard Saint-Germain qui délimite l'axe de la Seine, c'est aussi le baron Haussmann qui planifia son percement. La partie délimitée de la Seine était celle qui autrefois faisait partie de Paris (autour se trouvaient les faubourgs). Au cœur de cette croix se trouve l'église Notre Dame, érigée sur un ancien temple, et au centre, un peu plus haut, la tour St-Jacques.

Face à la tour Saint-Jacques deux rues forment une croix, l'une ayant pour nom Nicolas Flamel et l'autre le nom de sa femme Dame Pernelle. En 1851 on leur donna ces noms. À cette époque on réaménagea cette tour et autour afin de bien montrer sa disposition ésotérique, ou plutôt centrale dans Paris. Notamment on plaça (je pense que c'est à cette époque) en haut du bâtiment les quatre animaux fantastiques représentant les quatre directions et les quatre évangélistes, avec surplombant ceux-ci une statue de Saint-Jacques. Sur le sol trois statues monumentales autour de la tour formaient un triangle. On avait donc un symbole alchimique du soufre (le triangle et la croix). Puis vers 1988 des travaux furent faits. On creusa un garage à voitures dans lequel on entre par la rue Pernelle et qui est en dessous de la rue Saint-Martin et du bâtiment dans lequel on a alors installé de grandes enseignes internationales. Pour cela on a détruit toutes les découvertes archéologiques qu'on y a faites dont de nombreuses demeures gallo-romaines sous la rue Saint-Martin. Ce garage doit sans doute se continuer sous le jardin de la tour Saint-Jacques qui était en travaux pendant toute la durée de la création de ce sous-terrain pour voitures. C'est à ce moment qu'on enleva les trois grandes statues. Donc maintenant quand on marche sur cette partie de la rue Saint-Martin, on le fait sur du vide, alors qu'auparavant on était sur les pas de milliards de personnes depuis des temps reculés.

Mais encore aujourd'hui, lorsque vous marcherez près de la tour Saint-Jacques, vous saurez (si vous ne le saviez pas déjà), que vous êtes dans un endroit magique, placé dans une géographie parfaite (le cercle et la croix) de Paris ; ville inscrite de la même façon dans un hexagone parfait que l'on appelle encore aujourd'hui la France.

Tout cela est très loin d'avoir été fait par hasard. Autrefois on construisait les maisons, les villes et même un pays en ayant cette vue, cette intelligence de la terre, de sa place, de notre place, dans une sorte de concert fin (subtil) communautaire, où l'esprit se mêlait entièrement à la matière pour devenir perfection.

Photographie ci-dessous : Cercle (en jaune) suivant à peu près l'enceinte de Philippe Auguste (1223), délimitant une croix formée horizontalement (en rouge) par la Seine et verticalement (en bleu) par les rues St-Denis, St-Martin, St-Jacques et St-Michel.

Photographie ci-dessous : Croix formée par les rues Nicolas Flamelle et Pernelle juste en face du carré de la tour Saint-Jacques.

Photographies

Ci-dessous : Premier étage de la tour ressemblant à une salle de chantier.

Ci-dessous : Second étage, le clocher, avec ses boiseries délabrées.

Ci-dessous : Graffiti dans l'escalier.

Ci-dessous : Sur le toit, les sculptures sont équipées de quatre paratonnerres.

Ci-dessous : Vues depuis le toit.

Ci-dessous : Le bâtiment en béton particulièrement disgracieux est celui de la Faculté de Médecine (rue des Saints-Pères) construit après avoir détruit vers 1935 celui de l'hôpital de la Charité datant du début du XVIIe siècle.

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