Le nouveau Musée de l'Homme

Le nouveau Musée de l'Homme ouvre le 17 octobre prochain, après six années de travaux dans le palais de Chaillot à Paris.

Une nouvelle fois on assiste à une agression sur un bâtiment ancien.

La partie du dossier de presse sur « Le projet architectural » commence ainsi : « Le Musée de l’Homme bénéficie d’un emplacement exceptionnel dans l’aile Passy du Palais de Chaillot. Le projet architectural ne modifie en rien l’apparence extérieure mais derrière les façades monumentales de ce bâtiment historique de 1937, tout est différent. retour sur une métamorphose fonctionnelle, lumineuse et réversible. »

Réversible... mais pas pour ce qui a été détruit : « […] les structures verticales et les planchers de tout le corps central ont dû être consolidés, voire remplacés […] Les architectes ont ouvert le musée sur son environnement, ils ont fait entrer la lumière en valorisant les ouvertures existantes et en créant un nouveau puits de lumière dans le pavillon de tête par la suppression du plancher du salon de musique qui occultait, depuis le premier niveau, la verrière héritée du palais de Davioud. »

Pour résumer, si vous voulez voir un bâtiment construit dans les années d'avant-guerre, surtout restez à l'extérieur du musée de l'Homme... à l'intérieur « tout est différent ».

Il est nécessaire d'ajouter que le Musée de l'Homme est né avec le Palais de Chaillot, et que c'est extrêmement dommage de ne pas avoir cherché à conserver au moins des bribes de la mise en scène d'origine !

Et oui, l'homme sous ses allures d'architecte ou de directeur de musée peut aussi être un vrai sauvage. Vivement qu'il évolue !

Photographies du dossier de presse.

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Le château de Versailles

La direction calamiteuse du château de Versailles se poursuit. Cette fois il s'agit de détruire un escalier de service menant aux appartements de la Reine appelé 'escalier Fleury' afin d'y installer une climatisation (article de Le Point du 29 septembre 2015). 

Je rappelle que dernièrement un jardin moderne a été aménagé dans les jardins de Versailles de Le Nôtre, que trois bâtiments lui appartenant vont être transformés en hôtel, que les choix artistiques contemporains qui y sont exposés régulièrement sont plus que polémiques, que l'utilisation de fac-similés à la place de vraies peintures y est fréquente, que les restaurations sont souvent douteuses, que le garde-meuble de Louis XVI du château vient d'être vendu pour être découpé en appartements, que le château sert pour des fêtes décadentes comme celle récemment pour le président de la République populaire de Chine (n'est-ce pas décadent d'inviter le président d'une dictature ?)... C'est déjà beaucoup non ?

Le château de Versailles et le Louvre sont deux institutions culturelles qui prennent depuis quelques années une direction alarmante.

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Le thème du fantastique dans l'estampe

Au Petit-palais de Paris, deux expositions rendent un hommage au fantastique à partir du 1er octobre 2015 jusqu'au 17 janvier 2016.

La première Kuniyoshi, le démon de l’estampe fait découvrir pour la première fois en France près de deux-cent-cinquante œuvres du graveur japonais Utagawa Kuniyoshi (歌川 国芳, 1797 ou 1798 - 1861).

La seconde, L’estampe visionnaire, de Goya à Redon expose plus de cent-soixante-dix estampes en noir et blanc provenant des collections de la Bibliothèque nationale de France.

D'abord il est nécessaire de dire que les programmateurs et les réalisateurs de cette double exposition ont une vision très réduite du thème du fantastique. On entre dans cette exhibition par une arche dont la partie supérieure est un squelette, et un autre nous dit adieu à la fin de celle-ci. Pourtant les estampes de Kunioshi sont loin de l'esprit morbide des organisateurs avec ses chatons, ses animaux géants ou ses guerriers multicolores.

La vision réduite de leur 'fantastique' est en particulier évidente dans la seconde exposition. Mais avant d'en parler continuons avec la première qui présente des estampes et peintures de Utagawa Kuniyoshi (qui aurait produit plus de dix-mille oeuvres), provenant pour l'essentiel d'une collection particulière japonaise. On y glane d'intéressantes informations sur les gravures polychromes japonaises dont les débuts sont relativement récents : 1765. En France les estampes japonaises deviennent à la mode dès le milieu du XIXe siècle. Claude Monet (1840-1926) appartient à la première génération des amateurs de celles-ci. Il commence sa collection en 1846 à l'âge de seize ans « profitant des emballages de produits exotiques débarqués au Havre ». Il rassemble plus de deux-cent-trente de ces gravures. Auguste Rodin (1840-1917) est un autre de ces amateurs connus. Il « réunit plus de deux cents gravures, livres, albums et dessins japonais ».

Après avoir fait état du 'japonisme' de la seconde moitié du XIXe siècle en France, l'exposition suit donc le parcours artistique d'Utagawa Kuniyoshil et les sujets qu'il développe. Une salle très intéressante est aussi consacrée à la fabrication des estampes polychromes japonaises, avec notamment une planche gravée sur du cerisier. Il est impressionnant de voir comment le sculpteur à partir de cette matière brute arrive à permettre des estampes dont les traits sont d'une grande finesse ressemblant à ceux du pinceau.

Photographies du haut : Estampe d'Utagawa Kuniyoshi, de la série Mitate Chochingura datant de vers 1848-1850, provenant de la collection de Claude Monet.

Photographie de gauche : « Utagawa Kuniyoshi (1797-1861), Jeune femme se coupant les ongles (série « Univers de femmes »), vers 1843-1844. Nishiki-e, éventail uchiwa (22 × 29 cm). Collection particulière. Photo : Courstesy of Gallery Beniya. »

Passons à l'autre exposition, puisqu'on ne peut y échapper si on souhaite voir la première. Si en France la finesse n'est pas toujours au rendez-vous de l'humour, surtout ces cinquante dernières années, on peut dire que cette période a inventé 'l'humour glauque'. Enfin j'espère qu'il s'agit d'humour... Cette manifestation a tout d'abord une vision très étroite du fantastique limitée à l'infernal, au morbide, au sordide. Surtout elle oublie je crois certains fondements de ce genre de représentations. Souvent il s'agit d'anciens mythes ou pratiques religieuses que le nouveau courant dominant diabolise. Ensuite il y a au XIXe siècle une compréhension chez certains artistes de la décadence de leur temps. Et puis il y a la fonction cathartique de ce genre de représentations utilisées depuis le Moyen-âge.

L'exposition commence avec une gravures de sorcières, se poursuit avec des exemples de Goya, Jacques Callot, Albrech Dürer... se poursuit sur trois générations successives d’artistes, celles d’Eugène Delacroix, de Gustave Doré et d’Odilon Redon.

Je le répète il est dommage que cette manifestation fasse la part belle au macabre et au cauchemar, comme si on en avait besoin aujourd'hui où cela se trouve, sans chercher, dans les médias et même dans la rue. De plus le titre est très ambigu dans la mesure où il est question d'« estampe visionnaire ».

Enfin pour tout dire je suis sorti de là avec soulagement, comme quelqu'un qui s'extrairait du brouillard pour se retrouver en pleine lumière... surtout que le Petit-palais a une collection fantastique qui parcourt toute l'histoire des beaux-arts occidentaux avec des exemples merveilleux pour chaque époque et beaucoup moins nombreux qu'au Louvre, ce qui permet d'avoir une vision exhaustive et raffinée de l'histoire de l'art occidental. J'en reparlerai.

Photographie ci-dessous : Ce bronze de la collection permanente du Petit-palais (qui ne se trouve pas dans les expositions temporaires dont il est question dans cet article) représente une sirène. Cet animal fantastique au corps d'oiseau et à la tête de femme représente l'harmonie divine et ses rythmes merveilleux. Durant l'Antiquité ce mythe fut remplacé progressivement par celui de la muse... la sirène devenant la représentation d'un être affreux de l'ancien temps. Il s'agit d'une anse de chaudron en bronze de vers 700 avant J.-C. d'Urartu ou Syrie du Nord.

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Corps et âmes, sculpter l’Homme et les dieux dans l’Antiquité

Jusqu'au 31 mars 2016 le musée de Jublains (département de la Mayenne en région Pays de la Loire) expose les collections de sculptures et céramiques grecques et romaines du musée de Château-Gontier avec près de cent-cinquante « œuvres, sculptures, céramiques, reliefs, étudiées et restaurées pour l’occasion » dans l'exposition intitulée Corps et âmes, sculpter l’Homme et les dieux dans l’Antiquité.

La collection du musée du Pays de Château-Gontier en Mayenne a été constituée par Pierre-Aristide Boullet-Lacroix voyageur et collectionneur qui l’a léguée à sa ville en 1848.

Je ne sais pas si les objets d'art ont une âme... ce qui est sûr c'est qu'ils transmettent quelque chose et ouvrent la notre à d'autres horizons.

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Chefs-d'oeuvre d'Afrique Dans les collections du musée Dapper

PROLONGATION JUSQU'AU 17 JUIN 2017 !

Je n'ai aucune compétence en art africain ; mais comme le musée Dapper le dit, je veux bien le croire : pour l'exposition Chefs-d'oeuvre d'Afrique dans les collections du musée Dapper, se déroulant du 30 septembre 2015 au 17 juillet 2016, sont présentées au public « Des oeuvres figurant parmi les plus importantes au monde réunies pour la première fois. Remarquables par leur esthétique, elles témoignent des grandes cultures de l'Afrique. »

« Le fonds du musée Dapper se caractérise par la diversité des provenances géographiques et par l'ancienneté. L'exposition, qui comprend quelque 130 pièces, présente des oeuvres majeures. Certaines sont uniques et n'ont aucun équivalent dans le monde, telles des sculptures du Gabon (Fang, Kota, Punu...), du Cameroun (Bangwa), du Bénin (Fon), ou encore du Mali (Dogon, Soninke). »

Je suis allé voir cette exposition et ne le regrette pas du tout. Elle nous plonge dans une Afrique multiple, pleine de vie et de magie... encrée dans le réel et dans l'imaginaire, humaine et divine. Cela commence avec des statues de gardiens avec certaines contenant même de la peau et des os humains. Cela se poursuit dans un voyage initiatique à travers l'Afrique. Les objets exposés ayant été fabriqués pour la plupart pour des pratiques rituelles, le fait de ne pas faire partie de ces pratiques donne une impression étrange de voyeurisme. Leur esthétique pose aussi des interrogations. Voilà je n'en dirai pas davantage ne connaissant pas le sujet... et celui-ci me semblant particulièrement vaste... je me tais.

Photographie ci-dessous : Tête en terre cuite de 38 cm du Ghana (région Hemang : Twifo) du XVIIe siècle. Musée Dapper.

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Pollution de l'air : la mise en danger des bâtiments et monuments anciens.

Madame le sénateur Leila Aïchi a présenté le 8 juillet 2015, au nom de la commission d’enquête sur le Coût économique et financier de la pollution de l’air, un rapport (n°610) intitulé Pollution de l'air : le coût de l'inaction. Le tome I (le rapport en lui-même) est visible ici, et le tome II (constitué des procès-verbaux des auditions de la commission d'enquête) ici. Une note de synthèse est consultable ici.

Ce texte est particulièrement intéressant, car il révèle combien en aidant ou laissant des secteurs de l'économie polluer pour des raisons pécuniaires, on perd considérablement plus d'argent du fait des problèmes que cette pollution occasionne.

Une partie de ce rapport touche directement mon blog car mettant en valeur le coût de la pollution de l'air sur la dégradation et l’érosion des bâtiments, en particulier anciens.

Par exemple les murs extérieurs du palais du Luxembourg du XVIIe siècle, où se trouve le Sénat, ont été plusieurs fois changés entièrement, pierre par pierre, façade après façade. Il y a quelques années je demandais à un des architectes en charge de ce bâtiment pourquoi le nettoyage d'une des façades de cet édifice était si long, il m'a répondu que c'était parce que chaque pierre était remplacée. Heureusement ce n'est pas toujours le cas pour les restaurations extérieures de bâtisses anciennes... mais même laver des façades a un coût. De plus, les dommages occasionnés par les pluies acides ou le CO2, pour ne citer que quelques polluants, sont irréversibles. Les pierres des bâtiments ne sont bien sûr pas les seules à être ainsi abîmées : les reliefs, sculptures et statues sont grandement atteints par la pollution. Le patrimoine ancien extérieur est ainsi mis en danger. Il est parfois pathétique de voir une statue de calcaire toute noire, puis une fois lavée, rongée. La pollution agit aussi à l'intérieur, sur les livres, les œuvres d’art fragiles etc.

Voici deux passages de ce rapport :

« L’impact de la pollution sur le bâti par exemple, dépend du degré de sulfatation ou de carbonatation des matériaux. A ce jour, selon les informations fournies par AirParif, trois fonctions dose-réponse concernant les matériaux du patrimoine bâti ont été établies à l’occasion de grands programmes de recherche internationaux. Une première relie la perte de masse des calcaires exposés à la pluie à la quantité et à l’acidité de celle-ci, ainsi qu’à la teneur de l’air en SO et acide nitrique ; une seconde relie la perte de transparence du verre à la teneur de l’air en suies, en SO et en NO ; une dernière relie la perte superficielle des vitraux anciens en potassium et calcium à l’humidité relative de l’air et à sa teneur en SO et NO. En revanche, l’impact d’autres types de polluants comme ceux émis par les transports routiers, notamment les oxydes d’azote et les particules fines constitue une inconnue importante. Enfin, une étude établissant une projection pour la fin du XXIème siècle, montre que la dissolution des façades par les eaux chargées de CO devrait augmenter pour devenir supérieure à celle due au SO et aux pluies acides, aussi bien dans les zones urbaines que rurales. Les concentrations atmosphériques en CO deviendraient le facteur principal d’érosion des façades des bâtiments en calcaire.

Outre l’impact de la pollution de l’air sur le bâti, qui est ancienne comme en témoignent les dégradations de certains bâtiments historiques, d’autres impacts doivent aujourd’hui être pris en compte. »

« 2. La dégradation des bâtiments

La pollution de l’air, et en premier lieu la pollution particulaire, est responsable de détérioration des façades des bâtiments. Les dégradations sont tant esthétiques (encrassement, dépôts noirâtres) que physiques, du fait de l’érosion des matériaux et de leur sulfatation ou de leur carbonation. Comme l’indique l’association Airparif, la surface de tous les matériaux peut se couvrir de suies noires : la pierre, le ciment, le béton, la brique, la céramique ou encore le bois.

Ces altérations concernent en particulier les monuments du patrimoine, plus fragiles et donc plus exposés aux conséquences néfastes des polluants. Afin de mesurer le rôle des différents polluants et du climat dans l’altération des matériaux du patrimoine, un projet européen a débuté en 2011 qui modélise sur des échantillons les processus d’altération. Comme l’indique le laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (LISA) qui participe à ce projet, « les modifications physico-chimiques des propriétés de surface et de subsurface des matériaux et les dépôts de surface entraînent des transformations quasi-irréversibles ».

Ainsi, il existe deux principaux types de coûts associés à l’impact de la pollution de l’air sur les bâtiments : un coût tangible, d’une part, lié à la rénovation périodique des façades du fait de leur encrassement et de leur érosion, et un coût intangible, d’autre part, lié à la dégradation esthétique des bâtiments, et en particulier des bâtiments patrimoniaux. En effet, les individus accordent une valeur économique significative au patrimoine culturel. C’est le cas par exemple des vitraux anciens, qui subissent une corrosion liée aux polluants de l’air.

Ce coût, difficile à mesurer, n’a fait l’objet que de peu d’études. Mais les quelques chiffrages réalisés indiquent qu’il est loin d’être négligeable. En outre, ce coût est à la fois imputable à la pollution de l’air actuelle et des dégradations qu’elle provoque, mais aussi de la pollution de l’air passée, qui a pu s’incruster dans les façades des bâtiments. Votre commission d’enquête a ainsi était informée d’une situation très préoccupante : des particules de plomb piégées dans les bâtiments anciens sont libérées lors des travaux de rénovation et provoquent une pollution importante, qui met en danger la santé des travailleurs qui y sont directement exposés. Des mesures de protection des travailleurs doivent ainsi être mises en place lors des réfections, avec un coût élevé. Par exemple le coût de la rénovation du Panthéon imputable à la pollution de l’air et de la protection des travailleurs exposés au plomb est d’environ 890 000 euros, soit dix fois le budget initialement prévu pour la rénovation des façades.

a) L’étude Cafe

L’étude menée dans le cadre du programme Cafe a cherché à évaluer le coût de l’impact de la pollution de l’air sur le bâti. Elle relève tout d’abord un certain nombre d’effets néfastes, comme la corrosion des pierres, de métaux et des peintures, la corrosion du patrimoine culturel, les dommages provoqués par l’ozone sur les matériaux polymères ou encore la salissure des bâtiments.

Pour l’ensemble des 25 pays européens étudiés, elle chiffre le coût total de ces dégradations à 1,1 milliard d’euros.

b) L’étude Infras/IWW

Une étude menée par l’Institut de recherche et de conseil Infras et l’Institut für Witschaftspolitik und Wirtschaftsforschung (IWW) de l’Université de Karlsruhe de 2000 a cherché à procédé à une évaluation du coût externe associé aux transports, pour les pays d’Europe occidentale. Dans ce cadre, elle a pris en compte les coûts représentés par la dégradation des bâtiments. Pour cela, elle s’est référée à une première étude, menée par l’Infras en 1992 sur le coût de la pollution de l’air due aux transports en Suisse. Actualisée en 2014, cette étude a estimé que le coût lié à la dégradation des bâtiments du fait de la pollution de l’air issue des transports à 362 millions de francs suisses par an.

L’étude Infras/IWW a extrapolé ces résultats sur les autres pays européens, en prenant en compte les taux d’émission, la taille du pays ou la population, et en a conclu qu’environ 18 % des coûts associés à la pollution de l’air due aux transports était lié aux dommages des bâtiments (contre 81 % pour les coûts sanitaires et 1 % du fait des pertes de rendement agricole). Pour la France, l’étude retient un coût global associé à la pollution de l’air due aux transports de 19 milliards d’euros par an, et donc un coût lié aux dommages des bâtiments d’environ 3,4 milliards d’euros en 2000.

Le Plan régional de la qualité de l’air d’Île-de-France élaboré en 2000 évalue pour sa part le coût de rénovation des bâtiments publics d’Île-de-France entre 1,5 et 7 milliards de francs, soit, si l’on retient l’estimation la plus élevée, plus d’1 milliard d’euros par an. »

Je ne mentionne pas évidemment les dégâts sur l'humain...

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (4) : Quelle liberté quand il n'y a plus de démocratie ?

Articles déjà publiés sur ce sujet :

1 - Vous avez dit « création », « architecture » et « patrimoine » ?

2 - Une vision d'ensemble chaotique.

3- Le nouveau leurre de la liberté de création culturelle.

Pour en savoir plus sur ce projet de loi.

Après avoir, dans l'article précédent (n°3) sur le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine, présenté son titre I, je vais dans ce quatrième article le faire de la suite du texte, tout en analysant quelques amendements de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale qui l'a modifié. En tout cette dernière a proposé quatre-cent-soixante-seize amendements !

Le TITRE II comprend les « Dispositions relatives au patrimoine culturel et à la promotion de l’architecture ».

Son CHAPITRE I propose de « Renforcer la protection et améliorer la diffusion du patrimoine culturel ».

Le premier article de ce titre (ARTICLE 18) traite de la Commission scientifique nationale des collections contemporaines et des fonds régionaux d’art contemporain. Il est écrit dans le résumé du début du projet de loi que cet article 18 « formalise le rôle structurant de l’État dans le domaine de l’art contemporain au moyen de l’appellation Fonds régional d’art contemporain (FRAC) ». L'art contemporain est structuré, non seulement par l'argent des galeristes et autres marchands ayant pignon sur rue mais aussi par celui de l’État ! L'art subventionné a encore de beaux jours devant lui. C'est selon ces spécialistes sans doute le seul moyen de garantir sa liberté !?!

La commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale a amendé cet article de même que le Gouvernement. Des articles ont été ajoutés par le rapporteur à sa suite concernant les archives.

L'ARTICLE 19 « permet au ministre chargé de la culture d’interrompre les travaux de restauration engagés sans autorisation ou en violation des prescriptions de l’instance scientifique et de prescrire toutes mesures utiles. » Cette disposition me semble importante. Du reste il n'a pas été vraiment amendé (juste un amendement de coordination).

Le CHAPITRE II s'offre de « Réformer le régime juridique des biens archéologiques et des instruments de la politique scientifique archéologique ». Il est constitué de l'ARTICLE 20. Il a été largement changé par le Gouvernement, le rapporteur et le groupe socialiste (vingt amendements adoptés). Par exemple l'amendement AC375 insiste sur la main mise de l'Etat sur l'archéologie préventive. Je ne connais pas ce sujet mais n'est-ce-pas dangereux de mettre autant de pouvoir dans un seul acteur ? Les autres acteurs publics ne devraient-ils pas être plus impliqués ?

Le CHAPITRE III souhaite « Valoriser les territoires par la modernisation du droit du patrimoine et la promotion de la qualité architecturale ».

Les ARTICLES 21 à 26 modifient Le livre VI du Code du patrimoine : « Monuments historiques, sites et espaces protégés ». L'article 22 change le titre de ce livre VI en : « Monuments historiques, cités historiques et qualité architecturale. » La notion de 'sites' disparaît.

Certains aspects semblent intéressants comme la création d'un label dédié au patrimoine d’intérêt architectural récent afin que sa modification ou destruction ne puisse se faire sans une consultation préalable, ou de zones d’expérimentation architecturale sur des terrains dérogeant aux règles d’urbanisme en ville (une majoration de 5% du volume autorisé pourra être appliquée).

Là où se situe la critique de cette partie, c'est comment cela se passe sur le terrain. Ce texte ne changera rien au fait qu'aujourd'hui, notamment à Paris (là où je vis) notre patrimoine architectural est de plus en plus mis en danger et même détruit, non seulement par le secteur privé mais aussi par le public qui de surcroît souvent prend fait et cause pour le privé et même l'encourage sur cette voie !

Quand la démocratie diminue, les lois augmentent ; et plus elles s'accroissent moins elles sont suivies. Voici un petit exemple montrant la folie législative dans la première phrase de l'exposé des motifs de l'amendement AC342 : « L’intégration des règlements des ZPPAUP et des AVAP dans les PLU couvrant les cités historiques ou dans les PSMV permettra d’améliorer la lisibilité et la cohérence des règles urbaines et patrimoniales. » Nous voilà rassurés sur la lisibilité des règles !

L'ARTICLE 27 révise Le livre VII du Code du patrimoine : « Dispositions relatives à l'outre-mer ».

Le TITRE III de ce projet de loi (ARTICLES 28 à 31) habilite le Gouvernement à légiférer par voie d’ordonnance, c'est à dire sans que le Parlement donne son avis, et donc en dehors de débats, ce qui n'est pas du tout démocratique. C'est d'autant plus regrettable que cette partie donne dans de très nombreux domaines le pouvoir total à la technocratie et au ministère de la Culture, et la liberté de faire ce qu'ils souhaitent. Attendons de voir la réaction des députés lors des débats à l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

Le TITRE IV est sur les « Dispositions diverses, transitoires et finales » (ARTICLES 32 à 46).

Ce qui est frappant dans ce texte c'est le rôle renforcé de la centralisation de l'Etat. Alors que l'on parle beaucoup de décentralisation, surtout en ce qui concerne les dépenses (dont le Gouvernement se débarasse sur les collectivités), le pouvoir reste entre ses mains au détriment des autres collectivités publiques.

J'insiste une nouvelle fois sur la technocratisation ubuesque que le passage à la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale n'a fait qu'accentuer, ainsi que sur le caractère fourre-tout de ce texte mélangeant liberté de création, patrimoine..., et sur la vision très limitée du Gouvernement sur l'art, le patrimoine et la culture. Le caractère politique de ce texte est mis en évidence par la très faible proportion d'amendements de l'opposition adoptés. Pourtant les domaines de la création, de la culture, de l'architecture et du patrimoine devraient transcender la politique.

Finalement ce projet de loi est à l'image de la société française : pour un pas en avant il y en a quatre (ou plus) en arrière. C'est comme cela que la France avance à reculons, toujours en regardant droit devant mais allant à l'opposé. Une fois on propose de la simplification et les autres on complexifie ; on glorifie la liberté artistique en la noyant dans une soupe politique, etc.

Évidemment ma vision de ce projet de loi est personnelle, et je l'espère évoluera au fur et à mesure de ses passages devant la Basse et la Haute assemblées. C'est justement là qu'est l'intérêt de la Démocratie : dans le débat.

La commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale a produit un rapport sur ce projet de loi, où l'on trouve sa nouvelle version (amendée).

Ce projet de loi est discuté en séance publique aujourd'hui 28 septembre à partir de 16h et continuera de l'être jusqu'au 1er octobre. Une retransmission en direct devrait être disponible ici. Ce texte va une nouvelle fois être changé. Deux-cent-trente-six amendements ont été déposés sur le texte n°3068 sorti de la commission des Affaires culturelles. Ensuite nous suivrons la même chose au Sénat, puis une seconde lecture dans les deux assemblées avant son passage devant une commission mixte paritaire (constituée de quelques députés et sénateurs) afin d'élaborer les dernières synthèses avant le vote final de ce projet de loi qui deviendra alors une loi.

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La Manufacture des Lumières. La sculpture à Sèvres de Louis XV à la Révolution.

Jusqu'au au 18 janvier 2016, à travers l'exposition La Manufacture des Lumières. La sculpture à Sèvres de Louis XV à la Révolution, le musée de la Céramique de Sèvres témoigne de tout un pan de la production de la seconde moitié du XVIIIe siècle de la manufacture de porcelaine de cette ville, une des plus réputées à cette époque. Celle-ci invente le 'biscuit', vers 1752. Un tel événement dans le lieu même de la naissance de ce procédé est magique et précieux, d'autant plus que son histoire est révélée à travers de nombreux exemples d'époque, dont les premiers !

Un biscuit n'est pas seulement un gâteau, c'est aussi une porcelaine cuite non émaillée, ce qui permet de mieux apprécier la pureté de la terre utilisée tout en donnant une texture particulière rappelant du marbre. Les compositions sont le plus souvent moulées, nécessitant plusieurs moules, puis retravaillées afin de donner à l'ensemble une homogénéité et une finesse d'exécution incomparable. Tout le procédé de fabrication est décrit dans une vidéo et à travers des exemples d'époque, depuis ce qui a inspiré leur fabrication (dessins, gravures...) jusqu'à la finition, en passant par les modèles en terre cuite, les moules en plâtre, la sculpture...
Plus de quatre-vingts terres cuites et cent-vingt biscuits de porcelaine ainsi que d'autres documents originaux sont visibles. C'est un délice de les contempler, et de constater combien les techniques de fabrication de ces biscuits ont été conservées aujourd'hui dans la manufacture qui jouxte le musée et qui a produit pour l'occasion des exemples en vente pour quelques milliers d'euros tout de même.

Certaines des oeuvres de l'exposition ont été restaurées grâce à du mécénat. Pourtant il manque à beaucoup d'autres là un bras, là une main ou un autre élément. Il est vrai que la porcelaine est très fragile... mais je me demande pourquoi il n'est pas plus facile pour le musée de faire restaurer ces objets ayant la manufacture et les ouvriers à sa porte ?

Une autre chose m'est assez incompréhensible c'est la présence de nombreuses porcelaines contemporaines de Sèvres au milieu de l'imposante collection permanente. La dernière fois que je suis venu cela n'était pas là. On passait d'une époque à une autre. Tandis que maintenant le contemporain est partout avec cet esprit de bas étage qui le caractérise. Et puis cela est fait au détriment des objets séculaires que l'on a enlevés. Davantage d'oeuvres anciennes étaient autrefois exposées, dont certaines monumentales comme pour des exemples de Rouen du XVIIIe siècle. C'est dommage qu'elles aient été remplacées. Évidemment c'est important de montrer que la manufacture produit toujours et travaille avec des artistes contemporains. Seulement le choix des artistes est discutable... Et pourquoi tout mélanger ? Quelques clins d'oeil bien placés et moins lugubres étaient suffisants. Enfin ce n'est pas si grave que ça... sauf pour certains choix d'artistes qui franchement... enfin je préfère ne pas en parler.

Revenons à l'exposition temporaire. Celle-ci commence par présenter des statuettes de la manufacture royale de Vincennes qui précédait celle de Sèvres, de Meissen qui est à la source de la découverte du procédé de la fabrication de la porcelaine dure en Occident, ainsi que les premiers biscuits imaginés par Sèvres. Elle se poursuit par thèmes. On y retrouve le goût du XVIIIe siècle pour les putti (enfants), les scènes champêtres et pastorales, la fable, les allégories, les sujets littéraires, les oeuvres religieuses, les portraits, les représentations de grands hommes, la vie du temps. Même durant la décennie révolutionnaire la manufacture a produit de remarquables biscuits sur des thèmes tels que la Liberté, la Philosophie, la Raison, la Force, les Vertus publiques, la Vérité. Les biscuits du XVIIIe siècle servant de surtouts qui garnissaient la table des desserts et qui remplacèrent ceux fabriqués en sucre forment un autre thème.

Cette exposition temporaire est d'autant plus intéressante qu'il est rare qu'un tel événement se trouve près du lieu de fabrication des objets d'art présentés (la manufacture de porcelaines de Sèvres) et au milieu de toute l'histoire de la céramique du monde.

Cette porcelaine est une preuve que la terre, dont on parle tellement aujourd'hui du fait de la pollution, peut être travaillée avec finesse, et devenir dans les mains de l'homme un objets très précieux. Cela me rappelle la figure du Bouddha historique shakyamouni traditionnellement représenté prenant la terre à témoin (montrant la terre d'une main), ou le premier homme qui selon la Bible aurait été créé par Dieu qui l'aurait sculpté à son image à partir de la terre (le nom 'Adam' veut dire la terre, la glaise). Prendre soin de cette terre, de la terre, c'est prendre aussi soin de nous !

Première et seconde photographies : Pygmalion et Galatée par Étienne-Maurice Falconet (1716-1791). Biscuit de porcelaine dure de Sèvres de vers 1763-1774, de 71 × 44,5 × 32,5 cm (MNC 12814. © RMN-Grand Palais - Sèvres, Cité de la céramique / Martine Beck-Coppola). Pygmalion est selon la mythologie un sculpteur tombé amoureux de la statue (Galatée) qu'il a créée. Aphrodite donne vie à la sculpture. Ici l'artiste embrasse son oeuvre alors qu'elle vient juste de se métamorphoser en être de chair.

Photographie de droite : Jean de la Fontaine (1621-1695) par Pierre Julien (1731-1804). Terre cuite de 1784 de 42 × 23,5 × 33,5 cm (MNC 7966, © RMN-Grand Palais - Sèvres, Cité de la céramique / Martine Beck-Coppola).

Photographie ci-dessous : Les Nymphes à la coquille par Jean-Claude Duplessis avec la collaboration probable de Falconet, datant de vers 1761. Ce biscuit de porcelaine tendre fait 29,5 × 35,5 × 22,8 cm (MNC 2011.2.3 © RMN-Grand Palais (Sèvres, Cité de la céramique) / Martine Beck-Coppola).

Photographie ci-dessous : La Mélancolie et la Méditation. Modèle d'Étienne-Maurice Falconet (1716–1791) sous la direction de Boizot. Biscuits de porcelaine dure de Sèvres. Elles font à peur près 68 cm de haut sans leur socle (MNC 7732, © RMN-Grand Palais - Sèvres, Cité de la céramique / Martine Beck-Coppola).

Ci-après quelques photographies que j'ai prises.
Photographies ci-dessous : À gauche le musée national de la céramique de Sèvres avec au-dessus la pavillon de Breteuil datant du XVIIe siècle et abritant depuis 1875 le Bureau international des poids et mesures qui se situe  dans le parc de Saint-Cloud qui est un bel et grand endroit pour se promener. Par contre l'arrivée par la porte de Sèvres est loin d'être bucolique avec ses immeubles hideux et ses routes qui se croisent. À droite vue de la manufacture de Sèvres depuis le musée. 
Photographies ci-dessous : Moules et étapes de fabrication d'un biscuit d'Amour de Van Loo. Voilà donc comment on fabrique l'Amour !
Photographies ci-dessous : La Liberté et l'Égalité de Louis-Simon Boizot. Modèle en plâtre de 1794.
Photographie ci-dessous : Le Bain, sous la direction de Louis-Simon Boizot, vers 1800-1813.
Photographie ci-dessous : Ceux qui ont suivi mon blog depuis ses débuts comprendront pourquoi ce biscuit est mon préféré ! Il s'agit d'une oeuvre de Josse Le Riche, de vers 1775-1799, intitulée La Toilette.

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Le pire-disant culturel

Quand le premier adjoint à la Culture de la mairie de Paris rend un hommage appuyé par communiqué de presse à 'l'artiste' Carol Rama, on comprend mieux le marasme dans lequel notre culture est et pourquoi même la jeunesse en tchador se sent supérieure.

Des communiqués de presse de ce genre, j'en reçois une quantité tous les mois venant de la mairie de Paris !

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Élisabeth Louise Vigée Le Brun : la première rétrospective française de cette femme artiste !

Cet article fait suite à celui intitulé Hommage à Madame Vigée Le Brun.

Les portraits composés par cette femme peintre du temps de l'humanisme des Lumières présentés dans l'exposition lui étant consacrée au Grand-Palais à Paris, révèle une humanité radieuse, belle, colorée, riche... et un état d'esprit galant. Cette élégance et cette frivolité, la Révolution de 1789 va la faire payer très cher, ce qui n'a fait qu'élever la valeur de cet humanisme qui transparaît dans chacune des touches de couleurs distillées par cette artiste et l'harmonie suave de ses compositions.

Nous sommes à l'époque des cacouacs (voir mon livre) puis des émigrés, des manières du bon ton et des gens de la vieille France qui ont, pour la plupart, tout perdu à la Révolution (pour beaucoup même la vie), mais dont la flamme est restée notamment dans le cœur des vrais merveilleuses et incroyables du Directoire (1795-1799).

Dans ce blog je compare souvent la peinture à la musique. Dans l'oeuvre de Mme Vigée Le Brun cela est d'autant plus facile que celle-ci peint plusieurs portraits de personnages avec une partition à la main, comme dans celui de La baronne Henri Charles Emmanuel de Crussol Florensac, née Bonne Marie Joséphine Gabrielle Bernard de Boulainvilliers (photographies ci-dessous), datant de 1785 (Toulouse, musée des Augustins, © Photo : Daniel Martin). Les notes semblent sortir de l’obscurité pour aller vers la lumière, en une envolée lyrique vers la clarté que l'on retrouve dans toute la peinture d'Élisabeth Louise Vigée Le Brun. Cet élan est retranscrit avec beaucoup de délicatesse, de sensualité, avec une douceur presque maternelle, ou bien celle de l'amante, enfin très féminine, avec un subtil mélange des couleurs et des fondus lumineux qui habituent l'âme et son œil à l'éclat et la magnificence. Cette lumière qui suit les notes pour s'échapper de l'ombre trouve une apothéose dans la suavité du visage radieux du modèle, dont la lumière est entièrement chair.

Cette magnificence, cet essor vers et dans la lumière, sont très présents dans le portrait de « Madame Grand, née Noël Catherine Verlée (1761-1835) » de 1783 (photographies ci-dessous). Le modèle tient lui aussi une partition dans sa main droite. Voilà ce qu'en dit le cartel de l'exposition : « La toile reçut un accueil favorable de la part de la critique, qui en souligna la sensualité envoûtante. La couleur de la peau du modèle est d'une délicatesse remarquable. Les textures et les ombres colorées du tissu du fauteuil et des rubans de la robe sont peintes de façon magistrale. La manière dont les yeux de la jeune femme sont tournés vers le haut et ses lèvres entrouvertes découvrant ses dents ont conduit à penser que pour cette œuvre Vigée Le Brun avait à l'esprit la Sainte Cécile du Dominiquin, conservée dans les collections royales françaises (musée du Louvre). » Nous sommes dans ce que notre époque appellerait une spiritualité 'laïque' ... Je dis cela par amusement.

Le modèle ci-dessus est particulièrement beau... charmant. C'est le cas pour les nombreux autres portraits faits par l'artiste. En voici ci-dessous. Pour un passionné de mode comme moi, c'est un délice de goûter la préciosité des tissus, des rubans, des mousselines, des dentelles... les agencements de couleurs, matières... la finesse des détails des broderies etc.

Le jaune du tableau ci-avant est ce qu'on appelle au XVIIIe siècle une « couleur tendre ».

Les deux portraits ci-dessous sont touchants pour moi car représentant deux petites-maîtresses de l'aristocratie, des jeunes filles en avance sur leur temps, celle de gauche une des premières habillées avec une robe en chemise et celle de droite dans un style historicisant (avec ses manches à crevés) qui sera très en vogue pendant tout le XIXe siècle. Le premier tableau est un portrait de Jeanne Bécu comtesse Du Barry (1743-1793) de 1781. Comme le dit le cartel : « L'image rend hommage à la maîtresse déchue de Louis XV, soulignant sa beauté et sa liberté vestimentaire que de nombreuses dames de la cour cherchèrent à imiter. » Le second portrait est celui de la Maréchale-comtesse de Mailly, née Blanche Charlotte Marie Félicité de Narbonne Pelet (1761-1840), de 1783.

Ci-après sont présentés (les échelles des tableaux ne sont pas respectées) deux portraits exécutés par des femmes peintres de l'époque de Mme Vigée Le Brun. Il s'agit à gauche d'un autoportrait de Mme Louis Filleul de Besne, née Anne Rosalie Bocquet (1752-1794) de vers 1779, et à droite d'un portrait de Marie Émilie Louise Victoire de Coutances (1749-1802), épouse d'Hilarion de Becdelievre, par Adélaïde Labille Guiard (1749-1803) datant de vers 1787.

L'intérêt de cette exposition est aussi de nous montrer les collègues femmes de l'artiste. Les femmes peintres à son époque sont nombreuses mais peu connues et reconnues aujourd'hui.

Le tableau ci-dessous est emblématique du travail de Mme Vigée Le Brun sur la lumière et les couleurs. Ces dernières sont chatoyantes et les tissus particulièrement bien exécutés. La composition est traversée verticalement par l'ombre sans doute d'une branche, mettant en relief les visages.

Ci-dessous il s'agit du seul tableau représentant une dame devant sa table de toilette, ici avec son fils. Il s'agit d'un grand pastel sur papier marouflé de 1777. Je me suis amusé à prendre les reflets des visages de la peinture près de celle-ci qui semblent miroiter sur le flacon alors que c'est sur la glace qui protège l'oeuvre.

Au fait, n'avez-vous rien trouvé d'étrange dans l'affiche de l'exposition (première image) ? Elle présente un portrait de Gabrielle Yolande Claude Martine de Polastron, duchesse de Polignac, exécuté par Élisabeth Louise Vigée Le Brun, et non pas un autoportrait de la peintre comme on le supposerait étant donné le titre de l'exposition, même si le modèle ressemble beaucoup à l'artiste.

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La vie de château

Voilà une personne qui met le patrimoine à l'honneur. Jean-Louis Remilleux vend une grande partie de sa très belle collection d'art en grande majorité français afin de sauvegarder son château bourguignon du XVIIIe siècle.

Cette vente intitulée La vie de château est organisée à Paris par Christies les 28 et 29 septembre. Le catalogue est visible ici.

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« Paris Culture 15/16 », le nouveau guide sur la saison culturelle à Paris.

« Parmi les centaines de rendez-vous proposés par les 133 lieux et les 300 acteurs culturels soutenus par la ville, la Direction des affaires culturelles de la Ville de Paris a retenu une centaine de propositions mettant en valeur ces structures. »

Le 'guide' est téléchargeable ici. Ici la page dédiée de la mairie de Paris.

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Joie de Vivre

Franchement, celui qui a eu l'idée de l'exposition Joie de Vivre mérite toute notre admiration. Voilà un thème particulièrement radieux !

Cela se passe du 26 septembre 2015 au 17 janvier 2016 au Palais des Beaux-Arts des Lille.

Elle rassemble plus de cent-vingts œuvres, depuis l'Antiquité jusqu'à aujourd'hui, dont de nombreux chefs-d’œuvre de Boucher, Fragonard, Tiepolo, Carpeaux, Monet, Renoir etc. Celles-ci sont présentées à travers cinq sections : Sous le soleil exactement, Bonheurs, Liens, Liesses, Corps joyeux.

Le communiqué de presse cite un passage de L’Énergie spirituelle du philosophe français Henri Bergson (1859-1941) : « Partout où il y a joie, il y a création : plus riche est la création, plus profonde est la joie ».

Photographie du haut : « Marguerite Gérard. L’enfant chéri. Huile sur toile, 60 x 73 cm. Washington DC, Hillwood Estate Museum & Garden. © Hillwood Estate, Museum and Gardens. »

Photographie de gauche : « Anonyme. Couple dans un lit, Amants de Bordeaux. Fin Ier - Début III ème siècle ap. J-C. Terre cuite, 6.3 x 7 x 12 cm. Saint-Germain-En-Laye, Musée Archéologie. National. © Rmn-Grand Palais (musée d’Archéologie nationale) / Gérard Blot. »

Photographies ci-dessous : « Nikolaï Kousnetzov. Jour de fête. 1879. Huile sur toile, 55 x 98 cm. Moscou, Galerie nationale Tretiakov. © Galerie nationale Tretiakov. »

Photographies ci-dessous : « François Watteau de Lille. Une fête au Colisée. 1787-1792. Huile sur toile, 76.5 x 92.3 cm. Lille, Palais des Beaux-Arts. © Rmn-Grand Palais / Philipp Bernard. »

Photographies ci-dessous : « Anonyme. Enfants jouant au ballon. IIème siècle ap. JC. Fragments de relief, marbre 23 x 69 cm. Paris, musée du Louvre, antiquités grecques étrusques et romaines. © Rmn-Grand palais (musée du Louvre) / Gérard Blot. »

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C'est officiel : Nos dirigeants culturels consultent des voyants !

Cela recommence... il semblerait que beaucoup de ceux qui ont à se reprocher leur politique culturelle essayent de noyer le poisson en nous parlant de contemporain et d'avenir. Après des journées du Patrimoine consacrées au Patrimoine du XXIème siècle, voici que le Louvre, dont l'avenir de la stature est compromis (voir cet article), propose, du 24 septembre 2015 au 4 janvier 2016, une exposition intitulée Une brève histoire de l’avenir, qui plus est inspirée du livre de Jacques Attali Une brève histoire de l’avenir, paru en 2006 et réédité devinez quand ?? En août 2015 !

L'affiche de cette exposition (voir les photographies) ne laisse aucun doute sur la manière dont les dirigeants du musée envisagent l'avenir : la guerre, le feu. C'est peut-être pour cela que toutes les réserves du Louvre vont être déménagées à Liévin, et non pas, comme l'ont cru certains, pour éviter une inondation avec le débordement de la Seine.

Est-ce que dans l'administration du Louvre on emploie des devins pour prédire la guerre et la destruction ? C'est sans doute cette pythie qui a prévu qu'Abou Dabi allait devenir une grande démocratie bientôt recouverte d'une fraîche, verte et luxuriante nature.

Là où j'ai un doute sur l'efficacité des mages du Louvre, c'est qu'ils ont choisi Jacques Attali pour les représenter. N'oublions pas que celui-ci a largement contribué à la déchéance de la France. Premier conseiller de François Mitterrand, il continue de donner ses conseils 'salvateurs' pour le futur, alors que nous l'avons tous vu à l'oeuvre ! Une catastrophe s'annonce... c'est sûr... car continuer à écouter des personnes ayant montré leur incapacité n'est pas un bon signe... Je dis ça... mais moi je ne crois pas aux divinations.

En tout cas cette exposition nous donne une vision plus claire de qui est aux manettes dans cette institution... et surtout quelle philosophie... quel état d'esprit... On comprend mieux pourquoi le Louvre est devenu un grand centre commercial, pourquoi il a été créé le Louvre Abou Dabi et pourquoi les réserves du Louvre veulent être déplacées à Liévin.

Dans la novlangue bien particulière de notre époque de communication, ceux qui sont les acteurs de la déchéance de la France et de sa culture se dépeignent comme les garants de l'avenir... ceux qui prennent en main notre futur...

Une brève histoire de l’avenir est une exposition présentée dès la première phrase du dossier de presse comme un « Événement majeur de la programmation de l’automne du musée du Louvre, cette exposition est inspirée du livre éponyme de Jacques Attali, Une brève histoire de l’avenir (Fayard, 2006. Nouvelle édition août 2015). » C'était l'instant pub... pour tous les services rendus par ce collabo...rateur d'avenir !

Continuons avec la phrase suivante : « Pluridisciplinaire, elle fait dialoguer des œuvres insignes du passé avec des créations contemporaines afin de retracer au présent un récit du passé susceptible d’éclairer notre regard sur l’avenir. » L'art contemporain, notre grand sauveur (!?!?!?!), est une nouvelle fois appelé à la rescousse... lui qui depuis quarante ans ne fait qu'annoncer le chaos !!!!

Pour une telle « exposition événement », le Louvre a rassemblé deux-cents œuvres anciennes qui dialoguent avec celles de douze artistes contemporains. On y trouve de très belles choses et de très laides. C'est cela que l'on appelle la décadence ! La décadence c'est ne pas connaître la mesure des choses, leur valeur, de tout mélanger ou pire de remplacer le précieux par le vil. On le voit par exemple dans la manière dont des bâtiments d'une grande valeur patrimoniale sont détruits et remplacés par de l'architecture bas de gamme. C'est même écoeurant de constater la liberté qu'ont certains pour faire n'importe quoi.

On est dans l'enfumage. L'art contemporain aujourd'hui c'est surtout cela, de même que la politique, l'économie etc. Dans notre société de communication cela est aisé. Comme dans cette exposition, on utilise un vocabulaire et des idées qui ne veulent absolument rien dire. Les gens qui ne comprennent pas pensent que cela doit les dépasser par la subtilité du propos ! Cependant dans Une brève histoire de l'avenir il est clairement montré que ceux qui ont conçu cette exposition, non seulement ne connaissent pas l'avenir, mais expriment leur incapacité à comprendre le présent.

Et dire que des personnes sont payées pour exprimer cette décadence, et peuvent avoir accès à des lieux, ou comme pour cette exposition à des objets d'exception, alors que les autres doivent payer quinze euros pour une exhibition où tout est mélangé, où on prépare toujours le chaos... Cela fait frémir de voir de belles oeuvres au milieu de cela, comme de magnifiques casques celtes, gaulois, byzantins... une admirable tenture de Sibylle etc. L'exposition finit même par des sibylles et des prophètes, ce qui démontre qu'elle n'a rien de prophétique et que ce sont sur ces ruines que des personnages comme Jacques Attali, ont contribué à créer, que se construira le monde de demain, si nous arrivons à sortir de cette ère atomique. En attendant aimons notre patrimoine et oublions ces gens... même s'il est difficile d'éviter leurs déjections présentées dans cette exposition sur un plateau d'or.

Évidemment à la sortie on vend des livres devinez de qui ?

Et pour montrer combien notre futur est déterminé par l'extra-lucide Jacques Attali, véritable apôtre de la nouvelle Europe du XXIe siècle, « Au même moment, à Bruxelles, les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique interprètent le même essai dans l’exposition « 2050. Une brève histoire de l’avenir » (11/09/2015 - 24/01/2016). »

Voilà donc nos sauveurs à la 1984 de George Orwell. 1984 est une année que Jacques Attali a pourtant bien connu !

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Hommage à Madame Vigée Le Brun

Élisabeth Louise Vigée Le Brun (1755-1842) est mise à l'honneur au Grand Palais à Paris (Galeries Nationales entrée Clemenceau) du 23 septembre 2015 au 11 janvier 2016.

Il s'agit de la première rétrospective française consacrée à l’ensemble de l’œuvre de cette femme artiste dont la vie s’étend du règne de Louis XV à celui de Louis-Philippe.

Elle réunit cent-cinquante-huit œuvres dont cent-quarante de l'artiste avec certaines exposées, pour la première fois. La plupart sont donc de ce peintre mais aussi de quelques amis. Toutes, sauf une œuvre je crois, sont des portraits ou des portraits en situation qui proviennent de prestigieux établissements et de nombreuses collections particulières.

Si le premier étage de l'exposition est en particulier consacré à l'après Révolution, j'ai beaucoup plus apprécié le rez-de-chaussée où nous est peinte une société du dernier tiers du XVIIIe siècle et du début du XIXe.

Dès l'entrée on se trouve dans l'intimité du peintre avec de nombreux autoportraits. On y découvre une femme belle, très à la mode, libre, au goût raffiné et à la peinture délicate.

Le premier auto-portrait est celui où elle est en train de peindre le visage de Marie-Antoinette (voir ci-dessus). Il a été composé en 1790 lors du début de son exil à la Révolution.

Il est suivi d'un autoportrait « au ruban cerise » datant de 1782, dont la photographie est ci-dessous. Mme Vigée Le Brun a alors 27 ans. Son visage est d'une grâce harmonieuse avec de grands yeux, un joli petit nez sans doute un peu en trompette et une délicate bouche aux lèvres couleur cerise comme le ruban noué sur sa poitrine, retenant le triple col de sa robe 'en chemise'. Cette dernière est une tenue à la mode et provocante, habit auparavant réservé à l'intimité, annonçant les vaporeuses robes 'à l'antique'. Le corset est déjà abandonné, remplacé par une ceinture large, sans doute en soie, de la même couleur que son ruban. Une sorte de manteau noir aux graciles dentelles, un chapeau du même ton et ses cheveux contrastent avec la robe blanche, mettant en avant le teint de nacre de l'artiste qui arrive pourtant à faire ressortir la lumière immaculée de ses yeux et leur transparence opaline par la comparaison avec les boucles d'oreille qu'elle porte, comme le rouge de ses joues et de sa bouche sont rehaussés par la soie couleur cerise. Le fond sombre, sans motifs, concentre le regard du spectateur sur ce merveilleux buste.

Auguste Pajou (1730-1809) exalte cette beauté dans la terre cuite ci-dessus à gauche de Mme Vigée Le Brun. Les autoportraits ci-dessous présentent une femme à la mode de son époque, aimant particulièrement le rouge, le noir et le blanc. Durant la Révolution ce sont les couleurs des royalistes (avec le vert), le blanc pour le roi, le noir pour le deuil et le rouge pour le sang des guillotinés. Mais même ses autoportraits antérieurs à cette période marquent cette préférence.

La partie suivante sur les proches d'Élisabeth Vigée Le Brun m'a particulièrement intéressé. On comprend qu'elle était entourée de gens fins, de beaucoup d'artistes, d'un petit cénacle de jeunes modernes. Elle est née dans l'art, avec son père, Louis Vigée, pastelliste qui lui apprend la peinture dès son plus jeune âge avant de décéder quand elle a douze ans. Il lui conseille de ne suivre aucune école... de faire à sa manière. Comme elle l'explique, elle n'a pas eu de maître proprement dit. Elle côtoie très tôt des peintres célèbres comme Joseph Vernet (1714-1789) ou Jean-Baptiste Greuze (1725-1805). Elle peint son premier tableau reconnu à l'âge de quinze ans. Il s'agit d'un portrait de sa mère présent dans l'exposition. Elle a aussi de nombreux amis artistes de sa génération, hommes et femmes. C'est une femme à la mode, une merveilleuse d'avant la Révolution, une représentante de la 'vieille France' d'Ancien Régime qu'elle peint avec ravissement.

L'autoportrait de Jean-Baptiste-Pierre Le Brun (1748-1813) ci-dessous est de 1795. Il s'agit du mari d'Élisabeth Louise Vigée. C'est un artiste peintre, un collectionneur et un des plus importants marchands de tableaux et experts de Paris. Il a notamment contribué à accroître la collection royale à l'origine du Louvre. Comme sa femme, avec qui il devait former un très joli couple, il a un style à la mode.. celui du merveilleux.

Ci-dessous autoportrait du beau-frère et ami de Mme Vigée Le Brun, Auguste-Louis-Jean-Baptiste Rivière (1761-1833), comme elle artiste.

Comme les précédentes parties de l'exposition, la quatrième sur « Les années de formation » et la cinquième sur « La consécration » sont émouvantes. On suit à travers ses premiers tableaux l'apprentissage du peintre, son talent inné pour faire surgir les étoffes sous son pinceau, harmoniser les couleurs, donner à ses portraits des airs de jouissance, faire d'un portrait la représentation d'un dieu moderne sans fioritures antiques mais avec la précision du génie.

Bien que très attachée au roi et à l'aristocratie, sa peinture est finalement assez 'bourgeoise'. Son oeuvre est dans l'idéal des Lumières où la nature et le naturel prévalent. Cette nature humaine est étudiée dans ses détails par le recours de la science de l'art, les recherches de l'artiste sur la couleur, les jeux d'ombre et de lumière, le dessin etc. Cette quête de la perfection, à travers la nature de ce qui fait la femme ou l'homme représenté dans la société et dans son humanité, transcende le modèle, lui donnant une aura presque spirituelle. C'est souvent des personnages peints que semble jaillir la lumière. Ses sujets sont habillés avec beaucoup de soin et exécutés avec encore plus. Ceux-ci sont le plus souvent des personnalités importantes toujours peintes avec un mélange de dignité et de simplicité... une fraîcheur propre à l'artiste.

La partie sur « La consécration » nous expose une artiste qui savoure sa gloire qui est aussi le triomphe de sa féminité. Tous les personnages des peintures choisies sont allégoriques ou mythologiques, et sont des femmes à moitié dénudées exhibant pour la plupart au moins un de leurs seins au spectateur afin qu'il goûte à l'abondance de cette création toute féminine... Il est vrai que toutes les créations sont avant tout féminines ! La peinture de Vigée Le Brun l'est particulièrement, et goûteuse. Elle exprime un raffinement, résultat d'un véritable bonheur de peindre ; un ravissement qui transparaît dans son utilisation de la couleur et de la peinture dont surgit une brillance, donnant aux traits, aux vêtements, à tous les éléments de ses compositions une beauté radieuse. Ce don pour peindre avec émerveillement, précision, jouer avec la lumière et l'ombre, les couleurs, et son dessin 'vivant', lui offrent une liberté de ton qui était dans l'air du temps de la seconde partie du XVIIIe siècle.

Photographie ci-dessous : Vénus présentant sa ceinture à Junon.

Madame Vigée Le Brun a produit de très célèbres portraits comme certains de la reine Marie-Antoinette. Ci-dessous celui de gauche la représente en grand habit de cour (1778), et à droite « en chemise ou en gaulle » (1783), aussi appelée « robe en chemise ». Deux autres portraits d'autres femmes de l'aristocratie, plus anciens, peints par l'artiste et visibles dans l'exposition, les montrent ainsi habillées. Mais ici c'est la reine, ce qui fit grand bruit. On est en effet très loin de l'habit de cour à la française avec la robe à paniers, mais au début de la robe 'à l'antique' des merveilleuses du Directoire (1795-99). Crédits photographiques de l'image de gauche : © Kunsthistorisches Museum, Vienne ; et pour celle de droite : © Hessische Hausstiftung, Kronberg im Taunus.

Ce qui est intéressant dans cette exposition c'est aussi que dans sa partie précédant 1789, elle nous baigne au milieu des merveilleuses des années 1770-1780. Marie-Antoinette, qui voit les jeunes nobles les plus à la mode se faire croquer par l'artiste qui a du chic (mot provenant de l'univers de la peinture... voir à ce sujet mon livre sur Les Petits-maîtres de la mode), lui commande de nombreux portraits. Ne serait-ce que pour contempler ces jeunes égéries de la mode d'alors, dont Mme Vigée Le Brun fait partie, l'exposition mérite le détour.

Les peintures des contemporains d'Élisabeth Louise Vigée Le Brun présentées sont aussi un délice, comme l'imposant tableau (210,8 x 151,1 cm) ci-dessous d'Adélaïde Labille Guiard (1749-1803) intitulé L’artiste dans son atelier avec deux de ses élèves, Marie Gabrielle Capet et Marie Marguerite Carreaux de Rosemond (1785).

Cliquer ici pour lire la suite avec le second article sur cette exposition !

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L’abbaye cistercienne de Clairvaux fête ses neuf-cents ans

Cette année, l’abbaye cistercienne de Clairvaux, dans l’Aube en Champagne, fête les neuf-cents ans de sa fondation, avec un nouveau parcours de visite, de nombreuses manifestations et une exposition à Troyes, jusqu'au 15 novembre, intitulée : Clairvaux. L’aventure cistercienne, présentant « la vie monastique, politique, économique, artistique et intellectuelle de Clairvaux du XIIe au XVIIIe siècle » à travers cent-cinquante « documents originaux, manuscrits et objets inédits venus de toute l’Europe ».

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (3) : Le nouveau leurre de la liberté de création culturelle.

Articles déjà publiés sur ce projet de loi :

1 - Vous avez dit « création », « architecture » et « patrimoine » ?

2 - Une vision d'ensemble chaotique.

Pour en savoir plus sur ce projet de loi.

Dans cet article je vais m'intéresser au passage de ce projet de loi devant la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale le 16 septembre dernier et plus particulièrement au titre I de ce texte.

Les députés ont présenté 476 amendements dont certains ont été adoptés par la commission. Le texte du projet de loi s'en trouve donc dès à présent changé, ce qui continuera de se produire lors de ses prochains passages à l'hémicycle de l'Assemblée nationale, puis à la commission des Affaires culturelles et l'hémicycle du Sénat, puis lors d'un second passage dans ces deux assemblées avant une ultime réunion en commission mixte paritaire qui permettra à l'Assemblée nationale et au Sénat de se mettre d'accord en modifiant encore, si nécessaire, la rédaction. Les amendements de la commission des Affaires culturelle sont visibles ici. Beaucoup trop de ces amendements en rajoutent dans le blabla inutile, et surtout la plupart de ceux adoptés ne font que renforcer la direction prise par ce texte.

Le TITRE I du Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine est sur les « Dispositions relatives à la liberté de création et à la création artistique ».

Son CHAPITRE 1ER comprend les « Dispositions relatives à la liberté de création artistique ».

L'ARTICLE 1 commence sur les chapeaux de roues. Le voici : « La création artistique est libre. » C'est bien de le rappeler. Et puis ça ne mange pas de pain puisque le ministère fait des lois et pas de philosophie. Je suppose que cela veut dire que « l'artiste est libre de créer ». La liberté de tous les hommes n'est-elle pas déjà inscrite dans la devise de la République « Liberté, Égalité, Fraternité » et dans les Droits de l'homme ? Selon notre législation, la loi est la garante de notre liberté. Il serait intéressant de savoir qu'est-ce que Mme le ministre appelle un « artiste », une « création » et comment elle envisage la « liberté » ? Le reste de ce projet nous en donne une idée... Et puis comme je l'ai dit dans mon article précédent, il y a la question de savoir ce qu'on appelle « la création artistique ». Il serait plus juste de dire que « La liberté d'expression est un droit fondamental. »

L'article 1 n'a pas été modifié par la commission.

Deux autres articles complètent ce chapitre :

L'ARTICLE 2 est sur la politique de l’État et des collectivités publiques « en faveur de la création artistique ». Voilà donc ce que le ministère appelle « la liberté artistique » : aider ce que le pouvoir considère comme étant de l'art. Cet article est une logorrhée que l'on pourrait remplacer simplement par « L’État, les collectivités territoriales et leurs groupements, ainsi que leurs établissements publics garantissent la liberté de création artistique [ou la liberté d'expression]. » Et encore !

Prenons les premiers verbes de chacun des objectifs de la politique culturelle que propose ce gouvernement dans ce second article : « soutenir », « favoriser », « développer », « promouvoir », « contribuer à ». Les chemins culturels sont balisés... L'artiste n'est plus celui qui a pour mission de guider la société, de la faire avancer, qui l'inspire (lui-même étant inspiré) ; au contraire il devient celui qui est guidé, aidé... et gare à lui s'il dépasse les bornes... il lui arrivera ce qu'il y a de pire : il n'aura pas d'argent, pas de moyens, pas d'écoute... et s'il ne suit pas la bonne parole on le mettra face à la loi. Cet article est très tendancieux. Finalement cette liberté artistique est très politique, politisée : c'est un art du piston !

L'article 2 a été amendé par la commission. Un amendement des Républicains a été adopté (AC161) visant à favoriser l'aide publique à la création artistique « d'expression originale française ». Il est important que cela soit le cas. La proposition du groupe communiste à travers Mme Buffet de faire en sorte que le service public ne cautionne pas les productions culturelles commerciales et industrielles me semble intéressante (AC53). Mais cela n'a pas été retenu.

L'ARTICLE 3 a encore moins sa place dans ce chapitre puisqu'il traite de la possibilité donnée au ministère de la Culture d'attribuer des labels à des structures culturelles ! En guise de liberté artistique, il est proposé d'organiser le paysage culturel français à l'aide de ces labels ! On entre dans ce qu'annonce l'article 2 : la soupe artistique publique, la petite popote des élus, de l'administration et de leur cour. Pour ce gouvernement, la « liberté de création artistique » consiste avant tout à choisir qui a le droit d'être subventionné.

L'article 3 a été changé par un seul amendement du rapporteur (socialiste) AC469.

Voilà pour la liberté de création artistique ! Après on n'en parle plus. Le mot « liberté » n'est plus dans aucun article depuis l'article 3 inclus jusqu'au dernier : l'article 46. En un article et demi la liberté de création artistique est torchée. Pourtant ce thème est présenté dans le titre comme étant un des trois grands sujets de ce projet de loi avec l'architecture et le patrimoine !

La suite de cette première partie est un véritable fourre-tout plein de charabia, où on a l'impression que pour survivre un artiste doit faire appel à au moins un avocat pour le défendre... de même pour tous ceux qui veulent se lancer dans la production de nouveaux artistes... Autant dire que cela incite plus à émigrer qu'à rester en France.

La commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale, au lieu de calmer cette fièvre a ajouté de nouveaux articles !

Le CHAPITRE II du titre premier est sur « Le partage et la transparence des rémunérations dans les secteurs de la création artistique ». Ah oui les sous ! La préoccupation première de nos 'élus' (élus rarement à une vraie majorité ceci dit) qui adorent gérer celui des autres ! Surtout il s'agit encore une fois (après les lois dites Hadopi) de bien délimiter comment on a le droit de gagner de l'argent dans le domaine du numérique, avec qui et finalement aussi qui (face à une telle complexité ce n'est pas l'artiste qui est avantagé). L'argent étant à la base de la censure actuelle, mettre de telles dispositions dans le titre I sur « la liberté de création » et « la création artistique » est presque une provocation. En plus écrire des lignes et des lignes absconses pour obliger à plus de « transparence » c'est un peu gonflé !

L’ARTICLE 4 est sur les contrats conclus entre un artiste-interprète et un producteur de phonogrammes. Et oui Big-Brother s'occupe de tout !

LES ARTICLES 5 à 7 ont aussi pour sujet la musique en ligne. L’article 7 institue un médiateur de la musique. D'abord on complexifie, ensuite on place son médiateur, et finalement on ne fait que des mécontents ! Voilà ce que le ministère de la Culture appelle aider la liberté de création artistique !

Beaucoup d'amendements ont été proposés sur les articles 4 à 6, certains acceptés, mais toujours allant dans le même sens. Quant à l'article 7, plusieurs amendements voulaient le supprimer ; mais aucun de ceux-ci n'a été retenu.

Les ARTICLES 8 et 9 s'occupent en particulier de la filière cinématographique aidée par le public et de la transparence des comptes de production, d'exploitation. Cela semble plutôt normal non ?

L'ARTICLE 10 parle encore d'argent : « le nerf de la guerre » comme disent certains. On est dans les « recettes d'exploitation ».

Les articles 8, 9 et 10 ont largement été amendés par le rapporteur de l'Assemblée nationale (socialiste), ce qui montre combien même dans ses parties les plus technocratiques ce texte n'était pas abouti. Et ce surenchérissement de détails fait frémir. Est-ce que le Parlement est un lieu politique ou juste une administration comme une autre ? Après l'article 10 de nouveaux sont ajoutés comme le AC332 du Gouvernement sur la pratique artistique amateur, assez surréaliste... du Ubu Roi ! Pour la suite, jusqu'à la fin de ce titre I (jusqu'à l'article 17) c'est du même acabit !

Le CHAPITRE III (ARTICLES 11 à 13) intitulé « Promouvoir la diversité culturelle et élargir l’accès à l’offre culturelle » est notamment sur l'amélioration de l’intégration des personnes en situation de handicap. J'ai dit ce que j'en pense dans l'article précédent. C'est un peu court comme vision de la diversité et de l'élargissement. Il est vrai qu'en aidant les personnes en situation de handicap on aide tout le monde, on crée une société plus douce, plus harmonieuse, plus accessible. Mais ici, c'est un système d'exceptions qui est créé, et non pas un système ouvert à tous.

Le CHAPITRE IV (ARTICLES 14 à 16), « Développer et pérenniser l’emploi et l’activité professionnelle » met notamment en place dans son article 16 un observatoire de la création artistique et de la diversité culturelle... l'oeil de Big-Brother ayant en charge de collecter les données.

Le CHAPITRE V (ARTICLE 17), sur l'« Enseignement supérieur » donne lui aussi le ton de cette liberté et de cette création artistique. J'en parle dans l'article précédent.

Si chacun est censé connaître la loi, il devrait être obligatoire de la rédiger de manière claire, simple aussi !

Sous cet amphigouri on constate qu'il n'y a aucune structure d'ensemble, aucune vision de ce qu'est la création artistique et de sa fonction dans la société, mais un assemblage de mesures disparates favorisant une politique culturelle gestionnaire, de copinage et d'argent.

La liberté et la création artistiques ce ne sont pas des lois qui doivent les régler. Ce sont d'abord des artistes qui la font ! Qu'ils soient libres c'est une nécessité. Qu'on les aide à être libres et créer c'est n’importe quoi. On n'aide pas un oiseau à voler !

Au lieu de faire des lois, le Gouvernement devrait plutôt favoriser la culture française en arrêtant d'aider les structures multinationales anglo-saxonnes (par exemple en leur accordant des réductions d'impôts... même l’Élysée a son compte Facebook) et en créant des moteurs de recherche et des sites dédiés à notre patrimoine, où vidéos, téléfilms, films anciens et autres musiques en français soient accessibles par tous sans payer. Le succès du site de l'INA à ses débuts n'a pas par exemple occasionné la possibilité d'élargir son corpus visible et d'en assurer la gratuité totale etc. etc. etc. Contrairement aux sites américains où ce sont le plus souvent les grosses entreprises qui payent par l'intermédiaire notamment de la publicité, le gouvernement français fait surtout le choix de faire payer les citoyens.

De plus le Gouvernement cherche à créer un modèle économique de la culture en France... Est-ce son rôle ? En guise de liberté de création artistique il propose un système pyramidal fourre-tout, pire qu'inutile : insidieux.

Suite lundi prochain avec l'article intitulé : Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (4) : Quelle liberté quand il n'y a plus de démocratie ? Dans cet article je vais continuer d'analyser la suite de ce projet de loi et les amendements de la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale. Le lundi 28 sera aussi le jour du premier passage de ce texte à l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

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Destruction de la Samaritaine

Tenant mon blog seul, je n'ai pas beaucoup de temps pour faire des investigations poussées sur de nombreux dossiers. Surtout que pour les plus 'chauds' on ne reçoit généralement pas de communiqués de presse !

En passant en vélib' devant la Samaritaine à Paris je me suis rendu compte que des travaux avaient commencé à cet endroit. Voici ce qui est indiqué sur le permis de construire placardé sur une des façades datant du 17 décembre 2012 (voir la photographie ci-dessous) :

« Nature du projet : Restructuration d'un ensemble de bâtiments inscrit au titre des Monuments Historiques par arrêté préfectoral du 25/07/1990, de 7 à 10 étages sur 4 niveaux de sous-sols, composé du bâtiment « Sauvage » de 10 étages à usage d'hôtel de tourisme (14 423,00 m2) et de 2 bâtiments « jourdain Plateau » et « jourdain Verrière » de 7 étages à usage de commerce (19 493,00 m2), de bureau (11 598,00 m2), de crèche (1 133,00 m2), de stationnement (47 places) et d'habitation (55 logements sociaux créés), avec démolition et reconstruction de planchers à tous les niveaux, restauration totale des façades sur rue et aménagement d'une cour intérieure. » Ensuite on apprend que la « Surface des bâtiments à démolir » est de « 25 690 m2 » et que la superficie hors œuvre nette créée est de « 15 201 m2 ».

Ce permis de construire nous informe que tous les bâtiments de la Samaritaine étaient inscrits au titre des Monuments historiques, mais que 25 690 m2 vont être ou sont déjà détruits. Pour le reste, il ne va être gardé que les façades du bâtiment donnant sur le pont Neuf et quelques murs. Puisque tous les planchers d'époque vont être détruits, cela veut dire qu'à l'intérieur il ne restera plus grand chose d'origine. C'est donc en plein centre de Paris que ce vandalisme aura lieu. Comme les façades extérieures seront conservées on ne verra pas comment vont se passer les travaux à l'intérieur du reste bien cachés.

Je rappelle que ces bâtiments étaient classés (!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!), que le permis de construire avait été annulé le 13 mai 2014 par le tribunal administratif de Paris, que cette décision avait été confirmée le 5 janvier 2015 par la cour administrative d'appel de Paris, mais que le conseil d’État l'a récemment validé. Je rappelle aussi que c'est LVMH (groupe français numéro un mondial du luxe) qui possède le lieu et le vandalise... Quant à ceux qui ont pris cette décision au Conseil d'État, bien au chaud dans un Palais-Royal du XVIIe siècle, ils ne valent pas beaucoup mieux, et donnent un exemple plus que déplorable... ravageur...

Au sujet de Madame le maire de Paris qui est fière d'avoir obtenu que des logements sociaux, une crèche et des commerces y soient inclus... je ne vais rien dire de peur d'être particulièrement grossier.

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Présentation du plan de 'rénovation' du patrimoine muséal de Paris par la mairie.

Anne Hidalgo a dévoilé ce mardi 15 septembre, lors d'une conférence de presse, son plan de rénovation du patrimoine muséal de Paris aux côtés de Bruno Julliard (premier adjoint « en charge de la culture, du patrimoine, des métiers d’art, des entreprises culturelles, de la nuit et des relations avec les mairies d’arrondissement »... cela donne une idée de la pagaille qu'il doit y avoir dans les services de la mairie), et de Delphine Levy (directrice générale de Paris Musées).

Lors de la conférence de presse, de même que dans le communiqué de presse, la première chose mentionnée est la question pécuniaire. Personnellement je trouve cela vulgaire. Le communiqué de presse indique un « plan d’investissement de cent millions d'euros » permettant notamment d'entreprendre des travaux de restauration et de modernisation de musées parisiens. Le chiffre est rond... mais en réalité la ville n'investira que quatre-vingt-sept millions, cette dernière comptant sur d'autres participations : celles de l’État, de mécénats privés. Il a été créé en mai 2015 un fonds de dotation de la Ville de Paris dont l'objectif est la recherche de mécénat d’entreprise.

Mme le maire a ensuite révélé les principaux 'chantiers' de ce plan, qui concernent les musées municipaux de Carnavalet, de la Résistance, Galliera, le palais de Tokyo et le musée Bourdelle.

- Le musée Carnavalet est consacré à l'histoire de Paris des origines de la ville à nos jours. Il est situé dans deux hôtels particuliers : l'hôtel de Carnavalet (édifié entre 1548 et 1560) et l'hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau (construit vers 1690). La cour d'honneur du premier hôtel vient d'être restaurée (j'en parlerai dans un prochain article). D'autres travaux vont être entrepris dans le reste du musée ainsi qu'une réorganisation de la présentation. Voir à ce sujet l'article intitulé Le Cabinet des Arts graphiques du Musée Carnavalet.

- Un nouveau musée de la Résistance va être créé. Il regroupera le musée Général-Leclerc - Jean-Moulin (qui ne date pourtant que de 1994) et le musée de l'Ordre de la Libération. Il sera placé dans les 'pavillons Ledoux' (deux bâtiments néo-classiques identiques construits par l'architecte Claude Nicolas Ledoux en 1787) et sous la place Denfert-Rochereau. L'entrée des catacombes de Paris est actuellement adossée à l'une de ces deux architectures. J'espère qu'on ne va pas une nouvelle fois détruire des murs et des galeries anciens pour cela. J'espère aussi qu'on n'y parlera pas seulement de résistances passées mais aussi des contemporaines... mais cela m'étonnerait. Je rappelle que la France est aujourd'hui un pays occupé par un pouvoir étranger à ses valeurs et des collaborateurs de ce pouvoir (une hydre) n'hésitant pas à pactiser avec les plus infâmes dictatures et les plus veules des marchands de mort.

- Le palais Galliera, musée de la Mode, est le troisième grand bénéficiaire de ce plan. Il va être agrandi et une collection permanente s'y tiendra, ce qui n'est pas le cas jusqu'à présent. Comme précédemment, espérons que cela n'endommagera pas le palais de la duchesse de Galliera (bâti entre 1878 et 1894). Créer un musée de la mode digne de ce nom est nécessaire à Paris, capitale mondiale de cette discipline. Il faudrait que ce musée ne soit pas seulement consacré aux habits mais aussi à tout ce qui constitue véritablement la mode et ses mouvements. Voir les articles intitulés Le musée de la mode du Palais Galliera et La mode de la rue et mon livre sur la mode.

D'autres travaux d'envergure ont été cités concernant le musée d'Art moderne (palais de Tokyo) et le musée Bourdelle.

Voilà pour les prochains grands travaux dans les musées de la mairie de Paris !

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L'Orient à Vendeuvre

Jusqu'à la fin de cette année, le château de Vendeuvre est sous le signe de l'Extrême-Orient avec l'exposition L'Orient à Vendeuvre. Celle-ci évoque la fascination de la France du XVIIIe siècle pour cette contrée que l'on imagine fabuleuse, presque onirique. Les objets importés par la compagnie des Indes suscitent beaucoup d'intérêt, notamment la porcelaine et la laque, ainsi que les motifs, architectures, représentations picturales... venus de l'autre côté de la terre.

Cette exposition se passe dans le château de Vendeuvre, du XVIIIe, « richement meublé », évoquant la vie quotidienne au siècle des Lumières, et dont l'orangerie exhibe une collection « unique au monde » de mobilier miniature. Voilà un musée comme je les aime, ne se contentant pas d'aligner des œuvres, mais aussi de les restituer dans leur contexte. J'en reparlerai.

Photographie du haut : Buffet de porcelaines 'bleu et blanc' du XVIIIe siècle importées de Chine par la compagnie française des Indes orientales. © Château de Vendeuvre.

Photographie de gauche : Table du XVIIIe siècle avec une soupière et son plateau en porcelaine d'Imari (Japon). © Château de Vendeuvre.

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Merveilleuses & merveilleux