Meubles du XVIIIe siècle formant coiffeuse.

Le 15 octobre, la maison Aguttes Lyon-Brotteaux met en vente deux commodes formant coiffeuse d'époque XVIIIe siècle. Le catalogue est visible ici, et les lots sont présentés ici.

Photographies de gauche : « Amusant meuble formant coiffeuse en placage de bois. Il ouvre à un tiroir en ceinture et à rideau en partie haute laissant apparaître tiroirs et casiers. Miroir amovible à tirette et bougeoirs réglables. Plateau de marbre blanc ceint d'une galerie de laiton repercé. Époque Louis XVI - Estampille L. ancellet H: 123 - L: 62 - P: 36.5 cm. » © Aguttes.

Photographies ci-dessous : « Rare commode formant coiffeuse en bois naturel. Elle se compose de deux parties dissociables. La partie haute formant coiffeuse présente un abattant central foncé d'un miroir et deux abattants latéraux ouvrant sur des compartiments et un tiroir en ceinture, les deux autres étant simulés. Le tout retenu par quatre montants légèrement galbés se terminant par des pieds sabots. La seconde partie basse qui prend place entre les montants présente deux tiroirs. Garniture de bronze doré. Travail bordelais. » © Aguttes.

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Le nouveau Musée de la gendarmerie nationale

Le nouveau Musée de la gendarmerie nationale ouvre le 10 octobre 2015 à Melun.

La gendarmerie nationale est une institution datant du XIVe siècle. Avant 1791 elle se nommait 'maréchaussée'. Elle est en particulier chargée de missions de police parmi les populations civiles.

Il a été choisi un ancien bâtiment de caserne datant de 1900 pour abriter ce musée. Les travaux ont duré deux années. Ils suivent une déplorable tendance, maintes fois dénoncée dans ce blog, appelée façadisme consistant à détruire entièrement un bâtiment pour ne garder que la façade. Les exemples sont nombreux ces dernières années comme pour la médiathèque Françoise Sagan, la piscine Molitor, l'immeuble Félix Potin pour n'en donner que quelques-uns à Paris. Parfois on garde en plus une petite partie de l'intérieur comme pour le musée Guimet ou quelques murs comme pour la Samaritaine.

Photographie ci-dessous : Un passage du dossier de presse expliquant sans complexe comment le bâtiment 1900 a été évidé. Il n'était sans doute pas d'une grande valeur patrimoniale... mais tout de même... Cela ressemble à une maladie qui détruirait tout l'intérieur d'un corps pour ne laisser que la peau... une maladie architecturale moderne !
 

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Les Archives de la ville de Paris

Les Archives de Paris (à ne pas confondre avec les Archives nationales dont une section se trouve aussi dans la capitale française) sont dirigées par la ville et le département, et situées 18, boulevard Sérurier, dans le 19e arrondissement de Paris. Une annexe est logée à Villemoisson-sur-Orge.

La plus grande partie des documents a disparu lors des incendies de la Commune en mai 1871, notamment les registres paroissiaux et d'état civil allant du XVIe siècle à 1860. Les archives aujourd'hui représentent tout de même plus soixante-dix kilomètres linéaires. Le nouveau bâtiment, mis en service à Paris en 1990, a une capacité de vingt-sept kilomètres linéaires et son annexe en région parisienne de cinquante. Ces deux bâtiments sont presque saturés et devront être agrandis.

Lors de ma visite de ces archives j'ai pu découvrir quelques exemples des fonds. « Trois thématiques dominantes font la richesse et l’originalité de l’établissement : la justice, avec les archives des tribunaux ; l’architecture et l’urbanisme, avec les innombrables plans produits par les services techniques ; le commerce et l’industrie parisienne, avec les archives de la juridiction consulaire depuis le XVIe siècle, l’un des fonds les plus anciens, et du tribunal de commerce. »

Photographies du haut et de gauche : Partie d'un des magasins servant d'espace de conservation.

Photographies ci-dessous : Magasin conservant les plans.

Photographies ci-dessous : Plans de Paris du temps des fortifications.

Photographie ci-dessous à gauche : Plans de la Samaritaine dont LVMH, qui a racheté le bâtiment, détruit l'intérieur (voir cet article).

Les dessins et modèles déposés au Conseil de prud'hommes de la Seine (1844-1979) occupent plus d'un kilomètre et demi de rayonnages (plusieurs centaines de milliers de dessins et modèles) des Archives. Instaurée par la loi du 18 mars 1806, cette procédure « permettait à tout créateur de produit industriel ou artisanal de prouver ses droits et, le cas échéant, d'engager une action en contrefaçon. » En 1979, cette compétence est passée du Conseil de prud'hommes à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI). Plusieurs Conseils de prud'hommes spécialisés ont été créés en 1844 et 1847 représentant quatre branches industrielles : métaux, tissus, produits chimiques, industries diverses. En 1890 les branches métaux et industries diverses s'unirent, et une nouvelle fut formée par l'industrie du bâtiment. En 1908 tous les conseils furent réunis en un seul divisé en cinq sections : métaux et industries diverses, produits chimiques, tissus, bâtiment, commerce (non dépositaire de dessins et modèles). Les modèles (en nature ou en reproduction) étaient mis dans une boîte en bois scellée. Une belle part de ce fonds concerne les arts décoratifs et l'industrie du luxe qui étaient très importants à Paris et dans le département de la Seine. Le secteur de la mode était le premier employeur pour les femmes dans la capitale.

Photographies ci-dessous : À gauche - Modèle de flacon en verre pour la parfumerie de la société Guerlain (11 septembre 1906). © LM. À droite - Modèle de corset en tissus noir et rose de Berth Sevrey dite Sander (14 mars 1894).

Photographies ci-dessous : Modèles de robes et manteaux des soeurs Callot (17 août 1919).

Photographies ci-dessous : Photographies de soixante-et-un modèles d'habits de Christian Dior (5 février 1952).

Photographies ci-dessous : Deux modèles de bobines pour cinématographes de Gaumont (20 novembre 1902).

Article et photographies LM

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Hôtels Lambert, Crillon, Tubeuf, et permis de démolir pour le quadrilatère Richelieu, à Paris.

Dans l'article intitulé Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (1) : Vous avez dit « création », « architecture » et « patrimoine » ? je parle de mon inquiétude concernant trois hôtels particuliers en travaux depuis plusieurs années : l'hôtel Lambert (XVIIe siècle), l'hôtel Crillon (XVIIIe) et l'hôtel Tubeuf du XVIIe siècle (site Richelieu de la Bibliothèque nationale). Je suis allé voir les permis de construire affichés comme la loi l'exige.

La date de permis de construire de l'hôtel Lambert date de juin 2009. Il s'agit d'une « rénovation complète ». Voilà ce que le permis de construire placardé sur place indique :

« L'Hôtel Lambert est restauré en totalité. Cette restauration comprend dans un premier temps les extérieurs tels que les façades, les menuiseries, les toitures et la charpente. Un deuxième temps est consacré à la restauration des décors intérieurs ainsi qu'à l'aménagement des différents espaces. Ils recevront les équipements techniques d'aujourd'hui : électricité courants forts, courants faibles, plomberie et ventilation. Les dispositions des pièces anciennes sont conservées et leurs décors sont mis en valeur. »

Il semblerait donc qu'aucun ascenseur pour voitures ne soit en construction, ni de garage en dessous, ni rien de cassé. Cet édifice avait été conservé dans son jus, ce qui était exceptionnel à Paris pour un bâtiment du XVIIe siècle. Il va dorénavant recevoir le 'confort' moderne, ce qui va réduire son authenticité.

Pour l'hôtel Crillon, dont le permis de construire date du 9 septembre 2009, il est inscrit :

« Réaménagement d'un bâtiment de 6 étages avec extension du sous-sol, mise aux normes de sécurité et accessibilité, démolition partielle de planchers du 1er au 6ème étage, suppression de l'ensemble des édicules en toiture et ravalement de toutes les façades d'un bâtiment à usage d'hôtel de tourisme. »

Ce permis de construire a été prorogé d'un an à compter du 9 septembre 2012. Pour cette prorogation voilà ce qui est écrit :

« Réaménagement intérieur de l'hôtel (130 chambres au lieu de 145) avec la construction de plancher en extension du 2ème sous-sol, la création d'une piscine et d'une salle de sport au 1er sous-sol, la démolition partielle de plancher à l'entresol et la modification d'une baie avec dépose de la porte du local bagages, à rez-de-chaussée sur rue. »

Une seconde prorogation a été accordée le 23 juin 2014 :

« Redistribution des locaux du 1er sous-sol au 6ème étage, création d'une galerie de liaison au parc de stationnement au 1er niveau de sous-sol, suppression de la mezzanine au droit du salon Gabriel à rez de chaussée et modifications ponctuelles en façade sur rue de l'hôtel Crillon. »

La « surface des bâtiments à démolir » est en tout de 6 999 m2 (54 m2 + 3 380 m2 + 3 565 m2).

Ce bâtiment du XVIIIe siècle est aujourd'hui posé sur plusieurs étages de béton constitués de garages, de piscine, de salle de sport etc. Il n'existe sans doute plus aucune des fondations d'origine. Des planchers vont être partiellement démolis sur les six étages, ce qui veut dire une nouvelle démolition partielle de ce bâtiment du XVIIIe siècle, sans doute afin de construire un ascenseur dans ce lieu qui en compte déjà. Quant à la « suppression de la mezzanine au droit du salon Gabriel à rez de chaussée », je ne sais pas ce que cela signifie.

Cliquez sur les images ci-dessous pour les voir en grand.

Pour la bibliothèque nationale rue de Richelieu et l'Hôtel Tubeuf. Une « autorisation de travaux sur un immeuble classé au titre des monuments historiques » date du 9 janvier 2012. Sur la pancarte il est indiqué : « restauration des menuiseries extérieures de la façade est, de Robert de Cotte » de la Bibliothèque nationale de France.

Une autre pancarte renseigne sur des travaux sur le « quadrilatère Richelieu : redéploiement des départements spécialisés de la BNF, installation des bibliothèques de l'INHA et de l'ENC » dont le « permis de démolir » date du 13 avril 2010. La « nature des travaux » concerne les « Démolitions partielles de planchers et de toitures, percement de murs porteurs. » La « surface hors œuvre nette » est de 13 425 m2.

De l'autre côté des bâtiments, là où se trouve l'entrée pendant les travaux, une pancarte indique un « projet de rénovation du quadrilatère Richelieu » alors que le permis est un « permis de démolir ».

Le Quadrilatère Richelieu est, comme l'indique le site de l'INHA « le berceau historique de la Bibliothèque nationale de France (BNF). Autrefois composé du Palais Mazarin, de l’hôtel Tubeuf, de la galerie Mansart et de deux édifices abritant la Bibliothèque royale, il accueille la BNF dès la première moitié du XVIIIe siècle. »

Détruire plusieurs centaines de m2 de cet ensemble me semble assez scandaleux. Reste à savoir quelles sont les parties qui ont été démolies.

Cliquer sur les photographies pour avoir leur agrandissement.

Article et photographies LM

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Découverte d’une partie de l’enceinte parisienne de Charles V datant du XIVe siècle

Des fondations de l’enceinte médiévale de Charles V ont été découvertes lors de travaux d’aménagement d’un nouvel espace vert sur la Place Père-Teilhard-de-Chardin devant la Bibliothèque de l'Arsenal à Paris.

Depuis le 21 septembre et jusqu'au 16 octobre un diagnostic archéologique a été lancé. C'est le moment de se rendre sur place pour voir ce mur médiéval qui encerclait Paris au nord de la Seine. Les fondations visibles à cet endroit se prolongent sous la Bibliothèque nationale et sont en partie accessibles dans ses caves.

Photographies ci-dessous : Au XIXe siècle et peut-être un peu après, entre la Bibliothèque de l'Arsenal et la bâtiment en face de celle-ci, une partie de l'enceinte de Charles V s'élevait toujours.

Article et photographies LM

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Robert Doisneau un photographe au Muséum

Du 7 octobre au 18 janvier 2016 la Grande galerie de l'Évolution organise une exposition intitulée Robert Doisneau un photographe au Muséum avec des photographies de 1942-3 et 1990 faites par Robert Doisneau (1912-1994) au sein du Muséum national d'Histoire naturelle à Paris.

Cette exposition permet de rappeler que « Les collections écrites, graphiques, historiques, artistiques et électroniques du Muséum représentent deux millions de documents de toute nature : imprimés, documents graphiques, manuscrits et archives, objets d’art et de collection, périodiques électroniques. » La collection photographique est estimée comprendre plusieurs centaines de milliers de pièces depuis les débuts de la photographie jusqu'à aujourd'hui.

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Hadza – Derniers des premiers hommes

Le Jardin des Plantes de Paris expose jusqu'au 31 janvier 2016 une série d'une soixantaine de photographies réalisées par Matthieu Paley chez les Hadza de Tanzanie.

« Petit groupe d’un millier d’âmes, les Hadza, des savanes du nord de la Tanzanie, sont l’une des quelques populations africaines vivant de la chasse et de la collecte, sans élevage ou agriculture. Les Hadza forment un isolat et parlent une langue à clicks, différente de toutes les langues parlées par leurs voisins agriculteurs ou éleveurs, et qui n’est rattachée à aucune autre langue africaine. Leur mode de vie nomade se voit constamment contesté par l’administration de l’État qui souhaite les sédentariser, en même temps que leur territoire est menacé par l’expansion de l’agriculture et de l’élevage, et même par le développement des lois de protection de la nature ou le tourisme. En Afrique, quelques centaines de milliers de gens pratiquent encore une économie dominée par la chasse et la collecte, les plus connus étant les divers groupes de Pygmées dans la forêt équatoriale, et les San ou Bushmen des steppes arides d’Afrique australe. Les Hadza sont l’un de ces peuples, qui témoignent d’une interrelation particulièrement riche avec le milieu naturel et la biodiversité. » Serge Bahuchet, ethnobiologiste et directeur du département de recherche 'Hommes, nature et sociétés' au Muséum national d’Histoire naturelle.

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (5) : une technocratisation que l'on appelle liberté et une législation qui ne permet pas une conservation véritable de notre patrimoine.

Photographies ci-dessus : Députés présents au début des débats lors de la discussion générale du projet de loi à l'hémicycle, le lundi 28 septembre vers 17h20 (captures d'écran).

Le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine a été débattu la semaine dernière en lecture publique à l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

POURQUOI CETTE PRÉCIPITATION ? Sa rédaction a été présentée au début du mois de juillet 2015. Les auditions, par les députés de la Commission des Affaires cultures, des instances représentatives concernées ont dû se dérouler pendant la saison estivale des mois de juillet et août ! Le texte est passé ensuite en commission puis à l'hémicycle en septembre, pendant la session extraordinaire, durant des séances se déroulant même après minuit. La conclusion de la première lecture s'est déroulée à 1h du matin, de manière précipitée, avec des votes où les députés n'avaient même pas le temps de lever la main pour voter puisque de toutes les façons les dés étaient jetés depuis le début. Cette brusquerie était d'autant plus étrange que le texte était annoncé depuis plus de deux ans. L'impression générale pour ce premier passage à l'Assemblée nationale fut d'avoir assisté à une PARODIE DE DÉMOCRATIE. Heureusement le Gouvernement n'a pas engagé la procédure accélérée (un passage au Parlement au lieu de deux) comme il l'a fait pour d'autres textes importants (comme pour le projet de loi de modernisation de notre système de santé).

Malgré le temps pris pour sa réalisation LE PROJET DE LOI PRÉSENTÉ AUX DÉPUTÉS N'ÉTAIT PAS FINI. Il a été largement modifié lors de ses deux passages à l'Assemblée nationale par des amendements du député rapporteur sur ce texte (socialiste), par la majorité, et plus surprenant encore par le ministère qui l'a écrit ! Dans ce dernier cas il ne s'agissait pas de quelques amendements, mais de dizaines ! Quant à l’opposition, son rôle a été principalement celui de figurant, seulement une vingtaine de ses amendements ayant été retenus sur les 231 adoptés.

Voici le décompte :

En Commission des Affaires sociales 155 amendements ont été approuvés. Le Gouvernement a fait adopter ses 26 amendements, le rapporteur 97. Sur les 32 restants les deux tiers étaient de la majorité.

À l'hémicycle 76 amendements ont été retenus. Le Gouvernement a fait adopter ses 19 amendements (deux ont été retirés avant discussion) et le rapporteur 17. Sur les 40 restants seulement une grosse dizaine était de l'opposition.

Le texte original comprenait 46 articles. Il en possède maintenant 96 !

LE GOUVERNEMENT A AMENDÉ QUARANTE-CINQ FOIS SON PROPRE TEXTE lors de la première lecture à l'Assemblée nationale !

On aurait pensé qu'un sujet plutôt consensuel comme le patrimoine, l'architecture ou l'art aurait permis une ouverture plus grande. Ce ne fut pas le cas. Mais surtout je le répète il s'avère que ce texte, tel que présenté et travaillé depuis plusieurs mois, n'était même pas fini.

Il s'agit d'une OCCASION RATÉE. Malgré ces changements la rédaction me semble passer complètement à côté des thèmes dont elle s'occupe. Il n'y a aucune vision d'ensemble, aucune philosophie si ce n'est celle d'UN MONDE DE L'ART CENTRALISÉ, SUBVENTIONNÉ ET DE COPINAGE HÉRITÉ DES ANNÉES 1980, UNE OUVERTURE SUR LE PRIVÉ et UNE RÉORGANISATION TROUBLE ET TECHNOCRATIQUE DE LA PROTECTION DE NOTRE PATRIMOINE. Durant les débats on a pu entendre la droite faire l'apologie de l'ancien ministre de la Culture Jacques Lang qui a lancé la soupe politico-culturelle subventionnée. J'ai personnellement vécu cette période et constaté le désastre de cette politique culturelle de subventions centrée seulement sur les accointances avec le gouvernement en place, sur le copinage ; ce que continue de faire l'actuel gouvernement.

POURQUOI MÉLANGER LA CRÉATION ARTISTIQUE AVEC LE PATRIMOINE ET L'ARCHITECTURE ? Finalement le patrimoine se retrouve coincé ici entre la création artistique contemporaine et l'architecture.

Le texte est un FOURRE-TOUT sans logique d'ensemble TECNOCRATIQUE, sans âme. Il fallait faire un effort pour ne pas s'endormir en écoutant les parlementaires. Comme pour les autres projets de loi, ceux-ci ont gobé la trame proposée par le Gouvernement, même si celle-ci conduit droit au mur. Il faut dire que le Gouvernement, comme le rapporteur sont dirigés par des technocrates (du ministère de la Culture pour le premier et de l'Assemblée nationale pour le second). Ne croyez pas que Mme le ministre de la Culture, qui a signé le texte, ait rédigé une ligne de celui-ci (peut-être l'article 1 et encore) puisqu'il y a quelques mois elle n'y connaissait à peu près rien sur le sujet. Il en va de même pour le rapporteur qui n'a pas composé son rapport mais seulement corrigé. C'est un ou plusieurs administrateurs du Parlement qui l'ont écrit.

UNE LIBERTÉ TRÈS RELATIVE. Dans ces conditions le premier article constitué de cette seule phrase « La création artistique est libre » prête à sourire. Tout le reste du projet de loi démontre le contraire, avec son affirmation de la main-mise du Gouvernement sur une partie de la création artistique à travers ses subventions, ses labels etc., et par sa volonté de tout contractualiser, technocratiser jusqu'à le faire en dehors de débats en proposant aux parlementaires d’accepter d'habiliter le Gouvernement à légiférer par voie d’ordonnance, c'est à dire seul, sans débat (c'est tout le sujet du titre III). Aujourd'hui essayer de vivre de son art en France est infernal lorsque l'on reste dans les clous. Avant même de faire un bénéfice il faut payer l’État sur les ventes. Seules les grosses structures culturelles et les artistes internationaux peuvent survivre dans ce système.

La phrase de l'article 1 prête aussi à sourire (toujours plutôt jaune) quand on sait ce que ce Gouvernement, comme le précédent, appelle de la 'création artistique' : des godemichets géants, des représentations du chaos ... enfin du pipi-caca-popo qui ne trouve sa texture que dans la provocation, la violence, la confusion... un art contemporain revendiquant le laid et le désordre qui ne doit cependant pas dépasser certaines limites imposées par la classe politique.

Ces choix des dirigeants publics de montrer l'horreur, leur manque d'éthique, de finesse, d'intelligence sont à l'origine des extrémismes qu'ils veulent combattre par cet article, alors qu'ils ne font que les attiser. Les choix artistiques plus que douteux d'aller vers l'horreur ne font que le jeu des extrémismes qui malgré leurs idéologies moyenâgeuses semblent d'une valeur morale supérieure. Nous sommes dans une mélasse entretenue consciemment ou par bêtise par une grande partie de nos 'élites'. Si on ne veut pas la barbarie, il ne faut pas jouer avec !

Cet acharnement a vouloir TOUT CONTRACTUALISER, TOUT ORDONNER SELON UNE VISION TECHNOCRATIQUE et anti-libertaire, à faire payer les utilisateurs d'internet, cette manière de tisser une toile d'araignée, de vouloir légiférer par ordonnances… tout cela s'accorde mal avec la liberté de création.

Cet article sur la « liberté de création artistique » n'est qu'un EFFET D'ANNONCE, une réplique à des événements récents. Comme on peut le lire dans l'Étude d'impact du projet de loi au niveau législatif, cela ne change presque rien : « Cette reconnaissance par le législateur ne va pas modifier substantiellement l’état du droit dans la mesure où la liberté artistique a toujours été appréhendée par l’intermédiaire de la liberté d’expression qui peut se prévaloir d’un ancrage constitutionnel et constitue l’un des droits fondamentaux. » Un autre effet d'annonce a été, pendant le passage de ce projet de loi à l'Assemblée nationale, de proclamer une hausse du budget de la Culture pour 2016 alors qu'au moins pour les deux années précédentes celui-ci a baissé.

Ce qui m'a frappé dès le début des débats à l'hémicycle de l'Assemblée nationale c'est que, dans les interventions des députés en discussion générale, on ne trouve AUCUN BILAN SÉRIEUX DE L'OPPOSITION SUR LA SITUATION DE L'ART, DU PATRIMOINE ET DE L'ARCHITECTURE. J'ai montré dans de très nombreux articles de mon blog que celle-ci n'est pas bonne, en particulier dans le secteur public. Il suffit de lire cet article (pourtant loin d'être exhaustif) sur le patrimoine pour s'en rendre compte. Chaque semaine je découvre fortuitement de nouveaux exemples de destructions publiques de notre patrimoine ancien. Tellement que j'ai l'impression d'être au milieu de la BARBARIE. L'Étude d'impact du Gouvernement et le Rapport de la Commission des Affaires culturelles sont très loin de donner une vision d'ensemble de la situation, et surtout une vision impartiale. Cela aurait dû être le rôle de l'opposition de le faire. Mais elle n'a pas entrepris cette critique... et elle n'a pas vraiment eu le temps de le faire.

Les députés semblaient avoir été comme happés par le texte du projet de loi, sans prendre de recul, sans avoir une vision de l'avenir de ces sujets. Tous paraissaient implicitement d'accord sur le fond sans avoir fait de recherches sur la réalité, mis à part pour ce qui concernait leurs circonscriptions ou ce qu'ils ont pu apprendre dans des auditions faites à la va-vite.

On a pu s'apercevoir que le peu de députés présents lors des débats avaient une même VISION DE L'ART ET DES ARTISTES QUELQUE PEU BÉNI-OUI-OUI. Par exemple pour eux, si des œuvres artistiques contemporaines ont été vandalisées c'était obligatoirement par d'affreux extrémistes réactionnaires. À aucun moment ils semblaient concevoir que certaines de ces œuvres aient peut-être été vandalisées par les artistes ou leurs amis afin de se faire de la publicité ou simplement par des personnes cherchant à en discréditer d'autres. Tout était pris au premier degré. Dans les propos des députés on ne distinguait pas non plus de critiques des choix artistiques des collectivités publiques, de ces œuvres d'art contemporaines qui « éclairent l'avenir » (ce sont les mots de Mme le Ministre) en présentant le chaos. Aucun débat n'a eu lieu sur ce qu'est une création artistique, de qui décide que cela en est.

Dans la loi les limites de la liberté de création artistique sont les mêmes que celles de la liberté d'expression. Pourquoi faire une distinction ? Le rapporteur l'a expliqué : « En effet, cette liberté est soumise aux mêmes limitations [...] que la liberté d’expression, qu’il s’agisse du respect du droit de propriété et de la vie privée, de la protection de l’ordre public, de la prévention d’un danger pour la jeunesse, de la sanction de l’apologie ou de la provocation à commettre des atteintes graves et irréparables à des vies humaines ou à des biens, des crimes de guerre ou contre l’humanité, des actes de terrorisme, de l’incitation à la discrimination ou à la haine, de la sanction de la diffusion ou de l’exposition d’images ou de représentations d’un mineur à caractère pornographique, de la sanction de la diffusion de messages à caractère violent ou pornographique ou portant gravement atteinte à la dignité humaine. »

Le reste de ce projet de loi est très technique. Cette technocratisation de l'univers artistique et une législation obèse alimentée par ce projet de loi vont encore accentuer la JUDICIARISATION. Du reste une partie importante de ce texte concerne la CONTRACTUALISATION de l'univers artistique.

La schizophrénie actuelle, mélangeant l'ouverture du public au privé et l'étatisation technocratique, est ici présente à travers la MAIN-MISE DE L'ÉTAT SUR UNE PARTIE DE LA CRÉATION, comme cela est exprimé dans les objectifs de la politique culturelle publique, et une PRIVATISATION DE L'UNIVERS CULTUREL au détriment du public. La labellisation de structures culturelles publiques comme privées est une étrange manière de parler de liberté artistique ! Cela crée une sorte d'élite culturelle tout en donnant davantage de pouvoir au privé qui investira de plus en plus le public par ce système de labellisation. Mais la main-mise de l’État ne satisfera pas le privé … personne ne sera content.

Évidemment on fait de la DISCRIMINATION 'positive' au lieu de ne pas faire de discrimination du tout et de favoriser la diffusion artistique pour tous. En ce qui concerne Internet, lorsque le Gouvernement parle de 'diffusion' il le fait surtout en voulant faire payer le grand public. Sur le Net l'art et la culture sont avant tout vus par celui-ci à travers leur MARCHANDISATION. La défense de la culture française n'est pas vraiment sa préoccupation. La DÉFENSE DU FRANÇAIS non plus. Ce sont des amendements des députés qui ont mis en avant l'importance de favoriser la diffusion d'une culture et d'un art en français.

Pour ce qui concerne la réforme juridique des biens archéologiques et des instruments de la politique scientifique archéologique, je ne connais pas assez le sujet pour analyser les articles. Je m'aperçois tout de même que les découvertes archéologiques immobilières faites dans un terrain privé acquis après le 17 janvier 2001 appartiennent à l’État dès leur mise au jour. Quant aux biens archéologiques mobiliers ils sont, à partir de cette loi, présumés appartenir à l’État dès leur découverte.

Pour ce qui est du patrimoine, de nouveaux articles font des propositions afin de permettre la conservation de patrimoines et bien culturels en péril dans le monde. Ce projet de loi entreprend aussi « la modernisation du droit du patrimoine et la promotion de la qualité architecturale ». Je ne connais pas précisément l'organisation à ce niveau. Je remarque que les délimitations autour des biens faisant partie du patrimoine mondial deviennent des « zones tampons » qui ne sont pas obligatoires et délimitées par « l'autorité administrative » ce qui est très vague. La Commission nationale des monuments historiques devient la Commission nationale des cités et monuments historiques. Celle-ci peut contenir des membres d'associations ou de fondations privées. Ses membres sont désignés selon un décret en Conseil d’État. C'est aussi le cas pour la Commission régionale du patrimoine et des sites qui devient la Commission régionale du patrimoine et de l’architecture.

Une bonne chose est d'instituer que les effets mobiliers attachés à perpétuelle demeure à un immeuble (ou une partie) classé ou inscrit au titre des monuments historiques ne peuvent en être détachés sans autorisation de l’autorité administrative. Concernant les « cités historiques » je lis que « Dans le périmètre d’une cité historique, sont soumis à une autorisation préalable les travaux susceptibles de modifier l’état des parties extérieures des immeubles... » Cela me semble étrange de protéger seulement les parties extérieures des immeubles et pas l'intérieur et les autres éléments intégrés à la cité historique. De plus la législation est compliquée, difficile d'accès, et finalement donne l'impression que tout est possible dans la mesure ou rien n'est compréhensible ; et surtout il me semble que CETTE NOUVELLE LÉGISLATION EST ENCORE PLUS FAIBLE QUE LA PRÉCÉDENTE POUR SAUVEGARDER NOTRE PATRIMOINE. Les amendes sont légères en cas de non suivi des règles concernant la destruction d'immeubles classés ou inscrits, de 6 000 € pour une personne physique ou 30 000 € pour une personne morale. Cela me paraît aisé de contourner la loi telle qu'elle est écrite.

Quant aux parties donnant l'habilitation au Gouvernement de légiférer sur le code du cinéma et de l’image animée, le code du patrimoine (dispositions communes à l’ensemble du patrimoine culturel, bibliothèques, archéologie, monuments et cités historiques...)... cela me semble scandaleux.

Ce projet de loi va maintenant passer au Sénat pour sa première lecture en Commission des Affaires culturelles puis en séance. Pour le moment aucune date n'a été fixée. Les auditions de cette commission sur ce sujet ne semblent pas avoir débuté (voir ici). Sans doute les groupes parlementaires ont commencé à le faire. Espérons-le, car le niveau des débats à l'Assemblée nationale était particulièrement faible malgré l'enfumage juridique et technocratique qui ferait prendre n'importe quel artiste d'avant-garde pour un imbécile notoire et le plus honnête défenseur du patrimoine pour un forcené rétrograde.

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Être femme sous Louis XIV, du mythe à la réalité.

Être femme sous Louis XIV, du mythe à la réalité est le titre de la nouvelle exposition temporaire automnale du Musée-Promenade de Marly-le-Roi / Louveciennes qui a lieu du 3 octobre au 2015 au 14 février 2016.

Le château de Marly était la résidence intime du Roi-Soleil. Il fut détruit durant le Premier Empire. Le Musée-Promenade est situé à l'entrée du domaine. Au rez-de-chaussée quelques oeuvres d'époque rappellent le passé de l'endroit. La nouvelle exposition est en sous-sol.

Il s'agit d'une très intéressante rétrospective sur le sujet de la femme sous Louis XIV, en particulier chez les aristocrates de l'époque, à travers une centaine d’œuvres prêtées par la Bibliothèque nationale de France et des musées de toute la France.

Ceux qui aiment la mode de cette époque seront ravis car de multiples documents de qualité en témoignent : des gravures, des peintures, des livres et quelques objets d'art autour de la toilette, thème qui occupe une pièce. J'ai pris de nombreuses photographies que l'on peut voir un peu plus loin.

Photographie de gauche : « Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse de Bourgogne, d’après JB. Santerre, première moitié du XVIIIe siècle, Musée-Promenade, dépôt du château de Versailles, © Musée-Promenade - Jean-Yves Lacôte. »

Photographie de droite : « L’Écaillère, Pierre Brébiette, XVIIe siècle, eau-forte, musée Carnavalet, © Musée Carnavalet – Roger Viollet. »

Photographies ci-dessous : « La Princesse Palatine, N. Bonnart, vers 1675, eau-forte, Musée-Promenade, © Musée-Promenade. » « Madame le Duchesse d'Orléans » est décrite ici « dans son habit de Campagne ». Il s'agit d'un accoutrement d'homme, excepté qu'elle porte une robe.

Photographies ci-dessous : « Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, d’après P. Mignard, vers 1700, Musée-Promenade, dépôt du château de Versailles. © Musée-Promenade - Jean-Yves Lacôte. »

Photographies ci-dessous : Détail d'une gravure de vers 1634-1636 d'Abraham Bosse (1604-1676) intitulée Le Mariage à la ville : le retour du baptême.

Photographies ci-dessous : Détail d'une estampe de Pierre-Jean Mariette (1694-1774) représentant Madame la duchesse du Maine (1676-1753). On le voit, la mode est très différente de quelques années auparavant. Sur le visage on pose beaucoup de mouches.

Photographies ci-dessous : Portrait de Marie-Thérèse de Bourbon-Condé, princesse de Conti (1666-1732). Huile sur toile. Après 1688.

Photographie ci-dessous : Détail d'une gravure almanach pour l'année 1680 : À la Gloire de la France et le Bonheur de l'Espagne.

Photographie ci-dessous : Madame de Guéméné (1606-1685).

Photographies ci-dessous : La Galerie du Palais. Eau-forte d'Abraham Bosse de vers 1638. Cette gravure représente trois boutiques dans une galerie, une de livres, une autre d'accessoires de mode (éventails, gants...) et une troisième de dentelles, cols etc..

Photographies ci-dessous : Le Savetier. Estampe d'Abraham Bosse de vers 1634-1636.

Photographies ci-dessous : Gravure intitulée La Couturière.

Photographies ci-dessous : Le Parfumeur français... de Simon Barbe. Livre du XVIIe siècle.

Photographies ci-dessous : Petits pots couverts de toilette, sans doute à onguent, et boîte ronde pour savon ou éponge, en porcelaine tendre de Saint-Cloud de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe.

Photographie ci-dessous : Flacons de senteurs.

Photographie ci-dessous : Il est possible dans cette exposition de sentir quatre parfums du XVIIe siècle reconstitués d'après des recettes originales.

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Le Musée d’art et d’histoire de Genève

Le Musée d’art et d’histoire de Genève gratifie son public de plusieurs expositions jusqu'au 31 décembre 2015.

Dans la première il sort de ses réserves une sélection des plus belles pièces de Peintures italiennes et espagnoles à l’occasion de la publication d’un catalogue raisonné. 

Jean-Pierre Saint-Ours : Un peintre genevois dans l'Europe des Lumières est le titre d'une autre exposition . Celle-ci fait découvrir cet artiste (1752-1809) en réunissant une centaine de ses peintures, « dont certaines inédites », avant la publication du catalogue raisonné de son œuvre peinte.

Photographie : Portrait de Jacques Trembley-Jaquet (1753-1817) dans la campagne genevoise, avec vue sur le lac, par M. Saint-Ours, 1798. Huile sur toile de 66 x 82 cm. Collection privée. © MAH, photo : Maurice Aeschimann. 

Enfin il est à noter l'exposition Rénover Agrandir. En France aussi ces deux mots sont dans la bouche de tous ceux qui veulent bétonner et moderniser des lieux du patrimoine ancien utilisés comme musées.

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Le nouveau Musée de l'Homme

Le nouveau Musée de l'Homme ouvre le 17 octobre prochain, après six années de travaux dans le palais de Chaillot à Paris.

Une nouvelle fois on assiste à une agression sur un bâtiment ancien.

La partie du dossier de presse sur « Le projet architectural » commence ainsi : « Le Musée de l’Homme bénéficie d’un emplacement exceptionnel dans l’aile Passy du Palais de Chaillot. Le projet architectural ne modifie en rien l’apparence extérieure mais derrière les façades monumentales de ce bâtiment historique de 1937, tout est différent. retour sur une métamorphose fonctionnelle, lumineuse et réversible. »

Réversible... mais pas pour ce qui a été détruit : « […] les structures verticales et les planchers de tout le corps central ont dû être consolidés, voire remplacés […] Les architectes ont ouvert le musée sur son environnement, ils ont fait entrer la lumière en valorisant les ouvertures existantes et en créant un nouveau puits de lumière dans le pavillon de tête par la suppression du plancher du salon de musique qui occultait, depuis le premier niveau, la verrière héritée du palais de Davioud. »

Pour résumer, si vous voulez voir un bâtiment construit dans les années d'avant-guerre, surtout restez à l'extérieur du musée de l'Homme... à l'intérieur « tout est différent ».

Il est nécessaire d'ajouter que le Musée de l'Homme est né avec le Palais de Chaillot, et que c'est extrêmement dommage de ne pas avoir cherché à conserver au moins des bribes de la mise en scène d'origine !

Et oui, l'homme sous ses allures d'architecte ou de directeur de musée peut aussi être un vrai sauvage. Vivement qu'il évolue !

Photographies du dossier de presse.

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Le château de Versailles

La direction calamiteuse du château de Versailles se poursuit. Cette fois il s'agit de détruire un escalier de service menant aux appartements de la Reine appelé 'escalier Fleury' afin d'y installer une climatisation (article de Le Point du 29 septembre 2015). 

Je rappelle que dernièrement un jardin moderne a été aménagé dans les jardins de Versailles de Le Nôtre, que trois bâtiments lui appartenant vont être transformés en hôtel, que les choix artistiques contemporains qui y sont exposés régulièrement sont plus que polémiques, que l'utilisation de fac-similés à la place de vraies peintures y est fréquente, que les restaurations sont souvent douteuses, que le garde-meuble de Louis XVI du château vient d'être vendu pour être découpé en appartements, que le château sert pour des fêtes décadentes comme celle récemment pour le président de la République populaire de Chine (n'est-ce pas décadent d'inviter le président d'une dictature ?)... C'est déjà beaucoup non ?

Le château de Versailles et le Louvre sont deux institutions culturelles qui prennent depuis quelques années une direction alarmante.

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Le thème du fantastique dans l'estampe

Au Petit-palais de Paris, deux expositions rendent un hommage au fantastique à partir du 1er octobre 2015 jusqu'au 17 janvier 2016.

La première Kuniyoshi, le démon de l’estampe fait découvrir pour la première fois en France près de deux-cent-cinquante œuvres du graveur japonais Utagawa Kuniyoshi (歌川 国芳, 1797 ou 1798 - 1861).

La seconde, L’estampe visionnaire, de Goya à Redon expose plus de cent-soixante-dix estampes en noir et blanc provenant des collections de la Bibliothèque nationale de France.

D'abord il est nécessaire de dire que les programmateurs et les réalisateurs de cette double exposition ont une vision très réduite du thème du fantastique. On entre dans cette exhibition par une arche dont la partie supérieure est un squelette, et un autre nous dit adieu à la fin de celle-ci. Pourtant les estampes de Kunioshi sont loin de l'esprit morbide des organisateurs avec ses chatons, ses animaux géants ou ses guerriers multicolores.

La vision réduite de leur 'fantastique' est en particulier évidente dans la seconde exposition. Mais avant d'en parler continuons avec la première qui présente des estampes et peintures de Utagawa Kuniyoshi (qui aurait produit plus de dix-mille oeuvres), provenant pour l'essentiel d'une collection particulière japonaise. On y glane d'intéressantes informations sur les gravures polychromes japonaises dont les débuts sont relativement récents : 1765. En France les estampes japonaises deviennent à la mode dès le milieu du XIXe siècle. Claude Monet (1840-1926) appartient à la première génération des amateurs de celles-ci. Il commence sa collection en 1846 à l'âge de seize ans « profitant des emballages de produits exotiques débarqués au Havre ». Il rassemble plus de deux-cent-trente de ces gravures. Auguste Rodin (1840-1917) est un autre de ces amateurs connus. Il « réunit plus de deux cents gravures, livres, albums et dessins japonais ».

Après avoir fait état du 'japonisme' de la seconde moitié du XIXe siècle en France, l'exposition suit donc le parcours artistique d'Utagawa Kuniyoshil et les sujets qu'il développe. Une salle très intéressante est aussi consacrée à la fabrication des estampes polychromes japonaises, avec notamment une planche gravée sur du cerisier. Il est impressionnant de voir comment le sculpteur à partir de cette matière brute arrive à permettre des estampes dont les traits sont d'une grande finesse ressemblant à ceux du pinceau.

Photographies du haut : Estampe d'Utagawa Kuniyoshi, de la série Mitate Chochingura datant de vers 1848-1850, provenant de la collection de Claude Monet.

Photographie de gauche : « Utagawa Kuniyoshi (1797-1861), Jeune femme se coupant les ongles (série « Univers de femmes »), vers 1843-1844. Nishiki-e, éventail uchiwa (22 × 29 cm). Collection particulière. Photo : Courstesy of Gallery Beniya. »

Passons à l'autre exposition, puisqu'on ne peut y échapper si on souhaite voir la première. Si en France la finesse n'est pas toujours au rendez-vous de l'humour, surtout ces cinquante dernières années, on peut dire que cette période a inventé 'l'humour glauque'. Enfin j'espère qu'il s'agit d'humour... Cette manifestation a tout d'abord une vision très étroite du fantastique limitée à l'infernal, au morbide, au sordide. Surtout elle oublie je crois certains fondements de ce genre de représentations. Souvent il s'agit d'anciens mythes ou pratiques religieuses que le nouveau courant dominant diabolise. Ensuite il y a au XIXe siècle une compréhension chez certains artistes de la décadence de leur temps. Et puis il y a la fonction cathartique de ce genre de représentations utilisées depuis le Moyen-âge.

L'exposition commence avec une gravures de sorcières, se poursuit avec des exemples de Goya, Jacques Callot, Albrech Dürer... se poursuit sur trois générations successives d’artistes, celles d’Eugène Delacroix, de Gustave Doré et d’Odilon Redon.

Je le répète il est dommage que cette manifestation fasse la part belle au macabre et au cauchemar, comme si on en avait besoin aujourd'hui où cela se trouve, sans chercher, dans les médias et même dans la rue. De plus le titre est très ambigu dans la mesure où il est question d'« estampe visionnaire ».

Enfin pour tout dire je suis sorti de là avec soulagement, comme quelqu'un qui s'extrairait du brouillard pour se retrouver en pleine lumière... surtout que le Petit-palais a une collection fantastique qui parcourt toute l'histoire des beaux-arts occidentaux avec des exemples merveilleux pour chaque époque et beaucoup moins nombreux qu'au Louvre, ce qui permet d'avoir une vision exhaustive et raffinée de l'histoire de l'art occidental. J'en reparlerai.

Photographie ci-dessous : Ce bronze de la collection permanente du Petit-palais (qui ne se trouve pas dans les expositions temporaires dont il est question dans cet article) représente une sirène. Cet animal fantastique au corps d'oiseau et à la tête de femme représente l'harmonie divine et ses rythmes merveilleux. Durant l'Antiquité ce mythe fut remplacé progressivement par celui de la muse... la sirène devenant la représentation d'un être affreux de l'ancien temps. Il s'agit d'une anse de chaudron en bronze de vers 700 avant J.-C. d'Urartu ou Syrie du Nord.

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Corps et âmes, sculpter l’Homme et les dieux dans l’Antiquité

Jusqu'au 31 mars 2016 le musée de Jublains (département de la Mayenne en région Pays de la Loire) expose les collections de sculptures et céramiques grecques et romaines du musée de Château-Gontier avec près de cent-cinquante « œuvres, sculptures, céramiques, reliefs, étudiées et restaurées pour l’occasion » dans l'exposition intitulée Corps et âmes, sculpter l’Homme et les dieux dans l’Antiquité.

La collection du musée du Pays de Château-Gontier en Mayenne a été constituée par Pierre-Aristide Boullet-Lacroix voyageur et collectionneur qui l’a léguée à sa ville en 1848.

Je ne sais pas si les objets d'art ont une âme... ce qui est sûr c'est qu'ils transmettent quelque chose et ouvrent la notre à d'autres horizons.

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Chefs-d'oeuvre d'Afrique Dans les collections du musée Dapper

PROLONGATION JUSQU'AU 17 JUIN 2017 !

Je n'ai aucune compétence en art africain ; mais comme le musée Dapper le dit, je veux bien le croire : pour l'exposition Chefs-d'oeuvre d'Afrique dans les collections du musée Dapper, se déroulant du 30 septembre 2015 au 17 juillet 2016, sont présentées au public « Des oeuvres figurant parmi les plus importantes au monde réunies pour la première fois. Remarquables par leur esthétique, elles témoignent des grandes cultures de l'Afrique. »

« Le fonds du musée Dapper se caractérise par la diversité des provenances géographiques et par l'ancienneté. L'exposition, qui comprend quelque 130 pièces, présente des oeuvres majeures. Certaines sont uniques et n'ont aucun équivalent dans le monde, telles des sculptures du Gabon (Fang, Kota, Punu...), du Cameroun (Bangwa), du Bénin (Fon), ou encore du Mali (Dogon, Soninke). »

Je suis allé voir cette exposition et ne le regrette pas du tout. Elle nous plonge dans une Afrique multiple, pleine de vie et de magie... encrée dans le réel et dans l'imaginaire, humaine et divine. Cela commence avec des statues de gardiens avec certaines contenant même de la peau et des os humains. Cela se poursuit dans un voyage initiatique à travers l'Afrique. Les objets exposés ayant été fabriqués pour la plupart pour des pratiques rituelles, le fait de ne pas faire partie de ces pratiques donne une impression étrange de voyeurisme. Leur esthétique pose aussi des interrogations. Voilà je n'en dirai pas davantage ne connaissant pas le sujet... et celui-ci me semblant particulièrement vaste... je me tais.

Photographie ci-dessous : Tête en terre cuite de 38 cm du Ghana (région Hemang : Twifo) du XVIIe siècle. Musée Dapper.

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Pollution de l'air : la mise en danger des bâtiments et monuments anciens.

Madame le sénateur Leila Aïchi a présenté le 8 juillet 2015, au nom de la commission d’enquête sur le Coût économique et financier de la pollution de l’air, un rapport (n°610) intitulé Pollution de l'air : le coût de l'inaction. Le tome I (le rapport en lui-même) est visible ici, et le tome II (constitué des procès-verbaux des auditions de la commission d'enquête) ici. Une note de synthèse est consultable ici.

Ce texte est particulièrement intéressant, car il révèle combien en aidant ou laissant des secteurs de l'économie polluer pour des raisons pécuniaires, on perd considérablement plus d'argent du fait des problèmes que cette pollution occasionne.

Une partie de ce rapport touche directement mon blog car mettant en valeur le coût de la pollution de l'air sur la dégradation et l’érosion des bâtiments, en particulier anciens.

Par exemple les murs extérieurs du palais du Luxembourg du XVIIe siècle, où se trouve le Sénat, ont été plusieurs fois changés entièrement, pierre par pierre, façade après façade. Il y a quelques années je demandais à un des architectes en charge de ce bâtiment pourquoi le nettoyage d'une des façades de cet édifice était si long, il m'a répondu que c'était parce que chaque pierre était remplacée. Heureusement ce n'est pas toujours le cas pour les restaurations extérieures de bâtisses anciennes... mais même laver des façades a un coût. De plus, les dommages occasionnés par les pluies acides ou le CO2, pour ne citer que quelques polluants, sont irréversibles. Les pierres des bâtiments ne sont bien sûr pas les seules à être ainsi abîmées : les reliefs, sculptures et statues sont grandement atteints par la pollution. Le patrimoine ancien extérieur est ainsi mis en danger. Il est parfois pathétique de voir une statue de calcaire toute noire, puis une fois lavée, rongée. La pollution agit aussi à l'intérieur, sur les livres, les œuvres d’art fragiles etc.

Voici deux passages de ce rapport :

« L’impact de la pollution sur le bâti par exemple, dépend du degré de sulfatation ou de carbonatation des matériaux. A ce jour, selon les informations fournies par AirParif, trois fonctions dose-réponse concernant les matériaux du patrimoine bâti ont été établies à l’occasion de grands programmes de recherche internationaux. Une première relie la perte de masse des calcaires exposés à la pluie à la quantité et à l’acidité de celle-ci, ainsi qu’à la teneur de l’air en SO et acide nitrique ; une seconde relie la perte de transparence du verre à la teneur de l’air en suies, en SO et en NO ; une dernière relie la perte superficielle des vitraux anciens en potassium et calcium à l’humidité relative de l’air et à sa teneur en SO et NO. En revanche, l’impact d’autres types de polluants comme ceux émis par les transports routiers, notamment les oxydes d’azote et les particules fines constitue une inconnue importante. Enfin, une étude établissant une projection pour la fin du XXIème siècle, montre que la dissolution des façades par les eaux chargées de CO devrait augmenter pour devenir supérieure à celle due au SO et aux pluies acides, aussi bien dans les zones urbaines que rurales. Les concentrations atmosphériques en CO deviendraient le facteur principal d’érosion des façades des bâtiments en calcaire.

Outre l’impact de la pollution de l’air sur le bâti, qui est ancienne comme en témoignent les dégradations de certains bâtiments historiques, d’autres impacts doivent aujourd’hui être pris en compte. »

« 2. La dégradation des bâtiments

La pollution de l’air, et en premier lieu la pollution particulaire, est responsable de détérioration des façades des bâtiments. Les dégradations sont tant esthétiques (encrassement, dépôts noirâtres) que physiques, du fait de l’érosion des matériaux et de leur sulfatation ou de leur carbonation. Comme l’indique l’association Airparif, la surface de tous les matériaux peut se couvrir de suies noires : la pierre, le ciment, le béton, la brique, la céramique ou encore le bois.

Ces altérations concernent en particulier les monuments du patrimoine, plus fragiles et donc plus exposés aux conséquences néfastes des polluants. Afin de mesurer le rôle des différents polluants et du climat dans l’altération des matériaux du patrimoine, un projet européen a débuté en 2011 qui modélise sur des échantillons les processus d’altération. Comme l’indique le laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (LISA) qui participe à ce projet, « les modifications physico-chimiques des propriétés de surface et de subsurface des matériaux et les dépôts de surface entraînent des transformations quasi-irréversibles ».

Ainsi, il existe deux principaux types de coûts associés à l’impact de la pollution de l’air sur les bâtiments : un coût tangible, d’une part, lié à la rénovation périodique des façades du fait de leur encrassement et de leur érosion, et un coût intangible, d’autre part, lié à la dégradation esthétique des bâtiments, et en particulier des bâtiments patrimoniaux. En effet, les individus accordent une valeur économique significative au patrimoine culturel. C’est le cas par exemple des vitraux anciens, qui subissent une corrosion liée aux polluants de l’air.

Ce coût, difficile à mesurer, n’a fait l’objet que de peu d’études. Mais les quelques chiffrages réalisés indiquent qu’il est loin d’être négligeable. En outre, ce coût est à la fois imputable à la pollution de l’air actuelle et des dégradations qu’elle provoque, mais aussi de la pollution de l’air passée, qui a pu s’incruster dans les façades des bâtiments. Votre commission d’enquête a ainsi était informée d’une situation très préoccupante : des particules de plomb piégées dans les bâtiments anciens sont libérées lors des travaux de rénovation et provoquent une pollution importante, qui met en danger la santé des travailleurs qui y sont directement exposés. Des mesures de protection des travailleurs doivent ainsi être mises en place lors des réfections, avec un coût élevé. Par exemple le coût de la rénovation du Panthéon imputable à la pollution de l’air et de la protection des travailleurs exposés au plomb est d’environ 890 000 euros, soit dix fois le budget initialement prévu pour la rénovation des façades.

a) L’étude Cafe

L’étude menée dans le cadre du programme Cafe a cherché à évaluer le coût de l’impact de la pollution de l’air sur le bâti. Elle relève tout d’abord un certain nombre d’effets néfastes, comme la corrosion des pierres, de métaux et des peintures, la corrosion du patrimoine culturel, les dommages provoqués par l’ozone sur les matériaux polymères ou encore la salissure des bâtiments.

Pour l’ensemble des 25 pays européens étudiés, elle chiffre le coût total de ces dégradations à 1,1 milliard d’euros.

b) L’étude Infras/IWW

Une étude menée par l’Institut de recherche et de conseil Infras et l’Institut für Witschaftspolitik und Wirtschaftsforschung (IWW) de l’Université de Karlsruhe de 2000 a cherché à procédé à une évaluation du coût externe associé aux transports, pour les pays d’Europe occidentale. Dans ce cadre, elle a pris en compte les coûts représentés par la dégradation des bâtiments. Pour cela, elle s’est référée à une première étude, menée par l’Infras en 1992 sur le coût de la pollution de l’air due aux transports en Suisse. Actualisée en 2014, cette étude a estimé que le coût lié à la dégradation des bâtiments du fait de la pollution de l’air issue des transports à 362 millions de francs suisses par an.

L’étude Infras/IWW a extrapolé ces résultats sur les autres pays européens, en prenant en compte les taux d’émission, la taille du pays ou la population, et en a conclu qu’environ 18 % des coûts associés à la pollution de l’air due aux transports était lié aux dommages des bâtiments (contre 81 % pour les coûts sanitaires et 1 % du fait des pertes de rendement agricole). Pour la France, l’étude retient un coût global associé à la pollution de l’air due aux transports de 19 milliards d’euros par an, et donc un coût lié aux dommages des bâtiments d’environ 3,4 milliards d’euros en 2000.

Le Plan régional de la qualité de l’air d’Île-de-France élaboré en 2000 évalue pour sa part le coût de rénovation des bâtiments publics d’Île-de-France entre 1,5 et 7 milliards de francs, soit, si l’on retient l’estimation la plus élevée, plus d’1 milliard d’euros par an. »

Je ne mentionne pas évidemment les dégâts sur l'humain...

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Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (4) : Quelle liberté quand il n'y a plus de démocratie ?

Articles déjà publiés sur ce sujet :

1 - Vous avez dit « création », « architecture » et « patrimoine » ?

2 - Une vision d'ensemble chaotique.

3- Le nouveau leurre de la liberté de création culturelle.

Pour en savoir plus sur ce projet de loi.

Après avoir, dans l'article précédent (n°3) sur le Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine, présenté son titre I, je vais dans ce quatrième article le faire de la suite du texte, tout en analysant quelques amendements de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale qui l'a modifié. En tout cette dernière a proposé quatre-cent-soixante-seize amendements !

Le TITRE II comprend les « Dispositions relatives au patrimoine culturel et à la promotion de l’architecture ».

Son CHAPITRE I propose de « Renforcer la protection et améliorer la diffusion du patrimoine culturel ».

Le premier article de ce titre (ARTICLE 18) traite de la Commission scientifique nationale des collections contemporaines et des fonds régionaux d’art contemporain. Il est écrit dans le résumé du début du projet de loi que cet article 18 « formalise le rôle structurant de l’État dans le domaine de l’art contemporain au moyen de l’appellation Fonds régional d’art contemporain (FRAC) ». L'art contemporain est structuré, non seulement par l'argent des galeristes et autres marchands ayant pignon sur rue mais aussi par celui de l’État ! L'art subventionné a encore de beaux jours devant lui. C'est selon ces spécialistes sans doute le seul moyen de garantir sa liberté !?!

La commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale a amendé cet article de même que le Gouvernement. Des articles ont été ajoutés par le rapporteur à sa suite concernant les archives.

L'ARTICLE 19 « permet au ministre chargé de la culture d’interrompre les travaux de restauration engagés sans autorisation ou en violation des prescriptions de l’instance scientifique et de prescrire toutes mesures utiles. » Cette disposition me semble importante. Du reste il n'a pas été vraiment amendé (juste un amendement de coordination).

Le CHAPITRE II s'offre de « Réformer le régime juridique des biens archéologiques et des instruments de la politique scientifique archéologique ». Il est constitué de l'ARTICLE 20. Il a été largement changé par le Gouvernement, le rapporteur et le groupe socialiste (vingt amendements adoptés). Par exemple l'amendement AC375 insiste sur la main mise de l'Etat sur l'archéologie préventive. Je ne connais pas ce sujet mais n'est-ce-pas dangereux de mettre autant de pouvoir dans un seul acteur ? Les autres acteurs publics ne devraient-ils pas être plus impliqués ?

Le CHAPITRE III souhaite « Valoriser les territoires par la modernisation du droit du patrimoine et la promotion de la qualité architecturale ».

Les ARTICLES 21 à 26 modifient Le livre VI du Code du patrimoine : « Monuments historiques, sites et espaces protégés ». L'article 22 change le titre de ce livre VI en : « Monuments historiques, cités historiques et qualité architecturale. » La notion de 'sites' disparaît.

Certains aspects semblent intéressants comme la création d'un label dédié au patrimoine d’intérêt architectural récent afin que sa modification ou destruction ne puisse se faire sans une consultation préalable, ou de zones d’expérimentation architecturale sur des terrains dérogeant aux règles d’urbanisme en ville (une majoration de 5% du volume autorisé pourra être appliquée).

Là où se situe la critique de cette partie, c'est comment cela se passe sur le terrain. Ce texte ne changera rien au fait qu'aujourd'hui, notamment à Paris (là où je vis) notre patrimoine architectural est de plus en plus mis en danger et même détruit, non seulement par le secteur privé mais aussi par le public qui de surcroît souvent prend fait et cause pour le privé et même l'encourage sur cette voie !

Quand la démocratie diminue, les lois augmentent ; et plus elles s'accroissent moins elles sont suivies. Voici un petit exemple montrant la folie législative dans la première phrase de l'exposé des motifs de l'amendement AC342 : « L’intégration des règlements des ZPPAUP et des AVAP dans les PLU couvrant les cités historiques ou dans les PSMV permettra d’améliorer la lisibilité et la cohérence des règles urbaines et patrimoniales. » Nous voilà rassurés sur la lisibilité des règles !

L'ARTICLE 27 révise Le livre VII du Code du patrimoine : « Dispositions relatives à l'outre-mer ».

Le TITRE III de ce projet de loi (ARTICLES 28 à 31) habilite le Gouvernement à légiférer par voie d’ordonnance, c'est à dire sans que le Parlement donne son avis, et donc en dehors de débats, ce qui n'est pas du tout démocratique. C'est d'autant plus regrettable que cette partie donne dans de très nombreux domaines le pouvoir total à la technocratie et au ministère de la Culture, et la liberté de faire ce qu'ils souhaitent. Attendons de voir la réaction des députés lors des débats à l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

Le TITRE IV est sur les « Dispositions diverses, transitoires et finales » (ARTICLES 32 à 46).

Ce qui est frappant dans ce texte c'est le rôle renforcé de la centralisation de l'Etat. Alors que l'on parle beaucoup de décentralisation, surtout en ce qui concerne les dépenses (dont le Gouvernement se débarasse sur les collectivités), le pouvoir reste entre ses mains au détriment des autres collectivités publiques.

J'insiste une nouvelle fois sur la technocratisation ubuesque que le passage à la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale n'a fait qu'accentuer, ainsi que sur le caractère fourre-tout de ce texte mélangeant liberté de création, patrimoine..., et sur la vision très limitée du Gouvernement sur l'art, le patrimoine et la culture. Le caractère politique de ce texte est mis en évidence par la très faible proportion d'amendements de l'opposition adoptés. Pourtant les domaines de la création, de la culture, de l'architecture et du patrimoine devraient transcender la politique.

Finalement ce projet de loi est à l'image de la société française : pour un pas en avant il y en a quatre (ou plus) en arrière. C'est comme cela que la France avance à reculons, toujours en regardant droit devant mais allant à l'opposé. Une fois on propose de la simplification et les autres on complexifie ; on glorifie la liberté artistique en la noyant dans une soupe politique, etc.

Évidemment ma vision de ce projet de loi est personnelle, et je l'espère évoluera au fur et à mesure de ses passages devant la Basse et la Haute assemblées. C'est justement là qu'est l'intérêt de la Démocratie : dans le débat.

La commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale a produit un rapport sur ce projet de loi, où l'on trouve sa nouvelle version (amendée).

Ce projet de loi est discuté en séance publique aujourd'hui 28 septembre à partir de 16h et continuera de l'être jusqu'au 1er octobre. Une retransmission en direct devrait être disponible ici. Ce texte va une nouvelle fois être changé. Deux-cent-trente-six amendements ont été déposés sur le texte n°3068 sorti de la commission des Affaires culturelles. Ensuite nous suivrons la même chose au Sénat, puis une seconde lecture dans les deux assemblées avant son passage devant une commission mixte paritaire (constituée de quelques députés et sénateurs) afin d'élaborer les dernières synthèses avant le vote final de ce projet de loi qui deviendra alors une loi.

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La Manufacture des Lumières. La sculpture à Sèvres de Louis XV à la Révolution.

Jusqu'au au 18 janvier 2016, à travers l'exposition La Manufacture des Lumières. La sculpture à Sèvres de Louis XV à la Révolution, le musée de la Céramique de Sèvres témoigne de tout un pan de la production de la seconde moitié du XVIIIe siècle de la manufacture de porcelaine de cette ville, une des plus réputées à cette époque. Celle-ci invente le 'biscuit', vers 1752. Un tel événement dans le lieu même de la naissance de ce procédé est magique et précieux, d'autant plus que son histoire est révélée à travers de nombreux exemples d'époque, dont les premiers !

Un biscuit n'est pas seulement un gâteau, c'est aussi une porcelaine cuite non émaillée, ce qui permet de mieux apprécier la pureté de la terre utilisée tout en donnant une texture particulière rappelant du marbre. Les compositions sont le plus souvent moulées, nécessitant plusieurs moules, puis retravaillées afin de donner à l'ensemble une homogénéité et une finesse d'exécution incomparable. Tout le procédé de fabrication est décrit dans une vidéo et à travers des exemples d'époque, depuis ce qui a inspiré leur fabrication (dessins, gravures...) jusqu'à la finition, en passant par les modèles en terre cuite, les moules en plâtre, la sculpture...
Plus de quatre-vingts terres cuites et cent-vingt biscuits de porcelaine ainsi que d'autres documents originaux sont visibles. C'est un délice de les contempler, et de constater combien les techniques de fabrication de ces biscuits ont été conservées aujourd'hui dans la manufacture qui jouxte le musée et qui a produit pour l'occasion des exemples en vente pour quelques milliers d'euros tout de même.

Certaines des oeuvres de l'exposition ont été restaurées grâce à du mécénat. Pourtant il manque à beaucoup d'autres là un bras, là une main ou un autre élément. Il est vrai que la porcelaine est très fragile... mais je me demande pourquoi il n'est pas plus facile pour le musée de faire restaurer ces objets ayant la manufacture et les ouvriers à sa porte ?

Une autre chose m'est assez incompréhensible c'est la présence de nombreuses porcelaines contemporaines de Sèvres au milieu de l'imposante collection permanente. La dernière fois que je suis venu cela n'était pas là. On passait d'une époque à une autre. Tandis que maintenant le contemporain est partout avec cet esprit de bas étage qui le caractérise. Et puis cela est fait au détriment des objets séculaires que l'on a enlevés. Davantage d'oeuvres anciennes étaient autrefois exposées, dont certaines monumentales comme pour des exemples de Rouen du XVIIIe siècle. C'est dommage qu'elles aient été remplacées. Évidemment c'est important de montrer que la manufacture produit toujours et travaille avec des artistes contemporains. Seulement le choix des artistes est discutable... Et pourquoi tout mélanger ? Quelques clins d'oeil bien placés et moins lugubres étaient suffisants. Enfin ce n'est pas si grave que ça... sauf pour certains choix d'artistes qui franchement... enfin je préfère ne pas en parler.

Revenons à l'exposition temporaire. Celle-ci commence par présenter des statuettes de la manufacture royale de Vincennes qui précédait celle de Sèvres, de Meissen qui est à la source de la découverte du procédé de la fabrication de la porcelaine dure en Occident, ainsi que les premiers biscuits imaginés par Sèvres. Elle se poursuit par thèmes. On y retrouve le goût du XVIIIe siècle pour les putti (enfants), les scènes champêtres et pastorales, la fable, les allégories, les sujets littéraires, les oeuvres religieuses, les portraits, les représentations de grands hommes, la vie du temps. Même durant la décennie révolutionnaire la manufacture a produit de remarquables biscuits sur des thèmes tels que la Liberté, la Philosophie, la Raison, la Force, les Vertus publiques, la Vérité. Les biscuits du XVIIIe siècle servant de surtouts qui garnissaient la table des desserts et qui remplacèrent ceux fabriqués en sucre forment un autre thème.

Cette exposition temporaire est d'autant plus intéressante qu'il est rare qu'un tel événement se trouve près du lieu de fabrication des objets d'art présentés (la manufacture de porcelaines de Sèvres) et au milieu de toute l'histoire de la céramique du monde.

Cette porcelaine est une preuve que la terre, dont on parle tellement aujourd'hui du fait de la pollution, peut être travaillée avec finesse, et devenir dans les mains de l'homme un objets très précieux. Cela me rappelle la figure du Bouddha historique shakyamouni traditionnellement représenté prenant la terre à témoin (montrant la terre d'une main), ou le premier homme qui selon la Bible aurait été créé par Dieu qui l'aurait sculpté à son image à partir de la terre (le nom 'Adam' veut dire la terre, la glaise). Prendre soin de cette terre, de la terre, c'est prendre aussi soin de nous !

Première et seconde photographies : Pygmalion et Galatée par Étienne-Maurice Falconet (1716-1791). Biscuit de porcelaine dure de Sèvres de vers 1763-1774, de 71 × 44,5 × 32,5 cm (MNC 12814. © RMN-Grand Palais - Sèvres, Cité de la céramique / Martine Beck-Coppola). Pygmalion est selon la mythologie un sculpteur tombé amoureux de la statue (Galatée) qu'il a créée. Aphrodite donne vie à la sculpture. Ici l'artiste embrasse son oeuvre alors qu'elle vient juste de se métamorphoser en être de chair.

Photographie de droite : Jean de la Fontaine (1621-1695) par Pierre Julien (1731-1804). Terre cuite de 1784 de 42 × 23,5 × 33,5 cm (MNC 7966, © RMN-Grand Palais - Sèvres, Cité de la céramique / Martine Beck-Coppola).

Photographie ci-dessous : Les Nymphes à la coquille par Jean-Claude Duplessis avec la collaboration probable de Falconet, datant de vers 1761. Ce biscuit de porcelaine tendre fait 29,5 × 35,5 × 22,8 cm (MNC 2011.2.3 © RMN-Grand Palais (Sèvres, Cité de la céramique) / Martine Beck-Coppola).

Photographie ci-dessous : La Mélancolie et la Méditation. Modèle d'Étienne-Maurice Falconet (1716–1791) sous la direction de Boizot. Biscuits de porcelaine dure de Sèvres. Elles font à peur près 68 cm de haut sans leur socle (MNC 7732, © RMN-Grand Palais - Sèvres, Cité de la céramique / Martine Beck-Coppola).

Ci-après quelques photographies que j'ai prises.
Photographies ci-dessous : À gauche le musée national de la céramique de Sèvres avec au-dessus la pavillon de Breteuil datant du XVIIe siècle et abritant depuis 1875 le Bureau international des poids et mesures qui se situe  dans le parc de Saint-Cloud qui est un bel et grand endroit pour se promener. Par contre l'arrivée par la porte de Sèvres est loin d'être bucolique avec ses immeubles hideux et ses routes qui se croisent. À droite vue de la manufacture de Sèvres depuis le musée. 
Photographies ci-dessous : Moules et étapes de fabrication d'un biscuit d'Amour de Van Loo. Voilà donc comment on fabrique l'Amour !
Photographies ci-dessous : La Liberté et l'Égalité de Louis-Simon Boizot. Modèle en plâtre de 1794.
Photographie ci-dessous : Le Bain, sous la direction de Louis-Simon Boizot, vers 1800-1813.
Photographie ci-dessous : Ceux qui ont suivi mon blog depuis ses débuts comprendront pourquoi ce biscuit est mon préféré ! Il s'agit d'une oeuvre de Josse Le Riche, de vers 1775-1799, intitulée La Toilette.

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Le pire-disant culturel

Quand le premier adjoint à la Culture de la mairie de Paris rend un hommage appuyé par communiqué de presse à 'l'artiste' Carol Rama, on comprend mieux le marasme dans lequel notre culture est et pourquoi même la jeunesse en tchador se sent supérieure.

Des communiqués de presse de ce genre, j'en reçois une quantité tous les mois venant de la mairie de Paris !

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Élisabeth Louise Vigée Le Brun : la première rétrospective française de cette femme artiste !

Cet article fait suite à celui intitulé Hommage à Madame Vigée Le Brun.

Les portraits composés par cette femme peintre du temps de l'humanisme des Lumières présentés dans l'exposition lui étant consacrée au Grand-Palais à Paris, révèle une humanité radieuse, belle, colorée, riche... et un état d'esprit galant. Cette élégance et cette frivolité, la Révolution de 1789 va la faire payer très cher, ce qui n'a fait qu'élever la valeur de cet humanisme qui transparaît dans chacune des touches de couleurs distillées par cette artiste et l'harmonie suave de ses compositions.

Nous sommes à l'époque des cacouacs (voir mon livre) puis des émigrés, des manières du bon ton et des gens de la vieille France qui ont, pour la plupart, tout perdu à la Révolution (pour beaucoup même la vie), mais dont la flamme est restée notamment dans le cœur des vrais merveilleuses et incroyables du Directoire (1795-1799).

Dans ce blog je compare souvent la peinture à la musique. Dans l'oeuvre de Mme Vigée Le Brun cela est d'autant plus facile que celle-ci peint plusieurs portraits de personnages avec une partition à la main, comme dans celui de La baronne Henri Charles Emmanuel de Crussol Florensac, née Bonne Marie Joséphine Gabrielle Bernard de Boulainvilliers (photographies ci-dessous), datant de 1785 (Toulouse, musée des Augustins, © Photo : Daniel Martin). Les notes semblent sortir de l’obscurité pour aller vers la lumière, en une envolée lyrique vers la clarté que l'on retrouve dans toute la peinture d'Élisabeth Louise Vigée Le Brun. Cet élan est retranscrit avec beaucoup de délicatesse, de sensualité, avec une douceur presque maternelle, ou bien celle de l'amante, enfin très féminine, avec un subtil mélange des couleurs et des fondus lumineux qui habituent l'âme et son œil à l'éclat et la magnificence. Cette lumière qui suit les notes pour s'échapper de l'ombre trouve une apothéose dans la suavité du visage radieux du modèle, dont la lumière est entièrement chair.

Cette magnificence, cet essor vers et dans la lumière, sont très présents dans le portrait de « Madame Grand, née Noël Catherine Verlée (1761-1835) » de 1783 (photographies ci-dessous). Le modèle tient lui aussi une partition dans sa main droite. Voilà ce qu'en dit le cartel de l'exposition : « La toile reçut un accueil favorable de la part de la critique, qui en souligna la sensualité envoûtante. La couleur de la peau du modèle est d'une délicatesse remarquable. Les textures et les ombres colorées du tissu du fauteuil et des rubans de la robe sont peintes de façon magistrale. La manière dont les yeux de la jeune femme sont tournés vers le haut et ses lèvres entrouvertes découvrant ses dents ont conduit à penser que pour cette œuvre Vigée Le Brun avait à l'esprit la Sainte Cécile du Dominiquin, conservée dans les collections royales françaises (musée du Louvre). » Nous sommes dans ce que notre époque appellerait une spiritualité 'laïque' ... Je dis cela par amusement.

Le modèle ci-dessus est particulièrement beau... charmant. C'est le cas pour les nombreux autres portraits faits par l'artiste. En voici ci-dessous. Pour un passionné de mode comme moi, c'est un délice de goûter la préciosité des tissus, des rubans, des mousselines, des dentelles... les agencements de couleurs, matières... la finesse des détails des broderies etc.

Le jaune du tableau ci-avant est ce qu'on appelle au XVIIIe siècle une « couleur tendre ».

Les deux portraits ci-dessous sont touchants pour moi car représentant deux petites-maîtresses de l'aristocratie, des jeunes filles en avance sur leur temps, celle de gauche une des premières habillées avec une robe en chemise et celle de droite dans un style historicisant (avec ses manches à crevés) qui sera très en vogue pendant tout le XIXe siècle. Le premier tableau est un portrait de Jeanne Bécu comtesse Du Barry (1743-1793) de 1781. Comme le dit le cartel : « L'image rend hommage à la maîtresse déchue de Louis XV, soulignant sa beauté et sa liberté vestimentaire que de nombreuses dames de la cour cherchèrent à imiter. » Le second portrait est celui de la Maréchale-comtesse de Mailly, née Blanche Charlotte Marie Félicité de Narbonne Pelet (1761-1840), de 1783.

Ci-après sont présentés (les échelles des tableaux ne sont pas respectées) deux portraits exécutés par des femmes peintres de l'époque de Mme Vigée Le Brun. Il s'agit à gauche d'un autoportrait de Mme Louis Filleul de Besne, née Anne Rosalie Bocquet (1752-1794) de vers 1779, et à droite d'un portrait de Marie Émilie Louise Victoire de Coutances (1749-1802), épouse d'Hilarion de Becdelievre, par Adélaïde Labille Guiard (1749-1803) datant de vers 1787.

L'intérêt de cette exposition est aussi de nous montrer les collègues femmes de l'artiste. Les femmes peintres à son époque sont nombreuses mais peu connues et reconnues aujourd'hui.

Le tableau ci-dessous est emblématique du travail de Mme Vigée Le Brun sur la lumière et les couleurs. Ces dernières sont chatoyantes et les tissus particulièrement bien exécutés. La composition est traversée verticalement par l'ombre sans doute d'une branche, mettant en relief les visages.

Ci-dessous il s'agit du seul tableau représentant une dame devant sa table de toilette, ici avec son fils. Il s'agit d'un grand pastel sur papier marouflé de 1777. Je me suis amusé à prendre les reflets des visages de la peinture près de celle-ci qui semblent miroiter sur le flacon alors que c'est sur la glace qui protège l'oeuvre.

Au fait, n'avez-vous rien trouvé d'étrange dans l'affiche de l'exposition (première image) ? Elle présente un portrait de Gabrielle Yolande Claude Martine de Polastron, duchesse de Polignac, exécuté par Élisabeth Louise Vigée Le Brun, et non pas un autoportrait de la peintre comme on le supposerait étant donné le titre de l'exposition, même si le modèle ressemble beaucoup à l'artiste.

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Merveilleuses & merveilleux