Émilie du Châtelet à Lunéville

La Communauté de Communes du Lunévillois propose, depuis novembre 2016 jusqu’au mois de septembre 2017, de rendre un hommage appuyé à Mme Émilie du Châtelet (1706 – 1749), une des grandes femmes des Lumières. Pendant toute cette période, le visiteur pourra s’instruire sur le XVIIIe siècle, et se baigner dans son atmosphère, à travers un cycle de conférences et de concerts, et en mai 2017 grâce à une exposition dont nous reparlerons le moment voulu.

Photographies du site http://www.cc-lunevillois.fr/emilie_s.html.

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De couleurs et d’or

J’ai dernièrement été invité à Moulins, une ville à 2h30 de Paris par le train, très intéressante pour son dynamisme culturel et son patrimoine ancien. Avant d’en parler dans un prochain article, voici dès à présent présentée l’exposition De couleurs et d’or, qui se déroule depuis le 26 novembre 2016 jusqu’au 17 septembre 2017 au Musée Anne-de-Beaujeu.

Le titre ne nous apprend pas grand-chose sur cette exposition dont l’objectif est de présenter des objets prêtés exceptionnellement par le musée national du Moyen Âge (Hôtel de Cluny à Paris), en travaux en ce moment, et d’autres de la collection du musée Anne-de-Beaujeu qui possède de très intéressantes œuvres médiévales. Peintures, sculptures, manuscrits, tapisseries, mobiliers, céramiques, objets d’orfèvrerie… de grande qualité, en particulier des XVe et XVIe siècles (avec quelques exemples depuis le XIIe), constituent un bel ensemble que toute la famille est invitée à venir visiter, toute l’exposition étant jalonnée d’informations adressées aux enfants qui peuvent se déguiser, lire et découvrir tout cet univers qui se place à leur mesure.

« Le musée Anne-de-Beaujeu est un musée d’art et d’archéologie installé depuis 1910 dans une partie du palais des ducs de Bourbon. Cette aile, commandée par Pierre de Beaujeu, duc de Bourbon, et son épouse Anne de France, est construite aux alentours de 1500. Pour la première fois en France, le style architectural de la Renaissance italienne est adopté. Ce musée réunit alors deux collections : le fonds essentiellement composé de peintures du musée municipal [...] et un ensemble très important réuni par une société savante, la Société d’émulation du Bourbonnais, depuis 1851. [...] Sans compter les œuvres issues du Bourbonnais 1 , les collections du musée concernant le Moyen Âge et la Renaissance comptent dès les années 1860 des pièces admirables en peinture, sculpture et art décoratif. Ce fonds continue de s’enrichir au fil des années par des dons mais aussi par des achats sur le marché de l’art et des dépôts du musée du Louvre. »

« Les collections conservées au musée Anne-de-Beaujeu forment deux ensembles distincts. Le premier de ces ensembles est étroitement associé à l’histoire du Bourbonnais au 15 e et au début du 16 e siècle avec le mécénat artistique des ducs de Bourbon et de leur entourage. Il est majoritairement représenté par des sculptures provenant du duché et destinées à des lieux de dévotion ou des espaces laïcs. Il est complété par des fresques et des objets d’art décoratif. Par ailleurs, le Triptyque du Maître de Moulins, chef-d’œuvre de l’art français des années 1500, est conservé à proximité, au sein de la cathédrale de Moulins. Le deuxième ensemble est constitué de peintures sur bois des 15 e et 16 e siècles provenant des Pays-Bas, d’Allemagne, d’Autriche et d’Italie. Cinq de ces œuvres sont des MNR (Musées Nationaux Récupération) 1 . Des sculptures, objets d’art, pièces d’armement complètent cet ensemble. Les œuvres les plus notables ont bénéficié d’importantes campagnes de restauration et seront visibles, dans une salle entièrement réaménagée, en 2017. »

Photographies ci-dessus : Bois sculpté, peint et doré de Sainte Barbe. Malines, Belgique. Vers 1515-1520.  30,5 x 13 x 5 cm. Paris, musée de Cluny (legs de François-Achille Wasset en 1906). © RMN-Grand Palais (musée de Cluny – musée national du Moyen-Âge) / Jean-Gilles Berizzi Service presse / musée Anne-de-Beaujeu. Le visage de cette statue est peint de blanc rehaussé de pourpre et ses yeux et cils de noir, comme le maquillage d’usage chez les femmes depuis la plus haute Antiquité jusqu’au moins la fin du XVIIIe siècle. Une particularité du bas Moyen Âge est la manière d'épiler le haut du visage afin de faire paraître le front haut, alors que durant l’Antiquité la mode est au front bas. Cette dame porte un habit à crevés avec des manches pendantes, dont le bon état de polychromie permet d’apprécier même la doublure.

Photographie ci-dessous : « Pietà d'Andrea della Robbia (Florence, 1435-1525), de vers 1505. Terre cuite peinte et partiellement émaillée. Moulins, musée Anne-de-Beaujeu (Fonds ancien du musée, achat en 1867). © Photo Jérôme Mondière. » Cette céramique comprend des parties émaillées, et d’autres non qui étaient peintes (les couleurs ont disparu avec le temps).

Photographies ci-dessous : Cette magnifique statue de la Vierge à l’Enfant appartient au musée Anne-de-Beaujeu. Elle provient de la chapelle du château de Montcoquet à Monétay-sur-Allier dans l’Allier. Elle est en pierre (calcaire), date de vers 1410 et a été fabriquée dans un atelier salzbourgeois en Autriche. Elle a conservée sa polychromie. Elle appartiendrait à un type de production élaboré en Bohême autour de 1400 appelé « Belle Madone ». Son visage est d’une expression d’une grande beauté, communiquant à celui qui le regarde la lumière de la grâce dans laquelle la Vierge se trouve. Son maintien, en forme de S avec le ventre en avant, est caractéristique de la fin du Moyen Âge, mais déjà présent dans l’Antiquité. Elle porte une longue tunique bleue avec une ceinture verte décorée de fleurs en or. Son drapé est un lourd manteau bleu tenu sur la poitrine par une fibule.

Photographies ci-dessous : Ce relief provenant d’un retable d’Allemagne du Sud (Souabe méridionale), de vers 1470 – 1480, est en bois et conservé au musée Anne-de-Beaujeu. Il s’agit peut-être d’un porte-chape, l’équivalent du porte-drapeau, la chape de St-Martin étant portée lors de batailles.

Photographies ci-dessous : Statue d’un retable représentant sainte Marthe, d’Allemagne du Sud (Haute-Souabe), de vers 1515 – 1520 et en bois avec des restes de polychromie. Elle est conservée au musée de Cluny.

Photographies ci-dessous : Statue d’une Vierge à l’Enfant de vers 1515 – 1525, en bois, du musée Anne-de-Beaujeu.

Photographies ci-dessous : Détail d’un groupe sculpté, en bois de chêne, d’Anvers (Belgique), de vers 1520 – 1530 et conservé au musée de Cluny. Cette femme porte une coiffure caractéristique du XVIe siècle, en forme de casque.

Photographie ci-dessous : Détail d’un relief du bas Moyen Âge.

Photographie ci-dessous : Coupe de mariage en faïence lustrée de Deruta (Italie du Centre), de 1500 – 1520, appartenant au musée Anne-de-Beaujeu.

Photographies ci-dessous : Cruche en grès, de Cologne en Allemagne, de vers 1535 – 1565 et conservée au musée Anne-de-Beaujeu.

Photographies ci-dessous : Coffre de mariage décoré de scènes courtoises, d’Italie du Nord, de vers 1460 – 1480 (?), en bois, du musée du Cluny. Scènes de l’univers courtois autour d’une fontaine.

Photographie ci-dessous : Dessin d’un homme sauvage dans une lettrine d’un manuscrit de vers 1462 – 1487. Moulins, Archives départementales de l’Allier. Le thème de l’homme sauvage est propre au Moyen Âge et particulièrement intéressant, car à l’opposé de la sophistication des modes d’alors.

Photographies ci-dessous : Socle d’une croix processionnelle parisienne du XVe siècle, en cuivre doré et conservée au musée de Cluny.

Le billet pour cet exposition ouvre aussi aux salles de la collection permanente et à une demeure du XIXe siècle dont tout le mobilier a été conservé. Ici un article du blog écrit sur ce sujet et sur le patrimoine de la ville de Moulins.

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Fêtes et divertissements à la Cour

Le sujet de la nouvelle exposition du château de Versailles, qui commence ce 29 novembre 2016 pour se poursuivre jusqu’au 26 mars 2017, est très alléchant : Fêtes et divertissements à la Cour. On peut y admirer de très nombreux objets et œuvres d’époque, ainsi que quelques reconstitutions, tout cela accompagné de films permettant de parcourir cette exposition calmement en s’asseyant de temps en temps. Les espaces parfois exigus demandent par grande affluence de la patience pour admirer certains items. Il est donc nécessaire de se donner du temps. Prenez-le.

Le palais de Versailles est sans aucun doute LE lieu du divertissement à la fin au XVIIe siècle et du début du XVIIIe, même si toute la France d’alors s’adonne joyeusement aux réjouissances de toutes sortes, en particulier à Paris : à l’Opéra, au Palais-royal, sur les Boulevards, etc.

L’exposition commence avec le thème de la chasse dont les rois sont très friands.

Elle se poursuit sur celui très intéressant des derniers carrousels, qui ont d’abord remplacé les tournois interdits depuis la mort d’Henri II. Le carrousel « connaît ses derniers feux à Versailles, en 1664 lors des Plaisirs de l’île enchantée, puis en 1685 et 1686 à l’initiative du Grand Dauphin, à la Grande Écurie. Mais cette forme de ballet équestre est vouée à disparaître. Costumes luxueux et harnachements chamarrés dans une grande manière baroque entraînent les seigneurs de la cour à des dépenses exorbitantes. »

La partie sur les lieux du divertissement présente notamment le décor à l'italienne le plus ancien au monde, parvenu presque intact et entièrement restauré : le décor du Temple de Minerve, datant de 1754, des frères Slodtz, construit par Louis-Alexandre Girault ( ?-1778), menuisier-machiniste des Menus-Plaisirs et modifié par Louis-René Boquet (1717-1814). Le public peut le découvrir dans la pénombre (du fait de sa fragilité) et le parcourir. « Très régulièrement utilisé jusqu’au début du XXe siècle, le tableau du Temple de Minerve est toujours dans son état du XVIII e siècle. » « Les services des Menus-Plaisirs du roi, en charge de l’organisation des cérémonies, fêtes et spectacles à la cour, redoublaient d’ingénierie et de savoir-faire pour transformer, par exemple, le manège de la Grande Écurie en scène de théâtre ou en salle de bal, ou réaliser de véritables prouesses techniques comme la salle à transformations de l’Opéra royal. »

Le thème qui suit est celui de la Comédie, avec de très beaux tableaux de compositeurs, de dramaturges et d’acteurs, ces derniers étant souvent peints d’une manière assez amusante. À noter un élément de décor d'époque de pièce de théâtre, datant de 1774. Cette partie est divisée en trois : « L’ordinaire », « L’intime » et « L’extraordinaire ».

Nous continuons avec la musique et les concerts, avec toujours pour illustrer des objets d’époque : peintures, gravures, livres et ici en particulier des instruments.

La promenade est un divertissement quotidien autrefois. Des peintures, gravures et objets nous rappellent ses plaisirs changeant aux rythmes des saisons : calèches, canots, bateaux, traîneaux...

Le chapitre des jeux offre notamment des exemples de diverses tables de jeux, ainsi que des différents genres de jeux.

Dans la partie consacrée au bal, on apprend beaucoup sur la danse, avec une vidéo expliquant les différentes danses et leurs pas.

Enfin on conclut  sur les « effets du merveilleux » avec toujours des documents d’époque, une vidéo et des reconstitutions.

Comme toujours, et en particulier dans le prolongement de cette exposition, l’Opéra royal du château propose une programmation de soirées de gala, concerts, opéras, ballets, etc.

Oui la fête est un merveilleux thème. Trouver l’occasion de la faire est encore mieux !

Photographies : De dépit, je me contente de présenter les photographies sans légendes. Que le lecteur veuille bien me pardonner… mais quand on a le coeur à la fête on ne l’a pas tout le temps au travail !

Ci-dessous quelques photographies prises lors du vernissage.

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Les temps [oubliés] mérovingiens

Il y a quelques semaines de cela, je faisais des recherches sur les objets figuratifs mérovingiens se trouvant au Musée du Moyen Âge de l’Hôtel de Cluny à Paris. J’ai trouvé très peu de ceux-ci.

Je suis ensuite allé au Musée du Louvre. Là j’ai croisé un peu plus d'éléments de cette époque au niveau du Département des Objets d'art du Moyen-âge, Renaissance et Temps modernes… mais pas grand chose. Le Département des Sculptures du Moyen-âge, Renaissance et Temps modernes, de ce musée, présente quasiment rien d’avant le XIIe siècle, et rien sur cette période.

Sur Paris, au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale, on trouve peut-être plus de choses. Mais je n’ai pas vérifié. Il y a aussi le Musée d’Archéologie nationale du Domaine national de Saint-Gemain-en-Laye. Mais là aussi je ne suis pas allé. Si on s’en réfère à son site, les documents figuratifs mérovingiens sont très peu nombreux.

Mes recherches sur Internet n’ont pas donné grand-chose.

Quant à l’exposition sur Les temps mérovingiens, au musée de Cluny, elle m’a quelque peu laissé sur ma faim. Pourtant les expositions au Musée de Cluny sont généralement bonnes. Celle-ci l’est très certainement. On ne pouvait sans doute pas espérer mieux au niveau des objets d'époque. Il semblerait qu'il ne nous reste que très peu d'éléments de cette période qui pourtant façonne la France, l’engendre même.

Que s'est-il passé ?

Photographie de gauche : « Saint Jérôme, Commentaire sur Isaïe. Fin du VIIIe siècle. Parchemin. Hauteur : 38,5 cm. Largeur : 24 cm. © Bibliothèque nationale de France, Paris. » Image retravaillée.

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Palais Galliera, musée du vêtement.

« Compte tenu de la grande fragilité de ses collections, le Palais Galliera vit au rythme de ses expositions exclusivement temporaires. »

Lorsque je lis sur le site de ce musée cette phrase, je me dis que le Palais Galliera est un musée du vêtement, mais pas un musée de la mode. Encore que, comme musée du vêtement et dans le cadre d'une présentation permanente, il pourrait exposer des tableaux, gravures, livres, meubles... liés aux habits. Il serait aussi possible de montrer des vêtements par roulement.

Le mieux dénommé Musée des Tissus de Lyon ne fait pas tous ces chichis. Il est ouvert au public depuis 1865 ! Aujourd'hui on lui fait des misères : On voulait le fermer... On l'avait dit sauvé (voir ici)... Il est à nouveau dans une impasse et son avenir compromis. La ville et la région ne veulent pas s’engager pécuniairement (voir articles du Journal des Arts et de Lyon capitale), alors que des sommes faramineuses on été englouties dans la création du Musée des Confluences, et que la capitale des Gaules a vendu récemment son Grand Hôtel Dieu (voir article ici).

Pour en revenir au musée du Palais Galliera : lors de la présentation du plan de 'rénovation' du patrimoine muséal de Paris par la mairie, il y a plus d'un an de cela, on a appris que celui-ci allait être agrandi. Si cette réorganisation se fait dans le même esprit que jusqu'à présent, qu'attendre de grandiose, de fabuleux, de digne de ce que représente, ou représentait, la mode en France ?

La mode, je le rappelle, ne concerne pas que la façon de se vêtir, mais comprend tous les nouveaux rythmes (voir Les Petits-maîtres de la mode). Des documents sur l’histoire de la mode, il y en a une infinité, et sur tous les supports.

Alors à quand un véritable musée de la mode à Paris, qui en est la capitale mondiale depuis des siècles ? La ville de Lyon à quant à elle une très longue histoire de fabrication de tissus, et mérite aussi un grand musée !

 

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L’ Odyssée des animaux. Les peintres animaliers flamands du XVIIe siècle.

Il m’arrive de parler dans ce blog d’expositions que je n’ai pas vues, parce que le sujet est intéressant et afin de montrer certaines belles œuvres. En voici quelques-unes de celle intitulée L’ Odyssée des animaux. Les peintres animaliers flamands du XVIIe siècle, qui se déroule jusqu’au 22 janvier 2017 au Musée de Flandre, à Cassel, dans le département du Nord.

Photographies ci-dessus et à droite : « Roelandt Savery (1576-1639). Deux chevaux et des palefreniers. Huile sur bois. Courtrai, Broelmuseum. © Stedelijke Musea Kortrijk. » 

Photographie ci-dessous : « Jan Brueghel l’Ancien (1568-1625) . Têtes de brocards. Huile sur bois. Narbonne, musée d'art et d'histoire. © Jean Lepage, ville de Narbonne. » Parfois je vois des chevreuils dans les bois d'Île-de-France, ce qui me réjouit le coeur.

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Le Livre de jostice et de plet : Une compilation médiévale à la croisée du droit romain et du droit coutumier.

L'École des chartes de Paris organise une intéressante conférence de Mme Graziella Pastore, docteur en philologie romane de l'Université de Turin et à l'Université Paris-3-Sorbonne-Nouvelle, sur Le Livre de jostice et de plet : Une compilation médiévale à la croisée du droit romain et du droit coutumier, le mardi 29 novembre 2016, à 17 h, au 65 rue de Richelieu, Paris 2e (salle Delisle).

« Le Livre de jostice et de plet fait partie des compilations anonymes du XIIIe siècle qui mélangent droit romain et droit coutumier dans une visée et pour un public dont nous ne connaissons encore que très peu d’éléments. Conservé dans un seul manuscrit (Paris, BnF, fr. 2844), cet ouvrage nous renseigne sur la circulation et l’assimilation du « droit savant » et sur ses rapports avec la coutume écrite, ainsi que sur les premières tentatives de rendre en français les concepts juridiques latins. »

Photographie : « Le Livre de jostice et de plet. © Paris, BnF, français 2844 (feuillets 4r et 110r). »

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Des restaurations décapantes

Il y a quelques années de cela, vers 2010, alors que je me promenais dans les jardins du château de Versailles, je fus étonné de voir que les statues du XVIIe siècle qui l’agrémentaient étaient toutes blanches, comme neuves… mais ravagées. En ‘restaurant’ ces statues, ou plutôt je devrais dire en les décapant, des volumes entiers de surface étaient détruits. Cela donnait une impression vraiment bizarre. Ce genre de restaurations est très commune de nos jours. On nous dit que l’on emploie un procédé qui n’attaque pas la pierre. Pourtant de visu le résultat n’est pas bon, et les sculptures nous apparaissent définitivement atteintes. D’abord pourquoi vouloir gommer le temps ? Une restauration doit faire en sorte que l’objet d’art ne se détériore pas plus, mais pas lui donner une nouvelle jeunesse, en particulier pour les statues. Nettoyer une statue ce n’est pas comme le faire d’un tableau que le peintre a préalablement protégé d’un vernis protecteur. Dans ce cas on n’attaque pas l’oeuvre. Lorsqu’on ‘nettoie’ une statue, quoiqu’on puisse dire, on touche directement à l’oeuvre.

À gauche et à droite nous avons des photographies (© Coyau, travail personnel), prises le 2 juin 2011, d’une statue des jardins du château de Versailles (cliquer sur les photographies pour un agrandissement). Il s’agit d’Isocrate, sculpté par Pierre Granier (1684-1688). L’objet est d’une blancheur totalement glauque. De près, toute la finesse de la statue a disparu. Et c’est comme cela pour presque toutes les statues en pierre des jardins du château !

En 2015 une polémique a surgi concernant la restauration de la Cathédrale de Chartres. Voir article du Figaro ici. La réponse de l’ancien architecte en chef des Monuments historiques, en charge de ce chantier de 1998 à 2013, est étrange (voir ici). Il fait comme si la cathédrale de Chartres était à l’origine d’un blanc éclatant, et feint d’ignorer qu’elle était entièrement peinte de couleurs (les sculptures, les murs, les voûtes, les piliers, etc.). La décaper ainsi, c’est ne laisser aucune chance aux méthodes futures pour découvrir quels étaient ces revêtements, c’est effacer le temps et abîmer irrémédiablement. Et puis ce n’est pas du tout revenir à l’original !

Dernièrement un ami me parlait de l’Abbaye Notre Dame de Jouarre. Quelle surprise lors de mes recherches sur ce monument de retrouver cette blancheur décapante.

Photographies ci-dessous de chapiteaux de la crypte, (© GFreihalter - travail personnel). Un chapiteau médiéval (peut-être mérovingien) prend le même aspect qu’une statue du XVIIe siècle. Là aussi ces oeuvres étaient sans aucun doute à l’origine peintes.

Il y a quelques jours, je croisais au musée du Louvre des statues du XVIIe siècle et du début du XVIIIe pareillement restaurées. Bien sûr la pollution a beaucoup abîmé ces sculptures. Elle ne fait qu’augmenter, notamment à Paris. Voir l’article : Pollution de l'air : la mise en danger des bâtiments et monuments anciens.

Parfois ce sont toutes les pierres qui sont changées et même des statues, comme celles (du XIXe siècle) de la Tour Saint-Jacques (voir l’article La tour Saint-Jacques de Paris). Des exemples, il y en a une foule. Dans l'article sur la pollution ci-avant mentionné, je donne l'exemple de toutes les façades du palais du Luxembourg (Sénat), à Paris, entièrement remplacées, pierre par pierre, plusieurs fois depuis l’origine (XVIIe siècle). À l'intérieur, presque toutes les décorations du XVIIe siècle ont disparu.

Pourquoi s’acharner à tout rendre neuf ? La piscine Molitor a été entièrement détruite, sauf la façade (voir le passage de cet article lui étant consacré). Une journaliste, pourtant reconnue pour défendre le patrimoine, m’a répondu que ce n’était pas grave, puisqu’on l’a démolie pour la reconstruire presque à l’identique !

Ces pierres que l’on remplace, ou que l’on blanchit maniaquement, ont pourtant beaucoup de valeur. Un exemple (photographies ci-dessous) : Le 25 novembre prochain à Drouot-Richelieu, à Paris, sera vendue une Paire de colonnes du XVIe siècle, provenant du Pavillon central du Palais des Tuileries, estimée entre 250 000 et 300 000 €.

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Le goût de la parure. Portraits du château de Versailles

Après les expositions « Sacres royaux, de Louis XIII à Charles X » au palais du Tau à Reims, « Le salon de George Sand » à Nohant en 2014, et « De Versailles à la Motte Tilly, l’abbé Terray, ministre de Louis XV » au château de la Motte-Tilly en 2015, le quatrième volet du partenariat entre le château de Versailles et le Centre des monuments nationaux (CMN) a lieu en ce moment et jusqu'au 15 janvier 2017 dans le logis royal du château d’Angers, résidence des ducs d’Anjou. Cette exposition, intitulée Le goût de la parure. Portraits du château de Versailles, est consacrée aux bijoux dans la peinture du XVIIe siècle au XIXe, et donne à contempler une quarantaine d’œuvres des collections du château de Versailles.

« Henriette-Anne d'Angleterre, duchesse d'Orléans, dite Madame. Anonyme. XVII siècle. © RMN-GP (Château de Versailles), JG Berizzi. »

« Joseph Werner, Marie-Thérèse en costume à la polonaise, 1663-1664, gouache sur vélin. »

« Anonyme France XVII ème siècle, Louis XIV, roi de France (1638-1715), huile sur toile. »

« Antoine Trouvain, Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, eau forte. »

« Attribué à François de Troy (1645-1730), Louise-Bénédicte de Bourbon, princesse de Condé,huile sur toile. »

« Elisabeth-Louise Vigée-Lebrun (1755-1842), Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, duchesse d'Orléans, huile sur toile. »

« Robert Lefèvre (1755-1830), Pauline Bonaparte-Borghèse, duchesse de Guastalla (1780-1825), 1806, huile sur toile. »

« Jean-Baptiste-Paulin Guérin (1783-1855), Marie-Caroline, duchesse de Berry, huile sur toile. »

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Modernisation du patrimoine immobilier ancien remarquable

Quel drôle de titre, n’est-ce-pas ? Moderniser une architecture remarquable ancienne c’est, je l’ai déjà dit ailleurs, comme moderniser la Joconde en lui ajoutant un cadre moderne ou pire en lui enlevant des parties et/ou en ajoutant d’autres. Pourtant c’est ce que l’on voit partout depuis quelques dizaines d’années. J’ai déjà écrit de nombreux articles sur ce sujet comme dans ceux-là :

Compte-rendu de chantier (voir la fin sur le Château des ducs de Bretagne, du XVe siècle, dont l’architecte dans les années 2000 a détruit une partie pour laisser rentrer plus de lumière !),

Architectures RER,

Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (9) : Pour le respect des architectures anciennes au même titre que tous les autres objets d'art !

Un premier étage moderne de la Tour Eiffel,

Déchéance du grand Louvre : un centre commercial, le Louvre AbuDabi, l'externalisation de ses réserves à Liévin,

Le façadisme,

Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (21) : Autres cas de destructions du patrimoine parisien...

Il y en a d’autres. En fait j’ai tellement écrit sur ce sujet que l’on pourrait composer un livre entier !

Si j’en parle à nouveau aujourd’hui c’est que, lors de ma visite de l’exposition Les temps mérovingiens, je n’ai pas pu m’empêcher de regarder par le trou de la serrure pour voir où en était le chantier de la ‘modernisation’ du musée de Cluny.

D’abord il faut dire que tout est caché par une balustrade en bois. Les photographies que j’ai prises de l’avancement de ces « restaurations » l’ont été au niveau de la serrure d’une porte et en dessous d’elle. Comme on peut le voir ci-dessous (cliquer sur les photographies pour un agrandissement), les panneaux indiquent des restaurations :  « Restauration de vestiges antiques », « Restauration des vestiges des gallo-romains » et « Restauration des façades et couvertures du bâtiment Boeswillwald ». Il ne s’agit pas encore de la construction d’un nouvel accueil.

Voici quelques photographies de cette ‘restauration’ prises comme je l’ai dit de manière acrobatique.

Quant au bâtiment qui va être mis là, j’en parle dans cet article : Le béton entre au Musée du Moyen Âge de Cluny.

Petit à petit on dénature tout notre patrimoine immobilier ancien remarquable. Finalement on ne fait pas mieux qu’autrefois, et même souvent pire dans la mesure où on détruit plus en profondeur. Évidemment pour l’Hôtel de Cluny et ses thermes romains ce n’est pas le cas… mais bétonner ainsi c’est de trop. Pourquoi ne pas déplacer une partie des collections en face, dans un autre bâtiment extérieur à ce lieu magique ? Vouloir absolument faire rentrer le plus de monde possible dans des lieux anciens, pas faits originellement pour cela, en les ‘modernisant’, c’est enlever leur âme, et petit à petit éteindre la lumière sur le passé qu’ils entretiennent.

Un autre exemple ci-dessous parmi une multitude : la nouvelle entrée du Musée de la Cour d’or à Metz. Dans le site du musée, cela est appelé de la « rénovation » : le fait de casser des murs et de mettre dans un bâtiment du XVIIe siècle de l’architecture moderne.  À noter ces quelques mots évocateurs sur la page du site du musée consacrée : « L'endroit, au charme aujourd'hui désuet [...] ». Ce « charme désuet » nécessitait donc d’être supprimé selon eux, en modernisant, en offrant de la transparence, de la lumière… pour parler novlangue. Que se passera-t-il quand on trouvera que la Joconde a « un charme désuet » ? Quand on regarde les photographies ci-dessous, il est certain que le « charme désuet » du XVIIe siècle a disparu ! Cette maladie qui détruit de l'intérieur s'appelle du façadisme. Elle gangrène de plus en plus d'architectures anciennes remarquables, mais pas seulement.

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Les temps mérovingiens

Photographie ci-dessus : Calice de Gourdon. Seconde moitié du V e siècle. Or et grenats. Hauteur : 7,4 cm. Diamètre : 4,4 cm. © Bibliothèque nationale de France, Paris.

Les temps mérovingiens, voilà un thème intéressant qui retourne à une époque volontairement oubliée de notre histoire ; d’abord par les carolingiens qui firent de ces rois, qui régnèrent sur la France du Ve siècle au milieu du VIIIe, des fainéants, capables simplement de porter de beaux cheveux et barbes longs (emblèmes de la royauté)… légende qui perdura par la suite. Un temps oublié aujourd’hui encore. Cherchez au Louvre des objets de cette période : Il y en a peu et aucune statue. Même le musée de Cluny, qui nous propose cette exposition jusqu’au 13 février 2017, ne montre presque rien dans son exposition permanente, non seulement de cette période mais aussi de tout ce qui précède le XIIe siècle : quelques chapiteaux d’un même ensemble du XIe siècle et des parures (fibules…)… mais c’est tout ! Pour un musée dédié au Moyen Âge c’est peu. Dans l’exposition, parmi les 183 œuvres que le dossier de presse recense, j’en ai compté seulement 24 provenant du musée. La plupart appartiennent à la Bibliothèque nationale de France (Cabinet des Médailles inclus) mais aussi à quelques autres lieux français et internationaux. Disons que le Musée de Cluny se rachète avec cette exposition ! Parcourons-la !

Pour une personne curieuse de la mode comme moi, il y a plusieurs items très intéressants. Un vêtement de la reine Bathilde de la seconde moitié du VIIe siècle en est un. Il est en toile de lin et broderie de soie. Les tissus du haut Moyen-Âge conservés de la France actuelle sont très rares ! Le cartel de l’exposition indique qu’il s’agit d’une chasuble. Normalement la chasuble est de forme circulaire, percée d’une ouverture au centre afin de passer la tête. Il s'agit sans doute d'un mantel à parer fermé par une cordelière que l'on voit. Elle se porte dans le dos.

Fibules, ceintures, bagues, boucles, épingles, pendentifs sont d’autres objets liés à l’habillement que les tombes ont plus facilement conservés, ceux-ci étant beaucoup moins fragiles que les tissus. L’exposition présente plusieurs de ces objets, et on peut en apprécier d’autres au premier étage du musée dans la salle aux cloisonnés (je crois appelée la salle du trésor) : des agrafes antiques et médiévales, ainsi que des colliers, bijoux de bras… antiques.

Ci-après nous avons les trois principales formes de fibules (agrafes) en usage alors. Il y en a de rondes, d’autres plus petites de divers aspects, et enfin certaines ayant une allure  allongée. Ces dernières sont généralement les plus grosses.

Photographie ci-dessous : « Trois fibules de Krautheim-Klepsau. Dernier quart du VI e siècle. Argent moulé, doré et niellé, grenats, cloisonnés. Largeur : 11,3 cm. Longueur : 6,7 cm. Or, verre vert et bleu. Diamètre : 4,1 cm. © Badisches Landesmuseum Karlsruhe. »

Photographie ci-dessous : « Fibule de type Apahida-Tournai » en or, du Ve siècle, conservée au musée du Louvre.

Photographie ci-dessous (les échelles ne sont pas respectées) : À gauche - « Fibule circulaire. VII e siècle. Bronze, grenats, or, argent et verre. Diamètre : 6,1 cm. © Rmn-Grand Palais (musée d'Archéologie nationale) / Gérard Blot. » À droite - « Fibules aviformes. Fin V e siècle - début VI e siècle. Grenat, or, verre. Hauteur : 3 cm. © Rmn-Grand Palais (musée d'Archéologie nationale) / Jean-Gilles Berizzi. »

Photographie ci-dessous : « Mobilier funéraire de la tombe d’Arégonde. Fin du VI e siècle. © Rmn-Grand Palais (musée d'Archéologie nationale) / Jean-Gilles Berizzi. » Nous avons là une boucle de ceinture, une épingle à cheveux, deux autres épingles, deux fibules, deux boucles d’oreille et une bague.

On peut même contempler des chaussures, des bas de chausse et une crosse, le tout ayant appartenu à Saint-Germain (VIIe siècle). Le pied !

Ce n’est pas tout… heureusement… Mais pour finir sur le chapitre mode, la boutique du musée de Cluny propose le très beau catalogue de l’exposition (2009) Le bain et le miroir, qui normalement fait 49 €, pour seulement 20 €.

Les mérovingiens utilisaient toujours le papyrus, en particulier pour l’administration. Cette matière étant très fragile, il ne nous reste que peu d’exemples de cette période. En voici un ci-dessous du VIIe ou VIIIe siècle.

Photographie ci-dessous : « Psautier pourpré dit de saint Germain » du VIe siècle, en parchemin et provenant de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris, aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale de France à Paris.

Photographie ci-dessous : Disque de Limons, en or niellé et grenats, de la fin du VIe siècle ou du début du siècle suivant, de Limons dans le Puy-de-Dôme et conservé au Cabinet des Médailles de la BNF.

Photographie ci-dessous : « Verre à trompes » de la première moitié du VIe siècle, de Douvrend en Seine-Maritime et conservé au musée des antiquités départementales de Rouen.

Les rois mérovingiens ont préservé la religion chrétienne, bien implantée dans l’Empire romain et déjà adoptée par ses derniers empereurs, ainsi que l’administration romaine civile (Sénat, etc.) et religieuse (évêques...), tout en conservant leurs traditions, dans un syncrétisme assez étonnant. L’Empire romain chrétien garda son unité, bien que dirigé en Occident par les nouveaux venus. Charlemagne l’affermit face aux conquêtes musulmanes en Espagne, en refusant par contre un syncrétisme religieux et en asseyant son pouvoir directement sur la religion chrétienne et le Vatican.

L’exposition présente même des : « authentiques de reliques de sainte Geneviève, de saint Médard, de saint Germain, de saint Marcel, de saint Filodde (?), de la barbe de saint Pierre, des Quarante martyrs de saint Lieutgard ». Ces « authentiques » sont des petits morceaux de parchemins du VIIIe siècle, provenant de l’abbaye de Chelles (Seine-et-Marne), aujourd’hui conservées aux archives nationales à Paris. « Une authentique est une bandelette de parchemin ou de papier jointe par une attache à une relique, qui identifie et authentifie la relique.

À noter : l’exposition Austrasie le royaume mérovingien oublié à Saint-Dizier jusqu'au 26 mars 2017. Celle-ci apporte des compléments d'informations sur cette période.

Photographie ci-dessous : « Croix votive du trésor de Guarrazar. Millieu du VII e siècle. Or, saphirs, émeraudes, améthystes, cristaux de roche, perles, nacre et jaspe. Hauteur : 18,5 cm. Largeur : 10,8 cm. © Rmn-Grand Palais (musée de Cluny - musée national du Moyen Âge) / Michel Urtado. »

 

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Collection Alfred de Vigny

Certaines ventes aux enchères sont de véritables expositions. Celle du 15 novembre à Artcurial (Paris), sur la Collection Alfred de Vigny cédée par ses descendants, en est certainement une. Elle comprend de nombreux manuscrits de cet écrivain, mais aussi d’Hector Berlioz, Victor Hugo, Charles-Augustin Sainte-Beuve, David d’Angers, Alexandre Dumas, Alphonse de Lamartine, Franz Liszt, Alfred d’Orsay... des aquarelles d’Eugène Delacroix, des dessins d’Alfred de Vigny lui-même, des portraits, photographies, etc. L’exposition de cette collection aura lieu du 10 au 14 novembre inclus... Et c'est gratuit !
Le catalogue est visible ici en pdf.

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De l’alcôve aux barricades : dessins du XVIIIe siècle.

Les Beaux-Arts de Paris prêtent, du 15 octobre 2016 au 8 janvier 2017, à la Fondation Custodia, 145 dessins pour l’exposition De l’alcôve aux barricades dressant « un panorama historique ambitieux de l’art de la seconde moitié du XVIIIe siècle ».

J’ai déjà dit tout le mal que je pense de la collaboration du service culturel public avec des fondations culturelles privées. Ici, les Beaux-Arts de Paris fournissent les œuvres, et le pigeon de visiteur doit payer pour l’exposition 10 € ou 7 € (tarif réduit).

Fondations et services publics, voir les articles ici :

- Fondation du patrimoine : le patrimoine de villes entières 'offert' à une fondation privée.

- Les jeudis du mécénat, ou comment le service public culturel organise son retrait.

- Fondation du patrimoine suite.

- La dangereuse marche en avant des fondations privées.

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Crinolines et Canotiers au temps de la Grenouillère

Pour sa nouvelle exposition, Crinolines et Canotiers au temps de la Grenouillère, qui se déroule depuis le 16 octobre jusqu'au 15 mars 2017 à Croissy-sur-Seine, « l’Association des Amis de la Grenouillère, avec la participation de l’Association Arts et Chiffons, met en scène tenues de campagne, costumes de bain et robes de bal, tels qu’on les portait à l’époque de gloire de la célèbre guinguette, et les rapproche des tableaux peints par les impressionnistes, artistes témoins de cette époque.

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Les saisonniers du Château de Versailles

Dernièrement le château de Versailles s’est encore fait remarqué avec une histoire de faux. Après les faux meubles il s’agit de faux billets. Si j’en parle, c’est parce que dans les articles qui s’en font l’écho, il est dit que les escrocs seraient des employés saisonniers, dont l'un depuis quatre années (voir article du Figaro ici). Des saisonniers au mois d’Octobre c’est étrange non ? Moi-même j’ai travaillé, il y a quelques années de cela, comme caissier au Monuments nationaux, au parc de Saint-Cloud, pendant onze mois consécutifs en CDD d’un mois renouvelables, et me suis fait congédié du jour au lendemain en plein mois d’août. Les emplois précaires...

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Espèces d’ours

Dernièrement je lisais un article (voir ici) sur l’extinction de l’ours des cavernes (Ursus spelaeus) du fait de son régime végétalien. Étant végétarien depuis plus de vingt ans, et connaissant le végétalisme, cela m'a interpellé. Heureusement l’exposition Espèces d’ours, qui a lieu du 12 octobre 2016 au 19 juin 2017 au Jardin des Plantes, prouve le contraire. On y apprend que cet ours préhistorique apparut en Europe il y a environ 150 000 ans, et disparut il y a 28 000 ans. 122 000 ans d’existence c’est plutôt un signe de bonne santé, non ? Ensuite son extinction correspondit à celle de nombreux autres grands animaux préhistoriques à cette époque. L’exposition évoque des changements climatiques en étant la cause. Enfin se haute stature et sa masse musculaire prouve au contraire qu’en étant essentiellement végétalien on peut être en très bonne santé !

Évidemment contempler de très nombreux ours empaillés, donnant un ou plusieurs exemples de toutes les espèces existantes sur notre terre, n’est pas vraiment dans l’esprit du végétalisme. Mais ces objets sont anciens (pas d’animaux tués récemment) avec certains s’inscrivant même dans l’histoire des sciences de la nature.

Comme le stipule le dossier de presse : « plus d’une centaine d’objets issus des collections du Muséum mais aussi prêtés par des institutions extérieures sont présentés dans l’exposition. Parmi eux, il y a 25 spécimens d’ours naturalisés (22 issus des collections du Muséum national d’Histoire naturelle, 3 prêtés par le Muséum de Toulouse) et plus d’une vingtaine de pièces ostéologiques, dont 3 squelettes complets d’ours. »

Cette exhibition donne des renseignements sur la vie de ces animaux et le regard que l’on porte sur eux. L’exposition sur le fleuve Amour qui a eu lieu au début de l’année 2016 au quai Branly (voir ici) montrait l’importance de l’ours dans les cultes chamaniques dans des régions où il est présent.

Photographie ci-dessous : Pas si rassurant ce végétalien d’ours des cavernes préhistorique.

Photographie ci-dessous : Ceux-là sont plus rassurants.

Espèces d’ours est donc à voir, en particulier pour les jeunes (même si il n’y a aucun gros ours en peluche à dorloter). Cette exposition est cependant moins bien que la précédente Sur la piste des grands singes, qui nous plongeait en pleine forêt vierge grâce à une mise en scène astucieuse. Et puis surtout c’est cher pour un musée public : « Espèces d’ours ! + Grande Galerie de l’Évolution - billet couplé : 11/9 € » ou « Galerie des Enfants + Grande Galerie de l’Évolution + Exposition Espèces d’ours ! - offre triple : 13/11 € ». Le prix c’est important.

Mais le jardin des plantes est un lieu plein de magie et d’histoire… naturelle. L’exposition Précieux vélins : Trois siècles d’illustration naturaliste, au Cabinet d’Histoire du Jardin des Plantes, qui se prolonge jusqu’au 2 janvier 2017, est moins chère (3/1 €), mais aussi moins importante : « Plus de 40 vélins originaux sont exposés, renouvelés chaque mois en raison de leur fragilité, soit près de 150 vélins durant les trois mois d’exposition. »

Photographies ci-dessous prises à côté du Cabinet d’Histoire du Jardin des Plantes.

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Visite au château de Pange

« Chers Amis,

Edith de Pange et moi-même vous donnons un dernier rendez-vous automnal à Pange pour clore la saison en beauté et dans la douceur automnale. Nous évoquerons le monde de l'enfance à travers les beaux pastels de Greuze qui seront exceptionnellement exposés pour cette occasion.

La mode et la toilette seront aussi évoquées à travers des portraits de femmes dont celui de la comtesse de Lobau qui porte un châle en cachemire tel un turban... Il évoque immédiatement ceux dont raffolait Joséphine... Si chers qu'ils servaient de cadeaux diplomatiques !

Thé et café vous seront servis tandis que je vous présenterai comme de coutume de beaux objets en rapport avec cette visite.... Boucles de souliers d'homme fin XVIII, vous sentirez du vinaigre de toilette identique à celui utilisé pour la toilette sèche, de l'eau de bouche (eau de Bottot, dentiste de Louis XV dont on a conservé la recette !), un éventail directoire... Et même un châle en cachemire !

Ne tardez pas à vous inscrire car nous souhaitons limiter le nombre de personnes à une vingtaine pour favoriser l'échange et la convivialité. Vous passerez un excellent moment et serez sous le charme, qui ne se dément plus, d'une maison exceptionnelle.

À très bientôt de vous retrouver ?

Flora Moritz »

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Merveilleuses & merveilleux