Les bas bleus

lesbasbleusAhmachere300Wikipédia offre une claire définition du « bas bleu » et du Bas-bleuisme  : « L'expression bas-bleu apparaît au XIXe siècle pour désigner une femme de lettres. Le terme a rapidement pris une connotation péjorative, comme celui de femmes savantes chez Molière. - Histoire - Le mot est traduit de l'anglais blue stocking et désignait au départ les habitués d'un salon littéraire présidé par une femme, Elizabeth Montagu (1720-1800), qui réunissait chez elle, une fois par semaine, des amies qui partageaient ses goûts littéraires. Les hommes étaient admis à leurs réunions, et parmi eux, paraît-il, un certain Benjamin Stillingfleet, qui se présenta un jour en bas bleus après que son hôtesse lui eut assuré que son salon était ouvert aux gens d'esprit, et non aux élégants. Le petit club s'appela par plaisanterie « le cercle des bas bleus », sans connotation vraiment péjorative puisque le poème d'Hannah More, Bas-bleu, est un hommage à ces hôtesses cultivées du XVIIIe siècle, Madame Vesey ou Elizabeth Montagu. Cependant l'habitude prise dans ces salons de s'ouvrir au mérite sans distinction d'origine sociale souleva des critiques et vers la fin du XVIIIe siècle cette mixité sociale évoqua une liberté de ton fâcheusement proche des idées nouvelles venues du continent, idées qui avaient en Angleterre des sympathisants comme les premiers romantiques, William Wordsworth, Robert Southey, ou des philosophes comme Thomas Paine. En France le terme connut le même sort que celui de précieuse au XVIIe siècle pour devenir une critique. Il fut adopté par les conservateurs et les réactionnaires pour stigmatiser des femmes comme Sophie Gay, George Sand, Delphine de Girardin, et en général toutes les femmes qui affichaient des prétentions littéraires ou intellectuelles ... »
Photographie : LES BAS BLEUS. Lithographie d'Honoré Daumier (1808-1879) du journal Le Charivari (publié 1832 à 1837) de 36 cm x 24 cm : « Les bas bleus - 1255 - Ah! ma chère, quelle singulière éducation vous donnez à votre fille?. mais à douze ans, moi, j'avais déjà écrit un roman en deux volumes... et même une fois terminé, ma mère m'avait défendu de le lire, tellement elle le trouvait avancé pour mon âge.  »

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La cocodette

lacocodetteleclipse300« Moi, je devins une mondaine, une femme futile, coquette, aimant le plaisir, la vie extérieure, ce qu'alors on appelait une "cocodette" » écrit Irène de Chauffailles de Gengoux marquise de Taisey-Chatenoy dans A la Cour de Napoléon III (Paris, 1891). Elle emploie même l'expression de femme « dans le mouvement ».
La cocodette est la compagne du cocodès. Leur période de prédilection est vers 1860, sous le second Empire (règne de Napoléon III de 1852 à 1870). Tous deux sont jeunes, élégants et mondains, avec les 'tics' des petits maîtres d'alors. Si leur quête de raffinement et de liberté n'atteint pas ceux des grandes dames et des grands hommes d'alors et suscitent souvent les moqueries, notamment dans la littérature, ils n'en restent pas moins de véritables élégants dont les « allures grêles et mourantes » (voir article sur les Gommeux) cocodesen disent long sur parfois 'la lourdeur des choses' … peu supportable pour des esprits tournés vers la légèreté et la joie. Dans Ohé ! La Grande Vie !!!, Gyp met en scène une cocodette et un cocodès d'une manière croustillante (voir article Longchamp(s)). Ce sont les derniers courtisans de la dernière Cour Française : celle de Napoléon III ; les derniers représentants d'un temps : « LE COCODES. – Pratique ! voilà bien les femmes d’aujourd’hui !... mais il ne faut pas qu’une femme soit "pratique" ! c’est sa perte !... c’est sa fin !... c’est affreux, une femme pratique !... affreux !... » (Gyp, Ohé ! La Grande Vie !!!). Évidemment il y a une certaine suffisance chez ces personnages, comme c'est le cas généralement chez les élégants à qui on donne des noms dérivés du 'coq' que l'on aime cependant beaucoup en France ; ce dont il est question dans l'article intitulé Coquetterie. Déjà au Moyen-âge « faire le coc en pelu » signifie « faire le suffisant, l'avantageux, le plaisant ». Voir aussi l'article La cocotte.
Photographie 1 : « La cocodette, par Pépin, Étude phrénologique d'après le système de Gall. » Illustration de la première page du journal satyrique L'Éclipse du 22 novembre 1868 représentant la tête d'une cocodette de profil. La phrénologie est le nom donné à une théorie du neurologue allemand Franz Joseph Gall (1757-1828) sur la localisation des fonctions cérébrales dans le cerveau. Des humoristes l'ont détournée pour montrer ce que peuvent avoir dans la tête certaines personnes à la mode. Ici le cerveau de la cocodette contient diverses parties dédiées à : la poésie, l'ingratitude, la folie, les plaisirs, la paresse, la moralité, la malice, l'envie, la pudeur, la friandise, la méchanceté, la colère, la finesse, la jalousie, la douceur, l'astuce, le jeu, l'amour, la friponnerie, l'amour de la forme, l'impuissance, l'orgueil, la danse, la luxure, la religion, l'attachement. On distingue dans ses cheveux deux pièces dont un rouble (de riches étrangers aiment alors venir se divertir à Paris) et une autre de 20 francs de 1868 en guise de boucle d'oreille. Des feuilles de vigne, symbole dionysiaque et de la jouissance l'ornent.
Photographie 2 : Détail de la double page centrale du journal La Caricature du « 10 Décembre 1881 » (n° 102) intitulée « La Genèse du gommeux » avec une représentation d'un cocodès.

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Collection autour de la coiffure

raffelpagesdedicace300RAffelPagesbarbiere300Je suis content de pouvoir faire un article sur la mode contemporaine, sur la coiffure et un de ses fiers représentants :  Raffel Pages (www.raffelpages.com). Son travail est intéressant car il lie la tradition (ou plutôt l'histoire de la coiffure) à la modernité, et fait vivre ce plaisir de la mode avec finesse. RaffelPagesCoiffures300aD'une famille dans le métier depuis trois générations, il a fondé, à partir de la création d'un premier salon à Barcelone, un groupe constitué aujourd'hui de 115 salons en Espagne, en France (Paris) et en Italie (Ferrara) et de quatre académies de formation. Il a récemment conçu un Musée de la coiffure (www.museehistoiredelacoiffureraffelpages.fr) à partir de sa seule collection d'objets d'art anciens sur ce sujet. Créateur, entrepreneur et collectionneur : qui peut mieux parler de ce métier que lui ?

Photographie 1 : Dédicace de Raffel Pages de son livre/catalogue du musée de la coiffure lui appartenant.

Photographie 2 : Barbière, France, 1804-1815.

Photographies 3 et 4 : Modèles de la collection Raffel Pages automne/hiver.

Photographie 5 : Détail d'une gravure de 1770-1779 : 'Le Nouveau Jeu du Costume et des Coiffures des Dames'. Dimensions : 55 x 80 cm.RaffelPageslejeudesdamesdetail300

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Chapeaux du début du XIXe siècle : les bolivars et les morillos.

lesbolivarsetlesmorillosdetail1300Nous avons vu qu'au début du XIXe siècle les chapeaux masculins sont immenses (par exemple dans l'article Incroyables chapeaux) ; comme ils ne l'ont sans doute jamais été par la suite ; le seul grand couvre-chef survivant de cette époque étant le haut-de-forme. Cette mode a en partie une origine militaire et vis-et-versa. A cette époque, il est de bon ton de s'habiller de façon guerrière. Des pièces de théâtre parodient cette tendance. Le calicot en est un exemple (voir article Le calicot) avec la comédie Le Combat des montagnes ou La Folie Beaujon (1817), créant le personnage du calicot imité par les petits-maîtres.
Un autre exemple est la pièce Les Bolivars et les Morillos ou Les Amour de Belleville, de MM. Gabriel et Armand, représentée pour la première fois à Paris au Théâtre des Variétés, le 11 septembre 1819. Bolivar et Morillo, sont deux célèbres militaires. Simón Bolívar (1783-1830), de son vrai nom Simón José Antonio de la Santísima Trinidad Bolívar y Palacios, surnommé le Libertador, est un général et homme politique sud-américain. Pablo Morillo y Morillo (1775-1837),lesbolivarsetlesmorillosdetail2300 comte de Carthagène et marquis de La Puerta, surnommé le Pacificador, est un homme de guerre espagnol. La mode martiale de l'époque donne à deux sortes de chapeaux et à ceux qui les portent leur nom : le bolivar et le morillo. Je ne sais pas si c'est la pièce qui lance la mode ou le contraire, mais cette comédie en un acte offre diverses caricatures des modes du jour : « … Les boulevards tout du long / A présent sont un salon / Où, sans même avoir posé, / Chacun se trouve exposé. / On tapisse les murailles / De soldats et de hauts faits ; / On ne voit que des batailles / Depuis qu'on a fait la paix. / Sur les assiettes, les plats, / On dessine des combats ; / Jusqu'au fond des compotiers / On va placer des guerriers. / Sur nos indiennes nouvelles / On voit prendre des remparts, / Et sur les fichus des belles / On voit charger des hussards. / Les paravents, les écrans / Sont ornés de combattants ; / Mille canons en travail / Font feu sur un éventail. / Là, des villes assiégées / Sur les foulards les plus beaux, / Ou des batailles rangées / Sur des shalls [châles?] de mérinos. / Nos mouchoirs de poche aussi / Ont leurs combats, Dieu merci ! / Grâce à cette nouveauté, / Une sensible beauté / Peut, quand la douleur l'attaque, / Essuyer ses yeux très-bien / Avec le bras d'un Cosaque / Ou la jambe d'un Prussien. »
Photographies : Petite gravure (11,4 x 14,7 cm) d'époque, du début du XIXe siècle, avec pour légende : « Théâtre des Variétés. Messieurs Léonard, Ocry, Cazot et Lepeintre, dans les Bolivars et les Morillos. »lesbolivarsetlesmorillos300

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Corsets masculins

gandindetailCet article fait suite à celui intitulé Le corps à baleines, le corset et le tailleur de corps. Lorsque l'on évoque le corset, on pense avant tout à un élément vestimentaire féminin. Pourtant les hommes aussi le portent. Il est même possible que son origine soit militaire et donc masculine. Il est très courant au début du XIXe siècle.
Photographie 1 : Détail de la gravure intitulée 'Le Boulevard de Gand à Paris' ('Le Suprême Bon-Ton N°27.') datant du début du XIXe siècle, avec un gandin portant indubitablement un corset.
Photographie 2 : Estampe d'une revue d'Amérique du sud semble-t-il, datée de 1845, avec pour texte : « El Corréo de Ultramar » [pouvant se traduire par 'Le Courrier d'Outre-mer'] « En Paris rue du Faubourg Montmartre 10 ». Les trois fashionables sont à la mode  parisienne de cette époque. On remarque leur taille très fine au niveau du ventre, ce qui est sans doute l'effet d'un corset. Cette silhouette est celle des hommes élégants de la première moitié du XIXe siècle : pantalon clair très serré (certains élégants se font aider d'un domestique pour pouvoir rentrer dedans !), manteau ou veste plus sombre tombant au dessus du genou avec une taille étroite, corset, canne fine, gilet clair, chemise blanche, cravate haute blanche ou colorée de différentes formes et nouée de multiples manières, chapeau haut-de-forme, les cheveux courts le plus souvent frisés (les papillotes sont très utilisées par les hommes car une belle chevelure est une marque particulièrement virile) … Cette image est intéressante aussi par sa provenance. L'Amérique du sud va devenir de plus en plus à la mode à Paris qui voit arriver tous les riches touristes du monde entier, en particulier des Amériques, de Russie et de toute l'Europe. Le riche sud-américain est parfois appelé 'rastaquouère' lorsqu'il est particulièrement 'bling-bling' et dépensier (voir article : Les faux élégants). Progressivement, et en particulier au début du XXe siècle, des modes d'outre-Atlantique arrivent dans la capitale française (article : La mode des amériques d'avant et après la guerre de 14-18 : le tango, les jazz-band, le swing, le fox-trott, les années folles ... ). elegants1845detail300

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Les macaronis

acompleatemacaroniPhotographie : Gravure d'un macaroni et de son coiffeur ayant pour titre : « Now Sir You'r a compleat Macaroni. » ce qui peut être traduit par « Maintenant Monseigneur vous êtes un véritable macaroni. » Cette estampe d'époque est de James Caldwall (1739-1822) d'après Michel Vincent Brandoin (1733 - 1807). Ces deux artistes sont associés à plusieurs exemples de vers 1770 comme The charming millener of – Street et A modern demirep on the look-out. Dimensions :18,5 x 13,3 cm.
La jeunesse n'a point de frontières, et l'élégance non plus. Il est acquis que depuis deux siècles, l'Angleterre nous a offert de véritables bijoux de goût, d'extravagance et de création en matière de mode. Il a été largement question dans ce blog de l'engouement des Français pour la mode anglo-saxonne, en particulier au début du XIXe siècle, dans les articles : Anglomanie, partie 1 : dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et dans les premières années du XIXe ; Anglomanie, partie 2 : Fashionables et dandys ; et Anglomanie, partie 3 : Lions, lionnes, lionceaux, faux anglais, high life, snobs, perfect gentlemen. Cet intérêt est réciproque. 

J'ai écrit en janvier 2008 un article sur Les Macaronis. L'acquisition d'une nouvelle gravure me pousse  derechef à parler de ces petit-maîtres anglais. L'Angleterre a en effet une longue tradition de l'élégance, particulièrement connue à partir du milieu du XVIIIe siècle, époque des macaronis. Mais je pense que l'on peut sans doute retrouver une filiation comme je l'ai fait pour les petits-maîtres (voir ici), acompleatemacaronidetailbnac300au moins depuis les troubadours et Richard Coeur de lion. Le milieu du XVIIIe siècle donc, est le moment où en France la mode s'intéresse de plus en plus à l'Angleterre. Cette curiosité prononcée va conduire progressivement le monde anglo-saxon à prendre le devant de la scène. Au début du XIXe siècle, l'Angleterre s'enorgueillit de nombreux styles élégants avec de 1800-1813 les fashionables, fops, beaux, bucks,  exquisites, ruffians, et à peu près à partir de 1813 avec les dandys qui sont les plus connus de ce côté de la Manche des petits maîtres anglais du XIXe siècle. Les dandys anglais copiés en France sont véritablement dans la continuation des muscadins, incroyables et mirliflores français. Dans le Continent, le mot 'dandy' côtoie vers 1830 les noms de beau, jeune-France, romantique, gandin, mirliflore … ou fashionable : terme lui aussi emprunté. Mais c'est au XXe siècle que les deux guerres marquent définitivement cette suprématie … avec en particulier la musique noire américaine qui influence les années folles et les mouvements zazou et existentialiste ; puis le rock and roll, les hippies et en Angleterre la pop, les mods, le punk, la new-wave, la techno etc. Si l'invention et le rythme sont au rendez-vous, l'élégance de moins en moins. Par contre comme eux, le macaroni (aussi écrit maccaroni) a le goût de l'exubérance. Les illustrations de l'article de Wikipedia le montrent assez. On les représente généralement avec une très haute perruque poudrée tombant jusqu'au milieu voire au bas du dos en une sorte d'immense chignon. D'autres images de macaronis sont visibles sur : Digitalcollections.library.yale.edu et  Britishmuseum.org ; et de dandys sur : Digitalcollections.library.yale.edu.

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Nonchalances

101020TajanCatalogue101020TajanCataloguejeunefilleendormieLa nonchalance est aujourd'hui en voie de disparition … surtout à Paris. Ces quelques peintures du catalogue de la vente de la maison Tajan du 20 octobre à l'Hôtel Drouot à Paris, pour se rappeler à soi et à la communion avec les autres, aux plaisirs simples mais délicieux, à l'agrément des saisons, à la qualité de vie … L'esprit ne s'envole pas dans le tumulte … Il lui faut la paix, l'amour, la richesse d'instants précieux pour créer, la beauté pour l'inspirer et l'abondance pour la joie.
Photographie 1 : Catalogue de la vente Tableaux anciens et du XIXes siècle, du mercredi 20 octobre.
Photographie 2 : Alfred Joseph Woolmer - (Exeter 1805 - Londres 1892) - Jeune fille endormie dans sa chambre. 58,5 x 69 cm.
Photographies 3 et 4 : École francaise du XVIII e siècle. Suiveur de François Boucher.
L'Hiver : Reprise avec des variantes d'une composition des Quatre saisons de François Boucher conservées à New-York, à la Frick Collection (toile, 54 x 72 cm).
101020TajanCatalogueHiverLa Bergère endormie : Reprise avec des variantes de la Bergère endormie conservée à Paris, musée du Louvre (toile, 88 x 115 cm).
101020TajanCatalogueeteDimensions de chaque toile : 49 x 129,5 cm

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Le freluquet

freluquetdelavilledetail300Il faudrait sans doute disposer le freluquet parmi les faux élégants. Cependant il semblerait que son nom vienne de freluque (mèche de cheveux) ou freluche (petite chose ou ornement de peu de valeur), d'où est issu aussi le mot fanfreluche ; autant de termes désignant des objets qui occupent parfois un rôle important dans la mode française où les détails comptent, comme les rubans. Mis à part la connotation de prétention que ce mot porte ; les évocations d’une apparence frêle, d'une mise soignée, de légèreté et de frivolité, aident à placer le freluquet parmi les petits-maîtres. Évidemment, le fait que le Dictionnaire de l'Académie française de 1762 définisse le freluquet comme étant « Un homme léger, frivole & sans mérite », l'éloigne d'un véritable petit maître (tel un incroyable pour qui l'honneur est très important) et le place parmi les faux petits-maîtres et les pédants comme le laisse aussi à penser la citation qui suit … quoique ... : " C’est adorable ! Phrase exclamative que les freluquets, les pédan[t]s, les petits maîtres de Paris ont continuellement à la bouche ; ils croient avoir tout dit quand ils ont prononcé, avec une affectation ridicule : C’est adoable ! " Dictionnaire du bas-langage …, 1808. Il semblerait qu'au XVIe siècle le mot 'freluquet'  désigne  une pièce de monnaie de peu de valeur, ce qui peut être une origine du mot définissant un jeune homme d'apparence assez riche mais ayant 'peu de valeur'.
Photographie : Détail d'une carte postale du début du XXe siècle représentant un paysan et un jeune homme, avec pour légendes : « 34. Gauloiseries françaises - Freluquet de la ville – Dis donc, freluquet de mon cul …, c'est il parce que tu es étudiant de grande ville que tu voudrais m'couper l'herbe sous le pied ? »

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Le chapeau de paille, le koksnoff et le snoboye.

 

gangeli1885300Photographie 1 : Cette estampe signée Gaston Angeli et datant de 1885  met en scène un couple à la mode d'alors avec un garçon habillé dans un style qui commence à cette époque et dure jusqu'à la seconde guerre mondiale. Il porte un canotier justement créé, d'après Wikipédia, dans les années 1880. Il s'agit d'un chapeau de paille ovale, à fond et bords plats, avec un ruban sur son pourtour. Le reste de son habit est tout aussi caractéristique avec son col haut, son costume serré à carreaux. La jeune fille porte une capote (voir article La petite maîtresse invisible) semble-t-il aussi en paille. De très beaux chapeaux pour femmes sont fabriqués dans cette matière tout au long du XIXe siècle et avant ; en particulier au temps des merveilleuses (fin XVIIIe – début XIXe). Les habits de la femme représentée sur cette image sont à la mode à cette époque avec notamment une tournure formant un faux-cul.
Ce couple est très koksnoff comme on le dit à l'époque, ce qui s'écrit et se prononce de différentes façons : chocnoso, chocnosogue, chocnosoff, kox-noff, chocnosophe. C'est à dire qu'il est copurchic (ultra-chic), snoboye (très bien), chicardo (très chic). Dans Les Excentricités du langage (1865), Etienne Lorédan Larchey donne quelques mots d'argot employés au XIXe siècle comme synonymes de 'bon' et 'beau : « chic, chicard, chicandard, chouette, bath, rup, chocnosof, snoboye … ».
unjeunegommeux300Photographie 2 : Cette carte postale, dont le tampon semble être daté de 1904, représente un jeune gommeux et une midinette portant tous deux un chapeau de paille. La jeune fille, habillée très à la mode, fait ses emplettes ou est marchande de mode, car elle a un carton de magasin. Elle vient de se faire arroser par un jardinier qui est sermonné par un gommeux : « Un jeune gommeux, Peut-être amoureux, S'approcha pour blâmer le jardinier honteux. ».
CapoteModeAncienne300Photographie 3 : Capote de paille fine, de  vers 1810 du site de Brigitte Campagne Ancienne mode, dont la boutique est spécialisée en vêtements du XIXe siècle. Ce chapeau est en bon état, mais le ruban d'époque a été coupé, car normalement on devrait avoir un noeud pouvant ressembler à celui de la photographie de Gyp, comtesse de Martel, présentée par Wikipedia.
Photographie 4 : Intérieur de la boutique Casablanca qui se trouve juste à côté de celle de Brigitte Campagne ; et qui propose des vêtements de la première moitié du XX e siècle … avec comme on le voit sur la photographie plusieurs chapeaux d'époque en paille.casamblaca300clair

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Maison de faïence

assiettemaisonXVIIIeedetail200Si j'adore la porcelaine française des XVIIe et XVIIIe siècles, j'aime aussi beaucoup la faïence. Fruit d'une alchimie élaborée par l'homme, à partir du travail de la terre, la céramique est un témoignage patrimonial précieux.

Photographie : Cette assiette en faïence du XVIIIe siècle, signée 'P', a un décor polychrome représentant au centre du bassin une maison dans un cartouche et sur le marli des petites graines ou fleurs, avec des filets d'un vert entre le caca dauphin et le céladon.
J'en profite pour dédicacer cet article à tous ceux dans la nécessité, pour qu'ils aient le confort et la paix d'une maison.
L'être humain est un peu comme la céramique : inaltérable et très fragile en même temps (comme je l'ai déjà dit dans un autre article, une bonne céramique résiste à l'eau et le feu et ne s'altère pas avec le temps, mais ne supporte pas le moindre choc).assiettemaison300

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Les méprisants et la réponse inc'oyable

lemeprisantdesvieillesmodes300 lemeprisantdumoderne1Photographies 1 et 2. Voici deux gravures de la fin du XVIIIe siècle se faisant écho. La première représente « Le Méprisant des vieilles modes » et la seconde « Le méprisant du moderne » La critique n'est pas vraiment vestimentaire ; car si le second a vraiment une tenue 'passée' pour la fin du XVIIIe siècle, le premier n'est pas si 'moderne'. Nous sommes plus là dans le 'conflit' entre les anciens et les modernes, récurrent dans l'histoire littéraire et artistique de l'Occident. D'un côté nous avons la perspective large (que symbolise le jardin à l'anglaise à cette époque) ; et de l'autre celle plus cloisonnée du jardin à la française avec des ruines antiques. L'un pratique le cheval et la taverne, l'autre préfère la noblesse d'épée et l'étude des artistes passés comme les détails de ces gravures le montrent.

Au sujet de la querelle des anciens et des modernes on peut relire les articles : La Modernité : les Anciens et les Modernes et Les romantiques 'jeune France' et 'nouvelle France'. 

Photographie 3 : Les deux précédentes gravures rappellent celle intitulée « La réponse incroyable. » de la toute fin du XVIIIe siècle que j'ai présentée lors de mon exposition au Palais-royal (voir : Récapitulatif de l’exposition Modes anciennes - suite -). Deux personnages se rencontrent : un Anglais et un Incroyable qui est sans doute un émigré de la Révolution revenu à Paris. Le premier est tout à l'ancienne mode, alors que le second (à gauche) est absolument moderne, même dans sa réponse incongrue face à un simple salut ; ce qui donne le dialogue suivant : « [l'Anglais (à droite)] Bon jour Mylord ! Je suis charmé de vous voir à Paris, comment vous portez-vous ? 2. [l'Incroyable] Je vous suis obligé de votre gracieuse demande, mais ne pouvant répondre de moi-même, je vais dépêcher un courrier à Londres ; et à son retour, je saurai la réponse que je dois vous faire. » Ici le dialogue semble impossible entre ces deux personnages si différents : l'un représentant de l'incroyable modernité, l'autre suivant des coutumes anciennes (comme saluer) et  habillé à la manière d'un XVIIIe siècle finissant. Dans l'article intitulé Le baroque et le rococo : les styles et les personnes j'explique que l'on a l'habitude d'appeler alors les modes passées 'gothiques', 'rococos' et parfois 'baroques'.la-reponse-incroyable

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Costumes habillé, d'étiquette et d'apparat.

costumehabillemaisnondetiquette300Le costume costumehabillemaisnondetiquette400habillé est une tenue masculine de grande toilette, c'est à dire particulièrement soignée et recherchée. L'habit d'étiquette est une grande toilette qui suit des codes précis qui définissent une condition sociale importante de celui qui le met ou l'importance du lieu où il se porte. Celui d'apparat est rare et se revêt lors de moments d'éclat ou de grande pompe.
Photographies 1 et 2 : Planche 448 de l’an XI (1802) du Journal des Dames et des Modes, fondé à Paris en 1797, ayant pour titre : « Costume Habillé, mais non d'Étiquette » Au dessous, entre parenthèses, est indiqué : « le Chapeau et l'Épée se trouvent à droite par l'inadvertance du Graveur) » A cette époque, la culotte assez courte et le bas de soie sont encore des éléments du costume d'étiquette. Au XIXe siècle, le noir va de plus en plus en être aussi. Cette gravure est importante pour d'autres raisons : le grand bicorne, la coupe de cheveux courts et bouclés sur le devant, un usage de la dentelle provenant des générations précédentes, la cravate haute … enfin des éléments alliant une grande modernité à des codes un peu plus ancien : un mélange du dandysme naissant et du muscadin passé. Cela donne le mirliflor. On peut comparer cette gravure à celle du mirliflor que j'ai déjà présentée et qui tient lui aussi son chapeau à droite : voir article intitulé Définitions de gens à la mode en France : Beaux, Copurchics, Fashionables, Gandins, Gants jaunes, Gommeux, Jeunes France, Lionnes, Lions, Petits crevés, Pommadins, Raffinés ...
Wilipedia propose un article intéressant sur l'Étiquette. Petit à petit, au XIXe siècle, le costume d'étiquette change pour être celui du costume trois pièces noir et haut-de-forme, cela jusqu'au début du XXe.
Photographie 2 :Grande lithographie (52 x 70,5 cm) de Georges Goursat dit SEM (1863-1934) provenant d'un de ses albums publiés au début du XXe siècle (jusqu'en 1927). Elle fait partie d'un diptyque avec « Son arrivée » et « Son départ ». Ici il s'agit de la première. Tous les personnages portent des costumes semblables qui sont d'étiquette à cette époque.sonarrivee300

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Bon chic bon genre

bcbgmantoux300Photographie 1 : J'ai choisi de vous présenter la page de couverture de l'édition revue et corrigée de 1986 (France loisirs) du livre de Thierry Mantoux B.C.B.G. : Le guide du bon chic bon genre, plutôt que celle de la première édition de 1985, car je la trouve plus amusante.
J'ai insisté dans plusieurs articles sur l'importance du 'bon ton' et du 'bon genre' (voir notamment celui intitulé Le bon ton et le bon genre) dans la mode française, puis du « chic ». C'est à partir du XIXe siècle que la notion de chic apparaît. Le mot viendrait de l'argot des peintres. Il désigne, dans le vocabulaire courant, une élégance particulièrement saillante et de bon ton. Je l'ai trouvé dans un texte de 1811 dans cette acceptation. Mais il semble qu'il n'existe pas au XVIIIe siècle et avant dans le lexique de l'élégance ; bien qu'il soit alors beaucoup question de galanterie, de bon ton et de mode.
Dans la seconde moitié du XXe siècle émerge la notion de 'b. c. b. g.', abréviation de ‘bon chic bon genre’. C’est véritablement un phénomène français qui puise ses racines dans les idées de 'bon ton' et même d'aristocratie. On trouve dans cette expression les termes de 'chic’ cher au XIXe, et de ‘bon genre’ qui l'est bien avant ce siècle. Il s’agit d’un(e) jeune bourgeois(e) des années quatre-vingt, voire d'une personne de descendance noble, avec un style bien particulier : foulard ou noeud dans les cheveux, tailleur ou simple jupe droite (parfois un pantalon) lesgenschicsgyp300pour les femmes, et pour les deux : foulard autour du cou, polo et pull-over Lacoste, chaussures Weston ou d’une autre marque chic. Le b. c. b. g. vit dans les quartiers huppés (XVIe arrondissement, XVe, 8e à Paris, Neuilly, Versailles …), utilise un langage choisi exprimé en formant avec la bouche ce qu'on appelle un 'cul de poule'. On en trouve en province, comme à Bordeaux où cette tendance perdure toujours un peu. Il est d’une bonne famille catholique, lui-même pratiquant. Il ne se mélange pas aux autres classes. Les b. c. b. g. font la fête, sortent et se marient entre eux. Ils font de grandes écoles comme l’ENA ou Sciences-Po. Certains peuvent exprimer une certaine folie festive adolescente, mais sans jamais s’écarter du cercle qui les protège : généralement leurs parents très aisés. Une fois marié, le bcbg perd son côté 'étudiant'. Les notions de carrière et de vie familiale sont très importantes pour lui (ou elle toujours). Le bcbg  pratique le 'sport' dans les lieux et clubs fashionables comme les sportsmen, sportswomen et gentlemen du sport du XIXe siècle. Il est 'propre' selon la définition ancienne, c'est à dire qu'il prend soin non seulement de son corps, mais aussi de ses habits et tournures, et même de ses moeurs (il va à l'église, a souvent été scout ...). Il vote à droite. Tous les bcbg font ressentir qu'ils appartiennent au 'monde', voire parfois à une certaine noblesse, qui rappelle (ce n'est plus alors qu'un lointain écho) la vieille courtoisie qui cependant rechignerait particulièrement à contempler leurs moeurs bourgeoises. Mais cette appartenance ne les empêche pas d'être aussi très sociables ; la sociabilité étant une chose très importante en France ; mais qui reste naturelle.lesgenschicsGypfemmeabicyclette300 Le bcbg s'écarte peu des conventions. Il balance, comme son nom l'indique, entre le chic et le bon genre. Le mot 'chic' seul porte une idée d'originalité ou de 'm'as-tu vu', éloignée du bcbg. On ne peut donc le comparer directement au copurchic dont il est question dans l'article du même nom : Copurchic, qui lui est 'ultra-chic'. Le bcbg ne pratique pas le 'suprême chic', le 'grand chic' ou de le 'dernier chic', pas plus que le 'faux chic'. Il reste de 'bon genre' quoique autrefois cette notion n'est pas non plus dépossédée de fantaisie.
Le bcbg se rapproche plus des personnages décrits par Gyp (nom littéraire de Sibylle Aimée Marie Antoinette Gabrielle Riquetti de Mirabeau, par son mariage comtesse de Martel) dans nombre de ses livres, comme dans celui ayant pour titre : Les Gens chics (1895). lesgenschicsgypshommeabicyclette300aCet ouvrage commence par un chapitre intitulé : 'Un Beau mariage'. C'est un élément important aussi chez le bcbg comme l'exposent les auteurs de  B.C.B.G. : Le guide du bon chic bon genre et de Les Mouvements de mode expliqués aux parents (1983). L'ouvrage de Gyp se prolonge dans des lieux comme le bois de Boulogne, les Champs-Elysées, les courses à Longchamp, dans une soirée de château ... Dans Trop de chic (1900), Gyp décrit des lieux, situations et personnages chics notamment avec toujours le bois de Boulogne, mais aussi le shoping rue de la Paix (près de l’Opéra et des boulevards), les bains de mer, les voyages en wagon, à Luchon, Trouville, Vichy, en Suisse, à Houlgade, Plombières, Arcachon, Saint-Germain, à la campagne, les sociétés de charité, les bals etc.
Photographies 2, 3 et 4 : Page de couverture et illustrations de  Les Gens chics, avec 'images en couleurs par Bob ' (Paris, G. Charpentier et E. Fasquelle, 1895) de Gyp (1849-1932).
Dans son Dictionnaire de la langue verte (1867), Alfred Delvau définit le 'chic' comme exprimant spécialement le goût, la « façon pittoresque de s’habiller ou d’arranger les choses » dans le vocabulaire des petites dames et des gandins, c'est à dire des petits maîtres du XIXe siècle. En 1874, dans La Comédie de notre temps, Bertall propose tout un chapitre sur le ‘chic’ intitulé : 'Qu’est-ce que le chic' : « Le chic est le nescio quid des Latins, le je ne sais quoi du dernier siècle. Le chic est une allure, une désinvolture, un aspect, une élégance impromptue, dont la possession classe momentanément ou d’une manière durable l’être ou la chose qui en sont revêtus. chichommeclair300aLe chic est une sorte de prétention réussie. Le mot chic, mot bizarre, dérive directement des ateliers, où il était en usage bien avant d’avoir acquis ses lettres de grande naturalisation. En terme d’atelier, un croquis fait avec chic, une peinture faite avec chic, sont des oeuvres brillantes enlevées vivement et d’aplomb, d’une façon audacieuse, élégante et non compassée. On peut être un grand peintre et n’avoir aucun chic. Prud’hon, Géricault, H. Vernet, Raffet, Delacroix, avaient du chic. Ingres, David, et Gérard n’en avaient pas […] Malgré ses détracteurs, le mot chic a prévalu dans les ateliers pour désigner quelque oeuvre tout à fait supérieure ; et l’on dit très-bien : J’ai vu un Meissonier excessivement chic ! Généralement, donc, le mot chic s’emploie en bonne part. Dans les ateliers, lorsqu’on veut employer une expression d’un genre analogue, mais qui, au lieu d’un degré d’admiration, désigne un degré de moquerie, on se sert du mot touche. Voyez-moi cette touche ! A-t-il une touche ? dit-on d’un personnage dont l’accoutrement ou les allures sont grotesques ou fâcheux. Les deux mots ont émigré et sont passés dans l’usage général en français. Le mot chic, nous assure-t-on, vient du mot allemand schik,chicfemme300 qui veut dire aptitude, tournure, habileté, et que les ateliers allemands, qui généralement n’en ont guère, employaient avec une admiration de bon aloi en voyant les oeuvres françaises dans les ateliers de Paris. Si ce mot est d’origine allemande, il est devenu néanmoins éminemment français, et même, qui plus est, éminemment parisien. Le mot chic, passé dans l’usage, désigne donc généralement ce qui est brillant, élégant, doué d’allure et genreux, suivant une expression nouvellement introduite dans le langage jeune homme. On dit un homme chic. Une femme chic. Un salon chic. Un cocher anglais est chic. Une nourrice russe est excessivement chic. Le quartier Saint-Germain est chic, ainsi que le quartier Saint-Honoré. Le quartier des Batignolles ou des Jeûneurs n’est pas chic. Il y a des théâtres chics, comme l’Opéra, les Italiens, les Bouffes, les Variétés. Les autres ne sont chics que les jours de première représentation. Parmi les clubs où se réunissent les jeunes gens qui n’ont pas assez d’intérieur, les hommes mûrs qui en ont trop, et les vieux qui n’en ont plus, sans compter tous les gens mariés qui en ont besoin, pour excuser leurs fugues, comme celles de l’affaire Chaumontel (lisez Balzac !), il y a des clubs chics et des clubs qui ne le sont pas. Le seul qui ait un grand chic est le Jockey-Club.  […] Souper à la Maison d’Or, au Café Anglais ou chez Brébant, est chic … »
Photographie 5 : « UN HOMME CHIC » Bertall, La Comédie de notre temps, 1874.
Photographie 6 :  « UNE FEMME CHIC. Est-ce une grande dame ? Est-ce une petite-dame ? Peu importe ! Mais, comme dirait le gommeux d’en face, elle a du chic. » Bertall, La Comédie de notre temps, 1874.

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Exposition : France 1500, entre Moyen-âge et Renaissance.

Annonciation300Quand on évoque le rayonnement culturel français on pense rarement au Moyen-âge : une période pourtant faste où l'art français est une référence dans tout l'Occident (voir par exemple l'article Le bas Moyen-âge : Fin amor et Art français ou francigenum opus). L'exposition intitulée : France 1500, entre Moyen-âge et Renaissance, qui se déroule du 6 octobre 2010 au 10 janvier 2011 aux Galeries nationales du Grand Palais, s'intéresse à la période comprenant les règnes de Charles VIII (1483-1498) et de Louis XII (1498-1515), tous deux époux successifs d’Anne de Bretagne (1477-1514). Il s'agit d'une période charnière annonçant la Renaissance française du règne de François 1er (1494-1547) sacré roi le 25 janvier 1515.
Notre-Dame de Grace300Cette exposition s'ingénie à montrer le foisonnement culturel de cette période au grand nombre d'artistes, de commanditaires et de centres culturels répandus dans tout le pays ; avec quelques foyers significatifs mis en lumière « tels le Val de Loire, où séjournent les souverains, le Bourbonnais, stimulé par de grands princes, la Normandie, la Champagne, le Languedoc ... où commandes individuelles et collectives suscitent la création.  » Cette effervescence est présente durant tout le Moyen-âge en France et rayonne dans une Europe ayant ses propres foyers d'intelligence (voir les expositions actuellement à Paris : L'art en Slovaquie à la fin du Moyen Âge et Trésor des Médicis).
C'est la période du bouleversement artistique et culturel qu'apporte la récente invention de l'imprimerie permettant une diffusion plus large de livres et d'images et d'une culture faisant se côtoyer l’ornementation moderne (à la Renaissance appelée péjorativement gothique) et les modèles de l’Antiquité romaine (au sujet du gothique voir l'article Les modes gothiques et le style troubadour du XIXe siècle).
Narcisse300Photographie 1 : L’Annonciation, huile sur bois de 72 x 50 cm, de Jean Hey, datée de vers 1490-1495. The Art Institute of Chicago, Mr. And Mrs. Matin A. Ryerson Collection, 1933.1062. © photography The Art Institute of Chicago 2010. Un des attraits de cette peinture est la beauté et la fraîcheur des couleurs employées et de leur agencement particulièrement harmonieux : orange et vert, rouge et bleu. L'exécution est très fine, notamment dans les visages.
Photographie 2 : Notre-Dame de Grâce, statue de calcaire polychromé (112 x 75 x 38 cm ) de vers 1470, conservé à Toulouse au Musée des Augustins. © Toulouse, Musée des Augustins / Photo de Daniel Martin. Les 'Vierges à l'enfant' sont un thème important de l'iconographie médiévale (voir l'article intitulé Les Vierges à l'enfant médiévales). Celle-ci a une grâce et une noblesse particulières dans les traits de son visage, l'originalité de sa position peut-être due au fait qu'à l'origine elle est intégrée à un ensemble, la beauté des tissus et le choix des couleurs : or, azur et blanc qui sont celles de la royauté.
Saint Gilles et la biche300Photographie 3 : Narcisse à la fontaine, tapisserie de laine et soie, de 282 x 311 cm, d’après le Maître des Très Petites Heures d’Anne de Bretagne, de vers 1500. Museum of Fine Arts, Boston. Charles Potter Kling Fund. © Museum of Fine Arts, Boston. Cette tapisserie aux mille fleurs représente Narcisse contemplant son portrait dans l'eau, et ne pouvant se détacher de cette vision. La fontaine est un lieu important au Moyen-âge. Saint Gilles et la biche3detailaa300Elle est souvent associée aux plaisirs. Le personnage a des cheveux blonds, mi-longs, avec sur la tête une aigrette tricolore à trois plumes. Il porte un manteau court bleu tenu par une fibule, un haut cousu de fils d'or, un collant rouge et des jarretières.
Photographies 4, 5 et 7 : Saint Gilles et la biche, huile sur bois (de 61,6 x 46,4 cm) du Maître de Saint-Gilles, de vers 1500, acquise en 1894 par The National Gallery de Londres. © The National Gallery, Londres, Dist. Service presse Rmn / National Gallery. Photographic Department. Cette peinture représente une biche poursuivie par des chasseurs venant se réfugier dans le giron de Saint Gilles l'Ermite (VIIe siècle). Il est à noter les habits des protagonistes. Les chapeaux plats sont à la mode à cette période (voir aussi la photographie suivante du portrait présumé de Charles VIII) de même que les chaussures rondes et courtes (à l'opposé des poulaines du XIVe siècle). On continue à porter des drapés à l'antique. Le personnage au premier plan à gauche porte un himation à la manière grecque ou romaine. Les vêtements des autres protagonistes présentent une diversité de coupes, tissus, couleurs, motifs. On y retrouve les cinq archétypes du costume (voir Wikipedia) : drapé, enfilé, cousu et fermé, cousu et ouvert, fourreau. On ne contemple plus aujourd'hui une telle diversité dans la mode de tous les jours. Le Moyen-âge est très riche dans de nombreux domaines et notamment dans celui de la mode, particulièrement à cette époque. On peut aussi reconnaître chacune des plantes se trouvant au premier plan. Trois iris bleus sont aux pieds de la biche ; et de gauche à droite : mauve, véronique, plantain, chélidoine, fraisier, molène bouillon blanc et ronce ou églantier au centre.
Portrait dhomme300 Photographie 7 : Portait d'homme (Portrait présumé de Charles VIII) de Jean Perréal , daté de 1490-1495. Il s'agit d'une tempera sur bois de 23 x 14,5 cm, insérée dans la couverture d'un livre d'heures. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits. © BnF. Au Moyen-âge les portraits représentent les visages en accentuant leurs caractéristiques, contrairement aux périodes antique, moderne et surtout contemporaine qui cherchent plutôt à les gommer pour s'intégrer dans un certain canon de beauté. La période médiévale ne suit pas la même optique esthétique. Alors que les drapés et les tissus sont lisses et satinés, les visages sont représentés dans la réalité de la chair, dans toute leur complexion dont le réel même en fait la valeur et sa vérité la beauté.
Ouverture de l'exposition tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 20h, avec nocturne le mercredi jusqu’à 22h. Fermé le 25 décembre. Prix d’entrée : 11 €, TR 8 € (13-25 ans, familles nombreuses), gratuité pour les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires du RSA.


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Trésor des Médicis : suite.

3GraceRubensL'Exposition : Trésor des Médicis est un joli exercice de style, passionnant. On entre dans un univers de merveilles et de bon goût, à la pointe de la modernité d'une période, celui d'une famille richissime qui consacre une grande partie de son argent à la curiosité artistique et au mécénat, à un moment charnière de l'histoire de l'art occidental : la Renaissance, qui s'ouvre sur le monde entier et redécouvre l'humanisme et les règnes anciens, et avec eux la modernité et les âges futurs. On y rencontre quantité de différents objets d'art de tous les continents et époques : depuis le vase céladon ; jusqu'à l'orateur en bronze antique (IIe-Ier siècle av. J.-C.) ; violoncelleen passant par un masque mexicain (culture Teotihuacan de vers 250-600) en jade ; un pendentif à la sirène du XVIe siècle en or, émaux, diamants, rubis et perles ; une grande toile de 1654 avec un portrait de Côme III de Médicis jeune dans une tenue à la mode du temps avec des rubans à toutes les articulations ; avec du Fra Angelico, du Botticelli, du Raphael, du Michel Ange, du Rubens … tout cela présenté dans une certaine intimité de mise en scène ; et surtout dans l'unité de ton que représente le goût de cette famille pour la beauté, la richesse et l'humanisme. Pour ceux qui ne connaissent pas bien cette période, peut-être le mieux est-il de se préparer avant d'aller voir cette exposition en s'intéressant préalablement aux oeuvres exposées … car l'art c'est aussi savoir … et dans le savoir, la simple émotion n'est pas tout.
Dans de tels moments, c'est un bonheur d'être à Paris, et de parcourir la rue de Grenelle !

Photographie 1 : Pierre Paul Rubens. Les trois Grâces, 1627-1628. Huile en grisaille sur panneau, 47,5 x 35 cm. Florence, Palazzo Pitti, Galleria Palatina. Inv. 1890 n. 1165 . Photo: Archivio fotografico della soprintendenza di Firenze.
Photographie 2 : Niccolo Amati (Maître de Stradivarius et de Guarneri del Gesu). Violoncelle, c. 1650. Bois de sapinette et d’érable. Longueur totale 122 cm. Florence, Galleria dell’Accademia, dipartimento degli strumenti musicali - Collezione del Conservatorio «Luigi Cherubini» Inv. Cherubini n. 1988/33 Photo: Archivio fotografico della soprintendenza di Firenze.

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Les originales élégances de 1803.

elegantaumouchoirclairaa400lesupremebonton300Dans le chapitre consacré au Consulat et à l'Empire de son Histoire de la mode en France (1858), Émile de La Bédollière écrit (pp. 163-164) : « Les élégants de 1803 se chargeaient de deux, trois et même quatre gilets, et de redingotes d'alpaga à trente-six collets ; ils mettaient tantôt des bas de soie, tantôt des guêtres de nankin, ou des bottes à revers jaunes, dites à la Souvarow. Ils introduisirent dans les salons la panne, étoffe proverbialement connue, jusqu'alors réservée aux chaudronniers et aux porteurs d'eau ; mais ils avaient soin de la doubler de taffetas blanc. " II est reçu, dit le Journal de Paris, que les petits-maîtres de l'an XII auront le pied long, les bras courts, la tête penchée en avant, ne mettront qu'un gant, porteront des bottes dans le temps le plus sec, et des bas de soie blancs par la crotte, par la pluie. Il est reçu qu'un jeune homme ne se présentera plus nulle part sans avoir une main dans la poche de sa culotte, sans relever la touffe de ses cheveux qui lui tombe sur le front. Il est reçu que les bas ne seront point tirés, que le gilet sera mal boutonné, que le bout du mouchoir sortira de la poche, que le costume noir sera le plus gai, que le chapeau aura un plumet noir, que la chemise sera de percale, qu'on portera un jabot, que les hommes ne doivent plus prendre de tabac; mais tout petit-maître peut fumer et boire-de l'eau-de-vie. " »
originaleselegances1803a300Photographies 1 et 2 : Caricatures. A gauche détail de la gravure de droite, du début du XIXe siècle, intitulée : « Modes et Nouveautés - Le Suprême Bon Ton ». Il représente sans doute un élégant de 1803 avec ses guêtres, «  une main dans la poche de sa culotte », «  ses cheveux qui lui tombent sur le front » et le bout de mouchoir qui  sort de  sa poche. Le personnage central, de dos, a lui aussi son mouchoir apparent, et les bas de soie blancs de la description. Quant à celui de droite,  il a les cheveux en bataille à la manière de ses acolytes et comme les auront les romantiques vers 1830 (et même plus longs), une main dans la poche de sa culotte et des « bottes à revers jaunes »
Photographie 3 : Caricatures - A gauche - Cet « original », de cette gravure du début du XIXe siècle, pourrait être de 1803. Il semble porter deux vestes, ou une à deux revers. Il a un jabot et des bas de soie blancs. Quant à sa description elle est laconique : « L'Original ». - Au milieu - Il s'agit peut-être de la redingote « à trente-six collets ». Détail d'une gravure de vers 1803. - A droite - « Le Petit-maître en Chenille » de « Le Bon Genre, N°52. » On remarque son mouchoir qui sort de sa poche et sa posture (voir Le Petit-maître en Chenille). Même époque.

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Exposition : Trésor des Médicis.

Agnolo BRONZINO300Photographie : « Agnolo Bronzino. Portait d’Eléonore de Tolède, 1543. Huile sur bois, 59 x 46 cm. Prague, Narodni Galerie v Praze, inv. 011971. Photo : XIR176269 / Narodni Galerie, Prague, Czech Republic/ Giraudon/ The Bridgeman Art Library Nationality / copyright status : Italian / out of copyright. »
Du 29 septembre au  31 janvier 2010, le Musée Maillol (Fondation Dina Vierny), à Paris, propose une exposition intitulée Trésor des Médicis, avec 160 oeuvres et objets des collections appartenant à divers personnages de la famille Médicis et témoignant du goût de ces mécènes pour les arts et la modernité. Voici un passage du dossier de presse de l'exposition, écrit par Emmanuel Daydé (conseiller artistique) : « Hommes [sans doute faudrait-il y ajouter les femmes comme Marie de Médicis] de pouvoir et d’argent, les Médicis ne sont pas seulement des apothicaires florentins enrichis par le commerce et devenus banquiers de l’Europe, avant d’en être les princes. Habiles politiques, ces hommes d’affaires sont avant tout des humanistes fervents. Leur mécénat éclairé révèle une culture aussi profonde qu’étendue du XVe au XVIIIe siècle. Le clan familial, presque toujours uni - qu’il soit au pouvoir ou qu’il en soit chassé -, n’a cessé de s’entourer d’artistes, de peintres, de sculpteurs, d’orfèvres, de musiciens, de poètes et de savants, qu’il protège plus qu’il ne commandite. Désirant remodeler la vie par l’esthétique et la science, la prestigieuse famille florentine n’a pas exactement lancé le mouvement de mécénat fastueux qui saisit Florence à la Renaissance. Mais elle a favorisé l’avant-garde comme personne avant elle, faisant de l’art un extraordinaire instrument de pouvoir, établissant à jamais la figure de mécène magnifique. Partout où les Médicis se sont imposés, ils ont régné davantage par la splendeur de leur goût que par la puissance de leur banque. Sandro BOTTICELLI300Inventeurs au sens archéologique du terme, les Médicis ont « inventé » l’art occidental moderne, en encourageant l’art de la perspective de Fra Angelico et l’humanisme de Botticelli, en donnant ses lettres de noblesse à la littérature en langue italienne, en soutenant le premier classicisme de Michel-Ange et de Raphaël, en déployant le maniérisme florentin de Bronzino, en portant les arts mineurs à leur apothéose, en étant toujours à la pointe des nouvelles découvertes géographiques et scientifiques, en créant les premiers opéras de l’histoire avec les deux Euridice de Peri et de Caccini, ou encore en finançant les découvertes astronomiques de Galilée. Retrouver l’harmonie du monde en feignant d’en être l’organisateur : telle a été l’ambition démesurée des Médicis. »

Photographie : « Sandro Botticelli. Adoration des Mages, 1475-1476. Détrempe sur bois, 111 x 134 cm. Florence, Galleria degli Uffizi. Inv. 1890 n. 882. Photo : Archivio fotografico della soprintendenza di Firenze. »

Musée Maillol : 61 rue de Grenelle, 75007 Paris. Horaires d'ouverture de 10h30 à 19h00. Fermé le mard. Nocturne le vendredi jusqu'à 21h30.Prix d'entrée : 11 €. Tarifs réduits : 9 € (adhérents de la maison des artistes, demandeurs d'emplois munis d'une attestation de moins de 2 mois, familles nombreuses, invalidités, jeunes de 11 à 25 ans, bénéficiaires du RSA, professeurs d'art).

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Exposition : Rubens, Poussin et les peintres du XVIIe siècle.

RubensPoussin300Nicolas Poussin est un de mes peintres préférés. Son oeuvre témoigne d'une connaissance approfondie de la mesure et de l'harmonie. rubens le bain de diane300clairL'exposition intitulée Nicolas Poussin (1594-1665) qui a eu lieu dans les galeries nationales du Grand Palais à Paris du 1er octobre 1994 au 2 janvier 1995 fut pour moi une véritable révélation. Celle-ci réunissait les principaux tableaux et les plus beaux dessins de l'artiste. J'ai découvert un art véritablement humaniste, possédant la connaissance de l'être et de la sagesse qui le fait vivre dans son environnement social, s'inscrivant dans une profonde tendresse au delà des passions : une paix qui est aussi savoir. Formes, couleurs, sujets, drapés, thèmes, gestes, dispositions … tout concourt dans cette peinture à désigner l'harmonie, à dévoiler le nombre, sa structure, sans pour autant que l'on puisse la saisir totalement, tel un bain pour l'oeil dans un océan de plaisir paisible, comme la vie elle-même qui à chaque moment semble nous 'dire', sans que l'on puisse l'appréhender totalement bien que nous y baignant entièrement. Au XVIIe siècle, cette peinture sert d'exemple et de référence au classicisme français naissant, style qui dans tous les arts insuffle un vent d'excellence.
L'exposition intitulée Rubens, Poussin et les peintres du XVIIe siècle, qui a lieu du 24 septembre 2010 au 24 janv. 2011 au Musée Jacquemart-André (voir informations pratiques en fin d'article), dessine cette évolution de la peinture en France. Ce siècle est d'abord influencé par l'exemple baroque flamand dont Peter Paul Rubens (1577-1640) est la figure de proue. Souhaitant affirmer sa primauté dans tous les domaines, la France cherche alors un artiste phare en peinture. Elle le trouve en Nicolas Poussin, français exilé en Italie, baigné dans l'antique romanité et entouré de ses amis humanistes. Bien que ce peintre fuit Paris et la France, celle-ci reconnaît en son oeuvre tout ce dont elle a besoin. poussin coriolan vaincu par sa femme300L'exposition du  Musée Jacquemart-André cherche à dessiner cette évolution de la peinture du XVIIe siècle qui en son début est marquée par le courant flamand. Elle commence par mettre en parallèle des peintures de grands artistes présents sur la scène artistique française tels Rubens, Pourbus, van Thulden... et celles d'artistes français tels les frères Le Nain ou Lubin Baugin influencés par cette école baroque flamande. Sont ensuite exposés des tableaux à l'origine de la peinture classique française du XVIIe avec son inspirateur Nicolas Poussin et ses suiveurs : Laurent de La Hyre, Eustache Le Sueur ou Charles Le Brun qui développent de nouveaux modèles picturaux adoptés ensuite par des artistes flamands tels que Bertholet Flémal ou Gérard de Lairesse ... L'exposition évoque ces relations croisées entre ces deux grands mouvements artistiques du XVIIe siècle en rassemblant une soixantaine de tableaux issus de grandes collections privées et de collections publiques européennes (Musées des Beaux-arts de Lille, Nantes, Rennes, Oxford, Liège...).
Photographie 1 : Le Bain de Diane de Pierre-Paul Rubens (1577-1640). 1635-1640, huile sur toile, 152,5 x 120 cm. Museum Boijmans van Beuningen, Rotterdam. © Loan Netherlands Institute for Cultural Heritage (ICN), Rijswijk/Amsterdam, on loan to Museum Boijmans Van lafetedevenusBeuningen, Rotterdam. Diane (Artémis en grec) est une déesse antique. Il est préférable de la voir prendre son bain en peinture qu'en vrai : elle change en cerf Actéon, un chasseur qui la surprend dans cette situation, et lance après lui ses chiens qui le dévorent.
Photographie 2 : Coriolan de Nicolas Poussin (1594-1665). Vers 1653, huile sur toile, 112 x 199 cm. Musée municipal Nicolas Poussin, Les Andelys. © RMN / Christian Jean – Photo de presse. Coriolon (Caius Marcius Coriolanus) est un héros romain du Ve siècle avant J.-C. La peinture représente celui-ci face à sa mère et sa femme qui le supplient de se retirer de Rome qu'il vient de conquérir après son exil ; ce qu'il fait. C'est une allégorie de la force. Ici le vainqueur de Rome bat en retraite devant deux proches n'ayant pour arme que l'amour familial.
Photographie 3 : La Fête de Vénus de Gérard de Lairesse (1640-1711). Vers 1667-1670 , huile sur toile, 143 x 191,5 cm , Collection Albert Vandervelden, Liège , © Hugo Maertens .
Exposition Rubens, Poussin et les peintres du XVIIe siècle, du 24 sept. 2010 au 24 janv. 2011 au Musée Jacquemart-André, 158 boulevard Haussmann, 75008 Paris (tél. : 01 45 62 11 59). Ce musée est ouvert tous les jours de 10h à 18h. Nocturne tous les lundis jusqu’à 21h30. Tarif plein :10 €, tarif réduit : 8,5 € (étudiants, enfants de 7 à 17 ans, demandeurs d'emploi).

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Civilité

suitedelacivilitefrancaiseelementsdepolitesseC'est le deuxième article que j'écris sur la civilité (voir le précédent ici). De nombreux livres sont édités sur ce sujet en particulier du XVIIe siècle au XIXe. Les 24 et 25 septembre 2010, à Nantes, le commissaire priseur Philippe Kaczorowski propose à la vente quelques ouvrages sur ce sujet (voir catalogue ici) ; avec en particulier : le Nouveau Traité de la Civilité qui se pratique en France parmi les honnêtes gens (que je décris dans l'article précité), suivi de Suite de la civilité française, ou traité du Point d’Honneur, et des règles pour converser & se conduire sagement avec les Incivils & les Fâcheux (photographie de gauche), d'Antoine de Courtin, dont les deux volumes in-12 datent de 1679 et 1680 ; et celui intitulé Éléments de Politesse et de Bienséance, ou la Civilité qui se pratique parmi les honnêtes gens. Avec un nouveau traité sur l’Art de plaire dans la Conversation, de Mr Prévost, datant de 1784 (photographie de droite).

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Merveilleuses & merveilleux