Paris Face Cachée

Communiqué de presse de la Mairie de Paris :

« Les 27, 28 et 29 janvier 2017 se déroulera la 6e édition de Paris Face Cachée. Créé à l’initiative de la Ville de Paris et conçu par l'association À Suivre, Paris Face Cachée imagine des rendez-vous uniques pour découvrir Paris et ses territoires autrement.

En marge du Paris touristique incontournable, Paris Face Cachée prend des chemins de traverse et lève le voile sur un Paris insoupçonné, inexploré, étonnant, vivifiant et décalé.

Depuis 6 ans, cette manifestation ambitieuse mêlant art, culture, patrimoine, histoire, architecture, urbanisme, science, solidaire, savoir-faire, métiers, sport, … au travers d’initiatives originales et insolites, prouve que Paris est une source intarissable d’expériences à vivre. Cet évènement très attendu par les Parisiens et visiteurs attire chaque année de plus en plus de curieux.

Plus de 100 aventures dans Paris et sa région vous mèneront au 33, vibrer au son du Tumulte Noir, ou dans les sous-sol de la plus importante place mondiale de vente aux enchères. Elles vous feront toucher du doigt de la poussière d’or, découvrir comment les copies prennent forme, échanger avec des scientifiques sur leurs recherches révolutionnaires, goûter les créations de jardiniers visionnaires, prendre le temps d’aller chez ma tante  … bref vivre des moments uniques dans des endroits atypiques !

Pour vivre Paris Face Cachée 2017, toujours la même règle du jeu :

Chaque participant choisira une aventure sur le site internet de l’événement. Pour seule information : un titre évocateur et un court résumé. Aucune précision sur le contenu et l’organisateur de la visite. Le lieu de rendez-vous ne sera dévoilé qu’après inscription, sur le billet. »

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Rendez-vous des Hauts-de-Seine : La science se livre sur le thème de la Santé.

Du 14 janvier au 4 février 2017 le département des Hauts-de-Seine organise sa vingt-et-unième édition de La science se livre sur le thème de la Santé. Un « rendez-vous de vulgarisation scientifique » c'est toujours bon à prendre, dans la mesure où nous avons besoin de réfléchir en profondeur sur nous et le monde afin d'avancer et de ne pas nous comporter comme des idiots. Le sujet de la santé est tout, car comme on dit : « Quand la santé va, tout va » ;-)

Et puis une bonne santé est un souhait que je fais pour tous mes lecteurs en cette nouvelle année !

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Les Petits-maîtres du style, de l’Antiquité au XIe siècle.

Lorsque j’ai écrit le livre sur Les Petits-maîtres de la mode (XIIe - XXIe siècles), je ne pensais pas pouvoir poursuivre le sujet plus loin dans le temps. Pourtant le miracle a eu lieu, et je l’ai fait dans ce nouvel ouvrage intitulé : Les Petits-maîtres du style, de l’Antiquité au XIe siècle. Après quatre mois d’attente et des dizaines de messages envoyés à différentes instances du Musée du Louvre, j’ai reçu les autorisations nécessaires pour pouvoir y inclure des photographies que j’ai prises dans ce musée de sculptures et vases antiques grecs et romains et du haut Moyen Âge

Ce livre numéroté, publié comme le précédent seulement en 500 exemplaires, fait 126 pages et coûte 18 € et 22,60 € avec les frais de port.

Plus de 140 élégant(e)s et petit(e)s-maître(sse)s d’avant le XIIe siècle y sont présentés. Pour chaque période on commence avec LES PLUS DISTINGUÉS pour continuer avec LES PETITS-MAÎTRES proprement dits et poursuivre avec leur entourage.

Ainsi pour les Grecs de l’Antiquité est-il question par exemple des :
- Kaloskagathos, dont le nom signifie littéralement beau et bon ;
- Kallopistés et kallopistria dont les occupations ressemblent beaucoup à celles des petits-maîtres et petites-maîtresses des XVIIe et XVIIIe siècles ;
- Néaroêkês, une personne suivant les raisonnements nouveaux, à la manière des modernes de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe ;
- Lampadion, surnommée ainsi en référence à sa coiffure en forme de lanterne (lampe) ;
- Dorcalis (chevreuil) qui est le pendant de la biche du XIXe siècle
- Philokômos, qui comme le fêtard des XIXe et XXe siècles, apprécie les fêtes, festin…
- Etc.

La période romaine est celle dans laquelle j’ai trouvé le plus de petits-maîtres, comme l’elegantiae arbiter (l’arbitre des élégances), le voluptueux erudito luxu, le trossulus et la trossula jouant la noblesse équestre, les élégants bellus homo et bella puella, le noceur comissator et de nombreux autres.

Le haut Moyen Âge conserve quelques-uns de ces petits-maîtres et en crée d’autres comme la bele damisele ou le bel sire, le preudomme (homme preux), l’oultrecuidiet qui se caractérise par une certaine insolence, le marjolet qui fait le damoiseau et affecte des airs de noblesse, le damiselet, la gaudisseresse pleine de joie et d’allégresse, etc.

DES NOTIONS OUBLIÉES DE L'ÉLÉGANCE ET DU STYLE et pourtant fondamentales du bon ton et du style sont aussi expliquées ; comme la negligentia diligens, qui consiste en une harmonieuse balance entre la décontraction et la concentration, une sorte de jaillissement et repos naturel du goût, etc.

J’explique aussi CERTAINES MODES PARTICULIÈREMENT ÉLÉGANTES OU EXTRAVAGANTES, comme celle qui, depuis la plus haute Antiquité grecque, et qui se poursuit chez les Romains, consiste à se faire faire une très volumineuse coiffure (parfois une perruque) constituée de tresses, postiches, bijoux, bandelettes, couronne, etc. (des exemples ci-dessous).

On commande le livre ici.

Photographie ci-dessus à gauche : Détail d'une photographie stéréoscopique, datée de 1904, d’une statue en marbre d’Artémis, dite « Diane de Gabies », découverte en Italie (à Gabies) en 1792 et conservée au Musée du Louvre. Elle est du Ier siècle ap. J.-C., d’après un original du IIIe siècle av. J.-C. La divinité attache son manteau sur son épaule droite avec une agrafe.

Photographie ci-dessus à droite : Détail d'une photographie stéréoscopique de 1904, prise au Musée du Louvre, d’une statue antique de « Vénus Aphrodite » et d'un relief représentant une « Matrone romaine ».

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La ville de Moulins

Moulins, préfecture du département de l'Allier, est une ville très riche en histoire et très active culturellement. Il s’agit de la capitale historique du Bourbonnais et des ducs de Bourbon.

De leur château médiéval il reste la Tour Mal coiffée et quelques vestiges. Le surnom de cette tour aurait été donné par Louis II de Bourbon qui l’aurait trouvée belle mais mal coiffée. Devenue prison depuis la seconde guerre mondiale jusqu’en 1984, elle fut entièrement rénovée en 2007 et ouverte au public qui peut y admirer en son sommet une vue sur toute la cité.

La ville garde aussi des traces de son ancienne enceinte du XVe siècle, comme la Tour de l'Horloge, dite « Jacquemart », qui carillonne en animant une famille d'automates.

Certaines de ses ruelles sont charmantes et chargées d’histoire. Autour de la cathédrale on observe des maisons à colombages des XVe et XVIe siècles ainsi que des hôtels particuliers des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Sur la vieille ville voir ici.

La cathédrale comprend des parties médiévales mais fut achevée seulement au XIXe siècle. On y admire de nombreux vitraux d'époque gothique et une vierge noire du XIe siècle. Elle est particulièrement célèbre pour garder précieusement le Triptyque de la Vierge en gloire (vers 1501), peint par Jean Hey, surnommé le Maître de Moulin. Cette œuvre (photographies ci-dessus et deux dernières : © Luc-Olivier-CDT03), qui représente un des sommets de la création artistique à la charnière du Moyen Âge et de la Renaissance, est dans un excellent état de conservation, et n’a jamais été restaurée.

La ville possède aussi une ancienne cour des Comptes construite au XVe siècle ; une église Saint-Pierre dont l’intérieur, réaménagé au XVIIe siècle, est des XVe - XVIe siècles ; un collège des Jésuites du XVIIe siècle, transformé en palais de Justice, avec notamment des plafonds peints et un décor en trompe-l'œil de Giovanni Gherardini (1654-1723) ; des halles couvertes du XVIIe siècle ; un pont (Régemortes) du XVIIIe siècle faisant 301,50 mètres ; un théâtre municipal de style néoclassique (vers 1840) ; une brasserie d’époque 1900 (le Grand Café ouvert en1899) où la jeune Gabrielle Chanel aurait chanté et pris le surnom de « Coco » (voir ici)...

Avant de continuer voici quelques photographies de ces lieux.

Ci-dessous : Cette photographie (Moulins Patrimoine 2016 © JM Teissonier) est intéressante car comprenant la tour Mal-Coiffée à droite, la cathédrale au milieu, et à gauche la maison Mantin dont il est question plus bas.

Ci-dessous et en haut à gauche : Quartier historique. ©  JM Teissonier et Office de Tourisme de Moulins.

La Chapelle de l'ancien couvent de la Visitation Sainte Marie (vers 1650) conserve le mausolée du duc de Montmorency, pair de France. Ce mausolée est assez surprenant, faisant penser à d’autres exemples étrusques ou romains. Il mélange l’Antiquité au XVIIe siècle. Photographie : ©  JM Teissonier.

Dans cette même chapelle se trouve un plafond peint. Photographie ci-dessous : ©  JM Teissonier.

Ci-dessous : Grand Café. © Office de Tourisme de Moulins.

Le Centre national du Costume de scène et de la scénographie est aujourd’hui réputé. Ouvert en 2006 dans l'ancien quartier de cavalerie dit Quartier Villars (XVIIIe siècle), il conserve une collection très importante dans son domaine.

Le Musée de la Visitation semble quant-à-lui assez surprenant. Photographie ci-dessous : ©  JM Teissonier.

Lors de ma venue à Moulins j’ai visité l’exposition De couleurs et d’or, qui se déroule jusqu’au 17 septembre 2017 au Musée Anne-de-Beaujeu (voir article ici). Ce musée est installé dans le pavillon du palais ducal, l'un des premiers exemples d'architecture et de décor Renaissance construit en France à la fin du XVe siècle. (photographie ci-dessous).

L’entrée au musée Anne-de-Beaujeu donne aussi accès à la Maison Mantin, une demeure de la fin du XIXe siècle ayant gardée pendant presque un siècle toute sa décoration et son mobilier. Celle-ci ayant appartenu à un collectionneur, elle est remplie d’œuvres et d’objets d’art anciens. Voici quelques photographies que j’ai prises à l’intérieur.

La ville de Moulins possède même un musée du Bâtiment situé dans une ancienne maison du XVIIIe siècle.

J’ai aussi visité le Musée de l'Illustration jeunesse, ouvert en 2005, présentant et conservant des œuvres d'illustrateurs de livres pour la jeunesse. Du reste la ville organise tous les ans, depuis 2007, un salon de l'illustration et du livre de jeunesse. Ce musée est situé dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, l’Hôtel de Mora, réaménagé au XIXe. Il a été restauré en 2005. Ci-après quelques photographies. Une salle a conservée toutes ses jolies boiseries. Pour les autres pièces, il est regrettable que les boiseries aient été couvertes d'une épaisse couche de peinture blanche.

À n’en point douter, la ville de Moulins est dédiée à la Culture et à l'Art !

Plus d'informations sur le site de l'Office de tourisme de Moulins & sa région.

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Sites éternels De Bâmiyân à Palmyre Voyage au cœur des sites du patrimoine universel

En ce moment, l'offensive 'culturelle' du gouvernement français en faveur du patrimoine moyen-oriental est quelque peu déroutante. Il en est question déjà dans cet article.

Depuis cet article s’est ajoutée la Conférence internationale sur la protection du patrimoine culturel en péril organisée par la France à Abu Dabi (Émirats arabes unis). Faire une telle conférence à Abu Dabi c’est un peu comme en faire une sur la haute gastronomie dans un Mac Donald. Ces sont les Émirats arabes unis, l’Amérique et certains pays européens qui sont à l’origine des problèmes en Irak, Syrie et Afghanistan, il me semble. On s’est servi des organisations caritatives à des fins politiques, maintenant on se sert aussi de la culture.

Vouloir nous faire croire que les Émirats arabes unis sont des défenseurs du patrimoine mondial est aussi gros que de nous dire que la République populaire de Chine est une grande et honorable démocratie ou que les États-Unis sont un pays qui organise la paix dans le monde (Obama prix Nobel de la paix). Les Émirats arabes unis ne font pas tout cela par altruisme. Leur but est de mettre en avant l’Islam.

Prenons l’exemple du Louvre. Ce musée a reçu de l’argent, beaucoup d’argent, des Émirats arabes unis, pour la création d’un musée à Abu Dabi (voir l’article Y-a-t-il de la corruption au Louvre ?). De toute évidence, dans le contrat, il y avait la création d’un nouveau département au Louvre : celui des Arts islamiques. C’est le seul département du Louvre qui désormais fait directement référence à une religion (voir ici).

Comment prendre au sérieux la politique culturelle de la France aujourd’hui ? Finalement, cette conférence internationale sur la protection du patrimoine culturel en péril, le Louvre Abu Dabi et le département des Arts islamiques du Louvre aident l’Islam à s’implanter dans le monde. Car il s’agit bien là de la promotion d’un islam universel, et cela par la France. Le plus ironique c’est que dans le même temps celle-ci soi-disant combat l’islamisme ; ce qui est loin d’être vrai quand on voit avec quelle rapidité celui-ci a crû depuis que l’Occident s’est engagé en Syrie, etc.

Pour revenir à la conférence, on peut lire ici que « François Hollande a confirmé que le siège du fonds financier serait à Genève et que l'objectif était de réunir au moins 100 millions de dollars (93,7 millions d'euros), dont 30 seront versés par la France. » Voilà donc une initiative française organisée à Abu Dabi sous la tutelle de l’Unesco (donc des États-Unis) avec de l’argent conservé en Suisse, paradis fiscal, et en partie donné par un état français qui croule sous sa dette ! On dépasse la loufoquerie pour entrer dans le domaine de la mascarade infernale. Et puis c’est triste de voir à quel point la politique étrangère française est devenue navrante. La France aurait pu ne pas suivre la politique américaine au Moyen Orient et en Afghanistan ; elle aurait pu organiser la sauvegarde de ces patrimoines de manière indépendante en se focalisant, plutôt que sur l'argent, sur l'humain, sur l'intelligence... enfin sur les innombrables autres richesses qu'il nous faut développer si nous voulons assurer un avenir prometteur...

Mais cela n'empêche pas d'aller voir l' exposition  gratuite  organisée au Grand-Palais de Paris, jusqu'au 9 janvier 2017, par la  Rmn-Grand  Palais  et  le  musée  du  Louvre,  sous  le patronage  de  l’Unesco,  sur le patrimoine de grands  sites archéologiques aujourd’hui dans des zones à risque, en Afghanistan et au Moyen Orient.

L'impression que j'en ai eue c'est qu'il s'agit d'une action de communication afin de redorer le blason de l'action culturelle du Gouvernement. Aujourd'hui la politique c'est un peu « Chauffe Marcel ! ».

L'exposition n'est pas très grande. Elle couvre trois pièces : une petite, une grande et une moyenne. Elle débute dans la petite salle. On peut y lire un texte de la directrice générale de l'Unesco et un autre du président-directeur du musée du Louvre, et voir une vidéo de la destruction de statues géantes de Bouddhas à Bâmiyân en mars 2001. Au sujet des destructions de patrimoines en Asie : Il y a quelques années de cela, à Katmandou, un tibétain me montrait un article sur la destruction récente au Tibet par la République populaire de Chine d'une grotte ayant vu passer de nombreux saints, et particulièrement importante dans la culture tibétaine. Rappelons que la République populaire de Chine a détruit plus de 80% du patrimoine de ce pays, et cela dans l'indifférence des gouvernements français. Je connais bien la question tibétaine, m'y intéressant depuis plus de trente ans. Sans doute d'autres exemples pourraient être cités de destructions dans d'autres pays, passées sous silence. En tout cas, ce qui s'est passé au Tibet a vraiment été une horreur.

Revenons à l'exposition. Dans la seconde salle, la plus grande, des projections rappellent les situations périlleuses de quatre sites : Khorsabad, Palmyre, la Mosquée des Omeyyades de Damas et le Krak des Chevaliers. Dans la dernière pièce des documents offrent quelques informations sur l'importance de ces sites. Tout cela reste succinct et rapide. On apprend que ces sites sont en danger non seulement par quelques destructions voulues et la constitution d'un réseau de vente d'objets d'art, mais aussi parce qu'ils sont au milieu des affrontements.

On en vient à se poser la question si vraiment les islamistes se sont acharnés sur ce patrimoine, et si les exactions n'ont pas été orchestrées par l'Otan afin de légitimer sa présence ?

Ajoutons que le musée du Louvre-Lens présente aussi du 2 novembre 2016 au 23 janvier 2017 une exposition consacrée à la Mésopotamie, « située pour l’essentiel en Irak actuel, berceau de l’économie moderne et de l’écriture, L’Histoire commence en Mésopotamie. »

Enfin, comme il n'est pas nécessaire d'appartenir à une religion pour prier, prions pour que la guerre se termine dans ces pays, et dans le monde, pour que l'on en finisse avec le nucléaire et les pollutions (toutes les pollutions), pour un monde de paix, d'harmonie, d'intelligence, de beauté et de liberté !

Ci-dessous photographies que j'ai prises de l'exposition.

Le griffon est le gardien des trésors !

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Tours d'horizons, paysages en papier peint.

La nouvelle exposition du musée du Papier peint de Rixheim, commencée le 3 décembre 2016 pour se poursuivre jusqu’au 31 décembre 2017, est intitulée : Tour d'horizons, paysages en papier peint.

Je ne l’ai pas vue, mais suis certain qu’elle est intéressante. Le musée conserve une très belle collection regroupant « pratiquement tous les aspects de la production du papier peint, du plus courant au plus exceptionnel, du 18e siècle à nos jours ».

Le titre de cette exposition est particulièrement évocateur. Avoir un horizon, cela est vital pour la construction d'une société comme pour celle de la vie d'un être humain. La perspective, l'espoir, permettent d'ouvrir les possibilités et l'âme à l'infini. Chaque époque a ses horizons. Les représentations de paysages permettent d'en proposer de nombreuses variations. Le papier peint est particulièrement propice à ce genre de décor. Il est une forme d'art total, enveloppant l'individu et l'accompagnant dans sa vie de tous les jours, notamment dans ses moments de détente où son âme peut se laisser porter et se 'perdre' dans cet espace créé. Il apporte de la rêverie et ouvre l'espace. Les papiers peints ont notamment cette fonction : de rendre plus grands les espaces, tout en les décorant d’une manière charmante. C’est aussi, comme le dit très justement le dossier de presse, la représentation de « l'évolution de la vision du monde et de la société qui se reflète dans ces décors tantôt luxueux, tantôt modestes ».

Si les premiers papiers peints sont sans doute des gravures collées sur les murs, « Les premiers paysages imprimés sont réalisés en papiers dominotés, en Angleterre puis plus tard en France. Ces feuilles de papiers imprimées, colorées à la détrempe puis collées bout à bout, représentent des scènes de chasses ou des scènes galantes. »

« En France, les décors en arabesques incluent dans une composition verticale des petits paysages bucoliques. Les papiers peints répétitifs montrent des îlots de verdure avec chaumières, ruines, bergers et animaux d’élevage. Ce répertoire caractéristique de l’époque des Lumières combine le goût pour les vestiges antiques soutenu par la mode du Grand Tour, voyage effectué dans le sud de l’Europe par les jeunes gens des plus hautes classes de la société européenne, et un intérêt nouveau pour la nature dans l’esprit de Jean-Jacques Rousseau. »

Photographies ci-dessous : À gauche - « Doddington Hall, Lincolnshire (Grande-Bretagne), vers 1760, papier peint imitant un Print room avec des gravures encadrées collées au mur, Londres, Victoria and Albert Museum. » Au milieu - « Manufacture Jacquemart & Bénard, Paris, papier peint en arabesque, dessin attribué à Jean-Baptiste Huet, vers 1795, MPP, inv. N° 982 PP 66. » À droite - « Manufacture Réveillon, Paris, papier peint à motif répétitif, 1786, MPP, inv. 992 PP 8-21. »

« Vers 1800, les manufactures françaises développent la production de panoramiques. » Le musée offre des exemples de la manufacture Zuber à Rixheim dans son second étage. « Ces paysages qu’on pose sur tous les murs d’une pièce présentent essentiellement trois types des thèmes : littéraires ou mythologiques ; des vues de pays européens (Italie, Suisse) ou exotiques (Inde, Brésil, Amérique du nord) ; des scènes reprenant les loisirs de la bourgeoisie et de l’aristocratie (chasse, promenade dans les parcs...). »

Photographie ci-dessous : « Frise à paysage. Manufacture Inconnue. Fin du 18e siècle. Impression à la planche. Cliché © Musée du Papier Peint, Rixheim. »

« À partir des années 1830, le développement des moyens de transport comme le bateau à vapeur et le chemin de fer favorise l’essor du tourisme et l’expansion du commerce international. Le papier peint témoigne de la fascination de l’époque pour les progrès technologiques (construction de canaux, de ponts suspendus). »

« Sous le Second Empire, les grandes villes se dotent de parcs et de jardins où le public peut découvrir chaque année dans les serres les nouvelles essences de plantes exotiques importées. Celles-ci se retrouvent à foison sur les papiers peints des années 1850 à 1870. À mesure qu’elle est chassée des agglomérations par l’urbanisation, la nature envahit la décoration intérieure. »

Photographies ci-dessous : « Papier peint à motif répétitif. Manufacture Inconnue. Années 1840-1850. Impression à la planche. Cliché © Musée du Papier Peint, Rixheim. »

« Au tournant des années 1900, l’Art nouveau instaure une rupture en refusant le réalisme photographique. Les dessinateurs adoptent des formes stylisées, s’intéressant particulièrement à certains contours évocateurs comme ceux de l’arbre ou de la colline. Sous l’influence du japonisme, ils choisissent des cadrages audacieux, des compositions rythmées et des traits simplifiés. Les paysages se déploient sur de larges frises courant en haut des murs. »

Photographie ci-dessous : « Forêt, frise de papier peint. Manufacture Joseph Petitjean. Avant 1900. Dessinateur Maurice Dufrène (1876-1955). Impression à la planche. cliché © Musée du Papier Peint, Rixheim. »

Photographie ci-dessous : « Page d’album de papier peint. Manufacture Etablissement Motel Gaillard, EMG, Paris. Collection 1931. Impression mécanique aux rouleaux en relief. Cliché © Musée du Papier Peint, Rixheim. »

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Fenêtres sur cours

Le musée des Augustins de Toulouse, du 10 décembre 2016 au 17 avril 2017, nous gratifie d'une nouvelle exposition intitulée Fenêtres sur cours : Peintures du XVIe au XXe siècle.

« Cette exposition présente du XVIe siècle au XXe siècle le regard des peintres sur la cour intérieure. Atriums, patios, cloîtres, cours de palais ou de fermes, cours urbaines se succèdent, vus par Hubert Robert, Corot, Boudin, Bonnard, Rusignol... pour n'en citer que quelques uns. Exploration poétique, entre paysage et architecture réelle ou imaginée, grande et petites histoires qui parlent de l'humain. »

Même si je n'ai pas vu cette exposition j'en parle, car son sujet est intéressant, la cour étant un élément central de socialisation et de courtoisie évidemment.

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Dans les armoires de l’impératrice Joséphine : La collection de costumes féminins du château de Malmaison.

Le Musée national du château de Malmaison est l’endroit rêvé pour aller fouiner Dans les armoires de l’impératrice Joséphine. Ancienne demeure de cette dernière, on y est un peu comme au temps du Consulat et du Premier Empire ; surtout que cette maison de campagne de Bonaparte/Napoléon et de sa femme Joséphine de Beauharnais vit le Consulat s’y réunir. Je ne connaissais pas cet endroit qui est un lieu à découvrir, meublé Premier Empire, avec de nombreux objets et œuvres d’art d’époque.

C’est tout en haut, dans le grenier, que l’exposition a lieu du 7 décembre 2016 au 6 mars 2017. Elle est constituée de presque la totalité de la collection vestimentaire du musée qui ne possède plus les centaines de vêtements que la première femme de Napoléon porte, en partie parce que l’impératrice suit la tradition des monarques de la « réforme des vêtements » : Deux fois par an elles se rend dans « ses atours », c’est à dire le lieu où sont rangés ses vêtements (robes, bonnets, chapeaux…), en mettant certains « à la réforme ». Son entourage (la dame d’atours et premières femmes) se partage alors ces habits réformés mis en lots composés par le sort.

La collection constituée par le musée est en particulier composée de donations et de quelques achats. Elle n’avait pas été montrée depuis longtemps du fait de l’extrême fragilité de ses items. Parmi les cinquante costumes et accessoires du vêtement féminin du Premier Empire qui sont exposés, beaucoup de mousselines, tulles, crêpes de soie, dentelles... offrent des exemples de la légèreté vaporeuse de ces habits dont certains, malgré leur fragilité, sont pourtant agrémentés minutieusement d’ornements précieux (lames dorées, ivoires, broderies de fils de soie, d’argent ou d’or, perles de verre, etc.). Ce sont de véritables prouesses.

C'est sans aucun doute une prouesse pour les restaurateurs et conservateurs du musée de prendre ainsi soin de ces habits, dont la plupart sont comme neufs et d’une propreté étonnante. Le moindre petit clinquant brille comme au premier jour. Pour cela on regrette de ne pas voir ces robes et manteaux au grand jour, ou mieux encore à la lueur des bougies dont les mouvements lumineux doivent faire scintiller tous ces ornements d’or et d’argent, brodés, et donner aux matières (velours…) d’infinies et changeantes nuances. J’insiste sur le travail des conservateurs et restaurateurs. Manipuler de tels vêtements nécessite une méticulosité extrême, notamment pour que les parties métalliques ne s’accrochent pas aux tissus très délicats (tulle…). De plus, avec le temps, certains éléments deviennent très fragiles, comme les fils de soie qui se casseraient facilement. Les laver doit être assez épique. À noter la conférence gratuite du 9 décembre prochain de Cécile Argenton sur La restauration d’une robe. Le texte de présentation de cette manifestation,  sur la manière de restaurer, me semble très intéressant.

L’exposition est donc située tout en haut du château. Le parcours débute dans la salle des atours, lieu authentique où déjà du temps de Joséphine sont rangés ses vêtements, avec quelques sous-vêtements et autres habits intimes. On poursuit avec les robes et manteaux de cour, et d’autres robes moins solennelles. Louis-Hippolyte Leroy, le « couturier » de l’Impératrice, est évoqué, ainsi que d’autres noms. Mais comme à l’époque on ne pose pas sa griffe sur un vêtement, il est difficile de dire qui est l’auteur des exemples exposés. Puis on conclut avec des : châles, écharpes, voiles, chaussures, bottines, chaussons, bourses (ou réticules) et portefeuilles. Certains châles sont particulièrement raffinés. Les chaussures, aux talons plats ne sont alors sans doute pas portées très longtemps, surtout après avoir dansé toute une soirée la valse !

La suite de l’article, avec des photographies prises sur place, sur mon site www.lamesure.fr consacré à la mode.

Ceux qui ne peuvent pas se rendre à l'exposition peuvent acheter le catalogue de l’exposition (éditions Artlys, 19 €).

Photographie ci-dessus à gauche : Robe de cour à traîne du début du Premier Empire en tulle de soie ivoire brodé de lame et de filé métallique dorés, doublure de satin de soie blanc. Robe H. 1,54 m ; traîne 3 x 1,8 m. Don prince et princesse Napoléon, 1979. Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau. © Rmn-Grand Palais (musée national des / châteaux de Malmaison et Bois-Préau) / Photo DR.

Photographie ci-dessus à droite : Manteau de cour attribué à l’Impératrice (détail). Corne d’abondance avec fleurs. Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau. © Rmn-Grand Palais (musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau) / Photo Gérard Blot.

Photographie ci-dessous : Manteau de cour attribué à l’Impératrice (vue de profil). Macro sur broderie. Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de
Malmaison et Bois-Préau. © Rmn-Grand Palais (musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau) / Photo Gérard Blot.

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Émilie du Châtelet à Lunéville

La Communauté de Communes du Lunévillois propose, depuis novembre 2016 jusqu’au mois de septembre 2017, de rendre un hommage appuyé à Mme Émilie du Châtelet (1706 – 1749), une des grandes femmes des Lumières. Pendant toute cette période, le visiteur pourra s’instruire sur le XVIIIe siècle, et se baigner dans son atmosphère, à travers un cycle de conférences et de concerts, et en mai 2017 grâce à une exposition dont nous reparlerons le moment voulu.

Photographies du site http://www.cc-lunevillois.fr/emilie_s.html.

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De couleurs et d’or

J’ai dernièrement été invité à Moulins, une ville à 2h30 de Paris par le train, très intéressante pour son dynamisme culturel et son patrimoine ancien. Avant d’en parler dans un prochain article, voici dès à présent présentée l’exposition De couleurs et d’or, qui se déroule depuis le 26 novembre 2016 jusqu’au 17 septembre 2017 au Musée Anne-de-Beaujeu.

Le titre ne nous apprend pas grand-chose sur cette exposition dont l’objectif est de présenter des objets prêtés exceptionnellement par le musée national du Moyen Âge (Hôtel de Cluny à Paris), en travaux en ce moment, et d’autres de la collection du musée Anne-de-Beaujeu qui possède de très intéressantes œuvres médiévales. Peintures, sculptures, manuscrits, tapisseries, mobiliers, céramiques, objets d’orfèvrerie… de grande qualité, en particulier des XVe et XVIe siècles (avec quelques exemples depuis le XIIe), constituent un bel ensemble que toute la famille est invitée à venir visiter, toute l’exposition étant jalonnée d’informations adressées aux enfants qui peuvent se déguiser, lire et découvrir tout cet univers qui se place à leur mesure.

« Le musée Anne-de-Beaujeu est un musée d’art et d’archéologie installé depuis 1910 dans une partie du palais des ducs de Bourbon. Cette aile, commandée par Pierre de Beaujeu, duc de Bourbon, et son épouse Anne de France, est construite aux alentours de 1500. Pour la première fois en France, le style architectural de la Renaissance italienne est adopté. Ce musée réunit alors deux collections : le fonds essentiellement composé de peintures du musée municipal [...] et un ensemble très important réuni par une société savante, la Société d’émulation du Bourbonnais, depuis 1851. [...] Sans compter les œuvres issues du Bourbonnais 1 , les collections du musée concernant le Moyen Âge et la Renaissance comptent dès les années 1860 des pièces admirables en peinture, sculpture et art décoratif. Ce fonds continue de s’enrichir au fil des années par des dons mais aussi par des achats sur le marché de l’art et des dépôts du musée du Louvre. »

« Les collections conservées au musée Anne-de-Beaujeu forment deux ensembles distincts. Le premier de ces ensembles est étroitement associé à l’histoire du Bourbonnais au 15 e et au début du 16 e siècle avec le mécénat artistique des ducs de Bourbon et de leur entourage. Il est majoritairement représenté par des sculptures provenant du duché et destinées à des lieux de dévotion ou des espaces laïcs. Il est complété par des fresques et des objets d’art décoratif. Par ailleurs, le Triptyque du Maître de Moulins, chef-d’œuvre de l’art français des années 1500, est conservé à proximité, au sein de la cathédrale de Moulins. Le deuxième ensemble est constitué de peintures sur bois des 15 e et 16 e siècles provenant des Pays-Bas, d’Allemagne, d’Autriche et d’Italie. Cinq de ces œuvres sont des MNR (Musées Nationaux Récupération) 1 . Des sculptures, objets d’art, pièces d’armement complètent cet ensemble. Les œuvres les plus notables ont bénéficié d’importantes campagnes de restauration et seront visibles, dans une salle entièrement réaménagée, en 2017. »

Photographies ci-dessus : Bois sculpté, peint et doré de Sainte Barbe. Malines, Belgique. Vers 1515-1520.  30,5 x 13 x 5 cm. Paris, musée de Cluny (legs de François-Achille Wasset en 1906). © RMN-Grand Palais (musée de Cluny – musée national du Moyen-Âge) / Jean-Gilles Berizzi Service presse / musée Anne-de-Beaujeu. Le visage de cette statue est peint de blanc rehaussé de pourpre et ses yeux et cils de noir, comme le maquillage d’usage chez les femmes depuis la plus haute Antiquité jusqu’au moins la fin du XVIIIe siècle. Une particularité du bas Moyen Âge est la manière d'épiler le haut du visage afin de faire paraître le front haut, alors que durant l’Antiquité la mode est au front bas. Cette dame porte un habit à crevés avec des manches pendantes, dont le bon état de polychromie permet d’apprécier même la doublure.

Photographie ci-dessous : « Pietà d'Andrea della Robbia (Florence, 1435-1525), de vers 1505. Terre cuite peinte et partiellement émaillée. Moulins, musée Anne-de-Beaujeu (Fonds ancien du musée, achat en 1867). © Photo Jérôme Mondière. » Cette céramique comprend des parties émaillées, et d’autres non qui étaient peintes (les couleurs ont disparu avec le temps).

Photographies ci-dessous : Cette magnifique statue de la Vierge à l’Enfant appartient au musée Anne-de-Beaujeu. Elle provient de la chapelle du château de Montcoquet à Monétay-sur-Allier dans l’Allier. Elle est en pierre (calcaire), date de vers 1410 et a été fabriquée dans un atelier salzbourgeois en Autriche. Elle a conservée sa polychromie. Elle appartiendrait à un type de production élaboré en Bohême autour de 1400 appelé « Belle Madone ». Son visage est d’une expression d’une grande beauté, communiquant à celui qui le regarde la lumière de la grâce dans laquelle la Vierge se trouve. Son maintien, en forme de S avec le ventre en avant, est caractéristique de la fin du Moyen Âge, mais déjà présent dans l’Antiquité. Elle porte une longue tunique bleue avec une ceinture verte décorée de fleurs en or. Son drapé est un lourd manteau bleu tenu sur la poitrine par une fibule.

Photographies ci-dessous : Ce relief provenant d’un retable d’Allemagne du Sud (Souabe méridionale), de vers 1470 – 1480, est en bois et conservé au musée Anne-de-Beaujeu. Il s’agit peut-être d’un porte-chape, l’équivalent du porte-drapeau, la chape de St-Martin étant portée lors de batailles.

Photographies ci-dessous : Statue d’un retable représentant sainte Marthe, d’Allemagne du Sud (Haute-Souabe), de vers 1515 – 1520 et en bois avec des restes de polychromie. Elle est conservée au musée de Cluny.

Photographies ci-dessous : Statue d’une Vierge à l’Enfant de vers 1515 – 1525, en bois, du musée Anne-de-Beaujeu.

Photographies ci-dessous : Détail d’un groupe sculpté, en bois de chêne, d’Anvers (Belgique), de vers 1520 – 1530 et conservé au musée de Cluny. Cette femme porte une coiffure caractéristique du XVIe siècle, en forme de casque.

Photographie ci-dessous : Détail d’un relief du bas Moyen Âge.

Photographie ci-dessous : Coupe de mariage en faïence lustrée de Deruta (Italie du Centre), de 1500 – 1520, appartenant au musée Anne-de-Beaujeu.

Photographies ci-dessous : Cruche en grès, de Cologne en Allemagne, de vers 1535 – 1565 et conservée au musée Anne-de-Beaujeu.

Photographies ci-dessous : Coffre de mariage décoré de scènes courtoises, d’Italie du Nord, de vers 1460 – 1480 (?), en bois, du musée du Cluny. Scènes de l’univers courtois autour d’une fontaine.

Photographie ci-dessous : Dessin d’un homme sauvage dans une lettrine d’un manuscrit de vers 1462 – 1487. Moulins, Archives départementales de l’Allier. Le thème de l’homme sauvage est propre au Moyen Âge et particulièrement intéressant, car à l’opposé de la sophistication des modes d’alors.

Photographies ci-dessous : Socle d’une croix processionnelle parisienne du XVe siècle, en cuivre doré et conservée au musée de Cluny.

Le billet pour cet exposition ouvre aussi aux salles de la collection permanente et à une demeure du XIXe siècle dont tout le mobilier a été conservé. Ici un article du blog écrit sur ce sujet et sur le patrimoine de la ville de Moulins.

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Fêtes et divertissements à la Cour

Le sujet de la nouvelle exposition du château de Versailles, qui commence ce 29 novembre 2016 pour se poursuivre jusqu’au 26 mars 2017, est très alléchant : Fêtes et divertissements à la Cour. On peut y admirer de très nombreux objets et œuvres d’époque, ainsi que quelques reconstitutions, tout cela accompagné de films permettant de parcourir cette exposition calmement en s’asseyant de temps en temps. Les espaces parfois exigus demandent par grande affluence de la patience pour admirer certains items. Il est donc nécessaire de se donner du temps. Prenez-le.

Le palais de Versailles est sans aucun doute LE lieu du divertissement à la fin au XVIIe siècle et du début du XVIIIe, même si toute la France d’alors s’adonne joyeusement aux réjouissances de toutes sortes, en particulier à Paris : à l’Opéra, au Palais-royal, sur les Boulevards, etc.

L’exposition commence avec le thème de la chasse dont les rois sont très friands.

Elle se poursuit sur celui très intéressant des derniers carrousels, qui ont d’abord remplacé les tournois interdits depuis la mort d’Henri II. Le carrousel « connaît ses derniers feux à Versailles, en 1664 lors des Plaisirs de l’île enchantée, puis en 1685 et 1686 à l’initiative du Grand Dauphin, à la Grande Écurie. Mais cette forme de ballet équestre est vouée à disparaître. Costumes luxueux et harnachements chamarrés dans une grande manière baroque entraînent les seigneurs de la cour à des dépenses exorbitantes. »

La partie sur les lieux du divertissement présente notamment le décor à l'italienne le plus ancien au monde, parvenu presque intact et entièrement restauré : le décor du Temple de Minerve, datant de 1754, des frères Slodtz, construit par Louis-Alexandre Girault ( ?-1778), menuisier-machiniste des Menus-Plaisirs et modifié par Louis-René Boquet (1717-1814). Le public peut le découvrir dans la pénombre (du fait de sa fragilité) et le parcourir. « Très régulièrement utilisé jusqu’au début du XXe siècle, le tableau du Temple de Minerve est toujours dans son état du XVIII e siècle. » « Les services des Menus-Plaisirs du roi, en charge de l’organisation des cérémonies, fêtes et spectacles à la cour, redoublaient d’ingénierie et de savoir-faire pour transformer, par exemple, le manège de la Grande Écurie en scène de théâtre ou en salle de bal, ou réaliser de véritables prouesses techniques comme la salle à transformations de l’Opéra royal. »

Le thème qui suit est celui de la Comédie, avec de très beaux tableaux de compositeurs, de dramaturges et d’acteurs, ces derniers étant souvent peints d’une manière assez amusante. À noter un élément de décor d'époque de pièce de théâtre, datant de 1774. Cette partie est divisée en trois : « L’ordinaire », « L’intime » et « L’extraordinaire ».

Nous continuons avec la musique et les concerts, avec toujours pour illustrer des objets d’époque : peintures, gravures, livres et ici en particulier des instruments.

La promenade est un divertissement quotidien autrefois. Des peintures, gravures et objets nous rappellent ses plaisirs changeant aux rythmes des saisons : calèches, canots, bateaux, traîneaux...

Le chapitre des jeux offre notamment des exemples de diverses tables de jeux, ainsi que des différents genres de jeux.

Dans la partie consacrée au bal, on apprend beaucoup sur la danse, avec une vidéo expliquant les différentes danses et leurs pas.

Enfin on conclut  sur les « effets du merveilleux » avec toujours des documents d’époque, une vidéo et des reconstitutions.

Comme toujours, et en particulier dans le prolongement de cette exposition, l’Opéra royal du château propose une programmation de soirées de gala, concerts, opéras, ballets, etc.

Oui la fête est un merveilleux thème. Trouver l’occasion de la faire est encore mieux !

Photographies : De dépit, je me contente de présenter les photographies sans légendes. Que le lecteur veuille bien me pardonner… mais quand on a le coeur à la fête on ne l’a pas tout le temps au travail !

Ci-dessous quelques photographies prises lors du vernissage.

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Les temps [oubliés] mérovingiens

Il y a quelques semaines de cela, je faisais des recherches sur les objets figuratifs mérovingiens se trouvant au Musée du Moyen Âge de l’Hôtel de Cluny à Paris. J’ai trouvé très peu de ceux-ci.

Je suis ensuite allé au Musée du Louvre. Là j’ai croisé un peu plus d'éléments de cette époque au niveau du Département des Objets d'art du Moyen-âge, Renaissance et Temps modernes… mais pas grand chose. Le Département des Sculptures du Moyen-âge, Renaissance et Temps modernes, de ce musée, présente quasiment rien d’avant le XIIe siècle, et rien sur cette période.

Sur Paris, au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale, on trouve peut-être plus de choses. Mais je n’ai pas vérifié. Il y a aussi le Musée d’Archéologie nationale du Domaine national de Saint-Gemain-en-Laye. Mais là aussi je ne suis pas allé. Si on s’en réfère à son site, les documents figuratifs mérovingiens sont très peu nombreux.

Mes recherches sur Internet n’ont pas donné grand-chose.

Quant à l’exposition sur Les temps mérovingiens, au musée de Cluny, elle m’a quelque peu laissé sur ma faim. Pourtant les expositions au Musée de Cluny sont généralement bonnes. Celle-ci l’est très certainement. On ne pouvait sans doute pas espérer mieux au niveau des objets d'époque. Il semblerait qu'il ne nous reste que très peu d'éléments de cette période qui pourtant façonne la France, l’engendre même.

Que s'est-il passé ?

Photographie de gauche : « Saint Jérôme, Commentaire sur Isaïe. Fin du VIIIe siècle. Parchemin. Hauteur : 38,5 cm. Largeur : 24 cm. © Bibliothèque nationale de France, Paris. » Image retravaillée.

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Palais Galliera, musée du vêtement.

« Compte tenu de la grande fragilité de ses collections, le Palais Galliera vit au rythme de ses expositions exclusivement temporaires. »

Lorsque je lis sur le site de ce musée cette phrase, je me dis que le Palais Galliera est un musée du vêtement, mais pas un musée de la mode. Encore que, comme musée du vêtement et dans le cadre d'une présentation permanente, il pourrait exposer des tableaux, gravures, livres, meubles... liés aux habits. Il serait aussi possible de montrer des vêtements par roulement.

Le mieux dénommé Musée des Tissus de Lyon ne fait pas tous ces chichis. Il est ouvert au public depuis 1865 ! Aujourd'hui on lui fait des misères : On voulait le fermer... On l'avait dit sauvé (voir ici)... Il est à nouveau dans une impasse et son avenir compromis. La ville et la région ne veulent pas s’engager pécuniairement (voir articles du Journal des Arts et de Lyon capitale), alors que des sommes faramineuses on été englouties dans la création du Musée des Confluences, et que la capitale des Gaules a vendu récemment son Grand Hôtel Dieu (voir article ici).

Pour en revenir au musée du Palais Galliera : lors de la présentation du plan de 'rénovation' du patrimoine muséal de Paris par la mairie, il y a plus d'un an de cela, on a appris que celui-ci allait être agrandi. Si cette réorganisation se fait dans le même esprit que jusqu'à présent, qu'attendre de grandiose, de fabuleux, de digne de ce que représente, ou représentait, la mode en France ?

La mode, je le rappelle, ne concerne pas que la façon de se vêtir, mais comprend tous les nouveaux rythmes (voir Les Petits-maîtres de la mode). Des documents sur l’histoire de la mode, il y en a une infinité, et sur tous les supports.

Alors à quand un véritable musée de la mode à Paris, qui en est la capitale mondiale depuis des siècles ? La ville de Lyon à quant à elle une très longue histoire de fabrication de tissus, et mérite aussi un grand musée !

 

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L’ Odyssée des animaux. Les peintres animaliers flamands du XVIIe siècle.

Il m’arrive de parler dans ce blog d’expositions que je n’ai pas vues, parce que le sujet est intéressant et afin de montrer certaines belles œuvres. En voici quelques-unes de celle intitulée L’ Odyssée des animaux. Les peintres animaliers flamands du XVIIe siècle, qui se déroule jusqu’au 22 janvier 2017 au Musée de Flandre, à Cassel, dans le département du Nord.

Photographies ci-dessus et à droite : « Roelandt Savery (1576-1639). Deux chevaux et des palefreniers. Huile sur bois. Courtrai, Broelmuseum. © Stedelijke Musea Kortrijk. » 

Photographie ci-dessous : « Jan Brueghel l’Ancien (1568-1625) . Têtes de brocards. Huile sur bois. Narbonne, musée d'art et d'histoire. © Jean Lepage, ville de Narbonne. » Parfois je vois des chevreuils dans les bois d'Île-de-France, ce qui me réjouit le coeur.

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Le Livre de jostice et de plet : Une compilation médiévale à la croisée du droit romain et du droit coutumier.

L'École des chartes de Paris organise une intéressante conférence de Mme Graziella Pastore, docteur en philologie romane de l'Université de Turin et à l'Université Paris-3-Sorbonne-Nouvelle, sur Le Livre de jostice et de plet : Une compilation médiévale à la croisée du droit romain et du droit coutumier, le mardi 29 novembre 2016, à 17 h, au 65 rue de Richelieu, Paris 2e (salle Delisle).

« Le Livre de jostice et de plet fait partie des compilations anonymes du XIIIe siècle qui mélangent droit romain et droit coutumier dans une visée et pour un public dont nous ne connaissons encore que très peu d’éléments. Conservé dans un seul manuscrit (Paris, BnF, fr. 2844), cet ouvrage nous renseigne sur la circulation et l’assimilation du « droit savant » et sur ses rapports avec la coutume écrite, ainsi que sur les premières tentatives de rendre en français les concepts juridiques latins. »

Photographie : « Le Livre de jostice et de plet. © Paris, BnF, français 2844 (feuillets 4r et 110r). »

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Des restaurations décapantes

Il y a quelques années de cela, vers 2010, alors que je me promenais dans les jardins du château de Versailles, je fus étonné de voir que les statues du XVIIe siècle qui l’agrémentaient étaient toutes blanches, comme neuves… mais ravagées. En ‘restaurant’ ces statues, ou plutôt je devrais dire en les décapant, des volumes entiers de surface étaient détruits. Cela donnait une impression vraiment bizarre. Ce genre de restaurations est très commune de nos jours. On nous dit que l’on emploie un procédé qui n’attaque pas la pierre. Pourtant de visu le résultat n’est pas bon, et les sculptures nous apparaissent définitivement atteintes. D’abord pourquoi vouloir gommer le temps ? Une restauration doit faire en sorte que l’objet d’art ne se détériore pas plus, mais pas lui donner une nouvelle jeunesse, en particulier pour les statues. Nettoyer une statue ce n’est pas comme le faire d’un tableau que le peintre a préalablement protégé d’un vernis protecteur. Dans ce cas on n’attaque pas l’oeuvre. Lorsqu’on ‘nettoie’ une statue, quoiqu’on puisse dire, on touche directement à l’oeuvre.

À gauche et à droite nous avons des photographies (© Coyau, travail personnel), prises le 2 juin 2011, d’une statue des jardins du château de Versailles (cliquer sur les photographies pour un agrandissement). Il s’agit d’Isocrate, sculpté par Pierre Granier (1684-1688). L’objet est d’une blancheur totalement glauque. De près, toute la finesse de la statue a disparu. Et c’est comme cela pour presque toutes les statues en pierre des jardins du château !

En 2015 une polémique a surgi concernant la restauration de la Cathédrale de Chartres. Voir article du Figaro ici. La réponse de l’ancien architecte en chef des Monuments historiques, en charge de ce chantier de 1998 à 2013, est étrange (voir ici). Il fait comme si la cathédrale de Chartres était à l’origine d’un blanc éclatant, et feint d’ignorer qu’elle était entièrement peinte de couleurs (les sculptures, les murs, les voûtes, les piliers, etc.). La décaper ainsi, c’est ne laisser aucune chance aux méthodes futures pour découvrir quels étaient ces revêtements, c’est effacer le temps et abîmer irrémédiablement. Et puis ce n’est pas du tout revenir à l’original !

Dernièrement un ami me parlait de l’Abbaye Notre Dame de Jouarre. Quelle surprise lors de mes recherches sur ce monument de retrouver cette blancheur décapante.

Photographies ci-dessous de chapiteaux de la crypte, (© GFreihalter - travail personnel). Un chapiteau médiéval (peut-être mérovingien) prend le même aspect qu’une statue du XVIIe siècle. Là aussi ces oeuvres étaient sans aucun doute à l’origine peintes.

Il y a quelques jours, je croisais au musée du Louvre des statues du XVIIe siècle et du début du XVIIIe pareillement restaurées. Bien sûr la pollution a beaucoup abîmé ces sculptures. Elle ne fait qu’augmenter, notamment à Paris. Voir l’article : Pollution de l'air : la mise en danger des bâtiments et monuments anciens.

Parfois ce sont toutes les pierres qui sont changées et même des statues, comme celles (du XIXe siècle) de la Tour Saint-Jacques (voir l’article La tour Saint-Jacques de Paris). Des exemples, il y en a une foule. Dans l'article sur la pollution ci-avant mentionné, je donne l'exemple de toutes les façades du palais du Luxembourg (Sénat), à Paris, entièrement remplacées, pierre par pierre, plusieurs fois depuis l’origine (XVIIe siècle). À l'intérieur, presque toutes les décorations du XVIIe siècle ont disparu.

Pourquoi s’acharner à tout rendre neuf ? La piscine Molitor a été entièrement détruite, sauf la façade (voir le passage de cet article lui étant consacré). Une journaliste, pourtant reconnue pour défendre le patrimoine, m’a répondu que ce n’était pas grave, puisqu’on l’a démolie pour la reconstruire presque à l’identique !

Ces pierres que l’on remplace, ou que l’on blanchit maniaquement, ont pourtant beaucoup de valeur. Un exemple (photographies ci-dessous) : Le 25 novembre prochain à Drouot-Richelieu, à Paris, sera vendue une Paire de colonnes du XVIe siècle, provenant du Pavillon central du Palais des Tuileries, estimée entre 250 000 et 300 000 €.

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Merveilleuses & merveilleux