Ouverture des données publiques

L’ouverture des données publiques est un domaine particulièrement préoccupant. La France fait depuis quelques années, progressivement, le choix de laisser l’accès à de plus en plus de données. On pourrait se dire : « Voilà qui est bien, je vais pouvoir accéder dorénavant à des informations qui m’étaient auparavant indisponibles ». En réalité, non seulement cela ne va pas être le cas (ou de façon très anecdotique), mais en plus on devra payer pour consulter ces documents pourtant publics. Il faudra avoir les moyens d’avoir accès à ces documents et de les traiter. Seules les grosses entreprises ou les entreprises spécialisées le pourront. Et celles-ci nous feront payer des informations qu’elles auront eu gratuitement. Comme je l'ai montré dans d'autres articles sur d'autres sujets, une nouvelle fois cette ouverture va dans le sens d’une désagrégation du public au profit du privé.

Les données culturelles ne représentent qu’une petite fraction de cet immense trésor pour certaines entreprises, mais elles sont tout de même très importantes. Déjà sur internet des monopoles privés se sont constitués. Google occupe une certaine mainmise (aussi) au niveau des numérisations d’ouvrages et de documents anciens. Certains sites comme Pinterest accumulent une quantité gigantesque d’images, prises sur des sites du monde entier (musées, etc.), et cela grâce au travail des internautes qui les collectent. L'origine des images est indiquée ; mais souvent ce n'est pas la bonne. Par exemple j'ai retrouvé une quantité incalculable de mes images sur ce site avec pour liens des sites ayant utilisé celles-ci sans en donner l'origine. C'est ainsi que les droits des auteurs (en particulier ceux permettant de faire connaître ces auteurs) se diluent dans internet comme neige au soleil !

Toutes ces entreprises ont des vues financières. Un exemple : l’entreprise privée Filae a, comme l’explique un article de La Gazette des Communes (voir ici) : « profité début décembre de l'absence de mise en conformité des archives départementales avec la loi Valter pour réutiliser à des fins commerciales les données numérisées par ces départements. » Cela a « permis à l’entreprise Filae de réutiliser à des fins commerciales la quasi-totalité de l’Etat-civil français, issu du travail de numérisation des départements. »

Cette « loi Valter » a pour véritable nom : Loi relative à la gratuité et réutilisation des informations du secteur public. Le mot 'gratuité' est, je le répète, ici un leurre, car comme dans l’exemple précédemment cité, si les entreprises vont avoir accès gratuitement aux données, elles les feront payer !

De nombreuses autres questions se posent. Par exemple : Est-ce que l'on a désormais le droit de réutiliser les photographies provenant des musées et autres instances publiques ? Etc.

Ce que l’on devrait attendre du secteur public, c’est qu’il traite et diffuse lui-même ses données, en faisant attention à ce que celles-ci ne soient jamais nominatives ou personnelles. Évidemment le domaine culturel n’est pas celui qui est et va être le  plus touché ; mais il l'est et va l'être encore plus indubitablement.

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Visite exceptionnelle d’espaces démolis, reconstruits ou restaurés du Quadrilatère Richelieu.

Quand on joue au journaliste en faisant un blog, on peut être critique : devant son ordinateur c’est facile… on est seul ; mais un projet comme celui de la réorganisation du Quadrilatère Richelieu de Paris est un travail collectif entre décideurs, fonctionnaires, conservateurs, architectes, etc. Il s’agit de mouvoir une énorme machine constituée de grandes collections dont certaines parmi les plus importantes du monde. Face à cela il n’est pas aisé de réagir, surtout quand on aime l’art, le savoir et est conscient des trésors renfermés dans ce lieu : des trésors inestimables. Mais dire ce que l’on pense n’est pas parole d’évangile. Dans tous les cas mon objectif n’est pas de nuire, et même si possible de faire du bien. Mais bon, comme on dit : « L’enfer est pavé de bonnes intentions. »

Après toutes ces précautions introductives, je plonge. Reprenons. Coupez-moi si je me trompe… Ah oui c’est vrai, je suis seul devant mon ordinateur… Bon j’y vais…  Au fait l’eau est-elle froide ? Oui je suis frileux… Enfin là je m’écarte du sujet… … plouf…

Reprenons donc l’histoire du lieu délimité par les rues de Richelieu, Vivienne, Colbert et des Petits-Champs. Elle a commencé en 1635, avec la construction, à l'angle des rues Vivienne et des Petits-Champs,  de l'hôtel Tubeuf par Charles Duret de Chevry, racheté en 1641 par Jacques Tubeuf. En 1643, le cardinal Mazarin le loua, l’acheta en 1649 et l’agrandit (faisant construire notamment l’Hôtel de Nevers). En 1720 la Bibliothèque royale s’installa là et l’aménagea afin d’accueillir ses départements : Manuscrits, Imprimés, Estampes, Médailles et Titres. Il abrita d’autres institutions comme la Bourse, la Compagnie des Indes, etc.

Ces lieux ont été beaucoup dénaturés au cours des siècles. Il est difficile de dire quels sont les éléments du XVIIe siècle, tellement le XVIIIe et en particulier les XIXe et XXe siècles changèrent complètement les espaces, ne laissant à certains endroits que les façades (quand elles ne sont pas elles aussi remplacées) et ajoutant plusieurs niveaux de sous-sols. Au XVIIIe siècle des extensions furent construites. Au XIXe on fit de même et détruisit allègrement des grandes parties de l’existant. Au XXe siècle on continua… Mais malgré ces ‘aménagements’ l’endroit devint trop petit pour abriter tous les principaux départements de la Bibliothèque nationale de France (anciennement Bibliothèque royale, puis impériale, etc.). En 1996 un nouveau site de la BNF fut ouvert : le site de Tolbiac pour accueillir en particulier les imprimés. Le Quadrilatère conserve aujourd’hui les départements les plus prestigieux des Manuscrits, des Monnaies, Médailles et Antiques, des Estampes et de la Photographie, des Cartes et Plans (sur le site de Tolbiac pendant la seconde phase des travaux), des Arts du spectacle, de la Musique (après son déménagement du site actuel du square Louvois), et réunit les bibliothèques de l’Institut national d'histoire de l'art et de l'École nationale des chartes.

On aurait pu croire que ce déménagement de 1996, dans la très grande Bibliothèque Tolbiac, allait permettre de conserver ce qui restait du Quandrilatère Richelieu. Le chemin pris a été tout autre. On fit celui d’investir plus de 250 millions d’euros dans un projet de ‘réaménagement’ pour en faire un lieu tout neuf, en détruisant des parties, en reconstruisant d’autres et en restaurant d’autres encore. Le lieu s’inscrit dorénavant dans ce que j’appelle depuis plusieurs années dans mon blog de « l’architecture RER » c’est à dire faite pour passer, circuler. Le choix a été fait d’ouvrir au visiteurs cet endroit autrefois uniquement dédié aux étudiants, lecteurs et chercheurs. Il reste cependant aussi dévolu à la recherche et même se veut un lieu d’échange pour celle-ci. On est dans la schizophrénie… dans le même genre que ce que l’on est en train de faire aux Beaux-arts de Paris qui vont s’ouvrir aussi aux visites du public de même que la Monnaie de Paris. Paris déjà vidée d’une grande partie de ses habitants remplacés par des bureaux, de ses petits commerces remplacés par de grandes enseignes, de ses propriétaires remplacés notamment par des logements sociaux mais aussi par la spéculation immobilière, de ses artisans, continue sa mue vers la coquille presque vide, en dévitalisant petit à petit ses lieux de vie centraux comme la Monnaie de Paris, les Beaux-Arts, l’Hôtel-Dieu, le Palais de Justice, le Louvre (avec ses réserves qui devraient toutes déménager à Liévin), etc. En cherchant bien je pourrais trouver beaucoup d’autres endroits parisiens de vie et de partage ainsi vampirisés. La capitale française devient une sorte d’immense centre commercial de la culture, à l’image du Louvre, un lieu de consommation effrénée, et de passage effréné, à l’image de ses Halles qui ressemblent aujourd’hui à n’importe quelle antichambre d’aéroport. Lors  de la présentation du nouveau Quadrilatère Richelieu aux journalistes les mots de « passage » et de « traversée » sont revenus plusieurs fois, de même que de « réécriture » et de « restauration », comme si on pouvait transformer et restaurer en même temps !

Si la première phase de ce 'réaménagement' est finie, il reste encore la seconde. Commencés en 2010 ces travaux devraient finir en 2020. Le chiffre de 252 millions d’euros est colossal. Pour le résultat il s’agit d’un véritable gaspillage quand on sait que la grande bibliothèque du site Tolbiac avait été créée pour désengorger le Quadrilatère. De plus lorsque l’on se promène dans les couloirs donnant dans les bureaux on déambule dans un espace ressemblant à n’importe laquelle des administrations modernes, avec ses placoplâtres, ses sols en pvc, ses luminaires pâles, ses escaliers ressemblant à ceux de chantiers, etc. La plupart des portes sont en acier, de même que les fenêtres, etc. les sols sont neufs, les murs... Même sans doute la majorité des éléments anciens le sont car ayant été remplacés à l’identique. Une des personnes qui guidait mon groupe de journalistes m’a même dit que tout était neuf. Là je ne la crois pas. Mais il suffit de regarder le sol pour voir que l’on est la plupart du temps face à du nouveau.

Et ce n’est pas fini. La seconde tranche des travaux nous réserve de nombreuses surprises. Par exemple, c’est décidé : le fameux escalier d'honneur dû à l'architecte Jean-Louis Pascal (1837 – 1920) qui fut inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1983 va être complètement démoli. On constate une nouvelle fois que même ce qui est protégé peut être détruit sans vergogne. Lorsque j’ai posé la question lors de ma visite du site comment pouvait-on détruire un monument classé au Monuments historiques, on m’a répondu que cet escalier n’était pas classé ; jouant sur les mots, puisqu'en effet il est inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques. En fait c'est presque la même chose, et en tout cas cela est censé être une protection (voir ici). Ceci est d’autant plus surprenant qu'il va être remplacé par un autre moderne qui n’ajoute presque rien à la fonctionnalité : un accès supplémentaire au Cabinet des médailles, c’est tout.

Photographie ci-dessous prise sur internet de l’escalier d’honneur tel qu’il est encore présent aujourd’hui (on ne nous a pas fait visiter cet endroit lors de la présentation à la presse) ; et après photographies de ce qui va le remplacer.

Comme on peut le lire dans cet article de Le Journal des Arts : « "L’affaire est grave, car c’est à lui-même que le ministre de la Culture octroie une telle capacité de destruction patrimoniale et ce, dans un lieu voué depuis des siècles à la conservation même. Le mauvais exemple vient de haut : il sera immanquablement suivi", regrette l’historien de l’art Jean-Michel Leniaud, directeur d’études à l’École pratique des hautes études et à l’École nationale des chartes (in Livraisons d’histoire de l’architecture, no 18, décembre 2009, p. 5-7). N’hésitant pas à parler de "massacre monumentaire", [...] » L’autre problème est le manque de goût avec lequel cela est fait. Mettre du moderne dans de l’ancien cela dénature obligatoirement l’ancien, enlève de son cachet, de son authenticité, de son âme. Sur le site de l’entreprise Bruno Gaudin en charge de ce chantier, les exemples des réalisations de ce bureau d’architectes sont moches.

Donc le massacre va continuer. Nous aurions pu espérer que ce début de XXIe siècle serait moins barbare que les siècles précédents. Il l’est tout autant, sinon plus, car davantage conscient de ce qu’il fait et de l’importance de conserver un environnement historique et culturel qui partout dans le monde s’effrite. Si l’environnement naturel mondial est chaque jour un peu plus détruit, il en est de même pour les cultures, les patrimoines, etc.

Je dis tout cela, mais je souhaite bien sûr une très longue vie aux Institutions qui peuplent aujourd’hui le Quadrilatère Richelieu et qui, je le répète, conservent des trésors incommensurables !

Ci-dessous des photographies que j’ai prises lors de ma visite des espaces ouverts du Quadrilatère Richelieu et qui le seront lors de l’ouverture au public des 13 au 15 janvier 2017 inclus, où tous ceux qui le souhaitent sont conviés à une visite exceptionnelle d’une partie des espaces « réécrits » du Quadrilatère Richelieu.

Entrée par la rue de Richelieu.

Cour.

Salle d’accueil lors de la présentation à la presse. La statue de Voltaire conserve dans son socle le coeur de l’écrivain.

Entrée principale.

Ci-dessous le couloir menant à l’escalier d’honneur bien caché.

Ci-dessous : Escaliers situés de l'autre côté du couloir ci-dessus. Quand on les prend on ne ressent pas du tout le caractère historique du lieu, mais simplement du vide sous les pieds.

 

Comme dans n'importe laquelle des administrations, couloirs modernes...

Ci-dessous à gauche : Nouvelle bibliothèque ressemblant à de nombreuses bibliothèques de quartier. À droite : Salle de consultation des manuscrits.

Autres lieux.

Des portes en acier partout.

Pour finir voici les parties qui ont été classées aux Monuments historiques et celles inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Ces informations proviennent du site http://chroniques.bnf.fr. On remarque qu'avec ces derniers travaux, certaines de ces sections ont été remaniées ou en partie remplacées par des copies, quand elles n'ont pas été détruites ou le seront comme pour l'Escalier d'honneur. Par exemple sur la façade de la Cour d'Honneur permettant d'entrer vers la Salle Labrouste a été ajouté un couloir en verre et acier (photographie juste ci-dessus). Quant aux parties non classées ou inscrites...

« Les parties classées aux Monuments historiques

La façade Est de Robert de Cotte sur la cour principale Commencée en 1727 par Robert de Cotte (1656-1735) et terminée par son fils Jules-Robert.

Les galeries Mansart et Mazarine avec leur vestibule Construites en 1645 pour Mazarin par François Mansart. Elles furent occupées par la Bourse jusqu’en 1825. Aujourd’hui elles servent de galeries d’exposition.

La pièce dite chambre de Mazarin Mais Mazarin n’a pratiquement pas habité ce palais, il le loua au Président Tubeuf. Situé au 1er étage de l’hôtel Tubeuf, le plafond a été peint par Michel Dorigny en 1650-1655.

Le plafond de la salle des vélins Egalement dans l’hôtel Tubeuf, la salle, réaménagée par Michel Roux-Sptiz, jouxte l’actuelle salle de lecture des Cartes et plans. Le plafond est attribué à l’atelier de Simon Vouet.

La salle des Imprimés dite Salle Labrouste Inaugurée en 1868, elle est considérée comme un chef d’œuvre de l’architecture du XIXe siècle. »

« Les parties inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques

L’ensemble des façades et des toitures sur rue, sur cours et sur jardins (à l’exclusion de la façade Est de Robert de Cotte classée).

Le vestibule de la salle de lecture Labrouste Ce vestibule à caisson surmonté d’une horloge, protégeait du bruit la salle de lecture. Il a été modernisé en 1983.

La salle Ovale Conçue par l’architecte Jean-Louis Pascal, elle est en partie sur l’ancien Salon des Globes et sa construction fut achevée en 1936 par l’architecte Alfred Recoura.

Le salon de l’administration, dit salon Voltaire Les boiseries furent dessinées par Robert de Cotte. Ce salon, remanié dans les années 1880 par Jean-Louis Pascal, doit son nom à la statue de Voltaire sculptée par Houdon et contenant le cœur de l’écrivain.

Le grand escalier d’honneur Crée par Henri Labrouste, prolongé par Jean-Louis Pascal. En 1987, la volée supérieure fut inversée pour permettre l’installation d’ascenseurs.

La salle de lecture des Manuscrits Située au 1er étage de l’aile Robert de Cotte, elle fut aménagée par Jean-Louis Pascal en 1886 pour les Manuscrits.

La salle Barthélemy Du nom de l’abbé Barthélémy qui sauva les collections pendant la révolution. Située au 1er étage de l’aile Vivienne, elle dépend actuellement du Département des Monnaies et Médailles.

Le néo-cabinet du Roi dit Salon Louis XV Suit la salle Barthélemy. Refait par Jean-Louis Pascal à la manière de, le Salon Louis XIV dont les médailliers originaux, les boiseries authentiques et les peintures de Boucher, Natoire et Van Loo constituent un ensemble remarquable.

L’escalier des Estampes Construit par Michel Roux-Spitz entre 1936 et 1947, il permet l’accès au rez de chaussée à la galerie Mansart, au premier étage au Département des Cartes et plans et au deuxième étage au Département des Estampes. »

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Paris Face Cachée

Communiqué de presse de la Mairie de Paris :

« Les 27, 28 et 29 janvier 2017 se déroulera la 6e édition de Paris Face Cachée. Créé à l’initiative de la Ville de Paris et conçu par l'association À Suivre, Paris Face Cachée imagine des rendez-vous uniques pour découvrir Paris et ses territoires autrement.

En marge du Paris touristique incontournable, Paris Face Cachée prend des chemins de traverse et lève le voile sur un Paris insoupçonné, inexploré, étonnant, vivifiant et décalé.

Depuis 6 ans, cette manifestation ambitieuse mêlant art, culture, patrimoine, histoire, architecture, urbanisme, science, solidaire, savoir-faire, métiers, sport, … au travers d’initiatives originales et insolites, prouve que Paris est une source intarissable d’expériences à vivre. Cet évènement très attendu par les Parisiens et visiteurs attire chaque année de plus en plus de curieux.

Plus de 100 aventures dans Paris et sa région vous mèneront au 33, vibrer au son du Tumulte Noir, ou dans les sous-sol de la plus importante place mondiale de vente aux enchères. Elles vous feront toucher du doigt de la poussière d’or, découvrir comment les copies prennent forme, échanger avec des scientifiques sur leurs recherches révolutionnaires, goûter les créations de jardiniers visionnaires, prendre le temps d’aller chez ma tante  … bref vivre des moments uniques dans des endroits atypiques !

Pour vivre Paris Face Cachée 2017, toujours la même règle du jeu :

Chaque participant choisira une aventure sur le site internet de l’événement. Pour seule information : un titre évocateur et un court résumé. Aucune précision sur le contenu et l’organisateur de la visite. Le lieu de rendez-vous ne sera dévoilé qu’après inscription, sur le billet. »

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Rendez-vous des Hauts-de-Seine : La science se livre sur le thème de la Santé.

Du 14 janvier au 4 février 2017 le département des Hauts-de-Seine organise sa vingt-et-unième édition de La science se livre sur le thème de la Santé. Un « rendez-vous de vulgarisation scientifique » c'est toujours bon à prendre, dans la mesure où nous avons besoin de réfléchir en profondeur sur nous et le monde afin d'avancer et de ne pas nous comporter comme des idiots. Le sujet de la santé est tout, car comme on dit : « Quand la santé va, tout va » ;-)

Et puis une bonne santé est un souhait que je fais pour tous mes lecteurs en cette nouvelle année !

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Les Petits-maîtres du style, de l’Antiquité au XIe siècle.

Lorsque j’ai écrit le livre sur Les Petits-maîtres de la mode (XIIe - XXIe siècles), je ne pensais pas pouvoir poursuivre le sujet plus loin dans le temps. Pourtant le miracle a eu lieu, et je l’ai fait dans ce nouvel ouvrage intitulé : Les Petits-maîtres du style, de l’Antiquité au XIe siècle. Après quatre mois d’attente et des dizaines de messages envoyés à différentes instances du Musée du Louvre, j’ai reçu les autorisations nécessaires pour pouvoir y inclure des photographies que j’ai prises dans ce musée de sculptures et vases antiques grecs et romains et du haut Moyen Âge

Ce livre numéroté, publié comme le précédent seulement en 500 exemplaires, fait 126 pages et coûte 18 € et 22,60 € avec les frais de port.

Plus de 140 élégant(e)s et petit(e)s-maître(sse)s d’avant le XIIe siècle y sont présentés. Pour chaque période on commence avec LES PLUS DISTINGUÉS pour continuer avec LES PETITS-MAÎTRES proprement dits et poursuivre avec leur entourage.

Ainsi pour les Grecs de l’Antiquité est-il question par exemple des :
- Kaloskagathos, dont le nom signifie littéralement beau et bon ;
- Kallopistés et kallopistria dont les occupations ressemblent beaucoup à celles des petits-maîtres et petites-maîtresses des XVIIe et XVIIIe siècles ;
- Néaroêkês, une personne suivant les raisonnements nouveaux, à la manière des modernes de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe ;
- Lampadion, surnommée ainsi en référence à sa coiffure en forme de lanterne (lampe) ;
- Dorcalis (chevreuil) qui est le pendant de la biche du XIXe siècle
- Philokômos, qui comme le fêtard des XIXe et XXe siècles, apprécie les fêtes, festin…
- Etc.

La période romaine est celle dans laquelle j’ai trouvé le plus de petits-maîtres, comme l’elegantiae arbiter (l’arbitre des élégances), le voluptueux erudito luxu, le trossulus et la trossula jouant la noblesse équestre, les élégants bellus homo et bella puella, le noceur comissator et de nombreux autres.

Le haut Moyen Âge conserve quelques-uns de ces petits-maîtres et en crée d’autres comme la bele damisele ou le bel sire, le preudomme (homme preux), l’oultrecuidiet qui se caractérise par une certaine insolence, le marjolet qui fait le damoiseau et affecte des airs de noblesse, le damiselet, la gaudisseresse pleine de joie et d’allégresse, etc.

DES NOTIONS OUBLIÉES DE L'ÉLÉGANCE ET DU STYLE et pourtant fondamentales du bon ton et du style sont aussi expliquées ; comme la negligentia diligens, qui consiste en une harmonieuse balance entre la décontraction et la concentration, une sorte de jaillissement et repos naturel du goût, etc.

J’explique aussi CERTAINES MODES PARTICULIÈREMENT ÉLÉGANTES OU EXTRAVAGANTES, comme celle qui, depuis la plus haute Antiquité grecque, et qui se poursuit chez les Romains, consiste à se faire faire une très volumineuse coiffure (parfois une perruque) constituée de tresses, postiches, bijoux, bandelettes, couronne, etc. (des exemples ci-dessous).

On commande le livre ici.

Photographie ci-dessus à gauche : Détail d'une photographie stéréoscopique, datée de 1904, d’une statue en marbre d’Artémis, dite « Diane de Gabies », découverte en Italie (à Gabies) en 1792 et conservée au Musée du Louvre. Elle est du Ier siècle ap. J.-C., d’après un original du IIIe siècle av. J.-C. La divinité attache son manteau sur son épaule droite avec une agrafe.

Photographie ci-dessus à droite : Détail d'une photographie stéréoscopique de 1904, prise au Musée du Louvre, d’une statue antique de « Vénus Aphrodite » et d'un relief représentant une « Matrone romaine ».

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La ville de Moulins

Moulins, préfecture du département de l'Allier, est une ville très riche en histoire et très active culturellement. Il s’agit de la capitale historique du Bourbonnais et des ducs de Bourbon.

De leur château médiéval il reste la Tour Mal coiffée et quelques vestiges. Le surnom de cette tour aurait été donné par Louis II de Bourbon qui l’aurait trouvée belle mais mal coiffée. Devenue prison depuis la seconde guerre mondiale jusqu’en 1984, elle fut entièrement rénovée en 2007 et ouverte au public qui peut y admirer en son sommet une vue sur toute la cité.

La ville garde aussi des traces de son ancienne enceinte du XVe siècle, comme la Tour de l'Horloge, dite « Jacquemart », qui carillonne en animant une famille d'automates.

Certaines de ses ruelles sont charmantes et chargées d’histoire. Autour de la cathédrale on observe des maisons à colombages des XVe et XVIe siècles ainsi que des hôtels particuliers des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Sur la vieille ville voir ici.

La cathédrale comprend des parties médiévales mais fut achevée seulement au XIXe siècle. On y admire de nombreux vitraux d'époque gothique et une vierge noire du XIe siècle. Elle est particulièrement célèbre pour garder précieusement le Triptyque de la Vierge en gloire (vers 1501), peint par Jean Hey, surnommé le Maître de Moulin. Cette œuvre (photographies ci-dessus et deux dernières : © Luc-Olivier-CDT03), qui représente un des sommets de la création artistique à la charnière du Moyen Âge et de la Renaissance, est dans un excellent état de conservation, et n’a jamais été restaurée.

La ville possède aussi une ancienne cour des Comptes construite au XVe siècle ; une église Saint-Pierre dont l’intérieur, réaménagé au XVIIe siècle, est des XVe - XVIe siècles ; un collège des Jésuites du XVIIe siècle, transformé en palais de Justice, avec notamment des plafonds peints et un décor en trompe-l'œil de Giovanni Gherardini (1654-1723) ; des halles couvertes du XVIIe siècle ; un pont (Régemortes) du XVIIIe siècle faisant 301,50 mètres ; un théâtre municipal de style néoclassique (vers 1840) ; une brasserie d’époque 1900 (le Grand Café ouvert en1899) où la jeune Gabrielle Chanel aurait chanté et pris le surnom de « Coco » (voir ici)...

Avant de continuer voici quelques photographies de ces lieux.

Ci-dessous : Cette photographie (Moulins Patrimoine 2016 © JM Teissonier) est intéressante car comprenant la tour Mal-Coiffée à droite, la cathédrale au milieu, et à gauche la maison Mantin dont il est question plus bas.

Ci-dessous et en haut à gauche : Quartier historique. ©  JM Teissonier et Office de Tourisme de Moulins.

La Chapelle de l'ancien couvent de la Visitation Sainte Marie (vers 1650) conserve le mausolée du duc de Montmorency, pair de France. Ce mausolée est assez surprenant, faisant penser à d’autres exemples étrusques ou romains. Il mélange l’Antiquité au XVIIe siècle. Photographie : ©  JM Teissonier.

Dans cette même chapelle se trouve un plafond peint. Photographie ci-dessous : ©  JM Teissonier.

Ci-dessous : Grand Café. © Office de Tourisme de Moulins.

Le Centre national du Costume de scène et de la scénographie est aujourd’hui réputé. Ouvert en 2006 dans l'ancien quartier de cavalerie dit Quartier Villars (XVIIIe siècle), il conserve une collection très importante dans son domaine.

Le Musée de la Visitation semble quant-à-lui assez surprenant. Photographie ci-dessous : ©  JM Teissonier.

Lors de ma venue à Moulins j’ai visité l’exposition De couleurs et d’or, qui se déroule jusqu’au 17 septembre 2017 au Musée Anne-de-Beaujeu (voir article ici). Ce musée est installé dans le pavillon du palais ducal, l'un des premiers exemples d'architecture et de décor Renaissance construit en France à la fin du XVe siècle. (photographie ci-dessous).

L’entrée au musée Anne-de-Beaujeu donne aussi accès à la Maison Mantin, une demeure de la fin du XIXe siècle ayant gardée pendant presque un siècle toute sa décoration et son mobilier. Celle-ci ayant appartenu à un collectionneur, elle est remplie d’œuvres et d’objets d’art anciens. Voici quelques photographies que j’ai prises à l’intérieur.

La ville de Moulins possède même un musée du Bâtiment situé dans une ancienne maison du XVIIIe siècle.

J’ai aussi visité le Musée de l'Illustration jeunesse, ouvert en 2005, présentant et conservant des œuvres d'illustrateurs de livres pour la jeunesse. Du reste la ville organise tous les ans, depuis 2007, un salon de l'illustration et du livre de jeunesse. Ce musée est situé dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, l’Hôtel de Mora, réaménagé au XIXe. Il a été restauré en 2005. Ci-après quelques photographies. Une salle a conservée toutes ses jolies boiseries. Pour les autres pièces, il est regrettable que les boiseries aient été couvertes d'une épaisse couche de peinture blanche.

À n’en point douter, la ville de Moulins est dédiée à la Culture et à l'Art !

Plus d'informations sur le site de l'Office de tourisme de Moulins & sa région.

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Sites éternels De Bâmiyân à Palmyre Voyage au cœur des sites du patrimoine universel

En ce moment, l'offensive 'culturelle' du gouvernement français en faveur du patrimoine moyen-oriental est quelque peu déroutante. Il en est question déjà dans cet article.

Depuis cet article s’est ajoutée la Conférence internationale sur la protection du patrimoine culturel en péril organisée par la France à Abu Dabi (Émirats arabes unis). Faire une telle conférence à Abu Dabi c’est un peu comme en faire une sur la haute gastronomie dans un Mac Donald. Ces sont les Émirats arabes unis, l’Amérique et certains pays européens qui sont à l’origine des problèmes en Irak, Syrie et Afghanistan, il me semble. On s’est servi des organisations caritatives à des fins politiques, maintenant on se sert aussi de la culture.

Vouloir nous faire croire que les Émirats arabes unis sont des défenseurs du patrimoine mondial est aussi gros que de nous dire que la République populaire de Chine est une grande et honorable démocratie ou que les États-Unis sont un pays qui organise la paix dans le monde (Obama prix Nobel de la paix). Les Émirats arabes unis ne font pas tout cela par altruisme. Leur but est de mettre en avant l’Islam.

Prenons l’exemple du Louvre. Ce musée a reçu de l’argent, beaucoup d’argent, des Émirats arabes unis, pour la création d’un musée à Abu Dabi (voir l’article Y-a-t-il de la corruption au Louvre ?). De toute évidence, dans le contrat, il y avait la création d’un nouveau département au Louvre : celui des Arts islamiques. C’est le seul département du Louvre qui désormais fait directement référence à une religion (voir ici).

Comment prendre au sérieux la politique culturelle de la France aujourd’hui ? Finalement, cette conférence internationale sur la protection du patrimoine culturel en péril, le Louvre Abu Dabi et le département des Arts islamiques du Louvre aident l’Islam à s’implanter dans le monde. Car il s’agit bien là de la promotion d’un islam universel, et cela par la France. Le plus ironique c’est que dans le même temps celle-ci soi-disant combat l’islamisme ; ce qui est loin d’être vrai quand on voit avec quelle rapidité celui-ci a crû depuis que l’Occident s’est engagé en Syrie, etc.

Pour revenir à la conférence, on peut lire ici que « François Hollande a confirmé que le siège du fonds financier serait à Genève et que l'objectif était de réunir au moins 100 millions de dollars (93,7 millions d'euros), dont 30 seront versés par la France. » Voilà donc une initiative française organisée à Abu Dabi sous la tutelle de l’Unesco (donc des États-Unis) avec de l’argent conservé en Suisse, paradis fiscal, et en partie donné par un état français qui croule sous sa dette ! On dépasse la loufoquerie pour entrer dans le domaine de la mascarade infernale. Et puis c’est triste de voir à quel point la politique étrangère française est devenue navrante. La France aurait pu ne pas suivre la politique américaine au Moyen Orient et en Afghanistan ; elle aurait pu organiser la sauvegarde de ces patrimoines de manière indépendante en se focalisant, plutôt que sur l'argent, sur l'humain, sur l'intelligence... enfin sur les innombrables autres richesses qu'il nous faut développer si nous voulons assurer un avenir prometteur...

Mais cela n'empêche pas d'aller voir l' exposition  gratuite  organisée au Grand-Palais de Paris, jusqu'au 9 janvier 2017, par la  Rmn-Grand  Palais  et  le  musée  du  Louvre,  sous  le patronage  de  l’Unesco,  sur le patrimoine de grands  sites archéologiques aujourd’hui dans des zones à risque, en Afghanistan et au Moyen Orient.

L'impression que j'en ai eue c'est qu'il s'agit d'une action de communication afin de redorer le blason de l'action culturelle du Gouvernement. Aujourd'hui la politique c'est un peu « Chauffe Marcel ! ».

L'exposition n'est pas très grande. Elle couvre trois pièces : une petite, une grande et une moyenne. Elle débute dans la petite salle. On peut y lire un texte de la directrice générale de l'Unesco et un autre du président-directeur du musée du Louvre, et voir une vidéo de la destruction de statues géantes de Bouddhas à Bâmiyân en mars 2001. Au sujet des destructions de patrimoines en Asie : Il y a quelques années de cela, à Katmandou, un tibétain me montrait un article sur la destruction récente au Tibet par la République populaire de Chine d'une grotte ayant vu passer de nombreux saints, et particulièrement importante dans la culture tibétaine. Rappelons que la République populaire de Chine a détruit plus de 80% du patrimoine de ce pays, et cela dans l'indifférence des gouvernements français. Je connais bien la question tibétaine, m'y intéressant depuis plus de trente ans. Sans doute d'autres exemples pourraient être cités de destructions dans d'autres pays, passées sous silence. En tout cas, ce qui s'est passé au Tibet a vraiment été une horreur.

Revenons à l'exposition. Dans la seconde salle, la plus grande, des projections rappellent les situations périlleuses de quatre sites : Khorsabad, Palmyre, la Mosquée des Omeyyades de Damas et le Krak des Chevaliers. Dans la dernière pièce des documents offrent quelques informations sur l'importance de ces sites. Tout cela reste succinct et rapide. On apprend que ces sites sont en danger non seulement par quelques destructions voulues et la constitution d'un réseau de vente d'objets d'art, mais aussi parce qu'ils sont au milieu des affrontements.

On en vient à se poser la question si vraiment les islamistes se sont acharnés sur ce patrimoine, et si les exactions n'ont pas été orchestrées par l'Otan afin de légitimer sa présence ?

Ajoutons que le musée du Louvre-Lens présente aussi du 2 novembre 2016 au 23 janvier 2017 une exposition consacrée à la Mésopotamie, « située pour l’essentiel en Irak actuel, berceau de l’économie moderne et de l’écriture, L’Histoire commence en Mésopotamie. »

Enfin, comme il n'est pas nécessaire d'appartenir à une religion pour prier, prions pour que la guerre se termine dans ces pays, et dans le monde, pour que l'on en finisse avec le nucléaire et les pollutions (toutes les pollutions), pour un monde de paix, d'harmonie, d'intelligence, de beauté et de liberté !

Ci-dessous photographies que j'ai prises de l'exposition.

Le griffon est le gardien des trésors !

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Tours d'horizons, paysages en papier peint.

La nouvelle exposition du musée du Papier peint de Rixheim, commencée le 3 décembre 2016 pour se poursuivre jusqu’au 31 décembre 2017, est intitulée : Tour d'horizons, paysages en papier peint.

Je ne l’ai pas vue, mais suis certain qu’elle est intéressante. Le musée conserve une très belle collection regroupant « pratiquement tous les aspects de la production du papier peint, du plus courant au plus exceptionnel, du 18e siècle à nos jours ».

Le titre de cette exposition est particulièrement évocateur. Avoir un horizon, cela est vital pour la construction d'une société comme pour celle de la vie d'un être humain. La perspective, l'espoir, permettent d'ouvrir les possibilités et l'âme à l'infini. Chaque époque a ses horizons. Les représentations de paysages permettent d'en proposer de nombreuses variations. Le papier peint est particulièrement propice à ce genre de décor. Il est une forme d'art total, enveloppant l'individu et l'accompagnant dans sa vie de tous les jours, notamment dans ses moments de détente où son âme peut se laisser porter et se 'perdre' dans cet espace créé. Il apporte de la rêverie et ouvre l'espace. Les papiers peints ont notamment cette fonction : de rendre plus grands les espaces, tout en les décorant d’une manière charmante. C’est aussi, comme le dit très justement le dossier de presse, la représentation de « l'évolution de la vision du monde et de la société qui se reflète dans ces décors tantôt luxueux, tantôt modestes ».

Si les premiers papiers peints sont sans doute des gravures collées sur les murs, « Les premiers paysages imprimés sont réalisés en papiers dominotés, en Angleterre puis plus tard en France. Ces feuilles de papiers imprimées, colorées à la détrempe puis collées bout à bout, représentent des scènes de chasses ou des scènes galantes. »

« En France, les décors en arabesques incluent dans une composition verticale des petits paysages bucoliques. Les papiers peints répétitifs montrent des îlots de verdure avec chaumières, ruines, bergers et animaux d’élevage. Ce répertoire caractéristique de l’époque des Lumières combine le goût pour les vestiges antiques soutenu par la mode du Grand Tour, voyage effectué dans le sud de l’Europe par les jeunes gens des plus hautes classes de la société européenne, et un intérêt nouveau pour la nature dans l’esprit de Jean-Jacques Rousseau. »

Photographies ci-dessous : À gauche - « Doddington Hall, Lincolnshire (Grande-Bretagne), vers 1760, papier peint imitant un Print room avec des gravures encadrées collées au mur, Londres, Victoria and Albert Museum. » Au milieu - « Manufacture Jacquemart & Bénard, Paris, papier peint en arabesque, dessin attribué à Jean-Baptiste Huet, vers 1795, MPP, inv. N° 982 PP 66. » À droite - « Manufacture Réveillon, Paris, papier peint à motif répétitif, 1786, MPP, inv. 992 PP 8-21. »

« Vers 1800, les manufactures françaises développent la production de panoramiques. » Le musée offre des exemples de la manufacture Zuber à Rixheim dans son second étage. « Ces paysages qu’on pose sur tous les murs d’une pièce présentent essentiellement trois types des thèmes : littéraires ou mythologiques ; des vues de pays européens (Italie, Suisse) ou exotiques (Inde, Brésil, Amérique du nord) ; des scènes reprenant les loisirs de la bourgeoisie et de l’aristocratie (chasse, promenade dans les parcs...). »

Photographie ci-dessous : « Frise à paysage. Manufacture Inconnue. Fin du 18e siècle. Impression à la planche. Cliché © Musée du Papier Peint, Rixheim. »

« À partir des années 1830, le développement des moyens de transport comme le bateau à vapeur et le chemin de fer favorise l’essor du tourisme et l’expansion du commerce international. Le papier peint témoigne de la fascination de l’époque pour les progrès technologiques (construction de canaux, de ponts suspendus). »

« Sous le Second Empire, les grandes villes se dotent de parcs et de jardins où le public peut découvrir chaque année dans les serres les nouvelles essences de plantes exotiques importées. Celles-ci se retrouvent à foison sur les papiers peints des années 1850 à 1870. À mesure qu’elle est chassée des agglomérations par l’urbanisation, la nature envahit la décoration intérieure. »

Photographies ci-dessous : « Papier peint à motif répétitif. Manufacture Inconnue. Années 1840-1850. Impression à la planche. Cliché © Musée du Papier Peint, Rixheim. »

« Au tournant des années 1900, l’Art nouveau instaure une rupture en refusant le réalisme photographique. Les dessinateurs adoptent des formes stylisées, s’intéressant particulièrement à certains contours évocateurs comme ceux de l’arbre ou de la colline. Sous l’influence du japonisme, ils choisissent des cadrages audacieux, des compositions rythmées et des traits simplifiés. Les paysages se déploient sur de larges frises courant en haut des murs. »

Photographie ci-dessous : « Forêt, frise de papier peint. Manufacture Joseph Petitjean. Avant 1900. Dessinateur Maurice Dufrène (1876-1955). Impression à la planche. cliché © Musée du Papier Peint, Rixheim. »

Photographie ci-dessous : « Page d’album de papier peint. Manufacture Etablissement Motel Gaillard, EMG, Paris. Collection 1931. Impression mécanique aux rouleaux en relief. Cliché © Musée du Papier Peint, Rixheim. »

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Fenêtres sur cours

Le musée des Augustins de Toulouse, du 10 décembre 2016 au 17 avril 2017, nous gratifie d'une nouvelle exposition intitulée Fenêtres sur cours : Peintures du XVIe au XXe siècle.

« Cette exposition présente du XVIe siècle au XXe siècle le regard des peintres sur la cour intérieure. Atriums, patios, cloîtres, cours de palais ou de fermes, cours urbaines se succèdent, vus par Hubert Robert, Corot, Boudin, Bonnard, Rusignol... pour n'en citer que quelques uns. Exploration poétique, entre paysage et architecture réelle ou imaginée, grande et petites histoires qui parlent de l'humain. »

Même si je n'ai pas vu cette exposition j'en parle, car son sujet est intéressant, la cour étant un élément central de socialisation et de courtoisie évidemment.

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Dans les armoires de l’impératrice Joséphine : La collection de costumes féminins du château de Malmaison.

Le Musée national du château de Malmaison est l’endroit rêvé pour aller fouiner Dans les armoires de l’impératrice Joséphine. Ancienne demeure de cette dernière, on y est un peu comme au temps du Consulat et du Premier Empire ; surtout que cette maison de campagne de Bonaparte/Napoléon et de sa femme Joséphine de Beauharnais vit le Consulat s’y réunir. Je ne connaissais pas cet endroit qui est un lieu à découvrir, meublé Premier Empire, avec de nombreux objets et œuvres d’art d’époque.

C’est tout en haut, dans le grenier, que l’exposition a lieu du 7 décembre 2016 au 6 mars 2017. Elle est constituée de presque la totalité de la collection vestimentaire du musée qui ne possède plus les centaines de vêtements que la première femme de Napoléon porte, en partie parce que l’impératrice suit la tradition des monarques de la « réforme des vêtements » : Deux fois par an elles se rend dans « ses atours », c’est à dire le lieu où sont rangés ses vêtements (robes, bonnets, chapeaux…), en mettant certains « à la réforme ». Son entourage (la dame d’atours et premières femmes) se partage alors ces habits réformés mis en lots composés par le sort.

La collection constituée par le musée est en particulier composée de donations et de quelques achats. Elle n’avait pas été montrée depuis longtemps du fait de l’extrême fragilité de ses items. Parmi les cinquante costumes et accessoires du vêtement féminin du Premier Empire qui sont exposés, beaucoup de mousselines, tulles, crêpes de soie, dentelles... offrent des exemples de la légèreté vaporeuse de ces habits dont certains, malgré leur fragilité, sont pourtant agrémentés minutieusement d’ornements précieux (lames dorées, ivoires, broderies de fils de soie, d’argent ou d’or, perles de verre, etc.). Ce sont de véritables prouesses.

C'est sans aucun doute une prouesse pour les restaurateurs et conservateurs du musée de prendre ainsi soin de ces habits, dont la plupart sont comme neufs et d’une propreté étonnante. Le moindre petit clinquant brille comme au premier jour. Pour cela on regrette de ne pas voir ces robes et manteaux au grand jour, ou mieux encore à la lueur des bougies dont les mouvements lumineux doivent faire scintiller tous ces ornements d’or et d’argent, brodés, et donner aux matières (velours…) d’infinies et changeantes nuances. J’insiste sur le travail des conservateurs et restaurateurs. Manipuler de tels vêtements nécessite une méticulosité extrême, notamment pour que les parties métalliques ne s’accrochent pas aux tissus très délicats (tulle…). De plus, avec le temps, certains éléments deviennent très fragiles, comme les fils de soie qui se casseraient facilement. Les laver doit être assez épique. À noter la conférence gratuite du 9 décembre prochain de Cécile Argenton sur La restauration d’une robe. Le texte de présentation de cette manifestation,  sur la manière de restaurer, me semble très intéressant.

L’exposition est donc située tout en haut du château. Le parcours débute dans la salle des atours, lieu authentique où déjà du temps de Joséphine sont rangés ses vêtements, avec quelques sous-vêtements et autres habits intimes. On poursuit avec les robes et manteaux de cour, et d’autres robes moins solennelles. Louis-Hippolyte Leroy, le « couturier » de l’Impératrice, est évoqué, ainsi que d’autres noms. Mais comme à l’époque on ne pose pas sa griffe sur un vêtement, il est difficile de dire qui est l’auteur des exemples exposés. Puis on conclut avec des : châles, écharpes, voiles, chaussures, bottines, chaussons, bourses (ou réticules) et portefeuilles. Certains châles sont particulièrement raffinés. Les chaussures, aux talons plats ne sont alors sans doute pas portées très longtemps, surtout après avoir dansé toute une soirée la valse !

La suite de l’article, avec des photographies prises sur place, sur mon site www.lamesure.fr consacré à la mode.

Ceux qui ne peuvent pas se rendre à l'exposition peuvent acheter le catalogue de l’exposition (éditions Artlys, 19 €).

Photographie ci-dessus à gauche : Robe de cour à traîne du début du Premier Empire en tulle de soie ivoire brodé de lame et de filé métallique dorés, doublure de satin de soie blanc. Robe H. 1,54 m ; traîne 3 x 1,8 m. Don prince et princesse Napoléon, 1979. Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau. © Rmn-Grand Palais (musée national des / châteaux de Malmaison et Bois-Préau) / Photo DR.

Photographie ci-dessus à droite : Manteau de cour attribué à l’Impératrice (détail). Corne d’abondance avec fleurs. Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau. © Rmn-Grand Palais (musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau) / Photo Gérard Blot.

Photographie ci-dessous : Manteau de cour attribué à l’Impératrice (vue de profil). Macro sur broderie. Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de
Malmaison et Bois-Préau. © Rmn-Grand Palais (musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau) / Photo Gérard Blot.

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Émilie du Châtelet à Lunéville

La Communauté de Communes du Lunévillois propose, depuis novembre 2016 jusqu’au mois de septembre 2017, de rendre un hommage appuyé à Mme Émilie du Châtelet (1706 – 1749), une des grandes femmes des Lumières. Pendant toute cette période, le visiteur pourra s’instruire sur le XVIIIe siècle, et se baigner dans son atmosphère, à travers un cycle de conférences et de concerts, et en mai 2017 grâce à une exposition dont nous reparlerons le moment voulu.

Photographies du site http://www.cc-lunevillois.fr/emilie_s.html.

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De couleurs et d’or

J’ai dernièrement été invité à Moulins, une ville à 2h30 de Paris par le train, très intéressante pour son dynamisme culturel et son patrimoine ancien. Avant d’en parler dans un prochain article, voici dès à présent présentée l’exposition De couleurs et d’or, qui se déroule depuis le 26 novembre 2016 jusqu’au 17 septembre 2017 au Musée Anne-de-Beaujeu.

Le titre ne nous apprend pas grand-chose sur cette exposition dont l’objectif est de présenter des objets prêtés exceptionnellement par le musée national du Moyen Âge (Hôtel de Cluny à Paris), en travaux en ce moment, et d’autres de la collection du musée Anne-de-Beaujeu qui possède de très intéressantes œuvres médiévales. Peintures, sculptures, manuscrits, tapisseries, mobiliers, céramiques, objets d’orfèvrerie… de grande qualité, en particulier des XVe et XVIe siècles (avec quelques exemples depuis le XIIe), constituent un bel ensemble que toute la famille est invitée à venir visiter, toute l’exposition étant jalonnée d’informations adressées aux enfants qui peuvent se déguiser, lire et découvrir tout cet univers qui se place à leur mesure.

« Le musée Anne-de-Beaujeu est un musée d’art et d’archéologie installé depuis 1910 dans une partie du palais des ducs de Bourbon. Cette aile, commandée par Pierre de Beaujeu, duc de Bourbon, et son épouse Anne de France, est construite aux alentours de 1500. Pour la première fois en France, le style architectural de la Renaissance italienne est adopté. Ce musée réunit alors deux collections : le fonds essentiellement composé de peintures du musée municipal [...] et un ensemble très important réuni par une société savante, la Société d’émulation du Bourbonnais, depuis 1851. [...] Sans compter les œuvres issues du Bourbonnais 1 , les collections du musée concernant le Moyen Âge et la Renaissance comptent dès les années 1860 des pièces admirables en peinture, sculpture et art décoratif. Ce fonds continue de s’enrichir au fil des années par des dons mais aussi par des achats sur le marché de l’art et des dépôts du musée du Louvre. »

« Les collections conservées au musée Anne-de-Beaujeu forment deux ensembles distincts. Le premier de ces ensembles est étroitement associé à l’histoire du Bourbonnais au 15 e et au début du 16 e siècle avec le mécénat artistique des ducs de Bourbon et de leur entourage. Il est majoritairement représenté par des sculptures provenant du duché et destinées à des lieux de dévotion ou des espaces laïcs. Il est complété par des fresques et des objets d’art décoratif. Par ailleurs, le Triptyque du Maître de Moulins, chef-d’œuvre de l’art français des années 1500, est conservé à proximité, au sein de la cathédrale de Moulins. Le deuxième ensemble est constitué de peintures sur bois des 15 e et 16 e siècles provenant des Pays-Bas, d’Allemagne, d’Autriche et d’Italie. Cinq de ces œuvres sont des MNR (Musées Nationaux Récupération) 1 . Des sculptures, objets d’art, pièces d’armement complètent cet ensemble. Les œuvres les plus notables ont bénéficié d’importantes campagnes de restauration et seront visibles, dans une salle entièrement réaménagée, en 2017. »

Photographies ci-dessus : Bois sculpté, peint et doré de Sainte Barbe. Malines, Belgique. Vers 1515-1520.  30,5 x 13 x 5 cm. Paris, musée de Cluny (legs de François-Achille Wasset en 1906). © RMN-Grand Palais (musée de Cluny – musée national du Moyen-Âge) / Jean-Gilles Berizzi Service presse / musée Anne-de-Beaujeu. Le visage de cette statue est peint de blanc rehaussé de pourpre et ses yeux et cils de noir, comme le maquillage d’usage chez les femmes depuis la plus haute Antiquité jusqu’au moins la fin du XVIIIe siècle. Une particularité du bas Moyen Âge est la manière d'épiler le haut du visage afin de faire paraître le front haut, alors que durant l’Antiquité la mode est au front bas. Cette dame porte un habit à crevés avec des manches pendantes, dont le bon état de polychromie permet d’apprécier même la doublure.

Photographie ci-dessous : « Pietà d'Andrea della Robbia (Florence, 1435-1525), de vers 1505. Terre cuite peinte et partiellement émaillée. Moulins, musée Anne-de-Beaujeu (Fonds ancien du musée, achat en 1867). © Photo Jérôme Mondière. » Cette céramique comprend des parties émaillées, et d’autres non qui étaient peintes (les couleurs ont disparu avec le temps).

Photographies ci-dessous : Cette magnifique statue de la Vierge à l’Enfant appartient au musée Anne-de-Beaujeu. Elle provient de la chapelle du château de Montcoquet à Monétay-sur-Allier dans l’Allier. Elle est en pierre (calcaire), date de vers 1410 et a été fabriquée dans un atelier salzbourgeois en Autriche. Elle a conservée sa polychromie. Elle appartiendrait à un type de production élaboré en Bohême autour de 1400 appelé « Belle Madone ». Son visage est d’une expression d’une grande beauté, communiquant à celui qui le regarde la lumière de la grâce dans laquelle la Vierge se trouve. Son maintien, en forme de S avec le ventre en avant, est caractéristique de la fin du Moyen Âge, mais déjà présent dans l’Antiquité. Elle porte une longue tunique bleue avec une ceinture verte décorée de fleurs en or. Son drapé est un lourd manteau bleu tenu sur la poitrine par une fibule.

Photographies ci-dessous : Ce relief provenant d’un retable d’Allemagne du Sud (Souabe méridionale), de vers 1470 – 1480, est en bois et conservé au musée Anne-de-Beaujeu. Il s’agit peut-être d’un porte-chape, l’équivalent du porte-drapeau, la chape de St-Martin étant portée lors de batailles.

Photographies ci-dessous : Statue d’un retable représentant sainte Marthe, d’Allemagne du Sud (Haute-Souabe), de vers 1515 – 1520 et en bois avec des restes de polychromie. Elle est conservée au musée de Cluny.

Photographies ci-dessous : Statue d’une Vierge à l’Enfant de vers 1515 – 1525, en bois, du musée Anne-de-Beaujeu.

Photographies ci-dessous : Détail d’un groupe sculpté, en bois de chêne, d’Anvers (Belgique), de vers 1520 – 1530 et conservé au musée de Cluny. Cette femme porte une coiffure caractéristique du XVIe siècle, en forme de casque.

Photographie ci-dessous : Détail d’un relief du bas Moyen Âge.

Photographie ci-dessous : Coupe de mariage en faïence lustrée de Deruta (Italie du Centre), de 1500 – 1520, appartenant au musée Anne-de-Beaujeu.

Photographies ci-dessous : Cruche en grès, de Cologne en Allemagne, de vers 1535 – 1565 et conservée au musée Anne-de-Beaujeu.

Photographies ci-dessous : Coffre de mariage décoré de scènes courtoises, d’Italie du Nord, de vers 1460 – 1480 (?), en bois, du musée du Cluny. Scènes de l’univers courtois autour d’une fontaine.

Photographie ci-dessous : Dessin d’un homme sauvage dans une lettrine d’un manuscrit de vers 1462 – 1487. Moulins, Archives départementales de l’Allier. Le thème de l’homme sauvage est propre au Moyen Âge et particulièrement intéressant, car à l’opposé de la sophistication des modes d’alors.

Photographies ci-dessous : Socle d’une croix processionnelle parisienne du XVe siècle, en cuivre doré et conservée au musée de Cluny.

Le billet pour cet exposition ouvre aussi aux salles de la collection permanente et à une demeure du XIXe siècle dont tout le mobilier a été conservé. Ici un article du blog écrit sur ce sujet et sur le patrimoine de la ville de Moulins.

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Fêtes et divertissements à la Cour

Le sujet de la nouvelle exposition du château de Versailles, qui commence ce 29 novembre 2016 pour se poursuivre jusqu’au 26 mars 2017, est très alléchant : Fêtes et divertissements à la Cour. On peut y admirer de très nombreux objets et œuvres d’époque, ainsi que quelques reconstitutions, tout cela accompagné de films permettant de parcourir cette exposition calmement en s’asseyant de temps en temps. Les espaces parfois exigus demandent par grande affluence de la patience pour admirer certains items. Il est donc nécessaire de se donner du temps. Prenez-le.

Le palais de Versailles est sans aucun doute LE lieu du divertissement à la fin au XVIIe siècle et du début du XVIIIe, même si toute la France d’alors s’adonne joyeusement aux réjouissances de toutes sortes, en particulier à Paris : à l’Opéra, au Palais-royal, sur les Boulevards, etc.

L’exposition commence avec le thème de la chasse dont les rois sont très friands.

Elle se poursuit sur celui très intéressant des derniers carrousels, qui ont d’abord remplacé les tournois interdits depuis la mort d’Henri II. Le carrousel « connaît ses derniers feux à Versailles, en 1664 lors des Plaisirs de l’île enchantée, puis en 1685 et 1686 à l’initiative du Grand Dauphin, à la Grande Écurie. Mais cette forme de ballet équestre est vouée à disparaître. Costumes luxueux et harnachements chamarrés dans une grande manière baroque entraînent les seigneurs de la cour à des dépenses exorbitantes. »

La partie sur les lieux du divertissement présente notamment le décor à l'italienne le plus ancien au monde, parvenu presque intact et entièrement restauré : le décor du Temple de Minerve, datant de 1754, des frères Slodtz, construit par Louis-Alexandre Girault ( ?-1778), menuisier-machiniste des Menus-Plaisirs et modifié par Louis-René Boquet (1717-1814). Le public peut le découvrir dans la pénombre (du fait de sa fragilité) et le parcourir. « Très régulièrement utilisé jusqu’au début du XXe siècle, le tableau du Temple de Minerve est toujours dans son état du XVIII e siècle. » « Les services des Menus-Plaisirs du roi, en charge de l’organisation des cérémonies, fêtes et spectacles à la cour, redoublaient d’ingénierie et de savoir-faire pour transformer, par exemple, le manège de la Grande Écurie en scène de théâtre ou en salle de bal, ou réaliser de véritables prouesses techniques comme la salle à transformations de l’Opéra royal. »

Le thème qui suit est celui de la Comédie, avec de très beaux tableaux de compositeurs, de dramaturges et d’acteurs, ces derniers étant souvent peints d’une manière assez amusante. À noter un élément de décor d'époque de pièce de théâtre, datant de 1774. Cette partie est divisée en trois : « L’ordinaire », « L’intime » et « L’extraordinaire ».

Nous continuons avec la musique et les concerts, avec toujours pour illustrer des objets d’époque : peintures, gravures, livres et ici en particulier des instruments.

La promenade est un divertissement quotidien autrefois. Des peintures, gravures et objets nous rappellent ses plaisirs changeant aux rythmes des saisons : calèches, canots, bateaux, traîneaux...

Le chapitre des jeux offre notamment des exemples de diverses tables de jeux, ainsi que des différents genres de jeux.

Dans la partie consacrée au bal, on apprend beaucoup sur la danse, avec une vidéo expliquant les différentes danses et leurs pas.

Enfin on conclut  sur les « effets du merveilleux » avec toujours des documents d’époque, une vidéo et des reconstitutions.

Comme toujours, et en particulier dans le prolongement de cette exposition, l’Opéra royal du château propose une programmation de soirées de gala, concerts, opéras, ballets, etc.

Oui la fête est un merveilleux thème. Trouver l’occasion de la faire est encore mieux !

Photographies : De dépit, je me contente de présenter les photographies sans légendes. Que le lecteur veuille bien me pardonner… mais quand on a le coeur à la fête on ne l’a pas tout le temps au travail !

Ci-dessous quelques photographies prises lors du vernissage.

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Les temps [oubliés] mérovingiens

Il y a quelques semaines de cela, je faisais des recherches sur les objets figuratifs mérovingiens se trouvant au Musée du Moyen Âge de l’Hôtel de Cluny à Paris. J’ai trouvé très peu de ceux-ci.

Je suis ensuite allé au Musée du Louvre. Là j’ai croisé un peu plus d'éléments de cette époque au niveau du Département des Objets d'art du Moyen-âge, Renaissance et Temps modernes… mais pas grand chose. Le Département des Sculptures du Moyen-âge, Renaissance et Temps modernes, de ce musée, présente quasiment rien d’avant le XIIe siècle, et rien sur cette période.

Sur Paris, au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale, on trouve peut-être plus de choses. Mais je n’ai pas vérifié. Il y a aussi le Musée d’Archéologie nationale du Domaine national de Saint-Gemain-en-Laye. Mais là aussi je ne suis pas allé. Si on s’en réfère à son site, les documents figuratifs mérovingiens sont très peu nombreux.

Mes recherches sur Internet n’ont pas donné grand-chose.

Quant à l’exposition sur Les temps mérovingiens, au musée de Cluny, elle m’a quelque peu laissé sur ma faim. Pourtant les expositions au Musée de Cluny sont généralement bonnes. Celle-ci l’est très certainement. On ne pouvait sans doute pas espérer mieux au niveau des objets d'époque. Il semblerait qu'il ne nous reste que très peu d'éléments de cette période qui pourtant façonne la France, l’engendre même.

Que s'est-il passé ?

Photographie de gauche : « Saint Jérôme, Commentaire sur Isaïe. Fin du VIIIe siècle. Parchemin. Hauteur : 38,5 cm. Largeur : 24 cm. © Bibliothèque nationale de France, Paris. » Image retravaillée.

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Palais Galliera, musée du vêtement.

« Compte tenu de la grande fragilité de ses collections, le Palais Galliera vit au rythme de ses expositions exclusivement temporaires. »

Lorsque je lis sur le site de ce musée cette phrase, je me dis que le Palais Galliera est un musée du vêtement, mais pas un musée de la mode. Encore que, comme musée du vêtement et dans le cadre d'une présentation permanente, il pourrait exposer des tableaux, gravures, livres, meubles... liés aux habits. Il serait aussi possible de montrer des vêtements par roulement.

Le mieux dénommé Musée des Tissus de Lyon ne fait pas tous ces chichis. Il est ouvert au public depuis 1865 ! Aujourd'hui on lui fait des misères : On voulait le fermer... On l'avait dit sauvé (voir ici)... Il est à nouveau dans une impasse et son avenir compromis. La ville et la région ne veulent pas s’engager pécuniairement (voir articles du Journal des Arts et de Lyon capitale), alors que des sommes faramineuses on été englouties dans la création du Musée des Confluences, et que la capitale des Gaules a vendu récemment son Grand Hôtel Dieu (voir article ici).

Pour en revenir au musée du Palais Galliera : lors de la présentation du plan de 'rénovation' du patrimoine muséal de Paris par la mairie, il y a plus d'un an de cela, on a appris que celui-ci allait être agrandi. Si cette réorganisation se fait dans le même esprit que jusqu'à présent, qu'attendre de grandiose, de fabuleux, de digne de ce que représente, ou représentait, la mode en France ?

La mode, je le rappelle, ne concerne pas que la façon de se vêtir, mais comprend tous les nouveaux rythmes (voir Les Petits-maîtres de la mode). Des documents sur l’histoire de la mode, il y en a une infinité, et sur tous les supports.

Alors à quand un véritable musée de la mode à Paris, qui en est la capitale mondiale depuis des siècles ? La ville de Lyon à quant à elle une très longue histoire de fabrication de tissus, et mérite aussi un grand musée !

 

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Merveilleuses & merveilleux