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Le clincailler et la clincaillère

LesPlaisirsDeLIleEnchantee_300lm.jpgPhotographie de gauche : Personnages possédant de nombreux éléments vestimentaires disponibles chez un clincailler. Gravure du XVIIe siècle de Jean Sauvé d'après un dessin de Pierre Brissart intitulée « Les plaisirs de l'île enchantée ».

Autrefois au lieu de quincaillier on utilise le nom de clincailler d'une manière similaire. Ce second mot est plus en relation avec la mode et ses petits-maîtres que le premier qui désigne surtout un vendeur d’ustensiles divers (casseroles, ciseaux, couteaux, etc.). Le clincailler ou la clincaillère est un marchand de clinquant, de choses clinquantes, notamment des objets de toilette (boîtes, flacons, peignes …), des accessoires (éventails, lunettes, lorgnettes, étuis garnis, masques …), des ornements pour habits (dentelles, rubans, lacets …) etc. Il peut aussi vendre ce qu'on appelle aujourd'hui de la quincaillerie. Sans doute certains se spécialisent plus sur les ornements et d'autres sur des ustensiles en métal.

Le clinquant est aussi une petite lame d'or ou d'argent que l'on dispose dans les broderies, les dentelles ... ou des lames ou feuilles de cuivre qui brillent beaucoup. « Les habits de masques, de ballets, sont ordinairement chargés de clinquant » comme le dit la définition de la quatrième édition (1762) du Dictionnaire de L'Académie française.

Le clinquant est présent chez certains petits-maîtres, un faux-semblant, une fausse richesse ou une opulence trop ostentatoire. « Du clinquant, des grâces, une nuance d'esprit sur un grand fond de fatuité, c'est l'essence d'un Petit-Maître ... » : c'est ainsi que commence, dès sa préface, le livre Bibliothèque des petits-maîtres ou Mémoires pour servir à l'histoire du bon ton & de l'extrêmement bonne compagnie (Au Palais Royal chez la petite Lolo, marchande de Galanterie, à la Frivolité, 1742).

desboulevardsdebut-300lm.jpgPhotographie de droite : Début de La Matinée, la soirée, et la nuit des boulevards ; ambigu de scènes épisodiques, mêlé de chants et de danses, divisé en quatre parties : représenté devant leurs Majestés à Fontainebleau, le 11 Octobre 1776, Paris, Veuve Duchesne, 1776.

La Matinée, la soirée, et la nuit des boulevards ... (Paris, Veuve Duchesne, 1776), met en scène entre autres un « marchand clincailler » qui commence la pièce par un « Air » qui explique son travail :
« Ach'tez des mes bagatelles,
Peignes d'ivoire, Peignes de buis,
Des Canons pour les dentelles,
Lacets & Rubans choisis ;
Des nœuds d'Épée pour ces D'moiselles,
Du rouge pour les p'tits Marquis.
J'ai des Sifflets pour les Pièces nouvelles,
Depuis longtemps j'en fournis à Paris.
Ach'tez de mes bagatelles,
Je vends de tout à juste prix.
J'ai pour les prudes Coquettes
Des Éventails à Lorgnettes.

J'ai pour Messieurs les Courtisans,
Couteaux polis à deux tranchants.
V'là de gentilles Lunettes
Pour les Amants à cheveux gris,
Venez faire vos emplettes,
Je vends de tout à juste prix.
Fines Aiguilles
Pour ces Filles ;
Pour les Abbés v'là des Flacons,
Des Cure-dents pour les Gascons.
Et v'là pour les P'tits-Maîtres bourgeois
De grandes Boucles de harnois.
Ach'tez de mes bagatelles ;
V'là d'jolis Étuis garnis,
Des Boît' à secret pour les belles,
Des Lanternes pour les maris.
Je vends de tout à juste prix,
À juste prix. »

© Article et photographies LM

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Un gommeux

GommeuxGommeuseIncroyableMerveilleuse500lm.gifGommeuxGommeuseIncroyableMerveilleuseGommeux400lm.gifAu premier abord rien de spécial à dire sur cette série de quatre petits dessins (signés « Bohoth » ?) contrecollés, d'époque 1877-1880, représentant « Ces Messieurs » et « Ces Dames », avec à gauche « Nos Papas » et sans doute Nos Mamans et à droite « Aujourd'hui ». L'incroyable et la merveilleuse sont comme on se les représente dans le dernier tiers du XIXe siècle. Le jeune couple du temps du dessinateur est dans le style de la jeunesse de son époque. La femme, gommeuse, est un peu provocante avec son décolleté et sa jupe retroussée haut. Le jeune homme est un gommeux. J'en ai déjà parlé dans de nombreux articles de ce blog : Le Gommeux, La gommeuse et le gommeux, ceux du caf'conc, le dégommé, la gommeuse excentrique et la gommeuse épileptique, Mémoires d'un gommeux et Un gommeux.

Cela vaut la peine de vous présenter ce dessin qui reprend les stéréotypes vestimentaires du gommeux : son petit chapeau, le monocle, la chemise à grand col et larges manches mousquetaire (avec un poignet à revers), la cravate moderne qu'il met au goût du jour, la veste trop serrée avec des manches qui s'élargissent extrêmement au niveau des poignets, des gros boutons, une fleur à la boutonnière, un mouchoir voyant, des breloques, le pantalon à pattes d'éléphant cachant des chaussures serrées, la cigarette, les gants jaunes, la badine ...  

L'image du gommeux est sans doute celle du petit-maître la plus reproduite après celle de l'incroyable entre la Révolution et la fin du XIXe siècle. Son extravagance marque son temps.

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Joyeuses Pâques !

serpentins300lm.jpgPhotographie : « PARIS. - Les serpentins au bal de l'Opéra. - (Dessin de M. Mesplès.) ». Lithographie du XIXe siècle.

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Anniversaire de ce blog !

1780versPuginDuhameldetail500Cela 1780versPuginDuhamelblanc500lm.giffait sept années que ce blog existe. Il a été créé le 11 avril 2007. Je ne le dis pas pour les chiffres, mais pour les cadeaux !!! J'attends !!!!!! Ceci dit j'ai une collection entière de gravures et livres anciens que je me suis faite comme présent et que je partage ici et dans mon site. Chaque nouvelle découverte est du bonheur, un véritable cadeau !

Photographies : Gravure du dernier tiers du XVIIIe siècle de Duhamel (1736 - après 1800) d'après Pugin.

© Article et photographies LM

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L'agréministe

contemporainesLaBelleAgreministe-300lmL'agréministe ou agriministe est un ouvrier ou le plus souvent une ouvrière qui dispose les agréments sur les vêtements (on écrit au XVIIIe siècle 'agrémens' pour les ornements).

Photographie : « La belle agreministe ». Gravure provenant de Les Contemporaines, ou Aventures des plus jolies femmes de l’Âge présent (1780-85, 42 vol. in-12) de Nicolas Edme Restif dit Restif de La Bretonne (1734-1806).

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Paris Belle Époque

EntreePetitPalais300Le Petit-Palais présente jusqu'au 17 août 2014 une exposition intitulée Paris 1900, la ville spectacle.

L'endroit est parfait pour une telle manifestation, car construit à l'occasion de l'Exposition universelle de 1900, comme le Grand-Palais qui lui fait face, et le Pont Alexandre III qui leur est perpendiculaire, trois très beaux monuments de cette période.

Photographie de gauche : Entrée du Petit-Palais.

JeunFemmeEnRobeDeVille300Photographie de droite : 'Jeune femme en robe de ville' de Louis Dejean (1872-1953). « Plâtre avec croix de mise-au-point. Paris, Petit-Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. »

Plus de 600 œuvres (peintures, objets d’art, costumes, affiches, photographies, films, meubles, bijoux, sculptures …) y rappellent ce Paris 'fin de siècle' (voir l'article Le fin de siècle et le fin de globe), centre mondial : culturel, scientifique, politique, esthétique, festif etc. Les témoignages sont nombreux et hétéroclites. Des peintures de Monet, Degas, Cézanne etc. y côtoient des objets de grande série.

Le parcours de l'exposition est organisé en six « pavillons ».

Le premier rappelle l’Exposition universelle et les grandes constructions qu'elle engendre, notamment pour accueillir les 51 millions de touristes qui affluent pour elle, avec par exemple les nouvelles gares de Lyon, d’Orsay et des Invalides .

Le second évoque l’Art Nouveau, avec des chefs-d’œuvre de Gallé, Guimard, Majorelle, Mucha, Lalique ... On plonge dans cet univers avec ravissement.

DetailRedemption1905300Photographie de gauche : Détail de 'Rédemption' (1905) de Juluis Leblanc Stewart (1855-1919). Huile sur toile. Roubaix, La Piscine - Musée d'Art et d'Industrie André-Diligent (dépôt du Fonds national d'art contemporain).

Le troisième est consacré aux Beaux-arts et l'effervescence parisienne dans ce domaine avec des exemples de créations d'artistes qui convergent du monde entier ici afin de s'imprégner de l'émulsion artistique. Des exemples puisés dans diverses écoles expliquent la modernité d'alors, et son inventivité.

La mode est le sujet de la quatrième partie. Des habits du Palais Galliera y sont exposés accompagnés de « grands portraits mondains par La Gandara ou Besnard, et d’évocation du monde des modistes et des trottins sous le pinceau aussi bien de Jean Béraud Monet300.jpgque d’Edgar Degas.  » « À Paris, à la fin du XIXe siècle, plus de la moitié de la main-d'oeuvre féminine vit des travaux de couture. »

Photographie du droite : « Claude Monet Nymphéas, 1907. Huile sur toile, 100 x 73 cm. Paris, Musée Marmottan Monet. © Bridgeman Giraudon. »

Les deux derniers pavillons sont dédiés à la fête et aux divertissements : théâtres, opéras, cafés-concerts, bals, promenades … et toute sa faune qui l'accompagne (voir les articles sur la parisienne, le rastaquouère, l'artiste, l'aristocrate, l'Arthur, l'avant-coureur, le boulevardier, le cercleux, le canotier, le copurchic, le grand couturier, le mannequin, la petite-damela cocotte, le snob, la snobinette, le high-life, la midinette, l'anarchiste, le mondain, le noceur et la noceuse, le soireux, le smart, le viveur etc.)

Enfin le Petit-Palais conserve dans son musée permanent aussi quelques très belles œuvres de la Belle-Époque ainsi que d'autres couvrant toute l'histoire des Beaux-arts.

Photographie du dessous : « Jean Béraud Parisienne, place de la Concorde, vers 1890. Huile sur bois, 35 x 26,5 cm. © Paris, Musée Carnavalet / Roger-Viollet. » Comme on le voit sur ce portrait, on se maquille encore beaucoup à cette époque : teint blanc, joues purpurines, lèvres rouges, mouches (une sur le front et l'autre sur la joue).

ParisiennePlaceDeLaConcordePhotographies du dessous : À gauche : 'Portrait de Mme. R. L.', 1901 de Giovanni Boldini (1842-1931). Huile sur toile. Paris, les Arts décoratifs, musée des Arts décoratifs.
À droite : 'Portrait de Madame Rémy Salvator', 1900-1902 d'Antonio de la Gandara (1862-1917). Huile sur toile. Marseille, musée des Beaux-Arts.

Deux-elegantesPhotographie du dessous : « Charles Frédéric Worth. Cape, vers 1895. Cape du soir de la comtesse Greffulhe, née Élisabeth de Caraman-Chimay (1860-1952), coupée dans un caftan de Boukhara offert par le tsar. © Patrick Pierrain / Galliera / Roger-Viollet. »

Worth Cape de la Comtesse GreffulhePhotographie du dessous : « Anonyme. Tea-gown (robe habillée pour réunions intimes), de Réjane 1898 - 1899. Voile en coton blanc, dentelle mécanique de coton blanche, entre-deux de dentelle mécanique de coton blanche, broderies blanches à motifs de fleurs (roses). © Eric Emo / Galliera / Roger-Viollet. »

Tea-GownPhotographie du dessous : « René François Xavier Prinet Le Balcon, 1905-1906. Huile sur toile, 161,2 x 191,7 cm. © Musée des Beaux-arts de Caen. Martine Seyve photographe © ADAGP, Paris 2014. »

PRINET Rene Francois Xavier, Au Balcon Inv.35Photographie du dessous : « Henri Gervex. Un soir de grand prix au pavillon d’Armenonville, 1905. Huile sur toile, 66 x 98 cm. © Paris, Musée Carnavalet/ Roger-Viollet. »

Gervex Un soir de grand prix au pavillon d'ArmenonvillePhotographies du dessous : « Henri Gervex, Une soirée au Pré-Catelan, 1909. Huile sur toile, 217 x 318 cm. © Paris, Musée Carnavalet/ Roger-Viollet. »

Gervex une soiree au pre cattelan-434Gervex une soiree au pre cattelan deux-damesPhotographies du dessous : Détails représentant des gommeuses et un gommeux de 'Les belles de nuit au Jardin de Paris', 1905 de Jean Béraud (1849-1935). Huile sur toile. Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris. « Créé en 1884 aux Champs-Élysées, le jardin de Paris est déplacé au Cours-la-Reine (derrière le Petit-Palais) en 1900. On s'y rend pour se montrer, mais aussi pour ses montagnes russes, dites chutes du Niagara, ses girandoles de feu, ses fêtes de nuit, ses concerts, et ses bals. On y applaudit également les danseuses de cancan ... » Sur le Cours-la-Reine voir les articles : Le Cours : L'empire des oeillades, l'un des lieux de l'élégance française où l'on fauche le persil, le Cours-la-Reine, les Champs Élysées ... et Le Cours de la Reine. Sur la gommeuse et le gommeux voir les articles : Le Gommeux, La gommeuse et le gommeux, ceux du caf'conc, le dégommé, la gommeuse excentrique et la gommeuse épileptique, Mémoires d'un gommeux et Un gommeux

Gommeuses et Gommeux

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Cheveux postiches

LaReineDuBalDetailc300lmLaReineDuBal300lmPhotographies : « La Reine du bal ». « Lithographie de Bénard » du XIXe siècle.

De tous temps les femmes font appel à des subterfuges pour rendre leurs chevelure plus volumineuse et dense, notamment par l'adjonction de faux cheveux.

Aujourd'hui, les maîtres dans cet art sont en particulier les coiffeurs noirs africains, dont de nombreux salons officient à Paris. Beaucoup de femmes africaines ayant des cheveux crépus, ne poussant que très lentement, font appel à des adjonctions.

Au XIXème siècle, et sans doute avant, et même un peu après, les dames utilisent souvent des cheveux postiches. Certaines coiffures à la mode demandent une crinière fournie ou des ajouts. Voir les articles Coiffure 'à la girafe' ; et Boucles, macarons et papillotes.

Photographies ci-dessous : Assiette de Creil & Montereau, d'entre 1849-1867, avec pour texte : « T'as d'beaux cheveux toi !.. Fais-tu comme maman ? Quand elle a trop chaud elle les met sur sa table. »

CheveuxSurLaTablePhotographies ci-dessous : Assiette de Sarreguemines, d'entre 1875 et 1900, avec pour texte : « Cette bêtise si mes cheveux sont bien à moi ! Sans doute puisque je les ai payés. »

FauxCheveux2-300© Article et photographies LM

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Une petite maîtresse de 1814

1814HVblanc500lmPhotographies : Gravure d'époque provenant du Journal des Dames et des Modes, datée de 1814, planche 1372 : « Chapeau et par-dessus Garnis de Rouleaux. » Elle est signée « HV » pour Carle Vernet (1758-1836).

1814HV2-300lm© Article et photographies LM

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Livres et documents sur Paris du XVIe au XXe siècle.

Le mercredi 19 mars à Drouot-Richelieu à Paris, la maison Pierre Bergé & associés présente une vente de Livres et documents sur Paris du XVIe au XXe siècle. 

LaFolieDuJourOuLaPromenadeDesBoulevards300Photographies : À gauche : « MARESCOT (Michel)]. La Folie du jour ou La Promenade des boulevards. Sans lieu ni date [1754]. In-4 de 7 pp., [...] Édition originale rare. Pièce satirique de Michel Marescot relative à la création des boulevards à Paris au début du XVIIIe siècle. Un jeune homme, “entrant dans la carrière du monde”, s’entiche d’une Mme de *** qui lui vante les boulevards : “Est-il rien au monde de plus ennuyeux qu’une avenue toute droite, tirée au cordeau, étouffée d’un côté, bordée de l’autre d’un bassin maussade à la vue ? Encore si l’on pouvoit LesBoulevardsDeParis300s’y promener en équipage, peut-être passeroit-on sur tant de désagrémens. Comparez à présent tout cela aux délicieux Boulevards : vous verrez si votre insipide Cours gagne au parallèle. Ce spectacle bruyant d’équipages, de livrées, de chevaux, de diables, de culs-de-singes, de désobligeantes, de capriolets : d’un côté des guinguettes, des marais ; les admirables vues de Montfaucon, de Montmartre ; de l’autre, des cabarets, des parades, des spectacles sans nombre, un peuple énorme.” » © Pierre Bergé & associés. Catalogue de la vente du 19 mars 2014.

Sur le cours voir les articles Le Cours : L'empire des oeillades, l'un des lieux de l'élégance française où l'on fauche le persil, le Cours-la-Reine, les Champs Élysées ... et Le Cours de la Reine. Sur les boulevards voir : Les Boulevards des Italiens, des Capucines et de Montmartre.
À droite : « MARTIAL (Adolphe-Martial Potémont, dit). Les Boulevards de Paris. Histoire. État présent. Maisons grandes et petites. Hôtels. Jardins. Théâtres. Célébrités, etc. Texte & eaux-fortes. Paris, 1877. In-8, broché. Édition originale : elle est illustrée de 20 eaux-fortes  originales de Martial.  Le café Durand, le bureau des omnibus, Aux Trois-Quartiers, le Café de  Paris, Librairie nouvelle, Hôtel du Figaro, Café anglais, Maison dorée,  le café Tortoni, Passage de l’Opéra, Porte Saint-Denis, colonne de la  Bastille... Textes de Xavier Aubryet, E. de Saulnat et Faugère-Dubourg. » © Pierre Bergé & associés. Catalogue de la vente du 19 mars 2014.

Photographies ci-après : RESTIF DE LA BRETONNE (Nicolas Edme). Gravures provenant de ses ouvrages du dernier quart du XVIIIème siècle. Ces images sont des documents très intéressants sur la mode d'alors. © Pierre Bergé & associés. Catalogue de la vente du 19 mars 2014.

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Les nouveaux riches

LeRicheDuJour300lmPhotographiesLeRicheDuJourDetail2-300lm : Gravure intitulée « Le Riche du Jour ou le Préteur Sur Gages. » suivie du texte : « Je prête, Madame, à mes Concitoyens à deux cent pour cent d’intérêts. » Il manque la partie en dessous indiquant : « A Paris, chez l’Auteur, rue Dauphine, vis-a-vis celle Contrescarpe. M.on du Sellier. N° 71. Et chez Depeuille, rue des Mathurins, aux deux Pilastres d’Or ; 2 livres ; Bibliothèque nationale. » Elle fait 18x32,7 cm et date de 1797. « Gravé par J. L. Julien » pour Laurent Joseph Julien (17...-1805).

Cettepoulaines-300lm estampe d'époque 1797, contrecollée et abîmée, est toutefois intéressante car représentant des conséquences de la Révolution, avec ses spéculateurs qui s'enrichissent et une partie de la population qui au contraire s'appauvrit. L'agioteur, nouveau riche, délaisse son travail de la terre (ses sabots et la bêche qui sont derrière lui) pour des habits de l'incroyable. Il a en effet toute la panoplie : cravate haute, cadenette etc. Ses chaussures sont très intéressantes car rappelant les anciennes poulaines. Des exemples de ces chaussures médiévales sont représentés dans ces articles : Miniatures flamandes : 1404 -1482 et Au lit au Moyen Âge. La femme qui semble être de l'ancienne noblesse est quant à elle squelettique.

La gravure des photographies ci-dessous fait aussi référence à cette nouvelle bourgeoisie issue de la Révolution avec sa jeunesse dorée et ses nouvelles grandes fortunes.

LaFamilleIncroyable300lm.jpgPhotographie ci-dessus et images suivantes : Gravure intitulée « Le Départ pour Saint-Cloud ». Elle fait partie de la série « La Famille Incroyable ». Je ne connais pas cette série. Est-ce que LaFamilleIncroyableDetail1-300lm.jpgquelqu'un a une idée ?LaFamilleIncroyableDetail2-300lm.jpg Elle est produite « A Paris chez Basset M[archan]d d'Estampes, rue St. Jacques, N°64. » qui officie sous Napoléon 1er.

Le sujet fait référence aux mœurs de l'Empire qui reprend à son compte certains des 'travers' de l'aristocratie de l'Ancien Régime. Le peuple y est représenté foulé par les nouveaux riches que sont les faux incroyables de l'époque alors qu'il réussit juste avant à faire barrage à la royauté.

La famille royale, et notamment celle de Louis XVI, se rend régulièrement à Saint-Cloud. Le 18 avril 1791, alors qu'elle souhaite y faire ses Pâques, elle est stoppée par le peuple qui s'attroupe autour du carrosse royal et arrête ses chevaux. Même les gardes nationaux refusent d'ouvrir un passage et le roi et son entourage doivent rentrer aux Tuileries.
Par la suite cette ville, son parc et son château restent un des lieux du 'grand monde'. Encore aujourd'hui les cités qui entourent le parc de Saint-Cloud accueillent de grandes fortunes. Napoléon Bonaparte réalise au château de Saint-Cloud son coup d’État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) et en fait sa résidence favorite avec Joséphine. Il le restaure à grands frais afin d'y étaler la magnificence de la cour impériale. Le mariage civil de Napoléon et de Marie-Louise d'Autriche (1791-1847) y est célébré en 1810.

© Article et photographies LM

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La merveilleuse Joséphine

JoséphinePrudhonPhotographies du dessus : « Pierre-Paul Prud'hon. Portrait de l'impératrice Joséphine dans le parc de Malmaison. 1805. Huile sur toile, 244 x 179cm. Musée du Louvre, Paris. © Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) / Gérard Blot. » L'impératrice est ici représentée dans le style de la merveilleuse qu'elle est, dans un jardin à l'anglaise romantique, avec ses cheveux coiffés à l'antique, sa robe à la grecque très fine, le châle, les souliers plats.

Table de Toilette Tuileries300Photographie de gauche : « Jacob-Desmalter. Table de toilette de l'impératrice aux Tuileries. 1804. 140 x 132 x 73 cm. Musée national du château de Malmaison. © Rmn-Grand Palais / Daniel Arnaudet. » Il s'agit du nouveau genre de table toilette, très éloigné de celle du XVIIIème siècle mais proche de la futur coiffeuse.

Le Musée du Luxembourg à Paris présente une exposition sur Joséphine du 12 mars au 29 juin.

Ce n'est pas la première exposition française sur Joséphine ces dernières années, mais la première dont je parle. Je préfère ne pas trop mélanger les beaux-arts à des figures connues, même si elles jouent un rôle important dans leur évolution. Joséphine est assurément une merveilleuse et Napoléon un incroyable. L'influence des deux sur les arts de leur époque est fondamentale. Ils jouent leur rôle avec conviction, et se feront même sacrés impératrice et empereur dans un cérémonial à l'antique. Avec eux c'est la fin d'une époque et le début d'une autre … mais pas seulement avec eux.

Cette exposition s'inscrit dans le cadre du bicentenaire de la mort de l'impératrice Joséphine, survenue le 29 mai 1814 dans son château de Malmaison. Celle-ci est née à la Martinique en 1763. Bonaparte l'épouse, la monte sur le trône et la répudie ne pouvant avoir d'enfant d'elle. Elle se retire alors dans son domaine de Malmaison où elle se consacre notamment à son goût des arts et des jardins.

Robe Cour300Photographies de droite : « Jean-François Bony. Robe de cour dite de l'impératrice Joséphine. 1er 1/4 du XIXe s. Tulle brodé au point de chainette, de tige de nœud et passé empiétant, soie, chenille de soie, coton. H. 1m37, l. de la traine : 1m37. Prof. de la traine : 1m12, L. d’une manche à l’autre 53 cm. Musée des tissus de Lyon. © DR. »

« L'exposition permet, grâce à des prêts exceptionnels, d'évoquer, outre sa vie, tous les domaines dans lesquels Joséphine a laissé son empreinte, à commencer par les arts décoratifs, en montrant le luxe de ses ameublements et de sa table, la mode à travers l'élégance et la richesse de ses toilettes et de ses bijoux. L'art du portrait est également à l’honneur au moyen d'œuvres aussi emblématiques que  son grand portrait par Prud'hon, aujourd'hui au Musée du Louvre, ou celui de Gros, conservé au musée Masséna de Nice. Le visiteur découvrira l'intimité de ses appartements, son goût pour les collections les plus variées - peintures anciennes et modernes, sculptures, antiquités - mais aussi sa  passion pour les jardins, les fleurs et les oiseaux. Ces aspects, souvent méconnus, illustrent le rôle capital que Joséphine a joué dans la constitution du style de l'époque consulaire et impériale. Pour la première fois en France, il sera ainsi possible d'évaluer la place de Joséphine dans l'art français, ce qui n’aurait été permis sans la générosité des prêteurs, publics et privés, tant français qu'étrangers, tels le Musée du Louvre, le Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, le Victoria & Albert Museum,  S.M. le Roi Carl XVI Gustaf de Suède qui a consenti à des prêts d’objets de sa collection personnelle  et l'apport des collections de Malmaison. »

Photographies du dessous : « Robe à traîne de l'impératrice Joséphine soie, broderies de fil d'or, tulle, 135 x 300 cm. Musée national du château de Malmaison. © Rmn-Grand Palais / Droits réservés. »Robe Traine

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L'habit et la nudité

PucelleVoltaireGravure300lmPhotographies : Gravure de H. Dupont d'après Alexandre-Joseph Desenne (1785-1827) provenant sans doute des Œuvres de Voltaire : « La Pucelle. Chant VI. » illustrant le texte : « Hélas ! Dit-il, seriez-vous point blessée ? ». « À Paris, Chez Menard & Desenne, Rue Git-le-Coeur, N°8 & Desenne, Rue Serpente, N°16. » Elle est du premier tiers du XIXe siècle. Le contraste entre la nudité de la femme et l'habillement de l'homme est gracieux. De plus on est tout à fait dans l'esthétisme de cette époque.

PucelleGravureDetail300lmLe nu est un élément important de l'art. Il est très fréquent dans les représentations antiques grecques et romaines, d'autant plus que parfois on habille les statues de vêtements. Le canon grec propose la mesure idéale du corps humain et la montre, en particulier l'homme. Au Moyen-âge de telles images sont rares. En redécouvrant l'Antique, la Renaissance le fait aussi de la nudité. Jusqu'au XIXe siècle, le nu est usuel dans les arts ; mais pour être acceptable cela doit être celui d'une divinité. C'est ainsi que l'on retrouve même des personnalités du temps figurées dévêtues sous la forme d'une déesse ou d'un dieu, ce qui ne choque pas du tout. On en retrouve partout dans les arts visuels des XVIIe et XVIIIème siècles, notamment dans les peintures, sculptures et gravures. Il est plus trivial de représenter la nudité des femmes et des hommes : odalisques, femmes prenant un bain etc. Mais cela se fait aussi. En 1863 Édouard Manet (1832-1883) fait scandale avec la peinture Le Déjeuner sur l'herbe, où dans une forêt une femme nue est assise au milieu de deux hommes habillés pendant qu'une autre prend un bain en chemise.

Photographie ci-dessous : Estampe au pointillé gravée par Barthélémy Roger (1767-1841) d'après un dessin d'Alexandre-Joseph Desenne.

GravureDesenneRogerEstampe300lm© Article et photographies LM

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Mardi gras

CarnavalDessinXIXeCouple2a-300lmAujourd'hui c'est Mardi-gras !! Alors que le carnaval de Paris est resté pendant des siècles le plus grand du monde, on ne voit aujourd'hui que très peu de masques dans les rues parisiennes le Mardi-gras. C'est pourtant un jour important, un moment de catharsis, un vrai remède. Vivement le retour du carnaval ! Voir sur cette fête l'article sur Le carnaval de Paris, et ceux sur le masque : Sortir masqué ; De l'abandon du masque et de la mesure ; et La personne, le personnage et la mode.

Photographies : Dessin du XIXème siècle à l'encre représentant un couple de carnaval. Format de la feuille 29 x 22 cm.

© Article et photographie LM

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De l’intime Ou l’art de vivre au quotidien aux XVIIIe et XIXe siècles

Epingledecravate300Photographie de gauche : « Épingle de cravate. Or émaillé de bleu et orné d'une topaze et de deux perles fines. France (?), XVIIIe ou XIXe siècle. © Mairie de Bordeaux. Photo L.Gauthier. »

Du 5 mars au 19 mai 2014 le Musée des Arts décoratifs de Bordeaux présente une exposition intitulée : De l’intime Ou l’art de vivre au quotidien aux XVIIIe et XIXe siècles.

« Le musée des Arts décoratifs de Bordeaux a (re-)découvert dans ses réserves de nombreux documents et objets témoignant de la vie quotidienne aux XVIIIe et XIXe siècles. Qu’ils aient appartenu à des anonymes ou aux descendants des Bourbons, ces accessoires de costume, lettres, carnets de bal, jouets, bijoux, et autres petits ouvrages nous proposent une incursion dans l’intimité des foyers de l’époque : on imagine une femme élégante, assise à sa toilette, une fillette jouant à la dînette et un jeune homme choisissant l’épingle qu’il piquera dans sa cravate de soie. Ce quotidien est marqué par des objets qui sont à la fois le reflet de goûts personnels et les supports d’expression de codes fixés par des groupes sociaux en matière de mode, de mœurs, de comportements. C’est à cette frontière entre ce que l’on est et ce que l’on doit paraître que se situe le périmètre de l’intime à l’époque. Au sens où l’entend le XVIIIe siècle, [...] 

Etui300Photographie de droite : « Étui à billet doux. Cuivre émaillé, décor polychrome et or Saxe, XVIIIe siècle. © Mairie de Bordeaux. Photo L.Gauthier. » Diverses fleurs sont peintes que l'on peut reconnaître : Bourrache, Pensée, Liseron etc.

À l’occasion de cette exposition, cent cinquante objets habituellement conservés dans les réserves seront présentés au public. Ils y côtoieront des œuvres prêtées par le musée d’Aquitaine et le musée Goupil. [...] 

En 2009-2010, le musée national Magnin de Dijon avait magnifiquement démontré, avec son exposition Les heures du jour, de quelle manière cette conception alors inédite de l’intimité se traduisait aux XVIIIe et XIXe siècles par une nouvelle manière de penser l’espace d’habitation et d’organiser son temps à travers des rituels quotidiens (le lever, la toilette, le repas, la lecture, l’éducation, le jeu, etc. jusqu’au coucher). Le musée des Arts Décoratifs de Lyon, quant à lui, met en scène ses collections en racontant « l’emploi du temps » idéal d’une famille sous l’Ancien Régime dans un très charmant ouvrage intitulé Parfum de XVIIIe. Loin d’être exhaustive, l’évocation de ces travaux nous montre cependant à quel point l’objet, le mobilier et l’architecture intérieure, sont des clefs pour mieux cerner cette frontière, mouvante et instable, où se joue l’intimité des familles. »

PairedeSouliers500Photographie de gauche : « Paire de souliers. Tissu brodé de fil de soie. France ou Angleterre, entre 1852 et 1870. © Mairie de Bordeaux. Photo L.Gauthier. »

« Ainsi, dès le règne de Louis XV, la taille des pièces diminue et ce n’est pas anodin. Elles sont ainsi plus nombreuses, ce qui permet de conférer un rôle précis (public ou privé) à chaque espace : la salle à manger, la bibliothèque, le bureau, la chambre à coucher, le boudoir, etc. La délimitation entre les appartements de réception et les appartements dits de commodités devient plus nette : la chambre, dans laquelle on recevait, on mangeait (parfois en public), perd peu à peu son rôle d’espace de représentation et de sociabilité. Afin de s’adapter à ces changements, les meubles se combinent et prennent eux aussi moins de place : les tables d’écriture font office de table de toilette, les scribans rassemblent en un seul meuble une bibliothèque, un bureau et une commode, etc. Fermant à clef afin de ranger des documents importants, ils peuvent dissimuler des « secrets », petits casiers ou tiroirs actionnés par un mécanisme. L’extérieur du meuble est toujours décoré de manière ostentatoire (marqueterie, dorures) alors que l’intérieur ou certaines parties seulement visibles pour l’utilisateur sont souvent simplement traités en bois brut ou présentent une décoration plus sobre, plus personnelle. »

FaceAMainLorgnette2-300Photographies du dessus : À gauche : « Face à main de Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry (1778-1820). Or ciselé et gravé, verres optiques, vis du ressort en bronze et anneau de suspension en cuivre doré. France (?), première moitié du XIXe siècle © Mairie de Bordeaux. Photo L.Gauthier. » À droite : « Flacon-lorgnette. Cristal, vermeil et cuivre doré. France, XIXe siècle. © Mairie de Bordeaux. Photo L.Gauthier. »

Photographies de dessous : « Boucle de soulier. Argent et pierres blanches. France, XVIIIe siècle. © Mairie de Bordeaux. Photo L.Gauthier. »

Boucledesoulier2-300

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Un modeste ouvrage

TableDeToilettePourHomme300lm.gifJe vais dès demain et pour quelques semaines présenter, en plus de mes articles habituels, chaque jour vers les 9h (si je n'ai pas de contretemps), un lien vers de nouveaux paragraphes d'un texte intitulé 'Manières d'élégance' dont l'écriture me distrait. J'espère que ceux qui le liront y trouveront aussi du plaisir.

Je songe petit à petit faire de www.lamesure.fr la principale source de mon activité sur internet. Contrairement à mon blog dont une partie technique m'est inconnue, je maîtrise tout dans mon site, sauf évidemment son hébergement et son référencement. Mais un hébergeur, cela se change. Quant au nombre de visiteurs, qu'importe. S'il n'y en avait qu'un seul à apprécier justement cela, j'en serais ravi. J'écris comme on écrivait des pensées ou des lettres au XVIIe siècle … adressées à des proches avant tout.

Jusqu'à présent j'ai composé tous les articles de ce blog (exceptés deux ou trois) ; et mis à part pour ceux sur les événements, musées, expositions, ventes aux enchères et antiquaires, les images sont des photographies d'objets m'appartenant et prises par mes soins. Malgré tout, comme je mes suis occupé presque uniquement d'éléments anciens, les références sont continuelles. Pour les articles (ou plutôt chapitres) de 'Manières d'élégance', il en va autrement, car il n'est pas fait appel au passé ou très peu. Ils sont le fruit de mon imagination. J'emprunte cependant des notions à l'élégance ou plutôt à la langue française.

Photographie : Table de toilette d'époque Louis XVI (1774-1792) pour homme, en marqueterie de bois de placage dans des encadrements de filets. Travail de l'Est de la France.

© Article et photographie LM

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Bal sous le Premier Empire

BalNapoleonBonaparteDanseurs300lmPhotographies : Estampe représentant un bal sous le Premier Empire, d'époque XIXème, vers 1810, gravée par « C. Guérin » d'après « B. Zix ». Dimensions totales : 34 x 48 cm. Les artistes sont sans doute Christophe Guérin (1758-1831) et Benjamin Zix (1772-1811). Ce dernier est dessinateur au quartier général de la Grande Armée.

Dans ce bal, patronné par Napoléon et Joséphine présents dans l'estampe, sont dessinés au premier plan les danseurs dans des habits et les manières de valser à la mode alors. On peut les comparer avec ceux des articles La valse et le boléro et La bayadère.

BalNapoleonDanseurs650lmBalNapoleon650lm© Article et photographies LM

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Départ pour Frascati

DepartPourFrascatiBlancIncroyable300almPhotographies : DepartPourFrascati300lm« Départ pour Frascati » « A Paris chez J. Chéreau rue St. Jacques prés la Fontaine St. Severin N°257 Il tient Magasin de Papiers Peints en Gros en Rouleaux pour Tenture » « Déposé à la Bibliothèque N[ationa]le ».

Cette gravure du début du XIXe siècle représente une famille à la mode parisienne d'alors. Elle met en scène un couple et son fils se préparant pour aller au fameux café Frascati avec l'aide de leur servante. Sur ce lieu à la mode voir les articles intitulés Le café Frascati ; Le jardin de Tivoli, le hameau de Chantilly, le café Frascati, le jardin et la cour des Capucines et le pavillon de Hanovre ; et L'incroyable. Il s'agit ou d'un couple de nouveaux riches comme il en existe beaucoup après la Révolution, qui prennent la place de l'aristocratie guillotinée ou émigrée, ou d'un simple jeune couple à la mode. On est cependant dans la caricature. Le visage et la mise de la servante rappellent sans doute leur extraction populaire. On est loin des domestiques en livrée. L'homme est en habit d'incroyable, avec un haut bicorne, une chevelure à cadenettes, une cravate haute, une culotte, des bottes hautes à talon plat, un bâton noueux (voir des exemples de ces tenues notamment dans l'article Exemples de tenues du début du XIXe siècle). La merveilleuse a des cheveux assez courts sur le devant, coiffés en chignon pour le reste, une robe à gorge profonde, à l'antique, avec une longue traîne. Sa servante lui passe son châle (sur ce vêtement voir l'article Le schall (châle) et l'écharpe). Son garçon, habillé en jockey anglais comme c'est alors la mode, lui tend son sac. Il a une tenue similaire à celui de l'enfant de la gravure de l'article intitulé Belles et beaux. Sur l'anglomanie d'alors voir l'article intitulé Anglomanie, partie 1 : dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et dans les premières années du XIXe. La merveilleuse se contemple avec ravissement dans le miroir d'une psyché, le nouveau meuble de bon goût (on commence à savoir fabriquer alors de grands miroirs).

DepartPourFrascatiDetailMerveilleuse400© Article et photographies LM

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Le soireux

soireux300lmLe soireux est un viveur (voir l'article Le viveur, la viveuse et le Paris viveur), un élégant adepte des soirées mondaines et autres restaurants, théâtres, cabarets … ouverts la nuit et où 'le tout Paris' se rend. Un soiriste est un journaliste qui se fait une spécialité de chroniquer ce genre d’événements.

Photographie : « Le Soireux ». Estampe signée « Jan Van Beers » et « Florian » (peut-être Ernest Florian : 1863-1914). Jan Van Beers (1852-1927) est un peintre belge, qualifié de « mondain », installé à Paris à partir de 1878.

© Article et photographies LM

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Les secrets de la laque française : le vernis Martin

VernisMartin3-300Photographie de gauche : « Boîte de toilette, Anonyme, Paris, vers 1750, Bois, préparation, laque bleue, décor en léger relief de laque avec poudre d’or, laques brune et rouge, bronze doré. Collection privée, Photo : Jean Tholance. »

Le Musée des arts décoratifs propose à partir du 13 février au 8 juin 2014 une exposition sur Les secrets de la laque française : le vernis Martin. Celle-ci est conçue et réalisée en collaboration avec le Museum für Lackkunst de Münster.

Le XVIIIe siècle européen, et en particulier français, marque un aboutissement dans les Beaux-arts. Il n'est pas un art où l'industrie et l'artisanat français n'excellent pas : les meubles, les porcelaines, l'argenterie, la peinture, la sculpture … et la laque. « À Paris, de nombreux ateliers de peintres doreurs - vernisseurs voient ainsi le jour faubourg Saint-Antoine à proximité des ébénistes - menuisiers, les liant ainsi dès le départ au domaine du meuble. Parmi les plus célèbres, ceux des frères Martin, rues des faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin, dont la renommée associa le nom à leur technique, puis à l’ensemble des laques produites en France. Ces vernis, travaillés selon le même principe de couches superposées que la laque d’Extrême Orient, n’ont pourtant rien en commun avec celle-ci du point de vue de la composition chimique. Ils sont différents selon les ateliers et leur recette est gardée secrète. C'est l’introduction de la couleur qui fait l’une  des spécificités de la laque française. Les compositions de vernis permettent une plus large gamme. Désormais, se substituent aux fonds noirs et rouges, des fonds jaune, bleu, vert, blanc ou or. [...] L’iconographie s’éloigne peu à peu des scènes et paysages asiatiques pour intégrer, assimiler l'art des peintres d'alors. »

L'exposition suit l'évolution de ce support depuis les importations asiatiques, jusqu'à l'élaboration de nouvelles techniques à Paris notamment à travers les frères Martin et leurs confrères dont la réputation s'exporte dans toute l'Europe.

Photographies du dessous : À gauche - « Paire de panneaux de berline, Attribuée à Guillaume ou Etienne-Simon Martin, Paris, vers 1745, Bois, préparation colorée, laque brune, laque avec poudre d’or façon aventurine, décor peint à l’huile, laque transparente. Münster, Museum für Lackkunst, Photo : Tomasz Samek. »
À droite
- Commode de Madame Adélaïde, Gilles Joubert et Etienne-Simon Martin, Paris, 1755 Bâti en chêne et résineux, préparation, laque blanche, décor peint à l’huile, laque transparente, bronze argenté, marbre Sarancolin. Versailles, Musée national du château de Versailles et des Trianons. Photo © château de Versailles / DIST. RMN - Grand Palais / Christophe Fouin. »

VernisMartin2-650Photographies de dessous : À gauche - « Traineau aux patineurs, Anonyme, Paris, vers 1770, Bois sculpté, préparation, feuille d’argent, décor de laques polychromes, toile marouflée, peinture à l’huile vernie polie, laque transparente, cuir, métal, velours de soie. Versailles, Musée national du château de Versailles et des Trianons. Photo © château de Versailles / DIST. RMN - Grand Palais / Gérard Blot. »
À droite - « Cassolette, Manufacture de la veuve Gosse et Samousseau, Paris, vers 1770 -1780, Tôle, préparation, laque blanche pour le fond, décor peint à l’huile, feuille d’or, poignées en fer vernis en couleur d’or, laiton doré. Paris, Musée des Arts décoratifs, Photo : Jean Tholance. »

VernisMartin300

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Construire un château

chateauvaleridetail500lmLa construction d'un château consiste à créer un microcosme de société idéale protégée des agressions extérieures. À notre époque où beaucoup croient que tout s'achète et tout se vend, où tout esprit social disparaît au profit de communautarismes, où les frontières ne sont plus celles de pays mais de communautés, où bigbrother est loin d'être une lubie, il est à nouveau temps de construire son château et de suivre ses idéaux ; d'essayer de ne pas y laisser rentrer les endoctrinements religieux, politiques ou autres, et les malveillances quelles qu’elles soient. Un château, ce n'est pas seulement des pierres, mais une vision de la vie. Le voleur peut acheter, prendre, détruire … il ne peut cependant comprendre.

Photographie : « Château Valeri. » Gravure du XVIIe siècle, sans doute provenant de Merian : Topographia Gallia, de 1660.

© Article et photographie LM

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Merveilleuses & merveilleux