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Bons mots et apophtegmes

DictionnaireDAnecdotesTitre300Photographie : Lacombe de Prézel, Honoré (1725-179. ?), Dictionnaire d'anecdotes, de traits singuliers et caractéristiques, historiettes, bons mots, naïvetés, saillies, reparties ingénieuses, etc. etc., Paris, chez La Combe, 1766.

Voici le début du chapitre intitulé « BON MOT. » : « Nous n'accordons ce nom qu'à une répartie vive, gaie, animée par une pensée qui frappe, qui réveille, qui surprend. On voit, par cette définition, que le bon mot diffère essentiellement du beau mot ou de l'apophtegme. Le premier est une espèce impromptu que l'occasion seule fait naître, & que la malignité, le plus souvent, assaisonne : c'est un trait qui vole & qui perce en même-temps. Le beau mot ou l'apophtegme, au contraire, n'est qu'une belle pensée, une parole méditée, qu'on a coutume de dire souvent ; ou, si c'est une réponse, on y cherche moins à briller qu'à dire quelque chose de moral & d'instructif. »

© Article et photographie LM

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L'embarras des capotes

LeBonGenreXIXeRetouche500lm

LeBonGenreXIXeRetoucheDetail500lmPhotographies : Estampe peut-être du XIXe siècle mais pas d'époque reproduisant la gravure « Le Bon Genre n°22 » représentant « L'embarras des Capotes » au début du XIXe siècle. Voir sur ce sujet l'article Incroyables chapeaux et les autres sur les merveilleuses et les incroyables.

© Article et photographies LM

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Paul Poiret

PaulPoiretDecembre1919a-500lm.jpgCet article fait suite à celui intitulé Les premiers grands couturiers du XXe siècle : une révolution vestimentaire en douceur. Il présente un portrait de M. Paul Poiret (1879-1944) en « Abdul-Hamode ou Le Sultan Rose ». « Dessin de Barrère » provenant de la revue Fantasio du 1er décembre 1919. Le texte est visible ici.

© Article et photographie LM

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Photographies

JonvelleBalance300Du 28 janvier au 16 mars 2014, la Galerie Sakura (Paris Bercy Village) présente l'exposition 'Les Grands Noms de la Photographie' avec une sélection de tirages originaux des XXème et XXIème siècles signés de : Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Bert Stern, Brassaï, Marc, Riboud, Edouard Boubat, Jock Sturges, Willy Ronis, Peter Lindbergh, André Kertesz, Jeanloup Sieff, Ralph Gibson ...

Photographie : © Jean-François Jonvelle - La balance, 1980.

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Une taverne à la mode

JeanRamponaux1-650Photographies : Gravure de vers 1758 représentant la taverne de « Jean Ramponaux ».

« Au sein de la paix, goûter le plaisir
Chez soi s'amuser dans un doux loisir
Ou bien chez Magny s'aller divertir
C'était la vieille méthode.
L'on voit aujourd'hui courir nos Badauds ;
Sans les achever quitter leurs travaux ;
Pourquoi ? c'est qu'il vont chez Mons. Ramponaux
Voilà la Taverne à la mode. »
« à Paris rue Ste Hyacinthe dans la maison de M. Parvillée Me Ecrivain. » « Avec Permission de M. le Lieutenant Général de Police. »

JeanRamponauxDetail1-650lmLa taverne Ramponaux, JeanRamponauxDetail5-300lmprénommée 'Le Tambour Royal', est fondée par Jean Ramponaux (Ramponneau ou Ramponeau, 1724-1802) à Paris vers 1740. Il achète un cabaret déjà très fréquenté situé à l'angle des rues de l'Orillon et de Saint-Maur, le « cabaret des Marronniers », près de l'actuel Belleville, autrefois à la Courtille, une barrière de Paris où les cabarets sont nombreux  (voir les articles sur  les Montagnes russes parisiennes, et Le carnaval de Paris). Ce débit de boissons est plus précisément dans la basse Courtille, située dans l'enceinte de Paris contrairement à la partie haute. Le quartier étant en hauteur et composé de multiples lieux pour se désaltérer, souvent le matin de nombreuses personnes redescendent vers Paris repues et saoules. C'est ce qu'on appelle la descente de la Courtille, particulièrement impressionnante les jours de Carnaval, car formant une véritable parade de 'masques', c'est-à-dire de personnes déguisées, très enclines à la fête et à la joie.

On remarque sur cette gravure la diversité des personnes fréquentant cette taverne. Tout le monde y est le bienvenu : des vieillards aux enfants, des femmes aux hommes, des aristocrates aux ouvriers en passant par les invalides, les artistes, les militaires, etc.

JeanRamponaux2-1-300lm© Article et photographies LM

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L'homme consommé

HommeDeCourMaximeVI300lmPhotographie : Maxime VI de L'Homme de Cour de Balthasar Gracian Traduit & Commenté par le Sieur Amelot de La Houssaie … Quatrième Édition revue & corrigée. Paris : Vve Martin, J. Boudot & E. Martin, 1687.

J'ai trouvé la référence à un 'homme consommé' dans le livre L'Homme de cour, traduit de l'espagnol de Balthasar Gracian [1601-1658], par le sieur Amelot de La Houssaie, avec des notes, Paris : Vve Martin et J. Boudot, 1684 (première édition). Le titre original de cet ouvrage est Oraculo manual y arte de prudenci. Amelot de la Houssaye (1634 - 1706) le traduit et l'annote.

L'adjectif  'consommé' peut être utilisé pour désigner ce qui a presque atteint la perfection, qui est arrivé à un très haut degré de pratique dans un art, une science, ou toute autre discipline particulière  ...  On dit : « C'est un courtisan consommé », pour exprimer qu'il a une grande expérience et un savoir-faire accompli à la Cour.

Voici la maxime dont il est question :

« MAXIME VI. L'Homme au comble de sa perfection. Il ne naît pas tout fait ; il se perfectionne de jour en jour dans ses mœurs, & dans son emploi, jusqu'à-ce qu'il arrive enfin au point de consommation. Or l'homme consommé se reconnaît à ces marques : au goût-fin, au discernement, à la solidité du jugement, à la docilité de la volonté, à la circonspection des paroles & des actions. Quelques-uns n'arrivent jamais à ce point, il leur manque toujours je ne sais quoi : & d'autres n'arrivent que tard. »

© Article et photographie LM

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Portraits miniatures

BoitePortraitMiniatureLe portrait miniature est la reproduction d'une personne, généralement de buste, sur une petite surface. Les premières miniatures indépendantes des livres seraient produites au début du XVIe siècle. Les techniques se perfectionnent au XVIIe, et c'est vers 1700 que l'on commence à employer de la feuille d'ivoire comme support de peinture. L'avènement de la photographie remplace cette pratique notamment avec le portrait carte (voir l'article intitulé : La carte de visite et le portrait-carte).
La galerie Jaegy-Theoleyre expose de nombreux portraits miniatures sur son site www.jaegy-theoleyre.fr dont certains sont reproduits ici.
Photographies : © Galerie Jaegy-Theoleyre.PortraitsMiniatures

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Le XVIIIe, siècle d'or de l'éventail.

VueDuPontNeufDetail448VueDuPontNeuf600Photographies VueDuPontNeufDetail1-300du dessus : « La vue du pont Neuf ou l’embarras de Paris.Vers 1680. Ivoire, peau, gouache. Bielefeld, Deutsches Faechermuseum – Barisch Stiftung. © Martine Beck Coppola. » Exposition Le Siècle d'or de l'éventail, du Roi Soleil à Marie-Antoinette au  Musée  Cognacq-Jay. VueDuPontNeufDetailDrape300Cette peinture est un témoignage remarquable de Paris à la fin du XVIIe siècle car elle repérsente le cœur de la capitale qu'est le Pont-Neuf avec ses échoppes ; ses passants, à pied, en carrosse, en carriole, à cheval ; on y rencontre un lecteur public, un boulanger, des soldats, un vendeur et réparateur de chaussures, un tréteau de théâtre avec Arlequin, un musicien, des galants etc. J'ai choisi de montrer le détail d'un couple d'élégants habillés à la mode de l'époque et un homme portant une cape rouge dans le genre du drapé antique qui survit donc encore à cette époque. Concernant la mode d'alors voir les gravures du Mercure Galant d’octobre 1678 présentées dans cet article.

Jusqu'au 2 mars 2014, le Musée Cognacq-Jay à Paris propose l'exposition Le Siècle d'or de l'éventail, du Roi Soleil à Marie-Antoinette. Y sont présentés 70 éventails fabriqués à Paris au XVIIIe siècle provenant de collections publiques et privées. « Au cours du XVIII siècle, Paris devient ainsi la capitale de cet objet aristocratique et artistique dont les décors suivent la production des peintres à la mode (Boucher, Watteau, Lancret mais aussi Le Brun, Coypel, ou Lemoyne) et participent à la diffusion de l’art français en Europe. » Une occasion aussi de visiter le musée Cognacq-Jay tout entier dédié au XVIIIe siècle.

Photographie de dessous : Détail de l'éventail représentant « Le mariage du dauphin Louis Ferdinand. Détail. Vers 1745. Nacre, papier, gouache. Londres, The Fan Museum. © Martine Beck Coppola. » Une table de toilette est visible sur la gauche.
MariageDuDauphinDetailPhotographies ci-dessous : Détails d'un éventail représentant « Les comédiens au bal. Vers 1690-1700. Écaille, peau, gouache. Paris, musée des Arts décoratifs. © Les Arts Décoratifs, Paris / Jean Tholance. »

ComédiensAuBalDetail1ComediensAuBalDetail2

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La science du monde

Jacques de Callières (fin du XVIe siècle - 1697) écrit dans La Fortune des gens de qualité et des gentilshommes particuliers, enseignant l'art de vivre à la cour suivant les maximes de la politique et de la morale (Paris : E. Loyson, 1661) : « Ce n'est pas assez d'être savant de la Science du Collège, il y en a une autre qui nous enseigne comme il s'en faut servir. Celle-ci est une coureuse qui va de maisons en maisons, & qui ne parle ni Grec ni Latin, mais qui nous montre l'usage de tous les deux. On la trouve dans les Palais, on la rencontre chez les Princes & les grands Seigneurs, elle se fourre dans les Ruelles des Dames, elle se plaît parmi les gens de guerre, & ne méprise pas les Marchands, les Laboureurs, ni les Artisans. C'est elle qu'on appelle la Science du Monde, qui a pour guide les conversations, & l'expérience des choses. Elle rend le même office aux autres Sciences, que le lapidaire fait aux diamants bruts, quand il leur donne la beauté, l'éclat, & le prix par la polissure ; & en effet est-il rien de plus impertinent, qu'un homme du Quartier Saint Jacques, qui n'a jamais vu le Louvre, que de l'autre bord de la Seine ? À quoi lui sert son Grec & son Latin, qu'à le rendre ridicule parmi les honnêtes gens, & à faire avouer qu'il est plus ignorant dans la Science du monde, que les plus stupides ne le sont dans celle de l'Université ? Le Collège nous donne les premières notions des choses, il nous amasse des matières pour construire des beaux Palais ; mais c'est la Science du Monde qui nous en enseigne l’architecture, qui nous montre l'ordre & l'agencement de toutes ses parties, qui nous fait paraître habiles sans affecter la vanité d'être savants, qui polit nos discours & nos mœurs, qui nous rend discrets dans nos conversations, & agréables à tout le monde. Sans elle la Science devient barbare & mal plaisante ; & c'est la raison pourquoi les gens de peu, à qui la Nature a donné de l'Esprit, & le Collège des Lettres, ont une extrême peine à se dépayser; ils paraissent presque toujours ce qu'ils sont, parce qu'ils tiennent de la bassesse de leur nourriture, qui n'ayant aucun rapport avec celle des Gens de qualité, ne peut cacher sa différence naturelle. Le plus grand secret pour purger un Gentil-homme de cette ordure, est de le produire de bonne heure dans le monde, de lui prescrire des conversations choisies, de l'obliger à rendre devoirs aux personnes de Qualité, de lui faire observer jusqu’aux moindres choses qui regardent la bienséance, de lui donner une certaine hardiesse, sans impudence & fans orgueil dans toutes ses actions, le rendre civil sans bassesse, & complaisant sans flatterie, lui ordonner la conversation des Dames, & lui souffrir quelque intrigue avec elles. En vérité parmi l'ignorance de ce sexe les plus savants prennent souvent de très-utiles leçons ; il semble que la Nature ne l'ait pas fait seulement pour plaire, mais encore pour donner des règles au notre de se rendre agréable. La beauté a quelque chose d’impérieux qui nous rend sages & discrets, autant par habitude que par aucun discours de raison ; comme elle a droit de nous charmer, nous pensons avoir celui de lui plaire, Si la passion que nous sentons ne pouvant être satisfaite que par là, nous embrassons avec ardeur tous les moyens qui nous peuvent rendre aimables. Cette passion nous enseigne bien mieux que la Rhétorique, l'art de persuader nous découvre toutes les grâces de l'éloquence. Elle compose nos actions, elle règle nos pas, elle nous rend propres, elle nous ouvre l'esprit, ; le polit & l'éveille ; elle est utile quand elle ne va pas jusqu'à l'excès, elle ressemble à cette liqueur qui réjouit les honnêtes gens, & qui enivre la canaille. Aussi je ne la souffre qu'aux beaux esprits, qui la prennent comme un moyen de se perfectionner dans la Science du Monde, & non pas pour devenir vicieux. Les meilleures choses se corrompent par le mauvais usage ; c'est à nous de ne nous rendre pas coupables par notre modération. Notre condition serait pire que celle des bêtes, s'il nous fallait abstenir de tout ce qui porte péril avec soi ; le feu qui nous échauffe nous peut brûler ; l'air que nous respirons pour vivre, peut être corrompu ; & le vin qui nous désaltère & qui nous nourrit, nous peut enivrer ; Et pour cela serait-ce bien conclure que nous dussions être privés de l'usage du feu, de l'air & du vin ? Il est de nos passions comme de nos armes, elles servent à notre défense, quand elles nous obéissent ; mais elles font un effet tout contraire aussitôt qu'elles passent entre celles de nos ennemis. Nous nous les figurons comme des Monstres, faute de les connaître, leur force ne vient que de la faiblesse de notre raison ; laissons lui la liberté de les examiner, elle en deviendra maîtresse avec peu d'effort ; c'est pour lors qu'elle les destinera à de bons usages, & que l'Amour même tout dangereux qu'il est, cessera d'être criminel. Les plus grands Capitaines anciens & modernes ont trouvé moyen de l'ajuster avec leurs emplois, ils l'ont regardé comme une faible barrière qui ne pourrait arrêter le succès de leurs entreprises, ni le progrès de leur gloire. Les Savants l'ont suivi comme l’âme de la Nature, le lien de la société civile, le père des plaisirs & de la paix. Les dévots en ont fait une vertu nécessaire, & le principe de la charité qui les unit avec leur prochain ; & moi je le propose comme une lumière qui nous échauffant le cœur, nous éclaire l'esprit pour découvrir les beautés de cette Science du monde, que j'estime si nécessaire à un honnête homme. »

© Article LM

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Le chic d’une Parisienne de la Belle Époque aux années 30

Jusqu'au 16 mars 2014, le musée Carnavalet présente une exposition intitulée Le chic d’une Parisienne de la Belle Époque aux années 30, composée d'éléments de la garde-robe d’Alice Alleaume, première vendeuse de la maison de « grande couture » de Mme Madeleine Chéruit, au 21 place Vendôme à Paris, de 1912 à 1923. Sont présentées « des robes griffées Chéruit, Worth et Lanvin, des chaussures du soir d’Hellstern, des chapeaux d’Alphonsine, Marcelle Demay, Madeleine Panizon, Le Monnier, des bandeaux du soir de Rose Descat, des bijoux … »


Exposition Roman d'une Garde-Robe par paris_musees

Sur cette époque voir les articles Les premiers grands couturiers du XXe siècle : une révolution vestimentaire en douceur, et Le mannequin.

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Le grand goût

L'expression 'grand goût' vient peut-être de la peinture (comme celui de 'chic' : voir l'article intitulé Bon chic bon genre). « On dit qu'un tableau est de bon goût, lorsque les objets qui y sont représentés sont bien choisis & et bien imités, conformément à l'idée que les connaisseurs ont de leur perfection. […] Le bon goût se forme par l'étude de la belle nature […] grand goût, en Peinture est un goût idéal qui suppose un grand, un extraordinaire, un merveilleux, un sublime même tenant de l'inspiration, bien supérieur aux effets de la belle nature ... » Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers … par MM. Diderot et D'Alembert, 1780, pp. 353-354.

Le 'grand goût' est en particulier lié aux XVIIe et XVIIIe siècles, depuis les précieuses, le classicisme qui suit, et un retour à la grandeur sous Louis XV. Il exprime un appétit pour le beau (voire l'extraordinaire) et le sublime. Il fait appel à la magnificence, et se matérialise par la voix et sur la voie de la perfection. Le 'grand goût' c'est la recherche de cette perfection, à travers une langue (le français), des exemples (le plus souvent puisés dans l'Antiquité), et la maîtrise de techniques (les sciences des Lumières ...).

© Article LM

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Une Duchesse très-fardée ...

0xviii2-1000-1791detail1-300lmDans son Dictionnaire d'anecdotes, de traits singuliers et caractéristiques, historiettes, bons mots …, (1725-179. ?) publié pour la première fois en 1766, Honoré Lacombe de Prézel donne cette anecdote :

« Une Duchesse très-fardée se promenait dans le parc de Versailles avec d'autres Dames. Un Seigneur de la Cour, qui avait la vue un peu basse, était de la partie ; il s'avisa, sous prétexte qu'il était nouvellement arrivé de campagne, de vouloir donner à cette Duchesse un baiser qu'elle para, en faisant adroitement demi-tour à gauche, & en se retranchant derrière une statue qui fut tendrement baisée à son intention. Cette méprise fit rire toute la compagnie ; mais le Seigneur, sans se déconcerter, & prenant d'abord son parti : Il n'y a rien de perdu s'écria-t-il, plâtre pour plâtre, c'est à peu près de même. »

Dans ce livre on trouve aussi l'anecdote dont il est question dans l'article Maquillage. La voici :

« Des caillettes bien frisées, bien poudrées & le visage couvert de rouge, demandaient à un Étranger, que pensez-vous des beautés Françaises ? Mes Dames, leur répondit naïvement cet Étranger, je me connais mal en peinture. »

Cet article complète d'autres sur le masque comme celui intitulé La personne, le personnage et la mode, où je compare le maquillage à un véritable masque.

Photographie : Gravure de 1791.

© Article et photographie LM

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Philosophie de la mode

LouisBinetRestifDeLaBretonneDetail1-300lm.jpgLa mode est un spectacle ; la représentation la plus démocratique qui soit, chacun pouvant y participer, et même y contribuant quoi qu'il advienne, car personne ne peut échapper à son image (voir les articles où il est question de l'imago et de la persona), de même que nul ne peut fuir le mouvement (voir l'article sur le rythme). C'est la vie ! Notre respiration est cadencée, les battements de notre cœur … tout. Même le rocher bouge, bien sûr à une autre échelle que la notre. Les grecs anciens font déjà ce constat et leurs rites s'élaborent selon cette conscience. Dans sa Poétique Aristote écrit que le rythme est inhérent à l'homme. Il ajoute que le fait d'imiter et l'harmonie sont aussi dans sa nature. Ces trois éléments qui sont, selon lui, à l'origine de la poésie sont aussi au fondement de la mode

La mode est poésie. Selon les anciens, les arts sont basés sur le principe d'imitation. Aristote écrit que ce qui différencie l'homme des animaux c'est qu'il est plus enclin à l'imitation. Il ajoute que les premières connaissances qu'il acquiert, il les doit à l'imitation, et que tout le monde apprécie les imitations. La mode tend à le prouver dans la mesure où il est rare de trouver une seule  personne suivant une mode qui lui est totalement propre. Qui voit-on habillé aujourd'hui avec une culotte de type XVIIIe, un grand chapeau bicorne comme au temps de Bonaparte, de grands hennins pointus comme au XVe siècle ? Pour dire combien l'imitation est importante c'est que là, moi-même je donne des exemples de distinction en les puisant dans le passé. L'invention pure est rare. Et l'inspiration qui en découle est souvent le fruit d'une imitation, ou au moins dans le cadre d'une progression. Dans la langue de Platon le terme d'imitation est sans doute plus large qu'il ne l'est en français.

Photographie : Gravure de Louis Binet (1744 - vers 1800) provenant d'un ouvrage de Restif de La Bretonne (1734 - 1806).

© Article et photographie LM

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Manières ampoulées : le concettiste, le marinisme, le maniérisme, le maniéré, l'euphuïste, l'euphuisme, le gongorisme, le cultisme, le conceptisme ...

Les précieuses ne sont pas les premières à avoir mis au goût du jour le style affecté. La fin du XVIe siècle et le début du XVIIe est témoin de cela dans toute l'Europe. Nous sommes en pleine époque Baroque. Le style raffiné, parfois exagérément recherché est à la mode. En France ce sont les précieuses qui particulièrement inspirent chez d'autres cette simulation d'esthétisme ; en Italie le poète Jean-Baptiste Marini (1569-1625) ; en Angleterre l'écrivain et dramaturge John Lyly (v. 1553-1606) ; en Espagne les écrivains Luis de Góngora y Argote (1561-1627), Alonso de Ledesma (1552-1623) et Francisco de Quevedo (1580-1645), etc.

Le ou la concettiste, est une personne qui utilise dans ses écrits et la conversation des concetti : des tournures affectées, des traits d'esprit souvent d'un goût douteux. Ce mot en usage au XVIIIe siècle est le pluriel de l'italien concetto que l'on rencontre au moins depuis le XIVe siècle dans la péninsule au sens de 'concept' et qui prend au XVIe celui de figure de rhétorique adroite et subtile. Dans la France des Lumières il désigne une telle figure mais placée inopportunément dans le contexte, un peu ridicule.

Au XVIIe siècle on use du mot 'marinisme' pour un style affecté et précieux à la manière du poète italien Jean-Baptiste Marini qui a beaucoup de succès en Europe.

Le mot maniérisme vient aussi de l'italien et désigne tout à la fois un courant artistique de la Renaissance (allant de 1520 à 1580) et un comportement tout en afféterie, maniéré, avec une élégance gâchées par un manque d'authenticité, vaniteuse.

Le maniéré se fait remarquer par ses manières affectées.

Le terme 'euphuiste' vient du grec ευϕυης qui signifie élégant, de bon goût. C'est le nom qu'à la fin du XVIe siècle en Angleterre on donne à un style précieux et à un bel esprit, suivant le goût raffiné à la mode dans toute l'Europe, ou qui le mime. Nous sommes là dans une exubérance. Il suffit de contempler certains portraits de la reine d'Angleterre Élisabeth Première (1533-1603) pour comprendre de quoi il s'agit. C'est assez impressionnant. Voir ici : 1, 2, 3, 4. L'euphuiste pratique l'euphuisme.

En Espagne, au même moment, se développe le gongorisme : un style littéraire inventé par le poète espagnol Luis de Góngora y Argote, d'un acabit semblable mais abusant en particulier de métaphores précieuses, d'un vocabulaire opulent, d'un ordre syntactique complexe, tout cela pour un contenu peu original voir très conventionnel. On parle aussi de cultisme ou cultéranisme.

À cela s'ajoute le conceptisme qui s'oppose au cultisme en étant concis et sentencieux, manquant tout autant semble-t-il de consistance.

Ces effets de style sont connus en France à cette époque baroque, notamment à travers certains des mouvements que je viens de citer et qui se retrouvent dans le vocabulaire français.

© Article et photographies LM

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Cravate en oreille de lièvre et barbe à l'antique.

LaMode1841-357lmPhotographies : « Modes Françaises ».  « La Mode 7 Août 1841. R. Taitbout 28. » « Pruche lith. » « Imp. D'Aubert & Cie ».
À gauche : « Costume de 1795. Coiffure à la Titus - Cravate en oreille de lièvre. »
À droite : « Costume de 1841. » « Habit à la chevalière - Barbe à l'antique. »

2-1941a-300lm© Article et photographies LM

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Tapisseries de papier : Papiers peints et arts décoratifs du XVIIIe siècle à l'époque contemporaine.

ManufactureReveillon-Charmille1789-2-300Photographies du dessus : « Manufacture Réveillon, Charmille, papier peint, 1789. Laurent Massaloux, Nested Paper, papier peint prototype, 2010. © Les Arts Décoratifs, Paris/DR. »

CollectionAndreMauny-Vers1815-300.jpgPhotographie de gauche : « Collection André Mauny, papier peint, vers 1815. © Les Arts Décoratifs, Paris/DR. »

Photographie de droite : « Jean Luréat, Les Fusées, papier peint, 1925. © Les Arts Décoratifs, Paris/DR. »

Du 7 décembre 2013 au 23 mars 2014 la Galerie nationale de la tapisserie à Beauvais JeanLureat-LesFusees1925-300présente une exposition intitulée Tapisseries de papier où sont présentés des exemples anciens et contemporains de papiers peints. « Source d’inspiration pour ces créateurs contemporains, une sélection de papiers peints de la fin du XVIIIe jusqu’au début du XXe siècle, est présentée en écho afin d’en sou- ligner les évolutions techniques ou esthétiques, et d’éclairer la relation entre le monde de l’art et celui de l’industrie. »

« Renvoyant dès ses origines à la sphère domestique et à la relation que nous entretenons avec le décor, le « papier tenture » ou « papier de tapis serie » devient rapidement un élément crucial du répertoire décoratif ainsi qu’un produit de masse. Souvent mis à l’écart ou relégué à l’arrière-plan de part son caractère répétitif et reproductible, le papier peint joue pourtant un rôle majeur dans la compréhension des modes et styles de vie. Porteur de véritables « devises » décoratives, il témoigne, par son choix et ses usages, des normes culturelles et sociales de la société occidentale. »

« Au fil du parcours et des siècles, les papiers peints offrent au regard un monde d’imagination et de fantaisies où le dessin, la couleur et le savoir-faire technique deviennent les acteurs d’un retour aux valeurs de l’espace intérieur. »

GALERIE NATIONALE DE LA TAPISSERIE : 22 rue Saint-Pierre – 60000 Beauvais. Exposition ouverte du mardi au vendredi de 12h à 18h, les samedi et dimanche de 10h à 18h. Fermeture exceptionnelle les 25 décembre et 1er janvier. Entrée libre.

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Vêtements anciens

Une jolie vente cet après-midi de mode ancienne par Coutau-Bégarie à Drouot-Richelieu à Paris dont voici des photographies de quelques exemples. Le catalogue est visible ici.

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Cartier : Le Style et l’Histoire.

ParureVers1850-300Du 4 décembre 2013 au 16 février 2014, le Salon d'Honneur du Grand Palais à Paris s'ouvre à une exposition intitulée Cartier : Le Style et l’Histoire. 

La société Cartier est une entreprise fondée à Paris en 1847 par Louis-François Cartier, restée familiale jusqu'en 1964. Elle est aujourd'hui la propriété de la Compagnie Financière Richemont basée en Suisse (à Genève), créée en 1988 par le milliardaire sud-africain Johann Ruper et rassembant un groupe d'entreprises spécialisées dans l'industrie du luxe. Elle devient rapidement réputée internationalement pour ses bijoux portés par les têtes couronnées et ses montres. Cette firme invente la première montre bracelet en 1904. 

Photographie de gauche : DevantDeCorsage1907-300Parure. Cartier Paris. Vers 1860. Or, améthystes de forme ovale et poire facettées, écaille. Collier 42.5 cm; peigne 11.3 x 12 cm, broche 8 x 4 cm; boucles d’oreille 4 x 1.7 cm. Collection Cartier. Photo : V. Wulveryck, Collection Cartier © Cartier.  

Photographie de droite : Devant de corsage saphirs. Cartier Paris, commande spéciale de 1907. Platine, diamants ronds taille ancienne et taille rose, un saphir de forme poire, sept saphirs de forme coussin. Serti millegrain. Poids total des saphirs : 51 carats environ. 21 x 12.9 cm. Collection Cartier. Photo : V. Wulveryck, Collection Cartier © Cartier.

« L’exposition est pensée et conçue comme une exposition d’histoire de l’art. OEuvres d’art à part entière, les créations de la maison de joaillerie sont montrées dans le contexte de l’évolution des usages et des styles. 

Depuis sa fondation en 1847 jusqu’au cours des années 1970, l’histoire de la maison Cartier offre l’occasion de découvrir un laboratoire ColierPatiala300de formes et de rentrer dans l’intimité d’une société raffinée qui utilise le bijou et l’accessoire pour leur beauté intrinsèque mais aussi pour leur fonction sociale.  »

Photographie de gauche : Mise sur cire des pierres et étude du serti du collier de Sir Bhupindar Singh, Maharadjah de Patiala créé en 1928. Archives Cartier © Cartier.

« Les quelques 600 bijoux, pièces de joaillerie, objets, montres et pendules, sont donc accompagnés de témoins de la vie artistique et du goût de leur temps : des robes et autres accessoires, des photographies publicitaires, des gravures, JeanneToussaint300des revues de mode. En convoquant les sources  nourrissant chaque étape marquante de l’histoire de la maison, cette exposition ambitionne de mettre en perspective les choix stylistiques de Cartier. Près de trois cents dessins préparatoires, ainsi que de nombreux documents d’archives complémentaires (registres de stocks, cahiers d’idées, dessins relatifs à la boutique rue de la Paix, photographies, plâtres...) achèvent d’enrichir le propos, illustrant les coulisses de la création. »

Photographie de droite : Jeanne Toussaint posant pour un reportage de mode dans les années 1920. Archives Cartier. Baron Adolph de Meyer © Archives Cartier Paris.

« Cette exposition, la plus importante jamais consacrée à la maison Cartier, ne néglige aucune des activités qui firent sa réputation, présentant toutes les typologies d’objets réalisés, depuis les bijoux d’apparat jusqu’aux pièces plus intimes, en passant par le nécessaire féminin, la boîte à cigarettes ou la montre-bracelet, trois emblèmes de la modernité. »

« Première exposition organisée dans le cadre prestigieux et récemment restauré du Salon d’Honneur, Cartier. Le style et l’histoire trouve dans cet espace monumental un écrin idéal, magnifié par une scénographie faisant la part belle à la poésie. Bien loin de l’apparence d’une boutique de joaillerie, le parcours se déroule tel une véritable histoire avec des étapes et des atmosphères bien différenciées, rendant tangible le double enjeu de l’exposition : laisser parler la magie des objets tout en donnant au visiteur suffisamment de clés pour comprendre cette histoire foisonnante. »

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La caillette

L'édition de 1762 du Dictionnaire de L'Académie française donne cette définition de la caillette : « On appelle Caillette & Caillette de quartier, Une femme frivole & babillarde. C'est une caillette. On le dit aussi d'Un homme frivole & babillard. C'est une franche caillette. »

Ce terme viendrait du nom d'un fou du roi François 1er. Aux XVI et XVIIe siècles, on l'emploie pour désigner une sorte de niais ou de manière moqueuse. Puis sa définition devient plus tendre. Aujourd'hui lorsque l'on dit « ma caille », c'est affectueux. Une caillette est une petite caille.

© Article et photographie LM

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