Mythes fondateurs

Mythes fondateurs est une petite exposition du Louvre, avec des œuvres d'art de grande qualité mises à la hauteur des enfants et s'adressant aux personnes peu habituées aux musées, qui a lieu jusqu'au 4 juillet 2016.

Je l'ai visitée pendant les vacances scolaires, et ai eu beaucoup de plaisir à me trouver au milieu de familles, des enfants et leurs parents et surtout grands-parents essayant de transmettre à leurs petits cette beauté magique véhiculée par le patrimoine mondial. On y évoque beaucoup l'imaginaire, le merveilleux, avec un peu d'espace pour se poser. Si le nombre d'oeuvres est suffisant, cette exposition mériterait une superficie plus grande pour pouvoir justement discuter sur l'art, méditer (oui les enfants aussi méditent)... trouver chacun sa joie au milieu de ces représentations des mythes fondateurs de ce qui est notre société... chacun formant sa mythologie finalement.

L'idée est donc particulièrement intéressante.

L’exposition donne à voir environ soixante-dix œuvres de toutes les époques, réparties en quatre sections. La première salle relate des récits sur la création du monde imaginés par diverses civilisations. La seconde est sur les cycles de la nature, le jour et la nuit, et la magie. La troisième donne des exemples de héros mythiques. La quatrième est sur la représentation des mythes et les métamorphoses notamment par l'image (photographie, cinéma, peinture...) et tous les êtres imaginaires qui accompagnent les fables. Des éléments tactiles et ludiques donnent plus de corps à cette exposition.

Deux bémols :

Si l'entrée pour le Louvre est gratuite pour les moins de dix-huit ans et quelques autres, les adultes (avec des exceptions) doivent payer 15 EUR (prix de la visite complète du Louvre).

Et puis bien sûr, bien qu'on nous dise que la présence presque exclusive (au niveau des mythes contemporains) d'un personnage d'un film sortant en décembre 2015 est fortuite, le fait qu'il soit dans le titre de l'exposition et sur toutes les affiches surplombant tous les autres 'mythes' laisse songeur. Il est impossible que cela ne soit pas fait exprès !! Des mythes modernes il en existe des tonnes ! Pourquoi accorder autant de place à celui-là ? Il s'agit ou d'une naïveté confondante ou de l'oeuvre d'un esprit retors ou des deux à la fois. Ces hypothèses pourraient aussi offrir une explication à l'exposition du Louvre Une brève histoire de l’avenir, celle sur un Nicolas Poussin calotin, au centre commercial qu'est devenu ce musée, au déplacement de toutes ses réserves à Liévin dans le Pas-de-Calais (même article que précédemment) et au Louvre Abou Dabi.

Pour Mythes fondateurs, comme c'est la première exposition sur ce sujet, disons que l'exercice n'était pas évident... Attendons de voir les autres. C'est en tout cas une charmante présentation d'oeuvres d'art de qualité, vivante et avec de l'amour... de l'art et des gens.

Rappelons que le Louvre est une très grande et noble institution contenant des trésors incommensurables du patrimoine de l'humanité. Elle doit le rester. Elle est un exemple pour les millions de personnes qui chaque année se rendent dans ce palais construit dès le XVIe siècle...

Trois premières photographies : Prises dans l'exposition.

Photographie de droite : « Stèle de la dame Tapéret (recto). X e ou IX e siècle avant J.-C. (22 e dynastie). Bois peint, 31 x 29 x 2,6 cm. Musée du Louvre. © 2003 musée du Louvre / Christian Décamps. »

Photographie de gauche : « Mythe de création archaïque évoquant les noces cosmiques du ciel et de la terre au moment de leur séparation. 3 ème quart du III e millénaire av. J.-C. Argile. Environ 4 x 5 cm. Musée du Louvre © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Franck Raux. »

Première et dernière photographies : La Nuit et l'Aurore de Jean-Baptiste de Champaigne (1668). « Ce tableau, peint pour la chambre du fils de Louis XIV, accompagnait chaque matin son réveil. »

Photographies ci-dessous : Une jeune fille écrit doctement sur le carnet d'exposition donné aux enfants.

Photographies ci-dessous : « Amphore à figures noires : animaux réels et fantastiques, VI e siècle av. J.-C., Athènes. 30,9 cm x 19,4 cm. Musée du Louvre © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski. » Sur le détail en haut un griffon (gardien des trésors d'Apollon) et au-dessous une sirène (inspiratrice des rythmes poétiques).