Suzanne Valadon, Maurice Utrillo, André Utter : 12, rue Cortot.

PROLONGATION JUSQU'AU 14 MARS !

Le musée de Montmartre est un lieu que je trouve assez magique car mêlant l'univers à la fois réel et reconstitué des artistes de la butte du début du XXe siècle, époque des avant-gardistes et des fauves. Cet endroit a gardé pendant longtemps,  même après son annexion par Paris en 1860, une indépendance et liberté par rapport à la capitale, tout en la dominant du haut de sa colline. Les artistes et la 'bohème tapageuse' y vivaient en autarcie intellectuelle, artistique et morale. Le lieu a changé. Notamment la nature y est beaucoup moins présente avec ses jardins qui étaient comme suspendus au milieu de rochers de gypse creusés en accueillantes cavernes.

L'exposition Suzanne Valadon, Maurice Utrillo, André Utter : 12, rue Cortot, à voir depuis le 16 octobre 2015 jusqu'au 15 février 2016, nous plonge dans ce Montmartre, avec la présentation de cent-cinquante oeuvres originales, rassemblées pour l'occasion, de Suzanne Valadon (1865-1938), Maurice Utrillo (1883-1955) son fils et André Utter (1886-1946) son compagnon, dans l'endroit même où ils vécurent. Cet exposition succède à une autre de qualité intitulée L’Esprit de Montmartre et l’Art Moderne, 1875-1910.

Elle commence au rez-de-chaussée par une photographie de ces trois artistes autour du poêle, lieu hautement stratégique près duquel en hiver on passait de nombreuses heures, par exemple dans les cafés, pour s'y chauffer, avec comme autres éléments qui réchauffaient à Montmartre et Paris : l'art, l'amour, la poésie, la fête et la conversation.

Dans cette salle, à la couleur d'un jaune digne d'un tableau de van Gogh, se trouve un unique tableau : « Le lancement du filet » de Suzanne Valadon, peint en 1914, aujourd'hui au musée de Nancy (dépôt du Centre Pompidou). Sur la photographie ci-dessous à droite on y voit le directeur du musée (en costume lui).

L'exposition se poursuit dans les deux étages en passant par la reconstitution de pièces et de l'atelier des peintres qui, je le rappelle vécurent dans cet endroit. Nous sommes vraiment dans un lieu de peinture et d'artistes.

J'aime beaucoup le ciel du tableau d'André Utter intitulé « Château de Saint-Bernard » (1926). Il est d'un bleu calme dont la profondeur est rendue par les tracés marqués par le pinceau du peintre, horizontaux, verticaux et parfois en cercle.

Dans celui du même artiste représentant « Suzanne Valadon  se coiffant » (première photographie et ci-dessous), de 1913, la peinture devient chair ou le contraire, comme on le voit dans les détails de la peinture ci-après.

Dans la « Vue de l'atelier 12 rue Cortot » (ci-dessous à gauche), d'André Utter, on remarque combien celle-ci est encore bucolique en 1919. À droite la peinture représente « La Maison du 12 rue Cortot » par le même, avec devant  Saskia Ooms, responsable de la conservation au Musée de Montmartre. Au-dessous la même vue aujourd'hui.

Ci-après l'atelier.

Ci-dessous, oeuvres de  Maurice Utrillo. Au milieu se trouve une peinture de la fontaine de la place Pigalle (vers 1910). Il y a quelques jours de cela je suis passé devant cette même vue, et ai eu une envie étrange de vouloir la photographier. Je me suis demandé pourquoi, sans le faire. J'ai été étonné de voir cette même vision ici.