Thé, café ou chocolat ?

Le Musée Cognacq-Jay présente l'exposition Thé, café ou chocolat ? L'essor des boissons exotiques au XVIIIe siècle du 27 mai au 27 septembre 2015.

Si celle-ci n'occupe qu'un étage du musée, elle n'en demeure pas moins très intéressante. Des peintures alternent avec des gravures, dessins et quelques objets d'art dont de nombreuses céramiques de diverses manufactures surtout françaises mais aussi étrangères (Meïssen...) et asiatiques (de la Compagnie des Indes), tous d'époque. Les tableaux sont de Jean-Baptiste Charpentier, Jean-Siméon Chardin, François Desportes, Jean-Baptiste Charpentier...

Un bémol cependant sur l'utilisation de quelques fac-similés, ce qui est malheureusement le plus en plus le cas dans les expositions de nos musées publics qui regorgent cependant de documents originaux. Il semble aujourd'hui plus facile d'envoyer des oeuvres d'art en plein désert (voir l'article Le scandale du Louvre Abou Dabi) que de faire communiquer des documents entre musées publics français. J'ai aussi remarqué qu'aucune vraie chocolatière n'est exposée. Cet objet est facile à différencier de la cafetière, la chocolatière ayant en son couvercle un trou permettant au moussoir de sortir afin de mélanger le chocolat. Une faïence est décrite comme étant une porcelaine : le jeu c'est de la trouver !

Le thé, le café et le chocolat sont trois boissons extraordinaires par leur teneur en éléments actifs. Dans le café on compte au moins huit-cents composés chimiques, et dans le thé on dénombre plus de cinq-cents substances actives.

Ce sont aussi des boissons 'civilisationnelles', depuis des siècles ou millénaires pour le thé en Asie, le chocolat en Amérique ou le café en Orient. Ces boissons 'exotiques' sont introduites en France à l'époque moderne. Le café notamment joue un rôle important au temps des Lumières. C'est souvent autour de cette boisson que les philosophes se réunissent dans des lieux dédiés.

Voir les articles :
Servir le thé, le café ou le chocolat au XVIIIe siècle ;
Cafés parisiens littéraires et artistiques ;
Les cafés de Paris en 1787 ;
Café des Incroyables : Ma parole d'honneur ils le plaisante (1797) ;
Le café Frascati ;
Cafés de vers 1830 ;
Le tortoniste ;
Cafés, 1857.

Photographie de gauche : La Table d'office dit aussi Les Débris d'un déjeuner. Huile sur toile de Jean-Siméon Chardin (1699-1779) de vers 1763. Musée du Louvre (Paris). Autrefois le déjeuner est l'équivalent de notre petit-déjeuner, le dîner du déjeuner, et le souper du dîner.

Photographie de droite : Détail d'un cabaret décoré des portraits en grisaille des membres de la famille royale. Porcelaine dure (1778-1779) de la Manufacture du comte d'Artois (1771-1806, Paris) par Pierre-Antoine Hannong (1739-vers 1794). Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. Un cabaret est un meuble avec ou sans pieds renfermant des liqueurs ou des porcelaines pour le thé... On appelle aussi ainsi le service qu'il contient ou un assortiment pour le thé, café... que l'on place sur un plateau.

Photographie de gauche : Tasse mignonnette et soucoupe à pois à décor naturaliste en porcelaine dure, de 1767. Manufacture royale de porcelaine. Musée Cognacq-Jay (Paris).

Photographies ci-dessous : Cabaret à décor vert et rose en porcelaine dure de la manufacture de Meissen (XVIIIe siècle). Cité de la Céramique de Sèvres.

Photographies ci-dessous : Cabaret solitaire, à décors en rapport avec l'univers de la ferme, en porcelaine dure, de vers 1767-1772. Manufacture royale de porcelaine (fondée à Vincennes en 1740 et transférée à Sèvres en 1756). Peinture d'André-Vincent Vieillard père actif de 1752 à 1790. Cité de la Céramique de Sèvres.

Photographies ci-dessous : Soucoupe de la Compagnie des Indes, en porcelaine dure, provenant de Chine (XVIIIe siècle). Cité de la Céramique de Sèvres. Au XVIIIe siècle la Compagnie des Indes demande souvent aux peintres chinois sur porcelaine de dessiner à partir de modèles occidentaux, comme ici le Christ en croix.

Photographies ci-dessous : Les Quatre heures du jour : le Matin, de Nicolas Lancret (1690-1743). Huile sur cuivre de 1739. The National Gallery (Londres). Ma photographie a malheureusement des reflets.

Photographies ci-dessous : La Visite aux jeunes mariés de Jean-Baptiste Mallet (1759-1835). Aquarelle et gouache de vers 1790. Musée Cognacq-Jay (Paris).