Hôtels particuliers

Le Cabinet des dessins Jean Bonna des Beaux-arts de Paris propose depuis le 14 octobre 2015 jusqu'au 16 janvier 2016 une exposition sur les Hôtels particuliers à travers une cinquantaine de feuilles de dessins préparatoires à l’Architecture française, ouvrage publié par Jean Mariette en 1727. Ce livre compte « 598 planches dont 460 sont consacrées à une soixantaine d’hôtels particuliers parisiens ».

Un catalogue est édité pour l’occasion permettant « de mieux cerner l’étendue et la richesse de cette collection par l’étude du fonds dans sa globalité ».

En 2011-2012, la Cité de l’architecture & du patrimoine avait organisé une exposition intitulée L'hôtel particulier, une ambition parisienne qui était très intéressante. De tels évènements sont importants aujourd'hui car de très nombreux hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles sont restaurés, rénovés, réhabilités, modernisés, agrandis, vendus dans des conditions critiquables.

Comme je l'ai dit dans cet article l'HÔTEL KINSKY (XVIIIe siècle) a été bradé par l'État à une famille princière du Qatar en 2006 pour la moitié de son estimation, l'HÔTEL DE BROGLIE (XVIIIe siècle) cédé en 2013 ; l'HÔTEL DE CLERMONT (construit en 1708) a aussi été vendu par l'État, de même que l'HÔTEL DE FLEURY (Hôtel Brochet de Saint-Prest, construit en 1772) livré à une société foncière, etc. L’HÔTEL DE MIRAMION (XVIe-XVIIe siècles, inscrit au titre des monuments historiques en 1926) a été vendu par l'APHP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris)

La 'réhabilitation' de l’HÔTEL SALÉ (XVIIe siècle) est critiquable, celle de L'HÔTEL TUBEUF du XVIIe siècle (site Richelieu de la Bibliothèque nationale) aussi. Dans les deux cas on assiste à des destructions.

Que deviennent l'HÔTEL LAMBERT (XVIIe siècle) et l'HÔTEL DE CRILLON (XVIIIe), tous deux en travaux depuis des années ? Pour ce dernier les fondations semblent avoir été entièrement détruites pour y construire des garages, piscine et autres.

Dans l'HÔTEL DU GRENIER DES SAINT-AGUSTIN (XVIIe siècle), 110 m2 vont être détruits.

Et ce ne sont que quelques exemples...

Photographie ci-dessus à gauche : « Anonyme. Élévation de la façade sur cour. Plume, encre noire et lavis d’encre de Chine, aquarelle bleue. » © Cabinet des dessins Jean Bonna des Beaux-arts de Paris.

À l'occasion du vernissage presse de l'exposition une visite de l'Hôtel de Chimay a été organisée. Il s'agit d'un hôtel particulier du XVIIIe siècle. Au rez-de-chaussée la décoration intérieure est d'époque Directoire (ou début XIXe). En 1883 l'État l'a racheté pour l'École des Beaux-Arts, et détruit ses étages pour y installer des ateliers.

Photographies ci-dessous : À gauche - Façade donnant sur le jardin. On aperçoit le grand atelier avec ses verrières remplaçant la partie centrale du premier étage et des combles.  À droite - Salon du rez-de-chaussée.

Photographies ci-dessous : Relief entre deux colonnes.  À droite - Salle de cours.

Photographies ci-dessous : Diverses photographies prises dans l'École des Beaux-arts