18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 07:00

Fremond Les collectionneurs havrais visitant une galerie dePhotographies 1 et 2 : 'Les collectionneurs havrais visitant une galerie de  peinture'. Aquarelle sur papier (54 x 71 cm), de vers 1910, présentée à l'exposition Le Cercle de l'art moderne : Collectionneurs d'avant-garde au Havre se déroulant  au musée du Luxembourg à Paris du 19 septembre 2012 au 6 janvier 2013. Collection particulière (ancienne collection Georges Dussueil). © Florian Kleinefenn. On remarque l'enfant portant un tableau avec un énorme soleil.
Photographie 3 : Affiche de l'exposition Le cercle de l'art moderne avec une représentation recadrée de l'huile sur toile de Kees Van Dongen intitulée 'La Parisienne de Montmartre' (vers 1907 - 1908). © Affiche Réunion des musées nationaux - Grand Palais / musée du Luxembourg. © Adagp, Paris 2012.
Fremond_Les_collectionneurs_havrais_visitant_une_g-copie-1.jpgUn cercleux est un homme de la fin du XIXe siècle et du début du XXe qui appartient à un cercle. En France depuis toujours certaines réunions assemblent des personnes à la pointe de la modernité sociale : durant l'Antiquité, le Moyen-Age. Au XVIe siècle des académies et autres réunions de l’intelligentsia de l’époque se forment … puis des salons très fréquents au XVIIIe siècle, et qui continuent pendant tout le XIXe. Les femmes jouent dans tout cela un rôle prépondérant ; celles-ci étant très souvent même à l'origine de ces réunions.
Comme nous l’apprend Louis-Sébastien Mercier (1740-1814) dans Tableau de Paris (1781) les cercles sont importés d’Angleterre dans le dernier tiers du XVIIIe siècle : « Le goût des cercles, inconnu à nos pères, et copié des Anglais, a commencé à se naturaliser à Paris. Dans ces sortes d’assemblées, on s’instruit en s’amusant ; l’histoire, la physique, la poésie, s’y donnent la main : c’est une espèce d’académie composée de personnes de tout état, où le goût de toutes les sciences et de tous les arts y fait un heureux mélange, qui doit contribuer à leurs progrès. » Ces cercles culturels semblent fonctionner avec des abonnés qui assistent à des conférences touchant des domaines variés. Au XVIIIe siècle, le Musée est l’un d’entre eux, ou le Lycée qui se tient près du Palais Royal. La capitale offre toutes sortes de distractions dont raffolent les parisiens des plus frivoles aux plus intellectuelles.
Au XIXe siècle et au début du XXe, appartenir à un cercle prestigieux est une marque d’exclusivité, d’une forme de chic très britannique, l’expression d’une mode mondaine et bourgeoise, d’une certaine classe sociale, celle qui a le temps de se poser sur un moelleux divan tout en y faisant des affaires, de partir en vacances dans une station balnéaire … Le plus fameux des cercles est le Jockey Club. Il est créé par la Société d'encouragement pour l'amélioration des races de chevaux. Y appartenir est une consécration pour certains élégants du boulevard. Mais les places y sont comptées. On y soupe, joue, s’occupe de chevaux, organise des parties fines ... On remarque qu'on ne dit pas ici 'cercle' mais 'club'.

Le clubman (au pluriel 'clubmen') est un habitué des cercles ou clubs du XIXe siècle et du XXe. Le terme même montre l'origine anglaise de la pratique des clubs qui à l'origine réunissent les hommes de la haute société britannique. A la fin du XVIIIe siècle le club (prononcé 'clob') désigne en France « la réunion, les assemblées de plusieurs personnes, à certains jours fixes, pour s'entretenir des affaires publiques » comme on le lit dans le Dictionnaire de l'Académie française de 1798. Pendant la Révolution on désigne ainsi les groupes politiques (club des Cordeliers, club des Jacobins ...). Par la suite cette définition s'élargit aux ressemblements de personnes ayant des intérêts communs.

Il n'est pas certain que la mode des cercles soit importée d'Angleterre comme le dit M. Mercier : tout d'abord parce que le terme est purement français, et ensuite car le fait de se réunir en cercle pour discuter est très ancien en France.

Au XVIIe siècle, le ‘cercle’ désigne la compagnie des princesses et des duchesses assises en rond autour de la Reine, et par extension, tout lieu où cette compagnie (de princesses et de duchesses) se trouve. Ainsi se rendre à un cercle est très chic.
Et puis il y a les cercles des salons où on discourt avec esprit en étant assis en cercle. Certains cercles sont renommés et on cherche à y entrer.
Si le cercle a différentes définitions toutes liées à un certain chic, il en est de même pour le salon. Les salons parisiens invitent des gens en vue (intellectuels, artistiques politiques …). Ce sont des événements mondains dans lesquels peuvent se donner des lectures, concerts, spectacles, bals … où s’exprime le « suprême bon ton ».

Une autre sorte de salon consiste en une exposition très populaire et à la mode à Paris déjà au XVIIIe siècle. Au XIXe, il est chic de faire les expositions et de se montrer dans les grands salons artistiques. Ceux-ci présentent parfois les nouveaux artistes : l’avant-garde du temps dont les protagonistes aiment à se retrouver et forment des mouvements. Diderot au XVIIIe siècle et Baudelaire au XIXe, deux  modernes de leur temps, écrivent au sujet de ces salons et des oeuvres qui y sont exposées. Dans Tableau de Paris (1781), Louis-Sébastien Mercier décrit l’exposition qui a lieu tous les deux ans dans le salon carré du Louvre : « Ce salon est peut-être la pièce la plus régulièrement vaste qui existe dans aucun palais de l’Europe. Il n’est ouvert que tous les deux ans. affiche le cercle de l'art moderne300La poésie et la musique n’obtiennent pas un aussi grand nombre d’amateurs ; on y accourt en foule, les flots du peuple, pendant six semaines entières, ne tarissent point du matin au soir […] On y voit des tableaux de dix-huit pieds de long qui montent dans la voûte spacieuse, et des miniatures larges comme le pouce, à hauteur d’appui. »
Dans les cercles et salons les plus réputés sont invités une partie de la modernité et l'intelligence de l'époque. Le musée du Luxembourg de Paris présente un exemple de cercle du 19 septembre 2012 au 6 janvier 2013 dans une exposition intitulée Le Cercle de l'art moderne : Collectionneurs d'avant-garde au Havre. « Le 29 janvier 1906, un groupe de collectionneurs et d’artistes crée au Havre le Cercle de l’art moderne. Parmi eux : Georges Braque, Raoul Dufy, Emile Othon Friesz et quelques-uns des plus importants amateurs d’art havrais de ce début de siècle : Olivier Senn, Charles-Auguste Marande, Pieter van der Velde, Georges Dussueil, Oscar Schmitz, Edouard Lüthy... L’association se fixe comme objectif de promouvoir l’art moderne au Havre. De 1906 à 1910, le Cercle organise des expositions, des cycles de conférences, des soirées poésie et des concerts. Frantz Jourdain, Guillaume Apollinaire, Claude Debussy apportent leur parrainage à l’association, qui affiche d’emblée sa filiation avec le jeune Salon d’Automne. A l’instigation du Cercle, les œuvres des plus grands artistes du moment sont présentées au Havre, notamment lors des quatre expositions annuelles : les « vieux » impressionnistes tels Monet, Renoir..., les néo- impressionnistes mais surtout les jeunes fauves, entraînés par leurs amis Braque, Dufy, Friesz, qui trouvent tous dans cette ville assez proche de Paris, un accueil favorable et un débouché possible à leur production récente ... »

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 07:00

gravelot1744300lmPhotographies : Gravure de « L. Truchy » (Louis Truchy: ? - 1764) d'après un dessin de « H. Gravelot » (Hubert François Bourgignon dit Gravelot : 1699 - 1773) datant de 1744.
Le terme de 'cacouac', qui signifie plus ou moins 'mauvais', est inventé pour désigner en se moquant de lui le philosophe des Lumières ; puis est utilisé par celui-ci même. Le cacouac est donc un philosophe des Lumières aux moeurs singulières pour l'époque, gorgé d’enthousiasme, caustique, se targuant d’indépendance vis-à-vis des grands, libre ... On sait l’importance de celui-ci dans l’évolution de la civilisation. Comme l’écrit P. - F. Tissot (1768-1854) dans Les Français peints par eux-mêmes (tomes édités entre 1840 et 1842) : il soumet « tout à une analyse sévère » ; et offre « l’exemple d’une pureté, d’un désintéressement, d’une droiture d’intentions qu’on ne saurait oublier ».
Ce mot semble être employé pour la première fois dans un article anonyme du Mercure de France du mois d’octobre 1757, intitulé Avis utile, ou Premier Mémoire sur les Cacouacs. Son auteur semble être Jacob-Nicolas Moreau (1717-1803) qui écrit ensuite, la même année, un Nouveau Mémoire sur les Cacouacs (visible ici). Ces deux titres inspirent Joseph Giry de Saint Cyr (1699-1761) pour son Catéchisme et décisions de cas de conscience à l’usage des cacouacs, avec un discours du patriarche des cacouacs, pour la réception d’un nouveau disciple. Une nouvelle querelle littéraire a donc lieu, après celle des anciens et des modernes ; où cette fois la question n'est pas la suprématie ou l'infériorité de l'Antiquité sur le monde contemporain, mais de la supériorité de la raison sur la foi, des lumières humaines (parti philosophique) ou de la lumière divine (parti dévot). Les Lumières reprennent le terme à leur compte. Diderot écrit en 1761 : « je suis encore Cacouac en diable […] il n’y a guère de bon esprit et d’honnête homme qui ne soit plus ou moins de la clique. » Il est logique de voir ici l'expression « honnête homme »  : gravelot1744-400lmvoir l'article intitulé L'honnête homme. Il est vrai aussi que l'esprit des Lumières devient très à la mode pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle, l'intérêt pour les sciences se développant et les cercles sur ces sujets aussi.
Dans son livre intitulé : Bibliothèque des petits-maîtres, ou mémoires pour servir à l'histoire du bon et de l'extrêmement bonne compagnie (Au Palais-Royal, Chez la petite LOLO, Marchande de Galanteries, à la Frivolité, 1762 la première édition date de 1761), Charles Gaudet donne une définition du cacouac en le faisant du petit-maître d'alors, en le décrivant avec un « esprit d’irréligion, que l'on nomme communément esprit philosophique. »
Les Lumières sont en partie dans la suite du matérialisme des libertins qui considèrent que l'univers relève de la matière imposant ses lois. Avec leur déterminisme naturel, les libertins sont eux-mêmes dans la lignée de l'Humanisme des XVe-XVIe siècles, et mettent en place les fondements qui aboutissent à l’Encyclopédisme puis à la Révolution et à la société industrielle. Comme eux ils sont indépendants, en particulier des pouvoirs, qu'ils soient religieux ou politiques. Ils sont libres penseurs. La liberté est leur credo comme l'indique leur nom. Ils opposent la raison à la superstition. Il résulte de tout cela un certain amour de la vie et de ses plaisirs que l'époque Régence (1715-1723) symbolise notamment par son art tout entier dédié à la volupté.
Le libertin est avant tout associé au début du XVIIe siècle et au règne de Louis XIV (1643-1715). On le retrouve après cette période et avant (le mouvement naîtrait au XVIe siècle en Italie). Tristan L’Hermite (1601-1655) et Charles Sorel (après 1582-1674) qui écrit Les Lois de la galanterie (1644) sont de véritables libertins qui s’affichent comme tels. Dans son livre La mode, ou Caractère de la religion, de la vie, de la conversation, de la solitude, des compliments, des habits et du style du temps (1642) François Grenaille (1616-1680) définit le libertin comme croyant qu’il n’y a rien au-delà des sens. Certains petits-maîtres sont eux-mêmes libertins. Dans Les Nuits de Paris (1788-1794), Restif de la Bretonne (1734-1806) utilise souvent ce mot. On dit aussi 'libertine' ou 'fille' bien que ce dernier désigne avant tout une prostituée. Au XVIIIe siècle, le libertin est vraiment l’acteur de la vie nocturne parisienne. Il est de toutes les parties fines, et dans tous les lieux où il peut accumuler ses conquêtes : dans les manifestations populaires, les académies (salles de jeux), les billards, les cabarets, les théâtres où se jouent des pièces libertines, certains soupers, bals … enfin dans toutes les distractions qu’offre ce siècle où cet homme (ou cette femme) peut trouver ce qu’il désire. Il y a donc plusieurs sortes de libertins ; et il est difficile d'en donner une définition précise à une époque où le libertinage et la volupté sont de mode.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 07:00

boulevardierdetail300lmLe torseur est un homme du XIXe siècle qui a de la tournure, de l’élégance, et qui fait des effets de torse. Cette manière de se tenir est à l'opposé de celle décrite dans l'article Le petit-maître en chenille.
torseurs300lmPhotographies du dessus : détails d'illustrations de La Comédie de notre temps (1874-1876) de Bertall (1820-1882) dont certaines ont déjà été publiées dans ce blog.
Photographie du dessous : Illustration du chapitre consacré au bécarre de Physiologies parisiennes (1886) d'Albert Millaud (1844-1892). Cette image a déjà été publiée dans l'article sur Le bécarre. Nous avons à gauche et à droite deux styles de maintien à la mode chez les hommes jeunes. Cependant, de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu'aux années cinquante comprises, la mode masculine reste aux habits serrés et au port altier.

becarressaluant430lm© Article et photographies LM

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 07:00

caseraitjolienblouzedetail300lmEn France, mais aussi en Europe, un style particulier se développe, surtout à partir du XVIIIe siècle et pendant le XIXe, assez surprenant aujourd’hui car en totale opposition avec l'esprit moderne du XXe siècle. Mais à ces époques cela l'est. Certaines porcelaines témoignent de cette mode, avec leurs couleurs franches et leurs motifs rococos (voir article Le baroque et le rococo : les styles et les personnes). caseraitjolienblouzedetailvisages300lmIl n'y a pas de nom pour définir ce style particulier qui rappelle ces porcelaines, si ce n'est peut-être rococo.
Photographies : Lithographie « N°13 » de « Villain » du XIXe siècle représentant un couple arrêté devant un magasin de « nouveautés » avec la jeune femme montrant à son ami ou mari des tissus en disant « Ça serait joli en blouze [écrit ainsi] ... » Ce dernier fait la moue. Ils sont à la mode de vers 1824. Les tons sont dans un mélange de couleurs tendres et pastel.
Photographie du dessous : Porcelaines de Paris du XIXe siècle « dans le goût de Sèvres »  « à décor de putti sur des nuages entourant le chiffre LP couronné de Louis Philippe. Ailes à fond bleu turquoise rehaussées de guirlandes de feuilles de vigne ou filets or. » Cet ensemble est proposé dans la vente aux enchères du dimanche 16 septembre de la collection Gérard Souham par la maison Osenat. Voir le catalogue ici.

PorcelainesLouisPhilippe.jpg© Article et photographies LM

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 07:00

Au XIXe siècle on appelle, de façon sarcastique, 'accrocheuse' une femme du ‘demi-monde’ qui conduit son propre équipage sur les boulevards à la mode et au bois de Boulogne ; mais qui, ne sachant pas diriger son cheval, accroche régulièrement les autres véhicules. Ce nom est à rapprocher d'autres employés pour définir certaines jeunes femmes modernes en situation comme l’essuyeuse de plâtres dont je donne la définition ici. La biche des deux premières photographies de l'article La biche et le daim pourrait aussi être une accrocheuse.

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 07:00

Le fringant est un petit-maître du XVe siècle. Être fringant c'est se donner des airs pétulants, avantageux. Au temps de Louis XI (1423-1483) les fringantes sont des petites maîtresses ayant pour compagnons les petits maîtres que sont les mignons et les fringants. Elles portent de très nombreux rubans, aiguillettes (cordons, rubans, tissus ... serrés à leurs deux extrémités), des tenues raffinées et nouvelles, de très hautes chaussures. Les noms de fringantes, fringants, fringueraux et perruquiaux, sont présents dans le très intéressant petit livre d'Émile Gigault de La Bédollière (1812 - 1883) Histoire de la Mode en France (1858) retraçant rapidement mais avec justesse, l'évolution des 'tendances' françaises. Je n'ai pas encore trouvé les termes de fringueraux et perruquiaux ailleurs.

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 07:00

dameauperroquetdetailvisage300La barbouillée, la sainte-n'y-touche et la mal-assortie sont des genres de coquettes décrites par l’abbé d’Aubignac (1604-1676), dans son Histoire du temps ou relation du royaume de coquetterie extraite du dernier voyage des Hollandais aux Indes du levant (1654), dans un passage que je cite dans l'article intititulé Coquettes et coquetteries du XVIIe siècle. Au sujet des manières de se farder, voir l'article sur Le maquillage.
Photographie : Détail d'une gravure de la fin du XVIIe siècle représentant une dame avec un perroquet. Son teint est blanc, ses joues rehaussées de rouge ainsi que ses lèvres, et plusieurs mouches couvrent son visage.

© Article et photographie LM

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 07:00

lavieelegantelelawntennis300lmPhotographie 1: Début du chapitre sur « Le Lawn-tennis » de La Vie élégante (tome second, 1883).

pariselegant1838page1300lmPhotographie 2 : Paris élégant, Journal des modes, Chronique des salons, des théâtres, de la littérature et des arts du 20 Septembre 1838.
Il est question des élégants dans l'article de ma première exposition : Récapitulatif de l'exposition Modes anciennes.
Honoré de Balzac (1799-1850) écrit dans le journal La Mode du 29 mai 1830 : « La vie élégante est une science, et une science d’autant plus immense qu’elle embrasse toutes les autres sciences, qu’elle est de toutes les minutes. » Son Traité de la vie élégante paraît dans cette même revue du 2 octobre au 6 novembre 1830, et ne sort en livre seulement qu’en 1853 aux éditions de la Librairie nouvelle. Il y donne des définitions de la vie élégante comme celle-ci : « Le principe constitutif de l’élégance est l’unité. Il n’y a pas d’unité possible sans la propreté, sans l’harmonie, sans la simplicité relative. » lavieeleganteauxcoursesdautomne300lmOu bien encore : « L’élégance travaillée est à la véritable élégance ce qu’est une perruque à des cheveux ». Il est à noter qu’il oppose le dandysme à la vie élégante (voir la définition du dandy).
Photographie 3 : Illustration pleine page de La Vie élégante (tome second, 1883) : « Aux courses d'automne ».

Au XIXe siècle, «  la vie élégante » est une expression usitée pour la vie fashionable, chic, c'est-à-dire à Paris : celle du grand monde et de l'aristocratie du faubourg Saint-Germain et du faubourg Saint-Honoré, des hôtels financiers de la Chaussée d’Antin, du Jockey-club, des cercles, des salons, des boudoirs, des courses de la Croix-de-Berny ou de Chantilly, des avant-scènes des théâtres et du foyer de l’Opéra ; de la haute société qui fréquente les salles de jeux ; pratique l’équitation, la chasse ; qui joue au lawn-tennis ; prend des bains de mer ; se repose dans des stations balnéaires ; fréquente le grand monde ; chasse ; s’encanaille avec des actrices ou dans des cabarets, dans les cabinets particuliers de grands restaurants ... Mais s’agit-il véritablement là d’élégance ?

Photographie 4 : Page de Le Bon Choix de Philinte : Petit Manuel de l'Homme élégant de M. Eugène Marsan avec des dessins d'Henri Farge (Paris, Le Divan, 1923).

LesCannesDeMPBourgetD'unelignenouvelle300lm© Article et photographies LM

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 07:00

Dans Des Mots à la mode … (1692) de François de Callières (1645-1717), on apprend que les expressions 'joly homme', 'joly officier' ... sont très employées, particulièrement dans la bouche des jeunes courtisans (dans le sens d'appartenant à la cour) du temps de Louis XIV. Voici un passage avec l’orthographe remaniée comme j’ai pris l’habitude de le faire pour faciliter la lecture : « Le mot de joli homme ne peut jamais signifier autre chose qu’un homme joli ; c'est-à-dire bien fait, agréable & qui plaît, & je consens que cette façon de parler demeure en usage dans ce sens là ; mais à condition qu’on n’abusera plus comme on fait de ce terme de Joli, en le mettant en tant d’endroits où il ne convient point … ».
La beauté à cette époque est un signe de valeur pas seulement physique mais aussi morale. L’élégance et la mode expriment cela ; ce qui est difficile à comprendre aujourd’hui, où le confort prime sur la beauté, et où cette dernière est seulement considérée comme un objet de désir, de possession, et non pas comme l’expression naturelle du savoir-vivre.

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 07:00

L'air emprunté est une apparence que l'on se donne qui copie le modèle. Cette expression existe déjà au XVIIIe siècle.

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