27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 09:10

TitienMarie500Photographies 1 et 2 : La Vierge au lapin de Titien (1490-1576) du musée du Louvre, inv. 743. © 2007 Musée du Louvre / Angèle Dequier.
Photographie 3 : Vierge de l'Annonciation, de la fin du Ve siècle, provenant d'Egypte (art Copte) et conservée à Paris au musée du Louvre. © 2009 Musée du Louvre / Georges Poncet.
Jusqu'au 3 octobre l'Hôtel-Dieu du Puy-en-Velay accueille l'exposition : Regards sur Marie, où sont présentés des chefs-d'oeuvre  représentant la mère du Christ. 26 œuvres d'art du Louvre y dialoguent avec d'autres prêts d'institutions françaises ou d'églises de la Haute-Loire parfois méconnus ou peu visibles. Des chefs-d'oeuvre de Rembrandt, Titien, de La Tour, Ingres etc. sont ainsi rassemblés dans cette ville qui abrite une des plus fameuses Vierge noire de France.   ViergeAnnonciation300

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 18:47

habits 522D'après Wikipédia l’impression PartiesdeCampagne-prolongation.jpgsur du textile « daterait du IIe millénaire av. J.-C. et serait originaire des Indes. » A l'époque de la Compagnie des Indes (à partir de la fin du XVe siècle), les tissus sont un des articles importés. Ce commerce est interdit en France en 1686 afin de favoriser les productions locales, en particulier les soieries lyonnaises. On appelle aussi « indiennes » les tissus confectionnés en Europe entre le XVIIe siècle et le XIXe qui sont des 'imitations' des étoffes importées en particulier d'Inde. La manufacture de Jouy-en-Josas en fabrique de réputées. Elle est fondée en 1760 par Christophe-Philippe Oberkampf et donne le nom de « toile de Jouy » à un certain type de tissu imprimé fabriqué à cette époque (jusqu'à aujourd'hui) dans plusieurs endroits.
Le musée de la Toile de Jouy (www.museedelatoiledejouy.fr), situé dans le Château de l’Eglantine à Jouy-en-Josas en région parisienne (Yvelines), possède bien évidemment une collection d'indiennes et d'objets liés à la mode d'autrefois. Il y a quelques années de cela, une belle exposition y présentait un don d'une collection liée à la mode et à la toilette féminine au XVIIIe siècle. Jusqu'au 3 janvier 2012 le musée propose une exhibition consacrée à la représentation de la campagne et des jardins dans les toiles anciennes imprimées à Jouy-en-Josas et dans d’autres grandes manufactures françaises. Elle s'intitule Parties de Campagne : Jardins et champs dans la toile imprimée des XVIIIe et XIXe siècles.
Photographies : Affiche de l'exposition et vêtements anciens en toile de Jouy.

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 22:31

Photographie 1 : cat88-300« Honoré Daumier, Plus que ça d’ballon... excusez !..., planche 199 de l'album Actualités, publiée dans Le Charivari le 13 juin 1855, lithographie, 24,9 x 20,5 cm […] t.22 […]. © Bibliothèque Nationale de France. »
Le XIXe siècle est marqué par la Révolution qui le précède et les nouvelles idées qu'elle a engendrées. Le retour à l'ancien régime (royauté et empire) redonne aux femmes le corset et les volumes avec la crinoline, mais rigidifie une silhouette manufacturée par une industrialisation galopante. Ce corps social qui goûte à de nouvelles promesses tout en s'enfermant dans d'anciens et nouveaux carcans est une proie facile pour la caricature et les artistes. Ce siècle est celui d'un Paris tout à la fois bourgeois, aristocratique, bohème, révolutionnaire et ouvert sur le monde, qui se termine dans l'établissement d'une République qui perdure jusqu'à aujourd'hui. Cette époque transitoire est du pain béni pour les caricaturistes qui aiment à croquer les petites et les grandes histoires. L'oeuvre de trois d'entre eux est l'objet de l’exposition Pour Rire ! Daumier, Gavarni, Rops. L’invention de la silhouette qui se cat12-300déroule actuellement et jusqu'au 18 septembre 2011 au musée d’art et d’histoire Louis-Senlecq (Val d’Oise) en collaboration avec le musée provincial Félicien Rops de Namur (Belgique) et l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Cette exposition compare plus d’une centaine de dessins, de lithographies et de peintures de ces caricaturistes de talent. Les trois savent retranscrire la voix individuelle dans le choeur social avec souvent un humour d'observation particulièrement savoureux. 
Sulpice-Guillaume Chevalier, dit Paul Gavarni (1804-1866) est une source importante pour qui s'intéresse à la mode. Il dessine pour de très nombreuses revues illustrées parisiennes de son époque et notamment pour certaines consacrées au bon ton. Il collabore avec Balzac, un autre témoin dandy de son temps. Il donne le nom de 'lorettes' aux jeunes femmes qu'il dessine et qui sont  issues de l'exode rural occupant un nouveau quartier de la capitale construit autour de l'église Notre Dame de Lorette. C'est le sujet de séries de caricatures parmi d'autres comme 'La Vie de jeune homme', le carnaval ('Les Débardeurs'), 'Les Partageuses', 'Les Anglais chez eux, 'Les Parisiens', 'Les Fashionable',  etc. Il cat89-300dessine pour les volumes de Les Français peints par eux-mêmes qui comme plusieurs autres livres illustrés qui sortent par la suite, tels La Comédie de notre temps de Bertall ou Physiologies parisiennes d'Albert Millaud, sont remplis de ces personnages qui suivent et créent le goût du jour depuis les artistes jusqu'au grand-monde en passant par  les demi-mondaines, les lions,  les gommeux et les crevettes de toutes sortes. Les caricaturistes qui peignent ainsi le monde qui les entoure sont nombreux : Cham, Gustave Doré, Daumier, Rops … Certains sont connus, d'autres à découvrir. L'explosion du nombre de revues, journaux, livres ... et les nouvelles facilités d'impression qui permettent d'inclure plus aisément des illustration et de publier en grandes quantités donnent du travail aux dessinateurs et écrivains reconnus ou de la bohème artistique du XIXe siècle.
Photographie 2 : « Honoré Daumier, C’est unique! j’ai pris quatre tailles,  juste comme celles là dans ma vie, planche 27 de l'album Emotions Parisiennes, publiée dans Le Charivari le 07 février 1840, lithographie, 18,7 x 24,4 cm, […]  t. IV. © Bibliothèque Nationale de France. »

Photographie 3 : « Félicien Rops, Crinolines, planche parue dans Uylens spiegel n°38 le 19 octobre 1856, lithographie, 24,3 x 18,3 cm. G33.1. © Musée Félicien Rops, Province de Namur. »

© Article LMsilhouettes300

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 18:15

IngresPortrait300Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) a légué à Montauban, sa ville natale, un corpus de centaines de ses dessins que le musée de cette ville complète d'autres acquisitions, conserve et étudie … recherches qui permettent non seulement d'avoir connaissance des techniques employées par l'artiste mais aussi d'appréhender la conservation d'un papier qui se transforme beaucoup dans la première moitié du XIXe siècle, se fragilisant du fait des nouveaux procédés de fabrication utilisés pour une diffusion à plus grande échelle et à moindre coût. L'exposition Ingres / Secrets de dessins, qui se déroule jusqu'au 6 novembre au musée Ingres de Montauban (voir la vidéo ici), témoigne du type de recherches que l'on peut faire afin de mieux connaître l'oeuvre d'un artiste ; et offre des clés utiles d'expertise pour les collectionneurs et les professionnels tout en éduquant les néophytes. Et puis cette exposition nous rappelle qu'Ingres est un témoin important de la vie de son époque comme le montre cette série de portraits d'hommes : un inconnu (vers 1797) - Jean-François Gilibert (vers 1804/05) - François-Marius Granet (en 1807) - Edme Bochet - Jean-Pierre Cortot (sculpteur) ; et de portraits de femmes : les deux soeurs Harvey (vers 1804) - Mademoiselle Caroline Rivière - Marie-Louise Bénard (en 1819) -  Louise de Broglie (contesse d'Haussonvilleen, en 1845) - princesse de Broglie (vers 1851-1853). 
Photographie 1 : Portrait de Madeleine Chapelle : la première femme de l'artiste. Celle-ci est habillée à la mode de vers 1813 : la capote a une haute calotte alors que la visière se rétrécit par rapport à précédemment (voir à ce sujet l'article intitulé La petite maîtresse invisible) ; la robe garde la forme de la tunique 'à l'antique' avec une taille très haute (en dessous des seins), mais la poitrine est entièrement couverte, et une fraise autour du cou rigidifie un peu plus la silhouette plus libre avant (poitrine et cou découverts) ; mais le corset n'est toujours pas de rigueur. Le papier utilisé pour ce dessin paraît assez moderne pour l'époque. Il ne semble pas être vergé et sa qualité assez médiocre comme le prouvent les nombreuses taches dont les origines peuvent être multiples : comme le contact avec un verre ou un carton de mauvaise qualité, mais qui sont souvent dues en particulier à la qualité du papier employé. Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle le papier est fabriqué à partir de chiffons. IngresfiligraneIl est dit 'vergé' car laissant apercevoir en transparence les lignes formées au contact des vergeures (horizontales) et des chaînettes (verticales) qui composent le tamis avec lequel est fabriqué le papier. Puis de nouvelles techniques apparaissent qui vont beaucoup évoluer au XIXe siècle. Non seulement la matière du papier change avec l'utilisation de fibres végétales comme le bois et de nouvelles colles mais aussi sa fabrication à partir de machines de plus en plus sophistiquées. © Photographie Musée Ingres de Montauban.
Photographie 2 : Image en transparence d'un papier chiffon utilisé par l'artiste, avec les caractéristiques du papier vergé que j'ai évoquées dans la description de la première photographie, et le filigrane. Les filigranes sont rendus obligatoires en France dès la fin du XIVe siècle et au début du XVe. Le papetier forme avec du fil de laiton sur le tamis le dessin de sa 'maison'. La feuille produite (dont la grandeur fait généralement un double in-folio) est ensuite découpée selon les usages. Le papier d'une gravure ne contient donc pas obligatoirement de filigrane. Chaque papeterie ayant sa 'marque' qui évolue avec le temps : le filigrane devient un élément important de datation d'un papier et par là d'un dessin ou d'une gravure. Mis en juxtaposition avec toutes les autres données il peut permettre une expertise précise. © Photographie Musée Ingres de Montauban.

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 19:07

robeGres300Photographie d'une robe de Madame Grès. © Musée Galliera.
Le musée de la Mode (musée Galliera) possède un fonds riche de 90 000 pièces qu'il conserve et expose. La charmante équipe qui le constitue propose en ce moment deux évènements particulièrement intéressants dans leur mise en scène. L'un se déroule au Grand-Trianon de Versailles. Deux articles de mon blog lui sont consacrés : Le XVIIIe au goût du jour  et Le bon goût à nouveau de mode ? La seconde exposition a lieu jusqu'au 28 août 2011 au musée Bourdelle à Paris et s'intitule : Madame Grès, la couture à l'oeuvre au musée Bourdelle. Des vêtements, des dessins et des photographies présentent l'oeuvre de la créatrice parisienne de haute couture Madame Grès (1903 - 1993) au milieu de sculptures d'Antoine Bourdelle (1861 – 1929). Les robes de cette artiste incarnent un idéal féminin et rappellent le classicisme des tuniques des femmes grecques et romaines, où la beauté s'exhibe avec pudeur et féminité dans la délicatesse des tissus et la justesse des plis qui soulignent le corps et son mouvement dans une séduction à chaque instant renouvelée.

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Madame Grès - La couture à l'œuvre par paris_musees

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 11:38

AfficheExpoMmeGeoffrin300Jusqu'au 24 juillet 2011, la maison de Chateaubriand de  Châtenay-Malabry  accueille une exposition intitulée  Madame Geoffrin, une femme d'affaires et d'esprit.
Mme Marie-Thérèse Rodet Geoffrin (1699 – 1777)  est connue pour le salon qu'elle tient dans son hôtel particulier de la rue Saint-Honoré, où elle accueille dans le second tiers du XVIIIe siècle de nombreuses personnalités en particulier des Lumières. Cette exposition présente plus de 400 oeuvres baignant le visiteur dans cette atmosphère à la pointe de la modernité d'une époque avec en particulier : « un portrait inédit de madame Geoffrin peint par Allais (1747), un portrait inédit de madame de Rambouillet (1646) attribué à Philippe de Champaigne, une pendule ayant appartenu à Diderot, un somptueux service en porcelaine de Vienne offert par l’impératrice Marie-Thérèse à madame Geoffrin, des lettres échangées avec le roi de Pologne, Catherine II, Marie-Thérèse..., des tableaux provenant de ses collections, des œuvres dont madame Geoffrin aimait s’entourer, des tableaux de François Boucher, Claude-Nicolas Cochin, Joseph Vernet, Carle Van Loo, aujourd’hui conservés essentiellement en collections privées ... » … que du beau monde !!
A cette époque madame Geoffrin occupe le devant de la scène des salons qui contribuent à répandre  la philosophie des Lumières. Elle s'inscrit parmi les grands protecteurs des arts et des sciences  dont les sociétés se donnent en dehors de la Cour et dont je parle dans mon article intitulé Les précieuses et les femmes de lettres.  « Aidée dans son entreprise par une fortune confortable que lui procurent ses actions à la Manufacture royale des Glaces, elle crée un cercle qui séduit tous les beaux esprits du temps et connaît un succès au-delà de ses espérances. Au fil des presque quarante années de son existence, ce salon est devenu une véritable institution du XVIIIe siècle européen.
AfficheExpoMmeGeoffrindetail300Madame Geoffrin y recevait le roi de Pologne Stanislas-Auguste Poniatowski, Diderot, Helvétius, Marivaux, Fontenelle, Voltaire, l’abbé Guillaume Thomas François Raynal (auteur d’une Histoire philosophique des Indes), Jean-Charles Philibert Trudaine de Montigny, le baron d’Holbach, Montesquieu, Sébastien Roch Nicolas Chamfort, Jean-François de La Harpe, Jeanne-Antoinette Poisson, comtesse d’Étioles puis marquise de Pompadour et maîtresse de Louis XV, Bernard-Joseph Saurin et Claude-Henri Watelet, Jean le Rond d’Alembert, Anne Léon de Montmorency-Fosseux, David Hume, Edward Gibbon et Horace Walpole... Correspondant avec Catherine II, l’impératrice Marie-Thérèse et plus encore avec Stanislas-Auguste Poniatowski, élu roi de Pologne en 1764, elle fait en 1766 un voyage à Varsovie qui lui octroie une renommée européenne. Elle est reçue à l’étranger comme une tête couronnée. À Vienne, elle accepte d’être l’ambassadrice de l’impératrice afin de promouvoir en France la renommée de celle que l’on destine au Dauphin, Marie-Antoinette. En remerciement, elle reçoit un somptueux service en porcelaine de Vienne, qui sera présenté pour la première fois au public ainsi que le grand surtout de glace commandé par madame Geoffrin afin de pouvoir présenter cette précieuse vaisselle dignement sur sa table. À lui seul, la présence dans l’exposition de ce service d’origine impériale constitue un véritable événement. »
Photographies : Affiche de l'exposition.

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 15:27

grandtrianon650Photographie ci-dessus : Cour d'honneur du Grand Trianon de Versailles construit par l'architecte Jules Hardouin-Mansart. Photographie LM.
robealafrancaise-copie-1Photographies suivantes d'après © EPV / J-M Manaï, C Milet, de vêtements de l'exposition appartenant aux collections Galliera avec :
1- Dos d'une robe à la française de vers 1750-1760. « Cannetillé de soie broché polychrome, lames or et argent. »
2 - Habit de vers 1750-1760. : « Taffetas changeant, broderies au point de chaînette, fils de soie dégradé de bleus, décor brodé à disposition. »
3 - Dos de caraco et jupe de vers 1785.  « Gros de Tours en soie rayé bordé d’un ruban. »
4 - Caraco et jupe de vers 1780 – 1785.  « Taffetas de soie matelassé. »
Le château de Versailles présente dès aujourd'hui et jusqu'au 9 octobre 2011 une exposition intitulée Le XVIIIe au goût du jour. Celle-ci occupe presque entièrement le Grand Trianon. Dans ses appartements sont présentés des vêtements et quelques objets de mode du siècle des Lumières et des créations s'inspirant de ce style depuis le XIXe jusqu'à aujourd'hui, tout cela dans un bijou architectural du XVIIe décoré de vraiment splendides peintures du temps de Louis XIV et de meubles d'époque Empire.
habit-copie-1Le goût est un élément important de la mode française … et en particulier le « bon goût » qui s'accorde très bien avec la nouveauté et la création dans ce mouvement des apparences et du changement.
Vers 1715 la robe volante ou 'battante' fait scandale lit-on sur le site des Arts décoratifs de Paris : « en raison de son inspiration issue des tenues d’intérieurs portées dans l’intimité comme la robe de chambre ». La 'robe à la française' lui succède. A cette époque et pendant tout ce siècle le vêtement masculin est principalement celui de 'l’habit à la française' composé de l’habit, du gilet et de la culotte. Evidemment il change en fonction des modes.
Dans le dernier tiers du XVIIIe « les formes se diversifient très rapidement et l’on voit apparaître la robe à la polonaise, à la circassienne, à la turque, à la levantine… toutes influencées par un exotisme plus ou moins lointain. Mais l’une des modes les plus scandaleuses est initiée par la reine elle-même. A la recherche de confort et de simplicité, Marie-Antoinette adopte à partir de 1778 une robe chemise de coton blanc qui évoque les pièces de lingerie et se fait représenter dans cette tenue en 1783 par madame Vigée-Lebrun [voir ici]. Le tableau est alors vivement critiqué lors du salon de la même année. » (Arts décoratifs).
caracoetjupejaunesA la fin du XVIIIe  on souhaite plus de commodité dans la mise. On emprunte au peuple l'usage du caraco.
Les iconographies découvertes lors de fouilles archéologiques inspirent les merveilleuses et les inconcevables qui se vêtissent 'à l'antique' : dénudées en partie, habillées de tuniques simples et transparentes à la taille haute (juste au dessous de la poitrine). Elles abandonnent le corset (corps à baleines) et portent parfois les cheveux courts. L'époque de transition de la Révolution permettra de mettre au goût du jour ces nouveautés.
Le siècle suivant, qui voit l'avènement à nouveau de la monarchie, reprend des codes vestimentaires de l'ancien régime, comme l'usage du corset et de robes décorées de rubans, de colifichets et de falbalas qui s'élargissent de plus en plus grâce à de nombreux jupons puis à la crinoline dont la crinoline 'cage' marque l'apothéose (voir un remarquable exemple ici) durant le second empire (1852-1870). 
caracoetroberougesAvec l'avènement de la troisième république (1870-1940) la robe s'affine largement pour ne garder à la fin du XIXe qu'une tournure dans le dos et une petite traîne.
Au début du XXe siècle le corset est à nouveau abandonné (mode du couturier Paul Poiret) et l'on s'inspire des inconcevables de la fin du XVIIIe pour créer de nouvelles robes beaucoup plus simples (à l'antique) et pratiques (ce qui était un des leitmotivs de la mode des merveilleuses), en particulier durant les 'années folles' qui sont aussi celles de la couturière Coco Chanel.
Dans l'après guerre Christian Dior crée des robes  'juponnantes' qui redonnent une silhouette marquée aux femmes qui les portent. Mais ce genre d'habillement est surtout l'apanage des robes du soir. Le prêt-à-porter occupe dorénavant une place hégémonique. Seuls certains créateurs comme Yves Saint-Laurent  réussissent à allier la haute-couture à une production assez massive. Mais les silhouettes restent beaucoup plus simples qu'au XVIIIe siècle, l'extravagance se cantonnant surtout aux défilés de mode qui reprennent des codes du siècle des Lumières mais souvent sans que cela ait des répercussions directes sur la mode.
Pour plus d'informations sur cette exposition voir l'article intitulé : Le XVIIIe au goût du jour.

Photographie ci-dessous : Au Grand Trianon. LM
beaumonde

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 19:03

detailtableauPhotographie : Détail d'une peinture représentant Marie-Antoinette d'Autriche, reine de France, d’après Marie Louise Elisabeth Vigée - Le Brun.
Le musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon, qui possède une très belle collection de vêtements et de tissus anciens, présente jusqu'au  2 octobre 2011 certains habits du siècle des Lumières dans une exposition intitulée Si le XVIIIe siècle m’était conté ...
robeXVIIIePhotographie : Robe à la française. France, entre 1740 et 1750 (étoffe de 1710-1715). « Lampas fond satin de 8 liseré et broché, latté. Soie. »  © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
robealafrancaisePhotographie : Robe à la Pompadour. France, époque Louis XV. « Satin de 8 chaîne, broderie. Soie. »  © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
robeblanchePhotographie : Robe dite « parée ». France, entre 1780 et 1790. « Pékin liseré : taffetas, taffetas liseré et satin de 8, chaîne. Soie. Broderie : point lancé, de tige, de nœud. Soie, filé  métallique doré, paillettes. »  © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
habitPhotographie : Habit d’homme. France, vers 1790. « Velours coupé simple corps, lancé ou liseré 1 lat, fond taffetas. Soie. Broderie : passé plat et empiétant, point lancé,  couchure. Soie, filé, cannetille et paillettes métalliques dorés, cannetille vernie de rouge.  » © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
caracoPhotographie : Caraco avec gilet brodé. Europe, vers 1790. « Caraco : pékin rayé, ombré : satin de 8 et taffetas. Soie. Veste : pékin : satin de 8 et taffetas. Soie.  » © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
Ci-dessous des détails d'une broderie de veste d'homme du XVIIIe siècle d'une grande finesse.
boutonsdhabit500Photographies : Détails au niveau des boutons d'une veste d’homme. France, fin du 18 siècle  « Taffetas calandré (?). Soie. Broderie : paillettes, cannetilles métalliques argentées, verre coloré (strass ?). Application  de broderie en relief, taffetas et tulle, de dentelles. »  © Photographies (+détails) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 10:36

versailles2damesPhotographies : A gauche La Marquise de Pompadour (1721-1764) peinte par François Boucher (1703-1770). © Photographie musée du Louvre à Paris. A droite Marie-Antoinette en 1778, en grand habit de cour par Elisabeth Louise Vigée - Le Brun. © Photographie châteaux de Versailles et de Trianon.
versaillesrobesPhotographies ci-dessus : Vêtements d'époque du XVIIIe siècle provenant du musée Galliera à Paris. © EPV / J-M Manaï, C. Milet.
versaillesrobedevilleXIXePhotographie de droite : Robe de ville de vers 1850-1853. © © EPV / J-M Manaï, C. Milet.
Le titre de cet article est celui d'une exposition qui promet d'être intéressante car replaçant dans l'actualité contemporaine la mode du XVIIIe siècle. Même si dans nombre de mes articles, et bien que parlant de l'ancien, j'ai essayé de montrer que l'esprit compte plus que la forme, en particulier dans la mode où le renouvellement, le mouvement, l'invention, le style, et la modernité font office de  préceptes, il reste intéressant de constater comment des modes d'autrefois ont continué d'inspirer des créateurs et continuent de le faire. Et puis pourquoi ne pas puiser son inspiration dans ce qui a été fait quand c'est dans notre goût ?
Cette exposition, qui se déroulera du 8 juillet au 9 octobre 2011 dans les appartements du Grand Trianon du château de Versailles (www.chateauversailles.fr), présentera en miroir des costumes et accessoires du siècle des Lumières et une cinquantaine de modèles de grands créateurs des XXe et XXIe : des pièces provenant d'archives de maisons de couture et des collections du musée Galliera.
Photographie de gauche : Vivienne Westwood, collection prêt-à-porter, printemps-été 1990/1991. Vivienne Westwood est aux fondements de la mode vestimentaire punk, mouvement (florissant dans les années 1976-1979) qu'elle contribue avec Malcom McLaren son mari à créer et répandre. Tous les deux sont aussi à l'origine du mouvement post-punk appelé « New Romantic » et de la 'mode pirate' (1979-1983) lui étant associée : celle-ci utilisant des codes vestimentaires anciens en particulier venant du temps des incroyables et merveilleuses. Ce couple anglais est précurseur dans de nombreux domaines : la new-wave (si certains considèrent les New York Dolls comme annonciateurs du punk ils le sont aussi de la new-wave par certaines mises en scène), le punk, la mode pirate, le hip-hop ...  © EPV / J-M Manaï, C. Milet.
Photographie de droite :  Maison Christian Dior, collection haute couture printemps-été 2011. © Détail d'un montage photographique provenant du dossier de presse.versailleshautecouture

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 07:17

1802costumesdebalblancLM300Photographie : Couple dansant en 1802 avec un mirliflor et une inconcevable.
Il y a un phénomène sur lequel je crois tout le monde est d'accord : c'est que nous bougeons. Le mouvement est à la base de la vie. Les premières théories écrites sur le théâtre et la poésie en général partent de cette constatation. La question est de savoir comment rendre ces rythmes harmonieux ? Comment bouger de manière intelligente : avec cette inspiration, ce 'je ne sais quoi' qui transmet ce plus d'âme … qui donne une âme aux choses … qui transcende … offre cette joie profonde si importante dans l'esprit français … que certains appellent le plaisir ?
Apprécier un rythme cela dépend de beaucoup d'éléments : de la condition dans laquelle on se trouve, de la culture et de l'éducation (expérience de vie) que l'on a, des mouvements vers lesquels tend notre âme etc. Il n'y a donc pas de bons et mauvais rythmes mais des adéquats. Tous ne se mélangent pas. C'est une question de multiplicité des rythmes, ce qui en fait leur richesse. Pour vivre en communauté nous avons besoin qu'un mouvement d'ensemble soit donné. Durant l'Antiquité c'est à travers la fête que cela s'exprime de la façon peut-être la plus exemplaire. Le meilleur des poètes de la cité est choisi pour la guider en composant les danses, les chants et la représentation dans son ensemble, en harmonisant, en chef d'orchestre, toutes les qualités mises en oeuvre. Et puis il y a tous les autres mouvements : individuels, familiaux, amicaux, de travail, religieux, intellectuels etc.
Finissons par la vison poétique d'une promenade dans un jardin grec durant l'Antiquité avec deux philosophes conversant en marchant sous des essences odorantes filtrant doucement un soleil distribuant à tous sa lumière.

Photographie 2 : « Le Temps de l'Après dîner. Délicieux jardins, agréable verdure, / Beaux parterres que Flore enrichit de ses dons, / D'un livre ingénieux souvent sur vos gazons / On se plaît à goûter l'amusante lecture. / Plus vif dans mes plaisirs, pour moi j'aime bien mieux / Accompagner Philis, et lire dans ses yeux / Qu'au fond de vos bosquets un solitaire asile, A nos tendres ardeurs deviendrait fort utile. » Gravure de F. Aveline le fils (François- Antoine Aveline : 1718-1780) d'après Mondon. Cette estampe fait partie d'une série d'Aveline et Mondon qui sont à l'origine de très belles gravures baroques ayant une fantaisie charmante, où les perspectives sont tronquées et le merveilleux subtilement amené dans un style rocaille parfaitement plaisant. Dimensions : 33,5 x 41,2 cm.

© Article LMletempsdelapresmidirecadrelll

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Aujourd'hui Internet est dans les mains de quelques groupes. Les informations de leurs utilisateurs sont vendues aux plus offrants par l'intermédiaire notamment des réseaux sociaux. Avez-vous lu les Conditions d'utilisation de Facebook : « vous nous accordez une licence non exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l’utilisation des contenus de propriété intellectuelle que vous publiez sur Facebook ou en relation avec Facebook (licence de propriété intellectuelle). Cette licence de propriété intellectuelle se termine lorsque vous supprimez vos contenus de propriété intellectuelle ou votre compte, sauf si votre compte est partagé avec d’autres personnes qui ne l’ont pas supprimé. » Cela signifie que Facebook peut utiliser à sa convenance et vendre toutes les informations que vous mettez dans votre compte, et même après l'avoir clôturé.

 

     
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