Le blog de La Mesure de l'Excellence http://www.lamesure.org/ 2007-04-11T10:25:08Z over-blog.com Atom 1.0 Generator http://accel6.fdata.over-blog.com/99/00/00/01/img/avatar.png Présentation des nouveautés d'antiquaires. Vous pouvez nous contacter à richardlemenn@hotmail.fr http://www.lamesure.org/article-19328494.html La broderie de soie 2008-05-07T08:12:23Z 2008-05-06T09:35:00Z La Mesure de l'Excellence http://www.over-blog.com/profil/blogueur-23495.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/02/16/51/2008/avil-juin/franseslogovert250.jpg" /> La broderie de soie est un art séculaire. Des exemples nous sont parvenus provenant de l'Egypte antique, de l'ancienne Asie, du monde celte etc. Au Moyen-âge ces produits sont très recherchés. On y joint parfois des fils d'or et d'argent. Ce procédé délicat offre des œuvres d’une extrême fragilité. L’exemple que nous présentons ici est particulièrement beau. Il est exposé sur le site de la galerie Franse. Il s’agit d’un travail du XVIIe siècle italien exécuté d’après une peinture de Giampetrino conservée au Museo di Capodimonte à Naples. Cette broderie de soie, dont les dimensions sont de 43 x 56 cm, représente la Vierge et Jésus entourés d’un ange (sans doute Saint-Michel) et d’un homme (peut-être Saint-Jérôme). On distingue un arrière plan de roches et de montagnes. Les trois couleurs primaires aux nuances tendres et précieuses dominent (rouge, bleu, jaune), et sont baignées dans de l’or. La luminosité du Christ est renforcée par le décor sombre et la fine brillance de la soie. La manière de couleurs et contrastes est typique des compositions de Ricci Giovanni Pietro Pedrini dit Giamp(i)etrino (1493-1540) ; elle est renforcée par les effets de la soie. http://www.lamesure.org/article-19141854.html Les vases à parfums du XVIII ème siècle. 2008-04-29T11:14:34Z 2008-04-29T10:29:00Z La Mesure de l'Excellence http://www.over-blog.com/profil/blogueur-23495.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/02/16/51/2008/avil-juin/pairedebruleparfums360.jpg" /> Si nous avons vu qu'au 18e siècle on se parfume le corps, on le fait aussi de l’habitation et cela de maintes façons. Sans doute garde-t-on dans certaines campagnes la pratique médiévale de l'épandage qui consiste à parsemer le parterre des demeures de fleurs et d'herbes fraîches coupées connues pour leur fragrance, leur beauté ou leurs propriétés médicinales. On emploie pour cela des fleurs d'iris, de roses, de pâquerettes, les sommités fleuries de lavande, tanaisie, sarriette, sauge officinale…, ou juste des herbes fraîches. Dans des vases, des bouquets de fleurs ou des plantes en pots agrémentent le regard autant que l’odorat. Il semblerait qu’au 18e on parfume même les murs des pièces. On distille aussi d’agréables odeurs grâce à des vases à parfums comme les brûle-parfums, cassolettes, pots-pourris … aux multiples formes. Photographie : Paire de brûle-parfums, d’époque Louis XVI, en bronze doré et patiné, présentée sur le site de la Galerie Wanecq. Ils ont un couvercle orné d’une graine, et reposent sur un piètement tripode avec palmettes terminé par des sabots de caprin et ornés dans leur partie haute, de têtes de faunes dont les longues cornes torsadées courent sur le pourtour du réceptacle. La base en marbre blanc est posée sur trois petits pieds toupie, et le tout fait 33 cm de haut et 12 cm de diamètre. Le brûle-parfum ou cassolette comporte un bassinet dans lequel sont disposées des braises ardentes, parfois de résine et de bois odorants, sur lesquelles sont jetées des pastilles de Chypre, à la mode d’Angleterre, du Portugal, d’Espagne ou de roses … Ces parfums de fumigations peuvent être composés de bien des plantes. Les odeurs s’échappent par une galerie ajourée dans le col ou par des yeux ménagés dans le couvercle. Brûle-parfums et cassolettes sont munis d’un pied ou posés sur un socle en forme de trépied. Leur partie inférieure (bassinet) reçoit les matières odorantes et les vapeurs s’exhalent par la partie supérieure. Aux 17e et 18e siècles, des brûle-parfums sont surélevés sur de hauts trépieds. Avec le style Louis XVI quelques-uns évoquent des vases antiques munis d’anses à volutes. Certaines cassolettes reposent sur trois ou quatre pieds en griffes de lion (ou autres) ou sur piédouche, eux-mêmes parfois fixés sur un socle quadrangulaire. D’autres cassolettes sont destinées à être suspendues au bout d’une longue chaîne. On invente à la fin du 17e siècle des brûle-parfums à liquide. Les eaux parfumées contenues dans le bassinet sont chauffées à l’aide de petits réchauds ou brûleurs à braises souvent en argent à manche d’ébène ou de bois noir, ou à l’aide d’une lampe à esprit de vin. Ces parfums d’évaporation sont donc en particulier des eaux simples versées dans des cassolettes en cuivre, vermeil, argent…, placées sur un réchaud à feu doux. Photographies de gravures provenant de livres du XVIIIe siècle ou du tout début XIXe avec des brûle-parfums représentés dans un environnement associé à Aphrodite et son fils Eros. Au 18e siècle, on crée la fleur à parfum en porcelaine, dont le bulbe, contenant de l’eau parfumée est placé sur un réchaud. Les vapeurs suivent le conduit des tiges et se répandent à l’extérieur au milieu des pétales. Dans la lampe à parfum, une mèche trempe dans de l’huile aromatisée qui en se consumant dispense de douces odeurs. Il semblerait que le vase pot-pourri apparaisse en France vers le milieu du 18e siècle. A l’époque rococo les formes sont nombreuses : la soupière, le vase-balustre, la girandole, les rochers, les animaux… A Meissen, Kandler crée un type de pot-pourri particulier constitué d’une urne placée sur un rocher où une scène est représentée. Les trous ronds, ou yeux, par lesquels s’exhalent les vapeurs parfumées sont habituellement pratiqués dans le couvercle ou, plus rarement, dans le col ou l’épaule du vase. Photographie : Paire de pots-pourris en faïence de Turin (fabrique Giovanni Antonio Ardizzone), à décor polychrome d'angelots parmi des ornements rocailles et prises en forme de tête de chien, de 13,8 cm de haut, datant de vers 1765, présentée sur le site de l’antiquaire Christian Béalu. http://www.lamesure.org/article-18964693.html Expertiser une gravure ancienne 2008-04-23T15:04:51Z 2008-04-22T17:13:00Z La Mesure de l'Excellence http://www.over-blog.com/profil/blogueur-23495.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/02/16/51/2008/avil-juin/gravuressignatures100.jpg" /> Quelle est la différence entre une gravure et une estampe ? On appelle estampe un type spécifique d'image qui est le résultat d’une multiplication par impression en utilisant un procédé soit manuel soit photomécanique. Grâce à un passage sous une presse ou un équivalent, on transfère une charge d'encre sur un support comme une feuille de papier permettant la duplication en série. Il en résulte une lithographie, une sérigraphie ou une gravure. Dans le cas de cette dernière, le support est gravé pour permettre l’encrage. Au XVIIème siècle, on distingue deux sortes de gravures : en relief et en creux. Cette seconde est aussi appelée taille-douce et est le plus souvent sur métal, en particulier sur cuivre (chalcographie). La taille-douce est pratiquée dès le XVème siècle et est généralement plus fine.  Il existe différentes techniques de taille-douce : le burin, l'eau-forte, la pointe-sèche et l'aquatinte (voir : www.weblibris.com/fr/gravure.html). La gravure sur bois en relief (xylographie) est plus ancienne. On l’utilise depuis très longtemps en Chine et depuis le XIVème siècle en Occident. Voir aussi : www.estampes.ch/index.htm et fr.wikipedia.org/wiki/Gravure. C’est en 1796 qu’est inventée en Allemagne la lithographie permettant la reproduction d’oeuvres exécutées à l’encre ou au crayon sur une pierre calcaire. Pour authentifier une gravure ancienne, différents éléments sont à prendre en compte. Il y a tout d’abord LE SUJET qui permet d’affirmer que l’estampe n’est pas d’avant une certaine période. Si elle représente Louis XVI, on peut être sûr qu’elle ne précède pas sa naissance ! D’une façon plus subtile, avec une connaissance assez profonde des arts décoratifs, on reconnaît des caractères propres à chaque époque, même si ces images représentent des sujets plus anciens. LES SIGNATURES ET AUTRES TEXTES sont des sources d’informations. La plupart du temps, ces gravures sont signées du dessinateur (inv., pinx. …) et du graveur (sculpteur : sculp.) qui peuvent être les mêmes. S’il y a un ‘Privilège du Roi’, alors l’image a été éditée pendant la royauté, sinon on peut avoir : ‘Déposé à la Bibliothèque Nationale'. L’éditeur et le lieu d’édition sont parfois indiqués, ce qui aide à la datation. Différents exemples sont présentés dans la photographie : LA TECHNIQUE employée pour graver est importante car chacune apparaît à une période précise. LE PAPIER est un élément primordial. Il peut être daté non seulement par sa texture (papier vergé …) mais aussi grâce au filigrane qui peut se voir en transparence et qui est la signature de la manufacture ayant fabriqué le papier. Il n’est pas toujours présent mais quand il l’est, cela aide beaucoup (Voir les quelques exemples de la photographie ci-dessous). L’USURE du papier, ses altérations, peuvent renseigner sur son ancienneté, même si certaines gravures anciennes, parfois ‘lavées’ peuvent être dans des états remarquables. L’ORIGINE de la gravure donne des indications. On peut trouver un  tampon de collection, voir qu’elle provient d’un livre ... Les gravures originales ont certaines DIMENSIONS. Elles ont parfois été reproduites par la suite dans d’autres proportions. Il est donc important de faire des recherches dans ce domaine en faisant des comparaisons avec des originaux se trouvant dans des musées ou ailleurs. Tous ces éléments doivent être pris en compte, et aucun être délaissé. Le Louvre continue à produire des estampes à partir de planches originales en utilisant les procédés anciens. Cela montre combien les expertises doivent être minutieuses. Chalcographie du Louvre : www.chalcographiedulouvre.com.  « Fondée en 1797, la Chalcographie du Louvre conserve une collection de plus de 13.000 planches gravées, placée sous la responsabilité du département des Arts graphiques du musée du Louvre. Dès sa création en 1895, la Réunion des musées nationaux s'est vue confier la direction commerciale de la Chalcographie. Cette activité consiste en l'édition, la diffusion et la commercialisation de nouvelles estampes, d'après les planches gravées de la collection et selon les procédés traditionnels de l'impression en taille-douce. Aujourd'hui, les collections de la Chalcographie continuent de s'enrichir grâce à une politique d'acquisition de gravures anciennes et de commande à des artistes contemporains. » La chalcographie désigne tout à la fois l’art de la gravure en taille douce (du chalcographe) généralement sur métal et particulièrement sur cuivre (le mot vient du grec ancien : « écriture sur cuivre [χαλκός] », et une collection de planches gravées. SITES INTERESSANTS : www.artheque.com/biographie.html : Biographie assez complète de graveurs du XVIII ème siècle. adlitteram.free.fr : Biographies de graveurs des XVII ème et XVIII ème siècles et une histoire de la gravure au XVIII ème siècle. http://www.lamesure.org/article-18843119.html La faïence française 2008-04-21T19:00:50Z 2008-04-18T11:05:00Z La Mesure de l'Excellence http://www.over-blog.com/profil/blogueur-23495.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/02/16/51/2008/avil-juin/assiettemoustiers.jpg" /> Nous allons dans cet article donner une définition de la faïence française et prendre pour exemple celle emblématique de Moustiers. Photographie : Cette assiette en faïence de Moustiers est caractéristique de la production française des XVIIe et XVIIIe siècles. Elle est exemplaire avec son décor en camaïeu bleu de dentelles en bordure et son médaillon en plein sur le bassin avec une scène mythologique. Cette dernière mélange la fable antique à celle du terroir. Ainsi retrouve-t-on Aphrodite naissant de l’écume des flots voguant sur un dauphin, entourée d’Eros et d’une naïade en forme de sirène, associée à une divinité féminine de la nature et de l’amour : une nymphe aquatique des cours d’eau évoluant dans un paysage bucolique français avec la nature en premier plan et un village à l’arrière. Les quatre éléments découpent en parties égales la scène avec la terre (plantes, arbres, terre, village), l’eau (la rivière), l’air (avec le ciel et les nuages), et le vent (symbolisé par la divinité). Cet objet d’art est du XVIIIe siècle et fait 23,5 cm de diamètre. Il est à noter le crémeux de l’émail. Il appartient à l’antiquaire Christian Béalu et est présenté sur son site : La faïence est un genre de terre cuite : une poterie (céramique argileuse à pâte poreuse) constituée d'un mélange de terres composé d'une argile plus ou moins pure, de sable et de marne calcaire, et recouverte d'un émail stannifère (stanum = étain, l'étain rendant l'émail opaque). L'émail stannifère est une couche vitrifiée. Il est composé d'oxyde de plomb (fondant), de silice et d'étain opacifiant (cache la couche d'argile, rend imperméable, blanchit, et sert de support au décor peint). On peut le colorer dans la masse en y incorporant des oxydes métalliques tels que le cobalt pour le bleu et l'antimoine pour le jaune et obtenir des fonds de couleur. La faïence est opaque, contrairement à la porcelaine qui est transparente à la lumière. Après le modelage, on cuit une première fois le biscuit vers 500° (cuisson de dégourdi) ; on le trempe dans de l'émail stannifère. Dans la faïence de grand feu, après cette première cuisson dite « au dégourdi », on recouvre la terre de l'émail qu'on laisse sécher, et on peint le décor sur l'émail cru, pulvérulent, avec des émaux (oxydes métalliques) aussitôt absorbés. Les repentirs sont interdits. On cuit à 980° l'ensemble, chaleur nécessaire à la fixation de l'émail. Cinq oxydes métalliques résistent à cette température : le bleu (cobalt), le vert de cuivre (il fuse, c'est à dire bave un peu), le jaune d'antimoine, le violet (manganèse) et le rouge « tomate » (fer). Pour les faïences de petit feu (début vers 1740), on cuit la pièce recouverte de l'émail stannifère vers 980°. On peint ensuite le décor sur l'émail. Il s’en suit une cuisson pour les couleurs à température inférieure, et une autre s'il y a de l'or. La palette des teintes est beaucoup plus riche : pourpre de Cassius, or etc. Les étapes de la fabrication de la faïence sont les suivantes : recueillir la terre, la laver, la décanter, la broyer, la tamiser, la dégraisser (en mêlant du sable aux argiles trop grasses), la faire « pourrir » (en la faisant attendre dans des caves), la façonner par tournage, moulage ou modelage, coller les éléments rapportés (bec, anses, etc.) avec de la barbotine (pâte liquide) ; puis il y a la cuisson de « dégourdi », le bain d'émail (eau ou flottent en émulsion des particules de sable broyé, d'oxyde de plomb et d'étain et éventuellement d'un colorant) ; on fait ensuite sécher avant le décor de grand feu ou la cuisson. On suit les origines de la faïence jusqu’en Perse. Elle se développe dans le monde musulman, en Espagne surtout aux XIVe et XVe siècles et en Italie en particulier au début du XVIe avec notamment la ville de Faenza qui serait à l’origine de son nom. Elle arrive en France au XVIe avec les artisans italiens qui s’installent dans ce pays : à Rouen, Lyon, Anvers (Belgique), Nevers … pour fabriquer ce qu'on appelle de la majolique. De 1700 à 1730 environ c'est le triomphe du camaïeu bleu. A partir de 1730 on a la polychromie de grand feu. Les fabriques de grand feu sont alors nombreuses en France. Après 1750 c'est surtout la faïence à décor de petit feu qui se développe. La faïence fine est destinée à imiter la porcelaine. Elle est découverte en Angleterre dans la région de Staffordshire semble-t-il. On incorpore à la pâte du kaolin et un autre minéral : le feldspath. Il existe de nombreuses variantes de cette recette mises au point par chaque fabricant, avec : la faïence feldspathique, la faïence fine dure, la demi-porcelaine, la porcelaine opaque, la terre de fer, la terre de pipe, la terre de Lorraine, le cailloutage ou terre anglaise. La faïence fine est une pâte dont l'intérêt premier est d'éviter la couverture par un émail qui cache la terre. Elle est ainsi recouverte d’une simple glaçure transparente. Sa malléabilité rend le moulage aisé et permet une grande finesse des décors. On en fabrique en France à partir du milieu du XVIIIe siècle mais surtout au XIXe. La faïence de Moustiers est une des plus réputées de France des XVIIe et XVIIIe siècles avec notamment celles de Nevers et Rouen. Ce village du sud recèle plusieurs manufactures renommées. Avant le XVIIe, on y fabrique déjà de la poterie en terre cuite d'abord puis vernissée. Ensuite arrive l'émail blanc. C’est Pierre Clérissy (1651-1728) qui offre à Moustiers une expansion économique à partir de vers 1660 qui va durer jusqu'à la fin du XVIII e s. Il s'entoure tout d'abord de François Viry (auquel succéderont ses fils Gaspard puis Jean-Baptiste Viry) et d'Olérys. En 1702, son fils aîné Antoine s'associe avec lui puis lui succède. En 1728 le village compte déjà au moins 8 ateliers de faïenciers dont plusieurs sont tenus par de la famille des Clérissy. Pierre II devient l'associé de son père Antoine en 1732, puis reste seul à la tête de la fabrique. En 1783, il la vend à Joseph Fouque. Les Clérissy commencent par faire des décors en camaïeu bleu. L'émail est onctueux. On copie des gravures en particulier d'après Tempesta (scènes de chasses, mythologiques...) ou Bérain. On y retrouve des influences italiennes (mufles de lion), orientales (fleurs), des broderies délicates, des décors d'armoiries ... C'est au début du XVIII e, que les Clérissy créent le décor Berain. Les fabriques les plus connues de Moustiers avec celles des Clérissy sont celles de Joseph Olérys &amp; Jean-Baptiste Laugier, de Joseph Fouque &amp; Jean-François Pelloquin, des Ferrat et Feraud. http://www.lamesure.org/article-18724569.html Les vieux Beaux. 2008-04-17T13:33:46Z 2008-04-14T12:10:00Z La Mesure de l'Excellence http://www.over-blog.com/profil/blogueur-23495.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/02/16/51/2008/avil-juin/levieuxpetitmaitre450.jpg" /> La mode du XVIIIe siècle est d'un grand raffinement. Les petits-maîtres et autres incroyables représentent une des extrêmes de celle-ci. Ainsi sont-ils souvent critiqués. Une des caricatures les met en scène à un âge avancé. C'est le cas dans la comédie d'Alexandre Guillaume Mouslier de Moissy (1712-1777) intitulée Le Vieux Petit-Maître en Province (photographie 1). Cette pièce provient du troisième tome d’Ecole dramatique de l'homme édité pour la première fois en 1770 (comme le tome second alors que le premier date de 1769). L’histoire est celle d’un « galant de profession » de plus de cinquante ans, qui cherche à se marier avec une de ses connaissances passées (une ancienne coquette de province) ou sa fille pour leur argent. Comme on le constate ici, et comme d’autres documents le prouvent, le petit-maître est un style d’élégant typiquement parisien. De plus tous les coquets français sont des galants appréciant particulièrement la bagatelle et s’enorgueillant de nombreuses conquêtes féminines ; si bien que dans le cas de ce vieux petit-maître, cela lui fait oublier son âge et désirer une jeune fille de vingt ans, plus que la mère de celle-ci qu’il aurait cependant pu avoir. Du coup il ne séduit ni l’une ni l’autre malgré le bel-esprit dont il se targue. C’est finalement un homme plus rustre mais plus jeune qui se marie avec la première. Le caractère rugueux de ce voyageur est lui aussi critiqué. Dans la gravure de 1804 intitulée Les Galants Surannés ou Les Petits Papa à la Mode (photographie 2), Debucourt caricature des hommes d’un certain âge jouant les incroyables et courtisant des merveilleuses. Une autre estampe du début du 19e siècle (photographie 3), ayant pour titre Le Jeu du Diable et d’un auteur inconnu, représente des personnes âgées cherchant à se divertir comme les jeunes. Trois générations s’amusent. Un couple est de l’ancien temps, habillé dans le goût passé et s’essayant à un jeu moderne que les jeunes maîtrisent. Dans le second duo, une jeune fille est habillée en merveilleuse. On remarque son décolleté qui montre sa poitrine presque entièrement. Sur certaines gravures représentant des merveilleuses, les tétons sont même apparents. C’est alors la mode à l’antique où la nudité n’est pas cachée comme le révèlent des représentations sur les murs des maisons romaines autour du Vésuve que le XVIIIe siècle exhume. On comprend pourquoi à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe d’aucuns appellent ces jeunes filles habillées (ou déshabillées) à la nouvelle mode des inconcevables ! Le jeune homme représenté sur la gravure suit le nouveau goût du début du XIXe. Dans le Dictionnaire de l'Académie française (Firmin Didot frères, 1835), le jeu du diable est décrit comme « Une sorte de double toupie que l’on fait tourner rapidement sur une corde attachée à deux baguettes, et qui ronfle avec beaucoup de bruit. ». Au bas de la gravure une chanson l’illustre : « Air des Fraises / On joue à ce jeu charmant / Lorque L’on est aimable / Vieillard en vain L’imitant / Envoie tout en murmurant / Au Diable, au Diable, au Diable. » On parodie aussi les dandies lorsqu’ils sont jeunes. Avec l’élégante, cela se fait parfois de façon scabreuse. C’est déjà le cas au XVIIIe siècle avec les petites-maîtresses ou les merveilleuses dont les manières et les tenues sont copiées par certaines filles de joie comme celles du Palais Royal. Le parallèle est alors d’autant plus facile à faire que les élégantes d'origine expriment ouvertement une certaine liberté dans leurs tenues. C’est en particulier au XIXe siècle, dans le commun un peu rustre, que l’on donne aux partenaires des dandies français des noms d’allumeuses comme : cocodettes (féminin de cocodès pour parler d’une fille aux mœurs légères et aux manières et tenues provocantes), dégrafées, frôleuses etc. Mais comme l’écrit Louis-Sébastien Mercier (1740-1814) au sujet du Palais Royal : « Là sont les filles, les courtisanes, les duchesses &amp; les honnêtes femmes, &amp; personne ne s’y trompe » (voir article Récapitulatif de l'exposition Modes anciennes). Evidemment, on s’éloigne petit à petit des précieuses du 17e siècle, des femmes de lettres et d’esprit du 16e ou des dames du Moyen-âge. La montée de la bourgeoisie au 18e et son règne au 19e relègue au grenier la préciosité et l’ancienne mode dite péjorativement des céladons (terme désignant des vieux à la mode passée, amateurs des romans comme Astrée d’Honoré d’Urfé). Voilà pour ce qui est de la caricature. Nous n’y reviendrons plus. Enfin espérons-le ! Au revoir le grotesque ! Même les masques grimaçant de la Comédie Nouvelle de Térence et autres sont lassant (voir articles : Le théâtre antique et les conventions … classiques … et Sortir masqué). Si le burlesque et le tragique sont un des fondements de la condition humaine, laissons maintenant la place à l’intelligence et la finesse … à la beauté … Détail de la gravure : Les Visites de Philibert Louis Debucourt (1755-1832), datant du début du XIXe siècle, avec des merveilleuses et des incroyables. http://www.lamesure.org/article-18638619.html C'est la fête ! 2008-04-11T09:58:33Z 2008-04-11T09:40:00Z La Mesure de l'Excellence http://www.over-blog.com/profil/blogueur-23495.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/02/16/51/logospub/La_Mesure.jpg" /> Un an que ce blog a été créé : le 11 avril 2007. D'après les statistiques de l'administration on compte depuis : 78 535 pages vues, 24 669 visiteurs uniques, avec comme journée record le 6 septembre 2007 avec 610 pages vues, et comme mois record celui de mars 2008 avec 12 441 pages vues. Depuis le mois de mars, c’est en moyenne plus de 4 000 visiteurs uniques par mois selon l’administration du blog et plus de 2 000 selon le compteur installé. J’aimerais beaucoup faire évoluer ce blog en présentant d’autres travaux tendant vers l’excellence : des mémoires de thèses, des artistes et artisans contemporains, des interprètes et compositeurs, des blogs, des sites, des lieux … ; organiser des évènements qui permettraient de nous rencontrer ; l’enrichir de nouvelles collaborations ; le transformer en un concept plus multimédia etc. Dans l’attente de coopérations, c’est pour le moment le travail d’une seule personne … Et je dois trouver le moyen de faire en sorte que cela devienne un véritable outil professionnel … de transmission et de partage … LM http://www.lamesure.org/article-18559016.html La musique et le style 2008-04-08T14:15:05Z 2008-04-08T14:02:00Z La Mesure de l'Excellence http://www.over-blog.com/profil/blogueur-23495.html Pour commencer, il y a le mouvement qui est inhérent à l'individu et aux choses vivantes en général. Il en résulte du rythme. Ensuite des associations se forment et des styles en découlent qu'on invente et/ou que l'on suit. Le mouvement est donc associé au rythme qui l'est évidemment à la musique, à la danse, à la poésie et à la langue. Les rythmes collectifs nécessitent une entente cordiale et solidaire, une certaine finesse et un respect de l’autre. L’invention de nouveaux rythmes est dévolue durant l’antiquité grecque aux poètes, au moins en ce qui concerne le culte du dieu du vin Dionysos avec les prémisses puis l’invention du théâtre. Certains ont étudié les meilleurs moyens de diriger ce besoin d'action collectivement sous la forme de choeurs et à travers les sciences telles que la philosophie, la poésie, les mathématiques, l'art, la religion ... Par 'choeurs', nous entendons le groupement de plusieurs personnes associant différents rythmes : chants, musiques, paroles, mouvements et danses. Deux catégories de rythmes prévalent : ceux du corps et ceux de la parole, les uns étant souvent liés aux autres. La musique est leur combinaison. Cette double conception, vocale et gymnique, est en particulier présente dans l'éducation athénienne où les exercices physiques sont aussi importants que ceux relevant du verbe. Dans ceux du corps, il y a la danse, la gymnastique et la guerre. Ceux de la parole incluent le chant, la poésie, la musique et toutes les autres formes écrites ou parlées. Ces rythmes sont réglés selon différents rites. Le théâtre qui en est un des principaux est né dans les rituels donnés en l'honneur de Dionysos et en particulier dans le détachement de comédiens des choeurs. Les muses sont parmi les inspiratrices et les révélatrices de ces rythmes. Dans cette fonction, elles président à l'éducation des enfants. Si aujourd’hui on les compte comme étant au nombre de neuf, et si elles sont bien définies, autrefois, elles sont invoquées sous diverses appellations distinctes dans plusieurs parties de la Grèce, considérées comme des nymphes, associées par exemple aux cours d’eau, aux sources et aux grottes. Primitivement, on communie donc avec elles surtout dans des lieux naturels. Les changements continuels, les mouvements inhérents à toutes choses (même celles inanimées sont mues) impliquent les créations et les modifications des styles. Le style réside dans la capacité de s’adapter et de créer des rythmes. Une personne ayant du style a une connaissance intuitive des bons rythmes, une intelligence se caractérisant par une extrême sensibilité. Elle agit en conséquence uniquement sur le moment présent qu’elle entend avec acuité et dans lequel elle s’insinue par voie de fait avec beaucoup d’habileté. Chaque style a sa musique, sa mode, son art, sa philosophie, sa langue …, tout ce qui résulte de mouvements qui lui sont propres. Photographie : Mercure Galant, Avril 1688, comprenant un Essai de Pastorale, Pour un Concert à Madame la Dauphine, avec une petite pièce musicale se déroulant « dans les Campagnes de Versailles » et mettant en scène Hymen, Amour, Bergers, Bergères, un Chœur etc. http://www.lamesure.org/article-18438102.html Cultiver son jardin … 2008-04-04T12:20:05Z 2008-04-04T11:35:00Z La Mesure de l'Excellence http://www.over-blog.com/profil/blogueur-23495.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/02/16/51/janvier-fevrier-mars2008/histoirenaturelle300moutons.jpg" /> Durant l’Antiquité, on écrit que le fondement des arts et des sciences est l’imitation : de ce qui nous entoure, en premier lieu de la nature, et de ce qui nous dépasse : les dieux ou les rythmes du cosmos. Cette idée d’un art qui imite la nature et cherche à la transcender est au fondement même de notre culture. On cultive la terre comme on le fait de son esprit. Cette pure intelligence en interaction avec son environnement s’exprime d’une façon subtile à travers la pastorale. Jusqu’au XIXe siècle, la vie pastorale est une source d’inspiration pour les sociétés les plus compliquées. Ce goût antique pour les bois sacrés, les monts où se logent les divinités, pour cette nature où les dieux évoluent, continue durant la chrétienté qui reprend à son compte toute une partie de la ‘rhétorique’ pastorale. Le membre du clergé devient le berger, les fidèles les brebis, le diable a la physionomie du bouc, et les rythmes des saisons, des mois, des journées, cadencent les cérémonies. De l’Antiquité au XVIIIe siècle, la vie pastorale est surtout considérée sous son aspect pur, sain, en contact direct avec la ou les divinités. Du fait de cette communication privilégiée avec le divin et du bonheur inaltéré qui en résulte, l’existence pastorale semble éloignée des vicissitudes. L’amour s’y déploie sans obstacles puisque la corruption n’y existe pas. Dans cet univers naturel fait d’abondance, l’homme vit sans fausses pudeurs et sans désirs ni besoins, baigné dans le plaisir de sentiments épurés, d’amitiés et d’amours véritables. Certains lieux rappellent plus que d’autres ce paradis, comme l’Arcadie en Grèce, le mont Parnasse où les Muses sont sensées résider, l’île de Lesbos… Une véritable philosophie se cache dans ces écrits, une alchimie subtile. De nombreuses légendes mythologiques (ce que le XVIIIe siècle appelle ‘fables’) mettent en scène bergères et bergers, et les dieux qui habitent montagnes et forêts sacrées. Des centaines de divinités occupent les campagnes et les bois sacrés : Nymphes, Naïades, Sylphes, Dryades … Pan protège bergers et troupeaux ... La religion chrétienne se sert largement du thème du bon pasteur. On retrouve la houlette du berger dans les mains de nombre de saints et de papes. La vie pastorale est la gardienne d’une pureté : réminiscence d’un âge d’or où les dieux vivent parmi les hommes (la dernière divinité à être restée étant Astrée la déesse de la Justice). A travers les écrits pastoraux, les écrivains français épanchent leur connaissance de la beauté classique de l’Antiquité, de l’Hellénisme, avec une finesse emprunte de poésie courtoise et toute entière dévouée à l’âme subtile d’une terre de tous les possibles et de toutes les richesses, dialoguant grâce à une extrême habilité et clairvoyance avec la divinité païenne à des époques empruntes de christianisme. La littérature antique est à l’origine de ce genre littéraire en Occident avec les Bucoliques, les Eglogues et les Géorgiques de Virgile, les Idylles de Théocrite. Ajoutons à cela le roman intitulé Daphnis et Chloé de Longus. Certains poèmes d’Ausone sont appelés Idylles. Le Moyen-âge cultive de multiples formes de poésies dans différentes langues. La ‘pastorela’ est un genre de la littérature occitane qui relate le plus souvent la rencontre du poète avec une bergère, motif repris ou présent dans la poésie latine et par les troubadours dans les pastourelles françaises. Leur forme dialoguée leur donne parfois des allures de pièces ou de romans. La pastourelle est alors un genre ‘bucolique’ celui-ci imprégnant profondément la poésie et le folklore médiévaux avec ses reverdies et autres rondeaux à danser… La Renaissance italienne remet au goût du jour les oeuvres pastorales antiques avec les poètes néo-latins de la Renaissance : Pétrarque, Boccace, Guarini, Boiardo, Spagnoli, Pontano, Sannazar, Flaminio, Vida, Navagero, et ceux qui écrivent en Italien comme Sannazar (Arcadia), G. B. Giraldi Cinthio (Egle), B. Castiglione (Tirsi), A. Lollio, (Il sacrificio), Tasse (Aminta), Guarini, (Pastor fido), Groto, (Pentimento amoroso), Comte Bonarelli (La Philis de Sciro). La Renaissance française s’inspire de tout ce qui vient d’Italie. La vogue des idylles, pastorales et églogues commence au XVIe siècle avec Clément Marot, François Habert, Maurice Scève (Arion), Hugues Salel (Eglogue marine), Baïf (Œuvres en rime et autres Eglogues), Ronsard (Chants pastoraux, Bergerie, Le Cyclope amoureux), Remy Belleau (Bergerie), Nicolas Filleul (Théâtre de Gaillon), F. de Belleforest (Pastorale amoureuse), Claude De Bassecourt (Trage-comedie pastoralle ou Myllas), Honoré d’Urfé (Astrée). Le XVIIe siècle suit cette mode et l’amplifie avec Vauquelin de La Fresnaye, Antoine de Montchrestien, (Bergerie), Du Mas (Lydie), G. Colletet qui écrit un Discours du poème bucolique où il est traité de l’Eglogue, de l’Idylle et de la Bergerie édité en 1657. Astrée influence beaucoup les Précieuses du XVIIe siècle. Antoinette Deshoulières (1638-1694) écrit des œuvres pastorales. Molière sort une Pastorale champêtre. Au XVIIIe siècle, Fontenelle [un des Modernes] (Poésies pastorales, Traité sur la nature de l'églogue), Gessner (La Mort d’Abel, 1761 ; Idylles, 1762 ; Daphnis, 1764), Léonard (Idylles, 1766), Berquin, (Idylles, 1775), André Marie Chénier [un autre Moderne] (Bucoliques), l’abbé Louis Mangenot (deux idylles en prose) ; Florian (Galatée, 1783 et Estelle et Némorin, 1787) continuent. La Pastorale qui remonte à l’Antiquité la plus tardive est un véritable courant artistique plus que littéraire, véhiculant une philosophie et esthétique d’une beauté et d’une finesse remarquables. L’industrialisation des XIXe et XXe siècles et le brassage des civilisations rendent désuet cet attachement à la terre. Il n’est plus question d’imiter mais de maîtriser et de dominer ; on s’intéresse de moins en moins au sol qu’on foule, son histoire et le savoir qu’il véhicule. Pourtant chaque endroit de la terre a ses trésors à offrir, une abondance bafouée par l’ignorance qui est paradoxalement souvent à la recherche de richesses ! Photographies : tirées du tome VI consacré aux mammifères d’Histoire naturelle de Georges-Louis Leclerc de Buffon (1707-1788), Imprimerie Royale, 1769. L’œuvre de Monsieur de Buffon représente une certaine soif de connaissance, et les gravures que nous présentons ne manquent pas de finesse et sont assez amusantes ainsi livrées ! http://www.lamesure.org/article-18301341.html L'idée du beau & réflexions sur l'élégance et la politesse du style. 2008-03-31T13:30:18Z 2008-03-31T13:18:00Z La Mesure de l'Excellence http://www.over-blog.com/profil/blogueur-23495.html En France, au 18eme siècle, sous des aspects badins on théorise sur des thèmes inconnus ailleurs, comme « le je ne sais quoi » ou « le bon ton ». On se pose la question de ce « je ne sais quoi » qui permet à certains et à ceux qui les côtoient de transcender le commun en affichant une subtile beauté qui transporte littéralement l'âme vers des horizons brillants. On cherche quels sont les éléments de cette sociabilité propre aux français d'alors à travers leurs belles manières, le bon ton, l’histoire des mœurs de ce pays. On se met en quête de l’Age d’or, affiche le moment présent comme comparable aux temps des anciens et même supérieur à lui car actuel. On s’inspire de nouvelles influences : d’un Orient lointain à travers une Chine idéalisée, d’une Amérique avec son or et ses eldorados. On redécouvre l’Antiquité : son art, sa culture, ses écrivains, ses arts décoratifs grâce à l’archéologie. On répertorie dans des encyclopédies et invente le futur. On ‘utopise’, et s’éprend tellement de ce qu’est cette époque que chacun se met à rêver pour lui-même et croire en ses droits. La porte de la liberté ouvre alors à tous un espace immense dans lequel s’engouffre la Révolution. Photographie : Crousaz, Jean-Pierre de (1663-1750), Traité du Beau, Où l'on montre en quoi consiste ce que l'on nomme ainsi, par des Exemples tirés de la plupart des Arts et des Sciences, nouvelle édition, revue, corrigée, et augmentée par l'auteur, tome second sur 2 volumes in-12, Amsterdam, L’Honoré &amp; Chatelain, 1724, 10 x 16,5 cm. La première édition date de 1715. Elle est en un seul volume et du même éditeur : L’Honoré, Amsterdam. Le tome deux de cette nouvelle édition contient uniquement des ajouts par rapport à la première édition : chapitre XI ‘De la Beauté de l’Eloquence’, chapitres XII &amp; XIII ‘De la Beauté de la Religion’. Le beau se dévoile aussi à travers le style. La finesse du style s’exprime dans la langue, non pas seulement dans son emploi correct, mais aussi dans la capacité d’invention, d’adaptation, de sublimation. Au-delà du savoir du verbe, le style se révèle dans la poésie et la connaissance des rythmes. Ceux-ci s’ajustent, s’harmonisent et élèvent l’âme. La dureté, les contraintes, sont des obstacles à l’élévation, comme le sont la bassesse ou le manque de subtilité. Sans plaisir, il n’y a pas de bons rythmes. La pure intelligence trouve sa matérialisation dans la beauté, dans le style, dans la langue … Le titre du livre de l’Abbé de Bellegarde que nous présentons : Réflexions sur l’Elégance et la Politesse du Style, est particulièrement intéressant dans son usage des termes ‘élégance’ et ‘politesse’. La langue est une convention propre à une communauté. On en use dans un souci de communication, d’échanges. La politesse est le trait le plus naturel de cette préoccupation d’ouverture à l’autre. L’élégance est l’expression du plaisir qui en découle. Il ne peut y avoir de véritable beauté du style, que ce soit dans la langue ou ailleurs, sans harmonie, c'est-à-dire sans les autres rythmes : ceux de la pensée, des gestes, du savoir …  Une personne qui formule de belles choses avec une âme mauvaise ne procure pas de joie ; et si elle arrive à plaire sur le moment, elle laisse un goût amer par la suite. L’élégance du style est donc affaire de subtilité. Derrière la futilité des styles, des modes et des apparences, se blottit la sagesse ; comme elle le fait dans les œuvres d’art et une éducation fine. Photographie : Bellegarde, M. l’Abbé de (1648-1734), Réflexions sur l’Elégance et la Politesse du Style, quatrième édition, La Haye, Antoine van Dole, 1735. Bien que cette édition ne soit pas du temps de son auteur, dérogeons une nouvelle fois à la règle que nous nous sommes donnée pour vous présenter ce livre. http://www.lamesure.org/article-17934176.html Pour fêter le Printemps : Les simples, trésors de notre patrimoine. 2008-03-21T09:05:23Z 2008-03-21T08:53:00Z La Mesure de l'Excellence http://www.over-blog.com/profil/blogueur-23495.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/02/16/51/janvier-fevrier-mars2008/saponaire.jpg" /> Certains trésors faisant partie de notre patrimoine sont disponibles gratuitement en quantité. Les plantes sauvages sont de ceux-ci et abondantes. On les utilise depuis des millénaires pour leurs propriétés. On les appelle ‘simples’ lorsqu'on veut accentuer leur caractère médicinal. Comme pour les objets d'art, il faut avoir certaines connaissances pour les aborder. Il y en a de communes ; d'autres sont rares. Envisageons une partie d’entre elles : les plantes dédiées à l’amour, et trois en particulier. Aux doses adéquates et moments appropriés, elles apportent équilibre et joie. Il s’agit de la berce, de l’orchis mâle et du tribule terrestre. La BERCE (Heracleum sphondylium) est emblématique. Elle se rencontre en quantité en région parisienne. Son effluve et son goût sont caractéristiques. Il est conseillé d'en user avec intelligence, car il est contrindiqué de s’exposer au soleil après l’avoir ingurgitée. Les orchidées, moins fréquentes, ont de multiples variétés qui parsèment l’hexagone. Il ne faut pas les ramasser, car la plupart sont rares. De plus elles ne fleurissent que quelques semaines par an. Souvent discrètes, on les remarque peu parmi les autres fleurs de la fin du printemps et du début de l’été. Mais quand on le fait, c’est réjouissant. L’ORCHIS MALE (Orchis mascula L.) est une plante à protéger particulièrement car très peu fréquente, poussant lentement et ne résistant pas au pillage. Mais on peut essayer de la cultiver. Des orchis, on utilise les tubercules pour en faire une farine alimentaire : le salep. La troisième plante, parmi beaucoup d’autres, est le TRIBULE TERRESTRE ou croix de Malte (Tribulus terrestris) que l’on rencontre dans les Landes du sud-ouest et dont certaines pharmacopées chinoises emploient les fruits. Et si ces frêles végétaux peuvent nous offrir l’amour, donnons leur le notre, en respectant tout simplement la terre et ses simples ; en nous rappelant qu’elle est là, à nos pieds ; que nous devons chérir les éléments qui la constituent. Un petit geste d’amour pour rappeler que nous faisons partie d’un tout et que certaines choses ne doivent pas se monnayer comme l’air ou l’eau. Photographie Wikipedia de la Saponaire officinale (Saponaria officinalis). Il y a des siècles, voir des millénaires que la saponaire est utilisée pour se laver : le corps, le visage, les cheveux, l’intérieur de l'organisme et les vêtements. Aujourd’hui on s’en sert pour les mêmes usages et notamment pour nettoyer les tissus anciens les plus fragiles. Il s’agit d’une plante avec de très jolies fleurs aux teintes variant du blanc crémeux au rose pourpré. On la trouve en France dans de nombreux endroits comme en région parisienne, dans les champs ou sur les bords des chemins. Un grand nombre (pas toutes) des fleurs sauvages que l’on croise dans la nature sont les mêmes qu’il y a des millénaires. De les voir, de les reconnaître, de les aimer, c’est communier avec notre patrimoine comme on le fait avec les œuvres d’art anciennes.