LA MESURE DE L'EXCELLENCE : DICTIONNAIRE DES PETITS MAITRES DE LA MODE
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Ce dictionnaire des petits maîtres de la mode française s’enrichit au fur et à mesure des articles publiés dans ce blog. Il se divise en deux parties. La première répertorie les petits maîtres (il y en a plus de 150) : J’y inclus les dames et hommes de qualité, les petit(e)s-maîtres(ses) proprement dits, les intellectuels et les artistes, les professionnels de la mode, les faux élégants, et quelques autres. La seconde partie concerne l’environnement des petits maîtres : les lieux où on les trouve, leurs postures, les vêtements qu’ils portent, leur toilette, les danses, la mode, le bon ton, la galanterie, la courtoisie etc. RETROUVEZ LES TERMES DU DICTIONNAIRE EN BAS DE PAGE ... Et toujours en supplément des articles sur l'actualité de l'art. |
Photographie 1 : Détail d'une estampe de Sem de 1910 intitulée : « chez EDOUARD &
BUTLER » : « - Monseigneur, c'est tout à fait pour vous ... ».
Photographie 2 : Illustration intitulée « Un Arthur de magasin » du chapitre
LXIV « Les grisettes et les lorettes » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second).
Cet article fait suite à ceux intitulés : Les petites mains de la mode française 1 : les grisettes, cousettes et trottins. Les petites mains de la mode
française 2 : Les midinettes, femmes du quartier et les mimi-pinsons. Dans celui sur les grisettes, les cousettes et les trottins, j'écris que celles-ci ont des équivalents
masculins : les grisets et les trottins. Les jeunes garçons apprentis ont leur place dans cette agitation élégante parisienne. Après tout de nombreux grands noms de la mode ont commencé en
étant des cousettes et des arthurs, comme Rose Bertin, Aristide-Jacques Boucicaut fondateur du Bon marché, Alfred Chauchard qui, nous apprend Wikipedia, débute en étant « commis au magasin Au Pauvre
Diable aux appointements de 25 francs par mois », le grand couturier Paul Poiret,
la styliste Jeanne Lanvin qui « commence à travailler
dès l'âge
de 13 ans, en 1880, dans la boutique de chapeaux de « Madame Félix », rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris », Coco Chanel, Pierre Cardin, Jean Bousquet créateur de Cacharel, le coiffeur Alexandre de Paris … Les exemples sont très nombreux, et les commis de mode ambitieux
aussi à ces époques où Paris est la capitale de toutes les audaces, de la mode et de la création. Aujourd'hui l'industrie de la mode est très différente du fait principalement du prêt-à-porter et
d'une fabrication qui se fait presque exclusivement à l'étranger, notamment en Chine.
On appelle parfois 'ARTHUR' ces commis que l'on retrouve à vendre des tissus ou autres articles de mode.
Ils sont des amants de grisettes mais surtout des femmes entretenues telles que celles qu'on appelle les « petites dames » et qui les prennent comme amoureux pour l'amour et non pour
l'argent, tout cela au XIXe siècle. Il en sera question dans un prochain article sur les lorettes.
Au sujet du CALICOT, Alfred Delvau, dans son Dictionnaire de la langue verte (deuxième édition,
Paris, E. Dentu, 1867), le définit ainsi : « Commis d'un magasin de nouveautés, - dans l'argot du peuple. Le mot date de la Restauration, de l'époque où les messieurs de l'aune
et du rayon portaient des éperons partout, aux talons, au menton et dans les yeux, et où ils étaient si ridicules enfin avec leurs allures militaires, qu'on éprouva le besoin de les mettre au
théâtre pour les corriger. Calicote, s. f. Maîtresse de commis de nouveautés. »
Au début du XIXe siècle, après le premier Empire, il est de bon ton pour les hommes d'avoir l'air militaire. Tenues de
cheval, bottes et éperons, ne sont plus de mauvais goût même en société. On se donne des airs anglais, de soldat russe etc. Cette mode est caricaturée dans un vaudeville intitulé : Le Combat
des montagnes ou La Folie Beaujon, représenté pour la première fois en juillet 1817 au théâtre des Variétés. Le texte est visible ici : books.google.com. Voilà ce qu’écrit le Mercure de France d’août 1817 au sujet de cette pièce : « On demandait à un étranger qui revenait de Paris, ce
qu’il y avait remarqué pendant son séjour : " J’y ai vu, répondit-il, tous les militaires en bourgeois, et tous les bourgeois en militaires ". Nous avons une
foule de gens qui se sont passionnés pour le métier des armes depuis que la paix est faite. Chacun veut avoir l’air d’avoir fait campagne ; et tel qui n’a jamais été à la barrière lorsqu’il
aurait pu y rencontrer l’ennemi, porte aujourd’hui des moustaches et des éperons comme un officier de hussards ; c’est un travers du jour, et il était difficile qu’il échappât aux auteurs du
Combat des montagnes, dans la revue piquante qu’ils ont faite de toutes les folies à la mode. Pour rendre ce ridicule plus saillant, ils nous l’ont montré dans
la personne d’un certain M. Calicot,
marchand de la rue Vivienne ; son belliqueux accoutrement n’en contraste que mieux avec sa paisible profession … » P. Avenel écrit en 1866 dans Les Calicots : " Le
costume que les Calicots affectaient de porter en 1817, et que Brunet avait reproduit sur la scène, était ainsi composé : bottes ornées d’éperons, pantalon blanc tombant sur la botte, gilet
piqué jaune, habit chicorée la crème (expression du tailleur d’alors), c’est vert mélangé de blanc. "
Photographie : Détail de la gravure de 'Le Goût du Jour, N° 30' intitulée : 'La Russomania'. Cette tenue est celle que prend le calicot, et tel qu'il est représenté sur de nombreuses autres gravures comme dans une estampe conservée à la Bibliothèque de France (voir ici) datée de 1817 où trois hommes sont nommés d'après un tissu (casimir, calicot, pékin) avec pour texte principal : « Prenez y garde !! Il existe une vraie différence entre le Casimir Français, le Calicot de Paris et le vrai Pekin anglais ! ».
Il semblerait que par la suite on continue à appeler ‘calicot’ un jeune ouvrier travaillant dans le luxe et la mode dont il prend certaines manières.
Photographie : " Le déjeuner d’un calicot ". Carte postale du début du XXe siècle.
© Article LM
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